Pesachim 103a , Yaknehaz, l'ordre quand Yom Tov suit le Chabbat

Pesachim 103a

Sougya : Ce daf fixe l'ordre des bénédictions quand un Yom Tov tombe à la sortie du Chabbat. Rabba, Levi, les Rabbis, Mar fils de Rabbana et Marta proposent chacun un sigle.

Le père de Chmouel interroge Rabbi, qui transmet Rabbi Yehochoua ben Hanania : lumière, havdala, vin, kiddouch, à l'image d'un roi que l'on escorte avant d'accueillir le gouverneur. La halakha suit Rava : yaknehaz, vin, kiddouch, lumière, havdala, puis le zeman.

Rava bénit ensuite les parfums avant la lumière, selon Beit Hillel dans la lecture de Rabbi Yehouda, et il redit bore peri ha-gafen sur la coupe du birkat ha-mazon.

Yom Tov après le Chabbat : qui met quoi en tête ?Tossefot : la Guemara groupe par la première bénédictionVin en têteRav, daf précédentvin, kiddouch,lumière, havdalaChmouelvin, lumière,havdala, kiddouchRabba, sur ce dafvin, havdala,lumière, kiddouchSigles yakneha, yanhak, yehanakKiddouch en têteLevikiddouch, lumière,vin, havdalaLes Rabbiskiddouch, vin,lumière, havdalaSigles keniha, kinhaLumière en têteMar fils de Rabbanalumière, kiddouch,vin, havdalaMarta, R. Yehochoualumière, vin,havdala, kiddouchSigles nekiha, nihakRéponse de Rabbi : nehayaklumière, havdala, vin, kiddouchRabbi Yichmael, au nom de son père, au nom de Rabbi Yehochoua ben Hanania.
Trois groupes d'avis, selon la bénédiction mise en tête, puis la réponse de Rabbi : nehayak.
Où placer le zeman, cheheyanou ?Abaye et Rava : kiddouch avant havdala. Ils divergent sur le zeman.Abaye : yakzena1 vin2 kiddouch3 zeman4 lumière, 5 havdalaRava : yaknehaz1 vin2 kiddouch3 lumière, 4 havdala5 zemanHalakha : comme Rava, yaknehazRachi : havdala d'abord ferait de la sainteté du Chabbat un fardeau.Tossefot : le pesak vise les autres amoraïm. Face à Abaye, on suit déjà Rava.
Abaye et Rava placent le zeman autrement. La halakha suit Rava : yaknehaz.
Lumière et parfums : deux lectures de la michnaRabbi MeirMichna anonymeLumière avant les parfums, des deux côtésBeit Chamailumière, repas, parfums, havdalaBeit Hillellumière, parfums, repas, havdalaRabbi YehoudaLecture de RavaRepas d'abord, havdala à la finBeit Chamailumière, puis parfumsBeit Hillelparfums, puis lumièreCoutume : Beit Hillel selon Rabbi YehoudaRava bénit les parfums, puis la lumière.Rabbi Yo'hanan : le peuple a pris cette coutume.Les sigles du Yom Tov omettent les parfums.
Rabbi Meir : la lumière passe avant les parfums. Rabbi Yehouda : Beit Hillel met les parfums d'abord. Rava suit cette coutume.
1
וְרַבָּה אָמַר: יהנ״ק. וְלֵוִי אָמַר: קני״ה. וְרַבָּנָן אָמְרִי: קינ״ה. מַר בְּרֵיהּ דְּרַבָּנָא אָמַר: נקי״ה. מָרְתָא אָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: ניה״ק.

Et Rabba a dit : yehanak, vin, havdala, lumière, kiddouch. Et Levi a dit : keniha, kiddouch, lumière, vin, havdala.

Et les Rabbis disent : kinha, kiddouch, vin, lumière, havdala. Mar fils de Rabbana a dit : nekiha, lumière, kiddouch, vin, havdala.

Marta a dit au nom de Rabbi Yehochoua : nihak, lumière, vin, havdala, kiddouch.

🗂️ Tossefot (2)
רַבָּה אָמַר יַהְנֵ"ק וְלֵוִי אָמַר קְנִיָּ"ה רַשְׁבָּ"ם מְהַפֵּךְ הַגִּירְסָא מִשּׁוּם דְּרַב וּשְׁמוּאֵל וְלֵוִי חֲבֵרִים הָיוּ וְאֵין צָרִיךְ לְהַפֵּךְ מִשּׁוּם זֶה דִּגְמָ' נְקַט כָּל אוֹתָם שֶׁאוֹמְרִים יַיִן תְּחִלָּה יקנ"ה ינה"ק יהנ"ק וְאַחַ"כּ אוֹתָם שֶׁאוֹמְרִים קִידּוּשׁ בְּרֵישָׁא קני"ה קינ"ה וְאַחַ"כּ נֵר תְּחִלָּה נקי"ה ניה"ק וּמִיהוּ בִּירֻושַּׁל' מַשְׁמַע כְּפֵירוּשׁ רַשְׁבָּ"ם:
Rabba a dit yehanak, et Levi a dit keniha. Le Rachbam inverse la version, parce que Rav, Chmouel et Levi étaient compagnons. On n'a pas à inverser pour ce motif. La Guemara prend d'abord tous ceux qui disent le vin en tête : yakneha, yanhak, yehanak ; ensuite ceux qui disent le kiddouch en tête : keniha, kinha ; ensuite la lumière en tête : nekiha, nihak. Toutefois le Talmud de Jérusalem va dans le sens de l'explication du Rachbam.
קני"ה פֵּירֵשׁ רַשְׁבַּ"ם דְּרוֹצֶה לִסְמֹוךְ יַיִן לְהַבְדָּלָה מִשּׁוּם דִּמְקַדְּשִׁין עַל הַפַּת וְאֵין מַבְדִּילִין עַל הַפַּת וּלְפִי מַה שֶׁפֵּירֵשׁ ר"ת לְקַמָּן (פְּסָחִים ד' קו: בד"ה מְקַדֵּשׁ) דְּאֵין מְקַדְּשִׁין עַל הַפַּת יֵשׁ לְפָרֵשׁ שֶׁאִם הֵי' מַרְחִיק יַיִן מִן הַבְדָּלָה יֹאמְרוּ שֶׁאֵינוֹ בָּא אֶלָּא בִּשְׁבִיל קִידּוּשׁ שֶׁהוּא לִכְבוֹד יו"ט:
Keniha. Le Rachbam explique : il veut accoler le vin à la havdala, parce qu'on sanctifie sur le pain et qu'on ne fait pas la havdala sur le pain. Selon ce qu'explique Rabbeinou Tam plus loin (Pesachim 106b, au dibbour mekadech), pour qui l'on ne sanctifie pas sur le pain, on expliquera ainsi : s'il écartait le vin de la havdala, on dirait que ce vin ne vient que pour le kiddouch, lequel est à l'honneur du Yom Tov.
💡 Explication

Suite des sigles, quand Yom Tov tombe à la sortie du Chabbat. Chaque lettre est une bénédiction : yayin le vin, havdala, ner la lumière, kiddouch.

Tossefot refusent d'inverser Rabba et Levi pour les ranger avec Rav et Chmouel. La Guemara aligne d'abord le vin, puis le kiddouch, puis la lumière. Le Yerouchalmi, lui, suit le Rachbam.

Sur keniha, Levi colle le vin à la havdala. Le Rachbam : on peut faire le kiddouch sur le pain, la havdala non. Rabbeinou Tam, qui refuse aussi le kiddouch sur le pain, donne une autre raison : éloigner le vin ferait croire qu'il ne sert qu'au kiddouch du Yom Tov.

🖼️ Schéma
Yom Tov après le Chabbat : qui met quoi en tête ?Tossefot : la Guemara groupe par la première bénédictionVin en têteRav, daf précédentvin, kiddouch,lumière, havdalaChmouelvin, lumière,havdala, kiddouchRabba, sur ce dafvin, havdala,lumière, kiddouchSigles yakneha, yanhak, yehanakKiddouch en têteLevikiddouch, lumière,vin, havdalaLes Rabbiskiddouch, vin,lumière, havdalaSigles keniha, kinhaLumière en têteMar fils de Rabbanalumière, kiddouch,vin, havdalaMarta, R. Yehochoualumière, vin,havdala, kiddouchSigles nekiha, nihakRéponse de Rabbi : nehayaklumière, havdala, vin, kiddouchRabbi Yichmael, au nom de son père, au nom de Rabbi Yehochoua ben Hanania.
Vin, kiddouch ou lumière en tête. Rabbi répondra par un quatrième ordre.
2
שְׁלַח לֵיהּ אֲבוּהּ דִּשְׁמוּאֵל לְרַבִּי: יְלַמְּדֵנוּ רַבֵּינוּ, סֵדֶר הַבְדָּלוֹת הֵיאַךְ. שָׁלַח לֵיהּ: כָּךְ אָמַר רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בַּר רַבִּי יוֹסֵי שֶׁאָמַר מִשּׁוּם אָבִיו שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן חֲנַנְיָה: נהי״ק.

Le père de Chmouel a envoyé à Rabbi : que notre maître nous enseigne, quel est l'ordre des havdalot ? Il lui a envoyé : ainsi a dit Rabbi Yichmael bar Rabbi Yossi, qui a dit au nom de son père, qui a dit au nom de Rabbi Yehochoua ben Hanania : nehayak, lumière, havdala, vin, kiddouch.

📜 Rachi (1)
הָכִי גָּרְסִינַן שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן חֲנַנְיָה נְהִי"ק:
Voici notre version : qui a dit au nom de Rabbi Yehochoua ben Hanania : nehayak.
💡 Explication

Avouha de-Chmouel, le père de Chmouel, écrit à Rabbi pour l'ordre des havdalot, les bénédictions de la sortie du Chabbat quand elle est aussi l'entrée de Yom Tov.

La chaîne remonte à Rabbi Yehochoua ben Hanania. L'ordre nehayak met la lumière, puis la havdala, puis le vin, puis le kiddouch. Rachi fixe cette version du nom et du sigle.

3
אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: מָשָׁל דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן חֲנַנְיָה לְמֶלֶךְ שֶׁיּוֹצֵא וְאִפַּרְכוֹס נִכְנָס, מְלַוִּוין אֶת הַמֶּלֶךְ וְאַחַר כָּךְ יוֹצְאִים לִקְרַאת אִפַּרְכוֹס.

Rabbi Hanina a dit : une parabole de Rabbi Yehochoua ben Hanania, celle d'un roi qui sort et d'un gouverneur (eparkhos) qui entre. On escorte le roi, et ensuite on sort au-devant du gouverneur.

📜 Rachi (1)
ה"ג מָשָׁל דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ כוּ':
Voici la version : une parabole de Rabbi Yehochoua, etc.
💡 Explication

La parabole justifie havdala avant kiddouch. Le roi qui sort, c'est le Chabbat : on l'escorte, c'est la havdala. Le gouverneur qui entre, c'est le Yom Tov : on va au-devant de lui, c'est le kiddouch.

Rachi ne fait ici que tenir la version : une parabole de Rabbi Yehochoua.

🖼️ Schéma
Le roi sort, le gouverneur entreParabole de Rabbi Yehochoua ben Hanania1. On escorte le roiLe Chabbat qui s'en vaHavdala2. On va au-devantLe Yom Tov qui arriveKiddouchHavdala avant le kiddouch. Ordre : lumière, havdala, vin, kiddouch.
Escorte du Chabbat, puis accueil du Yom Tov.
4
מַאי הָוֵי עֲלַהּ? אַבַּיֵּי אָמַר: יקזנ״ה, וְרָבָא אָמַר: יקנה״ז, וְהִילְכְתָא כְּרָבָא.

Qu'en est-il à la fin ? Abaye a dit : yakzena, vin, kiddouch, zeman, lumière, havdala.

Et Rava a dit : yaknehaz, vin, kiddouch, lumière, havdala, zeman. Et la halakha suit Rava.

📜 Rachi (1)
וְהִלְכְתָא כְּרָבָא דְּקִדּוּשָׁא וַהֲדַר אַבְדָּלְתָּא דְּכִי מַבְדִּיל בְּרֵישָׁא מִיחְזֵי עָלֶיהָ קְדֻושַּׁת שַׁבָּת כְּמַשּׂאוֹי:
Et la halakha suit Rava : le kiddouch, puis la havdala. Si l'on fait la havdala d'abord, la sainteté du Chabbat lui apparaît comme un fardeau.
🗂️ Tossefot (2)
לָא הָוֵי יָדְעִיתוּ אִי מַשְּׁקוּ פרשב"ם כִּי בָּרְכִיתוּ אַכָּסָא קַמָּא לָא יָדְעִיתוּ אִי יְהַבוּ לְכוּ כָּסָא אַחַרְיַנָא וַהֲוָה כָּל חַד כִּתְחִלַּת סְעוּדָה וּלְפֵירוּשׁוֹ מַשְׁמַע שֶׁהָיוּ מְבָרְכִין נָמֵי תּוֹךְ הַסְּעוּדָה וְקָשֶׁה דְּהָא מַשְׁמַע שֶׁהָיוּ עוֹשִׂים בֵּי רֵישׁ גָּלוּתָא כְּרָבָא דְּבָרֵיךְ אַכָּסָא קַמָּא וְאַכָּסָא דְּבִרְכְּתָא וְלֹא עַל כָּל כָּסָא וְזֶהוּ דֹּוחַק לוֹמַר שֶׁלֹּא הָיוּ שׁוֹתִים בְּבֵי רֵישׁ גָּלוּתָא יַיִן בְּאֶמְצַע הַסְּעוּדָה לְכָךְ נִרְאֶה לְפָרֵשׁ שֶׁלֹּא הָיוּ מְבָרְכִין תּוֹךְ הַסְּעוּדָה כִּי הָיוּ יוֹדְעִים שֶׁיִּתְּנוּ לָהֶם יַיִן כָּל צָרְכָן אֲבָל בבהמ"ז לֹא הָיָה כּוֹס כִּי אִם לַמְבָרֵךְ וְהָיוּ מִסְתַּפְּקִים אִם יַגִּיעַ לָהֶם לִשְׁתּוֹת מִמֶּנּוּ:
Vous ne saviez pas s'ils verseraient. Le Rachbam explique : quand vous bénissiez sur la première coupe, vous ne saviez pas s'ils vous donneraient une autre coupe, et chacune comptait comme le début d'un repas. Selon cette explication, ils bénissaient aussi au cours du repas. C'est difficile : à la maison de l'exilarque, ils agissaient comme Rava, qui bénit sur la première coupe et sur la coupe de la bénédiction, et non sur chaque coupe. Dire qu'on n'y buvait pas de vin au milieu du repas est forcé. Mieux vaut expliquer qu'ils ne bénissaient pas au cours du repas, parce qu'ils savaient qu'on leur donnerait du vin autant qu'il leur en faudrait. Au birkat ha-mazon, en revanche, il n'y avait de coupe que pour celui qui bénit, et ils doutaient si elle leur parviendrait pour qu'ils en boivent.
וְהִלְכְתָא כְּרָבָא מִשּׁוּם [אִינָךְ] אָמוֹרָאִין אִצְטְרִיךְ לִפְסֹוק כְּרָבָא וְלֹא מִשּׁוּם אַבַּיֵּי דקיי"ל (ב"ק ד' עג.) בְּכוּלֵּי גְּמָרָא כְּרָבָא לְגַבֵּי אַבַּיֵּי בַּר מיע"ל קג"ם:
Et la halakha suit Rava. C'est à cause des autres amoraïm qu'il a fallu trancher comme Rava, et non à cause d'Abaye. Nous tenons (Bava Kamma 73a) dans toute la Guemara comme Rava face à Abaye, sauf yaal kagam.
⚖️ Rosh (1)
יו"ט שֶׁחָל לִהְיוֹת אַחַר הַשַּׁבָּת רַב אָמַר יַקְנֶ"ה וּשְׁמוּאֵל אָמַר יִנְהַ"ק הֵיכָא דְּאָמַר זְמַן הֵיכִי עֲבִיד אַבָּיֵי אָמַר יַקְזְנָ"ה וְרָבָא אָמַר יַקְנְהָ"ז וְהִלְכְתָא כְּרָבָא אֲבָל בְּשָׂמִים לָא מַדְכְּרִי כָּל הָנֵי אָמוֹרָאֵי וּפֵירֵשׁ רַשְׁבָּ"ם זַ"ל מִשּׁוּם דִּבְיוֹם טוֹב נָמֵי אִיכָּא נְשָׁמָה יַתִּירָא וְקָשֶׁה דא"כ בְּמוֹצָאֵי יוֹם טוֹב יְבָרְכוּ עַל הַבְּשָׂמִים אֶלָּא הַיְינוּ טַעְמָא דְּמֵחֲמַת שִׂמְחַת יו"ט וְתַעֲנוּג אֵין אָדָם מַרְגִּישׁ בְּחֶסְרוֹן נְשָׁמָה רַב הוּנָא בַּר יְהוּדָה אִיקְּלַע לְבֵי רָבָא אַיְּיתִי לְקַמֵּיהּ מָאוֹר וּבְשָׂמִים פָּתַח רָבָא בְּרִיךְ אַבְּשָׂמִים בְּרֵישָׁא וַהֲדַר אַמָּאוֹר אֲמַר לֵיהּ רַב הוּנָא וְהָא בֵּין ב"ש וב"ה מָאוֹר וְאַחַר כָּךְ בְּשָׂמִים דִּתְנַן ב"ש אוֹמְרִים נֵר וּמָזוֹן בְּשָׂמִים וְהַבְדָּלָה וב"ה אוֹמְרִים נֵר וּבְשָׂמִים וּמָזוֹן וְהַבְדָּלָה עָנֵי רָבָא בָּתְרֵיהּ זוֹ דִּבְרֵי ר"מ אֲבָל ר' יְהוּדָה אוֹמֵר לֹא נֶחְלְקוּ ב"ש וב"ה עַל הַמָּזוֹן שֶׁהוּא בַּתְּחִלָּה וְעַל הַבְדָּלָה שֶׁהוּא בַּסּוֹף עַל מַה נֶחְלְקוּ עַל הַמָּאוֹר וְעַל הַבְּשָׂמִים שב"ש אוֹמְרִים מָאוֹר וְאַחַ"כּ בְּשָׂמִים וּבְהֵ"א בְּשָׂמִים וְאַחַ"כּ מָאוֹר וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן נָהֲגוּ הָעָם כב"ה וְאַלִּיבָּא דְּר' יְהוּדָה.
Un Yom Tov qui tombe après le Chabbat. Rav a dit yakneha, et Chmouel a dit yanhak. Là où l'on dit le zeman, comment fait-on ? Abaye a dit yakzena, et Rava a dit yaknehaz, et la halakha suit Rava. Les parfums, tous ces amoraïm ne les mentionnent pas. Le Rachbam, zal, a expliqué : parce qu'à Yom Tov aussi il y a une âme supplémentaire (nechama yetera). C'est difficile. S'il en était ainsi, à la sortie de Yom Tov on bénirait sur les parfums. La raison est celle-ci : à cause de la joie de Yom Tov et du plaisir, l'homme ne sent pas le manque de l'âme. Rav Houna bar Yehouda est arrivé chez Rava. On a apporté devant lui une lumière et des parfums. Rava a ouvert en bénissant d'abord les parfums, puis la lumière. Rav Houna lui a dit : or Beit Chamai et Beit Hillel mettent la lumière, puis les parfums. Nous avons appris : Beit Chamai disent lumière et repas, parfums et havdala ; Beit Hillel disent lumière et parfums, repas et havdala. Rava a répondu après lui : ce sont les paroles de Rabbi Meir. Rabbi Yehouda dit : Beit Chamai et Beit Hillel n'ont pas divergé sur le repas, qu'il est au début, ni sur la havdala, qu'elle est à la fin. Sur quoi ont-ils divergé ? Sur la lumière et les parfums. Beit Chamai disent la lumière puis les parfums, et Beit Hillel disent les parfums puis la lumière. Et Rabbi Yo'hanan a dit : le peuple a pris la coutume de Beit Hillel, selon Rabbi Yehouda.
💡 Explication

Mai havei ala : quelle halakha retient-on ? Le zeman est la bénédiction cheheyanou, absente des sigles précédents. Abaye et Rava partent du vin puis du kiddouch. Abaye glisse le zeman avant la lumière. Rava le laisse à la fin : yaknehaz.

Rachi explique le pesak par l'ordre kiddouch puis havdala. Faire la havdala d'abord donnerait à la sainteté du Chabbat l'air d'un fardeau. Tossefot : face à Abaye, la règle générale suit déjà Rava, sauf les six cas yaal kagam. Le pesak vise donc les autres avis.

Le Roch ajoute les parfums. Le Rachbam les omet à cause de la nechama yetera, présente aussi à Yom Tov. Le Roch écarte cette raison : on ne bénit pas les parfums à la sortie de Yom Tov. Joie et plaisir du jour : on ne sent pas le manque de cette âme.

🖼️ Schéma
Où placer le zeman, cheheyanou ?Abaye et Rava : kiddouch avant havdala. Ils divergent sur le zeman.Abaye : yakzena1 vin2 kiddouch3 zeman4 lumière, 5 havdalaRava : yaknehaz1 vin2 kiddouch3 lumière, 4 havdala5 zemanHalakha : comme Rava, yaknehazRachi : havdala d'abord ferait de la sainteté du Chabbat un fardeau.Tossefot : le pesak vise les autres amoraïm. Face à Abaye, on suit déjà Rava.
Yakzena d'Abaye, yaknehaz de Rava. La halakha est yaknehaz.
5
רַב הוּנָא בַּר יְהוּדָה אִיקְּלַע לְבֵי רָבָא, אַיְיתוֹ לְקַמַּייְהוּ מָאוֹר וּבְשָׂמִים. בָּרֵיךְ רָבָא אַבְּשָׂמִים בְּרֵישָׁא וַהֲדַר אַמָּאוֹר. אֲמַר לֵיהּ: וְהָא בֵּין בֵּית שַׁמַּאי וּבֵין בֵּית הִילֵּל — מָאוֹר בְּרֵישָׁא וַהֲדַר אַבְּשָׂמִים.

Rav Houna bar Yehouda est arrivé à la maison de Rava. On a apporté devant eux une lumière et des parfums.

Rava a béni d'abord les parfums, puis la lumière. Il lui a dit : or, aussi bien Beit Chamai que Beit Hillel mettent la lumière d'abord, puis les parfums.

💡 Explication

Récit. Rava dit d'abord la bénédiction des parfums (besamim), puis celle de la lumière (meor). Rav Houna bar Yehouda objecte la michna : Beit Chamai et Beit Hillel s'accordent, dans cette lecture, sur la lumière d'abord.

6
וּמַאי הִיא? דִּתְנַן, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: נֵר וּמָזוֹן, בְּשָׂמִים וְהַבְדָּלָה. וּבֵית הִילֵּל אוֹמְרִים: נֵר וּבְשָׂמִים, וּמָזוֹן וְהַבְדָּלָה.

Et de quoi s'agit-il ? De ce que nous avons appris : Beit Chamai disent : lumière et repas, parfums et havdala.

Et Beit Hillel disent : lumière et parfums, repas et havdala.

📜 Rachi (1)
נֵר וּמָזוֹן בְּשָׂמִים וְהַבְדָּלָה הֵיכָא דְאֵין לוֹ אֶלָּא כּוֹס א':
Lumière et repas, parfums et havdala : lorsqu'il n'a qu'une seule coupe.
💡 Explication

La michna de Berakhot, citée ici. Les deux maisons mettent la lumière avant les parfums. Elles divergent sur la place du repas, le birkat ha-mazon : Beit Chamai le met juste après la lumière, Beit Hillel après les parfums. La havdala ferme les deux listes.

Rachi limite le cas : l'homme n'a qu'une seule coupe. Lumière, parfums, repas et havdala se disent sur ce seul verre.

7
עָנֵי רָבָא בָּתְרֵיהּ וְאָמַר: זוֹ דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר, אֲבָל רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לֹא נֶחְלְקוּ בֵּית שַׁמַּאי וּבֵית הִילֵּל עַל הַמָּזוֹן שֶׁהוּא בַּתְּחִלָּה וְעַל הַבְדָּלָה שֶׁהִיא בַּסּוֹף,

Rava a répondu après lui, et a dit : ce sont les paroles de Rabbi Meir. Mais Rabbi Yehouda dit : Beit Chamai et Beit Hillel n'ont pas divergé sur le repas, qu'il est au début, ni sur la havdala, qu'elle est à la fin.

📜 Rachi (1)
עַל הַמָּזוֹן שֶׁהוּא בַּתְּחִלָּה כֵּיוָן דְּגָמַר סְעֻודָּתוֹ בְּהַהוּא אִיחַייַּב בְּרֵישָׁא וְאֵין מַעֲבִירִים עַל הַמִּצְוֹת:
Sur le repas, qu'il est au début : puisqu'il a achevé son repas par là, il en est devenu obligé en premier, et l'on ne passe pas par-dessus les mitsvot.
💡 Explication

Rava sort la michna anonyme de l'objection : elle est de Rabbi Meir. Selon Rabbi Yehouda, repas et havdala sont hors débat. Le birkat ha-mazon ouvre, la havdala ferme.

Rachi : le repas achevé, l'obligation du birkat ha-mazon est déjà là. On ne passe pas par-dessus les mitsvot (ein maavirin al ha-mitsvot) : on dit d'abord ce dont on est déjà tenu.

8
עַל מַה נֶחְלְקוּ? עַל הַמָּאוֹר וְעַל הַבְּשָׂמִים. בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: מָאוֹר וְאַחַר כָּךְ בְּשָׂמִים, וּבֵית הִילֵּל אוֹמְרִים: בְּשָׂמִים וְאַחַר כָּךְ מָאוֹר. וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: נָהֲגוּ הָעָם כְּבֵית הִילֵּל וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה.

Sur quoi ont-ils divergé ? Sur la lumière et sur les parfums.

Beit Chamai disent : la lumière, puis les parfums. Et Beit Hillel disent : les parfums, puis la lumière.

Et Rabbi Yo'hanan a dit : le peuple a pris la coutume de Beit Hillel, selon Rabbi Yehouda.

🗂️ Tossefot (1)
וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן נָהֲגוּ הָעָם כְּבֵית הִלֵּל וְהַשְׁתָּא חוֹלֵק רַבִּי יוֹחָנָן אַסְּתָם מִשְׁנָה וְאִיכָּא לְמֵימַר שֶׁבִּלְשׁוֹן יָחִיד הָיָה שׁוֹנֶה אוֹתָהּ וְהָיָה שׁוֹנֶה בָּהּ דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר בְּהֶדְיָא וְהַאי נָהֲגוּ לָא הָוֵי כְּהַאי נָהֲגוּ דִּבְפֶרֶק בָּתְרָא דְּתַעֲנִית (ד' כו:) דִּמְפָרֵשׁ דְּאוֹרוֹיֵי לָא מוֹרִינַן וְאִי עָבְדִי לָא מָחֵינַן בִּידֵיהֶן:
Et Rabbi Yo'hanan a dit : le peuple a pris la coutume de Beit Hillel. Dès lors Rabbi Yo'hanan contredit une michna anonyme. On peut dire qu'il l'enseignait à la forme d'un avis isolé, et qu'il y enseignait explicitement : paroles de Rabbi Meir. Et ce nahagou, ils ont pris la coutume, diffère du nahagou du dernier chapitre de Taanit (26b), où l'on explique : on n'enseigne pas ainsi, et s'ils le font on ne les en empêche pas.
💡 Explication

Le débat de Rabbi Yehouda ne porte que sur le milieu : lumière ou parfums d'abord. Beit Hillel met les parfums devant. Rabbi Yo'hanan : la coutume du peuple suit cet avis. Rava, qui a béni les parfums puis la lumière, agit selon cette coutume.

Tossefot : une michna anonyme a d'ordinaire force de règle, et Rabbi Yo'hanan s'en écarte. Il la tenait pour les paroles explicites de Rabbi Meir. Ce nahagou fixe la pratique. Celui de Taanit, on ne l'enseigne pas, et si on le fait on ne l'empêche pas.

🖼️ Schéma
Lumière et parfums : deux lectures de la michnaRabbi MeirMichna anonymeLumière avant les parfums, des deux côtésBeit Chamailumière, repas, parfums, havdalaBeit Hillellumière, parfums, repas, havdalaRabbi YehoudaLecture de RavaRepas d'abord, havdala à la finBeit Chamailumière, puis parfumsBeit Hillelparfums, puis lumièreCoutume : Beit Hillel selon Rabbi YehoudaRava bénit les parfums, puis la lumière.Rabbi Yo'hanan : le peuple a pris cette coutume.Les sigles du Yom Tov omettent les parfums.
Selon Rabbi Yehouda, Beit Hillel met les parfums avant la lumière. C'est la coutume.
9
רַב יַעֲקֹב בַּר אַבָּא אִיקְּלַע לְבֵי רָבָא, חַזְיֵהּ דְּבָרֵיךְ ״בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן״ אַכָּסָא קַמָּא, וַהֲדַר בָּרֵיךְ אַכָּסָא דְבִרְכְּתָא, וְאֶישְׁתֵּי. אֲמַר לֵיהּ: לָמָּה לָךְ כֻּולֵּי הַאי? הָא בָּרֵיךְ לַן מָר חֲדָא זִימְנָא! אֲמַר לֵיהּ: כִּי הֲוֵינַן בֵּי רֵישׁ גָּלוּתָא הָכִי עָבְדִינַן.

Rav Yaakov bar Abba est arrivé à la maison de Rava. Il l'a vu bénir bore peri ha-gafen sur la première coupe, puis bénir sur la coupe de la bénédiction, et boire.

Il lui a dit : pourquoi tout cela ? Le maître nous a déjà béni une fois !

Il lui a dit : quand nous étions à la maison de l'exilarque, nous agissions ainsi.

📜 Rachi (2)
אַכָּסָא קַמָּא כְּשֶׁמַּתְחִיל לִשְׁתּוֹת עַל הַמָּזוֹן שֶׁבַּתְּחִלָּה:
Sur la première coupe : quand il commence à boire, au début du repas.
וַהֲדַר בְּרִיךְ בפה"ג אַכָּסָא דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן כְּמוֹ שֶׁאָנוּ עוֹשִׂין בְּכָל סְעוּדָה וּסְעוּדָה וּבִשְׁאָר סְעוּדוֹת עָסְקִינַן דְּלָאו בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת: לָא הָוֵי יָדְעִיתוּ אִי מַשְּׁקוּ לְכוּ בָּתַר כָּסָא קַמָּא אִי לָא וּמִשּׁוּם הָכִי בָּעֵיתוּ לְמִיהְדַּר וּבָרוֹכֵי:
Puis il a béni bore peri ha-gafen sur la coupe du birkat ha-mazon, comme nous le faisons à chaque repas. Nous parlons des autres repas, hors de la sortie du Chabbat. Vous ne saviez pas s'ils vous verseraient après la première coupe ou non, et c'est pour cela que vous devez revenir bénir.
🗂️ Tossefot (1)
בְּרִיךְ אַכָּסָא קַמָּא שֶׁל קִידּוּשׁ וְאַכָּסָא דְּבִרְכְּתָא שֶׁל בהמ"ז וְהָא דִּתְנַן בִּכְיָצֹד מְבָרְכִין (בְּרָכוֹת דַּף מב.) בֵּירַךְ עַל הַיַּיִן שֶׁלִּפְנֵי הַמָּזוֹן פָּטַר יַיִן שֶׁלְּאַחַר הַמָּזוֹן הַיְינוּ לְאַחַר הַסְּעוּדָה וְקֹודֶם בִּרְכַּת הַמָּזוֹן שֶׁהָיוּ רְגִילִי' לִשְׁתּוֹת יַיִן אַחַר הַסְּעוּדָה קֹודֶם בִּרְכַּת הַמָּזוֹן:
Il a béni sur la première coupe, celle du kiddouch, et la coupe de la bénédiction est celle du birkat ha-mazon. Et ce que nous avons appris dans Keitsad mevarekhin (Berakhot 42a) : s'il a béni sur le vin d'avant le repas, il a dispensé le vin d'après le repas, cela vise après le repas et avant le birkat ha-mazon. Ils avaient coutume de boire du vin après le repas, avant le birkat ha-mazon.
⚖️ Rosh (2)
וְלֹא יִפְחֲתוּ לוֹ מֵאַרְבַּע כּוֹסוֹת. הֵיכִי קָיְימִי רַבָּנַן וּמְתַקְּנִי מִילְּתָא דְּאָתֵי לִידֵי סַכָּנָה וְהָתַנְיָא לֹא יֹאכַל אָדָם תְּרֵין וְלֹא יִשְׁתֶּה תְּרֵין אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר קְרָא לֵיל שִׁמּוּרִים לַיִל הַמְשֻׁומָּר וּבָא מִן הַמַּזִּיקִין רָבָא אָמַר כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה מִצְטָרֵף לְטוֹבָה וְאֵינוֹ מִצְטָרֵף לְרָעָה רָבִינָא אָמַר כָּל חַד וְחַד מִצְוָה בְּאַנְפֵּי נַפְשֵׁיהּ הוּא וְאָמְרִי רַבְּווָתָא הוֹאִיל וְכָל חַד וְחַד מִצְוָה בְּאַנְפֵּי נַפְשֵׁיהּ הוּא צְרִיכִים לְבָרֵךְ בפה"ג לְכָל כָּסָא וְכִסֵּא וּמְסַיְּיעִי לֵיהּ לְהַאי סְבָרָא מֵהָא דִּתְנַן חֻולִּין דַּף פּוֹ: שָׁחַט מֵאָה חַיָּה וָעוֹף בְּמָקוֹם אֶחָד כִּיסּוּי אֶחָד לְכֻולָּם רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר שָׁחַט חַיָּה יְכַסֶּנָּה וְאַחַ"כּ יִשְׁחֹוט הָעוֹף וְאָמְרִי' עֲלָהּ מוֹדֶה ר' יְהוּדָה לְעִנְיַן בְּרָכָה שֶׁאֵינוֹ מְבָרֵךְ אֶלָּא אַחַת א"ל רָבִינָא לְרַב אַדָּא בְּרֵיהּ דְּרָבָא וְאָמְרִי לַהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי מַאי שְׁנָא מֵרַב בְּרוּנָא וְרַב חֲנִינָא תַּלְמִידֵי דְּרַב דְּהָווּ יָתְבִי בִּסְעוֹדְתָּא וְקָאֵי עֲלַיְיהוּ רַב ייֵבָא סָבָא וַאֲמַרוּ לֵיהּ הַב לַן וְנִבָרֵיךְ וַהֲדַר אָמְרִי לֵיהּ הַב לַן וְנִשְׁתֵּי וַאֲמַר לְהוּ רַב יֵיבָא סָבָא הָכִי אָמַר רַב כֵּיוָן דְּאָמְרִיתוּ הַב לַן וְנִבָרֵיךְ אִיתְּסַר לְכַוֵּן לְמִישְׁתֵּי א"ל הָכִי הַשְׁתָּא הָתָם מִישְׁתֵּא וּבָרוֹכֵי בַּהֲדֵי הֲדָדֵי לָא אֶפְשָׁר הָכָא אֶפְשָׁר דְּשָׁחֵיט בַּחֲדָא יְדָא וּמִכַּסֵּי בַּחֲדָא יְדָא שָׁמְעִינַן הַשְׁתָּא דְּכִי הֵיכִי דִּלְעִנְיַן בִּרְכַּת הַמָּזוֹן כֵּיוָן דְּלָא אֶפְשָׁר לְמִישְׁתֵּי וּלְבָרוֹכֵי בַּהֲדֵי הֲדָדֵי הָוְיָא הֶפְסֵק וְכַד מַפְסִיק לְבִרְכַּת הַמָּזוֹן צָרִיךְ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן הָכָא נָמֵי כֵּיוָן דְּלָא אֶפְשָׁר לְמִישְׁתֵּי וּלְמִיקְרֵי בַּהֲדֵי הֲדָדֵי צָרִיךְ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ בָּתַר דִּגְמַר הַהַגָּדָה וּבָתַר דִּגְמַר הַלֵּילָא בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן וּסְבָרָא מְעַלְּיָא הוּא וְהָכִי מִבָּעֵי לֵיהּ לְמֶיעְבַּד וְלָא נְהִירָא לִי מַה שֶּׁהֵבִיא רְאָיָה מִשּׁוּם דְּכָל חַד וְחַד מִצְוָה בְּאַנְפֵּי נַפְשֵׁיהּ הוּא צָרִיךְ לְבָרֵךְ בפה"ג אָכַל כּוֹס וְכוֹס שֶׁהַמִּצְוָה אֵינָהּ מַזְקֵקַת בְּרָכָה כָּל כַּמָּה דְּלֵיכָּא הֶיסַּח הַדַּעַת כִּדְחָזֵינַן לְעֵיל (פְּסָחִים דַּף קג) רַב אַשִּׁי דְּבָרֶיךָ אַכָּסָא קַמָּא וְתוּ לָא בָּרֵיךְ אַף עַל גַּב דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן טְעוּנָה כּוֹס לָא בָּעֵי לְבָרוֹכֵי כֵּיוָן דְּלֵיכָּא הֶיסַּח הַדַּעַת הָכָא נָמֵי אע"ג דְּכָל חַד וְחַד מִצְוָה בְּאַנְפֵּי נַפְשֵׁיהּ הִיא כֵּיוָן דְּלֵיכָּא הֶיסַּח הַדַּעַת לָא בָּעֵי לְבָרוֹכֵי אָכַל כָּסָא וְכִסֵּא ואע"ג דְּלֵית הִלְכְתָא כְּרַב אַשִּׁי הַיְינוּ מִטַּעְמָא אַחַרְיַנָא מִשּׁוּם דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן חֲשִׁיב הֶפְסֵק וְאִיכָּא הֶיסַּח הַדַּעַת אֲבָל לְפוּם סְבָרָא דִּידֵיהּ דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן לָא הָוֵי הֶפְסֵק לֵיכָּא מַאן דִּפְלִיג עֲלֵיהּ דְּהַהִיא סְבָרָא דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן אע"ג שֶׁהִיא טְעוּנָה כּוֹס לְמִצְוָה אֵינָהּ מְזַקֶּקֶת בְּרָכָה לִסְבָרָתוֹ דְּלֵיכָּא הַפְסָקָה וְהֶיסַּח הַדַּעַת וְכֵן תְּפִילִּין שְׁתֵּי מִצְוֹת הֵן וְאֵינָם מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ וּמְבָרֵךְ בְּרָכָה אַחַת עַל שְׁתֵּיהֶן אֲפִילּוּ מַאן דְּבָרֵיךְ שְׁתַּיִם מ"מ בְּרָכָה רִאשׁוֹנָה עוֹלָה גַּם לְשֶׁל רֹאשׁ דְּאִילּוּ לֹא הָיָה מַנִּיחַ אֶלָּא שֶׁל רֹאשׁ הָיָה מְבָרֵךְ שְׁתַּיִם וּמַה שֶׁהֵבִיא רְאָיָה מֵהָב לָן וּנְבָרֵיךְ דְּהָוֵי הֶפְסֵק מִשּׁוּם דְּמִישְׁתָּא וּבָרוֹכֵי בַּהֲדֵי הֲדָדֵי לָא אֶפְשָׁר לָאו רְאָיָה הִיא דְּשָׁאנֵי בִּרְכַּת הַמָּזוֹן דְּהָוֵי הֶיסַּח הַדַּעַת וְסִילּוּק עַל מַה שֶּׁאָכַל וְשָׁתָה הִלְכָּךְ צָרִיךְ לְבָרֵךְ לְכַתְּחִילָּה אִם רָצָה לֶאֱכֹול אוֹ לִשְׁתּוֹת וְכֵן כִּיסּוּי הַדָּם הָוֵי גְּמַר וְסִילּוּק הַשְּׁחִיטָה אֲבָל אִם עָמַד לְהִתְפַּלֵּל בְּאֶמְצַע הַסְּעוּדָה אֲפִילּוּ הִגִּיעַ זְמַן הַמִּנְחָה וְאֵין שְׁהוּת לוֹ לִגְמֹור סְעֻודָּתוֹ וּלְהִתְפַּלֵּל שֶׁחַייָּב לְהַפְסִיק וְאִי אֶפְשָׁר לוֹ לֶאֱכֹול עַד שֶׁיִּתְפַּלֵּל וְאַפֵּ"ה לָא הָוֵי הֶפְסֵק כִּדְאָמְרִינַן לְעֵיל (פְּסָחִים דַּף קב.) גַּבֵּי עָקְרוּ רַגְלֵיהֶם לֵילֵךְ לְבֵית הַכְּנֶסֶת דְּמַיְירֵי בְּכָל עִנְיָן אֲפִילּוּ אֵין שְׁהוּת בַּיּוֹם דְּחַייָּב לְהַפְסִיק אַפֵּ"ה לָא הָוְיָא הַפְסָקָה כִּדְפָרֵישְׁנָא סִימָן ו כ"ש בֵּין כּוֹס רִאשׁוֹן לְכוֹס שֵׁנִי שֶׁאִם יִרְצֶה לִשְׁתּוֹת דְּשׁוֹתֶה לָא הָוֵי הֶיסַּח הַדַּעַת וְכֵן בֵּין שְׁלִישִׁי לִרְבִיעִי אע"ג דְּאָסוּר לִשְׁתּוֹת כֵּיוָן שֶׁהַכּוֹס לְפָנָיו וְדַעְתּוֹ לִשְׁתּוֹת לָא הָוְיָא הַלֵּילָא הֶפְסֵק וְהֶיסַּח הַדַּעַת הִלְכָּךְ נִרְאֶה שֶׁאֵין לְבָרֵךְ כִּי אִם עַל כּוֹס רִאשׁוֹן וּשְׁלִישִׁי וְעוֹד כָּתַב רַב אִלְפָּס זַ"ל וְעַל הַגֶּפֶן וְעַל פְּרִי הַגֶּפֶן אִיכָּא מ"ד שֶׁאֵין מְבָרְכִין אֶלָּא לְבַסּוֹף וְאִיכָּא מ"ד לְבָתַר תְּרֵי דְּמִקַּמֵּי סְעוּדָה וּלְבָתַר תְּרֵי דְּבָתַר סְעוּדָה וְהַדִּין בָּתְרָא טַעְמָא דְּמִסְתַּבֵּר הוּא וְשַׁפִּיר דָּמֵי לְמֶיעְבַּד הָכִי וּלְמַאי דְּפָרֵישִׁית א"צ לְבָרֵךְ עַל הַגֶּפֶן כִּי אִם אַחַר כּוֹס רְבִיעִי וְדִבְרֵי רַב אִלְפָּס תְּמוּהִין שֶׁכָּתַב שֶׁמְּבָרֵךְ בָּתַר תְּרֵי דְּמִקַּמֵּי סְעוּדָה דְּעַל כּוֹס שֵׁנִי לָמָּה יְבָרֵךְ וַהֲלֹא הוּא פּוֹטֵר יַיִן שֶׁבְּתוֹךְ הַמָּזוֹן דקי"ל יַיִן שֶׁלִּפְנֵי הַמָּזוֹן פּוֹטֵר יַיִן שֶׁבְּתוֹךְ הַמָּזוֹן וְיֵשׁ מְיַישְּׁבִין דְּבָרָיו דְּאַמַּתְנִיתִין קָאֵי וְלֹא יִפְחֲתוּ לוֹ מֵאַרְבַּע כּוֹסוֹת וְאֵין לוֹ יַיִן לִשְׁתּוֹת בְּתוֹךְ הַמָּזוֹן וְלָא נְהִירָא לִי דְּמִי שֶׁאֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע כּוֹסוֹת שְׁתֵּי כּוֹסוֹת הָרִאשׁוֹנוֹת שׁוֹתֶה רֹוב הַכּוֹס וְיוֹצֵא בּוֹ יְדֵי חוֹבָתוֹ וְהַשְּׁאָר שׁוֹתֶה בְּתוֹךְ הַמָּזוֹן וְנִמְצָא שֶׁאֵין זָקוּק לְבָרֵךְ בְּרָכָה אַחֲרוֹנָה וְעוֹד דְּאִם אִיתָא דְּיַיִן שֶׁלִּפְנֵי הַמָּזוֹן טָעוּן בְּרָכָה לְאַחֲרָיו כְּשֶׁאֵין לוֹ יַיִן בְּתוֹךְ הַמָּזוֹן אִם כֵּן כְּשֶׁיֵּשׁ לוֹ יַיִן נָמֵי בְּתוֹךְ הַמָּזוֹן יִצְטָרֵךְ לְבָרֵךְ אַחַר יַיִן שֶׁלִּפְנֵי הַמָּזוֹן קֹודֶם בִּרְכַּת הַמָּזוֹן דְּיַיִן שֶׁשָּׁתָה בְּתוֹךְ הַמָּזוֹן אֵין טָעוּן בְּרָכָה לְאַחֲרָיו דְּהָוֵי דְּבָרִים הַבָּאִים מֵחֲמַת סְעוּדָה בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה וְאֵיךְ יִתָּכֵן שֶׁיְּהוּ נִפְטָרִין בִּבְרָכָה רִאשׁוֹנָה אַחַת כֵּיוָן שֶׁאֵין נִזְקָקִין בְּרָכָה אַחַת בָּאַחֲרוֹנָה הֲלֹא מִיָּד אַחַר שֶׁשָּׁתָה הַיַּיִן שֶׁלִּפְנֵי הַמָּזוֹן נִזְקָק לְבָרֵךְ אַחֲרָיו בְּרָכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְיַיִן שֶׁבְּתוֹךְ הַמָּזוֹן הִלְכָּךְ אֵין מִצְטָרְפִין כְּלָל לִיפָּטֵר בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן הִלְכָּךְ צ"ל דְּיַיִן שֶׁלִּפְנֵי הַמָּזוֹן כֵּיוָן שֶׁבָּא לִפְתֹּוחַ בְּנֵי מֵעַייִם וּלְהַמְשִׁיךְ אָדָם לְתַאֲוַת אֲכִילָה בִּרְכַּת הַמָּזוֹן פּוֹטַרְתּוֹ וא"צ לְבָרֵךְ אַחֲרָיו אַף כְּשֶׁאֵין לוֹ יַיִן בְּתוֹךְ הַמָּזוֹן וְלָא דָּמֵי לִדְבָרִים הַבָּאִים אַחַר סְעוּדָה קֹודֶם בִּרְכַּת הַמָּזוֹן דִּטְעוּנִין בְּרָכָה לִפְנֵיהֶם וּלְאַחֲרֵיהֶם דְּהָתָם סִילֵּק מִלֶּאֱכֹול וְאוֹתָן דְּבָרִים אֵינָם בִּכְלַל סְעוּדָה כְּלָל הִלְכָּךְ אֵין בִּרְכַּת הַמָּזוֹן פּוֹטַרְתָּן אֲבָל דְּבָרִים הַבָּאִים לִפְנֵי הַסְּעוּדָה כְּגוֹן פַּרְפְּרָאוֹת וְיַיִן שֶׁבָּא לְגָרֵר וּלְהַמְשִׁיךְ לַסְּעוּדָה בִּכְלַל הַסְּעוּדָה הֵן וְנִפְטָרִין בְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן.
Et on ne lui donnera pas moins de quatre coupes. Comment les Sages se tiennent-ils là et instituent-ils une chose qui mène au danger ? On a enseigné : qu'un homme ne mange pas en paire et ne boive pas en paire. Rav Nahman bar Yitshak a dit : le verset dit une nuit de gardes, une nuit gardée et tenue à l'écart des nuisibles. Rava a dit : la coupe de bénédiction se joint pour le bien et ne se joint pas pour le mal. Ravina a dit : chacune est une mitsva en elle-même. Les maîtres disent : puisque chacune est une mitsva en elle-même, il faut bénir bore peri ha-gafen sur chaque coupe. Ils appuient cet avis sur ce que nous avons appris, Houlin 86b : s'il a abattu cent bêtes sauvages et volailles en un seul endroit, un seul recouvrement (kissoui) vaut pour toutes. Rabbi Yehouda dit : s'il a abattu une bête sauvage, qu'il la recouvre, puis qu'il abatte la volaille. On dit à ce sujet : Rabbi Yehouda convient, pour la bénédiction, qu'il ne bénit qu'une fois. Ravina a dit à Rav Ada fils de Rava, et d'autres disent Rav Aha fils de Rava à Rav Ashi : en quoi est-ce différent de Rav Brouna et Rav Hanina, disciples de Rav ? Ils étaient assis au repas, et Rav Yeiva l'ancien se tenait auprès d'eux. Ils lui ont dit : donne-nous, et nous bénirons. Puis ils lui ont dit : donne-nous, et nous boirons. Rav Yeiva l'ancien leur a dit : ainsi a dit Rav : puisque vous avez dit donne-nous et nous bénirons, il vous est interdit de boire. Il leur a répondu : est-ce le même cas ? Là-bas, boire et bénir en même temps est impossible. Ici, c'est possible : on abat d'une main et l'on recouvre de l'autre. Nous apprenons donc : pour le birkat ha-mazon, puisqu'il est impossible de boire et de bénir en même temps, il y a interruption. Quand on s'interrompt pour le birkat ha-mazon, il faut revenir bénir bore peri ha-gafen. Ici de même : puisqu'il est impossible de boire et de lire en même temps, il faut revenir bénir bore peri ha-gafen après la Haggada et après le Hallel. Le raisonnement est beau, et c'est ainsi qu'il faudrait agir. La preuve tirée de ce que chaque coupe est une mitsva en elle-même, d'où il faudrait bénir bore peri ha-gafen sur chaque coupe, ne me convainc pas. La mitsva n'exige une bénédiction que s'il y a détournement de l'attention. Nous voyons plus haut (Pesachim 103) : Rav Ashi a béni sur la première coupe et n'a plus béni ensuite. Le birkat ha-mazon exige une coupe, et pourtant il n'a pas eu à bénir, puisqu'il n'y a pas de détournement de l'attention. Ici de même : chaque coupe est une mitsva en elle-même, et puisqu'il n'y a pas de détournement de l'attention, on ne bénit pas sur chaque coupe. La halakha ne suit pas Rav Ashi, pour une autre raison : le birkat ha-mazon compte comme une interruption, et il y a détournement de l'attention. Selon son raisonnement à lui, pour qui le birkat ha-mazon n'est pas une interruption, personne ne le conteste sur ce point. Le birkat ha-mazon, bien qu'il exige une coupe pour la mitsva, n'exige pas de bénédiction selon son avis, puisqu'il n'y a ni interruption ni détournement de l'attention. De même, les tefillin sont deux mitsvot. Elles ne s'empêchent pas l'une l'autre, et l'on dit une seule bénédiction sur les deux. Même celui qui en dit deux : la première bénédiction vaut aussi pour celle de la tête. S'il ne posait que celle de la tête, il dirait les deux. La preuve tirée de donne-nous et nous bénirons, qui serait une interruption parce que boire et bénir ensemble est impossible, ne prouve pas. Le birkat ha-mazon est à part : c'est un détournement de l'attention et un retrait (silouk) de ce qu'on a mangé et bu. Il faut donc bénir au départ si l'on veut encore manger ou boire. De même, le recouvrement du sang est l'achèvement et le retrait de l'abattage (chehita). Si l'on s'est levé pour prier au milieu du repas, même quand l'heure de minha est arrivée et qu'il ne reste plus le temps d'achever le repas avant de prier, si bien qu'on doit s'interrompre et qu'on ne peut manger avant d'avoir prié, cela ne fait pas interruption. Nous le disons plus haut (Pesachim 102a) au sujet de ceux qui ont déraciné leurs pieds pour aller à la synagogue. Le cas vise toute situation, même lorsqu'il ne reste plus de jour et qu'on doit s'interrompre. Cela ne fait pas interruption, comme je l'ai expliqué au siman 6. À plus forte raison entre la première coupe et la seconde : s'il veut boire, il boit, et il n'y a pas de détournement de l'attention. De même entre la troisième et la quatrième. Il est interdit de boire entre les deux, mais la coupe est devant lui et il a l'intention de boire : le Hallel ne fait ni interruption ni détournement de l'attention. Il apparaît donc qu'on ne bénit que sur la première coupe et sur la troisième. En outre, Rav Alfas, zal, a écrit au sujet de al ha-gefen ve-al peri ha-gefen. Un avis : on ne le dit qu'à la fin. Un autre avis : après les deux coupes d'avant le repas, et après les deux d'après le repas. Ce dernier avis a une raison plausible, et il est bon d'agir ainsi. Selon ce que j'ai expliqué, on ne dit al ha-gefen qu'après la quatrième coupe. Les paroles de Rav Alfas étonnent : il écrit qu'on bénit après les deux coupes d'avant le repas. Pourquoi bénirait-on sur la seconde coupe ? Elle dispense le vin bu pendant le repas. Nous tenons que le vin d'avant le repas dispense le vin pris au cours du repas. Certains arrangent ses paroles : elles portent sur la michna on ne lui donnera pas moins de quatre coupes, et cet homme n'a pas de vin à boire pendant le repas. Cela ne me paraît pas juste. Celui qui n'a que quatre coupes boit la majeure partie des deux premières et s'en acquitte ; le reste, il le boit pendant le repas. Il n'est donc pas tenu à une bénédiction finale. De plus, si le vin d'avant le repas exigeait une bénédiction après lui lorsqu'on n'a pas de vin pendant le repas, alors, même quand on a du vin pendant le repas, il faudrait bénir après le vin d'avant le repas, avant le birkat ha-mazon. Le vin bu pendant le repas n'exige pas de bénédiction après lui : ce sont des choses qui viennent à cause du repas, au cours du repas. Comment seraient-ils dispensés par une seule bénédiction initiale, alors qu'une seule bénédiction finale ne les joint pas ? Juste après le vin d'avant le repas, on devrait bénir après lui une bénédiction dont le vin du repas n'a pas besoin. Ils ne se joignent donc pas pour être dispensés par bore peri ha-gafen. Il faut donc dire : le vin d'avant le repas vient ouvrir les entrailles et mener l'homme à l'appétit de manger. Le birkat ha-mazon le dispense. On ne bénit pas après lui, même si l'on n'a pas de vin pendant le repas. Il ne ressemble pas aux choses qui viennent après le repas, avant le birkat ha-mazon, lesquelles exigent une bénédiction avant elles et après elles. Là, on s'est retiré du manger, et ces choses ne font pas partie du repas : le birkat ha-mazon ne les dispense pas. Les choses qui viennent avant le repas, comme les accompagnements (parperaot) et le vin qui vient attirer vers le repas, font partie du repas. Le birkat ha-mazon les dispense.
וְאַמַּאי וְנֵימְרִינְהוּ תַּרְוַוייְהוּ אֶחָד כָּסָא אָמַר רַב הוּנָא ב"ר יְהוּדָה א"ר שֵׁשֶׁת לְפִי שֶׁאֵין אוֹמְרִים שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת עַל כּוֹס אֶחָד. מַאי טַעְמָא. א"ר נַחְמָן בַּר יִצְחָק לְפִי שֶׁאֵין עוֹשִׂין מִצְוֹת חֲבִילוֹת חֲבִילוֹת. וְאִי קַשְׁיָא לָךְ יוֹם טוֹב שֶׁלְּאַחַר שַׁבָּת דְּאָמַר רָבָא יקנה"ז אַלְמָא אוֹמְרִים שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת עַל כּוֹס אֶחָד הָתָם לָאו שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת הֵן דְּקִדּוּשָׁא וְאַבְדָּלְתָּא חֲדָא מִילְּתָא הִיא דְּגַם בְּהַבְדָּלָה הוּא מַזְכִּיר י"ט אֲבָל בִּרְכַּת הַמָּזוֹן וְקִידּוּשׁ תַּרְתֵּי מִילֵּי נִינְהוּ וּמִטַּעַם זֶה נָהֲגוּ בְּחֻופָּה שֶׁאֵין אוֹמְרִים שֵׁשׁ בְּרָכוֹת עַל כּוֹס שֶׁל בִּרְכַּת הַמָּזוֹן אֶלָּא מְבִיאִין כּוֹס אַחֵר וְאוֹמְרִים עָלָיו שֵׁשׁ בְּרָכוֹת וְאַחַר כָּךְ חוֹזֵר וְלוֹקֵחַ כּוֹס שֶׁל בִּרְכַּת הַמָּזוֹן וּמְבָרֵךְ עָלָיו בּוֹרֵא פְּרִי הַגֶּפֶן וְאַל תִּתְמַהּ שֶׁמְּבִיאִין כּוֹס לְשֵׁשׁ בְּרָכוֹת וְאֵין אוֹמְרִים עָלָיו בּוֹרֵא פה"ג דְּכִי הַאי גַּוְונָא אָמְרִינַן לְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף קג.) רַב אָשֵׁי בָּרֵיךְ אַכָּסָא קַמָּא וְתוּ לָא וּבִרְכַּת אֵירוּסִין וְנִשּׂוּאִין הִנְהִיג רַבֵּינוּ מְשֻׁולָּם לַעֲשׂוֹת עַל כּוֹס אֶחָד וְלָא דָּמֵי לְהָא דְּאָמַר דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן וְקִידּוּשׁ תַּרְתֵּי מִילֵּי נִינְהוּ דְּהָתָם זֶה בָּא אַחַר הַסְּעוּדָה וְזֶה בָּא לְקַדֵּשׁ הַיּוֹם ור"ת אוֹמֵר שֶׁצָּרִיךְ שְׁתֵּי כּוֹסוֹת לְפִי שֶׁאוֹמְרִים בִּרְכַּת אֵירוּסִין בְּבֵית הָאֵירוּסִין וְגַם לִפְעָמִים אָדָם מְקַדֵּשׁ אִשָּׁה וְנוֹשְׂאָהּ לְאַחַר זְמַן מְרֻובֶּה וְיֵשׁ מְקוֹמוֹת שֶׁנָּהֲגוּ לִקְרוֹת הַכְּתֻובָּה בֵּינְתַיִם הִלְכָּךְ צָרִיךְ שְׁתֵּי כּוֹסוֹת.
Et pourquoi ? Qu'on les dise toutes les deux sur une seule coupe. Rav Houna fils de Rav Yehouda a dit au nom de Rav Chechet : parce qu'on ne dit pas deux sanctifications (kedouchot) sur une seule coupe. Quelle est la raison ? Rav Nahman bar Yitshak a dit : parce qu'on ne fait pas des mitsvot des paquets (havilot havilot). Si la fête qui suit le Chabbat te fait difficulté, Rava ayant dit yaknehaz, d'où l'on verrait qu'on dit deux sanctifications sur une seule coupe : là, kiddouch et havdala forment une seule chose, car dans la havdala aussi on mentionne le Yom Tov. Le birkat ha-mazon et le kiddouch sont deux choses. Pour cette raison, la coutume à la houppa est de ne pas dire les six bénédictions sur la coupe du birkat ha-mazon. On apporte une autre coupe et l'on dit sur elle les six bénédictions, puis on reprend la coupe du birkat ha-mazon et l'on dit sur elle bore peri ha-gafen. Que cela ne t'étonne pas : on apporte une coupe pour les six bénédictions sans dire sur elle bore peri ha-gafen. Nous disons de même plus loin (Pesachim 103) : Rav Ashi a béni sur la première coupe, et pas davantage. La bénédiction des fiançailles (eroussin) et du mariage (nissouin) : Rabbeinou Mechoulam a institué de les dire sur une seule coupe. Cela diffère du cas où birkat ha-mazon et kiddouch sont deux choses : là, l'un vient après le repas, l'autre vient sanctifier le jour. Rabbeinou Tam dit qu'il faut deux coupes, parce qu'on dit la bénédiction des fiançailles dans la maison des fiançailles, et que parfois un homme fiance une femme et l'épouse longtemps après. Il y a des endroits où l'on lit la ketouba entre les deux. Il faut donc deux coupes.
💡 Explication

Autre scène chez Rava. Il dit bore peri ha-gafen sur la coupe du début, puis de nouveau sur la coupe du birkat ha-mazon, et il boit. Rav Yaakov bar Abba : la première bénédiction aurait dû dispenser tout le vin du repas.

Rava renvoie à la maison de l'exilarque (reich galouta). Rachi : la seconde coupe est celle du birkat ha-mazon, comme à tout repas, hors sortie de Chabbat. Là-bas, on ignorait si une autre coupe viendrait : chaque coupe ouvrait comme un début.

Tossefot : la première coupe est le kiddouch, la seconde le birkat ha-mazon. La michna qui dispense le vin d'après le repas vise le vin bu après le manger, avant le birkat ha-mazon. Les deux gloses du Roch portent sur les quatre coupes, puis sur l'interdit de deux kedouchot sur une seule coupe, avec la coutume de la houppa.

🖼️ Schéma
Bore peri ha-gafen, une fois ou deux ?Première coupeDébut du repasbore peri ha-gafenRachi : sur le mangerCoupe du birkatha-mazonencorebore peri ha-gafenPuis il boitLe douteChez l'exilarque,autre coupe incertaineIci, la coupe est poséeet l'on y penseRava : j'agis comme les disciples de RavRav Brouna et Rav Hananel étaient assis à un repas. Suite sur 103b.
Deux bénédictions sur le vin : début du repas, puis coupe du birkat ha-mazon.
10
אֲמַר לֵיהּ: תִּינַח בֵּי רֵישׁ גָּלוּתָא דְּהָכִי עָבֵיד, דְּסָפֵק מַייְתֵי לַן סָפֵק לָא מַייְתֵי לַן. הָכָא, הָא מַנַּח כָּסָא קַמַּן וְדַעְתַּן עִילָּוֵיהּ? אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא עֲבַדִי כְּתַלְמִידֵי דְרַב, דְּרַב בְּרוֹנָא וְרַב חֲנַנְאֵל תַּלְמִידֵי דְּרַב הֲווֹ יָתְבִי בִּסְעוֹדְתָּא

Il lui a dit : cela se tient pour la maison de l'exilarque, qui agit ainsi, car c'est un doute s'il nous en apporte, un doute s'il ne nous en apporte pas. Ici, la coupe est posée devant nous et notre attention est sur elle ?

Il lui a dit : moi, j'agis comme les disciples de Rav. Car Rav Brouna et Rav Hananel, disciples de Rav, étaient assis à un repas.

🗂️ Tossefot (2)
לָא הָוֵי יָדְעִיתוּ אִי מַשְּׁקוּ פרשב"ם כִּי בָּרְכִיתוּ אַכָּסָא קַמָּא לָא יָדְעִיתוּ אִי יְהַבוּ לְכוּ כָּסָא אַחַרְיַנָא וַהֲוָה כָּל חַד כִּתְחִלַּת סְעוּדָה וּלְפֵירוּשׁוֹ מַשְׁמַע שֶׁהָיוּ מְבָרְכִין נָמֵי תּוֹךְ הַסְּעוּדָה וְקָשֶׁה דְּהָא מַשְׁמַע שֶׁהָיוּ עוֹשִׂים בֵּי רֵישׁ גָּלוּתָא כְּרָבָא דְּבָרֵיךְ אַכָּסָא קַמָּא וְאַכָּסָא דְּבִרְכְּתָא וְלֹא עַל כָּל כָּסָא וְזֶהוּ דֹּוחַק לוֹמַר שֶׁלֹּא הָיוּ שׁוֹתִים בְּבֵי רֵישׁ גָּלוּתָא יַיִן בְּאֶמְצַע הַסְּעוּדָה לְכָךְ נִרְאֶה לְפָרֵשׁ שֶׁלֹּא הָיוּ מְבָרְכִין תּוֹךְ הַסְּעוּדָה כִּי הָיוּ יוֹדְעִים שֶׁיִּתְּנוּ לָהֶם יַיִן כָּל צָרְכָן אֲבָל בבהמ"ז לֹא הָיָה כּוֹס כִּי אִם לַמְבָרֵךְ וְהָיוּ מִסְתַּפְּקִים אִם יַגִּיעַ לָהֶם לִשְׁתּוֹת מִמֶּנּוּ:
Vous ne saviez pas s'ils verseraient. Le Rachbam explique : quand vous bénissiez sur la première coupe, vous ne saviez pas s'ils vous donneraient une autre coupe, et chacune comptait comme le début d'un repas. Selon cette explication, ils bénissaient aussi au cours du repas. C'est difficile : à la maison de l'exilarque, ils agissaient comme Rava, qui bénit sur la première coupe et sur la coupe de la bénédiction, et non sur chaque coupe. Dire qu'on n'y buvait pas de vin au milieu du repas est forcé. Mieux vaut expliquer qu'ils ne bénissaient pas au cours du repas, parce qu'ils savaient qu'on leur donnerait du vin autant qu'il leur en faudrait. Au birkat ha-mazon, en revanche, il n'y avait de coupe que pour celui qui bénit, et ils doutaient si elle leur parviendrait pour qu'ils en boivent.
אֲנָא דַּעֲבַדִי כְּתַלְמִידֵי דְרַב פֵּירֵשׁ רַשְׁבַּ"ם אַף עַל גַּב דְּשָׁמְעִינַן מֵהָכָא דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן אַפְּסוּקֵי סְעוּדְתָא הוּא מִכָּל מָקוֹם לָא בָּעֵי לְבָרוֹכֵי אַחַר יַיִן שֶׁבַּסְּעוּדָה מִקַּמֵּי דְּלִיבָרֵיךְ בִּרְכַּת הַמָּזוֹן לְפִי שֶׁבִּרְכַּת הַמָּזוֹן פּוֹטַרְתּוֹ דְּהַשְׁתָּא בִּבְרָכָה אַחַת מֵעֵין שָׁלֹשׁ סַגִּי כָּל שֶׁכֵּן בְּשָׁלֹשׁ בְּרָכוֹת וְהָכִי אִיתָא בה"ג וּמִיהוּ אֵין זֶה ק"ו דְּהָא פָּסְקִינַן בִּבְרָכוֹת (דַּף מא:) דְּבָרִים הַבָּאִים שֶׁלֹּא מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה אַחַר הַסְּעוּדָה פִּי' וְקֹודֶם בִּרְכַּת הַמָּזוֹן טְעוּנִין בְּרָכָה לִפְנֵיהֶם וּלְאַחֲרֵיהֶם וְכֵן תְּאֵנִים וַעֲנָבִים בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה לְרַב שֵׁשֶׁת וְלָא מִיפַּטְרוּ בַּג' בְּרָכוֹת דבהמ"ז וְרַשִׁ"י פֵּירֵשׁ בִּתְשׁוּבָה דְּצָרִיךְ לְבָרֵךְ אַחֲרָיו כְּמוֹ תְּאֵנִים וַעֲנָבִים לְרַב שֵׁשֶׁת וְאֵין נִרְאֶה דְּהָא מַסְּקִינַן הָתָם אָמַר רַב פָּפָּא הִלְכְתָא דְּבָרִים הַבָּאִים שֶׁלֹּא מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה טְעוּנִין בְּרָכָה לִפְנֵיהֶם וְלֹא לְאַחֲרֵיהֶם לְאַחַר הַסְּעוּדָה טְעוּנִין בֵּין לִפְנֵיהֶם בֵּין לְאַחֲרֵיהֶם וְהַיְינוּ דְּלָא כְּרַב שֵׁשֶׁת ואע"ג דְּרַשִׁ"י פֵּירֵשׁ הָתָם לְאַחַר הַסְּעוּדָה כְּלוֹמַר דְּבָרִים הָרְגִילִים לָבֹא אַחַר הַסְּעוּדָה כְּגוֹן תְּאֵנִים וַעֲנָבִים אַפֵּי' בָּאִים בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה צְרִיכִין בְּרָכָה לִפְנֵיהֶם וּלְאַחֲרֵיהֶם אֵין נִרְאֶה פֵּירוּשׁ זֶה כְּדִמְפָרֵשׁ שָׁם וְעוֹד דְּלָא דָּמֵי לִתְאֵנִים וַעֲנָבִים דְּיַיִן חֲשִׁיב בָּא מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה וְלֹא צָרִיךְ לְבָרֵךְ אַחֲרָיו לְכֻולֵּי עָלְמָא ואע"ג דְּאָמַר הָתָם שָׁאֲלוּ אֶת בֶּן זוֹמָא מִפְּנֵי מֶה אָמְרוּ דְּבָרִים הַבָּאִין מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה בְּתוֹךְ הַסִּעוּד' אֵין טָעוּן בְּרָכָה לֹא לִפְנֵיהֶם וְלֹא לְאַחֲרֵיהֶם מִפְּנֵי שֶׁפַּת פּוֹטַרְתָּן אִי הָכִי יַיִן נִפְטְרֵיהּ פַּת פֵּירוּשׁ וַאֲנַן תְּנַן הֵבִיאוּ לָהֶם יַיִן תּוֹךְ הַמָּזוֹן כָּל אֶחָד מְבָרֵךְ לְעַצְמוֹ וּמְשַׁנֵּי שָׁאנֵי יַיִן הוֹאִיל וְקוֹבֵעַ בְּרָכָה לְעַצְמוֹ הָתָם לָא מַייְרֵי אֶלָּא בַּבְּרָכָה שֶׁלְּפָנָיו אֲבָל לְעִנְיַן בְּרָכָה שֶׁלְּאַחֲרָיו לָא אַשְׁכְּחַן דַּחֲשִׁיב וְאֵין מִנְהָג לְבָרֵךְ אַחַר הַיַּיִן בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה וַאֲפִילּוּ יַיִן דִּלְאַחַר הַסְּעוּדָה נִרְאֶה שֶׁאֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ אַחֲרָיו דִּלְעוֹלָם חָשׁוּב מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה וְהָא דְּקָאָמַר דְּבָרִים הַבָּאִים אַחַר הַסְּעוּדָה צְרִיכִין בְּרָכָה לִפְנֵיהֶם וְאַחֲרֵיהֶם הַיְינוּ חוּץ מִיַּיִן וּמִיהוּ אָנוּ אֵין אָנוּ מְסַלְּקִין יָדֵינוּ מִפַּת עַד בִּרְכַּת הַמָּזוֹן וְהַכֹּל קָרוּי תּוֹךְ הַסְּעוּדָה וְאֵין שׁוּם דָּבָר טָעוּן בְּרָכָה אַחֲרָיו דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן פּוֹטֵר וּבִימֵי הַחֲכָמִים הָיוּ מְסִיחִין מִן הַפַּת בַּעֲקִירַת שֻׁלְחָן קֹודֶם בִּרְכַּת הַמָּזוֹן וְאָז הָיוּ רְגִילִין לִשְׁתּוֹת יַיִן וְלֶאֱכֹול פֵּירוֹת:
J'agis comme les disciples de Rav. Le Rachbam explique : bien que nous apprenions d'ici que le birkat ha-mazon interrompt le repas, on n'a tout de même pas à bénir après le vin du repas avant de dire le birkat ha-mazon, parce que le birkat ha-mazon le dispense. Dès lors qu'une seule bénédiction du type des trois (meein chaloch) suffit, à plus forte raison les trois bénédictions. Et c'est ainsi dans les Halakhot Guedolot. Toutefois ce kal va-homer ne tient pas. Nous tranchons à Berakhot (41b) : les choses qui ne viennent pas à cause du repas, après le repas, c'est-à-dire avant le birkat ha-mazon, exigent une bénédiction avant elles et après elles. De même les figues et les raisins au cours du repas selon Rav Chechet : les trois bénédictions du birkat ha-mazon ne les dispensent pas. Rachi a expliqué dans un responsum qu'il faut bénir après le vin, comme pour les figues et les raisins selon Rav Chechet. Cela ne paraît pas juste. Nous concluons là-bas. Rav Papa a dit : la halakha est que les choses qui ne viennent pas à cause du repas, au cours du repas, exigent une bénédiction avant elles et non après elles ; après le repas, elles exigent une bénédiction avant et après. Et cela ne suit pas Rav Chechet. Et bien que Rachi explique là-bas après le repas comme visant les choses qui ont coutume de venir après le repas, telles les figues et les raisins, lesquelles, même venues au cours du repas, exigeraient une bénédiction avant et après, cette explication ne paraît pas juste, comme on l'y développe. De plus, le vin diffère des figues et des raisins : le vin compte comme venant à cause du repas, et selon tous on n'a pas à bénir après lui. Et bien qu'on dise là-bas : on a demandé à Ben Zoma pourquoi l'on a dit que les choses qui viennent à cause du repas, au cours du repas, n'exigent de bénédiction ni avant ni après. Parce que le pain les dispense. S'il en est ainsi, que le pain dispense le vin. Explication : et nous avons appris, s'ils leur ont apporté du vin au cours du repas, chacun bénit pour soi. Il répond : le vin est à part, puisqu'il fixe une bénédiction pour lui-même. Là, il ne parle que de la bénédiction d'avant. Pour la bénédiction d'après, nous ne trouvons pas qu'il compte de cette façon, et la coutume ne bénit pas après le vin au cours du repas. Même le vin d'après le repas : il paraît qu'on n'a pas à bénir après lui, car il compte toujours comme venant à cause du repas. Et quand il dit que les choses qui viennent après le repas exigent une bénédiction avant et après, cela vise tout sauf le vin. Toutefois, nous, nous ne retirons pas la main du pain jusqu'au birkat ha-mazon, et tout s'appelle au cours du repas. Rien n'exige de bénédiction après soi : le birkat ha-mazon dispense. Au temps des Sages, on se retirait du pain en enlevant la table avant le birkat ha-mazon, et alors on avait coutume de boire du vin et de manger des fruits.
💡 Explication

Rav Yaakov bar Abba distingue les lieux. Chez l'exilarque, le doute plane : apportera-t-il encore du vin ? Chaque coupe peut exiger sa bénédiction. Chez Rava, la coupe du birkat ha-mazon est déjà là, et l'on a l'intention d'en boire. Pourquoi redire bore peri ha-gafen ?

Rava se règle sur les disciples de Rav, Rav Brouna et Rav Hananel. La phrase s'arrête au milieu du récit : ils étaient assis à un repas. La suite est sur 103b.

Tossefot discutent si le vin du repas exige une bénédiction finale avant le birkat ha-mazon. Le Rachbam : le birkat ha-mazon le dispense, à plus forte raison qu'un meein chaloch. Tossefot rejettent ce kal va-homer pour les figues, et maintiennent le vin à part : il vient à cause du repas, et l'on ne bénit pas après lui au cours du repas.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).