Megillah 29b — Quelle est la parachat chekalim ? Rav contre Chmouel, et la répartition des lectures quand deux jours se rencontrent

Megillah 29b

Sougya : L'amud achève d'expliquer la michna des quatre parachiot. Il justifie d'abord la date du premier Adar : Rabbi Tavi tire du verset zot olat hodech be-hodcho que les sacrifices publics de Nissan doivent venir d'un prélèvement nouveau, d'où l'annonce faite un mois plus tôt, et les tables des changeurs dressées le quinze.

Vient ensuite la mahloket centrale du daf : pour Rav, la parachat chekalim est tsav et korbani lahmi, la section des sacrifices ; pour Chmouel, c'est ki tissa, la section du demi-chekel. La Guemara éprouve les deux positions par quatre épreuves successives : le nom de la paracha, la mention des sacrifices, la différence d'avec un roch hodech ordinaire, et la haftara de Yehoyada le cohen ; une baraita tranche finalement comme Chmouel.

La fin du daf passe à la logistique des lectures : Rabbi Yits'hak Nappaha sur les trois rouleaux de Torah a roch hodech Adar et à roch hodech Tevet, puis la mahloket sur roch hodech Tevet tombant en semaine, où s'opposent le principe du tadir et celui qui demande ce qui a fait venir le quatrième montant.

Pourquoi annoncer les chekalim dès le premier Adar Bamidbar 28,14 : zot olat hodech be-hodcho le-hodchei ha-chana. Rachi : pourquoi tous ces mots hodech ? Rabbi Tavi y lit un ordre. Hadech ve-have korban mi-terouma hadacha : dès Nissan, les temidim et les moussafim viennent de la collecte neuve. 1 Adar Lecture de la parachat chekalim : on annonce. 15 Adar Les tables des changeurs sont dressées dans le pays. 25 Adar Tables au Temple ; on prend des gages sur les retardataires. Objection : Rabban Chimon ben Gamliel se contente de deux semaines de préparation. Réponse : deux semaines avant les tables du quinze Adar, cela fait bien le premier Adar. La michna peut donc suivre aussi Rabban Chimon ben Gamliel.
Du verset de Bamidbar à la date du premier Adar, et la place des tables des changeurs.
Mai parachat chekalim ? Les quatre épreuves de la mahloket Rav : tsav et korbani lahmi Bamidbar 28 : les sacrifices publics Chmouel : ki tissa Chemot 30 : le demi-chekel L'épreuve posée 1. Le nom : pourquoi l'appeler chekalim ? Difficulté : rien sur les chekalim. Réponse : la raison de la collecte est Rabbi Tavi. Les chekalim y sont écrits. 2. Les sacrifices y sont-ils écrits ? Ils y sont, et c'est leur propos même. Difficulté : chekalim des adanim. Rav Yossef : trois teroumot y sont dites. 3. En quoi ce roch hodech diffère-t-il ? Difficulté : c'est la même paracha. Réponse : la répartition des montants change. Une autre section est lue. 4. La haftara de Yehoyada le cohen Elle ressemble tout de même, selon Rabbi Tavi. Kessef nefachot erko : la ressemblance est directe. 5. Se rencontre-t-elle à cette saison ? Difficulté : Pinhas se lit vers le mois d'Av. Réponse : en Erets Israël, cycle de trois ans. Ki tissa se lit bien vers Adar. Tania kevatei de-Chmouel : une baraita enseigne comme Chmouel. Roch hodech Adar en Chabbat : on lit ki tissa, haftara Yehoyada le cohen.
Rav et Chmouel éprouvés tour à tour, jusqu'à la baraita qui tranche comme Chmouel.
Quand deux jours se rencontrent : combien de rouleaux, et qui lit quoi Roch hodech Adar en Chabbat Rabbi Yits'hak Nappaha : trois rouleaux. 1. le sujet du jour, la paracha de la semaine 2. la section de roch hodech 3. ki tissa, la parachat chekalim Selon Rav, deux rouleaux auraient suffi. Roch hodech Tevet en Chabbat Rabbi Yits'hak Nappaha : trois rouleaux. 1. le sujet du jour 2. la section de roch hodech 3. la section de 'Hanouka Le Roch ajoute : le maftir lit dans 'Hanouka. Roch hodech Tevet en semaine : quatre montants, deux ordres possibles Rabbi Yits'hak : 3 roch hodech + 1 'Hanouka Rabbi Mani : tadir ve-cheeno tadir, le fréquent passe en premier. Rav Dimi : 3 'Hanouka + 1 roch hodech Rabbi Avin : roch hodech a fait venir le quatrième, à lui donc le quatrième. Halakha : en machguihin be-'Hanouka, on ne regarde pas à 'Hanouka ; roch hodech est le principal. Trois montants pour lui, le quatrième pour 'Hanouka.
Les trois rouleaux de Torah, et la répartition des montants quand roch hodech Tevet tombe en semaine.
1
וְעַל הַכִּלְאַיִם.

Et au sujet des kilayim, les mélanges interdits dans les champs.

📜 Rachi (1)
וְעַל הַכִּלְאַיִם לַעֲקֹור כִּלְאֵי הַזְּרָעִים הַנִּיכָּרִין בֵּין הַתְּבוּאָה:
Pour arracher les kilei zeraïm, les semences mélangées, qui se distinguent au milieu des blés.
🗂️ Tossefot (1)
עַל הַכִּלְאַיִם דִּזְמַן זְרִיעָה הִיא לָאו דַּוְקָא זְמַן זְרִיעָה שֶׁהֲרֵי לָא הָוֵי הַזְּמַן שֶׁמְּפָרֵשׁ בְּהַמְקַבֵּל (בּ"מ דַּף קו:) אֶלָּא רוֹצֶה לוֹמַר סוֹף זְרִיעָה וּכְבָר גָּדְלוּ הַתְּבוּאוֹת וְהַזְּרָעִים וְאָז הַכִּלְאַיִם נִיכָּרִין אֲבָל קֹודֶם לָכֵן אֵינָן נִיכָּרִין:
Au sujet des kilayim, car c'est le temps des semailles — il ne faut pas entendre exactement le temps des semailles, puisque ce n'est pas le temps que la Guemara précise au chapitre Ha-mekabel (Baba Metsia 106b). Il veut dire la fin des semailles : les blés et les semences ont déjà poussé, et alors les kilayim se distinguent, tandis qu'auparavant ils ne se distinguent pas.
💡 Explication

Fin de la liste de la michna : le premier Adar, le beit din fait proclamer l'obligation du demi-chekel et celle d'arracher les kilayim, les semences mélangées. Rachi précise que la proclamation ne vise que ce qui est nikar, visible dans le champ.

Tossefot corrige l'expression de la Guemara : Adar n'est pas la période où l'on sème, mais celle où les semailles s'achèvent et où les pousses ont assez grandi pour que le mélange se voie.

2
בִּשְׁלָמָא עַל הַכִּלְאַיִם — דִּזְמַן זְרִיעָה הִיא, אֶלָּא עַל הַשְּׁקָלִים מְנָלַן?

Soit pour les kilayim : c'est le temps des semailles. Mais pour les chekalim, d'où le tenons-nous ?

💡 Explication

La Guemara accepte la date pour les kilayim, que la saison justifie d'elle-même, et demande une source pour l'autre annonce : pourquoi le demi-chekel doit-il être proclamé précisément au premier Adar.

3
אָמַר רַבִּי טָבִי אָמַר רַבִּי יֹאשִׁיָּה, דְּאָמַר קְרָא: ״זֹאת עֹולַת חֹודֶשׁ בְּחָדְשׁוֹ״, אָמְרָה תּוֹרָה: חַדֵּשׁ וְהָבֵא קָרְבָּן מִתְּרוּמָה חֲדָשָׁה.

Rabbi Tavi a dit au nom de Rabbi Yochiya : car le verset dit, zot olat hodech be-hodcho, voici l'holocauste de chaque mois en son renouvellement (Bamidbar 28,14). La Torah a dit : renouvelle, et apporte le sacrifice d'un prélèvement nouveau.

📜 Rachi (2)
חֹודֶשׁ בְּחָדְשׁוֹ לְחָדְשֵׁי הַשָּׁנָה כָּל הָנֵי חֲדָשִׁים לָמָּה לִי:
À quoi bon tous ces termes de mois ?
אֶלָּא אָמְרָה תּוֹרָה יֵשׁ לְךָ חֹודֶשׁ שֶׁאַתָּה צָרִיךְ לְחַדְּשׁוֹ בַּהֲבָאַת עוֹלוֹת תְּמִידִין וּמוּסָפִין מִתְּרוּמָה חֲדָשָׁה וְזֶהוּ נִיסָן כִּדְאָמְרִינַן בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה דְּגָמְרִינַן שָׁנָה שָׁנָה מִנִּיסָן דִּכְתִיב רִאשׁוֹן הוּא לָכֶם לְחָדְשֵׁי הַשָּׁנָה (שְׁמוֹת י״ב:ב׳):
Il y a pour toi un mois où tu dois renouveler, en apportant les holocaustes des temidim et des moussafim d'un prélèvement nouveau ; c'est Nissan, comme nous le disons dans Roch Hachana, où nous l'apprenons par la gezera chava chana-chana que l'année part de Nissan, puisqu'il est écrit : richon hou lakhem le-hodchei ha-chana, il est pour vous le premier des mois de l'année (Chemot 12,2).
💡 Explication

Rabbi Tavi lit dans la répétition du mot hodech un ordre de renouvellement : il existe un mois à partir duquel les sacrifices publics doivent être financés par la collecte de l'année nouvelle, la terouma hadacha.

Ce mois est Nissan, puisque l'année des sacrifices commence la. Rachi renvoie à la gezera chava du mot chana qui l'établit dans Roch Hachana.

4
וְכֵיוָן דִּבְנִיסָן בָּעֵי אַקְרוֹבֵי מִתְּרוּמָה חֲדָשָׁה, קָדְמִינַן וְקָרֵינַן בְּאֶחָד בַּאֲדָר, כִּי הֵיכִי דְּלַיְתוֹ שְׁקָלִים לַמִּקְדָּשׁ.

Et puisque c'est à Nissan qu'il faut offrir d'un prélèvement nouveau, nous prenons les devants et nous lisons au premier Adar, afin que l'on apporte les chekalim au Temple.

💡 Explication

La conclusion pratique : l'échéance est fixée à Nissan, donc l'annonce doit précéder d'assez pour que la collecte parvienne au Temple à temps. D'où le premier Adar, un mois plein avant.

5
כְּמַאן — דְּלָא כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל. דְּאִי רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, הָאָמַר שְׁתֵּי שַׁבָּתוֹת, דְּתַנְיָא: שׁוֹאֲלִין בְּהִלְכוֹת הַפֶּסַח קֹודֶם לְפֶסַח שְׁלֹשִׁים יוֹם. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: שְׁתֵּי שַׁבָּתוֹת.

Selon qui la michna est-elle enseignée ? À l'encontre de Rabban Chimon ben Gamliel.

Car s'il s'agissait de Rabban Chimon ben Gamliel, n'a-t-il pas dit : deux semaines ? Ainsi qu'il est enseigné : on s'enquiert des halakhot de Pessa'h trente jours avant Pessa'h ; Rabban Chimon ben Gamliel dit : deux semaines.

📜 Rachi (1)
כְּמַאן מַקְדְּמִינַן כֻּולֵּי הַאי דְּלָא כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל:
Selon qui prenons-nous les devants de si loin ? À l'encontre de Rabban Chimon ben Gamliel.
💡 Explication

La Guemara mesure le délai d'un mois à l'aune d'un débat connu sur la durée de préparation d'une fête. Les Sages demandent trente jours, Rabban Chimon ben Gamliel se contente de deux semaines.

Si la michna donnait un mois entier avant Nissan, elle suivrait donc les Sages seuls.

6
אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, כֵּיוָן דְּאָמַר מַר: בַּחֲמִשָּׁה עָשָׂר בּוֹ שֻׁולְחָנוֹת יוֹשְׁבִין בַּמְּדִינָה וּבְעֶשְׂרִים וַחֲמִשָּׁה יוֹשְׁבִין בַּמִּקְדָּשׁ — מִשּׁוּם שֻׁולְחָנוֹת קָדְמִינַן וְקָרֵינַן.

Tu peux même dire Rabban Chimon ben Gamliel : puisque le Maître a dit, le quinze de ce mois les tables des changeurs sont dressées dans le pays et le vingt-cinq elles sont dressées au Temple, c'est à cause des tables que nous prenons les devants et que nous lisons.

📜 Rachi (3)
בט"ו בַּאֲדָר שֻׁולְחָנוֹת בַּעֲלֵי מַטְבְּעוֹת הַמְחַלְּפִין שִׁקְלֵי כֶּסֶף בִּפְרוּטוֹת:
Le quinze Adar, les tables — les maîtres de la monnaie, qui échangent les chekalim d'argent contre des peroutot.
יוֹשְׁבִין בַּמִּקְדָּשׁ הוּא סִימָן שֶׁכְּבָר קָרַב זְמַן לִתְרֹום אֶת הַלִּשְׁכָּה בְּשָׁלֹשׁ קֻופּוֹת וִימַהֲרוּ וְיָבִיאוּ דְּמֵאוֹתוֹ הַיּוֹם מַתְחִילִין לַמִּשְׁכָּן אֶת הַמְעַכְּבִים:
Elles sont dressées au Temple — c'est le signe que le temps approche de prélever la chambre avec les trois paniers ; que l'on se hâte donc d'apporter, car à partir de ce jour on commence à prendre des gages sur ceux qui retardent.
מִשּׁוּם שֻׁולְחָנוֹת קָדְמִינַן לְאֶחָד בַּאֲדָר דְּהַייְנוּ שְׁתֵּי שַׁבָּתוֹת וְטַעֲמָא דְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל וְרַבָּנַן בפ"ק דִּפְסָחִים (דַּף ו.):
À cause des tables nous prenons les devants — jusqu'au premier Adar, ce qui fait bien deux semaines. La raison de Rabban Chimon ben Gamliel et celle des Sages se trouvent au premier chapitre de Pessahim (6a).
💡 Explication

La réponse déplace l'échéance. Le terme à préparer n'est pas Nissan mais le quinze Adar, jour où les choulhanot, les tables des changeurs, s'installent dans les villes. Du premier au quinze Adar, il y a exactement deux semaines : le compte de Rabban Chimon ben Gamliel est satisfait.

Rachi explique le rôle des changeurs : on apporte des piécettes et l'on obtient la monnaie exacte du demi-chekel. Le vingt-cinq, l'installation au Temple annonce le prélèvement des trois paniers et la saisie de gages sur les retardataires.

7
מַאי פָּרָשַׁת שְׁקָלִים? רַב אָמַר: ״צַו אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְאָמַרְתָּ אֲלֵיהֶם אֶת קָרְבָּנִי לַחְמִי״. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: ״כִּי תִשָּׂא״.

Quelle est la parachat chekalim ? Rav dit : tsav et bnei Israël ve-amarta alehem et korbani lahmi, ordonne aux enfants d'Israël et dis-leur : Mon offrande, Mon pain (Bamidbar 28,2).

Et Chmouel dit : ki tissa, quand tu relèveras la tête des enfants d'Israël (Chemot 30,11).

⚖️ Rosh (1)
גְּמ' מַאי פָּרָשַׁת שְׁקָלִים רַב אָמַר צַו אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְאָמַרְתָּ אֲלֵיהֶם אֶת קָרְבָּנִי לַחְמִי לְאִשַּׁי וּשְׁמוּאֵל אָמַר כִּי תִשָּׂא תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל רֹאשׁ חֹודֶשׁ אֲדָר שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת קוֹרִין כִּי תִשָּׂא וּמַפְטִירִין בִּיהוֹיָדָע הַכֹּהֵן אָמַר ר' יִצְחָק נַפָּחָא ר"ח אֲדָר שֶׁחָל לִהְיוֹת בַּשַּׁבָּת מוֹצִיאִין שְׁלשָׁה סִפְרֵי תּוֹרוֹת וְקוֹרִין בָּהֶן אֶחָד מֵעִנְיָנוֹ שֶׁל יוֹם וְאֶחָד בר"ח וְאֶחָד בְּכִי תִשָּׂא וְאָמַר ר' יִצְחָק נַפָּחָא רֹאשׁ חֹודֶשׁ טֵבֵת שֶׁחָל לִהְיוֹת בַּשַּׁבָּת מוֹצִיאִין ג' תּוֹרוֹת וְקוֹרִין בָּהֶן אֶחָד מֵעִנְיָנוֹ שֶׁל יוֹם וְאֶחָד בְּשֶׁל ר"ח וְאֶחָד בְּשֶׁל חֲנֻוכָּה וּמַפְטִיר בְּשֶׁל חֲנֻוכָּה בְּמַאי דְּסָלֵיק מִינֵּיהּ ור"ח טֵבֵת שֶׁחָל לִהְיוֹת בַּחֹול קָרוּ בר"ח תְּלָתָא וְחַד קָרֵי בַּחֲנֻוכָּה וְכֵן הֲלָכָה ר"ח אֲדָר שֶׁחָל לִהְיוֹת בִּוְאַתָּה תְּצַוֶּה אַבַּיֵּי אָמַר קָרוּ שִׁיתָּא מִן וְאַתָּה תְּצַוֶּה עַד וְעָשִׂיתָ כִּיּוֹר נְחֹושֶׁת וְחַד חוֹזֵר מִן כִּי תִּשָּׂא עַד וְעָשִׂיתָ כִּיּוֹר נְחֹושֶׁת וקי"ל כְּוָותֵיהּ חָל לִהְיוֹת ר"ח אֲדָר בְּכִי תִשָּׂא עַצְמָהּ אָמַר אָבִיו קוֹרִין שִׁיתָּא מִן כִּי תִשָּׂא עַד וַיַּקְהֵל מֹשֶׁה וְחַד חוֹזֵר וְקוֹרֵא מִן כִּי תִּשָּׂא עַד וְעָשִׂיתָ כִּיּוֹר נְחֹושֶׁת תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּאַבָּיֵי חָל לִהְיוֹת בְּכִי תִשָּׂא עַצְמָהּ קוֹרִין אוֹתָהּ וְכוֹפְלִין אוֹתָהּ: אִתְּמַר ר"ח אֲדָר שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּע"ש רַב אָמַר מַקְדִּימִין וְקוֹרִין בְּשַׁבָּת שֶׁעָבְרָה וּשְׁמוּאֵל אָמַר מְאַחֲרִין וְקוֹרִין לְמָחָר וקי"ל כְּרַב " בַּשְּׁנִיָּה זָכוּר. אִתְּמַר פּוּרִים שֶׁחָל לִהְיוֹת עֶרֶב שַׁבָּת רַב אָמַר מַקְדִּימִין וּשְׁמוּאֵל אָמַר מְאַחֲרִין וְהִלְכְתָא כְּרַב וַאֲפִילּוּ בְּנֵי חֲמִשָּׁה עָשָׂר שֶׁחָל פּוּרִים שֶׁלָּהֶם בְּשַׁבָּת מַקְדִּימִין וְקוֹרִין בְּשַׁבָּת שֶׁעָבְרָה: בַּשְּׁלִישִׁית פָּרָה אֲדֻומָּה. ת"ר ר"ח אֲדָר שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת קוֹרִין בְּכִי תִּשָּׂא וּמַפְטִיר בִּיהוֹיָדָע הַכֹּהֵן וְאֵיזֶהוּ שַׁבָּת רִאשׁוֹנָה כֹּל שֶׁחָל ר"ח אֲדָר לִהְיוֹת בְּתוֹכָהּ וְאַפֵּי' בְּעֶרֶב שַׁבָּת. בַּשְּׁנִיָּה זָכוּר וּמַפְטִירִין כֹּה אָמַר ה' פָּקַדְתִּי וְאֵיזוֹ הִיא שַׁבָּת שְׁנִיָּה כֹּל שֶׁחָל פּוּרִים לִהְיוֹת בְּתוֹכָהּ וְאַפֵּי' בע"ש. בַּשְּׁלִישִׁית פָּרָה אֲדֻומָּה וּמַפְטִירִין וְזָרַקְתִּי עֲלֵיכֶם מַיִם טְהוֹרִים וְאֵיזוֹ הִיא שַׁבָּת שְׁלִישִׁית כֹּל שֶׁסְּמוּכָה לְפוּרִים מֵאַחֲרֶיהָ מַשְׁכַּחַת לָהּ בְּחָל ר"ח נִיסָן בְּאֶמְצַע הַשַּׁבָּת אֲבָל אִם חָל ר"ח נִיסָן לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת הָוְיָא לֵיהּ שְׁלִישִׁית הַסְּמוּכָה לְנִיסָן וְאִם חָל לִהְיוֹת ר"ח נִיסָן בְּאֶחָד בְּשַׁבָּת הָוְיָא לֵיהּ שְׁלִישִׁית הַסְּמוּכָה לְפוּרִים שֶׁל מֻוקָּפִין מֵאַחֲרֶיהָ: בָּרְבִיעִית הַחֹדֶשׁ הַזֶּה לָכֶם וּמַפְטִירִין כֹּה אָמַר ה' צְבָאוֹת בָּרִאשׁוֹן בְּאֶחָד לְחַדֵּשׁ אֵיזוֹ הִיא שַׁבָּת רְבִיעִית כֹּל שֶׁחָל ר"ח נִיסָן לִהְיוֹת בְּתוֹכָהּ וַאֲפִילּוּ בע"ש בַּחֲמִישִׁית חוֹזְרִין לִכְסִדְרָן. לְסֵדֶר מַאי רַבִּי אַמֵּי אוֹמֵר לְסַדֵּר פָּרָשִׁיּוֹת ר' יִרְמְיָה אוֹמֵר לְסַדֵּר הַפְטָרוֹת וקי"ל כְּרַבִּי יִרְמְיָה: יְרוּשַׁלְמִי (ה"ו) רָבָא בְּשֵׁם ר' חַייָּא בַּר אַשִּׁי אָמַר אֵין מַפְסִיקִין בֵּין פּוּרִים לְפָרָה רַבִּי לֵוִי אוֹמֵר אֵין מַפְסִיקִין בֵּין פָּרָה לְהַחֹדֶשׁ הַזֶּה וְסִימָן כָּל פָּרָשִׁיּוֹת הַלָּלוּ בֵּין הַכּוֹסוֹת הַלָּלוּ אִם רָצָה לִשְׁתּוֹת יִשְׁתֶּה בֵּין שְׁלִישִׁי לִרְבִיעִי לֹא יִשְׁתֶּה וּבְדִין הוּא שֶׁיַּקְדִּים הַחֹדֶשׁ לְפָרָה שֶׁבְּאֶחָד בְּנִיסָן הוּקַם הַמִּשְׁכָּן בִּשְׁנֵי יָמִים בְּנִיסָן נִשְׂרְפָה הַפָּרָה וְלָמָּה הִקְדִּימוּהָ לְפִי שֶׁהָיְתָה טָהֳרָתָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל נְקוֹט הַאי סִימָנָא בִּידָךְ כַּד מִיקְלַע אֲדָר הַסָּמוּךְ לְנִיסָן בְּשַׁבָּת אוֹ בְּשֵׁנִי בְּשַׁבָּת אוֹ בָּרְבִיעִי בְּשַׁבָּת אוֹ בַּשִּׁשִּׁי בְּשַׁבָּת צְרִיכִין לְאַפְסוֹקֵי פָּרָשִׁיּוֹת וְסִימָן יָמִים דְּמִיקְלַע בְּהוּ ר"ח אֲדָר זבד"ו וְהַדִּין פֵּירוּשָׁא דְּמִלְּתָא כִּדְמִיקְלַע בְּיוֹם הַשַּׁבָּת מַפְסִיקִין בַּחֲמֵיסַר בַּאֲדָר וְסִימָן זט"ו וְכַד מִיקְלַע בִּתְרֵין בְּשַׁבְּתָא מַפְסִיקִין בְּשִׁיתָא בַּאֲדָר וְסִימָן ב"ו וְכַד מִיקְלַע בְּאַרְבַּע בְּשַׁבְּתָא מַפְסִיקִין בְּאַרְבָּעָה בַּאֲדָר וְסִי' ד"ד וְכִדְמִיקְלַע בְּמַעֲלֵי דְּשַׁבְּתָא מַפְסִיקִין בִּתְרֵין בַּאֲדָר וּבְשִׁשָּׁה עָשָׂר בַּאֲדָר וְסִימָנָיךְ ובי"ו:
Guemara. Quelle est la parachat chekalim ? Rav dit : tsav et bnei Israël ve-amarta aléhem et korbani lahmi le-ichaï, ordonne aux enfants d'Israël et dis-leur : Mon offrande, Mon pain pour Mes feux. Et Chmouel dit : ki tissa. Il est enseigné conformément à Chmouel : roch hodech Adar qui tombe un Chabbat, on lit ki tissa et l'on prend pour haftara Yehoyada le cohen. Rabbi Yits'hak Nappaha a dit : roch hodech Adar qui tombe un Chabbat, on sort trois rouleaux de Torah et l'on y lit, l'un dans le sujet du jour, l'un dans celle de roch hodech, et l'un dans ki tissa. Et Rabbi Yits'hak Nappaha a dit : roch hodech Tevet qui tombe un Chabbat, on sort trois rouleaux de Torah et l'on y lit, l'un dans le sujet du jour, l'un dans celle de roch hodech, et l'un dans celle de 'Hanouka ; et le maftir lit dans celle de 'Hanouka, puisque c'est par elle que l'on a achevé. Et roch hodech Tevet qui tombe en semaine, trois lisent dans celle de roch hodech et un lit dans celle de 'Hanouka ; telle est la halakha. Roch hodech Adar qui tombe dans ve-ata tetsavé : Abbaye dit, six lisent depuis ve-ata tetsavé jusqu'à ve-assita kiyor nehochet, et un revient et lit depuis ki tissa jusqu'à ve-assita kiyor nehochet ; et nous tenons comme lui. Si roch hodech Adar tombe dans ki tissa elle-même, Abbaye dit : on lit à six depuis ki tissa jusqu'à va-yakhel Moche, et un revient et lit depuis ki tissa jusqu'à ve-assita kiyor nehochet. Il est enseigné conformément à Abbaye : s'il tombe dans ki tissa elle-même, on la lit et on la redouble. Il a été dit : roch hodech Adar qui tombe un vendredi, Rav dit, on avance et l'on lit le Chabbat précédent ; et Chmouel dit, on retarde et l'on lit le lendemain ; et nous tenons comme Rav. À la deuxième, Zakhor. Il a été dit : Pourim qui tombe un vendredi, Rav dit, on avance ; et Chmouel dit, on retarde ; et la halakha suit Rav. Et même pour les habitants des villes du quinze, dont le Pourim tombe un Chabbat, on avance et l'on lit le Chabbat précédent. À la troisième, la vache rousse. Nos maîtres ont enseigné : roch hodech Adar qui tombe un Chabbat, on lit dans ki tissa et le maftir dans Yehoyada le cohen. Et quel est le premier Chabbat ? Tout Chabbat dans la semaine duquel tombe roch hodech Adar, même un vendredi. À la deuxième, Zakhor, et l'on prend pour haftara ko amar Hachem pakadeti, ainsi a dit Hachem : Je me suis souvenu. Et quel est le deuxième Chabbat ? Tout Chabbat dans la semaine duquel tombe Pourim, même un vendredi. À la troisième, la vache rousse, et l'on prend pour haftara ve-zarakti alékhem mayim tehorim, Je répandrai sur vous des eaux pures. Et quel est le troisième Chabbat ? Celui qui est voisin de Pourim, après lui. Tu trouves ce cas lorsque roch hodech Nissan tombe au milieu de la semaine ; mais si roch hodech Nissan tombe un Chabbat, le troisième est celui qui est voisin de Nissan ; et si roch hodech Nissan tombe un dimanche, le troisième est celui qui suit le Pourim des villes entourées de murailles. À la quatrième, ha-hodech ha-ze lakhem, et l'on prend pour haftara ko amar Hachem Tsevakot, ba-richon be-ehad la-hodech. Quel est le quatrième Chabbat ? Tout Chabbat dans la semaine duquel tombe roch hodech Nissan, même un vendredi. À la cinquième, on revient à leur ordre. À quel ordre ? Rabbi Ami dit : à l'ordre des parachiot. Rabbi Yirmeya dit : à l'ordre des haftarot. Et nous tenons comme Rabbi Yirmeya. Talmud de Jérusalem (Megillah 3,6) : Rava au nom de Rabbi Hiya bar Achi a dit, on n'interrompt pas entre Pourim et Para ; Rabbi Levi dit, on n'interrompt pas entre Para et ha-hodech ha-ze. Et le signe : toutes ces parachiot sont comme les coupes du seder, entre lesquelles qui veut boire peut boire, sauf entre la troisième et la quatrième, où il ne boira pas. En droit, ha-hodech aurait dû précéder Para, car c'est le premier Nissan que le Michkan fut dressé et le deux Nissan que la vache fut brûlée ; pourquoi donc a-t-on avancé Para ? Parce qu'elle était la pureté d'Israël. Tiens en main ce signe : lorsque l'Adar voisin de Nissan a son roch hodech un Chabbat, un lundi, un mercredi ou un vendredi, il faut interrompre les parachiot ; le signe des jours où tombe roch hodech Adar est ZaBDaV, sept-deux-quatre-six. Et voici l'explication de la chose : lorsqu'il tombe le jour du Chabbat, on interrompt le quinze Adar, et le signe est ZaTaV, sept-quinze ; lorsqu'il tombe un lundi, on interrompt le six Adar, et le signe est BaV, deux-six ; lorsqu'il tombe un mercredi, on interrompt le quatre Adar, et le signe est DaD, quatre-quatre ; et lorsqu'il tombe la veille du Chabbat, on interrompt le deux Adar et le seize Adar, et ton signe est OuBYaV, six, deux et seize.
💡 Explication

Le cœur du daf. Les deux Amoraim ne divergent pas sur la date mais sur le texte lu. Pour Rav, la parachat chekalim est la section des sacrifices publics de Bamidbar 28, tsav et korbani lahmi, celle qui dit la destination de l'argent. Pour Chmouel, c'est ki tissa, dans Chemot 30, la section qui prescrit le demi-chekel lui-même.

Le Roch reprend ici toute la sougya et y ajoute la halakha tranchée ainsi que les règles de calendrier : quel Chabbat porte chacune des quatre parachiot, et quand il faut interrompre la série. Les sigles ZaBDaV, ZaTaV, BaV, DaD et OuBYaV sont des aide-mémoire chiffrés, chaque lettre valant un jour ou une date.

8
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר ״כִּי תִשָּׂא״, הַייְנוּ דְּקָרֵי לַהּ פָּרָשַׁת שְׁקָלִים — דִּכְתִיב בָּהּ ״שְׁקָלִים״. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר ״אֶת קָרְבָּנִי לַחְמִי״, הָכָא מִידִי ״שְׁקָלִים״ כְּתִיבִי הָתָם? אִין, טַעְמָא מַאי — כִּדְרַבִּי טָבִי.

Soit pour celui qui dit ki tissa : voilà pourquoi on l'appelle parachat chekalim, puisque les chekalim y sont écrits. Mais pour celui qui dit et korbani lahmi, est-il rien des chekalim qui soit écrit là-bas ?

Oui : et quelle est la raison de la collecte ? Celle de Rabbi Tavi.

📜 Rachi (1)
טַעְמָא כִּדְרַבִּי טָבִי טַעְמָא מַאי מַייְתִינַן שְׁקָלִים בַּאֲדָר כִּדְרַבִּי טָבִי שֶׁיַּקְרִיבוּ קָרְבָּנוֹת בְּאֶחָד בְּנִיסָן מִתְּרוּמָה חֲדָשָׁה וְהַךְ מִצְוָה הָתָם כְּתִיבָא:
Pour quelle raison apportons-nous les chekalim en Adar ? Selon Rabbi Tavi : pour que l'on offre les sacrifices au premier Nissan d'un prélèvement nouveau ; or cette mitsva-là est écrite là-bas.
💡 Explication

Première épreuve : le nom. Chmouel l'explique sans effort, puisque ki tissa parle du demi-chekel. Rav doit justifier qu'une section où le mot chekel ne figure pas porte pourtant ce nom.

Sa réponse passe par Rabbi Tavi : la collecte a pour objet d'acheter les sacrifices, et c'est cet objet qui est écrit dans tsav et korbani lahmi. Lire la destination revient à rappeler la collecte.

9
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר ״צַו אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל״ — מִשּׁוּם דִּכְתִיבִי ״קָרְבָּנוֹת״ הָתָם, כִּדְרַבִּי טָבִי. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר ״כִּי תִשָּׂא״, ״קָרְבָּנוֹת״ מִי כְּתִיבִי? שְׁקָלִים לָאֲדָנִים כְּתִיבִי!

Soit pour celui qui dit tsav et bnei Israël : parce que les sacrifices y sont écrits, selon Rabbi Tavi. Mais pour celui qui dit ki tissa, les sacrifices y sont-ils écrits ?

Ce sont des chekalim destinés aux adanim, les socles du Michkan, qui y sont écrits.

📜 Rachi (1)
שְׁקָלִים לָאֲדָנִים כְּתִיבִי הָתָם כְּדִכְתִיב וְלָקַחְתָּ אֶת כֶּסֶף הַכִּפֻּורִים וְנָתַתָּ אֹותוֹ עַל עֲבֹודַת אֹהֶל מוֹעֵד וְהֵן הַשְּׁקָלִים שֶׁנַּעֲשׂוּ מֵהֶן אַדְנֵי הַמִּשְׁכָּן כְּדִכְתִיב וְכֶסֶף פְּקוּדֵי הָעֵדָה וְגוֹ' וַיְהִי מְאַת כִּכַּר הַכֶּסֶף לָצֶקֶת אֵת אַדְנֵי הַקֹּדֶשׁ וְגוֹ':
Des chekalim destinés aux socles y sont écrits — là-bas, comme il est écrit : ve-lakahta et kessef ha-kipourim, tu prendras l'argent des expiations des enfants d'Israël et tu le donneras pour le service de la tente d'assignation (Chemot 30,16) ; ce sont les chekalim dont on a fait les socles du Michkan, comme il est écrit : et l'argent des recensés de la communauté... et il y eut cent talents d'argent pour fondre les socles du sanctuaire (Chemot 38,25-27).
💡 Explication

Deuxième épreuve, symétrique de la première. Si le lien avec les sacrifices est ce qui compte, Chmouel a une difficulté : la collecte décrite dans ki tissa servit aux adanim, les socles du Michkan, non à l'achat des sacrifices de l'année.

10
כִּדְתָנֵי רַב יוֹסֵף: שָׁלֹשׁ תְּרוּמוֹת הֵן. שֶׁל מִזְבֵּחַ לַמִּזְבֵּחַ, וְשֶׁל אֲדָנִים לָאֲדָנִים, וְשֶׁל בֶּדֶק הַבַּיִת לְבֶדֶק הַבַּיִת.

Comme l'a enseigné Rav Yossef : il y a trois teroumot, trois prélèvements. Celui de l'autel pour l'autel, celui des socles pour les socles, et celui du bedek ha-bayit pour l'entretien du Temple.

📜 Rachi (2)
שָׁלֹשׁ תְּרוּמוֹת נֶאֶמְרוּ שָׁם מַחֲצִית הַשֶּׁקֶל תְּרוּמָה לַה' יִתֵּן תְּרוּמַת ה' לָתֵת אֶת תְּרוּמַת ה' תְּרוּמַת אֲדָנִים הָיְתָה לָאֲדָנִים וּתְרוּמַת מִזְבֵּחַ לַמִּזְבֵּחַ לִקְנוֹת מֵהֶן קָרְבְּנוֹת צִבּוּר לְכָל הַשָּׁנָה דִּכְתִיב בָּהּ לְכַפֵּר עַל נַפְשֹׁותֵיכֶם:
Trois teroumot — elles sont énoncées là-bas au sujet du demi-chekel : terouma pour Hachem, il donnera la terouma de Hachem, pour donner la terouma de Hachem. La terouma des socles était pour les socles, et celle de l'autel pour l'autel, pour en acheter les sacrifices publics de toute l'année, puisqu'il est écrit à son sujet : le-khaper al nafchotekhem, pour expier sur vos âmes.
לְבֶדֶק הַבַּיִת הִיא לֹא הָיְתָה שָׁוָה בְּכֻולָּן אֶלָּא אִישׁ כְּפִי נִדְבָתוֹ שֶׁנֶּאֱמַר וַיָּבֹאוּ הָאֲנָשִׁים עַל הַנָּשִׁים כֹּל נְדִיב לֵב וְגוֹ' (שְׁמוֹת ל״ה:כ״ב):
Pour l'entretien du Temple — celle-là n'était pas égale pour tous ; chacun donnait selon sa générosité, ainsi qu'il est dit : les hommes vinrent avec les femmes, tous ceux dont le cœur était généreux (Chemot 35,22).
💡 Explication

Réponse pour Chmouel : le mot terouma revient trois fois dans ki tissa, et Rav Yossef y lit trois prélèvements distincts. L'un finance les socles, l'autre l'entretien du Temple, et le troisième les sacrifices publics de l'année.

Ki tissa parle donc bien de la collecte annuelle, et sa lecture au premier Adar est justifiée même selon le critère de Rav.

11
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר ״כִּי תִשָּׂא״, הַייְנוּ דְּשָׁנֵי הַאי רֹאשׁ חֹדֶשׁ מִשְּׁאָר רָאשֵׁי חֳדָשִׁים,

Soit pour celui qui dit ki tissa : voilà en quoi ce roch hodech-ci diffère des autres rachei hodachim,

💡 Explication

Troisième épreuve. La michna traite le premier Adar comme un Chabbat singulier. Pour Chmouel la singularité se voit : on lit une section que l'on ne lit pas les autres rachei hodachim.

12
אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר ״צַו אֶת קָרְבָּנִי״, מַאי שֵׁנִי? שֵׁנִי, דְּאִילּוּ רָאשֵׁי חֳדָשִׁים קָרוּ שִׁיתָּא בְּעִנְייָנָא דְּיוֹמָא וְחַד בִּדְרֹאשׁ חֹודֶשׁ, וְאִילּוּ הָאִידָּנָא — כּוּלְּהוּ בִּדְרֹאשׁ חֹודֶשׁ.

mais pour celui qui dit tsav et korbani, en quoi diffère-t-il ? Il diffère ainsi : aux autres rachei hodachim, six montants lisent dans le sujet du jour et un dans celle de roch hodech, tandis qu'aujourd'hui tous lisent dans celle de roch hodech.

💡 Explication

Pour Rav, la section lue reste la même qu'un roch hodech ordinaire, puisque Bamidbar 28 contient aussi bien les moussafim du mois que la parachat chekalim. La différence se reporte alors sur le nombre de montants : les sept lisent dans cette section, la paracha de la semaine cédant entièrement la place.

13
הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר לְסֵדֶר פָּרָשִׁיּוֹת הוּא חוֹזֵר.

Cela va bien pour celui qui dit que l'on revient à l'ordre des parachiot.

📜 Rachi (2)
הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר בְּפִרְקִין הַאי דְּקָתָנֵי מַתְנֵי' בַּחֲמִישִׁית חוֹזְרִין לִכְסִדְרָן:
Cela va bien pour celui qui dit — dans notre chapitre, au sujet de ce qu'enseigne la michna : à la cinquième, on revient à leur ordre.
לְסֵדֶר פָּרָשִׁיּוֹת הוּא חוֹזֵר שֶׁקָּרְאוּ אֶת אֵלּוּ וְהִפְסִיקוּ מִלִּקְרוֹת אֶת פָּרָשַׁת הַשַּׁבָּת אִיכָּא לְמֵימַר כִּדְאָמַר הָאִידָּנָא קָרוּ כּוּלְּהוּ בִּדְרֹאשׁ חֹודֶשׁ אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר כו' דִּמְפָרֵשׁ חוֹזְרִין לִכְסִדְרָן לְסַדֵּר הַהַפְטָרוֹת אַלְמָא הַהַפְטָרוֹת הֻופְסְקוּ עַד הֵנָּה אֲבָל לֹא הַפָּרָשִׁיּוֹת דְּעַד הַשְׁתָּא הֲווּ קָרוּ נָמֵי מֵעִנְיָינָא דְּיוֹמָא מַאי שֵׁנִי:
On revient à l'ordre des parachiot — c'est-à-dire qu'on a lu ces quatre sections et qu'on a interrompu la lecture de la paracha de la semaine ; on peut alors dire, comme il l'a dit, qu'aujourd'hui tous lisent dans celle de roch hodech. Mais pour celui qui explique que l'on revient à l'ordre des haftarot, il apparaît que seules les haftarot ont été interrompues jusque-là, et non les parachiot, puisque jusqu'à présent on lisait aussi le sujet du jour : dès lors, en quoi ce Chabbat diffère-t-il ?
💡 Explication

La réponse de Rav dépend d'un autre débat, sur le sens de la michna qui dit qu'à la cinquième semaine hozrin le-kisdran, on revient à leur ordre. Si cet ordre est celui des parachiot, la lecture hebdomadaire a bien été suspendue pendant les quatre semaines, et les sept montants peuvent tous lire la section spéciale.

14
אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר לְסֵדֶר הַפְטָרוֹת הוּא חוֹזֵר, וּפָרַשְׁתָּא דְּיוֹמָא קָרֵינַן, מַאי שֵׁנִי?

Mais pour celui qui dit que l'on revient à l'ordre des haftarot, et que nous lisons aussi la paracha du jour, en quoi diffère-t-il ?

💡 Explication

Si l'ordre repris est celui des haftarot, alors la paracha de la semaine n'a jamais cessé d'être lue, y compris le premier Adar. La réponse précédente tombe, et la question sur Rav revient entière.

15
שֵׁנִי, דְּאִילּוּ רָאשֵׁי חֳדָשִׁים קָרוּ שִׁיתָּא בְּעִנְייָנָא דְּיוֹמָא וְחַד קָרֵי בִּדְרֹאשׁ חֹודֶשׁ, וְאִילּוּ הָאִידָּנָא — קָרוּ תְּלָתָא בְּעִנְייָנָא דְיוֹמָא, וְאַרְבְּעָה קָרוּ בִּדְרֹאשׁ חֹודֶשׁ.

Il diffère ainsi : aux autres rachei hodachim, six lisent dans le sujet du jour et un lit dans celle de roch hodech, tandis qu'aujourd'hui trois lisent dans le sujet du jour et quatre lisent dans celle de roch hodech.

💡 Explication

Seconde réponse pour Rav, ajustée à l'hypothèse précédente. La paracha de la semaine continue d'être lue, mais son poids diminue : trois montants seulement lui reviennent, et quatre vont à la section de roch hodech, qui vaut ici parachat chekalim.

Dans les deux réponses, la singularité du jour se marque par le nombre de montants plutôt que par le texte lu.

🖼️ Schéma
Les sept montants du Chabbat : trois répartitions Roch hodech ordinaire sujet du jour roch hodech Tout roch hodech la règle de base six montants un Adar, selon Rav sidour parachiot les sept montants dans la section de roch hodech Adar, selon Rav sidour haftarot trois montants quatre montants
La différence se lit dans la répartition des sept montants du Chabbat.
16
מֵיתִיבִי: רֹאשׁ חֹדֶשׁ אֲדָר שֶׁחָל לִהְיוֹת בַּשַּׁבָּת קוֹרִין בְּפָרָשַׁת שְׁקָלִים, וּמַפְטִירִין בִּיהוֹיָדָע הַכֹּהֵן. בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר ״כִּי תִשָּׂא״, הַייְנוּ דְּמַפְטִירִין בִּיהוֹיָדָע הַכֹּהֵן — דְּדָמֵי לֵיהּ, דִּכְתִיב: ״כֶּסֶף נְפָשׁוֹת עֶרְכּוֹ״,

On objecte : roch hodech Adar qui tombe un Chabbat, on lit la parachat chekalim et l'on prend pour haftara le récit de Yehoyada le cohen (Melakhim II 12). Soit pour celui qui dit ki tissa : voilà pourquoi on prend pour haftara Yehoyada le cohen, car elle lui ressemble, puisqu'il y est écrit kessef nefachot erko, l'argent des personnes selon leur évaluation (Melakhim II 12,5),

⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' בַּפֶּסַח קוֹרִין בְּפָרָשַׁת מוֹעֲדוֹת שֶׁבְּתוֹרַת כֹּהֲנִים בָּעֲצֶרֶת שִׁבְעָה שָׁבוּעוֹת בר"ה בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ ביה"כ אַחֲרֵי מוֹת ביו"ט רִאשׁוֹן שֶׁל חַג קוֹרֵא בְּפָרָשַׁת הַמּוֹעֲדוֹת שֶׁבְּתוֹרַת כֹּהֲנִים וּבִשְׁאָר יְמוֹת הֶחָג קוֹרִין בְּקָרְבְּנוֹת הֶחָג. תֵּימַהּ דִּבְפֶסַח וַעֲצֶרֶת וּבְיָמִים רִאשׁוֹנִים וְאַחֲרוֹנִים שֶׁל הֶחָג ובר"ה וביה"כ אָנוּ מוֹצִיאִין שְׁתֵּי תּוֹרוֹת וְקוֹרִין אַחַת בְּקָרְבְּנוֹת הַיּוֹם וְזֶה אֵינוֹ שָׁנוּי לֹא בַּמִּשְׁנָה וְלֹא בַּגְּמָרָא. וְאֶפְשָׁר שֶׁאַחַר שֶׁנִּשְׁלַם הַשַּׁ"ס תִּקְּנוּהָ רַבָּנָן סָבוֹרָאֵי אוֹ הַגְּאוֹנִים וְיֶשְׁנוֹ בְּסֵדֶר רַב עַמְרָם וּקְצָת יֵשׁ סֶמֶךְ לְדָבָר מִדְּאָמְרִי' לְקַמָּן (מְגִילָּה דַּף לא:) אָמַר אַבְרָהָם לִפְנֵי הקב"ה רבש"ע וְכוּ' אָמַר לוֹ כְּבָר תִּיקַּנְתִּי לָהֶם סֵדֶר קָרְבָּנוֹת שֶׁכָּל זְמַן שֶׁקּוֹרִין בָּהֶן וְכוּ' וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מִדְּאָמְרִינַן לְקַמָּן (מְגִילָּה דַּף לא.) בַּיּוֹם שֶׁל יו"ט הָאַחֲרוֹן שֶׁל חַג מַפְטִירִין בְּוַיְעִמּוֹד שְׁלֹמֹה לְפִי שֶׁמְּדַבֶּרֶת בְּעִנְיָן שְׁמִינִי עֲצֶרֶת וא"כ יֵשׁ לְהוֹכִיחַ שֶׁקָּרְאוּ בס"ת שְׁנִיָּה פָּרָשַׁת קָרְבָּנוֹת שֶׁל שְׁמִינִי עֲצֶרֶת דְּאִם לֹא קָרְאוּ אֶלָּא וְזֹאת הַבְּרָכָה לָמָּה יַפְטִירוּ בִּוְיָעְמוּד שְׁלֹמֹה וַאֲנַן בָּעֵינַן הַהַפְטָרָה דֻּומְיָא דְּפָרָשָׁה שֶׁקָּרָא כִּדְאָמְרִינַן לְעֵיל (מְגִילָּה דַּף כט:) בִּשְׁלָמָא לְמ"ד כִּי תִשָּׂא הַייְנוּ דְּמַפְטִירִין בִּיהוֹיָדָע הַכֹּהֵן דִּכְתִיב בֵּיהּ כֶּסֶף עוֹבֵר אִישׁ כֶּסֶף נַפְשׁוֹת עֶרְכּוֹ אֶלָּא לְמ"ד צַו אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְכוּ' מִשּׁוּם דְּאִיכָּא לְמֵימַר כֵּיוָן שֶׁהַפְטָרָה מְדַבֶּרֶת בְּעִנְיַן שְׁמִינִי עֲצֶרֶת יֵשׁ לְאוֹמְרָהּ אע"פ שֶׁאֵינָהּ מֵעֵין הַפָּרָשָׁה שֶׁקָּרָא בַּתּוֹרָה כִּדְאָמְרִינַן בְּסָמוּךְ דר"ח שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּאֶחָד בַּשַּׁבָּת מַפְטִירִין מֵאֶתְמוֹל מָחָר חֹדֶשׁ אע"פ שֶׁאֵינָהּ מֵעֵין הַפָּרָשָׁה שֶׁקָּרָא שֶׁכֵּיוָן שֶׁהוּא מֵעֵין הַמְאֹורָע שֶׁיְּהֵא מָחָר חֹדֶשׁ וְגַם מָצִינוּ בַּיְּרוּשַׁלְמִי כְּעֵין מִנְהָגֵינוּ:
Michna : à Pessa'h on lit dans la section des fêtes qui se trouve dans Torat Cohanim ; à Atseret, chiva chavouot ; à Roch Hachana, ba-hodech ha-cheviï be-ehad la-hodech ; à Yom Kippour, aharé mot ; au premier jour de la fête de Souccot on lit dans la section des fêtes qui se trouve dans Torat Cohanim, et les autres jours de la fête on lit dans les sacrifices de la fête. Cela étonne : à Pessa'h, à Atseret, aux premiers et aux derniers jours de la fête, à Roch Hachana et à Yom Kippour, nous sortons deux rouleaux de Torah et nous lisons dans l'un les sacrifices du jour, or cela n'est enseigné ni dans la michna ni dans la Guemara. Il est possible qu'après l'achèvement du Talmud les Rabbanan Savoraï ou les Gueonim l'aient institué ; cela figure dans le Seder de Rav Amram. Il y a quelque appui à la chose depuis ce que nous disons plus loin (Megillah 31b) : Avraham dit devant le Saint béni soit-Il, Maître du monde, etc. ; Il lui répondit : J'ai déjà institué pour eux l'ordre des sacrifices, de sorte que chaque fois qu'ils y liront, etc. On ne peut pas en revanche tirer preuve de ce que nous disons plus loin (Megillah 31a), qu'au dernier jour de fête de Souccot on prend pour haftara va-yaamod Chelomo, parce qu'elle parle du sujet de Chemini Atseret, et qu'il faudrait en déduire que l'on a lu dans un second rouleau la section des sacrifices de Chemini Atseret : car si l'on n'avait lu que ve-zot ha-berakha, pourquoi prendrait-on pour haftara va-yaamod Chelomo, alors que nous exigeons une haftara semblable à la section lue, comme nous disons plus haut (Megillah 29b) : soit pour celui qui dit ki tissa, voilà pourquoi on prend pour haftara Yehoyada le cohen, puisqu'il y est écrit kessef over ich, kessef nefachot erko ; mais pour celui qui dit tsav et bnei Israël, etc. On ne peut pas en tirer preuve, parce qu'on peut dire ceci : puisque la haftara parle du sujet de Chemini Atseret, il convient de la dire, même si elle n'est pas du genre de la section lue dans la Torah, comme nous le disons plus bas au sujet de roch hodech qui tombe un dimanche, où l'on prend dès la veille la haftara mahar hodech, bien qu'elle ne soit pas du genre de la section lue, puisqu'elle est du genre de l'événement, à savoir que demain sera roch hodech. Et nous trouvons aussi dans le Talmud de Jérusalem quelque chose de semblable à notre usage.
💡 Explication

Quatrième épreuve, tirée d'une baraita de la Tossefta : la haftara du jour est le récit de Yehoyada le cohen, qui organise la collecte pour l'entretien du Temple. La règle veut que la haftara ressemble à la section lue.

Pour Chmouel la correspondance est immédiate : les deux textes parlent d'argent levé sur les personnes.

17
אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר ״אֶת קָרְבָּנִי לַחְמִי״, מִי דָמֵי? דָּמֵי, כִּדְרַבִּי טָבִי.

mais pour celui qui dit et korbani lahmi, lui ressemble-t-elle ? Elle lui ressemble, selon Rabbi Tavi.

📜 Rachi (1)
כִּדְרַבִּי טָבִי זֹאת עוֹלַת חֹודֶשׁ בִּשְׁקָלִים אָמַר:
Selon Rabbi Tavi — zot olat hodech a été dit au sujet des chekalim.
💡 Explication

Rav répond une nouvelle fois par Rabbi Tavi : si la section des sacrifices vaut parachat chekalim, elle parle déjà d'argent collecté, et la haftara de Yehoyada lui correspond.

18
מֵיתִיבִי: חָל לִהְיוֹת בַּפָּרָשָׁה הַסְּמוּכָה לָהּ, בֵּין מִלְּפָנֶיהָ וּבֵין מִלְּאַחֲרֶיהָ — קוֹרִין אוֹתָהּ וְכוֹפְלִין אוֹתָהּ.

On objecte : s'il tombe dans la paracha qui lui est voisine, que ce soit avant elle ou après elle, on la lit et on la redouble.

📜 Rachi (2)
חָל לִהְיוֹת ר"ח אֲדָר בַּפָּרָשָׁה הַסְּמוּכָה לְפָרָשַׁת שְׁקָלִים:
Il tombe — roch hodech Adar, dans la paracha voisine de la parachat chekalim.
וְכוֹפְלִין אוֹתָהּ בְּשַׁבָּת שְׁנִיָּה אע"פ שֶׁקְּרָאוּהָ בָּרִאשׁוֹנָה:
Et on la redouble — le second Chabbat, bien qu'on l'ait déjà lue le premier.
💡 Explication

Nouvelle objection, tirée du calendrier des lectures. Une baraita envisage que le tour ordinaire du cycle amène la parachat chekalim juste avant ou juste après le Chabbat où elle doit être lue comme section spéciale. On la lit alors deux fois.

Cette règle suppose que la section spéciale figure dans le cycle annuel à cette saison.

19
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר ״כִּי תִשָּׂא״ הַייְנוּ דְּמִתְרְמֵי בְּהָהוּא זִימְנָא.

Soit pour celui qui dit ki tissa : voilà comment elle se rencontre à cette époque-là.

📜 Rachi (1)
בְּהַהוּא זִימְנָא בְּאוֹתוֹ פֶּרֶק שֶׁל אֲדָר:
À cette époque-là — à cette saison d'Adar.
💡 Explication

Ki tissa se lit, dans le cycle annuel, aux environs d'Adar : la coïncidence envisagée par la baraita est fréquente.

20
אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר ״צו ... אֶת קָרְבָּנִי״, מִי מִתְרְמֵי בְּהָהוּא זִימְנָא? אִין — לִבְנֵי מַעְרְבָא דְּמַסְּקִי לִדְאוֹרָיְיתָא בִּתְלָת שְׁנִין.

Mais pour celui qui dit tsav et korbani, se rencontre-t-elle à cette époque-là ? Oui, chez les bnei maarava, les gens de l'Occident, qui achèvent la Torah en trois ans.

📜 Rachi (2)
מִי מִתְרַמֵּי וַהֲלֹא בְּפָרָשַׁת פִּינְחָס הִיא שֶׁהִיא סְמוּכָה לְחֹודֶשׁ אָב:
Se rencontre-t-elle ? Mais elle se trouve dans la paracha de Pinhas, laquelle est voisine du mois d'Av.
דְּמַסְּקִי אוֹרָיְיתָא מְסַייְּמִין חֲמִשָּׁה חֻומְשִׁין פַּעַם אַחַת לְשָׁלֹשׁ שָׁנִים וְלֹא בְּכָל שָׁנָה כְּמוֹ שֶׁאָנוּ עוֹשִׂין:
Ils achèvent la Torah — ils terminent les cinq livres une fois tous les trois ans, et non chaque année comme nous le faisons.
💡 Explication

Difficulté pour Rav : tsav et korbani se lit dans Pinhas, vers le mois d'Av, loin d'Adar. La réponse invoque l'usage d'Erets Israël, où la Torah se lisait en trois ans ; le décalage du cycle fait qu'une année sur trois cette section tombe bien vers Adar.

21
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל: רֹאשׁ חֹדֶשׁ אֲדָר שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, קוֹרִין ״כִּי תִשָּׂא״ וּמַפְטִירִין בִּיהוֹיָדָע הַכֹּהֵן.

Il est enseigné conformément à Chmouel : roch hodech Adar qui tombe un Chabbat, on lit ki tissa et l'on prend pour haftara Yehoyada le cohen.

💡 Explication

Une baraita énonce explicitement la position de Chmouel. La sougya se clôt ainsi : les réponses de Rav ont tenu une à une, mais l'enseignement tanaitique appuie Chmouel, et c'est l'usage qui s'est maintenu.

22
אָמַר רַבִּי יִצְחָק נַפָּחָא: רֹאשׁ חֹדֶשׁ אֲדָר שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת — מוֹצִיאִין שָׁלֹשׁ תּוֹרוֹת, וְקוֹרִין בָּהֶן אֶחָד בְּעִנְיָינוֹ שֶׁל יוֹם, וְאֶחָד בְּשֶׁל רֹאשׁ חֹדֶשׁ, וְאֶחָד ב״כי תִּשָּׂא״. וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק נַפָּחָא: רֹאשׁ חֹדֶשׁ טֵבֵת שֶׁחָל לִהְיוֹת בַּשַּׁבָּת — מְבִיאִין שָׁלֹשׁ תּוֹרוֹת, וְקוֹרִין בָּהֶן אֶחָד בְּעִנְיָינוֹ שֶׁל יוֹם, וְאֶחָד בִּדְרֹאשׁ חֹודֶשׁ, וְאֶחָד בַּחֲנֻוכָּה.

Rabbi Yits'hak Nappaha a dit : roch hodech Adar qui tombe un Chabbat, on sort trois rouleaux de Torah et l'on y lit, l'un dans le sujet du jour, l'un dans celle de roch hodech, et l'un dans ki tissa. Et Rabbi Yits'hak Nappaha a dit : roch hodech Tevet qui tombe un Chabbat, on apporte trois rouleaux de Torah et l'on y lit, l'un dans le sujet du jour, l'un dans celle de roch hodech, et l'un dans celle de 'Hanouka.

💡 Explication

Le daf passe à la pratique. Trois obligations de lecture coïncident, et l'on sort un rouleau pour chacune afin d'éviter la tirha de-tsibbura, la peine imposée au public par le déroulement d'un même rouleau d'un passage à l'autre.

Roch hodech Tevet tombe toujours pendant 'Hanouka, d'où le second cas.

23
וּצְרִיכָא, דְּאִי אִיתְּמַר בְּהָא — בְּהָא קָאָמַר רַבִּי יִצְחָק, אֲבָל בְּהַךְ — כְּרַב סְבִירָא לֵיהּ, דְּאָמַר פָּרָשַׁת שְׁקָלִים ״אֶת קָרְבָּנִי לַחְמִי״, וּבִשְׁתֵּי תּוֹרוֹת סַגִּי, קָא מַשְׁמָע לַן.

Et les deux enseignements sont nécessaires. Car s'il n'avait été dit que pour ce cas-ci, celui de Tevet, on aurait pu penser que Rabbi Yits'hak ne le dit que là, tandis que pour l'autre, celui d'Adar, il tiendrait comme Rav, qui dit que la parachat chekalim est et korbani lahmi, de sorte que deux rouleaux suffiraient.

Il nous l'apprend donc.

💡 Explication

La Guemara justifie la redondance apparente. Selon Rav, la section de roch hodech et la parachat chekalim sont un seul et même texte : deux rouleaux suffiraient à Adar. L'énoncé sépare de Rabbi Yits'hak pour Adar exclut cette lecture.

24
וְלֵימָא הָא וְלָא בָּעֲיָא הָךְ! חֲדָא מִכְּלַל חֲבֶירְתָּהּ אִיתְּמַר.

Qu'il énonce alors ce cas-ci, et l'autre deviendra superflu. L'un a été énoncé par déduction de l'autre.

🗂️ Tossefot (1)
חֲדָא מִכְּלַל חֲבֶירְתָּהּ אִיתְּמַר וא"ת וּמַאן דְּאָמַר מִכְּלָלָא אַמַּאי אֲמָרָהּ וְהָא כֵּיוָן דְּיָדְעִינַן אִידָךְ כָּל שֶׁכֵּן הָא וְיֵשׁ לוֹמַר דְּמַאן דְּאָמְרָה בְּאַתְרֵיהּ דְּרַב הֲוָה דְּסָבַר דְּרֹאשׁ חֹודֶשׁ אֲדָר שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת שֶׁאֵין מוֹצִיאִין כִּי אִם שְׁתֵּי תּוֹרוֹת וְלָא הֲווּ יָדְעִי כְּלָל אִידָךְ דְּרַבִּי יִצְחָק וּמִזֶּה הַטַּעַם אִיצְטְרִיךְ לְאַשְׁמוֹעִינַן הַהִיא דְּרֹאשׁ חֹודֶשׁ טֵבֵת שֶׁחָל לִהְיוֹת בַּשַּׁבָּת דְּמוֹצִיאִין שְׁלֹשָׁה סִפְרֵי תּוֹרָה:
L'un a été énoncé par déduction de l'autre — et si tu demandes : celui qui l'a rapporté par déduction, pourquoi l'a-t-il dit ? Puisque nous connaissons l'autre, celui-ci s'impose à plus forte raison. On peut répondre que celui qui l'a rapporté se trouvait dans le lieu de Rav, où l'on tenait que roch hodech Adar tombant un Chabbat ne demande que deux rouleaux de Torah, et où l'on ne connaissait aucunement l'autre enseignement de Rabbi Yits'hak. Pour cette raison, il a fallu nous apprendre le cas de roch hodech Tevet tombant un Chabbat, où l'on sort trois rouleaux de Torah.
💡 Explication

Objection inverse : si le cas d'Adar suffit à établir le principe, celui de Tevet va de soi. La réponse distingue ce que le maître a dit et ce que ses élèves ont déduit ; un seul des deux énoncés est original.

Tossefot explique pourquoi la déduction a tout de même été transmise : elle circulait dans un milieu où l'enseignement d'Adar restait inconnu.

25
אִיתְּמַר: רֹאשׁ חֹדֶשׁ טֵבֵת שֶׁחָל לִהְיוֹת בַּחֹול, אָמַר רַבִּי יִצְחָק: קָרוּ תְּלָתָא בְּרֹאשׁ חֹדֶשׁ, וְחַד בַּחֲנֻוכָּה. וְרַב דִּימִי דְּמִן חֵיפָא אֲמַר: קָרוּ תְּלָתָא בַּחֲנֻוכָּה, וְחַד בְּרֹאשׁ חֹדֶשׁ.

Il a été dit : roch hodech Tevet qui tombe en semaine, Rabbi Yits'hak dit, trois lisent dans celle de roch hodech et un lit dans celle de 'Hanouka ; et Rav Dimi de Haïfa dit, trois lisent dans celle de 'Hanouka et un dans celle de roch hodech.

💡 Explication

En semaine, roch hodech comporte quatre montants et 'Hanouka trois. Quand les deux se rencontrent, il faut décider laquelle des deux lectures reçoit les trois premières montées et laquelle la dernière.

26
אָמַר רַבִּי מַנִּי: כְּוָותֵיהּ דְּרַבִּי יִצְחָק נַפָּחָא מִסְתַּבְּרָא, דְּתָדִיר וְשֶׁאֵינוֹ תָּדִיר תָּדִיר קוֹדֵם.

Rabbi Mani a dit : il est logique de trancher comme Rabbi Yits'hak Nappaha, car entre le tadir, le fréquent, et ce qui n'est pas fréquent, le fréquent passe en premier.

💡 Explication

Premier argument : la règle générale tadir ve-cheeno tadir, tadir kodem. Roch hodech revient chaque mois, 'Hanouka une fois l'an ; la préséance revient à roch hodech, donc les trois premières montées.

27
אָמַר רַבִּי אָבִין: כְּוָותֵיהּ דְּרַב דִּימִי מִסְתַּבְּרָא, מִי גָּרַם לָרְבִיעִי שֶׁיָּבֹא — רֹאשׁ חֹדֶשׁ, הִלְכָּךְ רְבִיעִי בְּרֹאשׁ חֹדֶשׁ בָּעֵי מִיקְרֵי.

Rabbi Avin a dit : il est logique de trancher comme Rav Dimi. Qu'est-ce qui a fait venir le quatrième montant ?

Roch hodech. Dès lors, c'est le quatrième qui doit lire dans celle de roch hodech.

💡 Explication

Argument opposé, tiré du nombre de montants. 'Hanouka en compte trois ; le quatrième n'existe que par roch hodech. Chaque jour reçoit donc ce qui lui revient en propre, et roch hodech prend la montée qu'il a lui-même ajoutée.

28
מַאי הָוֵי עֲלַהּ? רַב יוֹסֵף אָמַר: אֵין מַשְׁגִּיחִין בְּרֹאשׁ חֹודֶשׁ, וְרַבָּה אָמַר: אֵין מַשְׁגִּיחִין בַּחֲנֻוכָּה, וְהִלְכְתָא: אֵין מַשְׁגִּיחִין בַּחֲנֻוכָּה, וְרֹאשׁ חֹדֶשׁ עִיקָּר.

Qu'en est-il ressorti ? Rav Yossef dit : on ne regarde pas à roch hodech.

Et Rabba dit : on ne regarde pas à 'Hanouka. Et la halakha est : on ne regarde pas à 'Hanouka, et roch hodech est le principal.

📜 Rachi (1)
אֵין מַשְׁגִּיחִין לַעֲשׂוֹת עִיקָּר:
On ne regarde pas — pour en faire le principal.
🗂️ Tossefot (1)
וְהִלְכְתָא אֵין מַשְׁגִּיחִין בַּחֲנֻוכָּה פֵּירוּשׁ לַעֲשׂוֹתוֹ עִיקָּר ואע"ג דְּהִלְכְתָא כְּרַבָּה לְגַבֵּי רַב יוֹסֵף מ"מ הֻוצְרַךְ לִפְסֹוק הֲלָכָה כְּוָותֵיהּ מִשּׁוּם דִּפְלִיגִי עָלֶיהָ שְׁאָר אָמוֹרָאֵי:
Et la halakha est qu'on ne regarde pas à 'Hanouka — c'est-à-dire pour en faire le principal. Et bien que la halakha suive Rabba face à Rav Yossef, il a tout de même fallu trancher explicitement comme lui, parce que d'autres Amoraim le contestaient.
💡 Explication

La formule en machguihin, on ne regarde pas, désigne celui des deux jours dont on ne fait pas le ikar, le principal. La halakha suit Rabba : roch hodech est le principal, il reçoit les trois premières montées et 'Hanouka la quatrième.

Tossefot note que la règle habituelle donnait déjà Rabba vainqueur face à Rav Yossef ; la décision explicite était requise parce que Rabbi Yits'hak, Rav Dimi, Rabbi Mani et Rabbi Avin avaient débattu du même point.

🖼️ Schéma
Roch hodech Tevet en semaine : deux raisons opposées Rabbi Yits'hak Nappaha 3 dans roch hodech, 1 dans 'Hanouka Rabbi Mani : le tadir, ce qui revient souvent, passe avant ce qui est rare. Roch hodech revient chaque mois. Rav Dimi de Haïfa 3 dans 'Hanouka, 1 dans roch hodech Rabbi Avin : 'Hanouka seul n'a que trois montants ; le quatrième vient de roch hodech, il lui revient. Rav Yossef : en machguihin be-roch hodech. Rabba : en machguihin be-'Hanouka. Halakha : en machguihin be-'Hanouka, roch hodech ikar. Tossefot : la décision est énoncée malgré la règle Rabba contre Rav Yossef,
Les deux raisons opposées et la halakha retenue pour roch hodech Tevet en semaine.
29
אִיתְּמַר: חָל לִהְיוֹת בְּ״וְאַתָּה תְּצַוֶּה״, אָמַר רַבִּי יִצְחָק נַפָּחָא: קָרוּ שִׁיתָּא מִ״וְאַתָּה תְּצַוֶּה״ עַד ״כִּי תִשָּׂא״, וְחַד מ״כי תִּשָּׂא״ עַד ״וְעָשִׂיתָ״. אָמַר אַבַּיֵּי:

Il a été dit : s'il tombe dans ve-ata tetsave, Rabbi Yits'hak Nappaha dit, six lisent depuis ve-ata tetsave jusqu'à ki tissa, et un depuis ki tissa jusqu'à ve-assita. Abbaye a dit :

💡 Explication

Dernier cas du daf, laissé en suspens : roch hodech Adar tombe le Chabbat de ve-ata tetsave, la paracha qui précède immédiatement le passage de ki tissa. Il faut alors partager la lecture entre la paracha de la semaine et la section spéciale, qui se suivent dans le rouleau.

La réponse d'Abbaye se lit à la page suivante ; le Roch l'a déjà rapportée ci-dessus et tranche comme lui.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).