Megillah 20b — Où commence le jour, et tout ce qui est valable tout le jour ou toute la nuit

Megillah 20b

Sougya : Le folio achève d'abord la sougya du folio précédent : l'immersion de celle qui doit compter un jour dépend d'un compte, et le compte se fait de jour. La guemara cherche ensuite d'où vient que le lever de l'aube ouvre déjà le jour.

Rava le tire du récit de la création, « et D.ieu appela la lumière jour », lu comme « à ce qui va s'éclairant » ; la derasha est écartée, car la seconde moitié du verset placerait la nuit dès le coucher du soleil, alors que la nuit commence à la sortie des étoiles. Rabbi Zeira la tire de Nehemie : les bâtisseurs travaillaient « depuis le lever de l'aube jusqu'à la sortie des étoiles », et le verset suivant appelle ce temps « le jour ».

Vient alors la michna : tout le jour est valable pour la lecture de la meguila, le Hallel, le chofar, le loulav, Moussaf, les trois confessions et une longue série de services du Temple ; toute la nuit est valable pour la moisson du omer et la combustion des graisses et des membres, avec la règle générale qui ferme la michna. La guemara parcourt enfin la liste et donne pour chaque poste son verset, son hekech ou sa guezera chava.

Le plan du folio : du lever de l'aube à la liste des mitsvot du jour A. Où commence le jour (seg. 0-4) Fin de la sougya du folio précédent : le compte se fait de jour. Rava tire l'aube du récit de la création ; la derasha est écartée. Rabbi Zeira la tire de Nehemie 4, avec un second verset pour bloquer l'objection des ouvriers matinaux. B. La michna (seg. 5-9) Tout le jour est valable : meguila, Hallel, chofar, loulav, Moussaf, les trois confessions, et les services du Temple. Toute la nuit est valable : moisson du omer, graisses et membres. Puis la règle générale qui la ferme. C. La guemara (seg. 10-16) Chaque poste de la liste reçoit sa source : - un verset qui dit le mot jour ; - un hekech (semikha-chehita, hagacha-tenoufa) ; - une guezera chava (kapara, puis tora pour la sota). Le fil unique du folio Une fois établi que le jour halakhique court du lever de l'aube à la sortie des étoiles, la michna peut énoncer que l'heure fixée par la Tora n'est pas un instant mais une durée : tout le jour, ou toute la nuit.
Les trois mouvements du folio : la définition du jour, la liste de la michna, puis les sources.
La journée halakhique : les quatre bornes et les deux derachot nuit jour plein bein ha-chmachot nuit amoud ha-chahar lever de l'aube chkiat ha-hama coucher du soleil tset ha-kokhavim sortie des étoiles Rava — derasha écartée Et D.ieu appela la lumière jour (Berechit 1,5), lu : à ce qui va s'éclairant Il donna le nom de jour. Donc le jour ouvre à l'aube. Objection : la suite du verset, et Il appela les ténèbres nuit, placerait la nuit dès le coucher, avant la sortie des étoiles. Rabbi Zeira — derasha retenue Nehemie 4,15 : nous travaillions à l'ouvrage depuis le lever de l'aube jusqu'à la sortie des étoiles. Nehemie 4,16 : la nuit nous servira de garde et le jour de travail — tout ce temps de travail porte le nom de jour.
Le jour halakhique court de l'aube à la sortie des étoiles ; la preuve retenue est celle de Nehemie.
La liste de la michna et la source donnée par la guemara Valable tout le jour Source Lecture de la meguila et ces jours sont rappelés et accomplis (Esther 9,28) Hallel du lever du soleil à son coucher ; ou : voici le jour qu'a fait Hachem Loulav vous prendrez pour vous, au premier jour (Vayikra 23,40) Chofar ce sera pour vous un jour de sonnerie (Bamidbar 29,1) Moussafin, puis prière de Moussaf chaque chose au jour qui lui revient ; la prière alignée sur eux Confession sur les taureaux guezera chava kapara-kapara avec Yom Kippour Déclaration de la dîme verset voisin : en ce jour Hachem ton D.ieu t'ordonne (Devarim 26,16) Semikha et chehita hekech il appuiera et il égorgera ; au jour de votre sacrifice Tenoufa au jour où vous balancerez le omer (Vayikra 23,12) Hagacha hekech avec la tenoufa : il la balancera... et il l'approchera Melika, kemitsa, haktara, haza'a au jour où il ordonna aux enfants d'Israël (Vayikra 7,38) Réception du sang comprise dans le mot approcher, selon Rachi Sota qui boit guezera chava tora-tora avec le jugement (Devarim 17,11) Eglah aroufa, purification du metsora énoncés dans la michna, sans source citée ici Valable toute la nuit Moisson du omer de nuit ; le compte exige des semaines complètes Combustion des graisses et des membres restes de la journée, consumés pendant la nuit Règle générale : ce dont la mitsva est de jour vaut tout le jour ; ce dont la mitsva est de nuit vaut toute la nuit.
Chaque poste de la michna avec la source que la guemara lui assigne.
1
סְפִירָה בִּימָמָא הִיא.

car le compte se fait de jour.

🗂️ Tossefot (1)
סְפִירָה בִּימָמָא הִיא מִכָּאן קַשְׁיָא לְפֵירוּשׁ רַשִׁ"י דְּכֵיצַד צוֹלִין (פְּסָחִים דַּף פֹּא. וְשָׁם) דְּפָרִיךְ וְלֵר' יוֹסֵי דְּאָמַר מִקְצָת הַיּוֹם כְּכֻולּוֹ וְזָבָה שֶׁרָאֲתָה בְּשִׁבְעָה לִסְפִירָתָהּ אֵינָהּ סוֹתֶרֶת אִם כֵּן זָבָה גְּדוֹלָה לְדִידֵיהּ הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ וּמְשַׁנֵּי [בְּרָאֲתָה כָּל שְׁנֵי] בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת דְּאָז הָוֵי סוֹף הַיּוֹם וּתְחִלַּת הָאַחֵר בְּטֻומְאָה וְקַשְׁיָא אַמַּאי לֹא אָמַר בְּרוֹאָה בַּלֵּילוֹת דְּהָא סְפִירַת לַיְלָה לָאו סְפִירָה הִיא וְנִמְצָא שֶׁכָּל הַיּוֹם טָמֵא כֵּיוָן שֶׁתְּחִילָּתוֹ הָוֵי טָמֵא וְי"ל דְּסָבַר ר' יוֹסֵי דְּסוֹף הַיּוֹם מְהַנֵּי לִשְׁמוֹר כְּמוֹ תְּחִלַּת הַיּוֹם וה"נ מַשְׁמַע פֶּרֶק שֵׁנִי דְּנָזִיר (דַּף טז.) בְּסוֹפוֹ דְּקָאָמַר [לר"י זָבָה גְּמוּרָה] הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ אִי דַּחֲזֵי בְּפַלְגָא דְּיוֹמָא אִידָךְ פַּלְּגָא לֶיהֱוֵי לָהּ שִׁימּוּר וְאִם תֹּאמַר אִם כֵּן רַבִּי יוֹסֵי דְּסָבַר מִקְצָת הַיּוֹם כְּכֻולּוֹ א"כ הָיָה לוֹ לְהַקְשׁוֹת ר' יוֹסֵי כְּכוּתָאֵי אֲמָרָהּ לִשְׁמַעְתֵּיהּ כִּדְקָפָרֵיךְ לְרַב בְּנִדָּה (דַּף סט.) וי"ל דְּכוּתָאֵי אָמְרִי אַפֵּי' מִיּוֹם רִאשׁוֹן שֶׁפָּסְקָה בּוֹ דְּסוֹפַרְתּוֹ לְיוֹם רִאשׁוֹן וְר' יוֹסֵי לֹא אָמַר אֶלָּא מִיּוֹם שִׁבְעָה:
De là, une difficulté contre l'explication de Rachi dans le chapitre Keitsad Tsolin (Pessahim 81a) : on y demande, selon Rabbi Yossi qui tient qu'une partie du jour vaut le jour entier et qu'une zava qui a vu un écoulement le septième jour de son compte n'annule pas les jours déjà comptés — comment trouver alors une zava guedola selon lui ? On répond : lorsqu'elle a vu chacun des deux jours pendant bein ha-chmachot, car c'est alors la fin d'un jour et le début du suivant dans l'impureté. Difficulté : pourquoi ne pas dire qu'elle a vu pendant les nuits ? Puisque le compte de la nuit n'est pas un compte, il se trouve que toute la journée est impure, son commencement étant impur. On peut répondre que Rabbi Yossi tient que la fin du jour sert de garde (chimour) comme le début du jour ; c'est aussi ce qui ressort de la fin du deuxième chapitre de Nazir (16a), où l'on dit : selon Rabbi Yossi, comment trouver une zava complète ? Si elle a vu au milieu du jour, que l'autre moitié du jour lui serve de garde. Et si tu demandes : puisque Rabbi Yossi tient qu'une partie du jour vaut le jour entier, il aurait fallu objecter que Rabbi Yossi énonce son enseignement à la manière des Koutim, comme on l'objecte à Rav dans Nidda (69a) ? On peut répondre que les Koutim disent qu'elle compte même à partir du premier jour où elle a cessé de voir, ce jour comptant pour le premier, tandis que Rabbi Yossi ne l'a dit qu'à partir du septième jour.
💡 Explication

Ce segment ferme la sougya ouverte au folio précédent. La michna y rangeait l'immersion parmi les actes qui ne se font que de jour, et la guemara en cherchait la raison pour la chomeret yom keneged yom, celle qui doit garder un jour propre en face d'un jour d'écoulement. La réponse tient en quatre mots : son immersion dépend d'un compte, et le compte se fait de jour. Elle attend donc le lever du soleil, même si ce compte ne porte que sur une seule journée.

Tossefot se sert de ce principe pour attaquer une explication de Rachi dans Pessahim : si le compte de nuit ne vaut rien, on aurait pu décrire bien plus simplement le cas d'une zava guedola selon Rabbi Yossi. La réponse distingue le compte proprement dit de la simple garde (chimour) : la fin d'une journée peut servir de garde, même si elle ne peut servir de compte.

2
וְכֻולָּן שֶׁעָשׂוּ מִשֶּׁעָלָה עַמּוּד הַשַּׁחַר כָּשֵׁר. מְנָהָנֵי מִילֵּי? אָמַר רָבָא: דְּאָמַר קְרָא: ״וַיִּקְרָא אֱ-לֹהִים לָאוֹר יוֹם״, לַמֵּאִיר וּבָא קְרָאוֹ ״יוֹם״.

« Et pour tous ceux-là, s'ils les ont faits à partir du lever de l'aube, c'est valable. » D'où tenons-nous cela ? Rava a dit : le verset dit « Et D.ieu appela la lumière jour » — à ce qui va s'éclairant, Il donna le nom de jour.

💡 Explication

La michna du folio précédent se terminait par cette clause : les actes qui demandent le jour sont valables dès le amoud ha-chahar, le lever de l'aube, bien avant le lever du soleil. La guemara demande la source de cette équivalence entre l'aube et le jour.

Rava lit le mot or du récit de la création comme un participe plutôt que comme un substantif : « la-meir ouva », ce qui va s'éclairant. Le nom de jour s'applique alors dès les premières lueurs, quand la clarté commence à monter.

3
אֶלָּא מֵעַתָּה: ״וְלַחֹשֶׁךְ קָרָא לָיְלָה״ [לַמַּחְשִׁיךְ וּבָא קָרָא לַיְלָה]? הָא קַייְמָא לַן דְּעַד צֵאת הַכּוֹכָבִים לָאו לַיְלָה הוּא!

S'il en est ainsi, « et Il appela les ténèbres nuit » signifierait de même : à ce qui va s'assombrissant Il donna le nom de nuit. Or nous tenons pour établi que jusqu'à la sortie des étoiles ce n'est pas encore la nuit !

🗂️ Tossefot (1)
וְהָא קי"ל דְּעִם צֵאת הַכּוֹכָבִים לֵילְיָא הוּא וְאִם תֹּאמַר כֵּיוָן דקיי"ל דִּבְצֵאת הַכּוֹכָבִים הָוֵי לֵילְיָא א"כ אַמַּאי פְּלִיגִי ר' יוֹסֵי וְר' יְהוּדָה בְּבֵין הַשְּׁמָשׁוֹת לֵימְרוּ בְּצֵאת הַכּוֹכָבִים וי"ל דְּאַף בְּשִׁיעוּר צֵאת הַכּוֹכָבִים יֵשׁ חִילּוּק שֶׁיֵּשׁ כּוֹכָבִים נִרְאִין בַּיּוֹם:
Si tu demandes : puisque nous tenons pour établi qu'à la sortie des étoiles c'est la nuit, pourquoi Rabbi Yossi et Rabbi Yehuda divergent-ils au sujet de bein ha-chmachot ? Qu'ils disent simplement : à la sortie des étoiles. On peut répondre que la mesure même de la sortie des étoiles admet une distinction, car certaines étoiles sont visibles de jour.
💡 Explication

La derasha de Rava se retourne contre elle-même. Les deux moitiés du verset sont construites à l'identique : si or se lit comme un mouvement, hochekh aussi. La nuit commencerait alors dès que la lumière baisse, c'est-à-dire au coucher du soleil.

Cela heurte une règle établie : la nuit s'ouvre à la sortie des étoiles, et l'intervalle qui précède, bein ha-chmachot, reste douteux. La derasha est donc abandonnée.

Tossefot soulève alors une question sur la règle elle-même : si la sortie des étoiles tranche, pourquoi les tanaim discutent-ils encore de la durée de bein ha-chmachot ? Parce que le signe des étoiles demande lui-même à être précisé : certaines étoiles se voient déjà en plein jour.

4
אֶלָּא אָמַר רַבִּי זֵירָא, מֵהָכָא: ״וַאֲנַחְנוּ עֹושִׂים בַּמְּלָאכָה וְחֶצְיָם מַחֲזִיקִים בָּרְמָחִים מֵעֲלוֹת הַשַּׁחַר עַד צֵאת הַכּוֹכָבִים״, וְאוֹמֵר: ״(וְהָיָה) לָנוּ הַלַּיְלָה (לַמִּשְׁמָר)״.

Rabbi Zeira a dit plutôt : de ce verset — « Et nous travaillions à l'ouvrage, et la moitié d'entre eux tenaient les lances depuis le lever de l'aube jusqu'à la sortie des étoiles » ; et il est dit encore : « la nuit nous servira de garde ».

🗂️ Tossefot (2)
וְהָא קי"ל דְּעִם צֵאת הַכּוֹכָבִים לֵילְיָא הוּא. וְאִם תֹּאמַר כֵּיוָן דקיי"ל דִּבְצֵאת הַכּוֹכָבִים הָוֵי לֵילְיָא א"כ אַמַּאי פְּלִיגִי ר' יוֹסֵי וְר' יְהוּדָה בְּבֵין הַשְּׁמָשׁוֹת לֵימְרוּ בְּצֵאת הַכּוֹכָבִים וי"ל דְּאַף בְּשִׁיעוּר צֵאת הַכּוֹכָבִים יֵשׁ חִילּוּק שֶׁיֵּשׁ כּוֹכָבִים נִרְאִין בַּיּוֹם:
Si tu demandes : puisque nous tenons pour établi qu'à la sortie des étoiles c'est la nuit, pourquoi Rabbi Yossi et Rabbi Yehuda divergent-ils au sujet de bein ha-chmachot ? Qu'ils disent simplement : à la sortie des étoiles. On peut répondre que la mesure même de la sortie des étoiles admet une distinction, car certaines étoiles sont visibles de jour.
וְהָיָה לָנוּ הַלַּיְלָה לְמִשְׁמָר קַשְׁיָא דְּהָא אָמְרִינַן בִּבְרָכוֹת (דַּף ב: וְשָׁם) גַּבֵּי צֵאת הַכּוֹכָבִים לַיְלָה הוּא ואע"פ שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר זֵכֶר לַדָּבָר דִּכְתִיב וְהָיָה לָנוּ הַלַּיְלָה לְמִשְׁמָר וְאַמַּאי לָא הָוֵי רְאָיָיה גְּמוּרָה כִּדְמַפְּקִינַן הָכָא מִקְּרָא וְיֵשׁ לוֹמַר דְּהָתָם בָּעֵי לְאַסּוֹקֵי דִּזְמַן שְׁכִיבָה דְּגַבֵּי ק"ש הָוֵי צֵאת הַכּוֹכָבִים ומש"ה קָאָמְרִינַן הָתָם דְּאֵין זוֹ רְאָיָיה גְּמוּרָה דִּנְהִי דְּהָוֵי לַיְלָה בְּאוֹתָהּ שָׁעָה מ"מ לָא הָוֵי זְמַן שְׁכִיבָה לְכָל אָדָם:
Difficulté : on dit dans Berakhot (2b), à propos de la sortie des étoiles, que c'est bien la nuit, et que « bien qu'il n'y ait pas de preuve à la chose, il y a une allusion à la chose », puisqu'il est écrit « la nuit nous servira de garde ». Pourquoi ce verset ne fait-il pas la preuve complète, comme on la tire ici ? On peut répondre que là-bas on cherche à établir que le moment du coucher, pour la lecture du Chema, est la sortie des étoiles ; c'est pourquoi on dit là-bas que la preuve n'est pas complète : même s'il fait nuit à cette heure, l'heure du coucher n'est pas encore venue pour tout homme.
💡 Explication

Rabbi Zeira quitte le récit de la création pour un récit historique. Les bâtisseurs de Nehemie tiennent leur poste « depuis le lever de l'aube jusqu'à la sortie des étoiles », et le verset suivant nomme ce temps de travail le jour. L'aube ouvre donc bien le jour, et la sortie des étoiles le ferme.

L'expression ve-omer, « et il est dit encore », signale un second verset appelé en renfort. Le segment suivant explique ce qui manquait au premier.

🖼️ Schéma
Les deux versets de Nehemie 4 Verset 15 — la durée Nous travaillions à l'ouvrage... depuis le lever de l'aube jusqu'à la sortie des étoiles. Verset 16 — le nom donné à cette durée La nuit nous servira de garde, et le jour de travail. Le premier verset donne les bornes ; le second nomme jour tout l'intervalle qui les sépare. Le lever de l'aube ouvre donc le jour, et la sortie des étoiles ouvre la nuit.
Nehemie 4 : les bornes, puis le nom donné à l'intervalle.
5
מַאי וְאוֹמֵר? וְכִי תֵּימָא: מִשֶּׁעָלָה עַמּוּד הַשַּׁחַר לָאו יְמָמָא, וּמִכִּי עָרְבָא שִׁמְשָׁא לֵילְיָא, וְאִינְהוּ מַקְדְּמִי וּמַחְשְׁכִי — תָּא שְׁמַע: ״(וְהָיָה) לָנוּ הַלַּיְלָה מִשְׁמָר וְהַיּוֹם מְלָאכָה״.

Que vient ajouter « et il est dit encore » ? Si tu disais : à partir du lever de l'aube ce n'est pas encore le jour, et dès que le soleil se couche c'est déjà la nuit, et eux commençaient de bonne heure et finissaient tard — viens entendre : « la nuit nous servira de garde, et le jour de travail ».

📜 Rachi (3)
מַקְדְּמִי מַקְדִּימִין:
Ils commençaient de bonne heure.
מַחְשְׁכִי מַעֲרִיבִין:
Ils restaient tard dans la soirée.
ת"ש (וְהָיָה) לָנוּ הַלַּיְלָה לַמִּשְׁמָר וְהַיּוֹם לִמְלָאכָה ש"מ כָּל זְמַן שֶׁעֲסוּקִים בִּמְלָאכָה קָרֵי יוֹם וְלֹא קַדְמוּתָא וְחַשְׁכוּתָא:
Apprends-en que tout le temps où ils étaient occupés à l'ouvrage porte le nom de jour, et non pas seulement le devancement du matin et l'attardement du soir.
💡 Explication

Pris seul, le premier verset résiste mal. On pourrait dire que les bâtisseurs, pressés d'achever la muraille, travaillaient en dehors des heures du jour : ils arrivaient avant l'aube et repartaient après la tombée de la nuit. Le verset décrirait alors leur zèle, sans rien fixer du jour halakhique.

Le second verset ferme cette issue. Il répartit le même intervalle en deux fonctions, la garde pour la nuit et le travail pour le jour ; tout le temps de l'ouvrage porte donc le nom de jour, bornes comprises.

🖼️ Schéma
Pourquoi un second verset : la question du ve-omer Preuve proposée De l'aube à la sortie des étoiles, ils œuvraient. Objection possible Ils devançaient le jour et s'attardaient dans la nuit. Second verset La nuit garde, et le jour travail. Le verset répartit le même intervalle : garde pendant la nuit, travail pendant le jour. Leur temps d'ouvrage est donc appelé jour d'un bout à l'autre. Rachi tout le temps où ils étaient occupés à l'ouvrage porte le nom de jour, et non pas seulement le devancement du matin et l'attardement du soir.
Le second verset écarte l'hypothèse d'ouvriers travaillant hors des heures du jour.
6
מַתְנִי׳ כָּל הַיּוֹם כָּשֵׁר לִקְרִיאַת הַמְּגִילָּה, וְלִקְרִיאַת הַהַלֵּל, וְלִתְקִיעַת שׁוֹפָר, וְלִנְטִילַת לוּלָב, וְלִתְפִלַּת הַמּוּסָפִין, וְלַמּוּסָפִין,

Michna. Tout le jour est valable pour la lecture de la meguila, pour la récitation du Hallel, pour la sonnerie du chofar, pour la prise du loulav, pour la prière de Moussaf et pour les sacrifices additionnels,

📜 Rachi (1)
מַתְנִי' כָּל הַיּוֹם כָּשֵׁר ואע"ג דְּקַייְמָא לָן זְרִיזִין מַקְדִּימִין לְמִצְוֹת דִּכְתִיב וַיַּשְׁכֵּם אַבְרָהָם בַּבֹּקֶר (בְּרֵאשִׁית כ״ב:ג׳) אֲפִילּוּ הָכֵי כָּשֵׁר כָּל הַיּוֹם:
Bien que nous tenions pour établi que les empressés devancent l'heure des mitsvot, ainsi qu'il est écrit « Abraham se leva de bon matin », c'est malgré tout valable tout le jour.
⚖️ Rosh (1)
וְאָמַר ר"י בֶּן לֵוִי חַייָּב אָדָם לִקְרוֹת אֶת הַמְּגִילָּה בַּלַּיְלָה וְלִשְׁנוֹתָהּ בַּיּוֹם שֶׁנֶּאֱמַר (תְּהִילִּים כ״ב:ג׳) אֱ-לֹהַי אֶקְרָא יוֹמָם וְלֹא תַעֲנֶה וְלַיְלָה וְלֹא דוּמִיָּה לִי. הָיָה אוֹמֵר רַבֵּינוּ תָּם זַ"ל אַף עַל פִּי שֶׁבֵּירֵךְ זְמַן בַּלַּיְלָה חוֹזֵר וּמְבָרֵךְ זְמַן אַף בַּיּוֹם דְּעִיקַּר קְרִיאָתָהּ הָוֵי בַּיּוֹם יוֹתֵר מִבְּלִילָה דְּהָכִי מַשְׁמַע לִישָּׁנָא דִּקְרָא אֶקְרָא יוֹמָם אע"פ שֶׁלַּיְלָה לֹא דּוּמִיָּה לִי וְקָרָאתִי בַּלַּיְלָה בַּיּוֹם תְּהֵא עִיקַּר הַקְּרִיאָה וְגַם עִיקַּר פִּרְסוּמֵי נִיסָּא הוּא בַּיּוֹם בִּזְמַן מִשְׁתֶּה וְשִׂמְחָה וּמַתָּנוֹת לָאֶבְיוֹנִים וּמִשְׁלוֹחַ מָנוֹת וּתְנַן לְקַמָּן (מְגִילָּה דַּף כ:) כָּל הַיּוֹם כָּשֵׁר לִקְרוֹת אֶת הַמְּגִילָּה קָתָנֵי וְכָל הַלַּיְלָה כָּשֵׁר לִקְרִיאַת מְגִילָּה לָא קָתָנֵי לְפִי שֶׁאֵינָהּ עִיקַּר קְרִיאָה בַּלַּיְלָה וְקָתָנֵי נָמֵי (לְקַמָּן מְגִילָּה דַּף כ.) אֵין קוֹרְאִין אֶת הַמְּגִילָּה וְלֹא מוֹהֲלִין וְלֹא טוֹבְלִין אֶלָּא בַּיּוֹם וּמְפָרֵשׁ בגמ' מִנָּלַן דִּכְתִיב וְהַיָּמִים הָאֵלֶּה בַּיּוֹם אִין בַּלַּיְלָה לָא לֵימָא תֶּיהְוֵי תְּיוּבְתָּא דְּר' יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי וְכוּ' וּמְשַׁנֵּי כִּי קָתָנֵי אַדְּיוֹם וּמִיהוּ מִדְּקָתָנֵי מִקְרָא מְגִילָּה בַּהֲדַייְהוּ שְׁמַע מִינָּה דְּעִיקַּר מִקְרָא מְגִילָּה הָוֵי בִּימָמָא וְעוֹד מִדְּאָמְרִינַן לְקַמָּן (מְגִילָּה דַּף כא:) מַאי מְבָרֵךְ מנ"ח וְלָא קָאָמַר בַּלַּיְלָה מְבָרֵךְ מנ"ח וּבַיּוֹם מ"נ כִּדְקָאָמַר גַּבֵּי נֵר חֲנֻוכָּה יוֹמָא קַמָּא מְבָרֵךְ ננ"ח וְכוּ' אַלְמָא מַשְׁמַע דמנ"ח מְבָרֵךְ בַּיּוֹם וּבַלַּיְלָה וְעוֹד שֶׁבְּנֵי הַכְּפָרִים שֶׁהָיוּ מַקְדִּימִין לְיוֹם הַכְּנִיסָה מִסְּתָמָא בַּיּוֹם הָיוּ בָּאִים לִשְׁמֹועַ אֶת הַמְּגִילָּה כְּשֶׁבָּאִין לִשְׁמֹועַ קְרִיאַת הַתּוֹרָה אַלְמָא שֶׁעִיקַּר קְרִיאָתָהּ בַּיּוֹם ואע"ג דַּהֲוָה סָלְקָא דַּעְתָּא לְמִיתְנְייֵהּ מַתְנִיתִין דִּידֵיהּ בִּימָמָא מ"מ לָא מִיתּוֹקַם הָכִי: אָמַר רַב מְגִילָּה בִּזְמַנָּהּ קוֹרִין אוֹתָהּ בְּיָחִיד שֶׁלֹּא בִּזְמַנָּהּ (אֵין) קוֹרִין אוֹתָהּ (אֶלָּא). בַּעֲשָׂרָה פרש"י שֶׁלֹּא בִּזְמַנָּהּ כְּגוֹן בְּנֵי הַכְּפָרִים שֶׁמַּקְדִּימִין לְיוֹם הַכְּנִיסָה ואע"ג דְּבִימֵי רַב לֵיכָּא לְהַךְ הַקְדָּמָה דְּאֵין קוֹרִין אוֹתָהּ אֶלָּא בִּזְמַנָּהּ פְּלֻוגְתָּא דִּזְמַנָּהּ אַשְׁמוֹעִינַן דְּבִזְמַנָּהּ קוֹרִין אוֹתָהּ בְּיָחִיד וְרַב אַסִּי אָמַר בֵּין בִּזְמַנָּהּ וּבֵין שֶׁלֹּא בִּזְמַנָּהּ (אֵין) קוֹרִין אוֹתָהּ (אֶלָּא) בַּעֲשָׂרָה וְיֵשׁ מְפָרְשִׁים שֶׁלֹּא בִּזְמַנָּהּ כְּגוֹן שֶׁחָל אַרְבָּעָה עָשָׂר לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת לִבְנֵי עֲיָירוֹת וט"ו לִבְנֵי כְּרַכִּין שֶׁמַּקְדִּימִין וְקוֹרִין בע"ש לִבְנֵי כְּרַכִּין הֲוָה עוּבְדָא וְחָשׁ לָהּ רַב %לְהָא דְּרַב אַסִּי ואע"ג דְּחָשׁ לֵיהּ רַב לִדְרַב אַסִּי קי"ל כְּרַב דְּהָא ר' יוֹחָנָן קָאֵי כְּוָותֵיהּ דְּאָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר אַבָּא א"ר יוֹחָנָן (לְקַמָּן מְגִילָּה דַּף יט:) הַקּוֹרֵא בִּמְגִילָּה הַכְּתוּבָה בֵּין הַכְּתוּבִים לֹא יָצָא וְלָא אֲמָרָן אֶלָּא בְּצִבּוּר מִכְּלָל דִּבְיָחִיד יָצָא וְשָׁמְעִינַן מֵהָא דְּקוֹרִין אוֹתָהּ בְּיָחִיד כְּרַב דְּאָמַר בִּזְמַנָּהּ קוֹרִין אוֹתָהּ בְּיָחִיד וְכֵן פָּסַק רַבֵּינוּ תָּם וּבְסֵדֶר רַב עַמְרָם פָּסַק כְּרַב אַסִּי מִדְּחַשׁ לֵיהּ רַב לִדְרַב אַסִּי וְכֵן מִסְתַּבֵּר וְהָא דְּר' יוֹחָנָן אֵינָהּ רְאָיָה דְּאַף לְרַב אַסִּי קְרִיאָה בְּיָחִיד כִּדְפֵי' רַשִׁ"י דְּמִצְוָה לַחֲזֹור אַחַר עֲשָׂרָה וְאִם לֹא מָצָא עֲשָׂרָה אֵינוֹ פָּטוּר מִקְּרִיאָה אֶלָּא קוֹרֵא בְּיָחִיד:
Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : un homme est tenu de lire la meguila la nuit et de la répéter le jour, ainsi qu'il est dit : « Mon D.ieu, j'appelle le jour et Tu ne réponds pas, et la nuit, et point de repos pour moi. » Rabbenou Tam disait : bien qu'on ait récité la bénédiction du temps (chehehiyanou) la nuit, on la récite de nouveau le jour, car la lecture principale est celle du jour plus que celle de la nuit. C'est ce qu'indique la formulation du verset : « j'appelle le jour » — bien que la nuit non plus il n'y ait pour moi point de repos et que j'aie lu la nuit, c'est le jour que se tient la lecture principale. La publication du miracle a elle aussi son moment principal le jour, au temps du festin et de la joie, des dons aux pauvres et de l'envoi de portions. Et nous avons appris plus loin (Meguila 20b) : « tout le jour est valable pour lire la meguila » ; il enseigne cela et il n'enseigne pas « toute la nuit est valable pour la lecture de la meguila », parce que la lecture principale ne se tient pas la nuit. Il enseigne aussi (Meguila 20a) : on ne lit la meguila, on ne circoncit et on ne s'immerge que de jour ; et la guemara explique : d'où cela ? De ce qu'il est écrit « et ces jours » — de jour oui, de nuit non. Faudrait-il dire que ce soit une réfutation de Rabbi Yehochoua ben Levi ? Et l'on répond : ce qui est enseigné porte sur le jour. Toujours est-il que du fait qu'il range la lecture de la meguila parmi ces actes, on en déduit que la lecture principale de la meguila se tient de jour. En outre, de ce que nous disons plus loin (Meguila 21b) : « quelles bénédictions récite-t-on ? Les trois : sur la lecture de la meguila, sur les miracles, et le chehehiyanou » — sans dire « la nuit il en récite trois et le jour deux », comme on le dit pour la lampe de 'Hanouka, « le premier jour il en récite trois », etc. — il ressort que ces trois bénédictions se récitent le jour comme la nuit. En outre, les gens des villages, qui devançaient au jour de rassemblement, venaient vraisemblablement entendre la meguila de jour, lorsqu'ils venaient entendre la lecture de la Tora ; il ressort de là que sa lecture principale se tient de jour. Et bien qu'on eût pu penser rapporter son enseignement au jour seul, cela ne se soutient pas ainsi. — Rav a dit : la meguila, en son temps, on la lit même seul ; hors de son temps, on ne la lit qu'à dix. Rachi explique « hors de son temps » : par exemple les gens des villages qui devancent au jour de rassemblement ; et bien qu'à l'époque de Rav ce devancement n'existât plus, puisqu'on ne la lit qu'en son temps, il nous enseigne la différence d'avec son temps, à savoir qu'en son temps on la lit même seul. Rav Assi dit : en son temps comme hors de son temps, on ne la lit qu'à dix. Certains expliquent « hors de son temps » : par exemple lorsque le quatorze tombe chabbat pour les gens des villes, ou le quinze pour les gens des villes fortifiées, qui devancent et lisent le vendredi. Un fait s'est produit chez les gens des villes fortifiées, et Rav a tenu compte de l'avis de Rav Assi. Et bien que Rav en ait tenu compte, nous tranchons comme Rav, car Rabbi Yo'hanan se tient de son côté : Rabbi Hiya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan que celui qui lit dans une meguila copiée parmi les Ketouvim n'est pas quitte (Meguila 19b), et que cela n'a été dit que pour la lecture publique — d'où il ressort que seul il est quitte. Nous apprenons de là qu'on la lit seul, comme Rav qui dit qu'en son temps on la lit seul ; ainsi a tranché Rabbenou Tam. Dans le Seder de Rav Amram, on tranche comme Rav Assi, du fait même que Rav a tenu compte de son avis, et cela paraît juste. L'enseignement de Rabbi Yo'hanan ne fait pas preuve, car même selon Rav Assi la lecture seul reste valable, comme l'a expliqué Rachi : la mitsva est de rechercher dix hommes, et s'il n'a pas trouvé dix hommes il n'est pas dispensé de la lecture, mais lit seul.
💡 Explication

La michna ouvre une longue liste. Son principe tient dans les trois premiers mots : le temps fixé par la Tora pour ces mitsvot est une durée, la journée entière, et non un instant précis.

Rachi prévient aussitôt le malentendu. La règle zerizin makdimin le-mitsvot, les empressés devancent l'heure des mitsvot, garde toute sa force : il convient d'accomplir tôt. Mais celui qui a tardé reste quitte, car l'acte demeure valable jusqu'au soir.

Le Roch rattache à cette michna deux débats classiques sur la meguila : la seconde bénédiction du temps lors de la lecture du matin, et le nombre de personnes requis, seul ou en présence de dix.

7
וּלְוִידּוּי הַפָּרִים, וּלְוִידּוּי מַעֲשֵׂר, וּלְוִידּוּי יוֹם הַכִּפּוּרִים.

pour la confession sur les taureaux, pour la déclaration de la dîme et pour la confession de Yom Kippour.

📜 Rachi (1)
לְוִידּוּי פָּרִים פַּר הֶעְלֵם דָּבָר שֶׁל צִבּוּר וּפַר כֹּהֵן מָשִׁיחַ שֶׁמִּתְוַדִּין עָלָיו חֵטְא שֶׁהֱבִיאוּהוּ עָלָיו כִּדְאָמְרִינַן בְּמַסֶּכֶת יוֹמָא (דַּף לו:) וְהַתּוֹדָה עַל חַטָּאת עֲוֹן חַטָּאת כְּתִיב הָכָא וְכִפֶּר עָלָיו הַכֹּהֵן (וַיִּקְרָא ד׳:כ״ו) וּכְתִיב הָתָם בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים יָעֳמַד חַי לִפְנֵי ה' לְכַפֵּר עָלָיו וְגוֹ' (וַיִּקְרָא ט״ז:י׳) מַה לְהַלָּן כַּפָּרַת דְּבָרִים וּבַיּוֹם כִּדְיָלֵיף לְקַמָּן אַף כָּאן כַּפָּרַת דְּבָרִים וּבַיּוֹם:
Le taureau apporté pour une décision erronée de la communauté et le taureau du cohen oint, sur lesquels on confesse la faute pour laquelle ils ont été apportés, comme nous le disons dans Yoma (36b) : « et il confessera sur elle », c'est-à-dire sur la faute — il est écrit ici « et le cohen fera pour lui expiation », et il est écrit là-bas, à propos de Yom Kippour, « il sera placé vivant devant Hachem pour faire expiation sur lui » : de même que là-bas il s'agit d'une expiation par les paroles et de jour, comme on le déduit plus loin, de même ici il s'agit d'une expiation par les paroles et de jour.
💡 Explication

Trois confessions figurent ici. Le vidouy parim accompagne les taureaux d'expiation : celui du par helem davar chel tsibour, apporté quand le tribunal a rendu une décision erronée suivie par la communauté, et celui du cohen machiah, le grand prêtre oint. Le vidouy maasser est la déclaration faite la quatrième et la septième année du cycle, quand on a achevé de remettre les prélèvements. Le vidouy de Yom Kippour est celui du grand prêtre sur les offrandes du jour.

Rachi annonce déjà le mécanisme que la guemara développera au segment 12 : une guezera chava fondée sur le mot kapara transporte de Yom Kippour vers les taureaux deux traits à la fois, que l'expiation s'y fasse par les paroles et qu'elle se fasse de jour.

8
לִסְמִיכָה, לִשְׁחִיטָה, לִתְנוּפָה, לְהַגָּשָׁה, לִקְמִיצָה, וּלְהַקְטָרָה, לִמְלִיקָה, וּלְקַבָּלָה, וְלַהַזָּיָה,

pour l'imposition des mains, pour l'abattage, pour le balancement, pour l'approche de l'offrande, pour le prélèvement de la poignée, pour sa combustion, pour le pincement de la nuque de l'oiseau, pour la réception du sang et pour l'aspersion,

📜 Rachi (3)
לִמְלִיקָה שֶׁל עוֹף:
Celle de l'oiseau.
לְקַבָּלָה לְקַבָּלַת הַדָּם:
La réception du sang.
לְהַזָּיָה לִזְרִיקַת הַדָּם וְהַזָּייַת פָּרִים הַנִּשְׂרָפִין וְחַטָּאוֹת הַפְּנִימִיּוֹת שֶׁהִיא זְרִיקָה שֶׁלָּהֶן:
Le jet du sang, ainsi que l'aspersion des taureaux brûlés et des sacrifices expiatoires intérieurs, qui tient lieu chez eux de jet du sang.
💡 Explication

La michna passe aux services du Temple. Semikha : le propriétaire appuie ses mains sur la tête de la bête. Chehita : l'abattage. Tenoufa : le balancement de certaines offrandes. Hagacha : l'offrande végétale est approchée du coin sud-ouest de l'autel. Kemitsa : le cohen prend une poignée de farine, qu'il fait ensuite fumer, ce qui constitue la haktara. Melika : la nuque de l'oiseau est pincée à l'ongle, au lieu du couteau. Kabala : le sang est recueilli dans un vase. Haza'a : il est aspergé ou jeté sur l'autel.

Rachi précise le dernier terme. Le mot haza'a couvre à la fois le jet ordinaire sur l'autel extérieur et les aspersions fines des sacrifices intérieurs, ceux dont la chair est brûlée hors du camp ; chez eux, l'aspersion tient la place que le jet occupe ailleurs.

9
וּלְהַשְׁקָייַת סוֹטָה, וְלַעֲרִיפַת הָעֲגָלָה, וּלְטַהֲרַת הַמְצֹורָע.

pour faire boire la sota, pour le brisement de la nuque de la génisse et pour la purification du metsora.

💡 Explication

Trois procédures achèvent la liste. La sota est la femme soupçonnée par son mari : elle boit les eaux amères au Temple. L'eglah aroufa est la génisse dont on brise la nuque quand un cadavre est trouvé dans un champ sans qu'on sache qui l'a frappé. La purification du metsora réunit les oiseaux, le bois de cèdre, l'écarlate, l'hysope, le rasage et les offrandes.

Ces trois postes tiennent des procédures entières, non de simples gestes ; la michna les déclare valables tout le jour comme les précédents. La guemara ne donnera de source explicite qu'à la sota, au dernier segment du folio.

10
כָּל הַלַּיְלָה כָּשֵׁר לִקְצִירַת הָעֹומֶר, וּלְהֶקְטֵר חֲלָבִים, וְאֵבָרִים. זֶה הַכְּלָל: דָּבָר שֶׁמִּצְוָתוֹ בַּיּוֹם — כָּשֵׁר כָּל הַיּוֹם. דָּבָר שֶׁמִּצְוָתוֹ בַּלַּיְלָה — כָּשֵׁר כָּל הַלַּיְלָה.

Toute la nuit est valable pour la moisson du omer, pour la combustion des graisses et des membres. Voici la règle : une chose dont la mitsva est de jour est valable tout le jour ; une chose dont la mitsva est de nuit est valable toute la nuit.

🗂️ Tossefot (1)
כָּל הַלַּיְלָה כָּשֵׁר לִקְצִירַת הָעֹומֶר אוֹמֵר ר"ת שֶׁאִם שָׁכַח לְבָרֵךְ בַּלַּיְלָה לֹא יְבָרֵךְ בַּיּוֹם כִּדְמַשְׁמַע בְּהַאי סְתָמָא דְּמַתְנִי' דִּנְהִי דְּאִיכָּא סְתָמָא בִּמְנָחוֹת (דַּף עא.) דְּתָנֵי נִקְצַר בַּיּוֹם כָּשֵׁר בְּדִיעֲבַד מ"מ סְתָמָא דְּהָכָא עֲדִיפָא דְּהָא קָתָנֵי לַהּ גַּבֵּי הִלְכָתָא פְּסִיקָתָא דְּדִינָא וְעוֹד נִרְאֶה דְּאַפֵּי' לְמָאֵן דְּמַכְשַׁר קְצִירַת הָעֹומֶר בַּיּוֹם דִּיעֲבַד מוֹדֶה הוּא גַּבֵּי סְפִירָה דְּאֵין לְבָרֵךְ בַּיּוֹם מִשּׁוּם דְּשָׁנָה עָלֶיהָ הַכָּתוּב לְעַכֵּב דִּכְתִיב (וַיִּקְרָא כג) תְּמִימוֹת וְאִי אַתָּה מוֹצֵא תְּמִימוֹת אֶלָּא כְּשֶׁאַתָּה מוֹנֶה בַּלַּיְלָה וְכֵן כָּתוּב בְּהִלְכוֹת עֲצֶרֶת ובה"ג כָּתַב דְּהֵיכָא דְּאִינָשֵׁי לְבָרֵךְ בַּלַּיְלָה יִמְנֶה לְמָחָר בְּלֹא בְּרָכָה וְכֵן הֲלָכָה אֲבָל אִם שָׁכַח לַיְלָה וָיוֹם לֹא יִמְנֶה עוֹד בִּבְרָכָה דְּבָעֵינַן תְּמִימוֹת וְלֵיכָּא וְאַחַר שֶׁבֵּירַךְ עַל הַסְּפִירָה אוֹמֵר י"ר שֶׁיִּבָּנֶה וְכוּ' מַה שֶׁאֵין כֵּן בִּתְקִיעַת שׁוֹפָר וְלוּלָב וְהַייְנוּ טַעְמָא לְפִי שֶׁאֵין אֶלָּא הַזְכָּרָה עַתָּה לְבִנְיַן ביהמ"ק אֲבָל לְשׁוֹפָר וְלוּלָב יֵשׁ עֲשִׂיָּה:
Rabbenou Tam dit que celui qui a oublié de bénir la nuit ne bénira pas le jour, comme il ressort de cette michna anonyme. Même s'il existe une michna anonyme dans Menahot (71a) enseignant que « moissonne de jour, c'est valable » après coup, la michna anonyme d'ici l'emporte, car elle est enseignée parmi des règles tranchées. Il semble en outre que même celui qui valide après coup la moisson du omer faite de jour l'admet à propos du compte : on ne bénit pas le jour, parce que l'Écriture a répété la chose pour en faire une condition, puisqu'il est écrit « complètes » (Vayikra 23) — et tu ne trouves de semaines complètes que lorsque tu comptes la nuit ; ainsi est-il écrit dans les Hilkhot Atseret. Le Behag écrit que celui qui a oublié de bénir la nuit comptera le lendemain sans bénédiction, et telle est la halakha ; mais s'il a oublié la nuit et le jour, il ne comptera plus avec bénédiction, car il faut des semaines complètes et cela manque. Après avoir béni sur le compte, on dit « que ce soit Ta volonté que le Temple soit reconstruit », ce qu'on ne dit ni pour la sonnerie du chofar ni pour le loulav. La raison en est qu'il n'y a là désormais qu'une évocation de la reconstruction du Temple, tandis que pour le chofar et le loulav il y a un acte à accomplir.
💡 Explication

Deux mitsvot de nuit répondent à la liste du jour. La ketsirat ha-omer est la moisson de l'orge, faite la nuit qui suit le premier jour de Pessa'h. La haktarat halavim ve-evarim est la combustion des graisses et des membres des sacrifices du jour, qui se poursuit pendant la nuit.

La michna se ferme sur un zeh ha-klal, une règle générale qui dégage le principe des exemples : l'heure fixée par la Tora vaut pour toute sa durée.

Tossefot passe de la moisson au compte du omer, qui lui est lié. La condition de semaines temimot, complètes, impose de compter dès la nuit. De là deux avis sur l'oubli : selon Rabbenou Tam, celui qui a oublié la nuit ne bénit plus le jour ; selon le Behag, retenu comme halakha, il compte le jour sans bénédiction et poursuit les jours suivants avec bénédiction, tant qu'aucune journée entière ne manque.

🖼️ Schéma
L'oubli du compte du omer selon Tossefot Il faut des semaines complètes donc le compte s'ouvre la nuit. Oubli de la nuit seulement Rabbenou Tam : il ne bénit plus le jour, la michna d'ici tranchant que la moisson et le compte sont de nuit. Behag, retenu comme halakha : il compte le jour sans bénédiction, puis reprend. Oubli de la nuit et du jour Une journée entière manque au compte. La condition de semaines complètes ne peut plus être tenue. Il poursuit le compte sans bénédiction jusqu'à Chavouot.
De la moisson de nuit à la règle de l'oubli dans le compte du omer.
11
גְּמ׳ מִנָּלַן? דְּאָמַר קְרָא: ״וְהַיָּמִים הָאֵלֶּה נִזְכָּרִים וְנַעֲשִׂים״. לִקְרִיאַת הַהַלֵּל, דִּכְתִיב: ״מִמִּזְרַח שֶׁמֶשׁ עַד מְבוֹאוֹ״. (רַבִּי יוֹסֵי) אוֹמֵר: ״זֶה הַיּוֹם עָשָׂה ה׳״.

Guemara. D'où tenons-nous cela ?

Le verset dit : « Et ces jours sont rappelés et accomplis. » Pour la récitation du Hallel, il est écrit : « Du lever du soleil jusqu'à son coucher. » Rabbi Yossi dit : « Voici le jour qu'a fait Hachem. »

💡 Explication

La guemara reprend la liste dans l'ordre et cherche pour chaque poste le mot jour dans un verset. Pour la meguila, le verset d'Esther qui institué la fête parle de jours rappelés et accomplis.

Pour le Hallel, deux versets sont proposés, tous deux tirés du Hallel lui-même. Le premier décrit la louange « du lever du soleil jusqu'à son coucher », ce qui délimite une journée. Rabbi Yossi préfère un verset qui nomme directement le jour, « voici le jour qu'a fait Hachem ».

12
וְלִנְטִילַת לוּלָב, דִּכְתִיב: ״וּלְקַחְתֶּם לָכֶם בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן״. וְלִתְקִיעַת שׁוֹפָר, דִּכְתִיב: ״יוֹם תְּרוּעָה יִהְיֶה לָכֶם״. וְלַמּוּסָפִין, דִּכְתִיב: ״דְּבַר יוֹם בְּיוֹמוֹ״. וְלִתְפִלַּת הַמּוּסָפִין — כְּמוּסָפִין שַׁוְּיוּהָ רַבָּנָן.

Pour la prise du loulav, car il est écrit : « Et vous prendrez pour vous, au premier jour. » Pour la sonnerie du chofar, car il est écrit : « Ce sera pour vous un jour de sonnerie. » Pour les sacrifices additionnels, car il est écrit : « chaque chose au jour qui lui revient ». Et la prière de Moussaf, les Sages l'ont établie à l'image des sacrifices additionnels.

💡 Explication

Trois versets se suivent, tous portant le mot yom. Pour le loulav, « au premier jour » ; pour le chofar, « un jour de sonnerie » ; pour les moussafin, « chaque chose au jour qui lui revient », expression qui attache chaque sacrifice additionnel à sa journée.

La prière de Moussaf n'a pas de verset propre, puisqu'elle est d'institution rabbinique. Elle suit la règle du sacrifice qu'elle remplace : ke-moussafin chavyouha rabanan, les Sages l'ont faite à l'image des sacrifices additionnels. Son heure est donc la même, tout le jour.

13
וּלְוִידּוּי פָּרִים, דְּיָלֵיף ״כַּפָּרָה״ ״כַּפָּרָה״ מִיּוֹם הַכִּפּוּרִים. דְּתַנְיָא גַּבֵּי יוֹם הַכִּפּוּרִים: ״וְכִפֶּר בַּעֲדוֹ וּבְעַד בֵּיתוֹ״ — בְּכַפָּרַת דְּבָרִים הַכָּתוּב מְדַבֵּר. וְכַפָּרָה בִּימָמָא הוּא, דִּכְתִיב: ״בַיּוֹם הַזֶּה יְכַפֵּר עֲלֵיכֶם״.

Pour la confession sur les taureaux, on l'apprend par une guezera chava entre « expiation » et « expiation » tirée de Yom Kippour. Car on a enseigné à propos de Yom Kippour : « et il fera expiation pour lui et pour sa maison » — l'Écriture parle d'une expiation par les paroles.

Or l'expiation se fait de jour, puisqu'il est écrit : « car en ce jour il fera expiation sur vous ».

📜 Rachi (2)
גמ' בְּכַפָּרַת דְּבָרִים וִידּוּי בְּמַסֶּכֶת יוֹמָא (דַּף לוֹ:) מְסַייֵּם לָהּ אַתָּה אוֹמֵר בְּכַפָּרַת דְּבָרִים אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בְּכַפָּרַת דָּמִים הֲרֵי הוּא אוֹמֵר וְשָׁחַט אֶת פַּר הַחַטָּאת אֲשֶׁר לוֹ לָמַדְנוּ שֶׁעֲדַיִין לֹא נִשְׁחַט הַפָּר:
Il s'agit de la confession. Dans Yoma (36b) on achève ainsi : dis-tu qu'il s'agit d'une expiation par les paroles, ou plutôt d'une expiation par le sang ? Il est dit : « et il égorgera le taureau du sacrifice expiatoire qui est à lui » — nous apprenons que le taureau n'avait pas encore été égorgé.
כִּי בַיּוֹם הַזֶּה יְכַפֵּר עֲלֵיכֶם אַלְמָא כַּפָּרָתוֹ בַּיּוֹם:
Il ressort de là que son expiation se fait de jour.
🗂️ Tossefot (1)
וּלְוִידּוּי יוה"כ דְּתַנְיָא קַשְׁיָא אַמַּאי אִיצְטְרִיךְ לְמֵימַר הַאי כֵּיוָן דִּתְנָא כָּל הַיּוֹם כָּשֵׁר לַסְּמִיכָה וַהֲלֹא הַוִּידּוּי אֵינוֹ אֶלָּא בִּשְׁעַת סְמִיכָה וְי"ל דְּאִי לָאו הַאי הֲוָה אֲמִינָא דְּוִידּוּי זֶה (כְּוִידּוּי) דִּשְׁאָר סְמִיכוֹת דְּאֵינוֹ כָּשֵׁר כָּל הַיּוֹם וְיִגְרֹום נָמֵי לִסְמִיכָה שֶׁלֹּא תְּהֵא כְּשֵׁרָה כָּל הַיּוֹם כִּשְׁאָר סְמִיכוֹת משו"ה אִיצְטְרִיךְ לְמִתְנֵי הַוִּידּוּי:
Difficulté : pourquoi fallait-il énoncer cela, puisque la michna a déjà enseigné que tout le jour est valable pour la semikha, et que la confession se fait précisément au moment de la semikha ? On peut répondre que sans cela j'aurais dit que cette confession est comme celle des autres semikhot, laquelle n'est pas valable tout le jour, et qu'elle entraînerait aussi que la semikha ne soit pas valable tout le jour, à l'instar des autres semikhot ; c'est pourquoi il fallait enseigner la confession.
💡 Explication

La confession des taureaux n'a pas de verset qui dise le jour. La guemara recourt donc à une guezera chava, une déduction fondée sur un mot commun : kapara, expiation, figure à propos de ces taureaux et à propos de Yom Kippour.

Le transport se fait en deux temps. Une baraita établit d'abord que l'expiation de Yom Kippour dont parle le verset est celle des paroles, la confession ; Rachi rappelle la preuve donnée dans Yoma, tirée de ce que le taureau n'est égorgé qu'ensuite. Un second verset établit ensuite que cette expiation se fait de jour. Les deux traits passent alors aux taureaux de notre michna.

Tossefot demande pourquoi la michna mentionne encore la confession, alors qu'elle a déjà énoncé la semikha, qui se fait au même moment. La réponse est que l'ordre pouvait se renverser : sans mention explicite, on aurait aligné cette confession sur les autres semikhot et restreint du même coup la semikha elle-même.

🖼️ Schéma
La guezera chava kapara - kapara Taureaux d'expiation et le cohen fera pour lui expiation — mot kapara. Yom Kippour et il fera expiation pour lui et pour sa maison — mot kapara. mot commun Ce que Yom Kippour établit 1. L'expiation visée est celle des paroles, c'est-à-dire la confession. 2. Elle se fait de jour : car en ce jour il fera expiation sur vous. Ce que les taureaux reçoivent Leur expiation passe par une confession, et cette confession est valable tout le jour.
Le mot kapara transporte deux traits de Yom Kippour vers les taureaux d'expiation.
14
וּלְוִידּוּי מַעֲשֵׂר וְכוּ׳, דִּכְתִיב: ״וְאָמַרְתָּ לִפְנֵי ה׳ אֱ-לֹהֶיךָ בִּעַרְתִּי הַקֹּדֶשׁ מִן הַבַּיִת״, וּסְמִיךְ לֵיהּ: ״הַיּוֹם הַזֶּה ה׳ אֱ-לֹהֶיךָ מְצַוְּךָ״.

« Pour la déclaration de la dîme », etc., car il est écrit : « Et tu diras devant Hachem ton D.ieu : j'ai fait disparaître de la maison ce qui est consacré », et il lui est juxtaposé : « En ce jour, Hachem ton D.ieu t'ordonne ».

💡 Explication

La déclaration de la dîme se fait la quatrième et la septième année du cycle, quand on a achevé de remettre à leurs destinataires les prélèvements des trois années écoulées.

Le verset de la déclaration ne porte pas le mot jour. La guemara se sert alors de la semikhout, la juxtaposition : le passage suivant immédiatement s'ouvre par « en ce jour ». Le voisinage des deux versets rattache la déclaration à la journée.

15
לִסְמִיכָה וְלִשְׁחִיטָה, דִּכְתִיב: ״וְסָמַךְ ... וְשָׁחַט״, וּכְתִיב בָּהּ בִּשְׁחִיטָה: ״בְּיוֹם זִבְחֲכֶם״. וְלִתְנוּפָה, דִּכְתִיב: ״בְּיוֹם הֲנִיפְכֶם אֶת הָעֹומֶר״.

Pour la semikha et pour la chehita, car il est écrit : « il appuiera... et il égorgera » ; et il est écrit à propos de la chehita : « au jour de votre sacrifice ». Pour la tenoufa, car il est écrit : « au jour où vous balancerez le omer ».

💡 Explication

Deux opérations sont ici traitées ensemble parce qu'un seul verset les enchaîne : « il appuiera sa main sur la tête de son offrande et il l'égorgera ». Cette suite forme un hekech, un rattachement : ce qui vaut pour l'une vaut pour l'autre.

La chehita, elle, possède son propre verset avec le mot jour, « au jour de votre sacrifice ». Elle transmet donc ce trait à la semikha par le hekech. La tenoufa a également son verset, « au jour où vous balancerez le omer ».

16
וְלַהַגָּשָׁה — דְּאִיתַּקַּשׁ לִתְנוּפָה, דִּכְתִיב: ״וְלָקַח הַכֹּהֵן מִיַּד הָאִשָּׁה אֵת מִנְחַת הַקְּנָאֹות וְהֵנִיף... וְהִקְרִיב״. וְלִמְלִיקָה וְלִקְמִיצָה וּלְהַקְטָרָה וּלְהַזָּיָה, דִּכְתִיב: ״בְּיוֹם צַווֹּתוֹ אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל״.

Pour la hagacha, elle est rattachée à la tenoufa, car il est écrit : « Le cohen prendra de la main de la femme l'offrande de jalousie, il la balancera... et il l'approchera. » Pour la melika, la kemitsa, la haktara et la haza'a, car il est écrit : « au jour où il ordonna aux enfants d'Israël ».

📜 Rachi (3)
וְהֵנִיף וְהִקְרִיב וְהַקְרָבָה הִיא הַגָּשָׁה דְּאִי אֶפְשָׁר לוֹמַר הַךְ הַקְרָבָה הִיא הַקְטָרַת הַקֹּומֶץ דְּהָא כְּתִיב בָּתְרֵיהּ וְקָמַץ וְהִקְטִיר וּמַה הִיא הַגָּשָׁה מַגִּישׁ אֶת הַמִּנְחָה וּמַגִּיעָהּ בְּקֶרֶן מַעֲרָבִית דְּרוֹמִית שֶׁל מִזְבֵּחַ כְּנֶגֶד חֻודָּהּ שֶׁל קֶרֶן וְאַחַ"כּ קוֹמֵץ וּמִקְּרָאֵי יָלֵיף לָהּ בְּמַסֶּכֶת סוֹטָה (דַּף יד:) וּבִמְנָחוֹת (דַּף יט:):
L'approche dont parle ce verset est la hagacha. On ne peut dire que cette approche soit la combustion de la poignée, puisqu'il est écrit ensuite « il en prendra la poignée et il la fera fumer ». Et qu'est-ce que la hagacha ? Il approche l'offrande et la fait toucher le coin sud-ouest de l'autel, face à l'arête du coin, et ensuite il prend la poignée ; on le déduit de versets dans Sota (14b) et dans Menahot (19b).
לִקְמִיצָה וּלְהַקְטָרָה בְּהַקְטָרַת קֹומֶץ קָאָמַר שֶׁהִיא בְּמִנְחָה כְּנֶגֶד זְרִיקַת דָּם בִּזְבָחִים וְאֵינָהּ כְּשֵׁרָה אֶלָּא בַּיּוֹם אֲבָל הֶקְטֵר חֲלָבִים וְאֵבָרִים תְּנַן בְּמַתְנִי' דִּכְשֵׁרִים כָּל הַלַּיְלָה:
Il parle de la combustion de la poignée, qui tient dans l'offrande végétale la place du jet du sang dans les sacrifices animaux, et qui n'est valable que de jour ; mais la combustion des graisses et des membres, notre michna enseigne qu'elle est valable toute la nuit.
בְּיוֹם צַוּוֹתוֹ לְהַקְרִיב אֶת קָרְבְּנֵיהֶם וְכָל הָנֵי הַקְרָבַת הַקָּרְבָּן נִינְהוּ דְּאִילּוּ הַקְטָרַת קֹומֶץ הַקְרָבָה הִיא וּקְמִיצָה אִיתַּקַּשׁ לְהַקְטָרָה דִּכְתִיב וְקָמַץ וְהִקְטִיר מְלִיקַת עוֹף מְלִיקָתוֹ וְהַזָּיָיתוֹ כְּאַחַת וְהַזָּייָתוֹ הִיא הַקְרָבָתוֹ קַבָּלַת דַּם הַקְרָבָה קָרֵי לָהּ דְּאָמַר מַר (חֲגִיגָה דַּף יא.) וְהִקְרִיבוּ זוֹ קַבָּלַת הַדָּם א"נ לְהַקְרִיב כָּל צָורְכֵי הַקְרָבָה קְמִיצָה וּמְלִיקָה וְקַבָּלָה כֻּולָּן צָרְכֵי הַקְרָבָה הֵן וְאִי אֶפְשָׁר בְּלֹא הֵן אֲבָל הַגָּשָׁה וּתְנוּפָה אֵינָן מְעַכְּבִין:
« ...d'apporter leurs offrandes » : toutes ces opérations sont des actes d'offrande. La combustion de la poignée est elle-même une approche ; la kemitsa est rattachée à la haktara, puisqu'il est écrit « il en prendra la poignée et il la fera fumer » ; pour la melika de l'oiseau, son pincement et son aspersion ne font qu'un, et son aspersion est son approche ; quant à la réception du sang, elle est appelée approche, comme l'a dit le maître (Haguiga 11a) : « et ils approcheront » désigne la réception du sang. Ou encore : « pour approcher » inclut tous les besoins de l'offrande — la kemitsa, la melika et la réception du sang sont toutes des nécessités de l'offrande, sans lesquelles elle est impossible ; la hagacha et la tenoufa, en revanche, ne sont pas indispensables.
🗂️ Tossefot (1)
לִקְמִיצָה וּלְהַקְטָרָה דִּכְתִיב בְּיוֹם צַוּוֹתוֹ אֲבָל שְׁחִיטָה לָא מַפְּקִינַן מֵהַאי קְרָא דְּלָאו עֲבוֹדָה הִיא שֶׁהֲרֵי כְּשֵׁרָה בְּזָר וּקְרָא מִשְׁתַּעֵי בַּעֲבוֹדָה דִּכְתִיב לְהַקְרִיב אֶת קָרְבְּנֵיהֶם וְכֵן תְּנוּפָה וְהַגָּשָׁה אֵין צָרִיךְ בְּהוּ כֹּהֵן בְּמִנְחָה לִפְנֵי הַקְּמִיצָה:
En revanche, la chehita, on ne la déduit pas de ce verset, car elle n'est pas un service (avoda) : elle reste valable faite par un non-cohen, alors que le verset traite du service, puisqu'il est écrit « pour approcher leurs offrandes ». Il en va de même pour la tenoufa et la hagacha, qui n'exigent pas de cohen dans l'offrande végétale avant la kemitsa.
💡 Explication

La hagacha reçoit son heure par hekech : le verset de la sota enchaîne le balancement et l'approche, et la tenoufa a déjà son verset avec le mot jour. Rachi prend soin d'écarter une autre lecture du mot « approcher » : il ne peut désigner la combustion de la poignée, puisque celle-ci est mentionnée après.

Les quatre services restants sont couverts par un seul verset, la conclusion des lois des sacrifices : « au jour où il ordonna aux enfants d'Israël d'apporter leurs offrandes ». Rachi montre comment chacun entre dans le mot hakrava, l'acte d'apporter : la haktara en est un directement, la kemitsa lui est rattachée par le verset qui les enchaîne, la melika se confond avec son aspersion, et la réception du sang est désignée ailleurs comme une approche. Il ajoute une seconde voie : tout ce sans quoi l'offrande ne peut se faire entre dans ce mot, ce qui exclut la hagacha et la tenoufa, qui ne sont pas indispensables.

Tossefot tire la limite du même verset : la chehita n'en relève pas, puisqu'elle est valable accomplie par un non-cohen et n'est donc pas une avoda. Elle avait d'ailleurs déjà son propre verset au segment précédent.

🖼️ Schéma
Ce que le verset au jour où il ordonna recouvre, selon Rachi Au jour où il ordonna aux enfants d'Israël d'apporter leurs offrandes (Vayikra 7,38) Haktara La combustion de la poignée est elle-même une approche. Kemitsa Rattachée à la haktara : il en prendra la poignée et il la fera fumer. Melika et haza'a Le pincement et l'aspersion ne font qu'un ; l'aspersion est l'approche. Kabala Et ils approcheront désigne la réception du sang (Haguiga 11a). Hors du verset : hagacha et tenoufa Elles ne sont pas indispensables à l'offrande ; leur heure vient du hekech avec la tenoufa. Hors du verset : chehita (Tossefot) Elle est valable faite par un non-cohen, donc elle n'est pas une avoda ; son verset lui est propre.
Les quatre services tirés du mot approche, et ceux qui en restent dehors.
17
וּלְהַשְׁקָייַת סוֹטָה — אָתְיָא ״תּוֹרָה״ ״תּוֹרָה״. כְּתִיב הָכָא: ״וְעָשָׂה לָהּ הַכֹּהֵן אֵת כָּל הַתּוֹרָה הַזֹּאת״, וּכְתִיב הָתָם: ״עַל פִּי הַתּוֹרָה אֲשֶׁר יוֹרוּךָ וְעַל הַמִּשְׁפָּט״.

Pour faire boire la sota, on l'apprend par une guezera chava entre « tora » et « tora ». Il est écrit ici : « et le cohen fera pour elle toute cette tora », et il est écrit là-bas : « selon la tora qu'ils t'enseigneront et selon le jugement qu'ils te diront ».

💡 Explication

Le dernier poste de la liste reçoit sa source par une seconde guezera chava. Le mot tora figure dans le passage de la sota, « le cohen fera pour elle toute cette tora », et dans le passage qui règle l'autorité du tribunal, « selon la tora qu'ils t'enseigneront ».

Le second passage traite du jugement, et le jugement se tient de jour. Le mot commun transporte ce trait vers la sota : la procédure des eaux amères se conduit elle aussi de jour, et elle est valable tout le jour.

🖼️ Schéma
La guezera chava tora - tora pour la sota Ici — la sota (Bamidbar 5,30) Et le cohen fera pour elle toute cette tora. Là-bas — le tribunal (Devarim 17,11) Selon la tora qu'ils t'enseigneront et selon le jugement. tora Ce qui passe d'un passage à l'autre Le jugement se tient de jour ; la procédure de la sota se conduit donc de jour elle aussi, et elle demeure valable jusqu'au soir, comme les autres postes de la michna.
Le mot tora rattache la procédure de la sota au régime du jugement.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).