Pesachim 104b - La conclusion de la havdala et la forme des bénédictions

Pesachim 104b

Sougya : La halakha ne suit pas celui qui conclut la havdala par les deux formules ensemble, mekadesh Yisrael et hamavdil bein kodech le-hol. Le Rachbam la fixe comme Chmouel : hamavdil bein kodech le-hol.

Oula, de passage à Poumbedita, ne dit que cette formule, sans les autres distinctions et sans conclusion. Rav Yehouda reproche à son fils Rav Yitshak d'avoir envoyé Abaye à sa place.

Une baraïta pose alors la règle : une bénédiction s'ouvre et se conclut par baroukh, avec des exceptions, dont ha-tov ve-ha-metiv.

Par quelle formule conclut-on la havdala ?Suite de 104a. Abaye, ou Rav Yossef, maudit l'avis de Rav.Ravmekadesh YisraelConclusion :qui sanctifie Israël.Abaye, ou Rav Yossef,s'emporte contrecet avis.Chmouelhamavdil beinkodech le-holConclusion :qui distinguele sacré et le profane.Halakha, selon le Rachbam.Rabbi Yehochouaben HananiaLes deux ensembleOn lui allongejours et années.La halakha ne suit pas :on ne conclut pas par deux.Preuve du Rachbam, Houlin 26bSortie du Chabbat vers un Yom Tov : conclusion bein kodech le-kodech.On en déduit la sortie du Chabbat vers un jour ordinaire :conclusion bein kodech le-hol.
Trois conclusions. La halakha retient Chmouel : entre le sacré et le profane.
Ouvrir et conclure une bénédictionRègle : on ouvre par baroukh et l'on conclut par baroukhBaraïta opposée à la formule courte d'OulaOuvre, ne conclut pasFormule courteBénédictions des mitsvotet des fruits.L'ouverture tient lieude conclusion.Conclut, n'ouvre pasAdjacente a sa voisineLa précédente a déjàouvert par baroukh.Milieu de l'Amida.Dernière bénédiction du Chema.Cas à part : ha-tov ve-ha-metivElle suit le birkat ha-mazon, donc elle est adjacente.Elle ouvre pourtant par baroukh, et elle ne conclut pas.Rachi : instituée à part, pour les tués de Beitar.Toute d'action de grâces, comme les fruits et les mitsvot.Tossefot : les titres divins ne forment pas une longueur à conclure.
Règle générale, deux familles d'exceptions, et le cas de ha-tov ve-ha-metiv.
Comment Oula a dit la havdalaRav Yehoudaà son filsRav YitshakApporte une corbeillede fruits, et regardecomment il distingue.Rav Yitshakn'y va pas.Il envoie Abaye,à sa place.Abaye revientavec le rapport.Formule d'OulaBaroukh hamavdilbein kodech le-holRien de plus.Pas les autresdistinctions, pas de hatima.Reprise de Rav YehoudaLa grandeur du maître et sa morgue ont faitque l'enseignement ne soit pas dit de sa bouche.Rachi : tu n'y es pas allé toi-même.
Oula ne dit qu'une formule. Rav Yitshak n'est pas allé l'entendre lui-même.
1
וְלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ.

Et la halakha n'est pas selon lui.

🗂️ Tossefot (1)
וְלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ וְטַעֲמָא לְפִי שֶׁאֵין חוֹתְמִין בִּשְׁתַּיִם וּבָרַייְתָא סָבְרָה (כַּר') [כְּמַאן] דְּאָמַר בְּפֶ' ג' שֶׁאָכְלוּ (בְּרָכוֹת ד' מט.) חוֹתְמִין בִּשְׁתַּיִם וּפִי' רַשְׁבָּ"ם דַּהֲלָכָה כִּשְׁמוּאֵל דַּחֲתִים בֵּין קֹודֶשׁ לְחֹול מִדְּחָתְמִינַן בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת לי"ט בֵּין קֹודֶשׁ לְקוֹדֶשׁ ספ"ק דְּחֻולִּין (דַּף כו:) ש"מ בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת דְּחוֹל חוֹתְמִין בֵּין קֹודֶשׁ לְחֹול:
Et la halakha n'est pas selon lui. La raison : on ne conclut pas par deux formules. La baraïta suit l'avis de celui qui dit, au chapitre "Trois qui ont mangé" (Berakhot 49a), qu'on conclut par deux. Le Rachbam explique que la halakha suit Chmouel, qui conclut "bein kodech le-hol" (entre le sacré et le profane). Puisqu'on conclut, à la sortie du Chabbat vers un Yom Tov, "bein kodech le-kodech" (entre le sacré et le sacré), au début du premier chapitre de Houlin (26b), on en déduit qu'à la sortie du Chabbat vers un jour ordinaire, on conclut "bein kodech le-hol".
💡 Explication

Ce "lui" est l'enseignement rapporté au nom de Rabbi Yehochoua ben Hanania, à la fin de 104a : conclure par les deux formules, mekadesh Yisrael et hamavdil bein kodech le-hol. À qui le fait, on allonge jours et années.

Tossefot donne la raison : une bénédiction ne reçoit pas deux conclusions. La baraïta, elle, suit l'avis de Berakhot 49a qui admet une double conclusion. Le Rachbam fixe la halakha comme Chmouel.

La preuve vient de Houlin 26b. La sortie du Chabbat vers un Yom Tov se conclut bein kodech le-kodech. La sortie du Chabbat vers un jour ordinaire se conclut donc bein kodech le-hol.

🖼️ Schéma
D'où le Rachbam tire la conclusionConnu, Houlin 26bSortie du Chabbatvers un Yom Tovbein kodech le-kodechOn en déduitSortie du Chabbatvers un jour ordinairebein kodech le-hol>Même structure : la conclusion nomme les deux saintetés que l'on sépare.
La conclusion vers un Yom Tov enseigne la conclusion vers un jour ordinaire.
2
עֻולָּא אִיקְּלַע לְפוּמְבְּדִיתָא, אֲמַר לֵיהּ רַב יְהוּדָה לְרַב יִצְחָק בְּרֵיהּ: זִיל אַמְטִי לֵיהּ כַּלְכַּלָּה דְפֵירֵי, וַחֲזִי הֵיכִי אַבְדִּיל. לָא אֲזַל, שֶׁדָּר לֵיהּ לְאַבַּיֵּי. כִּי אֲתָא אַבַּיֵּי, אֲמַר לֵיהּ: הֵיכִי אָמַר? אֲמַר לֵיהּ: ״בָּרוּךְ הַמַּבְדִּיל בֵּין קֹודֶשׁ לְחֹול״ אָמַר, וְתוּ לָא.

Oula arriva à Poumbedita. Rav Yehouda dit à Rav Yitshak, son fils : va, apporte-lui une corbeille de fruits, et regarde comment il fait la havdala.

Il n'y alla pas. Il envoya Abaye auprès de lui.

Quand Abaye revint, il lui dit : comment a-t-il dit ? Il lui dit : il a dit "Baroukh hamavdil bein kodech le-hol" (béni soit Celui qui distingue entre le sacré et le profane), et rien de plus.

📜 Rachi (1)
הַמַּבְדִּיל בֵּין קֹודֶשׁ לְחֹול וְתוּ לֹא אָמַר בָּהּ שְׁאָר הַבְדָּלוֹת וְלֹא חָתַם בָּהּ:
Celui qui distingue entre le sacré et le profane : il n'a rien ajouté, ni les autres formules de distinction, ni une conclusion.
💡 Explication

Oula passe à Poumbedita. Rav Yehouda charge son fils d'apporter des fruits et d'observer la havdala.

Rav Yitshak envoie Abaye. Le rapport tient en une seule phrase : ouverture par baroukh, une seule distinction, bein kodech le-hol. Rachi : pas les autres havdalot, et pas de hatima, la formule de conclusion.

3
אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּאָבוּהָ, אֲמַר לֵיהּ: הֵיכִי אָמַר? אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא לָא אָזְלִי, אֲנָא שֶׁדְּרֵיתֵיהּ לְאַבַּיֵּי, וַאֲמַר לִי ״הַמַּבְדִּיל בֵּין קֹודֶשׁ לְחֹול״. אֲמַר לֵיהּ: רַבְרְבָנוּתֵיהּ דְּמַר, וּסְרָרוּתֵיהּ דְּמַר, גְּרַמָא לֵיהּ לְמָר דְּלָא תֵּימָא שְׁמַעְתֵּיהּ מִפֻּומֵּיהּ.

Il vint devant son père. Celui-ci lui dit : comment a-t-il dit ?

Il lui dit : moi, je n'y suis pas allé. J'ai envoyé Abaye, et il m'a dit "hamavdil bein kodech le-hol".

Il lui dit : la grandeur du maître et la morgue du maître ont fait que l'enseignement ne soit pas dit de la bouche du maître.

📜 Rachi (1)
הִיא גְּרָמָא לֵיהּ לְמַר שֶׁלֹּא הָלַכְתָּ אַתָּה בְּעַצְמְךָ:
C'est elle qui a causé au maître ceci : que tu n'y sois pas allé toi-même.
💡 Explication

Rav Yitshak rend compte à Rav Yehouda. Le père répond à la troisième personne, "le maître", forme de reprise.

Ravrevanout, la grandeur, et sarrout, la morgue : Rachi les ramène au fait que le fils n'y est pas allé lui-même. La pratique d'Oula ne sort donc pas de sa bouche.

4
מֵיתִיבִי: כָּל הַבְּרָכוֹת כֻּולָּן פּוֹתֵחַ בְּבָרוּךְ וְחוֹתֵם בָּהֶן בְּבָרוּךְ, חוּץ מִבִּרְכַּת מִצְוֹת וּבִרְכַּת הַפֵּירוֹת וּבְרָכָה הַסְּמוּכָה לַחֲבֶירְתָּהּ וּבְרָכָה אַחֲרוֹנָה שֶׁבִּקְרִיַּת שְׁמַע,

On objecte : toutes les bénédictions, on les ouvre par baroukh et on les conclut par baroukh, sauf la bénédiction des mitsvot, la bénédiction des fruits, une bénédiction adjacente à sa voisine, et la dernière bénédiction de la lecture du Chema.

📜 Rachi (3)
וּבִרְכַּת הַמִּצְוֹת כְּגוֹן לְהִתְעַטֵּף בְּצִיצִית וְעַל נְטִילַת לוּלָב:
Et la bénédiction des mitsvot : par exemple "s'envelopper du tsitsit" et "sur la prise du loulav".
וּבְרָכָה הַסְּמוּכָה לַחֲבֶרְתָּהּ כְּגוֹן אוֹתָם שֶׁל שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה:
Et une bénédiction adjacente à sa voisine : par exemple celles des dix-huit bénédictions.
וּבְרָכָה אַחֲרוֹנָה שֶׁבִּקְרִיַּת שְׁמַע אע"פ שֶׁאֵין בְּרָכָה אַחֶרֶת לְמַעְלָה הֵימֶנָּה שֶׁהִתְחִיל בָּהּ בְּבָרוּךְ:
Et la dernière bénédiction de la lecture du Chema : bien qu'il n'y ait pas, au-dessus d'elle, une autre bénédiction qui ait commencé par baroukh.
🗂️ Tossefot (2)
כָּל הַבְּרָכוֹת פּוֹתֵחַ בְּבָרוּךְ וְחוֹתֵם בְּבָרוּךְ וְתֵימַהּ בְּרָכָה דֶּאֱ-לֹהֵי נְשָׁמָה אַמַּאי לֹא פּוֹתַחַת בְּבָרוּךְ דְּהָא מֵעִיקָּרָא לָא הֲווָת סְמוּכָה לַחֲבִירְתֵּהּ כִּדְאָמְרִינַן בִּבְרָכוֹת (דַּף ס:) כִּי מִתְּעַר אוֹמֵר אֱ-לֹהַי נְשָׁמָה וְכֵן קָשֶׁה מֵאַתָּה הוּא עַד שֶׁלֹּא נִבְרָא הָעוֹלָם וּתְפִלַּת הַדֶּרֶךְ שֶׁחוֹתֵם וְאֵינוֹ פּוֹתֵחַ בְּבָרוּךְ וְי"ל לְפִי שֶׁאֵינָן בְּרָכוֹת אֶלָּא שֶׁבַח וּתְפִלָּה בְּעָלְמָא וּבְרָכָה שֶׁאַחַר מְגִילָּה נִרְאֶה דְּחָתְמִינַן בא"י הָאֵל הַנִּפְרָע לְעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל מִכָּל צָרֵיהֶם הָאֵל הַמּוֹשִׁיעַ שֶׁהִיא אֲרֻוכָּה וְלָא דָּמְיָא לְבִרְכַּת פֵּירוֹת וּמִצְוֹת שֶׁהֵן קְצָרוֹת וְכֵן יֵשׁ בַּיְּרוּשַׁלְמִי דִּמְגִילָּה וּבַגְּמָרָא דִּידַן (דַּף כא:) בִּסְפָרִים יְשָׁנִים דְּחוֹתֵם בָּהּ בְּבָרוּךְ הָאֵל הַנִּפְרָע כו' וּבְרָכָה דְּבוֹרֵא נְפָשׁוֹת רַבּוֹת חוֹתֵם בִּירוּשַׁלְמִי בא"י חֵי הָעוֹלָמִים:
Toutes les bénédictions ouvrent par baroukh et concluent par baroukh. Difficulté : la bénédiction Elohaï nechama, pourquoi n'ouvre-t-elle pas par baroukh ? À l'origine elle n'était pas adjacente à sa voisine, comme nous le disons dans Berakhot (60b) : quand on s'éveille, on dit Elohaï nechama. Même difficulté à partir de "Ata hou, avant que le monde ne fût créé", et à partir de la tefilat ha-derekh (prière de la route), qui conclut et n'ouvre pas par baroukh. On peut répondre : ce sont des louanges et une prière ordinaire, non des bénédictions. La bénédiction après la meguila : il paraît qu'on conclut "Baroukh ata Hachem, ha-El ha-nifra le-amo Israël mi-kol tsareihem, ha-El ha-mochiah", qui est longue, et elle ne ressemble pas aux bénédictions des fruits et des mitsvot, qui sont courtes. Il en est ainsi dans le Talmud de Jérusalem de Meguila, et dans notre Guemara (21b), dans les livres anciens : on y conclut par baroukh, ha-El ha-nifra, etc. Et la bénédiction bore nefachot rabot conclut, dans le Talmud de Jérusalem, par "Baroukh ata Hachem, hei ha-olamim".
חוּץ מִבְּרָכָה הַסְּמוּכָה לַחֲבִירְתֵּהּ פֵּירוּשׁ לְפִי שַׁחַת' בָּרִאשׁוֹנָה אֵין צָרִיךְ לִפְתֹּוחַ הַשְּׁנִיָּה בְּבָרוּךְ וּבְרָכָה שֶׁלְּאַחַר הַפְטָרָה דְּצוֹר כָּל הָעוֹלָמִים עַד שֶׁכָּל דְּבָרָיו הָאֱמֶת וְהַצֶּדֶק וְיֵשׁ הֶפְסֵק בַּמַּחֲזוֹרִים וּמַתְחִיל נֶאֱמָן אַתָּה הוּא וְאֵין שָׁם בְּרָכָה לֹא בַּחֲתִימַת הָרִאשׁוֹנָה וְלֹא בִּפְתִיחַת הַשְּׁנִיָּה וְנִרְאֶה דְּכֻולָּהּ בְּרָכָה אַחַת הִיא דְּכֻולָּהּ מִשְׁתַּעֲיָא בְּנֶאֱמָנוּת וּבַאֲמִיתּוּת הַמָּקוֹם וּמַה שֶׁיֵּשׁ הֶפְסֵק בַּמַּחֲזוֹרִים לְפִי שֶׁהָיוּ רְגִילִים כָּל הַצִּיבּוּר לְהַפְסִיק שָׁם וְלוֹמַר שֶׁבַח כִּדְאָמַר בְּמַסֶּכֶת סוֹפְרִים (פֶּרֶק יג הֲלָכָה י') וְכֵן מַשְׁמַע הָתָם דִּבְרָכָה אַחַת הִיא דְּקָאָמַר דְּמַפְטִיר מְבָרֵךְ ז' בְּרָכוֹת כְּנֶגֶד ז' קְרוּאִים פִּי' בִּקְרִיאַת הַתּוֹרָה בַּתְּחִלָּה וְסוֹף וְאַחַת לִפְנֵי הַפְטָרָה וְד' אַחֲרֶיהָ הֲרֵי ז' וְשֶׁבַע בְּרָכוֹת שֶׁל נִישּׂוּאִין שֶׁהַכֹּל בָּרָא לִכְבוֹדוֹ וְיוֹצֵר הָאָדָם וַאֲשֶׁר יָצַר אֶת הָאָדָם כו' שֶׁפּוֹתְחִין בְּבָרוּךְ פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י בִּכְתֻובּוֹת (דַּף ח.) דְּשֶׁהַכֹּל בָּרָא לִכְבוֹדוֹ נִתְקְנָה לַאֲסִיפַת הָעָם וְהָיָה רָאוּי לְאוֹמְרָהּ מִשְּׁעַת אֲסִיפָה וְהִיא בְּרָכָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ וְכֵן יוֹצֵר הָאָדָם לֹא הָיְתָה צְרִיכָה שֶׁהֲרֵי יֹאמַר אֲשֶׁר יָצַר אַחֲרֶיהָ אֶלָּא לְהַזְכִּיר שְׁתֵּי יְצִירוֹת תִּיקְּנוּהָ וְהִקְדִּימוּהָ לַאֲשֶׁר יָצַר וַהֲרֵי הִיא כְּמוֹ לְעַצְמָהּ וַאֲשֶׁר בָּרָא שֶׁפּוֹתַחַת בְּבָרוּךְ לְפִי שֶׁאוֹמֵר אוֹתָהּ לְבַדָּהּ כְּשֶׁאֵין פָּנִים חֲדָשׁוֹת ור"ת אוֹמֵר דְּשֶׁהַכֹּל בָּרָא לִכְבוֹדוֹ וְיוֹצֵר הָאָדָם לְכָךְ פּוֹתֵחַ בְּבָרוּךְ בְּלֹא חֲתִימָה שֶׁהֵם קְצָרוֹת כְּמוֹ בִּרְכַּת פֵּירוֹת וּמִצְוֹת וּפְתִיחָתָן זוֹ הִיא חֲתִימָתָן וּבַאֲשֶׁר יָצַר אֶת הָאָדָם צָרִיךְ לִפְתֹּוחַ בְּבָרוּךְ שֶׁאִם לֹא הָיָה פּוֹתֵחַ הָיָה נִרְאֶה הַכֹּל בְּרָכָה אַחַת וּבִרְכַּת לַעֲסֹוק בְּדִבְרֵי תּוֹרָה וְהַעֲרֵב נָא אוֹמֵר שֶׁהִיא בְּרָכָה אַחַת כֵּיוָן שֶׁאֵין פּוֹתֵחַ הַעֲרֵב נָא בְּבָרוּךְ וְהַבְדָּלָה נָמֵי שֶׁפּוֹתַחַת בְּבָרוּךְ אע"פ שֶׁסְּמוּכָה לְבִרְכַּת מְאוֹר מִשּׁוּם שֶׁלֹּא תִּרְאֶה בְּרָכָה אַחַת וּמִיהוּ בַּיְּרוּשַׁלְמִי פָּרֵיךְ וַהֲרֵי הַבְדָּלָה וּמְשַׁנֵּי רַבִּי הֲוָה מְפַזְּרָן. וא"ת יְהַלְלוּךָ שֶׁאַחַר הַלֵּל וְיִרְאוּ עֵינֵינוּ וְיִשְׁתַּבַּח לָמָּה אֵין פּוֹתֵחַ בָּהֶן בְּבָרוּךְ וי"ל דִּיהַלְלוּךָ הָוְיָא סְמוּכָה לִבְרָכָה דְּלִקְרֹוא אֶת הַהַלֵּל וְיִרְאוּ עֵינֵינוּ לְהַשְׁכִּיבֵנוּ וְיִשְׁתַּבַּח לְבָרוּךְ שֶׁאָמַר וְלָא הָווּ הַפְּסוּקִים הֶפְסֵק כְּמוֹ בְּרָכָה אַחֲרוֹנָה שֶׁבִּקְרִיאַת שְׁמַע דְּלָא הָוֵי קְרִיאַת שְׁמַע הֶפְסֵק וְאִם כֵּן נִרְאֶה שֶׁאֵין לְהַפְסִיק בֵּין בָּרוּךְ שֶׁאָמַר לְיִשְׁתַּבַּח וּמִיהוּ קָשֶׁה מִיְּהַלְּלוּךְ דְּלֵילֵי פֶּסַח דְּאֵין מְבָרְכִין לִקְרֹוא אֶת הַהַלֵּל לְכָךְ נִרְאֶה דִּבְרָכָה שֶׁאַחַר פְּסוּקִים אֵין צָרִיךְ פְּתִיחָה שֶׁבְּלֹא פְּתִיחָה נִיכֶּרֶת הַתְחָלָה וּבִירוּשַׁלְמִי (דִּבְרָכוֹת פ"א) פָּרֵיךְ וַהֲרֵי גְּאֻולָּה פִּי' אֲשֶׁר גְּאָלָנוּ דִּסְמוּכָה לִבְרָכָה דִּקְרִיאַת הַלֵּל וּמְשַׁנֵּי שַׁנְיָיא הִיא הַלֵּל אִם שָׁמַע בבהכ"נ יָצָא פֵּירוּשׁ שֶׁהָיוּ קוֹרִין הַלֵּל בְּלֵילֵי פֶּסַח בְּבֵית הַכְּנֶסֶת כִּדְאִיתָא בְּמַס' סוֹפְרִים (פ"כ הֲלָכָה ט') הֲתִיב ר' אֶלְעָזָר בַּר ר' יוֹסֵי וַהֲרֵי סוֹפָהּ פֵּירֵשׁ רַבֵּינוּ שְׁמוּאֵל בַּר ר' שָׁמְעִי' סוֹפָהּ סוֹף בְּרָכָה דַּאֲשֶׁר גְּאָלָנוּ שֶׁחוֹתֵם בְּבָרוּךְ וְהִיא כֻּולָּהּ הוֹדָאָה וּמְשַׁנֵּי שְׁתַּיִם הֵן אַחַת לְהַבָּא וְאַחַת לְשֶׁעָבַר פֵּירוּשׁ שְׁתֵּי גְּאֻולּוֹת אֲשֶׁר גְּאָלָנוּ גְּאֻולָּה דִּלְשֶׁעָבַר וּגְאֻולָּה לְהַבָּא שְׂמֵחִים בְּבִנְיַן עִירְךָ וּלְכָךְ חוֹתֵם בְּבָרוּךְ דְּאֵין כֻּולָּהּ הוֹדָאָה דְּיֵשׁ בָּהּ הֶפְסֵק וּתְפִלָּה שֶׁיִּגְאַל אוֹתָנוּ וּפָרִיךְ מֵהַבְדָּלָה כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל וּפָרִיךְ וַהֲרֵי נְבָרֵךְ פִּי' בָּרוּךְ הוּא שֶׁאָכַלְנוּ מִשֶּׁלּוֹ כו' דְּהָוְיָא בְּרָכָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶ' ג' שֶׁאָכְלוּ (בְּרָכוֹת ד' מו.) וּמַתְחִיל בִּרְכַּת הַזָּן בְּבָרוּךְ אע"פ שֶׁסְּמוּכָה לִנְבָרֵךְ וּמְשַׁנֵּי שַׁנְייָא הִיא שֶׁאִם הָיוּ שְׁנַיִם אוֹכְלִים אֵין אוֹמֵר נְבָרֵךְ וּפָרִיךְ וַהֲרֵי הַזָּן פִּי' שֶׁאוֹמֵר אַחֲרָיו נוֹדָךְ וְאֵין פּוֹתֵחַ בְּבָרוּךְ אע"פ שֶׁפְּעָמִים אֵינָהּ סְמוּכָה לְבִרְכַּת הַזָּן כְּשֶׁרָצוּ הַשְּׁנַיִם לִזְמַן וְהַשְּׁלִישִׁי מַפְסִיק לְרַב שֵׁשֶׁת עַד הַזָּן צָרִיךְ לִשְׁמֹועַ וַהֲלָכָה כְּרַב שֵׁשֶׁת בְּאִיסּוּרֵי וּכְשֶׁיִּגְמֹור סְעֻודָּתוֹ קָאָמַר הָתָם בְּסוֹף . שְׁמַעְתָּא דְּרַבָּנָן אָמְרִי יַחֲזֹור לַמָּקוֹם שֶׁפָּסַק קַשְׁיָא וְעוֹד פָּרֵיךְ וַהֲרֵי הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב פִּי' בְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן דִּסְמוּכָה לַחֲבֶרְתָּהּ וּפוֹתַחַת בְּבָרוּךְ שַׁנְיָיא בְּיַבְנֶה תִּיקְּנוּהָ וּפָרִיךְ וַהֲרֵי קִידּוּשׁ פֵּירוּשׁ דִּסְמוּכָה לְבוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן וּפוֹתְחִין בְּבָרוּךְ שַׁנְייָא הִיא שֶׁאִם הָיָה אוֹכֵל מִבְּעוֹד יוֹם עַד שֶׁיְּקַדֵּשׁ הַיּוֹם אֵינוֹ מְבָרֵךְ בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן וּפָרִיךְ וַהֲרֵי סוֹפָהּ שֶׁל קִידּוּשׁ שֶׁחוֹתֶמֶת בְּבָרוּךְ וְסָלְקָא דַּעְתָּךְ דְּכֻולָּהּ הוֹדָאָה הִיא וְהָוְיָא כְּבִרְכַּת פֵּירוֹת וּמִצְוֹת א"ר יוֹנָה טֹופֶס בְּרָכָה כָּךְ הִיא דְּאָמַר ר' יוּדָן מַטְבֵּעַ קָצָר פּוֹתֵחַ בְּבָרוּךְ וְאֵינוֹ חוֹתֵם בְּבָרוּךְ מַטְבֵּעַ אָרֹוךְ פּוֹתֵחַ בְּבָרוּךְ וְחוֹתֵם בְּבָרוּךְ פִּי' וְקִידּוּשׁ הוּא מַטְבֵּעַ אָרֹוךְ וְיֵשׁ הֶפְסֵק שֶׁאוֹמֵר כִּי הוּא יוֹם תְּחִלָּה לְמִקְרָאֵי קֹודֶשׁ וּלְכָךְ חוֹתֵם בְּבָרוּךְ:
Sauf une bénédiction adjacente à sa voisine. Explication : puisqu'on a conclu la première, on n'a pas à ouvrir la seconde par baroukh. La bénédiction après la haftara, de "Tsour kol ha-olamim" jusqu'à "che-kol devarav emet ve-tsedek" : il y a une coupure dans les mahzorim, et l'on commence "Nééman ata hou". Il n'y a là de bénédiction ni à la conclusion de la première partie, ni à l'ouverture de la seconde. Il paraît que le tout forme une seule bénédiction, car le tout parle de la fidélité et de la vérité du Lieu (ha-Makom). La coupure des mahzorim vient de ce que toute l'assemblée avait coutume de s'interrompre là et de dire une louange, comme il est dit dans le traité Soferim (chapitre 13, halakha 10). Il en ressort aussi là-bas que c'est une seule bénédiction : le maftir bénit sept bénédictions en regard des sept appelés. Explication : à la lecture de la Torah, au début et à la fin ; une avant la haftara ; quatre après elle. Cela fait sept. Les sept bénédictions du mariage, "che-ha-kol bara likhvodo", "yotser ha-adam", et "acher yatsar et ha-adam", etc., ouvrent par baroukh. Rachi explique dans Ketoubot (8a) que "che-ha-kol bara likhvodo" a été instituée pour le rassemblement du peuple. Il aurait convenu de la dire dès le rassemblement, et elle est une bénédiction à part. De même, "yotser ha-adam" n'était pas nécessaire, puisqu'on dira "acher yatsar" après elle. Pour mentionner deux créations, on l'a instituée, on l'a placée avant "acher yatsar", et elle compte comme à part. "Acher bara" ouvre par baroukh, parce qu'on la dit seule lorsqu'il n'y a pas de panim hadachot (visages nouveaux). Rabbeinou Tam dit : "che-ha-kol bara likhvodo" et "yotser ha-adam" ouvrent donc par baroukh sans conclusion, parce qu'elles sont courtes, comme les bénédictions des fruits et des mitsvot, et leur ouverture est leur conclusion. Dans "acher yatsar et ha-adam", il faut ouvrir par baroukh : sans cette ouverture, le tout paraîtrait une seule bénédiction. Pour la bénédiction "laassok be-divrei Torah" et "ve-haarev na", on tient que c'est une seule bénédiction, puisque "ve-haarev na" n'ouvre pas par baroukh. La havdala aussi ouvre par baroukh, bien qu'elle soit adjacente à la bénédiction de la lumière, afin qu'elle ne paraisse pas une seule bénédiction. Toutefois, dans le Talmud de Jérusalem, on objecte : et la havdala ? On répond : Rabbi les séparait. Si l'on objecte : "yehaleloukha" après le Hallel, "yirou einenou", et "yichtabah", pourquoi n'ouvrent-elles pas par baroukh ? On peut répondre : "yehaleloukha" est adjacente à la bénédiction "likro et ha-hallel", "yirou einenou" à "hachkivenou", et "yichtabah" à "baroukh che-amar". Les versets ne font pas interruption, comme pour la dernière bénédiction de la lecture du Chema, où la lecture du Chema ne fait pas interruption. Dans ce cas, il paraît qu'on ne s'interrompt pas entre "baroukh che-amar" et "yichtabah". Toutefois, difficulté à partir de "yehaleloukha" des nuits de Pessa'h, où l'on ne bénit pas "likro et ha-hallel". C'est pourquoi il paraît qu'une bénédiction placée après des versets n'a pas besoin d'ouverture : sans ouverture, le commencement reste reconnaissable. Dans le Talmud de Jérusalem (Berakhot, chapitre 1), on objecte : et la délivrance ? Explication : "acher gealou", adjacente à la bénédiction de la lecture du Hallel. On répond : le Hallel est un cas à part. S'il l'a entendu à la synagogue, il est quitte. Explication : on lisait le Hallel les nuits de Pessa'h à la synagogue, comme il est dit dans le traité Soferim (chapitre 20, halakha 9). Rabbi Elazar fils de Rabbi Yossi a objecté : et sa fin ? Rabbeinou Chmouel fils de Rabbi Chemaya explique : sa fin, c'est la fin de la bénédiction "acher gealou", qui conclut par baroukh, alors que le tout est action de grâces. On répond : elles sont deux, une pour l'avenir et une pour le passé. Explication : deux délivrances. "Acher gealou", la délivrance passée, et une délivrance à venir : "nous nous réjouissons de la construction de Ta ville". C'est pourquoi elle conclut par baroukh : une coupure et une prière, qu'Il nous délivre, s'y joignent à l'action de grâces. On objecte à partir de la havdala, comme expliqué plus haut. On objecte : et "nevarekh" ? Explication : "baroukh hou che-akhalnou mi-chelo" (béni soit Celui de qui nous avons mangé), etc., bénédiction à part, comme nous le disons au chapitre "Trois qui ont mangé" (Berakhot 46a). On commence la bénédiction "ha-zan" par baroukh, bien qu'elle soit adjacente à "nevarekh". On répond : cas à part, car lorsque deux personnes mangent, on ne dit pas "nevarekh". On objecte : et "ha-zan" ? Explication : on dit après elle "nodeh", et l'on n'ouvre pas par baroukh, bien que parfois cette bénédiction ne soit pas adjacente à "ha-zan". Quand les deux ont voulu faire le zimoun et que le troisième s'interrompt : pour Rav Chechet, il doit écouter jusqu'à "ha-zan". La halakha suit Rav Chechet en matière d'interdits. Et quand il achève son repas, on dit là-bas, à la fin de la discussion : les Sages disent qu'il revient à l'endroit où il s'est arrêté. Difficulté. On objecte encore : et "ha-tov ve-ha-metiv" ? Explication : dans le birkat ha-mazon, elle est adjacente à sa voisine, et elle ouvre par baroukh. Cas à part : on l'a instituée à Yavné. On objecte : et le kiddouch ? Explication : il est adjacent à "bore peri ha-gafen", et l'on ouvre par baroukh. Cas à part : s'il mangeait tant qu'il faisait encore jour, une fois le jour sanctifié il ne dit pas "bore peri ha-gafen". On objecte : et la fin du kiddouch, qui conclut par baroukh ? On aurait pu penser que le tout est action de grâces, au même titre que les bénédictions des fruits et des mitsvot. Rabbi Yona a dit : la forme d'une bénédiction est celle-ci, car Rabbi Youdan a dit : une formule courte ouvre par baroukh et ne conclut pas par baroukh ; une formule longue ouvre par baroukh et conclut par baroukh. Explication : le kiddouch est une formule longue, et il y a une coupure, puisqu'on dit "car c'est le premier des jours de sainte convocation". C'est pourquoi on conclut par baroukh.
💡 Explication

L'objection vise la pratique d'Oula : une formule qui ouvre par baroukh et s'arrête. La baraïta pose la règle d'une bénédiction qui ouvre et conclut.

Quatre exceptions. Mitsvot et fruits : formule courte, l'ouverture suffit. Berakha semukha le-havertah : collée à la précédente, elle ne rouvre pas. La dernière bénédiction du Chema ne rouvre pas non plus. Rachi souligne qu'aucune bénédiction ouverte par baroukh ne se trouve juste au-dessus d'elle.

Tossefot parcourt les cas limites : haftara, bénédictions du mariage, havdala après la lumière, Hallel, délivrance du séder, zimoun, kiddouch. Trois critères reviennent : formule courte ou longue, adjacency, et le risque que deux textes se fondent en une seule bénédiction.

🖼️ Schéma
Faut-il ouvrir par baroukh ?Fil conducteur de la longue glose de TossefotFormule courteFruits, mitsvot, che-ha-kol bara likhvodo, yotser ha-adam.L'ouverture est la conclusion. On n'ajoute pas de hatima.Adjacente à une bénédiction déjà ouverteMilieu de l'Amida, nodeh après ha-zan, yichtabah après baroukh che-amar.La première ouverture acquitte la suivante.Risque de ne plus voir qu'une seule bénédictionHavdala après la bénédiction de la lumière. Acher yatsar aux noces.On ouvre, pour que les deux textes restent distincts.Après des versetsDernière bénédiction du Chema. Yehaleloukha, nuit de Pessa'h,où l'on ne dit pas likro et ha-hallel.Pas d'ouverture : sans elle, le commencement reste reconnaissable.
Quatre situations. Chacune dit s'il faut, ou non, ouvrir par baroukh.
5
שֶׁיֵּשׁ מֵהֶן פּוֹתֵחַ (בָּהֶן) בְּבָרוּךְ וְאֵין חוֹתֵם בְּבָרוּךְ, וְיֵשׁ מֵהֶן שֶׁחוֹתֵם בְּבָרוּךְ וְאֵין פּוֹתֵחַ בְּבָרוּךְ. וְ״הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב״ פּוֹתֵחַ בְּבָרוּךְ וְאֵינוֹ חוֹתֵם בְּבָרוּךְ.

Il en est parmi elles qui ouvrent par baroukh et ne concluent pas par baroukh, et il en est parmi elles qui concluent par baroukh et n'ouvrent pas par baroukh. Et "ha-tov ve-ha-metiv" ouvre par baroukh et ne conclut pas par baroukh.

📜 Rachi (3)
יֵשׁ מֵהֶן מֵאֵלּוּ שֶׁהִזְכַּרְנוּ שֶׁפּוֹתֵחַ בָּהֶן בְּבָרוּךְ וְאֵינוֹ חוֹתֵם בְּבָרוּךְ כְּגוֹן בִּרְכַּת פֵּירוֹת וּמִצְוֹת:
Il en est parmi elles : parmi celles que nous avons mentionnées, où l'on ouvre par baroukh et où l'on ne conclut pas par baroukh, comme la bénédiction des fruits et des mitsvot.
וְיֵשׁ מֵהֶן שֶׁחוֹתֵם וְאֵינוֹ פּוֹתֵחַ כְּגוֹן בְּרָכָה הַסְּמוּכָה לַחֲבֶירְתָּהּ שֶׁהֲרֵי פּוֹטַרְתָּהּ רִאשׁוֹנָה שֶׁנִּפְתְּחָה בְּבָרוּךְ:
Et il en est parmi elles qui concluent et n'ouvrent pas : comme une bénédiction adjacente à sa voisine, car la première, qui s'est ouverte par baroukh, l'acquitte.
הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב אַף עַל גַּב דִּסְמוּכָה לַחֲבִירְתֵּהּ שֶׁהֲרֵי הִתְחִיל בְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן בְּבָרוּךְ מִשּׁוּם דִּבְרָכָה בְּאַנְפֵּי נַפְשָׁהּ אִיתָּקֵן מִשּׁוּם הֲרוּגֵי בֵּיתָר וְכֻולָּהּ הוֹדָאָה כְּבִרְכַּת הַפֵּירוֹת וּמִצְוֹת:
Ha-tov ve-ha-metiv : bien qu'elle soit adjacente à sa voisine, puisqu'on a commencé le birkat ha-mazon par baroukh. C'est qu'elle a été instituée comme bénédiction à part, à cause des tués de Beitar, et qu'elle est tout entière action de grâces, comme la bénédiction des fruits et des mitsvot.
🗂️ Tossefot (1)
הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב פּוֹתֵחַ וְאֵינוֹ חוֹתֵם בְּבָרוּךְ וא"ת וַהֲלֹא אֲרֻוכָּה הִיא וְעוֹד דר"ת פִּי' שֶׁצָּרִיךְ לוֹמַר ג' גְּמֻולוֹת ג' הֲטָבוֹת כְּמוֹ ג' מַלְכֻיוֹת דְּאָמַר בִּבְרָכוֹת (ד' מט.) צְרִיכָה ב' מַלְכֻיוֹת לְבַד מִדִּידֵיהּ וי"ל שֶׁאֵין זֶה אֲרִיכוּת אֶלָּא שֶׁמַּזְכִּיר שֵׁם שָׁמַיִם בְּהַרְבֵּה לְשׁוֹנוֹת מַלְכֵּנוּ יוֹצְרֵנוּ קִדּוּשֵׁנוּ קָדוֹשׁ יַעֲקֹב רוֹעֵנוּ כו' וְאֵין רָאוּי לַחְתֹּום בְּבָרוּךְ:
Ha-tov ve-ha-metiv ouvre et ne conclut pas par baroukh. Si l'on objecte : elle est longue ! De plus, Rabbeinou Tam explique qu'il faut dire trois rétributions, trois bienfaits, comme trois malkhouyot (mentions de royauté). On dit dans Berakhot (49a) qu'elle a besoin de deux malkhouyot en plus de la sienne. On peut répondre : on mentionne le Nom du Ciel sous plusieurs tours, notre Roi, notre Formateur, notre Saint, le Saint de Yaakov, notre Berger, et la suite. Cette énumération ne compte pas comme la longueur qui demande une conclusion. Il ne convient pas de conclure par baroukh.
💡 Explication

La baraïta range les exceptions en deux familles. Les unes ouvrent et ne concluent pas. Les autres concluent et n'ouvrent pas.

Ha-tov ve-ha-metiv (Celui qui est bon et qui fait le bien) cumule les deux écarts : elle suit le birkat ha-mazon, elle ouvre pourtant, et elle ne conclut pas. Rachi : institution propre, pour les tués de Beitar, tout entière hoda'a (action de grâces).

Tossefot répond à l'objection de longueur. Les titres, Roi, Formateur, Saint, Berger, répètent le Nom du Ciel. Ils ne transforment pas la bénédiction en matbea arokh, formule longue qui exigerait une hatima.

🖼️ Schéma
Ha-tov ve-ha-metiv, entre deux régimesComme une adjacenteElle vient aprèsle birkat ha-mazon,déjà ouvertpar baroukh.Pourtant elle ouvreInstituée à Yavné,pour elle-même,à cause des tuésde Beitar.Et elle ne conclut pasToute d'actionde grâces,comme les fruitset les mitsvot.Tossefot : Roi, Formateur, Saint, Berger.Ces tours nomment le Ciel. Ils n'allongent pas la formule jusqu'à une hatima.
Adjacente, elle ouvre quand même. Action de grâces, elle ne conclut pas.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).