Megillah 29a — Interrompre l'étude pour le mort et pour la mariée, la Chekhina dans les synagogues de l'exil, et les quatre parachiyot

Megillah 29a

Sougya : Le folio s'ouvre sur la règle qui suspend l'étude de la Torah devant deux mitsvot : accompagner un mort et escorter une mariée. La guemara chiffre le seuil à partir duquel l'assistance suffit déjà, et distingue trois rangs de défunt : celui qui n'étudiait pas, celui qui lisait et étudiait pour lui-même, celui qui enseignait aux autres, pour qui aucune mesure ne vaut.

Vient ensuite une longue section d'aggada sur la Chekhina qui accompagne Israël en exil : les synagogues de Houtsal et de Chaf ve-Yativ à Nehardea, le mikdach meat d'Ye'hezkel, la maison de Rav, et la promesse que les synagogues de Babel s'établiront en Terre d'Israël. La michna du chapitre précédent revient pour deux détails : le raccourci (kappandaria) à travers la synagogue et les herbes qui poussent dans la ruine.

Le folio s'achève sur la michna d'ouverture du chapitre Bnei ha-ir, qui fixe le calendrier des quatre parachiyot d'Adar et la liste des jours pour lesquels on interrompt l'ordre habituel des lectures.

Interrompre l'étude de la Torah : pour qui, et jusqu'où ?Hotsaat ha-metHakhnasat kallaY a-t-il déjà sur place kol tsorko ?Non — on interromptconduite de R. Yehouda beribbi IlaiOui — on n'interrompt pasl'honneur est déjà rendu sans nousCombien vaut kol tsorko ? Trois mesuresRav12 000 hommes+ 6 000 chofars(autre version : dont 6 000)Oullaune haie continuede la porte de la villejusqu'à SikraRav Chechet600 000comme au don de la Torah :sa reprise égale sa remise
La règle dépend d'un seuil : tant que l'assistance ne suffit pas, l'étude cède ; au-delà, elle reprend ses droits.
Trois rangs de défunt, trois mesures d'honneurlo kari ve-lo taniIl n'étudiait pasOn interrompt l'étudeseulement pour cequ'exige la sépulturekari ve-taniIl lisait et étudiaitLes mesures chiffréess'appliquent :12 000, ou 600 000matniIl enseignait aux autreslet leh chioura :aucun plafond,toute la ville s'interromptPrécision des TossefotCes trois rangs valent pour l'interruption de l'étude.Pour l'interruption du travail (Moed Katan 27b), aucune distinction :le travail est interdit à tous les habitants de la ville.
Le rang du défunt se mesure à ce qu'il a transmis : lire pour soi fixe une limite, enseigner l'abolit.
La Chekhina descend avec Israël : le trajet de l'exilÉgypteI Chemouel 2,27BabelYechaya 43,14Geoula à venirDevarim 30,3ve-chavet non ve-hechivIl revient avec eux : le verbe est intransitif, la Chekhina rentre elle aussi d'exil.Où réside-t-elle à Babel ?— la synagogue de Houtsal— celle de Chaf ve-Yativ, à Nehardea— tantôt ici, tantôt là, jamais les deuxAbaye marche une parsa pour y prier.Rav Chechet y reste et les anges cèdent.Ce que sont ces lieuxmikdach meat (Ye'hezkel 11,16)R. Yitshak : synagogues et maisons d'étudeR. Elazar : la maison de Ravmaon (Tehilim 90,1) : Abaye déplaceson étude de chez lui à la synagogue.
La section aggadique tient en une thèse : le lieu de la prière en exil porte un statut de sanctuaire, et il suivra Israël jusqu'à la fin.
1
מְבַטְּלִין תַּלְמוּד תּוֹרָה לְהוֹצָאַת הַמֵּת, וּלְהַכְנָסַת הַכַּלָּה. אָמְרוּ עָלָיו עַל רַבִּי יְהוּדָה בְּרַבִּי אִילְעַאי שֶׁהָיָה מְבַטֵּל תַּלְמוּד תּוֹרָה לְהוֹצָאַת הַמֵּת וּלְהַכְנָסַת הַכַּלָּה. בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים — בְּשֶׁאֵין שָׁם כָּל צָורְכּוֹ, אֲבָל יֵשׁ שָׁם כָּל צָורְכּוֹ — אֵין מְבַטְּלִין.

On interrompt l'étude de la Torah pour l'accompagnement du mort et pour l'escorte de la mariée. On a dit de Rabbi Yehouda beribbi Ilai qu'il interrompait l'étude de la Torah pour l'accompagnement du mort et pour l'escorte de la mariée.

Dans quel cas cela est-il dit ? Lorsqu'il n'y a pas là tout ce qu'il faut ; mais s'il y a là tout ce qu'il faut, on n'interrompt pas.

📜 Rachi (1)
לְהַכְנָסַת כַּלָּה לְלַוּוֹתָהּ מִבֵּית אָבִיהָ לְבֵית חֻופָּתָהּ:
L'accompagner depuis la maison de son père jusqu'à la maison de sa houppa.
🗂️ Tossefot (1)
מְבַטְּלִין תַּלְמוּד תּוֹרָה לְהוֹצָאַת הַמֵּת -וְלָא קַשְׁיָא מֵהַהִיא דְּמַס' דֶּרֶךְ אֶרֶץ (זוּטָא פ"ח) דְּאָמְרִי' מַעֲשֶׂה בְּרַבִּי עֲקִיבָא שֶׁמָּצָא מֵת מִצְוָה בַּדֶּרֶךְ וְנָשְׂאוּ אַרְבָּעָה מִילִין עַד שֶׁהֵבִיאוּ לְבֵית הַקְּבָרוֹת וּכְשֶׁבָּא אֵצֶל ר' יְהוֹשֻׁעַ וְר' אֱלִיעֶזֶר וְסִפֵּר לָהֶם אָמְרוּ לוֹ עַל כָּל פְּסִיעָה וּפְסִיעָה שֶׁפָּסַעְתָּ כְּאִילּוּ שָׁפַכְתָּ דָּם נָקִי לֹא הָיָה מִפְּנֵי שֶׁבָּטֵל לִמּוּדוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שֶׁהֱזִיזוֹ מִמְּקוֹמוֹ וּמֵת מִצְוָה קוֹנֶה מְקוֹמוֹ:
Il n'y a pas de difficulté à partir de ce qui est rapporté dans le traité Derekh Erets (Zouta, chap. 8) : Rabbi Akiva trouva un met mitsva (un mort sans personne pour s'en occuper) sur la route et le porta sur quatre milles jusqu'à ce qu'il l'amène au cimetière ; lorsqu'il vint auprès de Rabbi Yehochoua et de Rabbi Eliezer et le leur raconta, ils lui dirent : pour chaque pas que tu as fait, c'est comme si tu avais versé un sang innocent. Leur reproche visait le fait qu'il avait déplacé le corps de son lieu, car le met mitsva acquiert son emplacement, et non l'interruption de son étude.
⚖️ Rosh (1)
תְּנַן הָתָם וּדְאִישְׁתַּמַּשׁ בְּתָגָא חָלֵף אָמַר (רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן) רֵישׁ לָקִישׁ זֶה הַמִּשְׁתַּמֵּשׁ בְּמִי שֶׁשּׁוֹנֶה הֲלָכוֹת וְאָמַר עֻולָּא לִישְׁתַּמַּשׁ אִינִישׁ בְּמַאן דְּתָנֵי אַרְבְּעָה וְלָא לִישְׁתַּמַּשׁ בְּמַאן דְּמַתְנֵי אַרְבְּעָה פִּי' דְּתָנֵי אַרְבָּעָה מִי שֶׁשּׁוֹנֶה אַרְבָּעָה סִדְרֵי מִשְׁנָה וּפִי' דְּמַתְנֵי מִי שֶׁלּוֹמֵד הַשַּׁ"ס אַרְבָּעָה סִדְרֵי: ט תָּנוּ רַבָּנַן מְבַטְּלִין ת"ת לְהוֹצָאַת הַמֵּת וּלְהַכְנָסַת כַּלָּה בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים כְּשֶׁאֵין לוֹ כָּל צָורְכּוֹ אֲבָל יֵשׁ לוֹ כָּל צָורְכּוֹ אֵין מְבַטְּלִין וְכַמָּה כָּל צָורְכּוֹ אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר אֻונְיָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב תְּרֵיסַר אַלְפֵי גַּבְרֵי וְשִׁיתָּא אַלְפֵי שִׁיפּוּרֵי וְכוּ' וְהָנֵי מִילֵּי לְמַאן דְּקָרֵי וְתָנֵי אֲבָל לְמַאן דְּמַתְנֵי לֵית לֵיהּ שִׁיעוּרָא. וּמִמֵּילָא שָׁמְעִינַן לְמָאֵן דְּלָא קָרֵי וְתָנֵי אֵין מְבַטְּלִין אֶלָּא כְּדֵי צֹורֶךְ קְבוּרָה בְּעָלְמָא. וְאֵין עוֹשִׂין אוֹתוֹ קַפֶּנְדַּרְיָא. מַאי קַפַּנְדַּרְיָא כמ"ד אַדְּמַקֵּיפְנָא אַהְדַּר וְאִיעוֹל בְּהָא אָמַר ר' אַבֹּוהַּ אִם הָיָה שְׁבִיל מֵעִיקָּרָא מֻותָּר אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ הַנִּכְנָס לְבֵית הַכְּנֶסֶת עַל מְנָת שֶׁלֹּא לַעֲשׂוֹת קַפֶּנְדַּרְיָא מֻותָּר לַעֲשׂוֹת קַפַּנְדַּרְיָא אָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ אָמַר רַב הוּנָא הַנִּכְנָס לְבֵית הַכְּנֶסֶת לְהִתְפַּלֵּל מִצְוָה לַעֲשׂוֹת קַפֶּנְדַּרְיָא שֶׁנֶּאֱמַר וּבְבוֹא עַם הָאָרֶץ לִפְנֵי ה' בַּמּוֹעֲדִים הַבָּא דֶּרֶךְ שַׁעַר צָפוֹן לְהִשְׁתַּחֲוֹות יֵצֵא דֶּרֶךְ שַׁעַר נֶגֶב וְהַבָּא דֶּרֶךְ שַׁעַר נֶגֶב יֵצֵא דֶּרֶךְ שַׁעַר צָפוֹנָה לֹא יָשׁוּב דֶּרֶךְ הַשַּׁעַר אֲשֶׁר בָּא בוֹ כִּי נִכְחוֹ יֵצֵא: עָלוּ בּוֹ עֲשָׂבִים וְכוּ'. תְּנָא לֹא יִתְלֹושׁ וּמַאֲכִיל אֶלָּא תּוֹלֵשׁ וּמַנִּיחַ. ת"ר בֵּית הַקְּבָרוֹת אֵין נוֹהֲגִין בּוֹ קַלּוּת רֹאשׁ אֵין מַרְעִין בּוֹ אֶת הַבְּהֵמָה וְאֵין מוֹלִיכִין בּוֹ אֶת אַמַּת הַמַּיִם וְאֵין מְלַקְּטִין בּוֹ עֲשָׂבִים מִפְּנֵי כְּבוֹדָן שֶׁל מֵתִים וְאִם לִיקֵּט שׂוֹרְפִין בִּמְקוֹמָן. הָא דְּקָתָנֵי אֵין מַרְעִין אֶת הַבְּהֵמָה נִרְאֶה דְּמַייְרֵי אַף בְּקַרְקַע עוֹלָם וְאָסוּר מִפְּנֵי כְּבוֹדָן שֶׁל מֵתִים דְּאִי עַל הַקְּבָרִים אִם הוּא קֶבֶר שֶׁל בִּנְיָן אָסוּר בַּהֲנָאָה. וְהָאִילָנוֹת הַנְּטוּעִין בְּבֵית הַקְּבָרוֹת מֻותָּר לִלְקֹוט פֵּירוֹתֵיהֶן וְאֵין כָּאן חֲשָׁשׁ מִפְּנֵי כְּבוֹד מֵתִים:
On a enseigné là-bas (Avot 1,13) : celui qui se sert de la couronne disparaît. Rech Lakich a dit : il s'agit de celui qui se sert d'un homme qui étudie les halakhot. Et Oulla a dit : qu'un homme se serve de celui qui apprend quatre, et qu'il ne se serve pas de celui qui enseigne quatre. Explication : de-tani arba désigne celui qui étudie quatre ordres de la Michna, et de-matni désigne celui qui enseigne le Chas, les quatre ordres. — Siman 9. Nos maîtres ont enseigné : on interrompt l'étude de la Torah pour l'accompagnement du mort et pour l'escorte de la mariée. Dans quel cas cela est-il dit ? Lorsqu'il n'a pas tout ce qu'il lui faut ; mais s'il a tout ce qu'il lui faut, on n'interrompt pas. Et combien vaut tout ce qu'il lui faut ? Rav Chemouel bar Ounia a dit au nom de Rav : douze mille hommes et six mille chofars, etc. Et cela concerne celui qui lisait et étudiait ; mais pour celui qui enseignait, il n'y a pas de mesure. Il en découle de soi-même que pour celui qui ne lisait ni n'étudiait, on n'interrompt que dans la mesure de ce qu'exige la sépulture. — Et on n'en fait pas un kappandaria. Qu'est-ce qu'un kappandaria ? Comme celui qui dit : plutôt que de contourner, je reviendrai et j'entrerai par ici. À ce sujet Rabbi Abahou a dit : s'il y avait là un sentier dès l'origine, c'est permis. Rabba bar Avouha a dit : celui qui entre dans la synagogue sans l'intention d'en faire un raccourci a le droit d'en faire un raccourci. Rabbi Helbo a dit au nom de Rav Houna : celui qui entre dans la synagogue pour prier a le devoir d'en faire un raccourci, ainsi qu'il est dit (Ye'hezkel 46,9) : et lorsque le peuple du pays viendra devant Hachem aux fêtes, celui qui entre par la porte du nord pour se prosterner sortira par la porte du sud, et celui qui entre par la porte du sud sortira par la porte du nord ; il ne reviendra pas par la porte par laquelle il est entré, mais sortira droit devant lui. — Des herbes y ont poussé, etc. On a enseigné : il ne les arrache pas pour les donner à manger, mais il les arrache et les laisse sur place. Nos maîtres ont enseigné : dans un cimetière, on ne se conduit pas avec légèreté ; on n'y fait pas paître le bétail, on n'y conduit pas de canal d'eau, on n'y ramasse pas d'herbes, en raison de l'honneur dû aux morts ; et si l'on en a ramassé, on les brûle sur place. Ce qui est enseigné, qu'on n'y fait pas paître le bétail, paraît viser même le sol nu, et c'est interdit en raison de l'honneur dû aux morts ; car s'il s'agissait des tombes elles-mêmes, une tombe maçonnée est interdite à tout profit. Quant aux arbres plantés dans un cimetière, il est permis d'en cueillir les fruits, et il n'y a là aucune crainte au titre de l'honneur des morts.
💡 Explication

La baraita pose une exception à la primauté de l'étude : deux mitsvot la suspendent, hotsaat ha-met (accompagner le mort à sa sépulture) et hakhnasat kalla (escorter la mariée). Rabbi Yehouda beribbi Ilai en donne l'exemple vécu.

La clause finale limite la portée de la règle par une notion de seuil : kol tsorko, tout ce qu'il faut. Tant que l'assistance présente ne suffit pas à rendre l'honneur dû, l'étude cède ; dès que ce seuil est atteint, l'étude reprend ses droits. Toute la suite de la guemara consiste à chiffrer ce seuil.

2
וְכַמָּה כָּל צָורְכּוֹ? אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר אִינְיָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: תְּרֵיסַר אַלְפֵי גַּבְרֵי, וְשִׁיתָּא אַלְפֵי שִׁיפּוּרֵי. וְאָמְרִי לָהּ: תְּרֵיסַר אַלְפֵי גַּבְרֵי, וּמִינַּייְהוּ שִׁיתָּא אַלְפֵי שִׁיפּוּרֵי. עֻולָּא אָמַר: כְּגוֹן דְּחָיְיצִי גַּבְרֵי מֵאֲבֻולָּא עַד סִיכְרָא.

Et combien vaut tout ce qu'il faut ? Rav Chemouel bar Inya a dit au nom de Rav : douze mille hommes et six mille chofars.

Certains rapportent ainsi : douze mille hommes, parmi lesquels six mille avec des chofars. Oulla a dit : par exemple lorsque les hommes forment une haie depuis la porte de la ville (aboula) jusqu'à Sikra.

📜 Rachi (1)
כְּגוֹן דְּחָייְצִי גַּבְרֵי מֵאֲבֻולָּא לְסִיכְרָא מְחִיצַּת אֲנָשִׁים מִשַּׁעַר הָעִיר עַד בֵּית הַקְּבָרוֹת מָקוֹם שֶׁסּוֹפְדִין אוֹתוֹ שָׁם:
Une haie d'hommes depuis la porte de la ville jusqu'au cimetière, à l'endroit où l'on prononce l'oraison funèbre.
💡 Explication

Deux façons de chiffrer le seuil. Rav donne un nombre absolu, et les deux versions de sa parole se séparent sur un point : les six mille porteurs de chofar s'ajoutent-ils aux douze mille ou sont-ils compris dedans ? La nafka mina porte sur dix-huit mille hommes contre douze mille.

Oulla mesure autrement : le critère devient la continuité du cortège, une haie ininterrompue entre la porte de la ville et le lieu de sépulture. Le chiffre requis dépend alors de la distance à parcourir.

3
רַב שֵׁשֶׁת אָמַר: כִּנְתִינָתָהּ כָּךְ נְטִילָתָהּ. מַה נְתִינָתָהּ בְּשִׁשִּׁים רִיבּוֹא, אַף נְטִילָתָהּ בְּשִׁשִּׁים רִיבּוֹא. הָנֵי מִילֵּי לְמַאן דְּקָרֵי וְתָנֵי, אֲבָל לְמַאן דְּמַתְנֵי — לֵית לֵיהּ שִׁיעוּרָא.

Rav Chechet a dit : comme elle a été donnée, ainsi elle est reprise. De même qu'elle fut donnée devant six cent mille, ainsi sa reprise se fait devant six cent mille.

Cela vaut pour celui qui lisait et étudiait ; mais pour celui qui enseignait, il n'y a pas de mesure.

📜 Rachi (1)
כִּנְתִינָתָהּ שֶׁל תּוֹרָה:
De la Torah.
🗂️ Tossefot (2)
הָנֵי מִילֵּי לְמַאן דְּקָרֵי וְתָנֵי אֲבָל לְמַאן דְּמַתְנֵי לֵית לֵיהּ שִׁיעוּרָא מִמֵּילָא שָׁמְעִינַן דִּלְמַאן דְּלָא קָרֵי וְתָנֵי אִית לֵיהּ שִׁיעוּרָא וְאֵין מְבַטְּלִין תַּלְמוּד תּוֹרָה בִּשְׁבִילוֹ אֶלָּא כְּדֵי צָורְכוֹ לְהִתְעַסֵּק בּוֹ וְדַוְקָא לְעִנְיַן בִּיטּוּל תּוֹרָה אֲבָל לְעִנְיַן בִּיטּוּל מְלָאכָה אָסוּר לְכָל בְּנֵי הָעִיר שֶׁהֲרֵי בְּפֶרֶק אֵלּוּ מְגַלְּחִין (מו"ק דַּף כז: וְשָׁם) לֹא מְחַלֵּק בְּעִנְיַן אִיסּוּר מְלָאכָה בֵּין מַאן דְּקָרֵי וְתָנֵי לְמָאֵן דְּלָא קָרֵי וְתָנֵי:
Il en découle de soi-même que pour celui qui ne lisait ni n'étudiait il existe une mesure, et qu'on n'interrompt pas l'étude de la Torah pour lui au-delà de ce qu'exige le soin à lui donner. Cela concerne précisément l'interruption de l'étude ; quant à l'interruption du travail, elle est interdite à tous les habitants de la ville, car au chapitre Elou meguilhin (Moed Katan 27b) on ne distingue pas, en matière d'interdit de travail, entre celui qui lisait et étudiait et celui qui ne lisait ni n'étudiait.
הָנֵי מִילֵּי לְמַאן דְּקָרֵי וְתָנֵי אֲבָל לְמַאן דְּמַתְנֵי לֵית לֵיהּ שִׁיעוּרָא. מִמֵּילָא שָׁמְעִינַן דִּלְמַאן דְּלָא קָרֵי וְתָנֵי אִית לֵיהּ שִׁיעוּרָא וְאֵין מְבַטְּלִין תַּלְמוּד תּוֹרָה בִּשְׁבִילוֹ אֶלָּא כְּדֵי צָורְכוֹ לְהִתְעַסֵּק בּוֹ וְדַוְקָא לְעִנְיַן בִּיטּוּל תּוֹרָה אֲבָל לְעִנְיַן בִּיטּוּל מְלָאכָה אָסוּר לְכָל בְּנֵי הָעִיר שֶׁהֲרֵי בְּפֶרֶק אֵלּוּ מְגַלְּחִין (מו"ק דַּף כז: וְשָׁם) לֹא מְחַלֵּק בְּעִנְיַן אִיסּוּר מְלָאכָה בֵּין מַאן דְּקָרֵי וְתָנֵי לְמָאֵן דְּלָא קָרֵי וְתָנֵי.:
Il en découle de soi-même que pour celui qui ne lisait ni n'étudiait il existe une mesure, et qu'on n'interrompt pas l'étude de la Torah pour lui au-delà de ce qu'exige le soin à lui donner. Cela concerne précisément l'interruption de l'étude ; quant à l'interruption du travail, elle est interdite à tous les habitants de la ville, car au chapitre Elou meguilhin (Moed Katan 27b) on ne distingue pas, en matière d'interdit de travail, entre celui qui lisait et étudiait et celui qui ne lisait ni n'étudiait.
💡 Explication

Rav Chechet fonde la mesure sur une symétrie : la mort d'un maître retire la Torah au monde comme le Sinaï la lui avait remise, et le même nombre de six cent mille est requis de part et d'autre.

La guemara établit alors trois rangs. Kari ve-tani, celui qui lisait le Tanakh et étudiait les michnayot pour lui-même, relève des mesures chiffrées. Matni, celui qui enseignait aux autres, échappe à toute mesure. Les Tossefot complètent le tableau par le bas et par le côté : celui qui n'étudiait pas ne justifie que l'interruption nécessaire à son enterrement, et l'interdit de travailler le jour d'un enterrement, lui, ne connaît aucune de ces distinctions.

4
תַּנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי אוֹמֵר: בּוֹא וּרְאֵה כַּמָּה חֲבִיבִין יִשְׂרָאֵל לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, שֶׁבְּכָל מָקוֹם שֶׁגָּלוּ — שְׁכִינָה עִמָּהֶן. גָּלוּ לְמִצְרַיִם — שְׁכִינָה עִמָּהֶן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַנִּגְלֹה נִגְלֵיתִי לְבֵית אָבִיךָ בִּהְיוֹתָם בְּמִצְרַיִם וְגוֹ׳״. גָּלוּ לְבָבֶל — שְׁכִינָה עִמָּהֶן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לְמַעַנְכֶם שִׁלַּחְתִּי בָּבֶלָה״. וְאַף כְּשֶׁהֵן עֲתִידִין לִיגָּאֵל — שְׁכִינָה עִמָּהֶן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְשָׁב ה׳ אֱ-לֹהֶיךָ אֶת שְׁבוּתְךָ״. ״וְהֵשִׁיב״ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״וְשָׁב״. מְלַמֵּד שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא שָׁב עִמָּהֶן מִבֵּין הַגָּלִיּוֹת.

Il a été enseigné : Rabbi Chimon ben Yohai dit : viens et vois combien Israël est cher devant le Saint béni soit-Il, car en tout lieu où ils furent exilés la Chekhina était avec eux. Ils furent exilés en Égypte — la Chekhina avec eux, ainsi qu'il est dit : Me suis-Je vraiment révélé à la maison de ton père lorsqu'ils étaient en Égypte, etc.

(I Chemouel 2,27). Ils furent exilés à Babel — la Chekhina avec eux, ainsi qu'il est dit : à cause de vous J'ai envoyé à Babel (Yechaya 43,14).

Et lorsqu'ils seront délivrés à l'avenir — la Chekhina avec eux, ainsi qu'il est dit : et Hachem ton D.ieu ramènera tes captifs (Devarim 30,3). Il n'est pas dit ve-hechiv mais ve-chav : cela enseigne que le Saint béni soit-Il revient avec eux d'entre les exils.

🪔 Ben Yehoyada (1)
רבי שמעון בן יוחאי אומר: בוא וראה, כמה חביבין ישראל לפני הקדוש ברוך הוא. יש להקשות אומרו בא וראה להיכן יבא? ונראה לי בס"ד כי בימיהם היה ניכר גילוי שכינה בחוץ לארץ בבתי כנסיות, וכדאמר שכינה בבבל היכא שריא? אמר אביי: בבי כנישתא דהוצל ובבי כנישתא דשף־ויתיב בנהרדעא, ולזה אמר בוא לבתי כנסיות שבחוץ לארץ, וראה בעיניך כמה חביבין ישראל כי תמצא שם השראת שכינה בגלותם בחוץ לארץ.
Rabbi Chimon ben Yohai dit : viens et vois combien Israël est cher devant le Saint béni soit-Il. Il y a lieu de demander : quand il dit viens et vois, où faut-il venir ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que de leur temps la révélation de la Chekhina était perceptible hors de la Terre d'Israël, dans les synagogues, comme il est dit plus loin : où réside la Chekhina à Babel ? Abaye répond : dans la synagogue de Houtsal et dans la synagogue de Chaf ve-Yativ à Nehardea. C'est pourquoi il dit : viens dans les synagogues de hors de la Terre, et vois de tes yeux combien Israël est cher, car tu y trouveras la résidence de la Chekhina dans leur exil, hors de la Terre.
💡 Explication

La guemara quitte la halakha pour une longue section d'aggada, amenée par la michna sur la sainteté de la synagogue en ruine. Rabbi Chimon ben Yohai établit sa thèse par trois versets qui balisent le même trajet : Égypte, Babel, délivrance à venir.

Le troisième verset porte tout le poids de la démonstration. Le texte emploie ve-chav, forme intransitive, là où l'on attendrait ve-hechiv, forme causative qui signifierait seulement qu'Il fait revenir Israël. Le choix du verbe indique que la Chekhina revient elle aussi d'exil.

5
בְּבָבֶל הֵיכָא? אָמַר אַבַּיֵּי: בְּבֵי כְּנִישְׁתָּא דְּהוּצָל, וּבְבֵי כְּנִישְׁתָּא ד״שף וְיָתֵיב״ בִּנְהַרְדְּעָא. וְלָא תֵּימָא הָכָא וְהָכָא, אֶלָּא זִמְנִין הָכָא וְזִמְנִין הָכָא. אָמַר אַבַּיֵּי: תֵּיתֵי לִי, דְּכִי מַרְחֵיקְנָא פַּרְסָה, עָייֵלְנָא וּמְצַלֵּינָא הָתָם. אַבֹּוהַּ דִּשְׁמוּאֵל [וְלֵוִי] הֲווֹ יָתְבִי בִּכְנִישְׁתָּא דְּשַׁף וִיתֵיב בִּנְהַרְדְּעָא. אֲתַאי שְׁכִינָה, שָׁמְעוּ קוֹל רִיגְשָׁא [קָמוּ וּנְפַקוּ.

Où, à Babel ? Abaye a dit : dans la synagogue de Houtsal et dans la synagogue de Chaf ve-Yativ à Nehardea.

Et ne dis pas ici et là, mais tantôt ici et tantôt là. Abaye a dit : que cela me soit compté, car lorsque je me trouve à une parsa de distance, j'y entre et j'y prie.

Le père de Chemouel et Levi étaient assis dans la synagogue de Chaf ve-Yativ à Nehardea. La Chekhina vint ; ils entendirent un bruit de tumulte, se levèrent et sortirent.

📜 Rachi (2)
דְּשָׁף וְיָתֵיב וּבְנָאָהּ יְכָנְיָה וְסִיעָתוֹ מֵאֲבָנִים וְעָפָר שֶׁהֵבִיאוּ עִמָּהֶן בְּגָלוּתָן לְקַיֵּים מַה שֶׁנֶּאֱמַר כִּי רָצוּ עֲבָדֶיךָ אֶת אֲבָנֶיהָ וְאֶת עֲפָרָהּ יְחֹונֵנוּ (תְּהִילִּים ק״ב:ט״ו):
Yekhonia et ceux qui l'accompagnaient la bâtirent avec les pierres et la terre qu'ils avaient emportées avec eux dans leur exil, pour accomplir ce qui est dit : car Tes serviteurs ont chéri ses pierres et pris en pitié sa poussière (Tehilim 102,15).
דְּכִי מְרַחַקְנָא פַּרְסָה אֲנִי נִכְנָס לְהִתְפַּלֵּל בְּתוֹכוֹ:
J'y entre pour prier.
💡 Explication

Le nom Chaf ve-Yativ signifie qu'elle s'est déplacée et s'est installée : selon Rachi, Yekhonia et les exilés l'ont bâtie avec des pierres et de la terre emportées de Jérusalem, de sorte que le lieu même est un fragment de la Terre transporté à Nehardea.

Abaye tire de cette présence une conduite pratique et la porte à son crédit : un détour d'une parsa pour prier dans l'une de ces deux synagogues. Le récit sur le père de Chemouel et Levi introduit la question que le segment suivant va trancher : que fait-on quand la Chekhina arrive et que l'on se trouve déjà sur place ?

6
רַב שֵׁשֶׁת הֲוָה יָתֵיב בְּבֵי כְּנִישְׁתָּא דְּשַׁף וִיתֵיב בִּנְהַרְדְּעָא, אֲתַאי שְׁכִינָה] וְלָא נְפַק. אֲתוֹ מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת וְקָא מְבַעֲתוּ לֵיהּ. אָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, עָלוּב וְשֶׁאֵינוֹ עָלוּב, מִי נִדְחֶה מִפְּנֵי מִי? אֲמַר לְהוּ: שֶׁבְּקוֹהוֹ.

Rav Chechet était assis dans la synagogue de Chaf ve-Yativ à Nehardea ; la Chekhina vint et il ne sortit pas. Les anges de service vinrent et l'effrayaient.

Il dit devant Lui : Maître du monde, l'affligé et celui qui n'est pas affligé, qui doit céder devant qui ? Il leur dit : laissez-le.

📜 Rachi (1)
רַב שֵׁשֶׁת סַגִּי נְהוֹר הֲוָה:
Il était aveugle.
🪔 Ben Yehoyada (1)
רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, עָלוּב וְשֶׁאֵינוֹ עָלוּב, יָכוֹל וְאֵינוֹ יָכוֹל. נִרְאֶה לִי בס"ד נָקֵיט עַל עַצְמוֹ שְׁתֵּי חֲלוּקוֹת אֵלּוּ כִּי הוּא הָיָה גִּלְגּוּל בָּבָא בֶּן בֻּוטָּא אֲשֶׁר נִיקֵּר הוֹרְדּוֹס אֶת עֵינָיו וְגַם עַתָּה בְּגִלְגּוּל זֶה נִסְתַּמֵּא בִּידֵי שָׁמַיִם לָכֵן 'שֵׁשֶׁת' בא"ת ב"ש הוּא 'בָּבָא' וְכַנִּזְכָּר בְּדִבְרֵי רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בְּשַׁעַר הַגִּלְגּוּלִים יְעֻויַּן שָׁם, וְלָכֵן כְּנֶגֶד מַה שֶׁקָּרָה לוֹ עַל יְדֵי הוֹרְדּוֹס נָקֵיט חֲלוּקָא דְּעָלוּב וּכְנֶגֶד מַה שֶׁקָּרָה לוֹ בִּידֵי שָׁמַיִם בְּגִלְגּוּל זֶה נָקֵיט חֲלֻוקָּה דְּאֵינוֹ יָכוֹל.
Maître du monde, l'affligé et celui qui n'est pas affligé, celui qui peut et celui qui ne peut pas. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il a pris sur lui ces deux distinctions parce qu'il était le guilgoul (la réincarnation) de Bava ben Bouta, à qui Hérode avait crevé les yeux, et que dans ce guilgoul-ci encore il fut rendu aveugle par le Ciel. Aussi le nom Chechet, par la permutation at-bach, donne-t-il Bava, comme cela est rapporté dans les paroles de notre maître le Ari, de mémoire bénie, dans le Chaar ha-Guilgoulim. Face à ce qui lui est arrivé par la main d'Hérode, il prend donc la distinction de l'affligé ; face à ce qui lui est arrivé par le Ciel dans ce guilgoul, il prend la distinction de celui qui ne peut pas.
💡 Explication

Rav Chechet était aveugle : sortir lui coûtait ce qu'il ne coûtait pas aux autres. Son argument est un raisonnement de priorité entre deux parties : quand l'une est empêchée et l'autre libre, la partie libre cède le passage. Il l'adresse directement au Maître du monde, par-dessus les anges.

La réponse, chevkouhou (laissez-le), valide le raisonnement. Le Ben Yehoyada relie les deux termes du couple, l'affligé et celui qui ne peut pas, à deux cécités successives selon la doctrine des guilgoulim.

7
״וָאֱהִי לָהֶם לְמִקְדָּשׁ מְעַט״, אָמַר רַבִּי יִצְחָק: אֵלּוּ בָּתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת שֶׁבְּבָבֶל. וְרַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר: זֶה בֵּית רַבֵּינוּ שֶׁבְּבָבֶל.

Et Je fus pour eux un sanctuaire en réduction (Ye'hezkel 11,16) : Rabbi Yitshak a dit : ce sont les synagogues et les maisons d'étude de Babel. Et Rabbi Elazar a dit : c'est la maison de notre maître à Babel.

📜 Rachi (1)
בֵּית רַבֵּינוּ רַב:
Rav.
💡 Explication

Le verset d'Yehezkel donne un statut au lieu de prière de l'exil : mikdach méat, un sanctuaire en réduction. Rabbi Yitshak l'applique à l'ensemble des synagogues et des maisons d'étude de Babel.

Rabbi Elazar restreint à un seul lieu, la maison de Rav, dont Rachi précise l'identité. Ce qui fait la sainteté du lieu devient alors l'enseignement qui en sort.

8
דָּרַשׁ רָבָא, מַאי דִכְתִיב: ״ה׳ מָעוֹן אַתָּה הָיִיתָ לָּנוּ״, אֵלּוּ בָּתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת. אָמַר אַבַּיֵּי: מֵרֵישׁ הֲוַאי גָּרֵיסְנָא בְּבֵיתָא וּמְצַלֵּינָא בְּבֵי כְנִישְׁתָּא, כֵּיוָן דִּשְׁמַעִית לְהָא דְּקָאָמַר דָּוִד: ״ה׳ אָהַבְתִּי מְעוֹן בֵּיתֶךָ״, הֲוַאי גָּרֵיסְנָא בְּבֵי כְנִישְׁתָּא.

Rava a exposé : que signifie ce qui est écrit, Hachem, Tu as été pour nous une demeure (Tehilim 90,1) ? Ce sont les synagogues et les maisons d'étude.

Abaye a dit : au début j'étudiais chez moi et je priais à la synagogue ; depuis que j'ai entendu ce que dit David, Hachem, j'aime la demeure de Ta maison (Tehilim 26,8), j'étudie à la synagogue.

🪔 Ben Yehoyada (1)
מַאי דִכְתִיב (תְּהִלִּים צ, א) : "ה', מָעוֹן אַתָּה הָיִיתָ לָּנוּ", אֵלּוּ בָּתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת. נִרְאֶה לִי קְרָאָם 'מֵעָוֹן' מִפְּנֵי שֶׁשָּׁם מִתְגַּלֶּה נֹועַם ה' שֶׁהוּא אוֹר הַשְּׁכִינָה, דִּכְתִיב (תְּהִלִּים כז, ד) 'לַחֲזוֹת בְּנֹעַם ה' וּלְבַקֵּר בְּהֵיכָלוֹ', וּלְכָךְ נִקְרָאִים מֵעָוֹן אוֹתִיּוֹת נֹועַם. וְנִרְאֶה לִי אוֹת נוּ"ן דְּמָעוֹן הוּא מִסְפַּר ת"ש, וְעִם אוֹתִיּוֹת 'מָעוֹ' דְּמָעוֹן נַעֲשֶׂה צֵירוּף 'תִּשְׁמְעוּ' וְיֵשׁ בָּזֶה שְׁתֵּי מַשְׁמָעוּת, הָאַחַת לְשׁוֹן קִיבּוּץ וַאֲסִיפָה כְּמוֹ (שְׁמוּאֵל א' טו, ד) 'וַיִּשְׁמַע שָׁאוּל אֶת הָעָם' וְאַחַת כִּפְשׁוּטוֹ שֶׁהוּא עִנְיַן שְׁמִיעָה שֶׁמִּתְאַסְּפִים שָׁם לִשְׁמֹועַ בְּחוּקֵּי אֱלֹקִים וְתוֹרוֹתָיו.
Que signifie ce qui est écrit (Tehilim 90,1) : Hachem, Tu as été pour nous une demeure (maon) ? Ce sont les synagogues et les maisons d'étude. Il me semble qu'il les a appelées maon parce que s'y révèle le noam de Hachem, qui est la lumière de la Chekhina, ainsi qu'il est écrit (Tehilim 27,4) : contempler le noam de Hachem et fréquenter Son sanctuaire ; c'est pourquoi elles sont appelées maon, qui porte les mêmes lettres que noam. Il me semble encore que la lettre noun de maon vaut sept cents, et qu'avec les lettres mem-ayin-vav de maon se forme le mot tichmeou. Il y a là deux sens : l'un est un terme de rassemblement, comme dans (I Chemouel 15,4) et Chaoul rassembla le peuple ; l'autre est le sens simple de l'écoute, car on s'y rassemble pour entendre les lois de D.ieu et Ses enseignements.
💡 Explication

Rava lit maon, demeure, comme désignant les synagogues et les maisons d'étude : le lieu où l'on s'adresse à Hachem devient Sa demeure dans ce monde.

Abaye en tire une conséquence sur l'emploi de son temps. Il priait déjà à la synagogue ; le verset de Tehilim 26,8 le conduit à y transporter aussi son étude. La section entière prépare ainsi la thèse du segment suivant sur le sort futur de ces lieux.

9
תַּנְיָא, רַבִּי אֶלְעָזָר הַקַּפָּר אוֹמֵר: עֲתִידִין בָּתֵּי כְּנֵסִיּוֹת וּבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת שֶׁבְּבָבֶל שֶׁיִּקָּבְעוּ בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי כְּתָבוֹר בֶּהָרִים וּכְכַרְמֶל בַּיָּם יָבֹא״, וַהֲלֹא דְּבָרִים קַל וָחֹומֶר: וּמַה תָּבוֹר וְכַרְמֶל שֶׁלֹּא בָּאוּ אֶלָּא לְפִי שָׁעָה לִלְמוֹד תּוֹרָה, נִקְבָּעִים בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, בָּתֵּי כְּנֵסִיּוֹת וּבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת שֶׁקּוֹרִין וּמַרְבִּיצִין בָּהֶן תּוֹרָה — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.

Il a été enseigné : Rabbi Elazar ha-Kappar dit : les synagogues et les maisons d'étude de Babel sont appelées à s'établir en Terre d'Israël, ainsi qu'il est dit : car comme le Tavor parmi les montagnes et comme le Carmel au bord de la mer, il viendra (Yirmiya 46,18). Et voici un raisonnement à fortiori (kal va-homer) : si le Tavor et le Carmel, qui ne vinrent que pour un instant apprendre la Torah, s'établissent en Terre d'Israël, les synagogues et les maisons d'étude où l'on lit et où l'on répand la Torah, a plus forte raison.

📜 Rachi (1)
וּכְכַרְמֶל בַּיָּם יָבֹא לָמַדְנוּ שֶׁעָבַר כַּרְמֶל אֶת הַיָּם וְאֵימָתַי הָיָה בִּשְׁעַת מַתַּן תּוֹרָה:
Nous apprenons que le Carmel a traversé la mer. Et quand cela ? À l'heure du don de la Torah.
🪔 Ben Yehoyada (1)
עֲתִידִין בָּתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת שֶׁבַּחוּץ לָאָרֶץ, שֶׁיִּקְבְּעוּ בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל. אֵין הַכַּוָּנָה שֶׁתֵּעָקֵר גּוּף הַקַּרְקַע שֶׁלָּהֶם וְתִהְיֶה בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, וְכֵן ב'תָּבוֹר וְכַרְמֶל' לֹא נֶעֱקַר הַקַּרְקַע שֶׁלָּהֶם אֶלָּא הַכַּוָּנָה הוּא כְּמוֹ שֶׁיֵּשׁ לְגוּף הָאָדָם צֵל רוּחָנִי שֶׁמַּקִּיפוֹ שֶׁהַגּוּף מוֹשֵׁךְ חַיּוּת מִמֶּנּוּ, כֵּן יֵשׁ צֵל שֶׁהוּא אֲוִיר זַךְ וְרוּחָנִי חוֹפֵף עַל הָאָרֶץ כֻּולָּהּ וּמֵאִיר לָהּ וְאֵין הַצֵּל שֶׁל כָּל הָאֲרָצוֹת שָׁוֶה בִּזְכוּתוֹ וּמַעֲלָתוֹ וְיֵשׁ בָּזֶה כַּמָּה מַדְרֵגוֹת בִּצְלָלִים הַחוֹנִים עַל אֲרָצוֹת חוּץ לָאָרֶץ, וּבְוַדַּאי צֵל אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל הוּא מְעֻולֶּה וְזַךְ בְּיוֹתֵר לְפִי עֶרְכָּהּ שֶׁל אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל. וְלָכֵן אָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (חֻולִּין צא:) עַל פָּסוּק (בְּרֵאשִׁית כח, יג) 'הָאָרֶץ אֲשֶׁר אַתָּה שֹׁכֵב עָלֶיהָ לְךָ אֶתְּנֶנָּה וּלְזַרְעֲךָ' שֶׁקִּיפֵּל הקב"ה אֶת כָּל אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל וְהִנִּיחָהּ תַּחְתָּיו שֶׁל יַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה וְשָׁכַב עָלֶיהָ, וְקָשֶׁה לְפִי פְּשׁוּטוֹ אִם כֵּן בְּנֵי אָדָם שֶׁהָיוּ יוֹשְׁבִים בָּהּ לְהֵיכָן הָלְכוּ וְיָשְׁבוּ? וְכֵן הִבָּעֲלִי חַיִּים וְהַבִּנְייָנִים וְהַמִּטַּלְטְלִים הֵיכָן הָיוּ? אַךְ הַכַּוָּנָה הוּא עַל הַצֵּל שֶׁהוּא הָאֲוִיר הָרוּחָנִי הַחוֹפֵף עָלֶיהָ שֶׁהוּא לָהּ כְּמוֹ הַנְּשָׁמָה הַנּוֹתֶנֶת חַיּוּת לַגּוּף. וְכַיּוֹצֵא בָּזֶה כָּתַב הַשְּׁלָ"ה זַ"ל בְּפָרָשַׁת וַיְחִי, בְּכָל מָקוֹם שֶׁשָּׁם עוֹמְדִין יַחַד כָּל זֶרַע יִשְׂרָאֵל שָׁם נִמְצָא אֲוִיר אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, וְשָׁם מֻותָּר לְהַקְרִיב לָהּ' וּכְמוֹ שֶׁעָשׂוּ יִשְׂרָאֵל בְּמִדְבָּר אַרְבָּעִים שָׁנָה, וְלָכֵן אָמַר יַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה (בְּרֵאשִׁית מז, ל) 'וְשָׁכַבְתִּי עִם אֲבֹתָי' אַף עַל פִּי שֶׁנִּפְטַר בְּחוּץ לָאָרֶץ יְעֻויַּן שָׁם. וּבָזֶה פֵּירַשְׁתִּי רָמַז הַכָּתוּב (דְּבָרִים א, ח) 'רְאֵה נָתַתִּי לִפְנֵיכֶם אֶת הָאָרֶץ בֹּאוּ וּרְשׁוּ אֶת הָאָרֶץ' דְּקָשֶׁה וַהֲלֹא עוֹדָם בַּמִּדְבָּר וְהֵיכָן נָתַן לָהֶם אֶת הָאָרֶץ? אַךְ הַכַּוָּנָה עַל אֲוִיר אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל כֻּולָּהּ שֶׁהָיָה חוֹנֶה אַתֶּם בַּמִּדְבָּר, וְזֶהוּ רָאוּ רְאִיָּה רוּחָנִית. וּבָזֶה פֵּרַשְׁתִּי (בַּמִּדְבָּר יג, ל) 'עָלֹה נַעֲלֶה וְיָרַשְׁנוּ אֹתָהּ כִּי יָכוֹל נוּכַל לָה' וְלָכֵן אָמְרוּ (בַּמִּדְבָּר יד, ט) 'סָר צֶלֶם מֵעֲלֵיהֶם' הוּא הָאֲוִיר הַנִּזְכָּר, וְזֶה סִימָן מֻובְהָק כִּי ה' אִתָּנוּ לְמָסְרָם בְּיָדֵינוּ וְלָכֵן אַל תִּירְאַם כִּי יָכוֹל נוּכַל לָהֶם בְּוַדַּאי כִּי כְּבָר כָּבַשְׁנוּ אֶת הָאָרֶץ בְּעוֹדֶנּוּ בַּמִּדְבָּר מֵחֲמַת הַצֵּל הַנִּזְכָּר. וְעַל כֵּן מַה שֶׁאָמַר כָּאן עֲתִידִין בָּתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת שֶׁבַּחוּץ לָאָרֶץ שֶׁיִּקְבְּעוּ בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, לָאו עַל גּוּף הַקַּרְקַע קָאָמַר שֶׁתֵּעָקֵר אֶלָּא עַל הָאֲוִיר שֶׁהוּא הַצֵּל הַפָּרוּס וְחוֹנָה בְּבָתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת וְכֵן הָעִנְיָן ב'תָּבוֹר וְכַרְמֶל' שֶׁבָּא הַצֵּל שֶׁלָּהֶם וְלֹא גּוּף הֶהָרִים.
Les synagogues et les maisons d'étude de hors de la Terre d'Israël sont appelées à s'établir en Terre d'Israël. L'intention porte non sur le sol lui-même qui serait arraché pour se retrouver en Terre d'Israël — de même pour le Tavor et le Carmel, dont le sol ne fut pas arraché — mais sur ceci : de même que le corps de l'homme possède une ombre spirituelle qui l'entoure et dont le corps tire sa vitalité, ainsi existe-t-il une ombre, un air pur et spirituel, qui plane sur toute la terre et l'éclaire ; et l'ombre des diverses contrées n'est pas égale en pureté et en élévation, car il y a plusieurs degrés parmi les ombres qui reposent sur les pays de hors de la Terre. L'ombre de la Terre d'Israël est assurément la plus élevée et la plus pure, à la mesure de la Terre d'Israël. C'est pourquoi nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit (Houlin 91b) sur le verset (Berechit 28,13) la terre sur laquelle tu es couché, Je te la donnerai à toi et à ta descendance, que le Saint béni soit-Il a plié toute la Terre d'Israël et l'a placée sous Yaakov notre père, la paix soit sur lui, qui s'est couché dessus. Selon le sens littéral cela fait difficulté : où seraient allés s'asseoir les gens qui l'habitaient ? et les animaux, les bâtiments et les objets, où se trouvaient-ils ? L'intention porte plutôt sur l'ombre, c'est-à-dire l'air spirituel qui plane sur elle et qui est pour elle comme la nechama qui donne vie au corps. Le Chla, de mémoire bénie, a écrit quelque chose de semblable dans la paracha Vayehi : en tout lieu où se tient ensemble toute la descendance d'Israël se trouve l'air de la Terre d'Israël, et il y est permis d'offrir à Hachem, comme le firent les enfants d'Israël au désert durant quarante ans ; c'est pourquoi Yaakov notre père, la paix soit sur lui, a dit (Berechit 47,30) et je me coucherai avec mes pères, bien qu'il soit décédé hors de la Terre. J'ai expliqué par là l'allusion du verset (Devarim 1,8) vois, J'ai mis devant vous la terre, venez et prenez possession de la terre : la difficulté est qu'ils se trouvaient encore au désert, et où donc leur avait-Il donne la terre ? L'intention porte sur l'air de toute la Terre d'Israël qui reposait avec eux au désert, et c'est le sens de vois : une vision spirituelle. J'ai expliqué de même (Bamidbar 13,30) montons, montons et prenons-en possession, car nous en sommes bien capables ; et c'est pourquoi il est dit (Bamidbar 14,9) leur ombre s'est retirée d'eux, ce qui vise l'air mentionné, signe manifeste que Hachem est avec nous pour les livrer entre nos mains ; aussi ne les craignez pas, car nous en viendrons à bout à coup sur, puisque nous avons déjà conquis la terre alors que nous étions encore au désert, du fait de cette ombre. Ainsi, ce qui est dit ici, que les synagogues et les maisons d'étude de hors de la Terre s'établiront en Terre d'Israël, porte non sur le sol lui-même qui serait arraché, mais sur l'air, qui est l'ombre étendue et reposant sur les synagogues et les maisons d'étude ; il en va de même pour le Tavor et le Carmel, dont l'ombre est venue, et non le corps des montagnes.
💡 Explication

Le kal va-homer suppose une tradition que Rachi rappelle : au don de la Torah, le Tavor et le Carmel se déplacèrent jusqu'au Sinaï pour réclamer que la Torah fût donnée sur eux. Leur récompense fut de s'établir en Terre d'Israël.

Le raisonnement compare alors deux termes : un déplacement d'un instant pour apprendre, et des lieux où l'on lit et enseigne la Torah en permanence. Le Ben Yehoyada précise le mode de ce transport futur en distinguant le sol de l'air spirituel qui repose sur lui.

10
דָּרַשׁ בַּר קַפָּרָא, מַאי דִכְתִיב: ״לָמָּה תְּרַצְּדוּן הָרִים גַּבְנֻונִּים״, יָצְתָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה לָהֶם: לָמָּה תִּרְצוּ דִּין עִם סִינַי? כֻּולְּכֶם בַּעֲלֵי מוּמִים אַתֶּם אֵצֶל סִינַי. כְּתִיב הָכָא: ״גַּבְנוּנִים״, וּכְתִיב הָתָם: ״אוֹ גִבֵּן אוֹ דַק״. אָמַר רַב אַשִּׁי: שְׁמַע מִינַּהּ הַאי מַאן דִּיהִיר — בַּעַל מוּם הוּא.

Bar Kappara a exposé : que signifie ce qui est écrit, pourquoi guettez-vous, montagnes aux cimes (gavnounim) (Tehilim 68,17) ? Une voix céleste sortit et leur dit : pourquoi voulez-vous un procès avec le Sinaï ?

Vous êtes toutes porteuses de défauts à côté du Sinaï. Il est écrit ici gavnounim, et il est écrit là-bas : ou bossu (guiben) ou chétif (Vayikra 21,20).

Rav Achi a dit : on apprend de là que l'homme arrogant est porteur d'un défaut.

🪔 Ben Yehoyada (1)
כֻּלְּכֶם בַּעֲלֵי מוּמִין אַתֶּם אֵצֶל סִינַי. נִרְאֶה לִי בס"ד לְכָךְ קְרָאָם (תְּהִלִּים סח, יז) 'הָרִים גַּבְנֻנִּים' כִּי גַּב רוֹצֶה לוֹמַר אָחוֹר, דְּהַר סִינַי נֶחְשָׁב צַד הַפָּנִים וְהֵם נֶחְשָׁבִין גַּב שֶׁהוּא צַד הָאָחוֹר, וְהִנֵּה אוֹתִיּוֹת הָאָחוֹר שֶׁל אוֹתִיּוֹת 'סִינַי' שֶׁהֵם הַגַּב שֶׁלָּהֶם הֵם ט"ן מ"ט. פֵּירוּשׁ טַן כְּלוֹמַר גּוּף כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ 'טָב לְמֵיתַב טַן דּוּ' וּמָט הוּא כְּמוֹ (יְשַׁעְיָה נד, י) 'וְהַגְּבָעוֹת תִּמֹּוטְנָה' וּקְרָאתֶם גַּב לְהַר סִינַי, כְּלוֹמַר הֵם גּוּף מט וְנִשְׁפַּל לְגַבֵּי סִינַי.
Vous êtes toutes porteuses de défauts à côté du Sinaï. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il les a appelées (Tehilim 68,17) montagnes gavnounim parce que gav veut dire l'arrière : le mont Sinaï est compté du côté de la face, et elles sont comptées comme le gav, le côté de l'arrière. Or les lettres d'arrière des lettres du mot Sinaï, celles qui en sont le dos, donnent tan et mat. Explication : tan veut dire le corps, comme dans la formule tav le-mitav tan dou ; et mat est du même ordre que (Yechaya 54,10) et les collines chancelleront. Tu les as appelées le gav du mont Sinaï, c'est-à-dire qu'elles sont un corps qui chancelle et s'abaisse à côté du Sinaï.
💡 Explication

Bar Kappara lit teratzdoun comme deux mots, tirtzou din, vous voulez un procès : les montagnes plaidaient contre le Sinaï. La réponse passe par une guezera chava sur le mot gavnounim, rapproché de guiben, le bossu, l'un des défauts qui écartent un cohen du service.

Rav Achi tire de l'image une règle générale sur le caractère : la prétention des montagnes est nommée défaut, et l'arrogance reçoit ce statut. La sougya revient ainsi à la mesure des hommes après avoir parlé des lieux.

11
אֵין עוֹשִׂין אוֹתוֹ קַפֶּנְדַּרְיָא מַאי ״קַפַּנְדַּרְיָא״? אָמַר רָבָא: קַפַּנְדַּרְיָא כִּשְׁמָהּ. מַאי כִּשְׁמָהּ? כְּמַאן דְּאָמַר: אַדְּמַקֵּיפְנָא אַדָּרֵי, אִיעוֹל בְּהָא.

On n'en fait pas un kappandaria. Qu'est-ce qu'un kappandaria ?

Rava a dit : kappandaria, selon son nom. Que signifie selon son nom ?

Comme celui qui dit : plutôt que de contourner les rangées de maisons, j'entrerai par ici.

📜 Rachi (2)
כִּשְׁמָהּ כְּמַשְׁמָעָהּ:
Selon son sens propre.
אַדְּמַקֵּיפְנָא אַדָּרֵי אֵיעוּל בְּהָא בְּעוֹד שֶׁאַקִּיף שׁוּרוֹת שֶׁל בָּתִּים הַלָּלוּ אֶכָּנֵס דֶּרֶךְ הַבַּיִת הַזֶּה וַאֲקַצֵּר אֶת הַדֶּרֶךְ מִמָּבוֹי לַמָּבוֹי וּבֵית הַכְּנֶסֶת בֵּין שְׁנֵיהֶן:
Plutôt que de contourner ces rangées de maisons, j'entrerai par cette maison et je raccourcirai le chemin d'une ruelle à l'autre, la synagogue se trouvant entre les deux.
💡 Explication

La guemara revient à la michna du chapitre précédent, qui interdit de traiter une synagogue en ruine comme un kappandaria. Rava explique le mot par sa formation même : il entend dans kappandaria la contraction de admakifna addari, plutôt que de contourner les rangées.

Rachi dessine la situation concrète : deux ruelles parallèles, la synagogue entre les deux, et un passant qui gagne du chemin en traversant au lieu de faire le tour.

12
אָמַר רַבִּי אָבָהוּ: אִם הָיָה שְׁבִיל מֵעִיקָּרָא — מֻותָּר.

Rabbi Abahou a dit : s'il y avait là un sentier dès l'origine, c'est permis.

📜 Rachi (1)
מֵעִיקָּרָא קֹודֶם שֶׁנִּבְנָה בֵּית הַכְּנֶסֶת שָׁם:
Avant que la synagogue ne soit bâtie à cet endroit.
13
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: הַנִּכְנָס עַל מְנָת שֶׁלֹּא לַעֲשׂוֹת קַפֶּנְדַּרְיָא — מֻותָּר לַעֲשׂוֹתוֹ קַפַּנְדַּרְיָא. וְאָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ אָמַר רַב הוּנָא: הַנִּכְנָס לְבֵית הַכְּנֶסֶת לְהִתְפַּלֵּל — מֻותָּר לַעֲשׂוֹתוֹ קַפַּנְדַּרְיָא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְבֹא עַם הָאָרֶץ לִפְנֵי ה׳ בַּמּוֹעֲדִים הַבָּא דֶּרֶךְ שַׁעַר צָפוֹן לְהִשְׁתַּחֲוֹות יֵצֵא דֶּרֶךְ שַׁעַר נֶגֶב״.

Rav Nahman bar Yitshak a dit : celui qui y entre sans l'intention d'en faire un raccourci a le droit d'en faire un raccourci. Et Rabbi Helbo a dit au nom de Rav Houna : celui qui entre dans la synagogue pour prier a le droit d'en faire un raccourci, ainsi qu'il est dit : et lorsque le peuple du pays viendra devant Hachem aux fêtes, celui qui entre par la porte du nord pour se prosterner sortira par la porte du sud (Ye'hezkel 46,9).

💡 Explication

Trois atténuations se succèdent. Un sentier public antérieur garde son droit de passage, car la sainteté de la synagogue ne le supprime pas. Celui qui entre sans intention de traverser peut ensuite sortir par l'autre porte, l'interdit portant sur l'usage du lieu comme passage. Celui qui est entré pour prier le peut également.

Le verset d'Yehezkel fournit plus qu'une permission : au Temple, sortir par une autre porte que celle de l'entrée constituait la conduite prescrite, et le Roch formule d'ailleurs ce dernier cas comme une mitsva.

🖼️ Schéma
Traverser une synagogue : quand est-ce permis ?Interdit de principe : kappandariaR. AbahouUn sentier publicexistait avant laconstructionPermisle droit du public demeureR. Nahman bar YitshakIl est entré sansintention de traverserPermis de sortirpar l'autre porteR. Helbo au nom de Rav HounaIl est entré pour prierPermis, et le Rochy voit une mitsvaYe'hezkel 46,9 : entrer au nord,sortir au sud
Ce qui est visé est l'usage du lieu comme voie de passage ; dès que l'entrée a un autre motif, la traversée cesse d'être un mépris.
14
עָלוּ בּוֹ עֲשָׂבִים — לֹא יִתְלֹושׁ, מִפְּנֵי עָגְמַת נֶפֶשׁ. וְהָתַנְיָא: אֵינוֹ תּוֹלֵשׁ וּמַאֲכִיל, אֲבָל תּוֹלֵשׁ וּמַנִּיחַ! כִּי תְּנַן נָמֵי מַתְנִיתִין — תּוֹלֵשׁ וּמַאֲכִיל תְּנַן.

Des herbes y ont poussé : il ne les arrache pas, en raison de l'affliction (agmat nefech). Mais n'a-t-on pas enseigné : il ne les arrache pas pour les donner à manger, mais il les arrache et les laisse sur place !

Ce que nous avons appris dans notre michna vise également le fait de les arracher pour les donner à manger.

💡 Explication

La michna interdit d'arracher les herbes qui poussent dans la synagogue en ruine, au motif d'agmat nefech : la vue de la désolation doit affliger et pousser à la reconstruction. La baraita, elle, permet d'arracher à condition de laisser sur place.

La guemara résout en restreignant la michna : son interdit porte sur le fait d'arracher pour nourrir une bête, c'est-à-dire de tirer profit du lieu. Arracher et abandonner sur place reste permis dans les deux sources.

🖼️ Schéma
Les herbes de la ruine : lever la contradictionMichnalo yitlochil ne les arrache pasBaraitatolech ou-maniahil arrache et laisseLa michna vise le cas tolech ou-maakhilInterdit : arracher pour nourrir une bête, donc tirer profit du lieu.Permis : arracher et abandonner sur place, sans en rien retirer.
Les deux sources se rejoignent dès que l'interdit porte sur le profit et non sur le geste.
15
תָּנוּ רַבָּנַן: בֵּית הַקְּבָרוֹת, אֵין נוֹהֲגִין בָּהֶן קַלּוּת רֹאשׁ. אֵין מַרְעִין בָּהֶן בְּהֵמָה, וְאֵין מוֹלִיכִין בָּהֶן אַמַּת הַמַּיִם, וְאֵין מְלַקְּטִין בָּהֶן עֲשָׂבִים. וְאִם לִיקֵּט — שׂוֹרְפָן בִּמְקוֹמָן, מִפְּנֵי כְּבוֹד מֵתִים.

Nos maîtres ont enseigné : dans un cimetière, on ne se conduit pas avec légèreté ; on n'y fait pas paître le bétail, on n'y conduit pas de canal d'eau, on n'y ramasse pas d'herbes. Et si l'on en a ramassé, on les brûle sur place, en raison de l'honneur dû aux morts.

🗂️ Tossefot (1)
אֵין מַרְעִין בָּהֶן בְּהֵמוֹת מִשּׁוּם כְּבוֹדָן שֶׁל מֵתִים אֲבָל הָאִילָנוֹת שֶׁנּוֹטְעִין בָּהֶן מֻותָּרִין וְאֵין בָּהֶם מִשּׁוּם כְּבוֹדָן שֶׁל מֵתִים אַחֲרֵי שֶׁאֵינָן עַל הַקְּבָרִים עַצְמָן:
En raison de l'honneur dû aux morts. Quant aux arbres que l'on y plante, ils sont permis, et l'honneur des morts n'est pas en cause à leur sujet, puisqu'ils ne se trouvent pas sur les tombes elles-mêmes.
💡 Explication

La baraita étend au cimetière la règle de kalout roch déjà posée pour la synagogue, et en donne quatre applications. Le motif commun est kevod ha-met, l'honneur dû au mort, qui interdit de tirer du lieu un usage ordinaire.

Les Tossefot bornent la portée de la règle : les arbres plantés dans un cimetière, qui ne se trouvent pas sur les tombes elles-mêmes, restent permis à la cueillette. Le Roch, lui, ajoute le cas de la tombe maçonnée, interdite à tout profit pour une autre raison.

16
אַהֵיָיא? אִילֵּימָא אַסֵּיפָא — כֵּיוָן שֶׁשּׂוֹרְפָן בִּמְקוֹמָן מַאי כְּבוֹד מֵתִים אִיכָּא? אֶלָּא אַרֵישָׁא.

À quoi cela se rapporte-t-il ? Si l'on dit à la clause finale — puisqu'on les brûle sur place, quel honneur des morts y a-t-il là ?

Il faut donc dire : à la clause initiale.

📜 Rachi (1)
אַרֵישָׁא מִשּׁוּם כְּבוֹדָן שֶׁל מֵתִים אַאֵין נוֹהֲגִין בָּהֶן קַלּוּת רֹאשׁ קָאֵי:
En raison de l'honneur dû aux morts se rapporte à : on ne s'y conduit pas avec légèreté.
💡 Explication

La guemara cherche à quelle clause de la baraita se rattache le motif final. L'attribuer à la combustion des herbes ne tient pas : un feu allumé sur place, sans public, ne rend aucun honneur visible.

Le motif se rattache donc à l'ouverture, l'interdit de légèreté. La combustion, elle, s'explique autrement : elle prive du profit celui qui a ramassé.

17
מַתְנִי׳ רֹאשׁ חֹדֶשׁ אֲדָר שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, קוֹרִין בְּפָרָשַׁת שְׁקָלִים. חָל לִהְיוֹת בְּתוֹךְ הַשַּׁבָּת — מַקְדִּימִין לְשֶׁעָבַר, וּמַפְסִיקִין לְשַׁבָּת אַחֶרֶת.

MICHNA. Roch hodech Adar qui tombe un chabbat : on lit la parachat Chekalim.

S'il tombe au milieu de la semaine, on avance la lecture au chabbat précédent, et l'on interrompt le chabbat suivant.

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' קוֹרִין בְּפָרָשַׁת שְׁקָלִים לְהוֹדִיעַ שֶׁיָּבִיאוּ שִׁקְלֵיהֶן בַּאֲדָר כְּדֵי שֶׁיַּקְרִיבוּ בְּאֶחָד בְּנִיסָן מִתְּרוּמָה חֲדָשָׁה כִּדְאָמְרִינַן בַּגְּמָרָא:
Pour faire savoir qu'il faut apporter les chekalim durant Adar, afin que l'on offre le premier nissan à partir de la nouvelle terouma, comme il est dit dans la guemara.
וּמַפְסִיקִין לַשַּׁבָּת הַבָּאָה מִלּוֹמַר פָּרָשָׁה שְׁנִייָּה כְּדֵי שֶׁתִּקְרָא פָּרָשַׁת זָכוֹר בְּשַׁבָּת הַסְּמוּכָה לְפוּרִים לִסְמֹוךְ מְחִייַּת עֲמָלֵק לִמְחִיַּית הַמָּן:
De lire la deuxième section, afin que parachat Zakhor soit lue le chabbat qui précède immédiatement Pourim, pour joindre l'effacement d'Amalek à l'effacement de Haman.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' רֹאשׁ חֹדֶשׁ אֲדָר שֶׁחָל לִהְיוֹת בַּשַּׁבָּת קוֹרִין בְּפָרָשַׁת שְׁקָלִים חָל לִהְיוֹת בְּתוֹךְ הַשַּׁבָּת מַקְדִּימִין לְשֶׁעָבַר וּמַפְסִיקִין בַּשַּׁבָּת הַבָּאָה בַּשְּׁנִיָּה זָכוֹר בַּשְּׁלִישִׁית פָּרָה אֲדֻומָּה בָּרְבִיעִית הַחֹדֶשׁ הַזֶּה בַּחֲמִישִׁית חוֹזְרִין לִכְסִדְרָן לְכָל מַפְסִיקִין לר"ח לַחֲנֻוכָּה וּפוּרִים לְתַעֲנִיּוֹת וּלְמַעֲמָדוֹת וליה"כ פֵּירוּשׁ בְּמִנְחָה קוֹרִין פָּרָשַׁת עֲרָיוֹת דֻּומְיָא דְּאִינָךְ שֶׁקּוֹרִין בָּהֶן שְׁלֹשָׁה:
Michna. Roch hodech Adar qui tombe un chabbat : on lit la parachat Chekalim. S'il tombe au milieu de la semaine, on avance la lecture au chabbat précédent et l'on interrompt le chabbat suivant. Au deuxième, Zakhor. Au troisième, para adouma. Au quatrième, ha-hodech ha-ze lakhem. Au cinquième, on revient à l'ordre habituel. Pour tout on interrompt : pour roch hodech, pour 'Hanouka et Pourim, pour les jeûnes et les maamadot, et pour Yom Kippour. Explication : à minha, on lit la section des arayot, à l'image des autres cas où l'on appelle trois personnes.
💡 Explication

Le chapitre Bnei ha-ir s'ouvre sur le calendrier des quatre parachiyot. La première, Chekalim, se lit le chabbat de roch hodech Adar ; quand le roch hodech tombe en semaine, on l'avance au chabbat qui précède.

L'interruption prévue le chabbat suivant sert un objectif que Rachi explicite : caler Zakhor sur le chabbat qui précède immédiatement Pourim, pour joindre l'ordre d'effacer Amalek au récit de la chute de Haman.

18
בַּשְּׁנִיָּה ״זָכוּר״. בַּשְּׁלִישִׁית פָּרָה אֲדֻומָּה. בָּרְבִיעִית ״הַחֹודֶשׁ הַזֶּה לָכֶם״. בַּחֲמִישִׁית חוֹזְרִין לִכְסִדְרָן.

Au deuxième, Zakhor. Au troisième, para adouma.

Au quatrième, ha-hodech ha-ze lakhem. Au cinquième, on revient à l'ordre habituel.

📜 Rachi (2)
פָּרָה אֲדֻומָּה לְהַזְהִיר אֶת יִשְׂרָאֵל לְטַהֵר שֶׁיַּעֲשׂוּ פִּסְחֵיהֶן בְּטָהֳרָה:
Pour avertir Israël de se purifier, afin d'accomplir le korban Pessa'h en état de pureté.
בָּרְבִיעִית הַחֹודֶשׁ הַזֶּה לָכֶם שֶׁשָּׁם פָּרָשַׁת הַפֶּסַח וּבְשַׁ"ס יְרוּשַׁלְמִי גָּרְסִינַן אָמַר ר' חֲמָא בְּדִין הוּא שֶׁיִּקְדֹּום הַחֹודֶשׁ לְפָרָשַׁת פָּרָה שֶׁהֲרֵי בְּאֶחָד בְּנִיסָן הוּקַם הַמִּשְׁכָּן וְשֵׁנִי לוֹ נִשְׂרְפָה הַפָּרָה וּמִפְּנֵי מָה הִקְדִּימוּהָ שֶׁהִיא טָהֳרָתָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל:
Car c'est là que se trouve la section de Pessa'h. Et dans le Talmud de Jérusalem nous lisons : Rabbi Hama a dit : en bonne logique, ha-hodech devrait précéder la parachat para, puisque le premier nissan le michkan fut érigé et que le lendemain la vache fut brûlée. Pourquoi l'a-t-on avancée ? Parce qu'elle est la purification d'Israël.
💡 Explication

Les trois parachiyot restantes préparent chacune une échéance : Zakhor prépare Pourim, para prépare la purification requise pour le korban Pessa'h, ha-hodech annonce le mois de nissan et les lois du Pessa'h.

Rachi rapporte du Yerouchalmi la question de l'ordre : les événements plaident pour ha-hodech avant para, puisque le michkan fut érigé le premier nissan et la vache brûlée le lendemain. L'ordre retenu suit le besoin pratique, la purification devant précéder l'offrande.

🖼️ Schéma
Les quatre parachiyot et ce qu'elles préparentChekalimroch hodech AdarZakhoravant PourimParaaprès PourimHa-hodechavant roch hodech nissanAnnonce la collectedu demi-chekelEffacement d'Amalekjoint à celui de HamanPurification avantle korban Pessa'hLois du moiset du korban Pessa'hLa question du Yerouchalmi rapportée par RachiLe michkan fut érigé le 1 nissan, la vache brûlée le lendemain :ha-hodech devrait donc précéder para. On avance para : elle purifie Israël.
Chaque section est placée là où elle sert : l'ordre des lectures suit le calendrier des obligations, pas la chronologie des faits.
19
לְכָל מַפְסִיקִין: בְּרָאשֵׁי חֳדָשִׁים, בַּחֲנֻוכָּה וּבְפוּרִים, בְּתַעֲנִיּוֹת וּבְמַעֲמָדוֹת, וּבְיוֹם הַכִּפּוּרִים.

Pour tout on interrompt : pour les roch hodech, pour 'Hanouka et Pourim, pour les jeûnes et les maamadot, et pour Yom Kippour.

📜 Rachi (2)
לְכָל מַפְסִיקִין מִלִּקְרוֹת בְּעִנְיַן הַיּוֹם וְקוֹרִין בְּעִנְיַן מוֹעֵד מֵעֵין הַמְאֹורָע:
De lire la section du jour ; on lit la section de la fête, en rapport avec l'événement.
לְמַעֲמָדוֹת וְקוֹרִין בְּמַעֲשֵׂה בְּרֵאשִׁית כִּדְקָתָנֵי לְקַמָּן בְּמַתְנִיתִין:
On lit le récit de la Création, comme il est enseigné plus loin dans la michna.
🗂️ Tossefot (1)
לְכָל מַפְסִיקִין וְכוּ' וּלְיוֹם הַכִּפּוּרִים צָרִיךְ לוֹמַר דְּמַייְרֵי בְּמִנְחַת יוֹם הַכִּפּוּרִים שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת וְאַהָא קָאָמַר שֶׁמַּפְסִיקִין מִן הַסֵּדֶר שֶׁחָל בְּאוֹתוֹ שַׁבָּת וְקוֹרִין בְּפָרָשַׁת עֲרָיוֹת וְכֵן בְּכָל הָנֵי שֶׁאֵין קוֹרִין אֶלָּא ג' כְּגוֹן תַּעֲנִיּוֹת וּמַעֲמָדוֹת וַחֲנֻוכָּה וּפוּרִים דְּלֵיכָּא לְמֵימַר דְּמַיְירֵי בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים שַׁחֲרִית שֶׁקּוֹרִין בְּפָרָשַׁת אַחֲרֵי מוֹת בְּחוֹל שִׁשָּׁה וּבְשַׁבָּת שִׁבְעָה דְּא"כ אַמַּאי נְקַט יוֹם הַכִּפּוּרִים אֲפִילּוּ שְׁאָר מוֹעֲדוֹת נָמֵי:
Il faut dire que cela vise minha de Yom Kippour tombant un chabbat ; c'est à ce propos qu'il est dit que l'on interrompt l'ordre échu ce chabbat-là et que l'on lit la section des arayot. Il en va de même pour tous ces cas où l'on n'appelle que trois personnes, comme les jeûnes, les maamadot, 'Hanouka et Pourim. On ne peut pas dire qu'il s'agit du matin de Yom Kippour, où l'on lit la parachat Aharei Mot, six personnes en semaine et sept un chabbat, car alors pourquoi la michna aurait-elle mentionné Yom Kippour ? Les autres fêtes seraient dans le même cas.
💡 Explication

La michna énumère les jours pour lesquels la lecture du jour remplace la section de l'ordre habituel. Rachi précise que pour les maamadot, ces délégations qui accompagnaient les offrandes publiques, on lisait le récit de la Création.

Les Tossefot fixent le sens de la mention de Yom Kippour. Le matin de Kippour, la lecture d'Aharei Mot compte six ou sept appelés et n'a rien de particulier ici ; la michna vise donc minha, où l'on lit la section des arayot avec trois appelés, comme dans tous les autres cas de la liste.

20
גְּמ׳ תְּנַן הָתָם: בְּאֶחָד בַּאֲדָר מַשְׁמִיעִין עַל הַשְּׁקָלִים,

GUEMARA. Nous avons appris là-bas (Chekalim 1,1) : le premier Adar, on annonce les chekalim,

📜 Rachi (1)
גְּמ' מַשְׁמִיעִין עַל הַשְּׁקָלִים בְּהַכְרָזַת בֵּית דִּין:
Par une proclamation du beit din.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).