Pesachim 107b , La minha ketana, l'akhila gasa et l'appétit de la matsa

Pesachim 107b

Sougya : La michna interdit de manger la veille de Pesach à l'approche de minha, jusqu'à la nuit. La page s'ouvre au milieu du doute : minha gedola, à cause du Pesach, ou minha ketana, à cause de la matsa.

Ravina tranche pour la minha ketana, par la baraita d'Agrippa, qui a l'habitude de manger à la neuvième heure et qui, ce jour-là, attend la nuit. Après cette heure, un repas est interdit.

Restent permis des minei targima, des légumes, et pour le serviteur les boyaux. Rava boit du vin toute la veille pour manger plus de matsa le soir.

Le Roch fixe cette halakha, rappelle le jeûne de l'istenis, et donne un appui au jeûne des bekhorot.

Quelle minha la michna vise-t-elle ?Minha gedolaDepuis la sixième heureRaison : le PesachIl mange, se rassasie,et s'abstient de l'accomplir.Rachi : chapitre Tamid,Pesachim 59.Minha ketanaÀ la neuvième heureRaison : la matsaSi près de la nuit,il la mange en akhila gasa.Une petite quantitéy suffit déjà.Conclusion de RavinaLa michna vise la minha ketana, à cause de la matsa.Avant cette heure, manger est permis. Tout dépend de l'homme.
Deux lectures de " à l'approche de minha ". Gedola, depuis la sixième heure, à cause du Pesach. Ketana, à la neuvième heure, à cause de la matsa en akhila gasa. Ravina retient la seconde.
Où est la grandeur d'Agrippa ?Baraita : il mange d'habitude à la neuvième heure.Ce jour-là, il attend la nuit.Si minha gedolaL'interdit courtdepuis la sixième heure.Il est déjà tenu.Si minha ketanaÀ la neuvième heure,l'interdit n'est pas encore là.Il jeûne : le repas déborderait.Relance : l'heure de l'interdit le rejoint tout de même.Où est alors sa grandeur ?On aurait pu direNeuf heures pour Agrippa valent quatre heures pour nous.La baraita enseigne qu'on ne fait pas cette équivalence.Lecture retenue : minha ketana.
Agrippa mange à la neuvième heure. Sous la minha gedola, il est déjà tenu depuis la sixième heure. Sous la minha ketana, il devance l'interdit. La baraita enseigne ensuite qu'on aligne sa neuvième heure sur l'heure de chacun, et non sur notre quatrième heure.
Après la minha ketana, que prend-on encore ?RepasQui rassasie :interditjusqu'à la nuit.Minei targimaPermis.Rabbi Yits'hak :des légumes.Le serviteurBoyaux,devant les invités.Peu, et son travail pèse.Rava, le vinIl boit tout le jour de la veille.Le vin attire le cœur.Le soir, il mange plus de matsa.Le Roch : la mesure suit l'homme. Un istenis jeûne toute la veille.Appui au jeûne des bekhorot, Soferim 21, 3.
Après la minha ketana : pas de repas qui rassasie. Minei targima, légumes, boyaux du serviteur. Rava boit du vin pour attirer le cœur vers la matsa. Le Rosh mesure l'interdit à la personne, et cite le jeûne des bekhorot.
1
וְאָתֵי לְאִימְּנוֹעֵי מִלְּמִיעְבַּד פִּסְחָא. אוֹ דִּילְמָא, סָמוּךְ לְמִנְחָה קְטַנָּה תְּנַן — וּמִשּׁוּם מַצָּה, דִּילְמָא אָתֵי לְמֵיכְלַהּ לְמַצָּה אֲכִילָה גַּסָּה.

et il en viendrait à s'abstenir d'accomplir le Pesach. Ou bien : c'est à l'approche de la minha ketana que nous l'enseignons, et c'est à cause de la matsa, de peur qu'il en vienne à manger la matsa en akhila gasa.

📜 Rachi (2)
אוֹ דִּילְמָא סָמוּךְ לְמִנְחָה קְטַנָּה בְּתֵשַׁע שָׁעוֹת כְּשֶׁהוּא מְאֻוחָר בְּפֶרֶק תָּמִיד (לְעֵיל פְּסָחִים דַּף נט.):
Ou bien, à l'approche de la minha ketana. À la neuvième heure, quand elle est la tardive, au chapitre Tamid (plus haut, Pesachim 59a).
וּמִשּׁוּם מַצָּה שֶׁיִּכָּנֵס לָהּ כְּשֶׁהוּא תַּאֲוָה:
Et à cause de la matsa. Pour qu'il y entre alors qu'il a de l'appétit.
🗂️ Tossefot (2)
וְאָתֵי לְאִימְּנוֹעֵי מִפֶּסַח וַאֲפִילּוּ אַחַר שֶׁיַּעֲשֶׂה פֶּסַח אָסוּר כְּדֵי שֶׁלֹּא יְמַהֵר לֶאֱכֹול וְיַעֲשֶׂה פֶּסַח שֶׁלֹּא כָּרָאוּי:
Et il en viendrait à s'abstenir du Pesach. Même après qu'il a accompli le Pesach, c'est interdit, afin qu'il ne se hâte pas de manger et qu'il n'accomplisse pas le Pesach de façon incorrecte.
דִּילְמָא אָתֵי לְמֵיכַל אֲכִילָה גַּסָּה וְאֵינָהּ אֲכִילָה כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּיוֹמָא (דַּף פ:) הָאוֹכֵל אֲכִילָה גַּסָּה בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים פָּטוּר וְקָשֶׁה דְּאָמְרִי' בְּנָזִיר (דַּף כג.) גַּבֵּי פֶּסַח זֶה שֶׁאָכְלוּ אֲכִילָה גַּסָּה וּפֹושְׁעִים יִכָּשְׁלוּ בָם וּפָרִיךְ רָשָׁע קָרֵית לֵיהּ נְהִי דְּלָא עָבֵיד מִצְוָה מִן הַמֻּובְחָר פֶּסַח מִיהָא קָא עָבֵיד וְאוֹמֵר ר"ת דִּתְרֵי גַּווְנֵי אֲכִילָה גַּסָּה אַחַת שֶׁנַּפְשׁוֹ קָצָה מִלֶּאֱכֹול וְעַל אוֹתָהּ פָּטוּר ביוה"כ וְיֵשׁ אֲכִילָה גַּסָּה שֶׁאֵינוֹ מִתְאַוֶּה לֶאֱכֹול אַךְ יֵשׁ בָּהּ טַעַם וְהָא דְּפֶסַח נֶאֱכָל עַל הִשָּׁבַע הַיְינוּ שֶׁמִּתְאַוֶּה לֶאֱכֹול קְצָת וְעוֹד י"ל דְּאֵין לוֹ לִקְרוֹתוֹ רָשָׁע כֵּיוָן שֶׁקִּיֵּים מִצְוַת פֶּסַח אע"פ שֶׁלֹּא קִייֵּם מִצְוַת אֲכִילָה דַּאֲכִילַת פְּסָחִים לָא מְעַכְּבָא וּמַה שֶׁפֵּירֵשׁ רַשְׁבָּ"ם דִּנְקַט מַצָּה מִשּׁוּם דְּשַׁיְיכָא אֲפִילּוּ בַּזְּמַן הַזֶּה דְּלֵיכָּא פֶּסַח לָא נְהִירָא דַּאֲפִילּוּ הָוֵי טַעְמָא מִשּׁוּם פֶּסַח אָסוּר בַּזְּמַן הַזֶּה כִּדְמוֹכַח בְּסָמוּךְ גַּבֵּי רַב שֵׁשֶׁת דַּהֲוָה יָתֵיב כֻּולֵּי יוֹמָא בְּתַעֲנִיתָא וּפֵירוּשׁ אַחֵר עִיקָּר שָׁפֵי' דִּנְקַט מַצָּה דְּבַאֲכִילָה מוּעֶטֶת הָוֵי אֲכִילָה גַּסָּה:
De peur qu'il en vienne à manger en akhila gasa. Et cela ne compte pas comme une akhila, comme nous le disons au dernier chapitre de Yoma (80b) : celui qui mange en akhila gasa le jour de Kippour est exempt. Difficulté. Nous disons dans Nazir (23a), au sujet du Pesach : celui-ci, qui l'a mangé en akhila gasa, et " les pécheurs y trébucheront ". On objecte : tu l'appelles un racha ? Passe qu'il n'ait pas fait la mitsva dans sa forme la plus belle : un Pesach, il l'accomplit tout de même. Rabbeinou Tam dit : il y a deux sortes d'akhila gasa. L'une, quand son âme est dégoûtée de manger. C'est de celle-là qu'on est exempt à Yom Kippour. Il y a une akhila gasa où il n'a pas envie de manger, et où il reste du goût. Et ce que nous disons, que le Pesach se mange al ha-sova, vise le cas où il a encore un peu envie de manger. On peut encore dire : il n'y a pas lieu de l'appeler racha, puisqu'il a accompli la mitsva du Pesach, même sans la mitsva de l'akhila. L'akhila des pesahim n'est pas meakev. Et ce qu'explique le Rachbam, qu'on a pris la matsa parce qu'elle vaut même maintenant, où il n'y a pas de Pesach, ne tient pas. Même si la raison était le Pesach, l'interdit vaudrait maintenant, comme on le voit tout à côté chez Rav Chechet, qui restait tout le jour en jeûne. Une autre explication est la principale : on a pris la matsa parce qu'une akhila peu abondante y est déjà une akhila gasa.
⚖️ Rosh (1)
לֹא יֹאכַל סָמוּךְ לְמִנְחָה וְכוּ' אַסִּיקְנָא סָמוּךְ לְמִנְחָה קְטַנָּה תְּנַן וּמִשּׁוּם דִּילְמָא אָכִיל מַצָּה אֲכִילָה גַּסָּה אֲבָל קֹודֶם לָכֵן מֻותָּר וְהַכֹּל לְפִי מַה שֶּׁהוּא אָדָם דְּהָא אָמְרִינַן רַב שֵׁשֶׁת הֲוָה יָתֵיב בְּתַעֲנִיתָא כֻּולֵּי מַעֲלֵי יוֹמָא דְפִסְחָא מִשּׁוּם דְּאִיסְתְּנִיס הֲוָה וְאִי הֲוָה טְעִים מִידִי בִּימָמָא בְּאוֹרְחָא לָא הֲוָה מָצֵי אָכִיל וְאָמְרִינַן נָמֵי בִּירוּשַׁלְמִי דְּהַךְ פִּרְקִין רַבִּי לֹא אָכַל חָמֵץ וְלֹא מַצָּה וּבָעֵי לְמֵימַר מִשּׁוּם דְּרַבִּי בְּכוֹר הֲוָה וּמַסִּיק דְּרַבִּי אִיסְתְּנִיס הֲוָה וְאִי הֲוָה אָכֵיל בִּימָמָא לָא הֲוָה אָכֵיל בְּלֵילְיָא וּמִכָּאן יֵשׁ סַעַד לְמַה שֶׁנָּהֲגוּ הַבְּכוֹרוֹת לְהִתְעַנּוֹת בְּעֶרֶב פֶּסַח לְמַאי דְּאָמַר רַבִּי בְּכוֹר הֲוָה וְכֵן יֵשׁ בְּמַסֶּכֶת סוֹפְרִים פ' כ"א הֵל' ג' הַבְּכוֹרוֹת מִתְעַנִּין בע"פ אָמַר רַב אַשִּׁי אָמַר רַב אֲבָל מְטַבֵּל הוּא בְּמִינֵי תַּרְגִּימָא פִּי' מְטַבֵּל כְּלוֹמַר מַעֲבִיר פִּתּוֹ בְּמִינֵי תַּרְגִּימָא כְּגוֹן פֵּירוֹת וְכַיּוֹצֵא בָּהֶן ר' צָדוֹק מְטַבֵּל בְּיַרְקֵי וְכֵן פִּי' רַשְׁבָּ"ם מִינֵי תַּרְגִּימָא כְּגוֹן פֵּירוֹת וּבָשָׂר וְלָא נְהִירָא דְּהָא אָמְרִינַן בַּתּוֹסֶפְתָּא דִּבְרָכוֹת פֶּרֶק כֵּיצַד מְבָרְכִין מְבָרְכִין עַל מִינֵי תַּרְגִּימָא בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת וְאָמְרִינַן הָתָם דְּאֵין מְבָרְכִין בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת אֶלָּא עַל חֲמֵשֶׁת הַמִּינִים בִּלְבַד וְעוֹד דְּאָמְרִינַן בְּפֶ' בָּתְרָא דְּיוֹמָא דַּף עט: דִּפְרִי לָא בָּעֵי סֻוכָּה לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ וְאִם הִשְׁלִים בְּמִינֵי תַרְגִּימָא יָצָא וְאִי ס"ד פְּרִי בָּעֵי סֻוכָּה יַשְׁלִים בְּפֵירוֹת אַלְמָא דְּמִינֵי תַּרְגִּימָא לָאו פֵּירוֹת נִינְהוּ. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי הַשַּׁמָּשׁ מְטַבֵּל בִּבְנֵי מֵעַייִם וְנוֹתְנָן לִפְנֵי הָאוֹרְחִין ואע"פ שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר זֵכֶר לַדָּבָר שֶׁנֶּאֱמַר נִירוּ לָכֶם נִיר וְגוֹ'. רָבָא הֲוָה שָׁתֵי חַמְרָא מַעֲלֵי יוֹמָא דְּפִסְחָא כִּי הֵיכִי דְּנִיגְרְרֵיהּ לִיבֵּיהּ לֵיכוֹל מַצָּה טְפֵי.
On ne mangera pas à l'approche de minha, etc. Nous concluons : c'est à l'approche de la minha ketana que la michna l'enseigne, et parce qu'il mangerait peut-être la matsa en akhila gasa. Avant cela, c'est permis. Et tout se règle selon ce qu'est l'homme. Car nous disons : Rav Chechet restait en jeûne tout le jour de la veille de Pesach, parce qu'il était istenis. S'il goûtait quoi que ce soit dans la journée, le soir il ne pouvait plus manger. Nous disons aussi dans le Yerouchalmi de ce chapitre : Rabbi ne mangeait ni hamets ni matsa. On voulait dire : parce que Rabbi était un bekhor. On conclut : Rabbi était istenis. S'il mangeait dans la journée, il ne mangeait pas le soir. De là un appui à la coutume des bekhorot de jeûner la veille de Pesach, selon ce qui a été dit, que Rabbi était un bekhor. Il en est de même dans le traité Soferim, chapitre 21, halakha 3 : les bekhorot jeûnent la veille de Pesach. Rav Ashi a dit que Rav a dit : toutefois on trempe dans des minei targima. Explication : tremper veut dire qu'il passe son pain dans des minei targima, comme des fruits et ce qui leur ressemble. Rabbi Tsadok trempait dans des légumes. Le Rachbam explique de même : des minei targima, comme des fruits et de la viande. Cela ne tient pas. Car nous disons dans la Tossefta de Berakhot, chapitre Keitsad mevarkhin : sur des minei targima on bénit bore minei mezonot. Et nous disons là qu'on ne bénit bore minei mezonot que sur les cinq espèces seulement. De plus, nous disons au dernier chapitre de Yoma, page 79b : un fruit n'exige pas la soucca. Que cela serve d'appui. S'il a complété par des minei targima, il s'est acquitté. Et si tu penses qu'un fruit exige la soucca, qu'il complète par des fruits. On en tire que les minei targima sont distinctes des fruits. Une baraita l'enseigne aussi : le serviteur trempe dans les boyaux et les place devant les invités. Et bien qu'il n'y ait pas de preuve de la chose, il y a un rappel de la chose, puisqu'il est dit : Défrichez-vous un défrichement, etc. Rava buvait du vin la veille de Pesach, afin d'attirer son cœur, pour manger davantage de matsa.
💡 Explication

La page s'ouvre au milieu de la question. La michna dit : la veille de Pesach, à l'approche de minha, on ne mange pas jusqu'à la nuit. De quelle minha s'agit-il ?

Première lecture : la minha gedola, depuis la sixième heure. La raison est le Pesach. S'il mange, il se rassasie et s'abstient de l'accomplir. Tossefot maintient l'interdit même une fois l'offrande faite : sinon il presserait le Pesach pour en venir plus tôt au manger.

Seconde lecture, celle que le daf va retenir : la minha ketana, à la neuvième heure. La raison est la matsa. Trop près de la nuit, il la prendrait en akhila gasa. Yoma 80b : celui dont l'âme est dégoûtée, et qui mange ainsi à Yom Kippour, est exempt. Rabbeinou Tam distingue deux akhila gasa. La plus forte ôte toute saveur. L'autre laisse du goût, sans envie : le Pesach mangé al ha-sova reste un Pesach, sans la mitsva la plus belle (Nazir 23a). Seconde réponse : l'akhila des pesahim n'est pas meakev. L'explication principale : pour la matsa, une petite quantité fait déjà une akhila gasa. Le Roch tranche dans ce sens, et il mesure l'interdit à la personne. Un istenis comme Rav Chechet jeûne toute la veille. Il donne aussi un appui au jeûne des bekhorot, avec Soferim 21, 3.

🖼️ Schéma
Deux akhila gasa, Rabbeinou TamL'âme est dégoûtéePlus de saveur.Yoma 80bYom Kippour :celui qui mange ainsiest exempt.Sans envie, avec du goûtIl reste une saveur.Pesach, al ha-sovaIl a encore un peu d'envie.Nazir 23a : il a faitle Pesach.Deux suitesOn peut dire aussi : l'akhila des pesahim n'est pas meakev.Pourquoi la matsa : une petite quantité y est déjà akhila gasa.Le Rachbam (matsa, parce qu'elle vaut aujourd'hui) ne tient pas.
Rabbeinou Tam : âme dégoûtée, exemption à Yom Kippour ; saveur encore là, le Pesach al ha-sova reste accompli. La matsa est nommée parce qu'une petite quantité y suffit.
2
אָמַר רָבִינָא, תָּא שְׁמַע: אֲפִילּוּ אַגְרִיפַּס הַמֶּלֶךְ שֶׁהוּא רָגִיל לֶאֱכֹול בְּתֵשַׁע שָׁעוֹת — אוֹתוֹ הַיּוֹם לֹא יֹאכַל עַד שֶׁתֶּחְשַׁךְ. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא סָמוּךְ לְמִנְחָה קְטַנָּה תְּנַן, הַיְינוּ רְבוּתֵיהּ דְּאַגְרִיפַּס.

Ravina dit : viens et entends. Même Agrippa le roi, qui a l'habitude de manger à la neuvième heure, ce jour-là ne mangera pas avant la nuit.

Si tu dis : c'est bien, nous enseignons à l'approche de la minha ketana, c'est là la grandeur d'Agrippa.

📜 Rachi (2)
אַגְרִיפַּס הַמֶּלֶךְ לֹא הָיָה אוֹכֵל עַד תֵּשַׁע שָׁעוֹת:
Agrippa le roi. Il ne mangeait pas avant la neuvième heure.
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא סָמוּךְ לְמִנְחָה קְטַנָּה הַיְינוּ רְבוּתֵיהּ דאע"ג דַּעֲדַייִן לֹא אָכַל וּזְמַן אִיסּוּרֵיהּ אַכַּתִּי לָא מְטָא בְּשָׁעָה תְּשִׁיעִית עַד לְאַחַר תֵּשַׁע אַפֵּ"ה לֹא יֹאכַל מִשּׁוּם דִּמְשִׁיךְ לֵיהּ עַד זְמַן אִיסּוּרָא יִתְעַנֶּה וְלֹא יֹאכַל:
Si tu dis : c'est bien, à l'approche de la minha ketana, c'est là sa grandeur. Bien qu'il n'ait pas encore mangé, et que l'heure de son interdit ne soit pas encore arrivée à la neuvième heure, puisqu'elle ne vient qu'après la neuvième, malgré cela il ne mangera pas. Comme son repas se prolongerait jusqu'à l'heure de l'interdit, il jeûnera et ne mangera pas.
🗂️ Tossefot (2)
אַפֵּי' אַגְרִיפַּס הַמֶּלֶךְ פִּי' רַשְׁבָּ"ם מֶלֶךְ כָּשֵׁר וּמִבְּנֵי חַשְׁמוֹנַאי הָיָה וְלָא דַּק דִּבְסוֹטָה (דַּף מא.) אָמְרִי' כְּשֶׁהִגִּיעַ לִמְקָרֵב אַחֶיךָ תָּשִׂים עָלֶיךָ מֶלֶךְ זָלְגוּ עֵינָיו דְּמָעוֹת:
Même Agrippa le roi. Le Rachbam explique : un roi valable, et il était des Hachmonaim. Il n'a pas été précis. Dans Sota (41a), on dit : quand il arriva à " Du milieu de tes frères tu établiras sur toi un roi ", ses yeux versèrent des larmes.
שֶׁהָיָה רָגִיל לֶאֱכֹול בְּתֵשַׁע שָׁעוֹת י"מ לְפִי שֶׁדֶּרֶךְ מְלָכִים לַעֲמֹוד בַּג' שָׁעוֹת וְהָיָה מִתְנַהֵג כְּתַלְמִיד חָכָם לֶאֱכֹול בְּשָׁעָה שִׁשִּׁית אַחֲרֵי קוּמוּ וְאֵין נִרְאֶה דְּא"כ הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר ט' שָׁעוֹת לְאַגְרִיפַּס כְּשֵׁשׁ שָׁעוֹת לת"ח:
Qui avait l'habitude de manger à la neuvième heure. Certains expliquent : la manière des rois est de se lever à la troisième heure. Il se conduisait comme un talmid 'hakham, et mangeait à la sixième heure après s'être levé. Cela ne se soutient pas. S'il en était ainsi, il aurait fallu dire : neuf heures pour Agrippa sont comme six heures pour un talmid 'hakham.
💡 Explication

Ravina apporte une baraita. Agrippa mange d'habitude à la neuvième heure. Ce jour-là, il attend la nuit. Sous la minha gedola, l'interdit est déjà en vigueur depuis la sixième heure : la baraita n'a pas à le citer à part. Sa rabouta, le motif de le nommer, suppose la minha ketana. À la neuvième heure, l'interdit n'est pas encore là. Il s'abstient quand même, parce que le repas entrerait dans l'heure interdite. Rachi : il jeûne jusqu'à la nuit.

Tossefot serre deux lectures. Dans Sota 41a, Agrippa pleure au verset du roi " du milieu de tes frères ". Le Rachbam a donc trop vite parlé d'un roi valable des Hachmonaim. Et l'idée qu'un roi se lève à la troisième heure, puis mange six heures plus tard, ferait dire à la Guemara : neuf heures pour lui valent six heures pour un talmid 'hakham. Elle dira : comme quatre heures pour nous.

3
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ סָמוּךְ לְמִנְחָה גְּדוֹלָה תְּנַן, מַאי רְבוּתֵיהּ דְּאַגְרִיפַּס? חָל אִיסּוּר עֲלֵיהּ מֵעִיקָּרָא! אֶלָּא סָמוּךְ לְמִנְחָה קְטַנָּה תְּנַן.

Mais si tu dis : nous enseignons à l'approche de la minha gedola, quelle est la grandeur d'Agrippa ? L'interdit pesait déjà sur lui dès le principe.

C'est donc à l'approche de la minha ketana que nous l'enseignons.

📜 Rachi (1)
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ מִמִּנְחָה גְּדוֹלָה וְאֵילָךְ אָסוּר מַאי רְבוּתֵיהּ דְּאַגְרִיפַּס וְהָא כְּבָר חָל זְמַן אִיסּוּרֵיהּ מִשֵּׁשׁ שָׁעוֹת וְאֵילָךְ וּצְרִיכָא לְמֵימַר דְּאָסוּר בִּתְמִיהַּ דְּאַטּוּ מִשּׁוּם דְּלָא אָכַל בָּעֵי לְמֶיעְבַּד אִיסּוּרָא וְנִשְׁרֵי לְמֵיכַל מִתְּחִלַּת תֵּשַׁע:
Mais si tu dis. Depuis la minha gedola, c'est interdit. Quelle est la grandeur d'Agrippa ? L'heure de son interdit court déjà depuis la sixième heure. Faut-il le dire, qu'il est interdit, sur le ton de l'étonnement ? Parce qu'il n'a pas mangé, en viendrait-il à transgresser, et permettrions-nous de manger dès le début de la neuvième heure ?
💡 Explication

La branche minha gedola tombe. Depuis la sixième heure, Agrippa est déjà tenu. Attendre la neuvième heure ne fait pas une grandeur à enseigner. Rachi pousse l'étonnement : son habitude de manger tard n'ouvre pas une permission au début de la neuvième heure.

Reste la minha ketana. La suite demande encore où est, même ainsi, la grandeur d'Agrippa.

4
סוֹף סוֹף מַאי רְבוּתֵיהּ דְּאַגְרִיפַּס, הָא מָטְיָא לֵיהּ זְמַן אִיסּוּרָא! מַהוּ דְּתֵימָא תֵּשַׁע שָׁעוֹת לְאַגְרִיפַּס כְּאַרְבַּע שָׁעוֹת דִּידַן דָּמֵי, קָא מַשְׁמָע לַן.

Au bout du compte, quelle est la grandeur d'Agrippa ? L'heure de l'interdit est arrivée pour lui.

On aurait pu dire : neuf heures pour Agrippa sont comme quatre heures pour nous. Cela nous l'apprend.

💡 Explication

Même sous la minha ketana, la question reste. S'il commence à la neuvième heure, l'interdit le rejoint : le repas se prolonge, ou l'approche de la minha est déjà là. Où est la grandeur ?

Réponse, en mahou de-teima. Agrippa n'a rien mangé de la journée. Sa neuvième heure a la faim de notre quatrième heure, heure encore libre. On aurait pu le laisser manger. Ka mashma lan : la baraita enseigne qu'on ne fait pas cette équivalence. Il attend la nuit comme chacun. C'est là qu'on le cite.

5
אָמַר רַבִּי (יוֹסֵי): אֲבָל מְטַבֵּיל הוּא בְּמִינֵי תַּרְגִּימָא. רַבִּי יִצְחָק מְטַבֵּיל בְּיַרְקֵי. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: הַשַּׁמָּשׁ מְטַבֵּיל בִּבְנֵי מֵעַייִן וְנוֹתְנָן לִפְנֵי הָאוֹרְחִים.

Rabbi Yosse a dit : toutefois, on trempe dans des minei targima. Rabbi Yits'hak trempait dans des légumes.

Une baraita l'enseigne aussi : le serviteur trempe dans les boyaux et les place devant les invités.

📜 Rachi (3)
אֲבָל יָכוֹל אָדָם לִטְבֹּול וְלֶאֱכֹול מִינֵי תַּרְגִּימָא פֵּירוֹת וְהַאי דִּנְקַט מַטְבִּיל לְפִי שֶׁמַּאֲכָלָם עַל יְדֵי טִיבּוּל:
Toutefois. Une personne peut tremper et manger des minei targima, des fruits. On dit " tremper ", parce qu'on les mange par un trempage.
בְּיַרְקֵי הָיָה אוֹכֵל יָרָק מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה לְפִי שֶׁאֵין מַשְׂבִּיעַ:
Dans des légumes. Il mangeait des légumes depuis la minha et au-delà, parce que cela ne rassasie pas.
בִּבְנֵי מֵעַיִם הוֹאִיל וְעָסוּק בִּסְעוּדָה יָכוֹל הוּא לֶאֱכֹול בִּבְנֵי מֵעַיִם מַה שֶׁדֶּרֶךְ הַשַּׁמָּשׁ לֶאֱכֹול רַשַּׁאי הוּא לַעֲשׂוֹת כֵּן מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה דְּהוֹאִיל וְהוּא עָסוּק בָּהֶן מְצַעַר לֵיהּ אִי לָא אָכִיל וְאִי אָכִיל לָא מִשֶּׁבְּעוּ לֵיהּ:
Dans les boyaux. Puisqu'il est occupé au repas, il peut manger des boyaux, ce que le serviteur a l'habitude de manger. Il peut le faire depuis la minha et au-delà. Puisqu'il s'en occupe, cela le peine s'il ne mange pas. Et s'il mange, cela ne le rassasie pas.
🗂️ Tossefot (1)
מִינֵי תַּרְגִּימָא פִּי' רַשְׁבָּ"ם פֵּירוֹת וּבָשָׂר בְּלֹא לֶחֶם וְלָא נְהִירָא דְּאָמְרִינַן בַּתּוֹסֶפְתָּא דְּכֵיצַד מְבָרְכִין הֵבִיאוּ לְפָנָיו מִינֵי תַּרְגִּימָא מְבָרֵךְ בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת וְאֵין מְבָרְכִין בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת אֶלָּא עַל חֲמֵשֶׁת מִינִים וּמִיהוּ בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּיוֹמָא (דַּף עט:) אִיכָּא חַד שִׁינּוּיָא דִּמְשַׁנֵּי וְאִיבָּעֵית אֵימָא מַאי מִינֵי תַּרְגִּימָא פְּרִי:
Minei targima. Le Rachbam explique : des fruits et de la viande, sans pain. Cela ne tient pas. Nous disons dans la Tossefta de Keitsad mevarkhin : on a apporté devant lui des minei targima, il bénit bore minei mezonot. Or on ne bénit bore minei mezonot que sur les cinq espèces. Toutefois, au dernier chapitre de Yoma (79b), il y a une réponse : et si tu veux, que sont les minei targima ? Un fruit.
🪔 Ben Yehoyada (1)
הַשַּׁמָּשׁ מַטְבִּיל בִּבְנֵי מֵעַיִם. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לָמָּה נְקִיטָה 'בְּנֵי מֵעַיִם' וְלֹא מַאֲכָל אַחֵר? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּאִיתָא בִּנְדָרִים (נְדָרִים נד:) רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר ' קְרָבַייִם לָאו בָּשָׂר וְאוֹכְלֵיהֶן לָאו בַּר אִינָשׁ ' רוֹצֶה לוֹמַר אָדָם הֶדְיוֹט. וְכָתַב הָרַב הַמְּאִירִי זַ"ל לֹא אָמְרוּ כֵּן אֶלָּא דֶּרֶךְ צַחוּת לוֹמַר שֶׁאֵין מַחֲזִיקִים כְּלָל, אִי נָמֵי לְעִנְיַן הַדִּין שֶׁאִם הִתְנָה עִם חֲבֵירוֹ לְהַאֲכִילוֹ בָּשָׂר אֵינוֹ יָכוֹל לְפַיְּיסוֹ בִּקְרֵבִין וּמִינֵיהוֹן עַייֵּן שָׁם, וְכֵן נָמֵי בְּשַׁבָּת דַּף קכ"ב (רָאָה בֵּיצָה לג.) אָמַר לוֹ רָבָא לְשַׁמָּעֵיהּ טְוִי לִי בַּר אֲווָזָא וּשְׁדִי בְּנֵי מֵעַיִם לְשֻׁונָּרָא , וְהַייְנוּ מִשּׁוּם דְּלָא חֲשִׁיבִי, וְלָכֵן כָּאן הִתִּירוּ 'בִּבְנֵי מֵעַיִם' דַּוְקָא דְּכֵיוָן דְּאֵין מַחֲזִיקִים אֵין מַרְבִּים בַּאֲכִילָתָם אֶלָּא אוֹכְלִים דָּבָר מוּעָט, וְעוֹד כֵּיוָן דְּלָא חֲשִׁיבֵי בָּשָׂר אָז אֲפִילּוּ אִם אוֹכֵל מֵהֶם יֹאכַל בְּשַׂר הַפֶּסַח לְתֵיאָבוֹן.
Le serviteur trempe dans les boyaux. On peut objecter : pourquoi prendre les boyaux, et non un autre aliment ? Il me semble, avec l'aide du Ciel. Il est enseigné dans Nedarim (54b) : Rabban Chimon ben Gamliel dit : " Les entrailles ne sont pas de la viande, et celui qui en mange n'est pas un homme. " Il veut dire : un homme du commun. Le Meiri zal a écrit : ils n'ont dit cela que par manière d'esprit, pour dire qu'elles ne rassasient en rien. Ou bien, pour le droit : s'il a convenu avec son prochain de le nourrir de viande, il ne peut pas s'acquitter avec des entrailles. Vois là-bas. De même, dans Chabbat, page 122 (voir Beitsa 33a), Rava dit à son serviteur : rôtis-moi un oison, et jette les boyaux au chat. C'est qu'ils ne comptent pas. C'est pourquoi ici on a permis précisément les boyaux. Puisqu'ils ne rassasient pas, on n'en mange pas beaucoup : on n'en mange qu'un peu. Et encore : puisqu'ils ne comptent pas comme viande, même s'il en mange, il mangera la viande du Pesach avec appétit.
💡 Explication

L'interdit vise un repas qui rassasie. Minei targima : on peut en tremper. Rachi lit des fruits, mangés par trempage. Rabbi Yits'hak prend des légumes, parce que cela ne rassasie pas. Le serviteur, occupé au repas, prend des boyaux : s'en priver le peine, et en manger ne le rassasie pas.

Le Rachbam : fruits et viande, sans pain. Tossefot objecte par la Tossefta : sur des minei targima on dit bore minei mezonot, bénédiction des cinq espèces. Yoma 79b laisse une autre voie, où targima veut dire fruit. Le Roch, sur le segment du début, tient la voie des cinq espèces, par la même page de Yoma lue sur la soucca. Le texte dit ici Rabbi Yosse. Le Roch rapporte la phrase au nom de Rav Ashi, au nom de Rav, et il nomme Rabbi Tsadok pour les légumes.

Le Ben Yehoyada demande pourquoi les boyaux. Nedarim 54b : les entrailles ne comptent pas comme viande. On en mange peu. Le Pesach de la nuit reste pris avec appétit.

🖼️ Schéma
Que sont les minei targima ?RachbamFruits et viande,sans pain.On les mangeen les trempant.Yoma 79b a une voie :targima veut dire fruit.Roch, avec TossefotBénédiction :bore minei mezonot.Donc les cinq espèces.Yoma 79b, la soucca :compléter par des targima.Distinct du fruit.À côté, ce qui ne rassasie pasLégumes, Rabbi Yits'hak. Boyaux, pour le serviteur.Ben Yehoyada : les boyaux ne comptent pas comme viande.
Rachbam : fruits et viande. Tossefot et le Roch : bore minei mezonot, les cinq espèces. Légumes et boyaux restent à côté, parce qu'ils ne rassasient pas.
6
וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר, זֵכֶר לַדָּבָר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״נִירוּ לָכֶם נִיר וְאַל תִּזְרְעוּ אֶל קוֹצִים״.

Et bien qu'il n'y ait pas de preuve de la chose, il y a un rappel de la chose, puisqu'il est dit : " Défrichez-vous un défrichement, et ne semez pas sur des épines. "

📜 Rachi (1)
נִירוּ לָכֶם נִיר כְּשֶׁאַתֶּם טוֹרְחִים תִּטְרְחוּ בְּדָבָר שֶׁאַתֶּם יְכוֹלִין לֵיהָנוֹת מִמֶּנּוּ וְשַׁמָּשׁ זֶה שֶׁעוֹסֵק בִּסְעוּדָה וּבֵית הַמִּטְבָּחַיִם אִם אֵינוֹ נֶהֱנֶה מְצַעַר לֵיהּ:
Défrichez-vous un défrichement. Quand vous peinez, peinez pour une chose dont vous pouvez tirer profit. Ce serviteur, occupé au repas et à l'abattoir : s'il n'en tire pas profit, cela le peine.
🗂️ Tossefot (1)
נִירוּ לָכֶם נִיר פִּי' רַשְׁבָּ"ם דְּעַל יְדֵי הַחֲרִישָׁה מְקַבֶּלֶת הַזְּרִיעָה ה"נ ע"י אֲכִילַת תַּרְגִּימָא יֹאכַל מַצָּה מִיהוּ חֲרִישָׁה וּזְרִיעָה תְּרֵי מִילֵּי נִינְהוּ וְלָא דָּמֵי לִשְׁתֵּי אֲכִילוֹת וְנִרְאֶה שֶׁזֶּה הַפָּסוּק מָשָׁל הוּא כְּעִנְיָן זֶה דִּכְתִיב (יִרְמְיָהוּ ד׳:א׳) אִם תָּשׁוּב יִשְׂרָאֵל נְאֻם ה' אֵלַי תָּשׁוּב אִם תָּסִיר שִׁקּוּצֶיךָ וְגוֹ' פִּי' לְאַחַר שֶׁתָּסִירוּ שִׁקּוּצִים אָז תָּשׁוּבוּ אֵלַי וְכָל זְמַן שֶׁשִּׁקּוּצִים עִמָּכֶם וְנִתְייָאַשְׁתֶּם מִמֶּנִּי לֹא תּוּכְלוּ לָשׁוּב כִּי כֹּה אָמַר ה' נִירוּ לָכֶם נִיר וְאַל תִּזְרְעוּ אֶל קוֹצִים כָּל זְמַן שֶׁהַקּוֹצִים בְּתוֹכָהּ אֵינָהּ מוֹעֶלֶת זְרִיעָתָהּ כְּלוּם וה"נ מַיְיתֵי זֵכֶר לַדָּבָר כְּשֶׁאָכַל קְצָת לִבּוֹ נִמְשָׁךְ יוֹתֵר אֲבָל כְּשֶׁלֹּא אָכַל כְּלָל וְנִתְיָאֵשׁ אֵין לִבּוֹ נִמְשָׁךְ אַחַר אֲכִילָה וְהָוֵי כְּזוֹרֵק אֶבֶן לַחֵמֶת:
Défrichez-vous un défrichement. Le Rachbam explique : par le labour, la terre reçoit le semis. De même, par l'akhila de targima, il mangera la matsa. Toutefois le labour et le semis sont deux actes. Ils ne ressemblent pas à deux akhilot. Il paraît que ce verset est une parabole, en ce sens. Il est écrit (Jérémie 4, 1) : Si tu reviens, Israël, oracle de Hachem, vers Moi reviens. Si tu ôtes tes abominations, etc. Explication : une fois les abominations ôtées, alors vous reviendrez vers Moi. Tant que les abominations sont avec vous, et que vous avez désespéré de Moi, vous ne pouvez pas revenir. Car ainsi parle Hachem : Défrichez-vous un défrichement, et ne semez pas sur des épines. Tant que les épines sont dedans, le semis ne sert à rien. De même, on apporte un rappel. Quand il a mangé un peu, son cœur se laisse entraîner davantage. Quand il n'a rien mangé du tout et qu'il a désespéré, son cœur ne se laisse pas entraîner vers l'akhila. C'est comme jeter une pierre dans une outre.
🪔 Ben Yehoyada (1)
זֵכֶר לַדָּבָר, שֶׁנֶּאֱמַר: (יִרְמְיָה ד, ג) "נִירוּ לָכֶם נִיר, וְאַל תִּזְרְעוּ אֶל קֹצִים". עַיֵּין פֵּירוּשׁ רַשְׁבַּ"ם וּמַה שֶׁהִקְשׁוּ עָלָיו הַתּוֹסָפוֹת זַ"ל דַּחֲרִישָׁה וּזְרִיעָה תְּרֵי מִילֵּי נִינְהוּ עַייֵּן שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד הַכַּוָּונָה דְּהַמְעֹונָה לֹא יִהְיֶה לוֹ הִתְעוֹרְרוּת לִבְדֹּוק נְקָבָיו לַעֲשׂוֹת צְרָכָיו אֲבָל אִם יֹאכַל יִהְיֶה לוֹ הִתְעוֹרְרוּת כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ הָעוֹלָם 'אֹוכֶל דּוֹחֶה אֹוכֶל' וְיָדוּעַ כְּפִי הַטֶּבַע הָעוֹשֶׂה צְרָכָיו קֹודֶם אֲכִילָה יִהְיֶה לוֹ הֲנָאָה מִן הָאֲכִילָה בְּיוֹתֵר וְלָכֵן הִתִּירוּ לוֹ לֶאֱכֹול מְעַט כְּדֵי שֶׁיִּהְיֶה לוֹ הִתְעוֹרְרוּת לַעֲשִׂיַּית צְרָכָיו לִדְחוֹת הַפְּסֹולֶת שֶׁבְּבִטְנוֹ שֶׁזֶּה יְכַוֶּונָּה בְּשֵׁם חֲרִישָׁה שֶׁיִּטֹּול הַקּוֹצִים שֶׁבַּכֶּרֶם וְאַחַר כָּךְ יֹאכַל בְּשַׂר הַפֶּסַח בַּלַּיְלָה לְתֵאָבוֹן שֶׁזֶּה יַכְווֶנָּה לִזְרִיעָה, וְלָזֶה הֵבִיא הַכָּתוּב נִירוּ לָכֶם נִיר שֶׁתְּחִלָּה חוֹרֵשׁ וְאַחַר כָּךְ זוֹרֵעַ.
Un rappel de la chose, puisqu'il est dit (Jérémie 4, 3) : " Défrichez-vous un défrichement, et ne semez pas sur des épines. " Vois l'explication du Rachbam, et ce que les Tossefot zal lui ont objecté : le labour et le semis sont deux actes. Vois là-bas. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que l'intention est celle-ci. Celui qui est à jeun n'a pas l'éveil de vérifier ses orifices pour faire ses besoins. S'il mange, il a cet éveil, comme les gens disent : un aliment chasse un aliment. On sait, selon la nature : celui qui fait ses besoins avant de manger a davantage de plaisir dans l'akhila. On lui a donc permis de manger un peu, pour qu'il ait l'éveil de faire ses besoins et de chasser le déchet de son ventre. C'est ce que vise le nom de labour : qu'il ôte les épines de la vigne. Ensuite il mangera la viande du Pesach la nuit, avec appétit. C'est ce que vise le semis. C'est pour cela que le verset apporte : Défrichez-vous un défrichement. D'abord on laboure, ensuite on sème.
💡 Explication

La baraita parle d'un zekher, un rappel, et le distingue d'une reaya, une preuve. Le verset est Jérémie 4, 3.

Rachi le lit sur le serviteur. Il peine au repas et à l'abattoir. Qu'il en tire un profit, sinon la peine reste seule. Tossefot cite une autre lecture du Rachbam : le labour fait recevoir le semis, la targima fait manger la matsa. Ils objectent : labour et semis sont deux actes, là où les deux akhilot sont du même genre. Leur parabole : tant que les épines sont en place, le semis ne sert à rien. De même, sans aucune akhila, le cœur lâche, comme une pierre jetée dans une outre. Avec un peu mangé, le cœur se laisse entraîner.

Le Ben Yehoyada garde l'ordre labour puis semis. Le labour : un peu mangé réveille le corps et chasse le déchet, selon le dire " un aliment chasse un aliment ". Le semis : la viande du Pesach, la nuit, avec appétit.

🖼️ Schéma
Que rappelle le verset ?Défrichez-vous un défrichementRachiPinez pour une chosedont on tire profit.Le serviteur, au repaset à l'abattoir :sans profit,cela le peine.Rachbam, par TossefotLe labour préparele semis.La targima préparela matsa.Tossefot : deux actes,peu comparables.TossefotUn peu mangé :le cœur suit.Rien mangé,et le cœur lâche :le semis sur les épinesne sert à rien.Ben YehoyadaLabour : chasser le déchet, un aliment en chasse un autre.Semis : la viande du Pesach, la nuit, avec appétit.D'abord on laboure, ensuite on sème.Celui qui est à jeun manque de l'éveil pour se vider.
Trois lectures du verset. Rachi : le serviteur doit tirer profit de sa peine. Rachbam : la targima prépare la matsa. Tossefot : un peu mangé entraîne le cœur. Ben Yehoyada : vider, puis manger le Pesach.
7
רָבָא הֲוָה שָׁתֵי חַמְרָא כֻּולֵּי מַעֲלֵי יוֹמָא דְפִיסְחָא, כִּי הֵיכִי דְּנִיגְרְרֵיהּ לְלִיבֵּיהּ דְּנֵיכוֹל מַצָּה טְפֵי לְאוּרְתָּא. אָמַר רָבָא: מְנָא אָמֵינָא לַהּ דְּחַמְרָא מִיגְרָר גָּרֵיר, דִּתְנַן:

Rava buvait du vin tout le jour de la veille de Pesach, afin d'attirer son cœur, pour manger davantage de matsa le soir. Rava dit : d'où le dis-je, que le vin attire ?

De ce que nous enseigne la michna :

💡 Explication

Rava boit du vin toute la veille, maali yoma de Pis'ha. Le but : de-nigrare le-libeih, attirer son cœur, pour manger plus de matsa le-ourta, le soir.

Il tient que le vin megarer garir : il entraîne, il ouvre l'appétit. La preuve qu'il annonce est une michna. Le texte s'arrête sur de-tanan. La citation commence sur la page suivante.

🖼️ Schéma
Pourquoi Rava boit-il ?Vin, toute la veilleveille de PesachLe cœur est attiréle vin entraînePlus de matsale soirLa michna qui le prouve s'ouvre sur la page suivante.
Vin toute la veille, le cœur attiré, plus de matsa le soir. La michna citée s'ouvre ensuite.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).