Megillah 8a — Trois michnayot « il n'y a entre » : vœux de profit, nedarim et nedavot, le zav de deux ou trois émissions

Megillah 8a

Sougya : Le folio poursuit la série des michnayot construites sur la formule « il n'y a entre A et B que... ». La première oppose celui à qui tout profit de son prochain est interdit par vœu à celui à qui seule sa nourriture est interdite : la différence porte sur le passage du pied et sur les ustensiles étrangers à la préparation des aliments, et la guemara demande pourquoi un passage auquel personne ne prend garde serait interdit ; Rava rattache la michna à Rabbi Eliezer, pour qui le viteour est interdit.

La deuxième michna oppose les nedarim aux nedavot : seule la responsabilité en cas de perte les sépare, l'interdit de bal te'ahar valant pour les deux, et un verset du Lévitique fonde cette responsabilité sur le mot alav. La troisième oppose le zav de deux émissions à celui de trois : seul le sacrifice les sépare.

Une longue derasha de Rabbi Simaï, discutée par deux hypothèses alternatives puis complétée par le mot mizovo, fixe la répartition entre impureté et sacrifice ; le folio s'achève sur la source du compte des sept jours pour le zav de deux émissions.

Trois michnayot ein bein : ce qui sépare, ce que la guemara rend commun Les deux cas opposés La différence énoncée par la michna Le point commun tiré par la guemara Interdit de tout profit contre interdit de la seule nourriture Passage du pied et ustensiles étrangers à la préparation des aliments Les ustensiles qui servent à préparer les aliments sont interdits aux deux Nedarim contre nedavot harei alay contre harei zo Répondre de la bête morte, volée ou perdue Bal te'ahar : tarder est interdit dans les deux cas Zav de deux émissions contre zav de trois Le sacrifice, dû par celui qui a constaté trois émissions Couche et siège impurs, compte de sept jours Méthode constante : la michna dit la seule différence, la guemara en déduit aussitôt par ha ce qui reste identique.
Les trois michnayot du folio suivent le même moule ; la guemara lit chaque fois la formule restrictive comme une affirmation en creux.
Neder et nedava : la formule prononcée décide de la responsabilité Neder : il dit harei alay ola Nedava : il dit harei zo ola Il m'incombe d'apporter un holocauste. L'engagement porte sur la personne. Cette bête-ci est un holocauste. L'engagement porte sur l'animal. La bête meurt, est volée ou perdue Il doit en apporter une autre : l'obligation personnelle demeure. La bête meurt, est volée ou perdue Il est quitte : rien ne pesait sur lui en dehors de cette bête. Source : Lévitique 1, 4 lu par Rabbi Chimon ve-nirtsa lo lekhaper alav : ce qui est alav, sur lui, il en répond ; ce qui n'est pas sur lui, il n'en répond pas. Rabbi Yits'hak bar Avdimi : pourquoi alav signifie responsabilité Du moment qu'il a dit alay, il est comme un homme qui porte déjà l'offrande sur son épaule.
Deux formules, deux régimes de responsabilité ; l'interdit de bal te'ahar, lui, s'applique aux deux.
Le zav : ce que chaque émission ajoute, et comment l'Écriture le prouve Nombre d'émissions Impureté et compte Sacrifice Une seule émission Comme un baal keri ordinaire Aucun Deux émissions Couche et siège rendus impurs Compte de sept jours nets Aucun Trois émissions Identique au cas de deux : rien ne s'y ajoute Deux tourterelles après guérison Rabbi Simaï : deux versets, deux comptes Lévitique 15, 2 compte deux écoulements : impur. Lévitique 15, 3 en compte trois : impur. Donc deux pour l'impureté, trois pour le sacrifice. Le mot mizovo, Lévitique 15, 15 Une partie des zavim apporte un sacrifice et une partie n'en apporte pas. Il fixe le sens ; Rabbi Simaï fixe le nombre.
Le seuil des trois émissions n'ajoute que le sacrifice ; il faut deux derashot distinctes pour l'établir, chacune comblant le défaut de l'autre.
1
מַתְנִי׳ אֵין בֵּין הַמֻּודָּר הֲנָאָה מֵחֲבֵירוֹ לַמֻּודָּר מִמֶּנּוּ מַאֲכָל, אֶלָּא דְּרִיסַת הָרֶגֶל וְכֵלִים שֶׁאֵין עוֹשִׂין בָּהֶן אֹוכֶל נֶפֶשׁ.

MICHNA. Il n'y a entre celui à qui tout profit de son prochain est interdit par vœu et celui à qui seule la nourriture de ce prochain est interdite, que le passage du pied et les ustensiles avec lesquels on ne prépare pas de nourriture.

📜 Rachi (3)
מַתְנִי' אֵין בֵּין הַמֻּודָּר הֲנָאָה מֻודָּר הֲנָאָה חָמוּר מִמֻּודָּר מַאֲכָל:
Celui à qui le profit est interdit est soumis à une règle plus sévère que celui à qui seule la nourriture est interdite.
דְּרִיסַת הָרֶגֶל שֶׁהַמֻּודָּר הֲנָאָה אָסוּר לִיכָּנֵס לְבֵיתוֹ וְהַמֻּודָּר מַאֲכָל מֻותָּר:
Celui à qui le profit est interdit n'a pas le droit d'entrer dans sa maison, tandis que celui à qui seule la nourriture est interdite le peut.
וְכֵלִים שֶׁאֵין עוֹשִׂין בָּהֶן אֹוכֶל נֶפֶשׁ מֻותָּר לְהַשְׁאִיל לַמֻּודָּר מַאֲכָל וְדַוְקָא בְּמָקוֹם שֶׁאֵין מַשְׂכִּירִין כַּיּוֹצֵא בָּהֶן אֲבָל בְּמָקוֹם שֶׁמַּשְׂכִּירִין כַּיּוֹצֵא בָּהֶן תְּנַן בְּהֶדְיָא דְּאָסוּר דְּכָל הֲנָאָה שֶׁאִם לֹא הֶהֱנָהוּ זֶה הָיָה מְחַסֵּר בָּהּ פְּרוּטָה הֲנָאַת מַאֲכָל הִיא שֶׁהֲרֵי רְאוּיָה אוֹתָהּ פְּרוּטָה לִקְנוֹת בָּהּ מַאֲכָל:
Il est permis de les prêter à celui à qui la nourriture est interdite par vœu, et cela précisément dans un lieu où l'on ne loue pas d'ustensiles semblables. Mais dans un lieu où l'on en loue de semblables, une michna enseigne explicitement que c'est interdit : tout profit qui, s'il n'avait pas été accordé, aurait coûté une perouta au bénéficiaire, constitue un profit de nourriture, puisque cette perouta pouvait servir à acheter de la nourriture.
🗂️ Tossefot (1)
אֶלָּא דְּרִיסַת הָרֶגֶל וְכֵלִים שֶׁאֵין עוֹשִׂין בָּהֶן אֹוכֶל נֶפֶשׁ. דְּמֻודָּר הֲנָאָה אָסוּר בָּהֶן וּמֻודָּר מַאֲכָל מֻותָּר בְּמָקוֹם שֶׁאֵין מַשְׂכִּירִין . אֲבָל בְּמָקוֹם שֶׁמַּשְׂכִּירִין בִּפְרוּטָה אָסוּר אַפֵּי' בְּמֻודָּר מַאֲכָל דְּאוֹתָהּ פְּרוּטָה רְאוּיָה לִקְנוֹת מִמֶּנָּה מַאֲכָל אֲבָל כֵּלִים שֶׁעוֹשִׂין בָּהֶן אֹוכֶל נֶפֶשׁ אָסוּר אֲפִילּוּ בְּפָחוֹת מִשָּׁוֶה פְּרוּטָה כֵּיוָן דְּהָוֵי אֹוכֶל נֶפֶשׁ:
Celui à qui le profit est interdit ne peut en user, tandis que celui à qui seule la nourriture est interdite le peut, dans un lieu où l'on ne loue pas de tels ustensiles. Mais dans un lieu où on les loue contre une perouta, c'est interdit même à celui à qui seule la nourriture est interdite, car cette perouta pouvait servir à acheter de la nourriture. Quant aux ustensiles avec lesquels on prépare de la nourriture, ils sont interdits même pour une valeur inférieure à une perouta, puisqu'il s'agit déjà de préparation de nourriture.
💡 Explication

La michna compare deux formulations de vœu. Le moudar hanaa s'est interdit tout profit venant de son prochain ; le moudar maakhal s'est interdit seulement sa nourriture. Le premier régime est plus large, et la michna annonce que l'écart se réduit à deux points : entrer sur le terrain de l'autre, et emprunter des ustensiles étrangers à la préparation des aliments.

Rachi et les Tossefot ajoutent la condition qui commande tout le passage : il s'agit d'un lieu où l'on ne loue pas d'ustensiles semblables. Là où on en loue contre une perouta, le prêt épargne une dépense, et cette perouta pouvait acheter de la nourriture ; le profit devient alors un profit alimentaire, interdit même au moudar maakhal.

🖼️ Schéma
Ce qui est permis à chacun des deux vœux Objet du profit Moudar hanaa Moudar maakhal Entrer sur son terrain Interdit Permis Ustensile étranger à la nourriture, là où on n'en loue pas de semblable Interdit Permis Ustensile servant à préparer les aliments Interdit Interdit Là où l'on loue de tels ustensiles contre une perouta, le prêt devient un profit alimentaire : interdit aux deux.
Les deux lignes du milieu sont l'écart annoncé par la michna ; la dernière est le terrain commun que la guemara va relever.
2
גְּמָ׳ הָא לְעִנְיַן כֵּלִים שֶׁעוֹשִׂין בָּהֶן אֹוכֶל נֶפֶשׁ — זֶה וָזֶה שָׁוִין.

GUEMARA. Il en ressort que pour ce qui est des ustensiles avec lesquels on prépare de la nourriture, l'un et l'autre sont à égalité.

📜 Rachi (1)
גְּמָ' הָא לְעִנְיַן כֵּלִים שֶׁעוֹשִׂין בָּהֶן אֹוכֶל נֶפֶשׁ אָסוּר אַף בְּמֻודָּר מַאֲכָל וְאַפֵּי' בְּמָקוֹם שֶׁאֵין מַשְׂכִּירִים:
C'est interdit même à celui à qui seule la nourriture est interdite, et même dans un lieu où l'on ne loue pas d'ustensiles semblables.
💡 Explication

La guemara applique sa lecture habituelle de la formule restrictive : en disant que la différence se réduit à ces deux points, la michna affirme en creux que sur les ustensiles servant à préparer les aliments les deux vœux ont le même effet. Rachi précise la portée de cette égalité : elle vaut même là où l'on ne loue pas d'ustensiles semblables, donc même sans économie chiffrable d'une perouta, parce que l'objet touche directement à la nourriture.

3
דְּרִיסַת הָרֶגֶל? הָא לָא קָפְדִי אִינָשֵׁי! אָמַר רָבָא: הָא מַנִּי — רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, דְּאָמַר: וִיתּוּר אָסוּר בְּמֻודָּר הֲנָאָה.

Le passage du pied ? Mais les gens n'y prennent pas garde !

Rava dit : de qui émane cet enseignement ? De Rabbi Eliezer, qui dit : le viteour est interdit à celui à qui le profit est interdit par vœu.

📜 Rachi (2)
הָא לָא קָפְדִי אִינָשֵׁי וְאַמַּאי אָסוּר בְּמֻודָּר הֲנָאָה:
Pourquoi donc serait-ce interdit à celui à qui le profit est interdit ?
וִיתּוּר דָּבָר שֶׁהָיָה מְווַתֵּר לְכָל אָדָם וְאֵינוֹ מַקְפִּיד עָלָיו:
Une chose que l'on concède à tout le monde et sur laquelle on ne se montre pas pointilleux.
🗂️ Tossefot (1)
דְּרִיסַת הָרֶגֶל הָא לָא קָפְדִי אִינָשֵׁי. קָשֶׁה דְּהָא בְּחֶזְקַת הַבָּתִּים (ב"ב דַּף נז:) קָאָמַר בַּגְּמָרָא אֵלּוּ דְּבָרִים שֶׁאֵין לָהֶם חֲזָקָה וְאֵלּוּ דְּבָרִים שֶׁיֵּשׁ לָהֶם חֲזָקָה וְכוּ' מַעֲמִיד בְּהֵמָה בֶּחָצֵר אֵין לָהֶם חֲזָקָה וּמוּקִי לָהּ הָתָם בְּשֻׁותָּפִין דִּבְהַעֲמָדָה כְּדִי לָא קָפְדִי וּפָרִיךְ וְהָתְנַן הַשֻּׁותָּפִין שֶׁנָּדְרוּ הֲנָאָה זֶה מִזֶּה אֲסוּרִין לִיכָּנֵס בֶּחָצֵר וּמְשַׁנֵּי לָהּ הָתָם מִיהוּ שָׁמְעִינַן לָהּ מִינָּהּ דְּאַדְּרִיסַת הָרֶגֶל קָפְדִי וְלֹא קָשֶׁה מֵהַהִיא דְּהָתָם פֶּרֶק בָּתְרָא דְבֵיצָה (דַּף לט:) דִּמְשַׁנֵּי הָתָם דִּלְעוֹלָם לָא קָפְדִי וּמַנִּי ר' אֱלִיעֶזֶר הִיא דִּלְמָא הָתָם מַיְירֵי בְּשֻׁותָּפִין אֲבָל שְׁאָר אִינָשֵׁי. וַדַּאי קָפְדִי אֲבָל הָכָא קַשְׁיָא דְּמַיְירֵי בִּסְתָם בְּנֵי אָדָם וְאַפֵּי' הָכִי קָאָמַר דְּלָא קָפְדִי וְתֵירֵץ ר"ת דְּהָכָא מַייְרֵי בְּבִקְעָה דְּלָא קָפְדִי בָּהּ שׁוּם אָדָם וּסְבָרָא הוּא לוֹמַר כֵּן דֻּומְיָא (דְּרֵישָׁא) דְּכֵלִים שֶׁאֵין עוֹשִׂין בָּהֶן אֹוכֶל נֶפֶשׁ דְּמַייְרֵי שֶׁאֵין מַשְׂכִּירִין כַּיּוֹצֵא בָּהֶן דְּמוֹקִימְנָן לָהּ בִּנְדָרִים (דַּף לב:) כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר:
Il y a une difficulté. Dans le chapitre Hezkat habatim (Baba Batra 57b), la guemara énumère les choses qui ne donnent pas lieu à hazaka, présomption de droit acquise par l'usage, et celles qui y donnent lieu : faire stationner une bête dans une cour ne donne pas lieu à hazaka, et l'on explique là qu'il s'agit d'associés, car pour un simple stationnement ils ne sont pas pointilleux. On objecte alors : mais une michna enseigne que des associés qui se sont interdit par vœu tout profit l'un de l'autre n'ont pas le droit d'entrer dans la cour ! Et la guemara y répond. De cette réponse nous apprenons du moins que, pour le passage du pied, les gens sont pointilleux. Il n'y a pas de difficulté à partir du dernier chapitre de Betsa (39b), où l'on répond qu'en vérité ils ne sont pas pointilleux et que cet enseignement suit Rabbi Eliezer, car là-bas il s'agit peut-être d'associés, tandis que les autres gens sont assurément pointilleux. Mais ici la difficulté demeure, puisqu'il s'agit de gens ordinaires et que l'on dit pourtant qu'ils ne sont pas pointilleux. Rabbenou Tam a répondu qu'ici il s'agit d'une plaine, où nul n'est pointilleux ; et il est logique de le dire, par analogie avec le début de la michna sur les ustensiles étrangers à la préparation des aliments, qui vise un lieu où l'on ne loue pas d'ustensiles semblables, et que l'on rattache dans Nedarim (32b) à Rabbi Eliezer.
💡 Explication

La question porte sur la nature du profit. Traverser le terrain d'autrui ne coûte rien au propriétaire, et l'usage est de laisser passer ; il n'y a donc pas de profit mesurable à interdire. Rava répond en identifiant l'auteur de la michna : Rabbi Eliezer tient que le vitéour, ce qu'un homme concède à tous sans y prendre garde, reste interdit à celui qui s'est interdit tout profit.

Les Tossefot relèvent que d'autres passages du Talmud supposent au contraire que les gens sont pointilleux sur le passage du pied. Rabbenou Tam répond que notre michna vise une bik'a, une plaine ouverte, où nul ne s'en soucie ; la lecture rejoint celle du début de la michna, explicitement rattachée à Rabbi Eliezer dans Nedarim.

🖼️ Schéma
Le vitéour : un profit que le propriétaire ne compte pas Difficulté Traverser le terrain d'autrui ne lui coûte rien et il laisse passer : où est le profit interdit ? Rabbi Eliezer, selon Rava Le vitéour est interdit : même ce que le propriétaire concède à tous reste un profit pour celui qui se l'est interdit. Position opposée Le vitéour est permis : un profit auquel personne ne prend garde échappe à l'interdit du vœu. Réponse de Rabbenou Tam aux passages parallèles Baba Batra suppose que l'on est pointilleux sur le passage du pied ; Betsa suppose le contraire. Notre michna parle d'une bik'a, plaine ouverte, où nul ne s'en soucie : le vitéour y est à l'état pur.
Le point discuté est la définition même du profit : suffit-il que le bénéficiaire gagne, ou faut-il que le propriétaire perde ?
4
מַתְנִי׳ אֵין בֵּין נְדָרִים לִנְדָבוֹת, אֶלָּא שֶׁהַנְּדָרִים חַיָּיב בְּאַחְרָיוּתָן, וּנְדָבוֹת אֵינוֹ חַיָּיב בְּאַחְרָיוּתָן.

MICHNA. Il n'y a entre les nedarim et les nedavot que ceci : pour les nedarim on est tenu d'en répondre, tandis que pour les nedavot on n'en est pas tenu.

📜 Rachi (1)
מַתְנֵי' נֶדֶר וּנְדָבָה מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא נֶדֶר הָאוֹמֵר הֲרֵי עָלַי עוֹלָה וּלְאַחַר זְמַן הַפְּרִישָׁה חַיָּיב בְּאַחְרָיוּתָהּ נְדָבָה הָאוֹמֵר הֲרֵי זוֹ וְלֹא קִבְּלָהּ עָלָיו:
La guemara l'explique : le neder est le fait de dire « il m'incombe d'apporter un holocauste », et après avoir mis une bête à part il est tenu d'en répondre ; la nedava est le fait de dire « celle-ci est un holocauste », sans avoir pris d'engagement personnel.
🗂️ Tossefot (1)
אֵין בֵּין נֶדֶר לִנְדָבָה. קַשְׁיָא אַמַּאי לָא תָּנֵי שֶׁנְּדָבָה בָּאָה מִן הַמַּעֲשֵׂר דִּכְתִיב (דְּבָרִים כ״ז:ז׳) וְזָבַחְתָּ שְׁלָמִים גַּבֵּי מַעֲשֵׂר וְנָדַר אֵינוֹ בָּא אֶלָּא מִן הַחֻולִּין וְכֵיוָן דְּאָמַר הֲרֵי עָלַי הָוֵי נֶדֶר וי"ל דְּמִן הַדִּין לָא תְּנָא לֵיהּ מִשּׁוּם דְּאַיְּירִי בְּקָרְבָּן שֶׁהֻופְרַשׁ כְּבָר וְאַשְׁמְעִינַן דְּאֵין חִילּוּק בַּעֲבוֹדָתָן אֲבָל בְּקָרְבָּן שֶׁלֹּא הֻופְרַשׁ פְּשִׁיטָא לֵיהּ שֶׁיֵּשׁ הַרְבֵּה חִילּוּקִים אִי נָמֵי דִּתְנָא וְשִׁייֵּר וּנְהִי דְּאֵין בֵּין קָאָמַר דְּמַשְׁמַע דְּהָוֵי דַּוְקָא כִּדְאָמַר בִּמְרֻובָּה (בּ"ק דַּף סב: וְשָׁם) מ"מ לָא קַשְׁיָא דִּבְמַסֶּכֶת תַּעֲנִית (דַּף יג: וְשָׁם) אַשְׁכְּחַן אֵין בֵּין דְּשִׁיֵּיר דְּקָאָמַר אֵין בֵּין שָׁלֹשׁ אֶמְצָעִיּוֹת וְכִי תֵּימָא תְּנָא וְשַׁיַּיר וְהָא אֵין בֵּין קָתָנֵי וּפָרִיךְ וְתִסְבְּרָא אֵין בֵּין דַּוְוקָא וְהָא שִׁיֵּיר תֵּיבָה וּמְשַׁנֵּי אִי מִשּׁוּם תֵּיבָה לָאו שִׁיּוּרָא הוּא מִכָּל מָקוֹם מַשְׁמַע דְּאִי הֲוָה מְשַׁייֵּר לֵיהּ לָא הֲוָה קַשְׁיָא לֵיהּ כְּלָל אַף עַל גַּב דְּקָתָנֵי אֵין בֵּין :
Il y a une difficulté : pourquoi la michna n'enseigne-t-elle pas que la nedava peut être apportée du maasser, la dîme que l'on consomme à Jérusalem, puisqu'il est écrit à son propos « tu sacrifieras des offrandes de paix » (Deutéronome 27, 7), tandis que le neder ne peut venir que de biens profanes, du moment qu'il a dit « il m'incombe » et qu'il s'agit d'un neder ? On peut répondre qu'il était logique de ne pas l'enseigner, parce que la michna traite d'une offrande déjà mise à part et nous apprend qu'il n'y a pas de différence dans leur service, tandis que pour une offrande non encore mise à part il est évident qu'il existe de nombreuses différences. On peut aussi répondre que le tana a enseigné une chose en en omettant d'autres. Et bien qu'il dise « il n'y a entre », formule qui paraît exclusive, comme il est dit dans le chapitre Merouba (Baba Kama 62b), il n'y a pourtant pas de difficulté : dans le traité Taanit (13b) on trouve un « il n'y a entre » qui omet quelque chose, lorsqu'il est dit « il n'y a entre les trois jeûnes du milieu et les trois derniers que... ». Et si tu objectes que le tana a omis alors qu'il enseigne « il n'y a entre », la guemara y demande précisément : penses-tu que « il n'y a entre » soit exclusif ? mais il a omis la teva, l'arche que l'on sort sur la place ! Elle répond que pour la teva ce n'est pas une omission. En tout état de cause, il en ressort que s'il y avait eu là une omission, cela n'aurait soulevé aucune difficulté, bien que le tana enseigne « il n'y a entre ».
💡 Explication

Le neder et la nedava désignent ici deux manières de consacrer une offrande volontaire. La michna réduit leur différence à l'a'harayout, la responsabilité : si la bête disparaît, celui qui a fait un neder doit en apporter une autre, celui qui a fait une nedava est quitte. Rachi annonce que la guemara donnera les formules exactes qui créent chaque régime.

Les Tossefot demandent pourquoi la michna passe sous silence une autre différence connue, l'origine des fonds. Ils répondent que la michna traite d'une bête déjà mise à part, où les deux régimes se ressemblent, et rappellent qu'ailleurs aussi la formule « il n'y a entre » laisse des points de côté.

5
גְּמ׳ הָא לְעִנְיַן ״בַּל תְּאַחֵר״ — זֶה וָזֶה שָׁוִין.

GUEMARA. Il en ressort que pour ce qui est de bal te'ahar, l'un et l'autre sont à égalité.

📜 Rachi (1)
גְּמָ' הָא לְעִנְיַן בַּל תְּאַחֵר וְאַף עַל גַּב דִּנְדָבָה בִּקְרָא דְּבַל תְּאַחֵר לָא כְּתִיבָא הָא מִרַבֵּינַן לֵיהּ בְּמַסֶּכֶת רֹאשׁ הַשָּׁנָה מִגְּזֵרָה שָׁוָה:
Bien que la nedava ne figure pas dans le verset de bal te'ahar, on l'y inclut dans le traité Roch Hachana par une gezera chava.
💡 Explication

Même lecture en creux que plus haut : puisque la michna ne retient que la responsabilité, l'interdit de bal te'ahar, tarder à s'acquitter d'une obligation prise envers le Temple, pèse identiquement sur le neder et sur la nedava. Rachi prévient l'objection : le verset de bal te'ahar ne mentionne pas la nedava, mais le traité Roch Hachana l'y inclut par une gezera chava, rapprochement de deux expressions identiques présentes dans deux versets.

6
תְּנַן הָתָם: אֵי זֶהוּ נֶדֶר? הָאוֹמֵר: ״הֲרֵי עָלַי עוֹלָה״. אֵיזוֹ הִיא נְדָבָה? הָאוֹמֵר: ״הֲרֵי זוֹ עוֹלָה״, וּמַה בֵּין נְדָרִים לִנְדָבוֹת? נְדָרִים, מֵתוּ אוֹ נִגְנְבוּ אוֹ אָבְדוּ — חַיָּיב בְּאַחְרָיוּתָן, נְדָבוֹת, מֵתוּ אוֹ נִגְנְבוּ אוֹ אָבְדוּ — אֵינוֹ חַיָּיב בְּאַחֲרָיוּתָן.

Nous avons appris là-bas dans une michna : qu'est-ce qu'un neder ? Celui qui dit « il m'incombe d'apporter un holocauste ».

Qu'est-ce qu'une nedava ? Celui qui dit « cette bête-ci est un holocauste ».

Et quelle différence y a-t-il entre les nedarim et les nedavot ? Pour les nedarim, si les bêtes sont mortes, ont été volées ou perdues, il est tenu d'en répondre ; pour les nedavot, si elles sont mortes, ont été volées ou perdues, il n'est pas tenu d'en répondre.

💡 Explication

La guemara cite la michna de Kinim qui donne les définitions attendues. Tout tient à deux mots : harei alay, il m'incombe, crée une dette personnelle qui survit à la bête ; harei zo, celle-ci, consacre un animal déterminé et rien de plus. Les trois cas énumérés, mort, vol, perte, couvrent les façons dont la bête peut disparaître sans faute de son propriétaire.

7
מְנָהָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנָן: ״וְנִרְצָה לוֹ לְכַפֵּר עָלָיו״, רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אֶת שֶׁעָלָיו — חַייָּב בְּאַחְרָיוּתוֹ, וְאֶת שֶׁאֵינוֹ עָלָיו — אֵינוֹ חַיָּיב בְּאַחְרָיוּתוֹ.

D'où ces règles viennent-elles ? De ce que nos maîtres ont enseigné : « et elle sera agréée pour lui, afin d'expier sur lui » (Lévitique 1, 4).

Rabbi Chimon dit : ce qui est sur lui, il est tenu d'en répondre ; ce qui n'est pas sur lui, il n'est pas tenu d'en répondre.

📜 Rachi (1)
אֶת שֶׁעָלָיו חַיָּיב בְּאַחְרָיוּתוֹ הָכִי דָּרַשׁ לֵיהּ לִקְרָא וְנִרְצָה לוֹ נִדְרוֹ לִכְשֶׁיִּתְכַּפֵּר בָּהֶן הָוְיָא נִרְצֶה אֲבָל מִקַּמֵּי כַּפָּרָה לֹא נִרְצָה וּבְאֵיזֶה קָרְבָּן אָמַרְתִּי לְךָ בְּאוֹתוֹ שֶׁעָלָיו וְהַיְינוּ עָלָיו דִּקְרָא:
Voici comment il interprète le verset : « et elle sera agréée pour lui », c'est-à-dire que son vœu est agréé lorsqu'il obtient l'expiation par ces bêtes, tandis qu'avant l'expiation il n'y a pas d'agrément. Et de quelle offrande ai-je parlé ? De celle qui est sur lui, ce qu'exprime le mot alav du verset.
💡 Explication

La baraita lit le verset de l'holocauste comme une condition : l'agrément du vœu n'intervient qu'avec l'expiation obtenue par la bête. Tant que l'expiation n'a pas eu lieu, l'engagement reste ouvert, donc la responsabilité demeure. Le mot alav, sur lui, désigne l'offrande qui pèse sur la personne et délimite le cas où cette responsabilité s'applique.

8
מַאי מַשְׁמַע? אָמַר רַבִּי יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי: כֵּיוָן דְּאָמַר ״עָלַי״ — כְּמַאן דִּטְעִין אַכַּתְפֵּיהּ דָּמֵי.

D'où cela ressort-il ? Rabbi Yits'hak bar Avdimi dit : du moment qu'il a dit « alay », il est comme un homme qui la porte sur son épaule.

📜 Rachi (1)
מַאי מַשְׁמַע דְּעָלָיו קַבָּלַת אַחְרָיוּת עָלָיו:
D'où ressort-il que le mot alav exprime la prise en charge de la responsabilité ?
💡 Explication

La guemara demande comment le mot alav peut exprimer une responsabilité plutôt qu'une simple désignation. Rabbi Yits'hak bar Avdimi répond par le sens concret de la préposition : dire « sur moi » place la charge sur la personne, comme un fardeau posé sur l'épaule. La charge ne quitte l'épaule qu'une fois l'offrande effectivement apportée.

🖼️ Schéma
Du mot alav à la responsabilité Le verset lekhaper alav, expier sur lui Rabbi Chimon Ce qui est sur lui, il en répond Règle pratique Bête perdue, il en apporte une autre Question : d'où tirer que alav signifie responsabilité ? Le mot pourrait ne désigner que la personne pour qui l'expiation est faite. Rabbi Yits'hak bar Avdimi Celui qui dit alay est comme un homme qui porte déjà l'offrande sur son épaule : la charge ne le quitte qu'au sacrifice.
La préposition est lue dans son sens matériel, ce qui transforme une désignation en dette.
9
מַתְנִי׳ אֵין בֵּין זָב הָרוֹאֶה שְׁתֵּי רְאִיּוֹת לָרוֹאֶה שָׁלֹשׁ אֶלָּא קָרְבָּן.

MICHNA. Il n'y a entre le zav qui a constaté deux émissions et celui qui en a constaté trois que le sacrifice.

📜 Rachi (1)
מַתְנֵי' שְׁתֵּי רְאִיּוֹת בְּיוֹם אֶחָד אוֹ בִּשְׁנֵי יָמִים רְצוּפִים וְכֵן שָׁלֹשׁ בְּיוֹם אֶחָד אוֹ בִּשְׁלֹשָׁה יָמִים רְצוּפִין אוֹ שְׁתַּיִם בְּיוֹם אֶחָד וְאַחַת לְמָחָר:
En un seul jour ou en deux jours consécutifs ; de même trois en un seul jour, ou en trois jours consécutifs, ou deux en un jour et une le lendemain.
💡 Explication

Le zav est l'homme atteint d'un écoulement d'un type particulier, décrit au chapitre 15 du Lévitique, qui le rend impur d'une impureté grave. La michna compare deux états : deux reïyot, émissions constatées, et trois. Le seul effet propre au troisième est l'obligation d'apporter un sacrifice après la guérison.

Rachi précise le compte : les émissions se comptent dans une même journée ou sur des jours consécutifs ; le nombre, et non la durée, détermine le statut.

10
גְּמָ׳ הָא לְעִנְיַן מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב וּסְפִירַת שִׁבְעָה — זֶה וָזֶה שָׁוִין.

GUEMARA. Il en ressort que pour ce qui est du couche et du siège, et du compte des sept jours, l'un et l'autre sont à égalité.

📜 Rachi (2)
גְּמ' מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב שָׁכַב אוֹ יָשַׁב עַל גַּבֵּי עֲשָׂרָה בְּגָדִים זֶה עַל זֶה כֻּולָּן אֲבוֹת הַטֻּומְאָה וַאֲפִילּוּ לֹא נָגַע בָּהֶן וְאִילּוּ נָגַע בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב אֵינוֹ [אֶלָּא] רִאשׁוֹן לַטֻּומְאָה וְאֵינוֹ מְטַמֵּא אָדָם וְכֵלִים אֶלָּא אֹוכָלִין וּמַשְׁקִין:
S'il s'est couché ou assis sur dix vêtements empilés l'un sur l'autre, tous deviennent sources premières d'impureté, et cela même s'il ne les a pas touchés. En revanche, s'il a touché un objet qui n'est ni couche ni siège, celui-ci n'atteint que le premier degré d'impureté et ne rend impurs ni les personnes ni les ustensiles, mais seulement les aliments et les boissons.
וּסְפִירַת שִׁבְעָה מִשֶּׁיִּפְסֹוק צָרִיךְ לִמְנוֹת ז' נְקִיִּים קֹודֶם שֶׁיִּטְבֹּול וְאִם רָאָה זוֹב בְּאֶחָד מֵהֶן סָתַר כָּל הַמְּנוּיִין:
Dès que l'écoulement cesse, il doit compter sept jours nets avant de s'immerger ; et s'il constate un écoulement pendant l'un d'eux, il annule tous les jours déjà comptés.
💡 Explication

Le michkav oumochav désigne la capacité particulière du zav à transmettre l'impureté à ce sur quoi il s'étend ou s'assied, sans même le toucher directement. Rachi en mesure la gravité : dix vêtements empilés deviennent tous av hatouma, source première d'impureté, alors qu'un objet simplement touché n'atteint que le premier degré. Le compte des sept jours est le délai de sept jours nets à observer après l'arrêt de l'écoulement, avant l'immersion.

11
מְנָהָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנָן: רַבִּי סִימַאי אוֹמֵר: מָנָה הַכָּתוּב שְׁתַּיִם, וּקְרָאוֹ ״טָמֵא״. שָׁלֹשׁ, וּקְרָאוֹ ״טָמֵא״. הָא כֵיצַד? שְׁתַּיִם לַטֻּומְאָה וְשָׁלֹשׁ לַקָּרְבָּן.

D'où ces règles viennent-elles ? De ce que nos maîtres ont enseigné : Rabbi Simaï dit : l'Écriture a compté deux émissions et l'a appelé impur ; elle en a compté trois et l'a appelé impur.

Comment cela ? Deux pour l'impureté et trois pour le sacrifice.

📜 Rachi (4)
מְנָא הָנֵי מִילֵּי דְּשָׁוִין לְטֻומְאָה וְאֵין שָׁוִין לְקָרְבָּן:
D'où vient qu'ils sont à égalité pour l'impureté et non pour le sacrifice ?
מָנָה הַכָּתוּב שְׁתַּיִם וְאִישׁ כִּי יִהְיֶה זָב מִבְּשָׂרוֹ זוֹבוֹ טָמֵא הוּא (וַיִּקְרָא ט״ו:ב׳) הֲרֵי שְׁתֵּי זִיבוֹת מְנוּיוֹת כָּאן וּקְרָאוֹ טָמֵא:
« Un homme, lorsqu'il aura un écoulement de sa chair, son écoulement est impur » (Lévitique 15, 2) : deux écoulements sont comptés ici, et l'Écriture l'a appelé impur.
שָׁלֹשׁ וּקְרָאוֹ טָמֵא דִּכְתִיב וְזֹאת תִּהְיֶה טֻומְאָתוֹ בְּזוֹבוֹ רָר בְּשָׂרוֹ אֶת זוֹבוֹ אוֹ הֶחְתִּים בְּשָׂרוֹ מִזּוֹבוֹ (שָׁם). הֲרֵי לְךָ שָׁלֹשׁ וּקְרָאוֹ טָמֵא טֻומְאָתוֹ הִיא:
Car il est écrit : « et telle sera son impureté dans son écoulement : que sa chair laisse couler son écoulement, ou que sa chair retienne son écoulement » (même chapitre). Tu en as trois, et l'Écriture l'a appelé impur : « c'est son impureté ».
הָא כֵיצַד אִם מִשְּׁתַּיִם טָמֵא לָמָּה פֵּרֵט לְךָ הַכָּתוּב שָׁלֹשׁ:
S'il est déjà impur à partir de deux, pourquoi l'Écriture t'a-t-elle détaillé trois ?
💡 Explication

Rabbi Simaï compare deux versets voisins. Le premier (Lévitique 15, 2) énumère deux écoulements et conclut à l'impureté ; le second (Lévitique 15, 3) en énumère trois et conclut également à l'impureté. Si deux suffisaient déjà, le second verset serait redondant. La solution répartit les deux comptes sur deux effets distincts : deux émissions établissent l'impureté, trois ajoutent l'obligation du sacrifice.

🖼️ Schéma
La derasha de Rabbi Simaï : deux versets qui disent tous deux impur Lévitique 15, 2 Un homme, lorsqu'il aura un écoulement de sa chair, son écoulement est impur. Deux écoulements comptés, verdict : impur Lévitique 15, 3 Sa chair laisse couler son écoulement, ou sa chair retient son écoulement. Trois écoulements comptés, verdict : impur Difficulté : si deux suffisent déjà, pourquoi l'Écriture détaille-t-elle trois ? Un verset ne peut répéter un résultat déjà acquis sans rien ajouter. Deux émissions Impureté du zav dans toute sa rigueur Trois émissions S'y ajoute l'obligation du sacrifice
La répétition du mot impur est traitée comme un surplus à affecter, ce qui produit la répartition entre impureté et sacrifice.
12
וְאֵימַר: שְׁתַּיִם לְטֻומְאָה וְלֹא לְקָרְבָּן, שָׁלֹשׁ לְקָרְבָּן וְלֹא לְטֻומְאָה! אָמַרְתָּ: עַד שֶׁלֹּא רָאָה שָׁלֹשׁ רָאָה שְׁתַּיִם.

Dis plutôt : deux pour l'impureté et non pour le sacrifice, trois pour le sacrifice et non pour l'impureté ! Tu diras : avant d'en avoir constaté trois, il en a déjà constaté deux.

📜 Rachi (3)
שְׁתַּיִם לְטֻומְאָה לְכָל חֹומֶר טֻומְאַת זָב:
Pour toute la rigueur de l'impureté du zav.
וְלֹא לְטֻומְאָה חֲמוּרָה אֶלָּא כְּבַעַל קֶרִי בְּעָלְמָא:
Pour l'impureté grave, il serait alors dans la situation ordinaire de celui qui a eu une émission séminale.
רָאָה שְׁתַּיִם וַהֲרֵי כְּבָר יָרַד לְכָל חֹומֶר טֻומְאָה וּמִי הוֹצִיאוֹ:
Il est déjà entré dans toute la rigueur de l'impureté ; qui l'en ferait sortir ?
💡 Explication

Première hypothèse alternative à la répartition de Rabbi Simaï : chaque compte aurait son effet exclusif, l'impureté pour deux et le sacrifice pour trois, sans cumul. La réponse est logique plus que scripturaire : les émissions se succèdent, et celui qui en est à trois est nécessairement passé par deux. L'impureté acquise à la deuxième ne se retire pas ; Rachi formule la chose en question, qui pourrait bien l'en faire sortir ?

13
וְאֵימַר: שְׁתַּיִם לְקָרְבָּן וְלֹא לְטֻומְאָה, שָׁלֹשׁ אַף לְטֻומְאָה! לָא סָלְקָא דַעְתָּךְ, דְּתַנְיָא: ״וְכִפֶּר עָלָיו הַכֹּהֵן לִפְנֵי ה׳ מִזּוֹבוֹ״, מִקְצָת זָבִין מְבִיאִין קָרְבָּן וּמִקְצָת זָבִין אֵין מְבִיאִין קָרְבָּן. הָא כֵיצַד? רָאָה שָׁלֹשׁ — מֵבִיא, שְׁתַּיִם — אֵינוֹ מֵבִיא.

Dis plutôt : deux pour le sacrifice et non pour l'impureté, trois pour l'impureté aussi ! Cela ne peut te venir à l'esprit, car il est enseigné : « et le cohen fera sur lui l'expiation devant Hachem, pour son écoulement » (Lévitique 15, 15) — une partie des zavim apporte un sacrifice et une partie des zavim n'en apporte pas.

Comment cela ? Celui qui en a constaté trois apporte, celui qui en a constaté deux n'apporte pas.

📜 Rachi (1)
מִזּוֹבוֹ מַשְׁמַע מִקְצָת זוֹבוֹ:
Le mot mizovo suggère une partie seulement de son écoulement.
💡 Explication

Seconde hypothèse alternative, symétrique de la première : le sacrifice se déclencherait dès deux émissions, l'impureté n'arrivant qu'à la troisième. Le raisonnement du segment précédent ne l'écarte pas, puisque rien n'empêche qu'un effet léger précède un effet grave. Une baraita y répond par le mot mizovo : la préposition min a valeur partitive et indique qu'une partie seulement des zavim apporte un sacrifice. Le plus grand nombre d'émissions revient nécessairement au cas le plus lourd.

14
אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא: רָאָה שְׁתַּיִם — מֵבִיא, רָאָה שָׁלֹשׁ — אֵינוֹ מֵבִיא, אָמַרְתָּ: עַד שֶׁלֹּא רָאָה שָׁלֹשׁ רָאָה שְׁתַּיִם.

Ou peut-être au contraire : celui qui en a constaté deux apporte, celui qui en a constaté trois n'apporte pas ? Tu diras : avant d'en avoir constaté trois, il en a déjà constaté deux.

💡 Explication

La baraita éprouve sa propre lecture. Une fois admis que seule une partie des zavim apporte un sacrifice, il reste à savoir laquelle. L'hypothèse inverse, deux oui et trois non, se heurte au même argument de succession : celui qui en est à trois est passé par deux, et l'obligation née à la deuxième émission ne disparaîtrait pas à la troisième.

15
וְאִיצְטְרִיךְ דְּרַבִּי סִימַאי וְאִיצְטְרִיךְ ״מִזּוֹבוֹ״, דְּאִי מִדְּרַבִּי סִימַאי — הֲוָה אָמֵינָא כִּי קֻושְׁייַן, קָמַשְׁמַע לַן ״מִזּוֹבוֹ״. וְאִי ״מִזּוֹבוֹ״ — לָא יָדַעְנָא כַּמָּה רְאִיּוֹת, קָמַשְׁמַע לַן דְּרַבִּי סִימַאי.

L'enseignement de Rabbi Simaï était nécessaire, et le mot « mizovo » l'était aussi. Car si l'on n'avait que celui de Rabbi Simaï, j'aurais dit comme notre objection ; c'est pourquoi « mizovo » nous l'apprend.

Et si l'on n'avait que « mizovo », je ne saurais pas combien d'émissions sont requises ; c'est pourquoi l'enseignement de Rabbi Simaï nous l'apprend.

📜 Rachi (1)
לָא יָדַעְנָא כַּמָּה רְאִיּוֹת הַאי מִקְצָת דְּמַשְׁמַע מֵהַאי קְרָא לָא יָדְעִינַן מַאי הִיא אוֹ שָׁלֹשׁ וְאַרְבַּע אוֹ שְׁתַּיִם וְשָׁלֹשׁ:
Cette partie que suggère le verset, nous ne savons pas laquelle c'est : trois et quatre, ou deux et trois.
💡 Explication

La guemara établit une tsrikhouta, démonstration que chacune des deux sources est indispensable. Rabbi Simaï fournit les nombres mais laisse ouverte la question de savoir lequel porte le sacrifice ; le mot mizovo fixe que le sacrifice ne concerne qu'une partie des zavim, mais reste muet sur le compte. Rachi souligne ce silence : la partie visée pourrait aussi bien être trois et quatre que deux et trois.

🖼️ Schéma
Tsrikhouta : pourquoi les deux sources sont nécessaires Rabbi Simaï seul Le mot mizovo seul Donne les nombres deux et trois, mais laisse place à l'objection : deux pour le sacrifice, trois pour l'impureté. Établit qu'une partie seulement des zavim apporte un sacrifice, sans dire combien d'émissions. Les deux ensemble Deux émissions pour l'impureté et le compte de sept jours ; trois émissions pour le sacrifice.
Chaque source comble exactement ce que l'autre laisse indéterminé : l'une le nombre, l'autre l'effet.
16
וְהַשְׁתָּא דַּאֲמַרְתְּ ״מִזּוֹבוֹ״ לִדְרָשָׁא, ״וְכִי יִטְהַר הַזָּב מִזּוֹבוֹ״ מַאי דְּרָשַׁת בֵּיהּ?

Et maintenant que tu dis que « mizovo » sert à une derasha, que tires-tu du verset « et lorsque le zav sera purifié de son écoulement » (Lévitique 15, 13) ?

💡 Explication

Le mot mizovo apparaît à deux endroits du chapitre. Une fois admis qu'il est exégétiquement chargé au verset 15, la guemara demande ce que devient celui du verset 13, qui ouvre la procédure de purification. La question suppose le principe que rien dans le texte ne se lit comme une simple répétition.

17
הַהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא: ״וְכִי יִטְהַר הַזָּב״ — לִכְשֶׁיִּפְסֹוק מִזּוֹבוֹ, [״מִזּוֹבוֹ״ —] וְלֹא מִזּוֹבוֹ וְנָגְעוּ. ״מִזּוֹבוֹ וְסָפַר״ — לִימֵּד עַל זָב בַּעַל שְׁתֵּי רְאִיּוֹת שֶׁטָּעוּן סְפִירַת שִׁבְעָה.

Celui-là est nécessaire pour ce qui est enseigné : « et lorsque le zav sera purifié », c'est-à-dire lorsque son écoulement aura cessé ; « de son écoulement », et non de son écoulement et de sa plaie. « De son écoulement, il comptera » : cela enseigne au sujet du zav qui a constaté deux émissions qu'il est tenu lui aussi de compter sept jours.

📜 Rachi (2)
לִכְשֶׁיִּפְסֹוק מִזּוֹבוֹ אֵין צָרִיךְ לִיטְבֹּול קֹודֶם סְפִירָה אֶלָּא מִשֶּׁיִּפְסֹוק יִמְנֶה הָכִי גָּרְסִינַן בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים מִזּוֹבוֹ וְלֹא מִזּוֹבוֹ וּמִנִּגְעוֹ שֶׁאִם הָיָה זָב וּמְצֹורָע וּפָסַק מִזּוֹבוֹ וְלֹא נִתְרַפֵּא עֲדַייִן מִנִּגְעוֹ וְסָפַר אֵין אוֹמְרִים לוֹ אֵין סְפִירָה זוֹ נְקִיּוּת עַד שֶׁיִּטְהַר אַף מִנִּגְעוֹ אֶלָּא מוֹנֶה וְהוֹלֵךְ מִיָּד וְעוֹלֶה לוֹ לִסְפִירַת זוֹב וְלִכְשֶׁיִּתְרַפֵּא מִצָּרַעְתּוֹ יִטְבֹּול מִיָּד טְבִילָה רִאשׁוֹנָה שֶׁל מְצֹורָע וְהִיא עוֹלָה לוֹ לִטְבִילַת נִגְעוֹ וְזוֹבוֹ וְנִטְהַר מִלְּטַמֵּא מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב וּלְטַמֵּא כְּלֵי חֶרֶס בְּהֶיסֵּט כְּדִין זָב וְאַף עַל פִּי שֶׁצָּרִיךְ לִסְפִירַת שִׁבְעָה לְצָרַעְתּוֹ לְעִנְיַן אֲכִילַת קָדָשִׁים וּטְבִילָה שְׁנִיָּה כְּדִכְתִיב בִּמְצוֹרָע (וַיִּקְרָא י״ד:ח׳-ט׳) וְרָחַץ בַּמַּיִם וְטָהֵר וְאַחַר יָבֹא אֶל הַמַּחֲנֶה וְיָשַׁב מִחוּץ לְאָהֳלוֹ שִׁבְעַת יָמִים וְהָיָה בַיּוֹם הַשְּׁבִיעִי יְגַלַּח אֶת כָּל שְׂעָרוֹ וְגוֹ' וְרָחַץ בְּשָׂרוֹ בַּמָּיִם וְגוֹ' אַהֲנֵי טְבִילָה קַמַּיְיתָא לְטַהֲרוֹ מִלְּטַמֵּא מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב וּכְלִי חֶרֶס בְּהֶיסֵּט:
Il n'a pas besoin de s'immerger avant de compter : dès que l'écoulement cesse, il compte. Ainsi lisons-nous dans le Torat Cohanim : « de son écoulement », et non de son écoulement et de sa plaie. Si un homme était à la fois zav et metsora, que son écoulement a cessé mais qu'il n'est pas encore guéri de sa plaie, on ne lui dit pas que ce compte ne vaut pas comme jours nets tant qu'il n'est pas purifié aussi de sa plaie : il compte des maintenant, et ces jours lui valent pour le compte de l'écoulement. Lorsqu'il guérira de sa tsaraat, il s'immergera aussitôt de la première immersion du metsora, et celle-ci lui vaut aussi pour l'immersion de sa plaie et de son écoulement ; le voilà pur de transmettre l'impureté au couche et au siège, et de rendre impurs les vases de terre par heset, déplacement sans contact, comme le fait un zav. Et bien qu'il ait encore besoin d'un compte de sept jours pour sa tsaraat, quant à la consommation des kodachim et à la seconde immersion, comme il est écrit à propos du metsora : « il lavera son corps dans l'eau et il sera pur, après quoi il entrera dans le camp, et il restera hors de sa tente sept jours ; et au septième jour il rasera tous ses cheveux... et il lavera sa chair dans l'eau... » (Lévitique 14, 8-9), la première immersion a déjà produit son effet, le rendre pur de transmettre l'impureté au couche, au siège et aux vases de terre par heset.
מִזּוֹבוֹ וְסֵפֶר לְהָכִי סָמַךְ סְפִירָה אֵצֶל זוֹבוֹ לְלַמֶּדְךָ שֶׁאַף בִּשְׁבִיל מִקְצָת זָב טָעוּן סְפִירָה לִימֵּד עַל זָב בַּעַל שְׁתֵּי רְאִיּוֹת:
C'est pour cela que l'Écriture a placé le compte à côté de « son écoulement » : pour t'enseigner que même pour une partie du zav on est tenu de compter ; cela enseigne au sujet du zav qui a constaté deux émissions.
💡 Explication

Le verset 13 fournit trois enseignements. Le premier fixe le point de départ du compte, l'arrêt de l'écoulement, sans exiger d'immersion préalable. Le deuxième écarte un cumul : un homme atteint à la fois d'écoulement et de tsaraat, l'affection décrite au Lévitique, compte ses sept jours des l'arrêt de l'écoulement, sans attendre la guérison de la plaie. Rachi déroule la suite : la première immersion du metsora vaut aussi pour l'écoulement et le libère de transmettre l'impureté au couche et au siège.

Le troisième enseignement vient de la juxtaposition de « son écoulement » et de « il comptera » : même celui qui n'a eu que deux émissions doit compter sept jours nets.

🖼️ Schéma
Trois enseignements tirés du verset qui ouvre la purification Ve-ki yithar hazav mizovo ve-safar lo chiv'at yamim (Lévitique 15, 13) ve-ki yithar Le compte part de l'arrêt de l'écoulement, sans immersion. mizovo De son écoulement, et non de son écoulement et sa plaie. mizovo ve-safar Le zav de deux émissions compte lui aussi sept jours. Cas du zav également atteint de tsaraat, selon Rachi L'écoulement cesse, la plaie demeure : il commence déjà ses sept jours nets pour l'écoulement. À la guérison de la plaie, la première immersion du metsora vaut aussi pour l'écoulement ; il cesse alors de rendre impurs le couche, le siège et les vases de terre par heset.
Un seul verset est découpé en trois leçons ; la troisième fournit la source du point commun relevé par la guemara au début de la sougya.
18
וַהֲלֹא דִּין הוּא, אִם מְטַמֵּא מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב לֹא יְהֵא טָעוּן סְפִירַת שִׁבְעָה?

Mais cela ne découle-t-il pas du raisonnement ? S'il rend impurs le couche et le siège, ne serait-il pas tenu de compter sept jours ?

📜 Rachi (1)
לֹא יְהֵא טָעוּן סְפִירַת שִׁבְעָה בִּתְמִיהַּ אַחַר שֶׁאָמַרְתָּ שְׁתַּיִם כו' וה"ג הֲלֹא דִּין הוּא אִם מְטַמֵּא מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב בִּשְׁתֵּי רְאִיּוֹת לְכָל חֹומֶר טֻומְאַת זָב מֵהֵיכָן יִתְמַעֵט מִסְּפִירָה:
C'est une question d'étonnement : après que tu as dit « deux pour l'impureté », etc. Voici la leçon : cela ne découle-t-il pas du raisonnement ? S'il rend impurs le couche et le siège dès deux émissions, avec toute la rigueur de l'impureté du zav, d'où serait-il exclu du compte ?
🗂️ Tossefot (1)
יֵשׁ סְפָרִים דְּגָרְסִי וּמַה מְצֹורָע שֶׁאֵין מְטַמֵּא מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב. וּבְתוֹרַת כֹּהֲנִים תָּנֵי שֶׁמְּטַמֵּא מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב וְתֵירֵץ רַשִׁ"י בִּפְסָחִים (דַּף סז: ד"ה זָב) דְּהַיְינוּ לְטַמֵּא אֳוכָלִין וּמַשְׁקִין אֲבָל לֹא לְטַמֵּא אָדָם וְכֵלִים. כְּגוֹן זָב:
Certains livres lisent : « et si le metsora, qui ne rend pas impurs le couche et le siège... ». Or le Torat Cohanim enseigne qu'il les rend bien impurs. Rachi a répondu dans Pessahim (67b, au mot zav) qu'il s'agit de les rendre impurs pour les aliments et les boissons, sans les rendre impurs pour les personnes et les ustensiles, comme le fait le zav.
💡 Explication

La baraita conteste l'utilité du verset. Puisque le zav de deux émissions subit déjà la rigueur de l'impureté, transmettant l'impureté au couche et au siège, le compte des sept jours devrait suivre sans qu'un verset soit nécessaire. Rachi lit la phrase comme une interrogation étonnée : d'où aurait-on pu l'exclure du compte ? La suite du raisonnement se poursuit au folio suivant.

Les Tossefot discutent une variante de texte comparant le zav au metsora, et résolvent la contradiction avec le Torat Cohanim par une distinction de degré : le metsora rend impurs les aliments et les boissons, sans atteindre les personnes et les ustensiles comme le fait le zav.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).