Moed_Katan 19b — Abba Chaoul et la règle mikstat hayom ke-khoulo : comment la fête annule le décret des sept et celui des trente, d'où vient le compte des trente jours, et le regel compte-t-il dans ce compte

Moed_Katan 19b

Sougya : Le folio poursuit la sougya du deuil interrompu par la fête. Une baraita pose les deux seuils : enterrer trois jours avant la fête annule le décret des sept, enterrer huit jours avant annule le décret des trente et permet de se raser la veille de la fête, faute de quoi la coupe reste interdite après la fête.

Abba Chaoul allège sur les deux points : sept jours suffisent, car le septième jour compte à la fois pour les sept et pour les trente selon la règle mikstat hayom ke-khoulo (une partie du jour vaut comme le jour entier), et celui qui n'a pas coupé avant la fête coupe après elle. Suivent quatre prises de position halakhiques, de Rav H'isda à Néhardéa, qui découpent la position d'Abba Chaoul selon qu'il s'agit du septième ou du trentième jour.

La guemara demande ensuite d'où vient le compte de trente jours : d'une gezera chava (analogie verbale) péra-péra avec le nazir, dont la nezirout indéterminée vaut trente jours. Le folio s'achève sur deux limites de la règle : le troisième jour tombant la veille de la fête, ou la toilette reste interdite jusqu'au soir, et la question d'Abaye à Rava sur l'enterrement fait pendant la fête même.

Enterrer avant la fête : quel décret la fête annule-t-elle Le deuil a deux durées : la gzera des sept jours et la gzera des trente jours Il enterre 3 jours avant la fête baraita, tout le monde La gzera des sept est annulée après la fête il ne siège plus Les trente jours, eux, continuent de courir Il enterre 8 jours avant la fête premier tana La gzera des trente est annulée il se rase la veille de la fête S'il n'a pas rasé la veille de la fête interdit après la fête Abba Chaoul : 7 jours suffisent le 7e jour vaut aussi 8e La gzera des trente est annulée de même mitsva des 7 contre gzera des 30 Même s'il n'a pas rasé la veille de la fête il rase après la fête Le ressort d'Abba Chaoul : mikstat hayom ke-khoulo, une partie du jour vaut comme le jour entier
Les deux seuils de la baraita, trois jours et huit jours, et la lecture allégée d'Abba Chaoul.
Deux jours en litige, quatre positions halakhiques Le 7e jour du deuil Le compte-t-on comme le 8e, de sorte que sept jours avant la fête suffisent à annuler la gzera des trente ? Le 30e jour du deuil Peut-on se raser dès le matin du trentième jour, ou faut-il trente jours pleins jusqu'au soir ? Rav H'isda au nom de Ravina bar Chila La halakha est comme Abba Chaoul, sans distinction Abaye 7e jour : comme lui 30e jour : tous en conviennent, même les Sages Rava 30e jour : comme lui 7e jour : la halakha ne suit pas Abba Chaoul Néhardéa Comme lui dans l'un et l'autre cas au nom de la règle de Chmouel La règle de Chmouel qui porte la position de Néhardéa En matière de deuil, la halakha suit les paroles de celui qui allège. Appui pour Abba Chaoul dans la pratique Rav Amram au nom de Rav : dès que les consolateurs se sont levés, le septième jour, la toilette est permise.
Le septième jour et le trentième jour, et les quatre positions halakhiques du folio.
D'où viennent les trente jours du deuil Question : trente jours, d'où les tenons-nous ? Ici : le deuil Vayikra 10, 6 : ne laissez pas vos têtes en péra (chevelure laissée libre) Rachi : les autres endeuillés y sont tenus Là-bas : le nazir Bamidbar 6, 5 : il laissera croître en péra la chevelure de sa tête Durée du nazir : trente jours gezera chava Le mot péra est commun aux deux versets : la durée du nazir passe au deuil Et chez le nazir lui-même, d'où vient le compte de trente ? Rav Matna Une nezirout indéterminée, prise sans préciser de durée, vaut trente jours. Appui du verset : il sera saint. Le mot yihye, compté en guematria, donne trente. 10 + 5 + 10 + 5 = 30.
La gezera chava péra-péra, du deuil au nazir, et la guematria qui fixe trente jours.
1
וְהָתַנְיָא: הַקּוֹבֵר אֶת מֵתוֹ שְׁלֹשָׁה יָמִים קֹודֶם לָרֶגֶל — בָּטְלָה הֵימֶנּוּ גְּזֵרַת שִׁבְעָה, שְׁמוֹנָה יָמִים קֹודֶם לָרֶגֶל — בָּטְלָה הֵימֶנּוּ גְּזֵרַת שְׁלֹשִׁים, וּמְגַלֵּחַ עֶרֶב הָרֶגֶל. אִם לֹא גִּילַּח עֶרֶב הָרֶגֶל — אָסוּר לְגַלֵּחַ אַחַר הָרֶגֶל.

Et n'a-t-on pas enseigné : celui qui enterre son mort trois jours avant la fête, le décret des sept jours est annulé pour lui ; huit jours avant la fête, le décret des trente jours est annulé pour lui, et il se rase la veille de la fête. S'il ne s'est pas rasé la veille de la fête, il lui est interdit de se raser après la fête.

📜 Rachi (1)
וְהַתַּנְיָא סִייַּעְתָּא:
Et n'a-t-on pas enseigné - c'est un appui.
🗂️ Tossefot (1)
וְהָתַנְיָא. בְּנִיחוּתָא הַקּוֹבֵר אֶת מֵתוֹ כו'. הִקְשָׁה בְּתוֹסָפוֹת הָרַב אַמַּאי לָא קָאָמַר כְּתַנָּאֵי וְרַב שֵׁשֶׁת כְּאַבָּא שָׁאוּל וְרַב הוּנָא כְּתַנָּא קַמָּא וְשֶׁמָּא מִשּׁוּם דְּבָרַיְיתָא מַזְכִּיר לְשׁוֹן בִּטְּלוֹ וְקָאָמַר לְדִידֵיהּ יָמִים לֹא בָּטְלוּ א"כ לָא סְבִירָא הַבָּרַייְתָא כְּרַב שֵׁשֶׁת דְּרַב שֵׁשֶׁת קָאָמַר יָמִים נָמֵי בִּטְּלוֹ מִשּׁוּם דִּלְשׁוֹן בִּטְּלוֹ מַשְׁמַע בְּכֻולּוֹ כֵּן נִרְאֶה לִי:
Et n'a-t-on pas enseigné. À prendre comme une affirmation posée : celui qui enterre son mort, etc. Le Rav a objecté dans les Tossefot : pourquoi la guemara ne dit-elle pas qu'il s'agit d'une divergence entre tanaim, Rav Chechet suivant Abba Chaoul et Rav Houna le premier tana ? Peut-être parce que la baraita emploie le terme « ont été annulés », et que selon lui les jours n'ont pas été annulés ; s'il en est ainsi, la baraita ne pense pas comme Rav Chechet, puisque Rav Chechet dit que les jours aussi ont été annulés, le terme « ont été annulés » impliquant une annulation totale. Voilà ce qui me semble.
💡 Explication

La baraita fixe deux seuils. Trois jours de deuil accomplis avant la fête suffisent à ce que la fête annule le décret des sept jours : après elle, l'endeuillé ne reprend plus les usages de la semaine de deuil. Huit jours accomplis avant la fête font annuler le décret des trente jours, au moins pour la coupe de cheveux, et l'endeuillé se rase donc la veille de la fête.

La restriction finale est le point litigieux du folio : celui qui a laissé passer la veille de la fête sans se raser perd le bénéfice de cette annulation et reste interdit de coupe après la fête, jusqu'au terme des trente jours.

🖼️ Schéma
Enterrer avant la fête : quel décret la fête annule-t-elle Le deuil a deux durées : la gzera des sept jours et la gzera des trente jours Il enterre 3 jours avant la fête baraita, tout le monde La gzera des sept est annulée après la fête il ne siège plus Les trente jours, eux, continuent de courir Il enterre 8 jours avant la fête premier tana La gzera des trente est annulée il se rase la veille de la fête S'il n'a pas rasé la veille de la fête interdit après la fête Abba Chaoul : 7 jours suffisent le 7e jour vaut aussi 8e La gzera des trente est annulée de même mitsva des 7 contre gzera des 30 Même s'il n'a pas rasé la veille de la fête il rase après la fête Le ressort d'Abba Chaoul : mikstat hayom ke-khoulo, une partie du jour vaut comme le jour entier
Les deux seuils de la baraita et la portée de chaque annulation.
2
אַבָּא שָׁאוּל אוֹמֵר: מֻותָּר לְגַלֵּחַ אַחַר הָרֶגֶל, שֶׁכְּשֵׁם שֶׁמִּצְוַת שְׁלֹשָׁה מְבַטֶּלֶת גְּזֵרַת שִׁבְעָה, כָּךְ מִצְוַת שִׁבְעָה מְבַטֶּלֶת גְּזֵרַת שְׁלֹשִׁים.

Abba Chaoul dit : il lui est permis de se raser après la fête, car de même que l'accomplissement des trois jours annule le décret des sept, de même l'accomplissement des sept jours annule le décret des trente.

📜 Rachi (2)
שֶׁכְּשֵׁם שֶׁגְּזֵרַת שְׁלֹשָׁה מְבַטֶּלֶת שִׁבְעָה דְּכִי קָבַר מֵתוֹ שְׁלֹשָׁה יָמִים לִפְנֵי הָרֶגֶל אֵינוֹ יוֹשֵׁב לְאַחֲרֵי הָרֶגֶל כְּלוּם:
Car de même que le décret des trois annule celui des sept - puisque celui qui a enterré son mort trois jours avant la fête ne siège plus du tout après la fête.
כָּךְ גְּזֵרַת שִׁבְעָה מְבַטֶּלֶת גְּזֵרַת שְׁלֹשִׁים דְּכִי קָבַר מֵתוֹ שִׁבְעָה יָמִים קֹודֶם הָרֶגֶל בָּטְלָה מִמֶּנּוּ גְּזֵרַת שְׁלֹשִׁים דַּאֲפִילּוּ לֹא גִּילַּח עֶרֶב הָרֶגֶל מְגַלֵּחַ אַחַר הָרֶגֶל:
De même le décret des sept annule le décret des trente - puisque celui qui a enterré son mort sept jours avant la fête voit le décret des trente annulé pour lui, au point que même s'il ne s'est pas rasé la veille de la fête, il se rase après la fête.
💡 Explication

Abba Chaoul construit un raisonnement de proportion. Le premier seuil admet qu'une mitsva de deuil partiellement accomplie, trois jours, suffise à faire tomber la durée entière des sept. Il applique la même mesure à l'étage suivant : sept jours accomplis font tomber le décret des trente.

La conséquence pratique porte sur celui qui a manqué la coupe de la veille de la fête. Selon le premier tana il reste interdit ; selon Abba Chaoul l'annulation reste acquise, et il se rase après la fête.

3
שִׁבְעָה? וְהָאֲנַן שְׁמוֹנָה תְּנַן! קָסָבַר אַבָּא שָׁאוּל: מִקְצָת הַיּוֹם כְּכֻולּוֹ, וְיוֹם שְׁבִיעִי עוֹלֶה לוֹ לְכָאן וּלְכָאן. אָמַר רַב חִסְדָּא אָמַר רָבִינָא בַּר שֵׁילָא: הֲלָכָה כְּאַבָּא שָׁאוּל.

Sept ? Mais nous, c'est huit que nous avons appris dans la michna !

Abba Chaoul tient qu'une partie du jour vaut comme le jour entier, et que le septième jour lui compte pour l'un et pour l'autre. Rav H'isda a dit au nom de Ravina bar Chila : la halakha est comme Abba Chaoul.

📜 Rachi (1)
וְיוֹם שִׁבְעָה עוֹלֶה לְכָאן וּלְכָאן דְּחָשֵׁיב נָמֵי שְׁמִינִי:
Et le septième jour compte pour l'un et pour l'autre - car il est compté aussi comme le huitième.
💡 Explication

La guemara relève l'écart de chiffre : la michna demandait huit jours, Abba Chaoul parle de sept. La réponse tient à la règle mikstat hayom ke-khoulo, une partie du jour vaut comme le jour entier. Dès le matin du septième jour, la semaine de deuil est tenue pour achevée ; ce même jour ouvre alors le compte des trente et vaut comme le huitième.

Le septième jour est ainsi compté deux fois, lékhan oulékhan, pour l'un et pour l'autre compte. Rav H'isda tranche en faveur d'Abba Chaoul.

🖼️ Schéma
Deux jours en litige, quatre positions halakhiques Le 7e jour du deuil Le compte-t-on comme le 8e, de sorte que sept jours avant la fête suffisent à annuler la gzera des trente ? Le 30e jour du deuil Peut-on se raser dès le matin du trentième jour, ou faut-il trente jours pleins jusqu'au soir ? Rav H'isda au nom de Ravina bar Chila La halakha est comme Abba Chaoul, sans distinction Abaye 7e jour : comme lui 30e jour : tous en conviennent, même les Sages Rava 30e jour : comme lui 7e jour : la halakha ne suit pas Abba Chaoul Néhardéa Comme lui dans l'un et l'autre cas au nom de la règle de Chmouel La règle de Chmouel qui porte la position de Néhardéa En matière de deuil, la halakha suit les paroles de celui qui allège. Appui pour Abba Chaoul dans la pratique Rav Amram au nom de Rav : dès que les consolateurs se sont levés, le septième jour, la toilette est permise.
Le point précis où porte la divergence, et les quatre décisions qui le suivent.
4
וּמוֹדִים חֲכָמִים לְאַבָּא שָׁאוּל כְּשֶׁחָל שְׁמִינִי שֶׁלּוֹ לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת עֶרֶב הָרֶגֶל, שֶׁמֻּותָּר לְגַלֵּחַ בְּעֶרֶב שַׁבָּת.

Et les Sages concèdent à Abba Chaoul que lorsque son huitième jour tombe un chabbat qui est la veille de la fête, il lui est permis de se raser le vendredi.

💡 Explication

Les Sages, qui exigent huit jours pleins, admettent une exception de contrainte. Lorsque le huitième jour tombe un chabbat qui précède immédiatement la fête, la coupe y est impossible et l'endeuillé entrerait dans la fête négligé. Ils permettent donc de se raser le vendredi, soit le septième jour, par égard pour l'honneur de la fête.

5
כְּמַאן אָזְלָא הָא דְּאָמַר רַב עַמְרָם אָמַר רַב: אָבֵל, כֵּיוָן שֶׁעָמְדוּ מְנַחֲמִין מֵאֶצְלוֹ, מֻותָּר בִּרְחִיצָה? כְּמַאן — כְּאַבָּא שָׁאוּל.

Selon qui va ce que Rav Amram a dit au nom de Rav : l'endeuillé, dès lors que les consolateurs se sont levés d'auprès de lui, il lui est permis de se laver ? Selon qui ?

Selon Abba Chaoul.

📜 Rachi (2)
כֵּיוָן שֶׁעָמְדוּ מְנַחֲמִים מֵאֶצְלוֹ הַייְנוּ בְּיוֹם ז':
Dès lors que les consolateurs se sont levés d'auprès de lui - c'est-à-dire le septième jour.
כְּמַאן כְּאַבָּא שָׁאוּל דְּאָמַר עוֹלֶה לְכָאן וּלְכָאן דַּחֲשִׁיב נָמֵי שְׁמִינִי דִּמְבַטֵּל מִמֶּנּוּ גְּזֵרַת שְׁלֹשִׁים:
Selon qui ? Selon Abba Chaoul - qui dit que le jour compte pour l'un et pour l'autre, étant compté aussi comme le huitième, ce qui annule pour lui le décret des trente.
💡 Explication

La guemara cherche l'auteur d'une halakha pratique de Rav. Le départ des consolateurs a lieu le matin du septième jour et marque la fin de la semaine de deuil ; Rav permet la toilette dès ce moment, sans attendre le soir.

Cette permission suppose que la fraction du septième jour déjà écoulée vaut pour le jour entier, ce qui est le principe d'Abba Chaoul.

6
אָמַר אַבַּיֵּי: הֲלָכָה כְּאַבָּא שָׁאוּל בְּיוֹם שִׁבְעָה, וּמוֹדִים חֲכָמִים לְאַבָּא שָׁאוּל בְּיוֹם שְׁלֹשִׁים, דְּאָמְרִינַן מִקְצָת הַיּוֹם כְּכֻולּוֹ.

Abaye a dit : la halakha est comme Abba Chaoul pour le septième jour, et les Sages concèdent à Abba Chaoul pour le trentième jour, car nous disons qu'une partie du jour vaut comme le jour entier.

📜 Rachi (1)
וּמוֹדִים הֵן לְאַבָּא שָׁאוּל בְּיוֹם שְׁלֹושִׁים לִקְבוּרַת מֵתוֹ דְּמֻותָּר לְגַלֵּחַ דְּלָא בָּעֵינַן שְׁלֹשִׁים שְׁלֵימִין דְּאָמְרִינַן מִקְצָת הַיּוֹם כְּכֻולּוֹ:
Et ils concèdent à Abba Chaoul - pour le trentième jour depuis l'enterrement de son mort : il lui est permis de se raser, car nous n'exigeons pas trente jours complets, puisque nous disons qu'une partie du jour vaut comme le jour entier.
💡 Explication

Abaye sépare deux applications de la même règle. Pour le septième jour, la divergence est réelle et il tranche comme Abba Chaoul. Pour le trentième jour, il soutient que les Sages eux-mêmes n'ont jamais contesté : trente jours pleins ne sont pas exigés, et l'endeuillé se rase dès le matin du trentième.

7
רָבָא אָמַר: הֲלָכָה כְּאַבָּא שָׁאוּל בְּיוֹם שְׁלֹשִׁים, וְאֵין הֲלָכָה כְּאַבָּא שָׁאוּל בְּיוֹם שִׁבְעָה. וּנְהַרְדָּעֵי אָמְרִי: הֲלָכָה כְּאַבָּא שָׁאוּל בָּזוֹ וּבָזוֹ, דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּאָבֵל.

Rava a dit : la halakha est comme Abba Chaoul pour le trentième jour, et la halakha n'est pas comme Abba Chaoul pour le septième jour. Et les gens de Néhardéa disent : la halakha est comme Abba Chaoul dans l'un et l'autre cas, car Chmouel a dit : la halakha suit les paroles de celui qui allège en matière de deuil.

🗂️ Tossefot (1)
הֲלָכָה כְּאַבָּא שָׁאוּל. נִרְאֶה דַּהֲלָכָה כְּמוֹתוֹ בְּכָל מַאי דִּפְלִיג אַתַּנָּא קַמָּא בֵּין בְּמִקְצָת הַיּוֹם כְּכֻולּוֹ בֵּין לְעִנְיַן אִם לֹא גִּילַּח מִדְּלָא מְפַלֵּיג בַּהֲלָכָה כְּאַבָּא שָׁאוּל בְּמִקְצָת הַיּוֹם כְּכֻולּוֹ וְלֹא בְּגִילַּח הרי"ן בִּירוּשַׁלְמִי מַקְשֶׁה לְרַבָּנָן דְּאַבָּא שָׁאוּל מַה בֵּין יוֹם שְׁלֹשִׁים לְיוֹם שְׁמִינִי דְּקָאָמַר מִקְצָת הַיּוֹם כְּכֻולּוֹ וּמְגַלֵּחַ עֶרֶב הָרֶגֶל וְיוֹם שְׁלֹשִׁים לֹא אָמַר מִקְצָת הַיּוֹם כְּכֻולּוֹ שֶׁיְּהֵא מְגַלֵּחַ בּוֹ וּמְשַׁנֵּי מִשּׁוּם כְּבוֹד הָרֶגֶל הִתִּירוּ תֵּדַע שֶׁהֲרֵי חָל שְׁמִינִי שֶׁלּוֹ בְּעֶרֶב הָרֶגֶל מְגַלֵּחַ עֶרֶב הָרֶגֶל וְאִילּוּ חָל שְׁלֹשִׁים בְּשַׁבָּת אֵינוֹ מְגַלֵּחַ בְּעֶרֶב שַׁבָּת:
La halakha est comme Abba Chaoul. Il semble que la halakha soit comme lui en tout ce sur quoi il diverge du premier tana, aussi bien pour « une partie du jour vaut comme le jour entier » que pour le cas où il ne s'est pas rasé, puisque la formule « la halakha est comme Abba Chaoul » ne distingue pas entre le principe et la coupe ; ainsi le Rin. Dans le Yerouchalmi, on objecte aux Rabbanan qui disputent à Abba Chaoul : quelle différence y a-t-il entre le trentième jour et le huitième, puisque pour celui-ci on dit « une partie du jour vaut comme le jour entier » et qu'il se rase la veille de la fête, tandis que pour le trentième on ne l'a pas dit, pour qu'il puisse s'y raser ? On répond : c'est en l'honneur de la fête qu'ils ont permis. La preuve : si son huitième jour tombe la veille de la fête, il se rase la veille de la fête, alors que si le trentième tombe un chabbat, il ne se rase pas le vendredi.
💡 Explication

Rava inverse la répartition d'Abaye : il retient Abba Chaoul pour le trentième jour et le rejette pour le septième, où il faut donc attendre le soir. Les Néhardaï retiennent Abba Chaoul sur les deux points, en s'appuyant sur une règle générale de Chmouel qui, en matière de deuil, fait suivre l'avis le plus léger.

Cette règle est un principe de tranchage propre au deuil, dont l'origine tient au caractère rabbinique de la plupart de ses obligations.

8
שְׁלֹשִׁים יוֹם מִנָּלַן? יָלֵיף ״פֶּרַע״ ״פֶּרַע״ מִנָּזִיר. כְּתִיב הָכָא: ״רָאשֵׁיכֶם אַל תִּפְרְעוּ״, וּכְתִיב הָתָם: ״גַּדֵּל פֶּרַע שְׂעַר רֹאשׁוֹ״, מַה לְהַלָּן שְׁלֹשִׁים, אַף כָּאן שְׁלֹשִׁים.

Les trente jours, d'où les tenons-nous ? On les apprend par l'analogie verbale péra-péra tirée du nazir.

Il est écrit ici : « ne laissez pas vos têtes en péra », et il est écrit là-bas : « il laissera croître en péra la chevelure de sa tête » ; de même que là-bas il s'agit de trente jours, de même ici trente jours.

📜 Rachi (2)
מִנָּלַן דִּשְׁלֹשִׁים יוֹם אָסוּר בְּגִילּוּחַ:
D'où le tenons-nous - que pendant trente jours la coupe est interdite.
רָאשֵׁיכֶם אַל תִּפְרָעוּ הָא שְׁאָר אֲבֵלִים חַיָּיבִים מַשְׁמַע:
Ne laissez pas vos têtes en péra - ce qui implique que les autres endeuillés y sont tenus.
🗂️ Tossefot (1)
אָתְיָא פֶּרַע פֶּרַע מִנָּזִיר. יֵשׁ שֶׁאוֹמְרִים שֶׁאָסוּר לָאָבֵל לִהְיוֹת סוֹרֵק רֹאשׁוֹ לְאַחַר שִׁבְעָה מִשּׁוּם דְּאָמְרִינַן (נָזִיר דַּף מב.) נָזִיר חוֹפֵף וּמְפַסְפֵּס אֲבָל לֹא סוֹרֵק וַאֲנַן יָלְפִינַן מִנָּזִיר וְאֵין נִרְאֶה כְּלָל דְּהָא בְּנָזִיר אָסוּר וַדַּאי שֶׁאֲפִילּוּ תָּלַשׁ שְׂעָרוֹ אָסוּר אֲבָל לְעִנְיַן אֲבֵילוּת שֶׁהוּא מִשּׁוּם יִפּוּי לֹא וּבִשְׁעַת מַעֲשֶׂה שָׁאַלְתִּי מִמּוֹרִי רִיבָ"א וְהִתִּיר לִי והר"ר יוֹם טוֹב פֵּירֵשׁ כֵּיוָן דְּקַייְמָא לָן מִקְצָת יוֹם שִׁבְעָה כְּכֻולּוֹ וְעוֹלֶה לְכָאן וּלְכָאן מִקְצָת הַיּוֹם כְּכֻולּוֹ וְיָכוֹל לְגַלֵּחַ בְּיוֹם עֶשְׂרִים וְתִשְׁעָה וּבְתוֹסְפוֹת הָרַב לֹא פֵּירֵשׁ כֵּן דְּלָא אָמְרִינַן שֶׁיְּהֵא יוֹם שִׁבְעָה לִשְׁנֵי יָמִים לְעִנְיַן שְׁלֹשִׁים יוֹם:
On l'apprend par péra-péra du nazir. Certains disent qu'il est interdit à l'endeuillé de se peigner la tête après les sept jours, puisque nous disons (Nazir 42a) que le nazir se lave les cheveux et les démêle, mais ne se peigne pas, et que nous apprenons du nazir. Cela ne semble juste en aucune manière, car chez le nazir la chose est interdite de façon absolue, au point que même arracher un cheveu est interdit, tandis qu'en matière de deuil, où l'interdit tient à l'embellissement, il en va autrement. Le jour où le cas s'est présenté, j'ai interrogé mon maître le Riva, et il me l'a permis. Rabbi Yom Tov a expliqué : puisque nous tenons qu'une partie du septième jour vaut comme le jour entier et qu'il compte pour l'un et pour l'autre, une partie du jour vaut comme le jour entier et il peut se raser le vingt-neuvième jour. Dans les Tossefot, le Rav n'a pas expliqué ainsi, car nous ne disons pas que le septième jour vaille pour deux jours au regard du compte des trente.
💡 Explication

La guemara remonte à la source du compte. Le verset adressé à Aharon et à ses fils, au jour de la mort de Nadav et Avihou, leur interdit de laisser leur chevelure en péra ; Rachi en tire, par contraste, que les autres endeuillés y sont tenus, donc qu'ils laissent croître leurs cheveux.

Le même mot péra figure chez le nazir, dont la durée est de trente jours. La gezera chava (analogie verbale entre deux occurrences d'un même terme) transporte cette durée vers le deuil, et fixe les trente jours pendant lesquels la coupe reste interdite.

🖼️ Schéma
D'où viennent les trente jours du deuil Question : trente jours, d'où les tenons-nous ? Ici : le deuil Vayikra 10, 6 : ne laissez pas vos têtes en péra (chevelure laissée libre) Rachi : les autres endeuillés y sont tenus Là-bas : le nazir Bamidbar 6, 5 : il laissera croître en péra la chevelure de sa tête Durée du nazir : trente jours gezera chava Le mot péra est commun aux deux versets : la durée du nazir passe au deuil Et chez le nazir lui-même, d'où vient le compte de trente ? Rav Matna Une nezirout indéterminée, prise sans préciser de durée, vaut trente jours. Appui du verset : il sera saint. Le mot yihye, compté en guematria, donne trente. 10 + 5 + 10 + 5 = 30.
Les deux versets reliés par le mot péra, et la durée que l'analogie transporte.
9
וְהָתָם מִנָּלַן? אָמַר רַב מַתָּנָה: סְתָם נְזִירוּת — שְׁלֹשִׁים יוֹם, מַאי טַעְמָא? אֲמַר קְרָא: ״קָדוֹשׁ יִהְיֶה״, יִהְיֶה בְּגֵימַטְרְיָא תְּלָתִין הָווּ.

Et là-bas, d'où le tenons-nous ? Rav Matna a dit : une nezirout indéterminée dure trente jours.

Quelle en est la raison ? Le verset dit : « il sera saint » ; le mot yihye vaut trente en guematria.

🗂️ Tossefot (1)
תְּלָתִין הָווּ. וּלְבַר פְּדָא דְּאָמַר בְּנָזִיר בפ"ק (דַּף ה.) נָזִיר לְהַזִּיר כ"ט אָסוּר שְׁלֹשִׁים שָׁרִי וּנְזִירוּת הוּא עֶשְׂרִים וְתִשְׁעָה יוֹם לְדִידֵיהּ א"כ סָבַר עַל כָּרְחָךְ כִּדְפֵירֵשׁ אַבָּא שָׁאוּל מִיהוּ יֵשׁ לוֹמַר לְכַתְּחִילָּה אֵינוֹ מְגַלֵּחַ בְּנָזִיר עַד שְׁלֹשִׁים יוֹם מִדְּרַבָּנָן כִּדְמַשְׁמַע הָכָא וּבִירוּשַׁלְמִי מַקְשֶׁה מִן הַמִּשְׁנָה (שָׁם דַּף טז.) דְּאָמַר גִּלַּח בְּיוֹם שְׁלשִׁים יָצָא וּמְשַׁנֵּי תַּמָּן לְשֶׁעָבַר הָכָא מִתְּחִילָּה וְהַייְנוּ כִּדְפָרֵישִׁית:
Cela fait trente. Mais selon Bar Pada, qui dit dans Nazir, au premier chapitre (5a), que le vingt-neuvième jour est interdit et le trentième permis, la nezirout est pour lui de vingt-neuf jours ; s'il en est ainsi, il tient forcément comme l'a expliqué Abba Chaoul. On peut cependant dire qu'à priori le nazir ne se rase pas avant le trentième jour, en vertu d'une règle rabbinique, comme cela ressort d'ici. Et dans le Yerouchalmi, on objecte à partir de la michna (ibid. 16a) qui dit que s'il s'est rasé le trentième jour il s'est acquitté ; on répond : là-bas il s'agit du fait accompli, ici du départ. Et cela revient à ce que j'ai expliqué.
💡 Explication

L'analogie ne vaut que si la durée du nazir est elle-même établie. Rav Matna la tire du verset qui précède l'obligation de laisser croître la chevelure : les lettres du mot yihye totalisent trente, soit 10 + 5 + 10 + 5.

Il s'agit d'un appui de type asmakhta, qui rattache au verset une mesure de trente jours pour une nezirout prise sans durée précisée. Cette mesure, une fois fixée, remonte par la gezera chava vers le deuil.

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אָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ: הַכֹּל מוֹדִין כְּשֶׁחָל שְׁלִישִׁי שֶׁלּוֹ לִהְיוֹת עֶרֶב הָרֶגֶל — שֶׁאָסוּר בִּרְחִיצָה עַד הָעֶרֶב.

Rav Houna fils de Rav Yehochoua a dit : tous s'accordent à dire que lorsque son troisième jour tombe la veille de la fête, il lui est interdit de se laver jusqu'au soir.

📜 Rachi (2)
הַכֹּל מוֹדִים אֲפִילּוּ אַבָּא שָׁאוּל דְּאָמַר מִקְצָת הַיּוֹם כְּכֻולּוֹ:
Tous s'accordent - même Abba Chaoul, qui dit qu'une partie du jour vaut comme le jour entier.
שֶׁאָסוּר בִּרְחִיצָה עַד הָעֶרֶב דְּוַדַּאי שָׁלֹשׁ שְׁלֵימִין בָּעֵינַן עַד הָעֶרֶב וְלָעֶרֶב רוֹחֵץ בְּצוֹנֵן אוֹ יַמְתִּין עַד חֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד וְיִרְחַץ בְּחַמִּין:
Qu'il lui est interdit de se laver jusqu'au soir - car assurément nous exigeons ici trois jours complets, jusqu'au soir ; et le soir venu il se lave à l'eau froide, ou bien il attend hol hamoed et se lave à l'eau chaude.
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁאָסוּר בִּרְחִיצָה עַד הָעֶרֶב. פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס וְלָעֶרֶב יָכוֹל לִרְחֹוץ גּוּפוֹ בְּצוֹנֵן אִי נָמֵי פָּנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו אֲבָל כָּל גּוּפוֹ בְּחַמִּין לֹא דְּאָסוּר לִרְחֹוץ בי"ט א"נ יֵשׁ לְפָרֵשׁ בְּחַמֵּי טְבֶרְיָא א"נ לִשְׁטֹוף מֻותָּר כְּדַאי' פֶּרֶק כִּירָה (שַׁבָּת דַּף לט: וְשָׁם) אִי נָמֵי בְּחַמִּין שֶׁהוּחַמּוּ בַּקַּרְקַע וְאָמַר בְּפֶרֶק כִּירָה מַחֲלֹוקֶת בְּחַמִּין שֶׁהוּחַמּוּ בִּכְלִי וא"ת מַאי שְׁנָא דְּלָא אָמְרִינַן מִקְצָת הַיּוֹם כְּכֻולּוֹ בַּשְּׁלִישִׁי וּבַשְּׁבִיעִי לְרַבָּנָן וּבַשְּׁבִיעִי לְאַבָּא שָׁאוּל שָׁרֵינַן עַל יְדֵי מִקְצָת הַיּוֹם כְּכֻולּוֹ וְכִי תֵּימָא מִשּׁוּם דְּאֶפְשָׁר לִרְחֹוץ ביו"ט וְלֹא יְהֵא נִיוּוּל תִּינַח רְחִיצָה אֶלָּא כִּיבּוּס מַאי אִיכָּא לְמֵימַר וְאֵין נִרְאֶה לר"י דְּכִיבּוּס שָׁרִי בַּשְּׁלִישִׁי וי"ל דְּבַאֲבֵילוּת שִׁבְעָה חֲמִיר טְפֵי בה"ג מְפָרֵשׁ הוּא הַדִּין רְבִיעִי וַחֲמִישִׁי אָסוּר עַד הָעֶרֶב ע"כ פִּי' בַּתּוֹסָפוֹת והרי"ט פֵּירֵשׁ עַד הָעֶרֶב הַייְנוּ מִבְּעֶרֶב י"ט וּלְאַפּוֹקֵי דְּלָא שָׁרֵי מִן הַבָּקָר וְנִרְאֶה דְּהוּא הַדִּין בְּכִיבּוּס מֻותָּר לְעָרֵב מעי"ט וּלְפֵירוּשׁוֹ נִרְאֶה דְּשִׁבְעָה קֹודֶם הָרֶגֶל אַלִּיבָּא דְּרַבָּנָן מֻותָּר מִבְּעֶרֶב י"ט וּמִדְּקָאָמַר הַכֹּל מוֹדִים פֵּירוּשׁ אֲפִילּוּ אַבָּא שָׁאוּל דְּשָׁרֵי בַּשְּׁבִיעִי מִן הַבָּקָר הָכָא מוֹדֶה לְרַבָּנָן דְּלָא שָׁרִי מִן הַבָּקָר אֶלָּא יֵשׁ לוֹ דִּין שְׁבִיעִי לְרַבָּנָן:
Qu'il lui est interdit de se laver jusqu'au soir. Le Kountras a expliqué que le soir il peut laver son corps à l'eau froide, ou bien son visage, ses mains et ses pieds ; mais tout son corps à l'eau chaude, non, car il est interdit de se laver un jour de fête. On peut aussi expliquer qu'il s'agit des eaux chaudes de Tibériade ; ou encore qu'un simple rinçage est permis, comme il est dit au chapitre Kira (Chabbat 39b) ; ou encore qu'il s'agit d'eau chauffée par le sol, le chapitre Kira précisant que la controverse porte sur l'eau chauffée dans un ustensile. Et si tu demandes : qu'y a-t-il de particulier ici, pour que l'on ne dise pas « une partie du jour vaut comme le jour entier » au troisième jour, alors que pour le septième, selon les Rabbanan, et pour le septième selon Abba Chaoul, nous permettons par ce même principe ? Si tu réponds que la toilette est possible le jour de fête et qu'il n'y aura donc pas de dégradation, cela vaut pour la toilette, mais que dire de la lessive ? Le Ri ne trouve pas cela juste, car la lessive est permise dès le troisième jour. On peut répondre que dans le deuil des sept jours la règle est plus sévère. Le Behag explique qu'il en va de même du quatrième et du cinquième jour, interdits jusqu'au soir. Ainsi s'achève ce qui est expliqué dans les Tossefot. Le Rit a expliqué que « jusqu'au soir » vise le soir qui précède le jour de fête, pour exclure la permission dès le matin ; et il semble qu'il en aille de même pour la lessive, permise au soir de la veille de fête. Selon son explication, il apparaît que celui qui a enterré sept jours avant la fête est permis, selon les Rabbanan, dès le soir de la veille de fête. Et puisque la guemara dit « tous s'accordent », cela veut dire : même Abba Chaoul, qui permet le septième jour dès le matin, concède ici aux Rabbanan que la permission ne vaut pas dès le matin, le jour ayant seulement le statut du septième jour selon les Rabbanan.
💡 Explication

Une limite est posée à la règle mikstat hayôm ke-khoulo. Le premier seuil de la baraita exige trois jours de deuil accomplis avant la fête ; Rav Houna fils de Rav Yehochoua enseigne qu'il s'agit ici de trois jours pleins, jusqu'au soir, y compris selon Abba Chaoul.

La toilette reste donc interdite toute la journée de la veille de la fête. Rachi indique les deux issues pratiques : se laver à l'eau froide une fois la nuit venue, ou attendre hol hamoed pour se laver à l'eau chaude.

🖼️ Schéma
Les deux limites posées à la fin du folio 1. Rav Houna fils de Rav Yehochoua : le troisième jour tombant la veille de la fête Tous en conviennent, y compris Abba Chaoul : la toilette reste interdite jusqu'au soir. Trois jours pleins sont exigés ici, et la règle mikstat hayôm ke-khoulo ne joue pas. Rachi : le soir venu il se lave à l'eau froide, ou bien il attend hol hamoed et se lave à l'eau chaude. Rav Papi, Rav Papa et leurs collègues ont tenu cette parole pour halakha. 2. Question d'Abaye à Rava : il a enterré son mort pendant la fête elle-même Pour le compte des sept Pas de question : la fête ne compte pas, car les usages des sept ne s'observent pas alors (sandale, renversement du lit). Pour le compte des trente La question se pose : les usages des trente s'observent pendant la fête, puisque la coupe et le gihouts y sont interdits. Réponse de Rava : la fête ne compte pas. Abaye objecte aussitôt à partir d'une baraita.
Les deux limites de la fin du folio : les trois jours pleins, et l'enterrement fait pendant la fête.
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אָמַר רַב נְחֶמְיָה בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ: אַשְׁכַּחְתִּינְהוּ לְרַב פַּפֵּי וּלְרַב פָּפָּא דְּיָתְבִי וְקָאָמְרִי: הֲלָכָה כְּרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ. אִיכָּא דְאָמְרִי, אָמַר רַב נְחֶמְיָה בְּרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף: אַשְׁכַּחְתִּינְהוּ לְרַב פַּפֵּי וּלְרַב פָּפָּא וּלְרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ דְּיָתְבִי וְקָאָמְרִי: הַכֹּל מוֹדִים שֶׁאִם חָל שְׁלִישִׁי שֶׁלּוֹ לִהְיוֹת עֶרֶב הָרֶגֶל — שֶׁאָסוּר בִּרְחִיצָה עַד הָעֶרֶב.

Rav Nehemia fils de Rav Yehochoua a dit : j'ai trouvé Rav Papi et Rav Papa assis et disant : la halakha est comme Rav Houna fils de Rav Yehochoua. Certains rapportent : Rav Nehemia fils de Rav Yossef a dit : j'ai trouvé Rav Papi, Rav Papa et Rav Houna fils de Rav Yehochoua assis et disant : tous s'accordent à dire que si son troisième jour tombe la veille de la fête, il lui est interdit de se laver jusqu'au soir.

💡 Explication

Deux versions de la même tradition. Dans la première, la parole de Rav Houna fils de Rav Yehochoua est rapportée par d'autres et tranchée comme halakha. Dans la seconde, introduite par ikka deamri (certains rapportent), le nom du rapporteur change et Rav Houna figure parmi ceux qui énoncent la règle, laquelle est formulée directement et non comme une décision sur un avis antérieur.

La halakha est identique dans les deux versions ; la différence porte sur la chaîne de transmission.

12
בְּעָא מִינֵּיהּ אַבָּיֵי מֵרָבָא: קִבְרוֹ בָּרֶגֶל, רֶגֶל עוֹלֶה לוֹ לְמִנְיַן שְׁלֹשִׁים, אוֹ אֵין רֶגֶל עוֹלֶה לוֹ לְמִנְיַן שְׁלֹשִׁים? לְמִנְיַן שִׁבְעָה לָא קָמִיבַּעְיָא לִי, דְּלָא נָהֲגָא מִצְוַת שִׁבְעָה בָּרֶגֶל. כִּי קָא מִיבַּעְיָא לִי לְמִנְיַן שְׁלֹשִׁים, דְּקָא נָהֲגָא מִצְוַת שְׁלֹשִׁים בָּרֶגֶל, מַאי?

Abaye a demandé à Rava : s'il l'a enterré pendant la fête, la fête lui compte-t-elle dans le compte des trente, ou bien la fête ne lui compte-t-elle pas dans le compte des trente ? Pour le compte des sept, je ne me pose pas la question, puisque l'obligation des sept jours ne s'observe pas pendant la fête.

Ce que je demande, c'est pour le compte des trente, puisque l'obligation des trente jours s'observe pendant la fête : qu'en est-il ?

📜 Rachi (2)
לְמִנְיַן שִׁבְעָה לָא קָמִבַּעְיָא לִי דְּוַדַּאי אֵינוֹ עוֹלֶה דְּוַדַּאי לָא נָהֲגָא מִצְוַת שִׁבְעָה בָּרֶגֶל דְּהָא אֵינוֹ אָסוּר בִּנְעִילַת הַסַּנְדָּל וְאֵינוֹ נוֹהֵג בִּכְפִיַּית הַמִּטָּה:
Pour le compte des sept je ne me pose pas la question - car assurément la fête ne compte pas, puisque l'obligation des sept jours ne s'observe assurément pas pendant la fête : il ne lui est pas interdit de chausser la sandale, et il n'observe pas le renversement du lit.
דְּהָא נָהֲגָא מִצְוַת שְׁלֹשִׁים בָּרֶגֶל דְּהָא בָּרֶגֶל נָמֵי אָסוּר בְּגִיהוּץ וּבְתִסְפֹּורֶת כִּשְׁלֹשִׁים:
Puisque l'obligation des trente jours s'observe pendant la fête - car pendant la fête aussi le gihouts et la coupe de cheveux sont interdits, comme durant les trente jours.
🗂️ Tossefot (2)
קְבָרוֹ בָּרֶגֶל רֶגֶל עוֹלֶה לוֹ מִן הַמִּנְיָן שְׁלֹשִׁים אוֹ אֵינוֹ עוֹלֶה. פֵּירֵשׁ בְּתוֹסָפוֹת דְּהוּא הַדִּין דְּמִיבַּעְיָא לָן בִּקְבָרוֹ שְׁנֵי יָמִים קֹודֶם הָרֶגֶל וְקַשְׁיָא לָן דְּהָא בְּסָמוּךְ מַשְׁמַע דִּפְשִׁיטָא בִּקְבָרוֹ שְׁנֵי יָמִים קֹודֶם הָרֶגֶל דְּקָאָמְרִינַן מַאי לָאו אַסֵּיפָא לָא אַרֵישָׁא מַשְׁמַע דִּבְרֵישָׁא נִיחָא לֵיהּ וְשֶׁמָּא הָיָה הָרַב רוֹצֶה לוֹמַר דְּתַרְוַיְיהוּ מִיבְּעֵי לֵיהּ וְכִי פְּשִׁיט בָּעֵי לְמִיפְשַׁט הַכֹּל וּמְשַׁנֵּי דְּלָא תִּיפְשֹׁוט הַכֹּל:
S'il l'a enterré pendant la fête, la fête lui compte-t-elle dans le compte des trente ou ne lui compte-t-elle pas. Les Tossefot ont expliqué que la même question se pose pour celui qui a enterré deux jours avant la fête. Cela fait difficulté, car il ressort de la suite immédiate que le cas de celui qui a enterré deux jours avant la fête est évident, puisque la guemara y dit « n'est-ce pas à partir de la fin ? Non, à partir du début », ce qui implique que le début ne lui faisait pas difficulté. Peut-être le Rav voulait-il dire que les deux cas lui font question, et que, lorsqu'il tranche, il cherche à tout trancher, la réponse étant qu'on ne peut pas tout trancher.
דְּלָא נוֹהֲגִין מִצְוַת שִׁבְעָה בָּרֶגֶל. וּמִיהוּ דְּבָרִים שֶׁבְּצִינְעָא נוֹהֲגִין כִּדְמַשְׁמַע פּ"ק דִּכְתֻובּוֹת (דַּף ד: וְשָׁם) דְּקָאָמְרִינַן כָּל אוֹתָן הַיָּמִים הוּא יָשֵׁן בֵּין הָאֲנָשִׁים וְהִיא יְשֵׁינָה בֵּין הַנָּשִׁים מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן וְכֵן פֵּירֵשׁ הָרַב בְּשֵׁם רַבּוֹ מִמַּתְנִי' מָצֵי לְמִיפְשַׁט דְּאֵינוֹ עוֹלֶה לְמִנְיַן שִׁבְעָה דְּקָתָנֵי מַפְסִיקִין וְאֵין עוֹלִין וּלְכָל הַפָּחוֹת אַיְירֵי לְעִנְיַן שִׁבְעָה וּמִיהוּ יֵשׁ לוֹמַר דְּנוֹתֵן טַעַם מִנַּיִן לוֹ פָּשׁוּט דְּמַתְנִיתִין אַיְירֵי שֶׁאֵינוֹ עוֹלֶה לְמִנְיַן שִׁבְעָה אֵימָא לְעִנְיַן שְׁלֹשִׁים:
Puisque les usages des sept jours ne s'observent pas pendant la fête. Cependant les choses qui relèvent de l'intimité s'observent, comme il ressort du premier chapitre de Ketoubot (4b), où il est dit que durant tous ces jours-là il dort parmi les hommes et elle dort parmi les femmes, ce qui vient à l'appui de Rabbi Yo'hanan. Ainsi a expliqué le Rav au nom de son maître : on pourrait trancher à partir de notre michna que la fête ne compte pas dans le compte des sept, puisqu'elle enseigne « ils interrompent et ne comptent pas », formule qui vise au moins les sept jours. On peut toutefois répondre qu'il en donne la raison : d'où lui vient l'évidence que la michna parle du compte des sept ? Dis qu'elle parle du compte des trente.
💡 Explication

Le cas change : l'enterrement a lieu pendant la fête elle-même, et non avant. Abaye écarte d'emblée le compte des sept, dont les usages sont suspendus pendant la fête ; Rachi en donne les marques visibles, la sandale que l'endeuillé chausse alors et le lit qu'il ne renverse pas.

La question porte sur le compte des trente, dont les usages restent en vigueur pendant la fête : la coupe de cheveux et le gihouts (blanchiment et lustrage du linge) y sont interdits. Des jours où l'obligation s'observe réellement pourraient donc entrer dans le compte.

🖼️ Schéma
Les deux limites posées à la fin du folio 1. Rav Houna fils de Rav Yehochoua : le troisième jour tombant la veille de la fête Tous en conviennent, y compris Abba Chaoul : la toilette reste interdite jusqu'au soir. Trois jours pleins sont exigés ici, et la règle mikstat hayôm ke-khoulo ne joue pas. Rachi : le soir venu il se lave à l'eau froide, ou bien il attend hol hamoed et se lave à l'eau chaude. Rav Papi, Rav Papa et leurs collègues ont tenu cette parole pour halakha. 2. Question d'Abaye à Rava : il a enterré son mort pendant la fête elle-même Pour le compte des sept Pas de question : la fête ne compte pas, car les usages des sept ne s'observent pas alors (sandale, renversement du lit). Pour le compte des trente La question se pose : les usages des trente s'observent pendant la fête, puisque la coupe et le gihouts y sont interdits. Réponse de Rava : la fête ne compte pas. Abaye objecte aussitôt à partir d'une baraita.
Ce qu'Abaye écarte et ce qu'il demande : les sept d'un côté, les trente de l'autre.
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אָמַר לֵיהּ: אֵינוֹ עוֹלֶה. אַיְּתִיבֶיהָ: הַקּוֹבֵר אֶת מֵתוֹ שְׁנֵי יָמִים קֹודֶם הָרֶגֶל — מוֹנֶה חֲמִשָּׁה יָמִים אַחַר הָרֶגֶל, וּמְלַאכְתּוֹ נַעֲשֵׂית עַל יְדֵי אֲחֵרִים, וַעֲבָדָיו וְשִׁפְחוֹתָיו עוֹשִׂים בְּצִינְעָא בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ, וְאֵין רַבִּים מִתְעַסְּקִין עִמּוֹ,

Il lui a répondu : elle ne compte pas. Il lui a objecté : celui qui enterre son mort deux jours avant la fête compte cinq jours après la fête, son travail est fait par d'autres, ses serviteurs et ses servantes travaillent discrètement à l'intérieur de sa maison, et le public ne s'occupe pas de lui,

📜 Rachi (1)
וְאֵין רַבִּים מִתְעַסְּקִין עִמּוֹ כְּלוֹמַר אֵין צְרִיכִין לְנַחֲמוֹ אַחַר הָרֶגֶל שֶׁכְּבָר נִחֲמוּהוּ שִׁבְעָה יָמִים בָּרֶגֶל:
Et le public ne s'occupe pas de lui - c'est-à-dire qu'ils n'ont pas à le consoler après la fête, puisqu'ils l'ont déjà consolé pendant les sept jours de la fête.
🗂️ Tossefot (1)
וּמְלַאכְתּוֹ נַעֲשֵׂית ע"י אֲחֵרִים. אֲפִילּוּ בְּבֵיתוֹ אע"ג דְּאָמַר לְעֵיל בפ"ב (מוֹעֵד קָטָן דַּף יא:) הָיְתָה מְלַאכְתּוֹ בְּיַד אֲחֵרִים בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ אָסוּר לַעֲשׂוֹת בְּבָתֵּיהֶם מֻותָּר וְי"ל דְּהָכָא מַיְירֵי בְּדָבָר הָאָבֵד:
Son travail est fait par d'autres. Même à l'intérieur de sa maison, bien qu'il ait été dit plus haut, au deuxième chapitre (Moed Katan 11b), que si son travail se trouvait aux mains d'autres, il est interdit à l'intérieur de sa maison et permis dans leurs maisons. On peut répondre qu'il s'agit ici d'un davar haaved, une chose qui se perdrait.
💡 Explication

Rava tranche que les jours de fête n'entrent pas dans le compte des trente. Abaye objecte à partir d'une baraita qui traite du cas voisin : deux jours de deuil accomplis avant la fête, puis cinq jours comptés après elle, ce qui fait bien sept au total et montre que les jours de fête ont été retranchés du compte.

La baraita décrit ensuite le statut allégé de ces cinq jours : le travail se fait par des tiers, les serviteurs travaillent betsina (discrètement) dans la maison, et la consolation publique n'a plus lieu, la fête ayant déjà tenu lieu de consolation. Le raisonnement se poursuit au folio suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).