Sougya : Le daf s'ouvre sur la raison d'obliger les femmes aux quatre coupes : elles aussi étaient dans le miracle. Chmouel fixe la quantité de vin, de quoi couper une belle coupe, puis trois cas où l'on est quitte : vin pur, les quatre d'un seul coup, ou bien on en fait boire à sa maison.
Rava sépare le titre du vin et le titre de la liberté. Rav sépare le titre du vin et le titre des quatre coupes.
Une baraïta parle d'un reviit ; la Guemara ramène les deux formules à une seule mesure. Rabbi Yehouda exige goût et aspect de vin.
Tous y sont tenus, hommes, femmes et enfants. Le Roch reprend en outre toute la halakha de la haseva.
Car elles aussi étaient dans ce même miracle.
Derniers mots de Rabbi Yehochoua ben Levi : les femmes sont tenues aux quatre coupes, parce qu'elles aussi étaient dans le même miracle.
Rachi aligne trois lieux où la Guemara dit la même chose. Sortie d'Égypte : mérite des femmes justes, Sota 11b. Meguila : délivrance par Esther. 'Hanouka : Chabbat 23a.
Tossefot : sans cette raison, la dispense des femmes devant une mitsva positive dont le temps est la cause jouerait encore. Les quatre coupes sont rabbiniques, instituées sur le modèle de la Tora. Le Rachbam lit " par elles " (Esther, Yehoudit). Le mot " aussi " et la leçon du Yerouchalmi, dans le même danger, placent les femmes dans le danger, au second rang du miracle. La souka reste une dispense : commandement de la Tora. Ici, l'institution rabbinique les inclut. Le Roch, sur ce segment, reprend toute la haseva.
Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : ces quatre coupes, il faut qu'il y ait en elles de quoi mélanger une belle coupe. S'il les a bues pures, il est quitte.
S'il les a bues d'un seul coup, il est quitte. S'il en a fait boire à ses fils et aux gens de sa maison, il est quitte.
Chmouel, par Rav Yehouda, fixe d'abord la quantité : de quoi mélanger une belle coupe. Rachi : un quart de reviit de vin pur. On y met trois parts d'eau, et l'on atteint un reviit. Un vin qui ne porte pas cette eau n'est pas traité comme du vin. Première lecture, que la suite discutera : ce quart va à l'ensemble des quatre coupes.
Trois cas où Chmouel dit quitte. Hai : vin pur, sans eau. D'un seul coup : Rachi, les quatre versées dans une coupe ; le Rachbam et Tossefot, bues à la suite, car le verbe vise plusieurs coupes. Il en fait boire à ses fils et à sa maison.
Tossefot : au départ, on coupe le vin. La coupe de bénédiction de Berakhot 51a doit être hai. Rachi : versée vive dans la coupe, sans la transvaser ensuite. Rabbeinou Tam : coupée, sans l'être au plein mélange. Narbonne : la coupe elle-même est entière, non brisée. Le mélange vise leurs vins, forts. Les nôtres s'en passent.
S'il les a bues pures, il est quitte. Rava a dit : au titre du vin, il est quitte ; au titre de la liberté, il n'est pas quitte.
Reprise du vin pur. Rava coupe l'énoncé de Chmouel en deux titres. Le titre du vin est rempli : quatre coupes ont été bues. Rachi. Le titre de la liberté (herout) manque : la mitsva reste incomplète.
Tossefot lisent " vin " comme la joie du yom tov. L'objecteur croyait que cette joie ne s'acquitte qu'avec les quatre coupes en règle. Rava sépare les deux.
S'il les a bues d'un seul coup, Rav a dit : au titre du vin, il est quitte ; au titre des quatre coupes, il n'est pas quitte. S'il en a fait boire à ses fils et aux gens de sa maison, il est quitte.
Rav Nahman bar Yits'hak a dit : et c'est lorsqu'il a bu la plus grande part de la coupe.
Reprise du " d'un seul coup ". Rav laisse le titre du vin, et refuse le titre des quatre coupes : elles doivent rester distinctes.
S'il fait boire sa maison, Chmouel dit quitte. Rav Nahman bar Yits'hak pose une condition : lui-même a bu la plus grande part de la coupe. Tossefot identifient cette part à une pleine gorgée (melo lugma), mesure déjà vue. Au départ, le chiffre reste un reviit.
Le Roch, ici, reprend la gorgée de Yoma 80a. Poussée d'un côté de la bouche, elle paraît pleine, et elle est moindre qu'un reviit. Une bouche réellement pleine dépasse le reviit. Un seul convive doit atteindre la gorgée. Deux buveurs ne s'additionnent pas.
On objecte : ces quatre coupes, il faut qu'il y ait en elles de quoi un reviit, l'une pure et l'une mélangée, l'une neuve et l'une vieille. Rabbi Yehouda dit : il faut qu'il y ait en elle goût et aspect de vin.
En tout cas, on enseigne " de quoi un reviit ", et toi tu dis " une belle coupe " !
La baraïta demande de quoi un reviit, que le vin soit pur ou mélangé, neuf ou vieux. Rabbi Yehouda ajoute le goût et l'aspect du vin. L'objection vise Chmouel : la baraïta dit un reviit, lui une belle coupe. Rachi lit le reviit comme le total, et la belle coupe comme un quart de reviit.
Tossefot, sur neuf et vieux : le vieux est le cas principal. Vin dont l'esprit des anciens se réjouit, Meguila 16b. Toute chose ancienne est meilleure, Bava Batra 91b. Citer d'abord le cas moins simple est un tour déjà vu, Pesachim 85a.
Longue glose sur la mesure. Une leçon de livres faisait porter la belle coupe sur l'ensemble. Tossefot la trouvent difficile : la coupe de bénédiction, parmi les quatre, est déjà une belle coupe. Ils retiennent le texte " une seule mesure " : un quart de reviit de vin pur par coupe, qui devient un reviit une fois coupé. La sougya suit Rav Nahman et Rava, Chabbat 76b. Abbaye, là-bas, exige un reviit entier pour sortir le vin le Chabbat.
On répond : l'un et l'autre sont une seule mesure. Que signifie " de quoi mélanger une belle coupe ", ce qu'il a dit ?
Pour chacune, de sorte que toutes fassent un reviit.
Réponse : une seule mesure. " Belle coupe " se lit pour chaque coupe. Chaque coupe reçoit un quart de reviit de vin pur. Coupé d'eau, une part contre trois, ce quart devient un reviit. Les quatre quarts font un reviit de vin pur. C'est le " de quoi un reviit " de la baraïta.
Rachi ne fait ici que fixer la leçon : " belle coupe ", pour chacune, et toutes font un reviit. Le détail des manuscrits est dans Tossefot, au segment précédent.
Rabbi Yehouda dit : il faut qu'il y ait en lui goût et aspect. Rava a dit : quelle est la raison de Rabbi Yehouda ?
Car il est écrit : " Ne regarde pas le vin quand il rougit ".
Suite de la baraïta. Rabbi Yehouda exige goût et aspect. Rava en donne la source : " Ne regarde pas le vin quand il rougit " (Michlei 23, 31). Rachi : le verset montre que l'aspect compte.
Tossefot : ici, le verset sert l'importance du vin rouge. En Bava Batra 97a, le Rachbam le fait servir une infériorité. Les deux lectures restent chacune sur son daf.
Le Roch, sur ce segment, reprend l'ensemble des quatre coupes. Vin pur : quitte des quatre coupes, la liberté manque. D'un seul coup : hors de l'ordre, coupes mélangées l'une après l'autre. La maison : au départ, il boit tout, et les autres sont quittes par l'écoute. La michna ne parle que de lui. La baraïta donne une coupe à chacun. L'usage place une coupe devant chaque convive. Aux enfants, Rabbi Yehouda substitue grains grillés et noix, pour qu'ils questionnent. Rabbi Tarfon agissait ainsi.
Les sages ont enseigné : tous sont tenus à ces quatre coupes, les hommes, les femmes et les enfants. Rabbi Yehouda a dit : quel profit y a-t-il pour les enfants dans le vin ?
On leur distribue
Baraïta : tous sont tenus aux quatre coupes. Hommes, femmes, enfants, sur le même plan. Cela rejoint l'ouverture du daf pour les femmes.
Rabbi Yehouda demande le profit du vin pour les enfants. L'amud s'arrête sur " on leur distribue ". Le Roch, au segment précédent, donne la suite déjà : des keliot et des noix, afin qu'ils posent des questions, comme le faisait Rabbi Tarfon.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).