Pesachim 10à - Souris, chemins, et comptés de hamets

Pesachim 10a

Sougya : Le daf poursuit la souris qui emporte du hamets vers des maisons déjà vérifiées, et aligne chaque cas sur un modèle de safek touma. Le principe je dis, vu pour les corbeilles, vaut pour une terouma de rabanane ; la bedika du hamets est elle aussi de rabanane, car de la Torah le bitoul suffit.

Un tas devant deux maisons vérifiées suit les deux chemins : Rava fixe quand les deux sont impurs, quand ils sont purs, et le seul point de divergence. Un safek d'entrée suit la vallée ; une entrée puis une bedika sans trouvaille suit Rabbi Meir ; une trouvaille suit le tombeau perdu.

Neuf pains devenus dix, où dix devenus neuf, suivent la mane de maaser sheni, entre Rabbi et les Sages.

Six cas de hamets, six modèles Cas du hamets Modèle rapporté Un tas, deux maisons vérifiées Souris : on ignore laquelle Deux chemins, un impur, un pur Safek : elle est entrée, où non Vallée, jours de pluie Rabbi Eliezer et les Sages Entrée, bedika, rien trouvé La tranche n'est plus la Hazaka de touma : Rabbi Meir Entrée, bedika, une tranche trouvée Tombeau perdu, puis trouve Rabbi et Rabban Shimon b. Gamliel Neuf posés, dix trouves Mane posée, deux cents trouves Rabbi : mélange. Sages : tout hullin Dix posés, neuf trouves Deux cents posés, une mane trouvée Seifa de la même baraita
Chaque scène de souris et de hamets est ramenée à un safek déjà règle : chemins, vallée, tertre, tombeau, mane.
Rava : trois façons de poser la question En une seule fois Les deux ensemble Une seule horaa Tous : impurs L'un des deux est vadai tamei L'un après l'autre Chacun sur lui seul Safek dans le reshout harabbim Tous : purs Hazaka de tahara, chacun à part Sur soi et sur l'autre Un seul questionneur Il demande pour les deux R. Yosse : comme en une fois R. Yehouda : comme l'un après Seul point de mahloket Maisons, chacun à part Bedika de rabanane : pas de nouvelle bedika Maisons, les deux ensemble Les deux doivent vérifier
Rava. En une fois : impurs. L'un après l'autre : purs. Sur soi et sur l'autre : Rabbi Yosse comme en une fois, Rabbi Yehouda comme l'un après l'autre. Pour les maisons, la bedika de rabanane tranche vers le kula quand chacun demande à part.
Le compte à changé : Rabbi et les Sages Neuf, puis dix Mane, puis deux cents Rabbi : hullin et maaser mélangés Sages : tout est hullin Dix, puis neuf Deux cents, puis une mane Rabbi : une posée, une emportée Sages : tout est hullin Hamets, selon Rabbi Ce qui est trouvé est des premiers On ne cherche que la tranche perdue Hamets, selon les Sages Les premières ne sont plus la On vérifie toute la maison
Le nombre à grandi où à baisse. Rabbi garde les premières pièces dans le tas. Les Sages tiennent que les premières sont parties : tout est hullin, et pour le hamets on reverifie la maison.
1
בתרומה דרבנן. בחמץ דאורייתא מי אמרינן?! אטו בדיקת חמץ דאורייתא? דרבנן היא! דמדאורייתא בביטול בעלמא סגי ליה.

Pour la terouma de rabanane. Pour le hamets de la Torah, dirions-nous cela ?

La bedika du hamets est-elle de la Torah ? Elle est de rabanane !

Car de la Torah, un simple bitoul (annulation) lui suffit.

📜 Rachi (1)
בתרומה דרבנן בזמן הזה:
De nos jours.
💡 Explication

Suite du je dis des deux corbeilles : on rattache l'interdit à l'interdit et le permis au permis. Ce principe à été dit pour la terouma, de rabanane de nos jours. Le hamets lui-même est un interdit de la Torah. La bedika, elle, est de rabanane : de la Torah, le bitoul suffit. Le kula du je dis reste donc en place.

🖼️ Schéma
Pourquoi la bedika reste de rabanane De la Torah Le bitoul suffit La bedika Institution de rabanane Comme la terouma Le je dis s'applique
Bitoul de la Torah, bedika de rabanane : le je dis de la terouma s'applique au hamets.
2
צבור אחד של חמץ ולפניו שני בתים בדוקין, ואתא עכבר ושקל, ולא ידעינן אי להאי על אי להאי על — היינו שני שבילין. דתנן: שני שבילין, אחד טמא ואחד טהור, והלך באחד מהן ועשה טהרות, ובא חבירו והלך בשני ועשה טהרות.

Un seul tas de hamets, et devant lui deux maisons vérifiées. Une souris vient et prend.

Nous ne savons pas si elle est entrée dans celle-ci où dans celle-là. C'est le cas des deux chemins.

Comme l'enseigne la michna : deux chemins, l'un impur et l'un pur. Il à marche dans l'un d'eux et à fait des taharot.

Son compagnon est venu, à marche dans le second, et à fait des taharot.

📜 Rachi (5)
ולא ידעינן אי להאי על ואי להאי על אי מצרכינן בדיקה לתרוייהו אי לא:
Exige-t-on une bedika pour les deux, ou non.
היינו שני שבילין מהא דתנן גבי שני שבילין מצינו למיפשט:
De ce que la michna enseigné sur les deux chemins, nous pouvons trancher.
אחד טמא קבר מוטל בו לרחבו וממלא את כולו ואין עובר בו שלא יאהיל:
Une tombe y est posée sur toute sa largeur et le remplit entièrement. On n'y passe pas sans faire ohel (couvrir le mort).
והלך ועשה טהרות נגע בטהרות אח"כ:
Il à touché des taharot ensuite.
והלך בשני יודעין הן שבשביל שהלך זה לא הלך זה דהשתא ודאי אחד מהן טמא:
Ils savent que, dans le chemin où celui-ci à marche, celui-là n'a pas marche. Dès lors, l'un d'eux est certainement impur.
🗂️ Tossefot (1)
הלך באחד מהן ועשה טהרות הא דנקט טהרות ולא קאמר אדם טהור משום דלגברי אע"ג דמוקמינן לה בחזקת טהורים מצריכין להו טבילה והזאה שלא יגעו שניהם בתרומה דאז התרומה טמאה ודאית והאוכל במיתה ואם נגעו שניהם באחד ונכנס למקדש חייב:
S'il parle de taharot et non d'un homme pur : pour les hommes, même si on les maintient dans leur hazaka de tahara, on leur exige tevila (immersion) et haza'a (aspersion), afin qu'ils ne touchent pas tous les deux à de la terouma. Alors la terouma est impure de façon certaine, et celui qui en mange est passible de mort. Et s'ils ont touché tous les deux une même personne, et que celle-ci entre dans le Temple, elle est coupable.
💡 Explication

Les deux maisons sont déjà bedukot. La souris à pris au tas, et l'on ignore laquelle elle à prise. Le modèle est la michna des deux chemins : l'un porte une tombe sur toute sa largeur, l'autre est pur. Chacun à marche dans un chemin différent, puis à touché des taharot. L'un des deux est vadai impur. On ignore lequel.

Tossefot : la michna statue sur les taharot, et laisse les hommes sur leur hazaka. On leur demande quand même tevila et haza'a. S'ils touchent tous les deux la même terouma, elle est vadai impure. S'ils touchent tous les deux une personne qui entre au Temple, cette personne est coupable.

🖼️ Schéma
Un tas, deux maisons déjà vérifiées Tas de hamets La souris prend Maison vérifiée Maison vérifiée Laquelle à-t-elle prise ? Modèle : deux chemins
Un seul tas, deux maisons vérifiées. La souris entre dans l'une des deux : on ne sait pas laquelle.
3
רבי יהודה אומר: אם נשאלו זה בפני עצמו וזה בפני עצמו — טהורין. שניהן בבת אחת — טמאין. רבי יוסי אומר: בין כך ובין כך טמאין.

Rabbi Yehouda dit : s'ils ont interroge, celui-ci pour lui-même et celui-là pour lui-même, ils sont purs. Tous les deux en une seule fois, ils sont impurs.

Rabbi Yosse dit : dans un cas comme dans l'autre, ils sont impurs.

📜 Rachi (1)
אם נשאלו כל א' לחכם ספקו בפני עצמו טהור ואין ב"ד יכול לטמאו כדקיימא לן בספק טומאה ברה"ר ספקו טהור ואם באו בבת אחת הואיל ובהוראה אחת יש לנו לומר טמאין או טהורין אי אפשר לנו לומר להם טהורים אתם שהרי האחד ודאי טמא ר' יוסי אומר בין כך ובין כך טמאין גרס:
Chacun auprès du sage, son doute pour lui seul : il est pur, et le beit din ne peut pas le déclarer impur. Il est établi : un safek de touma dans le reshout harabbim, son doute est pur. S'ils viennent en une seule fois, il y a une seule horaa (décision) : les déclarer impurs, où les déclarer purs. Leur dire à tous deux qu'ils sont purs est impossible, car l'un d'eux est certainement impur. On lit : Rabbi Yosse dit, dans un cas comme dans l'autre, ils sont impurs.
🗂️ Tossefot (1)
בבת אחת ד"ה טמאים נראה דהיינו מדרבנן דמדאוריית' אפי' בבת אחת טהורים:
Il semble que ce soit de rabanane. De la Torah, même en une seule fois, ils sont purs.
💡 Explication

Le chemin est un reshout harabbim. À part, chaque safek reste pur : le beit din n'a pas de quoi casser la hazaka. En une seule fois, une seule horaa porte sur les deux. Déclarer les deux purs dirait pur un homme qui est vadai impur. Rabbi Yehouda les déclare alors impurs.

Rabbi Yosse les déclare impurs dans les deux formes de question. Tossefot : l'impureté de la question posée ensemble est de rabanane. De la Torah, le safek du reshout harabbim reste pur même en une seule fois.

4
אמר רבא ואיתימא רבי יוחנן: בבת אחת — דברי הכל טמאין. בזה אחר זה — דברי הכל טהורין. לא נחלקו אלא בבא להשאל עליו ועל חבירו. רבי יוסי מדמי ליה לבת אחת, ורבי יהודה מדמי ליה לזה אחר זה.

Rava à dit, et d'autres disent Rabbi Yo'hanan : en une seule fois, tout le monde dit qu'ils sont impurs. L'un après l'autre, tout le monde dit qu'ils sont purs.

Ils ne divergent que la où l'un vient interroger sur lui-même et sur son compagnon. Rabbi Yosse l'assimile à en une seule fois, et Rabbi Yehouda l'assimile à l'un après l'autre.

📜 Rachi (3)
בזה אחר זה דברי הכל טהורין אע"פ שכל אחד אומר לפנינו כך היה המעשה שלי ושל חבירי אבל איני נשאל אלא על עצמי מה תהא עלי:
Chacun dit bien devant nous : ainsi s'est passé mon fait et celui de mon compagnon. Il n'interroge que sur lui-même : que va-t-il advenir de moi.
עליו ועל חבירו מה תהא על שנינו ר' יוסי מדמי להו לבת אחת ואע"פ שאין שניהן לפניך צריך אתה הוראה אחת לשניהן או טמאין אתם או טהורין אתם והרי אין אתה יכול לומר טהורין אתם:
Que va-t-il advenir de nous deux. Rabbi Yosse les assimilé à en une seule fois. Même si les deux ne sont pas devant toi, tu dois une seule horaa pour les deux : ou vous êtes impurs, où vous êtes purs. Or tu ne peux pas dire : vous êtes purs.
ר' יהודה מדמי להו לזה אחר זה הואיל ואין כאן שואל אלא אחד משיבין לו טהור אתה שהרי ספק ביאה הוא ומעצמו יבין שאף חבירו כמוהו אבל כששניהן שואלין בתוך כדי דיבור צריך אתה להשיב לשניהן כאחד וגבי בתים נמי אם באו לשאול זה לעצמו וזה בפני עצמו אמרינן ליה לכל חד אי אתה צריך לבדוק דכיון דבדיקת חמץ דרבנן תלינן לקולא ואמרינן ספקו מותר ואי בבת אחת באו שניהן צריכין בדיקה:
Puisqu'il n'y a ici qu'un seul questionneur, on lui répond : tu es pur, car c'est un safek d'entrée. De lui-même il comprendra que son compagnon est dans le même cas. Quand les deux interrogent dans le temps d'une parole (tokh kedei dibbour), tu dois répondre aux deux ensemble. Pour les maisons, de même : s'ils viennent demander, celui-ci pour lui-même et celui-là pour lui-même, on dit à chacun : tu n'as pas à vérifier. La bedika du hamets est de rabanane, on tranche vers le kula, et son safek est permis. S'ils viennent en une seule fois, tous les deux doivent vérifier.
💡 Explication

Rava resserre la mahloket. Ensemble : impureté, pour les deux maîtres. L'un après l'autre, chacun ne demandant que pour soi : pureté, pour les deux maîtres. Le désaccord ne porte que sur un homme qui demande à la fois pour lui et pour l'autre. Rabbi Yosse traité cette question comme une horaa unique. Rabbi Yehouda répond au seul homme présent : tu es pur.

Rachi en tire la nafka mina des maisons. Chacun demande à part : la bedika est de rabanane, on dit à chacun qu'il n'a pas à reverifier. Ils demandent ensemble : les deux maisons sont à reverifier.

5
ספק על, ספק לא על — היינו בקעה, ובפלוגתא דרבי אליעזר ורבנן.

Doute si elle est entrée, doute si elle n'est pas entrée : c'est le cas de la vallée, dans la divergence de Rabbi Eliezer et des Sages.

📜 Rachi (2)
ספק על ספק לא על ראה עכבר שנטל חמץ בחצר והבית בדוק ואין יודע אם נכנס או לא נכנס:
Il à vu une souris prendre du hamets dans la cour. La maison est vérifiée. Il ne sait pas si elle est entrée où si elle n'est pas entrée.
בקעה הרבה שדות הסמוכים יחד קרי בקעה:
Beaucoup de champs joints ensemble, on appelle cela une vallée.
🗂️ Tossefot (1)
ספק על ספק לא על היינו בקע' תימה לר"י מה שייך לדמויי לבקעה דהכא אפי' ליכא אלא ספק אחד אוקמא אחזקת בדוק כדאמרינן לעיל ולעיל דימה אותו לספק טומאה ברשות הרבים והכא מדמי לספק טומאה ברשות היחיד:
C'est étonnant pour le Ri : en quoi cela se compare-t-il à la vallée ? Ici, même s'il n'y a qu'un seul doute, on maintient la maison sur sa hazaka de vérifiée, comme on l'a dit plus haut. Plus haut, on a comparé le cas à un safek de touma dans le reshout harabbim. Ici, on le compare à un safek de touma dans le reshout hayahid.
💡 Explication

Autre scène : la souris à pris du hamets dans la cour, la maison est déjà vérifiée, et l'on ignore si elle à franchi le seuil. Un seul safek : entrée, où non. La Guemara le ramène à la vallée aux jours de pluie, reshout hayahid pour la touma.

Tossefot relève deux écarts. Un safek unique, plus haut, restait sur la hazaka de la maison vérifiée. Et le modèle d'avant était le reshout harabbim, alors que la vallée est un reshout hayahid.

6
דתנן: הנכנס לבקעה בימות הגשמים, וטומאה בשדה פלונית, ואמר אחד: הלכתי במקום הלז, ואיני יודע אם נכנסתי באותה שדה ואם לא נכנסתי. רבי אליעזר מטהר, וחכמים מטמאין.

Comme l'enseigne la michna : celui qui entre dans une vallée aux jours des pluies, et il y a une touma dans tel champ. L'un à dit : j'ai marche en cet endroit, et je ne sais pas si je suis entré dans ce champ où si je n'y suis pas entre.

Rabbi Eliezer le déclare pur, et les Sages le déclarent impur.

📜 Rachi (4)
בימות הגשמים הויא בקעה רשות היחיד לטומאה מפני שכבר צמח הזרע ואין רשות לכל אדם ליכנס לה וקי"ל ספק טומאה ברשות היחיד ספקו טמא:
La vallée est un reshout hayahid pour la touma, parce que la semence à déjà pousse et que personne n'a le droit d'y entrer. Il est établi : un safek de touma dans le reshout hayahid, son doute est impur.
בשדה פלונית כלומר באחת השדות ויודעין אנו באיזו היא וכל שדה ושדה מסויימת במצריה:
C'est-à-dire dans l'un des champs. Nous savons lequel. Chaque champ est délimite par ses bornes.
במקום הלז בבקעה זו:
Dans cette vallée.
וחכמים מטמאין דהויא ליה ספק טומאה ברה"י ור"א לא חשיב לה ספק טומאה אא"כ נכנס לשדה אבל אינו יודע אם האהיל אם לא אבל השתא הוה ליה ספק ספיקא וגבי בתים אפילו רבנן מודו דכיון דבדיקת חמץ דרבנן תלינן לקולא:
C'est un safek de touma dans le reshout hayahid. Rabbi Eliezer ne compte un safek de touma que s'il est entre dans le champ et ignore s'il à fait ohel où non. Ici, c'est un safek sefeika. Pour les maisons, les Sages eux-mêmes conviennent : la bedika du hamets est de rabanane, on tranche vers le kula.
💡 Explication

Aux jours de pluie les semences ont lève : entrer dans le champ d'autrui est interdit. La vallée compte alors comme reshout hayahid. La touma est dans un champ connu, borne. L'homme à marche dans la vallée et ignore s'il à entre dans ce champ. Rabbi Eliezer le déclare pur. Les Sages le déclarent impur, safek de touma dans le reshout hayahid.

Rachi : pour Rabbi Eliezer, le vrai safek de touma commence une fois l'entrée acquise, quand on ignore l'ohel. Ici il y a deux doutes, un safek sefeika. Pour les maisons, les Sages vont au kula : la bedika est de rabanane.

7
שהיה רבי אליעזר אומר: ספק ביאה — טהור, ספק מגע טומאה — טמא.

Car Rabbi Eliezer disait : un safek d'entrée est pur, un safek de contact avec la touma est impur.

🗂️ Tossefot (1)
ספק ביאה טהור פר"י דבספק ספיקא פליגי וכן פר"ת במסכת ע"ז פרק בתרא (ד' ע.) אבל רש"י פירש שם בע"א ונראה לר"י דטעמא דרבי אליעזר דמטהר בספק ספיקא משום דלא גמרינן מסוטה לטמא ברשות היחיד אלא ספיקא אחת כסוטה אבל תרי ספיקי לא ורבנן סברי כיון דמן הדין אפי' בספיקא אחת היה לטהר דאוקמא אחזקת טהרה ואפ"ה טמא הוא הדין אפילו בתרי ספיקי:
Le Ri explique qu'ils divergent sur un safek sefeika. Rabbeinou Tam expliqué de même dans le traité Avoda Zara, dernier chapitre (70à). Rachi, la-bas, expliqué autrement. Il paraît au Ri que la raison de Rabbi Eliezer, qui déclare pur dans un safek sefeika, est celle-ci : l'apprentissage depuis la sota, pour rendre impur dans le reshout hayahid, porte sur un seul safek, à l'image de la sota. Deux safek restent en dehors de cet apprentissage. Les Sages tiennent : en droit, même un seul safek aurait dû être pur, la chose restant sur sa hazaka de tahara, et il est impur. La même règle vaut pour deux safek.
💡 Explication

Formule de Rabbi Eliezer. Safek bia : on ignore s'il est entre dans le lieu de la touma, il est pur. Safek maga : il est entre, et l'on ignore s'il à touché la touma, il est impur.

Tossefot, selon le Ri : la mahloket porte sur le safek sefeika. On apprend de la sota à rendre impur dans le reshout hayahid un seul safek. Les Sages étendent la règle à deux safek, puisque déjà un seul safek, que la hazaka de tahara aurait laissé pur, est déclaré impur.

🖼️ Schéma
Rabbi Eliezer : safek d'entrée, safek de contact Safek bia À-t-il entre dans le champ ? Deux doutes : entrée, puis ohel Rabbi Eliezer : pur Safek sefeika Safek maga Il est entre À-t-il touche, à-t-il fait ohel ? Rabbi Eliezer : impur Un seul safek, reshout hayahid
Safek bia : deux doutes, Rabbi Eliezer déclare pur. Safek maga : l'entrée est acquise, un seul doute, il déclare impur.
8
על, ובדק ולא אשכח — פלוגתא דרבי מאיר ורבנן, דתנן: היה רבי מאיר אומר: כל דבר שבחזקת טומאה, לעולם הוא בטומאתו עד שיודע לך הטומאה היכן היא.

Elle est entrée, il à vérifie et n'a pas trouvé : divergence de Rabbi Meir et des Sages. Comme l'enseigne la michna : Rabbi Meir disait : toute chose qui est dans une hazaka de touma, à jamais elle reste dans sa touma, jusqu'à ce que tu saches où est la touma.

📜 Rachi (1)
כל דבר שבחזקת טומאה במסכת נדה גל טמא שנתערב עם שני גלין טהורין בדקו אחד מהן ונמצא טהור הוא טהור ושנים טמאים שנים ומצאן טהורין הן טהורין והשלישי טמא שלשתן ומצאן טהורים כולן טמאים שהיה ר"מ אומר כל דבר שבחזקת טומאה לעולם היא בטומאתה עד שיודע לך טומאה היכן היא וחכמים אומרים בודק בקרקע וחופר עד שיגיע לסלע או לקרקע בתולה שלא זזה ממקומה לעולם ואם לא מצא תולין ואומרים בא עורב ונטלה בא עכבר ונטלה וגבי בדיקת חמץ אפילו לר"מ אמרינן עכבר אכלה דבדיקת חמץ דרבנן:
Dans le traité Nida : un tertre impur s'est mélangé à deux tertres purs. On en a vérifie un et on l'a trouvé pur : celui-là est pur, et les deux sont impurs. On en a vérifie deux et on les a trouvés purs : ceux-là sont purs, et le troisième est impur. On a vérifie les trois et on les a trouvés purs : tous sont impurs. Car Rabbi Meir disait : toute chose dans une hazaka de touma reste à jamais dans sa touma, jusqu'à ce que tu saches où est la touma. Les Sages disent : on sonde le sol et l'on creuse jusqu'au roc, où jusqu'à une terre vierge qui n'a jamais bouge de sa place. S'il n'a pas trouvé, on suspend (tolin) et l'on dit : un corbeau est venu et l'a prise, une souris est venue et l'a prise. Pour la bedika du hamets, même selon Rabbi Meir, on dit : la souris l'a mangée, car la bedika du hamets est de rabanane.
🗂️ Tossefot (1)
על ובדק ולא אשכח פלוגתא דר' מאיר ורבנן תימה אפי' לר"מ דאמר לעולם היא בחזקת טומאה וכו' ונפקא מינה לטהרות שנעשו על גביו הכא גבי בדיקה כיון שבדק ולא מצא מה יעשה אם יצריכוהו לבדוק פעם שניה נמי לא ימצא ורש"י פירש דאפי' לר' מאיר אמר אימר עכבר אכליה דבדיקת חמץ אינו אלא מדרבנן וקשה דהא בהדיא אמר פלוגתא דר' מאיר ורבנן וי"ל דמיירי בשלא בטלה וקאמר דלר' מאיר לא סגי בבדיקה כיון דלא אשכח והוי בספק לאו דלא ימצא וצריך לבטלו וסגי אפילו לרבי מאיר דלא איירי אלא בספק טומאה דאורייתא אבל הכא דבדיקת חמץ דרבנן שרי:
C'est étonnant. Même selon Rabbi Meir, qui dit qu'elle reste à jamais dans sa hazaka de touma, etc., la conséquence vise les taharot faites au-dessus. Ici, pour la bedika : puisqu'il à vérifie et n'a pas trouvé, que fera-t-il ? Si on lui impose de vérifier une seconde fois, il ne trouvera pas davantage. Rachi explique que même selon Rabbi Meir on dit : disons que la souris l'a mangée, car la bedika du hamets n'est que de rabanane. C'est difficile, car le texte dit explicitement : divergence de Rabbi Meir et des Sages. On peut dire qu'il s'agit du cas où il n'a pas fait bitoul. Selon Rabbi Meir, la bedika ne suffit pas, puisqu'il n'a pas trouvé : c'est un safek sur l'interdit de lo yimatse (qu'il ne s'en trouve pas). Il doit l'annuler. Le bitoul suffit même selon Rabbi Meir, qui ne parle que d'un safek de touma de la Torah. Ici, la bedika du hamets est de rabanane : c'est permis.
💡 Explication

La souris est entrée avec le hamets, on vérifie, on ne trouve rien. Modèle : la michna de Nida sur le tertre (gal) en hazaka de touma. Selon Rabbi Meir, tant que l'on ne sait pas où la touma est passée, le lieu reste impur. Rachi détaille : un tertre impur mélange à deux purs. Tant qu'il reste un tertre où la touma peut être, les tertres non éliminés restent impurs. Les trois vérifiés et trouves purs : tous restent impurs, le lieu de la touma étant ignore.

Rachi, pour le hamets : même Rabbi Meir dit que la souris à mangé, la bedika étant de rabanane. Tossefot garde une vraie divergence la où il n'y a pas eu de bitoul. Selon Rabbi Meir, la bedika ne lève pas le safek de lo yimatse : il faut annuler. Le bitoul suffit, car Rabbi Meir ne vise que le safek de touma de la Torah.

🖼️ Schéma
Trois tertres : un impur mélange à deux purs (Rabbi Meir) On en vérifie un Trouvé pur : lui est pur Les deux autres : impurs La touma est dans le reste On en vérifie deux Trouvés purs : eux sont purs Le troisième : impur La touma à un lieu On vérifie les trois Tous trouves purs Tous restent impurs On ignore où est la touma Sages : on creuse jusqu'au roc où à la terre vierge. Rien trouvé : on suspend. Un corbeau, où une souris, à pris.
Rabbi Meir : la hazaka de touma tient tant qu'on ignore où elle est. Les trois tertres vérifiés restent impurs. Les Sages creusent jusqu'au roc, puis suspendent.
9
וחכמים אומרים: בודק עד שמגיע לסלע או לקרקע בתולה.

Et les Sages disent : il vérifie jusqu'à atteindre le roc, où une terre vierge.

💡 Explication

Suite de la michna citée juste avant. Les Sages fixent la fin de la fouille : le roc, où une terre vierge, sol qui n'a jamais été remué. Rachi, au segment précédent : si l'on arrive la sans rien trouver, on suspend, un corbeau où une souris à emporté la touma.

10
על, ובדק ואשכח — פלוגתא דרבי ורבן שמעון בן גמליאל.

Elle est entrée, il à vérifie et à trouvé : divergence de Rabbi et de Rabban Shimon ben Gamliel.

📜 Rachi (1)
על ובדק ואשכח נכנס העכבר בפנינו ובדק בעל הבית אחריו ואשכח פרוסה ואינו יודע אם זו היא אם לאו:
La souris est entrée devant nous. Le maître de la maison à vérifie derrière elle et à trouvé une tranche. Il ne sait pas si c'est celle-là, où non.
💡 Explication

La souris est entrée, la bedika trouve une tranche. Reste le safek : est-ce la tranche de la souris, où une autre. La divergence est celle de Rabbi et de Rabban Shimon ben Gamliel, sur le champ où un tombeau perdu à ensuite été retrouve.

11
דתניא: שדה שנאבד בה קבר — הנכנס לתוכה טמא. נמצא בה קבר — הנכנס לתוכה טהור, שאני אומר: קבר שאבד הוא קבר שנמצא — דברי רבי. רבן שמעון בן גמליאל אומר: תיבדק כל השדה כולה.

Comme l'enseigne une baraita : un champ où un tombeau s'est perdu, celui qui y entre est impur. Un tombeau y a été trouvé : celui qui y entre est pur.

Car je dis : le tombeau qui s'est perdu est le tombeau qui a été trouvé. Paroles de Rabbi.

Rabban Shimon ben Gamliel dit : que tout le champ soit vérifie.

📜 Rachi (2)
אבד בה קבר אין ידוע היכן מקומו:
On ne sait pas où est son emplacement.
נמצא בה קבר לאחר זמן ואין ידוע אי זהו קבר האבוד בה:
Plus tard. Et l'on ne sait pas si c'est le tombeau qui s'était perdu dans ce champ.
💡 Explication

Tant que le tombeau est perdu, entrer dans le champ rend impur : chaque pas peut être le bon. Un tombeau est ensuite trouve. Rabbi dit : le perdu est le trouve. Le reste du champ redevient pur. Rabban Shimon ben Gamliel fait vérifier tout le champ : le tombeau trouve peut être un autre que celui qui manquait.

Même schéma pour la tranche. Rabbi : la tranche trouvée est celle de la souris. Rabban Shimon ben Gamliel : elle peut venir d'ailleurs, la recherche continue.

🖼️ Schéma
Champ où un tombeau s'est perdu Tombeau perdu L'emplacement est ignore Qui entre : impur Rabbi Le perdu est le trouve Qui entre : pur Rabban Shimon Le trouve peut être un autre Tout le champ à vérifier
Tombeau perdu : qui entre est impur. Tombeau trouve : Rabbi déclare pur, Rabban Shimon ben Gamliel fait vérifier tout le champ.
12
הניח תשע ומצא עשר — פלוגתא דרבי ורבנן. דתניא: הניח מנה ומצא מאתים, חולין ומעשר שני מעורבין זה בזה — דברי רבי.

Il à laissé neuf et en a trouvé dix : divergence de Rabbi et des Sages. Comme l'enseigne une baraita : il à laissé une mane et en a trouvé deux cents.

Hullin et maaser sheni sont mélangés l'un à l'autre. Paroles de Rabbi.

📜 Rachi (2)
הניח מנה של מעשר שני:
De maaser sheni.
מעורבין ומביא סלעים בשוה מנה ואומר כל מקום שהן מעות מעשר שני הרי הן מחוללים על הסלעים הללו ומעלה הסלעים לירושלים:
Il apporte des sela pour la valeur d'une mane, et il dit : partout où se trouvent les pièces de maaser sheni, elles sont rachetées sur ces sela. Et il monte les sela à Jérusalem.
🗂️ Tossefot (1)
חולין ומעשר שני מעורבים זה בזה פ"ה שיביא סלעים בשוה מנה ואומר כל מקום שהוא מעות מעשר שני יהיו מחוללים על מעות הללו ובחנם פירש כן דמינייהו גופייהו היה יכול ליקח שיעור מעות מעשר ואומר אם אלו מעות מעשר הרי טוב ואם לאו כל מקום שהן הרי הן מחוללין על אלו וריב"א הקשה לפרש"י דאיך יכול לחלל אסלעים ובפרק הזהב (ב"מ ד' מה.) אמר טיבעא אטיבעא לא מחללין ושם פי':
Le peroush ha-kontres (Rachi) : il apporte des sela pour la valeur d'une mane, et il dit : partout où sont les pièces de maaser sheni, qu'elles soient rachetées sur ces pièces. Cette explication est de trop. De ces pièces elles-mêmes, il pouvait prendre la quantité des pièces de maaser, et dire : si celles-ci sont des pièces de maaser, c'est bien ; sinon, partout où elles se trouvent, elles sont rachetées sur celles-ci. Le Riva objecte à l'explication de Rachi : comment peut-il racheter sur des sela ? Dans le chapitre HaZahav (Bava Metsia 45a) il est dit : on ne rachète pas une monnaie sur une monnaie (tiv'à al tiv'à lo mehalelin). Et la-bas, il expliqué.
💡 Explication

Neuf tranchés laissées, dix retrouvées : une tranche au moins est venue d'ailleurs. Modèle : une mane de maaser sheni laissée, deux cents zouz retrouvés. Selon Rabbi, la mane de départ est encore dans le tas, mélangée à du hullin. On ne sait pas quelles pièces sont le maaser. Rachi : on rachète une mane sur d'autres sela, et l'on monte ces sela à Jérusalem.

Tossefot : le rachat peut se faire sur une mane prise dans le tas lui-même. Si ce sont déjà les pièces de maaser, elles restent ce qu'elles sont. Sinon, le maaser où qu'il soit est racheté sur elles. Le Riva objecte à Rachi : monnaie sur monnaie, on ne rachète pas, comme en Bava Metsia 45a.

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וחכמים אומרים: הכל חולין.

Et les Sages disent : tout est hullin.

📜 Rachi (1)
הכל חולין שהמנה נטל ואלו הובאו אחרי כן וגבי חמץ נמי לרבנן הט' (נמי) שהניח אינן כאן וצריך לבדוק כל הבית שמא גררום חולדות והעשר הנמצאות איש אחר הביאן כאן:
Car la mane à été prise, et celles-ci ont été apportées ensuite. Pour le hamets aussi, selon les Sages : les neuf qu'il avait laissées ne sont plus la, et il doit vérifier toute la maison, de crainte que des huldot (belettes) les aient traînées. Les dix qu'on trouve, un autre homme les a apportées ici.
💡 Explication

Les Sages : la mane de départ à été emportée, et l'argent trouve est un autre argent. Tout est hullin. Rachi transporte cela au hamets. Les neuf tranchés laissées ne sont plus dans la maison : des huldot ont pu les traîner. Les dix trouvées viennent d'un autre. Toute la maison est à reverifier.

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הניח עשר ומצא תשע היינו סיפא, דתניא: הניח מאתים ומצא מנה — מנה מונח ומנה מוטל, דברי רבי.

Il à laissé dix et en a trouvé neuf : c'est la seifa. Comme l'enseigne la baraita : il à laissé deux cents et en a trouvé une mane.

Une mane posée, et une mane emportée. Paroles de Rabbi.

📜 Rachi (1)
היינו סיפא לרבי (מאיר) [דאמר] זה הנמצא זהו א' מן הראשונים הכא נמי א"צ לבדוק ולחזר אלא על הפרוסה האבודה ולרבנן צריך לחזר אחר כולן שאין כאן א' מן הראשונים:
Selon Rabbi : ce qui est trouvé est l'un des premiers. Ici aussi, il n'a à vérifier et à rechercher que la tranche perdue. Selon les Sages, il doit rechercher toutes, car aucune des premières n'est ici.
🗂️ Tossefot (1)
הניח עשר ומצא תשע פלוגתא דרבי ורבנן דר' לטעמיה דאמר הוא קבר שאבד הוא קבר שנמצא וכיון שמצא אחד א"צ לבדוק ולרבנן עד שמצא עשר כדפ"ה ומיירי שכל הככרות קשורים זה בזה דומיא דפלוגתא דרבי ורבנן דבפ"ק דביצה (דף י:) אמר מחלוקת בכיסים קשורים אבל כשאין קשורים דברי הכל חולין ומע"ש מעורבין זה בזה ואף על גב דהשתא אין לתלות בעכברים תלינן בקטנים:
Rabbi reste dans sa logique, lui qui dit : le tombeau qui s'est perdu est le tombeau qui a été trouvé. Puisqu'il en a trouvé un, pas de bedika. Selon les Sages, jusqu'à ce qu'il ait trouve les dix, comme le peroush ha-kontres. Le cas vise des pains tous liés les uns aux autres, sur le modèle de la divergence de Rabbi et des Sages. Au premier chapitre de Beitsa (10b) il est dit : la divergence porte sur des bourses liées. Quand elles ne sont pas liées, tout le monde dit : hullin et maaser sheni mélangés l'un à l'autre. Ici, on ne peut pas imputer le fait aux souris : on l'impute aux enfants.
💡 Explication

Cas inverse, la seifa de la même baraita. Deux cents laissées, une mane trouvée. Selon Rabbi : une mane est encore celle du départ (munah, posée), l'autre à été emportée (mutal). Pour le hamets, Rachi : la tranche trouvée est l'une des premières. On ne cherche que la tranche qui manque. Selon les Sages, aucune des premières n'est la : on les recherche toutes.

Tossefot lié Rabbi à sa position sur le tombeau : le retrouve est le perdu. Le cas des pains suppose des miches liées ensemble, comme les bourses liées de Beitsa 10b. Bourses non liées : tout le monde dit mélange de hullin et de maaser sheni. Dès miches liées, une souris ne les défait pas : on impute l'écart aux enfants.

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וחכמים אומרים: הכל חולין.

Et les Sages disent : tout est hullin.

💡 Explication

Même formule que lorsque la somme avait grandi. Les Sages : ce qui reste n'est pas la somme de départ, tout est hullin. Rachi, au segment précédent, pour le hamets : aucune des premières tranchés n'est ici, on les recherche toutes.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).