Eruvin 84a : Descente contre jet, le balcon, le puits, le mur de dix-neuf

Eruvin 84a

Sougya : La page poursuit la discussion de Rav et de Shmuel. Quand l'un descend et l'autre jette, Rav interdit aux deux, Shmuel donne le lieu à celui qui descend.

La michna du tertre, lue d'abord comme les gens de l'étage, semble donner raison à Shmuel. On la ramène aux habitants du balcon, et le mot à la cour veut dire également à la cour : les deux sont interdits.

Le rebord du puits ne tranche pas : Abaye l'établit plein de fruits de tevel, qui ne bougent pas le Chabbat. Une baraita sur la saillie du mur semble interdire le milieu, comme Rav.

Rav Nahman l'établit dans un mur de dix-neuf tefahim, où ce milieu n'existe pas.

Trois preuves, trois réponses Rav interdit aux deux. Shmuel donne le lieu à celui qui descend. Tertre de dix au balcon Étage : descente. Cour : jet Comme Shmuel Rav Houna Habitants du balcon : ouverture La preuve tombe Moins de dix, ou éloigné À la cour = également à la cour Les deux interdits Rebord du puits Fruits de tevel, niveau fixe Comme le rocher Saillie du mur Rav Nahman : mur de dix-neuf Pas de bande du milieu
Chaque texte qui semble trancher entre Rav et Shmuel reçoit une lecture qui laisse la discussion ouverte.
Qui est le balcon ? Le mot de la michna change le cas, descente contre jet ou ouverture contre ouverture. Lecture d'abord Lecture retenue Gens de l'étage Ils montent par le balcon Tertre de dix : sous leur niveau Eux, descente. La cour, jet La michna le leur donne Cela va comme Shmuel Habitants du balcon Leurs logements ouvrent dessus Tertre de dix : dans leurs dix Ouverture pour eux Moins de dix : ouverture des deux À la cour : également à la cour
Gens de l'étage : le tertre de dix est une descente contre un jet. Habitants du balcon : c'est une ouverture.
Le mur de dix-neuf, selon Rav Nahman Dix depuis le sol pour la cour. Le reste, jusqu'à dix-neuf, pour l'étage. Plancher de l'étage Au-dessus de dix Étage : ouverture Cour : jet En dessous de dix Cour : ouverture Étage : descente Sol de la cour Mur de dix-neuf tefahim Les deux bandes se touchent Pas de bande du milieu descente pour l'un, jet pour l'autre Saillie large de quatre tefahim Plus étroite : makom petour Lieu exempt, annulé vers la cour et vers l'étage
Mur de dix-neuf : pas de bande qui soit descente pour l'étage et jet pour la cour. Saillie de quatre tefahim, sinon lieu exempt.
1
בְּנֵי עֲלִייָּה. וּמַאי קָרוּ לַהּ מִרְפֶּסֶת? דְּקָסָלְקִי בְּמִרְפֶּסֶת, אַלְמָא: כָּל לָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל וְלָזֶה בִּזְרִיקָה — נוֹתְנִין אוֹתוֹ לָזֶה שֶׁבְּשִׁלְשׁוּל!

Les gens de l'étage. Et pourquoi l'appelle-t-on balcon ?

Parce qu'ils montent par le balcon. Il en ressort : tout lieu qui, pour l'un, est par une descente et, pour l'autre, par un jet, on le donne à celui de la descente.

📜 Rachi (1)
בְּנֵי עֲלִיָּיה דִּגְבִיהֵי מִמִּרְפֶּסֶת טוּבָא אֲבָל דֶּרֶךְ מִרְפֶּסֶת זוֹ עוֹלִין וְיוֹרְדִין וְתֵל שֶׁבֶּחָצֵר שֶׁהוּא גָּבוֹהַּ י' הָוֵי נָמוּךְ מִן הָעֲלִיָּיה י' דְּהָוֵי לָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל וְלָזֶה בִּזְרִיקָה וְקָתָנֵי דִּבְנֵי עֲלִיָּיה מֻותָּרִין בּוֹ:
Les gens de l'étage : ils sont bien plus hauts que le balcon, mais c'est par ce balcon qu'ils montent et descendent. Un tertre dans la cour, haut de dix, est plus bas que l'étage de dix : pour l'un c'est par une descente, pour l'autre par un jet. Et il enseigne que les gens de l'étage y sont permis.
💡 Explication

La page reprend la michna : un tertre de dix tefahim va au balcon. On lit d'abord balcon comme les gens de l'étage, qui montent et descendent par là. Le tertre, à dix sous leur niveau, est pour eux une descente (shilshul). Pour la cour, il est en hauteur : un jet (zerika).

La michna le donne à l'étage, donc à celui qui descend. Cela va comme Shmuel, contre Rav, qui interdit aux deux.

2
כִּדְאָמַר רַב הוּנָא: לְאוֹתָן הַדָּרִים בְּמִרְפֶּסֶת. הָכִי נָמֵי: לְאוֹתָן הַדָּרִין בְּמִרְפֶּסֶת.

Comme l'a dit Rav Houna : pour ceux qui habitent dans le balcon. Ici de même : pour ceux qui habitent dans le balcon.

📜 Rachi (1)
הַדָּרִין בַּמִּרְפֶּסֶת כְּגוֹן שֶׁיֵּשׁ בָּהּ דִּיּוּרִין דִּלְדִידְהוּ הָוֵי הַאי תֵּל שֶׁבֶּחָצֵר שָׁוֶה לָהֶן בְּתוֹךְ עֲשָׂרָה אוֹ נָמוּךְ אוֹ גָּבוֹהַּ מֵהֶם פָּחוֹת מִי':
Qui habitent dans le balcon : par exemple il y a des logements dedans. Pour eux, ce tertre de la cour leur est de niveau, dans les dix, ou plus bas, ou plus haut qu'eux de moins de dix.
💡 Explication

Rav Houna lit le mot balcon au sens propre : des logements ouvrent sur le balcon. Pour eux, un tertre de dix est dans leur niveau, à moins de dix au-dessus ou au-dessous : c'est une ouverture (petah), un usage aisé. La michna ne tranche plus entre descente et jet.

3
אִי הָכִי, אֵימָא סֵיפָא: פָּחוֹת מִכָּאן — לְחָצֵר. אַמַּאי? לָזֶה בְּפֶתַח וְלָזֶה בְּפֶתַח הוּא!

S'il en est ainsi, dis la suite : moins que cela, à la cour. Pourquoi ?

C'est pour l'un par une ouverture et pour l'autre par une ouverture.

📜 Rachi (1)
לָזֶה בְּפֶתַח וְלָזֶה בְּפֶתַח הוּא וְתַרְוַייְהוּ בָּעֵי אִיתְּסוֹרֵי בֵּיהּ דְּהָא סְתָם מִרְפֶּסֶת לָא גְּבִיהָה טוּבָא:
C'est pour l'un par une ouverture et pour l'autre par une ouverture : et les deux devraient y être interdits, car un balcon ordinaire n'est pas beaucoup plus haut.
💡 Explication

Si le balcon est habité, un tertre de moins de dix est une ouverture pour le balcon et pour la cour : un balcon ordinaire dépasse peu la cour. Deux ouvertures égales, les deux devraient être interdits. La michna dit : à la cour.

4
מַאי ״לְחָצֵר״? אַף לְחָצֵר. וּשְׁנֵיהֶן אֲסוּרִין.

Que veut dire "à la cour" ? Également à la cour.

Et tous deux sont interdits.

📜 Rachi (1)
אַף לְחָצֵר כְּלוֹמַר שְׁתֵּי הָרְשׁוּיוֹת שׁוֹלְטוֹת בּוֹ וְאוֹסְרִין זֶה עַל זֶה:
Également à la cour : c'est-à-dire que les deux domaines y ont prise, et ils s'interdisent l'un l'autre.
💡 Explication

À la cour veut dire également à la cour. Les deux domaines ont prise sur le tertre. Faute d'erouv commun, ils s'interdisent l'un l'autre.

5
הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא, מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים בִּסְמוּכָה. אֲבָל בְּמֻופְלֶגֶת, אֲפִילּוּ גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה טְפָחִים — לְחָצֵר. מַאי ״לְחָצֵר״? אִילֵּימָא: לְחָצֵר וְשָׁרֵי, אַמַּאי? רְשׁוּתָא דְּתַרְוַיְיהוּ הוּא!

Cela aussi se tient, du fait qu'il enseigne dans la suite : dans quel cas cela est-il dit ? Lorsqu'il est proche.

Mais lorsqu'il est éloigné, même s'il est haut de dix tefahim, à la cour. Que veut dire "à la cour" ?

Si l'on dit : à la cour, et c'est permis, pourquoi ? C'est le domaine de l'un et de l'autre.

📜 Rachi (4)
ה"נ מִסְתַּבְּרָא דְּמַאי לֶחָצֵר אַף לֶחָצֵר קָאָמַר וּבְדָיוֹרֵי מִרְפֶּסֶת עָסְקִינַן:
Cela aussi se tient : que "à la cour" veut dire également à la cour, et nous traitons des logements du balcon.
מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא מֻופְלֶגֶת אֲפִילּוּ גָּבוֹהַּ י' הָוֵי לְחָצֵר:
Puisqu'il enseigne dans la suite, éloigné : même haut de dix, c'est à la cour.
אִי נֵימָא דְּשָׁרֵי לֵיהּ לְאִשְׁתַּמּוֹשֵׁי:
Si l'on dit : qu'il lui est permis de s'en servir.
אַמַּאי נְהִי נָמֵי דְּמַאי מִרְפֶּסֶת בְּנֵי עֲלִיָּיה רְשׁוּתָא דְּתַרְוַייְהוּ הִיא דְּלִשְׁנֵיהֶן תַּשְׁמִישׁוֹ בַּקָּשָׁה לֶחָצֵר בִּזְרִיקַת גֹּובַהּ וְלָעֲלִייָּה בִּזְרִיקָה אֶת מֶשֶׁךְ הַהַפְלָגָה וּבְשִׁלְשׁוּל אֶת הַנְּמוּכוֹת וּנְהִי דְּלִשְׁמוּאֵל שִׁלְשׁוּל לְגַבֵּי זְרִיקַת גֹּובַהּ נוֹחַ הוּא הָכָא דְּאִיכָּא שִׁלְשׁוּל וּזְרִיקַת מֶשֶׁךְ שָׁוִין הֵן לִזְרִיקַת גֹּובַהּ וְאַמַּאי לֶחָצֵר:
Pourquoi. Même si l'on accorde que balcon désigne les gens de l'étage, c'est le domaine des deux. Pour les deux, l'usage est pénible : pour la cour, un jet en hauteur ; pour l'étage, un jet sur la longueur de l'éloignement, et une descente de la dénivellation. Et même selon Shmuel, la descente est aisée par rapport au jet en hauteur. Ici, il y a une descente et un jet de distance : ils égalent le jet en hauteur. Pourquoi "à la cour" ?
🗂️ Tossefot (1)
הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא כו' אוֹמֵר רִ"י דְּהַאי ה"נ מִסְתַּבְּרָא לֵיתָא אֶלָּא אַלִּיבָּא דִּשְׁמוּאֵל דַּוְקָא דְּסָבַר אָדָם אוֹסֵר עַל חֲבֵירוֹ דֶּרֶךְ אֲוִיר בִּשְׁמַעְתִּין אֲבָל לְרַב דְּאָמַר אֵין אָדָם אוֹסֵר עַל חֲבֵירוֹ דֶּרֶךְ אֲוִיר הָוְיָא הָא לְחָצֵר דַּוְקָא וּמֻותָּרִין וא"ת לָמָּה הֻוצְרַךְ לְדַקְדֵּק ה"נ מִסְתַּבְּרָא מִסֵּיפָא דְּסֵיפָא מִפָּחוּת מִכָּאן לְחָצֵר דְּקָתָנֵי גַּבֵּי חֻולְייַת הַבּוֹר הו"מ לְדַקְדֵּק דְּאַף לִשְׁמוּאֵל הָוֵי פֵּירוּשׁוֹ אַף לְחָצֵר דְּהָא חֻולְייַת הַבּוֹר וְהַסֶּלַע דְּקָתָנֵי שֶׁגָּבוֹהַּ י' טְפָחִים ע"כ כְּשֶׁגֹּובַהּ הַחֻולְיָא עֲשָׂרָה טְפָחִים מִשְּׂפַת הַבּוֹר דְּהַייְנוּ מִקַּרְקָעִית הֶחָצֵר מִדַּחֲשִׁיב לָהּ לִבְנֵי חָצֵר בִּזְרִיקָה וא"כ כִּי קָתָנֵי עֲלָהּ פָּחוֹת מִכָּאן לֶחָצֵר שֶׁהַחֻולְיָא פָּחוֹת מַשֶּׁהוּ מֵעֲשָׂרָה א"כ מֵרֹאשׁ חֻולְיָא עַד קַרְקָעִית הַבּוֹר יֵשׁ יוֹתֵר מֵעֲשָׂרָה וְאִם כֵּן לָא הָוֵי לִבְנֵי חָצֵר דַּוְקָא דְּלִבְנֵי חָצֵר הָוֵי נָמֵי בְּשִׁלְשׁוּל כְּמוֹ לִבְנֵי עֲלִיּוֹת דְּאֵין לְחַלֵּק בֵּין שִׁלְשׁוּל עֲשָׂרָה לִכְ' וְי"ל דְּמ"מ לָא ה"ל לְמִתְנֵי לִשְׁמוּאֵל אַף לֶחָצֵר גַּבֵּי חֻולְייַת הַבּוֹר דִּנְהִי דְּקַרְקָעִית הַבּוֹר הָוֵי אַף לֶחָצֵר מ"מ תַּשְׁמִישׁ שֶׁעַל הַסֶּלַע וְרֹאשׁ הַחֻולְיָא הָוֵי דַּוְקָא לְחָצֵר לִשְׁמוּאֵל אֲבָל לְרַב אַכּוּלְּהוּ הָוֵי אַף לֶחָצֵר ה"ל לְמִתְנֵי בְּהֶדְיָא אַף לְחָצֵר וּלְהָכִי מַיְיתֵי מִסֵּיפָא דְּסֵיפָא דְּלִשְׁמוּאֵל נָמֵי הָוֵי הָתָם פֵּירוּשׁ לְחָצֵר אַף לֶחָצֵר בֵּין אַסֶּלַע בֵּין אַקַּרְקָעִית הַבּוֹר כְּמוֹ שצ"ל לְרַב גַּבֵּי פָּחוֹת מִכָּאן לֶחָצֵר:
Cela aussi se tient, puisqu'il enseigne dans la suite, etc. Le Ri dit que ce "cela aussi se tient" ne vaut que selon Shmuel, précisément. Il tient qu'un homme interdit à son prochain par voie d'air dans notre discussion. Selon Rav, qui dit qu'un homme n'interdit pas à son prochain par voie d'air, ce "à la cour" vise la cour seule, et ils sont permis. Et si tu demandes : pourquoi a-t-il eu besoin de déduire ce "cela aussi se tient" de la fin de la fin ? De "moins que cela, à la cour", enseigné à propos du rebord du puits, il aurait pu déduire que, même selon Shmuel, l'explication est "également à la cour". Car le rebord du puits et le rocher, dont il enseigne qu'ils sont hauts de dix tefahim, c'est forcément quand la hauteur du rebord fait dix tefahim depuis le bord du puits, c'est-à-dire depuis le sol de la cour, puisqu'il le compte, pour les gens de la cour, comme un jet. Dès lors, quand il enseigne à la suite "moins que cela, à la cour", le rebord étant un peu moindre que dix, du sommet du rebord jusqu'au fond du puits il y a plus de dix. Dès lors, les gens de la cour y seraient eux aussi par une descente, comme les gens des étages : on ne sépare pas une descente de dix d'une descente de vingt. Et l'on peut répondre : malgré cela, selon Shmuel, il n'aurait pas dû enseigner "également à la cour" à propos du rebord du puits. Admettons que le fond du puits soit également à la cour. Malgré cela, l'usage qui se fait sur le rocher et sur le sommet du rebord est, selon Shmuel, à la cour seule. Selon Rav, pour l'ensemble, ce serait "également à la cour" : il aurait dû enseigner explicitement "également à la cour". C'est pourquoi il l'amène de la fin de la fin. Là, même selon Shmuel, l'explication de "à la cour" est "également à la cour", pour le rocher comme pour le fond du puits, comme il faut le dire selon Rav à propos de "moins que cela, à la cour".
💡 Explication

La fin de la michna : le tertre éloigné de quatre tefahim ou plus reste à la cour, même haut de dix. S'il était permis à la cour seule, la peine reste des deux côtés. La cour jette en hauteur. L'étage descend, et jette encore sur la distance. Selon Shmuel, la descente seule est plus aisée que le jet en hauteur. Ici la descente s'ajoute à un jet de distance : les deux peines se valent. À la cour veut donc dire également à la cour, et les deux sont interdits. Même lecture pour "moins que cela".

Tossefot, au nom du Ri : cette déduction ne joue que pour Shmuel, qui tient qu'on interdit son prochain par l'air. Pour Rav, qui dit qu'on n'interdit pas par l'air, "à la cour" laisse la cour permise.

🖼️ Schéma
Proche ou éloigné du balcon La fin de la michna. À la cour veut dire également à la cour. Proche : moins de quatre Éloigné : quatre ou plus Haut de dix : au balcon Ouverture, à son niveau Moins de dix Ouverture pour les deux Également à la cour Les deux interdits Même haut de dix Cour : jet en hauteur Étage : descente plus un jet de distance Les deux peines se valent Également à la cour, interdits
Proche, le tertre de dix va au balcon. Éloigné, même à dix, les deux peines se valent : également à la cour, et les deux sont interdits.
6
אֶלָּא מַאי ״לֶחָצֵר״ — אַף לְחָצֵר, וּשְׁנֵיהֶן אֲסוּרִין. הָכִי נָמֵי: מַאי ״לְחָצֵר״ — אַף לְחָצֵר, וּשְׁנֵיהֶן אֲסוּרִין. שְׁמַע מִינָּה.

Mais alors, que veut dire "à la cour" ? Également à la cour, et tous deux sont interdits.

Ici de même : que veut dire "à la cour" ? Également à la cour, et tous deux sont interdits.

Apprends-le de là.

📜 Rachi (1)
אֶלָּא עַל כָּרְחָךְ אַף לֶחָצֵר וַאֲסוּרִין לְרַב נָמֵי דִּמְתָרֵץ לָהּ בְּדָיוֹרֵי מִרְפֶּסֶת מַאי לֶחָצֵר דְּקָתָנֵי אַפָּחוּת מִכָּאן אַף לֶחָצֵר קָאָמַר וַאֲסוּרִין:
Mais alors : forcément également à la cour, et ils sont interdits. Pour Rav aussi, qui l'explique par les logements du balcon : que veut dire "à la cour", qu'il enseigne à propos de "moins que cela" ? Il veut dire également à la cour, et ils sont interdits.
💡 Explication

La lecture se confirme. Elle vaut aussi pour Rav, qui explique la michna par les habitants du balcon : "moins que cela, à la cour" veut dire également à la cour, et les deux sont interdits.

7
תְּנַן: חֻולְייַת הַבּוֹר וְהַסֶּלַע שֶׁהֵן גְּבוֹהִין עֲשָׂרָה — לְמִרְפֶּסֶת, פָּחוֹת מִכָּאן — לֶחָצֵר. אָמַר רַב הוּנָא: לְאוֹתָן הַדָּרִים בְּמִרְפֶּסֶת.

Nous avons appris dans la michna : le rebord du puits et le rocher qui sont hauts de dix, au balcon ; moins que cela, à la cour. Rav Houna a dit : pour ceux qui habitent dans le balcon.

📜 Rachi (2)
חֻולְייַת הַבּוֹר אוֹ שֶׁיֵּשׁ בֶּחָצֵר סֶלַע:
Le rebord du puits : ou bien il y a dans la cour un rocher.
לַמִּרְפֶּסֶת וקס"ד לִבְנֵי עֲלִייָּה קָאָמַר וְקַשְׁיָא לְרַב:
Au balcon : et l'on pense d'abord qu'il parle des gens de l'étage, et c'est une difficulté pour Rav.
💡 Explication

Autre clause, même forme : rebord du puits et rocher de dix tefahim, au balcon. On croit d'abord qu'il s'agit des gens de l'étage : descente contre jet, comme Shmuel, difficulté pour Rav. Rav Houna : ce sont encore les habitants du balcon.

8
תִּינַח סֶלַע. בּוֹר מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?

Passe pour le rocher. Le puits, que dire ?

📜 Rachi (2)
תִּינַח סֶלַע דְּהָוֵי לִבְנֵי מִרְפֶּסֶת כְּפֶתַח שֶׁעַל גַּבָּיו הָוֵי תַּשְׁמִישׁ דִּידֵיהּ וְגָבוֹהַּ שָׁוֶה לָהֶן הוּא:
Passe pour le rocher : car pour les gens du balcon c'est comme une ouverture, puisque c'est sur lui que se fait son usage, et sa hauteur est de niveau avec eux.
אֶלָּא בּוֹר שֶׁמְּמַלְּאִים הֵימֶנּוּ תַּשְׁמִישְׁתּוֹ בְּשִׁלְשׁוּל הוּא אֲפִילּוּ לִבְנֵי מִרְפֶּסֶת שֶׁהֲרֵי מִקַּרְקָעִיתוֹ דּוֹלִין וש"מ דְּהוֹאִיל וְלִבְנֵי חָצֵר תַּשְׁמִישׁוֹ בִּזְרִיקָה שֶׁאֵין יְכוֹלִין לְמַלֹּאות אֶלָּא א"כ זוֹרְקִין דְּלִי לְמַעְלָה מִן הַחֻולְיָא יָהֲבִינַן לָהּ לִבְנֵי מִרְפֶּסֶת דִּבְשִׁלְשׁוּל כִּשְׁמוּאֵל:
Mais le puits : dont on puise, son usage est par une descente, même pour les gens du balcon, puisqu'on puise depuis son fond. Et on en apprend que, puisque pour les gens de la cour l'usage est par un jet, car ils ne peuvent remplir qu'en jetant le seau au-dessus du rebord, on le donne aux gens du balcon, qui sont par une descente, comme Shmuel.
🗂️ Tossefot (1)
בּוֹר מַאי אִיכָּא לְמֵימַר וא"ת בּוֹר נָמֵי הָוֵי לִבְנֵי מִרְפֶּסֶת בְּשִׁלְשׁוּל וְלִבְנֵי חָצֵר בִּזְרִיקָה וְשִׁילְשׁוּל דְּאָמַר לְקַמָּן (עֵירוּבִין פֶּה.) כֵּיוָן דְּלָזֶה בִּזְרִיקָה וְשִׁלְשׁוּל וְלָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל לְחוֹדֵיהּ כְּלָזֶה בִּזְרִיקָה וְלָזֶה בְּפֶתַח דָּמֵי וי"ל דִּלְקַמָּן בִּזְרִיקָה שֶׁל הַפְלָגָה אַיְירֵי דְּהָוֵי דֶּרֶךְ אֲוִיר אֲבָל בִּזְרִיקַת גֹּובַהּ וְשִׁלְשׁוּל לָא עָדִיף לְרַב מִשִּׁלְשׁוּל לְחוּדֵיהּ וְאֵין נִרְאֶה לר"י חִילּוּק זֶה דְּאִם הָיָה אָדָם אוֹסֵר עַל חֲבֵירוֹ דֶּרֶךְ אֲוִיר לְרַב לֹא הָיָה מְפַלֵּיג בֵּין זְרִיקַת גֹּובַהּ לִזְרִיקַת אֲוִיר מִדְּפָרִיךְ לֵיהּ ר"א לְקַמָּן (שָׁם:) וְהָא מָר הוּא דְּאָמַר לָזֶה בִּזְרִיקָה וְלָזֶה בְּשִׁילְשׁוּל וְנִרְאֶה לר"י דְּהָא דְּאָמַר לְקַמָּן שָׁאנֵי הָכָא כֵּיוָן דְּלָזֶה כו' וְלָזֶה בִּזְרִיקָה כְּלָזֶה בִּזְרִיקָה וְלָזֶה בְּפֶתַח דָּמֵי דִּיחוּי הוּא כְּלוֹמַר דְּמָצִינוּ לְמִידְחֵי וּלְמֵימַר דִּלְרַב אָדָם אוֹסֵר עַל חֲבֵירוֹ דֶּרֶךְ אֲוִיר בְּעָלְמָא הֵיכָא דְּהָוֵי לְתַרְוַייְהוּ בִּזְרִיקַת אֲוִיר אֲבָל לְפִי הַמַּסְּקָנָא הָוֵי טַעְמָא דְרַב מִשּׁוּם דְּאֵין אָדָם אוֹסֵר עַל חֲבֵירוֹ דֶּרֶךְ אֲוִיר לֹא נֹאמַר דְּלָזֶה בִּזְרִיקָה וְשִׁלְשׁוּל וְלָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל לְחוֹדֵיהּ כְּלָזֶה בִּזְרִיקָה וְלָזֶה בְּפֶתַח דָּמֵי אֶלָּא יִהְיֶה לָזֶה בִּזְרִיקָה וְשִׁלְשׁוּל וְלָזֶה בִּזְרִיקָה כְּלָזֶה בִּזְרִיקָה וְלָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל וְלֹא נְחַלֵּק בֵּינֵיהֶן כְּמוֹ שֶׁהָיָה סָבַר הַמַּקְשֶׁה לְקַמָּן וְעוֹד י"ל דְּלָזֶה בִּזְרִיקָה וְשִׁלְשׁוּל דִּלְקַמָּן אִיכָּא ב' עִנְיְנֵי זְרִיקָה זְרִיקַת אֲוִיר וּזְרִיקַת גֹּובַהּ אֲבָל הֵיכָא דְּלָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל לְחוּדֵיהּ וְלָזֶה בִּזְרִיקַת גֹּובַהּ וְשִׁלְשׁוּל אוֹ בִּזְרִיקַת אֲוִיר וְשִׁלְשׁוּל שְׁנֵיהֶם אֲסוּרִין:
Le puits, que dire. Et si tu demandes : le puits aussi est, pour les gens du balcon, par une descente, et pour les gens de la cour par un jet et une descente. Or il est dit plus loin (Eruvin 85a) : puisque pour l'un c'est par un jet et une descente, et pour l'autre par une descente seule, c'est pareil à pour l'un par un jet et pour l'autre par une ouverture. Et l'on peut répondre : plus loin, il s'agit d'un jet de distance, qui passe par l'air. Un jet en hauteur avec une descente ne l'emporte pas, selon Rav, sur une descente seule. Et ce partage ne paraît pas au Ri. Si, selon Rav, un homme interdisait à son prochain par l'air, il ne séparerait pas le jet en hauteur du jet par l'air, puisque Rabbi Eliezer lui objecte plus loin (Eruvin 85b) : mais c'est toi qui as dit, pour l'un par un jet et pour l'autre par une descente. Et il paraît au Ri que ce qu'on dit plus loin est un rejet (dihoui) : ici c'est un autre cas, puisque pour l'un, etc., et pour l'autre par un jet, c'est pareil à pour l'un par un jet et pour l'autre par une ouverture. Autrement dit, on peut écarter ainsi : selon Rav, un homme interdit à son prochain par l'air dans le cas général, là où les deux sont par un jet dans l'air. Mais selon la conclusion, la raison de Rav est qu'un homme n'interdit pas à son prochain par l'air. On ne dira pas que, pour l'un par un jet et une descente et pour l'autre par une descente seule, c'est pareil à pour l'un par un jet et pour l'autre par une ouverture. On dira : pour l'un par un jet et une descente, et pour l'autre par un jet, c'est pareil à pour l'un par un jet et pour l'autre par une descente. Et on ne séparera pas ces cas, comme le croyait l'objecteur plus loin. Et l'on peut encore dire : dans "pour l'un par un jet et une descente" de plus loin, il y a deux sortes de jet, le jet dans l'air et le jet en hauteur. Mais là où l'un n'a qu'une descente, et l'autre un jet en hauteur avec une descente, ou un jet dans l'air avec une descente, les deux sont interdits.
💡 Explication

Le rocher passe : son dessus est au niveau du balcon, une ouverture pour lui, un jet pour la cour. Le puits : on puise au fond. Même le balcon descend le seau. La cour doit d'abord jeter le seau par-dessus le rebord. Descente contre jet : on donnerait le puits au balcon, comme Shmuel.

🖼️ Schéma
Pourquoi le rocher passe, et le puits non Rav Houna lit le balcon au sens des habitants. Le puits reste une descente. Rocher de dix Puits, on puise au fond Le dessus est au niveau Balcon : ouverture Cour : jet vers le haut Cela reste au balcon Sans trancher pour Shmuel Même le balcon descend La cour jette le seau par-dessus le rebord Descente contre jet On le donnerait comme Shmuel
Le rocher est une ouverture pour le balcon. Le puits, puisé au fond, redevient une descente, et donnerait raison à Shmuel.
9
אָמַר רַב יִצְחָק בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה: הָכָא בְּבוֹר מְלֵאָה מַיִם עָסְקִינַן. וְהָא חָסְרָא!

Rav Yitzhak, fils de Rav Yehouda, a dit : ici, nous traitons d'un puits plein d'eau. Mais il diminue.

📜 Rachi (1)
מְלֵאָה מַיִם דְּהָוֵי כְּפֶתַח לִבְנֵי מִרְפֶּסֶת:
Plein d'eau : car c'est comme une ouverture pour les gens du balcon.
💡 Explication

Rav Yitzhak : le puits est plein, l'eau affleure le rebord, comme une ouverture pour le balcon. Objection : dès qu'on puise, le niveau baisse, et l'on revient à la descente.

10
כֵּיוָן דְּכִי מַלְיָא שַׁרְיָא — כִּי חָסְרָא נָמֵי שַׁרְיָא. אַדְּרַבָּה, כֵּיוָן דְּכִי חָסְרָא אֲסִירָא — כִּי מַלְיָא נָמֵי אֲסִירָא.

Puisque, lorsqu'il est plein, il est permis, lorsqu'il diminue il est permis aussi. Au contraire : puisque, lorsqu'il diminue, il est interdit, lorsqu'il est plein il est interdit aussi.

🗂️ Tossefot (1)
כֵּיוָן דְּכִי חָסְרָא אֲסִירָא כִּי מַלְיָא נָמֵי אֲסִירָא דְּהָוֵי דָּבָר הַנִּיטָּל בְּשַׁבָּת וְאֵינוֹ מְמַעֵט וּמַסִּיק בְּפֵירוֹת שֶׁל טֶבֶל דְּאֵין נִיטָּלִין בְּשַׁבָּת וְלָא דָּמֵי לְעָפָר וְעָתִיד לְפַנּוֹתוֹ דְּאָמַר לְעֵיל (עֵירוּבִין דַּף עט.) דְּלָא חָיֵיץ דְּכֵיוָן דְּעָתִיד לְפַנּוֹתוֹ לֹא מְבַטֵּל וַדַּאי מְחִיצָּה הַמַּפְסִיק בֵּין ב' חֲצֵירוֹת אֲבָל לְמַעֵט גֹּובַהּ עֲשָׂרָה וּלְשַׁוְייָה כְּפֶתַח לְמִרְפֶּסֶת כֵּיוָן דְּאֵינוֹ נִיטָּל בְּשַׁבָּת מְמַעֵט אע"ג דְּעָתִיד לְפַנּוֹתוֹ כְּמוֹ כָּפָה סֵפֶל דְּאָמַר לְעֵיל (עֵירוּבִין דַּף עז.) דִּמְמַעֵט:
Puisque, lorsqu'il diminue, il est interdit, lorsqu'il est plein il est interdit aussi. Car c'est une chose que l'on prend le Chabbat, et qui ne réduit pas. Et l'on conclut par des fruits de tevel, que l'on ne prend pas le Chabbat. Et cela diffère de la terre qu'il compte déblayer, dont il est dit plus haut (Eruvin 79a) qu'elle ne fait pas cloison : puisqu'il compte la déblayer, elle n'installe pas pour de bon une cloison qui sépare deux cours. Mais pour réduire une hauteur de dix et la rendre comme une ouverture vers le balcon : puisqu'on ne la prend pas le Chabbat, elle réduit, même s'il compte la déblayer, comme un bassin renversé, dont il est dit plus haut (Eruvin 77a) qu'il réduit.
💡 Explication

Réponse : permis quand il est plein, permis aussi quand il baisse. Contre-réponse : interdit quand il baisse, interdit aussi quand il est plein.

Tossefot : l'eau se prend le Chabbat, elle ne fixe pas la hauteur. La suite tranche par le tevel, qu'on ne déplace pas. La terre qu'on compte déblayer ne fait pas cloison entre deux cours (Eruvin 79a). Pour abaisser une hauteur de dix et ouvrir vers le balcon, ce qu'on ne déplace pas le Chabbat réduit la mesure, même si l'on compte l'enlever plus tard, comme le bassin renversé (Eruvin 77a).

11
אֶלָּא אָמַר אַבַּיֵּי: הָכָא בְּבוֹר מְלֵיאָה פֵּירוֹת עָסְקִינַן. וְהָא חָסְרִי.

Mais Abaye a dit : ici, nous traitons d'un puits plein de fruits. Mais ils diminuent.

💡 Explication

Abaye : le puits est plein de fruits. Le dessus est près du balcon. Objection : on en retire, le tas baisse.

12
בְּטִיבְלָא.

De tevel.

📜 Rachi (1)
בִּדְטִיבְלָא שֶׁהֵן מֻוקְצִין מֵחֲמַת אִיסּוּר טֶבֶל וַאֲסוּרִין לְטַלְטֵל:
En tevel : ils sont mouktse du fait de l'interdit de tevel, et il est interdit de les déplacer.
💡 Explication

Ce sont des fruits de tevel : prélèvements non séparés. On ne les déplace pas le Chabbat, ils sont mouktse. Le niveau reste celui du début du Chabbat, comme un rocher.

🖼️ Schéma
Ce qui remplit le puits Abaye : des fruits de tevel. Le niveau du Chabbat ne bouge pas. Puits d'eau Fruits prélevés Fruits de tevel On puise le Chabbat Le niveau baisse On revient à descendre L'eau ne fixe pas la hauteur On en retire Le tas diminue On en vient à descendre D'où le décret si l'on n'enseignait pas On ne les déplace pas Mouktse, interdit Le niveau tient Comme le rocher Ouverture pour le balcon
L'eau baisse. Les fruits prélevés aussi. Le tevel reste en place le Chabbat, et le puits se comporte comme le rocher.
13
דַּיְקָא נָמֵי דְּקָתָנֵי דֻּומְיָא דְּסֶלַע. שְׁמַע מִינָּה.

C'est précis aussi, puisqu'il l'enseigne à la ressemblance du rocher. Apprends-le de là.

📜 Rachi (1)
דֻּומְיָא דְּסֶלַע שֶׁאֵינוֹ חָסֵר:
À la ressemblance du rocher : qui ne diminue pas.
💡 Explication

La michna aligne le puits sur le rocher, qui ne diminue pas. Le puits dont elle parle ne diminue pas non plus pendant le Chabbat.

14
וְלָמָּה לִי לְמִיתְנֵא בּוֹר וְלָמָּה לִי לְמִיתְנֵא סֶלַע? צְרִיכָא, דְּאִי אַשְׁמְעִינַן סֶלַע — דְּלֵיכָּא לְמִיגְזַר, אֲבָל בּוֹר — לִיגְזוֹר זִמְנִין דְּמַלְיָא פֵּירוֹת מְתֻוקָּנִין, צְרִיכָא.

Et pourquoi me faut-il enseigner le puits, et pourquoi me faut-il enseigner le rocher ? C'est nécessaire.

Car si l'on ne nous avait appris que le rocher, il n'y a rien à décréter. Mais le puits, on décréterait : parfois il est plein de fruits prélevés.

C'est nécessaire.

📜 Rachi (3)
וְלָמָּה לִי לְמִיתְנָא תַּרְוַייְהוּ הוֹאִיל וּבִדְטִיבְלָא מוּקֶמֶת לָהּ בִּשְׁלָמָא אִי אָמְרַתְּ בְּבוֹר מַיִם קָאָמַר אִיצְטְרִיךְ בּוֹר לְאַשְׁמְעִינַן דאע"ג דִּבְשִׁלְשׁוּל הוּא לִבְנֵי מִרְפֶּסֶת אַפֵּ"ה לְגַבֵּי חָצֵר דְּתַשְׁמִישְׁתֵּיהּ בִּזְרִיקָה נַחַת חֲשִׁיב לֵיהּ לְשִׁלְשׁוּל דְּמִרְפֶּסֶת אֶלָּא הַשְׁתָּא דִּבּוּר וְסֶלַע שְׁנֵיהֶן תַּשְׁמִישְׁתָּם עַל גַּבָּן תַּרְוַיְיהוּ לָמָּה לִי לִיתְנֵי סֶלַע וְלָא לִיתְנֵי בּוֹר הוֹאִיל וְסוֹף סוֹף כְּדֻומְיָא דְּסֶלַע בָּעֵית לְאוֹקְמֵיהּ נְהִי דְּבוֹר בְּלֹא סֶלַע לָא מָצֵי לְמִתְנֵי דְּאִם כֵּן הֲוָה אֲמִינָא בְּבוֹר סְתָם קָאָמַר לְהָכִי אִצְטְרִיךְ סֶלַע לְגַלּוֹיֵי עָלֶיהָ דְּבִדְטִיבְלָא עָסְקִינַן אֶלָּא סֶלַע בְּלֹא בּוֹר לִיתְנֵי:
Et pourquoi enseigner : les deux, puisque tu l'établis en tevel. Soit : si tu dis qu'il parle d'un puits d'eau, le puits était nécessaire, pour nous apprendre que, bien que ce soit une descente pour les gens du balcon, face à la cour dont l'usage est un jet, il compte la descente du balcon comme aisée. Mais maintenant, le puits et le rocher ont tous deux leur usage sur le dessus. Pourquoi les deux ? Qu'il enseigne le rocher, et qu'il n'enseigne pas le puits, puisque, au bout du compte, tu dois l'établir à la ressemblance du rocher. Soit : un puits sans le rocher, il ne pouvait pas l'enseigner. Sinon, j'aurais dit qu'il parle d'un puits ordinaire. Le rocher est donc nécessaire, pour révéler que nous traitons de tevel. Mais le rocher sans le puits, qu'il l'enseigne.
ה"ג צְרִיכָא דְּאִי תְּנָא סֶלַע דְּלֵיכָּא לְמִיגְזַר כו' וְלָא גָּרְסִינַן אִי תְּנָא בּוֹר אֲבָל סֶלַע לֹא דְּהָא בּוֹר בְּלֹא סֶלַע לָא מָצֵי לְמִיתְנֵי כִּדְפָרֵישִׁית:
Voici la leçon : c'est nécessaire, car si l'on avait enseigné le rocher, il n'y a rien à décréter, etc. Et nous ne lisons pas : si l'on avait enseigné le puits, mais le rocher, non. Car un puits sans rocher, on ne pouvait pas l'enseigner, comme je l'ai expliqué.
מְתֻוקָּנִין דְּשָׁקְלִי מִנַּייְהוּ וְחָסְרִי וְאָתוּ לִידֵי שִׁילְשׁוּל:
Prélevés : on en retire, ils diminuent, et l'on en vient à une descente.
💡 Explication

Les deux cas servent. Le rocher seul : rien à décréter, il ne baisse pas. Le puits : on aurait décrété, de crainte qu'il soit plein de fruits prélevés (metoukanim), qu'on retire, jusqu'à devoir descendre le seau.

Rachi : le puits seul se lirait comme un puits ordinaire. Le rocher révèle le tevel. Le puits reste à enseigner à côté, à cause de ce décret.

15
תָּא שְׁמַע: אַנְשֵׁי חָצֵר וְאַנְשֵׁי עֲלִיָּיה שֶׁשָּׁכְחוּ וְלֹא עֵירְבוּ — אַנְשֵׁי חָצֵר מִשְׁתַּמְּשִׁין בָּעֲשָׂרָה הַתַּחְתּוֹנִים, וְאַנְשֵׁי עֲלִיָּיה מִשְׁתַּמְּשִׁין בָּעֲשָׂרָה הָעֶלְיוֹנִים. כֵּיצַד? זִיז יוֹצֵא מִן הַכֹּותֶל לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה — לְחָצֵר, לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה — לָעֲלִיָּיה.

Viens et entends : les gens de la cour et les gens de l'étage qui ont oublié et n'ont pas fait d'erouv, les gens de la cour se servent des dix inférieurs, et les gens de l'étage se servent des dix supérieurs. Comment ?

Une saillie sort du mur en dessous de dix : à la cour. Au-dessus de dix : à l'étage.

📜 Rachi (4)
וְלֹא עֵירוּבוֹ אֵלּוּ עִם אֵלּוּ:
Et ils n'ont pas fait d'erouv : ceux-ci avec ceux-là.
בַּעֲשָׂרָה תַּחְתּוֹנִים בְּכֹותֶל הַבַּיִת בֶּחָצֵר אַנְשֵׁי חָצֵר מִשְׁתַּמְּשִׁין דִּלְדִידְהוּ כְּפֶתַח וְלִבְנֵי עֲלִיָּיה בְּשִׁלְשׁוּל:
Des dix inférieurs : dans le mur de la maison, dans la cour, les gens de la cour s'en servent, car pour eux c'est comme une ouverture, et pour les gens de l'étage par une descente.
בַּעֲשָׂרָה הָעֶלְיוֹנִים שֶׁהֵן מִתַּחַת לָעֲלִיָּיה אַנְשֵׁי עֲלִייָּה מִשְׁתַּמְּשִׁין דְּסִמּוּכִין הֵן לִבְנֵי עֲלִייָּה וְהָוֵי לְדִידְהוּ כְּפֶתַח וְלִבְנֵי חָצֵר בִּזְרִיקָה:
Des dix supérieurs : qui sont sous l'étage, les gens de l'étage s'en servent, car ils sont proches des gens de l'étage, et c'est pour eux comme une ouverture, et pour les gens de la cour par un jet.
זִיז הַבּוֹלֵט חוּץ לַכֹּותֶל לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה קָא ס"ד בַּעֲלִייָּה גָּבוֹהַּ טוּבָא עָסְקִינַן וְהַאי לְמַעְלָה לָאו מִן הַקַּרְקַע מוֹדֵד אֶלָּא ה"ק לְמַעְלָה מִתְּחִלַּת טֶפַח עֲשִׂירִי כְּשֶׁתִּמְדֹּוד מִן הָעֲלִייָּה וּלְמַטָּה עֲשָׂרָה דְּהַייְנוּ כִּדְקָתָנֵי רֵישָׁא בִּי' עֶלְיוֹנִים אַנְשֵׁי עֲלִיָּיה מִשְׁתַּמְּשִׁין:
Saillie : qui dépasse hors du mur. "Au-dessus de dix", on pense d'abord que nous traitons d'un étage bien plus haut, et ce "au-dessus" ne se mesure pas depuis le sol. Voici ce qu'il dit : au-dessus du début du dixième tefah, quand tu mesures depuis l'étage vers le bas sur dix. C'est comme l'enseigne le début : dans les dix supérieurs, les gens de l'étage s'en servent.
🗂️ Tossefot (2)
תָּא שְׁמַע אַנְשֵׁי חָצֵר וְאַנְשֵׁי מִרְפֶּסֶת כו' ל"ג תְּנַן דְּאֵינוֹ מִשְׁנָה בְּשׁוּם מָקוֹם אֶלָּא ת"ש גָּרַס:
Viens et entends, les gens de la cour et les gens du balcon, etc. On ne lit pas "nous avons appris", car on ne le trouve comme michna en aucun endroit. On lit : viens et entends.
וְכֵן ב' גְּזֻוזְטְרָאוֹת כו' פֵּי' רַשִׁ"י ל"ג וְכֵן ור"ת גָּרֵיס לָהּ דְּאַרֵישָׁא קָאֵי דְּקָתָנֵי בְּפִירְקִין גְּזֻוזְטְרָא שֶׁהִיא לְמַעְלָה מִן כו':
Et de même deux gezouztraot, etc. Rachi explique : on ne lit pas "et de même". Rabbeinou Tam le lit, car cela se rattache au début. Il enseigne dans notre chapitre : une gezouztra qui est au-dessus de...
💡 Explication

Autre texte, une baraita. Sans erouv commun, la cour a les dix tefahim du bas du mur, l'étage les dix du haut. Une saillie (ziz) dans la bande du bas va à la cour : ouverture pour elle, descente pour l'étage. Dans la bande du haut, elle va à l'étage : ouverture pour lui, jet pour la cour.

Rachi : si l'étage est bien plus haut que dix depuis le sol, "au-dessus de dix" se compte depuis l'étage vers le bas. Tossefot fixe la leçon ta chema : on ne trouve pas ce texte comme michna. Rabbeinou Tam maintient "et de même" devant deux gezouztraot, rattaché à la michna de la gezouztra du chapitre.

16
הָא דְּבֵינֵי בֵּינֵי — אָסוּר!

Donc, ce qui est entre les deux est interdit.

📜 Rachi (2)
הָא דְּבֵינֵי בֵּינֵי שֶׁבֵּין י' עֶלְיוֹנִים לִי' תַּחְתּוֹנִים דְּהָוֵי לֶחָצֵר בִּזְרִיקָה וְלָעֲלִיָּיה בְּשִׁלְשׁוּל:
Donc, ce qui est entre les deux : ce qui est entre les dix supérieurs et les dix inférieurs, qui est pour la cour par un jet et pour l'étage par une descente.
אָסוּר לְתַרְוַייְהוּ כְּרַב:
Interdit : aux deux, comme Rav.
💡 Explication

La baraita ne donne que le bas et le haut. La bande entre les deux reste en dehors : jet pour la cour, descente pour l'étage. Les deux y sont interdits. C'est l'avis de Rav.

17
אָמַר רַב נַחְמָן: הָכָא בְּכֹותֶל תִּשְׁעָה עָשָׂר עָסְקִינַן, וְזִיז יוֹצֵא מִמֶּנּוּ. לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה — לָזֶה בְּפֶתַח, וְלָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל. לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה — לָזֶה בְּפֶתַח, וְלָזֶה בִּזְרִיקָה.

Rav Nahman a dit : ici, nous traitons d'un mur de dix-neuf, et une saillie en sort. En dessous de dix : pour l'un par une ouverture, pour l'autre par une descente.

Au-dessus de dix : pour l'un par une ouverture, pour l'autre par un jet.

📜 Rachi (1)
בְּכֹותֶל תִּשְׁעָה עָשָׂר עָסְקִינַן דְּלֵיכָּא בֵּינֵי דְּכֹל לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה דִּידֵיהּ לֶחָצֵר בְּפֶתַח וְלָעֲלִייָּה בְּשִׁלְשׁוּל וְכֹל לְמַעְלָה מִי' דִּידֵיהּ לֶחָצֵר בִּזְרִיקָה וְלָעֲלִיָּיה בְּפֶתַח וּבְכֹותֶל עֶשְׂרִים לָא מָצֵי לְאוֹקְמֵיהּ דְּאִם כָּךְ שָׁמְעִינַן מִינָּהּ רֹאשׁ טֶפַח עֲשִׂירִי דְּלָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל וְלָזֶה בִּזְרִיקָה אָסוּר דְּהָא לָא שָׁרֵי תַּנָּא קַמָּא אֶלָּא לְמַעְלָה וּלְמַטָּה וּבְזִיז רָחָב אַרְבָּעָה עָסְקִינַן דִּבְצִיר מֵהָכִי לָא הֲוָה רְשׁוּתָא וּמְקוֹם פָּטוּר הוּא וּבְטִיל לְהָכָא וּלְהָכָא:
Nous traitons d'un mur de dix-neuf : car il n'y a pas de milieu. Tout ce qui est en dessous de dix : à la cour par une ouverture, à l'étage par une descente. Et tout ce qui est au-dessus de dix : à la cour par un jet, à l'étage par une ouverture. Et dans un mur de vingt, il ne pouvait pas l'établir. Car alors, nous apprendrions de là que le sommet du dixième tefah, pour l'un par une descente et pour l'autre par un jet, est interdit : le tanna kamma (premier maître cité) ne permet qu'en haut et en bas. Et nous traitons d'une saillie large de quatre. En deçà, il n'y aurait pas de domaine : c'est un makom petour (lieu exempt), et il s'annule de part et d'autre.
💡 Explication

Rav Nahman ôte la preuve. Le mur fait dix-neuf tefahim : les dix du bas et ce qui est au-dessus se touchent. En dessous de dix, ouverture pour la cour, descente pour l'étage. Au-dessus de dix, ouverture pour l'étage, jet pour la cour. Aucune saillie n'est à la fois descente pour l'un et jet pour l'autre.

Un mur de vingt laisserait le sommet du dixième tefah dans ce cas. La baraita, qui ne permet qu'en haut et en bas, l'interdirait : ce serait l'avis de Rav. La saillie a quatre tefahim de large. Plus étroite, elle est makom petour (lieu exempt) et s'annule vers les deux côtés.

🖼️ Schéma
Pourquoi dix-neuf, et pas vingt À vingt, le sommet du dixième tefah serait descente contre jet. Mur de dix-neuf Mur de vingt Bandes jointes Bas : ouverture / descente Haut : ouverture / jet Pas de tefah du milieu La baraita ne prouve pas l'interdit de Rav Sommet du dixième tefah Étage : descente Cour : jet La baraita ne permet qu'en haut et en bas Ce milieu serait interdit
À dix-neuf, les bandes se touchent. À vingt, le sommet du dixième tefah serait descente pour l'étage et jet pour la cour.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).