Megillah 8b — Fin de la sougya du zav : les deux lectures de « mizovo » ; puis deux michnayot : le metsora mousgar et le metsora mouhlat, et les sefarim face aux tefillin et mezouzot

Megillah 8b

Sougya : Le folio achève d'abord la discussion ouverte plus haut sur le zav qui n'a eu que deux ré'iyot. Une baraita établit par le mot « mizovo » qu'un tel zav est tenu du compte de sept jours, alors qu'un autre « mizovo » servait à l'exclure du sacrifice.

Rav Papa demande à Abaye ce qui distingue les deux lectures du même mot, et Abaye répond en trois temps : le verset ne se tait pas pour rien, le raisonnement ne suffirait pas puisque la chomeret yom keneged yom le réfute, et l'autre emploi possible du mot s'obtient déjà autrement. Vient ensuite la michna qui oppose le metsora mousgar (mis en quarantaine) au metsora mouhlat (déclaré atteint) : ils ne diffèrent que par la pri'a et la prima, et, au moment de la pureté, par le rasage et les deux oiseaux.

La guemara cherche la source de cette limitation : la lecture de Rav Chmouel bar Yitshak sur « vetaher » est réfutée par Rava au moyen du verset du zav, puis Rava propose « acher bo », que Abaye met à l'épreuve du chilouah, ce qui conduit au surplus « kol yemei » et au verset « ve-hine nirpa ». Le folio s'achève sur une troisième michna : les sefarim s'écrivent en toute langue, les tefillin et les mezouzot seulement en achourit, Rabban Chimon ben Gamliel n'admettant que le grec ; une baraita qui exige achourit, parchemin et encre est opposée à la michna, et la réponse de Rava est à peine amorcée.

Les trois moments du folio 1. Fin de la sougya du zav (suite de 8a) Le zav a deux ré'iyot : exclu du sacrifice par un "mizovo", inclus dans le compte de sept jours par un autre. Rav Papa interroge Abaye sur la différence de lecture ; Abaye répond en trois étapes. 2. Michna : mousgar et mouhlat Une seule différence pendant l'impureté (pri'a et prima), une seule au moment de la pureté (rasage, oiseaux). La guemara cherche le verset qui limite ces obligations au seul mouhlat : trois tentatives successives. 3. Michna : sefarim, tefillin et mezouzot Les sefarim en toute langue ; tefillin et mezouzot en achourit seulement ; RCbG n'admet que le grec. Une baraita exigeant achourit, parchemin et encre est opposée à la michna : Rava commence à répondre.
Le folio enchaîne la fin d'une discussion exégétique sur le zav et deux michnayot bâties sur la même formule.
Metsora mousgar et metsora mouhlat : ce qui les sépare et ce qui les réunit Mousgar — impureté liée aux jours Mouhlat — impureté liée au corps Pendant l'impureté Pri'a (tête découverte) : non Prima (vêtements déchirés) : non Source : "acher bo" — sa tsara'at Pendant l'impureté Pri'a : oui Prima : oui ne dépend pas de son corps. Au moment de la pureté Tiglahat (rasage) : non Tsiporim (deux oiseaux) : non Source : "ve-hine nirpa" — guérison. Au moment de la pureté Tiglahat : oui Tsiporim : oui Sa pureté dépend d'une guérison. Égaux sur tout le reste Chilouah hors des camps (tiré du surplus "kol yemei") et impureté transmise par la simple entrée dans une maison.
Le mousgar porte la même impureté et le même renvoi que le mouhlat ; seules la pri'a, la prima, le rasage et les oiseaux lui échappent.
Trois tentatives pour fonder la michna sur un verset 1. Rav Chmouel bar Yitshak : "vekhibes begadav ve-taher" "Ve-taher" au présent : il était déjà pur auparavant — pur de pri'a et de prima dès le départ. Rava réfute : le même mot figure chez le zav, où aucune pureté antérieure n'est concevable. 2. Rava : "ve-hatsaroua acher bo ha-naga" Seul celui dont la tsara'at tient à son corps est visé ; le mousgar, lié aux jours, en est exclu. Abaye objecte : la même lecture dispenserait le mousgar du chilouah, contre la michna. Réponse de Rava : le surplus "kol yemei" Le verset pouvait écrire "yemei" et écrit "kol yemei" : ce surplus inclut le mousgar dans le chilouah. 3. Abaye, pour le rasage et les oiseaux : "ve-hine nirpa" — celui dont la tsara'at dépend d'une guérison.
Chaque verset règle un point précis : ce qui est retiré au mousgar, ce qui lui est rendu, et ce qui vaut au moment de sa pureté.
1
שׁוֹמֶרֶת יוֹם כְּנֶגֶד יוֹם תּוֹכִיחַ, שֶׁמְּטַמְּאָה מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב, וְאֵינָהּ טְעוּנָה סְפִירַת שִׁבְעָה.

La chomeret yom keneged yom le prouvera : elle rend impurs le lit et le siège, et pourtant elle n'est pas tenue à un compte de sept jours.

📜 Rachi (2)
שׁוֹמֶרֶת יוֹם כְּנֶגֶד יוֹם הָרוֹאָה יוֹם אֶחָד אוֹ שְׁנַיִם בְּתוֹךְ אַחַד עָשָׂר יוֹם שֶׁבֵּין נִדָּה לְנִדָּה מוֹנָה יוֹם אֶחָד וְטוֹבֶלֶת בּוֹ בַּיּוֹם תּוֹכִיחַ:
Celle qui voit un jour ou deux à l'intérieur des onze jours qui séparent une nidda de la suivante, compte un seul jour et s'immerge ce jour-là : c'est elle qui le prouvera.
שֶׁמְּטַמְּאָה מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב בִּשְׁמַעְתָּא בָּתְרָייְתָא דְּמַסֶּכֶת נִדָּה (דַּף עב:) מִרַבֵּינַן לָהּ:
Dans la dernière sougya du traité Nidda (72b), nous l'incluons à partir des versets.
💡 Explication

Le folio reprend une baraita commencée plus haut. Elle voulait écarter par le raisonnement l'idée qu'un zav à deux ré'iyot soit tenu du compte de sept jours purs : puisqu'il communique déjà l'impureté au michkav oumochav (le lit et le siège sur lesquels il s'appuie), on aurait pu croire que le compte le suit nécessairement. La chomeret yom keneged yom — la femme qui, ayant vu du sang pendant les onze jours qui séparent deux périodes de nidda, observe un jour propre en face du jour où elle a vu — brise ce lien : elle transmet cette impureté sans compter sept jours.

2
וְאַף אַתָּה אַל תִּתְמַהּ עַל זֶה, שֶׁאַף עַל פִּי שֶׁמְּטַמֵּא מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב לֹא יְהֵא טָעוּן סְפִירַת שִׁבְעָה, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מִזּוֹבוֹ וְסָפַר״, מִקְצָת זוֹבוֹ וְסָפַר — לִימֵּד עַל זָב בַּעַל שְׁתֵּי רְאִיּוֹת שֶׁטָּעוּן סְפִירַת שִׁבְעָה.

Et toi non plus, ne t'étonne pas à son sujet : bien qu'il rende impurs le lit et le siège, il ne serait pas tenu à un compte de sept jours. C'est pourquoi le verset enseigne : « mizovo vesafar » (de son écoulement, et il comptera) — une partie de son écoulement, et il comptera : cela enseigne au sujet du zav qui a eu deux ré'iyot (émissions) qu'il est tenu au compte de sept jours.

💡 Explication

Le raisonnement seul ne pouvant rien établir, la baraita se tourne vers le verset. Elle lit le mem de mizovo comme un partitif : « une partie de son écoulement ». Celui qui n'a pas la mesure complète du zav — deux ré'iyot au lieu de trois — entre malgré tout dans l'obligation de compter sept jours propres avant de s'immerger.

3
אָמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבַּיֵּי: מַאי שְׁנָא הַאי ״מִזּוֹבוֹ״ דִּמְרַבֵּי בֵּיהּ זָב בַּעַל שְׁתֵּי רְאִיּוֹת, וּמַאי שְׁנָא הַאי ״מִזּוֹבוֹ״ דִּמְמַעֵט בֵּיהּ זָב בַּעַל שְׁתֵּי רְאִיּוֹת?

Rav Papa dit à Abaye : qu'est-ce qui distingue ce « mizovo »-ci, dont on tire l'inclusion du zav à deux ré'iyot, et qu'est-ce qui distingue ce « mizovo »-là, dont on tire l'exclusion du zav à deux ré'iyot ?

📜 Rachi (1)
מַאי שְׁנָא הַאי מִזּוֹבוֹ מִזּוֹבוֹ וְסָפַר (לה) דָּרְשַׁת לֵיהּ דְּמִקְצָת זוֹב וּלְאַשְׁמוֹעִינַן דְּמִקְצָת זָבִין טְעוּנִין סְפִירַת שִׁבְעָה וּבְהָא עִנְיָינָא שָׁמְעִינַן מִינֵּיהּ זָב בַּעַל שְׁתֵּי רְאִיּוֹת לִסְפִירָה וּמַאי שְׁנָא הַאי מִזּוֹבוֹ דִּלְעֵיל דִּכְתִיב לְגַבֵּי קָרְבָּן וְלָא דָּרְשַׁת לֵיהּ מִקְצָת זוֹב לַאֲתוּיֵי זָב בַּעַל שְׁתֵּי רְאִיּוֹת לְקָרְבָּן אֶלָּא מִקְצָת זָבִין דָּרְשַׁת לֵיהּ וּמֻוקֶּמֶת לֵיהּ אַבַּעַל שָׁלֹשׁ רְאִיּוֹת וּמְמַעֶטֶת מִינֵּיהּ בַּעַל שְׁתֵּי רְאִיּוֹת:
« Mizovo vesafar » : tu l'expliques comme « une partie de son écoulement », pour nous apprendre qu'une partie des zavim est tenue au compte de sept jours, et c'est ainsi que nous y trouvons le zav à deux ré'iyot pour ce qui est du compte. Et qu'est-ce qui distingue le « mizovo » précédent, écrit à propos du sacrifice, que tu n'expliques pas comme « une partie de son écoulement » pour inclure le zav à deux ré'iyot dans le sacrifice, mais que tu expliques comme « une partie des zavim », que tu appliques à celui qui a eu trois ré'iyot, en excluant par là celui qui n'en a eu que deux ?
💡 Explication

Deux versets emploient le même mot. Celui du sacrifice a été lu plus haut comme « une partie des zavim » : seul le zav complet, à trois ré'iyot, apporte le sacrifice, et celui à deux ré'iyot en est exclu. Celui du compte est lu comme « une partie de son écoulement » : même le zav incomplet compte sept jours. Rav Papa demande ce qui autorise à faire jouer le même mot dans deux sens opposés.

🖼️ Schéma
Le même mot lu dans deux sens : la question de Rav Papa Verset du sacrifice "mizovo" = une partie DES ZAVIM Seul le zav complet, à trois ré'iyot, apporte le sacrifice. Effet : exclusion du zav à deux ré'iyot. Verset du compte "mizovo" = une partie DE SON ÉCOULEMENT Même le zav incomplet compte sept jours propres. Effet : inclusion du zav à deux ré'iyot. Rav Papa : pourquoi ce partage ? Un seul mot, deux découpages possibles ; il faut une raison de choisir l'un ici et l'autre la.
Les deux lectures du mot mizovo et leurs effets opposés sur le zav qui n'a eu que deux ré'iyot.
4
אֲמַר לֵיהּ: אִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ הַאי לְמַעוֹטֵי הוּא דַּאֲתָא — לִישְׁתּוֹק קְרָא מִינֵּיהּ, וְכִי תֵּימָא: אָתְיָא מִדִּינָא, שׁוֹמֶרֶת יוֹם כְּנֶגֶד יוֹם תּוֹכִיחַ.

Il lui dit : si tu penses que celui-ci vient exclure, que le verset se taise ! Et si tu dis qu'on l'aurait déduit par le raisonnement, la chomeret yom keneged yom le prouve.

📜 Rachi (2)
לִישְׁתּוֹק קְרָא מִינֵּיהּ וּמֵהֵיכָא תַּיְתֵי לָן סְפִירָה:
Et d'où nous serait alors venu le compte ?
וְכִי תֵּימָא אָתְיָא מִדִּינָא דִּלְעֵיל כְּדַאֲמַרְתְּ אִם מְטַמֵּא מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב לֹא יְהֵא טָעוּן סְפִירַת שִׁבְעָה לָא אָתְיָא דְּהָא אֲמַרְתְּ שׁוֹמֶרֶת יוֹם כְּנֶגֶד יוֹם תּוֹכִיחַ:
Le raisonnement rapporté plus haut, comme tu l'as dit : s'il rend impurs le lit et le siège, se pourrait-il qu'il ne soit pas tenu au compte de sept jours ? Ce raisonnement ne tient pas, puisque tu as dit toi-même que la chomeret yom keneged yom le prouve.
💡 Explication

Première réponse d'Abaye, en deux temps. D'abord un argument d'économie : pour exclure le zav à deux ré'iyot du compte, aucun mot n'était nécessaire, puisque rien ne l'y incluait. Ensuite la parade à l'objection attendue : on pourrait prétendre qu'un raisonnement l'y aurait inclus et que le verset vient donc le bloquer. Ce raisonnement est précisément celui que la baraita du début du folio a écarté au moyen de la chomeret yom keneged yom.

5
וְכִי תֵּימָא: הַאי מִיבְּעֵי לֵיהּ ״מִזּוֹבוֹ״ וְלֹא מִנִּגְעוֹ, אִם כֵּן לִיכְתּוֹב קְרָא ״וְכִי יִטְהַר הַזָּב״ וְלִישְׁתֹּוק. ״מִזּוֹבוֹ״ לָמָּה לִי? לִימֵּד עַל זָב בַּעַל שְׁתֵּי רְאִיּוֹת שֶׁטָּעוּן סְפִירַת שִׁבְעָה.

Et si tu dis que ce « mizovo » est nécessaire pour enseigner « de son écoulement » et non de sa plaie de tsara'at — s'il en est ainsi, que le verset écrive « et lorsque le zav sera purifié » et qu'il se taise. Pourquoi « mizovo » ?

Cela enseigne au sujet du zav à deux ré'iyot qu'il est tenu au compte de sept jours.

📜 Rachi (1)
אִם כֵּן לִיכְתּוֹב קְרָא וְכִי יִטְהַר הַזָּב וְלָא בָּעֵי מִזּוֹבוֹ וּמִדִּכְתִיב וְכִי יִטְהַר הַזָּב וְלָא כְּתִיב וְכִי יִטְהַר סְתָמָא הֲוָה דָרְשִׁינַן לֵיהּ וְכִי יִטְהַר מִן הַזָּב מַאי מִזּוֹבוֹ שְׁמַע מִינָּה לְמִדְרַשׁ מִקְצָת זָבִין טָעוּן סְפִירָה:
Il n'y avait pas besoin de « mizovo » : du fait qu'il est écrit « et lorsque le zav sera purifié » et non « et lorsqu'il sera purifié » sans plus, nous aurions déjà expliqué « lorsqu'il sera purifié de sa zivout ». Alors pourquoi « mizovo » ? Apprends-en qu'il faut l'expliquer ainsi : une partie des zavim est tenue au compte.
💡 Explication

Dernière échappatoire envisagée : le mot servirait à préciser que le zav compte sept jours des qu'il est net de son écoulement, même s'il reste atteint d'une autre impureté comme la tsara'at. Abaye montre que cette précision s'obtient autrement : puisque le verset prend soin de nommer son sujet — « le zav » — la lecture allait de soi sans « mizovo ». Le mot reste donc disponible pour inclure le zav à deux ré'iyot.

6
מַתְנִי׳ אֵין בֵּין מְצֹורָע מֻוסְגָּר לִמְצֹורָע מֻוחְלָט אֶלָּא פְּרִיעָה וּפְרִימָה.

MICHNA. Il n'y a entre le metsora mousgar (le lépreux mis en quarantaine) et le metsora mouhlat (le lépreux déclaré définitivement atteint) que la pri'a et la prima.

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' פְּרִיעָה וּפְרִימָה בְּגָדָיו יִהְיוּ פְרֻומִים וְרֹאשׁוֹ יְהִי פָּרוּעַ:
« Ses vêtements seront déchirés et sa tête sera découverte. »
מֻוחְלָט לְאַחַר שֶׁכָּלוּ יְמֵי הַהֶסְגֵּר וְנִרְאֶה בּוֹ סִימָנֵי טֻומְאָה הָאֵמוּרִין בּוֹ:
Après que les jours de quarantaine se sont achevés et qu'on a constaté sur lui les signes d'impureté énoncés à son sujet.
💡 Explication

Nouvelle michna, bâtie sur la formule qui traverse tout le chapitre. Le mousgar est celui dont les signes sont indécis : le cohen l'enferme sept jours pour voir si la plaie évolue. Le mouhlat est celui dont les signes sont concluants et que le cohen a déclaré atteint. La pri'a (laisser la chevelure en désordre) et la prima (déchirer ses vêtements), tirées du verset « ses vêtements seront déchirés et sa tête sera découverte », pèsent sur le seul mouhlat.

7
אֵין בֵּין טָהוֹר מִתּוֹךְ הֶסְגֵּר לְטָהוֹר מִתּוֹךְ הֶחְלֵט אֶלָּא תִּגְלַחַת וְצִפֳּרִים.

Il n'y a entre celui qui devient pur au sortir de la quarantaine et celui qui devient pur au sortir de l'état de mouhlat que la tiglahat et les tsiporim.

💡 Explication

Second membre de la michna, qui se place au moment de la sortie d'impureté. Le mouhlat guéri se rase entièrement (tiglahat) et fait apporter deux oiseaux (tsiporim), dont l'un est égorgé et l'autre relâché. Le mousgar déclaré pur au terme de sa quarantaine est dispensé de ces deux actes ; il lave ses vêtements et s'immerge.

8
גְּמָ׳ הָא לְעִנְיַן שִׁילּוּחַ [וְטֻומְאָה] — זֶה וָזֶה שָׁוִין.

GUEMARA. Il ressort de là que pour ce qui est du chilouah [et de l'impureté], l'un et l'autre sont semblables.

📜 Rachi (2)
גְּמ' שִׁילּוּחַ חוּץ לְחוֹמַת הָעִיר:
Hors du mur de la ville.
וְטֻומְאָה כָּל חֹומֶר טֻומְאָה הָאֲמוּרָה בִּמְצוֹרָע:
Toute la rigueur de l'impureté énoncée au sujet du metsora.
💡 Explication

La guemara lit la michna par son implicite, comme dans toutes les michnayot du chapitre : si la différence se limite à ces points, tout le reste est commun. Le chilouah — le renvoi hors des camps, et hors des villes entourées de murailles en terre d'Israël — ainsi que l'ensemble des rigueurs d'impureté du metsora pèsent donc aussi sur le mousgar.

9
מְנָהָנֵי מִילֵּי? דְּתָנֵי רַב שְׁמוּאֵל בַּר יִצְחָק קַמֵּיהּ דְּרַב הוּנָא: ״וְטִהֲרוֹ הַכֹּהֵן מִסְפַּחַת הִיא וְכִבֶּס בְּגָדָיו וְטָהֵר״, טָהוֹר מִפְּרִיעָה וּפְרִימָה דְּמֵעִיקָּרָא.

D'où ces choses sont-elles tirées ? De ce que Rav Chmouel bar Yitshak enseigna devant Rav Houna : « Le cohen le déclarera pur : c'est une dartre ; il lavera ses vêtements et il sera pur » — pur, dès le départ, de la pri'a et de la prima.

📜 Rachi (2)
מְנָא הָנֵי מִילֵּי דְּאֵין פְּרִיעָה וּפְרִימָה בַּמֻּוסְגָּר דִּלְמָא גַּלִּי לָן רַחֲמָנָא בְּמֻוחְלָט וְהוּא הַדִּין לַמֻּוסְגָּר כְּדַאֲמַרְתְּ לְעִנְיַן טֻומְאָה:
D'où sait-on qu'il n'y a ni pri'a ni prima pour le mousgar ? Peut-être la Torah a-t-elle énoncé la règle à propos du mouhlat, et il en irait de même pour le mousgar, comme tu l'as dit pour l'impureté.
וְטִהֲרוֹ הַכֹּהֵן מִסְפַּחַת הִיא בִּמְצוֹרָע שֶׁבָּא לִכְלַל טָהֳרָה מִתּוֹךְ הֶסְגֵּירוֹ וְלֹא נֶחְלַט כְּתִיב וְסֵיפֵיהּ דִּקְרָא כְּתִיב וְכִבֶּס בְּגָדָיו וְטָהַר מִדְּלָא כָּתַב וְיִטְהַר לִישָּׁנָא דְּמֵעִיקָּרָא הוּא וְהָכִי קָאָמַר וּכְבָר קֹודֶם טְבִילָה הָיָה טָהוֹר מִמִּקְצָת טֻומְאָה שֶׁל חֹומֶר מְצֹורָע:
Ce verset est écrit à propos du metsora qui accède à la pureté au sortir de sa quarantaine sans avoir été déclaré mouhlat, et la fin du verset porte « il lavera ses vêtements et il sera pur ». Puisqu'il n'est pas écrit « veyit'har » (il deviendra pur), la formulation porte sur l'état antérieur, et le verset dit ceci : déjà avant la tevila, il était pur d'une partie de l'impureté qui fait la rigueur du metsora.
💡 Explication

La question porte sur la limitation elle-même : les versets de la pri'a et de la prima sont écrits à propos du mouhlat, mais rien n'indique à première vue qu'ils en excluent le mousgar. Rav Chmouel bar Yitshak s'appuie sur la forme du mot vetaher, qui énonce un état présent plutôt qu'un devenir : le verset révèle ainsi que le mousgar était déjà, pendant sa quarantaine, pur d'une partie des rigueurs du metsora.

10
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: אֶלָּא מֵעַתָּה, גַּבֵּי זָב דִּכְתִיב ״וְכִבֶּס בְּגָדָיו וְטָהַר״, הָתָם מַאי ״וְטָהַר״ מֵעִיקָּרָא אִיכָּא?

Rava lui dit : s'il en est ainsi, à propos du zav, où il est écrit « il lavera ses vêtements et il sera pur », quelle pureté antérieure y a-t-il là-bas ?

📜 Rachi (2)
גַּבֵּי זָב דִּכְתִיב בְּסוֹף טָהֳרָתוֹ וְטָהַר מֶה טָהוֹר מֵעִיקָּרָא אֲמַרְתְּ בֵּיהּ:
À la fin de son processus de purification : « et il sera pur ». Quelle pureté antérieure peux-tu énoncer à son sujet ?
אֶלָּא עַל כָּרְחָךְ טָהוֹר יִהְיֶה מִכָּאן וּלְהַבָּא מִלְּטַמֵּא כְּלִי חֶרֶס בְּהֶיסֵּט ואע"ג שֶׁטְּבִילָתוֹ בַּיּוֹם וְאִם רָאָה אַחַר טְבִילָה בּוֹ בַּיּוֹם סָתַר אֶת הַכֹּל וּמְטַמֵּא לְמַפְרֵעַ מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב כִּדְאָמְרִינַן בִּכְיָצֹד צוֹלִין (פְּסָחִים דַּף פֹּא.) וְכָל שֶׁכֵּן אָדָם וַאֲפִילּוּ הָכֵי מְהַנְּיָא לֵיהּ טְבִילָה מִלְּטַמֵּא כְּלִי חֶרֶס שֶׁהֵסִיט בֵּין טְבִילָה לִרְאָיָה וְהָכִי דְּרֵישׁ לָהּ בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים וְנִרְאֶה בְּעֵינַי דְּהָא דְּדָרְשִׁינַן לֵיהּ וְטָהַר מִלְּטַמֵּא כְּלִי חֶרֶס מִדְּכַתְבִינְהוּ לְהַאי קְרָא בָּתַר קְרָא אֲשֶׁר יִגַּע בּוֹ הַזָּב דְּנָפְקָא לָן מִינֵּיהּ הֶיסֵּט כְּלִי חֶרֶס לְזָב וְאֵין לְךָ עוֹד טָמֵא שֶׁמְּטַמֵּא כְּלִי חֶרֶס בְּהֶיסֵּט אֶלָּא הוּא:
Force est de dire qu'il sera pur désormais de rendre impur un ustensile de terre par heset (déplacement sans contact). Et bien que sa tevila ait lieu le jour même, et que s'il a une nouvelle ré'iya après la tevila ce jour-là il annule tout et rend impurs rétroactivement le lit et le siège, comme nous le disons au chapitre Keitsad tsolin (Pessahim 81a), et à plus forte raison une personne — malgré cela, la tevila lui sert à ne plus rendre impur un ustensile de terre qu'il aurait déplacé entre la tevila et cette ré'iya. C'est ainsi que le Torat Cohanim l'explique. Et il me semble que si nous expliquons « vetaher » comme portant sur l'impureté des ustensiles de terre, c'est parce que ce verset a été placé après le verset « celui que le zav touchera », d'où nous tirons pour le zav l'impureté des ustensiles de terre par heset ; et il n'existe aucun autre impur qui rende un ustensile de terre impur par heset, sinon lui.
💡 Explication

Rava éprouve la lecture en la transportant sur l'autre verset qui emploie exactement la même formule. Le zav qui achève sa purification était impur à tous égards jusque-là, et aucune pureté antérieure n'y est concevable. Si vetaher doit s'y lire autrement, rien n'oblige à lui donner chez le metsora le sens que Rav Chmouel bar Yitshak lui prête.

11
אֶלָּא: טָהוֹר הַשְׁתָּא מִלְּטַמֵּא כְּלִי חֶרֶס בְּהֶיסֵּט, אַף עַל גַּב דַּהֲדַר חָזֵי — לֹא מְטַמֵּא לְמַפְרֵעַ.

Plutôt : il est pur dès maintenant de rendre impur un ustensile de terre par heset, et bien qu'il ait ensuite une nouvelle ré'iya, il ne rend pas impur rétroactivement.

💡 Explication

Le sens retenu pour vetaher chez le zav porte donc vers l'avenir : la tevila met fin à sa capacité de rendre impur un ustensile de terre par le seul heset, c'est-à-dire en le mettant en mouvement sans le toucher. Le point neuf tient à la solidité de cette pureté : même si une nouvelle ré'iya survient le jour même et annule le compte, elle n'efface pas rétroactivement ce que la tevila a acquis.

12
הָכָא נָמֵי טָהוֹר [הַשְׁתָּא מִלְּטַמֵּא בְּבִיאָה לְמַפְרֵעַ].

Ici de même : il est pur [dès maintenant de rendre impur par entrée, rétroactivement].

📜 Rachi (1)
הָכָא נָמֵי וְטָהֵר דִּמְצוֹרָע טָהוֹר הַשְׁתָּא מִלְּטַמֵּא בְּבִיאָה מֵחוּמְרֵי מְצֹורָע שֶׁמְּטַמֵּא אָדָם וְכֵלִים הַנִּכְנָסִין עִמּוֹ לַבַּיִת שֶׁאֲפִילּוּ חָזְרָה הַמִּסְפַּחַת וּפָשְׂתָה וְנִטְמֵאת טָהוֹר כְּדִכְתִיב וְאִם פָּשֹׂה תִפְשֶׂה הַמִּסְפַּחַת בָּעוֹר וְגוֹ' אַהֲנֵי לֵיהּ טְבִילָה לְטַהֵר אֶת הַכֵּלִים הַבָּאִין עִמּוֹ לַבַּיִת לְפִי שֶׁמְּצֹורָע מְטַמֵּא בְּבִיאָה דְּתַנְיָא בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים זֹאת הַתּוֹרָה לְכָל נֶגַע הַצָּרַעַת וְלַנָּתֶק וּלְצָרַעַת הַבֶּגֶד וְלַבָּיִת מַה בַּיִת מְטַמֵּא בְּבִיאָה אַף כֻּולָּן מְטַמְּאִין בְּבִיאָה:
Le metsora est pur dès maintenant de rendre impur par son entrée — ce qui fait partie des rigueurs du metsora, lequel rend impurs les personnes et les ustensiles qui entrent avec lui dans une maison. Ainsi, même si la dartre est revenue, s'est étendue et qu'il a été déclaré impur, ce qui a précédé demeure pur, comme il est écrit « et si la dartre s'étend sur la peau... ». La tevila lui a donc servi à laisser purs les ustensiles entrés avec lui dans la maison, car le metsora rend impur par son entrée, ainsi qu'il est enseigné dans le Torat Cohanim : « Telle est la loi pour toute plaie de tsara'at, pour le netek, pour la tsara'at du vêtement et pour celle de la maison » — de même que la maison rend impur par entrée, de même tous rendent impurs par entrée.
💡 Explication

La même lecture est appliquée au metsora, ce qui ruine la preuve de Rav Chmouel bar Yitshak. Le mousgar déclaré pur cesse de transmettre l'impureté par sa seule entrée dans une maison, et cette pureté tient même si la plaie revient ensuite et le rend mouhlat : ce qu'il a touché entre-temps ne redevient pas impur. Le verset ne dit donc rien de la pri'a ni de la prima, et la source de la michna reste à trouver.

🖼️ Schéma
Ce que "ve-taher" acquiert, et que la rechute n'efface pas État impur Zav : rend impur par heset. Metsora : rend impur par entrée. Tevila "vekhibes begadav ve-taher" État pur Ces deux impuretés cessent dès à présent. Rechute : nouvelle ré'iya pour le zav, plaie qui s'étend pour le metsora Elle ouvre une nouvelle impureté, sans annuler rétroactivement ce que la tevila avait acquis. Conséquence : "ve-taher" regarde vers l'avenir, et la preuve tirée d'une pureté antérieure tombe.
La lecture que Rava impose au mot vetaher chez le zav vaut aussi chez le metsora, ce qui prive la baraita de sa preuve.
13
אֶלָּא אָמַר רָבָא, מֵהָכָא: ״וְהַצָּרוּעַ אֲשֶׁר בּוֹ הַנֶּגַע״, מִי שֶׁצָּרַעְתּוֹ תְּלוּיָה בְּגוּפוֹ — יָצָא זֶה שֶׁאֵין צָרַעְתּוֹ תְּלוּיָה בְּגוּפוֹ אֶלָּא בְּיָמִים.

Rava dit plutôt : c'est d'ici. « Et le lépreux en qui est la plaie » — celui dont la tsara'at dépend de son corps ; cela exclut celui dont la tsara'at ne dépend pas de son corps mais des jours.

📜 Rachi (2)
אֲשֶׁר בּוֹ מַשְׁמַע מִי שֶׁצָּרַעְתּוֹ תְּלוּיָה טֻומְאָתוֹ בְּגוּפוֹ שֶׁכָּל זְמַן שֶׁלֹּא נִתְרַפֵּא מִמֶּנּוּ טָמֵא וְהַיְינוּ מֻוחְלָט דְּגַבֵּי טָהֳרָה דִּילֵיהּ כְּתִיב וְהִנֵּה נִרְפָּא נֶגַע הַצָּרַעַת מִן הַצָּרוּעַ:
L'expression désigne celui dont l'impureté de tsara'at dépend de son corps : tant qu'il n'en est pas guéri, il est impur. C'est le mouhlat, puisqu'à propos de sa purification il est écrit « et voici que la plaie de tsara'at est guérie chez le lépreux ».
יָצָא מֻוסְגָּר שֶׁטֻּומְאָתוֹ תְּלוּיָה בִּימֵי הֶסְגֵּר שֶׁאִם לֹא יִמָּצֵא בְּיוֹם שִׁבְעָה סִימָנֵי טֻומְאָה שֵׂעָר לָבָן אוֹ פִּסְיוֹן יְטַהֲרֶנּוּ ואע"פ שֶׁנָּגְעוּ עוֹמֵד עָלָיו:
Cela exclut le mousgar, dont l'impureté dépend des jours de quarantaine : si l'on ne trouve pas au septième jour de signes d'impureté — poil blanc ou extension de la plaie — le cohen le déclare pur, alors même que sa plaie demeure sur lui.
💡 Explication

Rava fournit la source que la michna réclame. Le verset qui impose la prima et la pri'a désigne son sujet par les mots acher bo (« en qui »), qui rattachent l'état d'impureté au corps lui-même : tant que la plaie n'est pas guérie, il reste atteint. Cela vise le mouhlat. Le mousgar se trouve dans une autre situation : sa quarantaine s'achève au septième jour selon ce que le cohen constate, et il peut être déclaré pur alors même que la plaie demeure sur lui.

14
אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: אֶלָּא מֵעַתָּה ״כָּל יְמֵי אֲשֶׁר הַנֶּגַע בּוֹ יִטְמָא״, מִי שֶׁצָּרַעְתּוֹ תְּלוּיָה בְּגוּפוֹ — הוּא דְּטָעוּן שִׁילּוּחַ, וְשֶׁאֵין צָרַעְתּוֹ תְּלוּיָה בְּגוּפוֹ — אֵין טָעוּן שִׁילּוּחַ,

Abaye lui dit : s'il en est ainsi, prends « tous les jours où la plaie sera en lui, il sera impur » : celui dont la tsara'at dépend de son corps serait tenu au chilouah, et celui dont la tsara'at ne dépend pas de son corps ne serait pas tenu au chilouah,

📜 Rachi (2)
כָּל יְמֵי אֲשֶׁר הַנֶּגַע בּוֹ וְגוֹ' שִׁילּוּחַ כְּתִיב בְּהַאי קְרָא מִחוּץ לַמַּחֲנֶה מוֹשָׁבוֹ:
Le chilouah est écrit dans ce verset : « hors du camp sera sa demeure ».
כָּל יְמֵי אֲשֶׁר הַנֶּגַע בּוֹ וְגוֹ' שִׁילּוּחַ כְּתִיב בְּהַאי קְרָא מִחוּץ לַמַּחֲנֶה מוֹשָׁבוֹ:
Le chilouah est écrit dans ce verset : « hors du camp sera sa demeure ».
💡 Explication

Abaye retourne la lecture de Rava contre elle-même. Le verset du chilouah emploie la même tournure — la plaie « en lui » — et devrait donc, par le même raisonnement, dispenser le mousgar du renvoi hors des camps. Or la michna a laissé entendre le contraire.

15
וְכִי תֵּימָא: הָכִי נָמֵי, וְהָא קָתָנֵי: אֵין בֵּין מְצֹורָע מֻוסְגָּר לִמְצֹורָע מֻוחְלָט אֶלָּא פְּרִיעָה וּפְרִימָה, הָא לְעִנְיַן שִׁילּוּחַ וּלְטַמּוֹיֵי בְּבִיאָה — זֶה וָזֶה שָׁוִין!

Et si tu dis qu'il en va effectivement ainsi — mais la michna enseigne : il n'y a entre le metsora mousgar et le metsora mouhlat que la pri'a et la prima ; d'où il ressort que pour le chilouah et pour rendre impur par entrée, l'un et l'autre sont semblables !

💡 Explication

Abaye ferme l'échappatoire. Accepter que le mousgar soit dispensé du chilouah contredirait la lecture par l'implicite que la guemara vient de tirer de la michna : la différence se limitant à la pri'a et à la prima, le renvoi hors des camps et l'impureté transmise par entrée valent pour les deux.

16
אֲמַר לֵיהּ: ״יְמֵי״ ״כָּל יְמֵי״ — לְרַבּוֹת מְצֹורָע מֻוסְגָּר לְשִׁילּוּחַ.

Il lui dit : « les jours », « tous les jours » — pour inclure le metsora mousgar dans le chilouah.

📜 Rachi (1)
יְמֵי כָּל יְמֵי מִדַּהֲוָה לֵיהּ לְמִיכְתַּב יְמֵי וּכְתִיב כָּל יָמַי:
Puisque le verset aurait pu écrire « les jours » et qu'il écrit « tous les jours ».
💡 Explication

Rava répond par un surplus de langage. Le verset pouvait se contenter de « les jours » et il écrit « tous les jours » : ce mot supplémentaire étend le renvoi hors des camps à celui que « acher bo » en aurait exclu. La lecture de Rava tient donc pour la pri'a et la prima, là où aucun surplus ne vient élargir la règle.

17
אִי הָכִי, תִּגְלַחַת וְצִפֳּרִים מַאי טַעְמָא לָא? דְּקָתָנֵי: אֵין בֵּין טָהוֹר מִתּוֹךְ הֶסְגֵּר לְטָהוֹר מִתּוֹךְ הֶחְלֵט — אֶלָּא תִּגְלַחַת וְצִפֳּרִים!

S'il en est ainsi, pour quelle raison la tiglahat et les tsiporim ne s'appliquent-elles pas au mousgar ? Car la michna enseigne : il n'y a entre celui qui devient pur au sortir de la quarantaine et celui qui devient pur au sortir de l'état de mouhlat que la tiglahat et les tsiporim !

📜 Rachi (2)
אֵין בֵּין טָהוֹר מִתּוֹךְ הֶסְגֵּר בִּימֵי רְפוּאָתוֹ:
Il s'agit des jours de sa guérison.
לְטָהוֹר מִתּוֹךְ הֶחְלֵט אֶלָּא תִּגְלַחַת וְצִפֳּרִים דְּאַף עַל גַּב דְּאִיכָּא קָרְבְּנוֹת אָשָׁם וְלֹוג שֶׁמֶן מִיהוּ הָכָא בְּיוֹם טָהֳרָתוֹ וּרְפוּאָתוֹ הוּא דְּקָתָנֵי וְלָא אַיְירֵי בְּקָרְבָּנוֹת שֶׁהֵן בַּשְּׁמִינִי:
Bien qu'il y ait aussi des sacrifices — l'acham et le log d'huile — la michna enseigne ici ce qui concerne le jour de sa purification et de sa guérison, et ne traite pas des sacrifices, qui ont lieu le huitième jour.
💡 Explication

La guemara passe au second membre de la michna. Si le verset « acher bo » est désormais réservé à la pri'a et à la prima, rien n'explique encore pourquoi le mousgar déclaré pur échappe au rasage et aux oiseaux. Rachi précise au passage que la michna se tient au jour de la purification et laisse de côté les offrandes du huitième jour.

18
אָמַר אַבַּיֵּי: אֲמַר קְרָא: ״וְיָצָא הַכֹּהֵן אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה וְהִנֵּה נִרְפָּא נֶגַע הַצָּרַעַת״, מִי שֶׁצָּרַעְתּוֹ תְּלוּיָה בִּרְפוּאוֹת. יָצָא זֶה שֶׁאֵין צָרַעְתּוֹ תְּלוּיָה בִּרְפוּאוֹת אֶלָּא בְּיָמִים.

Abaye dit : le verset dit « le cohen sortira hors du camp, et voici que la plaie de tsara'at est guérie » — celui dont la tsara'at dépend d'une guérison. Cela exclut celui dont la tsara'at ne dépend pas d'une guérison mais des jours.

📜 Rachi (1)
וְהִנֵּה נִרְפָּא וְגוֹ' וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ שְׁתֵּי צִפֳּרִים חַיּוֹת טְהֹורוֹת וְגִלַּח אֶת כָּל שְׂעָרוֹ:
Et il est écrit à la suite : « deux oiseaux vivants et purs », ainsi que « il rasera tout son poil ».
💡 Explication

Abaye fournit la source manquante, bâtie sur le même principe que celle de Rava mais avec un autre verset. Le passage qui ouvre la purification par les oiseaux et le rasage suppose un constat de guérison. Le mousgar sort de son état par l'écoulement des jours et la décision du cohen, et ces rites lui restent étrangers.

19
מַתְנִי׳ אֵין בֵּין סְפָרִים לִתְפִלִּין וּמְזוּזוֹת, אֶלָּא שֶׁהַסְּפָרִים נִכְתָּבִין בְּכָל לָשׁוֹן, וּתְפִלִּין וּמְזוּזוֹת אֵינָן נִכְתָּבוֹת אֶלָּא אַשּׁוּרִית.

MICHNA. Il n'y a entre les sefarim d'une part, les tefillin et les mezouzot d'autre part, que ceci : les sefarim s'écrivent en toute langue, tandis que les tefillin et les mezouzot ne s'écrivent qu'en achourit.

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' סְפָרִים תּוֹרָה נְבִיאִים וּכְתוּבִים:
La Torah, les Prophètes et les Écrits.
אַשּׁוּרִית לְשׁוֹן הַקֹּודֶשׁ:
La langue sainte.
💡 Explication

Troisième michna du folio. Les sefarim désignent ici les livres saints : Torah, Prophètes et Écrits. La michna admet pour eux une écriture en toute langue, alors que les tefillin et les mezouzot exigent l'achourit, que Rachi glose comme la langue sainte et qui désigne aussi le tracé carré de nos lettres.

20
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אַף בַּסְּפָרִים לֹא הִתִּירוּ שֶׁיִּכָּתְבוּ אֶלָּא יְוָונִית.

Rabban Chimon ben Gamliel dit : même pour les sefarim, on n'a permis de les écrire qu'en grec.

📜 Rachi (2)
אַף בַּסְּפָרִים לֹא הִתִּירוּ לָהֶם לָשׁוֹן אַחֵר חוּץ מִלְּשׁוֹן הַקֹּודֶשׁ:
On ne leur a permis aucune autre langue en dehors de la langue sainte.
אֶלָּא יְוָונִית וּבַגְּמָרָא מְפָרֵשׁ טַעְמָא:
Et la guemara en expliquera la raison.
💡 Explication

Position plus étroite : la permission d'écrire les livres saints dans une autre langue que la langue sainte se limite au grec. Rachi renvoie à la guemara, qui en donnera la raison plus loin.

21
גְּמָ׳ הָא לְתָופְרָן בְּגִידִין וּלְטַמֵּא אֶת הַיָּדַיִם — זֶה וָזֶה שָׁוִין.

GUEMARA. Il ressort de là que pour les coudre avec des tendons et pour rendre les mains impures, les uns et les autres sont semblables.

📜 Rachi (1)
גְּמ' לְתָופְרָן בְּגִידִין כָּל סִפְרֵיהֶן עֲשׂוּיִין בְּגִלָּיוֹן וַהֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי הוּא בִּתְפִילִּין וּמְזוּזוֹת שֶׁיְּהוּ תְּפוּרֵין בְּגִידִין וּבְסֵפֶר תּוֹרָה נֶחְלְקוּ בְּמַסֶּכֶת מַכּוֹת (דַּף יא.) בְּסֵפֶר תּוֹרָה שֶׁתְּפָרָהּ בְּפִשְׁתָּן הַשְׁתָּא אַשְׁמְעִינַן מַתְנִיתִין כְּמַאן דְּפָסַל:
Tous leurs livres étaient faits en rouleaux, et c'est une halakha transmise à Moche au Sinaï que les tefillin et les mezouzot soient cousus avec des tendons. Quant au sefer Torah, on en a discuté dans le traité Makot (11a), à propos d'un sefer Torah cousu avec du lin ; notre michna nous enseigne donc comme celui qui l'invalide.
💡 Explication

Même lecture par l'implicite. Deux règles valent donc pour les sefarim comme pour les tefillin et les mezouzot : la couture des feuillets avec des guidin (tendons), et le décret des Sages qui rend impures les mains de celui qui les touche. Rachi note que notre michna tranche ainsi comme l'avis qui invalide un sefer Torah cousu avec du lin.

22
וּסְפָרִים נִכְתָּבִין בְּכָל לָשׁוֹן וְכוּ׳. וּרְמִינְהוּ: מִקְרָא שֶׁכָּתְבוּ תַּרְגּוּם, וְתַרְגּוּם שֶׁכָּתְבוּ מִקְרָא, וּכְתָב עִבְרִי — אֵינוֹ מְטַמֵּא אֶת הַיָּדַיִם עַד שֶׁיִּכְתְּבֶנּוּ בִּכְתָב אַשּׁוּרִית, עַל הַסֵּפֶר, וּבִדְיוֹ.

« Et les sefarim s'écrivent en toute langue, etc. » On oppose à cela : un passage du texte biblique que l'on a écrit en targoum (araméen), un passage en targoum que l'on a écrit comme texte biblique, ou un texte en écriture hébraïque ancienne — cela ne rend pas les mains impures tant qu'on ne l'a pas écrit en écriture achourit, sur un rouleau de parchemin et à l'encre.

📜 Rachi (5)
מִקְרָא שֶׁכָּתְבוּ תַּרְגּוּם סֵפֶר שֶׁכָּתוּב בִּלְשׁוֹן הַקֹּודֶשׁ הָרָאוּי לִכְתֹּוב בּוֹ מִקְרָא כְּתָבוֹ לָשׁוֹן אֲרַמִּי:
Un passage écrit en langue sainte, qu'il convenait d'écrire comme texte biblique, et qu'il a écrit en langue araméenne.
וְתַרְגּוּם שֶׁהָיָה רָאוּי לִיכְתֹּוב בּוֹ תַּרְגּוּם כְּגוֹן יְגַר שָׂהֲדוּתָא (בְּרֵאשִׁית לא):
Un passage qu'il convenait d'écrire en targoum, comme « yegar sahadouta » (Berechit 31).
כָּתְבוּ מִקְרָא גִּלְעָד וּכְגוֹן תַּרְגּוּם כְּתָב שֶׁל דָּנִיֵּאל וְעֶזְרָא:
Et qu'il a écrit « Galed » ; et de même les passages araméens de Daniel et d'Ezra.
וּכְתָב עִבְרִי אוֹ שֶׁלֹּא שִׁינָּה אֶת הַלָּשׁוֹן אֲבָל שִׁינָּה אֶת הַכְּתָב שֶׁכָּתְבוּ בִּכְתָב שֶׁל עֵבֶר הַנָּהָר וּבְמַסֶּכֶת סַנְהֶדְרִין (דַּף כא:) קָרֵי לֵיהּ כְּתָבָא לִיבוֹנָאָה:
Ou bien il n'a pas changé la langue mais il a changé l'écriture, l'ayant tracée dans l'écriture d'au-delà du fleuve ; dans le traité Sanhédrin (21b) on l'appelle « ketav livonaa ».
עַד שֶׁיִּכְתְּבֶנּוּ אַשּׁוּרִית כְּתַב אַשּׁוּרִית הוּא כְּתָב שֶׁלָּנוּ:
L'écriture achourit, c'est notre écriture.
🗂️ Tossefot (1)
עַד שֶׁיִּכְתֹּוב אַשּׁוּרִית וְעַל הַסֵּפֶר וּבִדְיוֹ. לְקַמָּן מוֹקֵי לָהּ בִּמְגִילָּה וְקַשְׁיָא דְּהָא אָמְרִינַן בְּפֶרֶק שֵׁנִי (דַּף יח.) גִּיפְטִית לְגִיפְּטִים עֵילָמִית לְעֵילָמִים יָצָא וּמַייְרֵי וַדַּאי שֶׁכָּתוּב בְּאוֹתוֹ לָשׁוֹן שֶׁקּוֹרֵא דְּאִם לֹא כֵן הָוֵי קוֹרֵא עַל פֶּה וְלֹא יָצָא וְאִם כֵּן קַשְׁיָא אַמַּאי לֹא מְטַמְּאָה אֶת הַיָּדַיִם כֵּיוָן שֶׁנְּתָנָהּ לִקְרוֹת וְלִיכָּתֵב בְּכָל לָשׁוֹן שֶׁמַּכִּירִין בָּהּ וְיֵשׁ לוֹמַר דְּכֵיוָן שֶׁאֵינָהּ כְּשֵׁרָה לִקְרוֹת אֶלָּא לְמַכִּירִים בָּהּ דִּין הוּא שֶׁלֹּא תְטַמֵּא אֶת הַיָּדַיִם אֲבָל הֵיכָא דִּכְתִיבָה אַשּׁוּרִית כְּשֵׁירָה אַף לְשֶׁאֵינָן מַכִּירִין וּמִשּׁוּם הָכֵי דִּין הוּא שֶׁתְּטַמְּאָהּ אֶת הַיָּדַיִם:
« Tant qu'il ne l'aura pas écrit en achourit, sur un rouleau et à l'encre. » Plus loin, la guemara applique cette baraita à la meguila, ce qui fait difficulté : nous disons au deuxième chapitre (18a) que le copte pour les Coptes et l'élamite pour les Elamites, il s'est acquitté ; et il s'agit forcément d'une meguila écrite dans la langue qu'il lit, car autrement il lirait de mémoire et ne s'acquitterait pas. S'il en est ainsi, la difficulté est la suivante : pourquoi une telle meguila ne rend-elle pas les mains impures, puisqu'il a été permis de la lire et de l'écrire dans toute langue que l'on comprend ? On peut répondre que, puisqu'elle n'est valable à la lecture que pour ceux qui comprennent cette langue, il est normal qu'elle ne rende pas les mains impures ; tandis que lorsqu'elle est écrite en achourit, elle est valable même pour ceux qui ne comprennent pas, et c'est pourquoi il est normal qu'elle rende les mains impures.
💡 Explication

La baraita pose trois défauts qui privent un écrit de sa sainteté : la langue changée dans un sens ou dans l'autre, et l'écriture changée pour le tracé hébraïque ancien. Elle exige achourit, parchemin et encre. La contradiction avec la michna est directe, puisque celle-ci admet toute langue. Tossefot ajoute une difficulté voisine tirée de la lecture de la meguila dans la langue que l'on comprend, et distingue selon que l'écrit vaut pour tous ou seulement pour ceux qui connaissent cette langue.

🖼️ Schéma
La baraita : trois défauts qui empêchent de rendre les mains impures Langue changée (1) Un passage biblique écrit en araméen. Ex. : Galed rendu en targoum. Langue changée (2) Un passage araméen écrit en langue sainte. Ex. : yegar sahadouta. Écriture changée Tracé hébraïque ancien, dit ketav livonaa. Langue intacte, tracé autre. Les trois conditions exigées Écriture achourit — support : le rouleau de parchemin — encre. La contradiction La michna admet toute langue ; la baraita n'admet que l'achourit. Rava commence à répondre.
Les trois défauts visés par la baraita et les trois conditions qu'elle pose, face à la permission large de la michna.
23
אָמַר רָבָא: לָא קַשְׁיָא

Rava dit : il n'y a pas de difficulté

💡 Explication

Le folio s'interrompt sur l'amorce de la réponse. La suite, au début du folio suivant, répartira la michna et la baraita entre deux cas distincts.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).