Sougya : La page achรจve la baraita de la hala. La pรขte du dรฉsert est un omer, le dixiรจme de l'eifa : sept quarts de kav et un surplus, soit six de la mesure de Jรฉrusalem et cinq de Tsippori.
Qui mange cette mesure est bien portant et bรฉni ; au-dessus, c'est un glouton ; au-dessous, les entrailles sont abรฎmรฉes. La michna passe aux gens de la cour et du balcon qui ont fait chacun leur erouv : un tertre de dix tefahim, ร moins de quatre du balcon, leur appartient.
La guemara range les accรจs, ouverture, jet et descente, puis Rav et Shmuel divergent quand l'un descend et l'autre jette.
ร la mesure de vos pรขtes. Et combien font vos pรขtes ?
ร la mesure de la pรขte du dรฉsert. Et combien fait la pรขte du dรฉsert ?
La baraita, ouverte ร la fin de l'amud prรฉcรฉdent sur les prรฉmices de vos pรขtes, fixe ici le seuil de la hala. Vos pรขtes sont celles du dรฉsert : un omer par tรชte, la ration de la manne.
Rachi en donne le volume. Une eifa fait 3 sรฉa, soit 18 kav, soit 72 log. Le dixiรจme de 70 log fait 7 log. Le dixiรจme des 2 log qui restent fait un cinquiรจme de log, soit un ลuf et un cinquiรจme. Le quart du kav est un log : d'oรน sept quarts et un surplus.
Car il est รฉcrit : Et l'omer est le dixiรจme de l'eifa. De lร ils ont dit : sept quarts de farine et un surplus sont soumis ร la hala.
Ce sont six de la mesure de Jรฉrusalem, qui sont cinq de Tsippori.
Le verset (Chemoth 16:36) donne la clรฉ. Sept quarts du dรฉsert, plus le surplus, font six quarts de Jรฉrusalem, et ceux-ci font cinq de Tsippori. Jรฉrusalem dรฉpasse le dรฉsert d'un sixiรจme extรฉrieur, soit un cinquiรจme : 6 mesures du dรฉsert valent 5 de Jรฉrusalem. Le log qui reste, avec son cinquiรจme, devient un log de Jรฉrusalem.
Tossefot signale une autre leรงon, cinq quarts et un surplus, celle de Rabbi Yossi dans Eduyot. Rabbenou Tam : aprรจs le prรฉlรจvement, il doit rester la pรขte du dรฉsert, et le surplus est la part de hala. Le Mahari rattache ce surplus aux ลufs larges du demi-peras. Chabbat 76b et Pesahim 48b citent cinq quarts et un surplus : selon le fil du texte, la halakha suit Rabbi Yossi.
De lร ils ont dit : celui qui mange cette mesure, le voici bien portant et bรฉni. Plus que cela : un glouton.
Moins que cela : abรฎmรฉ dans ses entrailles.
La mรชme mesure sert de ration du jour. Qui la mange est bien portant, il a son content, et bรฉni, il ne dรฉpasse pas. Au-dessus : glouton (raavtan). Au-dessous : les entrailles sont abรฎmรฉes.
Rachi renvoie ร Proverbes 13:25 : le ventre des mรฉchants manque. Dรฉpasser la mesure sort de cette bรฉnรฉdiction.
Michna. Les gens de la cour et les gens du balcon qui ont oubliรฉ et n'ont pas fait d'erouv : tout ce qui est haut de dix tefahim appartient au balcon.
Moins que cela appartient ร la cour.
Nouvelle michna. Les maisons de la cour et les รฉtages qui donnent sur un balcon (marpeset) ont fait chacun leur erouv, sans erouv commun. Le balcon est long. Les portes des รฉtages y ouvrent, et une seule รฉchelle descend ร la cour, puis au domaine public.
L'รฉchelle a le statut de cloison, et on ne l'invoque que pour allรฉger : les รฉtages ne s'interdisent pas entre eux et n'interdisent pas la cour. Les deux domaines restent sรฉparรฉs. Un tertre ou une colonne de dix tefahim, proche du balcon, suit le balcon. En dessous de dix, il suit la cour.
Le rebord du puits et le rocher, hauts de dix tefahim : au balcon. Moins que cela : ร la cour.
La holiat habor est la terre retirรฉe en creusant le puits, rangรฉe en couronne autour de l'ouverture. Le rocher suit la mรชme hauteur : dix tefahim pour le balcon, moins pour la cour.
Dans quel cas est-ce dit ? Lorsqu'il est proche.
Mais lorsqu'il est รฉloignรฉ, mรชme haut de dix tefahim, il appartient ร la cour. Et lequel est proche ?
Tout ce qui n'est pas รฉloignรฉ de quatre tefahim.
Proche veut dire ร moins de quatre tefahim du balcon. Au-delร de quatre, mรชme un tertre de dix tefahim reste ร la cour : l'usage depuis le balcon n'y est plus direct.
Guemara. C'est รฉvident : pour l'un par une ouverture et pour l'autre par une ouverture, c'est la fenรชtre entre deux cours.
La guemara classe un domaine placรฉ entre deux cours selon l'accรจs de chacun. Ouverture (petah) : le sol n'est ni haut de dix tefahim ni bas de dix, l'entrรฉe est aisรฉe. Si les deux ont une ouverture, c'est la fenรชtre entre deux cours.
Sans erouv commun, les deux sont interdits dรจs que le lieu a quatre sur quatre. En dessous de quatre sur quatre, c'est un makom patour (lieu exempt) : gens du domaine privรฉ et gens du domaine public peuvent y charger.
Pour l'un par un jet et pour l'autre par un jet, c'est le mur entre deux cours. Pour l'un par une descente et pour l'autre par une descente, c'est le fossรฉ entre deux cours.
Le jet (zerika) est un accรจs par le haut, ร plus de dix tefahim : le sommet d'un mur. La michna laisse monter manger les fruits, et interdit de les descendre. La descente (shilshul) est un accรจs par le bas, ร plus de dix : le fossรฉ.
Rav, au sujet du fossรฉ (plus haut, Eruvin 77a) : s'il est profond de dix pour l'un et de plain-pied pour l'autre, on le donne ร celui du plain-pied. On en apprend que l'usage รฉgal, aisรฉ des deux cรดtรฉs ou pรฉnible des deux cรดtรฉs, laisse les deux interdits.
Pour l'un par une ouverture et pour l'autre par un jet, c'est l'enseignement de Rabba bar Rav Houna, qui a dit que Rav Nahman a dit. Pour l'un par une ouverture et pour l'autre par une descente, c'est l'enseignement de Rav Sheizvi, qui a dit que Rav Nahman a dit.
Dรจs que l'un a une ouverture et l'autre un accรจs pรฉnible, le lieu va ร celui de l'ouverture. Mur haut de dix d'un cรดtรฉ et de plain-pied de l'autre : Rabba bar Rav Houna au nom de Rav Nahman, au chapitre de la fenรชtre. Cour haute de dix au-dessus du tertre, et l'autre de plain-pied : Rav Sheizvi au nom de Rav Nahman.
Pour l'un par une descente et pour l'autre par un jet, qu'en est-il ?
Le cas ouvert : l'un doit descendre de dix, l'autre doit jeter vers le haut de dix. Les deux accรจs sont pรฉnibles. Rachi pose l'alternative : ou bien ils sont รฉgaux et s'interdisent, ou bien, face au jet, la descente compte comme un usage aisรฉ, et le lieu va ร celui qui descend.
Rav a dit : tous deux sont interdits. Et Shmuel a dit : on le donne ร celui de la descente.
Car pour celui-ci l'usage est aisรฉ, et pour celui-lร l'usage est pรฉnible. Et toute chose dont l'usage est aisรฉ pour l'un et pรฉnible pour l'autre, on la donne ร celui dont l'usage est aisรฉ.
Rav : les deux sont interdits. Jet et descente restent un usage pรฉnible, donc รฉgal. Shmuel : on le donne ร celui de la descente. Descendre est benahat (aisรฉ) face au jet, qui est bekoshi (pรฉnible).
La rรจgle que Shmuel รฉnonce : si l'usage est aisรฉ pour l'un et pรฉnible pour l'autre, le lieu va ร celui de l'usage aisรฉ. Le Roch, sur le segment de la fenรชtre, retient Rav : la halakha suit Rav dans les interdits.
Nous avons appris : les gens de la cour et les gens du balcon qui ont oubliรฉ et n'ont pas fait d'erouv, tout ce qui est haut de dix tefahim appartient au balcon, moins que cela appartient ร la cour.
La guemara ramรจne la michna pour dรฉpartager Rav et Shmuel. Un tertre de dix va au balcon, en dessous de dix il va ร la cour. Tout dรฉpend de ce que l'on entend par balcon : des gens d'รฉtage, qui descendraient, ou des habitants du balcon lui-mรชme.
Il te vient ร l'esprit : qu'est-ce que le balcon ?
La hava amina ouvre la question, et Tossefot la complรจte par la suite du texte : les gens de l'รฉtage. Leur porte est ร dix au-dessus du balcon, le balcon ร dix au-dessus de la cour. Le tertre de dix, face ร leurs fenรชtres, serait pour eux une descente, et pour la cour un jet. Selon Rav, la cour devrait l'interdire aux รฉtages. La michna le donne pourtant au balcon.
Le Ri : le balcon n'a pas de demeure en soi, et l'รฉchelle a le statut de cloison, donc les รฉtages n'interdisent pas par elle. La rรฉponse, dรฉjร dans Tossefot : il s'agit de ceux qui habitent dans le balcon, porte d'รฉtage dans les dix. Alors l'รฉchelle n'a plus le statut de cloison.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).