Sougya : La michna interdit de manger la veille de Pesach à l'approche de minha, jusqu'à la nuit. La page s'ouvre au milieu du doute : minha gedola, à cause du Pesach, ou minha ketana, à cause de la matsa.
Ravina tranche pour la minha ketana, par la baraita d'Agrippa, qui a l'habitude de manger à la neuvième heure et qui, ce jour-là, attend la nuit. Après cette heure, un repas est interdit.
Restent permis des minei targima, des légumes, et pour le serviteur les boyaux. Rava boit du vin toute la veille pour manger plus de matsa le soir.
Le Roch fixe cette halakha, rappelle le jeûne de l'istenis, et donne un appui au jeûne des bekhorot.
et il en viendrait à s'abstenir d'accomplir le Pesach. Ou bien : c'est à l'approche de la minha ketana que nous l'enseignons, et c'est à cause de la matsa, de peur qu'il en vienne à manger la matsa en akhila gasa.
La page s'ouvre au milieu de la question. La michna dit : la veille de Pesach, à l'approche de minha, on ne mange pas jusqu'à la nuit. De quelle minha s'agit-il ?
Première lecture : la minha gedola, depuis la sixième heure. La raison est le Pesach. S'il mange, il se rassasie et s'abstient de l'accomplir. Tossefot maintient l'interdit même une fois l'offrande faite : sinon il presserait le Pesach pour en venir plus tôt au manger.
Seconde lecture, celle que le daf va retenir : la minha ketana, à la neuvième heure. La raison est la matsa. Trop près de la nuit, il la prendrait en akhila gasa. Yoma 80b : celui dont l'âme est dégoûtée, et qui mange ainsi à Yom Kippour, est exempt. Rabbeinou Tam distingue deux akhila gasa. La plus forte ôte toute saveur. L'autre laisse du goût, sans envie : le Pesach mangé al ha-sova reste un Pesach, sans la mitsva la plus belle (Nazir 23a). Seconde réponse : l'akhila des pesahim n'est pas meakev. L'explication principale : pour la matsa, une petite quantité fait déjà une akhila gasa. Le Roch tranche dans ce sens, et il mesure l'interdit à la personne. Un istenis comme Rav Chechet jeûne toute la veille. Il donne aussi un appui au jeûne des bekhorot, avec Soferim 21, 3.
Ravina dit : viens et entends. Même Agrippa le roi, qui a l'habitude de manger à la neuvième heure, ce jour-là ne mangera pas avant la nuit.
Si tu dis : c'est bien, nous enseignons à l'approche de la minha ketana, c'est là la grandeur d'Agrippa.
Ravina apporte une baraita. Agrippa mange d'habitude à la neuvième heure. Ce jour-là, il attend la nuit. Sous la minha gedola, l'interdit est déjà en vigueur depuis la sixième heure : la baraita n'a pas à le citer à part. Sa rabouta, le motif de le nommer, suppose la minha ketana. À la neuvième heure, l'interdit n'est pas encore là. Il s'abstient quand même, parce que le repas entrerait dans l'heure interdite. Rachi : il jeûne jusqu'à la nuit.
Tossefot serre deux lectures. Dans Sota 41a, Agrippa pleure au verset du roi " du milieu de tes frères ". Le Rachbam a donc trop vite parlé d'un roi valable des Hachmonaim. Et l'idée qu'un roi se lève à la troisième heure, puis mange six heures plus tard, ferait dire à la Guemara : neuf heures pour lui valent six heures pour un talmid 'hakham. Elle dira : comme quatre heures pour nous.
Mais si tu dis : nous enseignons à l'approche de la minha gedola, quelle est la grandeur d'Agrippa ? L'interdit pesait déjà sur lui dès le principe.
C'est donc à l'approche de la minha ketana que nous l'enseignons.
La branche minha gedola tombe. Depuis la sixième heure, Agrippa est déjà tenu. Attendre la neuvième heure ne fait pas une grandeur à enseigner. Rachi pousse l'étonnement : son habitude de manger tard n'ouvre pas une permission au début de la neuvième heure.
Reste la minha ketana. La suite demande encore où est, même ainsi, la grandeur d'Agrippa.
Au bout du compte, quelle est la grandeur d'Agrippa ? L'heure de l'interdit est arrivée pour lui.
On aurait pu dire : neuf heures pour Agrippa sont comme quatre heures pour nous. Cela nous l'apprend.
Même sous la minha ketana, la question reste. S'il commence à la neuvième heure, l'interdit le rejoint : le repas se prolonge, ou l'approche de la minha est déjà là. Où est la grandeur ?
Réponse, en mahou de-teima. Agrippa n'a rien mangé de la journée. Sa neuvième heure a la faim de notre quatrième heure, heure encore libre. On aurait pu le laisser manger. Ka mashma lan : la baraita enseigne qu'on ne fait pas cette équivalence. Il attend la nuit comme chacun. C'est là qu'on le cite.
Rabbi Yosse a dit : toutefois, on trempe dans des minei targima. Rabbi Yits'hak trempait dans des légumes.
Une baraita l'enseigne aussi : le serviteur trempe dans les boyaux et les place devant les invités.
L'interdit vise un repas qui rassasie. Minei targima : on peut en tremper. Rachi lit des fruits, mangés par trempage. Rabbi Yits'hak prend des légumes, parce que cela ne rassasie pas. Le serviteur, occupé au repas, prend des boyaux : s'en priver le peine, et en manger ne le rassasie pas.
Le Rachbam : fruits et viande, sans pain. Tossefot objecte par la Tossefta : sur des minei targima on dit bore minei mezonot, bénédiction des cinq espèces. Yoma 79b laisse une autre voie, où targima veut dire fruit. Le Roch, sur le segment du début, tient la voie des cinq espèces, par la même page de Yoma lue sur la soucca. Le texte dit ici Rabbi Yosse. Le Roch rapporte la phrase au nom de Rav Ashi, au nom de Rav, et il nomme Rabbi Tsadok pour les légumes.
Le Ben Yehoyada demande pourquoi les boyaux. Nedarim 54b : les entrailles ne comptent pas comme viande. On en mange peu. Le Pesach de la nuit reste pris avec appétit.
Et bien qu'il n'y ait pas de preuve de la chose, il y a un rappel de la chose, puisqu'il est dit : " Défrichez-vous un défrichement, et ne semez pas sur des épines. "
La baraita parle d'un zekher, un rappel, et le distingue d'une reaya, une preuve. Le verset est Jérémie 4, 3.
Rachi le lit sur le serviteur. Il peine au repas et à l'abattoir. Qu'il en tire un profit, sinon la peine reste seule. Tossefot cite une autre lecture du Rachbam : le labour fait recevoir le semis, la targima fait manger la matsa. Ils objectent : labour et semis sont deux actes, là où les deux akhilot sont du même genre. Leur parabole : tant que les épines sont en place, le semis ne sert à rien. De même, sans aucune akhila, le cœur lâche, comme une pierre jetée dans une outre. Avec un peu mangé, le cœur se laisse entraîner.
Le Ben Yehoyada garde l'ordre labour puis semis. Le labour : un peu mangé réveille le corps et chasse le déchet, selon le dire " un aliment chasse un aliment ". Le semis : la viande du Pesach, la nuit, avec appétit.
Rava buvait du vin tout le jour de la veille de Pesach, afin d'attirer son cœur, pour manger davantage de matsa le soir. Rava dit : d'où le dis-je, que le vin attire ?
De ce que nous enseigne la michna :
Rava boit du vin toute la veille, maali yoma de Pis'ha. Le but : de-nigrare le-libeih, attirer son cœur, pour manger plus de matsa le-ourta, le soir.
Il tient que le vin megarer garir : il entraîne, il ouvre l'appétit. La preuve qu'il annonce est une michna. Le texte s'arrête sur de-tanan. La citation commence sur la page suivante.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).