Pesachim 110a , Les zougot : quand le pair nuit, et comment le rompre

Pesachim 110a

Sougya : La page s'ouvre sur la fin de la réponse de Ravina : chaque coupe est une mitsva en elle-même, et elles ne se joignent pas. Vient la sougya des zougot.

Boire en double met le sang sur la tête, sauf si l'on a vu le marché entre les coupes ; le danger vise celui qui sort en chemin, qui dort, ou qui va aux latrines. À la maison, un homme important reste exposé, et l'on complète le compte à trois.

Oula, Rav Hisda, Rabba et Rav Yossef, Abaye et Rava abaissent le seuil par les mots de la birkat kohanim. Yossef le ched distingue deux coupes, qui tuent, et quatre, qui nuisent.

S'il est sorti, il croise les pouces et compte en impair. La page s'arrete sur la formule d'Ameimar face aux sorcières.

Quand boire en double met le sang sur la têteBaraita : celui qui boit en double, son sang est sur sa têteLe danger vise le zougot, le nombre pairIl a vu le marchéEntre une coupe et l'autreRav Yehouda : permissionRav Hanania bar Bibi sortaitIl n'a pas vu le marchéLe pair n'est pas rompuLe danger dépend ensuitedu lieu où il vaEn cheminLes zougotnuisentAprès le pairDormirRabbi ZeiraComme le cheminMême dangerLatrinesRav PapaComme le cheminMême dangerÀ la maisonPas de crainteSauf un hommeimportantHomme important : les chedim s'appliquent à lui nuireOn complète alors à trois : mère d'Abaye, serviteur de Rav Nahman
Boire en double : voir le marché entre les coupes donne permission. Sinon, chemin, sommeil et latrines sont un même danger. La maison en est exempte, sauf l'homme important.
Quel pair reste un zougot : quatre avisAvisMot qui se joint pour le bienPair encore viséOulaDix coupes du deuilPreuve : les sages les ont instituéesUne institution ne mène pas au dangerHuitRav HisdaRabba bar Rav HounaChalom, 7e motPour le bien oui, pour le mal nonSixRabbaet Rav YossefVihounekha, 5e motPour le bien oui, pour le mal nonQuatreAbaye et RavaRava fait sortir sur 4Veyichmerekha, 3e motPour le bien oui, pour le mal nonQuatre : nonRachi : après sept coupes, la huitième ne se joint pas avec elles
Oula laisse le danger à huit. Chalom, 7e mot, le laisse à six. Vihounekha, 5e mot, le laisse à quatre. Veyichmerekha, 3e mot : Rava fait sortir les sages sur quatre coupes.
Achmedai et le compte de Yossef le chedAchmedai, roi des chedim, est préposé à toutes les pairesRav Yossef le tient de Yossef le chedUn roi n'est pas un mazikRav Yossef, de son raisonnementPas de crainte des zougotRachiAutre versionUn roi irascible fait ce qu'il veutIl perce une clôtureNul ne s'y opposeDeux coupesNous tuonsChogeg et mezidRachi : à cause des zougotQuatre coupesNous ne tuons pas, nous nuisonsMezid : oui. Chogeg : nonRav Papa, au nom du chedS'il est déjà sorti : pouces croisés, compter l'impair, 3 puis 5 puis 7
Achmedai est préposé aux paires. Un roi n'est pas un mazik, ou bien il fait ce qu'il veut. Deux coupes tuent, en chogeg comme en mezid. Quatre nuisent seulement en mezid.
1
מִצְוָה בְּאַפֵּי נַפְשָׁהּ הוּא.

C'est une mitsva en elle-même.

📜 Rachi (1)
מִצְוָה בְּאַנְפֵּי נַפְשָׁהּ הִיא וְאֵין מִצְטָרְפִין זֶה לָזֶה:
C'est une mitsva en elle-même : et elles ne se joignent pas l'une à l'autre.
💡 Explication

Fin de la phrase de Ravina (109b) : les sages ont institué quatre coupes par voie de liberté, chacune est une mitsva en elle-même. Rachi : elles ne se joignent pas l'une à l'autre. Le compte pair des quatre coupes ne forme donc pas un zougot.

2
״לֹא יַעֲשֶׂה צְרָכָיו תְּרֵי״, אַמַּאי? נִמְלַךְ הוּא! אָמַר אַבַּיֵּי, הָכִי קָאָמַר: לֹא יֹאכַל תְּרֵי וְיִשְׁתֶּה תְּרֵי, וְלֹא יַעֲשֶׂה צְרָכָיו אֲפִילּוּ פַּעַם אַחַת — דִּילְמָא חֲלִישׁ וּמִיתְּרַע.

" Il ne fera pas ses besoins deux fois. " Pourquoi ?

Il s'est ravisé ! Abaye a dit : voici ce qu'il dit : il ne mangera pas deux et ne boira pas deux, et il ne fera pas ses besoins même une seule fois, de crainte qu'il s'affaiblisse et qu'il soit atteint.

📜 Rachi (2)
אַמַּאי נִמְלַךְ הוּא וְאֵין מִצְטָרְפִין לְזוּגוֹת הָכִי קָאָמַר לֹא יֹאכַל תְּרֵי וְיַעֲשֶׂה צְרָכָיו אֲפִילּוּ פַּעַם אַחַת אוֹ אִם שָׁתָה לֹא יְשַׁמֵּשׁ:
Pourquoi, il s'est ravisé : et ils ne se joignent pas pour les zougot. Voici ce que cela dit : il ne mangera pas deux, et il ne fera pas ses besoins même une seule fois ; ou, s'il a bu, il n'aura pas de relations.
דִּילְמָא חֲלִישׁ מֵחֲמַת תַּשְׁמִישׁ אַיְּידֵי דִּבְזוּגוֹת קָאֵי מִיתְּרַע:
De crainte qu'il s'affaiblisse : à cause de l'union. Du fait qu'il se tient dans les zougot, il est atteint.
💡 Explication

La baraita de 109b dit : il ne fera pas ses besoins deux fois. Rachi, là-bas, entend le tashmish, l'union. La question : chaque acte est un avis nouveau, nimlakh, il s'est ravisé. Les deux fois ne se joignent donc pas en un zougot.

Abaye relit la baraita. S'il a mangé deux ou bu deux, il ne s'unit pas, même une fois. L'union l'affaiblit. Comme il se tient dans les zougot, il est atteint. Rachi écrit la lecture ainsi : après avoir mangé deux, pas d'union ; ou, s'il a bu, pas d'union.

🖼️ Schéma
Abaye relit la baraita des besoinsTexte citéIl ne fera passes besoins deux foisQuestion : il s'est raviséLes actes ne se joignent pasLecture d'AbayePas manger deuxPas boire deuxEt pas l'union, même une foisRachi : ou, s'il a bu, pas d'unionRaisonL'union affaiblitIl se tient dans les zougotIl est atteintRachi : à cause du tashmishLes besoins, ici : l'union, comme Rachi le dit déjà en 109b
La baraita interdit deux unions. Abaye : après avoir mangé deux ou bu deux, même une union affaiblit et expose.
3
תָּנוּ רַבָּנַן: שׁוֹתֶה כִּפְלַיִם — דָּמוֹ בְּרֹאשׁוֹ. אָמַר רַב יְהוּדָה: אֵימָתַי — בִּזְמַן שֶׁלֹּא רָאָה פְּנֵי הַשּׁוּק, אֲבָל רָאָה פְּנֵי הַשּׁוּק — הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ. אָמַר רַב אַשִּׁי: חֲזֵינָא לֵיהּ לְרַב חֲנַנְיָא בַּר בִּיבִי, דְּאַכֹּל כָּסָא הֲוָה נָפֵיק וְחָזֵי אַפֵּי שׁוּקָא.

Les sages ont enseigné : celui qui boit en double, son sang est sur sa tête. Rav Yehouda a dit : quand ?

Quand il n'a pas vu la face du marché. Mais s'il a vu la face du marché, la permission est en sa main.

Rav Ashi a dit : j'ai vu Rav Hanania bar Bibi, à chaque coupe il sortait et voyait la face du marché.

📜 Rachi (1)
שֶׁלֹּא רָאָה פְּנֵי הַשּׁוּק בֵּין כּוֹס לְכוֹס:
Qu'il n'a pas vu la face du marché : entre une coupe et une coupe.
💡 Explication

Damo be-rocho : son sang est sur sa tête, il porte le danger. Rav Yehouda limite : seulement s'il n'a pas vu le marché entre une coupe et la suivante. Rachi : l'intervalle est entre coupe et coupe. Voir le marché rompt le pair, et la deuxième coupe est permise.

Rav Ashi rapporte la pratique de Rav Hanania bar Bibi : à chaque coupe, il sortait et regardait le marché.

4
וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא לָצֵאת לַדֶּרֶךְ, אֲבָל בְּבֵיתוֹ — לֹא. אָמַר רַבִּי זֵירָא: וְלִישֹׁן — כִּלְצֵאת לַדֶּרֶךְ דָּמֵי. אָמַר רַב פָּפָּא: וְלָצֵאת לְבֵית הַכִּסֵּא — כִּלְצֵאת לַדֶּרֶךְ דָּמֵי. וּבְבֵיתוֹ לֹא? וְהָא רָבָא מָנֵי כְּשׁוּרֵי.

Et nous n'avons dit cela que pour sortir en chemin. Mais dans sa maison, non.

Rabbi Zeira a dit : et dormir est semblable à sortir en chemin. Rav Papa a dit : et sortir aux latrines est semblable à sortir en chemin.

Et dans sa maison, non ? Or Rava comptait les poutres.

📜 Rachi (2)
וְלָא אֲמָרָן דְּמָרְעִי לֵיהּ זוּגוֹת אֶלָּא לָצֵאת לַדֶּרֶךְ אַחַר הַזּוּגוֹת אֲבָל לַעֲמֹוד בְּבֵיתוֹ לֵית לַן בַּהּ:
Et nous n'avons dit cela : que les zougot lui nuisent, seulement pour sortir en chemin après les zougot. Mais pour rester dans sa maison, nous n'avons pas à nous en soucier.
מַנִּי כְּשׁוּרֵי כְּשֶׁשּׁוֹתֶה כּוֹס זֶה מִסְתַּכֵּל בְּקוֹרָה זוֹ וּכְשֶׁהוּא שׁוֹתֶה שֵׁנִי מִסְתַּכֵּל בְּשֶׁאֶצְלָהּ וּלְפִי חֶשְׁבּוֹן הַקּוֹרוֹת מִזְדְּהַר בְּזוּגוֹת:
Il comptait les poutres : quand il boit cette coupe, il regarde cette poutre, et quand il boit la seconde, il regarde celle d'à côté. D'après le compte des poutres, il se garde des zougot.
💡 Explication

La limite précédente ne vise que la sortie en chemin après le pair. Rester à la maison ne donne pas de crainte. Rabbi Zeira : dormir est comme le chemin. Rav Papa : aller aux latrines est comme le chemin.

Question : à la maison non plus ? Rava comptait les poutres. Rachi : une poutre par coupe, la suivante à côté, pour surveiller le pair même chez lui. La réponse vient au segment suivant.

5
וְאַבַּיֵּי, כִּי שָׁתֵי חַד כָּסָא, מְנַקֵּיט לֵיהּ אִימֵּיהּ תְּרֵי כָסֵי בִּתְרֵי יְדֵיהּ. וְרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק, כִּי הֲוָה שָׁתֵי תְּרֵי כָסֵי, מְנַקֵּיט לֵיהּ שַׁמָּעֵיהּ חַד כָּסָא, חַד כָּסָא — מְנַקֵּיט לֵיהּ תְּרֵי כָסֵי בִּתְרֵי יְדֵיהּ! אָדָם חָשׁוּב שָׁאנֵי.

Et Abaye, quand il buvait une coupe, sa mère lui mettait deux coupes dans ses deux mains. Et Rav Nahman bar Yits'hak, quand il buvait deux coupes, son serviteur lui mettait une coupe ; quand il buvait une coupe, il lui mettait deux coupes dans ses deux mains.

Un homme important est à part.

📜 Rachi (2)
כִּי הֲוָה שָׁתֵי חַד כָּסָא מְנַקְּטָא תְּרֵי כָּסֵי דְּהָווּ לְהוּ תְּלָתָא:
Quand il buvait une coupe, elle mettait deux coupes : ce qui en faisait trois.
אָדָם חָשׁוּב שָׁאנֵי דְּמָסְרִי שֵׁדִים נַפְשַׁיְיהוּ לְאַזּוֹקֵי:
Un homme important est à part : car les chedim se livrent à lui nuire.
💡 Explication

Deux pratiques répondent à la question sur Rava. Abaye boit une coupe : sa mère en pose deux, total trois. Rav Nahman bar Yits'hak : après deux, le serviteur en pose une ; après une, il en pose deux. Le compte finit toujours à l'impair.

Conclusion : un adam hachouv, un homme important, est à part. Rachi : les chedim se livrent à lui nuire. Chez lui aussi, il complète à trois. Le cas de Rava qui compte les poutres est de cet ordre.

🖼️ Schéma
Compléter à trois : l'homme importantAbaye boit 1Sa mère lui met2 coupes en mainsTotal : 3RachiRav Nahman boit 2Le serviteur met1 coupeTotal : 3ImpairRav Nahman boit 1Le serviteur met2 coupes en mainsTotal : 3Même gesteRéponse : un adam hachouv est à partLes chedim se livrent à lui nuire, même dans sa maison
Une coupe plus deux, ou deux plus une : le total est trois. L'homme important est visé par les chedim.
6
אָמַר עֻולָּא: עֲשָׂרָה כּוֹסוֹת אֵין בָּהֶם מִשּׁוּם זוּגוֹת. עֻולָּא לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר עֻולָּא, וְאָמְרִי לַהּ בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: עֲשָׂרָה כּוֹסוֹת תִּיקְּנוּ חֲכָמִים בְּבֵית הָאֵבֶל, וְאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ עֲשָׂרָה כּוֹסוֹת יֵשׁ בָּהֶן מִשּׁוּם זוּגוֹת, הֵיכִי קָיְימִי רַבָּנַן וְתַקִּנוּ מִילְּתָא דְּאָתֵי לִידֵי סַכָּנָה?! אֲבָל תְּמָנְיָא יֵשׁ בָּהֶן מִשּׁוּם זוּגוֹת.

Oula a dit : dix coupes n'ont pas en elles d'interdit de zougot. Oula suit son avis, car Oula a dit, et d'autres disent qu'on l'enseigne dans une baraita : les sages ont institué dix coupes dans la maison de l'endeuillé.

Et si tu pensais que dix coupes ont en elles un interdit de zougot, comment les sages auraient-ils institué une chose qui mène au danger ? Mais huit ont en elles un interdit de zougot.

📜 Rachi (1)
עֲשָׂרָה כּוֹסוֹת דְּבֵית הָאָבֵל מְפָרֵשׁ טַעְמָא בִּכְתֻובּוֹת בפ"ק (דַּף ח:):
Les dix coupes de la maison de l'endeuillé : la raison en est expliquée dans Ketoubot, au premier chapitre (daf 8b).
🗂️ Tossefot (1)
עֲשָׂרָה אֵין בָּהֶם מִשּׁוּם זוּגוֹת וְלֵית לֵיהּ דְּרָבָא דְּאָמַר לְעֵיל כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה אֵין מִצְטָרֵף לְרָעָה דִּבְאוֹתָן עֲשָׂרָה כּוֹסוֹת אִיכָּא בִּרְכַּת הַמָּזוֹן:
Dix n'ont pas en elles d'interdit de zougot : et il ne tient pas l'avis de Rava, qui a dit plus haut que la coupe de bénédiction ne se joint pas pour le mal, car dans ces dix coupes il y a la birkat ha-mazon.
💡 Explication

Oula : dix coupes sont hors zougot. Preuve : les sages ont institué dix coupes dans la maison de l'endeuillé. Rachi renvoie la raison à Ketoubot 8b. Une institution des sages ne mène pas au danger. La limite d'Oula : huit restent sous le zougot.

Tossefot : Oula ne tient pas l'avis de Rava (109b), pour qui la coupe de bénédiction ne se joint pas pour le mal. Or ces dix coupes comprennent la birkat ha-mazon. Si cette coupe sortait du compte pour le mal, Oula n'aurait pas besoin de fonder l'exemption du nombre dix sur l'institution elle-même.

7
רַב חִסְדָּא וְרַבָּה בַּר רַב הוּנָא דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: ״שָׁלוֹם״, לְטוֹבָה — מִצְטָרֵף, לְרָעָה — לֹא מִצְטָרֵף. אֲבָל שִׁיתָּא יֵשׁ בָּהֶן מִשּׁוּם זוּגוֹת.

Rav Hisda et Rabba bar Rav Houna disent tous deux : " chalom ", pour le bien il se joint, pour le mal il ne se joint pas. Mais six ont en elles un interdit de zougot.

📜 Rachi (2)
שָׁלוֹם תֵּיבָה שְׁבִיעִית לִישָּׂא ה' פָּנָיו אֵלֶיךָ וְגוֹ':
Chalom : le septième mot de " que Hachem élève Sa face vers toi, etc. ".
לְטוֹבָה מִצְטָרֵף אִם שָׁתָה שִׁבְעָה וְחָזַר וְשָׁתָה אֶת הַשְּׁמִינִי אֵין שְׁמִינִי מִצְטָרֵף עִמָּהֶן:
Il se joint pour le bien : s'il a bu sept, puis est revenu boire la huitième, la huitième ne se joint pas avec elles.
💡 Explication

Chalom est le septième mot du troisième verset de la birkat kohanim : que Hachem élève Sa face vers toi et te donne la paix. Rav Hisda et Rabba bar Rav Houna : ce septième se joint pour le bien, et ne se joint pas pour le mal.

Rachi : après sept coupes, la huitième ne se joint pas avec elles. Huit sort donc du danger. La limite de cet avis : six ont encore un interdit de zougot.

8
רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: ״וִיחֻנֶּךָ״, לְטוֹבָה — מִצְטָרֵף. לְרָעָה — לֹא מִצְטָרֵף. אֲבָל אַרְבָּעָה יֵשׁ בָּהֶן מִשּׁוּם זוּגוֹת.

Rabba et Rav Yossef disent tous deux : " vihounekha ", pour le bien il se joint, pour le mal il ne se joint pas. Mais quatre ont en elles un interdit de zougot.

💡 Explication

Vihounekha, " et Il te fera grâce ", est le cinquième mot du deuxième verset de la birkat kohanim. Rabba et Rav Yossef lui donnent la même règle : il se joint pour le bien, pas pour le mal. Six sort donc du danger. Quatre ont encore un interdit de zougot.

9
אַבָּיֵי וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: ״וְיִשְׁמְרֶךָ״, לְטוֹבָה — מִצְטָרֵף, לְרָעָה — לֹא מִצְטָרֵף.

Abaye et Rava disent tous deux : " veyichmerekha ", pour le bien il se joint, pour le mal il ne se joint pas.

💡 Explication

Veyichmerekha, " et Il te gardera ", est le troisième mot du premier verset de la birkat kohanim. Abaye et Rava : il se joint pour le bien, pas pour le mal. Quatre coupes sortent ainsi du mal. Le segment suivant montre Rava en pratique.

10
וְאַזְדָּא רָבָא לְטַעְמֵיהּ, דְּרָבָא אַפְּקִינְהוּ לְרַבָּנַן בְּאַרְבָּעָה כּוֹסוֹת, אַף עַל גַּב דְּאִיתַּזַּק רָבָא בַּר לֵיוַאי, לָא חַשׁ לַהּ לְמִילְּתָא, דְּאָמַר: הָהוּא מִשּׁוּם דְּאוֹתְבַן בְּפִירְקָא הֲוָה.

Et Rava suit son avis, car Rava faisait sortir les sages avec quatre coupes. Bien que Rava bar Livai ait été atteint, il ne s'est pas soucié de la chose, car il a dit : celui-là, c'était parce qu'il m'avait contredit dans le cours.

📜 Rachi (2)
אַפְּקִינְהוּ לְרַבָּנָן בְּאַרְבָּעָה פְּעָמִים הַרְבֵּה כְּשֶׁהָיוּ נִפְטָרִים מִמֶּנּוּ הָיָה מַשְׁקָן וְיֵשׁ פְּעָמִים שֶׁלֹּא הָיָה מַשְׁקָן אֶלָּא ד' פְּעָמִים וְנִפְטָרִין:
Il les faisait sortir avec quatre : bien des fois, quand ils prenaient congé de lui, il leur donnait à boire. Et il y a des fois où il ne leur donnait à boire que quatre fois, et ils prenaient congé.
דְּאוֹתְבַן בְּפִרְקָא הֲוָה שֶׁהָיָה רָגִיל לְהַקְשׁוֹת בִּשְׁעַת הַדְּרָשָׁה:
C'est qu'il m'avait contredit dans le cours : il avait l'habitude de soulever des objections au moment du discours.
💡 Explication

Rava agit selon son avis : il laisse partir les sages après quatre coupes. Rachi : souvent il les faisait boire au moment du congé ; parfois quatre fois seulement, et ils partaient.

Rava bar Livai a été atteint. Rava ne rattache pas le dommage aux quatre coupes. Il le rattache au pirka : cet élève avait l'habitude de soulever des objections pendant le discours. Rachi : au moment de la deracha.

11
אָמַר רַב יוֹסֵף, אָמַר לִי יוֹסֵף שֵׁידָא: אַשְׁמְדַאי מַלְכָּא דְּשֵׁידֵי — מְמֻונֶּה הוּא אַכֻּולְּהוּ זוּגֵי, וּמַלְכָּא לָא אִיקְּרִי מַזִּיק. אִיכָּא דְּאָמְרִי לַהּ לְהַאי גִּיסָא: אַדְּרַבָּה, מַלְכָּא [רָתַחְנָא הוּא], מַאי דְּבָעֵי עֲבִיד, שֶׁהַמֶּלֶךְ פּוֹרֵץ גָּדֵר לַעֲשׂוֹת לוֹ דֶּרֶךְ וְאֵין מוֹחִין בְּיָדוֹ.

Rav Yossef a dit : Yossef le ched m'a dit : Achmedai, roi des chedim, est préposé à toutes les paires, et un roi n'est pas appelé mazik. Il y en a qui le rapportent dans l'autre sens : au contraire, un roi [est irascible], il fait ce qu'il veut, car le roi perce une clôture pour se faire un chemin, et nul ne s'oppose à lui.

📜 Rachi (1)
לָא אִתַּקַּרִי מַזִּיק וְלָא חָייְשִׁינַן לְזוּגוֹת:
Il n'est pas appelé mazik : et nous ne craignons pas les zougot.
🗂️ Tossefot (1)
וּמַלְכָּא לָא מִקְּרֵי מַזִּיק וְהָא דְּתַנְיָא לֹא יֹאכַל תְּרֵי הַיְינוּ מִשּׁוּם כְּשָׁפִים וְרַשְׁבָּ"ם פֵּירֵשׁ דִּפְעָמִים מַזִּיק: (שַׁייָּךְ לְקַמָּן פְּסָחִים דַּף קיא ע"א):
Et un roi n'est pas appelé mazik : et ce que la baraita enseigne, " il ne mangera pas deux ", c'est à cause de la sorcellerie. Et le Rachbam explique que parfois il nuit. (Cela se rattache plus loin, Pesachim daf 111a.)
🪔 Ben Yehoyada (1)
אַשְׁמְדַאי, מַלְכָּא דְּשֵׁידֵי, מְמֻנֶּה הוּא אַכֻּולְּהוּ זוּגֵי. פֵּירוּשׁ עַל אוֹתָם זוּגוֹת שֶׁל הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי שֶׁהֵם שְׁנֵי בֵּיצִים וּשְׁנֵי אֱגוֹזִים וּשְׁתֵּי קִישּׁוּאִין וְדָבָר אַחֵר וּכְמוֹ שֶׁאָמַר רַב דִּימֵי לְקַמָּן. וּמַה שֶׁאָמַר וּמַלְכָּא לָא אִיקְּרִי ' מַזִּיק ' לָאו יוֹסֵף שֵׁידָא קָאָמַר הָכִי אֶלָּא רַב יוֹסֵף הוּא דְּקָאָמַר כֵּן מִסְּבָרָה דְּנַפְשֵׁיהּ אַחַר שֶׁשָּׁמַע מִן יוֹסֵף שֵׁידָא דְּאָמַר אַשְׁמְדַאי מְמֻונֶּה אַזּוּגֵי שֶׁהֵם שְׁנֵי בֵּיצִים וְכוּ' הַנִּזְכָּר וְקָאָמַר רַב יוֹסֵף דְּמַלְכָּא לָא אִקְרֵי מַזִּיק לְהַזִּיק בְּכָל זוּגֵי דְּעָלְמָא וְרַק יַזִּיק בְּאוֹתָם הַזּוּגוֹת שֶׁנִּתְמַנָּה עֲלֵיהֶם אֲבָל הָאִיכָּא דְּאָמְרִי פְּלִיגִי עַל רַב יוֹסֵף וּסְבִירָא לֵיהּ אַדְּרַבָּה רְשׁוּת בְּיָדוֹ לְהַזִּיק יוֹתֵר מִן הַמָּסוּר בְּיָדוֹ וְלָכֵן אִיכָּא לְמֵיחַשׁ בְּכוּלְּהוּ זוּגֵי דְּעָלְמָא.
Achmedai, roi des chedim, est préposé à toutes les paires. Explication : sur ces paires qui sont une halakha le-Moché mi-Sinai, à savoir deux œufs, deux noix, deux concombres, et autre chose, comme Rav Dimi le dit plus loin. Et ce qu'il a dit, " et un roi n'est pas appelé mazik " : ces mots sont de Rav Yossef, de son propre raisonnement, après avoir entendu de Yossef le ched qu'Achmedai est préposé aux paires, à savoir deux œufs, et la suite mentionnée. Rav Yossef dit qu'un roi n'est pas appelé mazik pour nuire dans toutes les paires du monde, et qu'il ne nuira que dans ces paires sur lesquelles il a été préposé. Mais le " il y en a qui disent " conteste Rav Yossef, et estime qu'au contraire la licence lui est donnée de nuire au-delà de ce qui lui a été remis. C'est pourquoi il y a lieu de craindre dans toutes les paires du monde.
💡 Explication

Rav Yossef rapporte Yossef le ched : Achmedai, roi des chedim, est préposé à tous les zougot. Rav Yossef ajoute, et Rachi le glose : un roi n'est pas appelé mazik, on ne craint donc pas les zougot.

L'autre version renverse : un roi irascible fait ce qu'il veut. Le roi perce une clôture pour se faire un chemin, et nul ne s'oppose à lui. Tossefot : la baraita " il ne mangera pas deux " vise alors la sorcellerie. Le Rachbam : parfois le roi nuit. Le renvoi est à Pesachim 111a.

Ben Yehoyada limite la première lecture aux paires de la halakha le-Moché mi-Sinai (deux œufs, deux noix, deux concombres, et autre chose, plus loin par Rav Dimi). L'autre avis étend la crainte à toutes les paires.

12
אָמַר רַב פָּפָּא, אָמַר לִי יוֹסֵף שֵׁידָא: בִּתְרֵי קָטְלִינַן, בְּאַרְבָּעָה לָא קָטְלִינַן, בְּאַרְבָּעָה מַזְּקִינַן. בִּתְרֵי, בֵּין בְּשׁוֹגֵג בֵּין בְּמֵזִיד. בְּאַרְבָּעָה, בְּמֵזִיד — אִין, בְּשׁוֹגֵג — לֹא.

Rav Papa a dit : Yossef le ched m'a dit : à deux, nous tuons ; à quatre, nous ne tuons pas ; à quatre, nous nuisons. À deux, que ce soit en chogeg ou en mezid.

À quatre, en mezid, oui ; en chogeg, non.

📜 Rachi (1)
בִּתְרֵי כָּסֵי קָטְלִינָא לֵיהּ מִשּׁוּם זוּגוֹת:
À deux : des coupes, je le tue à cause des zougot.
💡 Explication

Second rapport de Yossef le ched, cette fois à Rav Papa. Deux coupes : les chedim tuent, en chogeg (par inadvertance) comme en mezid (volontairement). Rachi : " je le tue ", à cause des zougot.

Quatre : ils ne tuent pas, ils nuisent. Le oui et le non de la fin portent sur ce dommage : mezid, oui ; chogeg, non.

🖼️ Schéma
Deux tue, quatre nuitDeux coupesNous tuonsChogeg : ouiMezid : ouiRachi : je le tue, à cause des zougotQuatre coupesNous ne tuons pasNous nuisonsMezid : oui. Chogeg : nonLe oui porte sur le dommageYossef le ched à Rav Papa
Deux coupes : mort, chogeg ou mezid. Quatre coupes : dommage seulement en mezid.
13
וְאִי אִישְׁתְּלִי וְאִיקְּרִי וּנְפַק, מַאי תַּקַּנְתֵּיהּ? לִינְקֹוט זַקְפָּא דִּידֵיהּ דְּיַמִּינֵיהּ בִּידָא דִּשְׂמָאלֵיהּ וְזַקְפָּא דִשְׂמָאלֵיהּ בִּידָא דְיַמִּינֵיהּ, וְנֵימָא הָכִי: ״אַתּוּן וַאֲנָא — הָא תְּלָתָא״. וְאִי שְׁמִיעַ לֵיהּ דְּאָמַר: ״אַתּוּן וַאֲנָא — הָא אַרְבָּעָה״, נֵימָא לֵיהּ: ״אַתּוּן וַאֲנָא — הָא חֲמִשָּׁה״. וְאִי שְׁמִיעַ לֵיהּ דְּאָמַר: ״אַתּוּן וַאֲנָא — הָא שִׁיתָּא״, נֵימָא לֵיהּ: ״אַתּוּן וַאֲנָא — הָא שִׁבְעָה״. הֲוָה עוֹבָדָא עַד מְאָה וְחַד, וּפָקַע שֵׁידָא.

Et s'il a oublié, et qu'il est arrivé qu'il sorte, quel est son remède ? Qu'il saisisse le pouce de sa main droite dans sa main gauche, et le pouce de sa main gauche dans sa main droite, et qu'il dise ainsi : " Vous et moi, cela fait trois.

" Et s'il entend qu'on dit : " Vous et moi, cela fait quatre ", qu'il lui dise : " Vous et moi, cela fait cinq. " Et s'il entend qu'on dit : " Vous et moi, cela fait six ", qu'il lui dise : " Vous et moi, cela fait sept.

" Il y eut un fait jusqu'à cent un, et le ched éclata.

📜 Rachi (3)
אִיקְּרִי וְנָפֵיק בְּזוּגוֹת מַאי תַּקַּנְתֵּיהּ:
Il est arrivé qu'il sorte : en zougot. Quel est son remède ?
זַקְפָּא אֲגוּדָל:
Zekafa : le pouce.
וְאִי שָׁמַע קָלָא וַאֲפִילּוּ קוֹל אָדָם אוֹ אִשָּׁה דְּאָמַר אַרְבָּעָה נֵימָא אִיהוּ חֲמִשָּׁה:
Et s'il entend une voix : même une voix d'homme ou de femme qui dit quatre, que lui dise cinq.
🪔 Ben Yehoyada (1)
לִנְקֹוט זַקְפָּא דִידֵיהּ דְּיַמִּינֵיהּ בִּידֵיהּ דִּשְׂמָאלֵיהּ, וְזַקְפֵיהּ דִּידֵיהּ דִּשְׂמָאלֵיהּ בִּידֵיהּ דִּימִינֶיהָ. נִרְאֶה לִי דְּהַגּוּדָל רוֹמֵז לְיִשְׂרָאֵל וּכְמוֹ שֶׁכָּתַבְנוּ בְּמָקוֹם אַחֵר וּמַנִּיחַ וּמַצְנִיעַ גֹּודֶל יָמִין בְּיַד שְׂמֹאל וְגֹודֶל שְׂמֹאל בְּיַד יָמִין כְּדֵי לִכְלֹול החו"ג [חֶסֶד וּגְבוּרָה] לְמַתֵּק הַגְּבוּרָה בְּחֶסֶד וּבָזֶה יִתְגַּבֵּר עַל הַסִּיטְרָא אַחֲרָא. וּמַה שֶׁאָמַר הֲוָה עוּבְדָא, עַד מֵאָה וְחַד, וּפָקַע שֵׁידָא נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם שֶׁפָּקַע בק"א מִפְּנֵי שֶׁמְּסַפֵּר ק"א הוּא 'מִיכָאֵל' [101] שֶׁהוּא שַׂר הַחֶסֶד וְהַקְּלִיפּוֹת אֵין לָהֶם יְנִיקָה מִצַּד הַחֶסֶד אֶלָּא רַק מִצַּד הַגְּבוּרָה. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד דְּכָתַבְנוּ בְּמָקוֹם אַחֵר פְּלוֹנִי חֶצְיוֹ ס " מ הֵם רַע וְחֶצְיוֹ א " ל הֵם מִצַּד הַקְּדֻושָּׁה וּלְעָתִיד יִתְבַּטֵּל הָרַע שֶׁהוּא ס"מ וְיִשָּׁאֵר רַק אוֹתִיּוֹת א"ל. וְיָדוּעַ כִּי הַמַּזִּיקִין הֵם מִצַּד פְּלוֹנִי אַךְ הֵם מִן הָרַע שֶׁבּוֹ שֶׁהוּא אוֹתִיּוֹת ס"מ שֶׁמִּסְפָּרָם מֵאָה וְלָכֵן הַשָּׁד הִגִּיעַ בִּדְבָרָיו 'עַד מֵאָה' שֶׁהוּא מִסְפַּר ס"מ דְּאָחוּז בָּהֶם דְּאֵין לוֹ אֲחִיזָה בְּאוֹתִיּוֹת א"ל דִּפְלוֹנִי וְלָכֵן כְּשֶׁאָמַר אַחֲרָיו 'מֵאָה וְאֶחָד' פָּקַע הַשָּׁד מֵחֲמַת מִסְפָּר אֶחָד שֶׁהִזְכִּיר אַחַר הַמֵּאָה דְּהוּא אֵין לוֹ אֲחִיזָה בְּמִסְפַּר א' הַבָּא אַחַר ס"מ דִּפְלוֹנִי [סמ א ל] . וּבָזֶה נִיחָא נָמֵי לְהָבִין מַאֲמָר שֶׁאַחֲרֵי זֶה (בְּדַף קיא) דְּקָאָמַר 'נִפְתַּח בְּאֵל וִיסַיֵּים בְּאֵל אוֹ יִפְתַּח בְּלֹא וִיסַייֵּם בְּלֹא' וְצָרִיךְ טַעַם מַאי רְבוּתַיְיהוּ שֶׁל תֵּיבוֹת אֵלּוּ שֶׁהֵם אֵל אוֹ לֹא? וּבָזֶה מוּבָן שַׁפִּיר כִּי רוּחַ רָעָה וּמַזִּיקִין אֵין לָהֶם אֲחִיזָה בְּאוֹתִיּוֹת 'אֵל' אוֹ אוֹתִיּוֹת 'לָא' שֶׁיֵּשׁ בְּשֵׁם פְּלוֹנִי [סמ אֵל ] .
Qu'il saisisse le pouce de sa droite dans sa main gauche, et le pouce de sa gauche dans sa main droite. Il me paraît que le pouce fait allusion à Israël, comme nous l'avons écrit ailleurs. Il place et cache le pouce droit dans la main gauche, et le pouce gauche dans la main droite, afin d'inclure le hesed et la gevoura, pour adoucir la gevoura par le hesed, et par là l'emporter sur la sitra a'hra. Et ce qu'il a dit : il y eut un fait, jusqu'à cent un, et le ched éclata. Il me paraît, avec l'aide du Ciel, la raison pour laquelle il a éclaté à 101 : le nombre 101 est Mikhael, qui est le sar du hesed, et les kelipot n'ont de yniqa que du côté de la gevoura. Et il me paraît encore, avec l'aide du Ciel, comme nous l'avons écrit ailleurs : Ploni, sa moitié samekh-mem est le mal, et sa moitié aleph-lamed est du côté de la sainteté. À l'avenir, le mal, qui est samekh-mem, sera annulé, et il ne restera que les lettres aleph-lamed. Et il est connu que les mazikin sont du côté de Ploni, et ils viennent du mal qui est en lui, les lettres samekh-mem, dont le nombre est cent. C'est pourquoi le ched est arrivé dans ses paroles jusqu'à cent, nombre de samekh-mem, en lequel il a prise, car il n'a pas de prise dans les lettres aleph-lamed de Ploni. C'est pourquoi, quand il a dit après lui " cent un ", le ched a éclaté, à cause du nombre un qu'il a mentionné après le cent : il n'a pas de prise dans le nombre un qui vient après le samekh-mem de Ploni. Et par là se comprend aussi le propos qui suit (daf 111), qui dit : il ouvrira par aleph-lamed et finira par aleph-lamed, ou il ouvrira par lamed-aleph et finira par lamed-aleph. Il faut une raison : quelle est la particularité de ces mots, aleph-lamed ou lamed-aleph ? Par là, c'est compris : un esprit mauvais et les mazikin n'ont pas de prise dans les lettres aleph-lamed, ni dans les lettres lamed-aleph, qui sont dans le nom de Ploni.
💡 Explication

S'il a oublié et qu'il est sorti en zougot, le remède : saisir le zekafa, le pouce droit, dans la main gauche, et le pouce gauche dans la main droite. Il dit : " Vous et moi, cela fait trois. " Les deux pouces et lui font un impair. Si une voix reprend sur le pair suivant, quatre, puis six, il répond cinq, puis sept.

Rachi : la voix peut être celle d'un homme ou d'une femme. Un cas est monté jusqu'à cent un, et le ched a éclaté.

Ben Yehoyada : croiser les pouces inclut hesed et gevoura, pour adoucir la gevoura et l'emporter sur la sitra a'hra. 101 est le compte de Mikhael, sar du hesed. Les kelipot n'ont de yniqa que du côté de la gevoura. Le ched suit le mal de Ploni, les lettres samekh-mem, qui font cent, et il lâche prise au un qui vient ensuite.

🖼️ Schéma
Sorti en pair : compter l'impairGestePouce droit dansla main gaucheEt l'inverseDireVous et moi= 3Voix : 4Répondre5Voix : 6Répondre7Un cas est allé jusqu'à 101Le ched a éclatéRachi : même une voix d'homme ou de femme. Zekafa = le pouce
Pouces croisés. Dire trois. Si la voix dit quatre, répondre cinq ; si six, répondre sept. À 101, le ched éclate.
14
אָמַר אֲמֵימַר: אֲמַרָה לִי רֵישָׁתִינְהִי דְּנָשִׁים כַּשְׁפָנִיּוֹת: הַאי מַאן דְּפָגַע בְּהוּ בְּנָשִׁים כַּשְׁפָנִיּוֹת, נֵימָא הָכִי: ״חָרֵי חַמִּימֵי בְּדִיקּוּלָא בַּזְיָיא לְפֻומַּייְכוּ נְשֵׁי דְּחָרָשַׁיָּיא, קֹרַח קַרְחַייְכִי, פָּרַח פַּרְחַיְיכִי,

Ameimar a dit : la chef des femmes sorcières m'a dit : celui qui les rencontre, les femmes sorcières, qu'il dise ainsi : " Des excréments chauds dans un panier déchiré, pour vos bouches, femmes de sorcellerie ; que soient arrachés vos cheveux, que s'envolent vos miettes,

📜 Rachi (5)
רֵישָׁתִינְהִי דְּנָשִׁים כַּשְׁפָנִיּוֹת הַשּׁוֹלְטוֹת עֲלֵיהֶם אָמְרָה לִי דָּבָר זֶה:
La chef des femmes sorcières : celle qui a autorité sur elles m'a dit cette chose.
חָרֵי חַמִּימֵי בְּדִיקּוּלֵי בַּזְיָיא צוֹאָה חַמָּה בְּסַלִּים נְקוּבִים וּקְרוּעִים לְפֻומַּייְכוּ:
Excrements chauds dans des paniers déchirés : de l'excrément chaud dans des paniers percés et déchirés, pour vos bouches.
נְשֵׁי חַרָּשָׁיָיתָא יִזְדַּמְּנוּ לְפִיכֶם נָשִׁים כַּשְׁפָנִיּוֹת:
Femmes de sorcellerie : que se présentent à votre bouche des femmes sorcières.
קֹרַח קַרְחַיְיכִי יְהִי רָצוֹן שֶׁיִּמָּרְטוּ אוֹתָן שְׂעָרוֹת שֶׁלָּכֶם שֶׁאֶתֵּן מְכַשְּׁפוּת בָּהֶן:
Que soient arrachés vos cheveux : que ce soit la volonté que l'on arrache ces cheveux des vôtres, avec lesquels vous ensorcelez.
פָּרַח פִּרְחַיְיכֵי יִשָּׂא הָרוּחַ אוֹתָן פֵּירוּרֵי לֶחֶם שֶׁאֶתֵּן מְכַשְּׁפוּת בָּהֶן:
Que s'envolent vos miettes : que le vent emporte ces miettes de pain avec lesquelles vous ensorcelez.
🗂️ Tossefot (1)
הַאי מַאן דְּפָגַע בְּאִיתְּתָא כּוּ' וְהָא דְאָמַר בְּמִי שֶׁמֵּתוּ (בְּרָכוֹת דַּף כ.) ר' יוֹחָנָן הֲוָה קָאֲזִיל וְיָתֵיב אַשַּׁעֲרֵי טְבִילָה כִּי הֵיכִי דְּיָלְדָן זַרְעָא כְּוָותֵיהּ הָכָא דְּפָגַע בְּעֵת שֶׁעוֹלֶה מִן הַמַּיִם וְר' יוֹחָנָן אַשַּׁעֲרֵי טְבִילָה יָתֵיב אִי נָמֵי הָתָם יָתֵיב הָכָא פָּגַע אִי נָמֵי רַבִּי יוֹחָנָן הָיָה אוֹמֵר שׁוֹפֵךְ בּוּז עַל וְגוֹ':
Celui qui rencontre une femme, etc. Et ce qu'on a dit dans Mi che-meto (Berakhot daf 20a) : Rabbi Yo'hanan marchait et s'asseyait aux portes de l'immersion, afin qu'elles enfantent une descendance semblable à lui. Ici, il rencontre au moment où elle monte des eaux, et Rabbi Yo'hanan s'asseyait aux portes de l'immersion. Ou bien : là-bas il s'asseyait, ici il rencontre. Ou bien : Rabbi Yo'hanan disait : " Il verse le mépris sur... "
💡 Explication

Ameimar rapporte la chef des femmes sorcières. La formule s'adresse à elles, et la page la coupe ici ; elle continue en 110b. Rachi dégage les mots : excrément chaud dans des paniers percés, pour leur bouche ; que soient arrachés les cheveux avec lesquels elles ensorcellent ; que le vent emporte les miettes de pain avec lesquelles elles ensorcellent.

Tossefot rapproche le fait de rencontrer une femme de Berakhot 20a, où Rabbi Yo'hanan s'asseyait aux portes de l'immersion afin qu'elles enfantent une descendance semblable à lui. Trois différences : ici la rencontre est au moment où elle monte des eaux ; là-bas il était assis, ici on rencontre ; ou bien Rabbi Yo'hanan disait le verset " Il verse le mépris sur... ".

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).