Megillah 22b — Combien de lecteurs monte-t-on a la Torah selon le jour : la règle du « ce qui a un élément de plus reçoit un homme de plus » ; puis pourquoi Rav ne tombait pas sur sa face, la pierre ornée du verset et les trois formes de prosternation

Megillah 22b

Sougya : La première moitié du folio achève la discussion sur le nombre de lecteurs un jour de jeûne public. Une braita tranche par le critère de l'interruption de travail : trois lecteurs les jours où le peuple travaille, quatre les jours où il ne travaille pas.

Rav Achi objecte depuis notre michna, qui compte quatre lecteurs pour tout jour comportant un moussaf, et la guemara répond que « telle est la règle générale » n'ajoute rien : c'est un simple repère qui classe les jours par degré de gravité, trois pour le jeûne, puis quatre, cinq, six et sept jusqu'au Chabbat. La seconde moitié revient au récit de Rav à Babel : il ne tomba pas sur sa face alors que tout le public le faisait.

Quatre explications se succèdent, dallage de pierres, souci de ne pas déranger le public, extension des mains et des pieds, rang de l'homme important, chacune appuyée sur un enseignement de Oulla ou de Rabbi Elazar. Le folio se clôt sur la braita qui définit la kida, la keria et l'hichtahavaa, l'accident de Levi devant Rabbi, et s'interrompt au milieu du témoignage de Rav Hiya bar Avin sur Abaye.

Combien de lecteurs à la Torah : chaque degré de gravité ajoute un homme Jour Lecteurs Ce qu'il a en plus que le précédent Jeûne public et neuf Av 3 Le travail est permis : on abrège pour ne pas retenir le peuple Roch Hodech et hol hamoed 4 Un sacrifice moussaf Yom tov 5 Le travail y est interdit Yom Kippour 6 Le travail y est puni de karet (retranchement) Chabbat 7 Le travail y est passible de sekila (lapidation)
Le repère de la michna : on ne compare pas les jours entre eux, on les empile. Chaque fois qu'un jour ajoute une sévérité à celui d'en dessous, il gagne un lecteur.
Pourquoi Rav n'est-il pas tombé sur sa face ? Quatre réponses Tout le public tombe sur la face, Rav reste debout 1. Le dallage de pierres Oulla : la Torah n'interdit que le dallage de pierres, hors du Temple. Objection : alors pourquoi Rav seul ? 2. Le dallage était devant Rav Le reste du sol n'était pas dallé. Il n'a pas voulu déranger le public en se déplaçant : on se lève devant lui. 3. L'extension des mains et des pieds Oulla : seul le pishout yadayim veraglayim est interdit sur la pierre. Rav se prosternait ainsi et ne changeait pas de coutume. 4. Un homme de rang, c'est différent Rabbi Elazar : il ne tombe pas sur sa face s'il n'est pas sur d'être exaucé, comme Yehochoua bin Noun.
Les deux premières réponses portent sur le lieu, la troisième sur la manière de se prosterner, la quatrième sur la personne de Rav.
Les trois formes de prosternation selon la braita Kida Sur la face, le visage contre terre, les genoux non fléchis. Bat-Chéva s'inclina, la face contre terre. Rachi : appui sur les pouces. Kéria Sur les genoux : on fléchit les genoux, sans plus. Il se releva de fléchir sur ses genoux. Hichtahavaa Extension des mains et des pieds : le corps entièrement étendu au sol. Viendrons-nous nous prosterner jusqu'à terre ? Seule forme interdite par la Torah La conséquence pratique dans nos synagogues dallées Tossefot et le Roch : on s'incline de côté (matsli atsluyé), comme Abaye et Rava, pour ne pas avoir l'air de se prosterner.
Trois postures, trois versets. C'est la troisième seule que le verset de la pierre ornée interdit, et de là vient l'usage de s'incliner de côté.
1
מִיפָּק לָא נָפְקִי.

Quant à sortir, ils ne sortaient pas.

📜 Rachi (1)
מִיפָּק לָא נָפְקִי הִלְכָּךְ לְפָנֶיהָ בְּרִיךְ גְּזֵירָה מִשּׁוּם הַנִּכְנָסִין כִּדְאָמְרִינַן לְעֵיל לְאַחֲרֶיהָ לָא בְּרִיךְ דְּלָא חָיֵישׁ לַיּוֹצְאִין:
C'est pourquoi il a récité la bénédiction avant la lecture, décret institué à cause de ceux qui entrent, comme nous l'avons dit plus haut ; après la lecture il n'a pas récité de bénédiction, car il n'y avait pas lieu de craindre pour ceux qui sortent.
💡 Explication

Fin de la réponse commencée au folio précédent. Rav avait récité la bénédiction avant sa lecture mais non après, et la guemara explique ce partage par le public de Babel : des gens entraient en retard, ce qui oblige à bénir au début pour eux, mais personne ne sortait avant la fin, ce qui dispense de bénir à la fin.

2
תָּא שְׁמַע, זֶה הַכְּלָל: כֹּל שֶׁיֵּשׁ בּוֹ בִּיטּוּל מְלָאכָה לָעָם, כְּגוֹן תַּעֲנִית צִבּוּר וְתִשְׁעָה בְּאָב — קוֹרִין שְׁלֹשָׁה,

Viens et entends : telle est la règle générale, tout jour où il y a interruption de travail pour le peuple, comme un jeûne public ou le neuf Av, on lit à trois,

📜 Rachi (3)
זֶה הַכְּלָל כֹּל שֶׁיֵּשׁ בּוֹ בִּיטּוּל מְלָאכָה לָעָם בַּמֶּה שֶׁהֵן מְאַחֲרִין בְּבֵית הַכְּנֶסֶת:
Par le fait qu'ils s'attardent à la synagogue.
כְּגוֹן תַּעֲנִית צִבּוּר שֶׁמֻּותָּר בִּמְלָאכָה רֹוב תַּעֲנִית צִבּוּר מֻותָּרִין בִּמְלָאכָה חוּץ מִשֶּׁל גְּשָׁמִים אֶמְצָעִיִּים וְאַחֲרוֹנִים:
Où le travail est permis. La plupart des jeûnes publics sont permis dans le travail, hormis ceux que l'on décrète pour les pluies, les jeûnes intermédiaires et les derniers.
וְתִשְׁעָה בְּאָב נָמֵי מֻותָּר בִּמְלָאכָה אֶלָּא בְּמָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ:
Lui aussi est permis dans le travail, sauf à l'endroit où l'usage est de s'en abstenir.
💡 Explication

La guemara cherche une preuve pour trancher combien de personnes montent à la Torah un jour de jeûne public. Cette braita propose un critère unique, le bitoul melakha (interruption de travail) : un jour où le peuple travaille, s'attarder à la synagogue lui coûte, on abrège donc la lecture à trois lecteurs.

Le jeûne public et le neuf Av entrent dans cette catégorie parce que, selon Rachi, le travail y reste permis dans la plupart des cas.

3
וְשֶׁאֵין בּוֹ בִּיטּוּל מְלָאכָה לָעָם, כְּגוֹן רָאשֵׁי חֳדָשִׁים וְחֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד — קוֹרִין אַרְבָּעָה. שְׁמַע מִינָּה.

et celui où il n'y a pas d'interruption de travail pour le peuple, comme les nouvelles lunes et les jours intermédiaires de fête, on lit à quatre. Apprends-en donc [qu'un jeûne public se lit à trois].

📜 Rachi (1)
רָאשֵׁי חֳדָשִׁים אֵין בּוֹ בִּיטּוּל מְלָאכָה כָּל כָּךְ שֶׁאֵין הַנָּשִׁים עוֹשׂוֹת מְלָאכָה בָּהֶן וְהָכִי נָמֵי אָמְרִינַן בְּמַס' רֹאשׁ הַשָּׁנָה (ד' כג.) גַּבֵּי מַשּׂוּאוֹת מִשּׁוּם בִּיטּוּל מְלָאכָה לָעָם שְׁנֵי יָמִים וְשָׁמַעְתִּי מִפִּי מוֹרִי הַזָּקֵן זַ"ל שֶׁנִּיתְּנָה לָהֶם מִצְוָה זוֹ בִּשְׁבִיל שֶׁלֹּא פֵּירְקוּ נִזְמֵיהֶן בָּעֵגֶל (תּוֹסָפוֹת. וַאֲנִי מָצָאתִי בְּפֶרֶק מ"ה דְּבָרַיְיתָא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר שָׁמְעוּ הַנָּשִׁים וְלֹא רָצוּ לִיתֵּן נִזְמֵיהֶן לְבַעֲלֵיהֶן אֶלָּא אָמְרוּ לָהֶן אַתֶּם רוֹצִים לַעֲשׂוֹת פֶּסֶל וּמַסֵּכָה שֶׁאֵין בּוֹ כֹּחַ לְהַצִּיל וְנָתַן הקב"ה שְׂכָרָן שֶׁל נָשִׁים בָּעוֹלָם הַזֶּה שֶׁיְּהוּ מִשְׁמָרוֹת רָאשֵׁי חֳדָשִׁים יוֹתֵר מִן הָאֲנָשִׁים ולעוה"ב הֵן עֲתִידוֹת לְהִתְחַדֵּשׁ כְּמוֹ רָאשֵׁי חֳדָשִׁים שֶׁנֶּאֱמַר תִּתְחַדֵּשׁ כַּנֶּשֶׁר נְעוּרָיְיכִי ע"כ) וּמִקְרָא מְסַייְּעוֹ דִּכְתִיב אֲשֶׁר נִסְתַּרְתָּ שָּׁם בְּיוֹם הַמַּעֲשֶׂה (שְׁמוּאֵל א כ׳:י״ט) וְתִרְגֵּם יוֹנָתָן בְּיוֹמָא דְּחֻולָּא וְהָתָם נָמֵי גַּבֵּי ר"ח קָאֵי דְּקָאָמַר לֵיהּ מָחָר חֹודֶשׁ וְקָרֵי לֵיהּ לְעֶרֶב ר"ח יוֹם הַמַּעֲשֶׂה אַלְמָא רֹאשׁ חֹדֶשׁ לָאו יוֹם הַמַּעֲשֶׂה הוּא וּמוֹעֵד נָמֵי לָאו בִּיטּוּל מְלָאכָה לָעָם שֶׁהֲרֵי בָּאִין לְבֵית הַכְּנֶסֶת יוֹתֵר מֵימוֹת הַחֹול לְפִי שֶׁאֵין עוֹשִׂין בּוֹ מְלָאכָה אֶלָּא בְּדָבָר הָאָבֵד:
Il n'y a pas tant d'interruption de travail en ces jours, puisque les femmes n'y font pas de travail. Ainsi disons-nous également dans le traité Roch Hachana (23a) au sujet des torches de signalisation : à cause de l'interruption de travail pour le peuple pendant deux jours. Et j'ai entendu de la bouche de mon maître l'Ancien, de mémoire bénie, que cette mitsva leur a été donnée parce qu'elles n'ont pas retiré leurs anneaux pour le veau. (Tossefot. Et moi, j'ai trouvé au chapitre 45 de la braita de Rabbi Eliezer : les femmes entendirent et ne voulurent pas donner leurs anneaux à leurs maris ; elles leur dirent : vous voulez faire une idole et une image de fonte qui n'a aucune force pour sauver. Le Saint béni soit-Il a donné aux femmes leur récompense en ce monde, qu'elles observent les nouvelles lunes plus que les hommes ; et dans le monde à venir elles sont appelées à se renouveler comme les nouvelles lunes, ainsi qu'il est dit : « ta jeunesse se renouvelle comme l'aigle ». Fin de citation.) Et un verset vient à l'appui, comme il est écrit : « là où tu t'étais caché le jour de l'ouvrage » (Chemouel I 20,19), que Yonatan traduit « le jour de semaine » ; or la aussi il est question de la nouvelle lune, puisqu'il lui dit « demain est nouvelle lune », et il appelle la veille de la nouvelle lune « jour de l'ouvrage » : il apparaît donc que la nouvelle lune n'est pas un jour d'ouvrage. Et les jours intermédiaires de fête non plus ne comportent pas d'interruption de travail pour le peuple, car on vient à la synagogue plus que les jours ordinaires, du fait qu'on n'y accomplit de travail que pour ce qui risque d'être perdu.
🗂️ Tossefot (1)
וְשֶׁאֵין בָּהֶן בִּיטּוּל מְלָאכָה כְּגוֹן רֹאשׁ חֹדֶשׁ קוֹרִין אַרְבָּעָה וְקַשְׁיָא דְּהָא בְּפֶרֶק אֵין דּוֹרְשִׁין בַּחֲגִיגָה (דַּף יח. וְשָׁם) אָמְרִינַן רֹאשׁ חֹדֶשׁ יוֹכִיחַ שֶׁיֵּשׁ בּוֹ קָרְבַּן מוּסַף וּמֻותָּר בַּעֲשִׂייַּת מְלָאכָה וְי"ל דְּוַדַּאי מֻותָּר הוּא בַּעֲשִׂייַּת מְלָאכָה לַאֲנָשִׁים אֲבָל נָשִׁים אֲסוּרוֹת בִּמְלָאכָה לְפִי' שֶׁלֹּא פָּרְקוּ נִזְמֵיהֶן בְּמַעֲשֵׂה הָעֵגֶל:
Cela fait difficulté : au chapitre Ein dorchin, dans Haguiga (18a), nous disons que la nouvelle lune le prouve, car elle comporte un sacrifice moussaf et le travail y est permis. On peut répondre qu'il est certes permis aux hommes d'y travailler, mais que les femmes y ont le travail interdit, parce qu'elles n'ont pas retiré leurs anneaux lors de l'affaire du veau.
💡 Explication

La braita oppose au jeûne public les jours où le peuple ne perd rien à rester : Roch Hodech et hol hamoed, où l'on monte quatre lecteurs. La guemara conclut que la preuve tient.

Rachi doit alors expliquer pourquoi Roch Hodech compte comme un jour sans travail, alors que le travail y est permis : les femmes s'en abstiennent, par un usage reçu en récompense de leur refus de livrer leurs anneaux pour le veau d'or. Il ajoute une preuve tirée du Targoum Yonatan, qui rend « le jour de l'ouvrage » par « le jour de semaine », signe qu'un Roch Hodech n'est pas un jour d'ouvrage. Pour hol hamoed, le raisonnement est différent : on vient à la synagogue plus longuement que d'ordinaire, puisqu'on n'y travaille que pour ce qui risque d'être perdu (davar ha-aved).

🖼️ Schéma
Roch Hodech : jour de travail pour les hommes, jour chômé pour les femmes Hommes Le travail est permis. Haguiga 18a : Roch Hodech a un moussaf et le travail y est permis. Femmes Elles s'abstiennent de travail. Récompense du refus de livrer leurs anneaux pour le veau d'or. Conséquence : pas de bitoul melakha suffisant Le peuple ne perd pas sa journée en restant à la synagogue : on peut monter quatre lecteurs. La preuve de Rachi par le Targoum Yonatan Chemouel I 20,19 : "le jour de l'ouvrage" est rendu par "le jour de semaine", donc Roch Hodech n'est pas un jour d'ouvrage.
Le critère du bitoul melakha ne se mesure pas au permis et à l'interdit, mais à ce que le peuple perd effectivement en restant.
4
אָמַר רַב אַשִּׁי, וְהָא אֲנַן לָא תְּנַן הָכִי: זֶה הַכְּלָל, כָּל יוֹם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מוּסָף וְאֵינוֹ יוֹם טוֹב — קוֹרִין אַרְבָּעָה. לַאֲתוּיֵי מַאי? לָאו לְאֵתוֹיֵי תַּעֲנִית צִיבּוּר וְתִשְׁעָה בְּאָב!

Rav Achi dit : mais nous, n'avons-nous pas appris ainsi dans notre michna : telle est la règle générale, tout jour qui comporte un moussaf et qui n'est pas un jour de fête, on lit à quatre ? Qu'est-ce que cela vient inclure ?

N'est-ce pas pour inclure un jeûne public et le neuf Av !

💡 Explication

Rav Achi conteste la conclusion. Notre michna a formulé une règle générale, « tout jour qui comporte un moussaf et qui n'est pas un jour de fête », et une règle générale doit bien ajouter quelque chose aux cas déjà énumérés. Selon lui, elle ajoute le jeûne public et le neuf Av, où l'on monterait donc quatre lecteurs.

Le mot moussaf est pris ici au sens large : Rachi précise plus bas qu'il s'agit de l'ajout de la prière anenou, propre aux jours de jeûne.

5
וּלְרַב אָשֵׁי מַתְנִיתִין מַנִּי? לָא תַּנָּא קַמָּא וְלָא רַבִּי יוֹסֵי, דְּתַנְיָא: חָל לִהְיוֹת בְּשֵׁנִי וּבַחֲמִישִׁי — קוֹרִין שְׁלֹשָׁה וּמַפְטִיר אֶחָד. בַּשְּׁלִישִׁי וּבִרְבִיעִי — קוֹרֵא אֶחָד וּמַפְטִיר אֶחָד. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: לְעוֹלָם קוֹרִין שְׁלֹשָׁה וּמַפְטִיר אֶחָד!

Mais selon Rav Achi, de qui est notre michna ? Ni du premier tana, ni de Rabbi Yossi.

Car il a été enseigné : s'il tombe un lundi ou un jeudi, on lit à trois et un seul fait la haftara. Un mardi ou un mercredi, un seul lit et un seul fait la haftara.

Rabbi Yossi dit : toujours on lit à trois et un seul fait la haftara.

📜 Rachi (3)
וּלְרַב אַשִּׁי דְּאָמַר זֶה הַכְּלָל דְּמַתְנִי' לַאֲתוּיֵי נָמֵי תִּשְׁעָה בְּאָב דְּאִית בֵּיהּ מוּסָף תְּפִלַּת עֲנֵנוּ:
Qui dit que « telle est la règle générale » de notre michna vient inclure aussi le neuf Av, lequel comporte un ajout : la prière anenou.
מַתְנֵי' מַנִּי כו' חָל לִהְיוֹת כּוּ' גַּבֵּי תִּשְׁעָה בְּאָב תַּנְיָא לָהּ בִּשְׁמַעְתָּא בָּתְרָיְיתָא דְּמַס' תַּעֲנִית:
Cette braita est enseignée au sujet du neuf Av, dans la dernière sougya du traité Taanit.
קוֹרֵא אֶחָד וּמַפְטִיר אֶחָד הַקּוֹרֵא הוּא הָוֵי הַמַּפְטִיר:
Celui qui lit est lui-même celui qui fait la haftara.
🗂️ Tossefot (1)
וּלְרַב אַשִּׁי מַתְנֵי' מַנִּי לָא תַּנָּא קַמָּא וְלָא רַבִּי יוֹסֵי דְּתַנְיָא כו' רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר לְעוֹלָם קוֹרִין שְׁלֹשָׁה וּמַפְטִיר אֶחָד וא"ת דִּלְמָא ר' יוֹסֵי הִיא וְהָכִי קָאָמַר לְעוֹלָם קוֹרִין שְׁלֹשָׁה וְהָרְבִיעִי דְּהָוֵי מַפְטִיר אֶחָד וְלָא בָּעֵי לְמֵימַר אֶחָד מִן הַשְּׁלֹשָׁה וי"ל דְּכִי הֵיכִי דלת"ק לֵיכָּא לְמֵימַר מַפְטִיר אֶחָד דְּהַייְנוּ רְבִיעִי דְּהָא הוּא מְמַעֵט בְּט' בְּאָב שֶׁהוּא בַּשְּׁלִישִׁי וּבִרְבִיעִי יוֹתֵר מִשֵּׁנִי וָהּ' דְּעָלְמָא וא"כ מִסְּתָמָא לֹא יַחְמִיר בְּט' בְּאָב שֶׁהוּא בָּב' וָהּ' לִקְרוֹת רְבִיעִי וְאֵינוֹ מַחְמִיר לִקְרוֹת אֶלָּא לְהַפְטִיר הָכִי נָמֵי לְר' יוֹסֵי הָוֵי הַמַּפְטִיר אֶחָד מִן הַשְּׁלֹשָׁה שֶׁקָּרְאוּ:
On pourrait dire : peut-être est-ce bien Rabbi Yossi, et voici ce qu'il veut dire : toujours on lit à trois, et le quatrième est celui qui fait la haftara ; il n'entend pas dire que le maftir soit l'un des trois. On peut répondre : de même que, pour le premier tana, on ne peut pas dire que « un seul fait la haftara » désigne un quatrième lecteur, puisqu'il diminue le nombre pour un neuf Av tombant un mardi ou un mercredi, en dessous de ce qui se fait un lundi et un jeudi ordinaires, et s'il en est ainsi il est vraisemblable qu'il ne se montrera pas plus sévère pour un neuf Av tombant un lundi ou un jeudi en y appelant un quatrième, alors qu'il n'ajoute rien d'autre que la haftara, de même pour Rabbi Yossi : celui qui fait la haftara est l'un des trois qui ont lu.
⚖️ Rosh (1)
וְתִשְׁעָה בְּאָב וְתַעֲנִית צִבּוּר קוֹרִין שְׁלֹשָׁה דְּתַנְיָא זֶה הַכְּלָל כֹּל שֶׁיֵּשׁ בָּהּ בִּיטּוּל מְלָאכָה לָעָם כְּגוֹן תַּעֲנִית צִבּוּר וְתִשְׁעָה בְּאָב דְּרֹוב תַּעֲנִית צִבּוּר מֻותָּרִין בִּמְלָאכָה דְּאֵין אִיסּוּר מְלָאכָה בְּתַעֲנִית צִבּוּר אֶלָּא אֶמְצָעִיּוֹת וְאַחֲרוֹנוֹת שֶׁגּוֹזְרִין עַל הַגְּשָׁמִים וְכֵן ט"ב אֵין אִיסּוּר אֶלָּא בְּמָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ הִלְכָּךְ בִּשְׁבִיל בִּיטּוּל מְלָאכָה לָעָם אֵין קוֹרִין אֶלָּא שְׁלֹשָׁה וְשֶׁאֵין בּוֹ בִּיטּוּל מְלָאכָה לָעָם כְּגוֹן רָאשֵׁי חֳדָשִׁים וּמוֹעֵד קוֹרִין ד' דבר"ח אֵין הַנָּשִׁים עוֹשׂוֹת מְלָאכָה כִּדְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי (פ"ק דְּתַעֲנִית ה"ו) הָנֵי נָשֵׁי דְּלָא עָבְדִי עֲבִידְתָּא בְּרֵישׁ יַרְחָא מִנְהָגָא הוּא וּמִתַּרְגּוּם יְהוֹנָתָן (שְׁמוּאֵל א כ׳:י״ט) מַשְׁמַע שֶׁהָיוּ פּוֹרְשִׁים מִמְּלָאכָה בְּרֹאשׁ חֹדֶשׁ שֶׁהֲרֵי תִּירְגֵּם אֲשֶׁר נִסְתַּרְתָּ שָּׁם בְּיוֹם הַמַּעֲשֶׂה דְּאִיטַּמַּרִית תַּמָּן בְּיוֹמָא דְּחֻולָּא וּבְרֹאשׁ חֹדֶשׁ הָוֵי קָאֵי וְקָרֵי יוֹם שֶׁאֵינוֹ ר"ח יוֹם הַמַּעֲשֶׂה מִכְּלָל דר"ח לָאו יוֹם הַמַּעֲשֶׂה הוּא. א"ר אֶלְעָזָר אֵין אָדָם חָשׁוּב רַשַּׁאי לִיפּוֹל עַל פָּנָיו אא"כ נַעֲנֶה כִּיהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן דִּכְתִיב וַיֹּאמֶר ה' אֶל יְהוֹשֻׁעַ קֻום לָךְ וְאָמַר רַב חִייָּא בַּר רַב הוּנָא חֲזֵינָא לְהוּ לְאַבָּיֵי וְרָבָא דְּכִי נָפְלִי עַל אַנְפַּיְיהוּ דִּמְצַלֵּי אַצְּלוּיֵי. מַשְׁמַע מִתּוֹךְ דִּבְרֵי הַאַלְפָסִי שֶׁחִיבֵּר אֵלּוּ הַמֵּימְרוֹת יַחַד דס"ל דְּהָא דִּמְצַלֵּי אַצְּלוּיֵי הַייְנוּ מִשּׁוּם הַהִיא דָּר' אֶלְעָזָר דְּאֵין אָדָם חָשׁוּב רַשַּׁאי לִיפּוֹל עַל פָּנָיו וְאֵין הַטַּעַם כֵּן דְּהָא הַטַּעַם דְּמַייְתִי לָהּ בִּשְׁמַעְתִּין וּבְפֶרֶק אֵין עוֹמְדִין (בְּרָכוֹת דַּף לד:) בָּתַר הַךְ בָּרַיְיתָא דְּקִידָּה עַל אַפַּיִם הִשְׁתַּחֲוָאָה זוֹ פִּשּׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם וּמַשְׁמַע דַּאֲתָא רַב חִיָּיא בְּרֵיהּ דְּרַב הוּנָא לְאַשְׁמוֹעִינַן אע"ג דְּמִן הַתּוֹרָה אֵין הִשְׁתַּחֲוָאָה אֲסוּרָה עַל הָרִצְפָּה אֶלָּא בְּפָשׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם מִדְּרַבָּנָן אָסוּר אַף בְּלֹא פִּשּׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם וּלְהָכִי הָווּ מְצַלֵּי אַבַּיֵּי וְרָבָא וְכֵן כָּתְבוּ בְּשֵׁם רַב הַאי גָּאוֹן דְּטַעְמָא דִּמְצַלֵּי אַצְּלוּיֵי שֶׁלֹּא יְהֵא נִרְאֶה כְּמִשְׁתַּחֲוֶה וְהַאי דר"א מְפָרֵשׁ בַּיְּרוּשַׁלְמִי (פ"ב דְּתַעֲנִית ה"ו) דַּוְקָא כְּשֶׁהוּא מִתְפַּלֵּל בִּפְנֵי הַצִּבּוּר וּבִשְׁבִיל הַצִּבּוּר אֲבָל הֵיכָא דְּמִתְפַּלֵּל בֵּינוֹ לְבֵין עַצְמוֹ בְּבֵיתוֹ שַׁפִּיר דָּמֵי דְּהֵיכָא דְּמִתְפַּלֵּל עַל הַצִּבּוּר בְּצִבּוּר כְּסִיפָא לֵיהּ מִלְּתָא שֶׁמְּהַרְהֲרִין עָלָיו שֶׁאֵינוֹ הָגוּן וְאֵינוֹ רָאוּי לֵיעָנוֹת: זֶה הַכְּלָל כֹּל שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מוּסָף וְאֵין י"ט וְכוּ' הַכְּלָל סִימָנָא בְּעָלְמָא הוּא דְּלָא תֵּימָא י"ט וּמוֹעֵד כִּי הֲדָדֵי נִינְהוּ אֶלָּא נְקוֹט הַאי כְּלָלָא בִּידָךְ כֹּל דְּטָפֵי לֵיהּ מִלְּתָא מֵחַבְרֵיהּ טָפֵי לֵיהּ גַּבְרָא יַתִּירָא בר"ח וּבְחֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד אִיכָּא קָרְבַּן מוּסָף ד' בי"ט דְּאָסוּר בַּעֲשִׂיַּית מְלָאכָה חֲמִשָּׁה ביוה"כ דְּעָנוּשׁ כָּרֵת שִׁשָּׁה בְּשַׁבָּת דְּאִיסּוּר סְקִילָה שִׁבְעָה:
Le neuf Av et un jeûne public : on lit à trois, car il a été enseigné : telle est la règle générale, tout jour où il y a interruption de travail pour le peuple, comme un jeûne public et le neuf Av. Car la plupart des jeûnes publics sont permis dans le travail : il n'y a d'interdit de travail lors d'un jeûne public que pour les jeûnes intermédiaires et les derniers, ceux que l'on décrète à propos des pluies ; de même le neuf Av n'a d'interdit qu'à l'endroit où l'usage est de s'en abstenir. Dès lors, à cause de l'interruption de travail pour le peuple, on ne lit qu'à trois. Et le jour où il n'y a pas d'interruption de travail pour le peuple, comme les nouvelles lunes et les jours intermédiaires de fête, on lit à quatre ; car à la nouvelle lune les femmes ne font pas de travail, comme il est rapporté dans le Yerouchalmi (Taanit, chapitre 1, halakha 6) : ces femmes qui ne font pas d'ouvrage au début du mois, c'est un usage. Et du Targoum Yonatan (Chemouel I 20,19) il ressort qu'on s'abstenait de travail à la nouvelle lune, puisqu'il traduit « là où tu t'étais caché le jour de l'ouvrage » par « tu t'y es caché le jour de semaine » ; or il se tenait à la nouvelle lune, et il appelle « jour de l'ouvrage » un jour qui n'est pas nouvelle lune : on en déduit que la nouvelle lune n'est pas un jour d'ouvrage. Rabbi Elazar a dit : un homme de rang n'a pas le droit de tomber sur sa face, à moins d'être exaucé comme Yehochoua bin Noun, ainsi qu'il est écrit : « et Hachem dit à Yehochoua : lève-toi ». Et Rav Hiya bar Rav Houna a dit : j'ai vu Abaye et Rava qui, lorsqu'ils tombaient sur leur face, s'inclinaient de côté. Il ressort des propos de l'Alfassi, qui a réuni ces enseignements l'un à la suite de l'autre, qu'il tient que s'ils s'inclinaient de côté, c'était à cause de l'enseignement de Rabbi Elazar, selon lequel un homme de rang n'a pas le droit de tomber sur sa face. Or la raison n'est pas celle-là, car la raison pour laquelle on le rapporte dans notre sougya et au chapitre Ein omdin (Berakhot 34b), c'est qu'il vient après la braita disant que la kida se fait sur la face et que l'hichtahavaa est l'extension des mains et des pieds. Il en ressort que Rav Hiya fils de Rav Houna vient nous apprendre que, bien que selon la Torah l'hichtahavaa ne soit interdite sur un dallage que par extension des mains et des pieds, elle est interdite de par les Sages même sans extension des mains et des pieds ; c'est pourquoi Abaye et Rava s'inclinaient de côté. Ainsi a-t-on écrit au nom de Rav Haï Gaon : la raison pour laquelle ils s'inclinaient de côté, c'est afin de ne pas paraître se prosterner. Quant à l'enseignement de Rabbi Elazar, le Yerouchalmi (Taanit, chapitre 2, halakha 6) l'explique comme visant uniquement le cas où il prie devant le public et pour le public ; mais là où il prie seul avec lui-même, chez lui, cela est permis. Car lorsqu'il prie pour le public, en public, la chose lui est une honte, puisqu'on en viendrait à penser de lui qu'il n'est pas digne et qu'il ne mérite pas d'être exaucé. « Telle est la règle générale : tout jour qui comporte un moussaf et qui n'est pas un jour de fête, etc. » : cette règle n'est qu'un simple repère, pour que tu ne dises pas que le jour de fête et les jours intermédiaires sont semblables ; tiens plutôt cette règle en main : tout ce qui a un élément de plus que son voisin reçoit un homme de plus. À la nouvelle lune et aux jours intermédiaires de fête il y a un sacrifice moussaf : quatre. Le jour de fête, où le travail est interdit : cinq. Le jour de Kippour, dont la peine est le retranchement : six. Le Chabbat, dont l'interdit est passible de lapidation : sept.
💡 Explication

Objection contre Rav Achi. La braita de Taanit sur le neuf Av connaît deux avis, et aucun des deux ne monte quatre lecteurs : le premier tana descend même à un seul lecteur quand le neuf Av tombe un mardi ou un mercredi, et Rabbi Yossi maintient partout trois lecteurs. Si notre michna en exigeait quatre, elle ne suivrait aucun des deux.

Le point technique tient au mot maftir : Rachi et Tossefot établissent que celui qui fait la haftara est l'un des lecteurs déjà appelés, non un lecteur supplémentaire.

🖼️ Schéma
Le neuf Av selon la braita de Taanit : jamais plus de trois lecteurs Premier tana Rabbi Yossi Neuf Av un lundi ou un jeudi 3 lecteurs, dont le maftir 3 lecteurs, dont le maftir Neuf Av un mardi ou un mercredi 1 lecteur, qui fait la haftara 3 lecteurs, dont le maftir L'objection contre Rav Achi Aucun des deux avis ne monte quatre lecteurs le neuf Av. Si notre michna en voulait quatre, elle ne serait ni du premier tana ni de Rabbi Yossi.
Les deux avis divergent sur le mardi et le mercredi, jamais sur le plafond : trois lecteurs au maximum.
6
וְאֶלָּא, קַשְׁיָא ״זֶה הַכְּלָל״! לֹא, לְאֵתוֹיֵי רֹאשׁ חֹודֶשׁ וּמוֹעֵד.

Mais alors, « telle est la règle générale » fait difficulté ! Non : cela vient inclure la nouvelle lune et les jours intermédiaires de fête.

💡 Explication

La guemara accepte l'objection et abandonne la lecture de Rav Achi : le jeûne public se lit bien à trois. Reste la difficulté qui avait motivé Rav Achi, celle de savoir ce que la règle générale de la michna ajoute. Première tentative : elle inclut Roch Hodech et hol hamoed.

7
הָא בְּהֶדְיָא קָתָנֵי לַהּ: בְּרָאשֵׁי חֳדָשִׁים וּמוֹעֵד קוֹרִין אַרְבָּעָה!

Mais cela est enseigné explicitement : aux nouvelles lunes et aux jours intermédiaires de fête, on lit à quatre !

💡 Explication

Réfutation immédiate : la michna elle-même énonce déjà Roch Hodech et hol hamoed en toutes lettres. Une règle générale qui ne ferait que répéter un cas explicite n'ajoute rien.

8
סִימָנָא בְּעָלְמָא יָהֵיב, דְּלָא תֵּימָא יוֹם טוֹב וְחֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד כִּי הֲדָדֵי נִינְהוּ, אֶלָּא נְקוֹט הַאי כְּלָלָא בִּידָךְ: כֹּל דְּטָפֵי לֵיהּ מִילְּתָא מֵחַבְרֵיהּ, טָפֵי לֵיהּ גַּבְרָא יַתִּירָא.

Il donne un simple repère, pour que tu ne dises pas que le jour de fête et les jours intermédiaires sont semblables l'un à l'autre ; tiens plutôt cette règle en main : tout ce qui a un élément de plus que son voisin reçoit un homme de plus.

📜 Rachi (2)
סִימָנָא בְּעָלְמָא הָא דַּהֲדַר נָקֵיט לֵיהּ בְּזֶה הַכְּלָל סִימָנָא יָהֵיב לָן כוּ':
Le fait qu'il reprenne cela dans « telle est la règle générale » signifie qu'il nous donne un repère, etc.
כָּל דְּטָפֵי מִילְּתָא מֵחַבְרֵיהּ כָּל יוֹם הָעוֹדֵף דָּבָר מֵחֲבֵירוֹ:
Tout jour qui a un élément de plus que son voisin.
💡 Explication

Réponse définitive : la règle générale de la michna n'a pas valeur d'ajout, elle a valeur de simana, de repère mnémotechnique. Elle répond à une erreur prévisible, celle de traiter ensemble le jour de fête et les jours intermédiaires parce qu'ils appartiennent au même cycle festif.

Le principe énoncé est un principe d'échelle : les jours se rangent par degré de sévérité, et chaque degré supplémentaire vaut un lecteur de plus.

9
הִלְכָּךְ בְּרֹאשׁ חֹודֶשׁ וּמוֹעֵד, דְּאִיכָּא קָרְבַּן מוּסָף — קוֹרִין אַרְבָּעָה. בְּיוֹם טוֹב, דְּאָסוּר בַּעֲשִׂיַּית מְלָאכָה — חֲמִשָּׁה. בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים, דְּעָנוּשׁ כָּרֵת — שִׁשָּׁה. שַׁבָּת, דְּאִיכָּא אִיסּוּר סְקִילָה — שִׁבְעָה.

Dès lors, à la nouvelle lune et aux jours intermédiaires de fête, où il y a un sacrifice moussaf, on lit à quatre. Un jour de fête, où le travail est interdit, à cinq.

Le jour de Kippour, dont la peine est le retranchement, à six. Le Chabbat, où il y a un interdit passible de lapidation, à sept.

💡 Explication

Déploiement de l'échelle. Chaque échelon reprend ce que porte l'échelon précédent et y ajoute une sévérité : le moussaf, puis l'interdit de travail, puis la sanction de karet (retranchement), puis celle de sekila (lapidation).

Le jeûne public, qui n'a rien de tout cela et où le peuple travaille, reste en dessous, à trois lecteurs.

10
גּוּפָהּ: רַב אִיקְּלַע לְבָבֶל בְּתַעֲנִית צִבּוּר, קָם קָרָא בְּסִפְרָא. פָּתַח בְּרִיךְ, חָתַם וְלָא בְּרִיךְ. נְפוּל כֻּולֵּי עָלְמָא אַאַנְפַּייְהוּ וְרַב לָא נְפַל עַל אַנְפֵּיהּ. מַאי טַעְמָא רַב לָא נְפַל עַל אַפֵּיהּ?

Revenons au corps même de l'enseignement cité plus haut : Rav se trouva à Babel un jour de jeûne public ; il se leva et lut dans le rouleau. Il ouvrit en récitant la bénédiction, il conclut sans réciter de bénédiction.

Tout le monde tomba sur la face, et Rav ne tomba pas sur sa face. Pour quelle raison Rav ne tomba-t-il pas sur sa face ?

💡 Explication

Le mot goufa signale que la guemara revient sur un récit cité en passant pour l'examiner pour lui-même. Le récit de Rav avait servi plus haut à la question des bénédictions de la lecture ; il sert maintenant de point de départ à toute la discussion sur la prosternation.

Le fait interrogeant est la différence de comportement : tout le public tombe sur la face pendant les supplications, Rav reste debout.

11
רִצְפָּה שֶׁל אֲבָנִים הָיְתָה, וְתַנְיָא: ״וְאֶבֶן מַשְׂכִּית לֹא תִתְּנוּ בְּאַרְצְכֶם לְהִשְׁתַּחֲוֹת עָלֶיהָ״. ״עָלֶיהָ״ אִי אַתָּה מִשְׁתַּחֲוֶה בְּאַרְצְכֶם, אֲבָל אַתָּה מִשְׁתַּחֲוֶה עַל אֲבָנִים שֶׁל בֵּית הַמִּקְדָּשׁ. כִּדְעֻולָּא, דְּאָמַר עֻולָּא: לֹא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא רִצְפָּה שֶׁל אֲבָנִים בִּלְבָד.

C'était un dallage de pierres, et il a été enseigné : « et vous ne mettrez pas dans votre pays de pierre ornée pour vous prosterner sur elle » : sur elle tu ne te prosternés pas dans votre pays, mais tu te prosternés sur les pierres du Temple. Cela rejoint Oulla, car Oulla a dit : la Torah n'a interdit qu'un dallage de pierres, rien d'autre.

📜 Rachi (1)
לֹא אָסְרָה תּוֹרָה בְּפָסוּק זֶה אֶלָּא שֶׁלֹּא יַעֲשׂוּ רִצְפַּת אֲבָנִים בבהכ"נ דֻּוגְמַת שֶׁל מִקְדָּשׁ:
Dans ce verset, elle n'a interdit que de faire dans la synagogue un dallage de pierres à l'image de celui du Temple.
💡 Explication

Première réponse : le sol était dallé. Le verset (Vayikra 26,1) interdit la even maskit, la pierre ornée, comme support de prosternation. La braita en restreint la portée par le mot « dans votre pays » : l'interdit vaut partout hors du Temple, et les dalles du Temple échappent à la règle.

Oulla précise l'objet de l'interdit : c'est le dallage de pierres, et Rachi ajoute le motif, ne pas reproduire dans la synagogue l'usage réservé au Temple.

12
אִי הָכִי מַאי אִירְיָא רַב, אֲפִילּוּ כּוּלְּהוּ נַמֵּי! קַמֵּיהּ דְּרַב הֲוַאי.

S'il en est ainsi, pourquoi parler spécialement de Rav ? Cela vaudrait pour tous !

Cela se trouvait devant Rav.

💡 Explication

Objection : si le sol était dallé, l'interdit pesait sur toute l'assemblée, et le récit n'aurait pas de raison de distinguer Rav. Réponse : la partie dallée était celle qui se trouvait devant Rav, le reste du sol ne l'était pas.

13
וְלֵיזִיל לְגַבֵּי צִיבּוּרָא וְלִינְפּוֹל עַל אַפֵּיהּ! לָא בָּעֵי (ל)מִיטְרָח צִיבּוּרָא. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: רַב פִּישּׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם הֲוָה עָבֵיד, וְכִדְעֻולָּא. דְּאָמַר עֻולָּא: לֹא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא פִּישּׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם בִּלְבַד.

Qu'il aille donc vers le public et tombe sur sa face ! Il ne voulait pas importuner le public.

Et si tu veux, dis : Rav pratiquait l'extension des mains et des pieds, conformément à Oulla ; car Oulla a dit : la Torah n'a interdit que l'extension des mains et des pieds, rien d'autre.

📜 Rachi (2)
לָא בָּעֵי מַטְרַח צִבּוּרָא שֶׁאִם יֵלֵךְ יַעַמְדוּ מִפָּנָיו:
Car s'il se déplace, on se lèvera devant lui.
פִּישּׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם כְּשֶׁהָיָה נוֹפֵל עַל פָּנָיו וּשְׁאָר הַצִּבּוּר לֹא הָיוּ עוֹשִׂין כֵּן:
C'est ce qu'il faisait lorsqu'il tombait sur sa face, tandis que le reste du public n'agissait pas ainsi.
🗂️ Tossefot (1)
וְאִיבָּעֵית אֵימָא רַב פִּישּׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם הוּא דַּעֲבַד כִּדְעֻולָּא וְקָשֶׁה וְכִי לֹא הָיָה יוֹדֵעַ דְּמָצֵי לְשַׁנּוֹיֵי הָכִי וְכִי ס"ד מֵעִיקָּרָא שֶׁיְּהֵא אָסוּר בְּלֹא פִּישּׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם וי"ל דְּמֵעִיקָּרָא אָסַר לֵיהּ מִדְּרַבָּנָן בְּלֹא פִּישּׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם וּבַסּוֹף קָאָמַר וְאִיבָּעֵית אֵימָא אֵין אָסוּר מִדְּרַבָּנָן וְרַב פִּישּׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם הוּא דַּעֲבִיד דְּאָסוּר מִן הַתּוֹרָה וּמִיהוּ קָשֶׁה לְלִישָּׁנָא קַמָּא דְּאָסוּר מִדְּרַבָּנָן בְּלֹא פִּישּׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם יֵשׁ לִתְמֹוהַּ עַל בָּתֵּי כְּנֵסִיּוֹת שֶׁלָּנוּ שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן רִצְפָּה הֵיאַךְ נוֹפֵל שְׁלִיחַ צִבּוּר עַל פָּנָיו וְנִרְאֶה לִי דִּמְצַלֵּי אַצְּלוּיֵי וּבְהָכִי שָׁרִי וְהָכִי נָמֵי מַשְׁמַע בְּסָמוּךְ דְּמַיְיתֵי הַהִיא דְּפֶרֶק אֵין עוֹמְדִין דִּבְרָכוֹת (דַּף לד: וְשָׁם) דְּחָזֵינַן לְהוּ לְאַבַּיֵּי וְרָבָא דִּמְצַלֵּי אַצְּלוּיֵי כֵּן פֵּירֵשׁ רַב הַאי גָּאוֹן:
Cela fait difficulté : ne savait-il pas qu'il pouvait répondre ainsi ? Et aurait-on pu penser au départ que ce serait interdit même sans extension des mains et des pieds ? On peut répondre qu'au départ il l'interdisait de par les Sages même sans extension des mains et des pieds, et qu'à la fin il dit : si tu veux, dis qu'il n'y a pas d'interdit rabbinique, et que Rav pratiquait l'extension des mains et des pieds, laquelle est interdite par la Torah. Toutefois, selon la première version, qui interdit de par les Sages même sans extension des mains et des pieds, il y a lieu de s'étonner de nos synagogues, qui ont un dallage : comment l'officiant y tombe-t-il sur sa face ? Il me semble qu'il s'incline de côté, et qu'ainsi cela est permis. C'est aussi ce qui ressort de la suite, où l'on rapporte le passage du chapitre Ein omdin, dans Berakhot (34b) : nous avons vu Abaye et Rava qui s'inclinaient de côté. Ainsi l'a expliqué Rav Haï Gaon.
💡 Explication

Deux réponses successives. La première garde l'explication du dallage et ajoute une raison pratique : se déplacer aurait fait lever toute l'assemblée devant lui, ce que Rav refusait d'imposer.

La seconde change de terrain. Elle cite un autre enseignement de Oulla, qui restreint l'interdit à la posture complète, le pishout yadayim veraglayim (extension des mains et des pieds). Rav se prosternait ainsi, le public non ; l'interdit ne concernait donc que lui, quel que soit l'endroit du dallage.

Tossefot tire de là une conséquence pour les synagogues dallées de son époque : l'officiant s'incline de côté, ce qui évite l'apparence d'une prosternation.

🖼️ Schéma
Les deux enseignements de Oulla : deux façons de rétrécir l'interdit Oulla, premier enseignement L'interdit porte sur le SUPPORT. Seul un dallage de pierres est visé ; toute posture y est interdite. Difficulté : pourquoi Rav seul ? Oulla, second enseignement L'interdit porte sur la POSTURE. Seule l'extension des mains et des pieds est visée. Réponse : Rav seul se prosternait ainsi. Pourquoi Rav ne se contente pas d'une flexion simple Segment suivant : il ne change pas de coutume. Sa manière de tomber sur la face est l'extension complète, ou rien.
La sougya passe d'un interdit défini par le lieu à un interdit défini par le geste ; c'est ce déplacement qui isole Rav du reste de l'assemblée.
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וְלִיפֹּול עַל אַפֵּיהּ, וְלָא לֶיעְבֵּיד פִּישּׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם! לָא מְשַׁנֵּי מִמִּנְהָגֶיהָ.

Qu'il tombe donc sur sa face sans pratiquer l'extension des mains et des pieds ! Il ne s'écarte pas de sa coutume.

📜 Rachi (1)
לָא מְשַׁנֵּי לֹא הָיָה רוֹצֶה לְשַׁנּוֹת מִמִּנְהָגוֹ:
Il ne voulait pas s'écarter de sa coutume.
💡 Explication

Dernière objection dans cette ligne : puisque seule la posture complète est interdite, Rav pouvait s'incliner sans étendre les membres. La réponse tient à la fidélité de Rav à son usage personnel : sa manière de tomber sur la face comporte l'extension, et il ne la modifie pas.

15
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: אָדָם חָשׁוּב שָׁאנֵי, כִּדְרַבִּי אֶלְעָזָר. דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אֵין אָדָם חָשׁוּב רַשַּׁאי לִיפּוֹל עַל פָּנָיו אֶלָּא אִם כֵּן נַעֲנֶה כִּיהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן, דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר ה׳ אֶל יְהוֹשֻׁעַ קֻום לָךְ [וְגוֹ׳]״.

Et si tu veux, dis : un homme de rang, c'est différent, conformément à Rabbi Elazar ; car Rabbi Elazar a dit : un homme de rang n'a pas le droit de tomber sur sa face, à moins d'être exaucé comme Yehochoua bin Noun, ainsi qu'il est écrit : « et Hachem dit à Yehochoua : lève-toi [etc.] ».

📜 Rachi (3)
וְאִיבָּעֵית אֵימָא לֹא הָיָה רָגִיל לִיפֹּול עַל פָּנָיו כְּלוֹמַר שֶׁהָיָה אָדָם חָשׁוּב וְאֵינוֹ נוֹפֵל עַל פָּנָיו:
Il n'avait pas coutume de tomber sur sa face, c'est-à-dire qu'il était un homme de rang et qu'un tel homme ne tombe pas sur sa face.
אא"כ נַעֲנָה כְּלוֹמַר אא"כ בָּטוּחַ בְּמַעֲשָׂיו שֶׁהוּא נַעֲנֶה בִּתְפִלָּתוֹ:
C'est-à-dire à moins d'avoir en ses actes une confiance telle qu'il soit exaucé dans sa prière.
לָמָּה זֶּה אַתָּה נֹופֵל עַל פָּנֶיךָ אַלְמָא אֵין לוֹ לַעֲשׂוֹת:
« Pourquoi donc tombes-tu sur ta face ? » : il en ressort qu'il ne doit pas le faire.
🗂️ Tossefot (1)
אֵין אָדָם חָשׁוּב רַשַּׁאי לִיפּוֹל עַל פָּנָיו -בַּיְּרוּשַׁלְמִי מְפָרֵשׁ הֵיכָא שֶׁמִּתְפַּלֵּל בִּשְׁבִיל הַצִּבּוּר אֲבָל בֵּינוֹ לְבֵין עַצְמוֹ שַׁפִּיר דָּמֵי:
Le Yerouchalmi explique qu'il s'agit du cas où il prie pour le public ; mais seul avec lui-même, cela est permis.
💡 Explication

Quatrième explication, qui abandonne la question du dallage. Rav s'abstient en raison de son rang : un adam hachouv (homme important) qui se prosterne publiquement et n'est pas exaucé se trouve discrédité, et le discrédit rejaillit sur la prière qu'il conduit.

Le verset de Yehochoua (7,10) sert d'appui : après la défaite devant Aï, Yehochoua tombe sur sa face et s'entend dire « lève-toi », signe que ce geste ne lui revenait pas. Tossefot restreint la portée de la règle au cas où l'on prie pour le public.

16
תָּנוּ רַבָּנַן: קִידָּה — עַל אַפַּיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַתִּקֹּד בַּת שֶׁבַע אַפַּיִם אֶרֶץ״. כְּרִיעָה — עַל בִּרְכַּיִם, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״מִכְּרֹועַ עַל בִּרְכָּיו״. הִשְׁתַּחֲוָאָה — זוֹ פִּישּׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֲבוֹא נָבוֹא אֲנִי וְאִמְּךָ וְאַחֶיךָ לְהִשְׁתַּחֲוֹת לְךָ אָרְצָה״.

Nos maîtres ont enseigné : la kida, c'est sur la face, ainsi qu'il est dit : « et Bat-Chéva s'inclina, la face contre terre ». La keria, c'est sur les genoux, et il est dit de même : « de fléchir sur ses genoux ».

L'hichtahavaa, c'est l'extension des mains et des pieds, ainsi qu'il est dit : « viendrons-nous donc, moi, ta mère et tes frères, nous prosterner devant toi jusqu'à terre ? ».

📜 Rachi (2)
קִידָּה הָאֲמוּרָה בְּכָל מָקוֹם אֵינָהּ אֶלָּא עַל אַפַּיִם:
Celle dont il est question partout ne se fait que sur la face.
אַרְצָה מַשְׁמַע כֻּולּוֹ שָׁטוּחַ אַרְצָה:
« Jusqu'à terre » signifie qu'il est tout entier étendu au sol.
🗂️ Tossefot (1)
קִידָּה עַל אַפַּיִם לֹא מִכֹּחַ הַקְּרָא הוּא מַפִּיק לָהּ דְּהָא כְּתִיב נָמֵי (יְשַׁעְיָהוּ מ״ט:כ״ג) אַפַּיִם אֶרֶץ יִשְׁתַּחֲווּ לָךְ אֶלָּא הָכִי גְּמִיר לֵיהּ מֵרַבֵּיהּ דְּגַבֵּי לְשׁוֹן קִידָּה שַׁייָּךְ אַפַּיִם:
Ce n'est pas du verset qu'il le déduit, car il est écrit aussi (Yechaya 49,23) « la face contre terre ils se prosterneront devant toi » ; il le tient plutôt ainsi de son maître : c'est au terme kida que se rattache l'expression « la face ».
💡 Explication

Braita de définition, appelée par le débat précédent sur le geste de Rav. Trois termes, trois postures, chacune attachée à un verset : kida, visage contre terre ; keria, genoux fléchis ; hichtahavaa, corps entièrement étendu.

Tossefot observe que le verset de Bat-Chéva ne prouve pas à lui seul la définition de la kida, puisque le mot « face » apparaît aussi à propos de l'hichtahavaa ; la définition est une tradition reçue, le verset ne fait que l'illustrer.

17
לֵוִי אַחְוִי קִידָּה קַמֵּיהּ דְּרַבִּי, וְאִיטְּלַע.

Levi montra la kida devant Rabbi, et il devint boiteux.

📜 Rachi (1)
אַחְוִי קִידָּה נוֹעֵץ גּוֹדְלָיו וְנִשְׁעָן עֲלֵיהֶם וְשׁוֹחֶה עַד שֶׁנּוֹשֵׁק אֶת הָרִצְפָּה וְזוֹקֵף וּמִתּוֹךְ שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְהִשָּׁעֵן עַל גּוֹדְלָיו וְאֵין יָדָיו מְסַיְּיעוֹת אוֹתוֹ בִּזְקִיפָתוֹ וְצָרִיךְ לְהִתְאַמֵּץ בְּמָתְנָיו וּמִתּוֹךְ כָּךְ נִצְלַע בְּבוּקָא דְּאַטְמָא:
Il plante ses pouces, s'appuie sur eux et se penche jusqu'à embrasser le dallage, puis se redresse ; et comme il ne parvient pas à s'appuyer sur ses pouces et que ses mains ne l'aident pas à se redresser, il doit forcer sur ses reins, et c'est par là qu'il devint boiteux de l'articulation de la hanche.
💡 Explication

Illustration de la difficulté du geste. La kida telle que la décrit Rachi engage tout le corps : les pouces plantés au sol servent d'appui, le buste descend jusqu'à toucher le dallage, et le redressement se fait sans le secours des mains. Levi, en la montrant à Rabbi, se démit la hanche.

18
וְהָא (קא) גְּרָמָא לֵיהּ? וְהָאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: לְעוֹלָם אַל יָטִיחַ אָדָם דְּבָרִים כְּלַפֵּי מַעְלָה, שֶׁהֲרֵי אָדָם גָּדוֹל הֵטִיחַ דְּבָרִים כְּלַפֵּי מַעְלָה וְאִיטְּלַע וּמַנּוּ — לֵוִי. הָא וְהָא גְּרַמָא לֵיהּ.

Est-ce cela qui le lui a cause ? Mais Rabbi Elazar n'a-t-il pas dit : que jamais un homme ne lance de paroles vers le haut, car un grand homme a lancé des paroles vers le haut et est devenu boiteux ; et qui est-ce ?

Levi. L'un et l'autre le lui ont causé.

📜 Rachi (2)
הֵטִיחַ דְּבָרִים כְּלַפֵּי מַעְלָה בְּמַסֶּכֶת תַּעֲנִית עָלִיתָ לַמָּרוֹם וְאֵין אַתָּה מַשְׁגִּיחַ עַל בָּנֶיךָ:
Dans le traité Taanit : « tu es monté en haut et tu ne veilles pas sur tes enfants ».
הָא וְהָא גְּרַמָא לֵיהּ לְפִי שֶׁהֵטִיחַ נִתְקַלְקֵל בִּשְׁעַת הַסַּכָּנָה:
Parce qu'il avait lancé ces paroles, il a subi un dommage au moment du danger.
💡 Explication

La guemara confronte deux causes rapportées à la même claudication : la démonstration de la kida ici, et ailleurs (Taanit 25a) les paroles que Levi avait adressées au Ciel. La réponse les articule plutôt que d'en choisir une.

Rachi donne la formule de la faute et la logique de la réponse : l'effort physique a été l'occasion, la faute avait rendu Levi vulnérable au moment où le danger se présentait.

19
אָמַר רַב חִייָּא בַּר אָבִין: חָזֵינָא לְהוּ לְאַבַּיֵּי

Rav Hiya bar Avin dit : j'ai vu Abaye

💡 Explication

Le folio s'interrompt au milieu de la phrase. La suite, au folio suivant, rapporte qu'Abaye et Rava, lorsqu'ils tombaient sur la face, s'inclinaient de côté. C'est le témoignage sur lequel s'appuient Tossefot et le Roch pour autoriser la pratique dans une synagogue dallée.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).