Sougya : L'amud reprend Rabbi Yosse : le repas fini, birkat ha-mazon sur la première coupe, kiddouch du jour sur la seconde. La Guemara demande pourquoi pas les deux sur une seule coupe.
Rav Houna, au nom de Rav Chechet, l'interdit : on ne dit pas deux kedouchot sur une coupe, parce qu'on ne fait pas les mitsvot par liasses. Une beraïta de la sortie de Chabbat et l'ordre de Rav pour un yom tov après le Chabbat sont examinés.
La conclusion sépare deux cas : havdala et kiddouch sont une seule chose, birkat ha-mazon et kiddouch sont deux choses. Le corps du sujet ouvre alors l'ordre : Rav dit yakneh, Chmouel dit yanahak.
Ils ont achevé : sur la première coupe, on bénit le birkat ha-mazon, et sur la seconde on dit la sanctification du jour. Pourquoi ?
Qu'on les dise toutes les deux sur une seule coupe !
Suite de la beraïta de l'amud précédent. Rabbi Yosse : le repas est fini. Première coupe, birkat ha-mazon. Seconde coupe, kiddouch du jour. Rachi : ils ont achevé leur repas, et c'est Rabbi Yosse qui parle.
La Guemara demande pourquoi deux coupes. Tossefot fixe la leçon : le birkat ha-mazon d'abord, pour interrompre, le kiddouch ensuite, près du repas de Chabbat. L'objection ne vise que Rabbi Yosse, chez qui les deux portent sur le repas de Chabbat. Chez Rabbi Yehouda, le birkat ha-mazon clot le repas de semaine, le kiddouch ouvre celui qui vient.
Le Roch rappelle que la halakha suit Chmouel : on étend la nappe et l'on sanctifie. Il garde pourtant l'ordre de Rabbi Yosse quand le repas est déjà fini et que le jour se sanctifie pendant le lavage des mains. Rav Yechaya de Trani ramène tout à la nappe.
Rav Houna a dit au nom de Rav Chechet : on ne dit pas deux kedouchot sur une seule coupe. Quelle est la raison ?
Rav Nahman bar Yitshak a dit : parce qu'on ne fait pas les mitsvot par liasses.
Rav Houna au nom de Rav Chechet : deux kedouchot, une seule coupe, interdit. Ici, kedoucha désigne une bénédiction qui consacre : birkat ha-mazon et kiddouch.
Rav Nahman bar Yitshak donne la raison : havilot havilot, les mitsvot par liasses. Les grouper sur un seul geste les fait passer pour une charge qu'on expédie.
Tossefot en tire l'usage de la houppa. Sept bénédictions et birkat ha-mazon : deux coupes, selon cet usage. Rabbeinou Mechoulam met le tout sur une coupe, parce que le repas amène la bénédiction du mariage. Fiançailles et mariage restent sur deux coupes : on les dit en des lieux distincts, et la lecture de la ketouba interrompt.
Et non ? Or on a enseigné : celui qui entre chez lui à la sortie de Chabbat bénit sur le vin, sur la lumière et sur les parfums, puis il dit la havdala sur la coupe.
Et s'il n'a qu'une seule coupe, il la laisse pour après le repas et il les enfile toutes après lui. S'il n'en a pas, le cas est à part.
Objection. À la sortie de Chabbat, l'ordre est : vin, lumière, parfums, havdala. S'il n'a qu'une coupe, il la garde pour après le repas et enfile tout ensuite, y compris le birkat ha-mazon et la havdala. Rachi : deux bénédictions sur une seule coupe.
Réponse de la Guemara : s'il n'en a pas, le cas est à part. Avec deux coupes, on sépare. Le manque de vin autorise à réunir.
Tossefot : le Talmud choisit cette beraïta parce que la réponse y est déjà écrite. Rav Nissim lie le membre à un repas commencé de jour. Rav Yehiel écarte cette lecture : plus loin, on prouve de cette beraïta que le goût fait séparation, ce qui suppose qu'on a mangé avant la havdala. La permission de manger d'abord ne vaut que pour sauver la coupe du birkat ha-mazon.
Mais un yom tov qui tombe après le Chabbat, alors qu'il en a, et Rav a dit : yakneh !
Nouvelle objection. Un yom tov après le Chabbat, il a du vin. Pourtant Rav dit yakneh : yayin, le vin ; kiddouch ; ner, la lumière ; havdala. Kiddouch et havdala passent sur la même coupe.
Rachi anticipe la réponse : le septième de Pessa'h, sans zman. Tossefot discute le kontres, qui lisait ici les quatre coupes du séder. Ces coupes sont déjà prises, chacune pour sa mitsva. Le premier yom tov et Chemini Atseret sont des moments où l'on prépare beaucoup : on y suppose du vin.
Les parfums manquent dans yakneh. Le Rashbam les lie à la nechama yetera. Tossefot : à yom tov cette âme supplémentaire n'est pas là. La joie du jour, le manger et le boire, tiennent lieu de parfums. Le vin ouvre la série. Après le birkat ha-mazon, il faut le rebénir : la clôture du repas a coupé l'intention de boire.
On dit : du fait qu'il n'a pas dit le zman, il s'ensuit que nous traitons du septième de Pessa'h. Tout ce qu'il avait, il l'a mangé, et il n'en a plus.
Réponse. L'ordre de Rav ne contient pas le zman, la bénédiction du temps. Seul le septième de Pessa'h, parmi les yamim tovim, se passe de cette bénédiction. En fin de fête, il a pu manger tout ce qu'il avait. Il n'a plus de seconde coupe.
Rachi ajoute : peut-être est-il pauvre, et il n'a qu'une coupe. On retombe alors sur le cas de la beraïta : s'il n'en a pas, le cas est à part. L'ordre de Rav ne prouve plus qu'on réunit deux kedouchot quand on a du vin.
Mais le premier yom tov, où il en a, et Abbaye a dit : yakzeneh, et Rava a dit : yaknahaz.
Le premier yom tov de Pessa'h, il a du vin. Rachi : même le pauvre d'Israël reçoit quatre coupes.
Abbaye : yakzeneh, yayin, kiddouch, zman, ner, havdala. Rava : yaknahaz, yayin, kiddouch, ner, havdala, zman. Ils divergent sur la place du zman. Ils s'accordent pour dire kiddouch et havdala sur la même coupe, alors qu'il a du vin.
Conclusion : la havdala et le kiddouch sont une seule chose, le birkat ha-mazon et le kiddouch sont deux choses.
La réponse précédente est écartée. La vraie distinction :
Havdala et kiddouch sont une seule chose. Les deux marquent la kedoucha du jour. Dans la havdala elle-même on dit hamavdil bein kodech le-kodech, celui qui sépare le saint du saint. Les réunir tient dans cette même kedoucha.
Birkat ha-mazon et kiddouch sont deux choses. L'un clot le repas, l'autre sanctifie le jour. Les dire sur une seule coupe, c'est faire les mitsvot par liasses. D'où les deux coupes de Rabbi Yosse.
Le corps du sujet. Un yom tov qui tombe après le Chabbat : Rav a dit yakneh, et Chmouel a dit yanahak.
Goufa : on reprend le sujet pour lui-même. Yom tov après le Chabbat, sans le zman de ce membre.
Rav : yakneh, vin, kiddouch, lumière, havdala. Le kiddouch précède la havdala. Chmouel : yanahak, vin, lumière, havdala, kiddouch. La havdala précède le kiddouch. La suite de leur débat est au daf suivant.
Le Roch tranche déjà, pour le cas où l'on dit le zman : la halakha suit Rava, yaknahaz. Il reprend l'absence de parfums, puis le récit de Rava chez qui l'on apporte lumière et parfums. Rava bénit les parfums d'abord. La michna de Berakhot, dans la version de Rabbi Meir, met la lumière avant. Selon Rabbi Yehouda, Beit Hillel met les parfums avant la lumière. Rabbi Yo'hanan : l'usage du peuple suit Beit Hillel dans cette version.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).