Moed Katan 23b — Y a-t-il un deuil le Chabbat ? La lecture de la michna, la baraita de l'onen et la tentative de rattacher la question à une controverse de tanaim

Moed_Katan 23b

Sougya : Le folio poursuit la controverse amoraïque ouverte à la page précédente : le Chabbat, durant les sept jours de deuil, le deuil est-il observé ou suspendu ? Les deux camps lisent la même michna, qui enseigne que le Chabbat compte dans les sept jours et qu'il n'interrompt pas le deuil ; chacun s'appuie sur l'un des deux membres de la phrase, et la guemara montre que chaque camp peut rendre compte du membre qui le gêne par la symétrie voulue avec la fin de la michna, consacrée aux fêtes.

La guemara essaie ensuite d'adosser la controverse à un différend de tanaim, tiré de la baraita sur celui dont le mort est encore étendu devant lui : le premier tana énumère ce que l'onen retrouve le Chabbat, Rabban Gamliel ajoute qu'il est alors tenu de toutes les mitsvot, et Rabbi Yo'hanan identifie la différence pratique dans les relations conjugales. La tentative échoue : chacun des deux tanaim peut avoir parlé seulement de son cas, avant l'ensevelissement, où la situation diffère de celle des sept jours.

Le plan du folio : une seule question, trois étapes 1. La controverse posée Les uns : il y a un deuil le Chabbat (dans les choses accomplies en privé). Les autres : il n'y a pas de deuil le Chabbat. 2. Les deux appuis dans la michna, et la réponse à chacun Appui du premier camp : le Chabbat compte (ola) — donc quelque chose y est observé. Appui du second camp : le Chabbat n'interrompt pas (einah mafseket) — mention superflue si le deuil y était observé. Réponse commune : chaque terme est appelé par la symétrie avec la fin de la michna, qui traite des fêtes. La michna dit donc moins qu'il n'y paraît ; aucun camp n'est réfuté par elle. 3. La tentative de rattachement à une controverse de tanaim Baraita : celui dont le mort est étendu devant lui (onen) — ce qu'il perd en semaine, ce qu'il retrouve le Chabbat. Premier tana : la liste s'arrête aux mitsvot énumérées. Rabban Gamliel : puisqu'il est tenu de celles-là, il est tenu de toutes. Rabbi Yo'hanan : la différence pratique porte sur les relations conjugales, qui sont une chose accomplie en privé. Proposition : le premier tana tient qu'il y a un deuil le Chabbat, Rabban Gamliel qu'il n'y en a pas. Rejet : chacun a pu parler seulement de son cas, où le mort n'est pas encore enseveli. Résultat : la controverse amoraïque reste ouverte, sans appui tannaitique Le critère retenu en pratique demeure celui de Rabbi Yo'hanan : les choses accomplies en privé sont observées
Le plan du folio : la controverse est posée, puis éprouvée par la michna, puis par une baraita ; aucune des deux ne parvient à la trancher.
Une seule michna, deux lectures opposées La michna : le Chabbat compte, et il n'interrompt pas deux membres de phrase, deux points d'appui possibles Il y a un deuil le Chabbat Appui : le Chabbat compte (ola) un jour ne compte dans les sept que si quelque chose du deuil y est observé Gêne par : il n'interrompt pas Réponse : terme appelé par la fin de la michna, où les fêtes interrompent Il n'y a pas de deuil le Chabbat Appui : il n'interrompt pas si le deuil y était observé, dire qu'il n'interrompt pas serait superflu Gêne par : le Chabbat compte Réponse : terme appelé par la fin de la michna, où les fêtes ne comptent pas Le procédé commun aux deux réponses : idei de-kabaei le-mitna seifa Le tana formule le début de la michna dans les termes appelés par sa fin, pour garder une langue parallèle ; on ne peut donc rien déduire du terme lui-même, et la michna cesse de trancher.
Les deux lectures de la michna : chaque camp s'appuie sur un membre de phrase et neutralise l'autre par la symétrie voulue avec la fin de la michna.
L'onen dans la baraita : la semaine, le Chabbat, et le point de désaccord En semaine — le mort est étendu devant lui il ne s'accoude pas pour manger pas de viande, pas de vin il ne bénit pas pour autrui, pas de zimoun on ne bénit pas pour lui, on ne le compte pas dispensé du Chema, de la tefila, des téfilines dispensé de toutes les mitsvot de la Torah motif : il doit rester tout entier à l'ensevelissement de son mort Le Chabbat il s'accoude et mange viande et vin il bénit et fait le zimoun on bénit pour lui, on le compte tenu du Chema, de la tefila, des téfilines tenu de toutes les mitsvot de la Torah motif : le Chabbat, l'ensevelissement est de toute manière diffère Premier tana la liste s'arrête là relations conjugales : interdites une chose accomplie en privé reste retenue Rabban Gamliel puisqu'il est tenu de celles-là, il est tenu de toutes relations conjugales : permises plus rien n'est retenu le Chabbat Rabbi Yo'hanan : la différence pratique entre eux porte sur les relations conjugales Mais ce désaccord ne prouve rien sur les sept jours de deuil la baraita parle d'un temps où le mort n'est pas enseveli : le régime y est autre des deux côtés
La baraita de l'onen : le contraste semaine / Chabbat, le supplément de Rabban Gamliel, et le point précis que Rabbi Yohanan isole entre les deux tanaim.
1
יֵשׁ אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת, וְהָנֵי אָמְרִי: אֵין אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת.

[Ceux-ci disent :] il y a un deuil le Chabbat, et ceux-là disent : il n'y a pas de deuil le Chabbat.

🗂️ Tossefot (1)
יֵשׁ אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת. בִּדְבָרִים שֶׁבְּצִנְעָא מַיְירֵי כִּדְפֵירֵשׁ בַּקְּוַנְט' וּבְסָמוּךְ נָמֵי לֵימָא כְתַנָּאֵי מַיְיתֵי פְּלֻוגְתָּא דְּרַשְׁבָּ"ג וְרַבָּנָן דְּהָוֵי דְּבָרִים שֶׁבְּצִנְעָא וְהָכִי מַשְׁמַע קְצָת בִּירֻושַּׁל' דִּלְעֵיל אַמַּתְנִיתִין דַּהֲשָׁבַת עוֹלָה פְּלִיגִי רַבִּי יוֹחָנָן וְרִיבָּ"ל אִם אָסוּר בְּשַׁבָּת בְּתַשְׁמִישׁ הַמִּטָּה מַשְׁמַע דִּפְלִיגִי כְּעֵין פְּלֻוגְתָּא דְּהָכָא וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹחָנָן יֵשׁ שֶׁאוֹמְרִים שָׁם מֻותָּר וְאוֹתוֹ חוֹלֵק עַל הַשַּׁ"ס שֶׁלָּנוּ דְּא"ר יוֹחָנָן בפ"ק דִּכְתֻובּוֹת (דַּף ד. וְשָׁם) אע"פ שֶׁאָמְרוּ אֵין אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת אֲבָל דְּבָרִים שֶׁבְּצִנְעָא נוֹהֵג וּקְצָת קָשֶׁה לִי תֵּימַהּ בִּשְׁמַעְתִּין אַבָּיֵי אַשְׁכְּחֵיהּ לְרַב יוֹסֵף דִּפְרִיס סוּדָרָא אַרֵישֵׁיהּ אֲמַר לֵיהּ לָא סָבַר לַהּ מָר אֵין אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת אֲמַר לֵיהּ הָכִי אָמַר ר' יוֹחָנָן דְּבָרִים שֶׁבְּצִנְעָא נוֹהֵג שֶׁמָּא הָיָה סָבוּר דִּפְרִיס סוּדָרָא אַרֵישֵׁיהּ הֲוָה דְּבָרִים שֶׁבְּפַרְהֶסְיָא וּכְמַאן דְּאָמַר פְּרִיעַת הָרֹאשׁ חוֹבָה וְלֹא הָיָה מְחַלֵּק בֵּין בְּבֵיתוֹ בֵּין חוּץ לְבֵיתוֹ וְהוּא הֵשִׁיב לוֹ בְּבֵיתוֹ חֲשִׁיב צִנְעָא:
« Il y a un deuil le Chabbat. » Il s'agit des choses accomplies en privé (devarim che-be-tsina), comme l'a expliqué le Qountras (Rachi). Plus loin également, lorsque la guemara dit « disons que cela correspond à une controverse de tanaim », elle apporte le différend de Rabban Chimon ben Gamliel et des sages, qui porte sur des choses accomplies en privé. C'est aussi ce que laisse quelque peu entendre le Yerouchalmi, plus haut, sur notre michna qui dit que le Chabbat compte : Rabbi Yo'hanan et Rabbi Yehochoua ben Levi y divergent sur la question de savoir si les relations conjugales sont interdites le Chabbat, ce qui laisse entendre qu'ils divergent à la manière du différend d'ici. Et selon Rabbi Yo'hanan, certains disent là-bas que c'est permis ; celui-là contredit notre Talmud, puisque Rabbi Yo'hanan a dit au premier chapitre de Ketoubot (4a) : bien qu'ils aient dit qu'il n'y a pas de deuil le Chabbat, les choses accomplies en privé sont pourtant observées. Une difficulté me reste dans notre sougya : Abaye trouva Rav Yossef qui avait étendu un foulard sur sa tête ; il lui dit : le maître ne tient-il pas qu'il n'y a pas de deuil le Chabbat ? Il lui répondit : ainsi a dit Rabbi Yo'hanan, les choses accomplies en privé sont observées. Peut-être Abaye pensait-il qu'étendre un foulard sur la tête relevait du domaine public, à la manière de celui qui dit que se couvrir la tête est une obligation, et il ne distinguait pas entre l'intérieur de la maison et le dehors ; Rav Yossef lui répondit que dans sa maison cela compte comme du privé.
💡 Explication

Le folio reprend la controverse amoraïque ouverte à la page précédente. La question porte sur le statut du Chabbat à l'intérieur des sept jours de deuil : le deuil y est-il observé, ou bien la sainteté du jour le suspend-elle entièrement ?

Tossefot précise aussitôt le point sur lequel le désaccord est réel. Personne ne songe à un deuil visible le Chabbat ; le différend porte sur les devarim che-be-tsina, les pratiques de deuil qui se tiennent en privé et qu'aucun regard extérieur ne perçoit.

2
מַאן דְּאָמַר יֵשׁ אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת, דְּקָתָנֵי ״עוֹלָה״. מַאן דְּאָמַר אֵין אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת, דְּקָתָנֵי ״אֵינָהּ מַפְסֶקֶת״.

Celui qui dit qu'il y a un deuil le Chabbat s'appuie sur ce qui est enseigné : « [le Chabbat] compte ». Celui qui dit qu'il n'y a pas de deuil le Chabbat s'appuie sur ce qui est enseigné : « il n'interrompt pas ».

🗂️ Tossefot (1)
מַאן דְּאָמַר יֵשׁ אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת מִדְּקָתָנֵי עוֹלָה. פֵּירֵשׁ הר"א זַ"ל מִדְּקָתָנֵי וְלֹא פֵּירֵשׁ וְאֵין בָּהּ אֲבֵילוּת אַלְמָא אֲבֵילוּת נוֹהֵג בָּהּ דְּאִם לֹא כֵן הָיָה לוֹ לְפָרֵשׁ הָכִי בְּהֶדְיָא אע"ג דְּעוֹלָה לֹא נָהַג בָּהּ אֲבֵילוּת דְּכֵיוָן דְּעוֹלָה מַשְׁמַע דְּנוֹהֵג בָּהּ אֲבֵילוּת וּמְשַׁנֵּי אַיְּידֵי דְּקָתָנֵי סֵיפָא אֵין עוֹלִין סְתָם תְּנָא בְּרֵישָׁא עוֹלָה סְתָם וְלָא נְהִירָא וּפֵירֵשׁ ר' שִׁמְעוֹן זצ"ל מֵרַבּוֹ מַאן דְּאָמַר יֵשׁ אֲבֵילוּת דְּקָתָנֵי עוֹלָה מַשְׁמַע דְּעוֹלֶה לְכָל מִנְיַן שִׁבְעָה וְלַאֲבֵילוּת שֶׁיִּנְהַג בְּשַׁבָּת מַה שֶׁנָּהַג אֶתְמוֹל וּמִתּוֹךְ כָּךְ תַּעֲלֶה שַׁבָּת לְחֶשְׁבּוֹנוֹ כְּשֵׁם שע"ש עוֹלָה לְחֶשְׁבּוֹנוֹ מ"ד אֵין אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת דְּקָתָנֵי אֵינָהּ מַפְסֶקֶת אע"ג דַּחֲשִׁיבָא כֻּולֵּי הַאי לְבַטֵּל אֲבֵילוּת בְּגַוַּהּ מ"מ אֵינוֹ מַפְסִיק דאל"כ פְּשִׁיטָא וְקָפְרִיךְ וְאֶלָּא הָא דְּקָתָנֵי עוֹלֶה דְּמַשְׁמַע דְּנוֹהֵג אֲבֵילוּת כִּשְׁאָר יָמִים וּמְשַׁנֵּי אַיְּידֵי דְּקָתָנֵי גַּבֵּי י"ט אֵין עוֹלִין לְגַמְרֵי לֹא לְמִנְיָן וְלֹא לַאֲבֵילוּת מִשּׁוּם שִׂמְחָה דִּכְתִיב בָּהֶן כִּדְפָרֵישִׁית תְּנָא רֵישָׁא נָמֵי עוֹלֶה בְּאוֹתוֹ לָשׁוֹן עַצְמוֹ דִּתְנָא בי"ט תְּנָא בְּשַׁבָּת דְּלָא לְהַפְלִיג בִּלְשׁוֹן הַמִּשְׁנָה וּמִיהוּ עוֹלֶה דְּשַׁבָּת אֵינוֹ לְמִנְיָן דְּלַאֲבֵילוּת לָא סָלְקָא אֶלָּא אִי נָהֲגָא אֲבֵילוּת בְּגַוֵּיהּ וא"כ לְפִי פֵּירוּשׁ זֶה וְאֶלָּא הָא דְּקָתָנֵי עוֹלֶה וּמְשַׁנֵּי לְעוֹלָם לָא נָהֲגָא וְאַיְּידֵי דִּתְנָא כו' וא"כ הַמִּשְׁנָה אֵין שִׁטַּת הַשַּׁ"ס לוֹמַר אַיְּידֵי דִּתְנָא הָא תְּנָא נָמֵי הָא אֶלָּא בְּמִילְּתָא דֶּאֱמֶת אֶלָּא דְּלָא צְרִיכִי אֲבָל דְּבָרִים נִרְאִים שֶׁקֶר אֵין לוֹ לִשְׁנוֹת וְעוֹד יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לְפִי מַה שֶׁמְּפָרֵשׁ אִי הָכִי לִיתְנֵי שַׁבָּת אֵינוֹ עוֹלֶה וְהָוֵי דֻּומְיָא דְּסֵיפָא יוֹתֵר עַד כָּאן לְשׁוֹן הר"א וּבִתּוֹ' הָרַב מַקְשֶׁה דְּמַשְׁמַע אֲפִילּוּ לְמָאֵן דְּאָמַר דְּלָא נָהֲגָא עוֹלֶה לְמִנְיַן שִׁבְעָה וא"כ בָּרֶגֶל נָמֵי אע"ג דְּלָא נָהֲגָא יְהֵא עוֹלֶה וּלְעֵיל אָמְרִי' לְעִנְיַן שִׁבְעָה לָא קָמִבַּעְיָא לֵיהּ דְּלָא נָהֲגָא מִצְוַת שִׁבְעָה בָּרֶגֶל וּמְתָרֵץ אע"ג דְּשַׁבָּת עוֹלֵה רֶגֶל אֵינוֹ עוֹלֶה הוֹאִיל וְאֵין אֲבֵילוּת כְּלָל מִשּׁוּם דִּכְתִיב בָּהֶן שִׂמְחָה שַׁבָּת מִיהָא לָא כְּתִיב שִׂמְחָה אֲפִילּוּ אֵינָהּ נוֹהֶגֶת עוֹלָה בַּיְּרוּשַׁלְמִי מְפָרֵשׁ טַעְמָא דְּשַׁבָּת דְּאֵין אֲבֵילוּת נוֹהֵג בּוֹ מִשּׁוּם דִּכְתִיב (מִשְׁלֵי י׳:כ״ב) בִּרְכַּת ה' הִיא תַעֲשִׁיר וְלֹא יוֹסִיף עֶצֶב עִמָּהּ וְשַׁבָּת כְּתִיב בֵּיהּ בְּרָכָה:
« Celui qui dit qu'il y a un deuil le Chabbat, puisqu'il est enseigné il compte. » Le Ra, de mémoire bénie, a expliqué : puisqu'il est enseigné « il compte » sans que la michna précise « et il n'y a pas de deuil en lui », le deuil y est donc observé ; autrement elle aurait dû le préciser explicitement — et cela bien que « il compte » soit compatible avec l'absence de deuil, car « il compte » laisse entendre que le deuil y est observé. La guemara répond que, puisque la fin de la michna enseigne « ils ne comptent pas », le tana a enseigné au début « il compte » sans plus. Cette explication ne paraît pas juste. Rabbi Chimon, de mémoire bénie, a expliqué au nom de son maître : celui qui dit qu'il y a un deuil s'appuie sur « il compte », terme qui laisse entendre que le jour entre dans le compte des sept et vaut pour le deuil, en ce qu'on y observe le Chabbat ce que l'on observait la veille, et de la sorte le Chabbat entre dans le compte, de même que la veille de Chabbat y entre. Celui qui dit qu'il n'y a pas de deuil le Chabbat s'appuie sur « il n'interrompt pas » : bien que le Chabbat soit assez important pour annuler le deuil en son sein, il n'interrompt pourtant pas — sinon la chose irait de soi. La guemara objecte : mais ce qui est enseigné, « il compte », laisse entendre que le deuil y est observé comme les autres jours ! Elle répond : puisqu'il est enseigné à propos du jour de fête « ils ne comptent pas » du tout, ni pour le compte ni pour le deuil, en raison de la joie qui y est écrite, comme je l'ai expliqué, le tana a enseigné aussi au début « il compte », dans les mêmes termes que pour le jour de fête, afin de ne pas varier la langue de la michna. Toutefois, « il compte » à propos du Chabbat ne vaut pas pour le compte, car pour le deuil le jour ne compterait que si le deuil y était observé. Selon cette explication, l'objection « mais il est enseigné il compte ! » reçoit pour réponse : en vérité le deuil n'y est pas observé, et c'est parce que le tana a enseigné etc. Or il faut objecter que le Talmud n'a pas coutume de dire « puisqu'il a enseigné ceci, il a enseigné aussi cela » sinon pour une chose vraie mais non nécessaire ; des choses qui paraissent fausses, il n'a pas à les enseigner. Il y a encore à objecter, selon cette explication : s'il en est ainsi, que la michna enseigne « le Chabbat ne compte pas », ce qui serait plus semblable à sa fin. Jusqu'ici les termes du Ra. Dans les Tossefot, le Rav objecte : cela laisse entendre que même pour celui qui tient que le deuil n'y est pas observé, le Chabbat compte pour les sept jours ; et s'il en est ainsi, la fête devrait compter elle aussi, bien que le deuil n'y soit pas observé. Or plus haut nous avons dit que, quant aux sept jours, la question ne se posait pas pour lui, l'obligation des sept jours n'étant pas observée durant la fête. Il répond : bien que le Chabbat compte, la fête ne compte pas, puisqu'il n'y a en elle aucun deuil, la joie y étant écrite ; pour le Chabbat en revanche, la joie n'y est pas écrite, et même si le deuil n'y est pas observé, il compte. Dans le Yerouchalmi, on explique la raison pour laquelle le deuil n'est pas observé le Chabbat par ce qui est écrit (Pr. 10, 22) : « la bénédiction de Hachem, c'est elle qui enrichit, et Il n'y ajoute pas de peine » — or à propos du Chabbat la bénédiction est écrite.
💡 Explication

Les deux camps lisent la même michna et se partagent ses deux membres de phrase. Le premier retient ola, « il compte » : un jour n'entre dans le compte des sept que si le deuil s'y observe d'une manière ou d'une autre. Le second retient einah mafseket, « il n'interrompt pas » : dire d'un jour qu'il n'interrompt pas suppose qu'il aurait pu le faire, donc que le deuil y est suspendu.

3
אִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ יֵשׁ אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת, הַשְׁתָּא אֲבֵילוּת נָהֲגָא, אַפְּסוּקֵי מִיבַּעְיָא?

Si tu penses qu'il y a un deuil le Chabbat : maintenant que le deuil lui-même y est observé, faut-il encore dire qu'il n'interrompt pas ?

📜 Rachi (1)
אַפְּסוּקֵי מִבַּעְיָא כְּלוֹמַר מִי צְרִיכָא לְמֵימַר דְּאֵינָהּ מַפְסֶקֶת:
c'est-à-dire : est-il besoin de dire qu'il n'interrompt pas ?
💡 Explication

Première objection, dirigée contre le camp qui maintient le deuil le Chabbat. Si le deuil s'observe ce jour-là comme les autres jours, l'enseignement selon lequel il n'interrompt pas devient superflu : un jour de deuil ordinaire n'interrompt évidemment rien.

L'argument repose sur le principe de lecture qui gouverne toute la sougya : une michna n'enseigne pas ce qui va de soi. Un membre de phrase inutile signale que la réalité visée est autre que celle que l'on supposait.

4
וְאֶלָּא הָא קָתָנֵי ״עוֹלָה״! אַייְּדֵי דְּקָבָעֵי לְמִיתְנֵא סֵיפָא ״אֵינָן עוֹלִים״, תְּנָא רֵישָׁא ״עוֹלָה״.

Mais alors, voici qu'il est enseigné « il compte » ! Puisque le tana voulait enseigner dans la fin de la michna « [les fêtes] ne comptent pas », il a enseigné au début « il compte ».

💡 Explication

La guemara retourne l'objection contre le second camp, puis fournit la réponse. Le terme ola n'a pas été choisi pour ce qu'il affirme du Chabbat : il est appelé par la fin de la michna, qui doit énoncer que les jours de fête ne comptent pas.

Ce procédé, désigne par la formule idei de-kabaei le-mitna seifa, consiste à formuler le début d'une michna dans les termes que sa fin impose, pour conserver une langue parallèle. Le terme cesse alors d'être une source de déduction.

5
וּלְמַאן דְּאָמַר יֵשׁ אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת, הָא קָתָנֵי אֵינָהּ מַפְסֶקֶת! מִשּׁוּם דְּקָבָעֵי לְמִיתְנָא סֵיפָא ״מַפְסִיקִין״, תְּנָא רֵישָׁא ״אֵינָהּ מַפְסֶקֶת״.

Et pour celui qui dit qu'il y a un deuil le Chabbat : voici qu'il est enseigné « il n'interrompt pas » ! C'est parce que le tana voulait enseigner dans la fin de la michna « [les fêtes] interrompent » qu'il a enseigné au début « il n'interrompt pas ».

💡 Explication

Le même procédé sert le camp adverse. Le terme einah mafseket est appelé par la fin de la michna, qui doit énoncer que les fêtes interrompent le deuil.

Les deux appuis se neutralisent donc de la même manière. La michna dit moins qu'il n'y paraissait, et la controverse amoraïque reste entière : il faut chercher ailleurs de quoi la trancher.

6
לֵימָא כְתַנָּאֵי: מִי שֶׁמֵּתוֹ מֻוטָּל לְפָנָיו — אוֹכֵל בְּבַיִת אַחֵר. אֵין לוֹ בַּיִת אַחֵר — אוֹכֵל בְּבֵית חֲבֵרוֹ, אֵין לוֹ בַּיִת חֲבֵרוֹ — עוֹשֶׂה לוֹ מְחִיצָה עֲשָׂרָה טְפָחִים. אֵין לוֹ דָּבָר לַעֲשׂוֹת מְחִיצָה — מַחֲזִיר פָּנָיו וְאוֹכֵל.

Disons que cela correspond à une controverse de tanaim. Celui dont le mort est étendu devant lui mange dans une autre pièce.

S'il n'a pas d'autre pièce, il mange dans la maison de son compagnon. S'il n'a pas la maison d'un compagnon, il se fait une cloison de dix tefahim.

S'il n'a pas de quoi faire une cloison, il détourne son visage et mange.

💡 Explication

La guemara cherche un appui tannaitique et cite une baraita sur l'onen, celui dont un proche est mort et n'est pas encore enseveli. Le statut d'aninout diffère du deuil proprement dit : il tient à la présence du mort et à l'obligation de s'occuper de son ensevelissement.

La baraita ouvre par une cascade de solutions décroissantes pour le repas, du plus séparé au moins séparé. La cloison de dix tefahim est la mesure standard qui constitue une séparation reconnue en halakha.

🖼️ Schéma
Où l'onen peut-il manger ? La cascade de la baraita 1. Une autre pièce solution première : ne pas voir le mort 2. Chez un voisin s'il n'a pas d'autre pièce chez lui 3. Une cloison dix tefahim de haut, entre lui et le mort 4. Détourner le visage s'il n'a rien pour faire la cloison Le principe de la série Manger devant son mort porte atteinte à l'honneur du défunt ; chaque degré cherche la séparation la plus grande encore possible.
Les quatre degrés de séparation prévus par la baraita pour le repas de l'onen.
7
וְאֵינוֹ מֵיסֵב וְאוֹכֵל, וְאֵינוֹ אוֹכֵל בָּשָׂר וְאֵינוֹ שׁוֹתֶה יַיִן, וְאֵין מְבָרֵךְ וְאֵין מְזַמֵּן, וְאֵין מְבָרְכִין עָלָיו וְאֵין מְזַמְּנִין עָלָיו, וּפָטוּר מִקְּרִיאַת שְׁמַע וּמִן הַתְּפִלָּה וּמִן הַתְּפִילִּין, וּמִכָּל מִצְוֹת הָאֲמוּרוֹת בַּתּוֹרָה.

Il ne s'accoude pas pour manger, il ne mange pas de viande et ne boit pas de vin ; il ne récite pas la bénédiction [pour acquitter autrui] et ne convie pas au zimoun ; on ne récite pas la bénédiction pour lui et on ne le convie pas au zimoun ; et il est dispensé de la lecture du Chema, de la tefila et des téfilines, ainsi que de toutes les mitsvot énoncées dans la Torah.

📜 Rachi (1)
אֵין מְבָרֵךְ לְהוֹצִיא אֲחֵרִים יְדֵי חוֹבָתָן:
pour acquitter autrui de son obligation.
🗂️ Tossefot (2)
וְאֵינוֹ אוֹכֵל בָּשָׂר וְאֵינוֹ שׁוֹתֶה יַיִן. נִרְאֶה דְּכִי הֵיכִי דְּשָׁרֵי בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּתַעֲנִית (דַּף ל.) גַּבֵּי עֶרֶב תִּשְׁעָה בְּאָב בָּשָׂר כָּל זְמַן שֶׁאֵינוֹ כִּשְׁלָמִים וְיַיִן מִגִּתּוֹ הָכִי נָמֵי שָׁרֵי בְּאוֹנֵן מִיהוּ אֵין רְגִילִין לִנְהֹוג בָּהֶן הֶיתֵּר לֹא בְּכָאן וְלֹא בְּתִשְׁעָה בְּאָב תֵּימַהּ מַשְׁמַע דְּאוֹנֵן חָמוּר מֵאָבֵל דְּלָא מָצִינוּ אָבֵל שֶׁיְּהֵא בּוֹ אִיסּוּר בְּבָשָׂר וּבְיַיִן וּלְעִנְיַן קָדָשִׁים אַשְׁכְּחַן דְּאָבֵל אוֹכֵל בְּקָדָשִׁים וְאוֹנֵן אָסוּר וּבִשְׁאָר דְּבָרִים הֶחְמִירוּ בַּאֲבֵילוּת בִּכְפִייַּת הַמִּטָּה וּנְעִילַת הַסַּנְדָּל וַעֲטִיפַת הָרֹאשׁ וְטוּבָא אִיכָּא וּבְאוֹנֵן שָׁרִי וי"ל דִּדְבָרִים שֶׁהֵן מִשּׁוּם אָבֵל מֻותָּר גַּבֵּי אוֹנֵן וּבַאֲבֵילוּת אֲסוּרִין אֲבָל דְּבָרִים שֶׁאֵינָם אֲסוּרִין מִשּׁוּם אֲבֵילוּת אֶלָּא מִשּׁוּם שֶׁיֵּשׁ לוֹ לִהְיוֹת טָרוּד בִּקְבוּרַת מֵתוֹ וְלֹא יִמָּשֵׁךְ אַחַר דְּבָרִים אֲחֵרִים כְּגוֹן אֲכִילַת בָּשָׂר וּשְׁתִייַּת יַיִן אֲסִירֵי בְּאוֹנֵן דַּוְקָא וְתַשְׁמִישׁ הַמִּטָּה דְּמַשְׁמַע בְּסָמוּךְ דְּאָסוּר בְּאוֹנֵן בְּהָא נָמֵי שֶׁמָּא יִמָּשֵׁךְ אוֹ שֶׁמָּא שִׂמְחָה יַתִּירְתָא וְחֻוצְפָּה כָּךְ מָצָאתִי וּבְתִגְלַחַת וּבְתִכְבֹּוסֶת לָא יָדְעִינַן אִי שָׁרִי בְּאוֹנֵן וְאֵין לִלְמֹוד אִיסּוּר לְגַלֵּחַ מִדְּתָנֵי' בְּמַס' שְׂמָחוֹת הָיָה מְגַלֵּחַ וְאָמְרוּ לוֹ מֵת אֶחָד מִקְּרוֹבָיו הֲרֵי זֶה יִגְמֹור מַשְׁמַע הָא לֹא הִתְחִיל אָסוּר דִּלְמָא בִּשְׁמוּעָה אַייְרֵי וּלְאַחַר שֶׁנִּקְבַּר וּבְשֵׁם רִיבָ"א כָּתַבְתִּי דְּתִגְלַחַת אָסוּר דְּנָפְקָא לָן מֵרָאשֵׁיכֶם אַל תִּפְרָעוּ (וַיִּקְרָא י׳:ו׳) הָא כֻּולֵּי עָלְמָא אֲסִירֵי וְאִינְהוּ אוֹנְנִים הָווּ וּבְתַשְׁמִישׁ הַמִּטָּה דְּאָסְרִינַן בְּסָמוּךְ וְרָאוּ לְהַתִּיר בַּאֲנִינוּת כִּדְאָמְרִינַן פּ"ק דִּכְתֻובּוֹת (דַּף ד. וְשָׁם) וּבַאֲבֵילוּת אָסְרוּ דְּקָאָמְרִינַן הָתָם מַכְנִיסִין אֶת הַמֵּת לַחֶדֶר וּבוֹעֵל בְּעִילַת מִצְוָה וּפוֹרֵשׁ וְהָא דְּקָאָמְרִינַן הָתָם אֲבֵילוּת דְּהָכָא קִילָא וְאָתֵי לְזִלְזוּלֵי בָּהּ וּמַקְשֶׁה מַאי קֻולָּא אִילֵּימָא דְּקָתָנֵי בּוֹעֵל בְּעִילַת מִצְוָה מִשּׁוּם דְּלָא חָיְילָא אֲבֵילוּת עָלֶיהָ אֵינוֹ רוֹצֶה לוֹמַר שֶׁאֵין קֻולָּא בַּדָּבָר אֶלָּא הָכִי קָאָמַר אֵין קֻולָּא בַּאֲבֵילוּת כִּי אִם בַּאֲנִינוּת וְלָא אָתֵי לְזִלְזוּלֵי בַּאֲבֵילוּת:
« Il ne mange pas de viande et ne boit pas de vin. » Il paraît que, de même qu'on autorise au dernier chapitre de Taanit (30a), à la veille du neuf av, la viande qui n'est pas préparée comme des chelamim et le vin sortant du pressoir, cela est de même permis à l'onen. Toutefois, on n'a pas coutume d'appliquer cette permission, ni ici ni le neuf av. Difficulté : cela laisse entendre que l'onen est plus grave que l'endeuillé, car nous ne trouvons pas d'endeuillé à qui la viande et le vin soient interdits ; et quant aux qodachim, nous trouvons que l'endeuillé en mange tandis que l'onen en est interdit. Dans les autres domaines, on a été plus sévère dans le deuil — le renversement du lit, le port de la sandale, la couverture de la tête, et bien d'autres choses encore — alors que cela est permis à l'onen. On peut répondre que les choses interdites au titre du deuil sont permises à l'onen et interdites à l'endeuillé ; mais les choses qui ne sont pas interdites au titre du deuil et qui le sont parce qu'il doit rester occupé à l'ensevelissement de son mort sans se laisser entraîner par autre chose — comme manger de la viande et boire du vin — sont interdites précisément à l'onen. Quant aux relations conjugales, dont il ressort plus loin qu'elles sont interdites à l'onen, la raison en est peut-être qu'il risque de s'y laisser entraîner, ou bien qu'il y a là une joie excessive et une effronterie ; ainsi l'ai-je trouvé. Quant à la coupe des cheveux et au lavage du linge, nous ne savons pas s'ils sont permis à l'onen, et l'on ne peut apprendre l'interdiction de se couper les cheveux de ce qui est enseigné au traité Semahot : « il était en train de se couper les cheveux et on lui dit qu'un de ses proches était mort, celui-là achève », ce qui laisserait entendre que s'il n'a pas commencé cela lui est interdit — car il se peut que le texte parle d'une nouvelle reçue après l'ensevelissement. Au nom du Riva, j'ai écrit que la coupe des cheveux est interdite, ce que l'on tire du verset « ne laissez pas croître vos cheveux » (Lev. 10, 6) : tous y étaient donc tenus, et ils étaient onenim. Quant aux relations conjugales que nous interdisons plus loin, on a vu qu'il y avait lieu de les permettre durant l'aninout, comme nous le disons au premier chapitre de Ketoubot (4a), alors qu'on les a interdites durant le deuil ; car nous disons là-bas qu'on rentre le mort dans une chambre, qu'il accomplit la relation de la mitsva puis se retire. Et lorsque l'on dit là-bas que « le deuil dont il s'agit ici est léger et l'on risque de le prendre à la légère », et que la guemara objecte : quelle légèreté ? si tu dis ce qui est enseigné, « il accomplit la relation de la mitsva », parce que le deuil n'a pas pris effet sur lui — cela ne veut pas dire qu'il n'y a là aucune légèreté ; le sens est plutôt qu'il y a de la légèreté dans l'aninout et non dans le deuil, de sorte que l'on ne viendra pas à prendre le deuil à la légère.
וְאֵין מְבָרְכִין עָלָיו. פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס בִּבְרָכוֹת פֶּרֶק מִי שֶׁמֵּתוֹ (בְּרָכוֹת דַּף יח. וְשָׁם) בִּרְכַּת הַמּוֹצִיא וְאֵין מְזַמְּנִין בִּרְכַּת הַמָּזוֹן וְתֵימַהּ גַּבֵּי הַמּוֹצִיא מַה שַׁייָּךְ לוֹמַר אֵין מְבָרְכִין עָלָיו בִּשְׁלָמָא גַּבֵּי בִּרְכַּת הַמָּזוֹן שַׁיָּיךְ צֵירוּף אֶלָּא גַּבֵּי הַמּוֹצִיא מַאי שַׁיָּיךְ צֵירוּף וְיֵשׁ לְפָרֵשׁ דְּבַגְּמָרָא קָאָמְרִינַן דְּאֵין מְבָרְכִין עָלָיו אֶלָּא מִצְוָה לְחַלֵּק דְּהָווּ כִּשְׁנַיִם שֶׁאָכְלוּ שֶׁמִּצְוָה לֵיחָלֵק וְאֵין זֶה הָאוֹנֵן מִצְטָרֵף עִמָּהֶן וְאֵין מְזַמְּנִין עֲלֵיהֶן עִמָּהֶן לוֹמַר נְבָרֵךְ שֶׁאָכַלְנוּ מִשֶּׁלּוֹ וְאִי לָא הֲוָה תָּנֵי אֶלָּא חֲדָא הֲוָה אֲמִינָא לְעִנְיַן נְבָרֵךְ שֶׁאָכַלְנוּ מִשֶּׁלּוֹ דְּאֵין מִצְטָרֵף אֲבָל מִצְטָרֵף לִהְיוֹת לָהֶם דִּין שְׁלֹשָׁה לְבָרֵךְ אֶחָד מֵהֶן בַּעֲבוּר חֲבֵרוֹ לְהָכִי תָּנֵי תַּרְתֵּי וְרִיבָ"א מְפָרֵשׁ דְּאֵין מְבָרְכִין וּמְזַמְּנִין חֲדָא לוֹמַר נְבָרֵךְ שֶׁאָכַלְנוּ מִשֶּׁלּוֹ וַחֲדָא לְבָרֵךְ בְּשֵׁם כְּמוֹ שֶׁמַּזְכִּירִין שָׁם בַּעֲשָׂרָה פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס בְּפֶרֶק מִי שֶׁמֵּתוּ (ג"ז שָׁם) וְאֵינוֹ מְבָרֵךְ אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ בִּרְכַּת הַמָּזוֹן מַשְׁמַע מִפֵּירוּשׁוֹ דְּאֵין אָסוּר לְבָרֵךְ וּבִשְׁמַעְתִּין נָמֵי פֵּירֵשׁ כְּעִנְיָן זֶה וּמִיהוּ מִדְּקָאָמַר בְּרֵישׁ פֶּרֶק מִי שֶׁמֵּתוֹ הָתָם לְמָאֵן דְּאָמַר [תּוֹךְ] אַרְבַּע אַמּוֹת הוּא דְאָסוּר פֵּירֵשׁ רַבֵּינוּ יִצְחָק בִּבְרָכוֹת דְּאִיכָּא אִיסּוּר לְבָרֵךְ וְגַם בְּתוֹסָפוֹת הָרַב פֵּירֵשׁ דְּאָסוּר לְבָרֵךְ וְתֵימַהּ לְרַבִּי יִצְחָק דְּהַשְׁתָּא נָהֲגוּ לְבָרֵךְ וּלְזַמֵּן וְהָיָה אוֹמֵר דְּלָא אַייְרֵי הָכָא רַק כְּשֶׁהוּא עוֹסֵק בְּצָרְכֵי הַמֵּת שֶׁאֵין לוֹ לְהִתְבַּטֵּל מִן הַמִּצְוָה אֲבָל בְּשָׁעָה שֶׁאֵינוֹ עוֹסֵק שָׁרִי אִי נָמֵי בְּשָׁעָה שֶׁאֲחֵרִים עוֹסְקִים וְהוּא אֵינוֹ עוֹשֶׂה כְּלוּם וּמִיהוּ בִּירֻושַּׁל' אֵינוֹ מַשְׁמַע כֵּן וְהָכֵי אִיתָא הָתָם אֵינוֹ אוֹכֵל כָּל צָורְכּוֹ וְאֵינוֹ שׁוֹתֶה כָּל צָורְכּוֹ כּוּ' וְאֵינוֹ מְבָרֵךְ וְאִם בֵּירַךְ אֵין עוֹנִין אַחֲרָיו אָמֵן וְאִם בֵּרְכוּ אֲחֵרִים אֵינוֹ עוֹנֶה אַחֲרֵיהֶם אָמֵן וְאִם מִשּׁוּם בִּיטּוּל מִצְוַת עֵסֶק בְּמֵתוֹ מַה בִּיטּוּל יֵשׁ בַּעֲנִייַּת אָמֵן מִיהוּ נִרְאֶה לִי מִשּׁוּם שְׁמִיעַת הַבְּרָכָה שֶׁלֹּא תִּהְיֶה אָמֵן יְתוֹמָה וְעוֹד דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן הֵן עוֹמְדִין וּמִתְפַּלְּלִין וְהוּא יוֹשֵׁב וּמַצְדִּיק עָלָיו אֶת הַדִּין וּמַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ עוֹסֵק בּוֹ כְּלָל אֶלָּא יוֹשֵׁב וְדוֹמֵם וְנִרְאֶה דְּאָסוּר לְבָרֵךְ וְשׁוּב מָצָאתִי בִּירֻושַּׁל' דְּרֵישׁ פֶּרֶק מִי שֶׁמֵּתוֹ תָּנֵי אִם רָצָה לְהַחְמִיר עַל עַצְמוֹ אֵין שׁוֹמְעִין לוֹ לָמָּה מִפְּנֵי כְּבוֹדוֹ שֶׁל מֵת אוֹ מִשּׁוּם שֶׁאֵין לוֹ מִי שֶׁיִּשָּׂא מַשּׂאוֹי וּפָרִיךְ וְהָא תַּנְיָא פָּטוּר מִנְּטִילַת לוּלָב וְקָא סָלְקָא דַּעְתֵּיהּ דְּמַיְירֵי בְּיוֹם טוֹב וּבוֹ אֵינוֹ טָרוּד לִישָּׂא בְּמַשּׂאוֹי וּמְשַׁנֵּי תִּפָּתֵר בְּחוֹל פֵּירוּשׁ בְּחֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד וּפָרִיךְ וְהָתַנְיָא פָּטוּר מִתְּקִיעַת שׁוֹפָר אִית לָךְ לְמֵימַר בְּחוֹל וְלֹא בְּיוֹם טוֹב אָמַר ר' חֲנִינָא מִכֵּיוָן שֶׁהָיוּ זְקוּקִים לְהָבִיא לוֹ אָרוֹן וְתַכְרִיכִין דִּתְנֵינַן תַּמָּן מַחְשִׁיכִין עַל הַתְּחוּם לְפַקֵּחַ עַל עִסְקֵי כַּלָּה וְעַל עִסְקֵי הַמֵּת לְהָבִיא אָרוֹן וְתַכְרִיכִין נָמֵי כְּמוֹ שֶׁהוּא נוֹשֵׂא מַשּׂאוֹי דָּמֵי מַשְׁמַע דִּפְלִיגִי בְּשַׁבָּת וּבְיוֹם טוֹב דְּאֵינוֹ מְבָרֵךְ בְּמַאי דְּאָמְרִינַן מִיהוּ הָא קַשְׁיָא לָן דְּאָמְרִינַן בְּסֵיפָא בְּשַׁבָּת מְבָרֵךְ וּמְזַמֵּן וְצָרִיךְ עִיּוּן:
« On ne récite pas la bénédiction pour lui. » Le Qountras a expliqué, dans Berakhot au chapitre Mi che-meto (18a), qu'il s'agit de la bénédiction ha-motsi, et que « on ne le convie pas au zimoun » vise la birkat hamazon. Difficulté : à propos du ha-motsi, que signifie « on ne récite pas la bénédiction pour lui » ? Pour la birkat hamazon, la notion de jonction se comprend, mais pour le ha-motsi, de quelle jonction s'agirait-il ? On peut expliquer que la guemara dit qu'on ne récite pas la bénédiction pour lui et qu'il y a plutôt mitsva de se séparer, car ils sont comme deux personnes qui ont mangé, pour lesquelles il y a mitsva de se séparer ; cet onen ne se joint pas à elles, et on ne fait pas le zimoun avec elles pour dire « bénissons Celui dont nous avons mangé ». Et si la baraita n'avait enseigné qu'une seule chose, j'aurais pu dire qu'il ne se joint pas pour « bénissons Celui dont nous avons mangé », mais qu'il se joindrait pour leur donner le statut de trois, l'un bénissant pour son compagnon ; c'est pourquoi elle enseigne les deux. Le Riva explique que « on ne bénit pas » et « on ne fait pas le zimoun » visent l'un la formule « bénissons Celui dont nous avons mangé », l'autre la bénédiction avec le Nom, comme on mentionne le Nom à dix. Le Qountras a expliqué au chapitre Mi che-meto que « il ne bénit pas » signifie qu'il n'a pas besoin de réciter la birkat hamazon ; il ressort de son explication qu'il n'est pas interdit de bénir, et dans notre sougya il a expliqué dans le même sens. Toutefois, de ce qui est dit au début du chapitre Mi che-meto — là-bas, pour celui qui tient que l'interdiction ne porte que dans les quatre coudées — Rabbenou Yitshak a expliqué dans Berakhot qu'il y a interdiction de bénir ; et dans les Tossefot, le Rav a expliqué lui aussi qu'il est interdit de bénir. Difficulté pour Rabbi Yitshak : de nos jours, on a coutume de bénir et de faire le zimoun. Il disait que notre passage ne parle que du moment où il s'occupe des besoins du mort, où il ne doit pas s'écarter de la mitsva ; mais lorsqu'il ne s'en occupe pas, cela est permis. Ou bien : lorsque d'autres s'en occupent et que lui ne fait rien. Toutefois, le Yerouchalmi ne laisse pas entendre ainsi, car on y lit : il ne mange pas à sa suffisance et ne boit pas à sa suffisance etc., et il ne bénit pas ; s'il a béni, on ne répond pas amen après lui, et si d'autres ont béni, il ne répond pas amen après eux. Or, si le motif était l'interruption de la mitsva de s'occuper de son mort, quelle interruption y aurait-il à répondre amen ? Il me paraît plutôt que le motif tient à l'écoute de la bénédiction, pour que l'amen ne soit pas un amen orphelin. En outre, nous disons plus loin : eux se tiennent debout et prient, et lui est assis et justifie sur lui le jugement, ce qui laisse entendre qu'il ne s'occupe de rien, mais reste assis et silencieux. Il paraît donc qu'il est interdit de bénir. J'ai ensuite trouvé dans le Yerouchalmi, au début du chapitre Mi che-meto : il est enseigné que s'il veut se montrer plus rigoureux envers lui-même, on ne l'écoute pas ; pourquoi ? à cause de l'honneur du mort, ou parce qu'il n'a personne pour porter la charge. La guemara objecte : mais il est enseigné qu'il est dispensé de la prise du loulav ! Elle supposait qu'il s'agit d'un jour de fête, où il n'est pas occupé à porter une charge. Elle répond : explique-le un jour ordinaire, c'est-à-dire durant hol hamoed. Elle objecte : mais il est enseigné qu'il est dispensé de la sonnerie du chofar ; peux-tu dire que ce soit un jour ordinaire et non un jour de fête ? Rabbi Hanina dit : puisqu'ils avaient besoin de lui apporter un cercueil et des linceuls — comme nous l'avons appris là-bas : on attend à la limite du tehoum pour s'occuper des affaires d'une fiancée et des affaires d'un mort, pour apporter cercueil et linceuls — cela aussi compte comme s'il portait une charge. Il en ressort qu'ils divergent à propos du Chabbat et du jour de fête, où il ne bénit pas, selon ce que nous avons dit. Toutefois une difficulté nous demeure, car nous disons dans la fin de la baraita que le Chabbat il bénit et convie au zimoun ; cela demande examen.
💡 Explication

La liste rassemble deux registres. Les premiers éléments écartent les marques de repas festif : s'accouder, la viande, le vin. Les suivants portent sur la bénédiction et le zimoun, dont l'onen se trouve exclu, faute de pouvoir acquitter autrui ni compter dans le quorum de trois.

La dispense générale des mitsvot découle du principe selon lequel celui qui est engagé dans une mitsva se trouve dispensé d'une autre : l'ensevelissement du mort occupe entièrement l'onen.

8
וּבְשַׁבָּת — מֵיסֵב וְאוֹכֵל, וְאוֹכֵל בָּשָׂר וְשׁוֹתֶה יַיִן, וּמְבָרֵךְ וּמְזַמֵּן, וּמְבָרְכִין וּמְזַמְּנִין עָלָיו, וְחַיָּיב בִּקְרִיאַת שְׁמַע וּבִתְפִילָּה וּבִתְפִילִּין, וּבְכָל מִצְוֹת הָאֲמוּרוֹת בַּתּוֹרָה. רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: מִתּוֹךְ שֶׁנִּתְחַיֵּיב בְּאֵלּוּ — נִתְחַיֵּיב בְּכֻולָּן.

Mais le Chabbat, il s'accoude et mange, il mange de la viande et boit du vin ; il récite la bénédiction et convie au zimoun, on récite la bénédiction pour lui et on le convie au zimoun ; il est tenu de la lecture du Chema, de la tefila et des téfilines, ainsi que de toutes les mitsvot énoncées dans la Torah. Rabban Gamliel dit : puisqu'il est tenu de celles-là, il est tenu de toutes.

📜 Rachi (1)
מִתּוֹךְ שֶׁנִּתְחַיֵּיב בְּאֵלּוּ קְרִיאַת שְׁמַע כו' נִתְחַיֵּיב בְּכֻולָּן:
la lecture du Chema et le reste : il est tenu de toutes.
💡 Explication

Le Chabbat, l'ensevelissement se trouve de toute manière diffère : le motif de la dispense disparaît et l'onen reprend la conduite ordinaire du jour. La baraita reprend point par point la liste précédente pour en inverser chaque terme.

L'ajout de Rabban Gamliel paraît redondant, puisque le premier tana a déjà dit « toutes les mitsvot ». Le folio suivant en tire que son propos vise un élément que le premier tana laissait de côté.

9
וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: תַּשְׁמִישׁ הַמִּטָּה אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ.

Et Rabbi Yo'hanan a dit : la différence entre eux porte sur les relations conjugales.

📜 Rachi (1)
תַּשְׁמִישׁ הַמִּטָּה אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ הָא דְּאָמַר נִתְחַיֵּיב בְּכֻולָּן סָבַר מֻותָּר בְּתַשְׁמִישׁ הַמִּטָּה וְתַנָּא קַמָּא סָבַר אָסוּר בְּתַשְׁמִישׁ הַמִּטָּה:
celui qui dit « il est tenu de toutes » tient que les relations conjugales sont permises, et le premier tana tient qu'elles sont interdites.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan identifie le point que l'ajout de Rabban Gamliel vient trancher. Le premier tana énumère des mitsvot qui s'accomplissent au vu de tous ; les relations conjugales relèvent des devarim che-be-tsina, les choses accomplies en privé, et restent hors de sa liste.

Cette nafka mina donne à la baraita sa portée pour notre question : un désaccord sur une pratique privée le Chabbat ressemble exactement au désaccord amoraïque du début du folio.

10
מַאי לָאו בְּהָא קָא מִיפַּלְגִי, דְּמַר סָבַר: יֵשׁ אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת, וּמַר סָבַר: אֵין אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת!

N'est-ce pas sur ce point qu'ils divergent : l'un tient qu'il y a un deuil le Chabbat, et l'autre tient qu'il n'y a pas de deuil le Chabbat ?

📜 Rachi (2)
מַר דְּאָסַר בְּתַשְׁמִישׁ סָבַר יֵשׁ אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת:
celui qui interdit les relations conjugales tient qu'il y a un deuil le Chabbat.
וּמַר דְּשָׁרֵי סָבַר כִּשְׁמוּאֵל דְּאָמַר אֵין אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת:
celui qui les permet tient comme Chemouel, qui dit qu'il n'y a pas de deuil le Chabbat.
💡 Explication

La guemara formule la proposition : le premier tana retiendrait les relations conjugales parce que le deuil subsiste le Chabbat dans ce qui est privé, et Rabban Gamliel les permettrait parce que le jour suspend tout deuil.

Rachi rattache la seconde position à Chemouel, nommé à la page précédente comme tenant de l'absence de deuil le Chabbat, ce qui donnerait à la position amoraïque un appui tannaitique.

11
מִמַּאי? דִּלְמָא עַד כָּאן לָא קָאָמַר תַּנָּא קַמָּא הָתָם, אֶלָּא מִשּׁוּם דְּמֵתוֹ מֻוטָּל לְפָנָיו. אֲבָל הָכָא, דְּאֵין מֵתוֹ מֻוטָּל לְפָנָיו — לֹא.

D'où cela ? Peut-être le premier tana n'a-t-il parlé ainsi que là-bas, parce que son mort est étendu devant lui ; mais ici, où son mort n'est pas étendu devant lui, non.

💡 Explication

Le rejet repose sur la différence de situation entre les deux cas. La baraita traite de l'aninout, avant l'ensevelissement ; notre question porte sur l'avelout, après. Le motif que le premier tana retient, la présence du mort, tombe une fois l'ensevelissement accompli.

Il peut donc interdire les relations conjugales dans la baraita tout en tenant qu'il n'y a pas de deuil le Chabbat durant les sept jours.

🖼️ Schéma
Pourquoi la baraita ne tranche pas : deux échappatoires symétriques Deux situations distinctes la baraita : le mort n'est pas encore enseveli (aninout) — notre question : les sept jours après l'ensevelissement (avelout) Le premier tana peut interdire là-bas seulement motif retenu : le mort est étendu devant lui une fois enseveli, ce motif tombe il peut donc tenir qu'il n'y a pas de deuil le Chabbat Rabban Gamliel peut permettre là-bas seulement motif retenu : le deuil n'a pas encore pris effet une fois le deuil en vigueur, il interdirait il peut donc tenir qu'il y a un deuil le Chabbat Chaque tana pouvant se ranger dans l'un ou l'autre camp, la baraita ne peut servir d'appui
Les deux échappatoires qui empêchent de tirer de la baraita un appui pour l'une ou l'autre position.
12
וְעַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבָּן גַּמְלִיאֵל הָתָם, דְּאַכַּתִּי לָא חָל אֲבֵילוּת עֲלֵיהּ. אֲבָל הָכָא, דְּחָל אֲבֵילוּת עֲלֵיהּ — הָכִי נָמֵי.

Et peut-être Rabban Gamliel n'a-t-il parlé ainsi que là-bas, parce que le deuil n'a pas encore pris effet sur lui ; mais ici, où le deuil a pris effet sur lui, il en irait de même [et il interdirait].

📜 Rachi (1)
עֲדַייִן לֹא חָלָה אֲבֵילוּת עָלֶיהָ דְּלָא נִקְבַּר:
le deuil n'a pas encore pris effet sur lui, puisqu'il n'est pas enseveli.
💡 Explication

Le second volet du rejet est exactement symétrique. Rabban Gamliel peut permettre dans la baraita parce que le deuil n'a pas encore commencé, l'ensevelissement n'ayant pas eu lieu, tout en tenant qu'il y a un deuil le Chabbat une fois les sept jours entamés.

Chacun des deux tanaim pouvant se ranger dans l'un ou l'autre camp, la baraita ne fournit aucun appui. La controverse amoraïque demeure, et la conduite retenue reste celle de Rabbi Yo'hanan : le Chabbat, les pratiques de deuil accomplies en privé sont observées.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).