Pesachim 109b - Quarante sea, la table du Temple, et les quatre coupes face aux paires

Pesachim 109b

Sougya : L'amud achève le volume du mikve : une coudée sur une coudée, haute de trois coudées, contient quarante sea, et Rachi en tire la mesure du reviit. Rav Ashi en déduit que la table du Temple était démontable, sinon une largeur d'une coudée n'entre pas dans un mikve d'une coudée sur une coudée.

La Guemara répond qu'on pouvait l'immerger dans la mer de Salomon, qui contient cent cinquante mikvaot. Elle revient ensuite à la michna : comment les sages imposent-ils quatre coupes, nombre pair, alors qu'une baraïta interdit les paires ?

Rav Nahman s'appuie sur "une nuit de gardes". Rava et Ravina donnent deux autres réponses, que le Roch prolonge jusqu'aux bénédictions des coupes.

De 40 sea à la mesure du reviitRachi : 1 ama sur 1 ama, hauteur 3 amot. Le humash est un cinquième de doigt.1Le mikve1 ama sur 1 ama, haut de 3 amot (18 tefahim), contient 40 sea.2Seize parts de la hauteurChaque part : 1 tefah et un demi-doigt, soit 2 sea et demi.3Cette hauteur vaut 22,5 humashimOn la coupe en cinq : 4,5 humashim tiennent un demi-sea.4Trois fois 4,5 humashim13,5 humashim de haut : 1 sea et demi, soit 9 kav, soit 36 log.5Du log au reviit36 carrés d'1 tefah : 1 tefah sur 1 tefah = 1 log. Le quart, 2 doigts sur 2, = 1 reviit.Hauteur du reviit : 2 doigts, plus un demi-doigt, plus un cinquième de doigt.
Rachi ramène les 40 sea du mikve au reviit : 2 doigts sur 2, hauts de 2 doigts, un demi-doigt et un cinquième.
Immerger la table du TempleLargeur 1 ama dans un mikve de 1 ama sur 1 ama.TableLongueur : 2 amotLargeur : 1 amaHauteur : 1 ama et demieavec les piedsTossefotLes pieds ne sont pasfixés à la table.Si elle est fixehadouk : on ne peutpas défaire la largeur.1 ama dans 1 ama :pas de place pourque l'eau entoure.Rav AshiElle est chel perakim.RéponseQuelle difficulté ?Mer de Salomon150 mikvaotde purification.La table entièrey entre.Yerouchalmi, rapporté par Tossefot : l'eau d'un récipient est sheouvin.Les pieds des bœufs sont percés et rejoignent la source qui est dessous.Trou ke-motsi rimon : les bœufs cessent d'être un keli. Shfoferet ha-nod suffit pour l'eau.
Table fixe ou chel perakim. La Guemara propose la mer de Salomon, 150 mikvaot, reliée à la source.
Quatre coupes, nombre pairBaraïta : ni manger, ni boire, ni s'essuyer, ni les rapports, par deux.Rav NahmanLeil chimourimNuit gardéedes mazikin.Cette nuit-là,les pairesne font pas danger.RavaCoupe de bénédictionElle se jointpour la mitsva.Elle ne se joint paspour le mal.Pour le danger,on compte trois.RavinaQuatre coupesvoie de liberté.Chaque coupeest à part.La phrase s'arrêteici. Suite : 110a.Roch : pas de boreperi hagefen sansRoch, en pratique : bore peri hagefen sur la 1re coupe et sur la 3e.Al ha-gafen : seulement après la 4e. Le Rif récite aussi après les deux d'avant le repas.Le Roch écarta cette bénédiction finale sur la 2e coupe.
Quatre coupes et zougot : Rav Nahman, Rava, Ravina. Le Rosh ne bénit que la première et la troisième.
1
אַמָּה עַל אַמָּה בְּרוּם שָׁלֹשׁ אַמּוֹת, וְשִׁיעֲרוּ חֲכָמִים שִׁיעוּר מֵי מִקְוֶה אַרְבָּעִים סְאָה.

Une coudée sur une coudée, sur une hauteur de trois coudées. Et les sages ont estimé la mesure des eaux d'un mikve à quarante sea.

📜 Rachi (1)
אַמָּה עַל אַמָּה בְּרוּם שָׁלֹשׁ אַמּוֹת מַחֲזִיקִין אַרְבָּעִים סְאָה חַלְּקֵהוּ תְּחִלָּה כֻּולּוֹ בְּרוּמוֹ שָׁלֹשׁ אַמּוֹת יֵשׁ בָּהֶן שְׁמוֹנָה עָשָׂר טְפָחִים חֶלְקָם לי"ו חֲלָקִים וְתִמְצָא לְכָל חֵלֶק וְחֵלֶק טֶפַח וַחֲצִי אֶצְבַּע וּמַחֲזִיק אֶחָד מי"ו במ' סְאָה כַּמָּה הֵן ב' סְאִין וַחֲצִי סְאָה טֶפַח וַחֲצִי אֶצְבַּע כַּמָּה חֻומְשֵׁי אֶצְבָּעוֹת הֵן עֶשְׂרִים וּשְׁנַיִם וַחֲצִי חֹומֶשׁ הַטֶּפַח כ' חֻומָּשִׁים חֲצִי אֶצְבַּע ב' חֻומְשִׁין וַחֲצִי חִלּוּק כ"ב חֻומָּשִׁים וָחֵצִי לַחֲמִשָּׁה חֲלָקִים תִּמְצָא בְּכָל חֵלֶק ד' חֻומְשִׁין וַחֲצִי חִלּוּק ב' סְאִין וַחֲצִי סְאָה לַחֲמִשָּׁה חֲלָקִים תִּמְצָא בְּכָל חֵלֶק חֲצִי סְאָה נִמְצָא דְּאַרְבַּע' חֻומְשִׁין וַחֲצִי חֹומֶשׁ מַחֲזִיק חֲצִי סְאָה וְעוֹד ד' חֻומְשִׁין וַחֲצִי חֹומֶשׁ מַחֲזִיק חֲצִי סְאָה [וְעוֹד ד' חֻומְשִׁין וַחֲצִי חֹומֶשׁ מַחֲזִיק חֲצִי סְאָה] נִמְצָא כָּל אַמָּה עַל אַמָּה בְּרוּם י"ג חֻומְשִׁין וַחֲצִי חֹומֶשׁ מַחֲזִיק סְאָה וַחֲצִי סְאָה חָשׁוּב סְאָה וַחֲצִי סְאָה לְלֻוגִּין תִּמְצָא ל"ו לֻוגִּין כֵּיצַד סְאָה וַחֲצִי סְאָה תִּשְׁעָה קַבִּין שִׁשָּׁה קַבִּים לִסְאָה וְהַקַּב ד' לֻוגִּין הֲרֵי ל"ו לֻוגִּין בִּכְלִי אַמָּה עַל אַמָּה בְּרוּם י"ג חֻומָּשִׁים וַחֲצִי חֹומֶשׁ חִלּוּק הַכְּלִי בְּאֹורֶךְ וְרֹוחַב לִטְפָחִים תִּמְצָא הָאַמָּה עַל אַמָּה ל"ו טְפָחִים בְּטֶפַח עַל טֶפַח שֶׁהָאַמָּה ו' טְפָחִים וּכְשֶׁתְּחַלְּקֶנּוּ לְאָורְכוֹ בִּרְצוּעוֹת שֶׁהֵן רְחָבוֹת טֶפַח תִּמְצָא בּוֹ ו' רְצוּעוֹת כָּל אַחַת וְאַחַת רְחָבָה טֶפַח וְאָרְכָּהּ שִׁשָּׁה חָלוּק כָּל רְצוּעָה לְאָרְכָּהּ לְשֵׁשׁ תִּמְצָא בְּשֵׁשׁ רְצוּעוֹת ל"ו טְפָחִים בְּטֶפַח עַל טֶפַח וּמַחֲזִיק ל"ו לֻוגִּין נִמְצָא כְּלִי שֶׁהוּא טֶפַח עַל טֶפַח בְּרוּם י"ג חֻומָּשִׁים וַחֲצִי חֹומֶשׁ מַחֲזִיק לֹוג וְטֶפַח אַרְבַּע אֶצְבָּעוֹת חָלוּק אַרְבַּע אֶצְבָּעוֹת עַל ד' אֶצְבָּעוֹת שְׁתִי וָעֵרֶב לד' נִמְצָא כָּל רְבִיעִית אֶצְבָּעַיִם עַל אֶצְבָּעַיִם נִמְצָא כָּל אֶצְבָּעַיִם עַל אֶצְבָּעַיִם בְּרוּם י"ג חֻומָּשִׁים וַחֲצִי חֹומֶשׁ מַחֲזִיק רְבִיעִית הַלּוֹג חָשׁוּב י"ג חֻומָּשִׁים וַחֲצִי וְתִמְצָא בָּהֶן אֶצְבָּעַיִם וַחֲצִי אֶצְבַּע וְחֹומֶשׁ אֶצְבַּע:
Elles contiennent quarante sea. Divise d'abord le tout selon sa hauteur : trois coudées, il y a en elles dix-huit tefahim. Divise-les en seize parts : tu trouves pour chaque part un tefah et un demi-doigt. Et une part sur seize dans quarante sea, combien font-elles ? Deux sea et un demi-sea. Un tefah et un demi-doigt : combien de cinquièmes de doigt cela fait-il ? Vingt-deux cinquièmes et demi. Le tefah : vingt cinquièmes. Le demi-doigt : deux cinquièmes et demi. Divise vingt-deux cinquièmes et demi en cinq parts : tu trouves dans chaque part quatre cinquièmes et demi. Divise deux sea et un demi-sea en cinq parts : tu trouves dans chaque part un demi-sea. Il se trouve que quatre cinquièmes et un demi-cinquième contiennent un demi-sea. Et encore quatre cinquièmes et un demi-cinquième contiennent un demi-sea [et encore quatre cinquièmes et un demi-cinquième contiennent un demi-sea]. Il se trouve que toute coudée sur coudée, sur une hauteur de treize cinquièmes et un demi-cinquième, contient un sea et un demi-sea. Compte un sea et un demi-sea en log : tu trouves trente-six log. Comment ? Un sea et un demi-sea font neuf kav. Six kav pour un sea, et le kav quatre log : voilà trente-six log dans un récipient d'une coudée sur une coudée, sur une hauteur de treize cinquièmes et un demi-cinquième. Divise le récipient en longueur et en largeur en tefahim : tu trouves que la coudée sur coudée fait trente-six tefahim d'un tefah sur un tefah, car la coudée est de six tefahim. Quand tu le divises sur sa longueur en bandes larges d'un tefah, tu y trouves six bandes, chacune large d'un tefah et longue de six. Divise chaque bande sur sa longueur en six : tu trouves dans les six bandes trente-six tefahim d'un tefah sur un tefah. Et ils contiennent trente-six log. Il se trouve qu'un récipient d'un tefah sur un tefah, sur une hauteur de treize cinquièmes et un demi-cinquième, contient un log. Et le tefah est de quatre doigts. Divise quatre doigts sur quatre doigts, en chaîne et en trame, en quatre : il se trouve que chaque quart fait deux doigts sur deux doigts. Il se trouve que chaque deux doigts sur deux doigts, sur une hauteur de treize cinquièmes et un demi-cinquième, contient un quart du log. Compte treize cinquièmes et demi : tu y trouves deux doigts, un demi-doigt, et un cinquième de doigt.
🗂️ Tossefot (2)
אַמָּה עַל אַמָּה אָדָם מַחֲזִיק עִם בְּגָדָיו אַמָּה בְּאַמָּה כִּדְאָמְרִי' בְּעֵירוּבִין מְקוֹמוֹ שֶׁל אָדָם אַמָּה וּבִשְׁמַעְתָּא דְּכוּכִין (ב"ב דַּף קא.) מַשְׁמַע דְּכוּךְ מַחֲזִיק אַמָּה עִם דֻּופְנֵי הָאָרוֹן אַלְמָא גּוּף הָאָדָם אֵין מַחֲזִיק אַמָּה וּבְמִקְוֶה דְּבָעֵינַן אַמָּה כְּדֵי שֶׁיִּכָּנֵס בְּרִיוַּח עִם זְרוֹעוֹתָיו דְּאֵין נִדְבָּקִין לְגוּפוֹ:
Un homme occupe, avec ses vêtements, une coudée sur une coudée, comme on le dit en Erouvin : la place d'un homme est d'une coudée. Et dans la discussion des niches (Bava Batra folio 101), il ressort qu'une niche occupe une coudée avec les parois du cercueil. Donc le corps de l'homme n'occupe pas une coudée. Et pour le mikve, nous exigeons une coudée afin qu'il y entre à l'aise avec ses bras, car ils ne sont pas collés à son corps.
בְּרוּם שָׁלֹשׁ אַמּוֹת ואע"ג דְּקוֹמַת אָדָם שָׁלֹשׁ אַמּוֹת בְּלֹא הָרֹאשׁ וּלְכָךְ מַצְרִיךְ בַּכּוּכִין אַרְבַּע אַמּוֹת בִּשְׁבִיל הָרֹאשׁ וְעֹובִי הַדַּפִּין בַּמִּקְוֶה סַגִּי בְּשָׁלֹשׁ אַמּוֹת דִּכְשֶׁטּוֹבֵל עוֹלִין הַמַּיִם לְמַעְלָה וּמַייְרֵי כְּשֶׁהַכְּלִי גָּבוֹהַּ מִשָּׁלֹשׁ אַמּוֹת דְּאִם לֹא כֵן כְּשֶׁיִּכָּנֵס יִפְּלוּ הַמַּיִם לְמַטָּה וְיֶחְסַר הַשִּׁיעוּר וּבַתַּרְגּוּם (שֵׁנִי פ"ט) דִּמְגִילָּה דְּחָשֵׁיב שָׁלֹשׁ אַמּוֹת לְכָל א' קְטוּעֵי רֹאשׁ הָיוּ:
Et bien que la taille d'un homme soit de trois coudées sans la tête, et que pour cela on exige dans les niches quatre coudées, pour la tête et l'épaisseur des planches, pour le mikve trois coudées suffisent : quand on s'immerge, les eaux montent au-dessus. Et il s'agit du cas où le récipient est plus haut que trois coudées. Sinon, quand il entre, les eaux tombent en bas et la mesure manque. Et dans le Targoum Sheni, chapitre 9, de la Meguila, qui compte trois coudées pour chacun, ils étaient tronqués de la tête.
💡 Explication

Suite du calcul commence au daf précédent. Les sages fixent l'eau d'un mikve à quarante sea, tenus dans une coudée sur une coudée, hautes de trois coudées.

Rachi décompose cette hauteur. Trois coudées font dix-huit tefahim. Seize parts : chaque part vaut un tefah et un demi-doigt, et deux sea et demi. En humashim (cinquièmes de doigt), cette hauteur fait 22,5. Le cinquième, 4,5 humashim, tient un demi-sea. Trois fois : 13,5 humashim tiennent un sea et demi, soit 36 log. La base d'une coudée sur une coudée fait 36 carrés d'un tefah : un tefah sur un tefah tient un log. Le quart de cette surface, deux doigts sur deux doigts, tient un reviit. La hauteur de ce reviit est deux doigts, un demi-doigt, et un cinquième de doigt.

Tossefot règlent la place du corps. L'ama d'Erouvin comprend les vêtements. Le corps seul tient moins : la niche de Bava Batra compte l'ama avec les parois du cercueil. Au mikve, l'ama laisse les bras libres. Trois coudées de haut suffisent, sans la tête : l'eau monte. Le récipient doit dépasser cette hauteur, sinon le volume se vide à l'entrée.

🖼️ Schéma
L'ama du mikve et la taille de l'hommePlace de l'hommeErouvin : 1 ama,avec les vêtements.Bava Batra 101a :le corps seul tientmoins d'une ama.Largeur du mikve1 ama, pour entrera l'aise.Les bras ne sont pascollés au corps.Hauteur : 3 amotSans la tête.Les niches : 4 amot.L'eau monte.Le récipient dépasse3 amot.Sinon l'eau déborde à l'entrée, et les 40 sea manquent.
Une ama pour le corps habillé et les bras. Trois amot de haut, sans la tête, si le récipient dépasse.
2
אָמַר רַב אַשִּׁי: אָמַר לִי רָבִין בַּר חִינָּנָא, שֻׁולְחָן שֶׁל מִקְדָּשׁ — שֶׁל פְּרָקִים הֲוָה, דְּאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ הַדּוֹקֵי הֲוָה מִיהַדַּק, אַמְּתָא בְּאַמְּתָא הֵיכִי מַטְבְּלֵיהּ?!

Rav Ashi a dit : Ravin bar Hinena m'a dit : la table du Temple était faite de pièces. Car si tu en venais à penser qu'elle était fixée à demeure, une coudée dans une coudée, comment l'immergerait-on ?

📜 Rachi (3)
שֶׁל פְּרָקִים הֲוָה שֶׁיְּכוֹלִין לִפְרֹוק רָחְבּוֹ לִשְׁנַיִם:
On peut démonter sa largeur en deux.
דְּאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ הַדּוֹקֵי מִיהַדַּק שֶׁאֵין יְכוֹלִין לִפְרֹוק רָחְבּוֹ:
On ne peut pas démonter sa largeur.
הֵיכִי מָצֵי מַטְבְּלִי לֵיהּ הוֹאִיל וְרָחְבּוֹ אַמָּה בִּכְלִי שֶׁהוּא אַמָּה עַל אַמָּה:
Puisque sa largeur est d'une coudée, dans un récipient qui est d'une coudée sur une coudée.
🗂️ Tossefot (1)
אַמְּתָא בְּאַמְּתָא הֵיכִי יָתֵיב וא"ת אֲפִילּוּ אִי אַמְּתָא בְּאַמְּתָא יָתֵיב תִּיקְשֵׁי לֵיהּ הֵיאַךְ יָכוֹל לְהַטְבִּיל הַשֻּׁלְחָן אַמָּתַיִם אָרְכּוֹ וְאַמָּה וַחֲצִי קוֹמָתוֹ בַּמִּקְוֶה דְּהָוֵי אַמָּה עַל אַמָּה וי"ל שֶׁעִם הָרַגְלַיִם הָיְתָה קוֹמָתוֹ אַמָּה וָחֵצִי וְהָרַגְלַיִם לֹא הָיוּ מְחֻובָּרִין עִם הַשֻּׁלְחָן וְכֵן פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י בְּפָרָשַׁת תְּרוּמָה:
Et si tu dis : même si une coudée tient dans une coudée, on peut lui objecter : comment peut-on immerger la table, dont la longueur est de deux coudées et la hauteur d'une coudée et demie, dans un mikve qui est d'une coudée sur une coudée ? On peut répondre : avec les pieds, sa hauteur était d'une coudée et demie, et les pieds n'étaient pas attachés à la table. Et c'est ainsi que Rachi l'explique dans la section Terouma.
💡 Explication

Rav Ashi rapporté Ravin bar Hinena : la table du Temple était chel perakim, en pièces démontables. Si elle était hadouk, fixée, sa largeur d'une coudée remplirait exactement un mikve d'une coudée sur une coudée : l'eau ne pourrait pas l'entourer.

Rachi : on défait la largeur en deux. Tossefot ajoutent la longueur, deux coudées, et la hauteur, une coudée et demie. La hauteur d'une coudée et demie comprend les pieds, et les pieds ne sont pas fixés au plateau. Rachi le dit déjà sur la section Terouma.

3
מַאי קוּשְׁיָא? דִּילְמָא בְּיָם שֶׁעָשָׂה שְׁלֹמֹה הֲוָה מַטְבֵּיל לֵיהּ. דְּתָנֵי רַבִּי חַייָּא: יָם שֶׁעָשָׂה שְׁלֹמֹה מַחֲזִיק מֵאָה וַחֲמִשִּׁים מִקְוֵה טָהֳרָה.

Quelle difficulté ? Peut-être l'immergeait-on dans la mer que Salomon a faite.

Car Rabbi Hiya a enseigné : la mer que Salomon a faite contient cent cinquante mikvaot de purification.

🗂️ Tossefot (1)
בַּיָּם שֶׁעָשָׂה שְׁלֹמֹה וּבַיְּרוּשַׁלְמִי פָּרֵיךְ וַהֲלֹא שְׁאוּבִין הֵן ואע"ג דִּכְלִי שֶׁמַּחֲזִיק מ' סְאָה בְּלַח שֶׁהֵן כּוֹרִים בְּיָבֵשׁ אֵינוֹ מְקַבֵּל טֻומְאָה דְּאֵין מִיטַּלְטֵל מָלֵא וְרֵיקָן לְעִנְיַן שְׁאִיבָה כְּלִי הוּא כִּדְאָמַר בי"ח דָּבָר (שַׁבָּת דַּף טז:) גַּבֵּי הַמַּנִּיחַ כֵּלִים תַּחַת הַצִּינּוֹר כו' וְעוֹד יָם שֶׁעָשָׂה שְׁלֹמֹה הָיָה שֶׁל נְחֹושֶׁת וּמְקַבֵּל טֻומְאָה אע"ג דְּאֵין מִיטַּלְטֵל מָלֵא וְרֵיקָן דְּדַוְקָא כְּלִי עֵץ אִיתַּקַּשׁ לְשַׂק וּמְשַׁנֵּי תִּיפָּתֵר בְּשֶׁהָיוּ רַגְלֵי הַשְּׁווָרִים שֶׁהָיָה עוֹמֵד עָלָיו נְקוּבִים כְּמוֹצִיא רִמּוֹן וְהָיוּ מְחֻובָּרִין לַמְּעַייֵּן שֶׁתַּחְתֵּיהֶן וְהָא דִּנְקַט כְּמוֹצִיא רִמּוֹן הַיְינוּ לְבַטֵּל הַשְּׁווָרִים מִתּוֹרַת כְּלִי שֶׁלֹּא יְקַבֵּל טֻומְאָה אֲבָל לְהַכְשִׁיר הַמַּיִם שֶׁבַּיָּם סַגִּי כִּשְׁפוֹפֶרֶת הַנּוֹד כְּדִתְנַן בפ"ו דְּמִקְוָאוֹת (מִשְׁנָה ה) וּמַטְבִּילִין בְּשִׁידָּה תֵּיבָה וּמִגְדָּל שֶׁהֵן נְקוּבִין כִּשְׁפוֹפֶרֶת הַנּוֹד וּמוֹרִי הר"ר יְחִיאֵל פִּי' דְּצָרִיךְ כָּאן כְּמוֹצִיא רִמּוֹן לְפִי שֶׁהַשְּׁוָורִים מַפְסִיקִין בֵּין הַיָּם לַמְּעַייֵּן וַהֲוָה לֵיהּ כְּהוּרַק מִכְּלִי אֶל כְּלִי כֵּיוָן דִּמְרַחֲקִי טוּבָא וְצָרִיךְ שֶׁיָּבוֹאוּ שָׁם מַיִם בְּשֶׁפַע וְהֵבִיא רְאָיָה מִתּוֹסֶפְתָּא:
Et dans le Talmud de Jérusalem on objecté : ne sont-elles pas des eaux puisées ? Et bien qu'un récipient qui contient quarante sea en liquide, qui sont des kor en sec, ne reçoive pas la tuma, car on ne le déplace pas plein et vide, pour la question de l'eau puisée c'est un récipient, comme on le dit dans les dix-huit décrets (Chabbat folio 16) au sujet de celui qui place des récipients sous le tuyau. Et de plus, la mer que Salomon a faite était de cuivre et reçoit la tuma, bien qu'on ne la déplace pas pleine et vide, car seul un récipient de bois est rapproché du sac. Et l'on répond : explique-le ainsi : les pieds des bœufs sur lesquels elle se tenait étaient percés à la mesure de ce qui laisse sortir une grenade, et ils étaient reliés à la source qui est sous eux. Et s'il prend "comme ce qui laisse sortir une grenade", c'est pour retirer les bœufs du statut de récipient, afin qu'ils ne reçoivent pas la tuma. Mais pour rendre valides les eaux qui sont dans la mer, l'ouverture d'une outre suffit, comme l'enseigne la michna au chapitre 6 des Mikvaot (michna 5) : on immerge dans un coffre, une caisse et une armoire qui sont percés à l'ouverture d'une outre. Et mon maître Rabbeinou Yehiel explique qu'il faut ici "comme ce qui laisse sortir une grenade", parce que les bœufs font séparation entre la mer et la source, et cela revient à verser d'un récipient dans un récipient, puisqu'ils sont très éloignés, et il faut que les eaux y arrivent en abondance. Et il en a apporté une preuve depuis la Tossefta.
💡 Explication

La Guemara refuse la preuve de Rav Ashi. On pouvait immerger la table dans la mer de Salomon. Rabbi Hiya : elle contient cent cinquante mikvaot.

Tossefot citent le Yerouchalmi. L'eau posée dans un récipient est sheouvin (eau puisée), impropre au mikve. Un grand récipient de quarante sea ne reçoit pas la tuma, parce qu'on ne le porte pas plein et vide. Pour l'eau puisée, il reste un keli. La mer, en cuivre, reçoit la tuma : seul le bois est rapproché du sac.

Réponse : les pieds des bœufs sont percés et rejoignent la source. Le trou ke-motsi rimon (grenade) retiré aux bœufs le statut de keli. Pour valider l'eau, ke-shfoferet ha-nod (ouverture d'une outre) suffit, Michna Mikvaot 6, 5. Rabbeinou Yehiel exige ici le trou de la grenade : les bœufs séparent la mer de la source, et l'eau doit arriver en abondance.

🖼️ Schéma
La mer de Salomon et la sourceSans trou vers la source, l'eau du récipient est sheouvin, passée.Ke-motsi rimonTrou de la tailled'une grenade.Les bœufs perdentle statut de keliet ne reçoivent pas la tuma.Shfoferet ha-nodOuverture d'une outre.Mikvaot 6, 5.Suffit pour validerl'eau de la mer.Coffre, caisse, armoire.Rabbi Yehiel : ici le trou de la grenade est exigé, les bœufs séparent la mer de la source.
Grenade : annuler le keli. Outre : valider l'eau. Rabbi Yehiel exige la grenade, à cause de l'écart.
4
וְלֹא יִפְחֲתוּ לוֹ מֵאַרְבָּעָה. הֵיכִי מְתַקְּנִי רַבָּנַן מִידֵּי דְּאָתֵי בֵּהּ לִידֵי סַכָּנָה, וְהָתַנְיָא: לֹא יֹאכַל אָדָם תְּרֵי, וְלֹא יִשְׁתֶּה תְּרֵי, וְלֹא יְקַנֵּחַ תְּרֵי, וְלֹא יַעֲשֶׂה צְרָכָיו תְּרֵי?

Et l'on ne lui donnera pas moins de quatre. Comment les sages instituent-ils une chose par laquelle on en vient à un danger ?

Or l'on a enseigné : qu'un homme ne mange pas deux, qu'il ne boive pas deux, qu'il ne s'essuie pas deux, et qu'il ne fasse pas ses besoins deux.

📜 Rachi (2)
תְּרֵי זוּגוֹת:
Des paires.
וְלֹא יַעֲשֶׂה אָדָם צְרָכָיו תַּשְׁמִישׁ:
Les rapports.
🗂️ Tossefot (1)
אַרְבָּעָה כּוֹסוֹת יְרוּשַׁלְמִי תַּמָּן תָּנֵינַן אֵין מְבַשְּׁלִים יַיִן שֶׁל תְּרוּמָה מִפְּנֵי שֶׁהוּא מַמְעִיטוֹ ר' יְהוּדָה מַתִּיר מִפְּנֵי שֶׁמַּשְׁבִּיחוֹ א"ר יוֹחָנָן מִיחַלְּפָא שִׁיטְתֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה פִּי' דְּקָתָנֵי תּוֹרְמִין יַיִן שֶׁאֵינוֹ מְבֻושָּׁל עַל הַמְּבֻושָּׁל אֲבָל לֹא מִן הַמְּבֻושָּׁל עַל שֶׁאֵינוֹ מְבֻושָּׁל וּלְכָךְ מַחְלִיף וְתָנֵי אֵין מְבַשְּׁלִין יַיִן שֶׁל תְּרוּמָה מִפְּנֵי שֶׁמַּמְעִיטוֹ דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה וַחֲכָמִים מַתִּירִין מִפְּנֵי שֶׁמַּשְׁבִּיחוֹ וְרַבִּי אֶלְעָזָר פְּלִיג עֲלֵיהּ הָתָם וְלֹא מַחְלִיף וַהֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹחָנָן וּכְרַבָּנָן וְאִם כֵּן יוֹצְאִין אַרְבַּע כּוֹסוֹת בִּמְבֻושָּׁל וּמְקַדְּשִׁין עָלָיו וּמְבָרְכִין עָלָיו בפה"ג:
Talmud de Jérusalem. Là-bas nous avons enseigné : on ne cuit pas le vin de terouma, parce qu'on le diminue. Rabbi Yehouda le permet, parce qu'on l'améliore. Rabbi Yo'hanan a dit : la méthode de Rabbi Yehouda est inversée. Explication : car on enseigne qu'on prélève la terouma d'un vin qui n'est pas cuit sur le vin cuit, mais non du vin cuit sur celui qui n'est pas cuit. C'est pourquoi il inverse et enseigne : on ne cuit pas le vin de terouma parce qu'on le diminue, paroles de Rabbi Yehouda, et les sages le permettent parce qu'on l'améliore. Et Rabbi Elazar est en désaccord avec lui là-bas, et il n'inverse pas. Et la halakha est comme Rabbi Yo'hanan et comme les sages. Dès lors, on s'acquitte des quatre coupes avec du vin cuit, on fait le kiddouch sur lui, et l'on récite sur lui bore peri hagefen.
🪔 Ben Yehoyada (1)
לֹא יֹאכַל אָדָם 'תְּרֵי', וְלֹא יִשְׁתֶּה 'תְּרֵי'. הִנֵּה עִנְיָן זֶה שֶׁל הַזּוּגוֹת יִפָּלֵא לָמָּה הַשֵּׁדִים הָיוּ מִתְקַנְּאִין וְשׁוֹלְטִין בְּזוּגוֹת? וְאֵין לְךָ דָּבָר בָּעוֹלָם שֶׁאֵין לוֹ טַעַם נִסְתָּר! וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּיָדוּעַ דְּסִטְרָא דִּקְדֻושָּׁה שָׁרִי בְּחִיבּוּרָא וְסִיֵּים בְּחִיבּוּרָא אַךְ הַסִּיטְרָא אַחֲרָא שָׁרִי בְּחִיבּוּרָא וְסִיֵּים בְּפֵירוּדָא וְכַנִּזְכָּר בַּזֹּוהַר מִשְׁפָּטִים דַּף צ"ה וְהַדָּבָר מְפֹורָשׁ הֵיטֵב בְּשַׁעַר מַאַמְרֵי רַשְׁבִּ"י לְרַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל כִּי הַקְּלִיפּוֹת בַּתְּחִילָּה הָיוּ הַזָּכָר וְהַנְּקֵבָה דְּבוּקִים אָחוֹר בְּאָחוֹר וְאַחַר כָּךְ נְנַסְּרוּ וְנַעֲשׂוּ בְּפִירוּדָא וְנִכְנַס שַׁבַּת בְּרֵאשִׁית וְלֹא הָיוּ יְכוֹלִים לַחֲזֹור לְהִדָּבֵק פָּנִים בְּפָנִים וְנִשְׁאֲרוּ בְּפִירוּדָא, וּבָזֶה פֵּירֵשׁ רַבֵּינוּ מהרש"ו [מוֹרֵנוּ הָרַב רַבִּי שְׁמוּאֵל וִיטָאל] זַ"ל (תְּהִלִּים צב, א) מִזְמוֹר שִׁיר לְיוֹם הַשַּׁבָּת וְכוּ' יִתְפָּרְדוּ כָּל פֹּעֲלֵי אָוֶן יְעַיֵּין שָׁם. וְלָכֵן יֵשׁ מַזִּיקִין דְּקָפְדִי אַזּוּגוֹת כִּי הַזּוּג הוּא נִפְרָד מִפְּנֵי כִּי זָכָר וּנְקֵבָה דִּקְלִיפָּה שֶׁהוּא שֶׁרָשַׁם לֹא הָיוּ יְכוֹלִים לְהִתְחַבֵּר יַחַד וְנִשְׁאֲרוּ בְּפֵירוּדָא וְדָבָר זֶה הוּא קָשֶׁה עֲלֵיהֶם מְאֹד שֶׁלֹּא הָיוּ יְכוֹלִים לְהִדָּמוֹת בָּזֶה אֶל הַקְּדֻושָּׁה שֶׁשָּׁם סִיֵּים בְּחִיבּוּרָא, וְעַל כֵּן כְּשֶׁיִּרְאוּ לְמַטָּה מַעֲשֵׂה זוּגוֹת שֶׁהוּא פֵּירוּדָא זוֹכְרִים צָרָתָם וּמִתְגָּרִים בְּמַה דַּעֲבִיד זוּגוֹת. וְהִנֵּה תְּהִלּוֹת לָאֵל שֶׁנִּתְבַּטֵּל נֶזֶק שֶׁל הַזּוּגוֹת מִפְּנֵי כִּי הַסִּיטְרָא אַחֲרָא נֶחֱלַשׁ כּוֹחָהּ וּתְחִלָּה נִתְבַּטֵּל בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל מִפְּנֵי קְדֻושָּׁתָהּ וְאַחַר כָּךְ נִתְבַּטֵּל גַּם מִבָּבֶל אַף עַל גַּב דִּשְׁכִיחִי שָׁם מַזִּיקִין טְפֵי. וְעַתָּה בַּזְּמַן הַזֶּה אַדְּרַבָּה הָעוֹלָם עוֹסְקִים בְּזוּגוֹת וּמִנְהַג הַנָּשִׁים פֹּה עֲיָרֵינוּ בַּגּ'דֹאד יע"א אִם שׁוֹלְחִים מִינֵי מְתִיקָה בְּתוֹךְ הַכֵּלִים בְּשִׂמְחַת נִשּׂוּאִין אוֹ מִילָה מִזֶּה לָזֶה מַקְפִּידִים שֶׁלֹּא יִשְׁלְחוּ כֵּלִים מִסֵּפֶר נִפְרָד אֶלָּא מִסְפַּר זוּג וְנָהֲגוּ כְּדֵי לְבַטֵּל חֲשַׁשׁ הַזּוּגוֹת שֶׁהָיָה בְּרֹאשָׁנָהּ וְגֶבֶר יִשְׂרָאֵל.
Qu'un homme ne mange pas "deux", et qu'il ne boive pas "deux". Voici : ce sujet des paires étonne. Pourquoi les chédim jalousaient-ils et dominaient-ils dans les paires ? Il n'y a rien au monde qui soit sans une raison cachée. Il me semble, avec l'aide du Ciel : on sait que le sitra de-kedousha (côté de la sainteté) commence par l'union et s'achève par l'union, tandis que le sitra ahara (l'autre côté) commence par l'union et s'achève par la séparation, comme il est mentionné dans le Zohar, Michpatim, folio 95. Et la chose est bien expliquée dans Chaar Maamarei Rachbi, de notre maître l'Ari zal : les kelipot, au début, le mâle et la femelle étaient collés dos à dos, puis ils furent sciés et se trouvèrent dans la séparation. Le chabbat de la création entra, et ils ne purent revenir se coller face à face, et ils restèrent dans la séparation. C'est en cela que notre maître le Maharashou [notre maître le rav, Rabbi Chemouel Vital] zal a expliqué (Tehilim 92, 1) : "Psaume, chant pour le jour du chabbat", etc., "que se séparent tous les ouvriers d'iniquité". Voir là-bas. C'est pourquoi il y a des mazikin qui sont pointilleux sur les paires, car la paire est séparée : le mâle et la femelle de la kelipa, qui sont leur racine, ne purent s'unir, et ils restèrent dans la séparation. Cette chose leur pèse beaucoup : ils ne purent, en cela, ressembler à la sainteté, où l'on s'achève par l'union. C'est pourquoi, lorsqu'ils voient en bas un acte de paires, qui est séparation, ils se souviennent de leur détresse et s'en prennent à celui qui fait des paires. Et voici des louanges à Hachem : le dommage des paires a été annulé, parce que la force du sitra ahara s'est affaiblie. D'abord il a été annulé en terre d'Israël, à cause de sa sainteté, puis il a été annulé aussi de Babylone, bien que les mazikin y soient plus fréquents. Et maintenant, en ce temps, le monde s'occupe au contraire de paires. L'usage des femmes, ici, dans notre ville de Bagdad, qu'elle soit raffermie : si l'on envoie des sortes de douceurs dans des récipients, lors d'une joie de mariage ou de circoncision, de l'un à l'autre, on tient à ne pas envoyer des récipients en nombre non apparié, mais en nombre pair. On a pris cet usage afin d'annuler la crainte des paires qui existait au début, et Israël l'a emporté.
⚖️ Rosh (1)
וְלֹא יִפְחֲתוּ לוֹ מֵאַרְבַּע כּוֹסוֹת. הֵיכִי קָיְימִי רַבָּנַן וּמְתַקְּנִי מִילְּתָא דְּאָתֵי לִידֵי סַכָּנָה וְהָתַנְיָא לֹא יֹאכַל אָדָם תְּרֵין וְלֹא יִשְׁתֶּה תְּרֵין אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר קְרָא לֵיל שִׁמּוּרִים לַיִל הַמְשֻׁומָּר וּבָא מִן הַמַּזִּיקִין רָבָא אָמַר כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה מִצְטָרֵף לְטוֹבָה וְאֵינוֹ מִצְטָרֵף לְרָעָה רָבִינָא אָמַר כָּל חַד וְחַד מִצְוָה בְּאַנְפֵּי נַפְשֵׁיהּ הוּא וְאָמְרִי רַבְּווָתָא הוֹאִיל וְכָל חַד וְחַד מִצְוָה בְּאַנְפֵּי נַפְשֵׁיהּ הוּא צְרִיכִים לְבָרֵךְ בפה"ג לְכָל כָּסָא וְכִסֵּא וּמְסַיְּיעִי לֵיהּ לְהַאי סְבָרָא מֵהָא דִּתְנַן חֻולִּין דַּף פּוֹ: שָׁחַט מֵאָה חַיָּה וָעוֹף בְּמָקוֹם אֶחָד כִּיסּוּי אֶחָד לְכֻולָּם רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר שָׁחַט חַיָּה יְכַסֶּנָּה וְאַחַ"כּ יִשְׁחֹוט הָעוֹף וְאָמְרִי' עֲלָהּ מוֹדֶה ר' יְהוּדָה לְעִנְיַן בְּרָכָה שֶׁאֵינוֹ מְבָרֵךְ אֶלָּא אַחַת א"ל רָבִינָא לְרַב אַדָּא בְּרֵיהּ דְּרָבָא וְאָמְרִי לַהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי מַאי שְׁנָא מֵרַב בְּרוּנָא וְרַב חֲנִינָא תַּלְמִידֵי דְּרַב דְּהָווּ יָתְבִי בִּסְעוֹדְתָּא וְקָאֵי עֲלַיְיהוּ רַב ייֵבָא סָבָא וַאֲמַרוּ לֵיהּ הַב לַן וְנִבָרֵיךְ וַהֲדַר אָמְרִי לֵיהּ הַב לַן וְנִשְׁתֵּי וַאֲמַר לְהוּ רַב יֵיבָא סָבָא הָכִי אָמַר רַב כֵּיוָן דְּאָמְרִיתוּ הַב לַן וְנִבָרֵיךְ אִיתְּסַר לְכַוֵּן לְמִישְׁתֵּי א"ל הָכִי הַשְׁתָּא הָתָם מִישְׁתֵּא וּבָרוֹכֵי בַּהֲדֵי הֲדָדֵי לָא אֶפְשָׁר הָכָא אֶפְשָׁר דְּשָׁחֵיט בַּחֲדָא יְדָא וּמִכַּסֵּי בַּחֲדָא יְדָא שָׁמְעִינַן הַשְׁתָּא דְּכִי הֵיכִי דִּלְעִנְיַן בִּרְכַּת הַמָּזוֹן כֵּיוָן דְּלָא אֶפְשָׁר לְמִישְׁתֵּי וּלְבָרוֹכֵי בַּהֲדֵי הֲדָדֵי הָוְיָא הֶפְסֵק וְכַד מַפְסִיק לְבִרְכַּת הַמָּזוֹן צָרִיךְ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן הָכָא נָמֵי כֵּיוָן דְּלָא אֶפְשָׁר לְמִישְׁתֵּי וּלְמִיקְרֵי בַּהֲדֵי הֲדָדֵי צָרִיךְ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ בָּתַר דִּגְמַר הַהַגָּדָה וּבָתַר דִּגְמַר הַלֵּילָא בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן וּסְבָרָא מְעַלְּיָא הוּא וְהָכִי מִבָּעֵי לֵיהּ לְמֶיעְבַּד וְלָא נְהִירָא לִי מַה שֶּׁהֵבִיא רְאָיָה מִשּׁוּם דְּכָל חַד וְחַד מִצְוָה בְּאַנְפֵּי נַפְשֵׁיהּ הוּא צָרִיךְ לְבָרֵךְ בפה"ג אָכַל כּוֹס וְכוֹס שֶׁהַמִּצְוָה אֵינָהּ מַזְקֵקַת בְּרָכָה כָּל כַּמָּה דְּלֵיכָּא הֶיסַּח הַדַּעַת כִּדְחָזֵינַן לְעֵיל (פְּסָחִים דַּף קג) רַב אַשִּׁי דְּבָרֶיךָ אַכָּסָא קַמָּא וְתוּ לָא בָּרֵיךְ אַף עַל גַּב דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן טְעוּנָה כּוֹס לָא בָּעֵי לְבָרוֹכֵי כֵּיוָן דְּלֵיכָּא הֶיסַּח הַדַּעַת הָכָא נָמֵי אע"ג דְּכָל חַד וְחַד מִצְוָה בְּאַנְפֵּי נַפְשֵׁיהּ הִיא כֵּיוָן דְּלֵיכָּא הֶיסַּח הַדַּעַת לָא בָּעֵי לְבָרוֹכֵי אָכַל כָּסָא וְכִסֵּא ואע"ג דְּלֵית הִלְכְתָא כְּרַב אַשִּׁי הַיְינוּ מִטַּעְמָא אַחַרְיַנָא מִשּׁוּם דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן חֲשִׁיב הֶפְסֵק וְאִיכָּא הֶיסַּח הַדַּעַת אֲבָל לְפוּם סְבָרָא דִּידֵיהּ דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן לָא הָוֵי הֶפְסֵק לֵיכָּא מַאן דִּפְלִיג עֲלֵיהּ דְּהַהִיא סְבָרָא דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן אע"ג שֶׁהִיא טְעוּנָה כּוֹס לְמִצְוָה אֵינָהּ מְזַקֶּקֶת בְּרָכָה לִסְבָרָתוֹ דְּלֵיכָּא הַפְסָקָה וְהֶיסַּח הַדַּעַת וְכֵן תְּפִילִּין שְׁתֵּי מִצְוֹת הֵן וְאֵינָם מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ וּמְבָרֵךְ בְּרָכָה אַחַת עַל שְׁתֵּיהֶן אֲפִילּוּ מַאן דְּבָרֵיךְ שְׁתַּיִם מ"מ בְּרָכָה רִאשׁוֹנָה עוֹלָה גַּם לְשֶׁל רֹאשׁ דְּאִילּוּ לֹא הָיָה מַנִּיחַ אֶלָּא שֶׁל רֹאשׁ הָיָה מְבָרֵךְ שְׁתַּיִם וּמַה שֶׁהֵבִיא רְאָיָה מֵהָב לָן וּנְבָרֵיךְ דְּהָוֵי הֶפְסֵק מִשּׁוּם דְּמִישְׁתָּא וּבָרוֹכֵי בַּהֲדֵי הֲדָדֵי לָא אֶפְשָׁר לָאו רְאָיָה הִיא דְּשָׁאנֵי בִּרְכַּת הַמָּזוֹן דְּהָוֵי הֶיסַּח הַדַּעַת וְסִילּוּק עַל מַה שֶּׁאָכַל וְשָׁתָה הִלְכָּךְ צָרִיךְ לְבָרֵךְ לְכַתְּחִילָּה אִם רָצָה לֶאֱכֹול אוֹ לִשְׁתּוֹת וְכֵן כִּיסּוּי הַדָּם הָוֵי גְּמַר וְסִילּוּק הַשְּׁחִיטָה אֲבָל אִם עָמַד לְהִתְפַּלֵּל בְּאֶמְצַע הַסְּעוּדָה אֲפִילּוּ הִגִּיעַ זְמַן הַמִּנְחָה וְאֵין שְׁהוּת לוֹ לִגְמֹור סְעֻודָּתוֹ וּלְהִתְפַּלֵּל שֶׁחַייָּב לְהַפְסִיק וְאִי אֶפְשָׁר לוֹ לֶאֱכֹול עַד שֶׁיִּתְפַּלֵּל וְאַפֵּ"ה לָא הָוֵי הֶפְסֵק כִּדְאָמְרִינַן לְעֵיל (פְּסָחִים דַּף קב.) גַּבֵּי עָקְרוּ רַגְלֵיהֶם לֵילֵךְ לְבֵית הַכְּנֶסֶת דְּמַיְירֵי בְּכָל עִנְיָן אֲפִילּוּ אֵין שְׁהוּת בַּיּוֹם דְּחַייָּב לְהַפְסִיק אַפֵּ"ה לָא הָוְיָא הַפְסָקָה כִּדְפָרֵישְׁנָא סִימָן ו כ"ש בֵּין כּוֹס רִאשׁוֹן לְכוֹס שֵׁנִי שֶׁאִם יִרְצֶה לִשְׁתּוֹת דְּשׁוֹתֶה לָא הָוֵי הֶיסַּח הַדַּעַת וְכֵן בֵּין שְׁלִישִׁי לִרְבִיעִי אע"ג דְּאָסוּר לִשְׁתּוֹת כֵּיוָן שֶׁהַכּוֹס לְפָנָיו וְדַעְתּוֹ לִשְׁתּוֹת לָא הָוְיָא הַלֵּילָא הֶפְסֵק וְהֶיסַּח הַדַּעַת הִלְכָּךְ נִרְאֶה שֶׁאֵין לְבָרֵךְ כִּי אִם עַל כּוֹס רִאשׁוֹן וּשְׁלִישִׁי וְעוֹד כָּתַב רַב אִלְפָּס זַ"ל וְעַל הַגֶּפֶן וְעַל פְּרִי הַגֶּפֶן אִיכָּא מ"ד שֶׁאֵין מְבָרְכִין אֶלָּא לְבַסּוֹף וְאִיכָּא מ"ד לְבָתַר תְּרֵי דְּמִקַּמֵּי סְעוּדָה וּלְבָתַר תְּרֵי דְּבָתַר סְעוּדָה וְהַדִּין בָּתְרָא טַעְמָא דְּמִסְתַּבֵּר הוּא וְשַׁפִּיר דָּמֵי לְמֶיעְבַּד הָכִי וּלְמַאי דְּפָרֵישִׁית א"צ לְבָרֵךְ עַל הַגֶּפֶן כִּי אִם אַחַר כּוֹס רְבִיעִי וְדִבְרֵי רַב אִלְפָּס תְּמוּהִין שֶׁכָּתַב שֶׁמְּבָרֵךְ בָּתַר תְּרֵי דְּמִקַּמֵּי סְעוּדָה דְּעַל כּוֹס שֵׁנִי לָמָּה יְבָרֵךְ וַהֲלֹא הוּא פּוֹטֵר יַיִן שֶׁבְּתוֹךְ הַמָּזוֹן דקי"ל יַיִן שֶׁלִּפְנֵי הַמָּזוֹן פּוֹטֵר יַיִן שֶׁבְּתוֹךְ הַמָּזוֹן וְיֵשׁ מְיַישְּׁבִין דְּבָרָיו דְּאַמַּתְנִיתִין קָאֵי וְלֹא יִפְחֲתוּ לוֹ מֵאַרְבַּע כּוֹסוֹת וְאֵין לוֹ יַיִן לִשְׁתּוֹת בְּתוֹךְ הַמָּזוֹן וְלָא נְהִירָא לִי דְּמִי שֶׁאֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע כּוֹסוֹת שְׁתֵּי כּוֹסוֹת הָרִאשׁוֹנוֹת שׁוֹתֶה רֹוב הַכּוֹס וְיוֹצֵא בּוֹ יְדֵי חוֹבָתוֹ וְהַשְּׁאָר שׁוֹתֶה בְּתוֹךְ הַמָּזוֹן וְנִמְצָא שֶׁאֵין זָקוּק לְבָרֵךְ בְּרָכָה אַחֲרוֹנָה וְעוֹד דְּאִם אִיתָא דְּיַיִן שֶׁלִּפְנֵי הַמָּזוֹן טָעוּן בְּרָכָה לְאַחֲרָיו כְּשֶׁאֵין לוֹ יַיִן בְּתוֹךְ הַמָּזוֹן אִם כֵּן כְּשֶׁיֵּשׁ לוֹ יַיִן נָמֵי בְּתוֹךְ הַמָּזוֹן יִצְטָרֵךְ לְבָרֵךְ אַחַר יַיִן שֶׁלִּפְנֵי הַמָּזוֹן קֹודֶם בִּרְכַּת הַמָּזוֹן דְּיַיִן שֶׁשָּׁתָה בְּתוֹךְ הַמָּזוֹן אֵין טָעוּן בְּרָכָה לְאַחֲרָיו דְּהָוֵי דְּבָרִים הַבָּאִים מֵחֲמַת סְעוּדָה בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה וְאֵיךְ יִתָּכֵן שֶׁיְּהוּ נִפְטָרִין בִּבְרָכָה רִאשׁוֹנָה אַחַת כֵּיוָן שֶׁאֵין נִזְקָקִין בְּרָכָה אַחַת בָּאַחֲרוֹנָה הֲלֹא מִיָּד אַחַר שֶׁשָּׁתָה הַיַּיִן שֶׁלִּפְנֵי הַמָּזוֹן נִזְקָק לְבָרֵךְ אַחֲרָיו בְּרָכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְיַיִן שֶׁבְּתוֹךְ הַמָּזוֹן הִלְכָּךְ אֵין מִצְטָרְפִין כְּלָל לִיפָּטֵר בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן הִלְכָּךְ צ"ל דְּיַיִן שֶׁלִּפְנֵי הַמָּזוֹן כֵּיוָן שֶׁבָּא לִפְתֹּוחַ בְּנֵי מֵעַייִם וּלְהַמְשִׁיךְ אָדָם לְתַאֲוַת אֲכִילָה בִּרְכַּת הַמָּזוֹן פּוֹטַרְתּוֹ וא"צ לְבָרֵךְ אַחֲרָיו אַף כְּשֶׁאֵין לוֹ יַיִן בְּתוֹךְ הַמָּזוֹן וְלָא דָּמֵי לִדְבָרִים הַבָּאִים אַחַר סְעוּדָה קֹודֶם בִּרְכַּת הַמָּזוֹן דִּטְעוּנִין בְּרָכָה לִפְנֵיהֶם וּלְאַחֲרֵיהֶם דְּהָתָם סִילֵּק מִלֶּאֱכֹול וְאוֹתָן דְּבָרִים אֵינָם בִּכְלַל סְעוּדָה כְּלָל הִלְכָּךְ אֵין בִּרְכַּת הַמָּזוֹן פּוֹטַרְתָּן אֲבָל דְּבָרִים הַבָּאִים לִפְנֵי הַסְּעוּדָה כְּגוֹן פַּרְפְּרָאוֹת וְיַיִן שֶׁבָּא לְגָרֵר וּלְהַמְשִׁיךְ לַסְּעוּדָה בִּכְלַל הַסְּעוּדָה הֵן וְנִפְטָרִין בְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן.
Et l'on ne lui donnera pas moins de quatre coupes. Comment les sages se tiennent-ils là et instituent-ils une chose qui en vient à un danger ? Or l'on a enseigné : qu'un homme ne mange pas deux, et qu'il ne boive pas deux. Rav Nahman bar Yits'hak a dit : le verset a dit "une nuit de gardes", une nuit gardée et soustraite aux mazikin. Rava a dit : la coupe de bénédiction se joint pour le bien et ne se joint pas pour le mal. Ravina a dit : chacune est une mitsva en soi. Et les maîtres disent : puisque chacune est une mitsva en soi, il faut réciter bore peri hagefen sur chaque coupe. Ils appuient cette opinion sur ce qu'enseigne la michna, Houlin folio 86 : s'il a fait la chehita de cent bêtes sauvages et de volatiles en un seul endroit, un seul recouvrement vaut pour tous. Rabbi Yehouda dit : s'il a abattu une bête sauvage, qu'il la recouvre, puis qu'il abatte le volatile. Et l'on dit là-dessus : Rabbi Yehouda convient, pour la bénédiction, qu'il n'en récite qu'une seule. Ravina dit à Rav Ada fils de Rava, et d'autres disent Rav Aha fils de Rava à Rav Ashi : en quoi cela diffère-t-il de Rav Brouna et de Rav Hanina, disciples de Rav ? Ils étaient assis à un repas, et Rav Yeiva l'ancien se tenait auprès d'eux. Ils lui dirent : donne-nous, et nous bénirons. Puis ils lui dirent : donne-nous, et nous boirons. Rav Yeiva l'ancien leur dit : ainsi a dit Rav : puisque vous avez dit "donne-nous, et nous bénirons", il vous est interdit de boire. Il lui dit : peut-on comparer ? Là-bas, boire et bénir en même temps est impossible. Ici, c'est possible : on abat d'une main et l'on recouvre de l'autre. Nous apprenons donc : de même que, pour le birkat ha-mazon, puisqu'il est impossible de boire et de bénir en même temps, il y a hefsek (interruption), et dès que l'on s'interrompt pour le birkat ha-mazon il faut revenir réciter bore peri hagefen ; ici aussi, puisqu'il est impossible de boire et de lire en même temps, il faut revenir réciter bore peri hagefen après avoir achevé la Haggada, et après avoir achevé le Hallel. C'est une belle sevara, et c'est ainsi qu'il faut agir. La preuve qu'il apporte ne m'éclaire pas : du fait que chacune est une mitsva en soi, il faudrait réciter bore peri hagefen sur chaque coupe. La mitsva n'oblige à une bénédiction qu'avec un hesseh ha-daat (détournement de l'attention). Comme nous voyons plus haut (Pesachim folio 103) : Rav Ashi a béni sur la première coupe et n'a plus béni, bien que le birkat ha-mazon exige une coupe. Il n'avait pas à bénir, puisqu'il n'y avait pas de hesseh ha-daat. Ici de même : bien que chacune soit une mitsva en soi, puisqu'il n'y a pas de hesseh ha-daat, il n'a pas à bénir sur chaque coupe. Et bien que la halakha ne suive pas Rav Ashi, c'est pour une autre raison : le birkat ha-mazon compte comme un hefsek, et il y a hesseh ha-daat. Selon son opinion à lui, pour qui le birkat ha-mazon n'est pas un hefsek, personne ne le contredit sur cette sevara : le birkat ha-mazon, bien qu'il exige une coupe pour la mitsva, n'oblige pas à une bénédiction, selon son opinion, puisqu'il n'y a ni hefsek ni hesseh ha-daat. De même, les tefilin sont deux mitsvot, et l'une n'empêche pas l'autre, et l'on récite une seule bénédiction sur les deux. Même celui qui en récite deux : la première bénédiction vaut aussi pour celle de la tête. S'il ne posait que celle de la tête, il réciterait deux bénédictions. La preuve tirée de "donne-nous, et nous bénirons", à savoir que c'est un hefsek parce que boire et bénir ensemble est impossible, ne tient pas. Le birkat ha-mazon est à part : c'est un hesseh ha-daat et un silouk (retrait) de ce qu'il a mangé et bu. C'est pourquoi, au départ, il doit bénir s'il veut manger ou boire. De même, le recouvrement du sang est l'achèvement et le silouk de la chehita. Mais s'il s'est levé pour prier au milieu du repas, même lorsque l'heure de la minha est arrivée, qu'il n'a pas le temps d'achever son repas puis de prier, qu'il est tenu de s'interrompre et qu'il ne peut manger avant d'avoir prié, même alors il n'y a pas de hefsek. Comme nous disons plus haut (Pesachim folio 102) au sujet de ceux qui ont retiré leurs pieds pour aller à la synagogue : cela vise tout cas, même lorsqu'il ne reste pas de temps dans la journée et qu'il est tenu de s'interrompre. Même alors, il n'y a pas de hefsek, comme je l'ai expliqué au siman 6. À plus forte raison (kal va-homer), entre la première coupe et la deuxième : s'il veut boire, il boit, il n'y a pas de hesseh ha-daat. De même entre la troisième et la quatrième : bien qu'il soit interdit de boire, puisque la coupe est devant lui et que son intention est de boire, le Hallel n'est ni un hefsek ni un hesseh ha-daat. C'est pourquoi il paraît qu'on ne bénit que sur la première coupe et sur la troisième. Rav Alfas zal a encore écrit, au sujet de al ha-gafen : il y a une opinion selon laquelle on ne récite qu'à la fin. Il y a une opinion selon laquelle on récite après les deux coupes d'avant le repas, et après les deux coupes d'après le repas. Cette dernière a une raison recevable, et il convient d'agir ainsi. Selon ce que j'ai expliqué, on ne récite al ha-gafen qu'après la quatrième coupe. Les paroles de Rav Alfas étonnent : il écrit qu'on bénit après les deux coupes d'avant le repas. Sur la deuxième coupe, pour quelle raison bénirait-on ? Elle dispense le vin bu au cours du repas. Nous tenons : le vin d'avant le repas dispense le vin du cours du repas. Certains arrangent ses paroles : elles portent sur la michna, "et l'on ne lui donnera pas moins de quatre coupes", et cet homme n'a pas de vin à boire au cours du repas. Cela ne m'éclaire pas. Celui qui n'a que quatre coupes boit la plus grande part des deux premières, et il s'en acquitte. Le reste, il le boit au cours du repas. Il se trouve qu'il n'est pas tenu à une bénédiction finale. De plus : s'il était établi que le vin d'avant le repas exige une bénédiction après lui lorsqu'on n'a pas de vin au cours du repas, alors, lorsqu'on a aussi du vin au cours du repas, il faudrait bénir après le vin d'avant le repas, avant le birkat ha-mazon. Le vin bu au cours du repas n'exige pas de bénédiction après lui : ce sont des choses qui viennent à cause du repas, pendant le repas. Comment seraient-ils dispensés par une seule bénédiction initiale, alors qu'ils ne sont pas tenus ensemble à une seule bénédiction finale ? Aussitôt après le vin d'avant le repas, il serait tenu d'une bénédiction après lui dont le vin du cours du repas n'a pas besoin. Ils ne se joignent donc pas pour être dispensés par un seul bore peri hagefen. Il faut donc dire : le vin d'avant le repas, puisqu'il vient ouvrir les entrailles et entraîner l'homme vers l'appétit de manger, le birkat ha-mazon le dispense. On n'a pas à bénir après lui, même lorsqu'on n'a pas de vin au cours du repas. Il diffère des choses qui viennent après le repas, avant le birkat ha-mazon : celles-là exigent une bénédiction avant elles et après elles. Là, il s'est retiré de manger, et ces choses ne font pas partie du repas. Le birkat ha-mazon ne les dispense pas. Les choses qui viennent avant le repas, comme les parperaot et le vin qui vient ouvrir l'appétit et entraîner vers le repas, font partie du repas. Elles sont dispensées par le birkat ha-mazon.
💡 Explication

Retour à la michna : on ne descend pas au-dessous de quatre coupes. Quatre est un nombre pair. Une baraïta interdit les zougot : manger deux, boire deux, s'essuyer deux, et les rapports deux. Rachi : "deux" veut dire paires, et "ses besoins" veut dire les rapports. Comment les sages instituent-ils une pratique qui mène au danger ?

Tossefot, par le Yerouchalmi, traitent le vin cuit de terouma. Rabbi Yo'hanan inverse l'attribution : Rabbi Yehouda interdit de cuire, parce que la cuisson diminue, et les sages permettent, parce qu'elle améliore. La halakha suit Rabbi Yo'hanan et les sages. On sort donc les quatre coupes avec du vin cuit, kiddouch compris, avec bore peri hagefen.

Le Ben Yehoyada lit les paires depuis le sod : la sainteté s'achève dans l'union, le sitra ahara dans la séparation. Le Roch reprend la question, puis les trois réponses, et décide les bénédictions : bore peri hagefen sur la première coupe et la troisième, al ha-gafen seulement après la quatrième. Le vin d'avant le repas ouvre l'appétit : le birkat ha-mazon le dispense.

5
אָמַר רַב נַחְמָן, אֲמַר קְרָא: ״לֵיל שִׁמּוּרִים״ — לַיִל הַמְשֻׁומָּר וּבָא מִן הַמַּזִּיקִין.

Rav Nahman a dit : le verset a dit "une nuit de gardes" : une nuit qui demeure gardée des mazikin.

🪔 Ben Yehoyada (1)
לַיְלָה הַמְּשֻׁמָּר וּבָא מִן הַמַּזִּיקִים. נִרְאֶה לִי הַכַּווָּנָה כִּי אוֹתָהּ הַלַּיְלָה גָּבַר אַבְרָהָם אָבִינוּ עַל אוֹתָם הַמְּלָכִים בְּנֵס שֶׁהָיָה לֵיל ט"ו נִיסָן וְגַם בְּלֵיל ט"ו נִיסָן נַעֲשָׂה הַנֵּס לְשָׂרָה אָבִינוּ ע“ה בַּאֲבִימֶלֶךְ, גַּם בְּזוֹ הַלַּיְלָה נִיצּוֹל יַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה מִן שַׂר עֵשָׂו בְּהָאָבְקוּ עִמּוֹ וְזֶהוּ מְשַׁמֵּר וּבָא מִשָּׁנִים קַדְמוֹנִיּוֹת שֶׁהָיָה בּוֹ כַּמָּה שְׁמִירוֹת מִן הַמַּזִּיקִין הֵם הָאוֹיְיבִים שֶׁל הַצַּדִּיקִים.
La nuit qui garde et qui vient, à l'abri des mazikin. Il me semble que l'intention est celle-ci : cette nuit-là, Avraham notre pere l'emporta sur ces rois par un miracle, et c'était la nuit du 15 nissan. Et aussi, la nuit du 15 nissan, le miracle fut fait pour Sara notre mere, paix sur elle, chez Avimelekh. Cette nuit-là encore, Yaakov notre pere, paix sur lui, fut sauve du sar d'Essav lorsqu'il lutta avec lui. Et c'est cela "qui garde et qui vient" : depuis des années anciennes, il y eut en elle plusieurs gardes contre les mazikin, qui sont les ennemis des justes.
💡 Explication

Première réponse. Rav Nahman lit leil chimourim (Chemoth 12, 42) : la nuit de Pessa'h demeure gardée des mazikin. Les quatre coupes, cette nuit-là, ne mettent pas en danger.

Le Ben Yehoyada déploie "gardée et qui vient" vers des nuits anciennes, toutes au 15 nissan : Avraham contre les rois, Sara chez Avimelekh, Yaakov face au sar d'Essav. Les mazikin y sont les ennemis des justes.

🖼️ Schéma
Nuit gardée dès longtempsBen Yehoyada : trois gardes, la nuit du 15 nissan.AvrahamIl l'emportesur les rois.15 nissan.SaraLe miraclechez Avimelekh.15 nissan.YaakovSauve du sard'Essav, la lutte.Même nuit.Les mazikin sont, dans cette lecture, les ennemis des justes.
Ben Yehoyada : trois gardes de la nuit du 15 nissan, Avraham, Sara, Yaakov.
6
רָבָא אָמַר: כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה מִצְטָרֵף לְטוֹבָה, וְאֵינוֹ מִצְטָרֵף לְרָעָה. רָבִינָא אָמַר: אַרְבָּעָה כָּסֵי תַּקִּינוּ רַבָּנַן דֶּרֶךְ חֵירוּת, כָּל חַד וְחַד

Rava a dit : la coupe de bénédiction se joint pour le bien, et elle ne se joint pas pour le mal. Ravina a dit : quatre coupes, les sages les ont instituées sur le mode de la liberté, chacune et chacune

📜 Rachi (2)
כּוֹס שֶׁל בִּרְכַּת הַמָּזוֹן שֶׁהוּא (רְבִיעִי):
C'est la quatrième.
לְרָעָה אֵין מִצְטָרֵף אֲבָל בְּעָלְמָא מִצְטָרֵף כְּגוֹן אִם שָׁתָה שְׁנֵי כּוֹסוֹת וְהוּא שְׁלִישִׁי וּלְרָעָה אֵין מִצְטָרֵף כְּגוֹן אִם שָׁתָה שָׁלֹשׁ וְהוּא רְבִיעִי:
Mais en général elle se joint. Par exemple, s'il a bu deux coupes et que celle-ci est la troisième. Et pour le mal elle ne se joint pas. Par exemple, s'il a bu trois et que celle-ci est la quatrième.
🗂️ Tossefot (1)
רָבָא אָמַר כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה אֵין מִצְטָרֵף לְרָעָה אע"ג דְּרָבָא גּוּפֵיהּ קָאָמַר לְקַמָּן וְיִשְׁמְרֶךָ לְרָעָה לֹא מִצְטָרֵף וְד' אֵין בָּהֶם מִשּׁוּם זוּגוֹת תֵּירֵץ רַשְׁבָּ"ם דְּהַייְנוּ דַּוְקָא מִמַּזִּיקִין אֲבָל לִכְשָׁפִים אִיכָּא לְמֵיחַשׁ:
Bien que Rava lui-même dise plus loin : "veyishmerekha", pour le mal cela ne se joint pas, et quatre n'ont pas le statut de paires. Le Rachbam a répondu : cela vise précisément les mazikin. Mais pour les kishouf (sorcelleries), il y a lieu de craindre.
🪔 Ben Yehoyada (1)
רָבָא אָמַר: כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה מִצְטָרֵף לְטוֹבָה, וְאֵינוֹ מִצְטָרֵף לְרָעָה. הִקְשָׁה הָרַב פֶּתַח עֵינַיִם זַ"ל אַמַּאי לָא קָאָמַר כּוֹס שֶׁל 'קָדוֹשׁ' מִצְטָרֵף לְטוֹבָה וְאֵינוֹ מִצְטָרֵף לְרָעָה? וּטְפֵי הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר כּוֹס שֶׁל קִידּוּשׁ אִי מִשּׁוּם דִּקְדִים וְאִי מִשּׁוּם דִּלְכֻולֵּי עָלְמָא בָּעֵי כּוֹס מַה שֶׁאֵין כֵּן בִּרְכַּת הַמָּזוֹן אִיכָּא מַאן דְּאָמַר דְּאֵינָהּ טְעוּנָה כּוֹס (בְּרָכוֹת נא.) עַיֵּין שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּקֻושְׁיַת הַגְּמָרָא הִיא רַק עַל שְׁנֵי כּוֹסוֹת הָאַחֲרוֹנִים דַּוְקָא שֶׁהֵם שֶׁל בִּרְכַּת הַמָּזוֹן וְשֶׁל הַלֵּל יַעַן כִּי בִּרְכַּת הַמָּזוֹן הִיא סִילּוּק וְלָכֵן כּוֹס בִּרְכַּת הַמָּזוֹן סְבָרָה הוּא שֶׁאֵינוֹ מִצְטָרֵף עִם הַקּוֹדֵם לוֹ, וְאַף עַל גַּב דְּאִם נֹאמַר שֶׁאֵינוֹ מִצְטָרֵף עִם הַקּוֹדֵם נִמְצָא שָׁתָה זוּגוֹת מִקֹּודֶם וְתִקְשֵׁי עַל זֶה! אֵין זוֹ קוּשְׁיָא דְּיֵשׁ לוֹמַר סָמְכִי רַבָּנָן שֶׁבְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה וַדַּאי יִשְׁתֶּה כּוֹס אֶחָד לְפָחוֹת כְּדֵי לְבַטֵּל הַזּוּגוֹת, וְרַק הַקֻּושְׁיָא הִיא עַל כּוֹס בִּרְכַּת הַמָּזוֹן וְכוֹס הַהַלֵּל דְּקַייְמָא לָן בֵּין שְׁלִישִׁי לִרְבִיעִי לֹא יִשְׁתֶּה אִם כֵּן הֵם זוּגוֹת מַמָּשׁ וְאֵיךְ יְתַקְּנוּ רַבָּנָן כָּךְ וּמְשַׁנֵּי כּוֹס שֶׁל בִּרְכַּת הַמָּזוֹן מִצְטָרֵף לְטוֹבָה אֲפִילּוּ אִם לֹא שָׁתָה קֹודֶם אֶלָּא רַק שְׁנֵי כּוֹסוֹת שֶׁהֵם שֶׁל קִדּוּשׁ וְשֶׁל גָּאַל יִשְׂרָאֵל יִצְטָרֵף עִמָּהֶם כְּדֵי שֶׁלֹּא יִהְיֶה מִסְפַּר זוּגוֹת וְזֶהוּ רְבוּתֵיהּ דְּאַף עַל גַּב דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן יֵשׁ לָהּ דִּין סִילּוּק וְאֵינוֹ רָאוּי שֶׁיִּצְטָרֵף כּוֹס זֶה עִם הַקּוֹדֵם עִם כָּל זֶה יִצְטָרֵף לְטוֹבָה, וְעוֹד רְבוּתָא אַחֲרִיתִי דְּאֵינוֹ מִצְטָרֵף לְרָעָה, דְּאַחַר שֶׁשָּׁתָה כּוֹס רְבִיעִי אֵין מְצָרְפִים כּוֹס שְׁלִישִׁי שֶׁל בִּרְכַּת הַמָּזוֹן עִם הַכּוֹסוֹת כֻּולָּם אֶלָּא נַחְשֹׁוב כְּאִלּוּ לֹא שָׁתָה כּוֹס בִּרְכַּת הַמָּזוֹן כְּלָל וְנִמְצָא שֶׁכָּל הַכּוֹסוֹת שֶׁשָּׁתָה הֵם שְׁלֹשָׁה דַּוְקָא.
Le rav, auteur de Petah Einayim, zal a objecté : pourquoi ne dit-il pas que la coupe du kiddouch se joint pour le bien et ne se joint pas pour le mal ? Il aurait mieux valu dire la coupe du kiddouch, soit parce qu'elle précède, soit parce que, selon tous, elle exige une coupe, ce qui n'est pas le cas du birkat ha-mazon : il y a une opinion qui dit qu'il n'exige pas de coupe (Berakhot folio 51). Voir là-bas. Et il me semble, avec l'aide du Ciel, que la question de la Guemara porte seulement sur les deux dernières coupes, précisément, celle du birkat ha-mazon et celle du Hallel. Puisque le birkat ha-mazon est un silouk (retrait), il y a lieu de penser que la coupe du birkat ha-mazon ne se joint pas à celle qui la précède. Et si l'on dit qu'elle ne se joint pas à la précédente, il se trouve qu'il a bu des paires auparavant, et cela ferait difficulté. Cette objection ne porte pas. On peut dire que les sages se sont appuyés sur ceci : au cours du repas, il boira certainement au moins une coupe, afin d'annuler les paires. La difficulté porte seulement sur la coupe du birkat ha-mazon et la coupe du Hallel. Car nous tenons : entre la troisième et la quatrième, on ne boit pas. Ce sont donc des paires au sens plein. Comment les sages ont-ils institué ainsi ? Et l'on répond : la coupe du birkat ha-mazon se joint pour le bien. Même s'il n'a bu auparavant que deux coupes, celle du kiddouch et celle de gaal Israël, elle se joint à elles, afin que le nombre ne soit pas un nombre de paires. Et c'est là sa nouveauté : bien que le birkat ha-mazon ait le statut de silouk, et qu'il ne convienne pas que cette coupe se joigne à la précédente, malgré cela elle se joint pour le bien. Et une autre nouveauté : elle ne se joint pas pour le mal. Après qu'il a bu la quatrième coupe, on ne joint pas la troisième, celle du birkat ha-mazon, à l'ensemble des coupes. On compte comme s'il n'avait pas bu la coupe du birkat ha-mazon. Il se trouve que toutes les coupes qu'il a bues sont trois, précisément.
💡 Explication

Deuxième réponse. Rava : la coupe de bénédiction se joint pour le bien, le compte de la mitsva, et ne se joint pas pour le mal, le compte des paires. Rachi : c'est la quatrième, celle du birkat ha-mazon. Après deux coupes, elle fait la troisième et se joint. Après trois, elle serait la quatrième : pour le danger, elle ne compte pas.

Ravina : les sages ont institué quatre coupes sur le mode de la liberté, chacune et chacune. L'amud s'arrête là. La suite pose que chaque coupe est une mitsva en soi.

Tossefot : plus loin, Rava dit que veyishmerekha ne se joint pas pour le mal, et que quatre n'ont pas le statut de paires. Le Rachbam réserve cette phrase aux mazikin. Pour les kishouf, la crainte reste, et la réponse de la coupe de bénédiction sert encore. Le Ben Yehoyada borne la question aux deux dernières coupes, parce qu'entre la troisième et la quatrième on ne boit pas.

🖼️ Schéma
La coupe de bénédiction se joint, ou nonRachi : deux exemples.Pour le bienDeux coupes déjà bues.Celle-ci est la troisième.Elle se joint.Le compte de la mitsva avance.Pour le malTrois coupes déjà bues.Celle-ci est la quatrième.Elle ne se joint pas.Pour les paires, on reste à trois.Rachi : la coupe du birkat ha-mazon est la quatrième.
Rachi : jointe quand elle fait la troisième. Non jointe pour le mal quand elle fait la quatrième.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).