Sougya : Le daf ouvre sur la fin du bekhor pris de sang. Rabbi Yehouda interdit toute saignée : un homme presse pour son bien franchirait la limite du moum.
Les Sages la permettent la où elle ne fait pas de moum. La Guemara sépare les cas : la bête qui meurt, et la bête qui souffre seulement.
Du pain se confond avec du pain ; le kidour ne se confond pas avec le kirtzouf. La michna fixe les heures du 14 nissan : Rabbi Meir, Rabbi Yehouda, Rabban Gamliel, et le signal des deux hallot de toda.
La Guemara rapproche leur différend de l'erreur d'un témoin sur l'heure. Abaye en mesure la taille : rien, où une demi-heure ; une autre version dit un mashehou, où une heure et un mashehou.
pour son bien, nous disons : si tu le lui permets à un endroit où l'on ne fait pas de moum (défaut), il en viendra à le faire à un endroit où l'on fait un moum.
La phrase commence au daf précédent : la, mitokh she-adam bahoul al mamono, parce qu'un homme est presse pour son bien. Le sujet est le cohen qui garde un bekhor pris de sang. S'il meurt sans moum, le cohen perd la bête.
Rabbi Yehouda ferme toute saignée. S'il l'autorise la où elle ne fait pas de moum, la hâte pousse à la faire la où elle en fait un. Faire un moum à un bekhor est interdit.
Et les Sages : à plus forte raison. Si tu ne le lui permets pas du tout, il en viendra à le faire.
Les Sages retournent le même fait. L'homme est bahoul. Un interdit total le pousse à saigner n'importe où, et il cesse de séparer l'endroit du moum de l'autre.
Une voie permise, la saignée sans moum, le retient. C'est leur kol she-ken : à plus forte raison, il faut la lui ouvrir.
Et selon Rabbi Yehouda, dit-on qu'un homme est presse pour son bien ? Or nous avons appris : Rabbi Yehouda dit : on ne fait pas de kidour à la bête le jour de fête, parce qu'il fait une havoura (blessure).
Mais on fait un kirtzouf. Et les Sages disent : on ne fait pas de kidour, et l'on ne fait pas non plus de kirtzouf.
Objection contre la raison donnée à Rabbi Yehouda. S'il décrété des qu'un homme est presse pour son bien, le peignage de Yom Tov devrait suivre la même voie.
Kidour : dents fines, cela blesse. Kirtzouf : dents larges, cela ne blesse pas. Blesser un vivant est un av melakha. Rabbi Yehouda interdit le premier et permet le second. Il ne pose pas de gezera de l'un vers l'autre, alors que la boue affaiblit la bête.
Et l'on enseigné : qu'est-ce que le kidour, et qu'est-ce que le kirtzouf ? Kidour : des dents petites, et elles font une havoura.
Kirtzouf : des dents grandes, et elles ne font pas de havoura.
Baraita de définition. Le kidour blesse, le kirtzouf ne blesse pas. Rabbi Yehouda laisse le second, sans l'englober dans l'interdit du premier.
La, s'il le laisse, il meurt : nous disons qu'un homme est presse pour son bien. Ici, s'il le laisse, c'est une douleur seule : nous ne disons pas qu'un homme est presse pour son bien.
Réponse. Hatam, le bekhor : l'inaction le fait mourir. La perte du bien est entière, on dit qu'il est bahoul, et la gezera tient.
Hakha, la bête couverte de boue : l'inaction laisse une douleur, tsaara be-alma. On ne dit pas qu'il est presse pour son bien. Le kirtzouf reste permis.
Et Rabbi Yehouda : quelle différence y a-t-il pour le hamets, où il décrété, et pour le kirtzouf, où il ne décrète pas ? Du pain avec du pain, on confond.
Le kidour avec le kirtzouf, on ne confond pas.
Deuxième question, sur une autre gezera de Rabbi Yehouda, celle du hamets. Le'hem be-le'hem mihalef : un pain s'échange avec un pain, l'acte permis et l'acte interdit se mélangent. Il décrété.
Kidour be-kirtzouf lo mihalef : les outils différent, dents fines et dents larges. Il ne décrète pas. Rachi : les Sages tiennent que ces deux-la aussi se confondent, et ils interdisent les deux.
Michna. Rabbi Meir dit : on mange pendant toute la cinquième, et l'on brûle au début de la sixième.
Rabbi Yehouda dit : on mange pendant toute la quatrième, on suspend pendant toute la cinquième, et l'on brûle au début de la sixième.
Heures du 14 nissan, comptées du lever du soleil, chacune un douzième du jour. De-Oraita, le hamets tombe à l'heure sept, à midi. La sixième reste permise par la Tora.
Rabbi Meir : on mange les cinq heures, on brûle des le début de la sixième. Rabbi Yehouda : on mange quatre heures. La cinquième est telouya : ni manger, ni brûler ; Rachi ajoute qu'on la donne à la bête. Au début de la sixième, on brûle, et la hanaa elle-même est fermée par gezera, de crainte de confondre six et sept.
Et Rabbi Yehouda à dit encore : deux hallot (pains) de toda (offrande de reconnaissance) passoul (invalides) sont posées sur l'itztaba (le banc du portique). Tant qu'elles sont posées, tout le peuple mange.
L'une est retirée : on suspend, on ne mange pas et l'on ne brûle pas. Les deux sont retirées : tout le peuple se met à brûler.
Horloge publique de Rabbi Yehouda. Deux pains de toda hamets, passoul, restent visibles sur le portique du mont du Temple. Les deux en place : on mange. Une retirée, au début de la cinquième : tolin, on suspend. Les deux retirées : on brûle.
Qui a rendu ces hallot passoul, la Guemara le dira plus loin. Ici elles servent de signe, pas d'offrande.
Rabban Gamliel dit : les houlin (aliments profanes) se mangent pendant toute la quatrième, la terouma pendant toute la cinquième, et l'on brûle au début de la sixième.
Rabban Gamliel sépare selon le statut. Les houlin se mangent toute la quatrième. La terouma se mange encore toute la cinquième : tant qu'on peut la manger, on ne la détruit pas de sa main.
Au début de la sixième, on brûle, terouma comprise. Rachi : la majorité confond, de façon sûre, la sixième et la septième.
Guemara. Nous avons appris la-bas : l'un dit le deux du mois, et l'un dit le trois : leur témoignage tient.
La Guemara va chercher une autre michna, à Sanhédrin, où Rabbi Meir et Rabbi Yehouda divergent aussi sur la taille d'une erreur. Le cas est capital : harag et ha-nefech, celui-ci à tué.
Écart d'un jour dans la date du mois. Rachi : les sept hakirot les ont déjà mis d'accord sur le jour de la semaine, le troisième où le quatrième. Le décalage vient de l'ibour ha-hodesh : mois plein de trente jours, Roch Hodech au trente et unième, et l'un des deux l'ignore. On a le devoir de chercher une faille pour sauver l'accuse. Cette faille-la, le tribunal n'a pas le pouvoir de la créer.
Car celui-ci connaît l'ibour du mois, et celui-ci ne connaît pas l'ibour du mois.
L'écart d'un jour à une cause régulière : l'ibour, le mois plein. Tossefot : la même lecture vaut pour un mois hasser, de vingt-neuf jours.
Le Riva : si l'examen montrait que les deux savaient l'ibour, les dates se contrediraient, et l'on mettrait à mort sur un safek. Réponse : on leur demande le jour, et ils visent un seul jour. L'un des deux ne savait donc pas. Le rov reste : la majorité se trompe sur l'ibour, et l'on suit ce rov en dinei nefachot. Sans cela, leur accord ultérieur sur un seul jour serait un hozer u-maggid, un témoin qui se reprend. Deux jours d'écart, trois et cinq, ne se rattrapent pas par deux ibour : les gens ne se trompent pas deux fois.
L'un dit le trois, et l'un dit le cinq : leur témoignage tombe. L'un dit à deux heures, et l'un dit à trois heures : leur témoignage tient.
L'un dit à trois, et l'un dit à cinq : leur témoignage tombe. Paroles de Rabbi Meir.
Échelle de Rabbi Meir. Trois et cinq : deux jours d'écart, aucune erreur ordinaire ne les rejoint, le témoignage betela. Deux heures et trois heures : un homme se trompe d'une heure, le témoignage kayemet. Trois et cinq, en heures : l'écart est déjà trop large pour lui.
Rachi lié l'annulation au verset : l'enquête doit trouver le témoignage nakhon, ajuste. Témoins et accuse sont quittes. La mort des témoins ne vient que de la hazama.
Tossefot. Le jour compte quarante mil, douze heures. Cinq mil, de l'aube au lever, font une heure et demie : le début de la deuxième heure est encore avant le netz. S'ils parlaient du lever lui-même, l'un avant et l'autre après, les gens ne mélangent pas cela. Ici ils parlent en heures, et l'on place le début de la deuxième après le lever.
Rabbi Yehouda dit : leur témoignage tient. L'un dit à cinq, et l'un dit à sept : leur témoignage tombe.
Car à cinq le soleil est à l'est, et à sept le soleil est à l'ouest.
Pour l'écart de trois à cinq, Rabbi Meir annule, Rabbi Yehouda maintient. Cinq et sept, les deux annulent. Le soleil le montre : à la cinquième heure il est encore à l'est du ciel, à la septième il est à l'ouest.
Rachi donne l'épreuve de l'ombre. Main placée face à l'est : à cinq, l'ombre tombe à l'ouest ; à sept, elle tombe à l'est. Personne ne mélange ces deux heures.
Abaye à dit : quand tu y regarderas de près, selon Rabbi Meir un homme ne se trompe en rien ; selon Rabbi Yehouda un homme se trompe d'une demi-heure. Selon Rabbi Meir, un homme ne se trompe en rien : le fait, quand il à eu lieu, c'était à la sortie de la deuxième et à l'entrée de la troisième.
Celui qui dit deux : à la fin de la deuxième. Celui qui dit trois : au début de la troisième.
Keshetamtza lomar : à serrer leurs paroles, une règle en sort. Rabbi Meir : ein adam to'e ve-lo keloum, erreur nulle. Le couple deux / trois dit vrai sur un seul instant, la jointure des deux heures. Fin de la deuxième et début de la troisième sont le même point. Celui qui se trompe, selon lui, ment.
Rabbi Yehouda : adam to'e hatzi sha'à, une demi-heure d'erreur reste compatible avec un témoignage vrai. Rachi annonce déjà l'attaque de plus bas, qui n'est pas tranchée sur cet amud : on pourrait lire chaque témoin à l'autre bout de son heure, et l'écart deviendrait trop grand pour les joindre.
Selon Rabbi Yehouda, un homme se trompe d'une demi-heure. Le fait, quand il à eu lieu, c'était au milieu de la quatrième.
Celui qui dit trois : à la fin de la troisième, et il se trompe d'une demi-heure vers l'avant (il place le fait trop tôt). Celui qui dit cinq : au début de la cinquième, et il se trompe d'une demi-heure vers l'arrière (il place le fait trop tard).
Placement. Le fait est à palga de-arba, trois heures et demie, le milieu de la quatrième. Le témoin de trois vise la fin de la troisième : une demi-heure lekameh, en avant du fait. Le témoin de cinq vise le début de la cinquième, qui est la fin de la quatrième : une demi-heure le-ahoreh, en arrière du fait.
Chaque écart reste dans la demi-heure. Les deux phrases peuvent décrire un seul acte.
Il y en a qui disent. Abaye à dit : quand tu y regarderas de près, selon Rabbi Meir un homme se trompe d'un mashehou (un rien) ; selon Rabbi Yehouda un homme se trompe d'une heure et d'un mashehou.
Selon Rabbi Meir, un homme se trompe d'un mashehou : le fait, quand il à eu lieu, c'était où à la fin de la deuxième, où au début de la troisième, et l'un d'eux se trompe d'un mashehou. Selon Rabbi Yehouda, un homme se trompe d'une heure et d'un mashehou : le fait, quand il à eu lieu, où à la fin de la troisième, où au début de la cinquième,
Deuxième version, ika de-amrei. Rabbi Meir laisse un mashehou : le fait est d'un côté de la jointure, fin de deux ou début de trois, et un seul des deux témoins déborde d'un rien.
Rabbi Yehouda laisse sha'à u-mashehou : de la fin de la troisième au début de la cinquième, il y a toute la quatrième heure, plus un rien. La phrase de la Guemara s'arrête ici, au milieu de la reprise. La suite est au daf suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).