Megillah 28b — La synagogue en usage et en ruine, l'oraison du public, et la couronne de la Torah dont on ne se sert pas

Megillah 28b

Sougya : L'amud achève la liste des conduites interdites dans une synagogue : s'y parer, s'y promener, y entrer pour s'abriter du soleil ou de la pluie, y prononcer l'oraison funèbre d'un particulier ; en regard, la lecture, l'étude et l'oraison du public y sont permises. Rabbi Yehouda limite ces règles au temps où la synagogue est en usage, et la Guemara corrige la baraita par un hissourei mihasra pour y faire entrer le balayage et l'aspersion.

Rav Assi enseigne que les synagogues de Bavel sont construites sous condition, sans que la légèreté y soit pour autant admise : faire des comptes dans une synagogue conduit un met mitsva à y passer la nuit. Suivent les assouplissements, pour les Sages et leurs disciples, pour celui qui doit appeler quelqu'un, puis la définition de l'oraison du public par Rav Hisda et Rav Chechet et trois récits d'oraisons, dont celle que Rav Nahman refuse à un homme qui répétait sans comprendre.

La fin du daf porte sur l'usage de la couronne de la Torah : Rech Lakich, Oula, et le récit de l'homme qui porte Rech Lakich sur ses épaules.

Ce que la baraita interdit et permet dans une synagogue Interdit S'y parer (niaotin) S'y promener Y entrer au soleil à cause du soleil Y entrer sous la pluie à cause de la pluie L'oraison funèbre d'un particulier Y faire des comptes Permis Y lire l'Écriture Y répéter la michna L'oraison funèbre du public La balayer et l'asperger d'eau Les Sages et leurs disciples : bei rabbanan est leur maison à tout égard Les trois voies de contournement enseignées par la Guemara 1. Ravina et Rav Ada bar Matna entrent sous l'averse, en déclarant que l'étude exige la clarté d'esprit, tselouta, comme au jour du vent du nord. 2. Celui qui doit appeler un homme dit d'abord une halakha, une michna ou un verset. 3. À défaut : il fait dire son verset à un enfant, ou bien il s'attarde un peu avant de sortir.
La liste de la baraita, avec les trois aménagements que la Guemara y ajoute.
Deux états de la synagogue, et la condition des synagogues de Bavel En usage (be-yichouvan) Toutes les règles de la baraita s'appliquent. On balaie et on asperge d'eau pour que l'herbe ne pousse pas. En ruine (be-hourbanan) On les laisse et l'herbe y pousse. On ne l'arrache pas, à cause de l'affliction : agmat nefech, la vue de la ruine réveille le cœur. Rav Assi : les synagogues de Bavel sont bâties sous condition, de sorte qu'on puisse s'en servir. Tossefot : la condition n'agit que sur la synagogue ruinée. Bavel : la sainteté tombera à la délivrance, la condition prend prise. Erets Yisrael : la sainteté demeure à jamais, la condition ne prend pas.
La distinction de Rabbi Yehouda entre synagogue en usage et synagogue en ruine, et la portée de la condition selon Tossefot.
Se servir de la couronne : de qui peut-on accepter un service ? Michna d'Avot 1,13 : ve-de-ichtamech be-taga halaf, qui se sert de la couronne passe. Kari : il lit l'Écriture Se faire servir par lui est permis. Tani arba'a il a appris quatre ordres Oula : qu'on se fasse servir par celui-là. Matni arba'a il enseigne quatre ordres Oula : qu'on ne se fasse pas servir par celui-là. Le récit : un homme porte Rech Lakich au-dessus de l'eau. As-tu lu ? J'ai lu. As-tu appris ? Quatre ordres de la michna. Alors : jette le fils de Lakich à l'eau. L'homme répond : il m'est agréable de servir mon maître. Le renoncement lève l'objection. Rech Lakich lui donne alors un enseignement : il devient disciple, et le service redevient légitime.
L'échelle d'Oula et le récit de Rech Lakich sur le bord de l'eau.
1
וְאֵין נֵיאוֹתִין בָּהֶם, וְאֵין מְטַייְּלִין בָּהֶם, וְאֵין נִכְנָסִין בָּהֶן בַּחַמָּה מִפְּנֵי הַחַמָּה, וּבַגְּשָׁמִים מִפְּנֵי הַגְּשָׁמִים. וְאֵין מַסְפִּידִין בָּהֶן הֶסְפֵּד שֶׁל יָחִיד. אֲבָל קוֹרִין בָּהֶן, וְשׁוֹנִין בָּהֶן, וּמַסְפִּידִין בָּהֶן הֶסְפֵּד שֶׁל רַבִּים,

On ne s'y pare pas, on ne s'y promène pas, on n'y entre pas au soleil à cause du soleil ni sous la pluie à cause de la pluie. On n'y prononce pas l'oraison funèbre d'un particulier.

Mais on y lit l'Écriture, on y répète l'enseignement, et on y prononce l'oraison funèbre du public,

📜 Rachi (2)
וְאֵין נֵיאוֹתִין וְאֵין מִתְקַשְּׁטִין לְתוֹכוֹ וְאֵין מְטַיְּילִין שָׁם:
On ne s'y pare pas : on ne s'y fait pas beau, et on ne s'y promène pas.
הֶסְפֵּד שֶׁל רַבִּים שֶׁל תַּלְמִיד חָכָם שֶׁמֵּת שֶׁצְּרִיכִין לְהִתְאַסֵּף וּלְהַסְפִּידוֹ וּבֵית הַכְּנֶסֶת רָאוּי לְכָךְ לְפִי שֶׁהוּא בַּיִת גָּדוֹל:
L'oraison funèbre du public : celle d'un talmid 'hakham décédé, pour lequel il faut se rassembler et prononcer son éloge ; la synagogue convient à cela, parce qu'elle est une grande salle.
💡 Explication

Fin de la baraita commencée en 28a. Elle range les usages du bâtiment en deux colonnes : ce qui relève du confort ou de l'agrément personnel est écarté, ce qui relève de la Torah ou de la collectivité est admis.

Le partage passe entre hesped chel yahid, l'oraison d'un particulier, et hesped chel rabbim, l'oraison du public. Rachi précise que le second cas vise un talmid 'hakham, pour lequel la ville entière se déplace : la synagogue est alors le seul lieu assez vaste.

2
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: אֵימָתַי — בְּיִשּׁוּבָן, אֲבָל בְּחֻורְבָּנָן — מַנִּיחִין אוֹתָן וְעוֹלִין בָּהֶן עֲשָׂבִים, וְלֹא יִתְלֹושׁ מִפְּנֵי עָגְמַת נֶפֶשׁ.

Rabbi Yehouda dit : quand cela vaut-il ? Quand elles sont en usage.

Mais quand elles sont en ruine, on les laisse et des herbes y poussent, et il ne faut pas les arracher, à cause de l'affliction.

💡 Explication

Rabbi Yehouda limite les règles précédentes au temps où la synagogue sert. Une fois ruinée, elle garde sa sainteté, et la conduite exigée change de nature.

L'agmat nefech, l'affliction de l'âme, est ici une raison positive de laisser l'herbe : sa vue rappelle l'état du lieu et pousse à le relever.

3
עֲשָׂבִים מַאן דְּכַר שְׁמַיְיהוּ? חַסּוֹרֵי מִיחַסְּרָא וְהָכִי קָתָנֵי: וּמְכַבְּדִין אוֹתָן וּמַרְבִּיצִין אוֹתָן כְּדֵי שֶׁלֹּא יַעֲלוּ בָּהֶן עֲשָׂבִים. אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: אֵימָתַי — בְּיִשּׁוּבָן, אֲבָל בְּחֻורְבָּנָן — מַנִּיחִין אוֹתָן לַעֲלוֹת. עָלוּ בָּהֶן עֲשָׂבִים — לֹא יִתְלֹושׁ, מִפְּנֵי עָגְמַת נֶפֶשׁ.

Les herbes, qui en a parlé ? La baraita est incomplète, et voici ce qu'elle enseigne : et on les balaie et on les asperge d'eau, afin que des herbes n'y poussent pas.

Rabbi Yehouda dit : quand cela vaut-il ? Quand elles sont en usage.

Mais quand elles sont en ruine, on les laisse pousser. Si des herbes y ont poussé, il ne faut pas les arracher, à cause de l'affliction.

📜 Rachi (2)
מַאן דְּכַר שְׁמַיְיהוּ הֵיכָא שָׁמְעִינַן לְתַנָּא קַמָּא לַעֲשׂוֹת בָּהֶן דָּבָר שֶׁמּוֹנְעִים מִלַּעֲלוֹת עֲשָׂבִים:
Qui en a parlé : où avons-nous entendu le premier tana prescrire dans les synagogues quelque chose qui empêche les herbes de pousser ?
אֵימָתַי מְכַבְּדִין וּמַרְבִּיצִין אוֹתָן בְּייִשּׁוּבָן לְאַחַר שֶׁמְּכַבְּדִין מְזַלְּפִין אֶת הַמַּיִם לְהַרְבִּיץ אֶת הָאָבָק:
Quand cela vaut-il : on les balaie et on les asperge quand elles sont en usage ; après avoir balayé, on répand de l'eau pour rabattre la poussière.
💡 Explication

La réponse de Rabbi Yehouda suppose une clause que le texte reçu ne porte pas. La Guemara emploie alors hissourei mihasra : la baraita manque de quelque chose, et on la réécrit en y insérant la clause absente.

La clause restituée porte sur l'entretien courant, balayer et asperger, mekhabedin et marbitsin. C'est à cet entretien que Rabbi Yehouda répond : il vaut pour la synagogue en usage.

🖼️ Schéma
Hissourei mihasra : la baraita reconstituée Texte reçu ... on y lit, on y étudie ... Rabbi Yehouda parle d'herbes dont nul n'avait parlé. Texte complété ... et on les balaie et on les asperge afin que l'herbe n'y pousse pas. Rabbi Yehouda a maintenant un appui. La question mean dekhar chemaiyhou, qui en a parlé, signale un manque dans la baraita. La réponse insère la clause absente, sans rien retrancher de ce qui était déjà enseigné.
Ce que la correction ajoute à la baraita, et pourquoi elle était nécessaire.
4
אָמַר רַב אַסִּי: בָּתֵּי כְּנֵסִיּוֹת שֶׁבְּבָבֶל, עַל תְּנַאי הֵן עֲשׂוּייִן. וְאַף עַל פִּי כֵן, אֵין נוֹהֲגִין בָּהֶן קַלּוּת רֹאשׁ. וּמַאי נִיהוּ — חֶשְׁבּוֹנוֹת.

Rav Assi dit : les synagogues de Bavel sont faites sous condition. Et malgré cela, on n'y a pas une conduite de légèreté.

Et qu'est-ce donc ? Les comptes.

📜 Rachi (1)
עַל תְּנַאי עַל מְנָת שֶׁיִּשְׁתַּמְּשׁוּ בָּהֶן:
Sous condition : à la condition qu'on puisse s'en servir.
🗂️ Tossefot (2)
בָּתֵּי כְּנֵסִיּוֹת שֶׁל בָּבֶל עַל תְּנַאי הֵן עֲשׂוּיִין רוֹצֶה לוֹמַר כָּל זְמַן שֶׁהֵן בְּטֵלִין דְּהָא חָזֵינַן בַּבָּרַיְיתָא דִּלְעֵיל וְגַם שֶׁהָאָמוֹרָאִים לֹא הָיוּ רוֹצִים לִיכָּנֵס בָּהֶן בִּגְשָׁמִים מִפְּנֵי גְּשָׁמִים אֶלָּא מִשּׁוּם דִּשְׁמַעְתָּא בָּעֵי צִילּוּתָא וְהָכָא מַייְרֵי כְּשֶׁחָרַב דְּאָז מְהַנֵּי הַתְּנַאי וְדַווְקָא לְאוֹתָן שֶׁבְּבָבֶל מְהַנֵּי הַתְּנַאי שֶׁהֲרֵי לְעֵת בָּא גּוֹאֵל בִּמְהֵרָה בְּיָמֵינוּ תִּפָּקַע קְדֻושָּׁתָן אֲבָל לְאוֹתָן שֶׁבְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל לָא מְהַנֵּי תְּנַאי שֶׁהֲרֵי קְדֻושָּׁתָן לְעוֹלָם קַייֶּמֶת וא"ת כֵּיוָן דִּמְהַנֵּי תְּנַאי לְאוֹתָן שֶׁבְּבָבֶל א"כ קָשֶׁה מֵהַהִיא דִּלְעֵיל (מְגִילָּה דַּף כו:) דְּרָבִינָא דַּהֲוָה לֵיהּ בֵּי כְנִישְׁתָּא בְּאַרְעֵיהּ וַאֲמַר לֵיהּ רַב אַשִּׁי זִיל זַבְנֵהּ מִשִּׁבְעָה טוֹבֵי הָעִיר וְאַמַּאי אִיצְטְרִיךְ לַעֲשׂוֹת כֵּן אַחַר שֶׁנֶּחֱרַב וְי"ל מִשּׁוּם דְּזַרְעָהּ דִּזְרִיעָה הָוֵי קַלּוּת רֹאשׁ בְּיוֹתֵר וְעָגְמַת נֶפֶשׁ וּמִשּׁוּם הָכֵי אָסוּר אַפֵּי' בְּחֻורְבָּנָהּ:
Les synagogues de Bavel sont faites sous condition : cela veut dire tant qu'elles sont hors d'usage, car nous le voyons dans la baraita ci-dessus, et aussi de ce que les Amoraim ne voulaient pas y entrer sous la pluie à cause de la pluie, mais seulement parce que l'étude demande la clarté d'esprit. Ici il s'agit du cas où elle est détruite, et c'est alors que la condition agit. La condition agit précisément pour celles de Bavel, car au temps où viendra le libérateur, bientôt et de nos jours, leur sainteté tombera ; mais pour celles d'Erets Yisrael la condition n'agit pas, car leur sainteté subsiste à jamais. Et si tu objectes : puisque la condition agit pour celles de Bavel, il y a une difficulté depuis le passage ci-dessus (Meguila 26b), où Ravina avait une synagogue sur sa terre et Rav Achi lui dit : va l'acheter aux sept notables de la ville ; pourquoi fallait-il agir ainsi, alors qu'elle était détruite ? On peut répondre que c'est parce qu'il voulait l'ensemencer, et l'ensemencement est une légèreté extrême et une affliction ; c'est pourquoi cela reste interdit même quand elle est en ruine.
ואעפ"כ אֵין נוֹהֲגִין בָּהֶן קַלּוּת רֹאשׁ פֵּירוּשׁ בְּבִנְיָנָהּ שֶׁהֲרֵי בְּחֻורְבָּנָהּ שָׁרִי בְּכָל הָנֵי וְאִצְטְרִיךְ לְאַשְׁמוֹעִינַן מִשּׁוּם דְּסָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא דְּדַווְקָא אֲכִילָה וּשְׁתִיָּה דְּהָוֵי קַלּוּת רֹאשׁ בְּיוֹתֵר הוּא דְּאָסוּר אֲבָל חֶשְׁבּוֹנוֹת דְּלָא הָוֵי קַלּוּת רֹאשׁ כָּל כָּךְ סָלְקָא דַעְתָּךְ אֲמִינָא דְּשָׁרְיָא קמ"ל דְּלָא:
Et malgré cela on n'y a pas une conduite de légèreté : cela s'entend quand elle est debout, car en ruine tout cela est permis. Il fallait nous l'enseigner, car on aurait pu penser que seuls le manger et le boire, qui sont une légèreté extrême, sont interdits, tandis que les comptes, où la légèreté est moindre, seraient permis ; la baraita nous apprend qu'ils sont interdits eux aussi.
💡 Explication

À Bavel, les bâtisseurs posent d'avance une tenai, une condition, qui réserve à la communauté un usage plus large du bâtiment. Rav Assi ajoute aussitôt une limite : la condition ne couvre pas la kalout roch, la conduite de légèreté.

La Guemara précise ce qu'elle vise sous ce nom : les hechbonot, les comptes d'affaires. Tossefot restreint la portée de la condition à la synagogue détruite, et l'oppose à celles d'Erets Yisrael, dont la sainteté demeure.

5
אָמַר רַב אַסִּי: בֵּית הַכְּנֶסֶת שֶׁמְּחַשְּׁבִין בּוֹ חֶשְׁבּוֹנוֹת — מְלִינִין בּוֹ אֶת הַמֵּת. מַלִּינִין סָלְקָא דַעְתָּךְ? לָא סַגִּי דְּלָאו הָכִי? אֶלָּא, לְסוֹף שֶׁיָּלִינוּ בּוֹ מֵת מִצְוָה.

Rav Assi dit : une synagogue où l'on fait des comptes, on y laisse le mort passer la nuit. On y laisse le mort passer la nuit, cela te viendrait-il à l'esprit ?

Serait-il impossible de faire autrement ? Plutôt : à la fin, on y laissera passer la nuit à un met mitsva.

📜 Rachi (2)
מַלִּינִין בּוֹ מַשְׁמַע דְּחוֹבָה הִיא לְהָלִין בָּהּ אֶת הַמֵּת:
On y laisse passer la nuit : la formule laisse entendre qu'il y aurait là une obligation d'y faire passer la nuit au mort.
לַסּוֹף שֶׁיָּלִינוּ בּוֹ מָתַי מִצְוָה שֶׁיָּמוּתוּ בָּעִיר מֵתִים שֶׁאֵין לָהֶן קוֹבְרִין:
À la fin on y laissera passer la nuit à des metei mitsva : car mourront dans la ville des gens qui n'auront personne pour les enterrer.
💡 Explication

La formule de Rav Assi est d'abord lue comme une prescription, ce qui la rend absurde. La Guemara la relit comme une annonce : la synagogue où l'on compte de l'argent finira par abriter une nuit un met mitsva, un mort que nul ne vient enterrer.

Le lien tient à la mesure : ceux qui traitent le lieu comme un comptoir verront leur ville perdre ses liens de solidarité, au point que des morts y resteront sans personne.

6
וְאֵין נֵיאוֹתִין בָּהֶן. אָמַר רָבָא: חֲכָמִים וְתַלְמִידֵיהֶם מֻותָּרִין, דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: מַאי בֵּי רַבָּנַן — בֵּיתָא דְּרַבָּנָן.

On ne s'y pare pas. Rava dit : les Sages et leurs disciples y sont autorisés, car Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : que signifie bei rabbanan ?

La maison des maîtres.

📜 Rachi (1)
מַאי בֵּי רַבָּנַן לָמָּה קוֹרִין בָּתֵּי מִדְרָשׁוֹת בֵּי רַבָּנַן לְפִי שֶׁבֵּיתָם הוּא לְכָל דָּבָר:
Que signifie bei rabbanan : pourquoi appelle-t-on les maisons d'étude bei rabbanan ? Parce qu'elles sont leur maison à tout égard.
💡 Explication

Premier aménagement. L'interdit de se parer et de se promener vise celui pour qui le lieu est un simple abri. Pour les Sages et leurs disciples, le beit hamidrach est le lieu où ils se tiennent en permanence.

Le jeu de mots sur bei rabbanan, lu comme beita de-rabbanan, la maison d'habitation des maîtres, fonde cet usage élargi.

7
וְאֵין נִכְנָסִין בָּהֶן בַּחַמָּה מִפְּנֵי הַחַמָּה וּבַגְּשָׁמִים מִפְּנֵי הַגְּשָׁמִים. כִּי הָא דְּרָבִינָא וְרַב אַדָּא בַּר מַתְנָה הֲווֹ קָיְימִי וְשָׁאֲלִי שְׁאֵילְתָּא מֵרָבָא, אֲתָא זִילְחָא דְּמִיטְרָא, עָייְלִי לְבֵי כְנִישְׁתָּא אָמְרִי: הַאי דְּעָיְילִינַן לְבֵי כְּנִישְׁתָּא לָאו מִשּׁוּם מִיטְרָא, אֶלָּא מִשּׁוּם דִּשְׁמַעְתָּא בָּעֲיָא צִילּוּתָא כְּיוֹמָא דְאִסְתָּנָא.

On n'y entre pas au soleil à cause du soleil, ni sous la pluie à cause de la pluie. Comme dans ce cas : Ravina et Rav Ada bar Matna se tenaient debout et posaient une question à Rava ; une averse survint et ils entrèrent dans la synagogue.

Ils dirent : si nous sommes entrés dans la synagogue, ce n'est pas à cause de la pluie, mais parce que l'étude exige une clarté d'esprit pareille au jour du vent du nord.

📜 Rachi (3)
זִילְחָא דְּמִטְרָא זֶרֶם מַיִם שֶׁבָּאִין בְּכֹחַ:
Zilha de-mitra : un flot d'eau qui vient avec force.
לָאו מִשּׁוּם מִיטְרָא שֶׁיָּגֵן עָלֵינוּ מִפְּנֵי הַגְּשָׁמִים שֶׁאִם לֹא הָיִינוּ עוֹסְקִין בִּשְׁמַעְתָּא לֹא הָיִינוּ נִכְנָסִין:
Pas à cause de la pluie : pour qu'elle nous abrite des ondées ; car si nous n'avions pas été occupés de la chemaata, nous ne serions pas entrés.
צִילּוּתָא דַּעַת צְלוּלָה וּמְיֻושֶּׁבֶת שֶׁאֵינוֹ טָרוּד בִּכְלוּם מַחְשָׁבָה:
Tselouta : un esprit clair et posé, que nulle pensée ne vient troubler.
💡 Explication

Deuxième aménagement, sous forme de récit. Les maîtres entrent bien pendant l'averse, et ils déclarent à haute voix le motif de leur entrée : l'étude en cours.

La déclaration porte tout le poids. Le même geste matériel devient permis quand il est accompli au titre de l'étude, qui demande la tselouta, la clarté d'esprit, comparée au ciel dégagé du jour où souffle l'istena, le vent du nord.

8
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי: אִי אִצְטְרִיךְ לֵיהּ לְאִינִישׁ לְמִיקְרֵי גַּבְרָא מִבֵּי כְנִישְׁתָּא, מַאי? אֲמַר לֵיהּ: אִי צֻורְבָּא מֵרַבָּנַן הוּא — לֵימָא הִלְכְתָא, וְאִי תַּנָּא הוּא — לֵימָא מַתְנִיתִין, וְאִי קְרָא הוּא — לֵימָא פְּסוּקָא. וְאִי לָא, לֵימָא לֵיהּ לְיָנוֹקָא: אֵימָא לִי פְּסוּקָיךְ. אִי נָמֵי, נִישְׁהֵי פֻּורְתָּא וְנֵיקוּם.

Rav Aha fils de Rava dit à Rav Achi : si un homme a besoin d'appeler quelqu'un depuis la synagogue, que faire ? Il lui dit : s'il est un jeune érudit, qu'il dise une halakha ; s'il est tana, qu'il dise une michna ; s'il est homme de l'Écriture, qu'il dise un verset.

Et sinon, qu'il dise à un enfant : dis-moi ton verset. Ou bien, qu'il s'attarde un peu, puis se lève.

📜 Rachi (2)
אִי צְרִיכָה לֵיהּ לְאִינִישׁ לְמִקְרֵי גַּבְרָא מִבֵּי כְנִישְׁתָּא מַאי נִיעַבֵּיד מֵאַחַר שֶׁאֵין נִכְנָסִין בָּהֶן שֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ:
Si un homme a besoin d'appeler quelqu'un depuis la synagogue, que ferons-nous : puisqu'on n'y entre pas sans nécessité.
לֵימָא לְיָנוֹקָא שֶׁהַתִּינוֹקוֹת הָיוּ רְגִילִין לִקְרוֹת בְּבֵית הַכְּנֶסֶת:
Qu'il le dise à un enfant : car les enfants avaient coutume d'étudier à la synagogue.
💡 Explication

Troisième aménagement, gradué selon le niveau de celui qui entre : une halakha pour le tsourba me-rabbanan, une michna pour le tana, un verset pour celui qui connaît l'Écriture.

Pour celui qui ne sait rien de tout cela, deux issues restent : faire réciter son verset à un enfant, ou bien s'asseoir un moment, de sorte que l'entrée ne se réduise pas à une course.

9
וּמַסְפִּידִין בָּהֶן הֶסְפֵּד שֶׁל רַבִּים. הֵיכִי דָּמֵי הֶסְפֵּידָא דְרַבִּים? מַחְוֵי רַב חִסְדָּא: כְּגוֹן הֶסְפֵּידָא דְּקָאֵי בֵּיהּ רַב שֵׁשֶׁת. מַחְוֵי רַב שֵׁשֶׁת: כְּגוֹן הֶסְפֵּידָא דְּקָאֵי בֵּיהּ רַב חִסְדָּא.

Et on y prononce l'oraison funèbre du public. Quel est le cas d'une oraison du public ?

Rav Hisda le montrait : par exemple une oraison où se tient Rav Chechet. Rav Chechet le montrait : par exemple une oraison où se tient Rav Hisda.

📜 Rachi (1)
כְּגוֹן הֶסְפֵּידָא דְּקָאֵי בֵּי רַב שֵׁשֶׁת אִם יָמוּת אָדָם אֶחָד בֵּי רַב שֵׁשֶׁת:
Par exemple une oraison qui se tient dans la maison de Rav Chechet : si un homme vient à mourir dans la maison d'étude de Rav Chechet.
🪔 Ben Yehoyada (1)
הֵיכִי דָּמֵי הֶסְפֵּידָא דְרַבִּים? מַחְוֵי רַב חִסְדָּא: כְּגוֹן הֶסְפֵּידָא דְּקָאֵי בֵּי רַב שֵׁשֶׁת. מַחְוֵי רַב שֵׁשֶׁת: כְּגוֹן הֶסְפֵּידָא דְּקָאֵי בֵּי רַב חִסְדָּא. הִקְשָׁה מהראנ"ח זַ"ל בְּפָרָשַׁת חַיֵּי שָׂרָה דִּבְרֵי הַגְּמָרָא קָשִׁים לִשְׁמֹועַ אֵיךְ הַחֲכָמִים הָהֵם פּוֹתְחִים פִּיהֶם לַשָּׂטָן הֵפֶךְ דִּבְרֵי רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (בְּרָכוֹת יט.) שֶׁהִזְהִירוּ 'לְעוֹלָם אַל יִפְתַּח אָדָם פִּיו לַשָּׂטָן' וְהֵם הָיוּ כָּל אֶחָד תּוֹלֶה קִלְלָתוֹ בַּחֲבֵירוֹ לוֹמַר כְּגוֹן הֶסְפֵּידָא וְכוּ', וּבְמוֹעֵד קָטָן (מוֹעֵד קָטָן יח.) בְּעֻובְדָּא דִּשְׁמוּאֵל אִתְּמַר דַּהֲוַאי כִּשְׁגָגָה שֶׁיֹּצָא מִלִּפְנֵי הַשַּׁלִּיט וְכוּ'? יְעֻויַּן שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּעַל פְּשַׁט דִּבְרֵי הַגְּמָרָא לֵיכָּא קֻושְׁיָא דְּיֵשׁ לְפָרֵשׁ מָחוּי עַל הֶסְפֵּד שֶׁהָיָה מִכְּבָר בְּבֵית רַב שֵׁשֶׁת וְכֵן אִידָךְ וְאֵינוֹ אוֹמֵר עַל לְהַבָּא וַאֲפִילּוּ בָּזֶה שֶׁהוּא מְדַבֵּר עַל הֶעָבַר נִרְאֶה דְּלָא הָיָה מַזְכִּיר שֵׁם רַב שֵׁשֶׁת בְּפֵירוּשׁ אֶלָּא הָיָה אוֹמֵר כְּגוֹן אוֹתוֹ הֶסְפֵּד שֶׁנַּעֲשָׂה בְּשָׁנָה פְּלוֹנִית, וּלְכָךְ דִּקְדֵּק תַּלְמוּדָא לוֹמַר 'מַחְוֵי רַב חִסְדָּא' וְלֹא אָמַר אָמַר 'רַב חִסְדָּא כִּי מַחְוֵי' רוֹצֶה לוֹמַר רוֹמֵז בְּרֶמֶז עַל הֶסְפֵּד שֶׁנַּעֲשָׂה בֵּי רַב שֵׁשֶׁת, וְכֵן הָעִנְיָן בְּאִידָךְ 'מַחְוֵי רַב שֵׁשֶׁת' עַל הֶסְפֵּד שֶׁנַּעֲשָׂה כְּבָר בֵּי רַב חִסְדָּא. מִיהוּ פֵּירוּשׁ רָשִׁ"י זַ"ל שֶׁכָּתַב 'אִם יָמוּת' שֶׁהוּא לְשׁוֹן לְהַבָּא אֵינוֹ מִתְיַשֵּׁב בִּדְבָרָיו לוֹמַר כַּוָּנָתוֹ אִם יָמוּת אָדָם בְּבֵי רַב שֵׁשֶׁת וְעָשׂוּ לוֹ הֶסְפֵּד אָז אַחַר כָּךְ מַחְוֵי רַב חִסְדָּא בְּבֵיאוּר הַמִּשְׁנָה עַל אוֹתוֹ הֶסְפֵּד שֶׁעָשׂוּ לְאוֹתוֹ הַמֵּת בְּבֵי רַב שֵׁשֶׁת, לוֹמַר דְּזֶה נֶחְשָׁב הֶסְפֵּד שֶׁל רַבִּים.
Quel est le cas d'une oraison du public ? Rav Hisda le montrait : par exemple une oraison qui se tient chez Rav Chechet ; Rav Chechet le montrait : par exemple une oraison qui se tient chez Rav Hisda. Le Maharanah, de mémoire bénie, a objecté dans la paracha Haye Sara que ces paroles de la Guemara sont dures à entendre : comment ces Sages ouvrent-ils la bouche au Satan, à l'encontre de ce que nos maîtres, de mémoire bénie, ont enseigné (Berakhot 19a), quand ils ont averti que jamais un homme n'ouvre la bouche au Satan ? Or chacun faisait porter sa parole sur son compagnon en disant : par exemple l'oraison, etc. Et dans Moed Katan (18a), à propos de l'affaire de Chemouel, il est dit que ce fut comme une erreur échappée au souverain, etc. ; vois la. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que sur le sens simple des paroles de la Guemara il n'y a pas de difficulté, car on peut expliquer mahavei d'une oraison qui avait déjà eu lieu dans la maison de Rav Chechet, et de même pour l'autre : il parle du passé. Et même en parlant du passé, il semble qu'il ne mentionnait pas expressément le nom de Rav Chechet, mais disait : par exemple telle oraison qui s'est faite en telle année. C'est pourquoi le Talmud a pris soin de dire mahavei Rav Hisda, il montrait, et n'a pas dit amar Rav Hisda, il disait ; c'est-à-dire qu'il faisait allusion, par un signe, à une oraison qui s'était faite chez Rav Chechet, et de même pour l'autre, mahavei Rav Chechet, sur une oraison déjà faite chez Rav Hisda. Toutefois le commentaire de Rachi, de mémoire bénie, qui écrit si un homme vient à mourir, langage tourné vers l'avenir, s'accorde mal avec cela ; il faut dire que son intention est celle-ci : si un homme mourait dans la maison de Rav Chechet et qu'on lui fit une oraison, alors ensuite Rav Hisda montrait, dans l'explication de la michna, cette oraison faite pour ce mort chez Rav Chechet, pour dire qu'elle compte comme oraison du public.
💡 Explication

La Guemara cherche un critère concret. Les deux maîtres se désignent l'un l'autre : l'oraison devient publique quand la présence d'un grand Sage y fait venir la foule.

Le verbe employé, mahavei, il montrait, indique un geste ou une allusion plutôt qu'une formule ; le Ben Yehoyada s'appuie précisément sur ce choix de mot.

🖼️ Schéma
Qu'est-ce qui fait d'une oraison une oraison du public ? Rav Hisda Une oraison où se tient Rav Chechet. Rav Chechet Une oraison où se tient Rav Hisda. Rafram, Rabbi Zera Mon honneur ou celui du défunt fait venir tous. Critère commun : le rassemblement effectif de la foule. Le nom présent, de l'orateur ou du défunt, est ce qui amène tout le monde. Rachi : la synagogue convient à cela parce qu'elle est une grande salle.
Les trois formulations du critère, et ce qu'elles ont en commun.
10
רַפְרָם אַסְפְּדַהּ לְכַלְּתֵיהּ בְּבֵי כְנִישְׁתָּא, אָמַר: מִשּׁוּם יְקָרָא דִּידִי וּדְמִיתָא אָתוּ כֻּולֵּיהּ עָלְמָא. רַבִּי זֵירָא סַפְדֵיהּ לְהָהוּא מֵרַבָּנַן בְּבֵי כְנִישְׁתָּא, אָמַר: אִי מִשּׁוּם יְקָרָא דִּידִי, אִי מִשּׁוּם יְקָרָא (דִּידֵיהּ) דְּמִיתָא, אָתוּ כֻּולֵּי עָלְמָא.

Rafram prononça l'oraison de sa belle-fille dans la synagogue. Il dit : en raison de mon honneur et de l'honneur de la défunte, tout le monde viendra.

Rabbi Zera prononça l'oraison d'un certain maître dans la synagogue. Il dit : soit en raison de mon honneur, soit en raison de l'honneur du défunt, tout le monde viendra.

📜 Rachi (2)
אֲמַר אִי מִשּׁוּם יְקָרָא דִּידִי אִי מִשּׁוּם יְקָרָא דְּמִיתָא הֲוָה לֵיהּ הֶסְפֵּד שֶׁל רַבִּים:
Il dit : soit en raison de mon honneur, soit en raison de l'honneur du défunt : il s'agit donc d'une oraison du public.
אָתוּ כֻּולֵּי עָלְמָא לִסְפֹּוד:
Tout le monde vient : pour prononcer l'éloge.
💡 Explication

Deux applications du critère. Rafram parle d'une parente, et il joint les deux motifs ; Rabbi Zera parle d'un maître, et il présente chaque motif comme suffisant à lui seul.

11
רֵישׁ לָקִישׁ סַפְדֵיהּ לְהָהוּא צֻורְבָּא מֵרַבָּנַן דִּשְׁכִיחַ בְּאַרְעָא דְּיִשְׂרָאֵל דַּהֲוָה תָּנֵי הִלְכָתָא בְּעֶשְׂרִים וְאַרְבַּע שׁוּרָתָא, אָמַר: וַוי חָסְרָא אַרְעָא דְיִשְׂרָאֵל גַּבְרָא רַבָּה.

Rech Lakich prononça l'oraison d'un jeune érudit qui se trouvait souvent en terre d'Israël et qui enseignait la halakha au vingt-quatrième rang. Il dit : malheur, la terre d'Israël a perdu un grand homme.

📜 Rachi (3)
דַּהֲוָה תָּנֵי הִלְכְתָא שֶׁהָיָה שׁוֹנֶה מִשְׁנָיוֹת לַתַּלְמִידִים:
Qui enseignait la halakha : il répétait des michnayot aux élèves.
בכ"ד שׁוּרוֹת שֶׁל תַּלְמִידִים:
Au vingt-quatrième rang : des rangées d'élèves.
הָכִי גָּרְסִינַן חָסְרָא לֵיהּ אַרְעָא דְיִשְׂרָאֵל גַּבְרָא רַבָּה:
Voici la leçon que nous lisons : hassera leh ar'a de-Yisrael gavra rabba, la terre d'Israël a perdu un grand homme.
🪔 Ben Yehoyada (1)
וַי חָסְרָא אַרְעָא דְיִשְׂרָאֵל גַּבְרָא רַבָּה. פֵּירוּשׁ אֲפִילּוּ בְּאַרְעָא דְּיִשְׂרָאֵל שֶׁשָּׁם מְקוֹר הַחָכְמָה וְנִמְצָאִים שָׁם חֲכָמִים רַבִּים נִיכָּר חֶסְרוֹנוֹ שֶׁל זֶה.
Malheur, la terre d'Israël a perdu un grand homme. Cela signifie que même en terre d'Israël, où se trouve la source de la sagesse et où se trouvent de nombreux Sages, l'absence de celui-ci se remarque.
💡 Explication

Le défunt occupait le vingt-quatrième rang de la maison d'étude, c'est-à-dire une place éloignée des premiers. Rech Lakich le loue pourtant comme gavra rabba, un grand homme.

Ce récit prépare la comparaison qui vient : il sert de terme de référence pour juger la réponse de Rav Nahman.

12
הָהוּא דַּהֲוָה תָּנֵי הִלְכְתָא סִיפְרָא וְסִיפְרֵי וְתוֹסֶפְתָּא וּשְׁכֵיב, אֲתוֹ וַאֲמַרוּ לֵיהּ לְרַב נַחְמָן: לִיסְפְּדֵיהּ מַר! אָמַר: הֵיכִי נִסְפָּדֶיהָ? הֵי צַנָּא דִּמְלֵי סִיפְרֵי דַּחֲסַר?!

Un certain homme répétait la halakha, le Sifra, le Sifré et la Tossefta, et il mourut. On vint dire à Rav Nahman : que le maître prononce son oraison.

Il dit : comment lui ferai-je l'oraison ? Hélas, une corbeille pleine de livres qui s'est vidée ?

📜 Rachi (2)
הֵיכִי אַסְפִּיד בְּמַאי אֶסְפְּדֶנּוּ:
Comment lui ferai-je l'oraison : par quoi le louerai-je ?
הֵי צַנָּא מָלֵא סִיפְרֵי אֵינוֹ אֶלָּא כֵּסֶל שֶׁמִּילְּאוּהוּ סְפָרִים וְאֵין מֵבִין מַה בְּתוֹכָהּ אַף שׁוֹנֶה הֲלָכוֹת וְלֹא שִׁימֵּשׁ ת"ח לִלְמֹוד שֶׁיְּבִינוּהוּ טַעֲמֵי מִשְׁנָה וּפְעָמִים שֶׁדִּבְרֵי מִשְׁנָה סוֹתְרִין זֶה אֶת זֶה וְצָרִיךְ לְתָרְצָהּ כְּגוֹן הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן וּכְגוֹן הָא מַנִּי רַבִּי פְּלוֹנִי הִיא וּכְגוֹן חַסּוּרֵי מִיחַסְּרָא אֵינוֹ יוֹדֵעַ מַה שׁוֹנֶה:
Une corbeille pleine de livres : elle n'est qu'un panier qu'on a rempli de livres, sans rien comprendre de ce qu'il contient. Ainsi de celui qui répète des halakhot sans avoir servi les talmidei hakhamim pour apprendre d'eux les raisons de la michna : il arrive que les paroles de la michna se contredisent et qu'il faille les résoudre, par exemple de quoi traitons-nous ici, ou bien de qui est cela, c'est Rabbi Untel, ou bien la baraita est incomplète ; et lui ne sait pas ce qu'il répète.
💡 Explication

Le défunt avait accumulé les recueils tannaitiques : halakhot, Sifra sur le Lévitique, Sifré sur les Nombres et le Deutéronome, Tossefta. Rav Nahman refuse pourtant l'éloge.

Rachi explique le refus : il manquait à cet homme le chimouch talmidei hakhamim, le service des maîtres, qui donne les raisons de la michna et les instruments pour résoudre ses contradictions.

13
תָּא חֲזִי מַה בֵּין תַּקִּיפֵי דְּאַרְעָא דְיִשְׂרָאֵל לַחֲסִידֵי דְבָבֶל.

Viens et vois la différence entre les hommes durs de la terre d'Israël et les hommes pieux de Bavel.

📜 Rachi (1)
תַּקִּיפֵי אַרְעָא דְּיִשְׂרָאֵל רֵישׁ לָקִישׁ דְּאָמְרִינַן בְּמַסֶּכֶת יוֹמָא (דַּף ט:) דַּאֲפִילּוּ בַּהֲדֵי רַבָּה בַּר בַּר חָנָה לָא מִשְׁתַּעֵי דְּמַאן דְּמִשְׁתַּעֵי בַּהֲדֵי רֵישׁ לָקִישׁ בְּשׁוּקָא יָהֲבִין לֵיהּ עִיסְקָא בְּלָא סָהֲדֵי: רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק מֵחֲסִידֵי בָּבֶל בְּשִׁילְהֵי מַסֶּכֶת סוֹטָה (דַּף מט:) דְּקָאָמַר לֵיהּ לָא תִּתְנֵי יִרְאַת חֵטְא דְּאִיכָּא אֲנָא:
Les hommes durs de la terre d'Israël : Rech Lakich, dont nous disons au traité Yoma (9b) qu'il ne parlait même pas avec Rabba bar bar Hana, car celui à qui Rech Lakich parlait au marché, on lui confiait des affaires sans témoins. Rav Nahman bar Its'hak était des hommes pieux de Bavel, comme à la fin du traité Sota (49b), où il dit : n'enseigne pas que la crainte de la faute a disparu, car je suis la.
🪔 Ben Yehoyada (1)
תָּא חֲזִי מַה בֵּין תַּקִּיפֵי דְּאַרְעָא דְיִשְׂרָאֵל, לַחֲסִידֵי דְּבָבֶל. עַיֵּין פֵּירוּשׁ רָשִׁ"י זַ"ל. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּקָרוּ לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ תַּקִּיפֵי אַרְעָא דְּיִשְׂרָאֵל שֶׁהָיָה תַּקִּיף בְּדַעֲתוֹ וּבְדִיבּוּרוֹ, כִּדְאִיתָא בְּסַנְהֶדְרִין (סַנְהֶדְרִין כו.) שֶׁדִּבֵּר קָשׁוֹת כְּנֶגֶד רַבִּי חִיָּיא בַּר זַרְנוֹקֵי וְרַבִּי שִׁמְעוֹן בַּר יְהוֹצָדָק עַייֵּן שָׁם, וְכֵן מָצִינוּ בִּירוּשַׁלְמִי דְּסַנְהֶדְרִין פ"ב דְּדָרַשׁ רֵישׁ לָקִישׁ, נָשִׂיא שֶׁחָטָא מַלְקִין אוֹתוֹ בְּבֵית דִּין שֶׁל שְׁלוֹשָׁה וְכוּ', וְאַחַר שֶׁבָּא אֵלָיו הַנָּשִׂיא הֵשִׁיב לוֹ דְּבָרִים בְּחֹוזֶק, וּמִכָּל זֶה מוּכָח שֶׁהָיָה תַּקִּיף בְּדִבּוּרוֹ וְלֹא יָשׁוּב מִפְּנֵי כֹל.
Viens et vois la différence entre les hommes durs de la terre d'Israël et les hommes pieux de Bavel. Vois le commentaire de Rachi, de mémoire bénie. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'on appelle Rabbi Chimon ben Lakich l'un des hommes durs de la terre d'Israël parce qu'il était ferme dans son opinion et dans sa parole, comme il est rapporté dans Sanhédrin (26a), où il parla durement contre Rabbi Hiya bar Zarnouki et Rabbi Chimon bar Yehotsadak ; vois la. De même nous trouvons dans le Yerouchalmi de Sanhédrin, chapitre 2, que Rech Lakich a enseigné : un nassi qui a fauté, on le flagellé devant un tribunal de trois, etc. ; et lorsque le nassi vint à lui, il lui répondit avec force. De tout cela il ressort qu'il était ferme dans sa parole et qu'il ne reculait devant personne.
💡 Explication

La Guemara met en regard les deux récits précédents. Rech Lakich, connu pour sa dureté, a loué un maître de second rang ; Rav Nahman, rangé parmi les hassidim de Bavel, a refusé de louer un homme qui savait beaucoup.

La phrase est une invitation à mesurer l'écart entre la réputation d'un homme et sa conduite réelle dans un cas précis.

🖼️ Schéma
Deux morts, deux oraisons : Rech Lakich et Rav Nahman Rech Lakich, en Erets Yisrael Le défunt enseignait la halakha au vingt-quatrième rang, loin des premières places. Il dit : la terre d'Israël a perdu un grand homme. Rav Nahman, en Bavel Le défunt répétait halakhot, Sifra, Sifré et Tossefta, sans en comprendre les raisons. Il refuse : une corbeille pleine de livres qui s'est vidée ? Viens et vois la différence entre les hommes durs de la terre d'Israël et les hommes pieux de Bavel. Le dur a loué le petit maître ; le pieux a refusé la louange.
La comparaison que la Guemara tire des deux récits d'oraison.
14
תְּנַן הָתָם: וּדְאֶשְׁתַּמֵּשׁ בְּתָגָא — חֵלֶף. תָּנֵי רֵישׁ לָקִישׁ: זֶה הַמִּשְׁתַּמֵּשׁ בְּמִי שֶׁשּׁוֹנֶה הֲלָכוֹת כִּתְרָהּ שֶׁל תּוֹרָה.

Nous avons appris là-bas : et celui qui se sert de la couronne passe. Rech Lakich a enseigné : il s'agit de celui qui se sert d'un homme qui répète des halakhot, lesquelles sont la couronne de la Torah.

📜 Rachi (2)
בְּתָגָא כֶּתֶר תּוֹרָה:
Be-taga : la couronne de la Torah.
חֵלֶף עָבַר מִן הָעוֹלָם:
Halaf : il disparaît du monde.
⚖️ Rosh (1)
תְּנַן הָתָם וּדְאִישְׁתַּמַּשׁ בְּתָגָא חָלֵף אָמַר (רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן) רֵישׁ לָקִישׁ זֶה הַמִּשְׁתַּמֵּשׁ בְּמִי שֶׁשּׁוֹנֶה הֲלָכוֹת וְאָמַר עֻולָּא לִישְׁתַּמַּשׁ אִינִישׁ בְּמַאן דְּתָנֵי אַרְבְּעָה וְלָא לִישְׁתַּמַּשׁ בְּמַאן דְּמַתְנֵי אַרְבְּעָה פִּי' דְּתָנֵי אַרְבָּעָה מִי שֶׁשּׁוֹנֶה אַרְבָּעָה סִדְרֵי מִשְׁנָה וּפִי' דְּמַתְנֵי מִי שֶׁלּוֹמֵד הַשַּׁ"ס אַרְבָּעָה סִדְרֵי: ט תָּנוּ רַבָּנַן מְבַטְּלִין ת"ת לְהוֹצָאַת הַמֵּת וּלְהַכְנָסַת כַּלָּה בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים כְּשֶׁאֵין לוֹ כָּל צָורְכּוֹ אֲבָל יֵשׁ לוֹ כָּל צָורְכּוֹ אֵין מְבַטְּלִין וְכַמָּה כָּל צָורְכּוֹ אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר אֻונְיָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב תְּרֵיסַר אַלְפֵי גַּבְרֵי וְשִׁיתָּא אַלְפֵי שִׁיפּוּרֵי וְכוּ' וְהָנֵי מִילֵּי לְמַאן דְּקָרֵי וְתָנֵי אֲבָל לְמַאן דְּמַתְנֵי לֵית לֵיהּ שִׁיעוּרָא. וּמִמֵּילָא שָׁמְעִינַן לְמָאֵן דְּלָא קָרֵי וְתָנֵי אֵין מְבַטְּלִין אֶלָּא כְּדֵי צֹורֶךְ קְבוּרָה בְּעָלְמָא. וְאֵין עוֹשִׂין אוֹתוֹ קַפֶּנְדַּרְיָא. מַאי קַפַּנְדַּרְיָא כמ"ד אַדְּמַקֵּיפְנָא אַהְדַּר וְאִיעוֹל בְּהָא אָמַר ר' אַבֹּוהַּ אִם הָיָה שְׁבִיל מֵעִיקָּרָא מֻותָּר אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ הַנִּכְנָס לְבֵית הַכְּנֶסֶת עַל מְנָת שֶׁלֹּא לַעֲשׂוֹת קַפֶּנְדַּרְיָא מֻותָּר לַעֲשׂוֹת קַפַּנְדַּרְיָא אָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ אָמַר רַב הוּנָא הַנִּכְנָס לְבֵית הַכְּנֶסֶת לְהִתְפַּלֵּל מִצְוָה לַעֲשׂוֹת קַפֶּנְדַּרְיָא שֶׁנֶּאֱמַר וּבְבוֹא עַם הָאָרֶץ לִפְנֵי ה' בַּמּוֹעֲדִים הַבָּא דֶּרֶךְ שַׁעַר צָפוֹן לְהִשְׁתַּחֲוֹות יֵצֵא דֶּרֶךְ שַׁעַר נֶגֶב וְהַבָּא דֶּרֶךְ שַׁעַר נֶגֶב יֵצֵא דֶּרֶךְ שַׁעַר צָפוֹנָה לֹא יָשׁוּב דֶּרֶךְ הַשַּׁעַר אֲשֶׁר בָּא בוֹ כִּי נִכְחוֹ יֵצֵא: עָלוּ בּוֹ עֲשָׂבִים וְכוּ'. תְּנָא לֹא יִתְלֹושׁ וּמַאֲכִיל אֶלָּא תּוֹלֵשׁ וּמַנִּיחַ. ת"ר בֵּית הַקְּבָרוֹת אֵין נוֹהֲגִין בּוֹ קַלּוּת רֹאשׁ אֵין מַרְעִין בּוֹ אֶת הַבְּהֵמָה וְאֵין מוֹלִיכִין בּוֹ אֶת אַמַּת הַמַּיִם וְאֵין מְלַקְּטִין בּוֹ עֲשָׂבִים מִפְּנֵי כְּבוֹדָן שֶׁל מֵתִים וְאִם לִיקֵּט שׂוֹרְפִין בִּמְקוֹמָן. הָא דְּקָתָנֵי אֵין מַרְעִין אֶת הַבְּהֵמָה נִרְאֶה דְּמַייְרֵי אַף בְּקַרְקַע עוֹלָם וְאָסוּר מִפְּנֵי כְּבוֹדָן שֶׁל מֵתִים דְּאִי עַל הַקְּבָרִים אִם הוּא קֶבֶר שֶׁל בִּנְיָן אָסוּר בַּהֲנָאָה. וְהָאִילָנוֹת הַנְּטוּעִין בְּבֵית הַקְּבָרוֹת מֻותָּר לִלְקֹוט פֵּירוֹתֵיהֶן וְאֵין כָּאן חֲשָׁשׁ מִפְּנֵי כְּבוֹד מֵתִים:
Nous avons appris là-bas : et celui qui se sert de la couronne passe. Rech Lakich a dit : il s'agit de celui qui se sert d'un homme qui répète des halakhot. Et Oula a dit : qu'un homme se fasse servir par celui qui a appris quatre, et qu'il ne se fasse pas servir par celui qui enseigne quatre. Explication : de-tani arba'a, celui qui a appris quatre ordres de la michna ; de-matni, celui qui enseigne le Talmud sur les quatre ordres. Siman 9. Les maîtres ont enseigné : on interrompt l'étude de la Torah pour la sortie du mort et pour l'entrée de la mariée. Quand cela vaut-il ? Quand il n'y a pas tout ce qu'il faut ; mais s'il y a tout ce qu'il faut, on n'interrompt pas. Et combien est tout ce qu'il faut ? Rav Chemouel bar Ounia a dit au nom de Rav : douze mille hommes et six mille chofarot, etc. Et cela vaut pour celui qui lisait l'Écriture et répétait la michna ; mais pour celui qui enseignait, il n'y a pas de mesure. Et il s'ensuit d'emblée que pour celui qui ne lisait ni ne répétait, on interrompt seulement le temps qu'exige l'enterrement lui-même. Et on n'en fait pas un kapandaria. Qu'est-ce qu'un kapandaria ? Comme celui qui dit : plutôt que de faire le tour, j'entrerai par ici. Rabbi Abahou a dit : si le sentier existait auparavant, c'est permis. Rabba bar Abahou a dit : celui qui entre dans la synagogue avec l'intention de ne pas en faire un raccourci a le droit d'en faire un raccourci. Rabbi Helbo a dit au nom de Rav Houna : celui qui entre dans la synagogue pour y prier, c'est une mitsva pour lui de la traverser, car il est dit : et quand le peuple du pays viendra devant Hachem aux temps fixés, celui qui entrera par la porte du nord pour se prosterner sortira par la porte du sud, et celui qui entrera par la porte du sud sortira par la porte du nord ; il ne reviendra pas par la porte par laquelle il est entré, car il sortira droit devant lui. Des herbes y ont poussé, etc. Il a été enseigné : il ne les arrache pas pour en nourrir le bétail, mais il les arrache et les laisse sur place. Les maîtres ont enseigné : dans un cimetière on n'a pas une conduite de légèreté ; on n'y fait pas paître le bétail, on n'y conduit pas un canal d'eau, on n'y ramasse pas d'herbes, en raison de l'honneur des morts ; et si l'on en a ramassé, on les brûle sur place. Ce qui est enseigné, qu'on n'y fait pas paître le bétail, il semble que cela vaut même sur le sol nu, et c'est interdit en raison de l'honneur des morts ; car s'il s'agissait des tombes elles-mêmes, lorsque la tombe est bâtie, tout profit en est interdit. Quant aux arbres plantés dans un cimetière, il est permis d'en cueillir les fruits, et il n'y a là aucune crainte au titre de l'honneur des morts.
💡 Explication

La michna d'Avot (1,13) enseigne : ve-de-ichtamech be-taga halaf, celui qui se sert de la couronne passe. Rech Lakich identifie la couronne à l'homme qui répète des halakhot : se faire servir par lui revient à se servir de la couronne.

Le Roch rassemble ici les décisions du chapitre : l'échelle d'Oula, la mesure de l'interruption de l'étude pour un enterrement, la question du kapandaria, le raccourci à travers la synagogue, et les règles du cimetière.

15
וְאָמַר עֻולָּא: לִשְׁתַּמַּשׁ אִינִישׁ בְּמַאן דְּתָנֵי אַרְבְּעָה, וְלָא לִשְׁתַּמַּשׁ בְּמַאן דְּמַתְנֵי אַרְבְּעָה. כִּי הָא דְּרֵישׁ לָקִישׁ הֲוָה אָזֵיל בְּאוֹרְחָא מְטָא עֻורְקְמָא דְמַיָּא, אֲתָא הָהוּא גַּבְרָא אַרְכְּבֵיהּ אַכַּתְפֵּיהּ וְקָא מְעַבַּר לֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: קָרֵית? אֲמַר לֵיהּ: קָרֵינָא. תָּנֵית? תָּנֵינָא אַרְבָּעָה סִידְרֵי מִשְׁנָה. אֲמַר לֵיהּ: פְּסַלְתְּ לָךְ אַרְבְּעָה טוּרֵי וְטָעֲנַתְּ בַּר לָקִישׁ אַכַּתְפָּךְ?! שְׁדִי בַּר לָקִישָׁא בְּמַיָּא!

Et Oula dit : qu'un homme se fasse servir par celui qui a appris quatre, et qu'il ne se fasse pas servir par celui qui enseigne quatre. Comme dans ce cas : Rech Lakich allait en chemin et arriva à une étendue d'eau.

Un certain homme vint, le chargea sur ses épaules et le fit passer. Il lui dit : as-tu lu l'Écriture ?

Il lui dit : j'ai lu. As-tu appris la michna ?

J'ai appris quatre ordres de la michna. Il lui dit : tu as taillé quatre montagnes, et tu portes le fils de Lakich sur tes épaules ?

Jette le fils de Lakich à l'eau.

📜 Rachi (1)
עֻורְקְמָא דָּמְיָא שְׁלוּלִית שֶׁל מַיִם מְכֻונָּסִין:
Ourkema de-maya : une flaque d'eau accumulée.
🪔 Ben Yehoyada (2)
כִּי הָא דְּרֵישׁ לָקִישׁ הֲוָה אָזֵיל בְּאוֹרְחָא, מְטָא עֻורְקְמָא דַּמְיָא. הִקְשָׁה מָהַרְשָׁ"א דְּמַיְיתֵי הָא דְרֵישׁ לָקִישׁ מַעֲשֶׂה לִסְתֹּור, דְּהָא לֹא רָצָה לְהִשְׁתַּמֵּשׁ גַּם בְּמִי דְּתָנֵי לְחוּד עַייֵּן שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי עַל מַתְנֵי לָא אִצְטְרִיךְ לְהוֹכִיחַ כְּלוּם שֶׁזֶּה מְפֹורָשׁ יוֹצֵא בְּמַאֲמַר דְּאָסוּר בְּמָתְנֵי, אַךְ הַהוֹכָחָה דְּתַלְמוּדָא מֵעֻובְדָּא דְּרֵישׁ לָקִישׁ הוּא עַל תָּנֵי לְחוּד דְּאֵינוֹ בִּכְלַל הָאִיסּוּר וְזֶה מוּכָח מִמַּה שֶׁאָמַר לוֹ אוֹתוֹ גַּבְרָא שֶׁהוּא תְּנֵי הֲלָכוֹת, וְאָמַר לוֹ רֵישׁ לָקִישׁ 'שָׁדֵי בַּר לַקִּישָׁא בְּמַיָּא' וְקָשֶׁה דְּאִם אָסוּר מִן הַדִּין לָמָּה יְצַוֵּהוּ לְהַשְׁלִיכוֹ? הוּא יַשְׁלִיךְ אֶת עַצְמוֹ! וְעוֹד, אִם הֵיכָא דְּתָנֵי נָמֵי אָסוּר עֲדִיפָא אֵיךְ נָחָה דַּעְתּוֹ שֶׁל רֵישׁ לָקִישׁ בְּמַה שֶׁאָמַר לוֹ אוֹתוֹ גַּבְרָא 'נִיחָא לִי' דְּאִם אוֹתוֹ גַּבְרָא נִיחָא לֵיהּ אֵיךְ רֵישׁ לָקִישׁ יְקַבֵּל לַעֲשׂוֹת דָּבָר זֶה? אֶלָּא וַדַּאי מִדִּינָא מֻותָּר בְּמֵאֵן דְּתָנֵי בִּלְבַד וְרַק מִשּׁוּם מִדַּת חֲסִידוּת הָיָה חוֹשֵׁשׁ רֵישׁ לָקִישׁ, וּלְכָךְ לֹא הִשְׁלִיךְ עַצְמוֹ עַד שֶׁיִּרְאֶה אִם יָשִׁיב לוֹ 'נִיחָא לִי' דְּאָז לֵיכָּא בָּזֶה חֲשָׁשׁ אֲפִילּוּ מִמִּדַּת חֲסִידוּת, וְלָכֵן כֵּיוָן דְּאָמַר לוֹ נִיחָא לִי אָז נָחָה דַּעְתּוֹ שֶׁל רֵישׁ לָקִישׁ בָּזֶה. וּלְפִי זֶה נִמְצֵינוּ לְמֵדִין מֵהַאי עֻובְדָּא דְּרֵישׁ לָקִישׁ בְּמֵאֵן דְּתָנֵי בִּלְחוּד לֵיכָּא אִיסּוּר מִדִּינָא וְכָאָמוּר.
Comme dans ce cas où Rech Lakich allait en chemin et arriva à une étendue d'eau. Le Maharcha a objecté que la Guemara apporte ce récit de Rech Lakich comme un fait qui contredit la règle, puisque lui-même refusait aussi de se faire servir par celui qui a seulement appris ; vois là. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que pour celui qui enseigne il n'y avait rien à prouver, cela ressort explicitement de la formule qui l'interdit ; la preuve que le Talmud tire du récit de Rech Lakich porte sur celui qui a seulement appris, lequel reste hors de l'interdit. Cela ressort de ce que cet homme lui a dit qu'il répétait des halakhot, et que Rech Lakich lui a dit : jette le fils de Lakich à l'eau. Il y a une difficulté : si la chose était interdite selon la loi, pourquoi lui ordonner de le jeter ? Qu'il se jette lui-même. De plus, si le cas de celui qui a seulement appris était lui aussi interdit, et même à plus forte raison, comment l'esprit de Rech Lakich s'est-il apaisé lorsque cet homme lui a dit : cela m'est agréable ? Car si cet homme y trouve son agrément, comment Rech Lakich accepterait-il d'agir ainsi ? Il faut donc dire que selon la loi c'est permis avec celui qui a seulement appris, et que Rech Lakich s'en souciait uniquement au titre de la mesure de piété. C'est pourquoi il ne s'est pas jeté lui-même, attendant de voir si l'homme lui répondrait : cela m'est agréable, car alors il n'y a plus de crainte même au titre de la mesure de piété ; et puisqu'il lui a dit : cela m'est agréable, l'esprit de Rech Lakich s'est apaisé. Selon cela, nous apprenons de ce récit de Rech Lakich qu'avec celui qui a seulement appris il n'y a pas d'interdit selon la loi, comme il a été dit.
פְּסַלְתְּ לָךְ אַרְבְּעָה טוּרֵי, וְטַעֲנַת בַּר לָקִישׁ אַכַּתְפִיךְ? שְׁדִי בַּר לָקִישָׁא בְּמַיָּא. נִרְאֶה לִי בס"ד הָא דְּכִינָּה לְסִדְרֵי מִשְׁנָה בְּשֵׁם 'הָרִים' דְּאִיתָא בְּסַנְהֶדְרִין (סַנְהֶדְרִין כד.) אָמַר עֻולָּא הָרוֹאֶה אֶת רֵישׁ לָקִישׁ בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ כְּאִלּוּ עוֹקֵר הָרִים וְטוֹחֲנָן זֶה בָּזֶה עַייֵּן שָׁם, נִמְצָא הָיוּ הַחֲכָמִים מְדַמִּין לְחָכְמַת רֵישׁ לָקִישׁ לַעֲקִירַת שְׁתֵּי הָרִים שֶׁטּוֹחֲנִין זֶה בָּזֶה וְלָכֵן אָמַר לוֹ רֵישׁ לָקִישׁ אִם עָלַי יֹאמְרוּ שֶׁאֲנִי עוֹקֵר הָרִים שֶׁהֵם שְׁנַיִם כִּי מִעוּט רַבִּים שְׁנַיִם, הִנֵּה אַתָּה פָּסַלְתָּ אַרְבָּעָה הָרִים, וְאִם כֵּן אַתָּה גָּדוֹל מִמֶּנִּי! וְדָבָר כֵּן מִצַּד עֲנָוָה. וְעוֹד נִרְאֶה לִי מִכַּנָּהּ אֶת עֵסֶק הַתּוֹרָה בְּשֵׁם 'הָרִים' כִּי יָדוּעַ שֶׁעֵסֶק הַתּוֹרָה מְתַקֵּן בְּחִינַת הָרוּחַ וְיָדוּעַ מַה שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל שֶׁהֶהָרִים הַגְּדוֹלִים נִבְרְאוּ בִּשְׁבִיל לְהָגֵין עַל הָעוֹלָם מִן הָרוּחַ הַקָּשֶׁה מְאֹד, וּכְמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר עַל פָּסוּק (עָמוֹס ד, יג) 'יוֹצֵר הָרִים וּבֹרֵא רוּחַ וּמַגִּיד לְאָדָם מַה שָׂחוּ'. וְעוֹד נִרְאֶה לִי נִקְרֵאת 'הָרִים' דַּחֲבִיבָה עַל לוֹמְדֶיהָ כְּיוֹם שֶׁנִּתְּנָה בְּהַר סִינַי. וְדַע מִן הַגְּמָרָא דְּהָכָא נִרְאֶה דְּאֵין שֵׁם אָבִיו הָיָה לָקִישׁ אֶלָּא 'לָקִישׁ' הוּא כִּינּוּי מִשְׁפָּחָה דְּאִם לֹא כֵן אֵיךְ יֹאמַר בְּפִיו 'שַׁדַּי בַּר לַקִּישָׁא' שֶׁזּוֹכֵר שֵׁם אָבִיו? וּבִפְרָט כִּי הוּא שֵׁם פִּלְאֵי בְּוַדַּאי מִן הַסְּתָם.
Tu as taillé quatre montagnes, et tu portes le fils de Lakich sur tes épaules ? Jette le fils de Lakich à l'eau. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il a désigné les ordres de la michna du nom de montagnes parce qu'il est rapporté dans Sanhédrin (24a) : Oula a dit, celui qui voit Rech Lakich à la maison d'étude, c'est comme s'il arrachait des montagnes et les broyait l'une contre l'autre ; vois là. Il se trouve que les Sages comparaient la sagesse de Rech Lakich à l'arrachement de deux montagnes broyées l'une contre l'autre. Rech Lakich lui a donc dit : si l'on dit de moi que j'arrache des montagnes, qui sont deux, car le pluriel minimal est deux, voici que toi, tu as taillé quatre montagnes ; tu es donc plus grand que moi. Il a parlé ainsi par humilité. Il me semble encore qu'il désigne l'occupation de la Torah du nom de montagnes, car il est connu que l'occupation de la Torah répare l'aspect du roua'h, le souffle, et l'on sait ce qu'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie, que les grandes montagnes ont été créées pour protéger le monde du vent très dur, comme il est dit sur le verset (Amos 4,13) : Celui qui forme les montagnes et crée le vent, et qui annonce à l'homme quelle est sa parole. Il me semble encore qu'elles sont appelées montagnes parce que la Torah est chère à ceux qui l'étudient comme au jour où elle fut donnée au mont Sinaï. Et sache, d'après la Guemara d'ici, qu'il apparaît que Lakich était un nom de famille plutôt que le nom de son père ; autrement, comment dirait-il de sa propre bouche : jette le fils de Lakich, mentionnant ainsi le nom de son père ? D'autant qu'il s'agit certainement, selon toute vraisemblance, d'un nom rare.
💡 Explication

Oula établit une échelle : tani arba'a, celui qui a appris quatre ordres de la michna, peut rendre service ; matni arba'a, celui qui les enseigne aux autres, porte la couronne, et l'on ne se sert pas de lui.

Le récit illustre la règle par l'excès inverse : Rech Lakich refuse d'être porte par un homme qui a appris quatre ordres, et ordonne qu'on le jette à l'eau plutôt que d'accepter ce service.

16
אֲמַר לֵיהּ: נִיחָא לִי דַּאֲשַׁמְּעֵיהּ לְמָר. אִי הָכִי, גְּמוֹר מִינִּי הָא מִלְּתָא דְּאָמַר רַבִּי זֵירָא: בְּנוֹת יִשְׂרָאֵל הֵן הֶחֱמִירוּ עַל עַצְמָן שֶׁאֲפִילּוּ רוֹאוֹת טִיפַּת דָּם כְּחַרְדָּל יוֹשְׁבוֹת עָלָיו שִׁבְעָה נְקִיִּים.

Il lui dit : il m'est agréable de servir mon maître. S'il en est ainsi, apprends de moi cette chose que Rabbi Zera a dite : les filles d'Israël se sont montrées rigoureuses envers elles-mêmes, au point que même si elles voient une goutte de sang de la taille d'un grain de moutarde, elles comptent à son sujet sept jours propres.

📜 Rachi (2)
דְּאַשְׁמַעִי' שֶׁאֲשַׁמֵּשׁ לַאֲדוֹנִי:
De servir : que je serve mon maître.
שֶׁהֶחְמִירוּ עַל עַצְמָן דְּמִדְּאוֹרַייְתָּא אֵין צְרִיכָה שִׁבְעָה נְקִיִּים אֶלָּא הָרוֹאָה שְׁלוֹשָׁה יָמִים רְצוּפִים בְּתוֹךְ י"א יוֹם שֶׁבֵּין נִדָּה לְנִדָּה אֲבָל בִּתְחִלַּת נִדָּתָהּ אֲפִילּוּ רָאֲתָה כָּל שִׁבְעָה וּפָסְקָה לָעֶרֶב טוֹבֶלֶת בַּלַּיְלָה וְהֵן הֶחְמִירוּ עַל עַצְמָן לְפִי שֶׁאֵין הַכֹּל בְּקִיאִים בְּפֶתַח נִדָּתָהּ אֵימָתַי הֵן עוֹמְדוֹת בי"א יָמִים שֶׁבֵּין נִדָּה לְנִדָּה וְאִם תֹּאמַר לֹא יַחְמִירוּ אֶלָּא בַּג' רְצוּפֵין כְּדִכְתִיב יָמִים רַבִּים בְּלֹא עֶת נִדָּתָהּ (וַיִּקְרָא ט״ו:כ״ה) פְּעָמִים שֶׁרְאִייַּת דַּם נִדָּה מַזְקִיקָתָהּ לְשִׁבְעָה נְקִיִּים מִן הַתּוֹרָה כֵּיצַד הִתְחִילָה לִסְפֹּור שִׁבְעָה נְקִיִּים לְאַחַר שֶׁהָיְתָה זָבָה גְּמוּרָה וְסָפְרָה שִׁבְעָה נְקִיִּים וּבַשְּׁבִיעִי רָאֲתָה אַפֵּי' כְּחַרְדָּל סָתְרָה הַכֹּל וּצְרִיכָה לַחֲזֹור וְלִסְפֹּור שִׁבְעָה נְקִיִּים אִי נָמֵי שֶׁמָּא רָאֲתָה שְׁנֵי יָמִים וְלֹא יָדְעָה וְהַיּוֹם רָאֲתָה וְיָדְעָה דְּהָווּ לְהוּ שְׁלֹשָׁה יָמִים רְצוּפִין וּצְרִיכָה שִׁבְעָה נְקִיִּים וְעַל כֵּן הֶחְמִירוּ:
Elles se sont montrées rigoureuses envers elles-mêmes : car selon la Torah, seule celle qui voit pendant trois jours consécutifs à l'intérieur des onze jours qui séparent une nidda de la suivante a besoin de sept jours propres ; mais au début de sa nidda, même si elle a vu pendant les sept jours et que le flux a cessé le soir, elle se plonge la nuit même. Elles se sont montrées rigoureuses parce que tout le monde n'est pas expert pour savoir quand s'ouvre sa période de nidda ni quand elles se trouvent dans les onze jours qui séparent une nidda de l'autre. Et si tu dis : qu'elles se montrent rigoureuses seulement pour trois jours consécutifs, comme il est écrit : des jours nombreux, hors du temps de sa nidda (Lévitique 15,25) ; il arrive qu'une vue de sang de nidda l'oblige aux sept jours propres selon la Torah. Comment cela ? Elle a commencé à compter sept jours propres après avoir été zava complète, elle les a comptés, et au septième elle a vu, fût-ce comme un grain de moutarde : tout est annulé et elle doit recommencer les sept jours propres. Ou encore : peut-être a-t-elle vu deux jours sans le savoir, et aujourd'hui elle a vu et l'a su, de sorte qu'il y a trois jours consécutifs et qu'elle a besoin de sept jours propres. C'est pourquoi elles se sont montrées rigoureuses.
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁאֲפִילּוּ רוֹאוֹת טִפַּת דָּם כְּחַרְדָּל יוֹשְׁבוֹת עָלֶיהָ שִׁבְעָה נְקִיִּים וְלָא קַשְׁיָא מֵהָא דְּאָמַר בְּנִדָּה (דַּף סו.) וּבְפֶרֶק יוֹצֵא דֹּופֶן (נִדָּה ד' מג.) שֶׁאֲפִילּוּ כְּעֵין חַרְדָּל טָמֵא דְּשֶׁמָּא הָתָם לָא מַייְרֵי לְהַצְרִיכָהּ שִׁבְעָה נְקִיִּים אֶלָּא לִהְיוֹת נִדָּה דְּאוֹרָייְתָא וְקַשְׁיָא הֵיאַךְ מָצִינוּ טִפָּה כְּחַרְדָּל הַגּוֹרֶמֶת שִׁבְעָה נְקִיִּים בִּדְאוֹרָיְיתָא דְּוַדַּאי לֹא תִּקְּנוּ חֲכָמִים דָּבָר דְּלֵית דִּכְוָותֵהּ דְּאוֹרָייְתָא וְיֵשׁ לוֹמַר דְּאַשְׁכַּחְנָא בָּהּ שַׁפִּיר בַּז' לִסְפִירָתָהּ שֶׁסּוֹתֶרֶת הַכֹּל:
Même si elles voient une goutte de sang comme un grain de moutarde, elles comptent à son sujet sept jours propres : il n'y a pas de difficulté depuis ce qui est dit dans Nidda (66a) et au chapitre Yotse Dofen (Nidda 43a), que même une quantité semblable à un grain de moutarde rend impur, car peut-être s'agit-il là-bas seulement de la rendre nidda selon la Torah, sans exiger sept jours propres. La difficulté est celle-ci : où trouve-t-on une goutte comme un grain de moutarde qui entraîne sept jours propres selon la Torah ? Car les Sages n'instituent certainement pas une chose qui n'a pas d'équivalent dans la Torah. On peut répondre qu'on en trouve bien un cas, au septième jour de son compte, où elle annule tout.
💡 Explication

L'homme oppose son propre agrément : le service lui plaît. Rech Lakich accepte alors, en lui transmettant aussitôt un enseignement, ce qui fait de lui un disciple et rend le service légitime.

L'enseignement choisi est celui de Rabbi Zera sur la rigueur que les femmes d'Israël ont prise sur elles : compter sept nekiim, jours propres, même pour une goutte minime. Rachi expose l'écart avec la loi de la Torah, et Tossefot cherche un cas où une telle goutte entraîne déjà, dans la Torah, sept jours propres.

17
תַּנָּא דְּבֵי אֵלִיָּהוּ: כָּל הַשּׁוֹנֶה הֲלָכוֹת, מֻובְטָח לוֹ שֶׁהוּא בֶּן עוֹלָם הַבָּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֲלִיכוֹת עוֹלָם לוֹ״, אַל תִּקְרֵי ״הֲלִיכוֹת״ אֶלָּא ״הֲלָכוֹת״.

L'école d'Eliyahou a enseigné : quiconque répète des halakhot a l'assurance d'être un fils du monde à venir, car il est dit : halikhot olam lo, les voies du monde sont à Lui (Habaquq 3,6) ; ne lis pas halikhot, les voies, mais halakhot.

💡 Explication

Le daf s'achève sur un éloge de celui-là même dont il a beaucoup parlé : le chone halakhot, celui qui répète les halakhot.

Le procédé est un al tikri : sans changer les lettres du verset, on en lit autrement la vocalisation, et halikhot, les voies, se lit halakhot.

18
תָּנוּ רַבָּנַן:

Les maîtres ont enseigné :

💡 Explication

Début d'une baraita dont la suite se lit à la page suivante.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).