Pesachim 104a , Les formules de la havdala : trois, sept, et la conclusion

Pesachim 104a

Sougya : Ce daf fixe le texte de la havdala. Rabbi Elazar, au nom de Rabbi Ochaya, pose une borne : pas moins de trois formules de distinction, pas plus de sept.

Chmouel exige, tout près de la conclusion, un passage du même genre qu'elle (me'ein hatima) ; les maîtres de Poumbedita exigent un passage du genre de l'ouverture. La différence pratique paraît quand un Yom Tov suit le Chabbat : la conclusion est " entre saint et saint ".

La suite dresse la liste des havdalot, retire " entre la mer et le sec ", compte cohanim, leviim et israélites pour deux, et tranche la formule finale entre Rav et Chmouel.

Comment la liste arrive à sept havdalotBeraita de l'ordre, puis les deux corrections de la GuemaraDépart : huit formules dans la beraitadont mer / sec, et cohanim-leviim-israélites comptés pour un1. On retire entre la mer et le secLe mot havdala n'est pas écrit sur ce couple dans la Tora2. Le septième jour se dit, hors du compteMe'ein hatima : du genre de la conclusion seder berechit3. Cohanim, leviim et israélites valent deuxLevi / Israël (Deut. 10, 8) et cohanim / leviim (Chroniques 23, 13)Résultat : septsaint/profane, lumière/ténèbres, Israël/nations, impur/pur,eaux d'en haut/d'en bas, leviim/israélites, cohanim/leviim
Huit formules dans la beraita : on retire la mer et le sec, le septième jour reste hors compte, et cohanim, leviim, israélites valent deux. Total : sept.
Pres de la conclusion : quel rappel ?Chmouel et les maîtres de PoumbeditaChmouelMe'ein hatimaUn passage du genrede la conclusion,tout près de la hatimaPoumbeditaMe'ein petihaUn passage du genrede l'ouverture,tout près de la hatimaNafka mina : Yom Tov qui suit le ChabbatLa conclusion est : entre saint et saintChmouel : dire aussi Tu as distingué la sainteté du Chabbatde la sainteté du Yom Tov.Poumbedita : cette phrase n'est pas exigée.Le Roch tranche comme Chmouel.
Chmouel : rappel du genre de la conclusion. Poumbedita : rappel du genre de l'ouverture. Ecart pratique à la sortie de Chabbat vers un Yom Tov.
Quand dire la havdala, et par quelle clôtureOn dit des havdalotSortie de ChabbatSortie de Yom TovSortie de Yom KippourSortie de Chabbat vers un Yom TovSortie de Yom Tov vers le chol ha-moedL'habitué en dit beaucoup. L'autre en dit une.On n'en dit pasSortie de Yom Tovvers le ChabbatRavqui sanctifie IsraëlAbaye, ou Rav Yossef,maudit cette clôtureChmouelqui distingueentre saint et profaneHalakha : comme ChmouelR. Yehochouaben Hananiales deux formulesensemblelongs jours
Occasions où l'on dit la havdala, et les trois formules de clôture : Rav, Chmouel, et la formule double de Rabbi Yehochoua ben Hanania.
1
וְהָא מָר לָא תְּלָתָא אָמַר וְלָא שְׁבַע אָמַר! אֲמַר לֵיהּ: אִיבְרָא ״בֵּין יוֹם הַשְּׁבִיעִי לְשֵׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה״, מֵעֵין חֲתִימָה הִיא, וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: הַמַּבְדִּיל צָרִיךְ שֶׁיֹּאמַר מֵעֵין חֲתִימָה סָמוּךְ לַחֲתִימָתוֹ. וּפֻומְבְּדִיתָאֵי אָמְרִי מֵעֵין פְּתִיחָתָן סָמוּךְ לַחֲתִימָתָן.

Mais le maître n'a dit ni trois, ni sept ! Il lui a dit : en vérité, " entre le septième jour et les six jours de l'ouvrage ", c'est du genre de la conclusion.

Et Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : celui qui fait la havdala doit dire un passage du genre de la conclusion, tout près de sa conclusion. Et les maîtres de Poumbedita disent : du genre de leur ouverture, tout près de leur conclusion.

📜 Rachi (2)
וְהָא מַר לֹא שָׁלֹשׁ אָמַר [כֻּולָּן] אַרְבַּע:
Mais le maître n'a pas dit trois. En tout, quatre.
מֵעֵין חֲתִימָה וְלָא מִמִּנְיָנָא הוּא:
Du genre de la conclusion. Elle ne compte pas dans le nombre.
🗂️ Tossefot (1)
וּמַר לָא תְּלָת אָמַר וְלָא שְׁבַע אָמַר וּמִסְּתָמָא אוֹ ג' אוֹ ז' תִּיקְּנוּ כְּנֶגֶד שׁוּם דָּבָר שֶׁלֹּא לְפָחוֹת אוֹ לְהוֹסִיף כִּדְאָמַר בְּהַתְּכֵלֶת (מְנָחוֹת דַּף לט.) לֹא יִפְחֹות מז' כְּנֶגֶד ז' רְקִיעִים וְהַמּוֹסִיף לֹא יוֹסִיף עַל י"ג כְּנֶגֶד ז' רְקִיעִים וְשִׁשָּׁה אֲוִירִים:
Et le maître n'a dit ni trois, ni sept. Selon toute vraisemblance, on a institué soit trois, soit sept, en regard de quelque chose, afin de ne pas diminuer et de ne pas ajouter. Comme on le dit au sujet des tsitsit (Menachot 39a) : on ne descendra pas au-dessous de sept, en regard des sept firmaments, et celui qui ajoute n'ajoutera pas au-delà de treize, en regard des sept firmaments et des six espaces d'air.
💡 Explication

La scène vient du daf précédent : le maître a prononcé quatre formules. L'objection rappelle la borne : trois, ou bien sept. Réponse : " entre le septième jour et les six jours de l'ouvrage " est un me'ein hatima, un passage du même genre que la conclusion, placé tout près d'elle. Rachi : il sort du nombre. Restent trois formules.

Chmouel (rapporte par Rav Yehouda) : toute havdala doit rapprocher de la hatima un passage qui lui ressemble. Poumbedita : le passage rapproche doit ressembler à l'ouverture. Tossefot : trois et sept ont été fixés en regard d'un compte, sur le modèle des tsitsit, sept firmaments, ou treize avec les six airs.

🖼️ Schéma
Quatre formules dites, trois dans le compte1saintprofane2lumièreténèbres3Israëlnationshors compte7e joursix joursme'ein hatimaBorne de Rabbi Elazar : pas moins de trois, pas plus de septLa quatrième formule est le rappel placé près de la conclusion
Les trois formules du compte, et le septième jour placé hors du nombre, comme rappel de la conclusion.
2
מַאי בֵינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַייְהוּ יוֹם טוֹב שֶׁחָל לִהְיוֹת אַחַר הַשַּׁבָּת, דְּחָתְמִינַן ״בֵּין קֹודֶשׁ לְקוֹדֶשׁ״,

Quelle différence y a-t-il entre eux ? Il y a entre eux le Yom Tov qui tombe après le Chabbat, car nous concluons " entre saint et saint ".

📜 Rachi (1)
ה"ג י"ט שֶׁחָל לִהְיוֹת אַחַר הַשַּׁבָּת דְּבָעֵי לְמִחְתַּם הַמַּבְדִּיל בֵּין קֹודֶשׁ לְקֹודֶשׁ:
Voici la leçon : un Yom Tov qui tombe après le Chabbat. Car il faut conclure : celui qui distingue entre saint et saint.
🗂️ Tossefot (1)
מַאי בֵינַיְיהוּ דְּרֹוב הַבְּרָכוֹת הַפְּתִיחָה וְהַחֲתִימָה מֵעִנְיָן אֶחָד:
Quelle différence y a-t-il entre eux ? Car, dans la plupart des bénédictions, l'ouverture et la conclusion portent sur un même sujet.
💡 Explication

Ouverture et conclusion parlent d'ordinaire du même sujet. Le rappel " du genre de l'ouverture " et le rappel " du genre de la conclusion " se confondent alors. L'écart paraît quand la hatima change.

A la sortie d'un Chabbat suivi d'un Yom Tov, on conclut entre saint et saint (bein kodech le-kodech). L'ouverture, elle, reste " entre saint et profane ". Les deux avis ne demandent donc plus le même rappel.

3
מַאן דְּאָמַר מֵעֵין פְּתִיחָתָן סָמוּךְ לַחֲתִימָתָן, לָא בָּעֵי לְמֵימַר ״בֵּין קְדֻושַּׁת שַׁבָּת לִקְדֻושַּׁת יוֹם טוֹב הִבְדַּלְתָּ״. וּמַאן דְּאָמַר מֵעֵין חֲתִימָתָן סָמוּךְ לַחֲתִימָתָן, בָּעֵי לְמֵימַר ״בֵּין קְדֻושַּׁת שַׁבָּת לִקְדֻושַּׁת יוֹם טוֹב הִבְדַּלְתָּ״.

Celui qui dit : du genre de leur ouverture, tout près de leur conclusion, n'a pas à dire " Tu as distingué entre la sainteté du Chabbat et la sainteté du Yom Tov ". Et celui qui dit : du genre de leur conclusion, tout près de leur conclusion, doit dire " Tu as distingué entre la sainteté du Chabbat et la sainteté du Yom Tov ".

📜 Rachi (1)
ה"ג מ"ד מֵעֵין חֲתִימָתָן סָמוּךְ לַחֲתִימָתָן בָּעֵי לְמֵימַר בֵּין קְדֻושַּׁת שַׁבָּת לִקְדֻושַּׁת יוֹם טוֹב כו':
Voici la leçon : celui qui dit du genre de leur conclusion, tout près de leur conclusion, doit dire : entre la sainteté du Chabbat et la sainteté du Yom Tov, etc.
🗂️ Tossefot (1)
בָּעֵי לְמֵימַר בֵּין קְדֻושַּׁת שַׁבָּת לִקְדֻושַּׁת יוֹם טוֹב הִבְדַּלְתָּ שָׁאַל ר' אֶפְרַיִם אֶת ר"ת לָמָּה נָהֲגוּ הָעוֹלָם לְהוֹסִיף וְלוֹמַר וְאֶת יוֹם הַשְּׁבִיעִי מִשֵּׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה קִדַּשְׁתָּ הִבְדַּלְתָּ וְקִדַּשְׁתָּ אֶת עַמְּךָ יִשְׂרָאֵל בִּקְדֻושָּׁתֶךָ דְּאֵין זֶה לֹא מֵעֵין פְּתִיחָה וְלֹא מֵעֵין חֲתִימָה וְהֵשִׁיב לוֹ ר"ת מִשּׁוּם חִיבַּת הַיּוֹם הֶאֱרִיכוּ כְּדֵי לוֹמַר פַּעַם אַחַת מֵעֵין ז' הַבְדָּלוֹת. בֵּין קֹודֶשׁ לְחֹול אֶחָד. בֵּין אוֹר לְחֹשֶׁךְ ב'. בֵּין יִשְׂרָאֵל לָעַמִּים ג'. בֵּין יוֹם הַשְּׁבִיעִי לְשֵׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה ד'. בֵּין קְדֻושַּׁת שַׁבָּת לִקְדֻושַּׁת י"ט הִבְדַּלְתָּ. פֵּירוּשׁ שבי"ט שָׁרִי מִידֵּי דְּאֹוכֶל נֶפֶשׁ. וְאֶת יוֹם הַשְּׁבִיעִי מִשֵּׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה קִדַּשְׁתָּ הַיְינוּ חֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד דְּשָׁרֵי דָּבָר הָאָבוּד וּבְשַׁבָּת אָסוּר. זֶה חָלוּק שַׁבָּת מי"ט וְהִיא הַבְדָּלָה אַחַת הֲרֵי ה'. הִבְדַּלְתָּ וְקִדַּשְׁתָּ. אֶת עַמְּךָ יִשְׂרָאֵל בִּקְדֻושָּׁתֶךָ שְׁתֵּי הַבְדָּלוֹת בֵּין כֹּהֲנִים לְוִיִּם וְיִשְׂרְאֵלִים ז' וְהָוֵי מֵעֵין חֲתִימָה דְּבֵין קֹדֶשׁ לְקַדֵּשׁ:
Il doit dire : Tu as distingué entre la sainteté du Chabbat et la sainteté du Yom Tov. Rabbi Ephraim a demandé à Rabbeinou Tam pourquoi le monde a coutume d'ajouter : et le septième jour, Tu l'as sanctifié d'avec les six jours de l'ouvrage, Tu as distingué, et Tu as sanctifié Ton peuple Israël par Ta sainteté. Cela ne relève ni du genre de l'ouverture, ni du genre de la conclusion. Rabbeinou Tam lui a répondu : par affection pour le jour, on a allongé, afin de dire une fois l'equivalent des sept havdalot. Entre saint et profane : une. Entre lumière et ténèbres : deux. Entre Israël et les nations : trois. Entre le septième jour et les six jours de l'ouvrage : quatre. Tu as distingué entre la sainteté du Chabbat et la sainteté du Yom Tov. Explication : à Yom Tov, ce qui sert à la nourriture de la personne (ochel nefech) est permis. Et le septième jour, Tu l'as sanctifié d'avec les six jours de l'ouvrage : c'est le chol ha-moed, ou une chose en perdition (davar ha-avoud) est permise, et au Chabbat elle est interdite. Cela sépare le Chabbat du Yom Tov, et c'est une havdala, ce qui fait cinq. Tu as distingué, et Tu as sanctifié Ton peuple Israël par Ta sainteté : deux havdalot, entre cohanim, leviim et israélites, ce qui fait sept. Et c'est du genre de la conclusion : entre saint et saint.
💡 Explication

Selon Poumbedita (genre de l'ouverture), la phrase " Tu as distingué la sainteté du Chabbat de la sainteté du Yom Tov " n'est pas exigée : l'ouverture parlait du saint et du profane. Selon Chmouel (genre de la conclusion), il la faut, parce que la hatima de ce soir-la est " entre saint et saint ".

Tossefot rapportent la question de Rabbi Ephraim à Rabbeinou Tam sur l'ajout liturgique " et le septième jour Tu l'as sanctifié... ". Réponse : par affection pour le jour, on allonge jusqu'à une allusion aux sept havdalot. Tossefot lisent " et le septième jour Tu l'as sanctifié " comme le chol ha-moed : une chose en perdition (davar ha-avoud) y est permise, et au Chabbat elle est interdite.

Le Roch, plus loin sur ce daf, lit la même ligne autrement : le dernier Yom Tov de la fête, distinct des six jours de chol ha-moed qui le précédent.

🖼️ Schéma
Yom Tov après le Chabbat : la phrase en plusConclusion : entre saint et saintMe'ein petihaPoumbeditaLa phrase n'est pas exigéeMe'ein hatimaChmouelIl faut la direTu as distingué sainteté du Chabbat et sainteté du Yom Tov
Seul l'avis du genre de la conclusion exige la phrase entre sainteté du Chabbat et sainteté du Yom Tov.
4
גּוּפָא. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא: הַפּוֹחֵת — לֹא יִפְחֹות מִשָּׁלֹשׁ, וְהַמּוֹסִיף — לֹא יוֹסִיף עַל שֶׁבַע.

Le corps de l'enseignement. Rabbi Elazar a dit que Rabbi Ochaya a dit : celui qui réduit ne descendra pas au-dessous de trois, et celui qui ajoute n'ajoutera pas au-delà de sept.

💡 Explication

Goufa : la Guemara reprend l'enseignement cité plus haut, pour lui-même. Borne du nombre de formules de havdala : plancher à trois, plafond à sept.

5
מֵיתִיבִי: אוֹמֵר הַבְדָּלוֹת בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּתוֹת וּבְמוֹצָאֵי יָמִים טוֹבִים וּבְמוֹצָאֵי יוֹם הַכִּפּוּרִים, וּבְמוֹצָאֵי שַׁבָּת לְיוֹם טוֹב וּבְמוֹצָאֵי יוֹם טוֹב לְחֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד, אֲבָל לֹא בְּמוֹצָאֵי יוֹם טוֹב לְשַׁבָּת. הָרָגִיל — אוֹמֵר הַרְבֵּה, וְשֶׁאֵינוֹ רָגִיל — אוֹמֵר אַחַת.

On objecte : on dit des havdalot à la sortie des Chabbat, à la sortie des Yom Tov, à la sortie de Yom Kippour, à la sortie du Chabbat vers un Yom Tov, et à la sortie d'un Yom Tov vers le chol ha-moed, mais non à la sortie d'un Yom Tov vers le Chabbat. Celui qui a l'habitude en dit beaucoup, et celui qui n'a pas l'habitude en dit une.

🗂️ Tossefot (1)
מֵיתִיבִי אוֹמְרִים הַבְדָּלוֹת כּוּ' הֲוָה מָצֵי לַאֲתוּיֵי מֵרַבִּי יְהוּדָה הַנָּשִׂיא דִּלְעֵיל אֶלָּא דְּנִיחָא לֵיהּ לְמִיפְרַךְ מִבָּרַיְיתָא:
On objecte : on dit des havdalot, etc. On aurait pu l'apporter de Rabbi Yehouda ha-Nassi, plus haut. Il lui convient mieux d'objecter à partir d'une beraita.
💡 Explication

La beraita (Tossefta) fixe d'abord les soirs où l'on dit des havdalot, et le soir où l'on n'en dit pas : sortie de Yom Tov vers le Chabbat.

Puis elle dit : qui n'a pas l'habitude en dit une seule. Cela heurte le plancher de trois. Tossefot : on aurait pu objecter déjà depuis la havdala de Rabbi Yehouda ha-Nassi, citée plus haut, qui se limitait à " entre saint et profane ". La Guemara préfère une beraita.

🖼️ Schéma
L'objection : une seule formuleRabbi Elazarminimum : troismaximum : septBeraital'habitué : beaucoupl'autre : une seuleRéponsemahloket de tannaimcoutume : trois
La beraita laisse dire une seule formule. La réponse viendra : discussion de tannaim, et la coutume est de trois.
6
תַּנָּאֵי הִיא, דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בְּנָן שֶׁל קְדוֹשִׁים אוֹמֵר אַחַת, וְנָהֲגוּ הָעָם לוֹמַר שָׁלֹשׁ. מַאן נִיהוּ ״בְּנָן שֶׁל קְדוֹשִׁים״? רַבִּי מְנַחֵם בַּר סִימַאי. וְאַמַּאי קָרוּ לֵיהּ ״בְּנָן שֶׁל קְדוֹשִׁים״? דְּלָא אִיסְתַּכַּל בְּצֻורְתָּא דְזוּזָא. שְׁלַח לֵיהּ רַב שְׁמוּאֵל בַּר אִידִי: חֲנַנְיָא אָחִי אוֹמֵר אַחַת. וְלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ.

C'est une discussion de tannaim. Car Rabbi Yo'hanan a dit : le fils des saints en dit une, et le peuple a coutume d'en dire trois.

Qui est " le fils des saints " ? Rabbi Menahem bar Simai.

Et pourquoi l'appelait-on " le fils des saints " ? Parce qu'il ne regardait pas la figure d'une pièce (zouza).

Rav Chmouel bar Idi lui a envoyé : Hanania mon frère en dit une. Et la halakha n'est pas selon lui.

🗂️ Tossefot (1)
דְּלָא מִסְתַּכֵּל בְּצֻורְתָּא דְּזוּזָא אַרַבִּי מְנַחֵם קָאֵי דְּאָמַר בְּמוֹעֵד קָטָן בְּפֶרֶק בָּתְרָא (דַּף כֹּה:) כִּי קָא נִיחָא נַפְשֵׁיהּ דָּר' מְנַחֵם בַּר רַבִּי סִימַאי אִישְׁתְּנוֹ כָּל צִילְמָנַיָּא וְהָווּ לְמִיחְצְלַיָּיא פֵּירוּשׁ חֲלָקִים בְּלֹא צוּרָה וְתוֹלֶה קְדֻושָּׁתוֹ בְּאָבִיו שֶׁגַּם אָבִיו הָיָה קָדוֹשׁ:
Parce qu'il ne regardait pas la figure d'une pièce. Cela porte sur Rabbi Menahem. On dit à Moed Katan, au dernier chapitre (25b) : quand l'âme de Rabbi Menahem bar Rabbi Simai s'est reposée, toutes les images se sont changées et sont devenues lisses. Explication : unies, sans figure. Et l'on rattache sa sainteté à son père, car son père aussi était saint.
🪔 Ben Yehoyada (1)
דְּלָא אִסְתַּכַּל בְּצֻורְתָּא דְזוּזָא. נִרְאֶה לִי הַטַּעַם דְּיָדוּעַ כָּל צוּרָה וּבִפְרָט אִם הִיא בּוֹלֶטֶת אֲפִילּוּ שֶׁעֲשׂוּיָה לְנוֹי אוֹ לְמַזְכֶּרֶת שֶׁל כָּבוֹד שׁוֹרָה עֲלֵיהֶם רוּחַ טֻומְאָה, לָכֵן אִיכָּא מִדַּת חֲסִידוּת שֶׁלֹּא יִסְתַּכְּלוּ בָּהּ. וְנָקֵיט זוּזָא לִרְבוּתָא לוֹמַר אֲפִילּוּ שֶׁדֶּרֶךְ לְהִסְתַּכֵּל בְּמַטְבֵּעַ דֶּרֶךְ עֵסֶק לֵידַע אִם הוּא מְזֻוייָּף אוֹ לָאו עִם כָּל זֶה הוּא לֹא הָיָה מִסְתַּכֵּל גַּם בָּזֶה. וְהָא דְּקָרוּ לֵיהּ בְּנָן שֶׁל קְדוֹשִׁים זוֹ הִיא מַעֲלָה וְכָבוֹד לְייַחֲסוֹ לַצַּדִּיקִים אֲשֶׁר בְּגַן עֵדֶן דִּכְתִיב בְּהוּ (תְּהִלִּים טז, ג) 'לִקְדוֹשִׁים אֲשֶׁר בָּאָרֶץ הֵמָּה' שֶׁהֵם נִבְדָּלִים מִכָּל רוּחַ טֻומְאָה וְרוּחַ רָעָה כֵּן הוּא בַּחֲסִידוּת זוֹ מַבְדִּיל עַצְמוֹ מִן רוּחוֹת רָעוֹת. וּבָזֶה נִיחָא לְתָרֵץ דִּקְדּוּק אַחֵר לָמָּה לֹא קָרְאוּ אוֹתוֹ קָדוֹשׁ כִּדְקָרוּ לְרַבִּי? אֶלָּא מִשּׁוּם דְּהָתָם קְרָאוּהוּ קָדוֹשׁ בִּשְׁבִיל גָּדֵר וּסְיָיג שֶׁעָשָׂה בְּדָבָר הַנּוֹגֵעַ לָעֶרְוָה דְּאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (וַיִּקְרָא רַבָּה כד, ו) 'כָּל מָקוֹם שֶׁאַתָּה מוֹצֵא גֶּדֶר עֶרְוָה אַתָּה מוֹצֵא קְדֻושָּׁה' אַךְ כָּאן הַגָּדֵר וּסְייָג שֶׁעָשָׂה הוּא לְהִתְרַחֵק מֵרוּחַ רָעָה וְטֻומְאָה וְלָכֵן קְרָאוּהוּ בְּנָן שֶׁל קְדוֹשִׁים שֶׁמִּתְייַחֵס 'לִקְדוֹשִׁים אֲשֶׁר בְּאֶרֶץ' הַחַיִּים בְּגַן עֵדֶן שֶׁהֵם נִבְדָּלִים מֵרוּחוֹת רָעוֹת.
Parce qu'il ne regardait pas la figure d'une pièce. Il me paraît que la raison est connue : toute figure, et surtout si elle est en relief, même faite pour l'ornement ou pour un souvenir d'honneur, un esprit d'impureté (roua'h touma) repose sur elle. Il y a donc une mesure de piété (midat hassidout) à ne pas la regarder. Et il prend la pièce pour un cas plus fort : même là où l'usage est de regarder une monnaie dans les affaires, pour savoir si elle est fausse ou non, il ne la regardait pas non plus. Et ce qu'on l'appelait fils des saints, c'est une élévation et un honneur : on le rattache aux justes qui sont au jardin d'Eden, car il est écrit à leur sujet (Psaumes 16, 3) : " aux saints qui sont dans la terre, eux ", lesquels sont séparés de tout esprit d'impureté et de tout mauvais esprit. De même, dans cette piété, il se sépare des mauvais esprits. Par là se résout une autre précision : pourquoi ne l'a-t-on pas appelé saint, comme on a appelé Rabbi ? Là-bas, on l'a appelé saint à cause de la clôture et de la barrière (geder, seyag) qu'il a faites dans une chose qui touche à la pudeur (erva). Nos maîtres ont dit (Vayikra Rabba 24, 6) : partout où tu trouves une clôture de la pudeur, tu trouves la sainteté. Ici, la clôture et la barrière qu'il a faites visent à s'éloigner d'un mauvais esprit et de l'impureté. On l'a donc appelé fils des saints, rattaché " aux saints qui sont dans la terre ", ceux qui vivent au jardin d'Eden, séparés des mauvais esprits.
💡 Explication

L'objection tombe : les tannaim sont déjà divisés. Rabbi Yo'hanan : le fils des saints dit une seule formule, le peuple a coutume d'en dire trois. La fin du segment tranche : la halakha ne suit pas celui qui n'en dit qu'une. Hanania, frère de Rav Chmouel bar Idi, est de cet avis.

" Fils des saints " désigne Rabbi Menahem bar Simai, qui ne regardait pas l'effigie d'une pièce. Tossefot : à sa mort, les images sont devenues lisses (Moed Katan 25b), et le pluriel " saints " vient aussi de son père. Le Ben Yehoyada lit la même retenue comme une séparation d'avec un esprit d'impureté, et le titre comme un rattachement aux saints du jardin d'Eden.

7
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: הַמַּבְדִּיל צָרִיךְ שֶׁיֹּאמַר מֵעֵין הַבְדָּלוֹת הָאֲמוּרוֹת בַּתּוֹרָה. מֵיתִיבִי: סֵדֶר הַבְדָּלוֹת הֵיאַךְ? אוֹמֵר: ״הַמַּבְדִּיל בֵּין קֹודֶשׁ לְחֹול, בֵּין אוֹר לְחֹושֶׁךְ, בֵּין יִשְׂרָאֵל לָעַמִּים, וּבֵין יוֹם הַשְּׁבִיעִי לְשֵׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה, בֵּין טָמֵא לְטָהוֹר, בֵּין הַיָּם לֶחָרָבָה, בֵּין מַיִם הָעֶלְיוֹנִים לְמַיִם הַתַּחְתּוֹנִים, בֵּין כֹּהֲנִים לִלְוִיִּם וְיִשְׂרְאֵלִים״.

Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : celui qui fait la havdala doit dire des formules du genre des distinctions énoncées dans la Tora. On objecte : l'ordre des havdalot, comment est-il ?

On dit : " Celui qui distingue entre saint et profane, entre lumière et ténèbres, entre Israël et les nations, et entre le septième jour et les six jours de l'ouvrage, entre impur et pur, entre la mer et le sec, entre les eaux supérieures et les eaux inférieures, entre cohanim, leviim et israélites ".

📜 Rachi (3)
הָאֲמוּרוֹת בַּתּוֹרָה כְּמוֹ הָנָךְ דִּלְקַמָּן:
Enoncees dans la Tora. Comme celles qui suivent.
סֵדֶר הַבְדָּלוֹת הַייְנוּ שֶׁבַע הַבְדָּלוֹת וְאַף עַל גַּב דְּאִיכָּא תַּמְנֵי בֵּין [יוֹם] הַשְּׁבִיעִי לָא קָא חֲשִׁיב דְּמֵעֵין חֲתִימָה:
L'ordre des havdalot. Ce sont les sept havdalot. Bien qu'il y en ait huit, " le septième jour " n'est pas compte, car c'est du genre de la conclusion.
וּבֵין כֹּהֲנִים לַלְּוִיִּם כּוּ' מְפָרֵשׁ לְהוּ לְקַמָּן אֲבָל הַבְדָּלָה דְּשַׁבָּת לָא כְּתִיבָא דְּמֵעֵין חֲתִימָה קָא חָשֵׁיב לֵיהּ לְקַמָּן וְלָאו מִמִּנְיָנָא:
Et entre cohanim et leviim, etc. Il les explique plus loin. Quant à la havdala du Chabbat, elle n'est pas écrite : plus loin il la compte comme du genre de la conclusion, et elle est hors du nombre.
🪔 Ben Yehoyada (1)
סֵדֶר הַבְדָּלוֹת הֵיאַךְ? אוֹמֵר: הַמַּבְדִּיל בֵּין קֹדֶשׁ לְחֹל. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת כֵּיוָן שֶׁהוּא צָרִיךְ לְהַזְכִּיר מֵעֵין הַבְדָּלוֹת הָאֲמוּרוֹת בַּתּוֹרָה וּכְמוֹ שֶׁאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי, אִם כֵּן לָמָּה אֵינוֹ מַזְכִּיר בֵּין חַיָּה הַנֶּאֱכֶלֶת וּבֵין חַיָּה אֲשֶׁר לֹא תֹּאכַל דִּכְתִיב בָּזֶה הַבְדָּלָה כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (וַיִּקְרָא יא, מז) 'לְהַבְדִּיל בֵּין הַטָּמֵא וּבֵין הַטָּהֹר וּבֵין הַחַיָּה הַנֶּאֱכֶלֶת וּבֵין הַחַיָּה אֲשֶׁר לֹא תֹּאכַל'? וְאֵין לוֹמַר דְּלָא סְמִיךְ לְשׁוֹן הַהַבְדָּלָה לַחַיָּה אֶלָּא סְמִיךְ לְבֵין הַטָּמֵא הָא אִיכָּא נַמֵּי פָּסוּק בְּפָרָשַׁת קְדוֹשִׁים (וַיִּקְרָא כ, כה) 'וְהִבְדַּלְתֶּם בֵּין הַבְּהֵמָה הַטְּהֹרָה לַטְּמֵאָה וּבֵין הָעוֹף הַטָּמֵא לְטַהֵר' וְאִם כֵּן קָשֶׁה לֵימָא בְּסֵדֶר הַהַבְדָּלָה בֵּין בְּהֵמָה הַטְּהוֹרָה לַטֻּמְאָה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּלָא רָצוּ לְהַזְכִּיר עִם הַהַבְדָּלוֹת מַה שֶׁנֶּאֱמַר עַל בְּהֵמוֹת וְחַיּוֹת. וְעוֹד נִרְאֶה לִי כִּי נִכְלָל בְּהַבְדָּלָה שֶׁל בֵּין הַטָּמֵא לְטָהוֹר גַּם בְּהֵמָה הַטְּהוֹרָה וְהַטְּמֵאָה וְחַיָּה הַנֶּאֱכֶלֶת וְחַיָּה אֲשֶׁר לֹא תֹּאכַל. וּבָזֶה נִיחָא לְתָרֵץ קֻושְׁיָא אַחֶרֶת דְּאַמַּאי לֹא הִזְכִּיר 'בֵּין יוֹם וּבֵין לַיְלָה' דִּכְתִיב בַּתּוֹרָה (בְּרֵאשִׁית א, יד) 'יְהִי מְאֹרֹת בִּרְקִיעַ הַשָּׁמַיִם לְהַבְדִּיל בֵּין הַיּוֹם וּבֵין הַלַּיְלָה'? וּלְפִי הָאָמוּר נִיחָא דְּזֶה נִכְלָל בְּאוֹמְרוֹ 'בֵּין אוֹר לְחֹשֶׁךְ' דְּהָא כְּתִיב (בְּרֵאשִׁית א, ה) 'וַיִּקְרָא אֱ-לֹהִים לָאוֹר יוֹם וְלַחֹשֶׁךְ קָרָא לָיְלָה'. אַךְ עֲדַיִין קָשֶׁה לִי דְּהָא כְּתִיב בְּפָרָשַׁת תְּרוּמָה (שְׁמוֹת כו, לג) 'וְהִבְדִּילָה הַפָּרֹכֶת לָכֶם בֵּין הַקֹּדֶשׁ וּבֵין קֹדֶשׁ הַקֳּדָשִׁים' וְאִם כֵּן יַזְכִּיר בְּהַבְדָּלוֹת 'בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים'? וְאֵין לְתָרֵץ דְּזֶה נִכְלָל בְּאָמְרוֹ 'בֵּין קֹדֶשׁ לַחֹל' מִשּׁוּם דְּקוֹדֶשׁ לְגַבֵּי קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים חֲשִׁיב כְּמוֹ חוֹל, דְּזֶה אֵינוֹ דְּמָצִינוּ בַּגְּמָרָא דִּמְתָרֵץ כֹּהֲנִים לְוִיִּים יִשְׂרְאֵלִים תְּרֵי מִילֵּי נִינְהוּ וְכוּ' נִמְצָא דְּהַמִּנְיָן נִשְׁלַם בְּהַבְדָּלָה כָּזֹאת שֶׁהִיא בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ קָדָשִׁים וְלָא אָמְרִינַן נִכְלָל בְּיַחַד, וְאִם כֵּן הֲוָה עָדִיף לְהַזְכִּיר בְּהַבְדָּלוֹת הַבְדָּלָה זוֹ ד'בֵּין קֹודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים' וְלֹא יִצְטָרֵךְ לְהַשְׁלִים הַמִּנְיָן בְּאוֹתָהּ הַבְדָּלָה הַנִּזְכֶּרֶת בַּכְּתוּבִים שֶׁהוּא פָּסוּק בְּדִבְרֵי הַיָּמִים וְאֵינָהּ כְּתוּבָה בַּתּוֹרָה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּלָא רָצוּ לְהַזְכִּיר עִם הַהַבְדָּלוֹת אֶלָּא רַק אוֹתָם דְּשָׁיְיכִי גַּם בַּזְּמַן הַזֶּה דַּאֲפִילּוּ הַבְדָּלוֹת בֵּין יִשְׂרְאֵלִים לַלְּוִיִּים וּבֵין לְוִיִּים לַכֹּהֲנִים יֵשׁ לָהֶם שַׁיָּיכוּת גַּם בִּזְמַן שֶׁאֵין בֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַייָּם מַה שֶׁאֵין כֵּן הַבְדָּלָה אֲשֶׁר 'בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים' אֵין לָהּ מְצִיאוּת אֶלָּא בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד דְּכָל הַבְדָּלוֹת אֵלּוּ מִתְייַחֲסִים לְהַשֵּׁם יִתְבָּרֵךְ שֶׁהוּא הַמַּבְדִּיל מַה שֶׁאֵין כֵּן הָא נִתְיַיחֲסָה בַּכָּתוּב לַפָּרֹוכֶת הָעֲשׂוּיָה בִּידֵי אָדָם דִּכְתִיב 'וְהִבְדִּילָה הַפָּרֹכֶת לָכֶם בֵּין הַקֹּדֶשׁ וּבֵין קֹדֶשׁ הַקֳּדָשִׁים'.
L'ordre des havdalot, comment ? On dit : celui qui distingue entre saint et profane. Il y a lieu d'objecter. Puisqu'il doit mentionner des formules du genre des distinctions énoncées dans la Tora, comme l'a dit Rabbi Yehochoua ben Levi, pourquoi ne mentionne-t-il pas " entre l'animal qui se mange et l'animal qui ne se mange pas " ? Il est écrit à ce sujet une distinction, comme il est dit (Levitique 11, 47) : " pour distinguer entre l'impur et le pur, et entre l'animal qui se mange et l'animal qui ne se mange pas ". On ne dira pas que le mot de distinction s'appuie sur " entre l'impur ", et non sur l'animal. Il y a aussi un verset dans la section Kedochim (Levitique 20, 25) : " Vous distinguerez entre la bête pure et l'impure, et entre l'oiseau impur et le pur ". Dès lors, qu'il dise dans l'ordre de la havdala " entre la bête pure et l'impure ". Il me paraît, avec l'aide du Ciel, qu'ils n'ont pas voulu mentionner, parmi les havdalot, ce qui est dit au sujet des bêtes et des animaux. Il me paraît encore que, dans la havdala " entre l'impur et le pur ", sont aussi comprises la bête pure et l'impure, l'animal qui se mange et l'animal qui ne se mange pas. Par là se résout une autre difficulté : pourquoi n'a-t-il pas mentionné " entre le jour et la nuit ", alors qu'il est écrit dans la Tora (Genèse 1, 14) : " Qu'il y ait des luminaires au firmament du ciel, pour distinguer entre le jour et la nuit " ? D'après ce qui a été dit, cela se comprend : cela est compris dans " entre lumière et ténèbres ", car il est écrit (Genèse 1, 5) : " D.ieu appela la lumière jour, et Il appela les ténèbres nuit ". J'ai encore une difficulté. Il est écrit dans la section Terouma (Exode 26, 33) : " Le rideau distinguera pour vous entre le saint et le saint des saints ". Dès lors, qu'il mentionne dans les havdalot " entre le saint et le saint des saints ". On ne resoudra pas cela en disant que c'est compris dans " entre saint et profane ", sous prétexte que le saint, face au saint des saints, compterait comme profane. Ce raisonnement ne se soutient pas. Nous trouvons dans la Guemara qu'elle répond : cohanim, leviim et israélites sont deux choses, etc. Il en ressort que le compte s'achève par une havdala de ce genre, entre le saint et le saint des saints, et l'on ne dit pas qu'elles sont comprises ensemble. Dès lors, il aurait mieux valu mentionner dans les havdalot cette havdala " entre le saint et le saint des saints ", et l'on n'aurait pas eu à compléter le compte par la havdala mentionnée dans les Ketouvim, un verset des Chroniques, qui n'est pas écrit dans la Tora. Il me paraît, avec l'aide du Ciel, qu'ils n'ont voulu mentionner, parmi les havdalot, que celles qui ont aussi une portée en ce temps-ci. Même les havdalot entre israélites et leviim, et entre leviim et cohanim, ont une portée au temps où le Temple n'existe pas. La havdala " entre le saint et le saint des saints " n'a d'existence qu'au temps où le Temple existe. Il me paraît encore, avec l'aide du Ciel, que toutes ces havdalot se rapportent à Hachem, béni soit-Il, qui est Celui qui distingue. Celle du rideau, le verset la rapporte au parokhet fait de main d'homme, car il est écrit : " Le rideau distinguera pour vous entre le saint et le saint des saints ".
💡 Explication

Rabbi Yehochoua ben Levi : les formules doivent être du genre des havdalot que la Tora énoncé avec le mot de distinction. On n'en ajoute pas d'autres.

La beraita donne un ordre long, huit membres. Rachi : " le septième jour " est me'ein hatima et sort du nombre, si bien que l'ordre se lit comme sept. Le membre des cohanim sera expliqué plus loin. L'objection elle-même éclate au segment suivant, sur " entre la mer et le sec ".

Le Ben Yehoyada demande pourquoi d'autres versets de havdala manquent : bêtes pures et impures, jour et nuit, saint et saint des saints. Il répond en trois temps : les bêtes sont déjà dans " impur / pur ", le jour et la nuit sont déjà dans " lumière / ténèbres ", et le parokhet n'a de réalité qu'avec le Temple, et le verset l'attribue à un rideau fait de main d'homme.

🖼️ Schéma
Ordre des havdalot dans la beraita1 saint / profane2 lumière / ténèbres3 Israël / nations4 7e jour / six jours d'ouvrage5 impur / pur6 mer / sec7 eaux d'en haut / d'en bas8 cohanim, leviim, israélitesRachi : le 7e jour est me'ein hatima, hors du nombreLa suite retirera mer / sec, puis dédoublera le 8e membrepour fermer le compte à sept
Les huit membres de l'ordre, avant que la Guemara retire la mer et dédouble les cohanim.
8
וְחוֹתֵם בְּ״סֵדֶר בְּרֵאשִׁית״. וַאֲחֵרִים אוֹמְרִים: בְּ״יוֹצֵר בְּרֵאשִׁית״. רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: חוֹתֵם ״מְקַדֵּשׁ יִשְׂרָאֵל״. וְאִם אִיתָא, הָא ״בֵּין הַיָּם לֶחָרָבָה״ לָא כְּתִיבָא בֵּיהּ ״הַבְדָּלָה״! סַמִּי מִכָּאן ״בֵּין הַיָּם לֶחָרָבָה״.

Et l'on conclut par " l'ordre de la création " (seder berechit). Et d'autres disent : par " Celui qui forme la création " (yotser berechit).

Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda dit : on conclut " qui sanctifie Israël ". Et s'il en est ainsi, voici que " entre la mer et le sec ", le mot " havdala " n'y est pas écrit !

Retire d'ici " entre la mer et le sec ".

📜 Rachi (1)
וְחוֹתֵם בְּסֵדֶר בְּרֵאשִׁית בָּרוּךְ סוּדָר בְּרֵאשִׁית וְכֻולְּהוּ הָנָךְ כְּתִיבִי וּלֲהַבְדִּיל בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין הַחֹול וּבֵין הַטָּמֵא וּבֵין הַטָּהוֹר (וַיִּקְרָא י׳:י׳) וַיַּבְדֵּל אֱ-לֹהִים בֵּין הָאוֹר וּבֵין הַחֹשֶׁךְ (בְּרֵאשִׁית א׳:ד׳) וַיַּבְדֵּל בֵּין הַמַּיִם (שָׁם):
Et l'on conclut par l'ordre de la création. Béni soit Celui qui ordonne la création. Et toutes celles-là sont écrites : " pour distinguer entre le saint et le profane, et entre l'impur et le pur " (Levitique 10, 10) ; " D.ieu distingua entre la lumière et les ténèbres " (Genèse 1, 4) ; " Il distingua entre les eaux " (ibid.).
💡 Explication

Trois avis sur la hatima de cette longue havdala : " qui ordonne l'ordre de la création ", " qui forme la création ", ou, selon Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda, " qui sanctifie Israël ".

L'objection à Rabbi Yehochoua ben Levi : " entre la mer et le sec " n'a pas, dans le verset, le verbe distinguer. Rachi aligne les autres membres sur des versets ou le mot est écrit : saint et profane, impur et pur (Levitique 10, 10), lumière et ténèbres (Genèse 1, 4), les eaux (Genèse 1, 6-7). Réponse : on retire " entre la mer et le sec " de la liste.

9
אִי הָכִי ״בֵּין יוֹם הַשְּׁבִיעִי לְשֵׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה״ נָמֵי? מֵעֵין חֲתִימָה הוּא, בְּצַר חֲדָא וְלֵיכָּא שֶׁבַע!

S'il en est ainsi, " entre le septième jour et les six jours de l'ouvrage " aussi ? C'est du genre de la conclusion.

Il en manque une, et il n'y a pas sept !

📜 Rachi (1)
מֵעֵין חֲתִימָה הִיא דְּקָאָמַר וְחוֹתֵם בְּסֵדֶר בְּרֵאשִׁית וְהָוְיָא לֵיהּ בֵּין יוֹם הַשְּׁבִיעִי לְשֵׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה מֵעֵין חֲתִימָה וּבָצְרִי לְהוּ מִשֶּׁבַע:
C'est du genre de la conclusion. Puisqu'il dit : et l'on conclut par l'ordre de la création, " entre le septième jour et les six jours de l'ouvrage " est du genre de la conclusion, et il leur en manque pour arriver à sept.
🗂️ Tossefot (1)
בֵּין יוֹם הַשְּׁבִיעִי לְשֵׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה מֵעֵין חֲתִימָה הִיא ה"נ הֲוָה מָצֵי לְמִיפְרַךְ הָא לָא כְּתִיבָא וְהָא דְּלָא קָתָנֵי לָהּ לְבַסּוֹף פֵּירֵשׁ רַשְׁבַּ"ם דִּשְׁנָאָהּ אַחַר ג' הַבְדָּלוֹת דִּכְשֶׁאֵינוֹ אוֹמֵר רַק ג' הַבְדָּלוֹת הָוְיָא סָמוּךְ לַחֲתִימָה וְאִם תֹּאמַר לְר' יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה וּלְרַב דְּחָתְמִי מְקַדֵּשׁ יִשְׂרָאֵל הֵיכִי הָוְיָא מֵעֵין חֲתִימָה אַדְּרַבָּה כֹּהֲנִים וּלְוִיִּם וְיִשְׂרְאֵלִים הָוֵי טְפֵי מֵעֵין חֲתִימָה וְיֵשׁ לוֹמַר דְּבֵין יוֹם הַשְּׁבִיעִי לְשֵׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה הָוֵי שַׁפִּיר מֵעֵין חֲתִימָה שֶׁקִּדְּשָׁנוּ הקב"ה בְּמִצְוֹתָיו וְנָתַן לָנוּ אֶת הַשַּׁבָּת אֲבָל כֹּהֲנִים לְוִיִּם וְיִשְׂרְאֵלִים לֹא הִזְכִּיר יִשְׂרָאֵל אֶלָּא לְהָקֵל שְׁקָלִים בִּקְדֻושָּׁתָן מִכֹּהֲנִים וּלְוִיִּם וְלָא הָוֵי מֵעֵין חֲתִימָה:
Entre le septième jour et les six jours de l'ouvrage, c'est du genre de la conclusion. Ici aussi, on aurait pu objecter : elle n'est pas écrite. Et ce qu'on ne l'enseigne pas à la fin, le Rachbam l'a expliqué : on l'a répétée après les trois havdalot, car, lorsqu'on ne dit que trois havdalot, elle se trouve tout près de la conclusion. Et si tu dis : selon Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda, et selon Rav, qui concluent " qui sanctifie Israël ", en quoi est-elle du genre de la conclusion ? Au contraire, cohanim, leviim et israélites seraient davantage du genre de la conclusion. Il y a lieu de dire : " entre le septième jour et les six jours de l'ouvrage " est bien du genre de la conclusion, car le Saint, béni soit-Il, nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a donné le Chabbat. Cohanim, leviim et israélites : il a mentionné Israël pour alléger leurs degrés de sainteté par rapport aux cohanim et aux leviim, et cela reste hors du genre de la conclusion.
💡 Explication

Même geste que pour la mer et le sec. " Entre le septième jour et les six jours de l'ouvrage " sert de me'ein hatima à la clôture " ordre de la création ". Il sort du nombre. Après le retrait de la mer, le compte n'atteint plus sept.

Tossefot : on aurait pu objecter aussi que cette formule n'est pas écrite comme havdala. Le Rachbam explique sa place : après les trois, donc tout près de la hatima quand on s'en tient au minimum. Face à la hatima " qui sanctifie Israël ", Tossefot gardent le septième jour comme me'ein hatima, parce que ה' nous a sanctifiés par les mitsvot et nous a donné le Chabbat. Le membre des cohanim, lui, rabaisse Israël au-dessous des cohanim et des leviim : il ne fait pas écho à " qui sanctifie Israël ".

10
אָמְרִי, כֹּהֲנִים לְוִיִּם וְיִשְׂרְאֵלִים תְּרֵי מִילֵּי נִינְהוּ. בֵּין לְוִיִּם לְיִשְׂרְאֵלִים, דִּכְתִיב: ״בָּעֵת הַהִיא הִבְדִּיל ה׳ אֶת שֵׁבֶט הַלֵּוִי״. בֵּין הַכֹּהֲנִים לַלְּוִיִּם, דִּכְתִיב: ״בְּנֵי עַמְרָם אַהֲרֹן וּמֹשֶׁה וַיִּבָּדֵל אַהֲרֹן לְהַקְדִּישׁוֹ קֹדֶשׁ קָדָשִׁים״.

Ils disent : cohanim, leviim et israélites, ce sont deux choses. Entre leviim et israélites, car il est écrit : " En ce temps-là, ה' sépara la tribu de Levi ".

Entre les cohanim et les leviim, car il est écrit : " Les fils d'Amram : Aaron et Moche ; et Il sépara Aaron pour le sanctifier saint des saints ".

💡 Explication

Le dernier membre de la liste se déplie en deux havdalot, chacune avec son verset. Levi face à Israël : " En ce temps-là, ה' sépara la tribu de Levi " (Deutéronome 10, 8). Cohanim face aux leviim : " Il sépara Aaron pour le sanctifier saint des saints " (I Chroniques 23, 13).

Ce dédoublement rend le septième rang que le me'ein hatima du septième jour avait retiré du compte. Le verset d'Aaron est dans les Ketouvim : le Ben Yehoyada, plus haut, s'en étonne, puisqu'on cherchait des havdalot écrites dans la Tora.

🖼️ Schéma
Un membre de la liste, deux havdalotLeviim / israélitesEn ce temps-là, ה' séparala tribu de LeviDeutéronome 10, 8Cohanim / leviimIl sépara Aaronpour le sanctifierI Chroniques 23, 13
Cohanim, leviim et israélites : deux distinctions, deux versets, deux unites dans le compte de sept.
11
מְחַתֵּם מַאי חֲתִים? רַב אָמַר: ״מְקַדֵּשׁ יִשְׂרָאֵל״, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: ״הַמַּבְדִּיל בֵּין קֹודֶשׁ לְחֹול״. לָייֵט עֲלַהּ אַבָּיֵי וְאִיתֵּימָא רַב יוֹסֵף אַהָא דְּרַב.

La conclusion : par quoi conclut-on ? Rav dit : " qui sanctifie Israël ".

Et Chmouel dit : " celui qui distingue entre saint et profane ". Abaye, et certains disent Rav Yossef, a maudit cela, l'opinion de Rav.

⚖️ Rosh (1)
וְכִי מְטָא לְאַבְדּוֹלֵי קָם שַׁמָּעֵיהּ אַדְלִיק אֲבוּקָה מִשְּׁרָגָא א"ל לָמָּה לֵיהּ לְמַר לְמֶיעְבַּד כֻּולֵּי הַאי הָא מַנְחָא שְׁרָגָא. א"ל וְלֹא סָבַר מָר אֲבוּקָה לְהַבְדָּלָה מִצְוָה מִן הַמֻּובְחָר. פָּתַח וְאָמַר הַמַּבְדִּיל בֵּין קֹודֶשׁ לְחֹול בֵּין אוֹר לְחֹושֶׁךְ בֵּין יִשְׂרָאֵל לָעַמִּים וּבֵין יוֹם הַשְּׁבִיעִי לְשֵׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה. אֲמַר לָמָּה לֵיהּ לְמַר לְמֵימַר כֻּולֵּי הַאי וְהָא אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל הַמַּבְדִּיל בֵּין קֹודֶשׁ לְחֹול זוֹ הִיא הַבְדָּלָתוֹ שֶׁל רַבִּי יְהוּדָה הַנָּשִׂיא. אֲמַר לֵיהּ אֲנָא כִּי הָא סְבִירָא לִי דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר ר"י הַפּוֹחֵת אַל יִפְחֹות מִשָּׁלֹשׁ וְהַמּוֹסִיף אַל יוֹסִיף עַל שֶׁבַע אֲמַר לֵיהּ וְהָא מָר לָא תְּלָת וְלֹא שֶׁבַע אָמַר. א"ל אִיבְרָא בֵּין יוֹם הַשְּׁבִיעִי לְשֵׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה מֵעֵין חֲתִימָה הוּא. דְּאָמַר רַב תַּחְלִיפָא בַּר אַבְדִּימִי אָמַר שְׁמוּאֵל כָּל הַבְּרָכוֹת כֻּולָּן צָרִיךְ לוֹמַר מֵעֵין חֲתִימָתָן סָמוּךְ לַחֲתִימָתָן וּבְפוּמְבְּדִיתָא אָמְרִי מֵעֵין פְּתִיחָה סָמוּךְ לַחֲתִימָתָהּ. וקי"ל כִּשְׁמוּאֵל הִלְכָּךְ יוֹם טוֹב שֶׁחָל אַחַר הַשַּׁבָּת בָּעֵי לְמֵימַר מֵעֵין חֲתִימָתָהּ סָמוּךְ לַחֲתִימָתָהּ בֵּין קְדֻושַּׁת שַׁבָּת לִקְדֻושַּׁת יו"ט הִבְדַּלְתָּ וּמַה שֶׁנָּהֲגוּ הָעָם לְהוֹסִיף וְאֶת יוֹם הַשְּׁבִיעִי מִשֵּׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה קִדַּשְׁתָּ הִבְדַּלְתָּ וְקִדַּשְׁתָּ אֶת עַמְּךָ יִשְׂרָאֵל בִּקְדֻושָּׁתֶךָ תָּמַהּ רַבֵּינוּ אֶפְרַיִם מֵהֵיכָן בָּא לָהֶם תּוֹסֶפֶת זֶה וְגַם אֵינוֹ. לֹא מֵעֵין חֲתִימָה וְלֹא מֵעֵין פְּתִיחָה. וְהֵשִׁיב לוֹ ר"ת מִשּׁוּם דְּאָמַר הַמּוֹסִיף אַל יוֹסִיף עַל שֶׁבַע רָצוּ לִפְעָמִים לְהַזְכִּיר שֶׁבַע הַבְדָּלוֹת וְהוֹסִיפוּ בְּהַבְדָּלַת יו"ט בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת לְפִי שֶׁהֵן מֵעִנְיַן יו"ט. וְאֵלּוּ הֵן בֵּין קֹדֶשׁ לְחֹול בֵּין אוֹר לְחֹושֶׁךְ בֵּין יִשְׂרָאֵל לָעַמִּים הֲרֵי ג' בֵּין יוֹם הַשְּׁבִיעִי לְשֵׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה אַגַּב דַּאֲמַר לֵיהּ בְּעָלְמָא אַחַר הַשָּׁלֹשׁ אָמַר לֵיהּ נַמֵּי הָכָא וְאֵינוֹ מִן הַמִּנְיָן. בֵּין קְדֻושַּׁת שַׁבָּת לִקְדֻושַּׁת יוֹם טוֹב הִבְדַּלְתָּ הַיְינוּ אֹוכֶל נֶפֶשׁ דְּשָׁרֵי בי"ט. וְאֶת יוֹם הַשְּׁבִיעִי מִשֵּׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה קִדַּשְׁתָּ הַיְינוּ י"ט אַחֲרוֹן שֶׁל חַג שֶׁהוּא חָלוּק מִשֵּׁשֶׁת יְמֵי חֹול הַמּוֹעֵד שֶׁלְּפָנָיו וְהִבְדַּלְתָּ וְקִדַּשְׁתָּ אֶת עַמְּךָ יִשְׂרָאֵל בִּקְדֻושָּׁתֶךָ הַייְנוּ שְׁתֵּי הַבְדָּלוֹת בֵּין כֹּהֲנִים וּלְוִיִּם וְיִשְׂרְאֵלִים. וְהַייְנוּ מֵעֵין חֲתִימָה הַמַּבְדִּיל בֵּין קֹדֶשׁ לְקֹדֶשׁ וְרֶמֶז בְּעָלְמָא הוּא לְשֶׁבַע הַבְדָּלוֹת דְּמִקְצָתָן אֵינָן כְּתֻובּוֹת בַּתּוֹרָה. הִלְכְתָא אֲבוּקָה לְהַבְדָּלָה מִצְוָה מִן הַמֻּובְחָר. וְהַמַּבְדִּיל לֹא יִפְחֹות מִשָּׁלֹשׁ וְלֹא יוֹסִיף עַל שֶׁבַע ואע"ג דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל הַמַּבְדִּיל בֵּין קֹודֶשׁ לְחֹול זוֹ הַבְדָּלָתוֹ שֶׁל ר' יְהוּדָה הַנָּשִׂיא וְעֻולָּא נָמֵי עֲבִיד כְּוָותֵיהּ וְאָמְרִי' נָמֵי בְּשַׁבָּת בְּפֶ' שׁוֹאֵל (שַׁבָּת דַּף קנ:) אָמַר רַב אָשֵׁי כִּי הָוֵינַן בֵּי רַב כָּהֲנָא אָמְרִי' הַמַּבְדִּיל בֵּין קֹודֶשׁ לְחֹול וְסָלְתִינַן סִילְתֵּי. אֲפִילּוּ הָכֵי נָהֲגוּ הָעָם לוֹמַר שָׁלֹשׁ וקי"ל כה"ג דְּמִנְהָגָא מִילְּתָא הִיא הִלְכָּךְ צָרִיךְ לְמֵימַר שָׁלֹשׁ הַבְדָּלוֹת בֵּין קֹודֶשׁ לְחֹול בֵּין אוֹר לְחֹושֶׁךְ בֵּין יִשְׂרָאֵל לָעַמִּים. וּבֵין יוֹם הַשְּׁבִיעִי לְשֵׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה מֵעֵין חֲתִימָה הִיא וְאֵינָהּ מִן הַמִּנְיָן. וְהָא דְּרַב אַשִּׁי לָאו בְּהַבְדָּלָה עַל הַכּוֹס אַיְירֵי אֶלָּא בְּרוֹצֶה לַעֲשׂוֹת חֲפָצָיו קֹודֶם שֶׁיַּבְדִּיל עַל הַכּוֹס דְּבָעֵי לְמֵימַר בָּרוּךְ אַתָּה ה' אֱ-לֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם הַמַּבְדִּיל בֵּין קֹודֶשׁ לְחֹול. אֲבָל עַל הַכּוֹס מוֹדֶה הוּא לְמֶיעְבַּד כְּבָרַיְיתָא. מִיחְתָּם מַאי חָתֵים רַב אָמַר מְקַדֵּשׁ יִשְׂרָאֵל. וּשְׁמוּאֵל אָמַר הַמַּבְדִּיל בֵּין קֹודֶשׁ לְחֹול. וְהִלְכְתָא כִּשְׁמוּאֵל. דְּהָא אַבָּיֵי וְאִיתֵּימָא רַב יוֹסֵף לָייֵט אַהָא דְּרַב וְהִלְכְתָא אוֹמְרִים הַבְדָּלוֹת בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת וּבְמוֹצָאֵי יוֹם טוֹב וּבְמוֹצָאֵי יוֹם הַכִּפּוּרִים וּבְמוֹצָאֵי יו"ט חֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד וּבְמוֹצָאֵי שַׁבָּת לְיוֹם טוֹב אֲבָל לֹא בְּמוֹצָאֵי י"ט לְשַׁבָּת. גָּרְסִי' בְּסוֹף פֶּרֶק קַמָּא דְּחֻולִּין דַּף כו: אָמַר רָבָא יוֹם טוֹב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּאֶמְצַע הַשַּׁבָּת אוֹמְרִים הַמַּבְדִּיל בֵּין קֹודֶשׁ לְחֹול בֵּין אוֹר לְחֹושֶׁךְ וּבֵין יִשְׂרָאֵל לָעַמִּים בֵּין יוֹם הַשְּׁבִיעִי לְשֵׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה. מ"ט סֵדֶר הַבְדָּלוֹת הוּא מוֹנֶה. תַּנְיָא לֵילֵי שַׁבָּת וְלֵילֵי יו"ט יֵשׁ בָּהֶן קְדֻושָּׁה עַל הַכּוֹס וְיֵשׁ בָּהֶן הַזְכָּרָה בְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן שַׁבָּת וי"ט אֵין בָּהֶם קְדֻושָּׁה עַל הַכּוֹס וְיֵשׁ בָּהֶם אַזְכָּרָה בְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן. רַב חֲנַנְיָא בַּר שֶׁלֶמְיָא וְתַלְמִידֵי דְּרַב הֲווֹ יָתְבִי בִּסְעוֹדְתָּא וַהֲוָה קָאֵי עֲלַיְיהוּ רַב ייֵבָא סָבָא. אָמְרוּ לֵיהּ זִיל עַייֵּן אִי נַגְהֵי יוֹמָא וְנִפְסוֹק וְנִיקְבָּעֶיהָ לְשַׁבָּת. פִּי' נִפְסֹוק בַּעֲקִירַת שֻׁולְחָן. אֲמַר לְהוּ לָא צְרִיכְתּוּ דְּהָא קָבְעָה נַפְשָׁהּ כְּלוֹמַר וְדַי בִּפְרִיסַת מַפָּה. דְּהָכִי אָמַר רַב כְּשֵׁם שֶׁשַּׁבָּת קוֹבַעַת לְמַעֲשֵׂר כָּךְ קוֹבַעַת לְקִידּוּשׁ פִּי' כָּל דָּבָר שֶׁאוֹכֵל מִמֶּנּוּ בְּחוֹל עֲרַאי וַעֲדַיִין לֹא הוֹצִיא מִמֶּנּוּ הַמַּעֲשֵׂר אָסוּר לֶאֱכֹול מִמֶּנּוּ בְּשַׁבָּת אא"כ עִישֵּׂר. מ"ט כֵּיוָן דִּכְתִיב וְקָרָאתָ לַשַּׁבָּת עֹונֶג וּבָעֵי לְעַנּוֹגֵי לְשַׁבָּת בְּמַאֲכָל וּבְמִשְׁתֶּה אִיסְתַּלַּקוּ לְהוּ כֻּולֵּי פְּרִי מִתּוֹרַת עֲרַאי וְהָווּ לְהוּ לְשַׁבָּת כְּמַאן דְּאַזְּמִינְהוּ לְמֵיכַל מִינַּייְהוּ בְּשַׁבָּת בְּתוֹרַת קֶבַע וְאִי לָא עַשְּׂרִינְהוּ מִבְּעוֹד יוֹם אָסוּר לְמָעַשְׂרִינְהוּ מִשֶּׁחֲשֵׁיכָה וְאִי עַשְּׂרִינְהוּ מִבְּעוֹד יוֹם מָצֵי לְמֵיכַל מִינַּייְהוּ בְּשַׁבָּת. וַאֲפִילּוּ סָפֵק חֲשֵׁיכָה סָפֵק אֵינָהּ חֲשֵׁיכָה אֵין מְעַשְּׂרִין אֶת הַוַּדַּאי וּבְאוֹתָהּ שַׁבָּת קְבַעְתֶּן הַשַּׁבָּת לְמַעֲשֵׂר וְאָסוּר לֶאֱכֹול מֵהֶם בְּאוֹתָהּ שַׁבָּת מִפְּנֵי שֶׁנִּקְבְּעוּ לְמַעֲשֵׂר. וְכֵן סָפֵק חֲשֵׁיכָה סָפֵק אֵינָהּ חֲשֵׁיכָה קוֹבַעַת הַשַּׁבָּת לְעַצְמָהּ לְקִידּוּשׁ וְלָא צְרִיכְתּוּ לְמֵידַק אִי חֲשֵׁיכָה אִי לֹא חֲשֵׁיכָה לְמִיקַּבְעָה מִשּׁוּם דְּהִיא קָבְעָה נַפְשָׁהּ הוֹאִיל וּסְפֵק חֲשֵׁיכָה וְסָפֵק אֵינוֹ חֲשֵׁיכָה הוּא. פְּרוּסוּ מַפָּה וְקִידְּשׁוּ וְתִיהַדְּרוּ לִסְעוֹדָתַייְכוּ. וְקָא קָשֶׁה לִי לְפֵירוּשׁ זֶה מָה אַייְּתִי רְאָיָה מִקְּבִיעַת שַׁבָּת לְמַעֲשֵׂר לְעִנְיַן סָפֵק חֲשֵׁיכָה הֵיכָא אַשְׁכְּחַן דְּסָפֵק חֲשֵׁיכָה קוֹבַעַת לְעִנְיַן אִיסּוּר אֲכִילַת עֲרַאי עִיקַּר הָרְאָיָה דְּמַיְיתֵי הַייְנוּ מֵהָא דְּסָפֵק חֲשֵׁיכָה אֵין מְעַשְּׂרִין אֶת הַוַּדַּאי. אֵין זֶה נִכְלָל בְּמִלַּת שַׁבָּת קוֹבַעַת לְמַעֲשֵׂר. וְגַם בִּסְפָרִים שֶׁלָּנוּ כְּתִיב פּוּק חֲזִי אִי קַדִּישׁ יוֹמָא. והר"ז הַלֵּוִי זַ"ל פֵּירֵשׁ שֶׁרָצוּ לַעֲקֹר מִשָּׁעָה שֶׁקִּידֵּשׁ הַיּוֹם שֶׁהוּא מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה וְאָמַר לְהוּ לָא צְרִיכִיתוּ לְמַהֵר כָּל כָּךְ שֶׁהִיא קוֹבַעַת עַצְמָהּ בְּעִיצּוּמָהּ שֶׁל שַׁבָּת וְהוּא בְּצֵאת הַכּוֹכָבִים דְּהָכִי תָּנֵי גַּבֵּי מַעֲשֵׂר הָיָה אוֹכֵל בָּאֶשְׁכּוֹל וְחָשֵׁיכָה לֵילֵי שַׁבָּת ר"א אוֹמֵר יִגְמֹור וְר' יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר לֹא יִגְמֹור אַלְמָא אֵין הַשַּׁבָּת קוֹבַעַת לְמַעֲשֵׂר עַד שֶׁתֶּחְשַׁךְ לְגַמְרֵי וְכֵן פְּרִיסַת מַפָּה:
Quand il en vint à faire la havdala, son serviteur se leva et alluma une torche à la lampe. Il lui dit : pourquoi le maître a-t-il à faire tout cela ? La lampe est déjà posée. Il lui dit : le maître ne tient-il pas qu'une torche pour la havdala est une mitsva de premier choix ? Il ouvrit et dit : celui qui distingue entre saint et profane, entre lumière et ténèbres, entre Israël et les nations, et entre le septième jour et les six jours de l'ouvrage. Il dit : pourquoi le maître a-t-il à dire tout cela ? Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : " celui qui distingue entre saint et profane ", telle est la havdala de Rabbi Yehouda ha-Nassi. Il lui dit : moi, je tiens comme cet enseignement. Rabbi Elazar a dit au nom de Rabbi Y. : celui qui réduit ne descendra pas au-dessous de trois, et celui qui ajoute n'ajoutera pas au-delà de sept. Il lui dit : mais le maître n'a dit ni trois, ni sept. Il lui dit : en vérité, " entre le septième jour et les six jours de l'ouvrage " est du genre de la conclusion. Car Rav Tahlifa bar Avdimi a dit que Chmouel a dit : pour toutes les bénédictions, il faut dire un passage du genre de leur conclusion, tout près de leur conclusion. Et à Poumbedita on dit : du genre de l'ouverture, tout près de sa conclusion. Et nous tenons comme Chmouel. Dès lors, un Yom Tov qui tombe après le Chabbat, il faut dire un passage du genre de sa conclusion, tout près de sa conclusion : Tu as distingué entre la sainteté du Chabbat et la sainteté du Yom Tov. Et ce que le peuple a coutume d'ajouter : et le septième jour, Tu l'as sanctifié d'avec les six jours de l'ouvrage, Tu as distingué, et Tu as sanctifié Ton peuple Israël par Ta sainteté. Rabbeinou Ephraim s'étonne : d'où leur vient cet ajout ? Il ne relève ni du genre de la conclusion, ni du genre de l'ouverture. Rabbeinou Tam lui a répondu : puisqu'il est dit " celui qui ajoute n'ajoutera pas au-delà de sept ", ils ont voulu parfois mentionner sept havdalot, et ils les ont ajoutées dans la havdala de Yom Tov à la sortie du Chabbat, parce qu'elles sont du sujet du Yom Tov. Les voici : entre saint et profane, entre lumière et ténèbres, entre Israël et les nations, cela fait trois. Entre le septième jour et les six jours de l'ouvrage : puisqu'on le dit d'ordinaire après les trois, on le dit ici aussi, et il est hors du nombre. Tu as distingué entre la sainteté du Chabbat et la sainteté du Yom Tov : c'est la nourriture de la personne (ochel nefech), permise à Yom Tov. Et le septième jour, Tu l'as sanctifié d'avec les six jours de l'ouvrage : c'est le dernier Yom Tov de la fête, qui se distingue des six jours de chol ha-moed qui le précédent. Tu as distingué, et Tu as sanctifié Ton peuple Israël par Ta sainteté : ce sont deux havdalot, entre cohanim, leviim et israélites. Et c'est du genre de la conclusion : celui qui distingue entre saint et saint. C'est une simple allusion aux sept havdalot, dont une partie n'est pas écrite dans la Tora. Halakha : une torche pour la havdala est une mitsva de premier choix. Et celui qui fait la havdala ne descendra pas au-dessous de trois et n'ajoutera pas au-delà de sept. Et bien que Rav Yehouda ait dit que Chmouel a dit : " celui qui distingue entre saint et profane ", telle est la havdala de Rabbi Yehouda ha-Nassi, et qu'Oulla ait agi de même, et que nous disions aussi à Chabbat, au chapitre Choel (Chabbat 150b) : Rav Ashi a dit : quand nous étions chez Rav Cahana, nous disions " celui qui distingue entre saint et profane ", et nous vaquions à nos affaires. Malgré cela, le peuple a coutume d'en dire trois, et nous tenons ainsi, car la coutume est une chose qui compte. Dès lors, il faut dire trois havdalot : entre saint et profane, entre lumière et ténèbres, entre Israël et les nations. Et " entre le septième jour et les six jours de l'ouvrage " est du genre de la conclusion, et elle est hors du nombre. Cet enseignement de Rav Ashi vise celui qui veut vaquer à ses affaires avant de faire la havdala sur la coupe. Il doit dire : Béni sois-Tu, ה', notre D.ieu, Roi du monde, qui distingue entre saint et profane. Sur la coupe, il convient d'agir selon la beraita. La conclusion, par quoi conclut-on ? Rav dit : qui sanctifie Israël. Et Chmouel dit : celui qui distingue entre saint et profane. Et la halakha est comme Chmouel. Car Abaye, et certains disent Rav Yossef, a maudit l'opinion de Rav. Et la halakha : on dit des havdalot à la sortie du Chabbat, à la sortie de Yom Tov, à la sortie de Yom Kippour, à la sortie de Yom Tov vers le chol ha-moed, et à la sortie du Chabbat vers un Yom Tov, mais non à la sortie de Yom Tov vers le Chabbat. Nous lisons à la fin du premier chapitre de Houlin (26b) : Rava a dit : un Yom Tov qui tombe au milieu de la semaine, on dit : celui qui distingue entre saint et profane, entre lumière et ténèbres, entre Israël et les nations, entre le septième jour et les six jours de l'ouvrage. Quelle est la raison ? Il énumère l'ordre des havdalot. Une beraita enseigné : les nuits de Chabbat et les nuits de Yom Tov ont une sainteté sur la coupe, et elles ont une mention dans le birkat ha-mazon. Le Chabbat et le Yom Tov n'ont pas de sainteté sur la coupe, et ils ont une mention dans le birkat ha-mazon. Rav Hanania bar Chalamya et les disciples de Rav étaient assis à un repas, et Rav Yeiva l'Ancien se tenait auprès d'eux. Ils lui dirent : va voir si le jour a point, nous interromprons et nous le fixerons pour le Chabbat. Explication : nous interromprons en enlevant la table. Il leur dit : vous n'en avez pas besoin, car il se fixe de lui-même. C'est-à-dire : étendre une nappe suffit. Car ainsi a dit Rav : de même que le Chabbat fixe pour la dîme, de même il fixe pour le kiddouch. Explication : toute chose dont on mange en semaine de façon occasionnelle (arai), et dont on n'a pas encore prélevé la dîme, il est interdit d'en manger le Chabbat, sauf si l'on a dîmé. Quelle est la raison ? Puisqu'il est écrit " tu appelleras le Chabbat un délice ", et qu'il faut donner au Chabbat son délice par le manger et le boire, tous les fruits sortent du régime de l'occasionnel, et, pour le Chabbat, ils sont comme si on les avait invités à en manger le Chabbat à titre de repas fixe. Si on ne les a pas dîmés pendant qu'il faisait encore jour, il est interdit de les dîmer après la nuit. Si on les a dîmés pendant qu'il faisait encore jour, on peut en manger le Chabbat. Et même dans un doute si la nuit est tombée, un doute si elle n'est pas tombée, on ne dîme pas le certain. Et ce Chabbat-là, le Chabbat les a fixés pour la dîme, et il est interdit d'en manger ce Chabbat-là, parce qu'ils ont été fixés pour la dîme. De même, un doute si la nuit est tombée, un doute si elle n'est pas tombée, le Chabbat se fixe de lui-même pour le kiddouch. Et vous n'avez pas à vérifier s'il fait nuit ou non pour le fixer, parce qu'il se fixe de lui-même, dès lors qu'il y a doute s'il fait nuit et doute s'il ne fait pas nuit. Étendez une nappe, faites le kiddouch, et retournez à votre repas. Et cette explication me fait difficulté : quelle preuve apporte-t-il, de la fixation du Chabbat pour la dîme, au sujet du doute de nuit ? Où trouvons-nous qu'un doute de nuit fixe quant à l'interdit de manger de façon occasionnelle ? La preuve principale qu'il apporte est celle-ci : dans un doute de nuit, on ne dîme pas le certain. Cela reste en dehors de la formule " le Chabbat fixe pour la dîme ". Et dans nos livres aussi il est écrit : sors, vois si le jour est sanctifié. Et Rabbi Zerahya ha-Levi, de mémoire bénie, a expliqué : ils voulaient interrompre dès l'heure où le jour est sanctifié, c'est-à-dire dès le coucher du soleil. Il leur a dit : vous n'avez pas à vous presser autant. Il se fixe de lui-même au cœur du Chabbat, et c'est à la sortie des étoiles. Car ainsi enseigne-t-on au sujet de la dîme : il mangeait une grappe, et la nuit du Chabbat est tombée. Rabbi Eliezer dit : il peut achever. Rabbi Yehochoua dit : il ne peut pas achever. On apprend de là que le Chabbat ne fixe pour la dîme qu'une fois la nuit complètement tombée. Et il en va de même pour étendre la nappe.
💡 Explication

Question pratique : la hatima ordinaire de la havdala. Rav : " qui sanctifie Israël ". Chmouel : " celui qui distingue entre saint et profane ". Abaye, ou Rav Yossef, maudit la clôture de Rav : rejet très net.

Le Roch reprend d'abord la scène de la torche et des trois formules, puis tranche : halakha comme Chmouel, pour le me'ein hatima et pour la clôture. Il faut trois havdalot ; le septième jour se dit en plus, hors du nombre. La coutume de trois l'emporte sur l'usage de n'en dire qu'une, même celui de Rabbi Yehouda ha-Nassi, d'Oulla et de Rav Ashi. Rav Ashi, précise-t-il, vise la bénédiction dite avant la coupe, quand on veut déjà vaquer à ses affaires.

La fin du Roch quitte la havdala du soir pour le kiddouch : étendre une nappe suffit à fixer le repas, sur le modèle du Chabbat qui fixe pour la dîme. Le Roch reste en difficulté sur la preuve tirée du doute de nuit, et rapporte Rabbi Zerahya ha-Levi : on n'interrompt qu'à la sortie des étoiles, comme la grappe de la dîme, que Rabbi Yehochoua interdit d'achever seulement une fois la nuit complète.

12
תָּנָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן חֲנַנְיָא: כָּל הַחוֹתָם ״מְקַדֵּשׁ יִשְׂרָאֵל וְהַמַּבְדִּיל בֵּין קֹודֶשׁ לְחֹול״ מַאֲרִיכִין לוֹ יָמָיו וּשְׁנוֹתָיו.

On a enseigné au nom de Rabbi Yehochoua ben Hanania : quiconque conclut " qui sanctifie Israël et qui distingue entre saint et profane ", on lui allonge ses jours et ses années.

💡 Explication

Troisième formule, rapportée au nom de Rabbi Yehochoua ben Hanania : les deux clôtures ensemble, " qui sanctifie Israël " et " qui distingue entre saint et profane ". L'enseignement y joint une promesse : on lui allonge ses jours et ses années. Le Roch, au segment précédent, a déjà tranché la halakha comme Chmouel seul.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).