Sougya : La page poursuit la discussion de Rav et de Shmuel. Quand l'un descend et l'autre jette, Rav interdit aux deux, Shmuel donne le lieu à celui qui descend.
La michna du tertre, lue d'abord comme les gens de l'étage, semble donner raison à Shmuel. On la ramène aux habitants du balcon, et le mot à la cour veut dire également à la cour : les deux sont interdits.
Le rebord du puits ne tranche pas : Abaye l'établit plein de fruits de tevel, qui ne bougent pas le Chabbat. Une baraita sur la saillie du mur semble interdire le milieu, comme Rav.
Rav Nahman l'établit dans un mur de dix-neuf tefahim, où ce milieu n'existe pas.
Les gens de l'étage. Et pourquoi l'appelle-t-on balcon ?
Parce qu'ils montent par le balcon. Il en ressort : tout lieu qui, pour l'un, est par une descente et, pour l'autre, par un jet, on le donne à celui de la descente.
La page reprend la michna : un tertre de dix tefahim va au balcon. On lit d'abord balcon comme les gens de l'étage, qui montent et descendent par là. Le tertre, à dix sous leur niveau, est pour eux une descente (shilshul). Pour la cour, il est en hauteur : un jet (zerika).
La michna le donne à l'étage, donc à celui qui descend. Cela va comme Shmuel, contre Rav, qui interdit aux deux.
Comme l'a dit Rav Houna : pour ceux qui habitent dans le balcon. Ici de même : pour ceux qui habitent dans le balcon.
Rav Houna lit le mot balcon au sens propre : des logements ouvrent sur le balcon. Pour eux, un tertre de dix est dans leur niveau, à moins de dix au-dessus ou au-dessous : c'est une ouverture (petah), un usage aisé. La michna ne tranche plus entre descente et jet.
S'il en est ainsi, dis la suite : moins que cela, à la cour. Pourquoi ?
C'est pour l'un par une ouverture et pour l'autre par une ouverture.
Si le balcon est habité, un tertre de moins de dix est une ouverture pour le balcon et pour la cour : un balcon ordinaire dépasse peu la cour. Deux ouvertures égales, les deux devraient être interdits. La michna dit : à la cour.
Que veut dire "à la cour" ? Également à la cour.
Et tous deux sont interdits.
À la cour veut dire également à la cour. Les deux domaines ont prise sur le tertre. Faute d'erouv commun, ils s'interdisent l'un l'autre.
Cela aussi se tient, du fait qu'il enseigne dans la suite : dans quel cas cela est-il dit ? Lorsqu'il est proche.
Mais lorsqu'il est éloigné, même s'il est haut de dix tefahim, à la cour. Que veut dire "à la cour" ?
Si l'on dit : à la cour, et c'est permis, pourquoi ? C'est le domaine de l'un et de l'autre.
La fin de la michna : le tertre éloigné de quatre tefahim ou plus reste à la cour, même haut de dix. S'il était permis à la cour seule, la peine reste des deux côtés. La cour jette en hauteur. L'étage descend, et jette encore sur la distance. Selon Shmuel, la descente seule est plus aisée que le jet en hauteur. Ici la descente s'ajoute à un jet de distance : les deux peines se valent. À la cour veut donc dire également à la cour, et les deux sont interdits. Même lecture pour "moins que cela".
Tossefot, au nom du Ri : cette déduction ne joue que pour Shmuel, qui tient qu'on interdit son prochain par l'air. Pour Rav, qui dit qu'on n'interdit pas par l'air, "à la cour" laisse la cour permise.
Mais alors, que veut dire "à la cour" ? Également à la cour, et tous deux sont interdits.
Ici de même : que veut dire "à la cour" ? Également à la cour, et tous deux sont interdits.
Apprends-le de là.
La lecture se confirme. Elle vaut aussi pour Rav, qui explique la michna par les habitants du balcon : "moins que cela, à la cour" veut dire également à la cour, et les deux sont interdits.
Nous avons appris dans la michna : le rebord du puits et le rocher qui sont hauts de dix, au balcon ; moins que cela, à la cour. Rav Houna a dit : pour ceux qui habitent dans le balcon.
Autre clause, même forme : rebord du puits et rocher de dix tefahim, au balcon. On croit d'abord qu'il s'agit des gens de l'étage : descente contre jet, comme Shmuel, difficulté pour Rav. Rav Houna : ce sont encore les habitants du balcon.
Passe pour le rocher. Le puits, que dire ?
Le rocher passe : son dessus est au niveau du balcon, une ouverture pour lui, un jet pour la cour. Le puits : on puise au fond. Même le balcon descend le seau. La cour doit d'abord jeter le seau par-dessus le rebord. Descente contre jet : on donnerait le puits au balcon, comme Shmuel.
Rav Yitzhak, fils de Rav Yehouda, a dit : ici, nous traitons d'un puits plein d'eau. Mais il diminue.
Rav Yitzhak : le puits est plein, l'eau affleure le rebord, comme une ouverture pour le balcon. Objection : dès qu'on puise, le niveau baisse, et l'on revient à la descente.
Puisque, lorsqu'il est plein, il est permis, lorsqu'il diminue il est permis aussi. Au contraire : puisque, lorsqu'il diminue, il est interdit, lorsqu'il est plein il est interdit aussi.
Réponse : permis quand il est plein, permis aussi quand il baisse. Contre-réponse : interdit quand il baisse, interdit aussi quand il est plein.
Tossefot : l'eau se prend le Chabbat, elle ne fixe pas la hauteur. La suite tranche par le tevel, qu'on ne déplace pas. La terre qu'on compte déblayer ne fait pas cloison entre deux cours (Eruvin 79a). Pour abaisser une hauteur de dix et ouvrir vers le balcon, ce qu'on ne déplace pas le Chabbat réduit la mesure, même si l'on compte l'enlever plus tard, comme le bassin renversé (Eruvin 77a).
Mais Abaye a dit : ici, nous traitons d'un puits plein de fruits. Mais ils diminuent.
Abaye : le puits est plein de fruits. Le dessus est près du balcon. Objection : on en retire, le tas baisse.
De tevel.
Ce sont des fruits de tevel : prélèvements non séparés. On ne les déplace pas le Chabbat, ils sont mouktse. Le niveau reste celui du début du Chabbat, comme un rocher.
C'est précis aussi, puisqu'il l'enseigne à la ressemblance du rocher. Apprends-le de là.
La michna aligne le puits sur le rocher, qui ne diminue pas. Le puits dont elle parle ne diminue pas non plus pendant le Chabbat.
Et pourquoi me faut-il enseigner le puits, et pourquoi me faut-il enseigner le rocher ? C'est nécessaire.
Car si l'on ne nous avait appris que le rocher, il n'y a rien à décréter. Mais le puits, on décréterait : parfois il est plein de fruits prélevés.
C'est nécessaire.
Les deux cas servent. Le rocher seul : rien à décréter, il ne baisse pas. Le puits : on aurait décrété, de crainte qu'il soit plein de fruits prélevés (metoukanim), qu'on retire, jusqu'à devoir descendre le seau.
Rachi : le puits seul se lirait comme un puits ordinaire. Le rocher révèle le tevel. Le puits reste à enseigner à côté, à cause de ce décret.
Viens et entends : les gens de la cour et les gens de l'étage qui ont oublié et n'ont pas fait d'erouv, les gens de la cour se servent des dix inférieurs, et les gens de l'étage se servent des dix supérieurs. Comment ?
Une saillie sort du mur en dessous de dix : à la cour. Au-dessus de dix : à l'étage.
Autre texte, une baraita. Sans erouv commun, la cour a les dix tefahim du bas du mur, l'étage les dix du haut. Une saillie (ziz) dans la bande du bas va à la cour : ouverture pour elle, descente pour l'étage. Dans la bande du haut, elle va à l'étage : ouverture pour lui, jet pour la cour.
Rachi : si l'étage est bien plus haut que dix depuis le sol, "au-dessus de dix" se compte depuis l'étage vers le bas. Tossefot fixe la leçon ta chema : on ne trouve pas ce texte comme michna. Rabbeinou Tam maintient "et de même" devant deux gezouztraot, rattaché à la michna de la gezouztra du chapitre.
Donc, ce qui est entre les deux est interdit.
La baraita ne donne que le bas et le haut. La bande entre les deux reste en dehors : jet pour la cour, descente pour l'étage. Les deux y sont interdits. C'est l'avis de Rav.
Rav Nahman a dit : ici, nous traitons d'un mur de dix-neuf, et une saillie en sort. En dessous de dix : pour l'un par une ouverture, pour l'autre par une descente.
Au-dessus de dix : pour l'un par une ouverture, pour l'autre par un jet.
Rav Nahman ôte la preuve. Le mur fait dix-neuf tefahim : les dix du bas et ce qui est au-dessus se touchent. En dessous de dix, ouverture pour la cour, descente pour l'étage. Au-dessus de dix, ouverture pour l'étage, jet pour la cour. Aucune saillie n'est à la fois descente pour l'un et jet pour l'autre.
Un mur de vingt laisserait le sommet du dixième tefah dans ce cas. La baraita, qui ne permet qu'en haut et en bas, l'interdirait : ce serait l'avis de Rav. La saillie a quatre tefahim de large. Plus étroite, elle est makom petour (lieu exempt) et s'annule vers les deux côtés.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).