Pesachim 108a , Vin, jeûne de la veille, et hessiba

Pesachim 108a

Sougya : Entre les premières coupes, boire est permis. Entre la troisième et la quatrième, non.

Le vin ouvre l'appétit : autrement, la matsa du soir serait une akhila gasa. Rav Chechet jeûnait toute la veille de Pesach : il était istenis, et un goût le matin ôtait l'appétit de la matsa.

On avait proposé l'avis de Ben Beteira, pour qui tout le quatorze est temps de chehita. La suite fixe la hessiba, sur le côté gauche.

La matsa et les quatre coupes l'exigent, le maror non. Une femme ordinaire auprès de son mari en est dispensée, une femme importante la doit.

Le fils la doit, le disciple auprès de son maître en est dispensé, l'apprenti d'un métier et le serviteur la doivent.

Quatre coupes : boire, et hessibaCoupes 1 et 2Avant le repasEntre elles, boire est permisRachi : première à deuxièmeCoupes 3 et 4Après le repasEntre elles, on ne boit pasCe sens1 et 2 : hessibaLa liberté commence3 et 4 : sans hessibaCe qui a été, a étéLa délivrance est déjà diteL'autre sens3 et 4 : hessibaHeure de la liberté1 et 2 : sans hessibaOn dit encore : esclavesAvadim hayinouLes deux lectures restentLes quatre coupes exigent la hessiba.Le Roch ouvre par les coupes 3 et 4, puis par les coupes 1 et 2.Matsa : oui, rappel de la délivrance. Maror : non, rappel de la servitude.
Entre les coupes 1 et 2, boire est permis. Entre 3 et 4, non. Deux lectures de la hessiba du vin, puis les quatre coupes.
Qui doit la hessiba ?MatsaOui. Hommes libres.Côté gauche.MarorNon.Rappel de la servitude.Vin, les quatre coupesOui.Les deux lectures restent.Femme chez son mariDispensée.Femme importante : tenue.Fils chez son pèreTenu.Même si le père enseigne.Disciple chez le maîtreDispensé.Crainte du maître, crainte du Ciel.Apprenti du charpentierTenu.On lui apprend un métier.ServiteurTenu.Kezayit de matsa, accoudé.
Matsa, vin, fils, apprenti et serviteur : hessiba. Maror et disciple chez son maître : non. Femme importante : oui.
Trois posturesCôté gaucheC'est la hessiba.Rachi : ce côté.Rachbam : la maindroite reste librepour manger.Manière deshommes libres.Côté droitHors hessiba.Rachbam : la maindroite est prise.Autre lecture :trachée avantl'œsophage.ParakdanCouché sur le dos.Hors hessiba.Visage vers le haut.Rachi : le dangerporte sur ce cas.Le cou parten arrière.Gaucher, selon le RochRachbam : il s'accoude à droite, sa main forte est libre.
Côté gauche : hessiba. Côté droit et parakdan : non. Le gaucher, selon le Rachbam, s'accoude à droite.
1
בֵּין הַכּוֹסוֹת הַלָּלוּ אִם רָצָה לִשְׁתּוֹת — יִשְׁתֶּה, בֵּין שְׁלִישִׁי לִרְבִיעִי — לֹא יִשְׁתֶּה. וְאִי אָמְרַתְּ מִסְעָד סָעֵיד, אַמַּאי יִשְׁתֶּה? הָא קָא אָכֵיל לְמַצָּה אֲכִילָה גַּסָּה. אֶלָּא שְׁמַע מִינָּה: מְגָרֵר גָּרִיר.

Entre ces coupes-ci, s'il veut boire, qu'il boive. Entre la troisième et la quatrième, qu'il ne boive pas.

Et si tu dis que le vin rassasie, pourquoi boirait-il ? Voici qu'il mange la matsa en akhila gasa (manger déjà rassasié).

Apprends-en plutôt : le vin entraîne, il ouvre l'appétit.

📜 Rachi (1)
בֵּין הַכּוֹסוֹת הַלָּלוּ בֵּין הָרִאשׁוֹן לַשֵּׁנִי:
Entre ces coupes-ci. Entre la première et la deuxième.
🗂️ Tossefot (1)
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ מִסְעָד סָעִיד וְהָא דְּאָמְרִינַן בְּפֶ' כֵּיצַד מְבָרְכִין (בְּרָכוֹת דַּף לה:) דְּחַמְרָא סָעִיד וּמְשַׂמֵּחַ מְפָרֵשׁ הָתָם דְּטוּבָא גָּרִיר פֻּורְתָּא סָעִיד:
Plutôt, si tu dis qu'il rassasie. Et ce que nous disons au chapitre Keitsad mevarkhin (Berakhot 35b), que le vin rassasie et réjouit : on explique là-bas qu'en grande quantité il entraîne, et qu'en petite quantité il rassasie.
💡 Explication

Suite de la michna des quatre coupes. Entre ces coupes : Rachi, entre la première et la deuxième, boire est permis. Entre la troisième et la quatrième, boire est interdit.

L'argument porte sur la permission. Si le vin rassasie, mesaed sa'id, celui qui boit en plus arrive à la matsa déjà plein : une akhila gasa. La michna ne dirait pas qu'il boive. Conclusion : megarer garir, le vin entraîne et ouvre l'appétit.

Tossefot relie Berakhot 35b, où le vin rassasie et réjouit. Répartition : beaucoup, il entraîne ; peu, il rassasie.

🖼️ Schéma
Le vin rassasie-t-il, ou ouvre-t-il l'appétit ?S'il rassasieMesaed sa'idBoire entre les coupesmène à la matsaen akhila gasa.La michna ne dirait pasqu'il boive.Il entraîneMegarer garirIl ouvre l'appétit.Entre les premières,boire est permis.Tossefot, Berakhot 35bBeaucoup de vin : il entraîne.Peu de vin : il rassasie et réjouit.
S'il rassasie, la matsa devient une akhila gasa. Il entraîne : boire entre les premières coupes est permis. Beaucoup et peu, Berakhot 35b.
2
רַב שֵׁשֶׁת הֲוָה יָתֵיב בְּתַעֲנִיתָא כָּל מַעֲלֵי יוֹמָא דְפִסְחָא. נֵימָא קָא סָבַר רַב שֵׁשֶׁת: סָמוּךְ לְמִנְחָה גְּדוֹלָה תְּנַן — וּמִשּׁוּם פִּסְחָא הוּא, דִּילְמָא מִימְּשַׁךְ וְאָתֵי לְאִימְּנוֹעֵי מִלְּמֶעְבַּד פִּיסְחָא הוּא,

Rav Chechet jeûnait toute la veille de Pesach. Dirons-nous que Rav Chechet tient ceci : nous avons enseigné à l'approche de la minha gedola, et c'est à cause du Pesach, de peur qu'il se laisse entraîner et qu'il en vienne à s'abstenir d'accomplir le Pesach,

📜 Rachi (1)
נֵימָא קָא סָבַר רַב שֵׁשֶׁת סָמוּךְ לְמִנְחָה גְּדוֹלָה תְּנַן וּמִשּׁוּם פֶּסַח וְקָסָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא דְּאָמַר כֻּולֵּי יוֹמָא זְמַן שְׁחִיטָה הוּא וּמַאי בֵּין הָעַרְבַּיִם עֶרֶב דְּאֶתְמוֹל מִשֶּׁכָּלָה עֶרֶב דְּאֶתְמוֹל דְּהַיְינוּ מִשֶּׁעָלָה עַמּוּד הַשַּׁחַר לָעֶרֶב דְּהָאִידָּנָא מִשּׁוּם הָכִי מִתְעַנֶּה כֻּולֵּי יוֹמָא ואע"פ שֶׁלֹּא הָיָה פֶּסַח בְּיָמָיו הוֹאִיל וּמִיתַּסְרָא בְּכָךְ:
Dirons-nous que Rav Chechet tient : nous avons enseigné à l'approche de la minha gedola, et c'est à cause du Pesach. Il tient comme Rabbi Yehouda ben Beteira, qui dit que tout le jour est temps de chehita (abattage). Et que veut dire bein ha-arbayim ? Le soir d'hier, depuis que le soir d'hier a pris fin, c'est-à-dire depuis le lever de l'aube, jusqu'au soir d'aujourd'hui. C'est pour cela qu'il jeûne toute la journée. Et même s'il n'y avait pas de Pesach de son temps, puisque la chose est interdite de cette manière.
🗂️ Tossefot (2)
רַב שֵׁשֶׁת הֲוָה יָתֵיב בְּתַעֲנִיתָא לָאו דַּוְקָא אֶלָּא שׁוֹמֵר עַצְמוֹ מִלֶּאֱכֹול אִי נָמֵי הָיָה מְקַבֵּל עָלָיו מַמָּשׁ תַּעֲנִית כְּדֵי שֶׁיְּהֵא נִזְכָּר וְנִזְהָר מִלֶּאֱכֹול וְהַבְּכוֹרוֹת נָהֲגוּ לְהִתְעַנּוֹת עֶרֶב פֶּסַח דְּקָתָנֵי בְּמַסֶּכֶת סוֹפְרִים (פֶּרֶק כא הֲלָכָה ג) שֶׁאֵין מִתְעַנִּין בְּנִיסָן אֶלָּא הַבְּכוֹרוֹת בְּעֶרֶב הַפֶּסַח:
Rav Chechet restait en jeûne. Au sens large : il se gardait de manger. Autre voie : il prenait vraiment un jeûne sur lui, afin qu'il s'en souvienne et qu'il se garde de manger. Et les bekhorot ont l'usage de jeûner la veille de Pesach, comme on l'enseigne dans le traité Soferim (chapitre 21, halakha 3) : on ne jeûne pas en Nissan, sauf les bekhorot, la veille de Pesach.
נֵימָא קָא סָבַר רַב שֵׁשֶׁת מִשּׁוּם פֶּסַח ואע"ג דְּהַשְׁתָּא לֵיכָּא פֶּסַח מִכָּל מָקוֹם הָאִיסּוּר שֶׁהָיָה בִּזְמַן הַבַּיִת לֹא בָּטֵל ואע"ג דְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא לָא מַכְשַׁר אֶלָּא בְּדִיעֲבַד אֲבָל לְכַתְּחִלָּה אָסוּר מִשּׁוּם לֹא תִשְׁחַט עַל חָמֵץ לֹא תִּשְׁחַט הַפֶּסַח וַעֲדַיִין חָמֵץ קַייָּם עַד ו' שָׁעוֹת וְלָא אַשְׁכְּחַן תַּנָּא דִּפְלִיג מִכָּל מָקוֹם כֵּיוָן דְּדִיעֲבַד כָּשֵׁר סְבִירָא לֵיהּ לְהַחְמִיר שֶׁלֹּא לֶאֱכֹול מִן הַבָּקָר:
Dirons-nous que Rav Chechet le tient à cause du Pesach. Même maintenant, où il n'y a plus de Pesach, l'interdit du temps du Temple demeure. Et même si Rabbi Yehouda ben Beteira ne valide que bediavad (après coup), lekhat'hila (d'emblée) cela reste interdit, à cause du verset : tu n'égorgeras pas sur du 'hamets. Tu n'égorgeras pas le Pesach tant que le 'hamets subsiste encore, jusqu'à la sixième heure, et nous n'avons pas trouvé de tana qui conteste. Toutefois, puisque bediavad c'est kacher (valide), il tient à serrer : ne pas manger depuis le matin.
💡 Explication

Rav Chechet jeûne toute la veille de Pesach. La Guemara demande s'il tient ceci. La michna " à l'approche de la minha " viserait la minha gedola, et le motif serait le Pesach : le repas se prolonge, il en vient à ne pas l'accomplir.

Rachi : il suit Rabbi Yehouda ben Beteira. Tout le jour est temps de chehita (abattage). Bein ha-arbayim court depuis la fin du soir d'hier, donc depuis l'aube, jusqu'au soir. D'où le jeûne de la journée entière, même sans Pesach de son temps : l'interdit tient.

Tossefot glose le mot jeûne, et la lecture proposée, avant la réponse par l'istenis. Lecture large : il se garde de manger. Autre lecture : un vrai jeûne, pour rester attentif. Les bekhorot (premiers-nés), Soferim 21, 3 : en Nissan, eux seuls jeûnent, la veille de Pesach. Ben Beteira ne valide le matin que bediavad (après coup). Lekhat'hila (d'emblée), le verset interdit d'égorger le Pesach sur du 'hamets, jusqu'à la sixième heure, et aucun tana ne conteste. Puisque bediavad le matin reste kacher (valide), il serre : rien depuis le matin.

3
וְסָבַר לַהּ כִּי הָא דְּאָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מַכְשִׁיר הָיָה בֶּן בְּתֵירָא בְּפֶסַח שֶׁשְּׁחָטוֹ שַׁחֲרִית בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר לִשְׁמוֹ, וּמִצַּפְרָא זְמַן פִּסְחָא הוּא, דְּכֻולֵּי יוֹמָא חֲזֵי לְפִסְחָא,

et qu'il tient comme ce qu'a dit Rabbi Ochaya, que Rabbi Elazar a dit : Ben Beteira validait un Pesach qu'on a abattu le matin du quatorze, pour son nom. Et depuis le matin, c'est le temps du Pesach, car tout le jour est apte au Pesach,

💡 Explication

Suite de la lecture proposée. Ben Beteira, au dire de Rabbi Ochaya au nom de Rabbi Elazar, valide un Pesach abattu le matin du quatorze, li-shmo, pour son nom. Dès le matin le temps est ouvert : tout le jour est apte au Pesach.

4
דְּסָבַר ״בֵּין הָעַרְבַּיִם״ — בֵּין עֶרֶב דְּאֶתְמוֹל לְעֶרֶב דְּהָאִידָּנָא.

car il tient que bein ha-arbayim veut dire : entre le soir d'hier et le soir d'aujourd'hui.

💡 Explication

Le verset, Chemot 12, 6. Bein ha-arbayim, lu d'ordinaire sur l'après-midi, est pris ici au large : entre le soir d'hier et le soir d'aujourd'hui. L'aube entre dans le temps de la chehita.

5
אָמְרִי: לָא, שָׁאנֵי רַב שֵׁשֶׁת דְּאִיסְתְּנִיס הֲוָה, דְּאִי טָעֵים בְּצַפְרָא מִידֵּי, לְאוּרְתָּא לָא הֲוָה מַהְנֵי לֵיהּ מֵיכְלָא.

On dit : non. Rav Chechet est à part, car il était istenis (homme délicat).

S'il goûtait le matin quelque chose, le soir le repas ne lui profitait plus.

📜 Rachi (1)
לָא רַב שֵׁשֶׁת אִיסְתְּנִיס מְעֻונָּג הָיָה וְאִי הֲוָה טְעִים מִצַּפְרָא לָא מָצֵי לְמִיטְעַם מַצָּה לְתֵיאָבוֹן לְאֻורְתָּא:
Non, Rav Chechet était istenis. Il était homme de délices. Et s'il goûtait dès le matin, il ne pouvait plus goûter la matsa avec appétit le soir.
💡 Explication

La lecture est levée. Rav Chechet était istenis, homme délicat. Rachi : homme de délices. Un goût le matin, et le repas du soir ne sert plus : il ne peut plus prendre la matsa avec appétit.

Le jeûne rejoint donc l'enjeu du vin, au début du daf. Il s'agit d'arriver à la matsa de la nuit avec faim, hors akhila gasa.

🖼️ Schéma
Pourquoi Rav Chechet jeûne-t-il toute la veille ?Lecture proposéeMinha gedolaà cause du Pesach.Ben BeteiraTout le 14 est tempsde chehita, li-shmo.Bein ha-arbayimDe l'aube jusqu'au soir.Réponse retenueIl est istenis.Homme de délices.Un goût le matin,et le soir la matsan'a plus d'appétit.Tossefot, sur la lecture proposéeL'interdit du temps du Temple demeure.Le matin n'est kacher que bediavad.Il serre donc : rien manger depuis le matin.
Lecture proposée : minha gedola, Pesach, Ben Beteira, de l'aube au soir. Réponse : istenis, l'appétit de la matsa le soir.
6
וַאֲפִילּוּ עָנִי שֶׁבְּיִשְׂרָאֵל לֹא יֹאכַל עַד שֶׁיָּסֵב. אִיתְּמַר: מַצָּה צָרִיךְ הֲסִיבָּה, מָרוֹר אֵין צָרִיךְ הֲסִיבָּה. יַיִן, אִיתְּמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב נַחְמָן: צָרִיךְ הֲסִיבָּה. וְאִיתְּמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב נַחְמָן: אֵין צָרִיךְ הֲסִיבָּה.

Et même un pauvre d'Israël ne mangera pas avant de s'être accoudé. On a enseigné : la matsa exige la hessiba (accoudement), le maror (herbe amère) n'exige pas la hessiba.

Le vin : on a enseigné au nom de Rav Na'hman qu'il exige la hessiba. Et on a enseigné au nom de Rav Na'hman qu'il n'exige pas la hessiba.

📜 Rachi (3)
עַד שֶׁיָּסֵב הֲסִיבָּה עַל צַד שְׂמֹאל:
Avant de s'accouder. La hessiba se fait sur le côté gauche.
מַצָּה צְרִיכָה הֲסִיבָּה כִּבְנֵי חוֹרִין שֶׁהוּא זֵכֶר לִגְאוּלָּה:
La matsa exige la hessiba. À la manière des hommes libres, car elle est un rappel de la délivrance.
מָרוֹר אֵין צָרִיךְ הֲסִיבָּה שֶׁהוּא זֵכֶר לְעַבְדוּת:
Le maror n'exige pas la hessiba, car il est un rappel de la servitude.
⚖️ Rosh (1)
וַאֲפִילּוּ עָנִי שֶׁבְּיִשְׂרָאֵל לֹא יֹאכַל עַד שֶׁיָּסֵב אִיתְּמַר מַצָּה צְרִיכָה הֲסִיבָּה מָרוֹר א"צ הֲסִיבָּה יַיִן אִתְּמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב נַחְמָן צָרִיךְ הֲסִיבָּה וְאִיתְּמַר מִשְּׁמֵיהּ דר"נ לֹא צָרִיךְ הֲסִיבָּה וְלָא פְּלִיגִי הָא בִּתְרֵי כָּסֵי קַמָּאֵי הָא בִּתְרֵי כָּסֵי בָּתְרָאֵי אָמְרִי לַהּ לְהַאי גִּיסָא וְאָמְרִי לַהּ לְהַאי גִּיסָא אָמְרִי לַהּ לְהַאי גִּיסָא תְּרֵי כָּסֵי בָּתְרָאֵי בָּעֵי הֲסִיבָּה דְּהָוְיָא לֵיהּ חֵירוּת תְּרֵי כָּסֵי קַמָּאֵי לָא בָּעוּ הֲסִיבָּה דְּאַכַּתִּי לָא הָוְיָא חֵירוּת דְּאַכַּתִּי עֲבָדִים הָיִינוּ קָאָמְרִינַן וְאָמְרִי לַהּ לְהַאי גִּיסָא תְּרֵי כָּסֵי קַמָּאֵי בָּעֵי הֲסִיבָּה דְּהַהוּא שַׁעְתָּא ה"ל חֵירוּת תְּרֵי כָּסֵי בָּתְרָאֵי לָא בָּעוּ הֲסִיבָּה דְּמַאי דַּהֲוָה הֲוָה הַשְׁתָּא דְּאָמְרִינַן דְּאִיתְּמַר הָכִי וְאִתְּמַר הָכִי כּוּלְּהוּ בָּעוּ הֲסִיבָּה וּמַצָּה בָּעֵי הֲסִיבָּה בִּכְזַיִת רִאשׁוֹן וְכַזַּיִת שֶׁל אֲפִיקוֹמָן וְאִם אָכַל בְּלֹא הֲסִיבָּה לֹא יָצָא כִּדְאָמַר רִיבָּ"ל הַשַּׁמָּשׁ שֶׁאָכַל כְּזַיִת מַצָּה כְּשֶׁהוּא מֵיסֵב יָצָא מַשְׁמַע מֵיסֵב אִין לֹא מֵיסֵב לָא וְאִם אָכַל בְּלֹא הֲסִיבָּה יַחְזֹור וְיֹאכַל בַּהֲסִיבָּה וְכֵן בְּכוֹס רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי אִם לֹא שָׁתָה בַּהֲסִיבָּה יַחְזֹור וְיִשְׁתֶּה בַּהֲסִיבָּה אֲבָל בְּכוֹס שְׁלִישִׁי אוֹ רְבִיעִי אִם יִשְׁתֶּה יוֹתֵר נִרְאֶה כְּמוֹסִיף עַל הַכּוֹסוֹת וּמִיהוּ אִיכָּא לְמֵימַר כֵּיוָן שֶׁשָּׁתָה שֶׁלֹּא כְּתִיקּוּנוֹ הֻובְרַר הַדָּבָר שֶׁלֹּא מִמִּנְיַן הַכּוֹסוֹת הָיָה וּמַה שֶׁשּׁוֹתֶה עַתָּה הוּא כּוֹס שֶׁל חוֹבָה וְאִם שָׁתָה כּוֹס רְבִיעִי בְּלֹא הֲסִיבָּה צָרִיךְ לְבָרֵךְ בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן עַל כּוֹס שֶׁיִּשְׁתֶּה אַחַר כָּךְ שֶׁיִּהְיֶה בַּהֲסִיבָּה שֶׁהֲרֵי כְּשֶׁשָּׁתָה כּוֹס רְבִיעִי בְּלֹא הֲסִיבָּה וְלֹא נִזְכַּר לְהַסִּיב הִסִּיחַ דַּעְתּוֹ לִשְׁתּוֹת יוֹתֵר. פְּרַקְדָּן לָא שְׁמֵיהּ הֲסִיבָּה הֲסִיבַּת יָמִין לָא שְׁמֵיהּ הֲסִיבָּה וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁמָּא יַקְדִּים קָנֶה לְוֶושֶׁט וְאָתֵי לִידֵי סַכָּנָה פֵּירֵשׁ רַשְׁבַּ"ם שֶׁהֲרֵי בִּימִינוֹ צָרִיךְ לֶאֱכֹול וּלְפִי זֶה אִטֵּר בִּימִינוֹ מֵיסֵב בִּימִינוֹ וּלְאִידָךְ פֵּירוּשָׁא שֶׁמָּא יַקְדִּים קָנֶה לְוֶושֶׁט קָאֵי אַהֲסִיבַּת יָמִין אֵין חִילּוּק בֵּין אִטֵּר לְאַחֵר. אִשָּׁה לָא בָּעֵי הֲסִיבָּה פֵּירֵשׁ רַשְׁבַּ"ם מִפְּנֵי אֵימַת בַּעְלָהּ שֶׁכְּפוּפָה לוֹ וּלְפִי זֶה אַלְמָנָה וּגְרוּשָׁה בָּעוּ הֲסִיבָּה וּבַשְּׁאִילְתּוֹת דְּרַב אַחַאי כָּתַב דְּלָאו דַּרְכָּם דִּנְשֵׁי לְמִיזְגֵּי וּלְפִי זֶה אֲפִילּוּ אַלְמָנָה וּגְרוּשָׁה נָמֵי אֲבָל אִשָּׁה חֲשׁוּבָה אוֹרְחָא לְמִיזְגֵּי. בֵּן אֵצֶל אָבִיו צָרִיךְ הֲסִיבָּה אֲפִילּוּ הוּא רַבּוֹ דִּסְתָם בֵּן אָבִיו מְלַמְּדוֹ תּוֹרָה תַּלְמִיד אֵצֶל רַבּוֹ מַאי ת"ש דְּאָמַר אַבָּיֵי כִּי הֲוֵינַן בֵּי מָר מָזְגִינַן אַבִּירְכֵי דַּהֲדָדִי כִּי הָוֵינַן בֵּי רַב יוֹסֵף אָמַר לָא צְרִיכִתוּ מוֹרָא רַבָּךְ כְּמוֹרָא שָׁמַיִם וְאַפֵּי' אֵינוֹ רַבּוֹ מֻובְהָק מִדְּלָא מַשְׁכַּח לְאוֹקְמֵי בָּרַיְיתָא דַּאֲפִילּוּ תַּלְמִיד בִּפְנֵי רַבּוֹ אֶלָּא בִּשְׁוַלְיָא דְּנַגָּרֵי. אִיבַּעְיָא לְהוּ שַׁמָּשׁ מַאי וְאַסִּיקְנָא דְּבָעֵי הֲסִיבָּה אָמַר רִיבָּ"ל נָשִׁים חַייָּבוֹת בְּאַרְבַּע כּוֹסוֹת הַלָּלוּ שֶׁאַף הֵן הָיוּ בְּאוֹתוֹ הַנֵּס.
Même un pauvre d'Israël ne mangera pas avant de s'être accoudé. On a enseigné : la matsa exige la hessiba, le maror ne l'exige pas. Le vin : on a enseigné au nom de Rav Na'hman qu'il exige la hessiba, et on a enseigné au nom de Rav Na'hman qu'il ne l'exige pas. Ils ne sont pas en désaccord : l'un vise les deux premières coupes, l'autre les deux dernières. Les uns le disent dans ce sens, les autres dans l'autre sens. Les uns le disent dans ce sens : les deux dernières coupes exigent la hessiba, car il y a alors pour lui la liberté. Les deux premières n'exigent pas la hessiba, car la liberté n'est pas encore là : nous disons encore que nous étions esclaves. Et les autres le disent dans l'autre sens : les deux premières coupes exigent la hessiba, car à cette heure-là il y a la liberté. Les deux dernières n'exigent pas la hessiba : ce qui a été, a été. Maintenant que nous disons que cela a été enseigné ainsi et enseigné ainsi, toutes exigent la hessiba. Et la matsa exige la hessiba pour le premier kezayit (volume d'une olive) et pour le kezayit de l'afikoman. Et s'il a mangé sans hessiba, il n'est pas quitte, comme le dit Rabbi Yehochoua ben Levi : le serviteur qui a mangé un kezayit de matsa pendant qu'il était accoudé est quitte. On en tire : accoudé, oui ; sans hessiba, non. Et s'il a mangé sans hessiba, il recommence et mange en hessiba. De même pour la première coupe et la deuxième : s'il n'a pas bu en hessiba, il recommence et boit en hessiba. Mais pour la troisième coupe ou la quatrième, s'il boit davantage, cela paraît ajouter aux coupes. Toutefois on peut dire : puisqu'il a bu hors de la règle, il est clair que cette coupe ne comptait pas dans le nombre des coupes, et ce qu'il boit maintenant est la coupe d'obligation. Et s'il a bu la quatrième coupe sans hessiba, il doit bénir bore peri ha-gafen sur la coupe qu'il boira ensuite, afin qu'elle soit en hessiba. Car, lorsqu'il a bu la quatrième coupe sans hessiba et qu'il ne s'est pas souvenu de s'accouder, il a détourné son attention de boire encore. Parakdan (couché sur le dos) ne s'appelle pas hessiba. La hessiba du côté droit ne s'appelle pas hessiba. Et il y a plus : de peur qu'il fasse passer la trachée avant l'œsophage et qu'il en vienne au danger. Le Rachbam explique : c'est qu'il doit manger de sa main droite. Selon cela, le gaucher s'accoude sur son côté droit. Selon l'autre explication, le danger de faire passer la trachée avant l'œsophage porte sur la hessiba du côté droit, et il n'y a pas de différence entre un gaucher et un autre. Une femme n'exige pas la hessiba. Le Rachbam explique : à cause de la crainte de son mari, car elle lui est soumise. Selon cela, une veuve et une divorcée exigent la hessiba. Dans les Cheiltot de Rav A'hai, il est écrit que les femmes n'ont pas l'usage de s'accouder. Selon cela, même une veuve et une divorcée n'exigent pas la hessiba. Mais une femme importante a l'usage de s'accouder. Un fils auprès de son père exige la hessiba, même si son père est son maître, car en règle son père lui enseigne la Torah. Un disciple auprès de son maître, qu'en est-il ? Viens et entends ce qu'a dit Abaye : quand nous étions chez le Maître, nous nous accoudions sur les genoux les uns des autres. Quand nous étions chez Rav Yossef, il a dit : vous n'en avez pas besoin, la crainte de ton maître est comme la crainte du Ciel. Et cela vaut même si ce maître n'est pas son rav mouvhak, puisqu'on ne trouve à poser la baraita, même un disciple devant son maître, que sur l'apprenti du charpentier. On a demandé : le serviteur, qu'en est-il ? Et nous concluons qu'il exige la hessiba. Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : les femmes sont tenues à ces quatre coupes, car elles aussi étaient dans ce même miracle.
💡 Explication

Début de la hessiba (accoudement). Même le pauvre s'accoude avant de manger. Rachi : sur le côté gauche. La matsa l'exige, manière des hommes libres, rappel de la délivrance. Le maror (herbe amère) ne l'exige pas : rappel de la servitude. Le vin : deux enseignements au nom de Rav Na'hman. La suite les répartit.

Le Roch reprend la sougya et fixe la pratique. Les deux lectures restant, les quatre coupes exigent la hessiba. Matsa : le premier kezayit (volume d'une olive) et le kezayit de l'afikoman. Sans hessiba, on n'est pas quitte, on recommence accoudé. Coupes une et deux : on reboit accoudé. Coupe trois ou quatre : reboire a l'air d'ajouter une coupe. La coupe bue hors règle ne comptait pas. Celle qu'on boit est la coupe d'obligation. À la quatrième, nouvelle bénédiction bore peri ha-gafen : l'oubli a fait un hese'h ha-daat, un détournement de l'attention.

Le Roch place d'abord la lecture des dernières coupes, puis celle des premières. La Guemara, aux segments suivants, prend l'ordre inverse.

🖼️ Schéma
Oubli de la hessiba, le RochMatsaPremier kezayitet afikoman.Sans hessiba,il n'est pas quitte.Il remange, accoudé.Coupes 1 et 2Sans hessiba,il reboit, accoudé.Coupes 3 et 4Reboire sembleajouter une coupe.La coupe hors règlene comptait pas.Celle d'après estla coupe due.Coupe 4Bore peri ha-gafensur la suivante.Il ne s'est passouvenu de s'accouder :l'attention s'estdétournée.
Sans hessiba : on remange la matsa, on reboit les coupes 1 et 2. Coupes 3 et 4 : la coupe hors règle ne comptait pas. Coupe 4 : nouvelle bénédiction.
7
וְלָא פְּלִיגִי: הָא בְּתַרְתֵּי כָּסֵי קַמָּאֵי, הָא בְּתַרְתֵּי כָּסֵי בָּתְרָאֵי. אָמְרִי לַהּ לְהַאי גִּיסָא וְאָמְרִי לַהּ לְהַאי גִּיסָא. אָמְרִי לַהּ לְהַאי גִּיסָא: תְּרֵי כָּסֵי קַמָּאֵי — בָּעוּ הֲסִיבָּה, דְּהַשְׁתָּא הוּא דְּקָא מַתְחֲלָא לַהּ חֵירוּת. תְּרֵי כָּסֵי בָּתְרָאֵי — לָא בָּעוּ הֲסִיבָּה, מַאי דַהֲוָה הֲוָה.

Et ils ne sont pas en désaccord : ceci pour les deux premières coupes, cela pour les deux dernières. Les uns le disent dans ce sens, les autres dans l'autre sens.

Les uns le disent dans ce sens : les deux premières coupes exigent la hessiba, car c'est maintenant que la liberté commence pour lui. Les deux dernières coupes n'exigent pas la hessiba : ce qui a été, a été.

🗂️ Tossefot (1)
מַאי דַהֲוָה הֲוָה שֶׁכְּבָר אָמְרוּ גְּאֻולָּה לִפְנֵי הַסְּעוּדָה וְאַף עַל גַּב דְּמַצָּה צְרִיכָה הֲסִיבָּה וְלֹא אָמַר מַאי דַהֲוָה הֲוָה שָׁאנֵי מַצָּה שֶׁהִיא עִיקַּר סְעוּדָה יוֹתֵר מִיַּיִן וְעוֹד בְּיַיִן הֵיסֵב כְּבָר בִּשְׁנֵי כּוֹסוֹת הָרִאשׁוֹנִים וְעוֹד שֶׁכְּתוּבָה בַּתּוֹרָה זֵכֶר לְחֵירוּת שֶׁלֹּא הִסְפִּיק בְּצֵקָם לְהַחְמִיץ עַד שֶׁנִּגְאֲלוּ ואע"ג דְּהָוְיָא לֶחֶם עֹונִי יֵשׁ לְאוֹכְלָהּ דֶּרֶךְ חֵירוּת וּמַה שֶׁצָּרִיךְ הֲסִיבָּה בְּמַצָּה הַייְנוּ כְּשֶׁמְּבָרְכִין לְעַל אֲכִילַת מַצָּה וּבָאֲפִיקוֹמָן:
Ce qui a été, a été. Car on a déjà dit la délivrance avant le repas. Et bien que la matsa exige la hessiba, on ne dit pas pour elle ce qui a été, a été. La matsa se distingue : elle est le principal du repas, plus que le vin. De plus, au vin, il s'est déjà accoudé aux deux premières coupes. De plus, elle est écrite dans la Torah en rappel de la liberté : leur pâte n'a pas eu le temps de devenir 'hamets, jusqu'à ce qu'ils soient délivrés. Et bien qu'elle soit le pain de pauvreté, il y a lieu de la manger à la manière de la liberté. Et la hessiba exigée pour la matsa, c'est lorsqu'on bénit al akhilat matsa, et à l'afikoman.
💡 Explication

Les deux dires de Rav Na'hman se répartissent. Ce sens : les deux premières coupes exigent la hessiba, car la liberté commence maintenant. Les deux dernières non : mai de-hava hava, ce qui a été, a été. La délivrance a déjà été dite avant le repas.

Tossefot garde la hessiba de la matsa. Elle est le principal du repas, plus que le vin. Au vin, on s'est déjà accoudé deux fois. La Torah la donne en rappel de liberté : la pâte n'est pas devenue 'hamets avant la délivrance. Le'hem oni, le pain de pauvreté, se mange en homme libre. La hessiba de la matsa : à al akhilat matsa, et à l'afikoman.

8
וְאָמְרִי לַהּ לְהַאי גִּיסָא: אַדְּרַבָּה, תְּרֵי כָּסֵי בָּתְרָאֵי — בָּעוּ הֲסִיבָּה, הָהִיא שַׁעְתָּא דְּקָא הָוְיָא חֵירוּת. תְּרֵי כָּסֵי קַמָּאֵי — לָא בָּעוּ הֲסִיבָּה, דְּאַכַּתִּי ״עֲבָדִים הָיִינוּ״ קָאָמַר. הַשְׁתָּא דְּאִיתְּמַר הָכִי וְאִיתְּמַר הָכִי, אִידֵּי וְאִידֵּי בָּעוּ הֲסִיבָּה.

Et les autres le disent dans l'autre sens : au contraire, les deux dernières coupes exigent la hessiba, c'est cette heure où il y a la liberté. Les deux premières coupes n'exigent pas la hessiba, car il dit encore : nous étions esclaves.

Maintenant que cela a été enseigné ainsi et que cela a été enseigné ainsi, les unes et les autres exigent la hessiba.

🗂️ Tossefot (1)
כּוּלְּהוּ נַמֵּי צְרִיכִי הֲסִיבָּה וְכָל ד' כּוֹסוֹת צְרִיכִים הֲסִיבָּה בִּשְׁעַת שְׁתִיָּה וצ"ע אִם שָׁכַח וְלֹא הֵיסֵב אִם יַחֲזֹור וְיִשְׁתֶּה וְכֵן אִם בְּכוֹס שְׁלִישִׁי לֹא הֵיסֵב אִם יָכוֹל לַחֲזֹור וְלִשְׁתּוֹת בַּהֲסִיבָּה אַף עַל גַּב דְּבֵין שְׁלִישִׁי לִרְבִיעִי לֹא יִשְׁתֶּה:
Toutes aussi exigent la hessiba. Et les quatre coupes exigent la hessiba au moment de la boisson. Et cela demande examen : s'il a oublié et ne s'est pas accoudé, recommence-t-il et boit-il ? De même, si à la troisième coupe il ne s'est pas accoudé, peut-il recommencer et boire en hessiba, alors qu'entre la troisième et la quatrième il ne boit pas ?
💡 Explication

L'autre sens : les deux dernières coupes exigent la hessiba, heure de la liberté. Les deux premières non : on dit encore avadim hayinou, nous étions esclaves.

Les deux lectures restent. Les unes et les autres exigent la hessiba. Tossefot : les quatre, au moment de boire. L'oubli reste en tsarikh iyoun, cela demande examen, surtout à la troisième coupe, où la michna interdit de boire avant la quatrième. Le Roch, plus haut, tranche : on reboit, et la coupe hors règle ne comptait pas.

9
פְּרַקְדָּן לָא שְׁמֵיהּ הֲסִיבָּה. הֲסִיבַּת יָמִין לָא שְׁמַהּ הֲסִיבָּה. וְלֹא עוֹד, אֶלָּא שֶׁמָּא יַקְדִּים קָנֶה לְוֶושֶׁט, וְיָבֹא לִידֵי סַכָּנָה.

Parakdan (couché sur le dos) ne s'appelle pas hessiba. La hessiba du côté droit ne s'appelle pas hessiba.

Et il y a plus : de peur qu'il fasse passer la trachée avant l'œsophage, et qu'il en vienne au danger.

📜 Rachi (1)
שֶׁמָּא יַקְדִּים אַפְּרַקְדָּן קָאֵי שֶׁמִּתּוֹךְ שֶׁצַּוָּארוֹ שׁוֹחֶה לְאַחֲרָיו שִׁיפּוּי כּוֹבַע הַסּוֹתֵם אֶת פִּי הַקָּנֶה נִפְתַּח וּמִתְקַפֵּל לְמַעְלָה וְהַקָּנֶה פּוֹשֵׁט לְמַעְלָה וְהַמַּאֲכָל נִכְנָס לְתוֹכוֹ וְנֶחֱנָק:
De peur qu'il fasse passer devant. Cela porte sur le parakdan. Du fait que son cou penche vers l'arrière, le rebord du couvercle qui bouche l'ouverture de la trachée s'ouvre et se replie vers le haut, la trachée s'étend vers le haut, l'aliment y entre, et il étouffe.
🗂️ Tossefot (1)
פְּרַקְדָּן פָּנָיו לְמַעְלָה וְלֹא כִּמְפָרֵשׁ פָּנָיו לְמַטָּה דְּאֵין דֶּרֶךְ לֶאֱכֹול בְּעִנְיָן זֶה וְכֵן מַשְׁמַע בְּהַמּוֹכֵר אֶת הַסְּפִינָה (ב"ב עַד.) בִּמְתֵי מִדְבָּר דְּגָנוּ אַפַּרְקִיד וְאָזֵיל פִּרְשָׁא תּוּתֵי ' כְּרָעֵיהּ כִּדְנָקֵיט רֻומְחָא בִּידֵיהּ:
Parakdan. Le visage vers le haut. L'explication du visage vers le bas ne convient pas à un repas : on ne mange pas ainsi. Et il en ressort de même dans Ha-mokher et ha-sefina (Bava Batra 74a), au sujet des morts du désert : ils gisaient en parakdan, et le cavalier passait sous leurs genoux, sa lance à la main.
💡 Explication

Trois points. Parakdan : couché sur le dos. Tossefot : le visage vers le haut. Le visage vers le bas ne convient pas à un repas. Preuve, Bava Batra 74a : les morts du désert gisent ainsi, un cavalier passe sous leurs genoux, lance en main. Côté droit : cela ne s'appelle pas hessiba.

Le danger : la trachée avant l'œsophage, on étouffe. Rachi rattache la phrase au parakdan. Le cou part en arrière, le rebord du couvercle, l'épiglotte, se relève, la trachée s'ouvre vers le haut, l'aliment y entre.

Le Roch cite le Rachbam : on mange de la main droite, le côté droit prend cette main. Selon cela, le gaucher s'accoude à droite. L'autre lecture fait porter le danger sur le côté droit : gaucher ou non, même règle.

🖼️ Schéma
Où le danger est-il rattaché ?RachiLe parakdan.Le cou pencheen arrière.L'épiglottese relève.La trachée s'ouvrevers le haut.L'aliment y entre,il étouffe.RachbamCité par le Roch.On mangede la main droite.Le côté droitprend cette main.Le gauchers'accoude à droite.Autre lectureLe Roch.Le danger visele côté droit.Trachée avantœsophage.Gaucher ou non,même règle.Tossefot : parakdan, le visage vers le haut.Bava Batra 74a, les morts du désert, un cavalier sous les genoux.
Rachi : le danger vise le parakdan, l'épiglotte se relève. Rachbam : la main droite. Autre lecture : le côté droit, pour tous.
10
אִשָּׁה אֵצֶל בַּעְלָהּ לָא בָּעֲיָא הֲסִיבָּה, וְאִם אִשָּׁה חֲשׁוּבָה הִיא — צְרִיכָה הֲסִיבָּה. בֵּן אֵצֶל אָבִיו בָּעֵי הֲסִיבָּה. אִיבַּעְיָא לְהוּ: תַּלְמִיד אֵצֶל רַבּוֹ מַאי?

Une femme auprès de son mari n'exige pas la hessiba. Et si c'est une femme importante, elle exige la hessiba.

Un fils auprès de son père exige la hessiba. On a demandé : un disciple auprès de son maître, qu'en est-il ?

💡 Explication

Femme auprès de son mari : la hessiba n'est pas exigée. Femme importante : elle l'est. Fils auprès de son père : elle l'est. Question ouverte : le disciple auprès de son maître.

Le Roch donne deux motifs pour la femme. Rachbam : crainte du mari, elle lui est soumise. Alors une veuve et une divorcée doivent s'accouder. Les Cheiltot de Rav A'hai : les femmes n'ont pas l'usage de s'accouder. Alors veuve et divorcée non plus. La femme importante a cet usage. Le fils doit la hessiba même si son père est son maître : en règle, un père enseigne la Torah à son fils.

11
תָּא שְׁמַע, (אָמַר) אַבַּיֵּי: כִּי הֲוֵינַן בֵּי מָר זְגֵינַן אַבִּירְכֵי דַהֲדָדֵי, כִּי אָתֵינַן לְבֵי רַב יוֹסֵף, אָמַר לָן: לָא צְרִיכְתּוּ, מוֹרָא רַבָּךְ כְּמוֹרָא שָׁמַיִם.

Viens et entends. Abaye a dit : quand nous étions chez le Maître, nous nous accoudions sur les genoux les uns des autres.

Quand nous sommes venus chez Rav Yossef, il nous a dit : vous n'en avez pas besoin. La crainte de ton maître est comme la crainte du Ciel.

📜 Rachi (1)
הֲוָה זָגֵינַן אַבִּירְכֵי דַּהֲדָדִי נִשְׁעָנִין כָּל אֶחָד עַל בִּרְכֵּי חֲבֵירוֹ:
Nous nous accoudions sur les genoux les uns des autres. Chacun s'appuie sur les genoux de son compagnon.
🗂️ Tossefot (1)
בִּפְנֵי רַבּוֹ אֵין צָרִיךְ הֲסִיבָּה נִרְאֶה דְּאָבִיו וְהוּא רַבּוֹ נָמֵי אֵין צָרִיךְ דְּלָא גָּרַע מֵרַבּוֹ אַחֵר מִיהוּ סְתָם אָב מְלַמֵּד לִבְנוֹ תּוֹרָה כִּדְאָמְרִינַן בפ"ק דְּקִידּוּשִׁין (דַּף לא.) שֶׁהַבֵּן יָרֵא מֵאָבִיו יוֹתֵר מֵאִמּוֹ מִפְּנֵי שֶׁמְּלַמְּדוֹ תּוֹרָה וְאַפֵּי' הָכִי קָאָמַר בִּפְנֵי אָבִיו צָרִיךְ הֲסִיבָּה:
Devant son maître, la hessiba n'est pas exigée. Il paraît que devant son père, quand le père est aussi son maître, la hessiba n'est pas exigée non plus, car il ne pèse pas moins qu'un autre maître. Toutefois, en règle, un père enseigne la Torah à son fils, comme nous le disons au premier chapitre de Kiddouchin (31a) : le fils craint son père plus que sa mère, parce qu'il lui enseigne la Torah. Et même ainsi, on dit : devant son père, la hessiba est exigée.
💡 Explication

Abaye. Chez le Maître, Rabba, on s'accoudait sur les genoux les uns des autres. Rachi : chacun sur les genoux de son compagnon. Chez Rav Yossef : inutile. La crainte de ton maître est comme la crainte du Ciel.

Tossefot. Si le père est aussi le maître, la dispense tiendrait : il ne pèse pas moins qu'un autre maître. Difficulté : en règle le père enseigne la Torah, et le fils le craint plus que la mère, Kiddouchin 31a. La Guemara dit pourtant que devant son père la hessiba est exigée.

12
מֵיתִיבִי: עִם הַכֹּל אָדָם מֵיסֵב, וַאֲפִילּוּ תַּלְמִיד אֵצֶל רַבּוֹ! כִּי תַנְיָא הַהִיא — בִּשְׁוַלְיָא דְּנַגָּרֵי.

On objecte : avec tout le monde l'homme s'accoude, et même un disciple auprès de son maître ! Quand on a enseigné cela, c'est au sujet de l'apprenti du charpentier.

📜 Rachi (1)
בִּשְׁוַלְיָא דְּנַגָּרֵי תַּלְמִידוֹ שֶׁל נֶגֶר הַמְלַמְּדוֹ אֻומָּנוּת:
L'apprenti du charpentier. Le disciple du charpentier, qui lui enseigne le métier.
💡 Explication

La baraita : on s'accoude avec tout le monde, même le disciple auprès du maître. Réponse : elle vise le choulia de-naggarei, l'apprenti du charpentier, à qui l'on apprend un métier.

Le disciple de Torah reste sous la crainte dite au segment précédent. Le Roch en tire que la dispense vaut même sans rav mouvhak (maître principal) : la baraita " même un disciple devant son maître " ne se pose que sur l'apprenti du métier.

13
אִיבַּעְיָא לְהוּ: שַׁמָּשׁ מַאי? תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: הַשַּׁמָּשׁ שֶׁאָכַל כְּזַיִת מַצָּה כְּשֶׁהוּא מֵיסֵב — יָצָא. מֵיסֵב — אִין, לֹא מֵיסֵב — לָא. שְׁמַע מִינָּה: בָּעֵי הֲסִיבָּה. שְׁמַע מִינָּה.

On a demandé : le serviteur, qu'en est-il ? Viens et entends ce qu'a dit Rabbi Yehochoua ben Levi : le serviteur qui a mangé un kezayit (volume d'une olive) de matsa pendant qu'il était accoudé est quitte.

Accoudé, oui. Sans être accoudé, non.

Apprends-en : il exige la hessiba. Apprends-en.

💡 Explication

Le serviteur. Rabbi Yehochoua ben Levi : un kezayit de matsa mangé en hessiba, il est quitte. Inférence : sans hessiba, il n'est pas quitte. Donc le serviteur exige la hessiba. La Guemara reprend l'inférence et la retient.

14
וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: נָשִׁים חַיָּיבוֹת בְּאַרְבָּעָה כּוֹסוֹת הַלָּלוּ,

Et Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : les femmes sont tenues à ces quatre coupes,

📜 Rachi (1)
אַרְבַּע כּוֹסוֹת שְׁלֹשָׁה כְּנֶגֶד ג' כּוֹסוֹת שֶׁנֶּאֶמְרוּ בְּפָסוּק זֶה וְכוֹס פַּרְעֹה בְּיָדִי וְגוֹמֵר וּרְבִיעִי בִּרְכַּת הַמָּזוֹן:
Quatre coupes. Trois en regard des trois coupes dites dans ce verset : et la coupe de Pharaon est dans ma main, et la suite. Et la quatrième : le birkat ha-mazon.
💡 Explication

Autre dire de Rabbi Yehochoua ben Levi : les femmes sont tenues aux quatre coupes. La phrase s'arrête sur la virgule.

Rachi compte les coupes. Trois en regard des trois fois " coupe " dans le verset de l'échanson, et la coupe de Pharaon est dans ma main (Bereshit 40, 11). La quatrième est le birkat ha-mazon. Le Roch, dans la glose de la hessiba, ajoute le motif : elles aussi ont été dans ce même miracle.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).