Moed Katan 24a -- Le deuil à l'épreuve du Chabbat : PaHaZ et NaTaR, l'atifa des Ichmaélites et la règle du che'at himoum

Moed_Katan 24a

Sougya : Le daf ouvre par la question de Rabbi Yo'hanan à Chmouel : reste-t-il du deuil pendant Chabbat ? La réponse de Chmouel, aucun deuil pendant Chabbat, se précise dans un mémento célèbre : PaHaZ, trois pratiques qu'il faut interrompre parce qu'elles se voient, et NaTaR, trois pratiques laissées au choix parce qu'elles passent pour des usages ordinaires ; Rav fait passer la découverte de la tête dans le second groupe.

La Guemara justifie la position de Chmouel par sa définition exigeante de l'atifa, l'enveloppement du visage à la manière des Ichmaélites, dont Rav Nahman montre la limite jusqu'aux creux de la joue, et Rabbi Yo'hanan restreint l'obligation au cas où l'endeuillé va pieds nus. Le même énoncé de Chmouel livre la règle du che'at himoum, qui ne reconnaît de déchirure valide qu'au moment brûlant de la douleur : deux objections la mettent à l'épreuve, la conduite des maîtres à l'annonce du décès de leurs collègues et la baraita de Rav Amram sur les vêtements de rechange, résolues par le rappel permanent des enseignements et par la restriction au deuil d'un père et d'une mère, d'où naît la question des déchirures recousues.

Le daf se clôt sur le retour à la michna, la halakha tranchée comme Rabban Gamliel au sujet de Roch Hachana et de Yom Kippour, et l'ouverture de la baraita du nourrisson, poursuivie en 24b.

Le mémento de Chmouel : les six pratiques du deuil à l'épreuve du Chabbat PaHaZ (peh, het, zayin) -- HOVA : obligatoire NaTaR (noun, tav, rech) -- RECHOUT : facultatif P -- Peri'at haroch il découvre sa tête et n'est plus enveloppé H -- Hazarat kera la-ahorav il tourne la déchirure vers l'arrière, hors de la vue Z -- Zekifat hamita il redresse le lit qui était renversé N -- Ne'ilat hasandal chausser la sandale : tout le monde n'en porte pas T -- Tachmich hamita les relations conjugales R -- Rehitsat yadayim veraglayim laver mains et pieds à l'eau chaude, le soir Les deux corrections apportées au mémento Rav la peri'at haroch passe elle aussi en rechout : rester enveloppé ne trahit pas le deuil Rabbi Yo'hanan les devarim chebetsin'a (choses du privé) restent en vigueur : le tachmich hamita demeure interdit
Le mémento PaHaZ / NaTaR de Chmouel : trois pratiques qu'il faut interrompre pour l'honneur du Chabbat, trois qui sont laissées au choix, et les deux corrections de Rav et de Rabbi Yohanan.
Jusqu'où le Chabbat suspend-il le deuil ? Trois positions Chmouel Rav Rabbi Yo'hanan Position Aucun deuil pendant Chabbat. PaHaZ obligatoire, NaTaR facultatif. Position Comme Chmouel, mais la peri'at haroch rejoint le groupe des facultatifs. Position Ce qui se voit cesse ; ce qui relève du privé (betsin'a) reste observé. Raison Seul compte ce qui rend le deuil visible aux autres. Raison Une tête couverte est chose courante : elle ne prouve rien. Raison Le Chabbat lève la dimension publique du deuil seulement. Nafka mina (conséquence pratique) Pour Chmouel et Rav, les relations conjugales sont permises pendant Chabbat ; pour Rabbi Yo'hanan elles restent interdites. Rav Yossef, endeuillé, garde son soudar sur la tête dans sa maison, et les Halakhot Guedolot tranchent comme Rabbi Yo'hanan.
Les trois positions amoraiques sur la portée du Chabbat dans le deuil, leur raison et la conséquence pratique qui les sépare.
La règle de la kri'a : deux objections, deux réponses Chmouel : toute kri'a faite hors du che'at himoum (le moment brûlant de la douleur) n'est pas une kri'a Objection 1 -- la conduite des maîtres À l'annonce du décès de Rav, Chmouel déchire douze vêtements ; Rabbi Yo'hanan, treize manteaux pour Rabbi Hanina. L'annonce vient bien après la mort. Réponse 1 -- les maîtres font exception Leurs enseignements sont rappelés à toute heure : chaque rappel ravive la douleur, de sorte que tout moment leur est un che'at himoum. Objection 2 -- la baraita de Rav Amram Pendant les sept jours, l'endeuillé porte la déchirure devant lui, et s'il change de vêtement il déchire le nouveau -- donc bien après le moment de la mort. Réponse 2 -- kevod av va-em Cette baraita traite du seul deuil d'un père ou d'une mère. L'honneur qui leur est dû impose de garder un vêtement déchiré tout au long des sept jours. Question dérivée : ces déchirures de rechange sont-elles mit'ahin (recousues à plein point) ? Le père de Rav Ocheya et bar Kappara divergent ; l'attribution de chaque avis reste indécise. Rav Ocheya enseigne ein mit'ahin (on ne les recoud pas), mais il a pu le tenir de bar Kappara, qui était son maître : la tentative de trancher échoue.
Le fil de la seconde moitié du daf : la règle du che'at himoum, les deux objections tirées de la pratique et de la baraita, et la question des déchirures recousues.
1
בְּעָא מִינֵּיהּ רַבִּי יוֹחָנָן מִשְּׁמוּאֵל: יֵשׁ אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת אוֹ אֵין אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת? אֲמַר לֵיהּ: אֵין אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת.

Rabbi Yo'hanan demanda à Chmouel : y a-t-il un deuil (avelout) pendant Chabbat, ou n'y a-t-il pas de deuil pendant Chabbat ? Il lui répondit : il n'y a pas de deuil pendant Chabbat.

🗂️ Tossefot (1)
בְּעָא מִינֵּיהּ ר' יוֹחָנָן מִשְּׁמוּאֵל. מִיהוּ ר' יוֹחָנָן לֹא קִיבֵּל מִשְּׁמוּאֵל דְּאִיהוּ סְבִירָא לֵיהּ דְּבָרִים שֶׁבְּצִינְעָא נוֹהֵג כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל:
Rabbi Yo'hanan demanda à Chmouel. Toutefois Rabbi Yo'hanan n'a pas reçu cette réponse de Chmouel, car il tient pour sa part que les choses qui relèvent du privé (devarim chebetsin'a) restent en vigueur, comme je l'ai expliqué plus haut.
💡 Explication

La fin du daf précédent a établi que le Chabbat compte dans les sept jours du deuil sans les interrompre. Restait une autre question, que Rabbi Yo'hanan pose ici : pendant ce Chabbat compté dans les sept jours, l'endeuillé observe-t-il encore quelque chose du deuil ? Chmouel répond par une formule tranchante : ein avelout beChabbat, aucun deuil pendant Chabbat.

Tossefot avertit d'emblée que Rabbi Yo'hanan, qui posait la question, gardera son propre avis : seul le deuil visible cesse, tandis que les devarim chebetsin'a, les pratiques qui relèvent du domaine privé, demeurent. Cette position revient à la fin du daf, dans la scène d'Abaye et de Rav Yossef.

2
יָתְבִי רַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּרַב פָּפָּא וְקָאָמְרִי מִשְּׁמֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל: אָבֵל שֶׁשִּׁימֵּשׁ מִטָּתוֹ בִּימֵי אֶבְלוֹ — חַייָּב מִיתָה. אָמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא: אָסוּר אִתְּמַר, וּמִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן אִתְּמַר,

Des maîtres siégeaient devant Rav Papa et disaient au nom de Chmouel : un endeuillé qui a eu des relations conjugales durant ses jours de deuil est passible de mort. Rav Papa leur dit : on a énoncé que cela est interdit, et cela a été dit au nom de Rabbi Yo'hanan,

💡 Explication

Rav Papa corrige la tradition de ses élèves sur deux points : la sévérité de la sanction, qui s'arrête à l'interdit, et le nom de son auteur, qui est Rabbi Yo'hanan. La suite du raisonnement se comprend à partir de la position de Rabbi Yo'hanan rappelée par Tossefot au segment précédent : pour lui les relations conjugales relèvent des devarim chebetsin'a et restent donc interdites.

3
וְאִי שְׁמִיעָא לְכוּ מִשְּׁמֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל, הָכִי שֹׁמֵיעַ לְכוּ: אָמַר רַב תַּחְלִיפָא בַּר אֲבִימִי אָמַר שְׁמוּאֵל: אֲבָל שֶׁלֹּא פֵּרַע וְשֶׁלֹּא פֵּירַם — חַייָּב מִיתָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״רָאשֵׁיכֶם אַל תִּפְרָעוּ וּבִגְדֵיכֶם לֹא תִפְרֹומוּ וְלֹא תָמֻותוּ וְגוֹ׳״, הָא אַחֵר שֶׁלֹּא פֵּרַע וְשֶׁלֹּא פֵּירַם — חַייָּב מִיתָה.

et si vous avez entendu quelque chose au nom de Chmouel, voici ce que vous avez entendu : Rav Tahlifa bar Avimi a dit au nom de Chmouel : un endeuillé qui n'a pas laissé ses cheveux en désordre (para) et qui n'a pas déchiré son vêtement (pirem) est passible de mort, car il est dit : Ne laissez pas vos têtes en désordre et ne déchirez pas vos vêtements, afin que vous ne mouriez pas, etc. -- d'où l'on déduit qu'un autre, qui n'a pas laissé ses cheveux en désordre et n'a pas déchiré son vêtement, est passible de mort.

🗂️ Tossefot (1)
הָא אַחֵר שֶׁלֹּא פֵּרַע כו'. אע"ג דִּפְשָׁטִי' דִּקְרָא הָא אַחֵר פּוֹרֵעַ וּפוֹרֵם וְאִם הֵם יַעֲשׂוּ יָמוּתוּ נִרְאֶה דְּאַסְמַכְתָּא בְּעָלְמָא הוּא דְּהָא לָא מַיְיתֵי לְהוּ סוֹף פֶּרֶק הַנִּשְׂרָפִין (סַנְהֶדְרִין דַּף פג.) גַּבֵּי אֵלּוּ שֶׁבְּמִיתָה:
D'où l'on déduit qu'un autre qui n'a pas laissé, etc. Bien que le sens simple du verset soit seulement qu'un autre, lui, laisse ses cheveux en désordre et déchire son vêtement, et que si eux le faisaient ils mourraient, il apparaît qu'il s'agit là d'une simple asmakhta (appui scripturaire), car la Guemara ne rapporte pas ces cas à la fin du chapitre Hanisrafin (Sanhédrin 83a), parmi ceux qui sont passibles de mort.
💡 Explication

Rav Papa rétablit ce que Chmouel a réellement dit, et l'énoncé porte sur deux gestes du deuil : la peri'a, laisser les cheveux de la tête en désordre et sans couvre-chef ordonné, et la prima, déchirer le vêtement. Le verset est celui que Moche adresse à Aharon et à ses deux fils survivants après la mort de Nadav et Avihou : il leur est interdit de porter le deuil, pour ne pas interrompre l'inauguration du Michkan.

La déduction se fait à contrario : si l'abstention est ici présentée comme un danger de mort pour eux, c'est que l'accomplissement de ces gestes est dû en temps ordinaire, et que s'en abstenir expose un autre endeuillé à la même sanction. Tossefot tempère la portée du procédé : le verset sert d'asmakhta, un appui scripturaire, puisque la liste des cas de mort par la main du Ciel, en Sanhédrin 83a, ne comporte pas celui-ci.

🖼️ Schéma
De Vayikra 10, 6 à la règle du deuil : le chemin de la déduction Le verset (Vayikra 10, 6), adressé à Aharon et à ses deux fils survivants Ne laissez pas vos têtes en désordre et ne déchirez pas vos vêtements, afin que vous ne mouriez pas. Lecture à contrario (Rav Tahlifa bar Avimi au nom de Chmouel) Un autre endeuillé, lui, doit le faire : s'il s'en abstient, il est passible de mort. Réserve de Tossefot Le verset sert d'asmakhta (appui scripturaire) : Sanhédrin 83a ne range pas ce cas parmi ceux qui sont passibles de mort.
Le chemin de la déduction, du verset adressé aux fils d'Aharon à la règle générale, et la réserve de Tossefot.
4
אָמַר רַפְרָם בַּר פָּפָּא, תְּנָא בְּאֵבֶל רַבָּתִי: אָבֵל אָסוּר לְשַׁמֵּשׁ מִטָּתוֹ בִּימֵי אֶבְלוֹ, וּמַעֲשֶׂה בְּאֶחָד שֶׁשִּׁימֵּשׁ מִטָּתוֹ בִּימֵי אֶבְלוֹ, וְשָׁמְטוּ חֲזִירִים אֶת גְּוִיָּיתוֹ.

Rafram bar Papa dit : un maître a enseigné dans Evel Rabbati : un endeuillé à l'interdiction d'avoir des relations conjugales durant ses jours de deuil ; et il est arrivé qu'un homme ait eu des relations conjugales durant ses jours de deuil, et des porcs ont trainé son corps.

📜 Rachi (2)
אֵבֶל רַבָּתִי מַסֶּכֶת שְׂמָחוֹת:
Evel Rabbati -- le traité Semahot.
גְּוִיָּיתוֹ כָּל גּוּפוֹ וְאִיכָּא דְּאָמְרִי אֵבֶר שֶׁלּוֹ:
Son corps (gouyato) -- tout son corps ; et certains disent : son membre.
💡 Explication

Evel Rabbati est un recueil externe consacré aux lois du deuil ; Rachi note qu'on l'appelle traité Semahot, du nom des réjouissances, par euphémisme. La Guemara y trouve la confirmation de la formulation de Rav Papa : l'énoncé est un interdit.

Le récit qui suit tient lieu d'avertissement plutôt que de source halakhique. Rachi rapporte deux lectures du mot gouyato, l'une qui vise le corps entier, l'autre le membre par lequel la transgression a eu lieu.

5
אָמַר שְׁמוּאֵל: פח״ז חוֹבָה, נת״ר רְשׁוּת.

Chmouel dit : PaHaZ est obligatoire, NaTaR est facultatif.

💡 Explication

Chmouel résume sa position par deux acronymes, que la Guemara développe immédiatement après. PaHaZ (peh, het, zayin) réunit les trois pratiques du deuil qu'il faut interrompre pendant Chabbat, et NaTaR (noun, tav, rech) les trois que l'endeuillé peut interrompre ou maintenir à son gré.

6
פְּרִיעַת הָרֹאשׁ, חֲזָרַת קֶרַע לַאֲחוֹרָיו, זְקִיפַת הַמִּטָּה — חוֹבָה. נְעִילַת הַסַּנְדָּל, תַּשְׁמִישׁ הַמִּטָּה, רְחִיצַת יָדַיִם וְרַגְלַיִם בְּחַמִּין עַרְבִית — רְשׁוּת. וְרַב אָמַר: אַף פְּרִיעַת הָרֹאשׁ רְשׁוּת.

La découverte de la tête (peri'at haroch), le retournement de la déchirure vers l'arrière (hazarat kera) et le redressement du lit (zekifat hamita) -- obligatoires. Le port de la sandale (ne'ilat hasandal), les relations conjugales (tachmich hamita), le lavage des mains et des pieds à l'eau chaude le soir (rehitsat yadayim) -- facultatifs.

Et Rav dit : la découverte de la tête aussi est facultative.

📜 Rachi (1)
פְּרִיעַת הָרֹאשׁ שֶׁמְּגַלֶּה הָאָבֵל רֹאשׁוֹ בְּשַׁבָּת וְאֵינוֹ מִתְעַטֵּף וַחֲזָרַת קֶרַע לַאֲחוֹרָיו וּזְקִיפַת הַמִּטָּה חוֹבָה בְּשַׁבָּת:
Peri'at haroch -- l'endeuillé découvre sa tête pendant Chabbat et ne s'enveloppe pas ; et le retournement de la déchirure vers l'arrière, ainsi que le redressement du lit, sont obligatoires pendant Chabbat.
💡 Explication

Les trois pratiques obligatoires ont en commun d'être visibles de tous : le visage enveloppé, la déchirure portée sur le devant du vêtement, le lit renversé dans la maison. Les interrompre pendant Chabbat honore le jour. Les trois pratiques facultatives peuvent passer inaperçues, et Chmouel laisse donc à l'endeuillé le choix de les maintenir.

Rav déplace une seule pièce du mémento : pour lui la peri'at haroch rejoint le second groupe. Cette divergence oriente toute la discussion qui suit, car elle porte sur la question de savoir ce qu'une tête couverte signale aux yeux du public.

7
וּשְׁמוּאֵל, מַאי שְׁנָא נְעִילַת הַסַּנְדָּל דִּרְשׁוּת — דְּלָאו כֻּולֵּי עָלְמָא עֲבִידִי דְּסָיְימִי מְסָאנַייְהוּ. פְּרִיעַת הָרֹאשׁ נָמֵי, לָאו כֻּולֵּי עָלְמָא עֲבִידִי דִּמְגַלּוּ רֵישַׁיְיהוּ!

Et selon Chmouel, en quoi le port de la sandale se distingue-t-il, pour être facultatif ? Parce que tout le monde n'a pas l'habitude de chausser ses sandales.

La découverte de la tête également : tout le monde n'a pas l'habitude de découvrir sa tête !

📜 Rachi (2)
נְעִילַת הַסַּנְדָּל דְּלָאו כֻּולֵּי עָלְמָא סָיְימִי מְסָאנַייְהוּ בְּשַׁבָּת וְלָא מוּכָח דְּאָבֵל הוּא:
Ne'ilat hasandal -- car tout le monde ne chausse pas ses sandales pendant Chabbat, et l'on ne prouve donc pas ainsi qu'il est endeuillé.
לָא כֻּולֵּי עָלְמָא מְגַלֵּי רֵישַׁיְיהוּ בְּשַׁבָּת ואע"פ שֶׁמִּתְעַטֵּף לָא מִיחְזֵי כְּאָבֵל:
Tout le monde ne découvre pas sa tête -- pendant Chabbat ; et même s'il s'enveloppe, il n'apparaît pas comme un endeuillé.
💡 Explication

La Guemara dégage le critère implicite de Chmouel : une pratique est facultative lorsque son maintien passe pour un usage ordinaire. Aller sans chaussures se voit chez beaucoup de gens, de sorte qu'un endeuillé pieds nus ne se signale pas.

L'objection applique ce même critère à la tête couverte, qui est un usage tout aussi répandu. Chmouel devrait alors la ranger parmi les pratiques facultatives, comme le fait Rav.

8
שְׁמוּאֵל לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: כָּל קֶרַע שֶׁאֵינוֹ בִּשְׁעַת חִימּוּם — אֵינוֹ קֶרַע. וְכָל עֲטִיפָה שֶׁאֵינָהּ כַּעֲטִיפַת יִשְׁמְעֵאלִים — אֵינָהּ עֲטִיפָה. מַחְוֵי רַב נַחְמָן עַד גֻּובֵּי דְּדִיקְנָא.

Chmouel suit ici son propre raisonnement, car Chmouel a dit : toute déchirure (kri'a) qui n'est pas faite au moment de la brûlure de la douleur (che'at himoum) n'est pas une déchirure ; et tout enveloppement (atifa) qui n'est pas comme l'enveloppement des Ichmaélites n'est pas un enveloppement. Rav Nahman montra du doigt : jusqu'aux creux de la barbe.

📜 Rachi (4)
בִּשְׁעַת חִימּוּם בִּשְׁעַת הַתְחָלַת הַצַּעַר בִּשְׁעַת מִיתָה:
Au moment du himoum -- au moment où la douleur commence, au moment du décès.
וְכָל עֲטִיפָה שֶׁאֵינָהּ כַּעֲטִיפַת יִשְׁמְעֵאלִים הִלְכָּךְ כֵּיוָן דְּכָל יְמֵי שָׁבוּעַ שֶׁהוּא אָבֵל מִתְעַטֵּף כְּיִשְׁמָעֵאל אִם אֵינוֹ נוֹטְלָהּ בְּשַׁבָּת נִרְאֶה כְּנוֹהֵג אֲבֵילוּת דכ"ע לָא נְהִיגִי בַּעֲטִיפָה זוֹ אֶלָּא אֲבֵלִים בִּלְבַד:
Et tout enveloppement qui n'est pas comme l'enveloppement des Ichmaélites -- dès lors, puisque tous les jours de la semaine où il est endeuillé il s'enveloppe à la manière d'un Ichmaélite, s'il ne l'ôte pas pendant Chabbat il apparaît comme observant le deuil, car tout le monde n'a pas cette manière de s'envelopper, mais les endeuillés seulement.
מַחְוֵי ר"נ עֲטִיפַת יִשְׁמְעֵאלִים:
Rav Nahman montra -- l'enveloppement des Ichmaélites.
גֻּובֵּי דִּיקְנָא גֻּומּוֹת שֶׁבַּלֶּחִי לְמַטָּה מִפִּיו:
Govei dikna -- les creux qui se trouvent dans la joue, sous la bouche.
🗂️ Tossefot (1)
וּשְׁמוּאֵל לְטַעְמֵיהּ. פִּי' בְּתוֹסְפ' הָרַב דְּרַב סָבַר דַּעֲטִיפַת הָרֹאשׁ שֶׁאֵינָהּ כַּעֲטִיפַת יִשְׁמְעֵאלִים הָוְיָא עֲטִיפָה וּמִסְּתָמָא רַב וּשְׁמוּאֵל הֲלָכָה כְּרַב יֵשׁ מְפָרְשִׁין דִּרְחִיצַת יָדַיִם דְּקָאָמַר הָכָא רְשׁוּת הַיְינוּ כמ"ד פֶּרֶק בַּמֶּה מַדְלִיקִין (שַׁבָּת דַּף כֹּה:) דִּבְלֹא אֲבֵילוּת הוּא רְשׁוּת אֲבָל לר"נ בַּר יִצְחָק דְּאָמַר הָתָם וַאֲנִי אוֹמֵר מִצְוָה בְּאָבֵל נָמֵי הָוֵי מִצְוָה וְלֹא רְשׁוּת וְנִרְאֶה דְּלָא צָרִיךְ לְמֵימַר הָכִי אֶלָּא הָכֵי פֵּירוּשׁוֹ הָכָא דְּמִשּׁוּם אֲבֵילוּת אֵינוֹ חוֹבָה לְהַרְאוֹת אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת:
Et Chmouel suit son propre raisonnement. Le Rav a expliqué dans les Tossefot que Rav tient qu'un enveloppement de la tête qui n'est pas à la manière des Ichmaélites constitue tout de même un enveloppement ; et en règle générale, entre Rav et Chmouel, la halakha suit Rav. Certains expliquent que le lavage des mains dont il est dit ici qu'il est facultatif correspond à l'avis rapporté au chapitre Bame madlikin (Chabbat 25b), selon lequel il est facultatif hors du deuil ; mais selon Rav Nahman bar Yits'hak, qui dit là-bas : et moi je dis que c'est une mitsva, ce serait une mitsva chez l'endeuillé aussi, et non un acte facultatif. Il apparaît qu'il n'y a pas besoin de dire cela : l'explication ici est qu'au titre du deuil il n'y a pas d'obligation de manifester le deuil pendant Chabbat.
💡 Explication

La réponse renverse la donnée du problème. Chmouel n'entend pas par atifa le simple fait de couvrir sa tête : il exige l'enveloppement du visage à la manière des Ichmaélites, où le tissu descend sur le nez et la bouche. Rav Nahman indique du geste la limite de ce voile, que Rachi situe dans les creux de la joue sous la bouche.

Cet enveloppement-là n'est pratiqué que par les endeuillés. Le maintenir pendant Chabbat signale donc le deuil aux yeux de tous, et son interruption devient obligatoire. Le même énoncé de Chmouel livre au passage la règle du che'at himoum, le moment brûlant de la douleur, seul temps où une kri'a est valide ; la Guemara la reprendra plus loin pour l'examiner.

🖼️ Schéma
L'atifat yichme'elim : jusqu'où l'endeuillé couvre-t-il son visage ? govei dedikna Rachi : les creux de la joue, sous la bouche. Rav Nahman a montré cette limite du doigt. Pourquoi cette mesure décide de tout Couvrir simplement la tête est chose ordinaire : cela ne signale aucun deuil. Envelopper le visage à la manière des Ichmaélites, nez et bouche compris, ne se voit que chez les endeuillés. D'où l'obligation de s'en découvrir pendant Chabbat. Seuls les yeux restent dégagés pendant les sept jours.
L'atifat yichme'elim et la limite montrée par Rav Nahman : le voile descend au-delà du nez et de la bouche, jusqu'aux creux de la joue.
9
אָמַר רַבִּי יַעֲקֹב אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁאֵין לוֹ מִנְעָלִים בְּרַגְלָיו, אֲבָל יֵשׁ לוֹ מִנְעָלִים בְּרַגְלָיו — מִנְעָלָיו מוֹכִיחִין עָלָיו.

Rabbi Yaakov dit au nom de Rabbi Yo'hanan : on n'a enseigné cela que lorsqu'il n'a pas de chaussures aux pieds ; mais s'il a des chaussures aux pieds, ses chaussures témoignent pour lui.

📜 Rachi (2)
לֹא שָׁנוּ פְּרִיעַת הָרֹאשׁ בְּשַׁבָּת דְּצָרִיךְ לְגַלּוֹת חָוטְמוֹ וּשְׂפָמוֹ וּזְקָנוֹ שֶׁהָיָה מְכֻוסֶּה בִּימֵי אֶבְלוֹ לְהוֹדִיעַ כִּי אֵין אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת:
On n'a enseigné -- la découverte de la tête pendant Chabbat, où il doit découvrir son nez, sa moustache et sa barbe, qui étaient couverts durant ses jours de deuil, afin de faire savoir qu'il n'y a pas de deuil pendant Chabbat.
אֶלָּא שֶׁאֵין מִנְעָלִים בְּרַגְלָיו אֲבָל יֵשׁ מִנְעָלִים בְּרַגְלָיו מִנְעָלָיו מוֹכִיחִים עָלָיו דְּאֵינוֹ אָבֵל אֲבָל לְגַלּוֹת רֹאשׁוֹ אֵינוֹ צָרִיךְ וְאִם בָּא לְהִתְעַטֵּף בְּצִינְעָא אַפֵּי' כַּעֲטִיפַת הַיִּשְׁמְעֵאלִים אֵין בְּכָךְ כְּלוּם:
Que lorsqu'il n'a pas de chaussures aux pieds, mais s'il a des chaussures aux pieds ses chaussures témoignent pour lui -- qu'il n'est pas endeuillé ; il n'a alors pas besoin de découvrir sa tête, et s'il vient à s'envelopper en privé, même comme l'enveloppement des Ichmaélites, cela ne pose aucun problème.
🗂️ Tossefot (1)
לֹא שָׁנוּ שֶׁאֵין לוֹ מִנְעָלִים בְּרַגְלָיו. תֵּימַהּ דְּכִי הֵיכִי דְּמִנְעָלָיו מוֹכִיחִין עָלָיו אַמַּאי לָא אָמְרִי' אֶחָד מֵהָנֵי מוֹכִיחִין וְנִמְצָא דְּאֵינוֹ חוֹבָה כִּי אִם הָאֶחָד וְשֶׁמָּא בְּמִנְעָלִים יֵשׁ הוֹכָחָה יוֹתֵר:
On n'a enseigné que lorsqu'il n'a pas de chaussures aux pieds. Question : de même que ses chaussures témoignent pour lui, pourquoi ne dit-on pas que l'un de ces signes suffit à témoigner, de sorte qu'un seul d'entre eux serait obligatoire ? Peut-être les chaussures constituent-elles une preuve plus forte.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan restreint l'obligation de découvrir la tête au cas où aucun autre signe ne montre que l'endeuillé a suspendu ses pratiques. Un homme chaussé est déjà reconnu comme n'observant pas le deuil, et il peut alors garder son visage enveloppé, pourvu qu'il le fasse en privé.

Tossefot relève la tension que cette solution introduit : si un signe unique suffit à lever le soupçon, l'obligation des trois pratiques du PaHaZ devrait tomber dès que l'une d'elles est accomplie. Sa réponse tient à une différence de force probante, les chaussures parlant plus clairement que les autres signes.

🖼️ Schéma
Rabbi Yo'hanan : la peri'at haroch dépend des chaussures Pendant Chabbat : a-t-il des chaussures aux pieds ? Non, il va pieds nus Rien ne montre encore qu'il a suspendu son deuil : il doit découvrir sa tête, son nez, sa moustache et sa barbe. Peri'at haroch obligatoire Oui, il est chaussé Ses chaussures témoignent pour lui : le public voit qu'il ne pratique pas le deuil. Il peut rester enveloppé, même à la manière des Ichmaélites, s'il le fait en privé. Tossefot demande pourquoi un seul signe suffirait ici, alors que les trois du PaHaZ sont requis : les chaussures prouvent peut-être davantage.
La règle de Rabbi Yo'hanan sous forme d'arbre : la présence de chaussures aux pieds dispense de la peri'at haroch.
10
כָּל קֶרַע שֶׁאֵינוֹ בִּשְׁעַת חִימּוּם אֵינוֹ קֶרַע — וְהָא אֲמַרוּ לֵיהּ לִשְׁמוּאֵל: נָח נַפְשֵׁיהּ דְּרַב, קְרַע עֲלֵיהּ תְּרֵיסַר מָנֵי. אֲמַר: אֲזַל גַּבְרָא דַּהֲוָה מִסְתְּפֵינָא מִינֵּיהּ. אֲמַר לֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן: נָח נַפְשֵׁיהּ דְּרַבִּי חֲנִינָא. קְרַע עֲלֵיהּ תְּלֵיסַר אִצְטְלֵי מֵלָתָא. אָמַר: אֲזַל גַּבְרָא דַּהֲוָה מִסְתְּפֵינָא מִינֵּיהּ!

Toute déchirure qui n'est pas au moment du himoum n'est pas une déchirure -- mais on a dit à Chmouel : Rav est décédé ; il déchira sur lui douze vêtements, en disant : l'homme que je craignais s'en est allé. On dit à Rabbi Yo'hanan : Rabbi Hanina est décédé ; il déchira sur lui treize manteaux de laine fine, en disant : l'homme que je craignais s'en est allé !

📜 Rachi (1)
דְּמִסְתְּפֵינָא מִינֵּיהּ בְּקֻושְׁיוֹת:
Que je craignais -- à cause de ses questions.
🗂️ Tossefot (1)
וְכָל קֶרַע שֶׁאֵינוֹ בִּשְׁעַת חִימּוּם אֵינוֹ קֶרַע. נִרְאֶה דְּהָא דְּאָמַר לְעֵיל (מוֹעֵד קָטָן דַּף כ:) מִי שֶׁנִּזְדַּמֵּן לוֹ חָלוּק בְּתוֹךְ ז' אע"פ שֶׁאֵינוֹ שְׁעַת חִימּוּם שֶׁמָּא דַּוְקָא כְּגוֹן שֶׁקָּרַע כְּבָר וְהָכָא מַיְירֵי בְּשֶׁלֹּא קָרַע עֲדַייִן א"נ כְּגוֹן שֶׁאֵין לוֹ חָלוּק בְּשָׁעָה רִאשׁוֹנָה חַיָּיב לִקְרֹועַ כְּשֶׁיִּהְיֶה לוֹ אַפֵּי' שֶׁלֹּא בִּשְׁעַת חִימּוּם וְלִי נִרְאֶה דִּבְכָל שָׁעָה שֶׁיּוּכַל לְהִתְחַמֵּם עַל מֵתוֹ אַפֵּי' לִזְמַן מְרֻובֶּה אַחַר מִיתָתוֹ קָרוּי שַׁפִּיר בִּשְׁעַת חִימּוּם כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ בְּרַבָּנָן מִשּׁוּם דְּמַדְכְּרִי שְׁמַעְתַּייְהוּ הוּא הַדִּין נָמֵי בְּכָל מֵת שֶׁיּוּכַל לְהִתְחַמֵּם עָלָיו וְהָא דְּפָרִיךְ בְּסָמוּךְ וְלָא מְשַׁנֵּי הָכִי מִשּׁוּם דִּבְלָאו הָכִי מְשַׁנֵּי שַׁפִּיר:
Et toute déchirure qui n'est pas au moment du himoum n'est pas une déchirure. Il apparaît que ce qui a été dit plus haut (Moed Katan 20b), à savoir que celui à qui un vêtement parvient au cours des sept jours déchire bien que ce ne soit pas le moment du himoum, vise peut-être précisément le cas où il a déjà déchiré, alors qu'ici il s'agit de celui qui n'a pas encore déchiré. Ou bien : celui qui n'avait pas de vêtement à la première heure est tenu de déchirer lorsqu'il en aura un, même hors du moment du himoum. Il me semble pour ma part que chaque fois qu'il peut s'échauffer de douleur sur son mort, même longtemps après le décès, cela s'appelle bien au moment du himoum, comme on l'a dit à propos des maîtres, parce que leurs enseignements sont rappelés ; il en va de même pour tout mort sur lequel il peut s'échauffer de douleur. Et si la Guemara pose la question ci-après sans répondre de cette manière, c'est parce qu'elle répond déjà convenablement autrement.
💡 Explication

La Guemara revient sur la première moitié de l'énoncé de Chmouel et l'oppose à la conduite de Chmouel lui-même. Une nouvelle de décès parvenue à distance arrive nécessairement après le moment de la mort, et pourtant les deux maîtres ont déchiré, et en grand nombre de vêtements.

Tossefot propose une lecture large du che'at himoum : tout moment où la douleur peut se raviver sur ce mort compte comme tel, même longtemps après. Il note toutefois que la Guemara ne retient pas cette voie ici, parce qu'une autre réponse lui suffit.

11
שָׁאנֵי רַבָּנָן, דְּכֵיוָן דְּכֹל שַׁעְתָּא מַדְכְּרִי שְׁמַעְתַּיְיהוּ — כִּשְׁעַת חִימּוּם דָּמֵי.

Les maîtres se distinguent : puisque leurs enseignements sont rappelés à toute heure, cela est comme le moment du himoum.

💡 Explication

La réponse maintient la règle de Chmouel et traite le cas des maîtres comme un cas particulier. Leurs paroles sont citées dans chaque étude, et chaque citation rouvre la perte, de sorte que le moment brûlant de la douleur se renouvelle indéfiniment pour eux.

12
אֲמַר לֵיהּ רָבִין בַּר אַדָּא לְרָבָא: אָמַר תַּלְמִידְךָ רַב עַמְרָם, תַּנְיָא: אֲבָל, כָּל שִׁבְעָה קוֹרְעוֹ לְפָנָיו, וְאִם בָּא לְהַחֲלִיף — מַחְלִיף וְקוֹרֵעַ. בְּשַׁבָּת, קוֹרְעוֹ לַאֲחוֹרָיו, וְאִם בָּא לְהַחֲלִיף — מַחְלִיף וְאֵינוֹ קוֹרֵעַ!

Ravin bar Adda dit à Rava : ton disciple Rav Amram a dit qu'il est enseigné dans une baraita : l'endeuillé, pendant tous les sept jours, porte la déchirure devant lui, et s'il vient à changer de vêtement, il change et déchire. Pendant Chabbat, il porte la déchirure derrière lui, et s'il vient à changer de vêtement, il change et ne déchire pas !

📜 Rachi (1)
מַחְלִיף וְקוֹרֵעַ אע"פ שֶׁאֵינוֹ שְׁעַת חִימּוּם:
Il change et déchire -- bien que ce ne soit pas le moment du himoum.
💡 Explication

La baraita est invoquée comme une seconde objection contre Chmouel. Elle impose de déchirer chaque vêtement de rechange au cours des sept jours, donc à des moments qui ne sont plus celui du décès, comme Rachi le souligne.

Elle fournit en même temps la règle pratique de la hazarat kera retenue dans le mémento : la déchirure se porte visible en semaine et tournée vers l'arrière pendant Chabbat, et le vêtement de rechange endosse pendant Chabbat n'est pas déchiré.

🖼️ Schéma
La baraita de Rav Amram : la déchirure en semaine et pendant Chabbat Les jours de semaine Le Chabbat Où porte-t-il la déchirure ? Devant lui, bien visible Tournée vers l'arrière S'il change de vêtement ? Il change et déchire le nouveau vêtement Il change et ne déchire pas L'objection contre Chmouel Déchirer un vêtement de rechange au cours des sept jours se fait hors du che'at himoum, et la baraita l'impose pourtant.
La baraita de Rav Amram : le traitement de la déchirure en semaine et pendant Chabbat, et l'objection qu'elle soulève.
13
כִּי תַנְיָא הַהִיא, בִּכְבוֹד אָבִיו וְאִמּוֹ.

Lorsque cette baraita a été enseignée, elle portait sur l'honneur du père et de la mère.

📜 Rachi (1)
כְּבוֹד אָבִיו שָׁנוּ אֲבָל לְכֻולֵּי עָלְמָא אֵין קוֹרֵעַ אֶלָּא בִּשְׁעַת חִימּוּם:
L'honneur de son père -- c'est là ce qu'ils ont enseigné ; mais pour tout autre mort, on ne déchire qu'au moment du himoum.
🗂️ Tossefot (1)
כִּי תַּנְיָא הָהִיא בִּכְבוֹד אָבִיו וְאִמּוֹ. וּמִכָּאן קָשֶׁה לִי עַל מַה שֶּׁפֵּי' לְמַעְלָה (דַּף כ:) דְּגָרְסִי' רַבִּי חֲנַנְיָא מִי שֶׁאֵין לוֹ אֶלָּא חָלוּק אֶחָד דְּמַייְרֵי בכה"ג דְּמַחֲלִיף וְקוֹרֵעַ דְּהָא גַּבֵּי אָבִיו וְאִמּוֹ אָמַר הָכָא מַחְלִיף וְקוֹרֵעַ כָּל שִׁבְעָה וּלְעֵיל (שָׁם) אָמְרִי' עַל אָבִיו וְאִמּוֹ קוֹרֵעַ לְעוֹלָם וצ"ע:
Lorsque cette baraita a été enseignée, elle portait sur l'honneur du père et de la mère. De là une difficulté à mes yeux sur ce qui a été expliqué plus haut (20b), où l'on lit : Rabbi Hanania, celui qui n'a qu'une seule tunique, comme traitant d'un cas de ce genre, où il change et déchire ; car à propos du père et de la mère on dit ici qu'il change et déchire pendant les sept jours, tandis que plus haut (au même endroit) on dit que pour son père et sa mère il déchire toujours. Cela demande examen.
💡 Explication

La Guemara restreint la baraita au deuil d'un père ou d'une mère. L'honneur qui leur est dû impose de rester dans un vêtement déchiré tout au long des sept jours, ce qui oblige à déchirer aussi les vêtements de rechange. La règle générale du che'at himoum demeure intacte pour tous les autres morts, comme Rachi le précise.

Tossefot confronte ce résultat à un passage de 20b : si pour un père et une mère on déchire toujours, la baraita d'ici aurait dû le dire sans limitation aux sept jours. Il laisse la question ouverte, en tsarikh iyoun.

14
אוֹתָן קְרָעִין מִתְאַחִין, אוֹ אֵין מִתְאַחִין? פְּלִיגִי בַּהּ אֲבוּהּ דְּרַב אוֹשַׁעְיָא וּבַר קַפָּרָא. חַד אָמַר: אֵין מִתְאַחִין, וְחַד אָמַר: מִתְאַחִין.

Ces déchirures peuvent-elles être recousues (mit'ahin), ou ne peuvent-elles pas être recousues ? Le père de Rav Ocheya et bar Kappara divergent à ce sujet.

L'un dit : elles ne peuvent pas être recousues, et l'autre dit : elles peuvent être recousues.

💡 Explication

La question porte sur les déchirures faites dans les vêtements de rechange, en l'honneur du père ou de la mère. La déchirure faite pour un père et une mère au moment du décès ne se recoud jamais à plein point ; reste à savoir si ces déchirures supplémentaires suivent le même régime.

Mit'ahin désigne la couture pleine qui efface la trace de la déchirure ; une réparation grossière reste permise dans tous les cas. La Guemara rapporte la divergence sans attribuer encore chaque avis à son auteur.

15
תִּסְתַּייֵּם דַּאֲבוּהּ דְּרַב אוֹשַׁעְיָא דְּאָמַר אֵין מִתְאַחִין. דְּאָמַר רַב אוֹשַׁעְיָא: אֵין מִתְאַחִין, מְמָאֵן שֹׁמֵיעַ לֵיהּ — לָאו מֵאָבֹוה? לָא, מִבַּר קַפָּרָא רַבֵּיהּ שְׁמִיעַ לֵיהּ.

Concluons que c'est le père de Rav Ocheya qui a dit : elles ne peuvent pas être recousues. Car Rav Ocheya a dit : elles ne peuvent pas être recousues -- de qui l'a-t-il entendu, si ce n'est de son père ?

Non : il l'a entendu de bar Kappara, son maître.

📜 Rachi (1)
מְמָאֵן שְׁמִיעָא לְרַב אוֹשַׁעְיָא הָא דְּאָמַר אֵין מִתְאַחִין שְׁמַע מִינָּה הַאי דְּאָמַר אֵין מִתְאַחִין אֲבוּהַּ דְּרַב אוֹשַׁעְיָא:
De qui l'a-t-il entendu -- Rav Ocheya, ce qu'il a dit : elles ne peuvent pas être recousues ; apprends-en que celui qui a dit elles ne peuvent pas être recousues est le père de Rav Ocheya.
💡 Explication

La Guemara tente de lever l'indécision par un raisonnement d'attribution : un maître transmet d'ordinaire l'enseignement de son père, donc l'avis rapporté par Rav Ocheya serait celui de son père.

L'argument tombe parce que bar Kappara était lui aussi son maître, et qu'un disciple rapporte tout autant son maître que son père. La question de l'attribution reste donc ouverte.

🖼️ Schéma
Qui dit quoi ? Une attribution que la Guemara ne parvient pas à fixer Le père de Rav Ocheya Un des deux avis : ein mit'ahin -- ces déchirures ne se recousent pas à plein point. Bar Kappara (son maître) L'autre avis : mit'ahin -- elles peuvent être recousues à la fin du deuil. Rav Ocheya enseigne : ein mit'ahin Tistayem : il le tient de son père Donc l'avis ein mit'ahin serait celui de le père de Rav Ocheya. Refus : bar Kappara était son maître Un disciple rapporte aussi bien son maître : l'attribution reste ouverte.
La tentative de trancher l'attribution des deux avis et la raison de son échec.
16
אָמַר רָבָא: אָבֵל מְטַיֵּיל בְּאֻונְקְלִי בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ. אַבָּיֵי אַשְׁכְּחֵיהּ לְרַב יוֹסֵף דִּפְרִיס לֵיהּ סוּדָרָא אַרֵישֵׁיהּ וְאָזֵיל וְאָתֵי בְּבֵיתֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: לָאו סָבַר לַהּ מָר אֵין אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת? אֲמַר לֵיהּ, הָכִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: דְּבָרִים שֶׁבְּצִינְעָא — נוֹהֵג.

Rava dit : l'endeuillé peut se promener en ounkeli à l'intérieur de sa maison. Abaye trouva Rav Yossef qui avait étendu un soudar sur sa tête et allait et venait dans sa maison.

Il lui dit : le maître ne tient-il pas qu'il n'y a pas de deuil pendant Chabbat ? Il lui répondit : ainsi a dit Rabbi Yo'hanan -- les choses qui relèvent du privé restent en vigueur.

📜 Rachi (3)
אֻונְקְלֵי שייפינ"ש חָלוּק שֶׁקּוֹרְעוֹ:
Ounkeli -- chainse, la tunique qu'il déchire.
בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ שֶׁבְּצִינְעָא מֻותָּר לִנְהֹוג אֲבֵילוּת בְּשַׁבָּת:
À l'intérieur de sa maison -- car en privé il est permis d'observer le deuil pendant Chabbat.
דִּפְרִיס סוּדָרֵיהּ אַרֵישֵׁיהּ בְּשַׁבָּת מִשּׁוּם עֲטִיפָה דִּנְהִיג אֲבֵילוּת:
Qui avait étendu son soudar sur sa tête -- pendant Chabbat, au titre de l'enveloppement, car il observait le deuil.
🗂️ Tossefot (1)
הָכִי א"ר יוֹחָנָן דְּבָרִים שֶׁבְּצִינְעָא נוֹהֵג. פָּסַק בַּהֲלָכוֹת גְּדוֹלוֹת כַּר' יוֹחָנָן לְאַפּוֹקֵי מֵרַב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי לְעֵיל תַּשְׁמִישׁ הַמִּטָּה רְשׁוּת וּדְבָרִים שֶׁבְּצִינְעָא הוּא ובפ"ק דִּכְתֻובּוֹת (דַּף ד.) נָמֵי קָאָמַר עֲלָהּ מְסַיַּיע לֵיהּ לְר' יוֹחָנָן דְּאַבַּיֵּי וְרָבָא סָבְרִי כְּוָותֵיהּ ואע"ג דְּקַייְמָא לָן (לְעֵיל מוֹעֵד קָטָן דַּף יח. כב.) הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל ה"מ בְּמַחֲלֹוקֶת שֶׁל תַּנָּאִים אֲבָל בְּמִילְּתָא דְּאָמוֹרָאֵי לָא אֲמַרַן מְסַפְּקָא לִי כִּי הֵיכִי דְּשָׁרֵי בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ הָנֵי דְּבָרִים דִּקְרִיעָה אִי הֲוָה אָסוּר נְעִילַת הַסַּנְדָּל בְּצִנְעָא וְכָל שְׁאָר דְּבָרִים:
Ainsi a dit Rabbi Yo'hanan : les choses qui relèvent du privé restent en vigueur. Les Halakhot Guedolot ont tranché comme Rabbi Yo'hanan, à l'exclusion de Rav et de Chmouel qui disent plus haut que les relations conjugales sont facultatives, alors qu'elles relèvent du privé. Et au premier chapitre de Ketoubot (4a) également, on dit à ce sujet : cela vient à l'appui de Rabbi Yo'hanan, car Abaye et Rava tiennent comme lui. Et bien que nous tenions (plus haut, Moed Katan 18a et 22b) que la halakha suit celui qui allège, cela vaut dans une divergence de Tanaim, mais on ne l'a pas dit pour une parole d'Amoraim. Il me reste un doute : puisqu'à l'intérieur de sa maison ces pratiques de la déchirure sont permises, le port de la sandale en privé serait-il interdit, ainsi que toutes les autres pratiques ?
💡 Explication

Rava permet de garder à la maison l'ounkeli, la tunique déchirée, puisque rien n'en paraît au-dehors. La scène qui suit montre Rav Yossef appliquant le même principe à l'atifa : il garde son soudar sur la tête à l'intérieur de sa maison, là où personne ne le voit.

La réponse qu'il fait à Abaye énonce la position de Rabbi Yo'hanan annoncée au début du daf : le Chabbat lève la dimension publique du deuil, tandis que les devarim chebetsin'a demeurent. Tossefot indique que la halakha a été tranchée ainsi, et que la règle du choix de l'avis le plus léger en matière de deuil ne s'applique pas à une divergence entre Amoraim.

17
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: מִשֶּׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ עֲצֶרֶת כַּשַּׁבָּת וְכוּ׳. אָמַר רַב גִּידֵּל בַּר מְנַשְּׁיָא אָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל.

Rabbi Eliezer dit : depuis que le Temple a été détruit, Atseret est comme Chabbat, etc. Rav Guidel bar Menachya dit au nom de Chmouel : la halakha suit Rabban Gamliel.

🗂️ Tossefot (3)
עֲצֶרֶת כְּשַׁבָּת. וכ"ש ר"ה ויוה"כ ר"ג אוֹמֵר ר"ה ויוה"כ כִּרְגָלִים וכ"ש עֲצֶרֶת לְאַחַר חֻורְבָּן וְלִישָּׁנָא לָא אָתֵי שַׁפִּיר דַּהֲוָה לֵיהּ לְמִתְנֵי ר"ג אוֹמֵר אַף ר"ה ויוה"כ כו':
Atseret est comme Chabbat. Et à fortiori Roch Hachana et Yom Kippour. Rabban Gamliel dit : Roch Hachana et Yom Kippour sont comme les reguelim, et à fortiori Atseret après la destruction. La formulation ne convient pas bien, car la michna aurait dû enseigner : Rabban Gamliel dit, même Roch Hachana et Yom Kippour, etc.
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים לֹא כְּדִבְרֵי זֶה כּוּ'. וְלֹא שַׁיָּיךְ לְמֵימַר הַייְנוּ תַּנָּא קַמָּא דְּנֵימָא כּוּלְּהוּ אָתוּ לְפָרֵשׁ מִילְּתָא דְּתַנָּא קַמָּא כִּי הַהִיא דְּלָא יַרְבֶּה לוֹ נָשִׁים בְּפֶרֶק ב' דְּסַנְהֶדְרִין (דַּף כא.) וְהַהִיא (דְּהַמְקַדֵּשׁ):
Et les Sages disent : ni comme les paroles de celui-ci, etc. Il n'y a pas lieu de dire qu'il s'agit du premier Tana, en soutenant que tous viennent expliquer la parole du premier Tana, comme dans le cas de qu'il ne multiplie pas ses femmes, au deuxième chapitre de Sanhédrin (21a), et dans celui de celui qui consacre.
הֲלָכָה כְּר"ג. תֵּימַהּ כֵּיוָן דְּאָמַר שְׁמוּאֵל (לְעֵיל מוֹעֵד קָטָן דַּף יח. כב.) הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּאָבֵל אַמַּאי אִיצְטְרִיךְ לְמִיפְסַק הֲלָכָה כְּר"ג וי"ל דְּחֻומְרָא נָמֵי הִיא דְּאִם קִבְרוֹ סָמוּךְ לַחֲשֵׁיכָה וְלֹא הָיָה לוֹ שָׁעָה אַחַת לִנְהֹוג בּוֹ אֲבֵילוּת אוֹ קְבָרוּהוּ נָכְרִים בְּיוֹם טוֹב אוֹ שָׁמַע שְׁמוּעָה קְרוֹבָה בְּיוֹם טוֹב אִם הֵם כִּרְגָלִים אֵינָם עוֹלִים לְמִנְיַן שִׁבְעָה וְאִם הֵם כְּשַׁבָּת עוֹלִים:
La halakha suit Rabban Gamliel. Question : puisque Chmouel a dit (plus haut, Moed Katan 18a et 22b) que la halakha suit celui qui allège en matière de deuil, pourquoi fallait-il trancher que la halakha suit Rabban Gamliel ? On peut répondre qu'il y a là aussi une rigueur : s'ils l'ont enterré juste avant la tombée de la nuit et qu'il n'a pas eu une heure pour observer le deuil, ou si des non-Juifs l'ont enterré un jour de fête, ou s'il a entendu une nouvelle récente un jour de fête -- si ces jours sont comme les reguelim, ils ne comptent pas dans le décompte des sept ; et s'ils sont comme Chabbat, ils comptent.
💡 Explication

La Guemara revient à la michna. Pour Rabbi Eliezer, la destruction du Temple a réduit Atseret à un jour unique sans jours de rattrapage, de sorte qu'elle agit sur le deuil comme un Chabbat, sans l'interrompre. Rabban Gamliel range Roch Hachana et Yom Kippour parmi les reguelim, qui annulent le deuil, et Chmouel tranche en ce sens.

Tossefot demande pourquoi cette décision était nécessaire, alors que Chmouel retient par ailleurs l'avis le plus léger en matière de deuil. Sa réponse : le statut de reguel alourdit la pratique dans les cas où le deuil n'a pas pu commencer avant la fête, car ces jours-là sortent alors du décompte des sept.

🖼️ Schéma
Roch Hachana et Yom Kippour : comme un Chabbat ou comme un reguel ? Comme un Chabbat il compte dans les sept jours Comme un reguel Rabban Gamliel -- il ne compte pas Enterré juste avant la nuit, sans une heure de deuil Le jour est compté Le jour est perdu pour le compte Enterré par des non-Juifs un jour de fête Le jour est compté Le jour est perdu pour le compte Chemoua kerova (nouvelle récente) reçue un jour de fête Le jour est compté Le jour est perdu pour le compte Trancher comme Rabban Gamliel alourdit donc la pratique dans ces trois cas : Tossefot en tire la réponse à sa question.
La nafka mina relevée par Tossefot : selon que ces jours valent Chabbat ou reguel, ils entrent ou non dans le décompte des sept jours.
18
וְאִיכָּא דְּמַתְנֵי לְהָא דְּרַב גִּידֵּל בַּר מְנַשְּׁיָא אַהָא: כָּל שְׁלֹשִׁים יוֹם, תִּינוֹק יוֹצֵא בְּחֵיק, וְנִקְבָּר בְּאִשָּׁה אַחַת וּשְׁנֵי אֲנָשִׁים. אֲבָל לֹא בְּאִישׁ אֶחָד וּשְׁתֵּי נָשִׁים.

Et certains rapportent cet enseignement de Rav Guidel bar Menachya à propos de ceci : durant les trente premiers jours, un nourrisson est porte dans les bras, et il est enterré par une femme et deux hommes, mais non par un homme et deux femmes.

📜 Rachi (2)
כָּל ל' יוֹם יוֹצֵא בְּחֵיק בֶּן ל' יוֹם מוֹצִיאוֹ בְּחֵיק לְבֵית הַקְּבָרוֹת וְלֹא בָּאָרוֹן:
Durant trente jours il sort dans les bras -- un enfant de trente jours, on le porte dans les bras jusqu'au cimetière, et non dans un cercueil.
אֲבָל לֹא בְּאִישׁ אֶחָד שֶׁאֵין מִתְייַחֲדִין עִם הָאִשָּׁה:
Mais non par un seul homme -- car on ne se trouve pas en tête-à-tête avec une femme.
💡 Explication

La Guemara signale une seconde tradition sur l'objet de la décision de Rav Guidel bar Menachya : elle porterait sur la baraita du nourrisson décédé dans ses trente premiers jours, porte au cimetière dans les bras et sans cercueil.

La baraita précise la composition de l'escorte, deux hommes et une femme, et l'écarte inverse à cause du yihoud, l'interdit du tête-à-tête. La baraita se poursuit et l'énoncé auquel la décision de Chmouel s'applique apparaît au début de 24b.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).