Eruvin 86a : L'absent qui interdit, et la cloison de la citerne

Eruvin 86a

Sougya : Le daf achève le récit de Bunyas : Rabbi fait place au fils de deux cents maneh, et Rabbi comme Rabbi Akiva honorent les riches, selon le verset lu par Rava bar Mari. La prise de main (tfisat yad) se précise : un pieu de charrue, puis la règle de l'école de Shmuel.

Un objet qu'on prend le Chabbat interdit ; un objet qu'on ne prend pas n'interdit pas. La michna suivante : celui qui quitte sa maison pour le Chabbat.

Rabbi Meir, Rabbi Yehouda, Rabbi Yossi et Rabbi Chimon divergent, et Rav tranche comme Rabbi Chimon, pour la fille seulement. Puis la citerne entre deux cours : cloison de dix tefahim, Beit Chammai en bas, Beit Hillel en haut.

Rav Houna et Rav Yehouda lisent ces hauteurs autrement, et Abaye répond par un tefah de roseaux, visible ou enfoncé. Le daf s'arrête sur la poutre de quatre qui permet dans une ruine.

Qui interdit quand il a quitté sa maison ? Michna. La maison vide reste-t-elle une demeure ? Rabbi Meir Rabbi Yehouda Rabbi Yossi Rabbi Chimon Autre ville Juif et non-Juif interdisent Autre ville Aucun des deux n'interdit Non-Juif : interdit Juif : n'interdit pas Il ne revient pas Même chez sa fille dans la même ville Écarté de son cœur La maison vide reste une demeure La maison vide ne compte plus Le non-Juif peut revenir le jour même Il a fixé le Chabbat ailleurs Rav : la halakha suit Rabbi Chimon Chez la fille, oui. Chez le fils, la bru peut le renvoyer.
Quatre avis sur la maison laissée vide. Rav suit Rabbi Chimon, chez la fille seulement.
Où s'arrêtent les roseaux ? Réponse d'Abaye à la lecture de Rav Yehouda. Les deux cloisons sont dans la citerne. Beit Chammai, selon Rav Yehouda Beit Hillel, selon Rav Yehouda eau eau 1 tefah au-dessus de l'eau 1 tefah enfoncé dans l'eau Les eaux peuvent se mêler au-delà du tefah. Le signe de la cloison suffit.
Lecture retenue de Rav Yehouda : un tefah de roseaux visible, ou un tefah enfoncé.
Quel objet fait une prise de main ? Ecole de Shmuel, rapportée par Rav Nahman. Le maître a laissé un objet dans la maison de l'habitant On peut le prendre le Chabbat On ne peut pas le prendre Pas une prise de main Il peut le jeter dehors L'habitant interdit la cour Prise de main (tfisat yad) Tevel, masse de fer, pieu L'habitant n'interdit pas
Prise de main : l'objet immobile le Chabbat retient un droit du maître. L'objet mobile, non.
1
פַּנּוּ מָקוֹם לְבֶן מָאתַיִם מָנֶה. אָמַר לְפָנָיו רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי: רַבִּי, אָבִיו שֶׁל זֶה יֵשׁ לוֹ אֶלֶף סְפִינוֹת בַּיָּם, וּכְנֶגְדָּן אֶלֶף עֲיָירוֹת בַּיַּבָּשָׁה. אָמַר לוֹ: לִכְשֶׁתַּגִּיעַ אֵצֶל אָבִיו אֱמֹור לוֹ: אַל תְּשַׁגְּרֵהוּ בַּכֵּלִים הַלָּלוּ לְפָנַי.

Faites place au fils de deux cents maneh. Rabbi Yichmael, fils de Rabbi Yossi, dit devant lui : Rabbi, le père de celui-ci a mille navires en mer, et en regard mille villes sur la terre ferme.

Il lui dit : Quand tu arriveras chez son père, dis-lui : ne l'envoie pas devant moi dans ces ustensiles-là.

📜 Rachi (3)
פַּנּוּ מָקוֹם לְבֶן מָאתַיִם מָנֶה כְּלוֹמַר מָקוֹם חָשׁוּב יוֹתֵר בֵּין גְּדוֹלִים לְפִי כְּבוֹד עָשְׁרוֹ:
C'est-à-dire une place plus importante parmi les grands, selon l'honneur de sa richesse.
אָבִיו שֶׁל זֶה בּוּנְיָיס:
Bunyas.
בַּכֵּלִים הַלָּלוּ בִּבְגָדִים הַלָּלוּ שֶׁאֵין נִרְאֶה עָשִׁיר כָּל כָּךְ:
Dans ces vêtements-là, où il ne paraît pas si riche.
💡 Explication

Suite du récit de Bunyas, commencé à la fin de 85b. Rabbi avait fait place au fils de cent maneh. Ici, il fait place au fils de deux cents maneh.

Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi rappelle la fortune du père : mille navires, mille villes. Rabbi répond qu'on le prévienne : qu'il n'envoie pas son fils dans ces vêtements, où la richesse ne se voit pas. Rachi lit כלים, ustensiles, comme des habits.

2
רַבִּי מְכַבֵּד עֲשִׁירִים. רַבִּי עֲקִיבָא מְכַבֵּד עֲשִׁירִים. כִּדְדָרֵשׁ רָבָא בַּר מָרִי: ״יֵשֵׁב עוֹלָם לִפְנֵי אֱ-לֹהִים חֶסֶד וֶאֱמֶת מַן יִנְצְרֻהוּ״ — אֵימָתַי יֵשֵׁב עוֹלָם לִפְנֵי אֱ-לֹהִים? בִּזְמַן שֶׁחֶסֶד וֶאֱמֶת מַן יִנְצְרֻהוּ.

Rabbi honore les riches. Rabbi Akiva honore les riches.

Comme l'a exposé Rava bar Mari : Le monde siège devant Hachem, bonté et vérité, le man le préservera. Quand le monde siège-t-il devant Hachem ?

Quand la bonté et la vérité, le man, le préservent.

📜 Rachi (2)
אֵימָתַי יָשַׁב עוֹלָם בִּזְמַן שֶׁיֵּשׁ בּוֹ עֲשִׁירִים שֶׁגּוֹמְלִין וּמְזַמְּנִין מְזוֹנוֹת לַעֲנִיִּים וְהֵם יִנְצְרוּהוּ:
Quand il s'y trouve des riches qui rendent le bien et invitent des aliments pour les pauvres, et ce sont eux qui le préservent.
מִן לְשׁוֹן מְזוֹנוֹת:
Langage d'aliments (mezonot).
🪔 Ben Yehoyada (2)
רַבִּי, מְכַבֵּד עֲשִׁירִים, וְרַבִּי עֲקִיבָא, מְכַבֵּד עֲשִׁירִים. אַף עַל גַּב דְּרַבִּי עֲקִיבָא קָדִים לְרַבִּי, נָקֵיט לְרַבִּי בְּרֵישָׁא מִשּׁוּם דְּגַבֵּי רַבִּי הָוֵי חִידּוּשׁ טְפֵי, שֶׁהָיָה לוֹ עֹושֶׁר גָּדוֹל וּנְשִׂיאוּת מֵאֲבוֹתָיו וַאֲבוֹת אֲבוֹתָיו.
Rabbi honore les riches, et Rabbi Akiva honore les riches. Bien que Rabbi Akiva précède Rabbi, il cite Rabbi en premier, parce que chez Rabbi la chose est plus neuve : il tenait une grande richesse et la nessiout (la charge de nassi) de ses pères et des pères de ses pères.
אֵימָתַי "יֵשֵׁב עוֹלָם לִפְנֵי אֱ-לֹהִים"? בִּזְמַן שֶׁ"חֶסֶד וֶאֱמֶת מַן יִנְצְרֻהוּ" (תְּהִלִּים סא, ח). נִרְאֶה לִי בס"ד לִפְנֵי אוֹתִיּוֹת 'אֱלֹקִים' יֵשׁ אוֹתִיּוֹת 'במוכ"ן' לִרְמֹוז כִּי כַּאֲשֶׁר בָּרָא אֱלֹקִים אֶת הַטֶּבַע [86] שֶׁהוּא מִסְפַּר שֵׁם אֱלֹקִים [86] , עָשָׂה הקב"ה כֹּחַ הֲכָנָה בְּכָל הַנִּבְרָאִים לְהוֹצִיא פְּרִי בְּכָל שָׁנָה עַד סוֹף הָעוֹלָם, וְלָכֵן גַּם בָּאָרֶץ נָתַן כֹּחַ מִשֵּׁשֶׁת יְמֵי בְּרֵאשִׁית שֶׁתּוֹצִיא יְבוּלָהּ בְּכָל שָׁנָה וְשָׁנָה עַד הַסּוֹף כָּל הַדּוֹרוֹת. נִמְצָא מַה שֶׁזּוֹרְעִין בָּאָרֶץ קַב וּמוֹצִיאָהּ שְׁנֵי קַבִּים, מוֹצִיאָה הַבְּרָכָה מִן הַכֹּחַ הַנָּתוּן בְּתוֹכָהּ בְּפִקָּדוֹן מִשֵּׁשֶׁת יְמֵי בְּרֵאשִׁית, וְלָכֵן בַּעֲבוּר פּוֹסְקֵי צְדָקָה וְאֵינָם נוֹתְנִים, וּבַעֲבוּר בִּיטּוּל תְּרוּמוֹת וּמַעַשְׂרוֹת יִהְיֶה עֲצִירַת גְּשָׁמִים, מִדָּה כְּנֶגֶד מִדָּה, אִם זֶה לֹא נָתַן הַצְּדָקָה וּתְרוּמָה וּמַעֲשֵׂר שֶׁהֵם בְּפִקָּדוֹן אֶצְלוֹ, אָז גַּם הָאָרֶץ לֹא תִּתֵּן כֹּחַ הַמֻּופְקָד בְּתוֹכָהּ. וְזֶהוּ שֶׁדָּרַשׁ אֵימָתַי ' יֵשֵׁב עוֹלָם לִפְנֵי אֱ-לֹהִים '? דְּהַיְינוּ יִתְייַשֵּׁב וְיִבְנֶה בְּמוּכָן לוֹ אֲשֶׁר נִרְמַז לִפְנֵי אוֹתִיּוֹת שֵׁם אֱלֹקִים הוּא כַּאֲשֶׁר חֶסֶד וֶאֱמֶת מַן יִנְצְרֻהוּ . וְהִנֵּה רַשִׁ"י זַ"ל פֵּירֵשׁ 'מִן' לְשׁוֹן מְזוֹנוֹת. וְנִרְאֶה לִי בס"ד מָן קָאֵי עַל מָן שֶׁיָּרַד לְיִשְׂרָאֵל בַּמִּדְבָּר, וְהַכַּוָּנָה שֶׁיַּעֲשׂוּ הָעֲשִׁירִים חֶסֶד עִם הָעֲנִיִּים בְּכָבוֹד וּנְקִיּוּת כְּמוֹ מָן שֶׁיָּרַד לְיִשְׂרָאֵל בְּכָבוֹד וּנְקִיּוּת. גַּם עוֹד כְּמוֹ מִן שֶׁאָכְלוּ יִשְׂרָאֵל שֶׁהוּא נָקִי מֵחֲמַס וְגֶזֶל כֵּן הַצְּדָקָה יַעֲשׂוּהָ בְּמָמוֹן נָקִי. גַּם עוֹד כְּמוֹ שֶׁהָיוּ לוֹקְטִים אֶת הַמָּן בְּלִי טֹורַח כֵּן הָעֲנִיִּים יְקַבְּלוּ הַצְּדָקָה בְּלִי טֹורַח.
Quand le monde siège-t-il devant אֱ-לֹהִים ? Quand bonté et vérité, le man, le préservent (Tehilim 61, 8). Il me semble, avec l'aide du Ciel : devant les lettres du nom אֱ-לֹהִים se trouvent les lettres במוכן, pour indiquer que, lorsque אֱ-לֹהִים créa la nature, dont le compte est 86, qui est le compte de ce nom, 86, le Saint, béni soit-Il, a mis dans toutes les créatures une force de préparation, pour qu'elles produisent un fruit chaque année jusqu'à la fin du monde. C'est pourquoi Il a aussi mis dans la terre, dès les six jours du commencement, une force pour qu'elle sorte sa récolte chaque année, jusqu'à la fin de toutes les générations. Il en résulte que ce qu'on sème en terre, un kav, et qu'elle en sort deux kav, elle sort la bénédiction de la force déposée en elle en dépôt depuis les six jours du commencement. C'est pourquoi, à cause de ceux qui fixent une aumône et ne la donnent pas, et à cause de l'annulation des prélèvements (terouma) et des dîmes (maaser), il y aura une retenue des pluies, mesure pour mesure : si celui-ci n'a pas donné l'aumône, le prélèvement et la dîme, qui sont en dépôt chez lui, alors la terre, elle aussi, ne donnera pas la force déposée en elle. Et c'est ce qu'il a exposé : quand le monde siège-t-il devant אֱ-לֹהִים ? C'est-à-dire qu'il s'établit et se bâtit avec ce qui lui est préparé, indiqué devant les lettres du nom, lorsque bonté et vérité, le man, le préservent. Or Rachi, zal, a expliqué מן dans le sens d'aliments. Et il me semble, avec l'aide du Ciel, que מן porte sur la manne (man) descendue pour Israël dans le désert. L'intention : les riches feront la bonté envers les pauvres dans l'honneur et la propreté, comme la manne descendue pour Israël dans l'honneur et la propreté. De plus, comme la manne qu'Israël a mangée, nette de violence et de vol, ainsi feront-ils l'aumône avec un argent net. De plus, comme on ramassait la manne sans peine, ainsi les pauvres recevront l'aumône sans peine.
💡 Explication

La place faite au riche s'explique ainsi : Rabbi et Rabbi Akiva honoraient les riches.

Rava bar Mari lit Tehilim 61, 8. Le mot man reste dans le verset. Rachi le lit comme des aliments (mezonot) : le monde se tient devant Hachem quand des riches nourrissent les pauvres, et que cette nourriture préserve.

Le Ben Ich Haï garde le même verset et lit man comme la manne du désert : honneur, argent net, aumône reçue sans peine.

3
רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר: כְּגוֹן יָתֵד שֶׁל מַחֲרֵישָׁה.

Rabba bar bar Hana a dit : par exemple un pieu de charrue.

📜 Rachi (1)
כְּגוֹן יָתֵד שֶׁל מַחֲרֵישָׁה קביליי"א הָוְיָא תְּפִיסַת יָד:
La cheville (kavilya) : cela fait une prise de main.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב בְּנֵי חֲבוּרָה שֶׁהָיוּ מְסֻובִּין וְקִדֵּשׁ עֲלֵיהֶם הַיּוֹם פַּת שֶׁעַל גַּבֵּי הַשֻּׁולְחָן סוֹמְכִין עָלָיו מִשּׁוּם עֵירוּב. וְאָמְרִי לַהּ מִשּׁוּם שִׁיתּוּף. אָמַר רַבָּה וְלָא פְּלִיגִי כָּאן שֶׁמְּסֻובִּין בַּבַּיִת כָּאן שֶׁמְּסֻובִּין בֶּחָצֵר. דְּתַנְיָא עֵירוּבֵי חֲצֵירוֹת בְּבַיִת שֶׁבֶּחָצֵר. וְשִׁיתּוּפֵי מְבוֹאוֹת בְּחָצֵר שֶׁבַּמָּבוֹי. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י כָּל שֶׁכֵּן אִם הִנִּיחַ הַשִּׁיתּוּף בַּבַּיִת דְּעָדִיף טְפֵי וְכֵן מַשְׁמַע בִּירוּשַׁלְמִי דִּבְפֶרֶק הֲדַר פִּיסְקָא ח' דְּגָרְסִי' הָתָם עֵירוּב צָרִיךְ בַּיִת. שִׁיתּוּף מַהוּ שֶׁיְּהֵא צָרִיךְ בַּיִת. מִילְּתָא דִּשְׁמוּאֵל שִׁיתּוּף צָרִיךְ בַּיִת. וּמַסִּיק רַבִּי אָבָהוּ בְּשֵׁם ר' יוֹחָנָן שִׁיתּוּף בֵּין אֲוִיר חָצֵר בֵּין אֲוִיר מָבוֹי: רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר אִם יֵשׁ שָׁם תְּפִיסַת יָד וְכוּ'. ה"ד תְּפִיסַת יָד. אָמַר ר' חֲנִינָא כְּגוֹן חָצֵר שֶׁל בֶּן בּוֹנְיוּס. פֵּירוּשׁ בֶּן בּוֹנְיוּס הָיָה עָשִׁיר וְכָל בַּיִת שֶׁהָיָה בַּחֲצֵירוֹ הָיָה לוֹ בָּהּ סְחוֹרָה וּמִינֵי פְּרַקְמַטְיָא: רַבָּה בַּר חַיָּיא אָמַר אֲפִילּוּ יָתֵד שֶׁל מַחֲרֵישָׁה. אָמַר רַב נַחְמָן הָנֵי דְּבֵי שְׁמוּאֵל תָּנוּ דָּבָר הַנִּיטָּל בְּשַׁבָּת אוֹסֵר וְשֶׁאֵין נִיטָּל בְּשַׁבָּת אֵינוֹ אוֹסֵר. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי יֵשׁ לוֹ טֶבֶל וַעֲשָׁשִׁית וְכָל דָּבָר שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל בְּשַׁבָּת אֵינוֹ אוֹסֵר:
Guemara. Rav Yehouda a dit que Rav a dit : des gens d'une compagnie qui étaient attablés, et le jour s'est sanctifié sur eux, le pain qui est sur la table, on s'appuie dessus au titre d'erouv. Et d'autres disent : au titre de shitouf. Rabba a dit : et ils ne divergent pas. Ici, des attablés dans la maison. Ici, des attablés dans la cour. Car on a enseigné : les erouv de cours, dans une maison qui est dans la cour. Et les shitouf de mavoi, dans une cour qui est dans le mavoi. Rachi a expliqué : à plus forte raison s'il a déposé le shitouf dans la maison, car c'est préférable. Et ainsi il ressort du Yerouchalmi, au chapitre Ha-dar, pisqa 8, où l'on lit : l'erouv a besoin d'une maison. Le shitouf, a-t-il besoin d'une maison ? Parole de Shmuel : le shitouf a besoin d'une maison. Et Rabbi Abahou conclut au nom de Rabbi Yo'hanan : le shitouf, que ce soit l'air d'une cour ou l'air d'un mavoi. Rabbi Yehouda dit : s'il y a là une prise de main, et la suite. Quelles sont les circonstances d'une prise de main ? Rabbi Hanina a dit : par exemple la cour du fils de Bunyas. Explication : le fils de Bunyas était riche, et dans chaque maison de sa cour il avait de la marchandise et des sortes de négoce. Rabba bar Hiyya a dit : même un pieu de charrue. Rav Nahman a dit : ceux de l'école de Shmuel ont enseigné : une chose qui se prend le Chabbat interdit, et ce qui ne se prend pas le Chabbat n'interdit pas. On a enseigné aussi ainsi : s'il a du tevel et une masse, et toute chose qui ne se prend pas le Chabbat, cela n'interdit pas.
💡 Explication

Retour à la prise de main (tfisat yad) de la michna précédente. Le maître laisse dans le logement un pieu de charrue. Rachi : cette cheville suffit. L'habitant compte avec la maison du maître, et il n'interdit pas la cour.

4
אָמַר רַב נַחְמָן, תַּנָּא דְּבֵי שְׁמוּאֵל: דָּבָר הַנִּיטָּל בְּשַׁבָּת — אוֹסֵר. דָּבָר שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל בְּשַׁבָּת — אֵינוֹ אוֹסֵר.

Rav Nahman a dit, un enseignant de l'école de Shmuel : une chose qui se prend le Chabbat interdit. Une chose qui ne se prend pas le Chabbat n'interdit pas.

📜 Rachi (1)
דָּבָר הַנִּיטָּל בְּשַׁבָּת אֵינוֹ תְּפִיסַת יָד וְאוֹסֵר דְּאִי בָּעֵי שְׁקִיל וְשָׁדֵי לֵיהּ לְבָרַאי:
Elle ne compte pas comme prise de main, et elle interdit, car s'il veut il la prend et la jette dehors.
💡 Explication

L'école de Shmuel borne l'exemple du pieu. L'objet qu'on peut prendre le Chabbat ne fait pas prise de main : le maître peut le sortir. L'habitant interdit alors la cour.

L'objet qu'on ne peut pas prendre reste sur place. Il fait prise de main, et l'habitant n'interdit pas.

🖼️ Schéma
Quel objet fait une prise de main ? Ecole de Shmuel, rapportée par Rav Nahman. Le maître a laissé un objet dans la maison de l'habitant On peut le prendre le Chabbat On ne peut pas le prendre Pas une prise de main Il peut le jeter dehors L'habitant interdit la cour Prise de main (tfisat yad) Tevel, masse de fer, pieu L'habitant n'interdit pas
Mobile le Chabbat : l'habitant interdit. Immobile : prise de main, il n'interdit pas.
5
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: יֵשׁ לוֹ טֶבֶל, יֵשׁ לוֹ עֲשָׁשִׁית, וְכָל דָּבָר שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל בְּשַׁבָּת — אֵינוֹ אוֹסֵר.

On a enseigné aussi ainsi : s'il a du tevel, s'il a une masse, et toute chose qui ne se prend pas le Chabbat, cela n'interdit pas.

📜 Rachi (1)
עֲשָׁשִׁיּוֹת שֶׁל בַּרְזֶל חֲתִיכוֹת גְּדוֹלוֹת:
Des masses de fer, de gros morceaux.
💡 Explication

La baraïta donne les exemples de l'objet qui ne se prend pas. Le tevel, récolte dont les prélèvements n'ont pas été séparés, reste interdit le Chabbat. La masse (ashashit) : Rachi, de gros morceaux de fer. Ces dépôts font prise de main, et l'habitant n'interdit pas.

6
מַתְנִי׳ הַמַּנִּיחַ בֵּיתוֹ וְהָלַךְ לִשְׁבּוֹת בְּעִיר אַחֶרֶת, אֶחָד נָכְרִי וְאֶחָד יִשְׂרָאֵל — הֲרֵי זֶה אוֹסֵר, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינוֹ אוֹסֵר.

Michna. Celui qui laisse sa maison et va passer le Chabbat dans une autre ville, qu'il soit non-Juif ou qu'il soit Juif, celui-ci interdit, paroles de Rabbi Meir.

Rabbi Yehouda dit : il n'interdit pas.

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' הֲרֵי זֶה אוֹסֵר דְּדִירָה בְּלֹא בְּעָלִים שְׁמָהּ דִּירָה:
Une demeure sans propriétaires s'appelle une demeure.
אֵינוֹ אוֹסֵר דְּלָאו שְׁמָהּ דִּירָה:
Elle ne s'appelle pas une demeure.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנֵי' הַמַּנִּיחַ אֶת בֵּיתוֹ וְהָלַךְ לִשְׁבּוֹת בְּעִיר אַחֶרֶת אֶחָד נָכְרִי וְאֶחָד יִשְׂרָאֵל אוֹסֵר דִּבְרֵי ר"מ. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר אֶחָד נָכְרִי וְאֶחָד יִשְׂרָאֵל אֵינוֹ אוֹסֵר. ר' יוֹסֵי אוֹמֵר נָכְרִי אוֹסֵר וְיִשְׂרָאֵל אֵינוֹ אוֹסֵר. שֶׁאֵין דֶּרֶךְ יִשְׂרָאֵל לָבֹא בַּשַּׁבָּת. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר אַף הַמַּנִּיחַ אֶת בֵּיתוֹ וְהָלַךְ לִשְׁבּוֹת אֵצֶל בִּתּוֹ בְּאוֹתָהּ הָעִיר אֵינוֹ אוֹסֵר שֶׁכְּבָר הִסִּיעַ מִלִּבּוֹ:
Michna. Celui qui laisse sa maison et va passer le Chabbat dans une autre ville, qu'il soit non-Juif ou Juif, interdit, paroles de Rabbi Meir. Rabbi Yehouda dit : qu'il soit non-Juif ou Juif, il n'interdit pas. Rabbi Yossi dit : le non-Juif interdit, et le Juif n'interdit pas, car un Juif n'a pas coutume de venir le Chabbat. Rabbi Chimon dit : même celui qui laisse sa maison et va passer le Chabbat chez sa fille dans la même ville n'interdit pas, car il l'a déjà écarté de son cœur.
💡 Explication

Nouvelle michna. L'homme a quitté sa maison de la cour commune pour le Chabbat, dans une autre ville. La maison vide interdit-elle encore les autres ?

Rabbi Meir : oui, Juif ou non-Juif. Une demeure sans maître reste une demeure. Rabbi Yehouda : non. Une maison vide ne compte plus comme demeure.

7
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: נָכְרִי — אוֹסֵר, יִשְׂרָאֵל — אֵינוֹ אוֹסֵר, שֶׁאֵין דֶּרֶךְ יִשְׂרָאֵל לָבֹא בַּשַּׁבָּת.

Rabbi Yossi dit : un non-Juif interdit, un Juif n'interdit pas, car un Juif n'a pas coutume de venir le Chabbat.

📜 Rachi (1)
רַבִּי יוֹסֵי נָמֵי סְבִירָא לֵיהּ לָאו שְׁמָהּ דִּירָה מִיהוּ נָכְרִי אוֹסֵר שֶׁמָּא יָבֹא הַיּוֹם:
Lui aussi tient qu'elle ne s'appelle pas une demeure. Cependant le non-Juif interdit, de crainte qu'il vienne aujourd'hui.
💡 Explication

Rabbi Yossi rejoint Rabbi Yehouda sur la maison vide : elle ne compte plus comme demeure. Il sépare les personnes. Le Juif ne revient pas le Chabbat : il n'interdit pas. Le non-Juif peut revenir le jour même : il interdit.

8
רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אֲפִילּוּ הִנִּיחַ בֵּיתוֹ וְהָלַךְ לִשְׁבּוֹת אֵצֶל בִּתּוֹ בְּאוֹתָהּ הָעִיר — אֵינוֹ אוֹסֵר, שֶׁכְּבָר הִסִּיעַ מִלִּבּוֹ.

Rabbi Chimon dit : même s'il a laissé sa maison et est allé passer le Chabbat chez sa fille, dans la même ville, il n'interdit pas, car il l'a déjà écarté de son cœur.

📜 Rachi (1)
הִסִּיעַ הִסִּיחַ דִּירַת בֵּיתוֹ מִלִּבּוֹ:
Il a détourné de son cœur la demeure de sa maison.
⚖️ Rosh (1)
בָּעֵי מִינֵּיהּ אַבָּיֵי מֵרַבָּה חֲמִשָּׁה שֶׁשְּׁרוּיִים בְּחָצֵר אַחַת וְשָׁכַח אֶחָד מֵהֶם וְלֹא עֵירַב כְּשֶׁהוּא מְבַטֵּל רְשׁוּת צָרִיךְ לְבַטֵּל לְכָל אֶחָד וְאֶחָד אוֹ אֵין צָרִיךְ. א"ל צָרִיךְ לְבַטֵּל לְכָל אֶחָד וְאֶחָד. אֵיתִיבֵיהּ אֶחָד שֶׁלֹּא עֵירַב נוֹתֵן רְשׁוּתוֹ לְאֶחָד שֶׁעֵירַב. הֵיכִי דָּמֵי אִי דְּלֵיכָּא אַחֲרִינָא בַּהֲדֵיהּ. בַּהֲדֵי מַאן עֵירֵב אֶלָּא פְּשִׁיטָא דְּאִיכָּא אַחֲרִינָא בַּהֲדֵיהּ וְקָתָנֵי לְאֶחָד שֶׁעֵירַב. וְרַבָּה הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן דַּהֲוָה אַחַרְיַנָא בַּהֲדֵיהּ וּמִית. וְהִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ: בָּעֵי מִינֵּיהּ רָבָא מֵרַב נַחְמָן יוֹרֵשׁ מַהוּ שֶׁיְּבַטֵּל רְשׁוּת. וּמַיְירֵי כְּשֶׁלֹּא עֵירֵב אָבִיו. דְּאִי עֵירֵב לֹא אָסַר יוֹרֵשׁ עָלָיו כִּדְתַנְיָא לְקַמָּן אֶחָד מִבְּנֵי חָצֵר שֶׁמֵּת וְהִנִּיחַ רְשׁוּתוֹ לְאֶחָד מִן הַשּׁוּק מִשֶּׁחָשֵׁיכָה אֵין אוֹסֵר. דְּשַׁבָּת כֵּיוָן דְּהֻותְּרָה הֻותְּרָה. וּמַייְרֵי כְּשֶׁבָּא הַיּוֹרֵשׁ לָדוּר בְּבֵית אָבִיו בְּשַׁבָּת. דְּאִי לֹא בָּא לָא הֲוָה אוֹסֵר דקי"ל כר"ש דְּאָמַר דַּף פּוֹ. אִם הִנִּיחַ בֵּיתוֹ וְהָלַךְ לִשְׁבּוֹת אֵצֶל בִּתּוֹ אֵינוֹ אוֹסֵר. וּמִיהוּ אִי הֲוָה דָּיַיר הַיּוֹרֵשׁ בֶּחָצֵר בְּבַיִת א' אוֹסֵר עֲלֵיהֶן אע"פ שֶׁלֹּא נִכְנַס לָדוּר בְּבֵית אָבִיו כֵּיוָן שֶׁהוּא בֶּחָצֵר וְרָאוּי לְהִשְׁתַּמֵּשׁ בּוֹ חָשְׁבִינַן כְּאִילּוּ נִכְנַס לָדוּר בַּבַּיִת וְאוֹסֵר עֲלֵיהֶן כֵּיוָן שֶׁלֹּא עֵירְבוּ. ואע"פ שֶׁהַיּוֹרֵשׁ עֵירֵב עִמָּהֶן אֵין אוֹתוֹ עֵירוּב מוֹעִיל לְבַיִת שֶׁיּוֹרֵשׁ בְּשַׁבָּת. כִּדְתָנֵי' לְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף ע:) אֶחָד מִבְּנֵי הַשּׁוּק שֶׁמֵּת וְהִנִּיחַ רְשׁוּתוֹ לְאֶחָד מִבְּנֵי הֶחָצֵר מִבְּעוֹד יוֹם אֵינוֹ אוֹסֵר. דְּמַה שֶׁעֵירֵב בּוֹ בְּאוֹתוֹ חָצֵר עַל הַבַּיִת שֶׁדָּר בּוֹ מְהַנֵּי נָמֵי לְבַיִת שֶׁיָּרַשׁ מִבְּעוֹד יוֹם מִשֶּׁחֲשֵׁכָה אוֹסֵר ואע"פ שֶׁעֵירֵב לָא מְהַנְּיָא עֵירוּב לְאוֹתוֹ בַּיִת שֶׁיָּרַשׁ בְּשַׁבָּת. אֲבָל אֵין לְפָרֵשׁ כְּשֶׁהַיּוֹרֵשׁ הָיָה דָּר עִם אָבִיו. דא"כ אִי בָּעֵי לְעָרוֹבֵי מֵאֶתְמוֹל מָצֵי לְעָרֵב קָרֵינַן בֵּיהּ אע"פ שֶׁלֹּא זִיכָּה לְאָבִיו כִּדְאָמַר לְעֵיל בְּפֶרֶק מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (עֵירוּבִין דַּף מט:) חֲמִשָּׁה שֶׁגָּבוּ אֶת עֵירוּבָן כְּשֶׁהֵן מוֹלִיכִין אֶת הָעֵירוּב לְמָקוֹם אַחֵר אֶחָד מוֹלִיךְ עַל יְדֵי כֻּולָּם. אַף אִם לָקַח פַּת מִשֶּׁלּוֹ וְהוֹלִיךְ לִמְקוֹם הַשִּׁיתּוּף מוֹעִיל לְכֻולָּם כִּדְפָרֵישִׁית הָתָם דִּשְׁלִיחוּת דְּכֻולְּהוּ קָעֲבִיד הוֹאִיל וְעֵירְבוּ יַחַד. כָּל שֶׁכֵּן שְׁנַיִם הַדָּרִים בְּבַיִת אֶחָד. וְעוֹד תְּנַן לְקַמָּן בְּפִירְקִין (עֵירוּבִין דַּף עב.) חָמֵשׁ חֲבוּרוֹת שֶׁשָּׁבְתוּ בִּטְרַקְלִין אֶחָד ב"ה אוֹמֵר עֵירוּב אֶחָד לְכֻולָּן. וּמֵהָא דְּאָמַר לְעֵיל (עֵירוּבִין דַּף סד.) שְׂכִירוֹ וּלְקִיטוֹ נוֹתֵן עֵירוּבוֹ וְדַיּוֹ אֵין רְאָיָה לְכָאן דְּדִלְמָא הָנֵי מִילֵּי בְּנָכְרִי דְּדִירָתוֹ לָא חֲשִׁיב כָּל כָּךְ אֲבָל בְּיִשְׂרָאֵל לֹא. א"ל אֲנִי אוֹמֵר מְבַטֵּל. וּדְבֵי שְׁמוּאֵל תָּנֵי אֵין מְבַטֵּל. וְהִלְכְתָא כְּרַב נַחְמָן דְּאָמַר מְבַטֵּל: מֵאֵימָתַי נוֹתְנִין רְשׁוּת. ב"ש אוֹמְרִים מִבְּעוֹד יוֹם וב"ה אוֹמְרִים מִשֶּׁתֶּחְשַׁךְ. וּמִי שֶׁנָּתַן רְשׁוּת וְהוֹצִיא בֵּין בְּשׁוֹגֵג בֵּין בְּמֵזִיד אוֹסֵר דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר בְּמֵזִיד אוֹסֵר בְּשׁוֹגֵג אֵין אוֹסֵר: בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי ב"ש סָבְרִי בִּיטּוּל רְשׁוּתָא מִיקְנָא רְשׁוּת הוּא וּמִיקְנָא בְּשַׁבָּת אָסוּר. בּ"ה סָבְרִי בִּיטּוּל רְשׁוּתָא אִיסְתְּלוֹקֵי רְשׁוּת הוּא וְאִיסְתְּלוֹקֵי רְשׁוּת בְּשַׁבְּתָא שַׁפִּיר דָּמֵי:
Abaye a demandé à Rabba : cinq qui habitent dans une même cour, et l'un d'eux a oublié et n'a pas fait d'erouv. Quand il annule son droit, doit-il annuler envers chacun, ou cela ne lui est-il pas demandé ? Il lui a dit : il doit annuler envers chacun. Il lui a objecté : celui qui n'a pas fait d'erouv donne son droit à l'un de ceux qui ont fait l'erouv. Comment le cas se présente-t-il ? S'il n'y a personne d'autre avec lui, avec qui a-t-il fait l'erouv ? C'est donc clair qu'il y a un autre avec lui, et l'on enseigne : à l'un de ceux qui ont fait l'erouv. Et Rabba : de quoi s'agit-il ici ? Il y avait un autre avec lui, et il est mort. Et la halakha suit Rabba. Rava a demandé à Rav Nahman : un héritier peut-il annuler un droit ? Et il s'agit du cas où son père n'a pas fait d'erouv. Car si le père a fait l'erouv, l'héritier n'interdit pas à sa place, comme on enseigne plus loin : l'un des habitants de la cour est mort et a laissé son droit à l'un de ceux du marché après la tombée de la nuit, il n'interdit pas. Car le Chabbat, une fois permis, reste permis. Et il s'agit du cas où l'héritier vient habiter dans la maison de son père le Chabbat. Car s'il ne vient pas, il n'interdirait pas, puisque nous tenons comme Rabbi Chimon, qui a dit au daf 86 : s'il a laissé sa maison et est allé passer le Chabbat chez sa fille, il n'interdit pas. Cependant, si l'héritier habitait dans la cour, dans une autre maison, il leur interdit, bien qu'il ne soit pas entré habiter dans la maison de son père : puisqu'il est dans la cour et apte à s'en servir, nous le comptons comme entré habiter dans la maison, et il leur interdit, puisqu'ils n'ont pas fait d'erouv. Et bien que l'héritier ait fait l'erouv avec eux, cet erouv ne sert pas pour la maison qu'il hérite le Chabbat. Comme on enseigne plus loin (Eruvin 70b) : l'un de ceux du marché est mort et a laissé son droit à l'un des habitants de la cour de jour, il n'interdit pas. Car l'erouv qu'il a fait dans cette cour, pour la maison où il habitait, sert aussi pour la maison héritée de jour. Après la tombée de la nuit, il interdit, et bien qu'il ait fait l'erouv, l'erouv ne sert pas pour cette maison héritée le Chabbat. On ne lira pas le cas comme si l'héritier habitait avec son père. S'il en était ainsi, voulait-il faire l'erouv la veille, il le pouvait : on appliquerait à son sujet la règle, bien qu'il n'ait pas fait acquérir sa part à son père, comme on a dit plus haut au chapitre Mi she-hotsi'ouhou (Eruvin 49b) : cinq qui ont collecté leur erouv, quand ils portent l'erouv ailleurs, l'un porte au nom de tous. Même s'il a pris de son propre pain et l'a porté au lieu du shitouf, cela sert pour tous, comme je l'ai expliqué là-bas : il accomplit la mission de tous, puisqu'ils ont fait l'erouv ensemble. À plus forte raison deux qui habitent dans une même maison. Et de plus, nous avons appris plus loin dans notre chapitre (Eruvin 72a) : cinq compagnies qui ont passé le Chabbat dans un même triclinium, Beit Hillel dit : un seul erouv pour toutes. Et de ce qu'on a dit plus haut (Eruvin 64a), son salarié et son moissonneur donnent leur erouv et cela suffit, rien ne se prouve pour ici : ces paroles visent peut-être le non-Juif, dont la demeure compte peu. Pour un Juif, on ne les applique pas. Il lui a dit : moi, je dis qu'il annule. Et l'école de Shmuel enseigne : il n'annule pas. Et la halakha suit Rav Nahman, qui a dit : il annule. À partir de quand donne-t-on le droit ? Beit Chammai disent : de jour. Beit Hillel disent : dès la tombée de la nuit. Et celui qui a donné le droit puis a sorti, par inadvertance ou volontairement, interdit, paroles de Rabbi Meir. Rabbi Yehouda dit : volontairement il interdit, par inadvertance il n'interdit pas. Sur quoi divergent-ils ? Beit Chammai tiennent que l'annulation du droit est une acquisition de droit, et acquérir le Chabbat est interdit. Beit Hillel tiennent que l'annulation du droit est un retrait du droit, et retirer un droit le Chabbat convient.
💡 Explication

Rabbi Chimon va plus loin. Même dans la même ville, où il pourrait revenir à pied, celui qui est allé chez sa fille n'interdit pas. Il a écarté de son cœur (hessia mi-libo) la demeure de sa maison, et il a fixé son Chabbat ailleurs.

9
גְּמ׳ אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן. וְדַוְקָא בִּתּוֹ, אֲבָל בְּנוֹ — לֹא. דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי: נִבַּח בָּךְ כַּלְבָּא — עוֹל, נִבַּח בָּךְ גֻּורְייָתָא — פּוּק.

Guemara. Rav a dit : la halakha suit Rabbi Chimon.

Et précisément chez sa fille, mais chez son fils, non. Comme les gens disent : un chien aboie contre toi, entre ; une chienne aboie contre toi, sors.

📜 Rachi (3)
גְּמ' וְדַוְקָא בִּתּוֹ דַּעֲבִיד אִינִישׁ דְּדָייַר אֵצֶל חֲתָנוֹ אֲבָל בְּנוֹ אֵין אָדָם מַסִּיחַ דַּעְתּוֹ מִבֵּיתוֹ לָדוּר אֵצֶל כַּלָּתוֹ שֶׁמָּא תִּתְקוֹטֵט וְיֵצֵא:
Car un homme a coutume d'habiter chez son gendre. Mais chez son fils, un homme n'écarte pas son esprit de sa maison pour habiter chez sa bru, de crainte qu'elle se querelle et qu'il sorte.
כַּלְבָּא זָכָר כְּגוֹן חֲתָנוֹ:
Un mâle, par exemple son gendre.
גֻּורְייָתָא נְקֵבָה כְּגוֹן כַּלָּתוֹ:
Une femelle, par exemple sa bru.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' אָמַר רַב הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן וְדִקְוָא אֵצֶל בִּתּוֹ אֲבָל אֵצֶל בְּנוֹ לֹא. כִּדְאָמְרִי אִינָשֵׁי נְבַח בָּךְ כַּלְבָּא עוּל. נְבַח בָּךְ גּוּרַיְיתָא פּוֹק. אִם חָזַר לְבֵיתוֹ בְּשַׁבָּת י"א שֶׁאוֹסֵר וּמְבִיאִין רְאָיָה מִנָּכְרִי דְּכִי לֵיתֵיהּ לֹא אָסַר וְכִי אִיתֵיהּ אָסַר. וְעוֹד מִמְּבַטֵּל רְשׁוּת שֶׁאִם חָזַר וְהוֹצִיא אוֹסֵר. וְלִי נִרְאֶה כֵּיוָן דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן לָא שָׁרֵי אֶלָּא מִשּׁוּם דִּמְסַיֵּעַ מִלִּבּוֹ וּבְוַדַּאי לֹא יַחֲזֹור ה"ל שַׁבָּת שֶׁהֻותַּר וְשׁוּב לֹא תֵּיאָסֵר. וְלָא דָּמֵי לְנָכְרִי שֶׁהָיָה עָתִיד לָבֹא בְּשַׁבָּת. וּמְבַטֵּל רְשׁוּת כֵּיוָן שֶׁחָזַר וְהֶחֱזִיק הוּא בַּמָּבוֹי קֹודֶם שֶׁהֶחֱזִיקוּ בְּנֵי מָבוֹי בְּוַדַּאי לֹא הִסִּיעַ מִלִּבּוֹ. וְכֵן מָצָאתִי מִשֵּׁם הָרָאָבָ"ד זַ"ל. וְנִרְאֶה דַּהֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה דְּנָכְרִי אֵין אוֹסֵר כִּי לֵיתֵיהּ דְּאָמַר שְׁמוּאֵל. הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה כָּל מָקוֹם שֶׁשָּׁנָה בְּעֵירוּבִין. וְרִיבָּ"ל אָמַר הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּעֵירוּב. ואע"ג דְּקַייְמָא לָן ר' יְהוּדָה וְר' יוֹסֵי הֲלָכָה כְּר' יוֹסֵי הַאי כְּלָלָא הוּא וְהֵיכָא דְּאַשְׁכְּחַן אָמוֹרָא דְּפָרֵיט בְּהֶדְיָא הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה מְקַיְּימִין כְּלָלָא בִּשְׁאָר פְּלֻוגְתַּייְהוּ:
Guemara. Rav a dit : la halakha suit Rabbi Chimon, et précisément chez sa fille, mais chez son fils, non. Comme les gens disent : un chien aboie contre toi, entre. Une chienne aboie contre toi, sors. S'il est revenu à sa maison le Chabbat, il y en a qui disent qu'il interdit. Ils apportent une preuve du non-Juif : absent, il n'interdit pas ; présent, il interdit. Et encore, de celui qui annule son droit : s'il est revenu et a sorti, il interdit. Et à moi il paraît : Rabbi Chimon ne permet qu'en raison de l'écart du cœur, et à coup sûr il ne reviendra pas. C'est donc un Chabbat qui a été permis, et il ne redevient plus interdit. Le cas ne ressemble pas au non-Juif, qui devait venir le Chabbat. Et celui qui annule son droit, puisqu'il est revenu et a pris le mavoi avant que les gens du mavoi ne le prennent, à coup sûr il ne l'avait pas écarté de son cœur. Et ainsi je l'ai trouvé au nom du Raavad, zal. Et il paraît que la halakha suit Rabbi Yehouda : le non-Juif n'interdit pas quand il est absent, car Shmuel a dit : la halakha suit Rabbi Yehouda partout où il a enseigné dans Erouvin. Et Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : la halakha suit les paroles de celui qui est indulgent en matière d'erouv. Et bien que nous tenions, entre Rabbi Yehouda et Rabbi Yossi, que la halakha suit Rabbi Yossi, cette règle reste une règle : là où un amora détaille explicitement que la halakha suit Rabbi Yehouda, nous maintenons la règle pour le reste de leurs divergences.
💡 Explication

Rav tranche comme Rabbi Chimon, avec une limite. Chez la fille, on reste : le gendre peut protester, on entre quand même. Chez le fils, la bru peut chasser le beau-père. Il n'a donc pas vraiment quitté sa propre maison, et il interdit.

Rachi lit le proverbe : le chien mâle est le gendre, la chienne est la bru.

🖼️ Schéma
Fille ou fils ? Rav suit Rabbi Chimon pour la fille seulement. Chez sa fille Chez son fils Le gendre aboie : on entre On reste pour le Chabbat Il n'interdit pas La bru aboie : on sort On n'a pas quitté sa maison Rav : il interdit Proverbe : un chien aboie, entre. Une chienne aboie, sors.
Chez la fille, on reste. Chez le fils, la bru peut le faire sortir.
10
מַתְנִי׳ בּוֹר שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת — אֵין מְמַלְּאִין מִמֶּנּוּ בַּשַּׁבָּת, אֶלָּא אִם כֵּן עָשׂוּ לוֹ מְחִיצָּה גָבוֹהַּ עֲשָׂרָה טְפָחִים, בֵּין מִלְּמַטָּה, בֵּין מִתּוֹךְ אָוגְנוֹ.

Michna. Une citerne entre deux cours : on n'en puise pas le Chabbat, sauf s'ils lui ont fait une cloison haute de dix tefahim, que ce soit par le bas, ou depuis l'intérieur de son rebord.

📜 Rachi (4)
מַתְנִי' בּוֹר שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת חֶצְיוֹ בְּזוֹ וְחֶצְיוֹ בְּזוֹ:
Moitié dans celle-ci et moitié dans celle-là.
אֵין מְמַלְּאִין הֵימֶנּוּ שֶׁזֶּה מְמַלֵּא מֵרְשׁוּת חֲבֵירוֹ אא"כ כו':
Car celui-ci puise du domaine de son compagnon, sauf si, et la suite.
בֵּין מִלְּמַטָּה בַּגְּמ' מְפָרֵשׁ:
La guemara l'explique.
בֵּין מִתּוֹךְ אָוגְנוֹ אע"פ שֶׁאֵינָהּ נוֹגַעַת בַּמַּיִם קַל הוּא שֶׁהֵקֵילּוּ חֲכָמִים בַּמַּיִם דְּאָמַר בֵּיהּ גּוּד אַחִית לַמְּחִיצָּה וּבִלְבַד שֶׁתְּהֵא בְּתוֹךְ אֹוגֶן הַבּוֹר שֶׁתִּרְאֶה כְּהַפְסָקָה:
Même si elle ne touche pas l'eau. C'est une légèreté : les Sages ont été indulgents pour l'eau, car on dit goud ahit, on fait descendre la cloison, pourvu qu'elle soit à l'intérieur du rebord de la citerne, de sorte qu'elle paraisse une séparation.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' בּוֹר שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת אֵין מְמַלְּאִין מִמֶּנּוּ בַּשַּׁבָּת אֶלָּא א"כ עָשׂוּ לוֹ מְחִיצָּה גָבוֹהַּ עֲשָׂרָה טְפָחִים. בֵּין מִלְּמַטָּה בֵּין מִתּוֹךְ אָוגְנוֹ. אָמַר ר"ש בֶּן גַּמְלִיאֵל בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים מִלְּמַטָּה. וב"ה אוֹמְרִים מִלְמַעְלָה. אָמַר רַבִּי יְהוּדָה לֹא תְּהֵא מְחִיצָה גְּדוֹלָה מִן הַכֹּותֶל שֶׁבֵּינֵיהֶם:
Michna. Une citerne entre deux cours : on n'en puise pas le Chabbat, sauf s'ils lui ont fait une cloison haute de dix tefahim, que ce soit par le bas ou depuis l'intérieur de son rebord. Rabban Chimon ben Gamliel a dit : Beit Chammai disent par le bas, et Beit Hillel disent par le haut. Rabbi Yehouda a dit : la cloison ne sera pas plus grande que le mur qui est entre eux.
💡 Explication

La citerne est à cheval : moitié dans une cour, moitié dans l'autre. Puiser, ce serait prendre de l'eau dans le domaine du voisin.

Une cloison de dix tefahim sépare. Elle peut être en bas, ou dans l'air du rebord (ougen), même sans toucher l'eau. Rachi : pour l'eau, les Sages appliquent goud ahit, la cloison est vue comme descendant, pourvu qu'elle soit à l'intérieur du rebord et qu'elle paraisse une séparation.

11
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים מִלְּמַטָּה, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים מִלְּמַעְלָה. אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: לֹא תְּהֵא מְחִיצָה גְּדוֹלָה מִן הַכֹּותֶל שֶׁבֵּינֵיהֶם.

Rabban Chimon ben Gamliel dit : Beit Chammai disent par le bas, et Beit Hillel disent par le haut. Rabbi Yehouda a dit : la cloison ne sera pas plus grande que le mur qui est entre eux.

📜 Rachi (1)
מִן הַכֹּותֶל שֶׁבֵּינֵיהֶם שֶׁמַּפְסֶקֶת בֵּין הַחֲצֵירוֹת וּמַפְסֶקֶת עַל פְּנֵי הַבּוֹר ואע"פ שֶׁאֵינָהּ נִכְנֶסֶת לְתוֹךְ אָוגְנוֹ:
Qui sépare les cours et sépare au-dessus de la citerne, même s'il n'entre pas à l'intérieur de son rebord.
💡 Explication

Rabban Chimon ben Gamliel rapporte un débat ancien. Beit Chammai : la cloison en bas. Beit Hillel : en haut. La guemara dira ce que ces mots visent.

Rabbi Yehouda : le mur déjà dressé entre les deux cours, qui passe au-dessus de la citerne, suffit. On n'exige pas une cloison plus forte que ce mur, même s'il n'entre pas dans le rebord.

12
גְּמָ׳ אָמַר רַב הוּנָא: לְמַטָּה — לְמַטָּה מַמָּשׁ, לְמַעְלָה — לְמַעְלָה מַמָּשׁ, וְזֶה וְזֶה בַּבּוֹר. וְרַב יְהוּדָה אָמַר: לְמַטָּה — לְמַטָּה מִן הַמַּיִם, לְמַעְלָה — לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם.

Guemara. Rav Houna a dit : en bas, réellement en bas ; en haut, réellement en haut ; et l'un et l'autre dans la citerne.

Et Rav Yehouda a dit : en bas, en dessous de l'eau ; en haut, au-dessus de l'eau.

📜 Rachi (9)
גְּמ' לְמַטָּה דְּקָאָמְרִי ב"ש:
Dont parlent Beit Chammai.
לְמַטָּה מַמָּשׁ סָמוּךְ לַמַּיִם וְאֵין צְרִיכִין רָאשֵׁי קָנִים לִיגַע בַּמַּיִם:
Près de l'eau, et les têtes des roseaux n'ont pas besoin de toucher l'eau.
לְמַעְלָה דְּקָאָמְרִי בֵּית הִלֵּל:
Dont parlent Beit Hillel.
לְמַעְלָה מַמָּשׁ סָמוּךְ מִשְּׂפָתוֹ מִלְמַעְלָה אִם יִרְצֶה דַּיּוֹ בְּכָךְ:
Près de son bord, par le haut. S'il veut, cela lui suffit.
וְזֶה וְזֶה בַּבּוֹר אֲפִילּוּ לְב"ה צָרִיךְ שֶׁתְּהֵא כָּל מְחִיצַּת עֲשָׂרָה מֵאֹוגֶן הַבּוֹר וְלִפְנִים:
Même pour Beit Hillel, il faut que toute la cloison de dix soit depuis le rebord de la citerne vers l'intérieur.
וְרַב יְהוּדָה אָמַר לְמַטָּה דב"ש:
De Beit Chammai.
לְמַטָּה מִן הַמַּיִם שֶׁתְּהֵא הַמְּחִיצָּה תְּחוּבָה בְּקַרְקָעִית הַבּוֹר:
Que la cloison soit fichée dans le fond de la citerne.
לְמַעְלָה דב"ה:
De Beit Hillel.
לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם וּבְהָא מְקִילִּי שֶׁאֵין קָנִים צְרִיכִין לִיגַע בַּמַּיִם אֲבָל לְמַעְלָה מַמָּשׁ לֹא מַעֲלֶה דְּרַב יְהוּדָה הוּא מַטֵּה דְּרַב הוּנָא:
Et en cela ils sont indulgents : les roseaux n'ont pas besoin de toucher l'eau. Mais réellement en haut, non. Le en haut de Rav Yehouda est le en bas de Rav Houna.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' אָמַר רַב הוּנָא לְמַטָּה לְמַטָּה מַמָּשׁ. לְמַעְלָה לְמַעְלָה מַמָּשׁ. וְזֶה וְזֶה בַּבּוֹר. וְרַב יְהוּדָה אָמַר לְמַטָּה לְמַטָּה מִן הַמַּיִם. כְּלוֹמַר תִּשְׁעָה טְפָחִים וְנִרְאִים רָאשֵׁי הַקָּנִים לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם טֶפַח. לְמַעְלָה לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם. וְצָרִיךְ לִשְׁקֹועַ מְחִיצַּת הַקָּנִים בְּתוֹךְ הַמַּיִם טֶפַח שֶׁלֹּא יְהֵא זֶה דּוֹלֶה מֵרְשׁוּת זֶה לִרְשׁוּת זֶה וְלֹא יְהֵא זֶה דּוֹלֶה מֵרְשׁוּת זֶה לָזֶה. וְסֻוגְייַן כְּרַב יְהוּדָה. אֶלָּא הָא דְּאָמַר רַב יְהוּדָה קוֹרָה אַרְבָּעָה מַתֶּרֶת בְּחֻורְבָּה פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י דְּרַב יְהוּדָה סָבַר כַּר' יִשְׁמָעֵאל בְּר' יוֹסֵי דְּאָמַר סֻוכָּה טז. מְחִיצָּה תְּלוּיָה מַתֶּרֶת בְּכָל מָקוֹם וְלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ. וְלָא נְהִירָא דְּהָא רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּר' יוֹסֵי לֹא הִתִּיר אֶלָּא בְּמָבוֹי אֲבָל ברה"ר לֹא וְהָכָא שָׁרִי אֲפִילּוּ בְּחֻורְבָּה הַפְּרוּצָה לִרְשׁוּת הָרַבִּים. וְעוֹד דְּקוֹרָה רְחָבָה ד' לָאו טַעְמָא מִשּׁוּם מְחִיצָּה תְּלוּיָה דְּלֵיכָּא הָכָא מִשּׁוּם מְחִיצּוֹת כְּלָל אֶלָּא מִשּׁוּם פִּי תִּקְרָה וּבְפִי תִּקְרָה לָא אַשְׁכְּחַן תַּנָּא דִּפְלִיג. וְעֵיד דְּהָא רַב אִית לֵיהּ פִּי תִּקְרָה לְקַמָּן בְּפֶרֶק כָּל גַּגּוֹת (עֵירוּבִין דַּף צ:) גַּבֵּי אַכְסַדְרָה בְּבִקְעָה וְלֵית לֵיהּ דְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בַּר רַבִּי יוֹסֵי דְּהָא אִיהוּ קָאָמַר בִּשְׁמַעְתִּין דְּאֵין מְחִיצָה תְּלוּיָה מַתֶּרֶת אֶלָּא בְּמַיִם. אֶלָּא וַדַּאי הֲלָכָה כְּרַב יְהוּדָה דְּאָמַר פִּי תִּקְרָה יוֹרֵד וְסוֹתֵם. קוֹרָה אַרְבָּעָה פֵּי' רַשִׁ"י דִּלְהָכִי נְקַט אַרְבָּעָה דְּאִי אָמְרַתְּ חוֹדָיו יוֹרְדִין וְסוֹתְמִין יֵשׁ בֵּין חֲלַל הַמְּחִיצּוֹת אַרְבָּעָה דִּמְחִיצָּה הָעֲשׂוּיָה לְחַלֵּל פָּחוֹת מֵאַרְבָּעָה לָאו מְחִיצָּה. מַשְׁמַע דְּכִי אֵין בָּהּ אַרְבָּעָה נָמֵי אָמְרִינַן פִּי תִקְרָה יוֹרֵד וְסוֹתֵם מֵרוּחַ אַחַת אִם הָיוּ שְׁאָר הָרוּחוֹת מֻוקָּפוֹת מְחִיצָּה. מִדַּפֵּי' דְּלָא נְקַט רְחָבָה אַרְבָּעָה אֶלָּא מִשּׁוּם שֶׁיְּהֵא בַּחֲלַל הַמְּחִיצּוֹת ד' הָא אִם לֹא הָיוּ צְרִיכִים לַחֲלַל הַמְּחִיצּוֹת כְּגוֹן שֶׁהָיוּ שְׁאָר הָרוּחוֹת מֻוקָּפוֹת מְחִיצָּה אָמַר פִּי תִקְרָה יוֹרֵד וְסוֹתֵם אע"ג דְּאֵינָהּ רְחָבָה ד'. וְאִי אֶפְשָׁר לוֹמַר כֵּן שֶׁהֲרֵי הוּא עַצְמוֹ פֵּירֵשׁ קוֹרָה מֻתֶּרֶת בְּמַיִם בְּבוֹר שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת וְהַקּוֹרָה נְתוּנָה עַל רָוחְבָּהּ בָּאֶמְצַע לְמַעְלָה וְאִם אִיתָא דְּאָמַר פִּי תִּקְרָה בְּפָחוֹת מד' לָמָּה לִי קוֹרָה ד' כֵּיוָן דַּחֲצֵירוֹת מֻוקָּפוֹת מְחִיצָּה וְלָא בָּעֵי אֶלָּא לְהַפְסִיק. וְכֵן בפ"ק דַּף ח: גַּבֵּי קוֹרַת מָבוֹי דְּאָמַר קוֹרָה מִשּׁוּם הֶיכֵּר אַמַּאי לָא הָוֵי מְחִיצָּה מִשּׁוּם דְּפִי תִּקְרָה יוֹרֵד וְסוֹתֵם. וְאַמַּאי בָּעֵינַן נָמֵי אָרְכוּ יוֹתֵר עַל רָחְבּוֹ וּבָתִּים וַחֲצֵירוֹת פְּתוּחִים לְתוֹכוֹ. וּלְמַעְלָה מֵעֶשְׂרִים נָמֵי אַמַּאי יְמַעֵט. וַאֲפִילּוּ לָמֶ"ד בפ"ק שָׁם קוֹרָה מִשּׁוּם מְחִיצָּה אִית לֵיהּ נָמֵי שַׁפִּיר דְּלָא אָמַר פִּי תִקְרָה יוֹרֵד וְסוֹתֵם לְשַׁוְיָיה מְחִיצָּה מִן הַתּוֹרָה אֶלָּא בְּקוֹרָה רְחָבָה ד' אֶלָּא הָכִי פִּי' עֲשָׂאוּהָ חֲכָמִים כִּמְחִיצָה כִּי ע"י הֶיכֵּר בְּלֹא שׁוּם מְחִיצָּה לֹא הָיוּ מַתִּירִין חֲכָמִים אֶת הַמָּבוֹי אֶלָּא כְּמוֹ מְחִיצָּה דְּפִי תִּקְרָה דְּהָוְיָא דְּאוֹרָיְיתָא בְּרֹוחַב אַרְבָּעָה עֲשָׂאוֹ לְקוֹרָה טֶפַח מִדְּרַבָּנָן לְהַתִּיר מָבוֹי עַל יָדוֹ. וְהַשְׁתָּא לָא הָוֵי פֵּירוּשׁ קוֹרָה מִשּׁוּם מְחִיצָּה כְּמוֹ לֶחִי מִשּׁוּם מְחִיצָּה. דְּלֶחִי הָוֵי מְחִיצָּה דְּאוֹרָייְתָא כִּדְמוֹכַח בְּפֶרֶק קַמָּא דַּף יב: דְּאָמַר הִכְשִׁירוֹ בְּלֶחִי הַזּוֹרֵק לְתוֹכוֹ חַיָּיב. וְעוֹד דְּמִסְתַּבֵּר דְּקַייְמָא לָן דְּקוֹרָה מִשּׁוּם הֶיכֵּר דְּהָא רָבָא דְּהוּא בָּתְרָאָה וְקַיְימָא לָן כְּוָותֵיהּ לְגַבֵּי אַבַּיֵּי סָבַר בפ"ק דְּקוֹרָה מִשּׁוּם הֶיכֵּר. ואע"ג דְּקַייְמָא לָן כְּאַבַּיֵּי דְּאָמַר לֶחִי מִשּׁוּם מְחִיצָה וְלֹא כְּרָבָא דְּאָמַר מִשּׁוּם הֶיכֵּר. וּלְפִיכָךְ פָּסְקוּ כָּל רַבּוֹתֵינוּ חוּץ מֵרַבֵּינוּ תָּם כְּאַבַּיֵּי בְּלֶחִי הָעוֹמֵד מֵאֵלָיו וְטַעֲמָא דְּאַבַּיֵּי מִשּׁוּם דְּאָזֵיל לְטַעְמֵיהּ דְּאִית לֵיהּ לֶחִי מִשּׁוּם מְחִיצָּה. מִכָּל מָקוֹם בְּקוֹרָה דְּכוּלְּהוּ אָמוֹרָאֵי סָבְרִי דְּקוֹרָה מִשּׁוּם הֶיכֵּר כְּרָבָא בְּהָא הִלְכְתָא כְּרָבָא. וקי"ל כְּרַב דְּאָמַר פִּי תִּקְרָה יוֹרֵד וְסוֹתֵם אֲפִילּוּ כִּי לֵיכָּא שָׁם ג' מְחִיצּוֹת דְּהִלְכְתָא כְּרַב בְּאִיסּוּרֵי. אַלְמָא בְּקוֹרָה טֶפַח לֹא יֹאמַר פִּי תִּקְרָה יוֹרֵד וְסוֹתֵם. וְכֵן מוּכָח בְּפֶרֶק קַמָּא דְּשַׁבָּת דַּף ט. גַּבֵּי אִיסְקוּפָּה דְּקָאָמַר כְּגוֹן שֶׁקֵּירָה בִּשְׁתֵּי קוֹרוֹת וְאֵין בְּזוֹ ד' וְאֵין בְּזוֹ ד' וְאֵין בֵּין זוֹ לָזוֹ שְׁלֹשָׁה: וְאָמַר רַב נַחְמָן קוֹרָה אַרְבָּעָה מַתֶּרֶת בְּמַיִם. וְהָא קָאֲזִיל דְּלִי לְהַךְ גִּיסָא דְּקוֹרָה וּמַיְיתִי. קִים לְהוּ לְרַבָּנַן דְּאֵין דְּלִי מְהַלֵּךְ יוֹתֵר מֵאַרְבָּעָה. סוֹף סוֹף תַּחַת קוֹרָה מִיהָא עֲרִיבִי מַיָּא וְקָאֲזִיל וּמַיְיתִי מִבֵּינֵי וּבֵינֵי אֶלָּא קַל הוּא שֶׁהֵקֵילּוּ חֲכָמִים בַּמַּיִם. כִּדְרַב טַבְלָא דִּבְעָא מִינֵּיהּ רַב טַבְלָא מֵרַב מְחִיצָה תְּלוּיָה מַהוּ שֶׁתַּתִּיר בְּחֻורְבָּה. אֲמַר לֵיהּ אֵין מְחִיצָה תְּלוּיָה מַתֶּרֶת אֶלָּא בְּמַיִם קַל הוּא שֶׁהֵקֵילּוּ חֲכָמִים בַּמַּיִם. פרש"י וְלֵיתָא לִדְרַב יְהוּדָה אֶלָּא כְּרַב הוּנָא קַייְמָא לַן דְּבֵית הִלֵּל לְמַעְלָה מַמָּשׁ אָמַר. וְעַל זֶה סוֹמְכִין הָעוֹלָם שֶׁעוֹשִׂין בָּתֵּי כִּסְאוֹת עַל הַמַּיִם וְאֵין הַמְּחִיצּוֹת מַגִּיעוֹת לַמַּיִם. ואע"ג דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן בְּפִירְקִין (עֵירוּבִין דַּף פז:) גְּזֻוזְטְרָא שֶׁהִיא לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם וְעָשׂוּ לָהּ מְחִיצָה עֲשָׂרָה טְפָחִים לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לְמַלּאוֹת אֲבָל לִשְׁפֹּוךְ אָסוּר. הֲלָכָה כְּאִיכָּא דְּאָמְרִי דְּמַסִּיק לָא תֵּימָא לְמַלּאוֹת הוּא דִּשְׁרֵי אֲבָל לִשְׁפֹּוךְ אָסוּר אֶלָּא אֲפִילּוּ לִשְׁפֹּוךְ נָמֵי שָׁרִי דִּבְשֶׁל סוֹפְרִים הַלֵּךְ אַחַר הַמֵּיקֵל. וּמִיהוּ מְחִיצָּה שֶׁאֵינָהּ עֲשׂוּיָה לְשֵׁם הַמַּיִם אֶלָּא לְשֵׁם צְנִיעוּת בֵּית הַכִּסֵּא לָא מְהַנְּיָא דִּמְחִיצָּה לְשֵׁם מַיִם בָּעֵינַן. דְּלָא קַייְמָא לַן כְּרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר לֹא תְּהֵא מְחִיצָה גְּדוֹלָה מֵהַכֹּותֶל שֶׁבֵּינֵיהֶם. ואע"פ דְּגַבֵּי גְּזֻוזְטְרָא שֶׁהִיא לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם פרש"י אֶלָּא א"כ עָשׂוּ לָהּ מְחִיצָּה כָּל סְבִיבָהּ אוֹ סָבִיב הַנֶּקֶב ד' עַל ד' הֶחָקוּק בְּאֶמְצָעִיתָהּ בֵּין מִלְמַעְלָה עַל הַגְּזֻוזְטְרָא בֵּין מִלְּמַטָּה מְחֻובָּר לְהַגְּזֻוטְרָא אַלְמָא מְהַנֵּי סְבִיב הַגְּזֻוזְטְרָא אע"פ שֶׁאוֹתָהּ הַמְּחִיצָּה אֵין עֲשׂוּיָה לְשֵׁם הַמַּיִם. אִיכָּא לְמֵימַר אַף עַל פִּי דְּבָעֵינַן הָכָא זֶה וְזֶה בַּבּוֹר הַיְינוּ מִשּׁוּם דִּלְמַעְלָה לָא הָוֵי הֶיכֵּר דְּנַעֲשֵׂית בִּשְׁבִיל הַמַּיִם אֲבָל בִּגְזֻוזְטְרָא אֲפִילּוּ לְמַעְלָה הָוֵי הֶיכֵּר שֶׁעֲשׂוּיָה כְּדֵי לְמַלֹּאות הֵימֶנּוּ. דִּבְעִנְיָן אַחֵר לֹא הָיָה צָרִיךְ מְחִיצָּה אֶלָּא כְּדֵי לְהַתִּיר לִדְלוֹת מִמֶּנּוּ בְּשַׁבָּת. אֲבָל בְּבֵית הַכִּסֵּא צָרִיךְ מְחִיצָּה לִצְנִיעוּת הִלְכָּךְ צָרִיךְ לַעֲשׂוֹת מְחִיצָּה לְמַטָּה מְחֻובָּר לְבֵית הַכִּסֵּא לְשֵׁם הַמַּיִם וְהַיְינוּ לְשִׁיטַת רַשִׁ"י דְּפֵירֵשׁ דְּלָא קי"ל כְּרַב יְהוּדָה. מִיהוּ תֵּימַהּ עַל מַה שֶּׁפֵּי' רַשִׁ"י דְּסֻוגְיָא דִּשְׁמַעְתִּין דְּלָא כְּרַב יְהוּדָה דְּהָא רַב וְרַבִּי חַיָּיא וּבָרַייְתָא דְּיַעֲקֹב קַרְחִינָאָה כְּוָותֵיהּ קָייְמִי. וְגַם צָרִיךְ לוֹמַר דְּרַב יְהוּדָה דְּאָמַר קוֹרָה אַרְבָּעָה מַתֶּרֶת בְּחֻורְבָּה לֵית לֵיהּ דְּרַב נַחְמָן דְּאָמַר מַתֶּרֶת בְּמַיִם מִשּׁוּם דַּעֲרִיבִי מַיָּא. וְלִכְאוֹרָה נִרְאֶה דְּאַדְּרַבָּה רַב נַחְמָן לָא שָׁרִי אֶלָּא בְּמַיִם דְּלֵיכָּא אֶלָּא בְּקִיעַת דָּגִים אֲבָל בְּחֻורְבָּה לֹא. הִלְכָּךְ נִרְאֶה לְפָרֵשׁ קַל הוּא שֶׁהֵקֵילּוּ חֲכָמִים בַּמַּיִם בְּקוֹרָה ד' דְּמֻותָּר בְּלֹא שִׁיקּוּעַ מִשּׁוּם דְּפִי תִּקְרָה יוֹרֵד וְסוֹתֵם חֲשִׁיב טְפֵי אֲבָל בִּמְחִיצָּה תְּלוּיָה קַייְמָא לַן כְּרַב יְהוּדָה דְּבָעֵי שִׁיקּוּעַ. ור"ח זַ"ל פֵּירֵשׁ דְּקַייְמָא לָן כְּרַב יְהוּדָה דְּסֻוגְיָא דִּשְׁמַעְתִּין כְּוָתֵיהּ. וְזֶה לְשׁוֹנוֹ. רַב יְהוּדָה חָייֵשׁ שֶׁלֹּא יְהֵא מוֹלִיךְ מֵחֲצִי הַבּוֹר שֶׁהוּא רְשׁוּת חֲבֵירוֹ וְכֵן זֶה מִשֶּׁל זֶה. לְפִיכָךְ מַצְרִיךְ שֶׁיְּהוּ רָאשֵׁי הַקָּנִים בּוֹלְטִין לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם טֶפַח אוֹ חוֹצְצִים רָאשֵׁי הַקָּנִים בַּמַּיִם טֶפַח לִמְנֹועַ הַדְּלִי מִלֵּילֵךְ וְלַחְצֹוב הַמַּיִם מֵרְשׁוּת חֲבֵירוֹ. אֶלָּא הָא דְּאָמַר רַב יְהוּדָה קוֹרָה אַרְבָּעָה מַתֶּרֶת בְּחֻורְבָּה וְרַב נַחְמָן אָמַר קוֹרָה אַרְבָּעָה מַתֶּרֶת בְּמַיִם הָא קָאֲזִיל דְּלִי וּמַייְתִי מַיָּא לְאִידָךְ גִּיסָא דִּבּוּר. וּמְשַׁנֵּי קִים לְהוּ לְרַבָּנַן דְּאֵין דְּלִי מְהַלֵּךְ תּוּתֵי קוֹרָה חוּץ לְאַרְבָּעָה טְפָחִים. תּוּתֵי קוֹרָה מִיהָא עֲרִיבִי מַיָּא וְקָחֲצִיב דְּלִי מַיָּא דְּבֵינֵי וּבֵינֵי. קַל הוּא שֶׁהֵקֵילּוּ חֲכָמִים בַּמַּיִם דְּאֵין מְחִיצָה תְּלוּיָה מַתֶּרֶת אֶלָּא בְּמַיִם אע"פ שֶׁאֵין מַגַּעַת עַד הַקַּרְקַע רַק שֶׁיְּהוּ הַקָּנִים שְׁקוּעִים טֶפַח בַּבּוֹר שֶׁלֹּא יִכָּנֵס הַדְּלִי בְּהֶדְיָא לְחַלֵּק חֲבֵירוֹ. הָכָא נָמֵי כֵּיוָן דְּלָא אָזֵיל דְּלִי טְפֵי מד' טְפָחִים ואע"ג דַּעֲרִיבִי מַיָּא תּוּתֵי קוֹרָה לָא חָיְישִׁינַן. וקי"ל כְּרַב יְהוּדָה דְּסִיגְיָא דִּשְׁמַעְתִּין כְּוָותֵיהּ וְכֵן פָּסַק רַב אִלְפָּס זַ"ל כֵּיוָן דְּסֻוגְיָא כְּרַב יְהוּדָה. וְהָרָאָבָ"ד והר"ז הַלֵּוִי זַ"ל פֵּירְשׁוֹ עַל דֶּרֶךְ רַשִׁ"י. וַאֲנִי אוֹמֵר לְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל וְרַב אִלְפָּס בָּתֵּי כִּסְאוֹת סַגִּי לְהוּ בִּמְחִיצָּה תְּלוּיָה מַמָּשׁ. דְּדַוְקָא בְּבוֹר שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת מַצְרִיךְ רַב יְהוּדָה שִׁיקּוּעַ רָאשֵׁי הַקָּנִים בַּבּוֹר שֶׁלֹּא יֵלֵךְ הַדְּלִי לְהֶדְיָא לִרְשׁוּת חֲבֵירוֹ לִשְׁאֹוב מַיִם. אֲבָל בְּבֵית הַכִּסֵּא מוֹדִים דְּלָא בָּעֲיָא שִׁיקּוּעַ. דְּעָדִיף בֵּית הַכִּסֵּא מְקֹורֶה אַרְבָּעָה שֶׁמַּתֶּרֶת בְּמַיִם:
Guemara. Rav Houna a dit : en bas, réellement en bas. En haut, réellement en haut. Et l'un et l'autre dans la citerne. Et Rav Yehouda a dit : en bas, en dessous de l'eau. C'est-à-dire neuf tefahim, et les têtes des roseaux se voient au-dessus de l'eau d'un tefah. En haut, au-dessus de l'eau. Et il faut enfoncer la cloison de roseaux dans l'eau d'un tefah, afin que celui-ci ne puise pas du domaine de celui-là vers son domaine, et que celui-là ne puise pas du domaine de celui-ci vers le sien. Et notre sougya suit Rav Yehouda. Mais ce que Rav Yehouda a dit : une poutre de quatre permet dans une ruine. Rachi a expliqué que Rav Yehouda tient comme Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi, qui a dit à Soukka 16 : une cloison suspendue permet partout, et la halakha ne suit pas son avis. Et cela n'éclaire pas, car Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi n'a permis que dans un mavoi. Dans le domaine public, il n'a pas permis. Et ici il permet même dans une ruine ouverte sur le domaine public. De plus, une poutre large de quatre, la raison n'est pas une cloison suspendue : il n'y a ici aucune cloison du tout. La raison est le bord du plafond (pi ha-tikra). Et sur le bord du plafond nous n'avons pas trouvé de tanna qui diverge. Et encore, Rav tient le bord du plafond plus loin, au chapitre Kol gagot (Eruvin 90b), au sujet d'une exèdre dans la plaine, et il ne tient pas comme Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi, car lui-même dit dans notre passage qu'une cloison suspendue ne permet que dans l'eau. Donc à coup sûr la halakha suit Rav Yehouda, qui dit : le bord du plafond descend et bouche. Une poutre de quatre. Rachi a expliqué : il précise quatre pour cette raison. Si tu dis que ses bords descendent et bouchent, il y a entre le vide des cloisons quatre, car une cloison faite pour un vide de moins de quatre n'est pas une cloison. Il en ressort que, même quand elle n'a pas quatre, nous disons aussi que le bord du plafond descend et bouche d'un côté, si les autres côtés sont entourés d'une cloison. Puisqu'il a expliqué qu'il ne précise une largeur de quatre que pour qu'il y ait quatre dans le vide des cloisons, alors, si l'on n'avait pas besoin de ce vide, par exemple si les autres côtés étaient entourés d'une cloison, il dirait que le bord du plafond descend et bouche même sans largeur de quatre. Et l'on ne peut pas dire ainsi, car lui-même a expliqué qu'une poutre permet dans l'eau, dans une citerne entre deux cours, la poutre posée sur sa largeur au milieu, en haut. S'il dit le bord du plafond en dessous de quatre, pourquoi me faut-il une poutre de quatre, puisque les cours sont entourées d'une cloison et qu'on ne demande que de séparer ? De même au premier chapitre, daf 8b, au sujet de la poutre du mavoi, où il dit que la poutre est pour un signe : pourquoi ne serait-elle pas une cloison, du fait que le bord du plafond descend et bouche ? Et pourquoi exigeons-nous aussi que sa longueur dépasse sa largeur, et que des maisons et des cours s'ouvrent sur lui ? Et au-dessus de vingt, pourquoi réduirait-il aussi ? Même pour celui qui dit, au premier chapitre là-bas, que la poutre est à titre de cloison, il tient aussi qu'on ne dit le bord du plafond qui descend et bouche, pour en faire une cloison de la Torah, qu'avec une poutre large de quatre. Voici donc l'explication : les Sages l'ont faite comme une cloison. Par un signe seul, sans aucune cloison, les Sages n'auraient pas permis le mavoi. Ils l'ont traitée comme la cloison du bord du plafond, qui est de la Torah sur une largeur de quatre, et ils ont fixé la poutre à un tefah d'ordre rabbinique, pour permettre le mavoi par elle. Et maintenant, l'explication poutre à titre de cloison ne se confond pas avec poteau (lehi) à titre de cloison. Le lehi est une cloison de la Torah, comme il est prouvé au premier chapitre, daf 12b : s'il l'a rendu apte par un lehi, celui qui jette dedans est passible. De plus, il est raisonnable que nous tenions la poutre pour un signe : Rava, qui est le dernier, et nous tenons comme lui face à Abaye, tient au premier chapitre que la poutre est pour un signe. Et bien que nous tenions comme Abaye, qui a dit que le lehi est à titre de cloison, et non comme Rava qui a dit pour un signe. C'est pourquoi tous nos maîtres, hormis Rabbeinou Tam, ont tranché comme Abaye pour un lehi qui se tient de lui-même. La raison d'Abaye : il suit son principe, car il tient que le lehi est à titre de cloison. Quoi qu'il en soit, pour la poutre, tous les amoraïm tiennent qu'elle est pour un signe, comme Rava. En cela la halakha suit Rava. Et nous tenons comme Rav, qui a dit que le bord du plafond descend et bouche même quand il n'y a pas là trois cloisons, car la halakha suit Rav en matière d'interdits. Il en ressort que, pour une poutre d'un tefah, on ne dira pas que le bord du plafond descend et bouche. Et ainsi il est prouvé au premier chapitre de Chabbat, daf 9a, au sujet du seuil, où il dit : par exemple s'il a couvert de deux poutres, celle-ci sans quatre, celle-là sans quatre, et sans trois entre l'une et l'autre. Et Rav Nahman a dit : une poutre de quatre permet dans l'eau. Mais le seau va de ce côté de la poutre et ramène ! Les Sages tiennent pour établi qu'un seau ne se déplace pas de plus de quatre. En fin de compte, sous la poutre du moins les eaux se mêlent, et il va et ramène d'entre les deux. Mais c'est une légèreté : les Sages ont été indulgents pour l'eau. Comme Rav Tavla. Rav Tavla a demandé à Rav : une cloison suspendue permet-elle dans une ruine ? Il lui a dit : une cloison suspendue ne permet que dans l'eau. C'est une légèreté : les Sages ont été indulgents pour l'eau. Rachi a expliqué : l'avis de Rav Yehouda ne tient pas. Nous tenons comme Rav Houna : Beit Hillel a dit réellement en haut. Et c'est là-dessus que le monde s'appuie, ceux qui font des lieux d'aisances sur l'eau et dont les cloisons n'atteignent pas l'eau. Et bien que nous disions plus loin dans notre chapitre (Eruvin 87b) : une galerie (gouzoutra) qui est au-dessus de l'eau, et à laquelle on a fait une cloison de dix tefahim, on n'a enseigné que pour puiser, et pour verser c'est interdit. La halakha suit la version il y en a qui disent, qui conclut : ne dis pas que puiser seul est permis et que verser est interdit. Même verser est permis, car en matière des scribes on suit celui qui est indulgent. Cependant une cloison qui n'est pas faite pour l'eau, mais pour la pudeur du lieu d'aisances, ne sert pas : nous exigeons une cloison faite pour l'eau. Car nous ne tenons pas comme Rabbi Yehouda, qui a dit : la cloison ne sera pas plus grande que le mur qui est entre eux. Et bien qu'au sujet d'une galerie au-dessus de l'eau Rachi ait expliqué : sauf s'ils lui ont fait une cloison tout autour, ou autour de l'ouverture de quatre sur quatre creusée en son milieu, en haut sur la galerie ou en bas attachée à la galerie. Il en ressort que cela sert autour de la galerie, bien que cette cloison ne soit pas faite pour l'eau. On peut dire : bien que nous exigions ici l'un et l'autre dans la citerne, c'est qu'en haut il n'y a pas de signe qu'elle a été faite pour l'eau. Pour la galerie, même en haut, il y a un signe qu'elle a été faite afin d'en puiser. Autrement, il n'aurait eu besoin d'une cloison que pour permettre d'en puiser le Chabbat. Dans le lieu d'aisances, on a besoin d'une cloison pour la pudeur. C'est pourquoi il faut faire une cloison en bas, attachée au lieu d'aisances, pour l'eau. Et cela va selon la méthode de Rachi, qui a expliqué que nous ne tenons pas comme Rav Yehouda. Cependant il y a lieu de s'étonner de ce que Rachi a expliqué, que la sougya de notre passage ne suit pas Rav Yehouda : Rav, Rabbi Hiyya et la baraïta de Yaakov Karhina se tiennent comme lui. Et il faut aussi dire que Rav Yehouda, qui a dit qu'une poutre de quatre permet dans une ruine, ne tient pas comme Rav Nahman, qui a dit qu'elle permet dans l'eau, à cause du mélange des eaux. En apparence, c'est l'inverse : Rav Nahman ne permet que dans l'eau, où il n'y a que le passage des poissons. Dans une ruine, il ne permet pas. C'est pourquoi il paraît d'expliquer : la légèreté que les Sages ont faite pour l'eau, c'est la poutre de quatre, permise sans enfoncement, parce que le bord du plafond descend et bouche et compte davantage. Pour une cloison suspendue, nous tenons comme Rav Yehouda, qui exige l'enfoncement. Et Rabbeinou Hananel, zal, a expliqué que nous tenons comme Rav Yehouda, car la sougya de notre passage le suit. Voici son langage. Rav Yehouda craint qu'on ne transporte depuis la moitié de la citerne qui est le domaine du compagnon, et de même celui-ci depuis le domaine de celui-là. C'est pourquoi il exige que les têtes des roseaux dépassent au-dessus de l'eau d'un tefah, ou que les têtes des roseaux fassent cloison dans l'eau d'un tefah, pour empêcher le seau d'aller puiser l'eau du domaine du compagnon. Mais ce que Rav Yehouda a dit : une poutre de quatre permet dans une ruine, et Rav Nahman a dit : une poutre de quatre permet dans l'eau. Or le seau va et ramène de l'eau de l'autre côté de la citerne. Et il répond : les Sages tiennent pour établi qu'un seau ne se déplace pas sous la poutre au-delà de quatre tefahim. Sous la poutre du moins les eaux se mêlent, et le seau puise l'eau d'entre les deux. C'est une légèreté : les Sages ont été indulgents pour l'eau. Une cloison suspendue ne permet que dans l'eau, bien qu'elle n'atteigne pas le sol, pourvu que les roseaux soient enfoncés d'un tefah dans la citerne, afin que le seau n'entre pas directement dans la part du compagnon. Ici aussi, puisque le seau ne va pas au-delà de quatre tefahim, et bien que les eaux se mêlent sous la poutre, nous ne craignons pas. Et nous tenons comme Rav Yehouda, car la sougya de notre passage le suit. Ainsi a tranché Rav Alfas, zal, puisque la sougya suit Rav Yehouda. Le Raavad et Rabbi Zerahya HaLevi, zal, ont expliqué selon la voie de Rachi. Et moi je dis, pour Rabbeinou Hananel et Rav Alfas : pour les lieux d'aisances, une cloison réellement suspendue leur suffit. C'est seulement dans une citerne entre deux cours que Rav Yehouda exige l'enfoncement des têtes des roseaux dans la citerne, afin que le seau n'aille pas directement dans le domaine du compagnon pour puiser. Dans le lieu d'aisances, ils conviennent qu'il n'exige pas l'enfoncement. Le lieu d'aisances a un avantage sur la poutre de quatre qui permet dans l'eau.
💡 Explication

Deux lectures de en bas et en haut.

Rav Houna : les deux cloisons sont dans l'air de la citerne. En bas, près de l'eau, sans que les roseaux la touchent. En haut, près du rebord, par l'intérieur. Même pour Beit Hillel, les dix tefahim sont depuis le rebord vers le dedans.

Rav Yehouda : en bas, la cloison entre dans l'eau, fichée jusqu'au fond. En haut, au-dessus de l'eau, et les roseaux n'ont pas à la toucher. Rachi : ce en haut-là est le en bas de Rav Houna.

🖼️ Schéma
En bas et en haut : deux lectures Avant la question de Rabba bar Rav Hanan. Rav Houna En bas : près de l'eau eau Rav Houna En haut : près du bord eau Rav Yehouda En bas : jusqu'au fond eau Rav Yehouda En haut : sans toucher eau Rachi : le en haut de Rav Yehouda est le en bas de Rav Houna. Les dix tefahim restent dans la citerne.
Rav Houna garde les deux cloisons dans l'air. Rav Yehouda enfonce celle d'en bas jusqu'au fond.
13
אֲמַר לֵיהּ רַבָּה בַּר רַב חָנָן לְאַבָּיֵי: הָא דְּאָמַר רַב יְהוּדָה ״לְמַטָּה — לְמַטָּה מִן הַמַּיִם״, מַאי שְׁנָא לְמַטָּה מַמָּשׁ דְּלָא? דַּעֲרִיבִי מַיָּא. לְמַטָּה מִן הַמַּיִם נָמֵי, הָא עֲרִיבִי מַיָּא?!

Rabba bar Rav Hanan lui dit, à Abaye : ce que Rav Yehouda a dit, en bas, en dessous de l'eau, en quoi réellement en bas est-il écarté ? Parce que les eaux se mêlent.

En dessous de l'eau aussi, les eaux se mêlent !

📜 Rachi (2)
דַּעֲרִיבִי מַיָּא תַּחַת הַמְּחִיצָּה:
Sous la cloison.
הָא עֲרִיבִי מַיָּא עַל הַמְּחִיצָּה פְּעָמִים שֶׁהַמַּיִם עֲמֻוקִּים מֵעֲשָׂרָה:
Au-dessus de la cloison. Parfois l'eau est profonde de plus de dix.
🗂️ Tossefot (1)
דַּעֲרִיבִי מַיָּא פִּי' וְאֵין הֶיכֵּר הַפְרָשָׁה בֵּינֵיהֶם אֲבָל אִם יֵשׁ הֶיכֵּר אע"פ שֶׁהַמַּיִם בָּאִים מִצַּד זֶה לְצַד זֶה לָא קָפֵיד דְּאִי הֲוָה קָפֵיד לֹא הָיָה מוֹעִיל אֲפִילּוּ מְחִיצָה שֶׁל בַּרְזֶל כִּדְאָמְרִינַן בְּמִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (לְעֵיל עֵירוּבִין דַּף מח.):
C'est-à-dire qu'il n'y a pas entre eux un signe de séparation. S'il y a un signe, même si les eaux passent de ce côté à l'autre, on n'y tient pas. Si l'on y tenait, même une cloison de fer ne servirait pas, comme nous disons dans Mi she-hotsi'ouhou (plus haut, Eruvin 48a).
💡 Explication

Si réellement en bas est écarté parce que les eaux se mêlent sous la cloison, la cloison sous l'eau laisse le même mélange au-dessus d'elle, dès que l'eau dépasse dix tefahim. Pourquoi Rav Yehouda l'accepte-t-il ?

Tossefot : le souci est l'absence de signe de séparation. Dès qu'un signe existe, le passage de l'eau d'un côté à l'autre ne compte pas. Sinon, une cloison de fer elle-même ne servirait pas.

14
אֲמַר לֵיהּ: לָא שְׁמִיעַ לָךְ הָא דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב, וּמָטוּ בָּהּ מִשּׁוּם רַבִּי חִיָּיא: צָרִיךְ שֶׁיֵּרָאוּ רֹאשָׁן שֶׁל קָנִים לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם טֶפַח.

Il lui dit : n'as-tu pas entendu ce que Rav Yehouda a dit que Rav a dit, et certains le rapportent au nom de Rabbi Hiyya : il faut que les têtes des roseaux se voient au-dessus de l'eau d'un tefah.

📜 Rachi (1)
שֶׁיִּרְאוּ רָאשֵׁי קָנִים הָעֶלְיוֹנִים:
Les supérieures.
🗂️ Tossefot (1)
צָרִיךְ שֶׁיִּרְאוּ רָאשֵׁי קָנִים לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם טֶפַח וְאֵין נִרְאֶה כְּפֵירוּשׁ הַקּוּנְטְרֵס דב"ש בָּעוּ מְחִיצָּה מַפְסֶקֶת עַד הַתְּהוֹם אֶלָּא שֶׁתְּהֵא י' טְפָחִים בְּתוֹךְ הַמַּיִם וַאֲפִילּוּ הַמַּיִם עֲמֻוקִּים הַרְבֵּה וַעֲרִיבִי מַיָּא מִתַּחַת הַמְּחִיצָּה סַגִּי בְּהָכִי לב"ש כֵּיוָן שֶׁיֵּשׁ הֶיכֵּר מְחִיצַּת עֲשָׂרָה בְּתוֹךְ הַמַּיִם וב"ה בָּעוּ הֶיכֵּר מְחִיצַּת עֲשָׂרָה לְמַעְלָה חוּץ מִן הַמַּיִם וְטֶפַח בְּתוֹךְ הַמַּיִם כִּדְקָאָמַר צָרִיךְ שֶׁיְּשַׁקַּע רָאשֵׁי קָנִים בַּמַּיִם טֶפַח:
Et cela ne paraît pas selon l'explication du commentaire (Rachi), pour qui Beit Chammai exigent une cloison qui sépare jusqu'au fond. Il faut plutôt dix tefahim dans l'eau, même si l'eau est très profonde et que les eaux se mêlent sous la cloison. Cela suffit à Beit Chammai, puisqu'il y a le signe d'une cloison de dix dans l'eau. Et Beit Hillel exigent le signe d'une cloison de dix en haut, hors de l'eau, et un tefah dans l'eau, comme le texte le dit : il faut enfoncer les têtes des roseaux dans l'eau d'un tefah.
💡 Explication

Abaye répond pour le cas en dessous de l'eau. Les têtes des roseaux doivent dépasser d'un tefah au-dessus de la surface. Ce dépassement est le signe de la cloison.

Rachi, plus haut, fichait la cloison jusqu'au fond. Tossefot lisent autrement : Beit Chammai demandent dix tefahim dans l'eau, même si l'eau est plus profonde et se mêle en dessous. Ils ne demandent pas d'atteindre le fond.

🖼️ Schéma
Où s'arrêtent les roseaux ? Réponse d'Abaye à la lecture de Rav Yehouda. Les deux cloisons sont dans la citerne. Beit Chammai, selon Rav Yehouda Beit Hillel, selon Rav Yehouda eau eau 1 tefah au-dessus de l'eau 1 tefah enfoncé dans l'eau Les eaux peuvent se mêler au-delà du tefah. Le signe de la cloison suffit.
À gauche, les têtes dépassent. À droite, les pieds entrent. Un tefah de signe suffit.
15
וְתוּ, הָא דְּאָמַר רַב יְהוּדָה: ״לְמַעְלָה — לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם״. מַאי שְׁנָא לְמַעְלָה מַמָּשׁ דְּלָא? דַּעֲרִיבִי מַיָּא. לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם נָמֵי, הָא עֲרִיבִי מַיָּא?! אֲמַר לֵיהּ: לָא שְׁמִיעַ לָךְ הָא דְּתָנֵי יַעֲקֹב קַרְחִינָאָה: צָרִיךְ שֶׁיְּשַׁקַּע רָאשֵׁי קָנִים בַּמַּיִם טֶפַח.

Et encore, ce que Rav Yehouda a dit : en haut, au-dessus de l'eau. En quoi réellement en haut est-il écarté ?

Parce que les eaux se mêlent. Au-dessus de l'eau aussi, les eaux se mêlent !

Il lui dit : n'as-tu pas entendu ce qu'a enseigné Yaakov Karhina : il faut enfoncer les têtes des roseaux dans l'eau d'un tefah.

📜 Rachi (3)
וְתוּ לְרַב יְהוּדָה נָמֵי אַלִּיבָּא דְּבֵית הִלֵּל דְּאָמְרִי לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם סָמוּךְ לַמַּיִם אֲבָל רָחוֹק מִן הַמַּיִם לֹא:
Pour Rav Yehouda aussi, selon Beit Hillel, qui disent au-dessus de l'eau, près de l'eau. Mais loin de l'eau, non.
מ"ש לְמַעְלָה מַמָּשׁ דְּהוּא רָחוֹק מִן הַמַּיִם דְּלָא שֶׁאֵין מְחִיצַּת הֶפְסֵק נִיכֶּרֶת בַּמַּיִם וַעֲרִיבִי מַיָּא לְהֶדְיָא לְמַטָּה נָמֵי מַאי הֶפְסֵק אִיכָּא הֲרֵי אֵין נוֹגְעִין בַּמַּיִם:
Qui est loin de l'eau : cela ne va pas, car la cloison de séparation ne se reconnaît pas dans l'eau, et les eaux se mêlent à découvert. En bas aussi, quelle séparation y a-t-il ? Ils ne touchent pas l'eau.
שֶׁיִּשְׁקַע רָאשֵׁי הַקָּנִים הַתַּחְתּוֹנִים וּבְהָא פְּלִיגִי דְּבֵית שַׁמַּאי בָּעוּ מְחִיצָּה הַמַּפְסֶקֶת עַד הַתְּהוֹם וב"ה בָּעוּ הֶיכֵּר מְחִיצָּה:
Les inférieures. Et c'est en cela qu'ils divergent : Beit Chammai exigent une cloison qui sépare jusqu'au fond, et Beit Hillel exigent un signe de cloison.
💡 Explication

Même question pour Beit Hillel. Si réellement en haut est écarté parce que les eaux se mêlent en dessous, une cloison simplement au-dessus de l'eau laisse le même intervalle.

Yaakov Karhina : les extrémités inférieures entrent dans l'eau d'un tefah. Rachi : Beit Chammai veulent une cloison jusqu'au fond ; Beit Hillel veulent un signe de cloison. Tossefot, au segment précédent : Beit Hillel veulent dix tefahim hors de l'eau, plus un tefah dedans.

16
וְאֶלָּא הָא דְּאָמַר רַב יְהוּדָה: קוֹרָה אַרְבַּע מַתֶּרֶת בְּחֻורְבָּה, וְרַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ:

Mais ce que Rav Yehouda a dit : une poutre de quatre permet dans une ruine. Et Rav Nahman a dit que Rabba bar Avouha a dit :

📜 Rachi (1)
קוֹרָה ד' מַתֶּרֶת בַּחֻורְבָּה קוֹרָה הַתְּחוּבָה מֵחוֹמָה לַחוֹמָה בְּחֻורְבָּה כְּדֶרֶךְ חֻורְבוֹת הַנּוֹפְלוֹת וְנִשְׁאָרִים בָּהֶן קוֹרוֹת וְיֵשׁ בְּרָחְבָּהּ אַרְבָּעָה וְהִיא מֻוטֶּלֶת עַל רָחְבָּהּ מֻותָּר לְטַלְטֵל תַּחְתֶּיהָ דְּאָמַר שְׁנֵי חֻודֵּיהּ יוֹרְדִין וְסוֹתְמִין דְּסָבַר לַהּ כְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בר"י דְּאָמַר [לְקַמָּן ע"ב] מְחִיצָּה תְּלוּיָה מַתֶּרֶת וְלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ וּלְהָכִי נְקַט ד' דְּכִי אֲמַרְתְּ חֻודִּין יוֹרְדִין וְסוֹתְמִין יְהֵא בֵּין חֲלַל הַמְּחִיצּוֹת אַרְבָּעָה דִּמְחִיצָּה הָעֲשׂוּיָה לְפָחוֹת מֵחָלָל אַרְבָּעָה אֵינָהּ מְחִיצָּה:
Une poutre fichée de mur à mur dans une ruine, à la manière des ruines qui tombent et où il reste des poutres. Elle a quatre de large, et elle est posée sur sa largeur : on peut transporter sous elle. Car il dit que ses deux bords descendent et bouchent. Il tient comme Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi, qui a dit, plus bas sur l'amud, qu'une cloison suspendue permet, et la halakha ne suit pas son avis. Et c'est pour cela qu'il précise quatre : quand tu dis que les bords descendent et bouchent, il y aura quatre entre le vide des cloisons. Une cloison faite pour moins d'un vide de quatre n'est pas une cloison.
🗂️ Tossefot (2)
קוֹרָה אַרְבָּעָה מַתֶּרֶת בַּחֻורְבָּה פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס דִּלְהָכִי נְקַט רָחָב אַרְבָּעָה דְּכִי אֲמַרְתְּ חֻודִּין יוֹרְדִין וְסוֹתְמִין יִהְיֶה בֵּין חֲלַל הַמְּחִיצָּה ד' דִּמְחִיצָּה הָעֲשׂוּיָה לְפָחוֹת מֵאַרְבָּעָה חֲלָלָהּ לֹא שְׁמָהּ מְחִיצָּה מַשְׁמַע מִתּוֹךְ פֵּירוּשׁוֹ דְּכִי אֵין בּוֹ ד' נָמֵי הָיָה אוֹמֵר פִּי תִּקְרָה יוֹרֵד וְסוֹתֵם מֵרוּחַ אַחַת אִם הָוֵי שְׁאָר הָרוּחוֹת מֻוקָּפוֹת מְחִיצָּה וְהוּא עַצְמוֹ פֵּירֵשׁ קוֹרָה אַרְבָּעָה מַתֶּרֶת בְּמַיִם בְּבוֹר שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת וְנָתַן עַל רָחְבָּהּ בְּאֶמְצַע הַבּוֹר לְמַעְלָה וְלִדְבָרָיו הָתָם לָמָּה צָרִיךְ שָׁם קוֹרָה אַרְבָּעָה כֵּיוָן שֶׁהַחֲצֵירוֹת מֻוקָּפוֹת מְחִיצָּה וְאֵין צָרִיךְ כִּי אִם לְהַפְסִיק וְעוֹד קי"ל כְּרַב דְּאָמַר פִּי תִּקְרָה יוֹרֵד וְסוֹתֵם וקי"ל נָמֵי כְּרָבָא לְגַבֵּי אַבַּיֵּי דְּקוֹרָה מִשּׁוּם הֶיכֵּר וְלֹא מִשּׁוּם מְחִיצָּה הַייְנוּ מִשּׁוּם דִּבְקוֹרָה שֶׁאֵינָהּ רְחָבָה כִּי אִם טֶפַח לָא אָמַר פִּי תִקְרָה יוֹרֵד וְסוֹתֵם עַד שֶׁיְּהֵא רְחָבָה אַרְבָּעָה וְהָכִי נָמֵי מוּכָח פ"ק דְּשַׁבָּת (דַּף ט.) גַּבֵּי אִיסְקוּפָּה דִּלְפִי תִּקְרָה בָּעֵינַן רְחָבָה אַרְבָּעָה גַּבֵּי דְּקָאָמַר כְּגוֹן שֶׁקֵּירָה בִּשְׁתֵּי קוֹרְאוֹת וְאֵין בְּאֶחָד ד' כו' וּלְאַבַּיֵּי נָמֵי דְּקָא אָמַר קוֹרָה מִשּׁוּם מְחִיצָּה נִרְאֶה לר"י דְּלָא הָוֵי אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן כְּמוֹ לְמָאֵן דְּאָמַר מִשּׁוּם הֶיכֵּר אֶלָּא דְּסָבַר אַבַּיֵּי דְּמִשּׁוּם הֶיכֵּר לֹא הָיוּ מַתִּירִין חֲכָמִים אֶת הַמָּבוֹי אֶלָּא שֶׁעֲשָׂאוּהָ כִּמְחִיצָה דְּפִי תִּקְרָה וְלָא הָוֵי קוֹרָה מִשּׁוּם מְחִיצָּה פֵּירוּשׁוֹ כְּמוֹ לֶחִי מִשּׁוּם מְחִיצָּה דְּהָוֵי דְּאוֹרָייְתָא כִּדְאָמְרִי' בפ"ק (דַּף יב:) הִכְשִׁירוֹ בְּלֶחִי הַזּוֹרֵק לְתוֹכוֹ חַיָּיב וְהָא דְּקָאָמַר בפ"ק (ג"ז שָׁם:) אַמִּילְּתֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה דְּאָמַר מָבוֹי שֶׁאֵינוֹ רָאוּי לְשִׁיתּוּף הִכְשִׁירוֹ בְּלֶחִי הַזּוֹרֵק לְתוֹכוֹ חַייָּב הִכְשִׁירוֹ בְּקוֹרָה הַזּוֹרֵק לְתוֹכוֹ פָּטוּר אַלְמָא לֶחִי מִשּׁוּם מְחִיצָה וְקוֹרָה מִשּׁוּם הֶיכֵּר אֵינוֹ בָּא לוֹמַר דְּקוֹרָה ע"כ מִשּׁוּם הֶיכֵּר וְלֹא מִשּׁוּם מְחִיצָּה דַּאֲפִילּוּ הָוֵי מִשּׁוּם מְחִיצָּה הַזּוֹרֵק לְתוֹכוֹ פָּטוּר מִשּׁוּם דְּלָא הָוֵי מְחִיצָּה אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן אֶלָּא כְּלוֹמַר לֶחִי וַדַּאי מִשּׁוּם מְחִיצָּה אֲבָל קוֹרָה מָצִינוּ לְמֵימַר מִשּׁוּם הֶיכֵּר וּמִיהוּ רַב יַעֲקֹב בַּר אַבָּא שֶׁמַּקְשֶׁה שָׁם עַל רָבָא מִיָּתֵר עַל כֵּן א"ר יְהוּדָה דַּאֲפִילּוּ קוֹרָה מִשּׁוּם מְחִיצָּה דְּאֻורְיִי' טוֹעֶה הָיָה וְלֵיתָא דַּאֲפִילּוּ לָמֶ"ד מִשּׁוּם מְחִיצָּה לָא הָוֵי אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן וְכֵן מַשְׁמַע בְּסוֹף כָּל גַּגּוֹת (לְקַמָּן עֵירוּבִין צה.) דְּמוּכָח אַבַּיֵּי לְרַבָּה מִבָּרַיְיתָא דְּיֶתֶר עַל כֵּן דִּשְׁתֵּי מְחִיצּוֹת דְּאוֹרַיְיתָא מִדְּמַתִּיר בְּקוֹרָה מִכָּאן וְקוֹרָה מִכָּאן אע"ג דְּסָבַר אַבַּיֵּי דְּקוֹרָה מִשּׁוּם מְחִיצָּה אֶלָּא וַדַּאי לָא הָוֵי אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן מִיהוּ יֵשׁ לִדְחוֹת דְּלִדְבָרָיו דְּרַבָּה קָא מוֹתִיב דְּסָבַר דְּהָוְיָא מִשּׁוּם הֶיכֵּר:
Explication dans le commentaire : il précise une largeur de quatre pour cette raison. Quand tu dis que les bords descendent et bouchent, il y aura quatre entre le vide de la cloison, car une cloison faite pour un vide de moins de quatre ne s'appelle pas une cloison. Il ressort de son explication que, même sans quatre, il dirait aussi que le bord du plafond descend et bouche d'un côté, si les autres côtés sont entourés d'une cloison. Et lui-même a expliqué qu'une poutre de quatre permet dans l'eau, dans une citerne entre deux cours, posée sur sa largeur au milieu de la citerne, en haut. Selon ses paroles, pourquoi faut-il là une poutre de quatre, puisque les cours sont entourées d'une cloison et qu'on ne demande que de séparer ? De plus, nous tenons comme Rav, qui a dit que le bord du plafond descend et bouche, et nous tenons aussi comme Rava face à Abaye : la poutre est pour un signe, à l'exclusion d'une cloison de la Torah. Cela tient à la poutre qui n'a de largeur qu'un tefah : on ne dit pas que le bord du plafond descend et bouche tant qu'elle n'a pas une largeur de quatre. Ainsi aussi au premier chapitre de Chabbat (daf 9a), au sujet du seuil : pour le bord du plafond il faut une largeur de quatre, là où il dit : par exemple s'il a couvert de deux poutres et que l'une n'a pas quatre, et la suite. Et pour Abaye aussi, qui dit que la poutre est à titre de cloison, il paraît au Ri que cela reste d'ordre rabbinique, comme pour celui qui dit que c'est pour un signe. Abaye tient que, par un signe seul, les Sages n'auraient pas permis le mavoi : ils l'ont faite comme la cloison du bord du plafond. Et l'expression poutre à titre de cloison ne se lit pas comme poteau (lehi) à titre de cloison, lequel est de la Torah, comme nous disons au premier chapitre (daf 12b) : s'il l'a rendu apte par un lehi, celui qui jette dedans est passible. Et ce qu'il dit au premier chapitre, au même endroit, sur la parole de Rav Yehouda : un mavoi qui n'est pas propre au shitouf, s'il l'a rendu apte par un lehi, celui qui jette dedans est passible ; s'il l'a rendu apte par une poutre, celui qui jette dedans est exempt. Il en ressort que le lehi est à titre de cloison et la poutre à titre de signe. Le texte ne force pas la poutre à n'être qu'un signe : même à titre de cloison, celui qui jette dedans serait exempt, car la cloison reste rabbinique. Le sens est : le lehi est à coup sûr une cloison, et pour la poutre on peut dire qu'elle est un signe. Cependant Rav Yaakov bar Abba, qui objecte là-bas à Rava à partir de l'enseignement yater al ken, Rabbi Yehouda a dit, jusqu'à faire de la poutre une cloison de la Torah, se trompait. Son objection ne tient pas : même pour celui qui dit à titre de cloison, cela reste rabbinique. Et ainsi il ressort à la fin de Kol gagot (plus bas, Eruvin 95a) : Abaye prouve à Rabba, par la baraïta yater al ken, que deux cloisons sont de la Torah, de ce qu'il permet par une poutre d'ici et une poutre de là, bien qu'Abaye tienne que la poutre est à titre de cloison. Donc cela reste rabbinique. Cependant on peut écarter cela : il objecte selon les paroles de Rabba, qui tient que c'est pour un signe.
קוֹרָה ד' מַתֶּרֶת בַּחֻורְבָּה פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס דְּסָבַר לָהּ כְּר' יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי דְּאָמַר מְחִיצָה תְּלוּיָה מַתֶּרֶת וְלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ וְאֵין נִרְאֶה לְרִ"י דְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל לֹא הִתִּיר אֶלָּא בְּמָבוֹי אֲבָל בִּמְחִיצָּה תְּלוּיָה דְּחֻורְבָּה הַפְּרוּצָה לרה"ר לֹא וְעוֹד דְּקוֹרָה ד' לֹא מִטַּעַם מְחִיצָּה תְּלוּיָה מַתֶּרֶת דְּהָא לֵיכָּא מְחִיצָּה כְּלָל אֶלָּא מִטַּעַם פִּי תִּקְרָה וּפִי תִּקְרָה לָא אַשְׁכַּחְנָא תַּנָּאֵי דִּפְלִיגִי וְרַב נָמֵי דְּאִית לֵיהּ (לְקַמָּן עֵירוּבִין דַּף צ:) פִּי תִּקְרָה יוֹרֵד וְסוֹתֵם קָאָמַר הָכָא בְּסָמוּךְ דְּאֵין מְחִיצָה תְּלוּיָה מַתֶּרֶת אֶלָּא בְּמַיִם:
Explication dans le commentaire : il tient comme Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi, qui a dit qu'une cloison suspendue permet, et la halakha ne suit pas son avis. Et cela ne paraît pas au Ri. Rabbi Yichmael n'a permis que dans un mavoi. Une cloison suspendue d'une ruine ouverte sur le domaine public, il ne l'a pas permise. De plus, une poutre de quatre ne permet pas au titre d'une cloison suspendue, car il n'y a ici aucune cloison : elle permet au titre du bord du plafond. Et sur le bord du plafond nous n'avons pas trouvé de tannaïm qui divergent. Rav aussi, qui tient (plus bas, Eruvin daf 90b) que le bord du plafond descend et bouche, dit ici tout près qu'une cloison suspendue ne permet que dans l'eau.
💡 Explication

Nouvelle difficulté, coupée à la fin de l'amud. Rav Yehouda : une poutre large de quatre tefahim, de mur à mur dans une ruine, permet de transporter dessous. Ses deux bords sont vus comme descendant et bouchant (pi ha-tikra, le bord du plafond descend et bouche).

Rachi rattache cela à Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi : une cloison suspendue permet, et il note que la halakha ne suit pas cet avis. Il explique le chiffre quatre : le vide entre les deux bords doit atteindre quatre, sinon la cloison ne compte pas. Tossefot refusent ce rattachement : la poutre de quatre relève du bord du plafond, et Rav lui-même ne permet la cloison suspendue que dans l'eau.

🖼️ Schéma
Poutre de quatre dans une ruine Rav Yehouda : pi ha-tikra, le bord du plafond descend et bouche. poutre de 4 tefahim transport permis sous la poutre les deux bords descendent et bouchent Le vide entre les deux cloisons virtuelles doit atteindre quatre tefahim.
Les pointillés sont les bords qui descendent. Entre eux, au moins quatre tefahim.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).