Sougya : Déposer le hamets dans un coin et le retrouver dans un autre suit le différend de Rabban Shimon ben Gamliel et des Sages sur la hache perdue : homme impur, où le maître lui-même qui a oublié. Rava tranche les miettes : la souris n'émiette pas, l'enfant émiette.
Puis une chaîne de questions reste en teiku : souris qui sort, blanche et noire, hulda, pain et souris ensemble. Autre chaîne, elle aussi en teiku : pain sur une poutre, dans une fosse, dans la gueule d'un serpent, corps où argent.
La michna ouvre les heures de la bedika. Rabbi Yehouda ne réclame pas trois recherches : avant l'issour on vérifie, après l'issour il décrété qu'on ne vérifie plus, de crainte d'en manger.
Les Sages ne décrètent pas. Le daf ferme sur l'objection de l'omer.
S'il l'a déposé dans ce coin-ci et l'a trouvé dans un autre coin : c'est le différend de Rabban Shimon ben Gamliel et des Sages. Car on enseigné : une hache perdue dans la maison, la maison est impure.
Car je dis : un homme impur est entre la et l'a prise. Rabban Shimon ben Gamliel dit : la maison est pure.
Car je dis : il l'a prêtée à un autre et à oublié, où il l'a prise de ce coin-ci, déposée dans l'autre coin, et à oublié.
Le fil vient du daf précédent : pain entre, pain retrouve. Ici le pain à changé de coin. La Guemara aligne ce cas sur une baraita de touma. Une hache manque dans la maison.
Les Sages : un homme impur est entre, l'a prise, et à touché les ustensiles. Rabban Shimon ben Gamliel : le maître l'a prêtée, où l'a déplacée lui-même, et à oublié. La maison reste pure.
Tossefot fait le pont vers le hamets. Côté Sages : la souris à pu remplacer le pain, donc bedika. Ils n'appliquent pas ici : celui qui est perdu est celui qui est trouvé. Côté ustensiles et aliments : Chabbat 15b décrété sur un safek de kelim trouves, pas sur un safek d'okhalin trouves.
Un coin : qui l'a mentionné ?
La baraita citée parle d'une hache perdue. Le mot coin n'y figure que dans la bouche de Rabban Shimon ben Gamliel, en fin de phrase. La Guemara demande d'où le cas du coin tire son statut.
Le texte est tronqué, et voici ce qu'il enseigné. Une hache perdue dans la maison : la maison est impure.
Car je dis : un homme impur est entre la et l'a prise. Ou bien il l'a déposée dans ce coin-ci et l'a trouvée dans un autre coin : la maison est impure.
Car je dis : un homme impur est entre la, l'a prise de ce coin-ci et l'a déposée dans un autre coin. Rabban Shimon ben Gamliel dit : la maison est pure.
Car je dis : il l'a prêtée à un autre et à oublié, où il l'a prise de ce coin-ci, déposée dans ce coin-la, et à oublié.
Hasorei mehasera : la baraita enseignait deux cas, et le second à sauté. Hache perdue, et hache retrouvée dans un autre coin. Les deux rendent la maison impure selon les Sages, par le même homme impur.
Rachi reporte la nafka mina sur le hamets. Sages : souris, donc un autre pain, donc bedika. Rabban Shimon ben Gamliel : le maître à déplacé et oublié, pas de bedika.
Rava à dit : une souris entre, un pain dans la bouche ; on entre après elle et l'on trouve des miettes : il faut une bedika, parce que la souris n'a pas l'usage d'émietter. Et Rava à dit : un enfant entre, un pain à la main ; on entre après lui et l'on trouve des miettes : pas besoin de bedika, parce que l'enfant à l'usage d'émietter.
Deux entrées, les mêmes miettes. L'usage décide. La souris ne fait pas de miettes : le pain qu'elle à apporté est encore quelque part, et les miettes viennent d'ailleurs. L'enfant émiette : les miettes rendent compte du pain.
Tossefot précise le koul : les miettes doivent égaler tout le pain. Même la houmra de Rabban Shimon ben Gamliel, vérifier tout le champ, cède ici devant un raglayim la-davar : on est entre tout de suite derrière l'enfant.
Le Roch fixe la halakha dans ce sens, puis note que le Rif laisse de côté les tas de hamets et les questions rares : poutre, serpent. Il enchaîne déjà la michna des heures, plus bas sur le daf.
Rava à demandé : une souris entre, un pain dans la bouche, et une souris sort, un pain dans la bouche. Qu'en est-il ?
Dit-on : c'est celle qui est entrée, et c'est celle qui est sortie ? Ou bien : c'en est une autre.
Première ba'ya de la chaîne. On a vu une entrée et une sortie, chaque fois un pain dans la gueule. Côté koul : une seule souris, le pain est ressorti. Côté houmra : deux souris, le premier pain est resté.
Tossefot bloque les deux côtés par les positions déjà vues. Le koul tient même face à Rabban Shimon ben Gamliel, à cause de l'indice : elle sort avec le pain. La houmra tient même selon Rabbi : la première souris, elle, n'est pas sortie.
Si tu dis : c'est celle qui est entrée et c'est celle qui est sortie. Une souris blanche entre, un pain dans la bouche, et une souris noire sort, un pain dans la bouche.
Qu'en est-il ? Celle-ci est sûrement une autre.
Ou bien : elle le lui à jeté, et l'a pris.
La question ne s'ouvre que si la précédente penche vers la même souris. Rachi : si déjà la souris pareille laisse un safek, inutile de distinguer les couleurs.
Armoyei armeya mineh : la noire ne tient pas le pain dans la gueule de la blanche. Elle le fait lâcher, puis le prend. Hagiga 15b sert de parallèle : ce qu'on serre dans la main, un autre ne l'arrache pas.
Et si tu dis : les souris ne prennent pas l'une de l'autre. Une souris entre, un pain dans la bouche, et une hulda sort, un pain dans la bouche.
Qu'en est-il ? La hulda l'a sûrement pris à la souris.
Ou bien : c'en est un autre. Car si elle l'avait pris à la souris, la souris se serait trouvée dans sa gueule.
On admet que deux souris ne se prennent pas le pain. La hulda, plus forte, change la donne. Côté koul : elle à pris le pain de la souris, le pain est sorti. Côté houmra : un autre pain. Preuve offerte à ce côté : une hulda qui prend à une souris emporterait aussi la souris.
Et si tu dis : si elle l'avait pris à la souris, la souris se serait trouvée dans sa gueule. Une souris entre, un pain dans la bouche, et une hulda sort, un pain et une souris dans la gueule de la hulda.
Qu'en est-il ? Ici, c'est sûrement elle.
Ou bien : si c'était elle, le pain aurait dû se trouver dans la gueule de la souris. Ou bien : c'est par peur qu'il est tombé, et elle l'a pris.
Teiku.
Dernier étage. On voit sortir la hulda avec les deux : pain et souris. Trois lectures.
C'est le même couple, le pain est sorti. Ou le pain devrait encore être dans la gueule de la souris, donc celui de la hulda est un autre. Ou bi'atuta : la peur à fait tomber le pain, la hulda l'a ramasse à part, et la souris avec.
Teiku : la chaîne s'arrête sans pesak.
Rava à demandé : un pain en haut d'une poutre, faut-il une échelle pour le descendre, où non ? Dit-on : les Sages ne l'ont pas astreint à ce point, et puisque le pain ne descend pas de lui-même, il n'en viendra pas à le manger ?
Ou bien : parfois il tombe, et il en viendra à le manger.
Nouvelle série, autre mesure : la peine. Le pain est hors d'atteinte, sur la poutre. Côté koul : koulei haï lo atrhouhou, les Sages n'imposent pas une échelle, et un pain qui ne descend pas seul ne sera pas mangé. Côté houmra : un pain perche tombe parfois.
Et si tu dis : parfois il tombe, et il en viendra à le manger. Un pain dans une fosse : faut-il une échelle pour le monter, où non ?
Ici, certes, il n'est pas sujet à monter de lui-même. Ou bien : parfois il descend pour un besoin à lui, et il en viendra à le manger.
La fosse inverse la poutre. Le pain ne remonte pas seul : le koul semble acquis. La houmra déplace le sujet vers l'homme : il descend le-ma'avad tsorkho, pour un besoin à lui, et trouve le pain.
Si tu dis : parfois il descend pour son besoin, et il en viendra à le manger. Un pain dans la gueule d'un serpent : faut-il un haver pour le retirer, où non ?
Le na'hach garde le pain. Le retirer demande un haver, un charmeur, donc une dépense. Rachi coupe le lien avec la poutre et la fosse : question autonome, et sa girsa n'a pas la formule im timtza lomar.
Pour son corps, les Sages l'ont astreint. Pour son argent, les Sages ne l'ont pas astreint.
Ou bien : il n'y a pas de différence. Teiku.
Le nœud du serpent. Be-gufeh : l'effort du corps, l'échelle, les Sages l'imposent. Be-mamoneh : payer le charmeur, ils ne l'imposent pas. L'autre côté : argent et corps, même din.
Rachi : si l'on n'impose pas la dépense, il reste le bitul ba-lev. Tossefot limite le koul à ce safek. Pour un hamets certain, Pesachim 4b : l'homme tient à faire la mitsva avec son argent.
Deuxième teiku du daf.
MICHNA. Rabbi Yehouda dit : on vérifie la nuit du quatorze, le matin du quatorze, et à l'heure du biour.
Et les Sages disent : s'il n'a pas vérifié la nuit du quatorze, qu'il vérifie le quatorze.
Nouvelle michna. Or arba'a asar : la nuit qui ouvre le 14 nissan. Sha'at ha-biour : l'heure où l'on élimine le hamets. Rabbi Yehouda liste trois temps. Les Sages, dans cette première phrase, ne donnent que le repli : nuit manquée, on vérifie dans la journée du 14.
S'il n'a pas vérifié le quatorze, qu'il vérifie pendant le mo'ed. S'il n'a pas vérifié pendant le mo'ed, qu'il vérifie après le mo'ed.
Et ce qu'il laisse de côté, qu'il le dépose en tsin'à, afin qu'il n'ait pas besoin d'une bedika ensuite.
Suite de la michna, côté Sages : le 14 manque, on vérifie betokh ha-mo'ed, puis le-ahar ha-mo'ed. Le hamets qu'on garde pour le repas du matin se pose en tsin'à, à l'écart, pour qu'une disparition n'oblige pas une nouvelle bedika.
Rachi lit mo'ed comme l'heure fixée : la sixième, puis de la sixième jusqu'à la nuit. Tossefot lit la fête : de la septième heure à la fin de Pessa'h, puis après Pessa'h, à cause du mélange entre hamets interdit et hamets désormais permis. Rachi reste sur bal yerae, l'interdit de laisser voir le hamets, qui commande la bedika du début du chapitre.
GUEMARA. Quelle est la raison de Rabbi Yehouda ?
Rav Hisda et Rabba bar Rav Huna, qui disent tous les deux : en regard des trois hashabot de la Torah. On ne verra pas chez toi de hamets, et on ne verra pas chez toi de seor.
Sept jours, du seor ne se trouvera pas dans vos maisons. Mais le premier jour, vous ferez cesser le seor de vos maisons.
Première lecture de Rabbi Yehouda : trois temps, parce que la Torah dit trois fois l'élimination. Rachi nomme les trois leshonot : re'iya, on n'en verra pas ; metsia, il ne s'en trouvera pas ; hashbata, vous le ferez cesser.
La suite va montrer que Rabbi Yehouda ne rend pas les trois bedikot obligatoires ensemble.
Rav Yossef objecte. Rabbi Yehouda dit : quiconque n'a pas vérifié à ces trois moments, il ne vérifie plus.
Il en ressort que c'est à partir de la qu'ils divergent.
La baraita de Rabbi Yehouda parle de celui qui a manque les trois moments : des lors, il ne vérifie plus. S'il fallait trois bedikot, la phrase serait autre. Le différend avec les Sages porte sur l'après : eux laissent vérifier encore.
Rachi reformule Rabbi Yehouda en repli : nuit, où matin, où sixième heure. Une seule suffit.
Mar Zutra enseigné ainsi. Rav Yossef objecte.
Rabbi Yehouda dit : quiconque n'a pas vérifié à l'un de ces trois moments, il ne vérifie plus. Il en ressort que c'est sur : il ne vérifie plus, qu'ils divergent.
La version de Rav Yossef disait : à ces trois moments. Mar Zutra à la leçon : be-ehad, à l'un d'eux. Une seule occasion manquée, et selon cette leçon Rabbi Yehouda ferme la bedika. Le point du différend se nomme clairement : shouv eino bodek, il ne vérifie plus.
Plutôt : Rabbi Yehouda aussi parle du cas où il n'a pas vérifié.
Conclusion de forme. La michna de Rabbi Yehouda se lit comme celle des Sages : im lo badak, s'il n'a pas vérifié au premier temps, il vérifie au suivant. Les trois lignes sont des replis, pas trois obligations cumulées.
Et ici, voici sur quoi ils divergent. L'un tient : avant l'issour, oui ; après l'issour, non.
Gezera, de crainte qu'il en vienne à en manger. Et les Sages tiennent : nous ne décrétions pas.
Le fond du différend. Mikame isura : tant que manger le hamets est permis, les deux côtés font la bedika. Batar isura : une fois l'interdit en vigueur, Rabbi Yehouda arrête la recherche.
Raison : une gezera. Iydi de-asik beh, tandis qu'il s'en occupe, il porterait un morceau à la bouche. Les Sages ne posent pas cette gezera. La bedika continue pendant le mo'ed, puis après.
Et Rabbi Yehouda décrété-t-il, de crainte qu'il en vienne à en manger ? Or on enseigné : des que l'omer à été offert, on sort et l'on trouve les marches de Jérusalem pleines de farine et de kali.
Attaque de la gezera. Une michna : à l'instant où l'omer est offert, les marches sont déjà pleines de farine et de kali, grain grillé, issus du 'hadach.
Rachi date le travail : moisson, mouture, séchage au four, avant Yom Tov, donc pendant que le 'hadach était encore interdit. La question reste ouverte ici : si Rabbi Yehouda interdit de manier un aliment interdit de crainte d'en manger, ce travail-la demande une explication. La suite est au daf suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).