Eruvin 85a : La citerne éloignée de quatre, et l'interdit par l'air

Eruvin 85a

Sougya : Rav Yehouda, au nom de Shmuel, traite une citerne entre deux cours, éloignée de quatre tefahim de chaque mur. Chacun sort une saillie de la moindre taille et puise ; Rav Yehouda lui-même se contente d'un roseau.

Abaye range cette exigence du côté de Shmuel : selon Rav, un homme n'interdit pas à son prochain par le chemin de l'air. On écarte le toit à échelle fixe, à cause de la calotte et de l'écharpe, et l'on retient la saillie elle-même comme preuve de Shmuel.

Pour Rav, les deux balcons ne prouvent pas, parce que l'usage y est inégal ; la preuve retenue est celle des deux maisons et des trois ruines, où chacun jette dans la ruine proche.

Citerne entre deux cours Éloignée de quatre de chaque mur. Chacun puise par sa fenêtre. Cour fenêtre Citerne Cour fenêtre 4 4 saillie saillie Rav Yehouda : un roseau suffit à la place de la saillie.
La citerne est à quatre de chaque mur. La saillie, ou le roseau, est le repère qui permet de puiser.
Un homme interdit-il par l'air ? Abaye range la saillie du côté de Shmuel. Shmuel Rav L'air interdit Il faut un repère Saillie, ou roseau L'air n'interdit pas Aucun aménagement Le roseau n'est pas exigé Halakha : comme Rav, dans les interdits.
Shmuel : l'air interdit, il faut un repère. Rav : l'air n'interdit pas. La halakha suit Rav.
D'où tient-on chaque avis ? Une source est écartée, une source est retenue. Source de Shmuel Source de Rav Toit et échelle fixe Écarté : calotte et écharpe Usage réel, Rav Pappa Deux balcons Écarté : usages inégaux Descente contre jet La saillie elle-même Retenu Sans elle, l'air interdit Deux maisons, trois ruines Retenu Le jet par l'air n'interdit pas
Toit et balcons sont écartés. La saillie prouve Shmuel. Les trois ruines prouvent Rav.
1
בּוֹר שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת, מֻופְלֶגֶת מִכֹּותֶל זֶה אַרְבָּעָה וּמִכֹּותֶל זֶה אַרְבָּעָה — זֶה מוֹצִיא זִיז כָּל שֶׁהוּא וּמְמַלֵּא, וְזֶה מוֹצִיא זִיז כָּל שֶׁהוּא וּמְמַלֵּא. וְרַב יְהוּדָה דִּידֵיהּ אָמַר: אֲפִילּוּ קָנְיָא.

Une citerne entre deux cours, éloignée de ce mur de quatre et de ce mur de quatre : celui-ci sort une saillie (ziz) de la moindre taille et puise, et celui-là sort une saillie de la moindre taille et puise. Et Rav Yehouda lui-même a dit : même un roseau (kanya).

📜 Rachi (3)
בּוֹר שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת הַפְּרוּדוֹת זוֹ מִזּוֹ וּמַפְסִיק בֵּינֵיהֶן כְּעֵין מָבוֹי קָטָן וְאֵין דִּיּוּרִין פְּתוּחִין לוֹ וְהַבּוֹר בְּאוֹתוֹ הֶפְסֵק מֻופְלֶגֶת מִכֹּותֶל זֶה אַרְבָּעָה כּוּ' דְּאִי לָאו הָכִי דְּמֻופְלָג הָוֵי תַּשְׁמִישׁוֹ בְּנַחַת וְהָוֵי כְּמוֹ שֶׁהַבּוֹר חֶצְיָהּ בְּחָצֵר זוֹ וְחֶצְיָהּ בְּחָצֵר זוֹ שֶׁרְשׁוּת שְׁנֵיהֶן שׁוֹלֶטֶת בָּהּ וּתְנַן בְּמָתְנֵי' בּוֹר שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת אֵין מְמַלְּאִין הֵימֶנָּה בְּשַׁבָּת שֶׁזֶּה אוֹסֵר עַל זֶה עַד שֶׁיְּעָרְבוּ אוֹ עַד שֶׁיַּעֲשׂוּ מְחִיצָּה תְּלוּיָה בַּבּוֹר כָּךְ הֵשִׁיב ר"י:
Des cours séparées l'une de l'autre. Entre elles s'interpose une sorte de petite ruelle (mavoi), et aucune demeure ne s'ouvre sur elle. La citerne est dans cet intervalle, éloignée de ce mur de quatre, et la suite. Car s'il n'y avait pas cet éloignement, l'usage serait aisé, et ce serait comme si la citerne était pour moitié dans cette cour et pour moitié dans l'autre, le domaine des deux ayant prise sur elle. Et nous avons appris dans la michna : une citerne entre deux cours, on n'en puise pas le Chabbat, car celui-ci interdit à celui-là, jusqu'à ce qu'ils fassent un erouv, ou jusqu'à ce qu'ils fassent une cloison suspendue dans la citerne. Ainsi a répondu le Ri.
זֶה מוֹצִיא זִיז כָּל שֶׁהוּא מִכָּתְלוֹ עַד לַבּוֹר וּמְמַלֵּא דֶּרֶךְ חַלּוֹנוֹ וְכֵן זֶה דְּכֵיוָן דְּמֻופְלֶגֶת ד' לָא שָׁלְטִי בֵּיהּ לֶאֱסֹור זֶה עַל זֶה וּמִשּׁוּם שֶׁיְּהֵא רְשׁוּת לִשְׁנֵיהֶן בַּמָּבוֹי נָמֵי לֵיכָּא שֶׁאֵין דִּיּוּרֵיהֶן פִּתּוּחִין לֶחָצֵר לָצֵאת וְלָבֹא בָּרֶגֶל וְאֵין תַּשְׁמִישְׁתַּן בְּכָךְ אֶלָּא דֶּרֶךְ אֲוִיר וּבְדִין הוּא דְּזִיז נָמֵי לָא לִיבְעֵי אֶלָּא מִשּׁוּם הֶיכֵּר בְּעָלְמָא שֶׁלֹּא יִשְׁתַּמְּשׁוּ בִּרְשׁוּת אַחֶרֶת שֶׁל שְׁנַיִם בְּלֹא עֵירוּב מִשּׁוּם הָכִי מְתַקְּנִי הָכָא פֻּורְתָּא וְדִכְווָתַהּ אִתְּמַר בְּמַסֶּכֶת שַׁבָּת בְּפֶרֶק הַזּוֹרֵק (שַׁבָּת דַּף ק:) סְפִינָה רַב הוּנָא אָמַר מוֹצִיא הֵימֶנָּה זִיז כָּל שֶׁהוּא וּמְמַלֵּא וּמוֹקִימְנָן לָהּ הָתָם דְּאֵינוֹ אֶלָּא הֶיכֵּר בְּעָלְמָא דְּלָא לַייְתֵי לְטִלְטוּלֵי מִכַּרְמְלִית אַחֶרֶת לרה"י וְיָם לְגַבֵּי מִילּוּי ס"ל דְּלָאו כַּרְמְלִית הִיא אֶלָּא קַרְקָעִיתָא אֲבָל אֲוִירָא דָּמְיָא מְקוֹם פְּטוֹר הוּא דָּמְיָא כְּמַאן דְּלֵיתַנְהוּ דָּמוּ:
De son mur jusqu'à la citerne, et il puise par sa fenêtre, et de même celui-là. Puisqu'elle est éloignée de quatre, ils n'ont pas prise sur elle pour s'interdire l'un l'autre. Il n'y a pas non plus un domaine des deux dans la ruelle : leurs demeures ne s'ouvrent pas sur cet espace pour sortir et entrer à pied, et leur usage ne se fait que par l'air. En droit, même une saillie ne serait pas exigée. On ne la met que comme simple repère (heker), pour qu'ils ne se servent pas, sans erouv, d'un domaine d'autrui qui appartient à deux. C'est pourquoi on institue ici un petit aménagement. Et de même on a enseigné dans le traité Chabbat, au chapitre HaZorek (Chabbat 100b) : un bateau, Rav Houna a dit, on en sort une saillie de la moindre taille et l'on puise. Et nous l'établissons là : il ne vaut que comme simple repère, pour qu'on n'en vienne pas à transporter d'une autre karmelit vers un domaine privé. Et la mer, pour le puisage, il tient que le fond seul est visé, et qu'elle ne compte pas comme karmelit. L'air de l'eau est un lieu exempt (makom patur) : l'eau est tenue pour absente.
אֲפִילּוּ קָנְיָא דְּלָא מִינְכַּר כֻּולֵּי הַאי שָׁרִי:
Même s'il se remarque moins, c'est permis.
🗂️ Tossefot (1)
בּוֹר שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת מֻופְלֶגֶת מִכֹּותֶל זֶה ד' כּוּ' פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס שֶׁיֵּשׁ בֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת כְּעֵין מָבוֹי קָטָן וְאֵין דִּיּוּרִין פְּתוּחִין לוֹ וְהַבּוֹר בְּאוֹתוֹ הֶפְסֵק זֶה מוֹצִיא זִיז כָּל שֶׁהוּא עַד לַבּוֹר וּמְמַלֵּא דֶּרֶךְ חַלּוֹנוֹ וְכֵן זֶה דְּכֵיוָן דְּמֻופְלֶגֶת ד' לָא שָׁלְטִי בֵּיהּ לֶאֱסֹור זֶה עַל זֶה וּמִשּׁוּם שֶׁיְּהֵא רְשׁוּת לִשְׁנֵיהֶם בַּמָּבוֹי נָמֵי לֵיכָּא שֶׁאֵין דִּיּוּרִין פְּתוּחִין לוֹ לָצֵאת וְלָבֹא בָּרֶגֶל וְאֵין מִשְׁתַּמְּשִׁין בּוֹ אֶלָּא דֶּרֶךְ אֲוִיר וּבְדִין הוּא דַּאֲפִילּוּ זִיז נָמֵי לָא נִיבְעֵי אֶלָּא מִשּׁוּם הֶיכֵּר בְּעָלְמָא שֶׁלֹּא יִשְׁתַּמְּשׁוּ בִּרְשׁוּת אַחֶרֶת שֶׁל שְׁנַיִם בְּלֹא עֵירוּב מש"ה מְתַקְּנִי הָכָא פֻּורְתָּא וּלְרַב לֹא צָרִיךְ שׁוּם תִּיקּוּן דְּאֵין אָדָם אוֹסֵר עַל חֲבֵירוֹ דֶּרֶךְ אֲוִיר וְרַשִׁ"י הִקְשָׁה בְּעַצְמוֹ בְּסָמוּךְ דְּגַבֵּי שְׁנֵי בָּתִּים וְשָׁלֹשׁ חֳורָבוֹת בֵּינֵיהֶם דְּאֶמְצָעִי אָסוּר וּמוּקֵי לְהוּ דְּקָיְימִי כִּי חֲצוּבָא דְּכִי הֵיכִי דְּאֶמְצָעִי בְּכֻולּוֹ אָסוּר לִשְׁנֵיהֶם מִשּׁוּם שֶׁכָּל אֶחָד מִשְׁתַּמֵּשׁ בַּד' הַסְּמוּכִים לוֹ בְּלֹא אֲוִיר הָכִי נָמֵי יֵאָסְרוּ זֶה עַל זֶה מָבוֹי קָטָן דְּכֵיוָן דְּכָל אֶחָד יָכוֹל לְהִשְׁתַּמֵּשׁ בְּאַרְבָּעָה הַסְּמוּכִים לוֹ וְכֵיוָן שֶׁהַמָּבוֹי אָסוּר הֵיאַךְ יָכוֹל לְשַׁלְשֵׁל וּלְמַלֹּאות מִן הַבּוֹר לֶחָצֵר דֶּרֶךְ אֲוִיר הַמָּבוֹי הָאָסוּר וְתֵירֵץ דְּלָא דָּמֵי דְּאִילּוּ חֻורְבָּה מִשְׁתַּמְּשִׁין בָּהּ נָמֵי בְּסָמוּךְ אֲבָל הָכָא בְּמָבוֹי לֵיכָּא שׁוּם תַּשְׁמִישׁ אֶלָּא מִילּוּי וְהוּא ע"י הַפְלָגַת אֲוִיר ד' ור"י מְפָרֵשׁ כְּגוֹן שֶׁזֶּה הַבּוֹר מוֹשֵׁךְ כָּל אֹורֶךְ הַחֲצֵירוֹת וּמַפְסִיק בֵּין ד' הַסְּמוּכִים לְחָצֵר זוֹ לְאַרְבָּעָה הַסְּמוּכִים לְחָצֵר אַחֶרֶת דַּחֲשִׁיב כָּל חַד רְשׁוּתָא לְנַפְשֵׁיהּ אִי נָמֵי אור"י כְּגוֹן שֶׁאוֹתוֹ הֶפְסֵק שֶׁבֵּין שְׁתֵּי הַחֲצֵירוֹת שֶׁהַבּוֹר עוֹמֵד שָׁם אֵינוֹ רה"י אֶלָּא רה"ר אוֹ כַּרְמְלִית וּמְחִיצּוֹת הַבּוֹר גְּבוֹהִים עֲשָׂרָה דִּכְשֶׁמְּמַלְאִים מִן הַבּוֹר לֶחָצֵר מְבִיאִין דֶּרֶךְ מִלְמַעְלָה מִי' דְּהָוֵי מְקוֹם פָּטוּר כִּדְאָמְרִינַן בִּשְׁמַעְתִּין בִּשְׁנֵי בָּתִּים מִשְּׁנֵי צִידֵּי רְשׁוּת הָרַבִּים דְּמֻותָּר לִזְרֹוק מִזֶּה לָזֶה:
Le commentaire explique : entre les deux cours il y a comme une petite ruelle, aucune demeure ne s'ouvre sur elle, et la citerne est dans cet intervalle. Celui-ci sort une saillie de la moindre taille jusqu'à la citerne et puise par sa fenêtre, et de même celui-là. Puisqu'elle est éloignée de quatre, ils n'ont pas prise sur elle pour s'interdire l'un l'autre. Il n'y a pas non plus un domaine des deux dans la ruelle : aucune demeure ne s'ouvre sur elle pour sortir et entrer à pied, et l'on ne s'en sert que par l'air. En droit, même une saillie ne serait pas exigée, seulement un simple repère, pour qu'ils ne se servent pas, sans erouv, d'un domaine d'autrui qui appartient à deux. C'est pourquoi on institue ici un petit aménagement. Et selon Rav, aucun aménagement n'est requis : un homme n'interdit pas à son prochain par le chemin de l'air. Et Rachi a objecté lui-même plus loin, au sujet de deux maisons et de trois ruines entre elles, où celle du milieu est interdite. Il les établit dressées comme un trépied (hatsuva). De même que celle du milieu, tout entière, est interdite aux deux, parce que chacun se sert des quatre qui lui sont proches, sans air, de même ils devraient s'interdire l'un l'autre la petite ruelle. Puisque chacun peut se servir des quatre qui lui sont proches, et puisque la ruelle est interdite, comment descendre le seau et puiser de la citerne vers la cour à travers l'air de la ruelle interdite ? Il a répondu : le cas diffère. Dans une ruine, on s'en sert aussi de près. Ici, dans la ruelle, il n'y a d'usage que le puisage, et il se fait par un écart d'air de quatre. Et le Ri explique : par exemple cette citerne court sur toute la longueur des cours, et elle sépare les quatre proches de cette cour des quatre proches de l'autre cour, si bien que chacun compte comme un domaine à lui seul. Ou bien, dit le Ri : par exemple cet intervalle entre les deux cours, là où se tient la citerne, relève du domaine public ou de la karmelit. Le statut de domaine privé ne s'y applique pas. Les parois de la citerne sont hautes de dix. Quand on puise de la citerne vers la cour, on amène l'eau par le dessus de dix, et c'est un lieu exempt (makom patur), comme nous le disons dans notre passage au sujet de deux maisons des deux côtés du domaine public : il est permis de jeter de l'une à l'autre.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' פְּשִׁיטָא לָזֶה בְּפֶתַח וְלָזֶה בְּפֶתַח הַיְינוּ חַלּוֹן שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת. לָזֶה בִּזְרִיקָה וְלָזֶה בִּזְרִיקָה הַיְינוּ כֹּותֶל שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת. לָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל וְלָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל הַיְינוּ חָרִיץ שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת. לָזֶה בְּפֶתַח וְלָזֶה בִּזְרִיקָה הַייְנוּ דְּרַבָּה בַּר רַב הוּנָא אָמַר רַב נַחְמָן. לָזֶה בְּפֶתַח וְלָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל הַיְינוּ דְּרַב שֵׁיזְבִי אָמַר רַב נַחְמָן. לָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל וְלָזֶה בִּזְרִיקָה מַאי. אָמַר רַב שְׁתֵּיהֶם אֲסוּרִין. וּשְׁמוּאֵל אָמַר נוֹתְנִין אוֹתוֹ לָזֶה שֶׁבְּשִׁלְשׁוּל. וְהִלְכְתָא כְּרַב דְּקַיְימָא לַן כְּרַב בְּאִיסּוּרֵי. וְעוֹד דְּרַב הוּנָא וּשְׁאָר אָמוֹרָאֵי שָׁקְלִי וְטָרֵי לְתָרוֹצֵי מַתְנִיתִין אַלִּיבָּא דְּרַב: אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל בּוֹר שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת מֻופְלֶגֶת מִכֹּותֶל זֶה בְּאַרְבָּעָה וּמִכֹּותֶל זֶה בְּאַרְבָּעָה זֶה מוֹצִיא זִיז כָּל שֶׁהוּא וּמְמַלֵּא וְזֶה מוֹצִיא זִיז כָּל שֶׁהוּא וּמְמַלֵּא וְרַב יְהוּדָה דִּידֵיהּ אָמַר אֲפִילּוּ קַנְיָא. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף הָא דְּרַב יְהוּדָה דִּשְׁמוּאֵל הִיא. דְּאִי דְּרַב הָא אָמַר אֵין אָדָם אוֹסֵר עַל חֲבֵירוֹ דֶּרֶךְ אֲוִיר. דְּאָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ אָמַר רַב ב' בָּתִּים וְשָׁלֹשׁ חֳורָבוֹת בֵּינֵיהֶם זֶה מִשְׁתַּמֵּשׁ בַּסָּמוּךְ לוֹ עַל יְדֵי זְרִיקָה וָזֶה מִשְׁתַּמֵּשׁ בַּסָּמוּךְ לוֹ ע"י זְרִיקָה וְאֶמְצָעִית שְׁנֵיהֶם אֲסוּרִים בָּהּ. וּמוּקֵי לָהּ דַּעֲבִידָא כַּחֲצוּבָה כָּזֶה וְאֶמְצָעִית נוֹגַעַת בִּשְׁנֵי הַבָּתִּים וְתַשְׁמִישׁ בְּנֵי שְׁנֵי הַבָּתִּים שָׁוִין בָּהּ פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י שֶׁאֵין לַחֻורְבוֹת בְּעָלִים אֶלָּא בַּעֲלֵי בָּתִּים הַלָּלוּ. מַשְׁמַע דִּסְבִירָא לֵיהּ דְּאִם יֵשׁ לָהֶם בְּעָלִים אוֹסְרִין אוֹתָן הַבְּעָלִים עַל בַּעֲלֵי הַבָּתִּים אע"פ שֶׁאֵין לַבְּעָלִים דִּיּוּרִין בַּחֻורְבָּה. וְקָשֶׁה דְּהָא קַייְמָא לַן כְּרַבִּי יְהוּדָה לְעֵיל (עֵירוּבִין דַּף עב:) דְּאָמַר בֵּית הַתֶּבֶן אֵין אוֹסֵר. וּלְקַמָּן בְּפִירְקִין (עֵירוּבִין דַּף פּוֹ.) נָמֵי פָּסְקִינַן כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּאָמַר דִּירָה בְּלֹא בְּעָלִים לֹא שְׁמָהּ דִּירָה. וְנִרְאֶה דְּרַשִׁ"י סוֹבֵר דִּנְהִי דְּאֵין אוֹסֶרֶת אֶת הֶחָצֵר וְאֶת הַמָּבוֹי שֶׁהִיא פְּתוּחָה לָהֶם בְּתוֹכָהּ מִיהָא אָסוּר לְטַלְטֵל. וְכֵן פֵּירֵשׁ לְעֵיל בְּהֶדְיָא בְּסוֹף פֶּרֶק הַדָּר (עֵירוּבִין דַּף עַד.) דִּלְמָא אָתֵי לְאַפּוֹקֵי מָאנֵי דְחָצֵר לְחֻורְבָּה. וּפִי' רַשִׁ"י וּרְשׁוּת אַחֶרֶת הִיא שֶׁיֵּשׁ לָהּ בְּעָלִים וּבְמָבוֹי לֹא נִשְׁתַּתְּפָה שֶׁהֲרֵי אֵינָהּ אוֹסֶרֶת כִּדְתַנְיָא לְעֵיל בֵּית הַתֶּבֶן אֵין אוֹסֵר דְּאֵין אוֹסֵר אֶלָּא מְקוֹם דִּירָה בִּלְבַד דְּהַיְינוּ מְקוֹם פִּיתָּא וּמְקוֹם לִינָה. וְקָשֶׁה לר"י לַעֲשׂוֹת דִּירָה בְּלֹא בְּעָלִים דִּירָה לַחֲצָאִין לֶאֱסֹור טִלְטוּל לְתוֹכָהּ וְלֹא לֶאֱסֹור עַל הַבָּתִּים וְעַל הֶחָצֵר שֶׁהִיא פְּתוּחָה לָהֶם. הִלְכָּךְ נִרְאֶה דְּאֵין אוֹסֶרֶת כְּלוּם וְהָא דְּאָמַר בְּסוֹף הֲדַר דִּלְמָא אָתֵי לְאַפּוֹקֵי מָאנֵי דְחָצֵר לְחֻורְבָּה מַיְירֵי בְּחֻורְבָּה הַפְּתוּחָה לַבַּיִת. וא"ת א"כ יֶאֱסֹור הַבַּיִת עַל הַמָּבוֹי. וְעוֹד דַּל חֻורְבָּה מֵהָכָא לִישְׁתְּרֵי בְּלֶחִי וְקוֹרָה מִשּׁוּם בַּיִת. יֵשׁ לוֹמַר כְּגוֹן שֶׁאוֹתוֹ הַבַּיִת פָּתוּחַ נָמֵי לְחָצֵר אַחֶרֶת וְאֵינוֹ רָגִיל בְּמָבוֹי זֶה וְחֻורְבָּה דְּהָכָא אֲפִילּוּ אִית לָהּ בְּעָלִים אֵינָהּ אוֹסֶרֶת עַל שְׁנֵי הַבָּתִּים לְהִשְׁתַּמֵּשׁ בָּהֶן כֵּיוָן דְּלָא דָּיְירִי בְּהוּ. וּמִיהוּ אֶמְצָעִית דִּשְׁנֵיהֶם מִשְׁתַּמְּשִׁין בָּהּ אָסְרִי אַהֲדָדֵי. מִידֵּי דַּהֲוָה אַשְּׁנֵי בָּתִּים שֶׁל אֲחֵרִים שֶׁאִם דָּרִים בָּהֶן אוֹסְרִין זֶה עַל זֶה אע"ג דְּלָאו דִּידְהוּ נִינְהוּ. וְהִלְכְתָא כְּרַב דְּאֵין אָדָם אוֹסֵר עַל חֲבֵירוֹ דֶּרֶךְ אֲוִיר:
Guemara. C'est évident : pour l'un par une ouverture et pour l'autre par une ouverture, c'est la fenêtre entre deux cours. Pour l'un par un jet et pour l'autre par un jet, c'est le mur entre deux cours. Pour l'un par une descente et pour l'autre par une descente, c'est le fossé entre deux cours. Pour l'un par une ouverture et pour l'autre par un jet, c'est l'enseignement de Rabba bar Rav Houna, qui a dit que Rav Nahman a dit. Pour l'un par une ouverture et pour l'autre par une descente, c'est l'enseignement de Rav Sheizvi, qui a dit que Rav Nahman a dit. Pour l'un par une descente et pour l'autre par un jet, qu'en est-il ? Rav a dit : tous deux sont interdits. Et Shmuel a dit : on le donne à celui de la descente. Et la halakha suit Rav, car nous tenons que la halakha suit Rav dans les interdits. Et de plus, Rav Houna et les autres amoraïm discutent pour accorder la michna à l'avis de Rav. Rav Yehouda a dit que Shmuel a dit : une citerne entre deux cours, éloignée de ce mur de quatre et de ce mur de quatre, celui-ci sort une saillie de la moindre taille et puise, et celui-là sort une saillie de la moindre taille et puise. Et Rav Yehouda lui-même a dit : même un roseau. Abaye a dit à Rav Yossef : cet enseignement de Rav Yehouda est de Shmuel. Car si c'était de Rav, il a dit : un homme n'interdit pas à son prochain par le chemin de l'air. Car Rav Nahman a dit que Rabba bar Avouha a dit que Rav a dit : deux maisons et trois ruines entre elles, celui-ci se sert de ce qui lui est proche par un jet, et celui-là se sert de ce qui lui est proche par un jet, et de celle du milieu tous deux sont interdits. Et on établit le cas comme disposé en trépied, ainsi, et celle du milieu touche les deux maisons, et l'usage des gens des deux maisons y est égal. Rachi a expliqué : les ruines n'ont pas d'autres propriétaires que les propriétaires de ces maisons. Il en ressort qu'il tient ceci : si elles ont des propriétaires, ces propriétaires interdisent aux propriétaires des maisons, même si les propriétaires n'ont pas de demeure dans la ruine. Et c'est difficile, car nous tenons comme Rabbi Yehouda plus haut (Eruvin 72b), qui a dit : la remise à paille n'interdit pas. Et plus loin dans notre chapitre (Eruvin 86a), nous tranchons aussi comme Rabbi Chimon, qui a dit : une demeure sans propriétaires ne s'appelle pas une demeure. Et il paraît que Rachi tient qu'elle n'interdit certes pas la cour ni le mavoi auxquels elle est ouverte, mais qu'à l'intérieur d'elle, en revanche, il est interdit de transporter. Et ainsi il a expliqué explicitement plus haut, à la fin du chapitre Hader (Eruvin 74a) : de peur qu'on en vienne à sortir les objets de la cour vers la ruine. Et Rachi a expliqué : c'est un autre domaine, qui a des propriétaires, et elle n'a pas été associée au mavoi, puisqu'elle n'interdit pas, comme on l'a enseigné plus haut : la remise à paille n'interdit pas, car seul un lieu de demeure interdit, c'est-à-dire un lieu de pain et un lieu où l'on passe la nuit. Et c'est difficile pour le Ri de faire d'une demeure sans propriétaires une demeure à demi : interdire le transport vers elle, et ne pas interdire aux maisons ni à la cour auxquelles elle est ouverte. Par conséquent il paraît qu'elle n'interdit rien. Et ce qu'il a dit à la fin de Hader, de peur qu'on en vienne à sortir les objets de la cour vers la ruine, parle d'une ruine ouverte sur une maison. Et si tu dis : alors la maison interdira sur le mavoi. Et de plus : retire la ruine d'ici, et que l'on permette par un lehi et une kora à cause de la maison. On peut dire : par exemple cette maison est ouverte aussi sur une autre cour, et il n'a pas l'habitude de ce mavoi. Et la ruine d'ici, même si elle a des propriétaires, n'interdit pas aux deux maisons de s'en servir, puisqu'ils n'y habitent pas. Toutefois, celle du milieu, dont tous deux se servent, ils s'interdisent l'un l'autre. À la manière de deux maisons d'autrui : s'ils y habitent, ils s'interdisent l'un l'autre, même si elles ne sont pas à eux. Et la halakha suit Rav : un homme n'interdit pas à son prochain par le chemin de l'air.
💡 Explication

La citerne est dans l'intervalle entre deux cours, à quatre tefahim de chaque mur. À cette distance, aucun des deux n'a un usage aisé (nahat) : le seau traverse l'air. Chacun tend depuis sa fenêtre une saillie (ziz) de la moindre taille, et puise.

Rav Yehouda lui-même allège encore : un roseau (kanya) suffit, même s'il se voit peu. Rachi : en droit la saillie ne serait pas exigée. Elle ne sert que de repère (heker), pour ne pas user d'un domaine commun sans erouv. Le cas du bateau, dans Chabbat 100b, est du même ordre.

Tossefot rapporte l'objection de Rachi, tirée des trois ruines en trépied (hatsuva) : si chacun tient les quatre tefahim qui le touchent, la ruelle serait interdite, et l'on ne pourrait pas puiser à travers son air. Réponse : dans la ruelle, le seul usage est le puisage, et il passe par quatre d'air. Le Ri propose deux lectures. La citerne court sur toute la longueur et sépare les deux bandes de quatre, chacune devenant un domaine. Ou bien l'intervalle est un domaine public ou une karmelit, les parois ont dix de haut, et l'on ramène l'eau par le dessus de dix, qui est un lieu exempt (makom patur).

🖼️ Schéma
Citerne entre deux cours Éloignée de quatre de chaque mur. Chacun puise par sa fenêtre. Cour fenêtre Citerne Cour fenêtre 4 4 saillie saillie Rav Yehouda : un roseau suffit à la place de la saillie.
Quatre de chaque mur. Chacun sort une saillie, ou un roseau, et puise par sa fenêtre.
2
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: הָא דְּרַב יְהוּדָה דִּשְׁמוּאֵל הִיא, דְּאִי דְּרַב, הָא אָמַר: אֵין אָדָם אוֹסֵר עַל חֲבֵירוֹ דֶּרֶךְ אֲוִיר.

Abaye a dit à Rav Yossef : cet enseignement de Rav Yehouda est de Shmuel. Car si c'était de Rav, il a dit : un homme n'interdit pas à son prochain par le chemin de l'air.

📜 Rachi (3)
וְהָא דְּרַב יְהוּדָה דְּבָעֵי תִּיקּוּן כָּל שֶׁהוּא:
Et cet enseignement de Rav Yehouda : qui exige un aménagement de la moindre taille.
דִּשְׁמוּאֵל הִיא מִשְּׁמוּאֵל רַבֵּיהּ גָּמַר לָהּ דְּצָרִיךְ תִּיקּוּן קְצָת:
C'est de Shmuel : c'est de Shmuel son maître qu'il l'a appris, qu'un léger aménagement est exigé.
דְּאִי דְּרַב דַּהֲוָה נָמֵי רַבֵּיהּ מִינֵּיהּ לָא גָּמַר לָהּ דְּהָא אֵין אָדָם אוֹסֵר עַל חֲבֵירוֹ בְּתַשְׁמִישׁ מֻופְלָג כָּזֶה שֶׁצָּרִיךְ לִזְרֹוק דְּלִי בַּאֲוִיר ד' טְפָחִים וַאֲפִילּוּ קָנְיָא לֹא צָרִיךְ:
Car si c'était de Rav : qui était lui aussi son maître, il ne l'aurait pas appris de lui. Un homme n'interdit pas à son prochain un usage éloigné comme celui-ci, où il faut lancer le seau à travers quatre tefahim d'air. Même un roseau n'est pas exigé.
💡 Explication

Abaye dit à Rav Yossef que l'exigence du roseau vient de Shmuel. Rav a enseigné qu'un homme n'interdit pas à son prochain par le chemin de l'air (derekh avir). Lancer le seau à travers quatre tefahim d'air ne demanderait aucun aménagement.

3
וְדִשְׁמוּאֵל מֵהֵיכָא? אִילֵּימָא מֵהָא דְּאָמַר רַב נַחְמָן אָמַר שְׁמוּאֵל: גַּג הַסָּמוּךְ לִרְשׁוּת הָרַבִּים — צָרִיךְ סֻולָּם קָבוּעַ לְהַתִּירוֹ. דִּילְמָא כִּדְרַב פָּפָּא!

Et celle de Shmuel, d'où ? Si tu dis, de ceci, que Rav Nahman a dit que Shmuel a dit : un toit voisin du domaine public a besoin d'une échelle fixe pour le permettre.

Peut-être comme Rav Pappa !

📜 Rachi (3)
וְדִשְׁמוּאֵל מֵהֵיכָא מֵאֵיזוֹ מֵימְרָא דִּשְׁמוּאֵל סָלְקָא דַּעְתֵּיהּ דְּאַבַּיֵּי לְמִשְׁמַע דְּרַב יְהוּדָה מִשְּׁמוּאֵל גָּמַר לָהּ סָלְקָא דַעְתָּךְ הַשְׁתָּא דְּכִי שְׁמָעָהּ אַבַּיֵּי לְהָא דְּרַב יְהוּדָה מִילְּתָא בְּאַנְפֵּי נַפְשֵׁיהּ שְׁמָעָהּ אָמַר רַב יְהוּדָה בּוֹר שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת מֻופְלֶגֶת אַרְבָּעָה מִכָּאן וּמִכָּאן זֶה מוֹצִיא קָנֶה כָּל שֶׁהוּא וּמְמַלֵּא וְכוּ' וְלֹא שְׁמָעָהּ בְּהֶדְיָא הָא דִּשְׁמוּאֵל דְּאִי עֲלָהּ דְּהָא דִּשְׁמוּאֵל דְּזִיז כָּל שֶׁהוּא שְׁמָעָהּ אַבַּיֵּי לְהָא דְּרַב יְהוּדָה מַאי תִּיבְּעֵי לָן דִּשְׁמוּאֵל מֵהֵיכָא הָכָא אַשְׁמְעִינַן שְׁמוּאֵל בְּהֶדְיָא דְּבָעֵי תִּיקּוּן:
De quel enseignement de Shmuel Abaye pensait-il tirer que Rav Yehouda l'avait appris de Shmuel ? Voici la première lecture. Quand Abaye a entendu cet enseignement de Rav Yehouda, il l'a entendu comme une parole à part : Rav Yehouda a dit, une citerne entre deux cours, éloignée de quatre de part et d'autre, celui-ci sort un roseau de la moindre taille et puise, et la suite. Et il n'avait pas entendu explicitement l'enseignement de Shmuel. Car si Abaye avait entendu l'enseignement de Rav Yehouda à la suite de celui de Shmuel sur la saillie de la moindre taille, que demanderions-nous : celle de Shmuel, d'où ? Ici Shmuel l'enseigne explicitement : un aménagement est exigé.
צָרִיךְ סֻולָּם קָבוּעַ וְאִי לָא בְּנֵי רה"ר אָסְרִי עָלֶיהָ דֶּרֶךְ אֲוִיר שֶׁאֵין גַּג זֶה רָאוּי לְתַשְׁמִישָׁן אא"כ זוֹרְקִין עָלָיו שׁוּם דָּבָר דִּסְתָם רה"ר אִיכָּא חִפּוּפֵי סָמוּךְ לַכְּתָלִים וּמִתְרַחֲקִים עַל כָּרְחָן:
Il a besoin d'une échelle fixe : sinon, les gens du domaine public l'interdisent par le chemin de l'air. Ce toit ne leur est propre à l'usage que s'ils y jettent quelque chose. Dans un domaine public ordinaire, des talus (hafufei) bordent les murs, et l'on s'en éloigne forcément.
דִּילְמָא כִּדְרַב פָּפָּא שֶׁתַּשְׁמִישׁ גָּמוּר הוּא לָהֶן בְּכֻומְתָא וְסוּדָרָא:
Peut-être comme Rav Pappa : c'est pour eux un usage complet, avec une calotte et une écharpe.
🗂️ Tossefot (1)
דִּילְמָא כִּדְרַב פָּפָּא בְּכֻומְתָא וְסוּדָרָא מֵעִיקָּרָא סָלְקָא דַּעְתֵּיהּ דְּאַייְרֵי בְּמַשָּׂאוֹת כְּבֵדִים דְּאוֹתָן אֵין רְגִילִין לְהִתְקָרֵב לְכַתַּנִּים דְּמִשְׁתַּמְּשִׁין בַּגַּג ע"י זְרִיקָה כְּגוֹן אוֹתָם שֶׁמַּפְשִׁילִין מַשָּׂאוֹת בְּמַקְלוֹת עַל כִּתְפֵיהֶם וּכְשֶׁרוֹצִים לְכַתֵּף מְכַתְּפִים עַל הַגַּג וְיֵשׁ הֶפְסֵק ד' מִן הָאֲוִיר וְלַגָּג וּמְשַׁנֵּי בְּכֻומְתָא וְסוּדָרָא שֶׁהוּא דָּבָר קַל וּרְגִילִין לְהִתְקָרֵב לַכֹּותֶל וְלָא הָוֵי דֶּרֶךְ אֲוִיר:
Avec une calotte (kumta) et une écharpe (sudar). Au départ, on lisait des charges lourdes : avec celles-là, on n'a pas coutume de s'approcher des murs. On se sert du toit par un jet, comme ceux qui portent des charges sur des bâtons, à l'épaule, et qui, pour les charger, les posent sur le toit. Il y a alors un écart de quatre, de l'air jusqu'au toit. Et l'on répond : une calotte et une écharpe, chose légère. On a coutume de s'approcher du mur, et l'usage ne passe pas par l'air.
💡 Explication

D'où Abaye tire-t-il Shmuel ? Première piste : Rav Nahman au nom de Shmuel. Un toit voisin du domaine public n'est permis qu'avec une échelle fixe (sulam kavoua). Sans elle, la rue interdirait le toit par l'air : on ne peut s'en servir qu'en y jetant quelque chose, à cause des talus qui écartent du mur.

La piste tombe. Rav Pappa, à la page précédente : la rue pose sur le toit une calotte (kumta) et une écharpe (sudar). C'est un usage réel. Tossefot : on avait d'abord lu des charges lourdes, portées à l'épaule et posées sur le toit, avec quatre d'air. La calotte est légère : on s'approche du mur, et l'usage ne passe plus par l'air.

4
אֶלָּא מֵהָא: זֶה מוֹצִיא זִיז כָּל שֶׁהוּא וּמְמַלֵּא, וְזֶה מוֹצִיא זִיז כָּל שֶׁהוּא וּמְמַלֵּא. טַעְמָא דְּאַפֵּיק, הָא לָא אַפֵּיק — אָמְרִינַן: אָדָם אוֹסֵר עַל חֲבֵירוֹ דֶּרֶךְ אֲוִיר.

Mais de ceci : celui-ci sort une saillie de la moindre taille et puise, et celui-là sort une saillie de la moindre taille et puise. La raison, c'est qu'il a sorti la saillie.

S'il ne l'avait pas sortie, nous dirions : un homme interdit à son prochain par le chemin de l'air.

📜 Rachi (1)
אֶלָּא מֵהָא כו' דְּאַבַּיֵּי שְׁמָעָהּ לִדְרַב יְהוּדָה אַמִּילְּתֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל וְהָכִי קָאָמַר אַבַּיֵּי הָא דְּבָעֵי רַב יְהוּדָה קָנְיָא מִשְּׁמוּאֵל גָּמַר לָהּ דְּבָעֵי תִּיקּוּן וַאֲתָא לְאַשְׁמְעִינַן דִּשְׁמוּאֵל רַבֵּיהּ לָאו זִיז דַּוְקָא אָמַר דְּכֵיוָן דְּלָא בָּעֵי זִיז אַרְבָּעָה דְּהָא זִיז כָּל שֶׁהוּא אָמַר יָלֵיף רַב יְהוּדָה מִינֵּיהּ דה"ה לְקַנְיָא:
Abaye a entendu l'enseignement de Rav Yehouda sur la parole de Shmuel. Et voici ce que dit Abaye. Ce que Rav Yehouda exige, le roseau, il l'a appris de Shmuel, qui exige un aménagement. Et il vient nous apprendre ceci : Shmuel son maître n'a pas visé une saillie au sens étroit. Puisqu'il n'exige pas une saillie de quatre, car il a dit une saillie de la moindre taille, Rav Yehouda en apprend qu'un roseau revient au même.
💡 Explication

La source retenue est la phrase elle-même. On ne permet le puisage que parce qu'il a sorti la saillie. Sans cette sortie, un homme interdit à son prochain par l'air. C'est l'avis de Shmuel.

Rachi : Abaye a entendu Rav Yehouda sur la parole de Shmuel. Shmuel n'a pas exigé une saillie de quatre, seulement de la moindre taille. Rav Yehouda en conclut qu'un roseau suffit.

5
וּדְרַב מֵהֵיכָא? אִילֵּימָא מֵהָא: שְׁתֵּי גְּזֻוזְטְרָאוֹת זוֹ לְמַעְלָה מִזּוֹ, עָשׂוּ מְחִיצָה לָעֶלְיוֹנָה וְלֹא עָשׂוּ מְחִיצָה לַתַּחְתּוֹנָה — שְׁתֵּיהֶן אֲסוּרוֹת עַד שֶׁיְּעָרֵבוּ.

Et celle de Rav, d'où ? Si tu dis, de ceci : deux balcons, l'un au-dessus de l'autre.

Ils ont fait une cloison pour le supérieur, et ils n'ont pas fait de cloison pour l'inférieur : tous deux sont interdits jusqu'à ce qu'ils fassent un erouv.

📜 Rachi (1)
וּדְרַב מֵהֵיכָא שָׁמְעִינַן דְּאֵין אָדָם אוֹסֵר עַל חֲבֵרוֹ דֶּרֶךְ אֲוִיר:
D'où entendons-nous qu'un homme n'interdit pas à son prochain par le chemin de l'air.
💡 Explication

Même recherche du côté de Rav : d'où tient-on qu'un homme n'interdit pas par l'air ? La michna des deux balcons (gezuztraot), l'un au-dessus de l'autre, ouvre la piste. Cloison au supérieur seul : les deux sont interdits jusqu'à l'erouv. La suite, celle de Rav Houna, donne la distinction entre proche et éloigné.

6
וְאָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בִּסְמוּכָה, אֲבָל בְּמֻופְלֶגֶת אַרְבָּעָה — עֶלְיוֹנָה מֻותֶּרֶת וְתַחְתּוֹנָה אֲסוּרָה.

Et Rav Houna a dit que Rav a dit : on ne l'a enseigné que pour le cas proche. Mais s'il est éloigné de quatre, le supérieur est permis et l'inférieur est interdit.

📜 Rachi (1)
אֶלָּא בִּסְמוּכָה שֶׁאֵין עֶלְיוֹנָה מְשׁוּכָה מִכְּנֶגֶד הַתַּחְתּוֹנָה בְּמֶשֶׁךְ הַכֹּותֶל ד' טְפָחִים ואע"ג דִּגְבוֹהָה מִמֶּנָּה עֲשָׂרָה רַב לְטַעְמֵיהּ דְּאָמַר לָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל וְלָזֶה בִּזְרִיקָה שְׁנֵיהֶן אֲסוּרִין דְּתַשְׁמִישׁ דְּשִׁלְשׁוּל וּזְרִיקָה חֲשִׁיב תַּשְׁמִישׁ אֲבָל בְּמֻופְלֶגֶת מִכְּנֶגְדָּהּ ד' כֵּיוָן דְּאֵין לַתַּחְתּוֹנָה כָּאן אֶלָּא תַּשְׁמִישׁ מֻופְלָג בְּמֶשֶׁךְ זֶהוּ אֲוִיר וְלָאו תַּשְׁמִישׁ הוּא לֹא מָצִינוּ לְשׁוֹן הַפְלָגָה בַּתַּלְמוּד בְּגָבְהָהּ אֶלָּא בְּמִשְּׁכָהּ כְּדִתְנַן בְּמַתְנִיתִין בד"א בִּסְמוּכָה כו':
Le supérieur reste face à l'inférieur : le retrait le long du mur n'atteint pas quatre tefahim, même s'il le dépasse de dix en hauteur. Rav suit son principe : pour l'un par une descente et pour l'autre par un jet, tous deux sont interdits, car l'usage par descente et l'usage par jet comptent comme un usage. Mais lorsqu'elle est éloignée de son aplomb de quatre, l'inférieur n'a ici qu'un usage éloigné en longueur : c'est de l'air, et cela ne compte pas comme un usage. Nous n'avons pas trouvé, dans le Talmud, le mot éloignement pour la hauteur, seulement pour la longueur, comme la michna l'enseigne : dans quel cas ? lorsqu'elle est proche, et la suite.
💡 Explication

Rav Houna au nom de Rav : la michna, les deux interdits, ne vise que le balcon proche, dans les quatre tefahim en longueur, même s'il est plus haut de dix. Éloigné de quatre, en retrait le long du mur : le supérieur puise, l'inférieur est interdit. L'inférieur n'atteint le trou que par l'air, et cet air n'interdit pas le supérieur.

Rachi : le mot éloignement (haflaga), dans le Talmud, se mesure en longueur, le long du mur, et non en hauteur. Tant que les balcons sont dans les quatre, descente (shilshul) et jet (zerika) comptent tous deux comme un usage. C'est le principe de Rav : pour l'un par descente et pour l'autre par jet, les deux sont interdits.

🖼️ Schéma
Deux balcons, l'un au-dessus de l'autre Rav Houna au nom de Rav. L'éloignement se mesure en longueur. Proches : dans les 4 Supérieur, avec cloison Inférieur Les deux interdits Retrait de 4 Supérieur permis Inférieur interdit 4
Proches en longueur : les deux interdits. Retrait de quatre : le supérieur puise, l'inférieur non.
7
דִּלְמָא שָׁאנֵי הָכָא, דְּכֵיוָן דְּלָזֶה בִּזְרִיקָה וְשִׁלְשׁוּל, וְלָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל לְחוּדֵיהּ — כְּלָזֶה בִּזְרִיקָה וְלָזֶה בְּפֶתַח דָּמֵי.

Peut-être qu'ici le cas diffère. Puisque pour celui-ci c'est par un jet et une descente, et pour celui-là par une descente seule, cela ressemble à pour l'un par un jet et pour l'autre par une ouverture.

📜 Rachi (2)
שָׁאנֵי הָכָא דְּכֵיוָן דְּלָזֶה בִּזְרִיקַת אֲוִיר וּזְרִיקַת גֹּובַהּ וְשִׁלְשׁוּל וְלָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל לְחוֹדֵיהּ שֶׁמְּשַׁלְשֵׁל דְּלִי לַיָּם:
Puisque pour celui-ci il y a un jet dans l'air, un jet en hauteur, et une descente, et pour celui-là une descente seule : il descend le seau vers la mer.
כְּלָזֶה בְּפֶתַח וְלָזֶה בִּזְרִיקָה דָּמֵי אֲבָל גַּבֵּי בּוֹר דִּשְׁנֵיהֶן שָׁוִין בְּהַפְלָגָה לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ דְּאָסְרִי:
Cela ressemble à pour l'un par une ouverture et pour l'autre par un jet. Mais pour la citerne, où tous deux sont égaux dans l'éloignement, on peut encore dire qu'ils interdisent.
💡 Explication

La preuve ne tient pas. Pour l'inférieur, il faut jeter le seau en l'air et en hauteur, puis le descendre. Pour le supérieur, la descente seule, le seau filant vers la mer. Les deux usages ne se valent pas : c'est le cas d'un jet d'un côté et d'une ouverture de l'autre, et l'usage aisé l'emporte.

Dans la citerne, les deux cours sont à la même distance. On peut encore dire qu'elles s'interdisent. Il faut une autre source pour Rav.

🖼️ Schéma
Pourquoi les balcons ne prouvent pas Rav Les usages ne se valent pas. Dans la citerne, ils se valent. Balcon inférieur Jet, puis descente Usage pénible Balcon supérieur Descente seule Usage aisé Même rapport Jet contre ouverture L'aisé l'emporte Citerne : les deux cours sont à la même distance. Les balcons ne tranchent pas pour elle.
Jet et descente d'un côté, descente seule de l'autre. La citerne met les deux cours à égalité.
8
אֶלָּא מֵהָא דְּאָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ אָמַר רַב: שְׁנֵי בָּתִּים וְשָׁלֹשׁ חֳורָבוֹת בֵּינֵיהֶם. זֶה מִשְׁתַּמֵּשׁ בַּסָּמוּךְ שֶׁלּוֹ עַל יְדֵי זְרִיקָה, וָזֶה מִשְׁתַּמֵּשׁ בַּסָּמוּךְ שֶׁלּוֹ עַל יְדֵי זְרִיקָה,

Mais de ceci, que Rav Nahman a dit que Rabba bar Avouha a dit que Rav a dit : deux maisons et trois ruines entre elles. Celui-ci se sert de celle qui lui est proche par un jet, et celui-là se sert de celle qui lui est proche par un jet.

📜 Rachi (2)
וְג' חֻורְבוֹת בֵּינֵיהֶן מְחִיצּוֹת פְּרוּצוֹת זוֹ לָזוֹ וְאֵין בָּהֶן דִּיּוּרִין וְאֵין לָהֶן בְּעָלִים אֶלָּא בְּנֵי הַבָּתִּים הָאֵלּוּ וְיֵשׁ חַלּוֹנוֹת בַּבָּתִּים פִּתּוּחִין לְחֻורְבָּה:
Les cloisons sont ouvertes l'une sur l'autre, il n'y a pas de demeures dedans, et elles n'ont pas d'autres propriétaires que les gens de ces maisons. Il y a des fenêtres dans les maisons, ouvertes sur la ruine.
זֶה מִשְׁתַּמֵּשׁ בְּחֻורְבָּה הַסְּמוּכָה לוֹ דֶּרֶךְ חַלּוֹנוֹת ע"י זְרִיקָה הוֹאִיל וְאֵין לוֹ בָּהּ תַּשְׁמִישׁ גָּמוּר בְּחוֹל שֶׁאֵין לוֹ בָּהּ פֶּתַח פָּתוּחַ לָהּ אֶלָּא חַלּוֹן אֵין פִּירְצַת הַמְּחִיצָּה אוֹסֶרֶת וּמֻותָּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ בְּכֻולָּהּ וְהוּא אֵינוֹ יָכוֹל לְהִשְׁתַּמֵּשׁ דֶּרֶךְ חַלּוֹן לְמֵרָחוֹק אֶלָּא ע"י זְרִיקָה וַחֲבֵירוֹ אֵינוֹ אוֹסֵר עָלָיו ואע"פ שֶׁמִּשְׁתַּמֵּשׁ בָּהּ בְּחוֹל בִּזְרִיקָה שֶׁזּוֹרֵק דֶּרֶךְ אֲוִיר שֶׁלּוֹ בְּפִירְצָה עַד תּוֹךְ חֻורְבָּה זוֹ אֵינוֹ אוֹסֵר עַל חֲבֵירוֹ דֶּרֶךְ אֲוִיר שֶׁאֵין לוֹ עָלָיו תַּשְׁמִישׁ אֶלָּא ע"י אֲוִיר אֲבָל בִּסְמוּכָה לַחֲבֵרוֹ לֹא יִשְׁתַּמֵּשׁ אֲפִילּוּ בִּזְרִיקָה הוֹאִיל וְיֵשׁ לַחֲבֵרוֹ בָּהּ תַּשְׁמִישׁ נוֹחַ בְּשִׁלְשׁוּל סָמוּךְ לְחַלּוֹנוֹ:
De la ruine qui lui est proche, par les fenêtres, au moyen d'un jet. Puisqu'il n'y a pas, en semaine, un usage complet, car il n'y a pas de porte ouverte sur elle, seulement une fenêtre, la brèche de la cloison n'interdit pas, et il est permis de se servir de toute la ruine. Et lui ne peut s'en servir par une fenêtre, à distance, que par un jet. Et son prochain ne l'interdit pas, même s'il s'en sert en semaine par un jet, en jetant à travers son air, par la brèche, jusqu'à l'intérieur de cette ruine : il n'interdit pas son prochain par le chemin de l'air, puisqu'il n'a sur elle d'usage que par l'air. Mais dans celle qui est proche de son prochain, il ne s'en servira pas, même par un jet, puisque son prochain y a un usage aisé, par une descente, près de sa fenêtre.
🗂️ Tossefot (1)
שְׁנֵי בָּתִּים וְשָׁלֹשׁ חֳורָבוֹת בֵּינֵיהֶם פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס שֶׁאֵין לַחֻורְבוֹת בְּעָלִים אֶלָּא בְּנֵי הַבָּתִּים הָאֵלֶּה מַשְׁמַע דְּסָבַר דְּאִם יֵשׁ לָהֶם בְּעָלִים דְּאוֹסְרִין אוֹתָן הַבְּעָלִים עַל בְּנֵי הַבָּתִּים אע"ג דְּאֵינָם אוֹסְרִין אֶת הֶחָצֵר וְאֶת הַמָּבוֹי שֶׁפִּתּוּחִין לָהֶם דְּקי"ל כְּרַבִּי יְהוּדָה דְּבֵית הַתֶּבֶן אֵינוֹ אוֹסֵר וּבְפִירְקִין נָמֵי פָּסְקִינַן כר"ש דְּאָמַר דִּירָה בְּלֹא בְּעָלִים לֹא שְׁמָהּ דִּירָה מִכָּל מָקוֹם בְּתוֹכָהּ מִיהָא אָסוּר לְטַלְטֵל וּבְסוֹף הֲדַר (לְעֵיל עֵירוּבִין דַּף עַד.) פֵּירֵשׁ כֵּן בְּהֶדְיָא גַּבֵּי דִּילְמָא אָתֵי לְאַפּוֹקֵי מָאנֵי דְבָתִּים לְחֻורְבָּה פֵּירֵשׁ וַהֲרֵי רְשׁוּת אַחֶרֶת הִיא שֶׁיֵּשׁ לָהּ בְּעָלִים וּבְמָבוֹי לֹא נִשְׁתַּתְּפָה שֶׁאֵינָהּ אוֹסֶרֶת כִּדְתַנְיָא לְעֵיל אֵינָהּ אוֹסֶרֶת אֶלָּא מְקוֹם דִּירָה בִּלְבַד דְּהַיְינוּ מְקוֹם פִּיתָּא אוֹ מְקוֹם לִינָה וְהָא דְּשָׁרֵינַן הָכָא לְהִשְׁתַּמֵּשׁ בְּסָמוּךְ לוֹ אע"ג שֶׁיֵּשׁ לַחֲבֵירוֹ כְּמוֹ כֵן חֵלֶק בָּהּ אֵינוֹ אוֹסֵר עַל זֶה כֵּיוָן שֶׁגַּם לָזֶה יֵשׁ חֵלֶק בָּהּ דִּשְׁנֵיהֶם שֻׁותָּפִים בִּשְׁלָשְׁתָּן וְאֵינָם אוֹסְרִין זֶה עַל זֶה אֶת הַסְּמוּכִים כֵּיוָן דְּהָוֵי לָזֶה תַּשְׁמִישׁוֹ בְּנַחַת וְלַחֲבֵירוֹ בַּקָּשָׁה וּבִשְׁתֵּי גְּזֻוזְטְרָאוֹת דְּסוֹף פִּרְקִין עָשׂוּ לַתַּחְתּוֹנָה סִילְּקוּ נַפְשַׁייְהוּ מֵעֶלְיוֹנָה וְאֵין אוֹסְרִין אֶת הָעֶלְיוֹנָה אַף עַל פִּי שֶׁעָשׂוּ אוֹתָהּ בְּשֻׁותָּפוּת וְיֵשׁ לָהֶם חֵלֶק בָּהּ וְאֵין נִרְאֶה לר"י לַעֲשׂוֹת דִּירָה בְּלֹא בְּעָלִים דִּירָה לַחֲצָאִין לֶאֱסֹור לְטַלְטֵל בְּתוֹכוֹ ואור"י דְּהָא דְּאָמְרִינַן בְּסוֹף הֲדַר דִּילְמָא אָתֵי. לְאַפּוֹקֵי מָאנֵי דְבָתִּים לְחֻורְבָּה מַיְירֵי בְּחֻורְבָּה הַפְּתוּחָה לַבַּיִת וּמַייְרֵי שֶׁאוֹתוֹ בַּיִת פָּתוּחַ לְצַד אַחֵר וְאֵינוֹ רָגִיל בַּמָּבוֹי וּלְכָךְ. אֵין הַמָּבוֹי נִיתָּר בְּלֶחִי וְקוֹרָה מִשּׁוּם בַּיִת אֶלָּא מִשּׁוּם חֻורְבָּה וּמַייְרֵי שַׁפִּיר הָכָא בְּחֻורְבוֹת שֶׁיֵּשׁ לָהֶם בְּעָלִים וְכֵיוָן דְּלָא דָּיְירִי בְּהוּ לָא אָסְרִי:
Le commentaire explique que les ruines n'ont pas d'autres propriétaires que les gens de ces maisons. Il en ressort qu'il tient ceci : si elles ont des propriétaires, ces propriétaires interdisent aux gens des maisons, quoiqu'ils n'interdisent pas la cour ni la ruelle qui s'ouvrent sur elles. Car nous tenons comme Rabbi Yehouda : la remise à paille n'interdit pas. Et dans notre chapitre nous tranchons aussi comme Rabbi Chimon, qui a dit : une demeure sans propriétaires ne s'appelle pas une demeure. Malgré tout, à l'intérieur, il reste interdit d'y transporter. Et à la fin de Hader (plus haut, Eruvin 74a), il l'a expliqué ainsi explicitement, au sujet de : de peur qu'on en vienne à sortir les objets des maisons vers la ruine. Il a expliqué : c'est un autre domaine, qui a des propriétaires, et elle n'a pas été associée à la ruelle, puisqu'elle n'interdit pas, comme on l'a enseigné plus haut : seul un lieu de demeure interdit, c'est-à-dire un lieu de pain ou un lieu où l'on passe la nuit. Et ce que nous permettons ici, se servir de ce qui est proche, même si le prochain y a lui aussi une part : il n'interdit pas à celui-ci, puisque celui-ci y a lui aussi une part. Tous deux sont associés dans les trois, et ils ne s'interdisent pas l'un l'autre les ruines proches, puisque pour celui-ci l'usage est aisé, et pour son prochain il est pénible. Et pour les deux balcons, à la fin de notre chapitre : ils ont fait pour l'inférieur, ils se sont retirés du supérieur, et ils n'interdisent pas le supérieur, même s'ils l'ont fait en association et qu'ils y ont une part. Et il ne paraît pas au Ri de faire, d'une demeure sans propriétaires, une demeure à demi, qui interdirait d'y transporter. Et le Ri dit : ce que nous disons à la fin de Hader, de peur qu'on en vienne à sortir les objets des maisons vers la ruine, parle d'une ruine ouverte sur une maison. On parle d'une maison ouverte de l'autre côté, dont on n'a pas l'habitude dans cette ruelle. C'est pourquoi la ruelle n'est pas permise par un poteau (lehi) et une poutre (kora) à cause de la maison, mais à cause de la ruine. Et l'on parle bien ici de ruines qui ont des propriétaires : puisqu'ils n'y habitent pas, elles n'interdisent pas.
💡 Explication

La source de Rav : Rav Nahman, au nom de Rabba bar Avouha, au nom de Rav. Deux maisons et trois ruines entre elles, sans demeure. Chacun, par sa fenêtre, se sert de la ruine proche en jetant. Le voisin, qui n'y arrive qu'en jetant à travers l'air et la brèche, ne l'interdit pas.

Rachi : en semaine il n'y a pas d'usage complet, seulement une fenêtre, donc la brèche de la cloison n'interdit pas, et l'on peut user de toute la ruine proche. On ne jette pas dans la ruine proche du voisin : lui y a une descente aisée, près de sa fenêtre.

Tossefot discute les propriétaires. Rachi semble dire qu'un propriétaire interdirait les gens des maisons, même sans habiter la ruine, alors qu'à l'intérieur le transport resterait interdit. Le Ri refuse cette demeure à demi. Des ruines qui ont des propriétaires n'interdisent pas, dès lors qu'on n'y habite pas. La fin de Hader vise une ruine ouverte sur une maison, et cette maison donne de l'autre côté : la ruelle n'est pas permise par le poteau (lehi) et la poutre (kora) à cause d'elle.

🖼️ Schéma
Deux maisons, trois ruines Chacun se sert de la ruine proche par la fenêtre. Maison A Ruine proche Jet permis Ruine du milieu Ruine proche Jet permis Maison B Le voisin n'atteint la ruine proche que par l'air. Selon Rav, cet air n'interdit pas celui qui jette depuis chez lui.
Fenêtre et jet vers la ruine proche. L'air du voisin ne l'interdit pas.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).