Pesachim 11à - Hadash, hamets, et la gezera de Rabbi Yehouda

Pesachim 11a

Sougya : La michna des gens de Yericho ouvre l'écart : Rabbi Meir interdit de manier le 'hadach avant l'omer, Rabbi Yehouda le permet. Rava invoque la ketufa, cueillette à la main.

Abaye montre que la mouture, le tamisage, puis la moisson du champ irrigué n'ont pas ce rappel, et pose un autre critère : on s'écarte du 'hadach, on ne s'écarte pas du hamets. Rav Ashi, farine et kali immangeables, est écarte comme beduta.

La Guemara éprouve le critère sur Chabbat : tube d'huile, aniva, corde de tisserand, puis sur le behor saisi par le sang. Les Sages décrètent la où les gestes s'échangent.

Rabbi Yehouda décrété la où l'on ne s'écarte pas. L'aniva, pour lui, est déjà un nœud.

Six cas : Rabbi Yehouda et les Sages Cas Rabbi Yehouda Sages 'Hadach avant l'omer Yericho, marches, champ irrigué Permet On s'écarte du 'hadach Interdit Gezera : on en mangerait Bedika du hamets Après l'entrée de l'interdit Interdit On ne s'écarte pas du hamets Permet Il le cherche pour le brûler Tube d'huile, Chabbat Coquille où terre cuite Permet Houmra de Chabbat : on s'écarte Interdit Huile et huile s'échangent Aniva sur la corde du seau Corde cassée, Chabbat Interdit L'aniva elle-même est un nœud Permet l'aniva Elle ne s'échange pas avec le nœud Corde de tisserand Attaché du seau Permet On s'écarte, houmra de Chabbat Interdit Corde et corde s'échangent Saignée du behor Même la où il n'y a pas de mum Interdit Gezera, même s'il en meurt Permet À condition de ne pas faire de mum Sages : gezera si les gestes s'échangent. Rabbi Yehouda : gezera si l'on ne s'écarte pas.
Les six cas du daf, et le sens de chaque avis.
Pourquoi Rabbi Yehouda permet le 'hadach et interdit la bedika Question Il décrété pour le hamets. Pourquoi pas pour le 'hadach ? Rava : ketufa Cueillette à la main seulement Le geste inhabituel rappelle l'interdit Abaye serre la réponse Moulin à main, tamis retourne Puis : le champ irrigué se moissonné à la faucille Abaye : on s'écarte du 'hadach Toute l'année on n'y touche pas. Le hamets, on le mange chaque jour. Rav Ashi : beduta Farine et kali ne se mangent pas Écarte : avant séchage, le grain se mange Rava sur les Sages Pas de gezera sur la bedika Il cherche le hamets pour le brûler Suite du daf : le critère tient-il pour Chabbat et pour le behor ? Tube, aniva, corde de tisserand, saignée
De la ketufa de Rava au critère d'Abaye. Rav Ashi est écarte.
Deux critères, une fois les cas rangés Sages Gezera si mihlaf les deux gestes s'échangent 'Hadach, tube, corde : oui Hamets : non, il le brûle Aniva : non, geste différent du nœud L'échange fait la gezera Rabbi Yehouda Gezera si l'on ne s'écarte pas lo badil mineh Hamets : oui, habitude de l'année 'Hadach et Chabbat : non, on s'écarte Aniva : interdite, elle est un nœud L'habitude fait la gezera
Sages : l'échange des gestes. Rabbi Yehouda : l'habitude de ne pas s'écarter.
1
שלא ברצון חכמים (הן עושין), דברי רבי מאיר. רבי יהודה אומר: ברצון חכמים היו עושין. ולא קא גזר רבי יהודה דילמא אתי למיכל מיניה? אמר רבא: שאני חדש, מתוך שלא התרת לו אלא על ידי קטוף, הוא זכור.

Contre la volonté des Sages (ils le font), paroles de Rabbi Meir. Rabbi Yehouda dit : c'est avec la volonté des Sages qu'ils le faisaient.

Et Rabbi Yehouda ne décrète pas, de crainte qu'on en vienne à en manger ? Rava dit : le 'hadach est différent.

Puisque tu ne le lui as permis que par ketufa (cueillette à la main), il s'en souvient.

📜 Rachi (2)
שלא ברצון חכמים דאיכא למיגזר דילמא כי מעסקי ביה אתי למיכל מיניה:
Parce qu'il y a lieu de décréter : tandis qu'ils s'en occupent, de crainte qu'on en vienne à en manger.
ר' יהודה אומר כו' מתוך שלא התרתה לו קצירה כדרך כל השנה אלא בידים קוטפין המלילות מן הקרקע דהא אסור לקצור לפני העומר דכתיב (ויקרא כ״ג:י׳) עומר ראשית קצירכם אל הכהן שהוא תחלה לקצירה זכור הוא את איסור החדש על ידי שינוי המעשה ולא אתי למיכל:
On ne lui permet pas la moisson à la manière de toute l'année. De la main, on cueille les épis depuis le sol. Il est interdit de moissonner avant l'omer, car il est écrit (Vayikra 23:10) : l'omer, début de votre moisson, au kohen. C'est le commencement de la moisson. Il se souvient de l'interdit du 'hadach par le changement du geste, et il n'en vient pas à manger.
💡 Explication

Suite du daf précédent. Les marches de Yerushalayim sont pleines de farine de 'hadach des l'offrande de l'omer. La michna des gens de Yericho tranche ce travail. Rabbi Meir : contre la volonté des Sages. On craint qu'en maniant le grain on en mange. Rabbi Yehouda : avec leur volonté.

Rava : le 'hadach n'est permis que par ketufa, cueillette des épis à la main, sans faucille. Le geste change, l'homme se souvient. La bedika du hamets n'a pas ce rappel.

2
אמר ליה אביי: תינח בשעת קטיפה, טחינה והרקדה מאי איכא למימר? הא לא קשיא: טחינה ברחיא דיד, הרקדה על גבי נפה.

Abaye lui dit : soit, au moment de la ketifa (cueillette). La mouture et le tamisage, que dire ?

Cela ne fait pas difficulté : la mouture, au moulin à main ; le tamisage, sur le tamis.

📜 Rachi (3)
טחינה והרקדה שהרי קמח תנינא דהיה בידים וכשטחנוהו והרקידוהו איזה שינוי היה שם דלא ליתי למיתב לפומיה ההיא שעתא:
Car nous avons appris la farine, et elle était faite à la main. Quand on l'a moulue et tamisée, quel changement y avait-il la, pour qu'il ne vienne pas, à cette heure, la porter à sa bouche ?
ומשנינן טחינה לא היו טוחנין אותו ברחים של מים אלא ברחים של יד דהוי שינוי לזכרון:
On ne le moulait pas au moulin à eau. On le moulait au moulin à main. C'est un changement, pour mémoire.
על גבי נפה לצד התחתון של נפה הופך הנפה על פניה:
Du côté inférieur du tamis : on retourne le tamis sur sa face.
💡 Explication

Abaye accepté la ketufa pour la cueillette. Restent la tehinah (mouture) et la harakada (tamisage) : la michna parle de farine, donc ces gestes ont eu lieu, et ils sont d'ordinaire ceux de l'année.

Réponse : la aussi le geste change. Moulin à main, pas moulin à eau. Tamis retourne : on s'en sert du côté inférieur.

🖼️ Schéma
Trois gestes changés, pour se souvenir Ketufa Épis cueillis à la main Pas la faucille de l'année Rava Tehinah Moulin à main Pas le moulin à eau Réponse à Abaye Harakada Tamis retourne Côté inférieur, sur sa face Réponse à Abaye
Ketufa, moulin à main, tamis retourne : trois changements de geste.
3
אלא הא דתנן: קוצרין בית השלחים ושבעמקים, אבל לא גודשין. ואוקימנא כרבי יהודה, מאי איכא למימר!

Mais ce que nous avons appris : on moissonné le champ irrigué et celui des vallées, mais on ne dresse pas la meule. Et nous l'avons établi selon Rabbi Yehouda.

Que dire !

📜 Rachi (3)
אלא הא דתנן במנחות קוצרין בית השלחין כדרך חול קודם לעומר:
Dans Menahot : on moissonné le champ irrigué à la manière d'un jour de semaine, avant l'omer.
ושל בית העמקים תבואה הגדילה בין העמקים וטעמא מפרש התם כתוב אחד אומר וקצרתם את קצירה והבאתם אלמא מותר לקצור קודם לעומר וכתוב אחד אומר עומר ראשית קצירכם דמשמע שהוא קודם לכל קציר הא כיצד ממקום שאתה מביא עומר אי אתה קוצר קודם לו וממקום שאי אתה מביא עומר אתה קוצר ותנן בפרק כל הקרבנות (מנחות פה.) אין מביאין סולת למנחה לא מבית הזבלין ולא מבית השלחין ולא מבית העמקים מפני שתבואה שלהן אינה מן המובחר:
La céréale qui pousse dans les vallées. La raison est expliquée la-bas. Un verset dit : vous moissonnerez sa moisson et vous l'apporterez. On en apprend qu'il est permis de moissonner avant l'omer. Un verset dit : l'omer, début de votre moisson. On en apprend qu'il précède toute moisson. Comment tenir les deux ? D'un lieu d'où tu apportés l'omer, tu ne moissonnes pas avant lui. D'un lieu d'où tu n'apportés pas l'omer, tu moissonnes. Et nous avons appris au chapitre Kol ha-korbanot (Menahot 85a) : on n'apporte pas de fleur de farine pour la minha, ni d'un champ fumé, ni d'un champ irrigué, ni des vallées, car leur céréale n'est pas du choix.
מאי איכא למימר הא ליכא התם שינוייא דהא קוצרין קתני ובמגל ולא גזרינן דילמא אתי למיכל ואוקמיה לההיא כר' יהודה במסכת מנחות בפרק ר' ישמעאל (מנחות דף עא.) מדקתני סיפא אנשי יריחו קוצרין לפני העומר כו' ולא מיחו בידם חכמים ואמרינן מאן שמעת ליה דאמר מיחו ולא מיחו ר' יהודה:
La, il n'y a pas de changement. Car on enseigné : on moissonné, et c'est à la faucille. Et l'on ne décrète pas, de crainte qu'on en vienne à manger. On a établi cette michna selon Rabbi Yehouda dans le traité Menahot, au chapitre Rabbi Yishmael (Menahot 71a), puisque la fin enseigne : les gens de Yericho moissonnent avant l'omer, etc., et les Sages ne les ont pas reprîmes. Et nous disons : qui entend-on parler de 'ils ont repris' et 'ils n'ont pas repris' ? Rabbi Yehouda.
🗂️ Tossefot (2)
קוצרין בית השלחין פירש רש"י ממקום שאי אתה מביא אתה קוצר וכו' ובית השלחין וכל הנהו אע"ג דתניא בפרק כל הקרבנות (מנחות דף פה.) אם הביא כשר כיון דלכתחלה לא יביא חשבינן ליה ממקום שאי אתה מביא ואין לתמוה מי איכא מידי דמדאורייתא לכתחלה אסור ובדיעבד שרי דאיכא מילי טובא דבעינן שישנה הכתוב עליו לעכב כגון קדשים:
Rachi expliqué : d'un lieu d'où tu n'apportés pas, tu moissonnes, etc. Le champ irrigué et tous ces lieux : bien qu'on enseigné au chapitre Kol ha-korbanot (Menahot 85a) que si on l'a apporté c'est kacher, puisque lekhathila on ne l'apporte pas, on le compte comme un lieu d'où tu n'apportés pas. Et point d'étonnement à ceci : existe-t-il une chose interdite lekhathila par la Tora et permise bediavad ? Il y en a beaucoup, la où il faut que le verset répété pour rendre passoul, comme pour les kodashim.
אבל לא גודשין דבגדישה ליכא פסידא אם ימתין אחר העומר דדוקא משום פסידא התירו קצירה שממהרין ליקצר משאר פירות ואי לא קצרי להו פסדי והא דשרי רבי יהודה קמח וקלי לעיל יש לומר משום עולי רגלים הקילו ור' מאיר אוסר בקמח ושרי קצירה לקמן בפ' מקום שנהגו (פסחים דף נו.) דקתני במילתיה קוצרין ברצון חכמים והיינו משום פסידא וכן פי' הקונטרס במנחות ואם תאמר א"כ מאי פריך דילמא הכא שרי רבי יהודה משום פסידא אבל גבי חמץ גזרינן ויש לומר משום מצות ביעור יש להתיר כמו משום פסידא:
Car pour la mise en meule il n'y a pas de perte à attendre après l'omer. C'est à cause de la perte qu'on a permis la moisson : ces blés sont prêts à être moissonnes avant les autres récoltes, et si on ne les moissonné pas ils sont perdus. Et ce que Rabbi Yehouda permet, farine et kali, plus haut : on peut dire que c'est à cause des olei regalim (pèlerins des fêtes) qu'on a allégé. Rabbi Meir interdit la farine et permet la moisson plus loin, au chapitre Makom she-nahagu (Pesachim 56à) : on enseigné dans ses paroles qu'on moissonné avec l'accord des Sages, et c'est à cause de la perte. Le commentaire l'explique ainsi dans Menahot. Et si tu dis : des lors, que vient objecter la Guemara ? Ici Rabbi Yehouda permet peut-être à cause de la perte, et pour le hamets il décrété. Réponse : à cause de la mitsva de biour (élimination), il y a lieu de permettre, au même titre qu'à cause de la perte.
💡 Explication

Michna de Menahot, fixée selon Rabbi Yehouda : on moissonné beit ha-shelahin (champ irrigué) et les vallées avant l'omer, et l'on ne dresse pas le gadish (la meule). Le mot moissonner vise la faucille. La ketufa ne sert plus de rappel.

Rachi accorde deux versets. L'un fait moissonner puis apporter. L'autre fait de l'omer le début de la moisson. Partage : la où l'on prend l'omer, pas de moisson avant. Champ fumé, champ irrigué, vallées : la farine n'est pas du choix pour la minha, on n'en apporte pas, on peut moissonner.

Tossefot : bediavad l'offrande de ces lieux est kacher. Lekhathila on n'apporte pas, donc le verset permissif s'applique. La meule peut attendre. La moisson, non : pesida (perte). La mitsva de biour pèse comme cette perte : on ne sort pas de la question en disant que seul le champ irrigué à une raison de permettre.

🖼️ Schéma
Deux versets, deux lieux de moisson Vous moissonnerez, puis vous apporterez La moisson précède l'apport de l'omer Donc : moisson avant l'omer, possible L'omer, début de votre moisson L'omer est la première moisson Donc : rien avant lui Lieu d'où l'on apporte l'omer Pas de moisson avant l'omer Bles du choix, pour la minha Lieu d'où l'on n'apporte pas Moisson permise des avant Champ fumé, irrigué, vallées
Lieu de l'omer : pas de moisson avant. Autre lieu : moisson permise.
4
אלא אמר אביי: חדש — בדיל מיניה, חמץ — לא בדיל מיניה.

Plutôt, Abaye dit : du 'hadach, on s'écarte. Du hamets, on ne s'écarte pas.

📜 Rachi (1)
חדש מבדל בדילי מיניה שהרי לא הורגלו לאוכלו כל השנה ואין למודין לפשוט יד להושיט לפיהם אבל חמץ למודין הן בכך כל השנה:
Car on n'a pas pris l'habitude d'en manger de toute l'année, et l'on n'est pas forme à tendre la main pour le porter à la bouche. Le hamets : on y est formé, toute l'année.
💡 Explication

Abaye quitte le changement de geste. Le 'hadach est interdit toute l'année jusqu'à l'omer : on n'a pas le geste de le porter à la bouche. Le hamets se mange toute l'année : le geste reste. Rabbi Yehouda décrété sur la bedika, et il ne décrète pas sur le 'hadach.

5
אמר רבא: דרבי יהודה אדרבי יהודה קשיא, דרבנן אדרבנן לא קשיא?

Rava dit : Rabbi Yehouda contre Rabbi Yehouda fait difficulté, et les Sages contre les Sages ne font pas difficulté ?

📜 Rachi (1)
דרבנן אדרבנן לא קשיא בתמיה דלא משנית אלא לר' יהודה והא דרבנן נמי קשיא דבמתני' לא גזרינן והתם קתני שלא ברצון חכמים דמשמע דגזר ר' מאיר דהוא מבני פלוגתיה דילמא אתי למיכל:
Sur un ton d'étonnement. Tu n'as répondu que pour Rabbi Yehouda. Or les Sages aussi font difficulté : dans notre michna on ne décrète pas, et la-bas on enseigné 'contre la volonté des Sages', ce qui montre que Rabbi Meir, qui est du côté opposé, décrété de crainte qu'on en vienne à manger.
💡 Explication

Rava : la réponse d'Abaye ne couvre que Rabbi Yehouda. Les Sages, ici Rabbi Meir, ont le même écart. Michna de la bedika : pas de gezera. Yericho : 'contre la volonté des Sages', donc gezera sur le 'hadach.

6
דרבי יהודה אדרבי יהודה לא קשיא — כדשנינן. דרבנן אדרבנן נמי לא קשיא — הוא עצמו מחזר עליו לשורפו, מיכל קאכיל מיניה?!

Rabbi Yehouda contre Rabbi Yehouda ne fait pas difficulté, comme nous avons répondu. Les Sages contre les Sages non plus ne font pas difficulté : lui-même le cherche pour le brûler.

En mangerait-il ?

📜 Rachi (2)
הוא עצמו מחזר עליו לשורפו אע"ג דבעלמא גזרינן בדבר שעסוק בו שלא יושיט לפיו הכא בבדיקת חמץ ליכא למיגזר דהוא עצמו כל עסקו זה בחמץ אינו אלא מחזר עליו לשורפו אין לך זכרון לאיסור גדול מזה:
Bien qu'en général on décrété, pour une chose dont on s'occupe, qu'on ne la porte pas à la bouche : ici, dans la bedika du hamets, il n'y a pas lieu de décréter. Lui-même, toute son occupation de ce hamets consiste à le chercher pour le brûler. Tu n'as pas de souvenir de l'interdit plus fort que celui-là.
מיכל קא אכיל מיניה בתמיה:
Sur un ton d'étonnement.
💡 Explication

Côté Rabbi Yehouda, la réponse d'Abaye reste. Côté Sages : pendant la bedika, on ne prend le hamets que pour le brûler. Ce but rappelle l'interdit. La gezera 'de crainte d'en manger' n'a pas de place.

7
רב אשי אמר: דרבי יהודה אדרבי יהודה לא קשיא: ״קמח וקלי״ תנן.

Rav Ashi dit : Rabbi Yehouda contre Rabbi Yehouda ne fait pas difficulté. Nous avons appris : farine et kali.

📜 Rachi (1)
קמח וקלי תנן ואין אלו ראויין לאכילה:
Et ceux-là ne sont pas propres à être mangés.
💡 Explication

Autre lecture, pour Rabbi Yehouda seul. La michna des marches dit kemah (farine) et kali (grain grillé). Ni l'un ni l'autre ne se mange tel quel. Rav Ashi n'a plus besoin du critère 'on s'écarte'.

8
הא דרב אשי בדותא היא: התינח מקלי ואילך, מעיקרא עד קלי מאי איכא למימר?

Or cette parole de Rav Ashi est une beduta (une erreur). Soit, à partir du kali et au-delà.

Au début, jusqu'au kali, que dire ?

📜 Rachi (2)
מקלי ואילך לאחר שנתייבש בתנור אין ראוי לאכול:
Après qu'il à sèche au four, il n'est plus propre à être mangé.
מעיקרא בעודו רך בקליות קודם שיתיבש מאי איכא למימר:
Tant qu'il est encore tendre, pendant qu'on le grille, avant qu'il sèche : que dire ?
💡 Explication

La Guemara nomme cela une beduta. Une fois le kali sèche au four, il ne se mange plus. Avant le séchage, le grain est encore tendre. À cette étape, la crainte d'en manger reste entière.

9
וכי תימא על ידי קיטוף כדרבא, אלא ״קוצרין בית השלחין ושבעמקים״, ואוקימנא כרבי יהודה, מאי איכא למימר? אלא דרב אשי בדותא היא.

Et si tu dis : par ketufa, comme Rava. Mais : on moissonné le champ irrigué et celui des vallées, et nous l'avons établi selon Rabbi Yehouda.

Que dire ? Plutôt, la parole de Rav Ashi est une beduta.

📜 Rachi (2)
וכי תימא זכור הוא ע"י הקיטוף כדשני רבא לעיל בית השלחים דליכא קיטוף מאי איכא למימר:
Il se souvient par la ketufa, comme Rava à répondu plus haut. Le champ irrigué, où il n'y a pas de ketufa : que dire ?
אלא בדותא וטעמא דר' יהודה משום דבדילא מיניה וחמץ לא בדיל מיניה שרגיל בו כל שעה:
Et la raison de Rabbi Yehouda : on s'écarte du 'hadach. Du hamets, on ne s'écarte pas, car on y est habitué à toute heure.
💡 Explication

Reprendre la ketufa de Rava ne sauve pas Rav Ashi. Beit ha-shelahin se moissonné à la faucille, et la michna est selon Rabbi Yehouda. On reste sur Abaye : on s'écarte du 'hadach, on ne s'écarte pas du hamets.

10
וכל היכא דלא בדיל מיניה, מי גזר רבי יהודה?

Et partout où l'on ne s'écarte pas, Rabbi Yehouda décrété-t-il ?

💡 Explication

Le critère devient une règle. La où l'on ne s'écarte pas, Rabbi Yehouda pose-t-il toujours une gezera ? La Guemara cherche un cas d'usage courant où il ne décrète pas.

11
והתנן: לא יקוב אדם שפופרת של ביצה וימלאנה שמן ויתננה בצד הנר בשביל שתהא מנטפת, ואפילו היא של חרס.

Or nous avons appris : on ne perce pas un tube fait d'une coquille d'œuf, pour le remplir d'huile et le placer à côté de la lampe afin qu'il dégoutte. Et même s'il est en terre cuite.

📜 Rachi (3)
כל נר שבגמרא היינו הכלי קרויישי"ל:
Tout ner dans la Guemara désigne le récipient. En ancien français : croiseille (lampe).
מנטפת טיפין דקות כשהפתילה מבערת:
De fines gouttes, quand la mèche brûle.
ואפי' היא של חרס אותה שפופרת דמאיסא אפ"ה אסור דילמא אתי למיכל מינה ותניא הנותן שמן לנר חייב משום מבעיר והמסתפק ממנו חייב משום מכבה:
Ce tube, qui est repoussant : même ainsi c'est interdit, de crainte qu'on en vienne à en prélever. Et l'on enseigné : celui qui met de l'huile dans la lampe est coupable au titre de mav'ir (allumer), et celui qui en prélève est coupable au titre de mekhabeh (éteindre).
💡 Explication

Michna de Chabbat. Un réservoir, coquille d'œuf où heress (terre cuite), percé, plein d'huile, pose à côté du ner pour nourrir la mèche goutte à goutte. Rachi : ner désigne le récipient, pas seulement la flamme.

Même un tube repoussant reste interdit : on craint d'en prélever. Ajouter de l'huile est mav'ir. En retirer est mekhabeh.

🖼️ Schéma
Tube d'huile à côté de la lampe Tube œuf où heress gouttes Ner récipient, mèche Deux fautes Verser : mav'ir Prélever : mekhabeh Sages interdisent. R. Yehouda permet.
L'huile du tube goutte dans le ner. Verser allume, prélever éteint.
12
ורבי יהודה מתיר! התם, משום חומרא דשבת מבדל בדילי.

Et Rabbi Yehouda permet ! La, à cause de la houmra de Chabbat, on s'écarte.

📜 Rachi (1)
ור' יהודה מתיר ואע"ג דשמן הכל תדירין בו ודרבנן אדרבנן ליכא לאקשויי דהא אוקימנא טעמא בחמץ משום דהוא עצמו מחזר עליו לשורפו:
Bien que l'huile, tout le monde y recourt sans cesse. Et les Sages contre les Sages : il n'y a pas lieu d'objecter, car nous avons déjà établi la raison pour le hamets. Lui-même le cherche pour le brûler.
💡 Explication

Rabbi Yehouda permet le tube. L'huile est d'usage quotidien : selon le critère, il devrait décréter. Réponse : la houmra de Chabbat fait qu'on s'écarte de ce qui est auprès de la lampe. Rachi : inutile de reposer l'écart des Sages. Pour le hamets, ils ont déjà leur raison, le biour.

13
ורמי דשבת אשבת, דתניא: חבל דלי שנפסק, לא יהא קושרו אלא עונבו. רבי יהודה אומר: כורך עליו פונדא או פסקיא, ובלבד שלא יענבנו.

Et l'on oppose Chabbat à Chabbat. Car on enseigné : la corde d'un seau s'est rompue, on ne la noue pas, on en fait une aniva (boucle).

Rabbi Yehouda dit : on enroule dessus une punda où une pesikya, à condition de ne pas en faire une aniva.

📜 Rachi (6)
קשר של קיימא שהוא עשוי שלא להתירו לעולם הוי אב מלאכה במסכת שבת:
Un nœud fait pour n'être jamais défait. C'est un av melakha dans le traité Chabbat.
לא יהא קושרו דהוי קשר של קיימא אלא עונבו ולא גזרי' עניבה אטו קשירה:
Car ce serait un nœud durable. On fait une aniva, et l'on ne décrète pas l'aniva à cause du nœud.
כורך כריכה בעלמא:
Un simple enroulement.
פונדא אזור חלל:
Une ceinture creuse.
פסיקייא פיישל"א שכורכין סביבות שוקיים:
Pesikya : faisselle, en ancien français, qu'on enroule autour des mollets.
שלא יענבנו גזירה משום קשירה הואיל ועסוק בכך:
Gezera à cause du nœud, puisqu'il est occupé à cela.
🗂️ Tossefot (1)
כורך עליו פונדא לאו דוקא כורך דאפילו לקשור יכול דלא מבטל ליה ובלבד שלא יענבנו אחבל קאי:
'Enroulé' n'est pas au sens étroit. Même nouer, il le peut, car il ne l'annule pas. 'À condition de ne pas en faire une aniva' porte sur la corde.
💡 Explication

Baraita en sens inverse. Corde de seau cassée. Les Sages : pas de keshira, une aniva suffit, et l'on ne décrète pas la boucle à cause du nœud. Rabbi Yehouda : on enroule une punda (ceinture creuse) où une pesikya (bande des mollets), sans aniva.

Rachi glose d'abord le kesher shel kayama : nœud fait pour durer, av melakha. Tossefot : sur la punda, un vrai nœud reste permis, car on ne perd pas la bande. L'aniva interdite est celle de la corde.

🖼️ Schéma
Corde du seau cassée : trois gestes Keshira Nœud durable kesher shel kayama Av melakha Interdit aux deux Aniva Boucle, pas un nœud serre Sages : permise elle ne s'échange pas R. Yehouda : c'est un nœud Kerikha Enroulement punda où pesikya Tossefot : même un nœud, s'il n'annule pas la bande Rabbi Yehouda
Nœud durable, aniva, enroulement : qui permet quoi.
14
קשיא דרבי יהודה אדרבי יהודה, קשיא דרבנן אדרבנן!

Difficulté de Rabbi Yehouda contre Rabbi Yehouda. Difficulté des Sages contre les Sages.

📜 Rachi (1)
קשיא דרבנן דשפופרת אדרבנן דחבל:
Les Sages du tube, contre les Sages de la corde.
💡 Explication

Deux écarts croisés. Rabbi Yehouda permet le tube et interdit l'aniva. Les Sages interdisent le tube et permettent l'aniva.

15
דרבנן אדרבנן לא קשיא: שמן בשמן — מיחלף, עניבה בקשירה — לא מיחלף.

Les Sages contre les Sages ne font pas difficulté. Huile et huile s'échangent.

Aniva et nœud ne s'échangent pas.

📜 Rachi (1)
שמן זה בשמן דכל שנה מיחלף ואתי למיכליה:
Cette huile s'échange avec l'huile de toute l'année, et il en viendra à la consommer.
💡 Explication

Critère des Sages : mihlaf, l'échange. L'huile du tube se confond avec l'huile de l'année. L'aniva ne se confond pas avec un nœud : le geste diffère, pas de gezera.

16
דרבי יהודה אדרבי יהודה לא קשיא: טעמא דרבי יהודה לאו משום דגזר עניבה אטו קשירה, אלא משום דקסבר עניבה גופה קשירה היא.

Rabbi Yehouda contre Rabbi Yehouda ne fait pas difficulté. La raison de Rabbi Yehouda : il ne décrète pas l'aniva à cause du nœud.

Il tient que l'aniva elle-même est un nœud.

💡 Explication

Pour l'aniva, Rabbi Yehouda ne pose pas une gezera 'boucle à cause du nœud'. Il tient que l'aniva est une keshira. L'interdit est celui du nœud lui-même. Le tube reste permis par la houmra de Chabbat.

17
ורמי רבנן אדרבנן, דתנן: קושרין דלי בפסקיא אבל לא בחבל, ורבי יהודה מתיר. חבל דמאי? אילימא חבל דעלמא, ״ורבי יהודה מתיר״? קשר של קיימא הוא, דודאי אתי לבטולי!

Et l'on oppose les Sages aux Sages. Car nous avons appris : on attache un seau avec une pesikya, mais pas avec une corde.

Et Rabbi Yehouda permet. Une corde de quelle sorte ?

Si tu dis une corde ordinaire : et Rabbi Yehouda permet ? C'est un nœud durable, car à coup sur il en vient à l'annuler.

📜 Rachi (3)
קושרין דלי בפסיקייא דלאו קשר שעשוי להתקיים הוא דאינו מפסיד פסיקייא שלו בכך:
Le nœud n'est pas fait pour durer. Il ne perd pas sa pesikya en agissant ainsi.
אבל לא בחבל שמא יניחנו שם עולמית:
De crainte qu'il l'y laisse pour toujours.
אי נימא חבל דעלמא שתשמישו לכך ואיכא למיחש שמא יניחנו שם:
Dont l'usage est celui-là, et il y a lieu de craindre qu'il l'y laisse.
💡 Explication

Autre michna. Seau attaché avec une pesikya : permis, on ne perd pas la bande. Avec une corde : les Sages interdisent, Rabbi Yehouda permet.

Une corde ordinaire ferait un kesher shel kayama. La laisser sur le seau, c'est l'annuler (mevatel) pour tout autre usage. Rabbi Yehouda ne peut pas permettre cet av melakha. La corde de la michna est donc d'une autre sorte.

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אלא פשיטא דגרדי.

Plutôt, c'est évident : une corde de gardi (tisserand).

📜 Rachi (1)
חבל דגרדי שאינו ראוי למילוי מים תמיד ור' יהודה מתיר ולא גזר גבי שבת כדאוקימנא טעמא דמשום חומרא דשבת פרשי אינשי מאיסורא דיליה ונזכרין הן אבל דרבנן דהכא אדרבנן דעניבה קשיא:
Elle n'est pas propre à puiser de l'eau en permanence. Rabbi Yehouda permet, et il ne décrète pas pour Chabbat, selon la raison déjà posée : à cause de la houmra de Chabbat, les gens s'écartent de son interdit et s'en souviennent. Mais les Sages d'ici contre les Sages de l'aniva font encore difficulté.
💡 Explication

Corde de gardi, le tisserand. Elle ne sert pas en permanence à puiser : le nœud reste provisoire. Rabbi Yehouda permet, cohérent avec la houmra de Chabbat. Reste l'écart des Sages : ici ils interdisent cette corde, la-bas ils permettent l'aniva.

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וגזרו רבנן חבל דגרדי אטו חבל דעלמא? אין, חבל בחבל — מיחלף, עניבה בקשירה — לא מיחלפא.

Et les Sages ont-ils décrété la corde du tisserand à cause de la corde ordinaire ? Oui.

Corde et corde s'échangent. Aniva et nœud ne s'échangent pas.

📜 Rachi (1)
ומשנינן חבל בחבל מיחלף כו' והשתא איתרצו כולהו דרבנן גזרו כל היכא דמיחלף בין בשבת בין בשאר איסורי הילכך בחדש לפני העומר גזרו וכן בשפופרת וכן בחבל אבל בחמץ לא משום דמוזהר עליו לשורפו ובעניבה נמי לא משום דלא מיחלפא ור' יהודה גזר בכל מילי דלא בדילי מיניה ובמידי דבדילי מיניה לא גזר הילכך בחמץ גזר אבל בחדש בדילי מיניה ובכל הנך דשבת משום דבדילי מינייהו ודקא מחמיר בעניבה משום דקסבר היא גופא קשירה היא:
Et maintenant, toutes les positions des Sages sont réglées. Ils décrètent partout où il y a échange, à Chabbat comme pour les autres interdits. Donc, pour le 'hadach avant l'omer, ils ont décrété. De même pour le tube. De même pour la corde. Pour le hamets, non : on est averti à son sujet, pour le brûler. Pour l'aniva aussi, non : elle ne s'échange pas. Rabbi Yehouda décrété pour toute chose dont on ne s'écarte pas, et pour une chose dont on s'écarte il ne décrète pas. Donc, pour le hamets, il décrété. Pour le 'hadach, on s'en écarte. Pour tous ces cas de Chabbat, on s'en écarte. Et la où il est strict sur l'aniva : il tient qu'elle-même est un nœud.
💡 Explication

Oui : les Sages décrètent. Corde de tisserand et corde ordinaire s'échangent. Aniva et nœud, non.

Rachi ferme le tableau. Sages : gezera des qu'il y a échange, 'hadach, tube, corde. Pas le hamets : on le cherche pour le brûler. Pas l'aniva. Rabbi Yehouda : gezera la où l'on ne s'écarte pas. 'Hadach et Chabbat : on s'écarte. L'aniva : il l'interdit comme nœud.

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וכל היכא דבדיל מיניה לא גזר רבי יהודה? והתניא: בכור שאחזו דם, אפילו הוא מת — אין מקיזין לו דם, דברי רבי יהודה.

Et partout où l'on s'écarte, Rabbi Yehouda ne décrète-t-il pas ? Or on enseigné : un behor saisi par le sang, même s'il en meurt, on ne lui fait pas de saignée.

Paroles de Rabbi Yehouda.

📜 Rachi (2)
בכור אסור להטיל בו מום ואפי' לגרום כדתניא מום לא יהיה בו אין לי אלא שלא יטיל בו מום מניין שלא יגרום לו ת"ל כל מום במסכת ביצה (ד' כז:):
Il est interdit de lui infliger un mum, et même d'en causer un. Comme on enseigné : 'un mum ne sera pas en lui'. Je n'ai que l'interdiction de lui infliger un mum. D'où tient-on qu'il ne faut pas lui en causer un ? Le verset enseigné : 'tout mum'. Dans le traité Beitsa (27b).
אין מקיזין דם אפי' במקום שאינו עושה בו מום דהיינו בכל מקום שבו אם אינו חותך ממנו עצם או פוגם שפתו או אזנו וכל דבר שאינו חוזר לקדמותו הוי מום אידך לא הוי מום וקא גזר ר' יהודה אטו מקום שעושה בו מום ואע"ג דקדשים הכל בדילין מהן מחלוקת ר' שמעון ור' יהודה בתורת כהנים:
Même à un endroit où l'on ne lui fait pas de mum. C'est-à-dire en tout endroit du corps, des lors qu'on n'en coupe pas un os, et qu'on n'entamé ni sa lèvre ni son oreille. Tout ce qui ne revient pas à son état premier est un mum. Le reste n'est pas un mum. Rabbi Yehouda décrété à cause de l'endroit où l'on fait un mum. Et cela, bien que des kodashim tout le monde s'écarte. Le différend de Rabbi Shimon et de Rabbi Yehouda se trouve dans la Torat Kohanim.
🗂️ Tossefot (1)
כל היכא דבדיל מיניה לא גזר ר' יהודה דר' מאיר אדר"מ לא רצה להקשות דלעיל גזר גבי חדש וגבי בכור לא גזר דבפרק כל פסולי המוקדשין (בכורות לג: ושם) תניא בכור שאחזו דם מקיזין לו במקום שאין עושין לו מום דברי ר' מאיר ורבי יהודה אומר וכו' משום דאיכא לשנויי שאני בכור דאיכא פסידא:
Il n'a pas voulu objecter Rabbi Meir à Rabbi Meir. Plus haut, il décrété pour le 'hadach, et pour le behor il ne décrète pas. Car au chapitre Kol pesulei ha-mukdashin (Bekhorot 33b, et la-bas) on enseigné : un behor saisi par le sang, on lui fait une saignée à un endroit où l'on ne fait pas de mum, paroles de Rabbi Meir. Et Rabbi Yehouda dit, etc. Parce qu'il y a une réponse : le behor est à part, il y a une perte.
💡 Explication

Attaque inverse. La où l'on s'écarte, Rabbi Yehouda s'abstient-il de décréter ? Un behor sans mum est hekdesh : on s'écarte des kodashim. S'il est ahuz dam (saisi par un excès de sang), Rabbi Yehouda interdit toute hakaza (saignée), même s'il doit en mourir, même la où le geste ne fait pas de mum.

Rachi : infliger un mum est interdit, causer un mum aussi, du verset 'tout mum'. Os coupe, lèvre où oreille entamée : mum, car cela ne revient pas. Le reste de la saignée n'est pas un mum. Rabbi Yehouda décrété cet endroit à cause de l'autre.

Tossefot : on n'aligne pas Rabbi Meir sur Rabbi Meir. Bekhorot 33b : il permet la saignée la où il n'y a pas de mum. Réponse prête : pour le behor il y a pesida, la bête peut mourir.

🖼️ Schéma
Behor ahuz dam : où la saignée fait-elle un mum ? Endroit du mum Os coupe, lèvre où oreille entamée Ce qui ne revient pas Interdit aux deux Infliger, et même causer Endroit sans mum Saignée qui ne laisse pas de défaut Sages : permise Rabbi Yehouda : interdite Gezera à cause de l'autre endroit
Endroit du mum : interdit. Autre endroit : Sages permettent, Rabbi Yehouda décrété.
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וחכמים אומרים: יקיז, ובלבד שלא יטיל בו מום. התם, מתוך שאדם בהול

Et les Sages disent : on fait la saignée, à condition de ne pas lui infliger de mum. La, du fait qu'un homme est bahul (presse, trouble)

💡 Explication

Les Sages permettent la saignée, à condition qu'elle ne fasse pas de mum. La Guemara ouvre la réponse : la, l'homme est bahul. La phrase s'arrête sur ce daf. Le motif de cette précipitation se lit au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).