Eruvin 84b : Deux balcons dans les dix, le toit et l'échelle fixe

Eruvin 84b

Sougya : La page cherche encore une preuve entre Rav et Shmuel. La michna des deux balcons, cloison au supérieur seulement, interdit les deux jusqu'à l'erouv : cela va comme Rav.

Rav Adda bar Ahava fait monter les gens de l'inférieur par le supérieur : les deux descendent le seau. Abaye les place dans les dix tefahim l'un de l'autre.

La michna parle en lo miba'eya : même l'usage aisé du supérieur ne reçoit pas le trou. Il appuie cela sur le toit voisin du domaine public, qui exige une échelle fixe.

Rav Pappa objecte : la rue s'en sert aisément, avec une calotte et une écharpe.

La preuve des deux balcons Rav interdit aux deux. Shmuel donne le lieu à l'usage aisé. Michna Cloison au supérieur seul Les deux interdits, comme Rav Rav Adda L'inférieur monte par échelle Les deux descendent le seau Abaye Dans les dix l'un de l'autre Ils s'interdisent l'un l'autre Rav Pappa Calotte et écharpe sur le toit La rue a un usage aisé
La michna semble comme Rav. Rav Adda et Abaye en ôtent la preuve. Rav Pappa ôte celle du toit.
Quand le lieu revient à l'usage aisé Rachi : la règle de Shmuel suppose une séparation de dix en hauteur. Domaines séparés par dix Dans les dix l'un de l'autre Cour et étage Cloison de dix, ou fossé de dix Le troisième lieu est distinct Aisé pour l'un, pénible pour l'autre On le donne à l'usage aisé Comme Shmuel Balcons dans les dix Même ouverture contre jet Pas de domaine à part Ils s'interdisent l'un l'autre La manière de se servir ne tranche pas
Séparés par dix en hauteur : le lieu va à l'usage aisé. Dans les dix : les deux s'interdisent.
Toit voisin du domaine public Shmuel exige une échelle fixe. Rav Pappa : la rue pose là calotte et écharpe. Échelle fixe Échelle provisoire Rav Pappa De l'étage au toit Il retire le toit de l'emprise de la rue Transport permis de la galerie au toit On la retire Elle compte comme absente Le toit reste interdit aux gens de la cour Calotte et écharpe Charge légère La rue s'en sert même au-dessus de dix La preuve tombe
Échelle fixe : le toit est retiré de la rue. Échelle provisoire : elle ne compte pas. Rav Pappa : calotte et écharpe.
1
תָּא שְׁמַע: שְׁתֵּי גְּזֻוזְטְרָאוֹת זוֹ לְמַעְלָה מִזּוֹ. עָשׂוּ לָעֶלְיוֹנָה, וְלֹא עָשׂוּ לַתַּחְתּוֹנָה — שְׁתֵּיהֶן אֲסוּרוֹת עַד שֶׁיְּעָרֵבוּ!

Viens et entends : deux balcons (gezuztraot), l'un au-dessus de l'autre. Ils ont fait pour le supérieur, et ils n'ont pas fait pour l'inférieur : les deux sont interdites jusqu'à ce qu'ils fassent un erouv.

📜 Rachi (4)
שְׁתֵּי גְּזֻוזְטְרָאוֹת מַתְנִי' הִיא גְּזֻוזְטְרָא שֶׁהִיא לְמַעְלָה מִן הַיָּם ב' זִיזִין בּוֹלְטִין מִן הָעֲלִיָּיה שֶׁעַל שְׂפַת הַיָּם וְקוֹבְעִין נְסָרִים מִזֶּה לָזֶה וְהִיא גְּזֻוזְטְרָא וּתְנַן אֵין מְמַלְּאִין מִמֶּנָּה בְּשַׁבָּת לְפִי שֶׁהַגְּזֻוזְטְרָא רה"י שֶׁגָּבוֹהַּ וּרְחָבָה הַרְבֵּה וְהַיָּם כַּרְמְלִית אֶלָּא א"כ עָשׂוּ לָהּ מְחִיצָה עֲשָׂרָה בֵּין מִלְמַעְלָה בֵּין מִלְּמַטָּה שֶׁחוֹקְקִין נֶקֶב אַרְבָּעָה כְּעֵין פִּי בּוֹר וְעוֹשִׂין מְחִיצָּה סְבִיבוֹתָיו לְמַעְלָה אוֹ לְמַטָּה וּמְשַׁלְשֵׁל דְּלִי וּמְמַלֵּא וַחֲשִׁיב כְּאִילּוּ פִּיּוֹת הַמְּחִיצָּה יוֹרְדִין וְסוֹתְמִין עַד תְּהוֹם כִּדְאָמַר בפ"ק (דַּף יב.) קַל הוּא שֶׁהֵקֵילּוּ חֲכָמִים בַּמַּיִם שֶׁמְּחִיצָּה תְּלוּיָה מַתֶּרֶת בָּהֶן:
Deux balcons : c'est une michna. Un balcon qui est au-dessus de la mer. Deux saillies dépassent de l'étage qui est sur le bord de la mer, on fixe des planches de l'une à l'autre, et c'est un balcon. Nous avons appris : on n'en puise pas le Chabbat, parce que le balcon est un domaine privé (reshut hayahid), puisqu'il est haut et large, et la mer est une karmelit. Sauf s'ils lui ont fait une cloison de dix, soit au-dessus, soit en dessous. On creuse un trou de quatre, à la façon de l'ouverture d'une citerne, et l'on fait une cloison autour, au-dessus ou en dessous. On descend le seau et l'on puise. Cela compte comme si les bords de la cloison descendaient et bouchaient jusqu'au fond, comme il est dit au premier chapitre (12a) : c'est un allègement, les Sages ont allégé pour l'eau, une cloison suspendue les permet.
וְכֵן לָא גָּרְסִינַן:
Et de même : nous ne lisons pas.
ב' גְּזֻוזְטְרָאוֹת זוֹ לְמַעְלָה מִזּוֹ וְאֵין מְכֻווָּנוֹת זוֹ עַל זוֹ אֶלָּא מְשׁוּכוֹת זוֹ מִכְּנֶגֶד זוֹ בְּתוֹךְ ד' וְעָשׂוּ לָעֶלְיוֹנָה הַנֶּקֶב וְהַמְּחִיצָּה וְלֹא עָשׂוּ לַתַּחְתּוֹנָה וּבְשַׁבָּת זוֹרְקִין בְּנֵי תַּחְתּוֹנָה דְּלִי שֶׁלָּהֶן עַל מְחִיצּוֹת הָעֶלְיוֹנָה וְיוֹרֵד לַנֶּקֶב וּמְשַׁלְשֵׁל וּמוֹשֵׁךְ וְעוֹלָה:
Deux balcons l'un au-dessus de l'autre : ils ne sont pas alignés l'un sur l'autre, ils sont décalés l'un en face de l'autre, dans les quatre. Ils ont fait pour le supérieur le trou et la cloison, et ils n'ont pas fait pour l'inférieur. Le Chabbat, les gens de l'inférieur jettent leur seau sur les cloisons du supérieur, il descend jusqu'au trou, on le laisse filer, on tire, et il remonte.
שְׁתֵּיהֶן אֲסוּרִין לְמַלֹּאות מִפְּנֵי שֶׁרְשׁוּת שְׁתֵּיהֶן שׁוֹלְטוֹת בּוֹ וּכְגוֹן שֶׁעָשׂוּ אוֹתָהּ מְחִיצָּה בְּשֻׁותָּפוּת כִּדְמוֹקְמִינַן לָהּ בְּפִירְקִין לְקַמָּן אַלְמָא לָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל לִבְנֵי עֶלְיוֹנָה תַּשְׁמִישׁ מִילּוּי זֶה בְּשִׁלְשׁוּל שֶׁמְּשַׁלְשֵׁל לַיָּם וְלִבְנֵי תַּחְתּוֹנָה בִּזְרִיקָה וְשִׁלְשׁוּל וְקָתָנֵי שְׁתֵּיהֶן אֲסוּרוֹת וכ"ש לָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל וְלָזֶה בִּזְרִיקָה לְחוּדָהּ:
Les deux sont interdites : à puiser, parce que le domaine des deux a prise sur lui. C'est un cas où ils ont fait cette cloison en association, comme nous l'établissons plus bas dans le chapitre. Donc, pour les gens du supérieur, l'usage du puisage est une descente du seau (shilshul) vers la mer. Pour les gens de l'inférieur, un jet et une descente. Il enseigne : les deux sont interdites. À plus forte raison quand l'un est par descente et l'autre par un jet seul.
💡 Explication

La page cherche une preuve entre Rav et Shmuel. Rav interdit aux deux quand l'usage de l'un est aisé et celui de l'autre pénible. Shmuel donne le lieu à celui dont l'usage est aisé.

La michna : cloison et trou de quatre pour le balcon supérieur seulement. Les gens du supérieur descendent le seau (shilshul). Ceux de l'inférieur lancent le seau sur la cloison, puis le descendent : il y a un jet. Les deux sont interdits jusqu'à l'erouv. Cela va comme Rav. À plus forte raison si l'un ne fait que jeter.

Rachi : les balcons sont décalés, dans les quatre tefahim. La cloison est faite en association, comme plus bas dans le chapitre. Pour l'eau, une cloison suspendue suffit : les Sages ont allégé. On ne lit pas le mot vekhen (et de même).

🖼️ Schéma
Deux balcons, l'un au-dessus de l'autre Cloison et trou au supérieur. L'inférieur atteint l'eau par un jet. Mer, karmelit Balcon supérieur Trou Balcon inférieur Décalés, dans les quatre Supérieur : shilshul Il descend le seau par le trou clos Inférieur : jet Le seau passe la cloison puis on le descend Les deux interdits jusqu'à l'erouv
Le supérieur descend le seau par le trou. L'inférieur l'y jette d'abord. Les deux sont interdits.
2
אָמַר רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה: בְּבָאִין בְּנֵי תַּחְתּוֹנָה דֶּרֶךְ עֶלְיוֹנָה לְמַלּאוֹת.

Rav Adda bar Ahava a dit : dans le cas où les gens de l'inférieur viennent par le supérieur pour puiser.

📜 Rachi (1)
בְּבָאִין בְּנֵי תַּחְתּוֹנָה וְעוֹלִין בְּסֻולָּמוֹת דֶּרֶךְ עֶלְיוֹנָה לְמַלֹּאות דִּלְתַרְוַיְיהוּ בְּשִׁלְשׁוּל:
Les gens de l'inférieur viennent : ils montent par des échelles, par le supérieur, pour puiser. Pour les deux, c'est par descente du seau.
💡 Explication

Rav Adda bar Ahava ôte la preuve. Les gens de l'inférieur montent par une échelle sur le balcon supérieur, et puisent de là. Les deux descendent le seau. L'usage est le même des deux côtés. Le partage entre usage aisé et usage pénible ne se présente pas.

3
אַבַּיֵּי אָמַר: כְּגוֹן דְּקַייָּמִין בְּתוֹךְ עֲשָׂרָה דַּהֲדָדֵי, וְלָא מִיבַּעְיָא קָאָמַר: לָא מִיבַּעְיָא עָשׂוּ לַתַּחְתּוֹנָה וְלֹא עָשׂוּ לָעֶלְיוֹנָה — דַּאֲסִירִי, דְּכֵיוָן דִּבְגוֹ עֲשָׂרָה דַּהֲדָדֵי קַיָּימִין — אָסְרָן אַהֲדָדֵי,

Abaye a dit : par exemple lorsqu'ils se tiennent dans les dix l'un de l'autre. Et il parle selon il n'est pas besoin.

Il n'est pas besoin : ils ont fait pour l'inférieur et ils n'ont pas fait pour le supérieur, qu'ils sont interdits, puisque, du moment qu'ils se tiennent dans les dix l'un de l'autre, ils s'interdisent l'un l'autre.

📜 Rachi (3)
כְּגוֹן דְּקָייְמִי בְּגוֹ עֲשָׂרָה דַּהֲדָדִי שֶׁאֵין עֶלְיוֹנָה גְּבוֹהָה מִתַּחְתּוֹנָה עֲשָׂרָה ואע"ג דְּאַכַּתִּי לָזֶה בַּקָּשָׁה וְלָזֶה בְּנַחַת הוּא שֶׁיֵּשׁ מִקְצָת זְרִיקָה עִם הַשִּׁלְשׁוּל וְאָמַר שְׁמוּאֵל לְעֵיל דְּכָל תַּשְׁמִישׁ שֶׁהוּא נַחַת לָזֶה מִזֶּה נוֹתְנִין אוֹתוֹ לְנַחַת לָא תִּיקְשֵׁי דְּטַעְמָא דְּהָכָא לָאו מִשּׁוּם תַּשְׁמִישׁ אֶלָּא מִשּׁוּם דְּכֵיוָן דִּבְגוֹ עֲשָׂרָה דַּהֲדָדֵי קַייָּמִין אֵין רְשׁוּת שְׁלִישִׁית לְזוֹ בְּלֹא זוֹ וַאֲפִילּוּ לָזֶה בְּפֶתַח וְלָזֶה בִּזְרִיקָה שֶׁאֵין חִלּוּק רְשׁוּת בֵּינֵיהֶן וְכִי אָמְרִינַן רְשׁוּת שְׁלִישִׁית הַסְּמוּכָה לִשְׁתַּיִם לָזֶה בְּנַחַת וְלָזֶה בְּקָשֶׁה נִיתֶּנֶת לָזֶה בְּנַחַת ה"מ הֵיכָא דֹּב' הָרְשׁוּיוֹת חֲלוּקוֹת בְּגֹובַהּ י' כְּגוֹן חָצֵר וַעֲלִיָּיה וּכְגוֹן ב' חֲצֵירוֹת הַמֻּובְדָּלוֹת י' בְּגֹובַהּ קַרְקָעִיתָן אוֹ מְחִיצָּה עֲשָׂרָה בֵּינֵיהֶן אוֹ חָרִיץ עֲשָׂרָה:
Lorsqu'ils se tiennent dans les dix l'un de l'autre : le supérieur n'est pas plus haut que l'inférieur de dix. Et même s'il reste, pour l'un, pénible, et pour l'autre, aisé, puisqu'il y a un peu de jet avec la descente, et que Shmuel a dit plus haut que tout usage plus aisé pour l'un que pour l'autre, on le donne à l'aisé : il n'y a pas de difficulté. Car la raison, ici, ne tient pas à l'usage. Du moment qu'ils se tiennent dans les dix l'un de l'autre, il n'y a pas de troisième domaine pour l'un sans l'autre. Même pour l'un par une ouverture et pour l'autre par un jet, il n'y a pas de partage de domaine entre eux. Et quand nous disons : un troisième domaine voisin de deux, aisé pour l'un et pénible pour l'autre, on le donne à celui pour qui c'est aisé, cela ne vaut que là où les deux domaines sont séparés par une hauteur de dix. Par exemple une cour et un étage. Ou deux cours séparées de dix par la hauteur de leur sol. Ou une cloison de dix entre elles. Ou un fossé de dix.
וְלָא מִיבַּעְיָא קָאָמַר כְּלוֹמַר וְכִי תֵּימָא הוֹאִיל וּבְתוֹךְ עֲשָׂרָה קַייָּמִין וְטַעְמָא מִשּׁוּם דְּאֵין לְזוֹ רְשׁוּת בְּלֹא זוֹ וְלָא לְאַשְׁמְעִינַן לָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל וְלָזֶה בִּזְרִיקָה נוֹתְנִין אוֹתוֹ לָזֶה שֶׁבְּשִׁלְשׁוּל מַה לִי עָשׂוּ לָעֶלְיוֹנָה מַה לִי עָשׂוּ לַתַּחְתּוֹנָה:
Et il parle selon il n'est pas besoin : c'est-à-dire, si tu dis : puisqu'ils se tiennent dans les dix, et que la raison est que l'un n'a pas de domaine sans l'autre, et qu'il ne vient pas nous apprendre que, pour l'un par descente et pour l'autre par jet, on le donne à celui de la descente, qu'importe qu'ils aient fait pour le supérieur, qu'importe qu'ils aient fait pour l'inférieur.
לָא מִיבַּעְיָא קָאָמַר לָא מִיבַּעְיָא עָשׂוּ לַתַּחְתּוֹנָה וְלֹא עָשׂוּ לָעֶלְיוֹנָה דְּאִיכָּא לְאוֹקוֹמֵי טַעְמָא דְּאִיסּוּרָא מִשּׁוּם תַּשְׁמִישׁ הַשָּׁוֶה דְּהָא סְמוּכוֹת הֵן בְּמֶשֶׁךְ הַכֹּותֶל בְּתוֹךְ ד' טְפָחִים כִּדְמוֹקְמִינַן לְקַמָּן [עֵירוּבִין דַּף פח.] וְגָובְהָהּ נָמֵי בְּגוֹ עֲשָׂרָה דַּהֲדָדִי:
Il parle selon il n'est pas besoin. Il n'est pas besoin : ils ont fait pour l'inférieur et ils n'ont pas fait pour le supérieur. Car on peut établir la raison de l'interdit comme un usage égal. Elles sont voisines le long du mur, dans les quatre tefahim, comme nous l'établissons plus bas (Erouvin 88a). Et leur hauteur aussi est dans les dix l'une de l'autre.
🗂️ Tossefot (1)
לָא מִיבַּעְיָא קָאָמַר דְּבִשְׁלָמָא לְרַב נְקַט עָשׂוּ לָעֶלְיוֹנָה כו' לְאַשְׁמְעִינַן לָזֶה בִּזְרִיקָה וְלָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל שְׁנֵיהֶם אֲסוּרִים אֶלָּא הַשְׁתָּא דְּקָיְימִי בְּגוֹ עֲשָׂרָה מַה לִי עָשׂוּ לָעֶלְיוֹנָה מַה לִי עֲשִׂי לַתַּחְתּוֹנָה כֵּן פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י וּלְרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה נָמֵי דְּאוֹקְמָא בְּבָאִין בְּנֵי תַּחְתּוֹנָה דֶּרֶךְ עֶלְיוֹנָה לְמַלּאוֹת קמ"ל טוּבָא אע"ג דְּאָמַר בְּסוֹף כֵּיצַד מְעַבְּרִין (לֹעַ. ל דַּף נט:) דְּסֻולָּם תּוֹרַת מְחִיצָּה עָלָיו וְלֹא אָסַר הָכָא לְעִנְיַן לֵיחָשֵׁב תַּשְׁמִישׁ בְּנַחַת כְּלָזֶה זֶה בְּשִׁלְשׁוּל וְלָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל אָסְרִי:
Soit, selon Rav, il a pris les mots ils ont fait pour le supérieur, pour nous apprendre que, pour l'un par un jet et pour l'autre par une descente, les deux sont interdits. Mais maintenant qu'ils se tiennent dans les dix, qu'importe qu'ils aient fait pour le supérieur, qu'importe qu'ils aient fait pour l'inférieur. Ainsi a expliqué Rachi. Et selon Rav Adda bar Ahava aussi, qui l'établit dans le cas où les gens de l'inférieur viennent par le supérieur pour puiser, cela nous apprend beaucoup. Même si l'on dit à la fin de Comment étend-on la ville (Erouvin 59b) qu'une échelle a le statut d'une cloison, elle n'interdit pas ici pour compter l'usage comme aisé. Tout cela : l'un par une descente et l'autre par une descente, ils interdisent.
💡 Explication

Abaye place les deux balcons dans les dix tefahim l'un de l'autre. À cette hauteur, il n'y a pas de troisième domaine pour l'un sans l'autre. Ils s'interdisent, même ouverture contre jet.

La michna parle en lo miba'eya (il n'est pas besoin de dire). Le cas évident : cloison à l'inférieur seulement. L'usage y est égal. Elles sont voisines dans les quatre tefahim le long du mur, et dans les dix en hauteur.

Donner le troisième lieu à l'usage aisé, comme Shmuel, suppose deux domaines séparés par une hauteur de dix : cour et étage, cloison de dix, fossé de dix.

🖼️ Schéma
Il n'est pas besoin de dire Abaye. Le cas neuf empêche de donner le trou à l'usage aisé. Style lo miba'eya : il n'est pas besoin de dire le cas évident Cas évident Cloison à l'inférieur Usage égal Voisins dans les quatre et dans les dix Interdits Cas enseigné Cloison au supérieur Aisé pour le supérieur Pénible pour l'inférieur On l'aurait donné à l'aisé Dans les dix : interdits
Le cas évident est l'usage égal. Le cas enseigné est la cloison du supérieur, et les dix l'emportent sur l'aisance.
4
אֶלָּא אֲפִילּוּ עָשׂוּ לָעֶלְיוֹנָה וְלֹא עָשׂוּ לַתַּחְתּוֹנָה, סָלְקָא דַעְתָּךְ אֲמִינָא: כֵּיוָן דְּלָזֶה בְּנַחַת וְלָזֶה בְּקָשֶׁה — לִיתְּבֵיהּ לָזֶה שֶׁתַּשְׁמִישׁוֹ בְּנַחַת, קָא מַשְׁמָע לַן: כֵּיוָן דִּבְגוֹ עֲשָׂרָה קַייָּמִין — אָסְרָן אַהֲדָדֵי.

Mais même : ils ont fait pour le supérieur et ils n'ont pas fait pour l'inférieur. Il te serait venu à l'esprit de dire : puisque pour celui-ci c'est aisé et pour celui-là c'est pénible, qu'on le donne à celui dont l'usage est aisé.

Cela nous apprend : puisque ils se tiennent dans les dix, ils s'interdisent l'un l'autre.

📜 Rachi (3)
אֶלָּא אֲפִילּוּ כּוּ' דְּהָוֵי לָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל וְלָזֶה בְּמִקְצָת זְרִיקָה וְשִׁלְשׁוּל:
Mais même, etc. : ce qui est, pour l'un, par descente, et pour l'autre, par un peu de jet et une descente.
לִיתְּבֵיהּ לָזֶה שֶׁתַּשְׁמִישׁוֹ בְּנַחַת כְּדִשְׁמוּאֵל הוֹאִיל וּמִקְצָת קֹושִׁי יֵשׁ לָזֶה מִזֶּה:
Qu'on le donne à celui dont l'usage est aisé : comme Shmuel, puisqu'il y a un peu plus de peine pour l'un que pour l'autre.
קמ"ל דְּכֵיוָן כו' אָסְרָן אַהֲדָדֵי בְּלֹא שׁוּם טַעַם תַּשְׁמִישׁ:
Cela nous apprend que, puisque, etc., ils s'interdisent l'un l'autre : sans aucune raison tirée de l'usage.
💡 Explication

Le cas neuf : cloison au supérieur. Pour lui, descente du seau, usage aisé (naḥat). Pour l'inférieur, un peu de jet avec la descente, usage pénible (kasha). On aurait donné le trou à l'usage aisé, comme Shmuel.

La michna enseigne que, dans les dix, ils s'interdisent l'un l'autre. La raison se passe de la manière de se servir.

5
כִּי הָא דְּאָמַר רַב נַחְמָן אָמַר שְׁמוּאֵל: גַּג הַסָּמוּךְ לִרְשׁוּת הָרַבִּים — צָרִיךְ סֻולָּם קָבוּעַ לְהַתִּירוֹ. סֻולָּם קָבוּעַ אִין, סֻולָּם עֲרַאי לָא. מַאי טַעְמָא? לָאו מִשּׁוּם דְּכֵיוָן דִּבְתוֹךְ עֲשָׂרָה דַּהֲדָדֵי קָיְימִי — אָסְרָן אַהֲדָדֵי!

Comme cet enseignement que Rav Nahman a dit au nom de Shmuel : un toit voisin du domaine public a besoin d'une échelle fixe pour le permettre. Une échelle fixe, oui.

Une échelle provisoire, non. Quelle est la raison ?

N'est-ce pas parce que, du moment qu'ils se tiennent dans les dix l'un de l'autre, ils s'interdisent l'un l'autre ?

📜 Rachi (5)
גַּג הַסָּמוּךְ לרה"ר שֶׁאֵינוֹ מֻוקָּף חָצֵר לְכָל צִידָּיו אֶלָּא צִידּוֹ אֶחָד רה"ר וּסְתָם גַּג גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה:
Un toit voisin du domaine public : il n'est pas entouré d'une cour de tous ses côtés, un seul côté est le domaine public. Et un toit ordinaire est haut de dix.
צָרִיךְ סֻולָּם קָבוּעַ מִן הָעֲלִייָּה לַגַּג לְהַתִּירוֹ לְטַלְטֵל מִן הַמִּרְפֶּסֶת לַגַּג דְּאִי עֲבִיד לֵיהּ סֻולָּם. גַּלִּי דַעְתֵּיהּ דְּסַלְּקֵיהּ לְגַג מִכֹּחַ רה"ר וְאִיהוּ נִיחָא לֵיהּ לְאִשְׁתַּמּוֹשֵׁי בֵּיהּ:
Il a besoin d'une échelle fixe : de l'étage au toit, pour permettre de transporter de la galerie (mirpeset) au toit. S'il lui a fait une échelle, il a révélé son intention : il a retiré le toit de l'emprise du domaine public, et il lui convient de s'en servir.
סֻולָּם עֲרַאי כֵּיוָן דִּמְסַלֵּיק לֵיהּ כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ הוּא:
Une échelle provisoire : puisqu'il la retire, c'est comme si elle n'était pas là.
מ"ט הָא גַּג זֶה אֵינוֹ לְתַשְׁמִישׁ בְּנֵי רה"ר כְּלָל:
Quelle est la raison : ce toit ne sert pas du tout aux gens du domaine public.
לָאו מִשּׁוּם דִּבְהָכִי עָסְקִינַן דְּלָא גְּבִיהָה מִרְפֶּסֶת עֲשָׂרָה מרה"ר וּמִמֶּנָּה עוֹלִין לַגַּג וּפָחוֹת מֵעֲשָׂרָה הוּא לָהּ אַלְמָא אע"ג דְּמִרְפֶּסֶת כְּפֶתַח וְלִבְנֵי רה"ר אֵינוֹ רָאוּי כֵּיוָן דְּמִרְפֶּסֶת ורה"ר בְּגוֹ עֲשָׂרָה דַּהֲדָדִי קָיְימִי אָסְרִי אַהֲדָדֵי דְּאִי לָאו הָכִי טַעְמָא מַאי נִינְהוּ וּכְגוֹן דְּמִרְפֶּסֶת מְגֻופֶּפֶת הִיא לְמַעְלָה וּפִתְחָהּ בִּי' אַמּוֹת לרה"ר דְּאִי לָאו מְגֻופֶּפֶת הִיא סָבִיב כֵּיוָן דְּלָא גְּבִיהָה עֲשָׂרָה כַּרְמְלִית הִיא וְסֻולָּם לָא מְהַנֵּי לָהּ דְּקָא מְטַלְטֵל מִכַּרְמְלִית לרה"י:
N'est-ce pas parce que : nous traitons d'un cas où la galerie n'est pas haute de dix depuis le domaine public, et de là on monte au toit, et elle a moins de dix. Donc, même si pour la galerie c'est comme une ouverture, et pour les gens du domaine public il est impropre, puisque la galerie et le domaine public se tiennent dans les dix l'un de l'autre, ils s'interdisent l'un l'autre. Car sinon, quelle est la raison ? Et c'est un cas où la galerie est close en haut, et son ouverture est dans les dix coudées vers le domaine public. Car si elle n'est pas close tout autour, puisqu'elle n'est pas haute de dix, c'est une karmelit, et l'échelle ne lui sert à rien : il transporterait d'une karmelit vers un domaine privé.
🗂️ Tossefot (1)
גַּג הַסָּמוּךְ לרה"ר פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס שֶׁאֵינוֹ מֻוקָּף חָצֵר בְּכָל צְדָדָיו אֶלָּא צִידּוֹ אֶחָד רה"ר וּסְתָם גַּג גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה וְיֵשׁ שָׁם מִרְפֶּסֶת דְּלָא גְּבוֹהָה עֲשָׂרָה מרה"ר וּמִמֶּנָּה עוֹלִין לַגַּג וּפָחוֹת מֵעֲשָׂרָה הוּא לָהּ אַלְמָא אע"ג דִּלְמִרְפֶּסֶת כְּפֶתַח וְלִבְנֵי רה"ר אֵינוֹ רָאוּי כֵּיוָן דְּמִרְפֶּסֶת ורה"ר בְּגוֹ עֲשָׂרָה דַּהֲדָדִי קָיְימִי אָסְרִי אַהֲדָדֵי דְּאִי לָאו הָכִי טַעְמָא מַאי הָוֵי וּכְגוֹן דְּמִרְפֶּסֶת מְגֻופֶּפֶת הִיא לְמַעְלָה וּפָתוּחַ בַּעֲשָׂרָה אַמּוֹת לרה"ר דְּאִי לֹא מְגֻופֶּפֶת הִיא סָבִיב כֵּיוָן דְּלָא גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה כַּרְמְלִית הִיא וְסֻולָּם לָא מְהַנֵּי בָּהּ דְּקָא מְטַלְטֵל מִכַּרְמְלִית לרה"י וְקָשֶׁה לר"י לְהַעֲמִיד כְּשֶׁיֵּשׁ מִרְפֶּסֶת בֵּין רה"ר לַגַּג דְּאֵינוֹ מַזְכִּיר הָכָא מִרְפֶּסֶת כְּלָל וְעוֹד אִי מִרְפֶּסֶת מְגֻופֶּפֶת הֵיאַךְ בְּנֵי רה"ר אוֹסְרִין עָלֶיהָ וְעַל הַגַּג וְאִי דְּלֵיכָּא גִּיפּוּפֵי הָוְיָא לָהּ כַּרְמְלִית וְהַגַּג נִפְרַץ לָהּ בַּעֲשָׂרָה וְאִי בְּלֹא מִרְפֶּסֶת אַיְירֵי וְקָאֵי גַּגָּהּ בְּתוֹךְ עֲשָׂרָה אִם כֵּן הָוֵי כַּרְמְלִית ואור"י דְּמַייְרֵי שַׁפִּיר בְּלֹא מִרְפֶּסֶת וּבְנֵי רה"ר מִשְׁתַּמְּשִׁים בּוֹ לְפִי שֶׁאֵינוֹ גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה וְאֵינוֹ נִפְרַץ בִּמְלוֹאוֹ וּכְגוֹן שֶׁצִּידֵּי הַגַּג גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה אוֹ כָּל הַגַּג לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה וְיֵשׁ לוֹ מַעֲקֶה וּפָתוּחַ לרה"ר בַּעֲשָׂרָה אוֹ בְּפָחוֹת וְקָאָמְרִינַן דְּצָרִיךְ סֻולָּם קָבוּעַ לְהַתִּירוֹ אֲבָל בְּלֹא סֻולָּם אֵין בְּנֵי חָצֵר רְגִילִים בּוֹ וּמְבַטְּלִין מִמֶּנּוּ בְּנֵי רה"ר שֶׁהִרְגִּילוּ לְהִשְׁתַּמֵּשׁ תּוֹרַת דִּיּוּרִין וּמְשַׁוֵּי לְהוּ (חַד) קַרְפֵּף וְאָסוּר לְטַלְטֵל מִמֶּנּוּ לֶחָצֵר לְרַבָּנָן ולר"ש נָמֵי כֵּלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בַּבַּיִת אָסוּר לְהוֹלִיךְ מֵחָצֵר לְגַג כֵּיוָן דְּנַעֲשָׂה קַרְפֵּף וְלָא דָּמֵי לְחָצֵר אוֹ מָבוֹי שֶׁפְּתוּחִים לרה"ר בַּעֲשָׂרָה דְּאֵין בְּנֵי רה"ר אוֹסְרִים עָלָיו דְּהָתָם אִיכָּא דִּיּוּרִין גְּמוּרֵין וְאֵין כֹּחַ לִבְנֵי רה"ר לְבַטְּלָם וְקָא אָמְרִינַן דִּילְמָא בְּכֻומְתָא וְסוּדָרָא דִּרְגִילִין לְהַנִּיחַ שָׁם בְּנֵי רה"ר כְּשֶׁהֵם עֲיֵיפִין אע"פ שֶׁגָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה שֶׁמְּשַׁוֵּי קַל הוּא כִּדְפֵירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס וְתַשְׁמִישׁ נַחַת וְלָא דָּמֵי לִרְשׁוּת שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת לָזֶה בְּפֶתַח וְלָזֶה בִּזְרִיקָה דְּחָצֵר אֵין מִשְׁתַּמְּשִׁין בּוֹ בְּכוֹבָעִים אֶלָּא בְּכֵלִים כְּבֵדִים וד"ת מְפָרֵשׁ בְּעִנְיָן אַחֵר גַּג הַסָּמוּךְ לרה"ר וְנָמוּךְ בְּתוֹךְ עֲשָׂרָה צָרִיךְ סֻולָּם קָבוּעַ לְהַתִּירוֹ דְּכֵיוָן דְּתוֹכוֹ רה"י הִיא וְלָא דָּמֵי לִשְׁאָר כַּרְמְלִית וְסֻולָּם קָבוּעַ שֶׁבֶּחָצֵר מְמַעֵט כֹּחַ כַּרְמְלִית שֶׁבֶּחָצֵר דְּלָא הָוֵי כַּרְמְלִית מְעַלְּיָא וְדִיֵּיק סֻולָּם קָבוּעַ אִין סֻולָּם עֲרַאי לָא אַף עַל גַּב דע"י סֻולָּם עֲרַאי הָוֵי תַּשְׁמִישׁ נַחַת טְפֵי לֶחָצֵר מִבְּנֵי רה"ר דְּלֵית לְהוּ לִבְלִי רה"ר אֲפִילּוּ סֻולָּם עֲרַאי וְאַפֵּ"ה כֵּיוָן דִּבְתוֹךְ עֲשָׂרָה קָייְמִי אָסְרִי וְדָחֵי רַב פָּפָּא דְּלִבְנֵי רה"ר נָמֵי אִיכָּא תַּשְׁמִישׁ נָחַת בְּכֻומְתָא וְסוּדָרָא דְּרֹאשׁוֹ שֶׁל אָדָם סָמוּךְ לַגַּג וְהָוֵי תַּשְׁמִישׁוֹ בְּנַחַת בְּלֹא סֻולָּם כְּלָל כְּלִבְנֵי חָצֵר בְּסֻולָּם וּלְהָכִי צָרִיךְ סֻולָּם קָבוּעַ לְהַתִּיר כַּרְמְלִית גָּרוּעַ כָּזֶה דְּהָוֵי תּוֹכוֹ רְשׁוּת הַיָּחִיד:
Un toit voisin du domaine public. Il a expliqué dans le commentaire : il n'est pas entouré d'une cour de tous ses côtés, un seul côté est le domaine public, et un toit ordinaire est haut de dix. Il y a là une galerie (mirpeset) qui n'est pas haute de dix depuis le domaine public, et de là on monte au toit, et elle a moins de dix. Donc, même si pour la galerie c'est comme une ouverture, et pour les gens du domaine public il est impropre, puisque la galerie et le domaine public se tiennent dans les dix l'un de l'autre, ils s'interdisent l'un l'autre. Car sinon, quelle serait la raison ? Et c'est un cas où la galerie est close en haut, et ouverte dans les dix coudées vers le domaine public. Car si elle n'est pas close tout autour, puisqu'elle n'est pas haute de dix, c'est une karmelit, et l'échelle ne sert à rien pour elle : il transporte d'une karmelit vers un domaine privé. Et c'est difficile pour le Ri de l'établir lorsqu'il y a une galerie entre le domaine public et le toit, car il ne mentionne ici aucune galerie. Et encore : si la galerie est close, comment les gens du domaine public interdisent-ils sur elle et sur le toit ? Et s'il n'y a pas de clôtures, elle est une karmelit, et le toit est ouvert vers elle sur dix. Et s'il traite sans galerie, et que son toit se tient dans les dix, alors c'est une karmelit. Et le Ri a dit : il traite bien sans galerie. Les gens du domaine public s'en servent, parce qu'il n'est pas haut de dix, et qu'il n'est pas percé sur toute sa largeur. Par exemple les côtés du toit sont hauts de dix, ou tout le toit est en dessous de dix et il a un parapet (maakeh), et il est ouvert vers le domaine public sur dix ou sur moins. Et nous disons qu'il a besoin d'une échelle fixe pour le permettre. Mais sans échelle, les gens de la cour n'y sont pas habitués. Les gens du domaine public, qui se sont habitués à s'en servir, lui ôtent le statut de résidence (torat dirin), et ils en font un seul karpef. Il est interdit d'en transporter vers la cour, selon les Sages. Et selon Rabbi Chimon aussi, des ustensiles qui ont reposé dans la maison, il est interdit de les porter de la cour au toit, puisqu'il est devenu un karpef. Et il ne ressemble pas à une cour ou à une ruelle ouvertes vers le domaine public sur dix, où les gens du domaine public n'interdisent pas. Car là il y a des résidences complètes, et les gens du domaine public n'ont pas le pouvoir de les annuler. Et nous disons : peut-être avec une calotte (kumta) et une écharpe (sudar), que les gens du domaine public ont coutume de poser là quand ils sont fatigués, même s'il est haut de dix, car c'est une charge légère, comme l'a expliqué le commentaire, et l'usage est aisé. Et il ne ressemble pas à un domaine entre deux cours, une ouverture pour l'un et un jet pour l'autre. Car une cour ne s'en sert pas avec des chapeaux, seulement avec des ustensiles lourds. Et Rabbeinou Tam explique autrement. Un toit voisin du domaine public, et bas, dans les dix, a besoin d'une échelle fixe pour le permettre. Puisque son intérieur est un domaine privé, il ne ressemble pas au reste des karmelit. Une échelle fixe qui est dans la cour diminue la force de la karmelit de la cour, si bien qu'elle n'est pas une karmelit pleine. Et il déduit : échelle fixe, oui, échelle provisoire, non. Même si, par une échelle provisoire, l'usage est plus aisé pour la cour que pour les gens du domaine public, car ceux du domaine public n'ont même pas d'échelle provisoire. Malgré cela, puisqu'ils se tiennent dans les dix, ils interdisent. Et Rav Pappa repousse : pour les gens du domaine public aussi il y a un usage aisé, avec la calotte et l'écharpe. La tête d'un homme est proche du toit, et son usage est aisé sans aucune échelle, comme les gens de la cour avec une échelle. C'est pourquoi il faut une échelle fixe pour permettre une karmelit faible comme celle-ci, dont l'intérieur est un domaine privé.
💡 Explication

Abaye appuie sa lecture sur Rav Nahman au nom de Shmuel. Un toit voisin du domaine public n'est permis aux gens de la cour que par une échelle fixe (sulam kavoua). Une échelle provisoire (sulam arai), on la retire : elle compte comme absente.

Rachi construit le cas. La galerie (mirpeset) a moins de dix depuis la rue. Elle est close en haut, ouverte dans les dix coudées. Pour la galerie, c'est une ouverture. Pour la rue, le toit est impropre. Ils sont dans les dix : ils s'interdisent. L'échelle fixe montre qu'on retire le toit de l'emprise de la rue, et l'on transporte de la galerie au toit.

Tossefot. Le Ri refuse d'ajouter une galerie que la guemara ne nomme pas. Le toit lui-même a moins de dix, ou un parapet, sans brèche sur toute la largeur. Sans échelle fixe, la rue, habituée à s'en servir, lui ôte le statut de résidence et en fait un karpef. Rabbeinou Tam y voit une karmelit faible, dont l'intérieur est un domaine privé. L'échelle fixe diminue cette karmelit.

🖼️ Schéma
Toit voisin du domaine public Shmuel exige une échelle fixe. Rav Pappa : la rue pose là calotte et écharpe. Échelle fixe Échelle provisoire Rav Pappa De l'étage au toit Il retire le toit de l'emprise de la rue Transport permis de la galerie au toit On la retire Elle compte comme absente Le toit reste interdit aux gens de la cour Calotte et écharpe Charge légère La rue s'en sert même au-dessus de dix La preuve tombe
L'échelle fixe retire le toit de la rue. L'échelle provisoire ne compte pas. Rav Pappa : la rue pose calotte et écharpe.
6
מַתְקִיף לַהּ רַב פָּפָּא: וְדִילְמָא כְּשֶׁרַבִּים מְכַתְּפִין עָלָיו, בְּכֻומְתָא וְסוּדָרָא.

Rav Pappa lui objecte : et peut-être lorsque le public charge dessus, avec une calotte (kumta) et une écharpe (sudar).

📜 Rachi (1)
בְּכֻומְתָא וְסוּדָרָא שֶׁרְגִילִין לָתֵת עָלָיו בְּחוֹל כּוֹבָעִין וּמַעֲפֹורֶת וְתַשְׁמִישׁ נוֹחָה וְהָגוּן הוּא לָהֶם לְמַשּׂאוֹי קַל כָּזֶה ואע"פ שֶׁאֵינוֹ רָאוּי לָהֶם לְכִיתּוּף מַשּׂאוֹי כָּבֵד כִּדְאָמַר בִּיצִיאוֹת הַשַּׁבָּת (שַׁבָּת דַּף ח.) תִּשְׁעָה מִזּוֹ לְכַתֵּף אֲבָל י' לֹא ה"מ לְמַשּׂאוֹי כָּבֵד וּמִיהוּ לְכֻומְתָא וְסוּדָרָא חָזוּ כְּשֶׁבְּנֵי אָדָם עֲייֵפִין בִּימוֹת הַחַמָּה נוֹטְלִין כּוֹבְעֵיהֶן וְסוֹדְרָן מֵרָאשֵׁיהֶן עַד שֶׁיָּפוּחַ הָרוּחַ בָּהֶן הִלְכָּךְ אָסְרִי עֲלַיְיהוּ וַאֲפִילּוּ לָא קַייְמָא מִרְפֶּסֶת בְּגוֹ י' וְלָא דָּמוּ לִרְשׁוּת שֶׁבֵּין ב' חֲצֵירוֹת לְזוֹ בְּפֶתַח וּלְזוֹ בִּזְרִיקָה דְּחָצֵר לָאו תַּשְׁמִישְׁתֵּיהּ בְּהָנֵי כּוֹבָעִים קַלִּים אֶלָּא בְּכֵלִים כְּבֵדִים וְכִי גָּבוֹהַּ כֹּותֶל י' לָא חֲזִי לְתַשְׁמִישְׁתֵּיהּ דְּחָצֵר וְנוֹתְנִין אוֹתוֹ לָזֶה שֶׁבְּפֶתַח אֲבָל לִבְנֵי רה"ר חֲזִי וְאִית דְּמוּקֵי לְהָא דר"נ בְּגַג פָּחוֹת מֵעֲשָׂרָה וא"א דא"כ ה"ל כַּרְמְלִית דְּכָל רְשׁוּת שֶׁרְחָבָה ד' וְאֵינָהּ גְּבוֹהָה עֲשָׂרָה אֵצֶל רה"ר כַּרְמְלִית הִיא וְכֵיוָן דְּהָכֵי הוּא סֻולָּם מַאי מְהַנֵּי וַאֲנִי שָׁמַעְתִּי בְּגוֹ עֲשָׂרָה דַּהֲדָדִי שֶׁאֵינוֹ רָחוֹק מרה"ר עֲשָׂרָה וא"א לוֹמַר כֵּן שֶׁלֹּא שִׁיעֲרוּ חֲכָמִים עֲשָׂרָה לְשַׁבָּת אֶלָּא בְּגֹובַהּ וְלֹא שִׁיעֲרוּ אַרְבָּעָה אֶלָּא בְּמֶשֶׁךְ:
Avec une calotte et une écharpe : ils ont coutume d'y poser, en semaine, des chapeaux et un manteau (maforet). L'usage est aisé, et il leur convient pour une charge légère comme celle-ci. Même s'il ne leur convient pas pour porter à l'épaule une charge lourde, comme il est dit dans Les sorties du Chabbat (Chabbat 8a) : neuf, à partir de là on porte à l'épaule, mais dix, non. Cela vaut pour une charge lourde. En revanche, pour une calotte et une écharpe, ils conviennent. Quand les gens sont fatigués aux jours d'été, ils ôtent leurs chapeaux et leur écharpe de leur tête, jusqu'à ce que le vent souffle sur eux. C'est pourquoi ils interdisent dessus, même si la galerie ne se tient pas dans les dix. Et ils ne ressemblent pas à un domaine entre deux cours, une ouverture pour l'une et un jet pour l'autre. Car l'usage d'une cour ne se fait pas avec ces chapeaux légers, seulement avec des ustensiles lourds. Et quand le mur est haut de dix, il ne convient pas à l'usage de la cour, et on le donne à celui qui a l'ouverture. Mais pour les gens du domaine public, il convient. Et certains établissent cet enseignement de Rav Nahman dans un toit de moins de dix, et c'est impossible. Car alors ce serait une karmelit : tout domaine large de quatre, qui n'est pas haut de dix, à côté du domaine public, est une karmelit. Et puisqu'il en est ainsi, que fait l'échelle ? Et j'ai entendu : dans les dix l'un de l'autre, veut dire qu'il n'est pas éloigné du domaine public de dix. Et on ne peut pas le dire. Car les Sages n'ont mesuré dix, pour le Chabbat, qu'en hauteur. Et ils n'ont mesuré quatre qu'en longueur.
💡 Explication

Rav Pappa retire la preuve. Le public se sert du toit aisément : une calotte (kumta) et une écharpe (sudar), charge légère qu'on pose en été pour prendre le vent. Une charge lourde, à dix tefahim, ne se porte plus à l'épaule (Chabbat 8a). Une charge légère, si.

La rue interdit donc le toit même au-dessus de dix. Une cour ne s'en sert qu'avec des ustensiles lourds : à dix de haut, on donne le lieu à celui qui a l'ouverture. Ici, l'usage de la rue lui convient.

Rachi écarte deux lectures. Un toit de moins de dix serait une karmelit : large de quatre, haut de moins de dix, à côté du domaine public. L'échelle n'y changerait rien. Et les dix du Chabbat se mesurent en hauteur. Les quatre se mesurent en longueur.

🖼️ Schéma
Pourquoi la rue interdit un toit de dix Rav Pappa. Une cour ne se sert pas de chapeaux légers. Charge lourde Calotte et écharpe Chabbat 8a Neuf : on porte à l'épaule Dix : on ne porte plus Usage d'une cour Ustensiles lourds Charge légère On la pose en été pour prendre le vent La rue s'en sert même à dix de haut
À dix de haut, une charge lourde ne se porte plus. Calotte et écharpe restent un usage aisé pour la rue.
7
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל:

Rav Yehouda a dit au nom de Shmuel :

💡 Explication

L'amud s'arrête sur l'introduction. Rav Yehouda rapporte un enseignement de Shmuel. Le contenu vient au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).