Pesachim 109a , Enfants au seder, joie du yom tov, mesure du reviit

Pesachim 109a

Sougya : La page continue les quatre coupes. On donne aux enfants des grains grillés et des noix, la veille de Pessa'h, pour qu'ils ne s'endorment pas et qu'ils posent des questions.

Rabbi Eliezer dit de saisir la matsa. Rabbi Akiva ne levait le cours que la veille de Pessa'h et la veille de Yom Kippour.

Vient ensuite l'obligation de réjouir sa maison à la fête : le vin pour les hommes, les vêtements pour les femmes ; la viande des chelamim tant que le Temple existe, le vin ensuite. La fin fixe le reviit de Pessa'h : la mesure de Tsippori, l'ancien huitième de Tibériade, et le bloc de Rav Hisda, deux doigts sur deux, sur deux doigts et demi et un cinquième.

Les enfants : qu'ils veillent, et qu'ils interrogentGrains grillés et noixLa veille de Pessa'hRabbi Yehouda, Rabbi AkivaLe Roch ajoute Rabbi TarfonPour qu'ils ne dorment pasSaisir la matsaRabbi Eliezer, nuits de Pessa'h1. On lève le plat : ils demandent2. On mange vite : ils veillentRachi : la lecture 2 est principaleRabbi Akiva quittele beit ha-midrachVeille de Pessa'h : les enfantsdorment le jour, pas à la haggadaVeille de Kippour : les nourrirTossefot sur la lectureRabbeinou Chmouel lit : veilles de Pessa'h. Tossefot lit : nuits de Pessa'h.On avait l'usage d'étudier au beit ha-midrach la nuit de yom tov (Beitsa 21a).But communLes enfants restent éveillés au récit, et ils posent des questions.La michna donnait déjà les quatre coupes aux hommes, aux femmes et aux enfants.
Trois gestes pour les enfants : noix, matsa saisie, cours lève. But : veiller et interroger.
La joie du yom tov : avec quoi ?Temple deboutRabbi Yehouda ben BeteiraJoie dans la viande des chelamimTu sacrifieras, tu mangeras, tu te réjouirasMaintenantPlus de viande de chelamimJoie dans le vinLe vin réjouit le cœur de l'hommeHommesRabbi YehoudaCe qui leur convient : le vinTossefot : ce vin visele temps présentFemmes, BabyloneRav YossefVêtements de couleurA Babylone on ne sait pasrepasser le lin (Taanit 29b)Femmes, IsraëlRav YossefLin repasséEaux claires : le lin blanchitBen YehoyadaBaraita : un homme réjouit ses fils et sa maison à la fêteVerset cite par la Guemara : tu te réjouiras à ta fête. Le Roch ajoute : toi, ton fils, ta fille.
Joie du yom tov : viande des chelamim au Temple, vin ensuite. Hommes au vin, femmes aux vêtements.
Le reviit de Pessa'h, du mikve jusqu'à la coupeMikve de la Torah1 ama sur 1 amahauteur 3 amot40 seaEn doigts : 24 x 24 x 72Le Roch donne ce volumeRabbeinou TamHauteur 72, jette 1/4Reste 54. Un sur 20Hauteur : 2,7 doigtsLongueur et largeur : 24/12Base : 2 sur 2Reviit de Rav Hisda2 doigts sur 2 doigtsHauteur : 2 doigts+ 1/2 doigt + 1/5 doigtAu pouce, 4 par tefahC'est le quart du logTsipporiMesure de mouryes = log du TempleOn en prend le quartCe quart = reviit de Pessa'hTibériadeAncien huitième = nouveau + 1 reviitOn verse l'ancien dans le nouveauL'eau qui reste = le reviitLes maîtres de Rachi : reviit = quart du kav, donc un logLe calcul de Rav Hisda donne le quart du log. Tossefot retient ce compte.
Du mikve de 40 sea au reviit : 2 sur 2, hauteur 2 doigts et demi et un cinquième. Tsippori et Tibériade.
1
קְלָיוֹת וֶאֱגוֹזִין בְּעֶרֶב פֶּסַח כְּדֵי שֶׁלֹּא יִשְׁנוּ, וְיִשְׁאֲלוּ. אָמְרוּ עָלָיו עַל רַבִּי עֲקִיבָא שֶׁהָיָה מְחַלֵּק קְלָיוֹת וֶאֱגוֹזִין לְתִינוֹקוֹת בְּעֶרֶב פֶּסַח כְּדֵי שֶׁלֹּא יִשְׁנוּ, וְיִשְׁאֲלוּ. תַּנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: חוֹטְפִין מַצּוֹת בְּלֵילֵי פְּסָחִים בִּשְׁבִיל תִּינוֹקוֹת שֶׁלֹּא יִשְׁנוּ.

des grains grillés et des noix, la veille de Pessa'h, pour qu'ils ne s'endorment pas, et qu'ils posent des questions. On a dit de Rabbi Akiva qu'il distribuait des grains grillés et des noix aux enfants, la veille de Pessa'h, pour qu'ils ne s'endorment pas et qu'ils posent des questions.

On a enseigné : Rabbi Eliezer dit : on saisit les matsot les nuits de Pessa'h, à cause des enfants, pour qu'ils ne s'endorment pas.

📜 Rachi (2)
קְלָיוֹת קָלִי מֵחִטִּים יְשָׁנִים:
Grains grillés. Du blé ancien grillé.
חוֹטְפִין מַצָּה מַגְבִּיהִין אֶת הַקְּעָרָה בִּשְׁבִיל תִּינוֹקוֹת שֶׁיִּשְׁאֲלוּ וְאִית דִּמְפָרֵשׁ חוֹטְפִין מַצָּה אוֹכְלִין מַהֵר וְזֶה הַלָּשׁוֹן עִיקָּר מִדְּמַייְתֵי הָא דר"ע בַּהֲדַהּ:
On saisit la matsa. On soulève le plat, pour que les enfants posent des questions. Et il y en a qui expliquent : on saisit la matsa, on mange vite. Cette formulation est la principale, puisqu'on cite à côté le fait de Rabbi Akiva.
💡 Explication

Suite de la baraita de 108b : tous sont tenus aux quatre coupes, hommes, femmes et enfants. Rabbi Yehouda demande quel profit les enfants ont dans le vin. On leur distribue donc des klayot (grains grillés) et des noix. Rabbi Akiva le faisait la veille de Pessa'h, pour deux fins liées : qu'ils ne dorment pas, et qu'ils interrogent.

Hotefin matsa, on saisit la matsa, Rabbi Eliezer, les nuits de Pessa'h. Rachi donne deux lectures. On soulève le plat, et les enfants demandent. Autre lecture : on mange la matsa vite, pour qu'ils ne s'endorment pas. Rachi retient celle-ci, parce que le fait de Rabbi Akiva est cité dans le même passage, et ce fait vise le sommeil.

2
תַּנְיָא, אָמְרוּ עָלָיו עַל רַבִּי עֲקִיבָא: מִיָּמָיו לֹא אָמַר הִגִּיעַ עֵת לַעֲמֹוד בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ, חוּץ מֵעַרְבֵי פְסָחִים וְעֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים. בְּעֶרֶב פֶּסַח — בִּשְׁבִיל תִּינוֹקוֹת, כְּדֵי שֶׁלֹּא יִשְׁנוּ. וְעֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים — כְּדֵי שֶׁיַּאֲכִילוּ אֶת בְּנֵיהֶם.

On a enseigné : on a dit de Rabbi Akiva que, de tous ses jours, il n'a pas dit : l'heure est venue de se lever du beit ha-midrach, sauf les veilles de Pessa'h et la veille de Yom Kippour. La veille de Pessa'h, à cause des enfants, pour qu'ils ne s'endorment pas.

Et la veille de Yom Kippour, pour qu'ils fassent manger leurs fils.

📜 Rachi (1)
חוּץ מֵעַרְבֵי פְּסָחִים כְּדֵי שֶׁיֶּשְׁנוֹ הַתִּינוֹקוֹת בַּיּוֹם וְלֹא בַּלַּיְלָה בִּשְׁעַת הַגָּדָה:
Sauf les veilles de Pessa'h. Pour que les enfants dorment le jour, et non la nuit, à l'heure de la haggada.
🗂️ Tossefot (1)
חוּץ מֵעַרְבֵי פְּסָחִים ה"ג רַבֵּינוּ שְׁמוּאֵל וְלָא נְהִירָא דְּאַטּוּ לֹא יוּכְלוּ לִישֹׁן בְּלֹא אֲבִיהֶם וְטַעַם שֵׁנִי שֶׁפֵּירֵשׁ שֶׁמָּא יְעֻכְּבוּ עַד שֶׁיַּחְשֹׂךְ הַרְבֵּה אִם כֵּן לֹא הָיוּ צְרִיכִין לַעֲמֹוד בַּיּוֹם כִּי אִם בַּלַּיְלָה לְכָךְ נִרְאֶה דְּגָרֵיס לֵילֵי פְּסָחִים וְהָיוּ רְגִילִין בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ לֵילֵי י"ט כִּדְאָמְרִינַן (בֵּיצָה דַּף כא.) מַעֲשֶׂה בְּשִׁמְעוֹן הַתִּימְנִי שֶׁלֹּא בָּא בְּלֵילֵי י"ט לְבֵית הַמִּדְרָשׁ לְמָחָר מְצָאוֹ רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בָּבָא:
Sauf les veilles de Pessa'h. C'est ainsi que lit Rabbeinou Chmouel, et cela ne va pas. Les enfants ne pourraient-ils donc pas dormir sans leur père ? Et le second motif qu'il a expliqué : de peur qu'on les retienne jusqu'à ce qu'il fasse bien nuit. S'il en est ainsi, ils n'auraient à se lever que la nuit, et non le jour. C'est pourquoi il paraît qu'on lit : les nuits de Pessa'h. Ils avaient l'usage d'être au beit ha-midrach les nuits de yom tov, comme nous le disons (Beitsa 21a) : un fait de Chimon ha-Teimani, qui ne vint pas au beit ha-midrach la nuit de yom tov. Le lendemain, Rabbi Yehouda ben Bava le trouva.
⚖️ Rosh (2)
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל אַרְבַּע כּוֹסוֹת הַלָּלוּ צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא בָּהֶן כְּדֵי מְזִיגַת כּוֹס יָפֶה שְׁתָאָן חַי יָצָא יְדֵי אַרְבַּע כּוֹסוֹת יְדֵי חֵירוּת לֹא יָצָא. שֶׁתָּאַן בְּבַת אַחַת פֵּירוּשׁ שֶׁלֹּא עַל הַסֵּדֶר אֶלָּא מָזַג אַרְבַּע כּוֹסוֹת זֶה אַחַר זֶה יְדֵי יַיִן יָצָא יְדֵי ד' כּוֹסוֹת לֹא יָצָא הִשְׁקָה מֵהֶן לְבָנָיו וְלִבְנֵי בֵיתוֹ יָצָא אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק וְהוּא דְּשָׁתֵי רֻובָּא דְּכָסָא וּבְנֵי בֵּיתוֹ שׁוֹתִין הַמִּיעוּט הַנִּשְׁאָר מַשְׁמַע דִּלְכַתְּחִלָּה א"צ לְהַשְׁקוֹתָם אֶלָּא הוּא שׁוֹתֶה כָּל הַכּוֹס וְהֵם יוֹצְאִין בִּשְׁמִיעָה תֵּדַע דְּהָא נָמֵי כְּשֶׁשָּׁתוּ לֹא יָצְאוּ אֶלָּא בִּשְׁמִיעָה דְּהָא בָּעֵינַן רֻובָּא דְּכָסָא וְהֵם לֹא שָׁתוּ אֶלָּא הַמִּיעוּט. וּמִיהוּ יֵשׁ לִדְחוֹת דְּמַייְרֵי כְּשֶׁיֵּשׁ לְכָל אֶחָד כּוֹס לְפָנָיו כְּמוֹ שֶׁהֵן נוֹהֲגִין וְהוּא שָׁפַךְ לְתוֹכָן וּלְשׁוֹן הַמִּשְׁנָה מַשְׁמַע שֶׁאֵין אַרְבַּע כּוֹסוֹת כִּי אִם לוֹ מִדְּקָתָנֵי וְלֹא יִפְחֲתוּ לוֹ מֵאַרְבַּע כּוֹסוֹת דְּמַשְׁמַע דַּוְקָא לוֹ צָרִיךְ וְלֹא לִבְנֵי בֵּיתוֹ לְכָל אֶחָד וְאֶחָד וּמִיהוּ בַּבָּרַיְיתָא דְּמַייְתִי בָּתַר הָכִי מַשְׁמַע דְּצָרִיךְ לְכָל אֶחָד וְאֶחָד כּוֹסוֹ דְּקָתָנֵי אֶחָד נָשִׁים וְאֶחָד אֲנָשִׁים וְאֶחָד תִּינוֹקוֹת א"ר יְהוּדָה מַה תּוֹעֶלֶת יֵשׁ לְתִינוֹקוֹת בְּיַיִן מַשְׁמַע דִּלְתַנָּא קַמָּא צָרִיךְ כּוֹס וְנָהֲגוּ לִיתֵּן לִפְנֵי כָּל אֶחָד וְאֶחָד כּוֹסוֹ וְכֵן נָכוֹן לַעֲשׂוֹת. תָּנוּ רַבָּנַן ד' כּוֹסוֹת הַלָּלוּ צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא בּוֹ כְּדֵי רְבִיעִית אֶחָד אֲנָשִׁים וְאֶחָד נָשִׁים וְאֶחָד תִּנּוֹקוֹת אָמַר רַבִּי יְהוּדָה וְכִי מַה תּוֹעֶלֶת יֵשׁ לְתִינוֹקוֹת בְּיַיִן אֶלָּא מְחַלֵּק לָהֶם קְלָיוֹת וֶאֱגוֹזִים כְּדֵי שֶׁיִּשְׁאֲלוּ וְתַנְיָא אָמְרוּ עָלָיו עַל רַבִּי טֵרָפוֹן שֶׁהָיָה מְחַלֵּק לַתִּינוֹקוֹת קְלָיוֹת וֶאֱגוֹזִים כְּדֵי שֶׁיִּשְׁאֲלוּ.
Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : ces quatre coupes doivent contenir de quoi mélanger une belle coupe. S'il les a bues pures, il est quitte des quatre coupes, il n'est pas quitte de la liberté. S'il les a bues d'un seul coup : explication, non selon l'ordre, mais il a mélangé quatre coupes l'une après l'autre : il est quitte du vin, il n'est pas quitte des quatre coupes. S'il en a fait boire à ses fils et aux gens de sa maison, il est quitte. Rav Nahman bar Yits'hak a dit : à condition qu'il boive la majeure partie de la coupe, et que les gens de sa maison boivent le reste, la part mineure. On en tire qu'au départ il n'est pas tenu de leur faire boire : c'est lui qui boit toute la coupe, et eux sortent d'obligation par l'ecoute. Sache-le : même lorsqu'ils ont bu, ils ne sont quittes que par l'ecoute, puisqu'on exige la majeure partie de la coupe, et eux n'ont bu que la part mineure. On peut toutefois écarter cela : il s'agit du cas où chacun a une coupe devant lui, comme on a l'usage, et où lui a versé dedans. La langue de la michna indique qu'il n'y a quatre coupes que pour lui, puisqu'elle enseigne : on ne lui donnera pas moins de quatre coupes. Cela vise lui précisément, et non chaque personne de sa maison. Toutefois la baraita citée ensuite indique qu'il faut sa coupe à chacun, puisqu'elle enseigne : les femmes, les hommes et les enfants. Rabbi Yehouda dit : quel profit y a-t-il pour les enfants dans le vin ? On en tire que, pour le premier tanna, une coupe est exigée. L'usage est de placer devant chacun sa coupe, et il est juste d'agir ainsi. Les maîtres ont enseigné : ces quatre coupes, il faut qu'il y ait en elle un reviit (quart de log). Hommes, femmes et enfants. Rabbi Yehouda dit : quel profit y a-t-il pour les enfants dans le vin ? On leur distribue plutôt des grains grillés et des noix, pour qu'ils posent des questions. Et on a enseigné : on a dit de Rabbi Tarfon qu'il distribuait aux enfants des grains grillés et des noix, pour qu'ils posent des questions.
תַּנְיָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר חוֹטְפִין מַצָּה בְּלֵילֵי פְּסָחִים בִּשְׁבִיל הַתִּינוֹקוֹת כְּדֵי שֶׁלֹּא יִישְׁנוּ אָמְרוּ עָלָיו עַל ר"ע מִיָּמָיו לֹא אָמַר הִגִּיעַ עֵת לַעֲמֹוד מִבֵּית הַמִּדְרָשׁ חוּץ מִלֵּילֵי פְּסָחִים ועיה"כ לֵילֵי פְּסָחִים בִּשְׁבִיל הַתִּינוֹקוֹת שֶׁלֹּא יִישְׁנוּ עיה"כ כְּדֵי שֶׁיַּאֲכִילוּ בְּנֵיהֶם. ת"ר חַייָּב אָדָם לְשַׂמֵּחַ אֶת בְּנֵי בֵּיתוֹ בָּרֶגֶל שֶׁנֶּאֱמַר וְשָׂמַחְתָּ בְּחַגֶּךָ אַתָּה וּבִנְךָ וּבִתֶּךָ וְגוֹ' בַּמֶּה מְשַׂמְּחָן בְּיַיִן רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר אֲנָשִׁים בָּרָאוּי לָהֶם וְנָשִׁים בָּרָאוּי לָהֶם. אֲנָשִׁים בָּרָאוּי לָהֶם בְּיַיִן וְנָשִׁים בְּרָאוּי לָהֶם בְּמַאי תָּנֵי רַב יוֹסֵף בְּבָבֶל בְּבִגְדֵי צִבְעוֹנִין ובא"י בְּבִגְדֵי פִּשְׁתָּן הַמְגֹוהָצִים.
On a enseigné : Rabbi Eliezer dit : on saisit la matsa les nuits de Pessa'h, à cause des enfants, pour qu'ils ne s'endorment pas. On a dit de Rabbi Akiva : de tous ses jours il n'a pas dit : l'heure est venue de se lever du beit ha-midrach, sauf les nuits de Pessa'h et la veille de Yom Kippour. Les nuits de Pessa'h, à cause des enfants, pour qu'ils ne s'endorment pas. La veille de Yom Kippour, pour qu'ils fassent manger leurs fils. Les maîtres ont enseigné : un homme est tenu de réjouir les gens de sa maison à la fête, car il est dit : tu te réjouiras à ta fête, toi, ton fils et ta fille, etc. Avec quoi les réjouit-il ? Avec du vin. Rabbi Yehouda dit : les hommes avec ce qui leur convient, et les femmes avec ce qui leur convient. Les hommes, avec ce qui leur convient : du vin. Et les femmes, avec quoi ce qui leur convient ? Rav Yossef enseigne : à Babylone, avec des vêtements de couleur ; en terre d'Israël, avec des vêtements de lin repassés.
💡 Explication

Rabbi Akiva ne fermait le cours que deux fois. Veille de Pessa'h : les enfants. Rachi précise : ils dorment le jour, pour rester éveillés la nuit, à la haggada. Veille de Yom Kippour : les pères rentrent faire manger leurs fils avant le jeune.

Tossefot écarte la lecture " veilles ", celle de Rabbeinou Chmouel (le Rachbam). Les enfants peuvent dormir sans leur père. Et si l'on craint un retard jusqu'à la nuit noire, il suffit de lever le cours la nuit. Il lit donc lelei Pessahim, les nuits de Pessa'h. On avait l'usage d'étudier au beit ha-midrach la nuit de yom tov, comme le montre le fait de Chimon ha-Teimani (Beitsa 21a). Le Roch lit aussi les nuits de Pessa'h.

Le Roch reprend d'abord la halakha des quatre coupes vue en 108b : vin pur, coupes d'un coup, partage avec la maison, roubo de-kassa (la majeure partie de la coupe). Puis il fixe l'usage : une coupe devant chacun. Pour les enfants, grains et noix. Il nomme ici Rabbi Tarfon, là où la Guemara nomme Rabbi Akiva.

🖼️ Schéma
Quand Rabbi Akiva lève-t-il le cours ?Texte et Rabbeinou ChmouelVeilles de Pessa'hLes enfants dorment le jourIls veillent à la haggadaVeille de Kippour :faire manger les filsTossefot et le RochNuits de Pessa'hOn étudiait la nuit de yom tovOn quitte pour les enfantsLa veille de Kippour resteun jour : nourrir les filsLes deux lectures gardent le même but : les enfants au récit, pas au sommeil.
Veilles de Pessa'h (Rachi, Rachbam) ou nuits de Pessa'h (Tossefot, Roch). La veille de Kippour reste un jour.
3
תָּנוּ רַבָּנַן: חַייָּב אָדָם לְשַׂמֵּחַ בָּנָיו וּבְנֵי בֵיתוֹ בָּרֶגֶל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְשָׂמַחְתָּ בְּחַגֶּךָ״. בַּמֶּה מִשְּׂמֵחָם — בְּיַיִן.

Les maîtres ont enseigné : un homme est tenu de réjouir ses fils et les gens de sa maison à la fête, car il est dit : Tu te réjouiras à ta fête. Avec quoi les réjouit-il ?

Avec du vin.

🗂️ Tossefot (2)
שֶׁנֶּאֱמַר וְשָׂמַחְתָּ אַתָּה וּבֵיתֶךָ תֵּימַהּ דְּהַאי קְרָא גַּבֵּי מַעֲשֵׂר שֵׁנִי כְּתִיב בְּפָ' רָאָה וְלָא מַייְתֵי קְרָא דִּכְתִיב בְּפָ' רָאָה גַּבֵּי רֶגֶל וְשָׂמַחְתָּ אַתָּה וּבִנְךָ וּבִתֶּךָ וי"ל דְּיָלֵיף מִמַּעֲשֵׂר דִּכְתִיב בֵּיתוֹ בְּהֶדְיָא:
Car il est dit : tu te réjouiras, toi et ta maison. Difficulté : ce verset est écrit au sujet du second maasser, dans la section Ree, et l'on ne cite pas le verset écrit dans la section Ree au sujet de la fête : tu te réjouiras, toi, ton fils et ta fille. On peut dire qu'il l'apprend du maasser, où " sa maison " est écrit explicitement.
בַּמֶּה מְשַׂמְּחוֹ בְּיַיִן הַייְנוּ בַּזְּמַן הַזֶּה אֲבָל בִּזְמַן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ אֵין שִׂמְחָה אֶלָּא בְּבָשָׂר:
Avec quoi le réjouit-il ? Avec du vin. Cela vise le temps présent. Au temps du Temple, il n'y a de joie que dans la viande.
🪔 Ben Yehoyada (1)
חַיָּב אָדָם לְשַׂמֵּחַ אֶת אִשְׁתּוֹ וּבְנֵי בֵּיתוֹ בָּרֶגֶל. נִרְאֶה לִי בס"ד הָאָדָם עִם בְּנֵי בֵּיתוֹ הֵם חֲמִשָּׁה מִינִים בַּבַּיִת, שֶׁהֵם הָא' הָאִישׁ עַצְמוֹ שֶׁהוּא בַּעַל הַבַּיִת, וְהַב' אִשְׁתּוֹ וְהַג' בָּנָיו הַזְּכָרִים וְהַד' בְּנוֹתָיו הַנְּקֵבוֹת, הָהּ' מְשָׁרְתָיו, ו' חֲמִשָּׁה ' הוּא אוֹתִיּוֹת שִׂמְחָה , רֶמֶז שֶׁכָּל חֲמִשָּׁה אֵלּוּ צְרִיכִין לִהְיוֹת בְּשִׂמְחָה. וְעוֹד נִרְאֶה לִי חֲמִשָּׁה מִינֵי יָמִים טוֹבִים הֵם, הָא' יוֹם הַזִּכָּרוֹן דִּכְתִיב בֵּיהּ (נְחֶמְיָה ח, י) לְכוּ אֱכֹלוּ מִשְּׁמָנִים וְכוּ', וְהַב' חַג הַסֻּוכּוֹת, וְהַג' שְׁמִינִי עֲצֶרֶת שֶׁהוּא חַג בִּפְנֵי עַצְמוֹ, וְהַד' חַג הַפֶּסַח, וְהָהּ' חַג הַשָּׁבוּעוֹת. ו' חֲמִשָּׁה ' הוּא אוֹתִיּוֹת שִׂמְחָה שֶׁצָּרִיךְ לִהְיוֹת בָּהֶם שִׂמְחָה שֶׁל אֲכִילָה, וְלָזֶה אָמַר (קֹהֶלֶת ט, ז) 'לֵךְ אָכַל בְּשִׂמְחָה לַחְמְךָ' אוֹתִיּוֹת בַּחֲמִשָּׁה הֵם חֲמִשָּׁה מִינֵי יָמִים טוֹבִים הַנִּזְכָּרִים.
Un homme est tenu de réjouir sa femme et les gens de sa maison à la fête. Il me paraît, avec l'aide du Ciel : l'homme et les gens de sa maison sont cinq espèces dans la maison. La première : l'homme lui-même, maître de la maison. La deuxième : sa femme. La troisième : ses fils. La quatrième : ses filles. La cinquième : ses serviteurs. Et " hamicha " (cinq) a les lettres de " simha " (joie) : allusion que ces cinq-là doivent être dans la joie. Il me paraît encore : il y a cinq espèces de jours de fête. La première : le jour du souvenir, car il est écrit à son sujet (Néhémie 8, 10) : allez, mangez des mets gras, etc. La deuxième : la fête de Souccot. La troisième : Chemini Atseret, qui est une fête à part. La quatrième : la fête de Pessa'h. La cinquième : la fête de Chavouot. Et " hamicha " a les lettres de " simha " : il faut qu'il y ait en eux une joie de repas. C'est à cela qu'il a dit (Kohelet 9, 7) : va, mange ton pain dans la joie. Les lettres de " ba-hamicha " sont les cinq espèces de jours de fête mentionnées.
💡 Explication

Simhat yom tov. Un homme réjouit ses fils et sa maison à la fête. Le verset de la Guemara est abrégé : tu te réjouiras à ta fête (Devarim 16, 14). Le moyen dit ici : le vin.

Tossefot lit un autre libellé : " toi et ta maison ". Ce libellé est le verset du maasser cheni (Devarim 14, 26), dans Ree. Le verset de la fête, dans la même section, liste le fils et la fille. Réponse : on apprend du maasser, où sa maison est écrit en clair, et couvre donc toute la maison. Seconde glose : le vin vise maintenant. Au temps du Temple, la joie est dans la viande. La baraita de Rabbi Yehouda ben Beteira le dira au segment suivant.

Ben Yehoyada compte cinq dans la maison : l'homme, la femme, les fils, les filles, les serviteurs. Les lettres de hamicha sont celles de simha. Cinq fêtes : Roch Hachana, Souccot, Chemini Atseret, Pessa'h, Chavouot. Dans le verset " mange ton pain dans la joie ", be-simha a les lettres de ba-hamicha.

4
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֲנָשִׁים בְּרָאוּי לָהֶם, וְנָשִׁים בְּרָאוּי לָהֶן. אֲנָשִׁים בְּרָאוּי לָהֶם — בְּיַיִן. וְנָשִׁים בְּמַאי? תָּנֵי רַב יוֹסֵף: בְּבָבֶל — בְּבִגְדֵי צִבְעוֹנִין, בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל — בְּבִגְדֵי פִּשְׁתָּן מְגֹוהָצִין.

Rabbi Yehouda dit : les hommes avec ce qui leur convient, et les femmes avec ce qui leur convient. Les hommes, avec ce qui leur convient : du vin.

Et les femmes, avec quoi ? Rav Yossef enseigne : à Babylone, avec des vêtements de couleur ; en terre d'Israël, avec des vêtements de lin repassés.

🗂️ Tossefot (1)
בא"י בִּכְלֵי פִּשְׁתָּן הַמְגֹוהָצִין אֲבָל בְּבָבֶל לֹא הָיוּ בְּקִיאִים לְגַהֵץ כִּדְאָמַר (תַּעֲנִית כט:) גִּיהוּץ שֶׁלָּנוּ כְּכִיבּוּס שֶׁלָּהֶם:
En terre d'Israël, avec des vêtements de lin repassés. Mais à Babylone ils n'étaient pas experts à repasser, comme il est dit (Taanit 29b) : notre repassage est comme leur lessive.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אֲנָשִׁים בְּרָאוּי לָהֶן בְּיַיִן. נִרְאֶה לִי בס"ד (מִשְׁלֵי טו, כג) 'שִׂמְחָה לָאִישׁ בְּמַעֲנָה פִּיו' מַעֲנֵה לָשׁוֹן מָקוֹם, רוֹצֶה לוֹמַר בִּמְקוֹם פִּיו שֶׁשָּׁם שׁוֹפֵךְ הַיַּיִן וְלֹא בַּלְּבוּשׁ. 'וְהַנָּשִׁים בְּרָאוּי לָהֶן בְּבִגְדֵי צִבְעוֹנִין בְּבָבֶל וּבִגְדֵי פִּשְׁתָּן בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל' וְאַף עַל גַּב דְּאִיכָּא פִּשְׁתָּן בְּבָבֶל אֵין שִׂמְחָה בְּפִשְׁתָּן אֶלָּא אִם כֵּן יִהְיֶה מְלֻובָּן בְּיוֹתֵר וּמַיִם שֶׁל בָּבֶל עֲכוּרֵין וְאֵין בִּגְדֵי פִּשְׁתָּן מִתְלַבְּנִים בָּהֶם הֵיטֵב לָכֵן שִׂמְחָתָם תִּהְיֶה בְּבִגְדֵי צִבְעוֹנִין אֲבָל בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל מַיִם צְלוּלִים מִתְלַבְּנִים הֵיטֵב בִּגְדֵי פִּשְׁתָּן. נִמְצָא הָאִישׁ שִׂמְחָתוֹ בְּיַיִן וְהָאִשָּׁה בִּבְגָדִים וְנִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם כִּי הָאִישׁ הַהוֹצָאָה מֻוטֶּלֶת עָלָיו וְלִפְעָמִים אֵין לְאֵל יָדוֹ וְדוֹחֵק עַצְמוֹ שֶׁהוּא לֹוֶה מֵאֲחֵרִים, אוֹ מוֹכֵר חֵפֶץ בְּפָחוֹת כְּדֵי לְהָבִיא מָעוֹת לְהוֹצָאַת יוֹם טוֹב הַרְבֵּה, וְלָכֵן כְּפִי הַטֶּבַע כְּשֶׁיִּכָּנֵס יוֹם טוֹב יִהְיֶה לוֹ דְּאָגָה בִּלְבָבוֹ עַל הַהוֹצָאָה לָכֵן שִׂמְחָתוֹ תִּהְיֶה שְׁלֵימָה בַּיַּיִן שֶׁמַּעֲבִיר הַדְאָגוֹת, אֲבָל הָאִשָּׁה שֶׁאֵין לָהּ דַּאֲגוֹת מֵחֲמַת רִבּוּי הַהוֹצָאָה אֵין צָרִיךְ לָהּ יַיִן וְתִשְׂמַח בְּמַלְבּוּשִׁים שֶׁהִיא מִתְקַשֶּׁטֶת בָּהֶם. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד, הַיַּיִן מְשַׁכֵּר וּמְעוֹרֵר תַּאֲוַת הַמִּשְׁגָּל לִהְיוֹת הָאָדָם תּוֹבֵעַ בַּפֶּה לְכָךְ רָאוּי לְאִישׁ דַּוְקָא דְּאִם עַל יְדֵי הַיַּיִן תָּבַע בְּפֶה אֵין זֶה גְּנַאי לוֹ, אַךְ הָאִשָּׁה דְּאִם תּוֹבַעַת בַּפֶּה גְּנַאי גָּדוֹל הוּא לָהּ, כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זִ"לִ (כְּתֻובּוֹת סה.) לָכֵן אִם תִּשְׁתֶּה יַיִן וְתִשְׂמַח בּוֹ, אָז שִׂמְחָה זוֹ תּוּגָה לָהּ, וְלָכֵן אָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל עַל פָּסוּק (בַּמִּדְבָּר ה, יב) 'אִישׁ אִישׁ כִּי תִשְׂטֶה אִשְׁתּוֹ' הַטֵּי"ת תִּתְחַלֵּף בְּתָי"ו בדטלנ"ת לִרְמֹוז אִם תִּשְׁתֶּה אָז תִּשְׂטֶה לְשׁוֹן שִׁיטוֹת שֶׁתּוֹבַעַת בַּפֶּה, לְכָךְ שִׂמְחָתָהּ בִּבְגָדִים נָאִים כְּדֵי שֶׁבַּעְלָהּ יִרְאֶנָּה מְקֻושֶּׁטֶת וְיִזָּקֵק לָהּ אַף עַל פִּי שֶׁהִיא אֵינָהּ תּוֹבַעַת בַּפֶּה, וְלָכֵן כְּתִיב (תְּהִלִּים קד, טו) 'וְיַיִן יְשַׂמַּח לְבַב אֱנוֹשׁ' כְּלוֹמַר אֱנוֹשׁ זָכָר וְלֹא אִשָּׁה. אוֹ יוּבָן בס"ד הֲנָאַת הַמַּלְבּוּשׁ מְצוּיָה אֵצֶל הָאִשָּׁה יוֹתֵר מִן הָאִישׁ כִּי הַלְּבוּשׁ נִתְהַוָּוה בָּעוֹלָם מִכֹּחַ חֵטְא עֵץ הַדַּעַת שֶׁהִתְחִילָה בּוֹ חַוָּה כִּי קֹודֶם זֶה (בְּרֵאשִׁית ב, כה) 'וְיִהְיוּ הָאָדָם וְאִשְׁתּוֹ עֲרוּמִים וְלֹא יִתְבֹּשָׁשׁוּ' אַךְ אַחַר אֲכִילַת עֵץ הַדַּעַת הִרְגִּישׁוּ בָּזֶה שֶׁהֵם עֲרוּמִים, דִּכְתִיב (בְּרֵאשִׁית ג, ז) 'וַיֵּדְעוּ כִּי עֵירֻמִּם הֵם וַיִּתְפְּרוּ עֲלֵה תְאֵנָה וַיַּעֲשׂוּ לָהֶם חִגֶּרֶת' וְנִמְצָא כִּי הָאִשָּׁה סִיבְּבָה הַמַּלְבּוּשׁ בָּעוֹלָם וְלָכֵן הֲנָאָתָהּ וְשִׂמְחָתָהּ תִּהְיֶה מִן הַמַּלְבּוּשִׁין יוֹתֵר מִן הָאִישׁ. וְעוֹד כַּאֲשֶׁר יָדְעוּ שֶׁהֵם עֲרוּמִים וְהָיוּ בּוֹשִׁין זֶה מִזֶּה עַד שֶׁעָשׂוּ לָהֶם לְבוּשׁ מֵעֲלֵי תְּאֵנָה הָיְתָה בָּושְׁתָּהּ שֶׁל הָאִשָּׁה יוֹתֵר מִן הָאִישׁ, וְלָכֵן גַּם עַתָּה הָאִישׁ יַעֲמוֹד עָרֹום לִפְנֵי אִשְׁתּוֹ מַה שֶׁאֵין כֵּן הָאִשָּׁה בּוֹשָׁה לַעֲמֹוד עֲרוּמָה בִּפְנֵי בַּעְלָהּ. וְנִמְצָא אַחַר שֶׁעָשׂוּ לָהֶם הַלְּבוּשׁ לְכַסּוֹת גּוּפָם הָיְתָה הֲנָאַת הָאִשָּׁה מִן הַמַּלְבּוּשׁ יוֹתֵר מִשֶּׁל אִישׁ וְכֵיוָן דַּהֲנָאַת הַלְּבוּשׁ וְשִׂמְחָתוֹ אֵצֶל הָאִשָּׁה יוֹתֵר מִן הָאִישׁ, לְכָךְ כְּתִיב אֵצֶל אֵשֶׁת חַיִל (מִשְׁלֵי לֹא, כה) 'עֹז וְהָדָר לְבוּשָׁהּ וַתִּשְׂחַק לְיוֹם אַחֲרוֹן'. וְהָא דְּהִקְדִּים בִּלְשׁוֹן הַמַּאֲמָר אֶת בָּבֶל קֹודֶם אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל בְּאוֹמְרוֹ 'בִּגְדֵי צִבְעוֹנִין בְּבָבֶל וּבִגְדֵי פִּשְׁתָּן בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל'? נִרְאֶה לִי בס"ד הוֹאִיל דְּבַעַל הַמַּאֲמָר הַזֶּה הָיָה רַב יוֹסֵף שֶׁהוּא בְּבָבֶל, לְכָךְ זָכָר הַנּוֹהֵג בְּבָבֶל קֹודֶם דָּבָר הַנּוֹהֵג בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל. אִי נָמֵי מִפְּנֵי שֶׁהַמּוֹעֲדִים בְּבָבֶל יֵשׁ בָּהֶם שִׂמְחָה יוֹתֵר מִשֶּׁל אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל הִקְדִּים לְמָקוֹם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ שִׂמְחָה יוֹתֵר כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ בַּגְּמָרָא דְּשַׁבָּת (שַׁבָּת דַּף קמה:) מִפְּנֵי מַה מוֹעֲדִים שֶׁבְּבָבֶל שְׂמֵחִים מִפְּנֵי שֶׁלֹּא הָיוּ בְּאוֹתָהּ קְלָלָה שֶׁל (הוֹשֵׁעַ ב, יג) 'וְהִשְׁבַּתִּי כָּל מְשׂוֹשָׂהּ חַגָּהּ חָדְשָׁהּ וְשָׁבְתָה'. וְעוֹד כִּי בְּבָבֶל הַיָּמִים טוֹבִים כְּפוּלִים מִכֹּחַ סְפֵיקָא דְּיוֹמָא וְנִיכֶּרֶת בָּהֶם הַשִּׂמְחָה יוֹתֵר מִשֶּׁל אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל שֶׁהוּא יוֹם אֶחָד וְקָצָר הוּא.
Les hommes, avec ce qui leur convient : du vin. Il me paraît, avec l'aide du Ciel (Michlei 15, 23) : la joie est à l'homme dans la réponse de sa bouche. " Réponse " a le sens de lieu : à l'endroit de sa bouche, là où il verse le vin, et non dans le vêtement. Et les femmes, avec ce qui leur convient : des vêtements de couleur à Babylone, et des vêtements de lin en terre d'Israël. Bien qu'il y ait du lin à Babylone, il n'y a de joie dans le lin que s'il est très blanchi. Les eaux de Babylone sont troubles, et les vêtements de lin ne s'y blanchissent pas bien. Leur joie sera donc dans des vêtements de couleur. En terre d'Israël, les eaux sont limpides, et les vêtements de lin s'y blanchissent bien. Il se trouve que la joie de l'homme est dans le vin, et celle de la femme dans les vêtements. Il me paraît, avec l'aide du Ciel, le motif : la dépense incombe à l'homme. Parfois il n'a pas les moyens, et il se serre : il emprunte à d'autres, ou il vend un objet à moins, afin d'apporter de l'argent pour la grosse dépense du yom tov. Selon la nature, quand le yom tov entre, il aura un souci au cœur à cause de la dépense. Sa joie sera donc entière par le vin, qui écarte les soucis. La femme, qui n'a pas de soucis à cause du poids de la dépense, n'a pas besoin de vin. Elle se réjouit dans les vêtements dont elle se pare. Il me paraît encore, avec l'aide du Ciel : le vin enivre et éveille le désir de l'union, de sorte que l'homme demande de la bouche. Cela convient à l'homme seul. S'il demande de la bouche par le vin, cela ne lui fait pas honte. La femme, si elle demande de la bouche, c'est pour elle une grande honte, comme l'ont dit nos maîtres (Ketoubot 65a). Si elle boit du vin et s'en réjouit, cette joie devient pour elle un chagrin. C'est pourquoi nos maîtres ont dit sur le verset (Bamidbar 5, 12) : un homme, un homme, si sa femme s'égare. Le tet s'échange avec le tav, dans le groupe dalet-tet-lamed-noun-tav, pour faire allusion : si elle boit, alors elle s'égare, langue d'égarement, en ce qu'elle demande de la bouche. Sa joie est donc dans de beaux vêtements, afin que son mari la voie parée et s'unisse à elle, bien qu'elle ne demande pas de la bouche. C'est pourquoi il est écrit (Tehilim 104, 15) : et le vin réjouit le cœur d'enoch, c'est-à-dire enoch, un mâle, et non une femme. Autre lecture, avec l'aide du Ciel : le plaisir du vêtement se trouve chez la femme plus que chez l'homme, car le vêtement est entre dans le monde par la faute de l'arbre de la connaissance, que Hava a commencée. Avant cela (Bereshit 2, 25) : l'homme et sa femme étaient nus, et ils n'avaient pas honte. Après avoir mange de l'arbre de la connaissance, ils ont senti qu'ils étaient nus, comme il est écrit (Bereshit 3, 7) : ils surent qu'ils étaient nus, ils coudirent une feuille de figuier et se firent des ceintures. La femme a donc amené le vêtement dans le monde. Son plaisir et sa joie viendront des vêtements, plus que ceux de l'homme. De plus, quand ils surent qu'ils étaient nus et qu'ils avaient honte l'un de l'autre, jusqu'à se faire un vêtement de feuilles de figuier, la honte de la femme était plus grande que celle de l'homme. Aussi maintenant, l'homme se tient nu devant sa femme, tandis que la femme a honte de se tenir nue devant son mari. Après qu'ils se furent fait le vêtement pour couvrir leur corps, le plaisir de la femme pris au vêtement était plus grand que celui de l'homme. Puisque le plaisir du vêtement et sa joie sont chez la femme plus que chez l'homme, il est écrit de la femme vaillante (Michlei 31, 25) : force et splendeur sont son vêtement, et elle rit au dernier jour. Et ceci, qu'il a placé Babylone avant la terre d'Israël, en disant : vêtements de couleur à Babylone, et vêtements de lin en terre d'Israël. Il me paraît, avec l'aide du Ciel : l'auteur de ce dire est Rav Yossef, qui est à Babylone. Il a donc mentionné l'usage de Babylone avant la chose en usage en terre d'Israël. Ou bien : les fêtes à Babylone ont en elles plus de joie que celles de la terre d'Israël. Il a donc placé d'abord le lieu où il y a plus de joie, comme on l'a dit dans la Guemara de Chabbat (Chabbat 145b) : pourquoi les fêtes de Babylone sont-elles joyeuses ? Parce qu'elles n'étaient pas dans cette malédiction (Osée 2, 13) : je ferai cesser toute sa joie, sa fête, son mois nouveau et son chabbat. Et encore : à Babylone les jours de fête sont doubles, à cause du sefeika de-yoma (doute sur le jour), et la joie s'y remarque plus qu'en terre d'Israël, où le jour est un, et il est court.
💡 Explication

Rabbi Yehouda coupe la joie en deux. Anachim be-raouy lahem : les hommes, avec ce qui leur convient, le vin. Nachim be-raouy lahen : les femmes, avec ce qui leur convient. Rav Yossef : à Babylone, des vêtements de couleur ; en terre d'Israël, du lin repassé, begdei pichtan meguhatsin.

Tossefot : à Babylone on ne savait pas le gihouets (repassage). Taanit 29b : notre repassage vaut leur lessive. Le lin repassé reste donc l'usage d'Israël.

Ben Yehoyada donne le motif du vin et du vêtement, puis pourquoi Babylone est nommée d'abord : Rav Yossef y vit ; les fêtes y sont plus joyeuses (Chabbat 145b) ; le second jour, sefeika de-yoma, allonge la fête.

5
תַּנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא אוֹמֵר: בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים אֵין שִׂמְחָה אֶלָּא בְּבָשָׂר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְזָבַחְתָּ שְׁלָמִים וְאָכַלְתָּ שָּׁם וְשָׂמַחְתָּ לִפְנֵי ה׳ אֱ-לֹהֶיךָ״, וְעַכְשָׁיו שֶׁאֵין בֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַייָּם, אֵין שִׂמְחָה אֶלָּא בְּיַיִן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְיַיִן יְשַׂמַּח לְבַב אֱנוֹשׁ״.

On a enseigné : Rabbi Yehouda ben Beteira dit : au temps où le Temple existe, il n'y a de joie que dans la viande, car il est dit : tu sacrifieras des chelamim, tu mangeras la, et tu te réjouiras devant Hachem ton D.ieu. Et maintenant que le Temple n'existe pas, il n'y a de joie que dans le vin, car il est dit : et le vin réjouit le cœur de l'homme.

🗂️ Tossefot (1)
וְזָבַחְתָּ שְׁלָמִים וְאָכַלְתָּ שָּׁם וְשָׂמַחְתָּ תֵּימַהּ דְּהַאי קְרָא בְּהַר עֵיבָל כְּתִיב וְלָא מַיְיתֵי קְרָא דִּוְשָׂמַחְתָּ בְּחַגֶּךָ דְּדָרְשִׁינַן מִינֵּיהּ בַּחֲגִיגָה (דַּף ח.) לְרַבּוֹת כָּל מִינֵי שְׂמָחוֹת לְשִׂמְחָה מִכָּאן אָמְרוּ יִשְׂרָאֵל יוֹצְאִין יְדֵי חוֹבָתָן בִּנְדָרִים וּנְדָבוֹת וְי"ל מִשּׁוּם דְּהָכָא בְּהֶדְיָא כְּתִיב וְזָבַחְתָּ שְׁלָמִים וְשָׂמַחְתָּ:
Tu sacrifieras des chelamim, tu mangeras la, et tu te réjouiras. Difficulté : ce verset est écrit au mont Eival, et l'on ne cite pas le verset " tu te réjouiras à ta fête ", dont on tire dans Hagiga (8a) d'inclure toutes les espèces de réjouissances dans la joie. De là on a dit : Israël s'acquitte par les nedarim (vœux) et les nedavot (dons volontaires). On peut dire : parce qu'ici il est écrit explicitement " tu sacrifieras des chelamim, et tu te réjouiras ".
🪔 Ben Yehoyada (1)
עַכְשָׁיו שֶׁאֵין בֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּם, אֵין שִׂמְחָה אֶלָּא בְּיַיִן. קָשֶׁה וְכִי עַכְשָׁיו אֵין אוֹכְלִים בָּשָׂר וְלָמָּה הַיַּיִן מִילֵּא מְקוֹם שִׂמְחַת הַבָּשָׂר שֶׁל שְׁלָמִים שֶׁל זְמַן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ וְאֵין הַבָּשָׂר שֶׁל חֻולִּין שֶׁאוֹכְלִין עַתָּה מְמַלֵּא מְקוֹם שִׂמְחַת הַבָּשָׂר שֶׁל זְמַן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּהַשִּׂמְחָה צָרִיךְ שֶׁתִּהְיֶה שְׁלֵימָה לַנֶּפֶשׁ וְלַגּוּף דְּהַייְנוּ שֶׁהַגּוּף נֶהֱנֶה מִן אֲכִילַת הַבָּשָׂר וְהַנֶּפֶשׁ נֶהֱנֵית מִן בֵּירוּר נִיצוֹצוֹת קְדֻושָּׁה הַנַּעֲשֶׂה בַּאֲכִילַת הַבָּשָׂר וְלָכֵן בַּאֲכִילַת שְׁלָמִים הָיְתָה שִׂמְחָה שְׁלֵימָה דַּאֲפִילּוּ עַם הָאָרֶץ עוֹשֶׂה בֵּירוּר שָׁלֵם בַּאֲכִילַת בְּשַׂר שְׁלָמִים שֶׁיִּהְיֶה לוֹ עֵזֶר מִצַּד קְדֻושַּׁת הַבָּשָׂר וּמִצַּד קְדֻושַּׁת הַמָּקוֹם וְלָכֵן כְּתִיב בַּאֲכִילַת הַשְּׁלָמִים (דְּבָרִים טז, יא) 'וְשָׂמַחְתָּ לִפְנֵי ה' אֱ-לֹהֶיךָ', אָמְנָם כְּשֶׁאֵין בֵּית הַמִּקְדָּשׁ קִים צָרִיךְ גֶּבֶר בְּגֻובְרִין לְבָרֵר נִיצוֹצוֹת קְדֻושָּׁה מִן אֲכִילַת הַבָּשָׂר, שֶׁלָּכֵן אָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (פְּסָחִים מט:) 'עַם הָאָרֶץ אָסוּר לֶאֱכֹול בָּשָׂר' מִפְּנֵי שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְבָרֵר בַּאֲכִילָתוֹ, וְלָכֵן אֵין שִׂמְחָה שְׁלֵימָה לַנֶּפֶשׁ בַּאֲכִילַת הַבָּשָׂר, אַךְ הַיַּיִן בֵּירוּר שֶׁלּוֹ הוּא יוֹתֵר נָקֵל מִן הַבָּשָׂר לָכֵן יֵשׁ בּוֹ שִׂמְחָה גַּם לַנֶּפֶשׁ. אוֹ יוּבָן בס"ד בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַייָּם אֵין דַּאֲגוֹת בַּלֵּב לְכָךְ הַשִּׂמְחָה בְּבָשָׂר לְבַדּוֹ וְאֵין צְרִיכִין לְיַיִן לְהָסִיר דַּאֲגוֹת שֶׁבַּלֵּב, אַךְ בִּזְמַן שֶׁאֵין בֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַייָּם שֶׁהַדְאָגוֹת מְצוּיִים הַרְבֵּה אֵצֶל כָּל אָדָם אֵין שִׂמְחָה בְּבָשָׂר מֵאַחַר כִּי הָאוֹרֵב הִיא הַדְּאָגָה בְּחֶדֶר שֶׁל הַלֵּב לְכָךְ אֵין שִׂמְחָה אֶלָּא בְּיַיִן שֶׁטָּבְעוּ לְהַעֲבִיר הַדְאָגוֹת וּמִמֵּילָא תִּתְעוֹרֵר הַשִּׂמְחָה. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד דְּיָדוּעַ שֶׁפַע הָאֲכִילָה נִמְשָׁךְ מִן אוֹתִיּוֹת י"ה שֶׁבַּשֵּׁם שֶׁהֵם חו"ב [חָכְמָה וּבִינָה] וְשֶׁפַע הַשְּׁתִיָּה נִמְשָׁךְ מִן אוֹתִיּוֹת ו"ה שֶׁבַּשֵּׁם שֶׁהֵם תו"מ [תִּפְאֶרֶת וּמַלְכוּת] בְּסוֹד (שִׁיר הַשִּׁירִים ה, א) 'אִכְלוּ רֵעִים שְׁתוּ וְשִׁכְרוּ דּוֹדִים' וְלָכֵן בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים הַהַשְׁפָּעָה עֶלְיוֹנָה יִתְרַבֶּה הַשֶּׁפַע בַּאֲכִילָה שֶׁנִּמְשַׁךְ מִן אוֹתִיּוֹת י"ה וּלְכָךְ הַשִּׂמְחָה תִּהְיֶה בְּבָשָׂר שֶׁהוּא אֲכִילָה אֲבָל כְּשֶׁאֵין בֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַייָּם דְּאֵין הַשְׁפָּעָה עֶלְיוֹנָה לֹא יִתְרַבֶּה הַשֶּׁפַע בַּאֲכִילָה אֶלָּא רַק בִּשְׁתִיָּה בִּלְבַד שֶׁהִיא תַּחְתּוֹנָה, וְלָכֵן הַשִּׂמְחָה בְּיַיִן שֶׁהוּא שְׁתִיָּה וְלָכֵן נֵס הַפּוּרִים שֶׁהָיָה בְּחוּץ לָאָרֶץ הַשִּׂמְחָה שֶׁלּוֹ הִיא בִּשְׁתִיָּה שֶׁהִיא תַּחְתּוֹנָה. וּבָזֶה יוּבָן (יְשַׁעְיָהוּ סו, כג) 'יָבוֹא כָל בָּשָׂר לְהִשְׁתַּחֲוֹ‍ת לְפָנַי אָמַר ה' וְלֹא אָמַר יָבֹא כָּל אָדָם אֶלָּא כִּינָּה אוֹתָם בְּשֵׁם בָּשָׂר כִּי בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַייָּם יִהְיֶה לָהֶם הַשְׁפָּעָה עֶלְיוֹנָה שֶׁהִיא בְּבָשָׂר שֶׁהוּא אֲכִילָה. וּבָזֶה יוּבָן בס"ד (מִשְׁלֵי ט, א) 'חָכְמוֹת בָּנְתָה בֵיתָהּ חָצְבָה עַמּוּדֶיהָ שִׁבְעָה' כִּי הַיָּמִים טוֹבִים בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל הֵם שִׁבְעָה בְּכָל הַשָּׁנָה כֻּולָּהּ שֶׁהֵם ב' יָמִים שֶׁל רֹאשׁ הַשָּׁנָה שֶׁגַּם בִּזְמַן הַבַּיִת הָיוּ עוֹשִׂין ב' יָמִים וְיוֹם רִאשׁוֹן דְּסֻוכּוֹת וְיוֹם שְׁמִינִי עֲצֶרֶת וְיוֹם רִאשׁוֹן שֶׁל פֶּסַח וְיוֹם ז' שֶׁל פֶּסַח וְיוֹם רִאשׁוֹן דִּשְׁבוּעוֹת הֲרֵי שִׁבְעָה יָמִים טוֹבִים, וְיָדוּעַ יִשְׂרָאֵל נִקְרְאוּ (דְּבָרִים ד, ו) 'עַם חָכָם וְנָבוֹן' וְזֶהוּ שֶׁנֶּאֱמַר 'חָכְמוֹת בָּנְתָה בֵּיתָהּ' הוּא בֵּית הַמִּקְדָּשׁ אָז 'חָצְבָה עַמּוּדֶיהָ שִׁבְעָה' הֵם שְׂבֵעַת יָמִים טוֹבִים וּבְאוֹתָם הַיָּמִים יֵשׁ לָהֶם שִׂמְחָה בְּבָשָׂר וּבַיַּיִן וְזֶהוּ (מִשְׁלֵי ט, ב) 'טְבָחָהּ טְבָחָהּ' זֶה הַבָּשָׂר וְאַגַּב נָמֵי 'מָסְכָה יֵינָהּ'.
Maintenant que le Temple n'existe pas, il n'y a de joie que dans le vin. Difficulté : est-ce que maintenant on ne mange pas de viande ? Pourquoi le vin a-t-il pris la place de la joie de la viande des chelamim du temps du Temple, et pourquoi la viande de houlin qu'on mange à présent ne prend-elle pas la place de la joie de la viande du temps du Temple ? Il me paraît, avec l'aide du Ciel : la joie doit être entière pour la nefech et pour le corps. Le corps jouit de la consommation de la viande, et la nefech jouit du birour (tri) des nitsotsot (étincelles) de sainteté qui se fait dans la consommation de la viande. Dans la consommation des chelamim, la joie était donc entière : même un am ha-arets fait un tri complet en mangeant la viande des chelamim, car il a une aide du côté de la sainteté de la viande et du côté de la sainteté du lieu. C'est pourquoi il est écrit dans la consommation des chelamim (Devarim 16, 11) : tu te réjouiras devant Hachem ton D.ieu. Quand le Temple n'existe pas, il faut un gaver be-govrin, un homme de stature, pour trier les étincelles de sainteté de la consommation de la viande. C'est pourquoi nos maîtres ont dit (Pessahim 49b) : il est interdit à un am ha-arets de manger de la viande, parce qu'il ne peut pas trier par sa consommation. Il n'y a donc pas de joie entière pour la nefech dans la consommation de la viande. Le vin, son tri est plus aisé que celui de la viande : il y a donc en lui une joie aussi pour la nefech. Autre lecture, avec l'aide du Ciel : au temps où le Temple existe, il n'y a pas de soucis dans le cœur. La joie est donc dans la viande seule, et l'on n'a pas besoin de vin pour ôter les soucis du cœur. Au temps où le Temple n'existe pas, les soucis sont très présents chez tout homme. Il n'y a pas de joie dans la viande, puisque l'embuscade est le souci dans la chambre du cœur. La joie n'est donc que dans le vin, dont la nature est d'écarter les soucis, et la joie s'éveille d'elle-même. Il me paraît encore, avec l'aide du Ciel. On sait que le flux de la nourriture se tire des lettres youd-he du Nom, qui sont 'hokhma et bina, et que le flux de la boisson se tire des lettres vav-he du Nom, qui sont tiferet et malkhout, dans le sod (secret) de (Chir ha-chirim 5, 1) : mangez, compagnons, buvez et enivrez-vous, bien-aimés. Au temps où le Temple existe, l'influence supérieure multiplie le flux dans la nourriture, qui se tire des lettres youd-he. La joie sera donc dans la viande, qui est nourriture. Quand le Temple n'existe pas, puisqu'il n'y a pas d'influence supérieure, le flux ne se multiplie pas dans la nourriture, seulement dans la boisson, qui est inférieure. La joie est donc dans le vin, qui est boisson. C'est pourquoi le miracle de Pourim, qui eut lieu hors de la terre, à sa joie dans la boisson, qui est inférieure. Par là on comprend (Yechayahou 66, 23) : toute chair viendra se prosterner devant, parole de Hachem. Il n'a pas dit : tout homme viendra. Il les a nommés du nom de chair, parce qu'au temps où le Temple existe ils auront l'influence supérieure, qui est dans la chair, c'est-à-dire la nourriture. Par là on comprend, avec l'aide du Ciel (Michlei 9, 1) : la sagesse a bâti sa maison, elle a taillé ses sept colonnes. Les jours de fête en terre d'Israël sont sept dans toute l'année : deux jours de Roch Hachana, car même au temps du Temple on faisait deux jours ; le premier jour de Souccot ; Chemini Atseret ; le premier jour de Pessa'h ; le septième jour de Pessa'h ; le premier jour de Chavouot. Voilà sept jours de fête. On sait qu'Israël est appelé (Devarim 4, 6) un peuple sage et avisé. C'est ce qui est dit : la sagesse a bâti sa maison, c'est le Temple. Alors : elle a taillé ses sept colonnes, ce sont les sept jours de fête. En ces jours, ils ont une joie dans la viande et dans le vin. C'est (Michlei 9, 2) : elle a abattu sa bête, c'est la viande ; et du même coup : elle a mêlé son vin.
💡 Explication

Rabbi Yehouda ben Beteira date la joie. Temple debout : la viande, car le verset lie l'abattage des chelamim, le repas, et la joie devant Hachem. Maintenant : le vin, Tehilim 104, 15.

Tossefot : le verset cite est celui du mont Eival (Devarim 27, 7), et non " tu te réjouiras à ta fête ". De ce dernier, Hagiga 8a inclut toutes les joies, et Israël s'acquitte par les nedarim et les nedavot. Ici le verset écrit en clair chelamim et joie ensemble : la joie dont on parle est celle de cette viande.

Ben Yehoyada demande pourquoi la viande de houlin ne remplace pas les chelamim. Trois lectures : le birour des étincelles, aise dans le vin ; le vin qui lève le souci, frequent sans le Temple ; le flux de la nourriture depuis youd-he, et celui de la boisson depuis vav-he. Les sept colonnes de Michlei 9 sont les sept yamim tovim d'Israël.

6
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: קִסְתָּא דְּמוּרְיְסָא דַּהֲוָה בְּצִיפּוֹרִי הִיא הֲוָת כְּמִין לֻוגָּא דְּמַקְדְּשָׁא, וּבָהּ מְשַׁעֲרִין רְבִיעִית שֶׁל פֶּסַח. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: תְּמָנְיָיתָא קַדְמָייְתָא דַּהֲוָה בִּטְבֶרְיָא הֲוָת יַתִּירָה עַל דָּא רִיבְעָא, וּבָהּ מְשַׁעֲרִין רְבִיעִית שֶׁל פֶּסַח.

Rabbi Yits'hak a dit : la mesure de mouryes qui était à Tsippori était comme le log du Sanctuaire, et par elle on évalue le reviit de Pessa'h. Rabbi Yo'hanan a dit : l'ancien huitième qui était à Tibériade dépassait celui-ci d'un quart, et par lui on évalue le reviit de Pessa'h.

📜 Rachi (4)
קִסְתָּא דְּמוּרְיָיסָא מִדָּה שֶׁמּוֹכְרִין בָּהּ אֶת הַמּוּרְיָיס:
La mesure de mouryes. Mesure avec laquelle on vend le mouryes.
תְּמָנְתָּא קַדְמָיְיתָא מִדָּה שֶׁהָיְתָה בָּהּ כְּבָר בִּטְבֶרְיָא:
L'ancien huitième. Une mesure qui existait déjà à Tibériade.
הֲוָת יְתֵירָה עַל תְּמָנְתָּא דְּהַשְׁתָּא רְבִיעִית:
Elle dépassait. Le huitième d'à présent, d'un reviit.
וּבָהּ מְשַׁעֲרִין רְבִיעִית לְפֶסַח שֶׁהָיוּ מְמַלְּאִין אוֹתָהּ וּמְנַעֲרִין אוֹתָהּ לְתוֹךְ אוֹתָהּ שֶׁל עַכְשָׁיו עַד שֶׁהִיא מְלֵיאָה וּמַיִם הַנִּשְׁאָרִים בִּתְמָנְתָּא הֵן הֵן רְבִיעִית:
Et par elle on évalue le reviit de Pessa'h. On la remplissait et on la versait dans celle d'a présent, jusqu'à ce que celle-ci soit pleine. L'eau qui reste dans le huitième, c'est cela le reviit.
🗂️ Tossefot (1)
תַּמְנְיָתָא פִּי' רַשְׁבָּ"ם דְּהַיְינוּ תֹּומֶן וְעוּכְלָא וְלָא נְהִירָא דִּבְהַמּוֹכֵר אֶת הַסְּפִינָה (ב"ב דַּף צ.) חֲשִׁיב לֹוג וּרְבִיעִית הַלּוֹג תֹּומֶן וְעוּכְלָא וְכָל מִדָּה וּמִדָּה פּוֹחֶתֶת וְהוֹלֶכֶת וְכָאן מַשְׁמַע שֶׁהִיא יוֹתֵר מֵרְבִיעִית:
Le huitième. Le Rachbam explique que c'est un touman et un oukhla. Cela ne va pas. Dans " celui qui vend le bateau " (Bava Batra 90a), on énumère le log, le quart du log, le touman et l'oukhla, et chaque mesure va en diminuant. Ici, on comprend qu'elle est plus grande qu'un reviit.
💡 Explication

Deux étalons locaux pour le reviit de Pessa'h, le quart de log de chaque coupe. Tsippori : la kasta de-mouryesa, la mesure où l'on vend le mouryes (saumure), vaut le log du Temple. Son quart est le reviit.

Tibériade : la temanyata kadmayta, l'ancien huitième, dépasse le huitième actuel d'un reviit. Rachi : on remplit l'ancienne, on verse dans la nouvelle jusqu'à ras bord. Ce qui reste dans l'ancienne est le reviit.

Tossefot écarte le Rachbam, qui identifiait cette mesure à un touman plus un oukhla. Bava Batra 90a les range sous le reviit, chaque mesure plus petite que la précédente : log, quart de log, touman, oukhla. Ici la mesure dépasse un reviit.

🖼️ Schéma
Ancien huitième de TibériadeAncien huitièmeOn le remplitIl dépasse le nouveaud'un reviiton verseHuitième actuelOn le remplit à rasjusqu'au bordCe qui restedans l'ancienc'est le reviitde Pessa'hRachbam : touman + oukhla. Tossefot : ces mesures sont sous le reviit.
On verse l'ancien huitième de Tibériade dans le nouveau. Le reste, un reviit, sert à Pessa'h.
7
אָמַר רַב חִסְדָּא: רְבִיעִית שֶׁל תּוֹרָה אֶצְבָּעַיִם עַל אֶצְבָּעַיִם בְּרוּם אֶצְבָּעַיִם וַחֲצִי אֶצְבַּע וְחֹומֶשׁ אֶצְבַּע. כִּדְתַנְיָא: ״וְרָחַץ בַּמַּיִם אֶת כָּל בְּשָׂרוֹ״ — שֶׁלֹּא יְהֵא דָּבָר חוֹצֵץ בֵּין בְּשָׂרוֹ לַמַּיִם. ״בְּמַיִם״ — בְּמֵי מִקְוֶה. ״אֶת כָּל בְּשָׂרוֹ״ — מַיִם שֶׁכָּל גּוּפוֹ עוֹלֶה בָּהֶן, וְכַמָּה הֵן?

Rav Hisda a dit : le reviit de la Torah est de deux doigts sur deux doigts, sur une hauteur de deux doigts, un demi-doigt et un cinquième de doigt. Comme on a enseigné : " Il lavera dans l'eau toute sa chair " : qu'il n'y ait rien qui fasse écran entre sa chair et l'eau.

" Dans l'eau " : dans l'eau d'un mikve. " Toute sa chair " : une eau dans laquelle tout son corps entre.

Et combien est-ce ?

📜 Rachi (2)
בְּרוּם אַצְּבָעִים וּבְרוּם חֲצִי אֶצְבַּע וְרוּם חֹומֶשׁ אֶצְבַּע:
Sur une hauteur de deux doigts. Et sur une hauteur d'un demi-doigt, et une hauteur d'un cinquième de doigt.
בְּרַבְרְבָתָא בְּגֹודֶל שֶׁיֵּשׁ בְּטֶפַח אַרְבַּע אַצַּבָּעִים מֵהֶן:
En gros doigts. Au pouce, dont il y a quatre dans un tefah.
🗂️ Tossefot (1)
רְבִיעִית שֶׁל תּוֹרָה אֶצְבָּעַיִם מִכָּאן קָשֶׁה עַל פֵּירוּשׁ רַבּוֹתָיו שֶׁל רַבֵּינוּ שְׁלֹמֹה שָׁפֵי' דִּרְבִיעִית בְּכָל מָקוֹם הַיְינוּ רֹובַע הַקַּב כִּי לְפִי זֶה הַחֶשְׁבּוֹן הוּא רְבִיעִית הַלֹּוג פר"ת רוּם הַמִּקְוֶה ע"ב אֶצְבָּעוֹת הַשְׁלֵךְ רְבִיעִית יִשָּׁאֵר נ"ד קַח מִכָּל עֶשְׂרִים אֶחָד יַעֲלֶה אֶצְבָּעַיִם וַחֲצִי אֶצְבַּע וְחֹומֶשׁ וְכֵן תִּקַּח בְּרֹוחַב אֶחָד מי"ב וְכֵן בְּאֹורֶךְ הֲרֵי אֶצְבָּעַיִם עַל אֶצְבָּעַיִם בְּרוּם אֶצְבָּעַיִם וַחֲצִי אֶצְבַּע וְחֹומֶשׁ אֶצְבַּע וְכֵן תַּעֲשֶׂה בְּמַיִם וְיַעֲלֶה רְבִיעִית רְבִיעִית הַנִּמְצָא הַשְׁלֵךְ הַחוּצָה וּמִן הַנּוֹתָרִים קַח אֶחָד מֵעֶשְׂרִים וּפְעָמִים יוּסַר חֵלֶק שְׁנֵים עָשָׂר אוֹ תִּקַּח אֶחָד מִכ"ד וְהֵם ג' אֶצְבָּעוֹת חֵלֶק עַל חֻומְשִׁין וְהַשְׁלֵךְ הָעֲשִׂירִית יִשָּׁאֲרוּ שְׁלֹשָׁה עָשָׂר חֻומְשִׁין וָחֵצִי וְהֵם אַצְּבָעִים וָחֵצִי וְחֹומֶשׁ אֶצְבַּע אוֹ קַח רְבִיעִית וְהֵם י"ח אַצְּבָעִים וְהַשְׁלֵךְ הָרְבִיעִי יִשָּׁאֲרוּ י"ג אֶצְבָּעוֹת וָחֵצִי וְטֹול הַחֲמִישִׁית מָהָרִ"י קְחָה רֹובַע וְכָכָה תַּשְׁלֵךְ וְחֵלֶק הַחֲמִישִׁי קַח וָלֵךְ אוֹ הַשְׁלֵךְ עֲשִׂירִית הַמַּיִם יִשָּׁאֲרוּ ל"ו יַעֲלֶה ב' סְאִין לְכָל טֶפַח וְלֹג' אֶצְבָּעוֹת סְאָה וָחֵצִי הַשְׁלֵךְ מג' אֶצְבָּעוֹת הָעֲשִׂירִית כַּאֲשֶׁר הִשְׁלַכְנוּ מִן הַמַּיִם. וּלְפִי תַּלְמוּד שֶׁלָּנוּ הַחֶשְׁבּוֹן מְכֻוָּון אֲבָל עַל גִּירְסַת יְרוּשַׁלְמִי דְּקָאָמַר אֶצְבָּעַיִם עַל אֶצְבָּעַיִם בְּרוּם אֶצְבַּע וּמֶחֱצָה וּשְׁלִישׁ אֶצְבַּע וְכֵן עָשָׂה הַפַּיָּיט וְעַל גֹּובַהּ חָסֵר שְׁתוּת מְאֻצְבָּעִים וְהַכֹּל א' קָשֶׁה כִּי לְפִי שִׁיעוּר הַמִּקְוֶה אֵינוֹ מְכֻווָּן וי"ל דְּבַיְּרוּשַׁלְמִי אַייְרֵי בְּאֶצְבְּעוֹת צִפּוֹרִיִּית וְהָכָא בְּמִדְבָּרִיִּית וְאַצְּבָעִים וָחֵצִי וְחֹומֶשׁ הֵם י"ו שֶׁתּוּתִים וְחֹומֶשׁ שְׁתוּת בָּאוּ לִירוּשָׁלַיִם נִכְנַס הַכֹּל בי"ג שֶׁתּוּתִים וָחֵצִי בָּאוּ לְצִפּוֹרִי נִכְנָס הַכֹּל בי"א שֶׁתּוּתִים וּרְבִיעַ שְׁתוּת שֶׁהֵם אַצְּבָעִים חָסֵר שְׁתוּת וְנִשְׁאַר רְבִיעַ שְׁתוּת בַּתַּלְמוּד שֶׁלָּנוּ יָתֵר וּכְמוֹ כֵּן צָרִיךְ לְמַעֵט מֵרֹוחַב כִּי בַּתַּלְמוּד שֶׁלָּנוּ מַיְירֵי בִּמְרֻובָּעוֹת וַיְּרֻושַּׁל' בַּעֲגֻולּוֹת כְּמוֹ שֶׁיָּסַד הַפַּייָּט הַכּוֹס סוֹבֵב אֶצְבָּעַיִם עַל אֶצְבָּעַיִם סוֹבֵב מַשְׁמַע עָגֹול וְאַצְּבָעִים עַל אֶצְבָּעַיִם עֲגֻולּוֹת עוֹלֶה לְאֶצְבָּעִים עַל [אֶצְבַּע] וַחֲצִי דִּמְרֻובָּע יָתֵר עַל הָעִיגּוּל רְבִיעַ וְאַצְּבָעִים עַל אֶצְבָּעַיִם מְרֻובָּעוֹת מִדְבָּרִיּוֹת נִכְנָסוֹת בְּאֶצְבָּעִים עַל אֶצְבָּעַיִם עֲגֻולּוֹת צִפּוֹרִיּוֹת וְיֵשׁ בַּעֲגֻולּוֹת יוֹתֵר ד' שֶׁתּוּתֵי שְׁתוּת שֶׁהוּא אֶחָד מִתִּשְׁעָה הָסֵר מִמֶּנּוּ רְבִיעַ שְׁתוּת הַנִּשְׁאָר בְּגֹובַהּ שֶׁהוּא אֶחָד מִכ"ד יִשָּׁאֵר שִׁיעוּר הַיְּרוּשַׁלְמִי יָתֵר בְּדָבָר מוּעָט וּלְחוּמְרָא לָא דַּק וְעוֹד מְפָרֵשׁ דְּבַיְּרוּשַׁלְמִי אַיְירֵי בַּעֲגֻולּוֹת שֶׁיּוּכַל לְרַבֵּעַ אֶצְבָּעַיִם עַל אֶצְבָּעַיִם מִתּוֹכָם דְּהָוֵי תִּילְתָּא טְפֵי כִּדְאָמַר רִיבּוּעָא מִגּוֹ עִיגּוּלָא פַּלְגָא פֵּירוּשׁ פַּלְגָא שֶׁל רִיבּוּעַ הַפְּנִימִי וּכְשֶׁתָּסִיר שְׁלִישׁ מִגֹּובַהּ שֶׁהֵם י"ג חֻומְשִׁין וָחֵצִי יִשָּׁאֲרוּ ט' חֻומְשִׁין שֶׁהֵם אַצְּבָעִים חָסֵר חֹומֶשׁ וְהָתָם נְקַט חָסֵר שְׁתוּת נְקַט כְּפִי הַיְּרוּשַׁלְמִי וְהַיְּרוּשַׁלְמִי לָא דַּק לְחוּמְרָא וְהָא דְּיָסַד הַפַּיָּיט (שָׁם) לְרִיבּוּעַ כּוֹס יְשׁוּעוֹת לֹא שֶׁהוּא מְרֻובָּע אֶלָּא קָאָמַר שֶׁאוֹתוֹ רְבִיעִית מוּכָן לד' כּוֹסוֹת שֶׁל פֶּסַח שֶׁנִּיתְקְנוּ כְּנֶגֶד גְּאֻולָּה וִישׁוּעָה:
Le reviit de la Torah, deux doigts. De là une difficulté sur l'explication des maîtres de Rabbeinou Chelomo, qui ont expliqué que le reviit, en tout lieu, est le quart du kav. Car selon ce calcul, c'est le quart du log. Rabbeinou Tam : la hauteur du mikve est de soixante-douze doigts. Jette le quart, il reste cinquante-quatre. Prends un sur chaque vingtaine : on obtient deux doigts, un demi-doigt et un cinquième. De même, prends dans la largeur un sur douze, et de même dans la longueur. Voilà deux doigts sur deux doigts, sur une hauteur de deux doigts, un demi-doigt et un cinquième de doigt. Fais de même avec l'eau, et il en sort un reviit. Le quart qui se trouve, jette-le dehors. Des restants, prends un sur vingt. Et deux fois on retire une part de douze. Ou bien prends un sur vingt-quatre : ce sont trois doigts. Partage en cinquièmes, et jette le dixième : il reste treize cinquièmes et demi, qui sont deux doigts et demi et un cinquième de doigt. Ou bien prends un quart : ce sont dix-huit doigts. Jette le quart : il reste treize doigts et demi. Prends le cinquième. En bref : prends un quart, jette ainsi, prends la cinquième part, et va. Ou bien jette le dixième de l'eau : il reste trente-six. Il en vient deux sea par tefah, et pour trois doigts un sea et demi. Jette des trois doigts le dixième, comme nous l'avons jeté de l'eau. Selon notre Talmud, le compte est juste. Mais sur la version du Yerouchalmi, qui dit : deux doigts sur deux doigts, sur une hauteur d'un doigt et demi et un tiers de doigt, et le paytan (poète liturgique) a fait de même, et sur une hauteur moindre d'un sixième que deux doigts, et le tout revient au même, il y a une difficulté : selon la mesure du mikve, cela ne tombe pas juste. On peut dire : le Yerouchalmi parle des doigts de Tsippori, et ici des doigts du désert. Deux doigts et demi et un cinquième, ce sont seize sixièmes et un cinquième de sixième. Arrivés à Jérusalem, le tout entre dans treize sixièmes et demi. Arrivés à Tsippori, le tout entre dans onze sixièmes et un quart de sixième, qui sont deux doigts moins un sixième. Et il reste un quart de sixième en plus dans notre Talmud. De même il faut diminuer sur la largeur, car dans notre Talmud il s'agit de carrés, et dans le Yerouchalmi de cercles, comme l'a fondé le paytan : la coupe fait le tour, deux doigts sur deux doigts. " Fait le tour " signifie un cercle. Et deux doigts sur deux doigts en cercle équivalent à deux doigts sur un doigt et demi, car le carré dépasse le cercle d'un quart. Et deux doigts sur deux doigts carrés, du désert, entrent dans deux doigts sur deux doigts ronds, de Tsippori. Dans les ronds il y a en plus quatre sixièmes de sixième, ce qui fait un neuvième. Retranche-en le quart de sixième qui reste dans la hauteur, qui est un sur vingt-quatre. Il restera la mesure du Yerouchalmi, en plus d'une quantité minime, et l'imprécision va dans le sens de la houmera (sévérité). Autre explication : le Yerouchalmi parle de cercles à l'intérieur desquels on peut tracer un carré de deux doigts sur deux doigts, ce qui fait un tiers de plus, comme on dit : le carré tire du cercle est une moitié. Explication : la moitié du carré intérieur. Et quand tu retires un tiers de la hauteur, qui sont treize cinquièmes et demi, il reste neuf cinquièmes, qui sont deux doigts moins un cinquième. Et là, il a pris " moins un sixième " : il a pris selon le Yerouchalmi, et le Yerouchalmi n'a pas été précis, dans le sens de la houmera. Et ce que le paytan a fondé, pour le carré de la coupe des délivrances : ce reviit est préparé pour les quatre coupes de Pessa'h, instituées en regard de la délivrance et du salut. Le mot vise ces quatre coupes. La forme de la coupe, elle, est ronde, comme le dit " fait le tour ".
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב חִסְדָּא רְבִיעִית שֶׁל תּוֹרָה אֶצְבָּעַיִם עַל אֶצְבָּעַיִם בְּרוּם אֶצְבָּעַיִם וַחֲצִי אֶצְבַּע וְחֹומֶשׁ אֶצְבַּע בְּגֹודֶל דְּתַנְיָא וְרָחַץ בְּמַיִם בְּמֵי מִקְוֶה אֶת בְּשָׂרוֹ בְּמַיִם שֶׁכָּל גּוּפוֹ עוֹלֶה בָּהֶן וְכַמָּה הֵן אַמָּה עַל אַמָּה בְּרוּם שָׁלֹשׁ אַמּוֹת וְשִׁיעֲרוּ חֲכָמִים מֵי מִקְוֶה אַרְבָּעִים סְאָה.
Rav Hisda a dit : le reviit de la Torah est de deux doigts sur deux doigts, sur une hauteur de deux doigts, un demi-doigt et un cinquième de doigt, au pouce. Comme on a enseigné : il lavera dans l'eau, dans l'eau du mikve, sa chair, dans une eau où tout son corps entre. Et combien est-ce ? Une coudée sur une coudée, sur une hauteur de trois coudées. Et les sages ont estimé l'eau du mikve à quarante sea.
💡 Explication

Reviit chel Torah, le quart de log de la Torah, selon Rav Hisda : une base de deux etzbaot sur deux, une hauteur de deux etzbaot, une demi et un cinquième. Rachi : la hauteur additionne ces trois parts. Les doigts sont les gros doigts, le pouce : quatre pouces dans un tefah. La page s'arrête sur la question : cette eau où tout le corps entre, combien est-ce ?

Le Roch donne la réponse, qui est sur la page suivante : une ama sur une ama, hauteur trois amot, et les sages ont fixé le mikve à quarante sea. Une ama vaut six tefahim, vingt-quatre doigts. Le mikve fait donc 24 sur 24, sur 72 doigts. Quarante sea font 3840 reviit. Un reviit est le volume 2 x 2 x 2,7 doigts.

Tossefot : les maîtres de Rachi prenaient le reviit pour un quart de kav, donc un log entier. Le compte de Rabbeinou Tam donne le quart du log. Hauteur 72, on jette le quart, reste 54 ; un sur vingt fait 2,7. Largeur et longueur : un sur douze de 24, soit 2. Le Yerouchalmi a une hauteur plus basse, un doigt et demi et un tiers. Tossefot accorde les deux par des doigts plus grands à Tsippori, et par un cercle plutôt qu'un carré. Le " carré " du paytan désigne les quatre coupes, en regard de la délivrance.

🖼️ Schéma
Le bloc du reviit, en doigts du pouceBase2 doigtssur 2 doigtsHauteur2 doigts+ demi-doigt+ cinquième de doigtMême volume qu'un quart de log, tire des 40 sea du mikve.
Reviit de Rav Hisda : base de 2 sur 2 doigts, hauteur de 2 doigts, un demi et un cinquième.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).