Megillah 23a — Combien de lecteurs à la Torah selon le jour : de qui est notre michna, à quoi répondent les nombres trois, cinq, sept et six, et le maftir entre-t-il dans le compte

Megillah 23a

Sougya : Le folio achève d'abord la remarque sur la prosternation : Abaye et Rava s'inclinaient de côté sans tomber sur la face. Puis la guemara revient à la michna qui fixe cinq lecteurs un jour de fête, six à Kippour et sept le chabbat, avec permission d'ajouter.

Elle montre que cette michna ne se laisse attribuer ni à Rabbi Yichmael, qui interdit d'ajouter, ni à Rabbi Akiva, qui inverse les nombres de Kippour et du chabbat, et Rava l'attribue au tanna de l'école de Rabbi Yichmael. Vient ensuite la recherche de la raison des nombres : trois, cinq et sept renvoient soit aux mots des trois versets de la bénédiction des kohanim, soit aux dignitaires de la cour royale ; les six de Kippour renvoient aux six hommes placés à la droite de Ezra et aux six placés à sa gauche.

Le folio se termine sur la baraita qui admet tout le monde au compte des sept, y compris un mineur et une femme, puis sur la question du maftir : sa lecture dans la Torah compte-t-elle parmi les sept, ou ne se fait-elle que par honneur pour la Torah ?

De qui est notre michna ? Les quatre listes de nombres Source Jour de fête Kippour Chabbat Ajouter ? Notre michna 5 6 7 oui Rabbi Yichmael (baraita) 5 6 7 non Rabbi Akiva 5 7 6 oui Tanna de l'école de R. Yichmael 5 6 7 oui Rabbi Yichmael bute sur la permission d'ajouter ; Rabbi Akiva bute sur les nombres six et sept, qu'il inverse. Réponse de Rava : la michna suit le tanna de l'école de Rabbi Yichmael, qui garde les nombres et autorise l'ajout. Deux tannaim rapportent donc Rabbi Yichmael différemment.
Les quatre listes mises face à face : la seule qui coïncide avec la michna est celle du tanna de l école de Rabbi Yichmael.
À quoi répondent les nombres de lecteurs Première réponse : la bénédiction des kohanim Verset 1 : 3 mots -> les 3 lecteurs du jour ordinaire Verset 2 : 5 mots -> les 5 du jour de fête Verset 3 : 7 mots -> les 7 du chabbat Le compte se prend sur les mots de chaque verset de la berakha. Seconde réponse : les dignitaires de la cour 3 gardiens du seuil (Melakhim II 25,18) 5 d'entre ceux qui voyaient la face du roi (25,19) 7 qui voyaient la face du roi Rachi : les 7 sont ceux de Esther 1,14. Rabbenou Tam : ceux de Yirmeyahou 52. Idée commune à la seconde réponse : monter à la Torah est un acte de cour, on se tient devant le Roi. Les nombres empruntent à la hiérarchie royale. Et les six de Kippour ? Réponse de Rav Yehouda à Yaakov 6 à la droite de Ezra Matitya, Chema, Anaya, Ezra sur l'estrade de bois Nehemia 8,4 6 à sa gauche Zekharya = Mechoulam : un seul homme
Les deux explications des nombres trois, cinq et sept, puis l explication distincte des six de Kippour tirée de la lecture publique de Ezra.
Le maftir monte-t-il pour le compte des sept ? Rav Houna et Rabbi Yirmeya bar Abba. Le maftir lit dans la Torah avant de lire le prophète : cette lecture compte-t-elle ? Il monte Raison : il a bien lu dans la Torah. Conséquence : les sept lecteurs le comprennent. Minimum dans le prophète : 21 versets. Il ne monte pas Raison de Oulla : il lit par honneur pour la Torah. Conséquence : il est un huitième lecteur. On attendrait 24 versets dans le prophète. Objection : la baraita fixe 21 versets, en correspondance des sept qui ont lu dans la Torah. Si le maftir ne comptait pas, ils seraient huit et il faudrait 24 versets. Début de réponse, coupé par la fin de l'amud : puisque sa lecture n'est que par honneur pour la Torah, on n'exige pas non plus de versets en correspondance de sa lecture. La suite est au folio 23b.
La question du maftir : les deux positions, leur raison, et la nafka mina en nombre de versets de la haftara.
1
וְרָבָא דִּמְצַלֵּי אַצְּלוּיֵי.

et Rava, qui s'inclinaient de côté.

📜 Rachi (1)
דִּמְצַלֵּי אַצְּלוּיֵי עַל צִידֵּיהֶן וְלֹא נוֹפְלִין עַל פְּנֵיהֶן מַמָּשׁ לְפִי שֶׁאֵין אָדָם חָשׁוּב רַשַּׁאי לִיפּוֹל עַל פָּנָיו:
qu'ils s'inclinaient de côté — sur leur flanc, et ils ne tombaient pas réellement sur la face, car un homme important n'a pas le droit de tomber sur sa face.
💡 Explication

Fin de la remarque commencée au folio précédent : Rav Hiya bar Avin rapportait ce qu'il avait vu faire à Abaye et à Rava au moment de la nefilat apayim, la chute sur la face après la prière. Ils penchaient le buste sur le côté sans poser le visage à terre.

Rachi en donne la raison : un adam hachouv, un homme en vue, ne se prosterne pas complètement en public, car s'il n'est pas exaucé le déshonneur retombe sur lui et sur ce qu'il représente.

2
בְּיוֹם טוֹב חֲמִשָּׁה, בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים שִׁשָּׁה כּוּ׳. מַתְנִיתִין מַנִּי? לֹא רַבִּי יִשְׁמָעֵאל וְלָא רַבִּי עֲקִיבָא. דְּתַנְיָא: בְּיוֹם טוֹב חֲמִשָּׁה, וּבְיוֹם הַכִּפּוּרִים שִׁשָּׁה, וּבְשַׁבָּת שִׁבְעָה, אֵין פּוֹחֲתִין מֵהֶן וְאֵין מוֹסִיפִין עֲלֵיהֶן, דִּבְרֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: בְּיוֹם טוֹב חֲמִשָּׁה, וּבְיוֹם הַכִּפּוּרִים שִׁבְעָה, וּבְשַׁבָּת שִׁשָּׁה, אֵין פּוֹחֲתִין מֵהֶן אֲבָל מוֹסִיפִין עֲלֵיהֶן.

« Un jour de fête, cinq ; le jour de Kippour, six », etc. — De qui est notre michna ? Ni de Rabbi Yichmael ni de Rabbi Akiva.

Car on a enseigné : un jour de fête, cinq ; le jour de Kippour, six ; et le chabbat, sept ; on n'en retranche pas et on n'y ajoute pas — paroles de Rabbi Yichmael. Rabbi Akiva dit : un jour de fête, cinq ; le jour de Kippour, sept ; et le chabbat, six ; on n'en retranche pas, mais on y ajoute.

💡 Explication

La guemara ouvre l'examen de la michna par la question d'école matnitin mani : quel tanna se tient derrière cette formulation ? La baraita produit deux positions connues, et la michna ne s'ajuste à aucune des deux.

Deux variables se croisent : la liste des nombres selon le jour, et la question de savoir si l'on peut ajouter des lecteurs au minimum fixe. Rabbi Yichmael a la même liste que la michna mais refuse l'ajout ; Rabbi Akiva autorise l'ajout mais inverse Kippour et le chabbat.

3
מַנִּי? אִי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל — קַשְׁיָא תּוֹסֶפֶת! אִי רַבִּי עֲקִיבָא — קַשְׁיָא שִׁשָּׁה וְשִׁבְעָה!

De qui est-elle ? Si c'est Rabbi Yichmael — la permission d'ajouter fait difficulté !

Si c'est Rabbi Akiva — les six et les sept font difficulté !

💡 Explication

La difficulté est formulée dans les deux sens. Contre l'attribution à Rabbi Yichmael : la michna dit « mais on y ajoute », alors que lui l'interdit. Contre l'attribution à Rabbi Akiva : la michna donne six à Kippour et sept le chabbat, alors que lui donne sept à Kippour et six le chabbat.

4
אָמַר רָבָא: תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל הִיא. דִּתְנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: בְּיוֹם טוֹב חֲמִשָּׁה, בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים שִׁשָּׁה, בְּשַׁבָּת שִׁבְעָה, אֵין פּוֹחֲתִין מֵהֶן אֲבָל מוֹסִיפִין עֲלֵיהֶן, דִּבְרֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל.

Rava dit : elle est du tanna de l'école de Rabbi Yichmael. Car le tanna de l'école de Rabbi Yichmael a enseigné : un jour de fête, cinq ; le jour de Kippour, six ; le chabbat, sept ; on n'en retranche pas mais on y ajoute — paroles de Rabbi Yichmael.

📜 Rachi (1)
הָכִי גָּרְסִינַן תָּנָא דְּבֵי ר' יִשְׁמָעֵאל הִיא:
Telle est la version à retenir : elle est du tanna de l'école de Rabbi Yichmael.
💡 Explication

Rava produit une troisième source, une baraita issue de l'école de Rabbi Yichmael, qui combine exactement ce que la michna exige : la liste cinq, six, sept, et la permission d'ajouter.

Rachi intervient sur la lettre du texte pour fixer la guirsa, la version exacte à lire dans la réponse de Rava.

5
קַשְׁיָא דְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל אַדְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל! תְּרֵי תַּנָּאֵי אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל.

Rabbi Yichmael contredit Rabbi Yichmael ! — Deux tannaim rapportent des choses différentes au nom de Rabbi Yichmael.

💡 Explication

La réponse de Rava déplace la difficulté sans la supprimer : la première baraita fait dire à Rabbi Yichmael qu'on n'ajoute pas, celle de son école lui fait dire qu'on ajoute.

La guemara emploie ici une solution classique, terei tannaei aliba de-Rabbi Yichmael : deux disciples transmettent le maître de deux manières, et la michna suit la transmission qui autorise l'ajout.

6
מַאן תְּנָא לְהָא דְּתַנְיָא: בְּיוֹם טוֹב מְאַחֲרִין לָבוֹא, וּמְמַהֲרִין לָצֵאת. בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים מִמֻּהְרִין לָבוֹא, וּמְאַחֲרִין לָצֵאת. וּבְשַׁבָּת מְמַהֲרִין לָבוֹא, וּמְמַהֲרִין לָצֵאת. לֵימָא רַבִּי עֲקִיבָא, דְּאִית לֵיהּ גַּבְרָא יַתִּירָא? אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי יִשְׁמָעֵאל — דִּנְפִישׁ סִידּוּרָא דְּיוֹמָא.

Qui est le tanna de ce qu'on a enseigné : un jour de fête on arrive tard et l'on sort tôt ; le jour de Kippour on arrive tôt et l'on sort tard ; et le chabbat on arrive tôt et l'on sort tôt ? Dirons-nous que c'est Rabbi Akiva, qui tient qu'il y a un homme de plus ? — Tu peux même dire que c'est Rabbi Yichmael : l'ordre du jour est long.

📜 Rachi (4)
ביו"ט מְאַחֲרִין לָבֹא לְבֵית הַכְּנֶסֶת שֶׁצָּרִיךְ לִטְרֹוחַ בִּסְעוּדַת יו"ט כָּךְ מְפֹורָשׁ בְּמַסֶּכֶת סוֹפְרִים:
un jour de fête on arrive tard — à la synagogue, car il faut se donner de la peine pour le repas de fête ; ainsi cela est expliqué dans le traité Soferim.
וּמְמַהֲרִין לָצֵאת מִשּׁוּם שִׂמְחַת יוֹם טוֹב:
et l'on sort tôt — à cause de la joie du jour de fête.
וּבְשַׁבָּת מְמַהֲרִין לָבֹא שֶׁכְּבָר תִּיקְּנוּ הַכֹּל מֵעֶרֶב שַׁבָּת וְיָפֶה לְמַהֵר בִּיאָתָן לִקְרוֹת שְׁמַע כְּוָותִיקִין:
et le chabbat on arrive tôt — car tout a déjà été préparé la veille de chabbat, et il est bon de venir tôt pour lire le Chema comme les vatikin, ceux qui lisent au lever du soleil.
וּמְמַהֲרִין לָצֵאת מִשּׁוּם עֹונֶג שַׁבָּת:
et l'on sort tôt — à cause du oneg chabbat, le plaisir du chabbat.
💡 Explication

La guemara cherche à rattacher une autre baraita à l'un des deux tannaim. Cette baraita décrit les habitudes du public : le jour où l'office est le plus long, on sort le plus tard.

L'argument envisagé est que la sortie tardive de Kippour s'explique par un lecteur supplémentaire, ce qui conviendrait à Rabbi Akiva, qui compte sept à Kippour. La guemara le rejette : même pour Rabbi Yichmael, qui n'en compte que six, l'office de Kippour est long par lui-même, car le sidoura de-yoma, l'ordre des prières du jour, comprend de nombreuses supplications et confessions.

🖼️ Schéma
Arrivée et sortie de la synagogue selon le jour Jour Arrivée Sortie Jour de fête tard : on prépare le repas tôt : joie du jour de fête Kippour tôt : pas de repas à préparer tard : l'office est long Chabbat tôt : tout est prêt depuis la veille tôt : oneg chabbat Seule la sortie tardive de Kippour demande une explication : un lecteur de plus selon R. Akiva, ou la longueur de l'office selon R. Yichmael.
La baraita des horaires : le seul point qui pouvait trancher entre les deux tannaim est la sortie tardive de Kippour.
7
הָנֵי שְׁלֹשָׁה חֲמִשָּׁה וְשִׁבְעָה כְּנֶגֶד מִי? פְּלִיגִי בַּהּ רַבִּי יִצְחָק בַּר נַחְמָנִי וְחַד דְּעַמֵּיהּ, וּמַנּוּ — רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי. וְאָמְרִי לָהּ: רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי וְחַד דְּעַמֵּיהּ, וּמַנּוּ — רַבִּי יִצְחָק בַּר נַחְמָנִי, וְאָמְרִי לַהּ רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי. חַד אָמַר: כְּנֶגֶד בִּרְכַּת כֹּהֲנִים, וְחַד אָמַר: כְּנֶגֶד שְׁלֹשָׁה שׁוֹמְרֵי הַסַּף, חֲמִשָּׁה מֵרוֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ, שִׁבְעָה רוֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ.

Ces trois, cinq et sept, en correspondance de quoi ? Rabbi Yitshak bar Nahmani et celui qui était avec lui — et qui était-ce ?

Rabbi Chimon ben Pazi — sont en désaccord là-dessus. Et certains rapportent : Rabbi Chimon ben Pazi et celui qui était avec lui — et qui était-ce ?

Rabbi Yitshak bar Nahmani ; et certains disent : Rabbi Chmouel bar Nahmani. L'un dit : en correspondance de la bénédiction des kohanim.

Et l'autre dit : en correspondance des trois gardiens du seuil, des cinq d'entre ceux qui voyaient la face du roi, et des sept qui voyaient la face du roi.

📜 Rachi (2)
בִּרְכַּת כֹּהֲנִים שְׁלֹשָׁה תֵּיבוֹת בְּפָסוּק רִאשׁוֹן וַחֲמִשָּׁה בְּפָסוּק שֵׁנִי וְשִׁבְעָה בְּפָסוּק שְׁלִישִׁי:
la bénédiction des kohanim — trois mots dans le premier verset, cinq dans le deuxième et sept dans le troisième.
חֲמִשָּׁה מֵרוֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ וְשִׁבְעָה רוֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ שִׁבְעָה הֵם כְּדִכְתִיב שִׁבְעַת שָׂרֵי פָּרַס וּמָדַי וּמֵהֶם יֵשׁ חֲמִשָּׁה חֲשׁוּבִים כְּדִכְתִיב בְּסוֹף מְלָכִים שְׁלֹשָׁה שׁוֹמְרֵי הַסַּף בְּסוֹף סֵפֶר מְלָכִים וּכְנֶגְדָּן תִּיקְּנוּ אֵלּוּ מֵעֵין דְּבַר מַלְכוּת:
cinq d'entre ceux qui voyaient la face du roi et sept qui voyaient la face du roi — ils sont sept, comme il est écrit : « les sept ministres de Perse et de Médie » ; et parmi eux il y en a cinq qui sont importants, comme il est écrit à la fin de Melakhim. Les trois gardiens du seuil figurent eux aussi à la fin du livre de Melakhim. C'est en correspondance de ceux-là qu'on a institué ces nombres, sur le modèle de ce qui se fait dans la royauté.
🗂️ Tossefot (2)
הָנֵי שְׁלֹשָׁה וַחֲמִשָּׁה כְּנֶגֶד מִי אֲבָל מִשִּׁשָּׁה שֶׁל יוֹם הַכִּפּוּרִים לֹא בָּעֵי עַד לְקַמָּן קַשְׁיָא אַמַּאי לָא בָּעֵי מד' שֶׁל רֹאשׁ חֹדֶשׁ כְּנֶגֶד מִי וְכֵן שֶׁל חֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד וְי"ל דְּקִים לֵיהּ דְּטַעֲמָא דְּמוּסָף חֲשִׁיב לְטַפּוֹיֵי חַד גַּבְרָא אֲבָל לְטַפּוֹיֵי כָּל כָּךְ ביו"ט וביוה"כ וּבְשַׁבָּת לָא ס"ל מִשּׁוּם כָּרֵת וּסְקִילָה אִי לָא מַשְׁכְּחִינַן כְּנֶגֶד מִי:
Ces trois et ces cinq, en correspondance de quoi — mais des six de Kippour il ne demande rien avant plus loin. Difficulté : pourquoi ne demande-t-il pas non plus en correspondance de quoi sont les quatre de roch hodech, et de même ceux de hol ha-moed ? On peut répondre qu'il tenait pour acquis que le motif du moussaf suffit à justifier l'ajout d'un seul homme ; mais ajouter autant un jour de fête, à Kippour et le chabbat, il n'admet pas de le justifier par le karet et la lapidation si nous ne trouvons pas en correspondance de quoi cela a été institué.
שִׁבְעָה רוֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ פֵּירֵשׁ הַקּוּנְטְרֵס דַּאֲחַשְׁוֵרוֹשׁ וְקַשְׁיָא לוֹמַר שֶׁתִּקְּנוּ חֲכָמִים כְּנֶגֶד עִנְיָנוֹ שֶׁל אוֹתוֹ רָשָׁע לְכָךְ פֵּירֵשׁ ר"ת אוֹתָן הַכְּתוּבִים בְּסֵפֶר יִרְמְיָה (נב) וּבִמְלָכִים (ב כה) כְּתִיב ה' וּבַיְּרוּשַׁלְמִי מְפָרֵשׁ שֶׁהַשְּׁנַיִם שֶׁלֹּא הֻוזְכְּרוּ בִּמְלָכִים הֵם סוֹפְרֵי הַדַּיָּינִין:
sept qui voyaient la face du roi — le Kountras a expliqué qu'il s'agit de ceux de Ahachveroch ; et il est difficile de dire que les sages ont institué quelque chose en correspondance de ce qui touche ce racha. C'est pourquoi Rabbenou Tam a expliqué qu'il s'agit de ceux qui sont écrits dans le livre de Yirmeyahou (52), alors que dans Melakhim II (25) il est écrit cinq. Et le Talmud de Jérusalem explique que les deux qui ne sont pas mentionnés dans Melakhim sont les scribes des juges.
🪔 Ben Yehoyada (2)
הָנֵי שְׁלֹשָׁה חֲמִשָּׁה שִׁבְעָה, כְּנֶגֶד מִי. הִקְשׁוּ הַתּוֹסְפוֹת זַ"ל לָמָּה לֹא שָׁאַל עַל אַרְבָּעָה דְּחוֹל הַמּוֹעֵד וְרֹאשׁ חֹודֶשׁ, וְעַל שִׁשָּׁה דְּיוֹם הַכִּיפּוּרִים? יְעֻויַּן שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּעַל אַרְבָּעָה דְּחֹול הַמּוֹעֵד וְרֹאשׁ חֹודֶשׁ אֵין לִשְׁאוֹל כְּלוּם, דְּזֶה מֻוכְרָח לִהְיוֹת אַחַר שֶׁתִּיקְּנוּ בְּיוֹם טוֹב חֲמִשָּׁה וּבְחוֹל שְׁלֹשָׁה, וּלְכָךְ חוֹל הַמּוֹעֵד וְרֹאשׁ חֹודֶשׁ שֶׁהֵם מְמֻוצָּעִים מֻוכְרָח לְהַעֲלוֹת אַרְבָּעָה שֶׁהוּא מִסְפָּר מְמֻוצָּע בֵּין חֲמִשָּׁה לִשְׁלֹשָׁה וְלֹא אֶפְשָׁר בְּלָאו הָכִי, וְכֵן עַל שִׁשָּׁה דְּיוֹם הַכִּיפּוּרִים לֵיכָּא שְׁאֵלָה כֵּיוָן דְּתִיקְּנוּ שִׁבְעָה בְּשַׁבָּת וַחֲמִשָּׁה בְּיוֹם טוֹב צָרִיךְ לְתַקֵּן שִׁשָּׁה בְּיוֹם הַכִּיפּוּרִים מִפְּנֵי שֶׁהוּא מְמֻוצָּע בֵּין קְדֻושַּׁת שַׁבָּת וּבֵין קְדֻושַּׁת יוֹם טוֹב, לְכָךְ שָׁאַל רַק עַל שְׁלֹשָׁה חֲמִשָּׁה וְשִׁבְעָה.
« Ces trois, cinq et sept, en correspondance de quoi. » Les Tossefot, de mémoire bénie, ont demandé pourquoi il n'interroge pas sur les quatre de hol ha-moed et de roch hodech, ni sur les six de Kippour ; voir là-bas. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'au sujet des quatre de hol ha-moed et de roch hodech il n'y a rien à demander : cela s'impose de soi dès lors qu'on a institué cinq un jour de fête et trois un jour ordinaire ; hol ha-moed et roch hodech, qui sont des jours intermédiaires, doivent donc faire monter quatre, nombre intermédiaire entre cinq et trois, et il ne peut en aller autrement. De même, sur les six de Kippour il n'y a pas de question : puisqu'on a institué sept le chabbat et cinq un jour de fête, il faut instituer six à Kippour, dont la sainteté est intermédiaire entre celle du chabbat et celle du jour de fête. Il n'a donc interrogé que sur trois, cinq et sept.
כְּנֶגֶד 'שְׁלֹשָׁה שׁוֹמְרֵי הַסַּף', 'חֲמִשָּׁה מֵרוֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ', 'וְשִׁבְעָה רוֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ'. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לָמָּה בַּחֲמִשָּׁה נָקֵיט 'מֵרוֹאֵי' וּבְשִׁבְעָה נָקֵיט 'רוֹאֵי'? וְנִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי הַיְרוּשַׁלְמִי שֶׁהֵבִיאוּ הַתּוֹסָפוֹת (בְּסַנְהֶדְרִין י:) דְּאֵלּוּ הַחֲמִשָּׁה שֶׁהֻוזְכְּרוּ בִּמְלָכִים (מְלָכִים ב' כה, יט) הֵן הֵן הַשִּׁבְעָה שֶׁהֻוזְכְּרוּ בְּיִרְמְיָה (יִרְמְיָה נב, כה) וְרַק בִּכְלַל הַשִּׁבְעָה יֵשׁ שְׁנַיִם שֶׁהֵם סוֹפְרִים, וּלְפִי זֶה לָכֵן נָקֵיט מֵרוֹאֵי בַּחֲמִשָּׁה לְהוֹרוֹת דְּאִיכָּא עוֹד אֲנָשִׁים בַּהֲדַייְהוּ. וְהִנֵּה מַה שֶּׁכָּתַב רַשִׁ"י בְּשִׁבְעָה כְּנֶגֶד (אֶסְתֵּר א יד) שִׁבְעַת שָׂרֵי פָּרַס וּמָדַי רֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ, הִקְשׁוּ הַתּוֹסְפוֹת אֵיךְ יְתַקְּנוּ חֲכָמִים כְּנֶגֶד מִנְיָינוֹ שֶׁל אוֹתוֹ רָשָׁע? וּלְכָךְ פֵּרְשׁוּ הַשִּׁבְעָה הֵם כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר בְּיִרְמְיָה, וְהַחֲמִשָּׁה הֵם כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר בִּמְלָכִים עַייֵּן שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּגַם רַשִׁ"י זַ"ל מְפָרֵשׁ הַשִּׁבְעָה כְּנֶגֶד מַה שֶׁנֶּאֱמַר בְּיִרְמְיָה, אַךְ בְּיִרְמְיָה כָּתוּב 'וְשִׁבְעָה אֲנָשִׁים מֵרֹאֵי פְנֵי הַמֶּלֶךְ' וּמִלְּשׁוֹן זֶה אִיכָּא לְמֵידַק דְּרוֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ הָיוּ טְפֵי מִשִּׁבְעָה וְהוּא לָקַח שִׁבְעָה מֵהֶם דַּוְקָא, וְאִם נֹאמַר כֵּן קַשְׁיָא לָן לָמָּה עָשׂוּ הַמִּסְפָּר כְּנֶגֶד מַה שֶׁהִגְלָה וְלֹא עָשׂוּ כְּנֶגֶד מַה שֶׁהָיָה בֶּאֱמֶת מִסְפַּר רוֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ? לְכָךְ בָּא לְפָרֵשׁ אֵלּוּ שִׁבְעָה הֵם דַּוְקָא וְלֹא יוֹתֵר, כְּדִכְתִיב (אֶסְתֵּר א יד) 'שִׁבְעַת שָׂרֵי פָּרַס וּמָדַי רֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ' דְּמַשְׁמַע דְּלָא הָווּ טְפֵי מִשִּׁבְעָה.
« En correspondance des trois gardiens du seuil, des cinq d'entre ceux qui voyaient la face du roi, et des sept qui voyaient la face du roi. » Il y a lieu de demander pourquoi, pour les cinq, il emploie « d'entre ceux qui voyaient », et pour les sept « ceux qui voyaient ». Il me semble, avec l'aide du Ciel, d'après le Talmud de Jérusalem cité par les Tossefot (Sanhédrin 10b), que les cinq mentionnés dans Melakhim (Melakhim II 25,19) sont ces mêmes sept mentionnés dans Yirmeyahou (Yirmeyahou 52,25), sauf que dans l'ensemble des sept il y en a deux qui sont des scribes. Selon cela, il emploie « d'entre ceux qui voyaient » pour les cinq afin d'indiquer qu'il y avait encore d'autres hommes avec eux. Quant à ce qu'a écrit Rachi, que les sept correspondent aux « sept ministres de Perse et de Médie qui voyaient la face du roi » (Esther 1,14), les Tossefot ont demandé comment les sages institueraient quelque chose en correspondance du nombre de ce racha ; c'est pourquoi ils ont expliqué que les sept sont ceux dont parle Yirmeyahou et les cinq ceux dont parle Melakhim, voir là-bas. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que Rachi aussi explique les sept d'après ce qui est dit dans Yirmeyahou ; seulement, dans Yirmeyahou il est écrit « et sept hommes d'entre ceux qui voyaient la face du roi », et de cette expression on peut déduire que ceux qui voyaient la face du roi étaient plus de sept et qu'il en a pris sept précisément. Si l'on dit ainsi, une difficulté se pose : pourquoi avoir fixé le nombre d'après ceux qui ont été exilés, et non d'après le nombre réel de ceux qui voyaient la face du roi ? C'est pourquoi Rachi vient expliquer que ces sept sont sept exactement et pas davantage, comme il est écrit « les sept ministres de Perse et de Médie qui voyaient la face du roi », ce qui implique qu'ils n'étaient pas plus de sept.
💡 Explication

Nouvelle étape : après avoir identifié le tanna, la guemara cherche le fondement des nombres. La question porte sur trois, cinq et sept, c'est-à-dire le jour ordinaire, le jour de fête et le chabbat.

La première réponse prend appui sur la birkat kohanim : ses trois versets comptent respectivement trois, cinq et sept mots. La seconde prend appui sur la hiérarchie de la cour royale telle que la décrivent les derniers chapitres de Melakhim : trois gardiens du seuil, cinq puis sept parmi ceux qui voyaient la face du roi. Monter à la Torah est alors traité comme une comparution devant le Roi.

Les Tossefot résistent à l'idée d'instituer un nombre d'après la cour de Ahachveroch et renvoient la source aux versets de Yirmeyahou. Le Ben Yehoyada explique pourquoi seuls trois, cinq et sept demandent une source : quatre et six se déduisent d'eux comme des nombres intermédiaires.

8
תָּנֵי רַב יוֹסֵף: שְׁלֹשָׁה חֲמִשָּׁה וְשִׁבְעָה — שְׁלֹשָׁה שׁוֹמְרֵי הַסַּף, חֲמִשָּׁה מֵרוֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ, שִׁבְעָה רוֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ. אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: עַד הָאִידָּנָא מַאי טַעְמָא לָא פָּרֵישׁ לָן מַר? אֲמַר לֵיהּ: לָא הֲוָה יָדַעְנָא דִּצְרִיכִיתוּ לֵיהּ, וּמִי בְּעֵיתוּ מִינַּאי מִילְּתָא וְלָא אֲמַרִי לְכוּ?!

Rav Yossef enseigna : trois, cinq et sept — les trois gardiens du seuil, les cinq d'entre ceux qui voyaient la face du roi, les sept qui voyaient la face du roi. Abaye lui dit : jusqu'à maintenant, pour quelle raison le maître ne nous l'a-t-il pas expliqué ?

Il lui dit : je ne savais pas que vous en aviez besoin. M avez-vous jamais demandé quelque chose sans que je vous le dise ?

💡 Explication

Rav Yossef tranche de fait en faveur de la seconde explication, en l'enseignant comme une baraita. Abaye lui reproche de ne pas l'avoir transmise plus tôt.

La réponse de Rav Yossef, devenu aveugle et connu pour avoir oublié son étude, tient en deux points : il ignorait que cette tradition manquait à ses élèves, et il n'a jamais retenu une réponse à qui la lui demandait.

9
אֲמַר לֵיהּ יַעֲקֹב מִינָאָה לְרַב יְהוּדָה: הָנֵי שִׁשָּׁה דְּיוֹם הַכִּפּוּרִים כְּנֶגֶד מִי? אֲמַר לֵיהּ: כְּנֶגֶד שִׁשָּׁה שֶׁעָמְדוּ מִימִינוֹ שֶׁל עֶזְרָא וְשִׁשָּׁה מִשְּׂמֹאלוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיַּעֲמֹוד עֶזְרָא הַסֹּופֵר עַל מִגְדַּל עֵץ אֲשֶׁר עָשׂוּ לַדָּבָר וַיַּעֲמֹוד אֶצְלוֹ מַתִּתְיָה וְשֶׁמַע וַעֲנָיָה וְאוּרִיָּה וְחִלְקִיָּה וּמַעֲשֵׂיָה עַל יְמִינוֹ וּמִשְּׂמֹאלוֹ פְּדָיָה וּמִישָׁאֵל וּמַלְכִּיָּה וְחָשֻׁום וְחַשְׁבַּדָּנָה זְכַרְיָה מְשֻׁלָּם״.

Yaakov Minaa dit à Rav Yehouda : ces six de Kippour, en correspondance de quoi ? Il lui dit : en correspondance des six qui se tenaient à la droite de Ezra et des six à sa gauche, ainsi qu'il est dit : « Ezra le scribe se tint sur une estrade de bois qu'on avait faite pour cela, et à côté de lui se tenaient Matitya, Chema, Anaya, Ouriya, Hilkiya et Maasséya à sa droite, et à sa gauche Pedaya, Michaël, Malkiya, Hachoum, Hachbadana, Zekharya, Mechoulam ».

🗂️ Tossefot (1)
אָמַר יַעֲקֹב מִצְּעָהּ גָּרְסִינַן שֶׁאִם הֲוָה מִין לֹא הָיָה מַזְכִּירוֹ יַעֲקֹב דְּהָא כְּתִיב שֵׁם רְשָׁעִים יִרְקָב (מִשְׁלֵי י׳:ז׳):
Yaakov dit — notre version porte « Mitsaa » ; car s'il avait été un min, un hérétique, on ne l'aurait pas appelé Yaakov, puisqu'il est écrit : « le nom des méchants pourrira » (Michlei 10,7).
💡 Explication

La question des six de Kippour, laissée de côté plus haut, revient ici. Rav Yehouda ne la rattache pas à la cour royale mais à la première lecture publique de la Torah organisée par Ezra, décrite au chapitre 8 de Nehemia.

Les Tossefot corrigent le nom de celui qui pose la question : lire « Yaakov le min », l'hérétique, serait incompatible avec le fait de le désigner par un nom que la tradition honore.

🖼️ Schéma
Les six de Kippour : la lecture publique de Ezra (Nehemia 8,4) Ezra le scribe sur l'estrade de bois À sa droite : 6 1. Matitya 2. Chema 3. Anaya 4. Ouriya 5. Hilkiya 6. Maasséya Compte immédiat : six noms. À sa gauche : 6 1. Pedaya 2. Michaël 3. Malkiya 4. Hachoum 5. Hachbadana 6. Zekharya Mechoulam Sept noms en apparence : Zekharya et Mechoulam sont un seul homme.
Les douze hommes qui encadrent Ezra : six à droite, six à gauche, à condition de lire Zekharya Mechoulam comme un seul nom.
10
הָנֵי שִׁבְעָה הָווּ! הַיְינוּ ״זְכַרְיָה״ הַייְנוּ ״מְשַׁלֵּם״, וְאַמַּאי קְרָאוֹ ״מְשַׁלֵּם״? דְּמִישְׁלַם בְּעוֹבְדֶיהָ.

Mais ceux-là sont sept ! — Zekharya et Mechoulam sont un seul et même homme. Et pourquoi l'a-t-on appelé Mechoulam ?

Parce qu'il était accompli dans ses actes.

📜 Rachi (1)
דְּמִישְׁלַם בְּעוֹבְדֶיהָ תָּמִים בְּמַעֲשָׂיו:
parce qu'il était accompli dans ses actes — intègre dans ce qu'il faisait.
💡 Explication

Le verset donne six noms à droite et sept à gauche. Pour tenir la symétrie, la guemara lit « Zekharya Mechoulam » comme un seul homme portant deux noms, ce que confirme l'absence de conjonction entre les deux mots dans le verset.

Le second nom est traité comme un qualificatif : mouchlam, accompli, sans défaut dans sa conduite.

11
תָּנוּ רַבָּנַן: הַכֹּל עוֹלִין לַמִּנְיָן שִׁבְעָה, וַאֲפִילּוּ קָטָן וַאֲפִילּוּ אִשָּׁה. אֲבָל אָמְרוּ חֲכָמִים: אִשָּׁה לֹא תִּקְרָא בְּתוֹרָה, מִפְּנֵי כְּבוֹד צִבּוּר.

Nos maîtres ont enseigné : tous montent pour le compte des sept, même un mineur et même une femme. Mais les sages ont dit : une femme ne lira pas dans la Torah, a cause de l'honneur du public.

⚖️ Rosh (1)
ת"ר הַכֹּל עוֹלִין לַמִּנְיָן שִׁבְעָה וְאַפֵּי' אִשָּׁה וְקָטָן אֲבָל אָמְרוּ חֲכָמִים אִשָּׁה לֹא תִּקְרָא בַּצִּבּוּר מִפְּנֵי כְּבוֹד צִבּוּר. אִיבַּעְיָא לְהוּ מַפְטִיר מַהוּ שֶׁיַּעֲלֶה לַמִּנְיָן שִׁבְעָה רַב הוּנָא וְרַב יִרְמְיָה בַּר אַבָּא חַד אָמַר עוֹלֶה וְחַד אָמַר אֵינוֹ עוֹלֶה מ"ד עוֹלֶה דְּהָא קָא קָרֵי ומ"ד אֵינוֹ עוֹלֶה כִּדְעֻולָּא דְּאָמַר עֻולָּא מִפְּנֵי מֶה אָמְרוּ הַמַּפְטִיר בַּנָּבִיא צָרִיךְ שִׁיקְרָא בְּתוֹרָה תְּחִלָּה מִפְּנֵי כְּבוֹד תּוֹרָה וְכֵיוָן דְּמִשּׁוּם כְּבוֹד תּוֹרָה הוּא לָא סָלֵיק לְמִנְיָנָא מֵיתִיבִי הַמַּפְטִיר בְּנָבִיא לֹא יִפְחֹות מֵאֶחָד וְעֶשְׂרִים פְּסוּקִים כְּנֶגֶד שִׁבְעָה שֶׁקְּרָאוֹ בְּתוֹרָה וְאִם אִיתָא עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע הָווּ כֵּיוָן דְּמִשּׁוּם כְּבוֹד תּוֹרָה הוּא. כְּנֶגְדּוֹ נָמֵי לָא בָּעֵינַן מַשְׁמַע דְּבִימֵי חַכְמֵי הַגְּמָרָא לֹא הָיוּ רְגִילִין לִקְרוֹת לְמַפְטִיר מַה שֶׁקָּרָא אַחֲרוֹן אֶלָּא הָיָה קוֹרֵא דָּבָר אַחֵר דְּאִלּוּ הָיָה קוֹרֵא מַה שֶׁקָּרָא אַחֲרוֹן כְּמִנְהָגֵינוּ אַמַּאי קָאָמַר כֵּיוָן דְּמִשּׁוּם כְּבוֹד תּוֹרָה הוּא כְּנֶגְדּוֹ נָמֵי לָא בָּעֵינַן תִּיפּוֹק לֵיהּ דְּלָא קָרְאוּ אֶלָּא אֶחָד וְעֶשְׂרִים פְּסוּקִים וְעוֹד קָשֶׁה מֵהָא דְּקָא מְשַׁנֵּי לְעֵיל כֵּיוָן דְּמִשּׁוּם כְּבוֹד תּוֹרָה לְמִנְיָנָא לָא סָלֵיק טְפֵי הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר כֵּיוָן דְּאֵינוֹ קוֹרֵא אֶלָּא מַה שֶׁקָּרָא הָאַחֲרוֹן לְמִנְיָנָא לָא סָלֵיק אֶלָּא ש"מ שֶׁבִּימֵיהֶם הָיָה הַמַּפְטִיר קוֹרֵא פְּסוּקִים אֲחֵרִים מַה שֶׁלֹּא קָרְאוּ לְפָנָיו וְתֵימַהּ לָמָּה אֵין אָנוּ נוֹהֲגִין כֵּן וְנִרְאֶה כִּי בִּימֵי חַכְמֵי הַגְּמָרָא לֹא הָיוּ אוֹמְרִים קַדִּישׁ בֵּין שְׁבִיעִי לְמַפְטִיר לָכֵן נָהֲגוּ לִגְמֹור כָּל הַסֵּדֶר וְאַחַר שֶׁנִּשְׁלַם הַגְּמָרָא תִּיקְּנוּ לוֹמַר קַדִּישׁ בֵּין שְׁבִיעִי לְמַפְטִיר וּלְכָךְ נָהֲגוּ לִגְמֹור כָּל הַסֵּדֶר קֹודֶם קְרִיאַת הַמַּפְטִיר כִּי לֹא מִסְתַּבְּרָא לוֹמַר קַדִּישׁ בְּאֶמְצַע הַסֵּדֶר כַּיּוֹצֵא בוֹ מָצִינוּ שֶׁנִּשְׁתַּנָּה הַסֵּדֶר אַחַר הַשְׁלָמַת הַגְּמָרָא שֶׁתִּיקְּנוּ לוֹמַר פְּסוּקִים וְיִרְאוּ עֵינֵינוּ אַחַר הַשְׁכִּיבֵנוּ וּבִימֵי חַכְמֵי הַגְּמָרָא לֹא נָהֲגוּ כֵּן וְגַם תִּיקְּנוּ לוֹמַר קַדִּישׁ קֹודֶם תְּפִלַּת עַרְבִית לְהוֹדִיעַ שֶׁתְּפִלַּת עַרְבִית רְשׁוּת () וּלְאַפּוֹקֵי מִדִּבְרֵי ר' יוֹחָנָן דְּאָמַר בפ"ק דִּבְרָכוֹת (דַּף ד:) אֵיזֶהוּ בֶּן הָעוֹלָם הַבָּא זֶה הַסּוֹמֵךְ גְּאֻולָּה שֶׁל עַרְבִית לִתְפִלָּה שֶׁל עַרְבִית וְכֵן נָמֵי תִּיקְּנוּ לוֹמַר קַדִּישׁ בֵּין שְׁבִיעִי לְמַפְטִיר לוֹמַר שֶׁאֵין מִמִּנְיַן הַשִּׁבְעָה וּלְכָךְ צְרִיכִין לַחֲזֹור מִן הַפָּרָשָׁה שֶׁקָּרָא הַשְּׁבִיעִי אֲבָל יָמִים טוֹבִים וְאַרְבַּע פָּרָשִׁיּוֹת שֶׁמּוֹצִיאִין שְׁנֵי סְפָרִים אֵין הַמַּפְטִיר חוֹזֵר וְקוֹרֵא מַה שֶּׁקָּרָא אַחֲרוֹן אֶלָּא אוֹמֵר קַדִּישׁ אַחַר שֶׁקָּרְאוּ שִׁבְעָה בְּשַׁבָּת וַחֲמִשָּׁה בי"ט וּבְסֵפֶר הַשֵּׁנִי קוֹרֵא הַמַּפְטִיר חוֹבַת הַיּוֹם וּכְשֶׁמּוֹצִיאִין שְׁלֹשָׁה סְפָרִים קוֹרִין שִׁשָּׁה בְּאֶחָד וְהַשְּׁבִיעִי בַּשֵּׁנִי וְאוֹמֵר קַדִּישׁ וּבַשְּׁלִישִׁי קוֹרֵא הַמַּפְטִיר פָּרָשָׁה שֶׁהִיא מֵעֵין הַהַפְטָרָה אֲבָל אִם הָיָה קוֹרֵא הִשְׁבִּיעַ' בַּסֵּפֶר הַשֵּׁנִי כְּשֶׁמּוֹצִיאִין שְׁנַיִם אוֹ בַּשְּׁלִישִׁי כְּשֶׁמּוֹצִיאִין שְׁלֹשָׁה הָיָה הַמַּפְטִיר צָרִיךְ לִכְפֹּול לְפִי שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ קַדִּישׁ עַד שֶׁיִּגְמְרוּ הַפָּרָשָׁה. וְאַחַר שֶׁגָּמְרוּ פָּרָשָׁה אוֹמֵר קַדִּישׁ וְהַמַּפְטִיר קוֹרֵא מַה שֶׁקָּרָא הַשְּׁבִיעִי וְכֵן הִנְהִיגוּ רַבֵּינוּ אֵלִיָּהוּ וְרַבֵּינוּ מְשֻׁולָּם זַ"ל (וּמִנְהָג כָּשֵׁר הוּא) דְּלָא מִסְתַּבֵּר דְּקָטָן הַמַּפְטִיר שֶׁאֵינוֹ מִן הַמִּנְיָן שֶׁיִּקְרָא חוֹבַת הַיּוֹם וּבְסֵדֶר רַב עַמְרָם כָּתוּב שֶׁבְּמָקוֹם שֶׁמַּפְסִיקִין בְּקַדִּישׁ אֵין מַפְטִיר עוֹלֶה לְמִנְיַן שִׁבְעָה הֲרֵי לָמַדְנוּ מִדְּבָרָיו שֶׁהָיוּ רְגִילִין לְהַפְסִיק בְּקַדִּישׁ בֵּין שְׁבִיעִי לְמַפְטִיר וּמַה שֶׁאֵין מוֹצִיאִין בְּשַׁבָּת סֵפֶר תּוֹרָה לִקְרוֹת וּבְיוֹם הַשַּׁבָּת כְּמוֹ שֶׁקּוֹרִין בְּיָמִים טוֹבִים קָרְבְּנוֹת הַיּוֹם לְפִי שֶׁאֵין בַּפָּרָשָׁה שֶׁל שַׁבָּת רַק שְׁנֵי פְּסוּקִים ו? לִקְרוֹת אֶלָּא מֵעִנְיָנוֹ שֶׁל יוֹם וְעוֹד טַעַם אַחֵר דְּקָאָמְרִינַן לְקַמָּן פֶּרֶק בָּתְרָא (מְגִילָּה דַּף לא:) תִּקַּנְתִּי לָהֶם סֵדֶר קָרְבָּנוֹת בִּזְמַן שֶׁהֵן קוֹרִין בָּהֶן מַעֲלֶה אֲנִי עֲלֵיהֶן כְּאִלּוּ הִקְרִיבוּם לִפְנֵי וּמוֹחֵל אֲנִי לָהֶם עַל כָּל עֲוֹנוֹתֵיהֶם וּבְקָרְבַּן שַׁבָּת אֵין קָרְבָּן לְכַפֵּר דְּכֻולָּן עוֹלוֹת וְהִלְכְתָא מַפְטִיר עוֹלֶה דְּקָאָמַר בְּפֶרֶק בְּנֵי הָעִיר (מְגִילָּה דַּף ל.) ר"ח אֲדָר שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת בִּוְאַתָּה תְּצַוֶּה אָמַר אַבָּיֵי קָרוּ שִׁיתָּא בִּוְאַתָּה תְּצַוֶּה עַד וְעָשִׂיתָ כִּיּוֹר נְחֹשֶׁת וְחַד תָּנֵי וְקָרֵי מִן כִּי תִּשָּׂא עַד וְעָשִׂיתָ כִּיּוֹר וְהַייְנוּ מַפְטִיר אַלְמָא מַפְטִיר עוֹלֶה לְמִנְיַן שִׁבְעָה וְכֵן הֲלָכָה וּלְכָךְ אָנוּ נוֹהֲגִין בְּתַעֲנִית בְּמִנְחָה וּבְתִשְׁעָה בְּאָב וביוה"כ בְּמִנְחָה שֶׁהַשְּׁלִישִׁי הוּא מַפְטִיר אֲבָל בְּשַׁבָּת הַשְּׁמִינִי מַפְטִיר וביו"ט הַשִּׁשִּׁי וביוה"כ הַשְּׁבִיעִי לְפִי שֶׁאָנוּ רוֹצִים לַעֲשׂוֹת מִנְהָגֵינוּ אַלִּיבָּא דְּכֻולֵּי עָלְמָא דְּכֵיוָן דְּמוֹסִיפִים עֲלֵיהֶן נִיחָא לכ"ע דִּלְמַאן דְּאָמַר עוֹלָה הָוֵי מַפְטִיר שְׁמִינִי וְאֵין בְּכָךְ כְּלוּם דְּמוֹסִיפִין וְלָמֶ"ד מַפְטִיר אֵינוֹ עוֹלֶה כְּבָר קָרְאוּ לְפָנָיו שִׁבְעָה ואע"ג שֶׁקּוֹרֵא הַמַּפְטִיר בי"ט וביוה"כ בְּעִנְיָינָא דְּיוֹמָא וְאָמְרִי' לְקַמָּן בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּקָרוּ שִׁיתָּא בִּוְאַתָּה תְּצַוֶּה וְחַד קָרֵי בְּכִי תִּשָּׂא. מ"מ תַּקִּינוּ עַכְשָׁיו שֶׁיִּקְרָא הַמַּפְטִיר שֶׁהוּא שְׁמִינִי עִנְיָינָא דְּיוֹמָא כְּדֵי לִנְהֹוג אַלִּיבָּא דכ"ע. כָּךְ הֵשִׁיב רַבֵּינוּ תָּם זַ"ל וְהָרַב רַבֵּינוּ מְשֻׁולָּם זַ"ל וְכֵן פָּסְקוּ רַב עַמְרָם וְרַב הַאי גָּאוֹן זַ"ל. וְדָבָר זֶה תָּלוּי בַּמֶּה שֶׁנָּהֲגוּ לְהַפְסִיק בְּקַדִּישׁ בֵּין שְׁבִיעִי לְמַפְטִיר:
Nos maîtres ont enseigné : tous montent pour le compte des sept, même une femme et un mineur ; mais les sages ont dit qu'une femme ne lira pas en public, à cause de l'honneur du public. On a demandé : le maftir, monte-t-il pour le compte des sept ? Rav Houna et Rav Yirmeya bar Abba : l'un dit qu'il monte et l'autre qu'il ne monte pas. Celui qui dit qu'il monte, parce qu'il lit effectivement ; celui qui dit qu'il ne monte pas, comme Oulla, qui a dit : pourquoi ont-ils dit que celui qui conclut par le prophète doit d'abord lire dans la Torah ? À cause de l'honneur de la Torah ; et puisque c'est à cause de l'honneur de la Torah, il n'entre pas dans le compte. On objecte : celui qui conclut par le prophète ne lira pas moins de vingt et un versets, en correspondance des sept qui ont lu dans la Torah ; or s'il en est ainsi, cela ferait vingt-quatre. Réponse : puisque c'est à cause de l'honneur de la Torah, on n'exige pas non plus de versets en correspondance de sa lecture. Cela indique qu'au temps des sages de la guemara on n'avait pas l'usage de faire lire au maftir ce qu'avait lu le dernier, mais qu'il lisait un autre passage. Car s'il lisait ce qu'a lu le dernier, comme notre usage, pourquoi répondre « puisque c'est à cause de l'honneur de la Torah, on n'exige pas de correspondance pour lui » ? Il suffisait de dire qu'on n'a lu que vingt et un versets. Autre difficulté, à partir de la réponse donnée plus haut, « puisque c'est à cause de l'honneur de la Torah il n'entre pas dans le compte » : il aurait mieux valu dire « puisqu'il ne lit que ce qu'a lu le dernier, il n'entre pas dans le compte ». Il faut donc conclure qu'à leur époque le maftir lisait d'autres versets, que l'on n'avait pas lus avant lui. Et l'on s'étonne : pourquoi n'avons-nous pas cet usage ? Il semble qu'au temps des sages de la guemara on ne disait pas le kaddich entre le septième et le maftir, et c'est pourquoi ils avaient l'usage d'achever tout le seder par cette lecture. Après la clôture de la guemara on a institué de dire le kaddich entre le septième et le maftir, et l'on a donc pris l'usage d'achever tout le seder avant la lecture du maftir, car il n'est pas raisonnable de dire le kaddich au milieu du seder. Nous trouvons un changement semblable après la clôture de la guemara : on a institué de dire les versets « Véyirou eineinou » après « Hachkivenou », ce qui n'était pas l'usage au temps des sages de la guemara ; on a institué aussi de dire le kaddich avant la prière du soir, pour faire savoir que la prière du soir est facultative, et à l'encontre des paroles de Rabbi Yo'hanan qui a dit au premier chapitre de Berakhot (4b) : qui est fils du monde à venir ? Celui qui joint la gueoula du soir à la prière du soir. De même on a institué de dire le kaddich entre le septième et le maftir, pour dire qu'il n'est pas du compte des sept ; et c'est pourquoi il faut revenir sur la section qu'a lue le septième. Mais les jours de fête et pour les quatre parachiyot, où l'on sort deux sifrei Torah, le maftir ne revient pas lire ce qu'a lu le dernier : on dit le kaddich après que sept ont lu le chabbat, ou cinq un jour de fête, et dans le second sefer le maftir lit l'obligation du jour. Quand on sort trois sifrei Torah, six lisent dans le premier, le septième dans le deuxième, on dit le kaddich, et dans le troisième le maftir lit la section qui se rapporte à la haftara. Mais si le septième lisait dans le second sefer, lorsqu'on en sort deux, ou dans le troisième, lorsqu'on en sort trois, le maftir devrait répéter, parce qu'on ne dit le kaddich qu'une fois la section achevée ; la section achevée, on dit le kaddich et le maftir lit ce qu'a lu le septième. Ainsi ont institué Rabbenou Eliyahou et Rabbenou Mechoulam, de mémoire bénie, et c'est un usage valable, car il n'est pas raisonnable qu'un mineur qui fait le maftir, et qui n'est pas du compte, lise l'obligation du jour. Dans le Seder de Rav Amram il est écrit que là où l'on s'interrompt par un kaddich, le maftir ne monte pas pour le compte des sept ; nous apprenons donc de ses paroles qu'ils avaient l'usage de s'interrompre par un kaddich entre le septième et le maftir. Si l'on ne sort pas le chabbat un second sefer Torah pour y lire « Ouvéyom ha-chabbat », comme on lit les sacrifices du jour les jours de fête, c'est parce que la section du chabbat ne comporte que deux versets, et que l'on ne lit que ce qui relève du sujet du jour. Autre raison : nous disons plus loin, au dernier chapitre (Meguila 31b) : je leur ai institué l'ordre des sacrifices ; lorsqu'ils le lisent, je le leur compte comme s'ils les avaient offerts devant moi et je leur pardonne toutes leurs fautes. Or dans le sacrifice du chabbat il n'y a pas d'offrande d'expiation, puisque ce sont toutes des olot, des offrandes entièrement consumées. Et la halakha est que le maftir monte pour le compte, car il est dit au chapitre Benei ha-ir (Meguila 30a) : roch hodech Adar qui tombe un chabbat, dans la section « Véata tetsavé » — Abaye a dit : six lisent dans « Véata tetsavé » jusqu'à « Véassita kiyor nehochet », et un autre enseigne et lit depuis « Ki tissa » jusqu'à « Véassita kiyor », et c'est le maftir ; il en ressort que le maftir monte pour le compte des sept, et telle est la halakha. C'est pourquoi nous avons l'usage, aux jours de jeûne à minha, à Tisha be-Av et à Kippour à minha, que le troisième soit le maftir ; mais le chabbat c'est le huitième qui est maftir, un jour de fête le sixième, et à Kippour le septième, parce que nous voulons conformer notre usage à toutes les opinions : puisqu'il est permis d'ajouter, la chose convient à tous. Pour celui qui dit qu'il monte, le maftir se trouve être le huitième, ce qui ne fait rien puisqu'on peut ajouter ; et pour celui qui dit que le maftir ne monte pas, sept ont déjà lu avant lui. Et bien que le maftir lise, un jour de fête et à Kippour, ce qui relève du sujet du jour, et que nous disions plus loin au dernier chapitre que six lisent dans « Véata tetsavé » et un dans « Ki tissa », on a néanmoins institué aujourd hui que le maftir, qui est le huitième, lise ce qui relève du sujet du jour, afin d'agir selon toutes les opinions. Ainsi a répondu Rabbenou Tam, de mémoire bénie, ainsi que le maître Rabbenou Mechoulam, de mémoire bénie ; ainsi ont tranché Rav Amram et Rav Haï Gaon, de mémoire bénie. Et cette question dépend de l'usage qui s'est établi de s'interrompre par un kaddich entre le septième et le maftir.
💡 Explication

Nouvelle sougya. La baraita établit d'abord une règle large : toute personne peut faire partie des sept appelés, y compris un katan, un mineur, et une femme. La lecture publique de la Torah n'est donc pas réservée à une catégorie d'hommes.

Les sages posent ensuite une restriction pratique pour la femme, au titre du kevod ha-tsibour, l'honneur de l'assemblée. Le premier énoncé reste vrai sur le plan du principe, la restriction porte sur l'usage.

Le Roch reproduit ici tout son siman : il enchaîne directement sur la question du maftir, et s'en sert pour expliquer pourquoi l'usage a changé depuis le temps du Talmud, où le maftir lisait des versets nouveaux, alors que chez nous il répète ce qu'a lu le septième.

🖼️ Schéma
Qui entre dans le compte des sept ? Tous montent pour le compte Un adulte Compte, et lit. Un mineur (katan) Compte, et lit. Une femme Compte selon la règle de fond, mais ne lit pas en pratique : kevod ha-tsibour, honneur du public. La baraita distingue deux plans : ce que la règle de fond permet, et ce que les sages ont ensuite retiré pour un motif d'honneur du public.
La baraita pose une aptitude de principe, puis les sages en retirent l'application pratique pour la femme au titre de l'honneur du public.
12
אִיבַּעְיָא לְהוּ: מַפְטִיר, מַהוּ שֶׁיַּעֲלֶה לַמִּנְיָן שִׁבְעָה? רַב הוּנָא וְרַבִּי יִרְמְיָה בַּר אַבָּא, חַד אָמַר: עוֹלֶה, וְחַד אָמַר: אֵינוֹ עוֹלֶה. מַאן דְּאָמַר עוֹלָה — דְּהָא קֶרִי,

On a demandé : le maftir, monte-t-il pour le compte des sept ? Rav Houna et Rabbi Yirmeya bar Abba : l'un dit qu'il monte, et l'autre qu'il ne monte pas.

Celui qui dit qu'il monte — parce qu'il a bien lu,

🗂️ Tossefot (1)
חַד אָמַר עוֹלֶה וְחַד אָמַר אֵין עוֹלֶה פָּסַק ר"ת דְּקַייְמָא לָן כמ"ד עוֹלֶה וּלְכָךְ אָנוּ נוֹהֲגִין בְּתַעֲנִיּוֹת בְּמִנְחָה ובט"ב שֶׁהַשְּׁלִישִׁי מַפְטִיר וְכֵן בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים בְּמִנְחָה אֲבָל בְּשַׁבָּתוֹת וּבְיָמִים טוֹבִים וביוה"כ שַׁחֲרִית הַמַּפְטִיר לָא הָוֵי מִן הַמִּנְיָן דְּכֵיוָן שֶׁמֻּותָּר לְהוֹסִיף עֲלֵיהֶם יְכוֹלִין אָנוּ לַעֲשׂוֹת מִנְהָגֵינוּ אַלִּיבָּא דְּכֻולֵּי עָלְמָא דְּאִי הָוֵי הֲלָכָה כמ"ד אֵין עוֹלֶה עָבְדִינַן שַׁפִּיר וַאֲפִילּוּ הָוֵי נָמֵי הֲלָכָה כְּמַאן דְּאָמַר עוֹלֶה מ"מ אֵין לָחוּשׁ שֶׁהֲרֵי מֻותָּר לְהוֹסִיף ואע"ג דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן (מְגִילָּה דַּף כט:) חָל לִהְיוֹת בִּוְאַתָּה תְּצַוֶּה קוֹרִין שִׁיתָּא בִּוְאַתָּה תְּצַוֶּה וְחַד בְּכִי תִּשָּׂא מִכָּל מָקוֹם נָהֲגוּ עַכְשָׁיו לִקְרוֹת הַמַּפְטִיר שֶׁהוּא שְׁמִינִי כָּל זֶה כְּדֵי לִנְהֹוג מִנְהָגֵינוּ וְחַזָּן שֶׁטָּעָה וְגָמַר כָּל הַסֵּדֶר שֶׁל שַׁבָּת יַחֲזֹור וְיִקְרָא הַשְּׁבִיעִי וְכֵן אִם הוּא יו"ט וְקָרָא כָּל הַמִּנְיָן שֶׁהוּא צָרִיךְ וְשָׁכַח לִקְרוֹת בְּחוֹבַת הַיּוֹם יַחֲזֹור סֵפֶר תּוֹרָה וְיִקְרָא אַחֵר בְּחוֹבַת הַיּוֹם וְאַחֲרוֹן שֶׁקָּרָא קֹודֶם הָוֵי כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ אֲבָל בְּשַׁבָּת שֶׁל חֲנֻוכָּה אוֹ בר"ח שֶׁל חֲנֻוכָּה אֵין צָרִיךְ כִּדְאִיתָא בִּילַמְּדֵנוּ דַּחֲנֻוכָּה דְּהִלְכְתָא אֵין מַשְׁגִּיחִין בַּחֲנֻוכָּה כָּל עִיקָּר וְיָמִים שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן קָרְבַּן מוּסַף גּוֹמֵר קַדִּישׁ קֹודֶם שֶׁיּוֹצִיא סֵפֶר תּוֹרָה וּבְיָמִים שֶׁאֵין בָּהֶן קָרְבַּן מוּסַף אֵין גּוֹמֵר קַדִּישׁ קֹודֶם וּבְשַׁבָּת לֹא יִקְרָא פָּחוֹת מֵאֶחָד וְעֶשְׂרִים פְּסוּקִים לְשִׁבְעָה בְּנֵי אָדָם כָּל חַד וְחַד שְׁלֹשָׁה פְּסוּקִים וּבְמִנְחָה וּבְשֵׁנִי וּבַחֲמִישִׁי עֲשָׂרָה פְּסוּקִים וְאִם שָׁכַח וְלֹא קָרָא כָּל כָּךְ יַחֲזֹור וְיִקְרָא:
l'un dit qu'il monte et l'autre qu'il ne monte pas — Rabbenou Tam a tranché que nous tenons comme celui qui dit qu'il monte. C'est pourquoi nous avons l'usage, aux jours de jeûne à minha et à Tisha be-Av, que le troisième soit le maftir, et de même à Kippour à minha. Mais les chabbats, les jours de fête et à Kippour au matin, le maftir n'est pas du compte : puisqu'il est permis d'ajouter, nous pouvons conformer notre usage à toutes les opinions ; car si la halakha est comme celui qui dit qu'il ne monte pas, nous agissons bien, et même si la halakha est comme celui qui dit qu'il monte, il n'y a pas lieu de craindre, puisqu'il est permis d'ajouter. Et bien que nous disions plus loin (29b) que, lorsque roch hodech tombe dans la section « Véata tetsavé », six lisent dans « Véata tetsavé » et un dans « Ki tissa », on a néanmoins pris l'usage aujourd hui d'appeler le maftir en huitième ; tout cela pour suivre notre usage. Le hazan qui s'est trompé et a achevé tout le seder du chabbat, on revient et l'on fait lire le septième. De même, si c'est un jour de fête et qu'on a appelé tout le nombre requis en oubliant de lire l'obligation du jour, on ramène le sefer Torah et l'on fait lire un autre pour l'obligation du jour, et le dernier qui avait lu auparavant est comme s'il n'était pas. Mais un chabbat de 'Hanouka, ou un roch hodech de 'Hanouka, ce n'est pas nécessaire, comme il est dit dans le Yelamdenou de 'Hanouka : la halakha est qu'on ne tient aucun compte de 'Hanouka. Les jours où il y a un sacrifice de moussaf, on achève le kaddich avant de sortir le sefer Torah ; les jours où il n'y a pas de sacrifice de moussaf, on n'achève pas le kaddich avant. Et le chabbat, on ne lira pas moins de vingt et un versets pour sept personnes, chacune trois versets ; à minha, le lundi et le jeudi, dix versets ; et si l'on a oublié et qu'on n'a pas lu autant, on revient et l'on lit.
💡 Explication

La question porte sur le statut de la lecture du maftir, celui qui conclut par la haftara et qui lit auparavant un passage de la Torah. Sa lecture est-elle une des sept, ou s'ajoute-t-elle aux sept ?

Le premier avis raisonne sur le fait accompli : il a lu dans la Torah comme les autres, donc il compte.

13
וּמַאן דְּאָמַר אֵינוֹ עוֹלֶה — כִּדְעֻולָּא. דְּאָמַר עֻולָּא: מִפְּנֵי מָה הַמַּפְטִיר בְּנָבִיא צָרִיךְ שֶׁיִּקְרָא בַּתּוֹרָה תְּחִלָּה — מִפְּנֵי כְּבוֹד תּוֹרָה, וְכֵיוָן דְּמִשּׁוּם כְּבוֹד תּוֹרָה הוּא — לְמִנְיָנָא לָא סָלֵיק.

Et celui qui dit qu'il ne monte pas — comme Oulla. Car Oulla a dit : pourquoi celui qui conclut par le prophète doit-il d'abord lire dans la Torah ?

À cause de l'honneur de la Torah. Et puisque c'est à cause de l'honneur de la Torah, il n'entre pas dans le compte.

📜 Rachi (1)
מִפְּנֵי כְּבוֹד תּוֹרָה שֶׁלֹּא יְהֵא כְּבוֹד תּוֹרָה וּכְבוֹד נָבִיא שָׁוֶה וְכֵיוָן דְּמִשּׁוּם כְּבוֹד תּוֹרָה הוּא וְלֹא מִשּׁוּם חוֹבָה לָאו מִמִּנְיָנָא הוּא:
à cause de l'honneur de la Torah — pour que l'honneur de la Torah et l'honneur du prophète ne soient pas égaux ; et puisque c'est à cause de l'honneur de la Torah et non au titre d'une obligation, il n'est pas du compte.
🗂️ Tossefot (1)
כֵּיוָן דְּמִשּׁוּם כְּבוֹד תּוֹרָה הוּא כְּנֶגְדּוֹ נָמֵי לָא בָּעֵי וְקַשְׁיָא לְפִי מִנְהָגֵינוּ שֶׁאָנוּ נוֹהֲגִין בְּכָל שַׁבְּתוֹת הַשָּׁנָה שֶׁהַמַּפְטִיר חוֹזֵר וְקוֹרֵא מַה שֶּׁקָּרְאוּ הָרִאשׁוֹנִים וְאֵין קוֹרֵא כְּלָל אַחַר כָּךְ אִם כֵּן מַאי קָא מְשַׁנֵּי כֵּיוָן דְּמִשּׁוּם כְּבוֹד הַתּוֹרָה הוּא כְּנֶגְדּוֹ נָמֵי לָא בָּעֵינַן אַדְּרַבָּה הָיָה לוֹ לוֹמַר כֵּיוָן דְּאֵין קוֹרֵא אֶלָּא מַה שֶׁקָּרְאוּ הָרִאשׁוֹנִים כְּנֶגְדּוֹ לָא בָּעֵינַן אֶלָּא שְׁמַע מִינָּה דְּבִימֵי הַתַּנָּאִים הָיָה הַמַּפְטִיר קוֹרֵא מַה שֶׁלֹּא קָרְאוּ הָרִאשׁוֹנִים וְהָכִי נָמֵי מַשְׁמַע מִדְּתַקִּינוּ ג' פְּסוּקִים כְּנֶגְדּוֹ לְמַפְטִיר בַּנָּבִיא כְּנֶגֶד מַה שֶׁקָּרָא בַּתּוֹרָה לְמָאֵן דְּאָמַר עוֹלֶה כִּדְאָמְרִינַן בְּסָמוּךְ א"כ שְׁמַע מִינָּה שֶׁהוּא קוֹרֵא מַה שֶׁלֹּא קָרְאוּ הָרִאשׁוֹנִים וא"כ קָשֶׁה לָמָּה אֵין אָנוּ נוֹהֲגִין לַעֲשׂוֹת כֵּן וְנִרְאֶה לְפִי שֶׁבִּימֵי הַחֲכָמִים לֹא הָיוּ אוֹמְרִים קַדִּישׁ בֵּין אוֹתָן שֶׁקָּרְאוּ קֹודֶם הַמַּפְטִיר וְהַמַּפְטִיר וּלְכָךְ הָיָה הַמַּפְטִיר מְסַייֵּם אֲבָל אַחַר שֶׁנִּסְדַּר הַשַּׁ"ס וְתִקְּנוּ לוֹמַר קַדִּישׁ בֵּין אוֹתָם שֶׁקָּרְאוּ רִאשׁוֹנָה וְהַמַּפְטִיר כְּמוֹ שֶׁתִּקְּנוּ לוֹמַר בָּרוּךְ ה' לְעוֹלָם אָמֵן וְאָמֵן וְיִרְאוּ עֵינֵינוּ אַחַר הַשְׁכִּיבֵנוּ שֶׁלֹּא הָיוּ אוֹמְרִים בִּימֵי הַתַּנָּאִים וְהֵם תִּקְּנוּהוּ לְהוֹדִיעַ שֶׁתְּפִלַּת עַרְבִית רְשׁוּת וְהָכִי נָמֵי תִּקְּנוּ לוֹמַר קַדִּישׁ בֵּין הַשִּׁבְעָה לְמַפְטִיר לְהוֹדִיעַ שֶׁאֵינוֹ מִמִּנְיַן הַשִּׁבְעָה והר"ר אֵלִיָּהוּ הִנְהִיג אֶת בְּנֵי עִירוֹ שֶׁאֲפִילּוּ כְּשֶׁמּוֹצִיאִין שְׁנֵי סִפְרֵי תּוֹרוֹת אוֹ שְׁלֹשָׁה נוֹהֵג מִנְהָג זֶה שֶׁיִּקְרְאוּ הָרִאשׁוֹנִים הַכֹּל וְהַמַּפְטִיר חוֹזֵר וְקוֹרֵא מִמַּה שֶׁקָּרְאוּ הָרִאשׁוֹנִים וְכֵן הִנְהִיג רַבֵּינוּ מְשֻׁלָּם וְכֵן נוֹהֲגִין עַכְשָׁיו בְּכָל צָרְפַת וְשִׁינּוּ אֶת מִנְהַג רַשִׁ"י וְרַבּוֹתָיו ור"ת וְהָא שֶׁאֵין מוֹצִיאִין ב' סִפְרֵי תּוֹרוֹת בְּכָל הַשַּׁבָּתוֹת לִקְרֹוא בַּשְּׁנִיָּה וּבְיוֹם הַשַּׁבָּת כְּמוֹ שֶׁעוֹשִׂין ביו"ט נִרְאֶה לְפִי שֶׁאֵין בַּפָּרָשָׁה אֶלָּא שְׁנֵי פְּסוּקִים וְאֵין קוֹרִין בַּתּוֹרָה פָּחוֹת מג' פְּסוּקִים וְאֵין לְהַתְחִיל בַּפָּרָשָׁה שֶׁלְּמַעְלָה אוֹ לְסַייֵּם בַּפָּרָשָׁה שֶׁלְּמַטָּה מִשּׁוּם דְּלָא הָוֵי מֵעִנְיָנוֹ שֶׁל יוֹם וְעוֹד י"ל לְפִי שֶׁצָּרִיךְ לְהַפְטִיר בְּכָל שַׁבָּת מֵעִנְיָנוֹ שֶׁל יוֹם וְאִי קָרֵינַן בְּשֶׁל שַׁבָּת א"כ יְהֵא צָרִיךְ לְהַפְטִיר בִּדְסָלֵיק מִינֵּיהּ וְהַייְנוּ בְּשַׁבָּת וא"כ יְהוּ כָּל הַהַפְטָרוֹת מֵעִנְיָן אֶחָד וְעוֹד י"ל לְפִי שֶׁלְּעוֹלָם אֵין קוֹרִין בְּסֵפֶר תּוֹרָה שֵׁנִי בְּקָרְבָּנוֹת אֶלָּא בְּאוֹתָן שֶׁבָּאִין לְכַפָּרָה כִּדְפֵירֵשׁ לְקַמָּן פֶּרֶק בְּנֵי הָעִיר (מְגִילָּה דַּף לא.) שֶׁקּוֹרִין בָּהֶן ביו"ט וּמְהַנֵּי לְיִשְׂרָאֵל כְּאִילּוּ הִקְרִיבוּם אֲבָל קָרְבְּנוֹת שַׁבָּת אֵינָן בָּאִין לְכַפָּרָה ומש"ה אֵין קוֹרִין בָּהֶן:
puisque c'est à cause de l'honneur de la Torah, on n'exige pas non plus de correspondance pour lui — cela fait difficulté selon notre usage, car nous avons coutume, tous les chabbats de l'année, que le maftir revienne lire ce qu'ont lu les premiers et ne lise rien d'autre ensuite. S'il en est ainsi, que répond-il en disant « puisque c'est à cause de l'honneur de la Torah, on n'exige pas de correspondance pour lui » ? Il aurait fallu dire au contraire : puisqu'il ne lit que ce qu'ont lu les premiers, on n'exige pas de correspondance pour lui. Il faut donc conclure qu'au temps des tannaim le maftir lisait ce que les premiers n'avaient pas lu. Cela ressort aussi de ce qu'on a institué trois versets de plus dans le prophète pour le maftir, en correspondance de ce qu'il a lu dans la Torah, selon celui qui dit qu'il monte, comme il est dit un peu plus loin : il en ressort qu'il lit ce que les premiers n'ont pas lu. S'il en est ainsi, la difficulté demeure : pourquoi n'avons-nous pas cet usage ? Il semble que ce soit parce qu'au temps des sages on ne disait pas le kaddich entre ceux qui lisaient avant le maftir et le maftir, et c'est donc le maftir qui achevait la section ; mais après la mise en ordre du Talmud on a institué de dire le kaddich entre ceux qui ont lu en premier et le maftir, comme on a institué de dire « Baroukh Hachem le-olam amen ve-amen » et « Véyirou eineinou » après « Hachkivenou », ce qu'on ne disait pas au temps des tannaim et qu'ils ont institué pour faire savoir que la prière du soir est facultative. De même on a institué de dire le kaddich entre les sept et le maftir, pour faire savoir qu'il n'est pas du compte des sept. Rabbi Eliyahou a institué pour les gens de sa ville que, même lorsqu'on sort deux ou trois sifrei Torah, on suive cet usage : que les premiers lisent tout et que le maftir revienne lire de ce qu'ont lu les premiers ; ainsi a institué Rabbenou Mechoulam, et ainsi fait-on aujourd hui dans toute la France, et l'on a changé l'usage de Rachi, de ses maîtres et de Rabbenou Tam. Quant au fait qu'on ne sort pas deux sifrei Torah tous les chabbats pour lire dans le second « Ouvéyom ha-chabbat », comme on le fait les jours de fête, il semble que ce soit parce que la section ne comporte que deux versets et qu'on ne lit pas dans la Torah moins de trois versets, et qu'il n'y a pas lieu de commencer à la section qui précède ni de finir à celle qui suit, car cela ne relèverait pas du sujet du jour. On peut encore dire que, puisqu'il faut conclure chaque chabbat par une haftara qui relève du sujet du jour, si nous lisions la section du chabbat il faudrait conclure sur le sujet dont on sort, c'est-à-dire le chabbat, et toutes les haftarot seraient alors d'un seul et même sujet. On peut encore dire qu'on ne lit jamais dans un second sefer Torah des sacrifices, sinon ceux qui viennent pour l'expiation, comme il est expliqué plus loin au chapitre Benei ha-ir (31a) : on les lit les jours de fête, et cela vaut à Israël comme s'ils les avaient offerts ; mais les sacrifices du chabbat ne viennent pas pour l'expiation, et c'est pourquoi on ne les lit pas.
💡 Explication

Le second avis s'appuie sur Oulla, qui donne la raison d'être de la lecture du maftir dans la Torah : elle évite de laisser croire que le prophète a le même rang que la Torah. Cette lecture est donc un acte d'honneur, non l'accomplissement de l'obligation des sept.

Les Tossefot s'appuient sur ce passage pour un constat d'histoire liturgique : le maftir de l'époque des tannaim lisait un passage nouveau, alors que l'usage franc-ashkénaze fait répéter au maftir ce qu'a lu le septième. L'explication proposée est l'insertion du kaddich entre le septième et le maftir, institué après la clôture du Talmud, qui oblige à achever la section avant lui.

14
מֵיתִיבִי: הַמַּפְטִיר בְּנָבִיא לֹא יִפְחֹות מֵעֶשְׂרִים וְאֶחָד פְּסוּקִין, כְּנֶגֶד שִׁבְעָה שֶׁקְּרָאוֹ בְּתוֹרָה. וְאִם אִיתָא, עֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה הָוְיָין! כֵּיוָן דְּמִשּׁוּם כְּבוֹד תּוֹרָה הוּא —

On objecte : celui qui conclut par le prophète ne lira pas moins de vingt et un versets, en correspondance des sept qui ont lu dans la Torah. Or s'il en est ainsi, cela ferait vingt-quatre ! — Puisque c'est à cause de l'honneur de la Torah —

📜 Rachi (2)
כְּנֶגֶד ז' שֶׁקָּרְאוּ בַּתּוֹרָה לֹא פִּיחֵת כָּל אֶחָד מִשְּׁלֹשָׁה פְּסוּקִים:
en correspondance des sept qui ont lu dans la Torah — chacun d'eux n'a pas lu moins de trois versets.
וְאִם אִיתָא דְּאֵינוֹ עוֹלֶה מִן הַמִּנְיָן הָווּ לְהוּ שְׁמוֹנָה שֶׁקָּרְאוּ בַּתּוֹרָה וכ"ד בָּעֵינַן בַּנָּבִיא:
or s'il en est ainsi — qu'il n'entre pas dans le compte, ils se trouvent être huit à avoir lu dans la Torah, et il faudrait vingt-quatre versets dans le prophète.
💡 Explication

L'objection est arithmétique. La baraita fixe un minimum de vingt et un versets pour la haftara, en correspondance des sept lecteurs à trois versets chacun. Si le maftir s'ajoutait aux sept, il y aurait huit lecteurs, soit vingt-quatre versets.

La réponse s'amorce : la lecture du maftir dans la Torah n'étant qu'un acte d'honneur, elle n'appelle pas de versets correspondants dans le prophète. La phrase est coupée par la fin de l'amud et s'achève au folio suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).