Moed Katan 7b — Inspecter les nega'im pendant le moed : le silence du kohen, la compagnie des gens ou celle de l'épouse, et l'attente accordée au hatan et à la fête

Moed_Katan 7b

Sougya : Le folio précise d'abord le terrain de la mahloket entre Rabbi Meir et Rabbi Yossi sur l'inspection d'un nega pendant le moed : il s'agit du second hesger. Pour Rabbi Meir, l'affaire dépend du kohen, qui peut se taire lorsqu'il constate l'impureté ; pour Rabbi Yossi, le verset lui interdit ce silence, et mieux vaut ne pas inspecter.

Deux beraitot rapportent en sens inverse l'arbitrage de Rabbi ; la guemara les partage entre deux tanaim, selon que l'on juge plus précieuse au malade la compagnie des gens ou celle de son épouse. De là s'ouvre une discussion sur les relations conjugales du metsora : permises pendant les jours de lèpre confirmée, interdites pendant les sept jours du comptage — avec le kal va-homer de Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda, réfuté par la naissance de Yotam.

Le folio s'achève sur l'attente que l'on accorde avant l'inspection : sept jours pour le hatan et sept pour la fête, dérivés par Rabbi Yehouda du verset sur le jour de l'apparition et par Rabbi du verset ordonnant de vider la maison, avec la nafka mina entre Abaye et Rava.

Le kohen inspecte-t-il un nega pendant le moed ? (cas du second hesger) Le malade est au 2e hesger, le moed commence Rabbi Meir : on inspecte, pour alléger be-kohen talia milta : tout dépend de sa parole Rabbi Yossi : on n'inspecte pas du tout le-tahro o le-tam'o katouv : le silence est fermé Il constate : pur il dit : pur joie pendant le moed Il constate : impur il se tait le malade reste pur S'il regarde et voit l'impureté, il doit la dire le déclarer mouhlat pendant le moed le ferait souffrir donc on ne regarde pas Toute la divergence tient à une question : la parole du kohen crée-t-elle l'impureté, ou ne fait-elle que la constater ?
La mahloket de Rabbi Meir et de Rabbi Yossi porte sur le pouvoir de la parole du kohen : celui qui peut se taire peut inspecter sans risque.
Deux beraitot rapportent l'arbitrage de Rabbi en sens inverse Question Beraita 1 (folio 7a) Beraita 2 (l'inverse) Le mousgar : on inspecte ? oui — avis de Rabbi Meir non — avis de Rabbi Yossi Le mouhlat : on inspecte ? non — avis de Rabbi Yossi oui — avis de Rabbi Meir Principe du tana tsavta de-ichto adifa tsavta de-alma adif Ce qui pèse le plus pour le malade La compagnie de sa femme. Le mousgar déclaré impur la garde, donc on peut l'inspecter ; le mouhlat déclaré pur la perd pendant les 7 jours du comptage. La compagnie des gens. Le mouhlat n'a rien à perdre et tout à gagner s'il est déclaré pur ; le mousgar déclaré impur est chassé hors des trois camps. Réponse de la guemara : ce sont deux tanaim qui rapportent chacun à sa manière l'avis de Rabbi
Les deux beraitot inversent l'arbitrage de Rabbi ; la guemara les explique par deux évaluations opposées de ce qui compte le plus pour le malade.
Les états du metsora : exclusion des camps et relations conjugales Mousgar 1er et 2e hesger 7 jours chacun reste au camp d'Israël Mouhlat lèpre confirmée hors des trois camps seul, mais avec sa femme Yemei sefiro 7 jours de comptage rentre au camp d'Israël hors de sa tente Tahor le 8e jour il apporte ses korbanot tout redevient permis Les relations conjugales (tachmich ha-mita) selon les avis Avis Jours de lèpre confirmée Jours du comptage Le tana anonyme de la beraita permises interdites Rabbi Yehouda, Rabbi, Rabbi Hiya permises interdites Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda interdites (kal va-homer) interdites
Le parcours du metsora et le statut des relations conjugales à chaque étape, avec la position isolée de Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda.
1
בְּהֶסְגֵּר שֵׁנִי. מַר סָבַר: בְּכֹהֵן תַּלְיָא מִילְּתָא. אִי טָהוֹר — אָמַר לֵיהּ ״טָהוֹר״, וְאִי טָמֵא — שְׁתֵיק. וּמַר סָבַר: ״לְטַהֲרוֹ אוֹ לְטַמְּאוֹ״ כְּתִיב.

[Il s'agit] du second hesger. Un maître tient : l'affaire dépend du kohen — s'il est pur, il lui dit "pur", et s'il est impur, il se tait.

Et un maître tient : "pour le déclarer pur ou pour le déclarer impur" est écrit.

📜 Rachi (5)
בְּהֶסְגֵּר שֵׁנִי דְּאִי מְטַמֵּא לֵיהּ מַחֲלִיט לֵיהּ בְּטֻומְאָה חֲמוּרָה וּמְצַעֵר לֵיהּ:
Dans le second hesger — car s'il le déclare impur, il le rend mouhlat d'une impureté grave et lui cause de la peine.
מַר ר"מ דְּאָמַר רוֹאֶה לְהָקֵל לְטַהֵר אֲבָל לֹא לְטַמֵּא:
Un maître — Rabbi Meir, qui dit : il regarde pour alléger, pour déclarer pur, mais non pour déclarer impur.
סָבַר בְּכֹהֵן תְּלָא רַחֲמָנָא דְּאִי מְטַמֵּא לֵיהּ הָוֵי טָמֵא וְאִי לָא בָּעֵי מְטַמֵּא לֵיהּ לָא הָוֵי טָמֵא וּלְהָכִי חָזֵי לֵיהּ לְהָקֵל אֲבָל לֹא לְהַחְמִיר דְּאִי חָזֵי לֵיהּ דְּהָוֵי טָמֵא לָא לֵימָא לֵיהּ כְּלוּם וְלָא הָוֵי טָמֵא:
Il tient que la Torah a fait dépendre l'affaire du kohen — car s'il le déclare impur, il est impur ; et s'il ne veut pas le déclarer impur, il n'est pas impur. C'est pourquoi il le regarde pour alléger mais non pour aggraver : car s'il voit qu'il est impur, qu'il ne lui dise rien, et il ne sera pas impur.
וּמַר ר' יוֹסֵי דְּאָמַר לֹא לְהָקֵל:
Et un maître — Rabbi Yossi, qui dit : même pas pour alléger.
סָבַר לְטַהֲרוֹ וּלְטָמְאוּ כְּתִיב דְּכִי חָזֵי לֵיהּ כֹּהֵן דְּטָמֵא לָא מָצֵי לְמִשְׁתַּק וְדִלְמָא הָוֵי טָמֵא וְנִמְצָא מְצַעֲרוֹ שֶׁמְּטַמְּאוֹ בַּמּוֹעֵד:
Il tient que "pour le déclarer pur ou pour le déclarer impur" est écrit — car lorsque le kohen voit qu'il est impur, il ne peut pas se taire ; or peut-être est-il impur, et il se trouverait lui causer de la peine en le déclarant impur pendant le moed.
🗂️ Tossefot (1)
לְטַהֲרוֹ אוֹ לְטַמְּאוֹ כְּתִיב. בְּפֶ' בָּתְרָא דְּנָזִיר (דַּף סה: וְשָׁם) דָּרֵישׁ מִינֵּיהּ פָּתַח הַכָּתוּב בְּטָהֳרָה תְּחִילָּה גַּבֵּי סָפֵק שֵׂעָר לָבָן קוֹדֵם לַבַּהֶרֶת וְהָתָם דָּרֵישׁ מִדִּכְתִיב לְטַהֲרוֹ בְּרֵישָׁא וְהָכָא דְּרֵישׁ מִגּוּפֵיהּ דִּקְרָא:
"Pour le déclarer pur ou pour le déclarer impur" est écrit. — Au dernier chapitre de Nazir (65b) on tire de ce verset que l'Écriture a ouvert par la pureté en premier, à propos du doute où le poil blanc précède la bahereth ; là-bas on déduit du fait que "pour le déclarer pur" est écrit en tête, et ici on déduit du corps même du verset.
💡 Explication

La guemara précise le terrain de la divergence rapportée au folio précédent : il s'agit du second hesger, la seconde semaine d'isolement au terme de laquelle le kohen doit trancher entre la pureté et la hahlata (déclaration de lèpre confirmée). Pour Rabbi Meir, be-kohen talia milta : c'est la parole du kohen qui rend impur, si bien qu'il peut regarder et garder le silence lorsqu'il constate le signe d'impureté ; le malade demeure alors pur pendant le moed.

Pour Rabbi Yossi, le verset "telle est la loi du nega de la tsara'at... pour le déclarer pur ou pour le déclarer impur" (Lévitique 13,59) ferme cette porte : le kohen qui a regardé doit dire ce qu'il a vu. Puisqu'il ne peut plus se taire, mieux vaut ne pas regarder du tout, de peur de rendre le malade mouhlat en pleine fête.

2
אָמַר מַר, אָמַר רַבִּי: נִרְאִין דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי בְּמֻוחְלָט, וְדִבְרֵי רַבִּי מֵאִיר בְּמֻוסְגָּר. וְהָתַנְיָא אִיפְּכָא!

Le Maître a dit : Rabbi a dit — les paroles de Rabbi Yossi paraissent [justes] au sujet du mouhlat, et les paroles de Rabbi Meir au sujet du mousgar. Mais n'a-t-on pas enseigné l'inverse !

📜 Rachi (1)
וְהָא תַּנְיָא אִיפְּכָא דִּבְרֵי ר"מ בְּמֻוחְלָט דִּבְרֵי ר' יוֹסֵי בַּמֻּוסְגָּר:
Mais n'a-t-on pas enseigné l'inverse — les paroles de Rabbi Meir au sujet du mouhlat, les paroles de Rabbi Yossi au sujet du mousgar.
💡 Explication

La guemara revient sur l'arbitrage de Rabbi cité dans la beraita : le refus d'inspecter de Rabbi Yossi convient au mouhlat (lépreux confirmé), et l'inspection allégeante de Rabbi Meir convient au mousgar (lépreux en quarantaine). Une autre beraita enseigne exactement l'inverse. La contradiction porte donc sur l'attribution des deux avis, non sur leur contenu.

3
תַּנָּאֵי הִיא אַלִּיבָּא דְּרַבִּי. מַר סָבַר: צַוְותָּא דְעָלְמָא עֲדִיף לֵיהּ.

Ce sont des tanaim [qui divergent] sur l'avis de Rabbi. Un maître tient : la compagnie des gens lui est préférable.

📜 Rachi (1)
וּמַר סָבַר צַווְתָּא דְעָלְמָא עֲדִיף לֵיהּ הַאי תַּנָּא דְּאָמַר א"ר נִרְאִין דִּבְרֵי ר"מ בְּמֻוחְלָט וְדִבְרֵי ר' יוֹסֵי בַּמֻּוסְגָּר סָבַר צַווְתָּא דְעָלְמָא עֲדִיף לֵיהּ וּלְהָכִי חָזֵי בִּימֵי חִלּוּטוֹ דְּאִי מְטַמְּאוֹ לֹא מְטַמֵּא יוֹתֵר מִדְּמֵעִיקָּרָא וְאִי מְטַהֲרוֹ מְשַׂמְּחוֹ דְּאִית לֵיהּ צַווְתָּא דְּעָלְמָא אַף עַל גַּב דְּאִסּוּר בְּתַשְׁמִישׁ הַמִּטָּה צַוְותָּא דְעָלְמָא עֲדִיף לֵיהּ וְדִבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי בַּמֻּוסְגָּר דְּלָא חָזֵי לֵיהּ דִּלְמָא מְטַמֵּא לֵיהּ חוּץ לֹג' מַחֲנוֹת וְלֵית לֵיהּ צַווְתָּא דְּעָלְמָא וּמְצַעֵר לֵיהּ:
Et un maître tient : la compagnie des gens lui est préférable — ce tana qui dit "Rabbi a dit : les paroles de Rabbi Meir paraissent justes au sujet du mouhlat et les paroles de Rabbi Yossi au sujet du mousgar" tient que la compagnie des gens lui est préférable. C'est pourquoi on l'inspecte pendant les jours de sa lèpre confirmée : car si on le déclare impur, il n'est pas plus impur qu'auparavant, et si on le déclare pur, on le réjouit, puisqu'il retrouve la compagnie des gens — et bien qu'il lui soit alors interdit dans les relations conjugales, la compagnie des gens lui est préférable. Et les paroles de Rabbi Yossi [valent] au sujet du mousgar, que l'on n'inspecte pas, de peur qu'on ne le déclare impur et qu'il se retrouve hors des trois camps, sans la compagnie des gens, ce qui lui causerait de la peine.
💡 Explication

La contradiction se résout en distinguant deux tanaim qui rapportent chacun à sa manière la position de Rabbi. Le premier évalue la peine du malade à l'aune de la tsavta de-alma, la compagnie du monde. Pour lui, on inspecte le mouhlat : déclaré impur il ne perd rien de plus qu'avant, déclaré pur il retrouve les gens ; et l'on n'inspecte pas le mousgar, qu'une déclaration d'impureté chasserait hors des trois camps.

4
וּמַר סָבַר: צַווְתָּא דְאִשְׁתּוֹ עֲדִיפָא לֵיהּ.

Et un maître tient : la compagnie de sa femme lui est préférable.

📜 Rachi (1)
מַר סָבַר צַווְתָּא דְּאִשְׁתּוֹ עָדִיף לֵיהּ וּלְהָכִי חָזֵי לֵיהּ בַּמּוֹעֵד בְּהֶסְגֵּר שֵׁנִי דְּאִי מְטַהֲרוֹ מְשַׂמְּחוֹ וְאַפֵּי' מְטַמֵּא לֵיהּ וּמַחְלִיט לֵיהּ וּמְשַׁדַּר לֵיהּ חוּץ מג' מַחֲנוֹת וְלֵית לֵיהּ צַווְתָּא דְּאִינָשֵׁי דְּעָלְמָא אַפֵּ"ה לֵית לֵיהּ צַעֲרָא דְּהָא אִית לֵיהּ צַווְתָּא דְּאִשְׁתּוֹ וּמֻותָּר הוּא בְּאִשְׁתּוֹ לְהִתְיַחֵד עִמָּהּ בִּימֵי חִלּוּטוֹ וְדִבְרֵי ר' יוֹסֵי בְּמֻוחְלָט דְּאַפֵּי' מְטַהֵר לֵיהּ דאע"ג דְּשָׁרֵי לֵיהּ לְמַחֲנֵה יִשְׂרָאֵל אִית לֵיהּ צַעֲרָא דְּלֵית לֵיהּ צַווְתָּא דְּאִשְׁתּוֹ דְּאָסוּר הוּא דְּכֵיוָן דִּמְטַהֵר לֵיהּ מֵחֲלוּטוֹ מִיבְּעֵי לֵיהּ לְמִימְנֵי שֶׁבַע יְמֵי סְפִירוֹ וּבִימֵי סְפִירוֹ אָסוּר בְּתַשְׁמִישׁ הַמִּטָּה דִּכְתִיב וְיָשַׁב מִחוּץ לְאָהֳלוֹ שִׁבְעַת יָמִים וְאָהֳלוֹ זוֹ אִשְׁתּוֹ דִּכְתִיב שׁוּבוּ לָכֶם לְאָהֳלֵיכֶם:
Un maître tient : la compagnie de sa femme lui est préférable — c'est pourquoi on l'inspecte pendant le moed au second hesger : car si on le déclare pur, on le réjouit ; et même si on le déclare impur, qu'on le rend mouhlat et qu'on l'envoie hors des trois camps, en sorte qu'il n'a plus la compagnie des gens, il n'en éprouve pourtant pas de peine, puisqu'il garde la compagnie de sa femme : il lui est permis de s'isoler avec elle pendant les jours de sa lèpre confirmée. Et les paroles de Rabbi Yossi [valent] au sujet du mouhlat : même si on le déclare pur, bien qu'on lui rouvre ainsi le camp d'Israël, il éprouve de la peine, car il perd la compagnie de sa femme, qui lui devient interdite ; puisqu'on le déclare pur de sa lèpre confirmée, il lui faut compter les sept jours de son comptage, et pendant ces jours les relations conjugales sont interdites, ainsi qu'il est écrit "et il demeurera hors de sa tente sept jours", et "sa tente" désigne sa femme, comme il est écrit "retournez à vos tentes".
💡 Explication

Le second tana renverse l'évaluation : ce qui compte le plus est la tsavta de-ichto, la compagnie de son épouse, qui reste permise au mouhlat. Le mousgar peut donc être inspecté, puisque même déclaré impur il gardera sa femme. Le mouhlat, lui, ne doit pas l'être : déclaré pur, il devra compter les sept jours du comptage (yemei sefiro) pendant lesquels les relations conjugales lui sont interdites, ce qui le ferait souffrir pendant la fête.

5
לְמֵימְרָא דְּמֻוחְלָט מֻותָּר בְּתַשְׁמִישׁ הַמִּטָּה? אִין, וְהָתַנְיָא: ״וְיָשַׁב מִחוּץ לְאָהֳלוֹ שִׁבְעַת יָמִים״, שֶׁיְּהֵא אָסוּר בְּתַשְׁמִישׁ הַמִּטָּה. וְאֵין ״אָהֳלוֹ״ אֶלָּא אִשְׁתּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֵךְ אֱמֹור לָהֶם שׁוּבוּ לָכֶם לְאָהֳלֵיכֶם״. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: ״שִׁבְעַת יָמִים יִסְפְּרוּ לוֹ״, יְמֵי סְפִירוֹ וְלֹא יְמֵי חִלּוּטוֹ.

Est-ce à dire que le mouhlat est permis dans les relations conjugales ? Oui, et ainsi a-t-on enseigne : "et il demeurera hors de sa tente sept jours" — [pour enseigner] qu'il soit interdit dans les relations conjugales ; et "sa tente" ne désigne que sa femme, ainsi qu'il est dit : "va, dis-leur : retournez à vos tentes".

Rabbi Yehouda dit : "sept jours ils compteront pour lui" — les jours de son comptage, et non les jours de sa lèpre confirmée.

📜 Rachi (1)
יְמֵי סְפִירוֹ אָסוּר בְּתַשְׁמִישׁ הַמִּטָּה וְלֹא יְמֵי חִלּוּטוֹ:
Les jours de son comptage — il est interdit dans les relations conjugales, et non les jours de sa lèpre confirmée.
🗂️ Tossefot (1)
ה"ג בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים שְׂבֵעַת יָמִים יְמֵי סְפִירוֹ וְכוּ'. וְאַגַּב שֶׁנִּכְתַּב בַּפָּסוּק בָּתַר וְאַחֲרֵי טָהֳרָתוֹ וְגוֹ' כְּתָבוּהוּ כָּאן:
Telle est la leçon dans le Torat Kohanim : "sept jours" — les jours de son comptage, etc. Et parce que ce verset est écrit à la suite de "et après sa purification, etc.", on l'a rapporté ici.
💡 Explication

La guemara vérifie la prémisse du second tana. Une beraita lit le verset "il demeurera hors de sa tente sept jours" (Lévitique 14,8) comme un interdit de tachmich ha-mita pendant les sept jours qui suivent la guérison, le mot ohel (tente) désignant l'épouse d'après le verset "retournez à vos tentes" (Deutéronome 5,27).

Rabbi Yehouda ajoute une limite tirée d'Ezekiel 44,26 : l'interdit vaut pour les yemei sefiro, les jours du comptage, et non pour les yemei hiluto, les jours de lèpre confirmée. Le mouhlat est donc bien permis avec sa femme.

6
רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: שִׁבְעָה יְמֵי סְפִירוֹ, קַל וָחֹומֶר לִימֵי חִלּוּטוֹ.

Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda dit : [si l'interdit vaut pour] les sept jours de son comptage, à plus forte raison pour les jours de sa lèpre confirmée.

💡 Explication

Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda conteste la limite de son père par un kal va-homer : si les relations sont interdites pendant les jours du comptage, alors que l'homme est déjà sur le chemin de la pureté, elles doivent l'être à plus forte raison pendant les jours de lèpre confirmée, où l'impureté est à son comble.

7
וְאָמַר רַבִּי חַייָּא, דַּנְתִּי לִפְנֵי רַבִּי: לִימַּדְתָּנוּ רַבֵּינוּ, יוֹתָם לֹא הָיָה לוֹ לְעֻוזִּיָּהוּ אֶלָּא בִּימֵי חִלּוּטוֹ, אָמַר לוֹ: אַף אֲנִי כָּךְ אָמַרְתִּי.

Et Rabbi Hiya a dit : j'ai débattu devant Rabbi — notre maître, tu nous as enseigné que Yotam ne naquit à Ouziahou que pendant les jours de sa lèpre confirmée. Il lui dit : moi aussi j'ai dit ainsi.

📜 Rachi (2)
יוֹתָם לֹא הָיָה לְעֻוזִּיָּהוּ אֶלָּא בִּימֵי חִלּוּטוֹ כְּלוֹמַר לֹא נִתְעַבְּרָה אִמּוֹ דְּיוֹתָם אֶלָּא בִּימֵי חִלּוּטוֹ דְּעֻוזִּיָּהוּ דְּעֻוזִּיָּהוּ הָיָה מְצֹורָע וְלֹא נִזְקַק לְאִשְׁתּוֹ בִּימֵי סְפִירוֹ אֶלָּא בִּימֵי חִלּוּטוֹ:
Yotam ne naquit à Ouziahou que pendant les jours de sa lèpre confirmée — c'est-à-dire que la mère de Yotam ne conçut que pendant les jours de la lèpre confirmée d'Ouziahou ; car Ouziahou était metsora, et il ne s'unit pas à sa femme pendant les jours de son comptage, mais bien pendant les jours de sa lèpre confirmée.
אַף אֲנִי כָּךְ אָמַרְתִּי דִּמְצוֹרָע מֻותָּר בְּתַשְׁמִישׁ הַמִּטָּה דְּוָישַׁב מִחוּץ לְאָהֳלוֹ בִּימֵי סְפִירוֹ כְּתִיב:
Moi aussi j'ai dit ainsi — que le metsora est permis dans les relations conjugales, car "et il demeurera hors de sa tente" est écrit à propos des jours de son comptage.
🗂️ Tossefot (1)
יוֹתָם לֹא הָיָה לוֹ לְעֻוזִּיָּהוּ אֶלָּא בִּימֵי חִלּוּטוֹ. פֵּירֵשׁ הר"ר קָלוֹנִימוּס דִּכְתִיב (יְשַׁעְיָהוּ ז׳:ח׳) וּבְעוֹד שִׁשִּׁים וְחָמֵשׁ שָׁנָה יֵחַת אֶפְרַיִם מֵעָם וְהַייְנוּ מִנְּבוּאַת עָמוֹס אע"פ שֶׁיְּשַׁעְיָה אָמְרָה וִישַׁעְיָה נִתְנַבֵּא בְּשָׁעָה שֶׁנִּתְנַגַּע עֻוזִּיָּהוּ כִּדְמוֹכַח קְרָאֵי שֶׁהָיָה רַעַשׁ ע"י שֶׁרָעֲשׁוּ עֶלְיוֹנִים לְשָׂורְפוֹ וְתַחְתּוֹנִים לְבָלְעוֹ הוּא מוֹנֶה לִנְבוּאַת עָמוֹס שֶׁנִּתְנַבָּא שְׁנָתַיִם לִפְנֵי הָרַעַשׁ וְיִשְׂרָאֵל גָּלֹה יִגְלֶה מֵעַל אַדְמָתוֹ (עָמוֹס ז׳:י״א) שֶׁאָז נִגְזְרָה גְּזֵירָה וְכַמָּה יֵשׁ עַד גָּלוּת הוֹשֵׁעַ בֶּן אֵלֶּה שֶׁהָיָה בִּשְׁנַת שֵׁשׁ לְחִזְקִיָּהוּ חֶשְׁבּוֹנוֹ ס"ה שָׁנִים ב' שָׁנִים קֹודֶם נִגְעוֹ וכ"ה דְּנָגְעוּ דְּעֻוזִּיָּהוּ נִתְנַגַּע כ"ה שָׁנִים לִפְנֵי מוֹתוֹ וָי"ו דְּיוֹתָם וְשֵׁשׁ עֲשָׂרָה דְּאָחָז וְשֵׁשׁ לְחִזְקִיָּה הָיָה הַגָּלוּת הֲרֵי ס"ה שָׁנִים וְיוֹתָם בֶּן כ"ה שָׁנִים כְּשֶׁמָּלַךְ וא"כ הָיָה עִיבּוּרוֹ בִּימֵי חִלּוּטוֹ מִכָּל מָקוֹם אֵין ר' יוֹסֵי בְּר' יְהוּדָה מֻוקְשֶׁה די"ל דְּנִתְנַגַּע בְּסוֹף הַשָּׁנָה וְעִיבּוּרוֹ הָיְתָה בִּתְחִילַּת הַשָּׁנָה וּבְפִי' נְבִיאִים פרש"י חֶשְׁבּוֹן זֶה וְכֵן מוֹכִיחַ בְּסֵדֶר עוֹלָם וּמֵאַחַר שֶׁזֶּה אֱמֶת נִמְצָא שֶׁצָּרִיךְ לְיַישֵּׁב וַהֲלֹא עֻוזִּיָּהוּ וְיָרָבְעָם מָלְכוּ כְּאַחַת דְּהָא יָרָבְעָם מָלַךְ מ"א שָׁנָה וא"כ כְּשֶׁמֵּת הָיָה מ"א לְמַלְכוּת עֻוזִּיָּהוּ וְהַכָּתוּב אוֹמֵר בִּשְׁנַת שְׁלֹשִׁים וּשְׁמֹנֶה לַעֲזַרְיָה מֶלֶךְ יְהוּדָה מָלַךְ זְכַרְיָה בֶּן יָרָבְעָם וא"כ חָסֵר ג' שָׁנִים וי"ל דְּמָלַךְ ג' שָׁנִים בְּחַיֵּי אָבִיו וְכֵן הִגִּיהַּ בְּמִקְצָת פֵּירוּשִׁים דְּהָכֵי הֲוָה מַעֲשֶׂה דִּזְכַרְיָה מָלַךְ בְּחַיֵּי יָרָבְעָם אָבִיו ג' שָׁנִים:
Yotam ne naquit à Ouziahou que pendant les jours de sa lèpre confirmée. — Le Rav Rabbi Kalonymos a expliqué : il est écrit (Isaie 7,8) "et dans encore soixante-cinq ans Ephraim sera brisé et ne sera plus un peuple", et ce compte part de la prophétie d'Amos, bien que ce soit Isaie qui l'ait énoncée. Or Isaie a prophétisé à l'heure où Ouziahou fut frappé du nega, comme le prouvent les versets : il y eut alors un tremblement de terre, parce que les mondes d'en haut s'agitèrent pour le brûler et ceux d'en bas pour l'engloutir. Il compte donc depuis la prophétie d'Amos, qui prophétisa deux ans avant le tremblement de terre : "et Israël sera certainement exilé de sa terre" (Amos 7,11) — c'est alors que le décret fut prononcé. Et combien y a-t-il jusqu'à l'exil de Hochea fils d'Ela, qui eut lieu la sixième année de Hizkiyahou ? Le compte donne soixante-cinq ans : deux ans avant son nega, vingt-cinq ans de son nega — car Ouziahou fut frappé vingt-cinq ans avant sa mort —, seize ans de Yotam, seize ans d'Ahaz et six ans de Hizkiyahou, où eut lieu l'exil ; cela fait soixante-cinq ans. Or Yotam avait vingt-cinq ans lorsqu'il régna ; s'il en est ainsi, sa conception eut lieu pendant les jours de lèpre confirmée. Malgré tout, l'avis de Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda n'est pas réfuté, car on peut dire qu'il fut frappé à la fin de l'année et que sa conception eut lieu au début de cette année. Dans son commentaire sur les Prophètes, Rachi a exposé ce calcul, et le Seder Olam le confirme. Et puisque cela est vrai, il reste à résoudre une difficulté : Ouziahou et Yarovam n'ont-ils pas régné en même temps ? Car Yarovam régna quarante et un ans ; s'il en est ainsi, à sa mort on était à la quarante et unième année du règne d'Ouziahou, alors que l'Écriture dit "la trente-huitième année d'Azaria roi de Yehouda, Zekharia fils de Yarovam régna" : il manque donc trois ans. On peut répondre qu'il régna trois ans du vivant de son père ; et ainsi a-t-on corrigé dans certains commentaires, car voici ce qui se passa : Zekharia régna trois ans du vivant de Yarovam son père.
💡 Explication

Rabbi Hiya oppose au kal va-homer une donnée historique enseignée par Rabbi lui-même : le roi Ouziahou, frappé de tsara'at, engendra Yotam pendant les jours de sa lèpre confirmée. Si la naissance a eu lieu alors, les relations étaient permises. Rabbi confirme : telle est bien sa position, contre Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda.

🖼️ Schéma
Le calcul des soixante-cinq ans, d'après Tossefot au nom du Rav Kalonymos De la prophétie d'Amos jusqu'à l'exil de Hochea fils d'Ela 25 ans : nega d'Ouziahou 16 ans : Yotam 16 ans : Ahaz 6 ans 2 ans : d'Amos au tremblement de terre 6e année de Hizkiyahou : exil de Hochea 2 + 25 + 16 + 16 + 6 = 65, comme l'annonce le verset : dans encore soixante-cinq ans Ephraim sera brisé. Conséquence du calcul Yotam avait 25 ans à son avènement, et son père fut frappé 25 ans avant sa mort : Yotam a donc été conçu pendant les jours de lèpre confirmée d'Ouziahou. Tossefot maintient néanmoins Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda : on peut dire que le nega survint à la fin de l'année et la conception au début de cette même année, avant le nega.
Le calcul chronologique par lequel Tossefot établit que Yotam fut conçu pendant les jours de lèpre confirmée de son père.
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בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה סָבַר: גַּלִּי רַחֲמָנָא בִּימֵי סְפִירוֹ וְכָל שֶׁכֵּן בִּימֵי חִלּוּטוֹ. וּמַר סָבַר: מַאי דְּגַלִּי — גַּלִּי, וּמַאי דְּלָא גַּלִּי — לָא גַּלִּי.

Sur quoi divergent-ils ? Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda tient : la Torah a révélé [l'interdit] pour les jours de son comptage, et à plus forte raison pour les jours de sa lèpre confirmée.

Et un maître tient : ce qu'elle a révélé, elle l'a révélé ; et ce qu'elle n'a pas révélé, elle ne l'a pas révélé.

📜 Rachi (1)
וְרַבִּי סָבַר מַאי דְּגַלִּי גַּלִּי לְהָכֵי אָמְרִי' יְמֵי סְפִירוֹ וְלֹא יְמֵי חִלּוּטוֹ:
Et Rabbi tient : ce qui a été révélé est révélé — c'est pourquoi nous disons : les jours de son comptage, et non les jours de sa lèpre confirmée.
🗂️ Tossefot (1)
מַאי דְּלָא גַּלִּי לָא גַּלִּי. יֵשׁ מַקְשִׁין לָמָּה אֵין רַבִּי דּוֹרֵשׁ ק"ו הָא אָדָם דָּן ק"ו מֵעַצְמוֹ וְשֶׁמָּא יֵשׁ שָׁם פִּירְכָא אוֹ שֶׁמָּא מְצֹורָע חִידּוּשׁ הוּא א"נ ז' יָמִים מַשְׁמַע מִיעוּט לְאַפּוֹקֵי יְמֵי חִלּוּטוֹ וְאִידָךְ דְּמִצְטְרִיךְ לְגוּפֵיהּ מִיהוּ מִדִּכְתִיב בֵּיהּ לוֹ שְׁמַע מִינָּה לִמְעוּטֵי:
Ce qui n'a pas été révélé n'a pas été révélé. — Certains objectent : pourquoi Rabbi ne fait-il pas lui-même le kal va-homer, alors qu'un homme peut déduire un kal va-homer de sa propre initiative ? [On peut répondre :] peut-être y a-t-il là une pirkha (réfutation), ou peut-être est-ce parce que le metsora est un hidouch. Ou encore : "sept jours" indique une limitation, pour exclure les jours de sa lèpre confirmée, et l'autre mention est nécessaire pour elle-même ; toutefois, du fait qu'il y est écrit "pour lui", on en déduit une exclusion.
💡 Explication

La guemara ramène la divergence à une question de méthode. Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda étend l'interdit par kal va-homer : ce que la Torah dit du moment le plus léger vaut d'autant plus du moment le plus grave. Rabbi refuse cette extension : l'Écriture a explicitement borné l'interdit aux jours du comptage, et l'on n'ajoute pas au texte ce qu'il n'a pas dit.

9
לְמֵימְרָא דִּבְכֹהֵן תַּלְיָא מִילְּתָא? אִין, וְהָתַנְיָא: ״וּבְיוֹם הֵרָאוֹת בּוֹ״. יֵשׁ יוֹם שֶׁאַתָּה רוֹאֶה בּוֹ, וְיֵשׁ יוֹם שֶׁאִי אַתָּה רוֹאֶה בּוֹ.

Est-ce à dire que l'affaire dépend du kohen ? Oui, et ainsi a-t-on enseigne : "et au jour où il apparaît en lui" — il y a un jour où tu regardes, et il y a un jour où tu ne regardes pas.

📜 Rachi (1)
לְמֵימְרָא דִּבְכֹהֵן תַּלְיָא מִילְּתָא פָּרִיךְ בֵּין לְר"מ בֵּין לְרַבִּי יוֹסֵי דר"מ אוֹמֵר בְּהֶדְיָא אִי טָמֵא שְׁתֵיק וְרַבִּי יוֹסֵי קָאָמַר אֵין רוֹאִין כְּלָל מִכְּלָל דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר אִי לָא בָּעֵי לָא חָזֵי לֵיהּ וְלָא הָוֵי טָמֵא:
Est-ce à dire que l'affaire dépend du kohen — il objecte aussi bien selon Rabbi Meir que selon Rabbi Yossi : Rabbi Meir dit explicitement que s'il est impur, il se tait ; et Rabbi Yossi dit qu'on ne regarde pas du tout, d'où il ressort que Rabbi Yossi tient que s'il ne le veut pas, il ne le regarde pas et il n'est pas impur.
🗂️ Tossefot (1)
יֵשׁ יוֹם שֶׁאִי אַתָּה רוֹאֶה בּוֹ. תֵּימַהּ לר"מ לָמָּה אֵינוֹ רוֹאֶה לְהָקֵל וְעוֹד לְמַאי דְּפִי' רַבֵּינוּ יִצְחָק דִּלְכֻולֵּי עָלְמָא בִּתְחִילַּת הֶסְגֵּר רוֹאִין לְהָקֵל לְעוֹלָם יָכוֹל לִרְאוֹת וְעוֹד וּפִינּוּ אֶת הַבַּיִת עַד שֶׁיִּרְאוּ לָמָּה טֹורַח לְפַנּוֹת שֶׁמָּא יִמָּצֵא טָהוֹר:
Il y a un jour où tu ne regardes pas. — C'est étonnant : selon Rabbi Meir, pourquoi ne regarde-t-il pas pour alléger ? De plus, d'après l'explication de Rabbenou Its'hak selon laquelle, de l'avis de tous, au début du hesger on regarde pour alléger, il pourrait toujours regarder. De plus, "et l'on videra la maison" avant qu'ils ne regardent : pourquoi se donner la peine de la vider, puisqu'il la trouvera peut-être pure ?
💡 Explication

La guemara revient à la prémisse de Rabbi Meir et la confirme par une beraita. Le verset "et au jour où il apparaît en lui la chair vive" (Lévitique 13,14) est lu comme une permission de choisir le moment : puisque l'Écriture désigne un jour où l'on regarde, elle admet qu'il existe un jour où l'on ne regarde pas. L'inspection dépend donc bien de la décision du kohen.

10
מִכָּאן אָמְרוּ: חָתָן שֶׁנּוֹלַד בּוֹ נֶגַע — נוֹתְנִין לוֹ שִׁבְעָה יְמֵי הַמִּשְׁתֶּה. לוֹ וּלְבֵיתוֹ וּלְכַסּוֹתוֹ. וְכֵן בָּרֶגֶל — נוֹתְנִין לוֹ שִׁבְעַת יְמֵי הָרֶגֶל, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה.

De là ils ont dit : un hatan sur qui est apparu un nega — on lui accorde les sept jours du festin ; à lui, à sa maison et à son vêtement. Et de même pendant la fête — on lui accorde les sept jours de la fête ; telles sont les paroles de Rabbi Yehouda.

📜 Rachi (2)
נוֹתְנִין לוֹ ז' יְמֵי הַמִּשְׁתֶּה דְּלָא חָזֵי לֵיהּ דִּלְמָא מְטַמֵּא לֵיהּ:
On lui accorde les sept jours du festin — car on ne le regarde pas, de peur qu'on ne le déclare impur.
וּלְכַסּוֹתוֹ אִם נִרְאָה הַנֶּגַע בִּכְסוּתוֹ:
Et à son vêtement — si le nega est apparu sur son vêtement.
💡 Explication

De ce jour "où tu ne regardes pas", Rabbi Yehouda tire une règle d'attente : on ne présente pas au kohen le nega d'un jeune marié pendant les sept jours du festin nuptial, ni celui de quiconque pendant les sept jours de la fête. La règle vaut pour les trois sortes de nega'im : sur le corps, sur la maison et sur le vêtement.

11
רַבִּי אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ. הֲרֵי הוּא אוֹמֵר: ״וְצִוָּה הַכֹּהֵן וּפִנּוּ אֶת הַבַּיִת״. אִם מַמְתִּינִים לוֹ לִדְבַר הָרְשׁוּת — כָּל שֶׁכֵּן לִדְבַר מִצְוָה.

Rabbi dit : ce n'est pas nécessaire. Voici qu'il est dit : "et le kohen ordonnera que l'on vide la maison".

Si l'on attend pour lui pour une affaire facultative — à plus forte raison pour une affaire de mitsva.

📜 Rachi (1)
אִם מַמְתִּינִין לִדְבַר הָרְשׁוּת הֲרֵי מַמְתִּינִין לוֹ שֶׁאֵין מְטַמְּאִין עַד שֶׁמְּפַנֶּה כָּל הַכֵּלִים שֶׁבַּבַּיִת וְיָלְפִי' מִינָּהּ דִּבְטֻומְאָה דִּבְגוּפֵיהּ נָמֵי מַמְתִּין לִדְבַר הָרְשׁוּת דֻּומְיָא דְּהָכָא כֵּיוָן דְּאַשְׁכְּחַן דִּבְטֻומְאָה דְּגוּפֵיהּ מַמְתִּינִין לוֹ לִדְבַר הָרְשׁוּת כ"ש דְּמַמְתִּינִין לוֹ לִדְבַר מִצְוָה כְּגוֹן חָתָן וּבָרֶגֶל:
Si l'on attend pour une affaire facultative — voici que l'on attend pour lui, car on ne déclare pas impur avant qu'il ait vidé tous les ustensiles de la maison ; et nous en apprenons que pour une impureté qui touche son propre corps aussi on attend pour une affaire facultative, comme ici. Puisque nous trouvons que pour l'impureté du corps on attend pour lui pour une affaire facultative, à plus forte raison attend-on pour lui pour une affaire de mitsva, comme le hatan et la fête.
💡 Explication

Rabbi accepte la règle mais en change la source. Le verset "le kohen ordonnera que l'on vide la maison avant qu'il n'y entre pour voir le nega" (Lévitique 14,36) montre que l'on retarde l'inspection pour épargner de simples ustensiles, ce qui est une affaire facultative (davar ha-rechout). Un kal va-homer s'impose alors : si l'on attend pour cela, on attendra d'autant plus pour une mitsva, comme la joie du hatan ou celle de la fête.

🖼️ Schéma
Le kal va-homer de Rabbi : de la maison au corps Nega d'une maison le kohen ordonne de vider la maison avant de venir regarder pour sauver de simples ustensiles à plus forte raison Nega du corps le kohen attend avant de regarder sept jours du festin, sept jours de fête pour une affaire de mitsva Rabbi Yehouda tire la même règle du verset : et au jour où il apparaît en lui — il y a un jour où tu regardes, et un jour où tu ne regardes pas.
Les deux dérivations de l'attente : le verset du jour de l'apparition pour Rabbi Yehouda, le kal va-homer depuis la maison pour Rabbi.
12
מַאי בֵינַייְהוּ? אָמַר אַבַּיֵּי: מַשְׁמָעוּת דּוֹרְשִׁין אִיכָּא בֵּינַייְהוּ. וְרָבָא אָמַר: דְּבַר הָרְשׁוּת אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ.

Quelle différence y a-t-il entre eux ? Abaye dit : c'est la lecture des versets qui les sépare.

Et Rava dit : c'est l'affaire facultative qui les sépare.

📜 Rachi (2)
מַשְׁמָעוּת דּוֹרְשִׁין דְּמַר דָּרֵישׁ מֵהַאי קְרָא וּמַר דָּרֵישׁ מֵהַאי קְרָא:
La lecture des exégètes — l'un déduit de ce verset-ci et l'autre de ce verset-là.
דְּבַר הָרְשׁוּת אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ רַבִּי יְהוּדָה דְּמַפִּיק מִבְּיוֹם הֵרָאוֹת בּוֹ וּמִכָּאן אָמְרוּ חָתָן וְרֶגֶל דְּהַיְינוּ מִצְוָה מַמְתִּינִין לוֹ אֲבָל לִדְבַר הָרְשׁוּת אֵין מַמְתִּינִין לוֹ בְּטֻומְאָה דְּגוּפֵיהּ וְרַבִּי סָבַר דְּבִדְבַר רְשׁוּת נָמֵי מַמְתִּינִין לוֹ כִּדְאָמְרִי' לְעֵיל דְּרַבִּי יָלֵיף טֻומְאָה דְּגוּפֵיהּ לְהַמְתִּין לוֹ מִטֻּומְאָה דְּבֵיתוֹ:
C'est l'affaire facultative qui les sépare — Rabbi Yehouda, qui tire [la règle] de "et au jour où il apparaît en lui", et de là ils ont dit : le hatan et la fête, c'est-à-dire une mitsva, on attend pour lui ; mais pour une affaire facultative on n'attend pas pour lui dans une impureté qui touche son corps. Et Rabbi tient que pour une affaire facultative aussi on attend pour lui, comme nous l'avons dit plus haut : Rabbi apprend l'attente, pour l'impureté du corps, à partir de l'impureté de sa maison.
🗂️ Tossefot (2)
מַשְׁמָעוּת דּוֹרְשִׁין אִיכָּא בֵּינַייְהוּ. ר' דּוֹרֵשׁ מֻופִּינוּ וּבַיּוֹם אִצְטְרִיךְ לְמִידְרַשׁ בַּיּוֹם וְלֹא בַּלַּיְלָה כְּדִלְקַמָּן וָי"ו לָא מַשְׁמַע לֵיהּ וְר' יְהוּדָה דּוֹרֵשׁ מִוְּבָיוֹם אֲבָל וּפִינּוּ אֶת הַבַּיִת שֶׁמָּא אִצְטְרִיךְ לְרַבִּי יְהוּדָה אַפֵּי' חֲבִילֵי קַשׁ וַחֲבִילֵי עֵצִים כְּדִתְנַן בִּנְגָעִים (פ' י"ב מ"ה) לְרַבִּי יְהוּדָה:
C'est la lecture des versets qui les sépare. — Rabbi déduit de "et l'on videra", tandis que "et au jour" lui est nécessaire pour enseigner "de jour et non de nuit", comme plus loin, et il ne tire rien du vav. Rabbi Yehouda, lui, déduit de "et au jour" ; quant à "et le kohen ordonnera que l'on vide la maison", il lui est peut-être nécessaire pour inclure même les fagots de paille et les fagots de bois, comme il est enseigné dans Nega'im (chapitre 12, michna 5) selon Rabbi Yehouda.
דְּבַר הָרְשׁוּת אִיכָּא בֵּינַייְהוּ. דְּרַבִּי יְהוּדָה סָבַר חִידּוּשׁ הוּא וְאֵין לִלְמֹוד הֵימֶנָּה שְׁאָר הַמַּתָּנוֹת וּמִבְּיוֹם הֵרָאוֹת בּוֹ לָא מַשְׁמַע אֶלָּא הַמַּתָּנָה דְּמִצְוָה דְּמַשְׁמַע דְּתָלוּי הַדָּבָר בִּקְבִיעַת הַיּוֹם כְּגוֹן רֶגֶל וְהוּא הַדִּין לְחָתָן וְרַבִּי סָבַר לְרַבּוֹת נָמֵי הַמַּתָּנָה שֶׁאֵינָהּ מִצְוָה וְגָמְרִינַן שַׁפִּיר לַהַמְתָּנָה מֻופִּינוּ כָּל דְּבַר הָרְשׁוּת בַּבַּיִת לָא פְלִיגִי דְּהָא בְּהֶדְיָא כְּתִיב וּפִינּוּ אֶת הַבַּיִת. אֶלָּא דְּבַר הָרְשׁוּת דְּגוּפֵיהּ אִיכָּא בֵינַייְהוּ וְאֵין נִרְאֶה לְפָרֵשׁ שְׁאָר דִּבְרֵי רְשׁוּת כְּגוֹן חֲבִילֵי קַשׁ וּפְלִיגִי בְּבָתִּים דִּלְרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר חִידּוּשׁ הוּא לֹא יָלְפִינַן:
C'est l'affaire facultative qui les sépare. — Car Rabbi Yehouda tient que c'est un hidouch et que l'on n'en peut apprendre les autres attentes ; et de "au jour où il apparaît en lui" ne ressort qu'une attente de mitsva, puisqu'il en ressort que la chose dépend de la fixation du jour, comme la fête, et il en va de même pour le hatan. Rabbi tient, lui, qu'il faut inclure aussi l'attente qui n'est pas une mitsva, et nous apprenons bien l'attente de "et l'on videra". Sur toute affaire facultative concernant la maison, ils ne divergent pas, car il est explicitement écrit "et l'on videra la maison" ; la divergence porte donc sur l'affaire facultative qui touche son corps. Et il ne paraît pas juste d'expliquer qu'il s'agirait d'autres affaires facultatives, comme les fagots de paille, et qu'ils divergeraient au sujet des maisons, car selon Rabbi Yehouda qui dit que c'est un hidouch, nous n'apprenons pas [de là].
💡 Explication

Puisque les deux maîtres aboutissent à la même règle, la guemara cherche la nafka mina. Pour Abaye, il n'y en a aucune : seule diffère la machmaout dorchin, la manière dont chacun lit son verset. Pour Rava, la différence est réelle et porte sur l'affaire facultative touchant le corps : Rabbi Yehouda, qui ne dérive l'attente que du jour fixé, ne la reconnaît que pour une mitsva ; Rabbi, qui l'apprend du verset sur la maison, l'accorde même pour une affaire facultative.

🖼️ Schéma
Abaye et Rava : que sépare vraiment Rabbi Yehouda de Rabbi ? Abaye : machmaout dorchin La halakha est la même des deux côtés. Seule la lecture des versets diffère : Rabbi Yehouda part de : au jour où il apparaît ; Rabbi part de : on videra la maison. Rava : davar ha-rechout La différence est pratique et porte sur l'attente accordée pour une affaire facultative, lorsque le nega est sur le corps de l'homme. Attendre avant l'inspection du corps Rabbi Yehouda Rabbi Pour une mitsva (hatan, fête) on attend on attend Pour une affaire facultative on n'attend pas on attend
Abaye ne voit qu'une divergence d'exégèse ; Rava en tire une différence pratique sur l'attente accordée pour une affaire facultative.
13
וְרַבִּי יְהוּדָה — מֵהָתָם לָא גָּמְרִינַן, דְּחִידּוּשׁ הוּא,

Et Rabbi Yehouda : de là nous n'apprenons pas, car c'est un hidouch,

📜 Rachi (1)
לָא גָּמְרִינַן דְּהָוֵי חִידּוּשׁ וּמֵחִידּוּשׁ לָא יָלְפִינַן דְּכָל הֵיכָא דְּאִיכָּא חִידּוּשׁ אֵין לְךָ דָּבָר בּוֹ אֶלָּא חִידּוּשׁוֹ:
Nous n'apprenons pas — car c'est un hidouch, et d'un hidouch on ne déduit pas ; car partout où il y a un hidouch, tu n'as en lui que sa nouveauté même.
💡 Explication

La guemara justifie la position de Rabbi Yehouda : la loi des nega'im de maisons est un hidouch, une loi singulière sans équivalent ailleurs. Le principe est qu'une loi de ce genre reste enfermée dans son propre cas et ne sert pas de modèle : on ne peut donc pas transporter l'attente accordée à la maison vers l'inspection du corps.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).