Pesachim 12à - Marge d'erreur d'un témoin, hakirot et hazama

Pesachim 12a

Sougya : Rava écarte la seconde mesure d'Abaye. Si l'on examine les témoins, celui qui dit trois peut viser le début de la troisième heure, et celui qui dit cinq la fin de la cinquième : le témoignage est contredit, et l'on ne met pas à mort sur un doute.

Rava fixe donc la marge à l'écart maximal encore compatible, portée par un seul témoin : deux heures moins un mashehou selon Rabbi Meir, trois heures moins un mashehou selon Rabbi Yehouda. La Guemara passe aux sept hakirot.

Un 'je ne sais pas' sur une hakira annule le témoignage, parce que la hazama devient impossible. On répond en couvrant toute la fenêtre d'erreur, sans reculer dans la nuit.

Rava : un seul témoin porte l'écart maximal La marge est celle du couple que le tanna maintient encore. Rabbi Meir Marge : 2 heures moins un mashehou Dit 2 et dit 3 : tient Fait au début de 2, où à la fin de 3 Un seul témoin porte tout l'écart Dit 3 et dit 5 : tombe On ne pose pas l'erreur sur les deux L'heure 4 supposerait deux erreurs Rabbi Yehouda Marge : 3 heures moins un mashehou Dit 3 et dit 5 : tient Fait au début de 3, où à la fin de 5 Un seul témoin porte tout l'écart Dit 5 et dit 7 : tombe L'écart dépasse la marge d'un seul Même règle, une heure de plus Abaye : un mashehou, où une heure et un mashehou. Examen : début de 3 contre fin de 5, presque 3 h, témoignage moukhesh. On ne met pas à mort sur un safek. Ve-hitzilu ha-eda : l'assemblée sauve.
Rabbi Meir : presque deux heures. Rabbi Yehouda : presque trois. Un seul témoin porte l'écart.
Hazama : couvrir toute la fenêtre, pas l'heure dite Les mazimim disent : pendant toutes ces heures, vous étiez avec nous. Heure 1 2 3 4 5 6 À dit 2 (Meir) marge dit marge marge À dit 3 (Meir) marge marge dit marge marge Mazimim, Meir couvrir de 1 à 5 Yehouda, 3 et 5 couvrir de 1 à 6 Avant l'heure 1, c'est la nuit. Entre le jour et la nuit, on ne se trompe pas.
Fenêtre de hazama. Rabbi Meir : heures 1 à 5. Rabbi Yehouda : heures 1 à 6.
Hakirot et bedikot : où la hazama se pose Sept hakirot 1 shemita du yovel 2 année de la shemita 3 mois 4 quantième 5 jour 6 heure 7 lieu L'un dit : je ne sais pas Témoignage annule Formule impossible : vous étiez avec nous, à cette heure, la Bedikot Reconnaissez-vous l'homme L'avez-vous prévenu Epée où ariran Vêtements noirs où blancs Même les deux : nous ne savons pas Témoignage tient L'heure et le lieu restent. La hazama se pose encore.
Hakira sans réponse : pas de hazama, témoignage annule. Bedika ignorée : la hazama reste possible.
1
וְחַד מִיֽנַּיְיֽהוּ קָטָעֵי שָׁעָה וּמַשֶּׁהוּ.

et l'un d'eux se trompe d'une heure et d'un mashehou.

💡 Explication

Fin de la seconde version d'Abaye, au bas de 11b. Selon Rabbi Yehouda, entre la fin de la troisième heure et le début de la cinquième, il y a une heure pleine plus un mashehou. Un seul des deux témoins porte cette erreur.

2
אֲזַל רַב הוּנָא בְּרֵיֽהּ דְּרַב יְהוּדָה, אַמְרַהּ לִשְׁמַעְתְּתָא קַמֵּיֽהּ דְּרָבָא. אָמַר: וּמָה אִיֽלּוּ דָּיְיֽקִינַן בְּהָנֵי סָהֲדֵי, דְּהַאי דְּקָאָמַר שָׁלֹשׁ — בִּתְחִלַּת שָׁלֹשׁ, וְהַאי דְּקָאָמַר חָמֵשׁ — בְּסוֹף חָמֵשׁ, וְהָוְיָא עֵדוּת מֻוֽכְחֶשֶׁת, וְלָא קָטְלִינַן, וַאֲנַן נֵיֽקוּם וְנִקְּטֹיֽל מִסְּפֵקָא?! וְרַחֲמָנָא אֲמַר: ״וְשָׁפְטוּ הָעֵדָה״ ״וְהִצִּילוּ הָעֵדָה״!

Rav Houna, fils de Rav Yehouda, alla rapporter l'enseignement devant Rava. Il dit : et si nous examinions ces témoins de près, que celui qui dit trois vise le début de la troisième, et que celui qui dit cinq vise la fin de la cinquième, le témoignage serait contredit, et nous ne mettrions pas à mort ; et nous, nous nous lèverions pour mettre à mort sur un doute ?!

Or le Rachmana à dit : "et l'assemblée jugera", "et l'assemblée sauvera" !

📜 Rachi (3)
לִשְׁמַעְתְּתָא דְּאַבַּיֵּי:
D'Abaye.
אָמַר רָבָא וְכִי אֶפְשָׁר לוֹמַר שֶׁאֵין תּוֹלִין טָעוּת אֶלָּא מַשֶּׁהוּ לְר' מֵאִיר וְשָׁעָה וּמַשֶּׁהוּ לְר' יְהוּדָה א"כ הֵיאַךְ אַתָּה מְצָרֵף עֵדוּתָן מִי אָמַר לְךָ שֶׁזֶּה הַמַּקְדִּים נִתְכַּוֵּיֽן לְסוֹף הַשָּׁעָה וְהַמְאַחֵר נִתְכַּוֵּיֽן לִתְחִיֽלַּת הַשָּׁעָה כְּדֵי לְקָרְבָּן זֶה אֵצֶל זֶה וּלְצָרֵף עֵדוּתָן שֶׁלֹּא תְּהֵא בֵּינֵיהֶן אֶלָּא שִׁיֽעוּר טָעוּת הָאָדָם וּמָה אִילּוּ דָּיְיֽקַתְּ בְּהָנֵי סָהֲדֵי לְחַלֵּק עֵדוּתָן מָצֵית לְמֵימַר הַאי דְּאָמַר שָׁלֹשׁ בִּתְחִלַּת שָׁלֹשׁ וְהַאי דְּאָמַר חָמֵשׁ בְּסוֹף חָמֵשׁ וְיֵשׁ חִיֽלּוּק בֵּינֵיהֶן שָׁלֹשׁ שָׁעוֹת חָסֵר מַשֶּׁהוּ וְכֵיוָן דְּאֵין אָדָם טוֹעֶה כָּל כָּךְ נֶחֱלֶקֶת עֵדוּתָן וְהָוְיָא מֻוֽכְחֶשֶׁת וְלָא קָטְלִינַן לֵיהּ לְהַאי וַאֲנַן נֵיֽקוּם וְנִקְרַב עֵדוּתָן כְּדֵי שֶׁיַּהֲרֹג זֶה:
Rava : peut-on dire que l'on ne rattache l'erreur qu'à un mashehou selon Rabbi Meir, et à une heure et un mashehou selon Rabbi Yehouda ? Alors, comment joins-tu leur témoignage ? Qui te dit que celui qui place le fait plus tôt visait la fin de l'heure, et que celui qui le place plus tard visait le début de l'heure, afin de les rapprocher et de joindre leur témoignage, de sorte qu'il n'y ait entre eux que la mesure de l'erreur d'un homme ? Et si tu examinais ces témoins pour scinder leur témoignage, tu pourrais dire : celui qui a dit trois, au début de la troisième, et celui qui a dit cinq, à la fin de la cinquième. Il y a entre eux un écart de trois heures moins un mashehou. Puisqu'un homme ne se trompe pas autant, leur témoignage se scinde, il est contredit, et nous ne mettons pas celui-ci à mort. Et nous, nous nous lèverions pour rapprocher leur témoignage afin que celui-ci soit tué ?
וְהָא רַחֲמָנָא אָמַר וְהִצִּילוּ הָעֵדָה אֶת הָרוֹצֵחַ דִּמְחַפְּשִׂין לְזַכּוֹת אֶלָּא וַדַּאי מִדְּקָאָמַר עֵדוּתָן קַיֶּיֽמֶת ש"מ דִּסְבִירָא לְהוּ דַּאֲפִי' אַתָּה מְחַלְּקָן כְּמוֹ אֲשֶׁר תּוּכַל וְלוֹמַר שֶׁהַמֻּוֽקְדָּם נִתְכַּוֵּיֽן לִתְחִלַּת הַשָּׁעָה וְהַמְאֻוֽחָר לְסוֹפָהּ יֵשׁ לְךָ לִתְלוֹת בְּטָעוּת וְאֵינְךָ יָכוֹל לְהַכְחִישָׁם שֶׁאָדָם טוֹעֶה בְּכָל זֹאת:
Le meurtrier : on cherche de quoi l'acquitter. Conclusion : puisqu'il dit que leur témoignage tient, on apprend qu'ils tiennent ceci. Même si tu les séparés autant que tu le peux, et que tu dis que le plus tôt visait le début de l'heure et le plus tard la fin, tu rattachés encore cela à une erreur. Tu ne peux pas les contredire, car un homme se trompe de tout cela.
💡 Explication

Rav Houna rapporté la mesure d'Abaye à Rava. Rava la refuse par un examen. Si l'on serre les mots, "trois" peut viser le début de la troisième heure, et "cinq" la fin de la cinquième. L'écart monte alors à presque trois heures. Le témoignage est moukhesh, contredit, et l'on ne met pas à mort.

Mettre à mort sans cet examen, c'est mettre à mort sur un safek. Le verset dit que l'assemblée juge et que l'assemblée sauve : le tribunal cherche l'acquittement.

Rachi en tire la suite. La michna maintient pourtant certains témoignages. La marge doit donc couvrir même l'écart le plus large que l'on peut ouvrir entre les deux dires.

🖼️ Schéma
Pourquoi la mesure d'Abaye tombe Abaye Meir : mashehou Yehouda : 1 h et un mashehou > Examen 3 = début de 3 5 = fin de 5 > Écart presque 3 heures témoignage moukhesh on ne tue pas > Suite sans examen la mort est un safek l'assemblée sauve La marge devra couvrir l'écart le plus large encore compatible avec un témoignage vrai.
Examen de Rava : début de trois contre fin de cinq, témoignage contredit, pas de mort sur un doute.
3
אֶלָּא אָמַר רָבָא: לְדִבְרֵי רַבִּי מֵאִיר — אָדָם טוֹעֶה שְׁתֵּי שָׁעוֹת חָסֵר מַשֶּׁהוּ; לְדִבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה — אָדָם טוֹעֶה שָׁלֹשׁ שָׁעוֹת חָסֵר מַשֶּׁהוּ. לְדִבְרֵי רַבִּי מֵאִיר — אָדָם טוֹעֶה שְׁתֵּי שָׁעוֹת חָסֵר מַשֶּׁהוּ, מַעֲשֶׂה כִּי הֲוָה, אוֹ בִּתְחִלַּת שְׁתַּיִם אוֹ בְּסוֹף שָׁלֹשׁ, וְחַד מִיֽנַּיְיֽהוּ קָטָעֵי שְׁתֵּי שָׁעוֹת חָסֵר מַשֶּׁהוּ.

Mais Rava dit : selon les paroles de Rabbi Meir, un homme se trompe de deux heures moins un mashehou ; selon les paroles de Rabbi Yehouda, un homme se trompe de trois heures moins un mashehou. Selon les paroles de Rabbi Meir, un homme se trompe de deux heures moins un mashehou : le fait, quand il à eu lieu, c'était où au début de la deuxième, où à la fin de la troisième, et l'un d'eux se trompe de deux heures moins un mashehou.

📜 Rachi (2)
אֶלָּא אָמַר רָבָא לְר' מֵאִיר אָדָם טוֹעֶה כָּל מַה שֶׁאַתָּה יָכוֹל לַחֲלֹק אֶת אֵלּוּ שֶׁהָיָה מְקַיֵּיֽם עֵדוּתָן דְּהַיְיֽנוּ שְׁתֵּי שָׁעוֹת חָסֵר מַשֶּׁהוּ וּמִשּׁוּם הָכִי עֵדוּתָן קַיֶּיֽמֶת דְּכִי נָמֵי אָמַרְתָּ זֶה שֶׁאָמַר שְׁתַּיִם בִּתְחִלַּת שְׁתַּיִם וְזֶה שֶׁאָמַר שָׁלֹשׁ בְּסוֹף שָׁלֹשׁ כָּל רְגָעִים שֶׁבֵּינְתַיִיֽם שֶׁאֵיֽרַע הַמַּעֲשֶׂה בָּהֶן יֵשׁ לְאֵלּוּ לִטְעוֹת וְלוֹמַר כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ:
Tout l'écart par lequel tu peux scinder ceux dont il maintient le témoignage, c'est-à-dire deux heures moins un mashehou. C'est pour cela que leur témoignage tient. Même si tu dis que celui qui a dit deux visait le début de la deuxième, et celui qui a dit trois la fin de la troisième, tous les instants entre les deux ou le fait à eu lieu, ceux-là peuvent se tromper et dire ce qu'ils ont dit.
מַעֲשֶׂה כִּי הֲוָה אִי בְּסוֹף שָׁלֹשׁ אִי בִּתְחִיֽלַּת שְׁתֵּים כְּלוֹמַר לָא מִיֽבַּעְיָא אִם הָיָה הַמַּעֲשֶׂה בְּסוֹף שְׁתַּיִם אוֹ בִּתְחִיֽלַּת ג' דְּטָעוּת מוּעֶטֶת הוּא דְּאִי נָמֵי נֶאֱמַר הַאי בִּתְחִיֽלַּת שְׁתַּיִם אֵין כָּאן טָעוּת אֶלָּא שָׁעָה וְהַאי אִי נָמֵי אָמַר בְּסוֹף שָׁלֹשׁ אֵין כָּאן טָעוּת אֶלָּא שָׁעָה אֶלָּא אֲפִיֽלּוּ הֲוָה מַעֲשֶׂה בִּתְחִיֽלַּת שְׁתַּיִם וְהַאי דְּאָמַר שָׁלֹשׁ בְּסוֹף שָׁלֹשׁ וְיֵשׁ כָּאן טָעוּת שְׁתֵּי שָׁעוֹת חָסֵר מַשֶּׁהוּ אֲפִי' הָכִי אֵין כֹּחַ לָנוּ לְבַטְּלָן שֶׁאַף בְּכָךְ אָדָם טוֹעֶה וּלְר' יְהוּדָה נָמֵי כּוּ' וּבְהַאי עִנְיָנָא דְּפָרֵיֽשִׁית דְּכִי נָמֵי מְרַחֲקַתְּ לְהוּ בְּכָל הַיְּכֹוֽלֶת אַכַּתִּי טָעוּ בְּהָכִי דְּהַיְיֽנוּ שָׁלֹשׁ שָׁעוֹת חָסֵר מַשֶּׁהוּ מַעֲשֶׂה כִּי הֲוָה כּוּ' כְּלוֹמַר בְּכָל מַה שֶּׁאַתָּה יָכוֹל לְהַרְחִיק אֲפִילּוּ הָאֶחָד אָמַר שֶׁבְּאוֹתָהּ שָׁעָה הָיָה הַמַּעֲשֶׂה אֵין עֵד הָרָחוֹק מִמֶּנּוּ מֻוֽכְחָשׁ דְּטָעוּ בְּהָכִי:
Autrement dit : le cas où le fait serait à la fin de la deuxième où au début de la troisième reste le plus faible, l'erreur y est d'une heure. Même si l'on dit que celui-ci visait le début de la deuxième, l'erreur n'est qu'une heure. Et celui-là, même s'il à dit la fin de la troisième, l'erreur n'est qu'une heure. Le cas tient aussi quand le fait est au début de la deuxième, et que celui qui a dit trois visait la fin de la troisième : il y a une erreur de deux heures moins un mashehou. Même alors, nous n'avons pas le pouvoir de les annuler, car un homme se trompe aussi de cela. Pour Rabbi Yehouda aussi, de la même manière : même si tu les écartés de tout ce qui est possible, ils se trompent encore de cela, c'est-à-dire de trois heures moins un mashehou. Le fait, quand il à eu lieu, et la suite. Dans tout ce par quoi tu peux les écarter, même si l'un à dit que le fait était à cette heure-la, le témoin éloigné de lui n'est pas contredit, car ils se trompent de cela.
🗂️ Tossefot (1)
אֶלָּא אָמַר רָבָא לְדִבְרֵי ר' מֵאִיר אָדָם טוֹעֶה ב' שָׁעוֹת חָסֵר מַשֶּׁהוּ וְאִם תֹּאמַר א"כ אֶחָד אוֹמֵר בַּג' וְא' אוֹמֵר בַּהּ' אַמַּאי עֵדוּתָן בְּטֵיֽלָה נֵימָא דְּעֻוֽבְדָּא בִּרְבִיעִית הֲוָה וְי"ל דְּסָבַר רָבָא דְּאֵין לִתְלוֹת הַטָּעוּת בִּשְׁנֵיהֶם אַךְ יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת אֶחָד אוֹמֵר בָּג' וְא' אוֹמֵר בַּהּ' אַמַּאי עֵדוּתָן בְּטֵיֽלָה אִילּוּ דָּיְיֽקַתְּ בְּהָנֵי סָהֲדֵי דִּילְמָא הַאי דְּקָאָמַר בַּג' בְּסוֹף ג' וְיֵשׁ לוֹמַר דִּלְהַחְמִיר וּלְקַיֵּיֽם עֵדוּתָן לָא בָּדְקִינַן לְהוּ:
Et si tu dis : s'il en est ainsi, l'un dit à la troisième et l'un dit à la cinquième, pourquoi leur témoignage est-il annule ? Disons que le fait était à la quatrième. On répond : Rava tient que l'on ne rattache pas l'erreur aux deux à la fois. Mais on peut objecter : l'un dit à la troisième et l'un à la cinquième, pourquoi leur témoignage est-il annule ? Si tu examinais ces témoins, peut-être celui qui dit à la troisième visait-il la fin de la troisième. On répond : pour être rigoureux et maintenir leur témoignage, on ne les examine pas.
💡 Explication

Rava règle la marge sur le couple que chacun maintient. Rabbi Meir maintient "deux" et "trois" : du début de la deuxième à la fin de la troisième, deux heures moins un mashehou. Un seul témoin porte tout l'écart. L'autre peut avoir dit l'heure du fait.

Tossefot bloque le partage. Si le fait était à la quatrième heure, les deux se seraient trompés, l'un depuis "trois", l'autre depuis "cinq". Rava ne pose pas l'erreur sur les deux à la fois. Le couple trois / cinq reste donc annule chez Rabbi Meir. On n'examine pas non plus les témoins dans le sens qui maintiendrait un témoignage capital.

🖼️ Schéma
Rabbi Meir : où poser les deux heures moins un mashehou Fait : début de 2 Celui qui dit 2 est à l'heure Celui qui dit 3 porte presque 2 h Tient Fait : fin de 3 Celui qui dit 3 est à l'heure Celui qui dit 2 porte presque 2 h Tient Fait : heure 4 Dires : 3 et 5 Les deux se trompent Rava ne pose pas cela Tombe
L'erreur pleine est sur un seul témoin. Le partage sur les deux, à l'heure 4, ne maintient pas trois et cinq.
4
לְדִבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה — אָדָם טוֹעֶה שָׁלֹשׁ שָׁעוֹת חָסֵר מַשֶּׁהוּ, מַעֲשֶׂה כִּי הֲוָה אוֹ בִּתְחִלַּת שָׁלֹשׁ אוֹ בְּסוֹף חָמֵשׁ, וְחַד מִיֽנַּיְיֽהוּ קָטָעֵי שָׁלֹשׁ שָׁעוֹת חָסֵר מַשֶּׁהוּ.

Selon les paroles de Rabbi Yehouda, un homme se trompe de trois heures moins un mashehou : le fait, quand il à eu lieu, c'était où au début de la troisième, où à la fin de la cinquième, et l'un d'eux se trompe de trois heures moins un mashehou.

💡 Explication

Même règle chez Rabbi Yehouda, sur le couple qu'il maintient : "trois" et "cinq". Le fait est au début de la troisième où à la fin de la cinquième. Un seul témoin s'écarte de trois heures moins un mashehou.

5
תְּנַן: הָיוּ בּוֹדְקִין אוֹתוֹ בִּשְׁבַע חֲקִירוֹת: בְּאֵיזוֹ שָׁבוּעַ, בְּאֵיזוֹ שָׁנָה, בְּאֵיזֶה חֹדֶשׁ, בְּכַמָּה בַּחֹדֶשׁ, בְּאֵיזֶה יוֹם, בְּאֵיזוֹ שָׁעָה, בְּאֵיזֶה מָקוֹם. (וְתַנְיָא:) מַה בֵּין חֲקִירוֹת לִבְדִיקוֹת? חֲקִירוֹת, אָמַר אֶחָד מֵהֶן ״אֵינִי יוֹדֵעַ״ — עֵדוּתָן בְּטֵיֽלָה. בְּדִיקוֹת, אֲפִיֽלּוּ שְׁנֵיהֶם אוֹמְרִים ״אֵין אָנוּ יוֹדְעִים״ — עֵדוּתָן קַיֶּיֽמֶת.

Nous avons appris dans une michna : on l'examinait par sept hakirot : en quelle shevua, en quelle année, en quel mois, à quel quantième du mois, en quel jour, à quelle heure, en quel lieu. (Et l'on a enseigné :) quelle différence entre les hakirot et les bedikot ?

Les hakirot : si l'un d'eux dit "je ne sais pas", leur témoignage est annulé. Les bedikot : même si tous deux disent "nous ne savons pas", leur témoignage tient.

📜 Rachi (9)
הָיוּ בּוֹדְקִין אוֹתוֹ לְעֵדֵי נְפָשׁוֹת:
Les témoins dans une affaire capitale.
בְּשֶׁבַע חֲקִירוֹת מִקְּרָאֵי נָפְקָא לָן בְּסַנְהֶדְרִין בְּהַהוּא פִּיֽרְקָא (ד' מ.):
On les tire des versets, à Sanhédrin, dans ce chapitre (40à).
שָׁבוּעַ שְׁמִיֽטָּה בְּאֵיזוֹ שְׁמִיֽטָּה שֶׁל יוֹבֵל שֶׁיֵּשׁ בּוֹ שֶׁבַע שְׁמִיֽטּוֹת:
La shemita : en quelle shemita du yovel. Le yovel contient sept shemitot.
בְּאֵיזוֹ שָׁנָה שֶׁל שְׁמִיֽטָּה:
De la shemita.
בְּאֵיזֶה חֹוֽדֶשׁ בַּשָּׁנָה:
De l'année.
בְּכַמָּה יָמִים בְּחֹוֽדֶשׁ:
Dans le mois.
בְּאֵיזֶה יוֹם בַּשַּׁבָּת בְּאֶחָד בְּשַׁבָּת אוֹ בְּשֵׁנִי בְּשַׁבָּת אוֹ בַּשְּׁלִישִׁי בְּשַׁבָּת אוֹ א' מִן הָאֲחֵרִים:
De la semaine : le premier jour, le deuxième, le troisième, où l'un des autres.
(וְתַנְיָא) מַה בֵּין חֲקִירוֹת לִבְדִיקוֹת דְּקָתָנֵי הָתָם מַכִּירִין אֶת אוֹתוֹ הִתְרֵיתֶם בּוֹ בָּמָה הֲרָגוֹ בְּסַיִיֽף הֲרָגוֹ אוֹ בַּאֲרִירָן הֲרָגוֹ כֵּלָיו שְׁחוֹרִים אוֹ לְבָנִים וְכָל הַמַּרְבֶּה בִּבְדִיקוֹת הֲרֵי זֶה מְשֻׁוֽבָּח וּמַה בֵּין חֲקִירוֹת הָנָךְ שְׁבַע קַמַּיְיתָא לִבְדִיקוֹת אָוֽחֳרָנְיָיתָא:
Car on enseigné la-bas : reconnaissez-vous cet homme, l'avez-vous prévenu, avec quoi l'a-t-il tué, l'a-t-il tué par l'épée où par l'ariran, ses vêtements étaient-ils noirs où blancs. Qui multiplie les bedikot est digne de louange. Quelle différence entre les hakirot, ces sept premières, et les bedikot, les suivantes.
חֲקִירוֹת אָמַר אֶחָד אֵינִי יוֹדֵעַ בְּאַחַת מֵהֶן וַאֲפִילּוּ בְּשָׁעוֹת אוֹמֵר אֵינִי יוֹדֵעַ עֵדוּתָן בְּטֵיֽלָה:
Sur l'une d'elles, et même sur les heures, s'il dit "je ne sais pas", leur témoignage est annulé.
🗂️ Tossefot (1)
בְּאֵיזֶה יוֹם תֵּיֽמַהּ כֵּיוָן דִּכְבָר כִּיֽוְּוֽנוּ יוֹם אֶחָד לַחֹדֶשׁ לָמָּה לִמְשַׁיְילִינְהוּ בְּאֵיזֶה יוֹם וַהֲלֹא אֲפִי' לֹא כִּיֽוְּוֽנוּ אֵיזֶה יוֹם ה"ל חוֹזְרִין וּמַגִּידִין וְאֵין יְכוֹלִין לַחֲזֹוֽר בָּהֶם אַחַר כְּדֵי דִּבּוּר וְיֵשׁ לוֹמַר כֵּיוָן דְּז' חֲקִירוֹת יָלְפִינַן מִקְּרָאֵי בְּפֶרֶק הָיוּ בּוֹדְקִים (סַנְהֶדְרִין דַּף מ'.) צָרָי' שֶׁלֹּא יַכְחִישׁוּ זֶה אֶת זֶה וְשֶׁלֹּא יַכְחִישׁוּ אֶת עַצְמָן א"נ נָפְקָא מִיֽנַּהּ לְאֶחָד אוֹמֵר בָּב' בְּחֹוֽדֶשׁ וְאֶחָד אוֹמֵר בַּג' כִּדְפָרֵיֽשִׁית:
Difficulté : puisqu'ils se sont déjà accordés sur un jour du mois, pourquoi leur demander quel jour ? Même s'ils ne s'étaient pas accordés sur quel jour, ce serait hozrin u-magidin, ils reviennent sur leur dire, et ils ne peuvent plus se rétracter après kedei dibbour, le temps d'une parole. On répond : puisque les sept hakirot sont tirées des versets au chapitre Hayou bodkin (Sanhédrin 40a), il faut qu'ils ne se contredisent pas l'un l'autre, et qu'ils ne se contredisent pas eux-mêmes. Autre réponse : la conséquence pratique vise le cas où l'un dit le deux du mois et l'un dit le trois, comme je l'ai expliqué.
💡 Explication

La Guemara ouvre une michna de Sanhédrin. Les juges posent sept hakirot : shemita du yovel, année, mois, quantième, jour, heure, lieu. Une bedika porte sur le détail : à-t-on prévenu, quelle armé, quels vêtements.

Si l'un dit "je ne sais pas" sur une hakira, le témoignage tombe. Sur une bedika, même les deux peuvent l'ignorer : le témoignage tient.

Tossefot demande pourquoi interroger sur le jour de la semaine quand la date du mois le fixe déjà. Les sept questions viennent des versets : elles prennent une contradiction entre les témoins, et une contradiction du témoin avec lui-même. Elles servent aussi au cas du 2 et du 3 du mois, déjà vu en 11b, où l'un connaît l'ibour et l'autre non.

6
וְהָוֵינַן בָּהּ: מַאי שְׁנָא חֲקִירוֹת וּמַאי שְׁנָא בְּדִיקוֹת?

Et nous nous sommes demandes : en quoi les hakirot différent-elles, et en quoi les bedikot différent-elles ?

💡 Explication

Question de jointure, déjà traitée à Sanhédrin, et reprise ici pour revenir à l'heure.

7
וְאָמְרִינַן: חֲקִירוֹת, אָמַר אֶחָד מֵהֶן ״אֵינִי יוֹדֵעַ״ — עֵדוּתָן בְּטֵיֽלָה, דְּהָוְיָא לַהּ עֵדוּת שֶׁאִי אַתָּה יָכוֹל לַהֲזִיֽמָּהּ.

Et nous disons : les hakirot, si l'un d'eux dit "je ne sais pas", leur témoignage est annulé, car c'est un témoignage que tu ne peux pas soumettre à la hazama.

📜 Rachi (1)
דְּהָוְיָא לֵיהּ עֵדוּת שֶׁאִי אַתָּה יָכוֹל לַהֲזִיֽמָּהּ דְּרַחֲמָנָא אָמַר וְדָרְשׁוּ הַשֹּׁוֽפְטִים הֵיטֵב וְהִנֵּה עֵד שֶׁקֶר הָעֵד וְגוֹ' וַעֲשִׂיתֶם לוֹ כַּאֲשֶׁר זָמַם לַעֲשׂוֹת וְגוֹ' עֵדוּת שֶׁאַתָּה יָכוֹל לְקַיֵּיֽם בָּהּ תּוֹרַת הֲזָמָה הָוֵי עֵדוּת וְאִי לֹא לֹא וַהֲזָמָה אֵינָהּ אֶלָּא בְּעִמָּנוּ הֱיִיתֶם בְּאוֹתוֹ הַיּוֹם וּבְאוֹתָהּ שָׁעָה שֶׁאַתֶּם אוֹמְרִין שֶׁרְאִיתֶם עֵדוּת זוֹ בְּמָקוֹם זֶה הֱיִיתֶם עִמָּנוּ בְּמָקוֹם פְּלוֹנִי וְכִי אָמְרִי בְּאַחַת מֵהֶן אֲפִי' בַּחֲקִירוֹת דְּאֵיזוֹ שָׁעָה אֵינִי יוֹדֵעַ שׁוּב אִינָךְ יָכוֹל לוֹמַר לוֹ עִמִּי הָיִיתָ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה וא"ת אַתָּה יָכוֹל לַהֲזִיֽמָּהּ ע"י הַיּוֹם אִם יָבוֹאוּ עֵדִים וְיֹאמְרוּ כָּל הַיּוֹם הֱיִיתֶם עִמָּנוּ מִיהָא בָּצְרָה לְהוּ תּוֹרַת הֲזָמָה מִן חֲקִירוֹת הַשָּׁעוֹת וְרַחֲמָנָא רַבִּי שֶׁבַע חֲקִירוֹת בִּגְזֵרָה שָׁוָה דְּהֵיטִיב הֵיטֵב בְּסַנְהֶדְרִין:
Le Rachmana à dit : les juges rechercheront bien, et voici, le témoin est un faux témoin, etc., et vous lui ferez comme il avait projeté de faire, etc. Un témoignage sur lequel tu peux appliquer la règle de la hazama est un témoignage. Sinon, il ne l'est pas. La hazama ne se fait que ainsi : vous étiez avec nous, ce jour-la et à cette heure où vous dites avoir vu ce témoignage en ce lieu ; vous étiez avec nous en tel lieu. S'ils disent, sur l'une d'elles, même sur la hakira de l'heure, "je ne sais pas", tu ne peux plus lui dire : tu étais avec moi à cette heure. Et si tu dis : tu peux le soumettre à la hazama par le jour, si des témoins viennent et disent que tout le jour vous étiez avec nous, la règle de la hazama manque en tout cas pour la hakira des heures. Or le Rachmana à étendu les sept hakirot par une gezera shava de heitiv / heitev, à Sanhédrin.
💡 Explication

Une hakira sans réponse empêche la hazama. Les mazimim doivent pouvoir dire : vous étiez avec nous ce jour-la, à cette heure, en ce lieu. Sans l'heure, la formule ne se pose plus sur cette question.

Rachi ajoute : une hazama par le jour entier laisserait la hakira de l'heure sans torat hazama. Or les sept hakirot viennent d'une gezera shava de heitiv / heitev, et chacune doit pouvoir porter la hazama.

8
בְּדִיקוֹת, עֵדוּת שֶׁאַתָּה יָכוֹל לַהֲזִיֽמָּהּ הִיא.

Les bedikot : c'est un témoignage que tu peux soumettre à la hazama.

📜 Rachi (1)
בְּדִיקוֹת כִּי אָמְרִי אֵין אָנוּ יוֹדְעִין עֵדוּת שֶׁאַתָּה יָכוֹל לַהֲזִיֽמָּהּ הִיא שֶׁאֵין הַהֲזָמָה תְּלוּיָה בָּהֶן אֶלָּא בַּחֲקִירוֹת דְּמֶה עִמָּנוּ הֱיִיתֶם יֵשׁ לוֹמַר בְּכֵלִים שְׁחוֹרִים אוֹ לְבָנִים:
Quand ils disent "nous ne savons pas", c'est un témoignage que tu peux soumettre à la hazama. La hazama ne dépend pas d'elles, elle dépend des hakirot. "Vous étiez avec nous" reste à dire, la où la question porte sur des vêtements noirs où blancs.
💡 Explication

Une bedika ignorée laisse l'heure et le lieu. Les mazimim peuvent encore dire "vous étiez avec nous". La couleur des vêtements ne porte pas la hazama.

9
וְאִי אָמְרַתְּ טָעֵי אִינִישׁ כֻּוֽלֵּי הַאי, חֲקִירוֹת דְּ״אֵיזוֹ שָׁעָה״ נָמֵי עֵדוּת שֶׁאִי אַתָּה יָכוֹל לַהֲזִיֽמָּהּ הִיא, דְּאָמְרִי: מִטְעֵי קָטְעִינַן!

Et si tu dis qu'un homme se trompe autant, la hakira de "quelle heure" est elle aussi un témoignage que tu ne peux pas soumettre à la hazama, car ils disent : nous nous sommes trompés, nous nous sommes trompés !

📜 Rachi (1)
וְאִי אָמְרַתְּ טָעֵי אֵינִי כֻּוֽלֵּי הַאי חֲקִירוֹת דְּאֵיזוֹ שָׁעָה נָמֵי אֵין לְךָ בָּהּ הֲזָמָה אֲפִי' כִּי לֹא אָמַר אֵינִי יוֹדֵעַ דְּהָא כִּי אָמַר בְּחָמֵשׁ וְאָמְרִי לֵיהּ בְּחָמֵשׁ עִמָּנוּ הָיִיתָ יָכוֹל לוֹמַר בְּאַרְבַּע הָיָה אֲבָל טָעִיתִי:
Tu n'y as pas de hazama, même lorsqu'il n'a pas dit "je ne sais pas". Car s'il à dit "à la cinquième", et qu'on lui dit "à la cinquième tu étais avec nous", il peut dire : c'était à la quatrième, mais je me suis trompé.
💡 Explication

Retour à la marge de Rava. Si un homme se trompe de deux ou trois heures, le témoin qui a dit "à la cinquième" répond aux mazimim : c'était à la quatrième, je me suis trompé. La hakira de l'heure serait alors, elle aussi, un témoignage qu'on ne peut pas soumettre à la hazama.

10
דְּיָהֲבִינַן לְהוּ כֻּוֽלֵּי טָעוּתַיְיֽהוּ. לְרַבִּי מֵאִיר — יָהֲבִינַן לְהוּ מִתְּחִיֽלַּת שָׁעָה רִאשׁוֹנָה עַד סוֹף חָמֵשׁ.

C'est que nous leur donnons toute leur erreur. Selon Rabbi Meir, nous la leur donnons depuis le début de la première heure jusqu'à la fin de la cinquième.

📜 Rachi (2)
וּמְשַׁנֵּי דְּיָהֲבִינַן לְהוּ כֻּוֽלֵּי טָעוּתַיְיֽהוּ וְאִם יֵשׁ מְזִיֽמִּין כָּאן יְכוֹלִין לְהָזֵיֽם ע"י שָׁעָה וְטָעוּתָהּ וְלוֹמַר לוֹ כָּל הַשָּׁעָה וְטָעוּתָהּ הָיִיתָ עִמָּנוּ:
Et s'il y a ici des mazimim, ils peuvent les soumettre à la hazama par l'heure et par son erreur, et lui dire : pendant toute l'heure et son erreur, tu étais avec nous.
לְר' מֵאִיר דְּאָמַר אָדָם טוֹעֶה ב' שָׁעוֹת יָהֲבִינַן לְהוּ לְהָנֵי דִּשְׁתַּיִם וג' מִתְּחִיֽלַּת שָׁעָה רִאשׁוֹנָה עַד סוֹף חָמֵשׁ בֵּין שְׁנֵיהֶן לְהַאי דִּשְׁתַּיִם יָהֲבִינַן לֵיהּ שָׁעָה רִאשׁוֹנָה וּשְׁנִיָּה וּשְׁלִישִׁית וּרְבִיעִית וּלְהַאי דָּג' יָהֲבִינַן לֵיהּ עוֹד חֲמִישִׁית וְתוּ לָא דְּכִי אָמְרִי לֵיהּ לְהַאי דִּשְׁתַּיִם בַּשְּׁנִיָּה עִמָּנוּ הָיִיתָ יֵשׁ לוֹמַר טָעִיתִי שְׁתֵּי שָׁעוֹת לַאֲחוֹרַייֽ וּמַעֲשֶׂה הָיָה בָּרִאשׁוֹנָה וְעוֹד הָיָה לוֹ לוֹמַר מַעֲשֶׂה הָיָה קֹוֽדֶם לָרִאשׁוֹנָה שָׁעָה אַחַת אֶלָּא בֵּין יְמָמָא לְלֵילְיָא לָא טָעוּ אִינָשֵׁי וְכִי אָמְרִי לֵיהּ רִאשׁוֹנָה וּשְׁנִיָּה עִמָּנוּ הָיִיתָ יֵשׁ לוֹ לוֹמַר טָעִיתִי ב' שָׁעוֹת לִפְנֵי שְׁלִישִׁית וּרְבִיעִית וְאִי אָמְרִי לֵיהּ כָּל אַרְבַּע שָׁעוֹת עִמָּנוּ הָיִיתָ הֲרֵי הוּזַם וּלְבַעַל שָׁלֹשׁ נָמֵי יָהֲבִינַן לְקַמֵּיֽהּ רִאשׁוֹנָה וּשְׁנִיָּה וּלְבָתְרֵיֽהּ יָהֲבִינַן רְבִיעִית וַחֲמִישִׁית וְאִי מְזִמִּי לֵיהּ לְכוּלְּהוּ חָמֵשׁ הֲרֵי הוּזַם:
Il dit qu'un homme se trompe de deux heures. On donne à ceux qui ont dit deux et trois, depuis le début de la première heure jusqu'à la fin de la cinquième, entre eux deux. À celui qui a dit deux, on donne la première, la deuxième, la troisième et la quatrième. À celui qui a dit trois, on donne encore la cinquième, et pas davantage. Car si on dit à celui qui a dit deux : "à la deuxième tu étais avec nous", il peut dire : je me suis trompé de deux heures en arrière, et le fait était à la première. Il pourrait encore dire : le fait était une heure avant la première. Entre le jour et la nuit, les gens ne se trompent pas. Si on lui dit : "à la première et à la deuxième tu étais avec nous", il peut dire : je me suis trompé de deux heures en avant, vers la troisième et la quatrième. Si on lui dit : "pendant les quatre heures tu étais avec nous", le voilà soumis à la hazama. Pour celui qui a dit trois aussi : on lui donne, devant lui, la première et la deuxième, et après lui la quatrième et la cinquième. S'ils le soumettent à la hazama pour les cinq heures, le voilà soumis à la hazama.
🗂️ Tossefot (1)
לְרַבִּי מֵאִיר יָהֲבִינַן לְהוּ מִתְּחִיֽלַּת שָׁעָה רִאשׁוֹנָה עַד סוֹף ה' הִקְשָׁה רִיבָ"א אַמַּאי לֹא נִתְלֶה הַטָּעוּת בַּמְּזִיֽמִּים וּכְשֶׁאוֹמְרִים הַמְּזִיֽמִּים עִמָּנוּ הֱיִיתֶם עַד סוֹף ה' נֹאמַר שֶׁטָּעוּ וְקָרוּ לֹד' ה' וְהַמַּעֲשֶׂה הָיָה בַּהּ' וְלֹא יִהְיוּ מוּזַמִּים בְּכָךְ וּנְהִי שֶׁהָעֵדוּת מֻוֽכְחֶשֶׁת הִיא שֶׁהֲרֵי אוֹתוֹ שֶׁאָמַר שְׁתַּיִם לֹא הָיָה יָכוֹל לִטְעוֹת עַד ה' מ"מ מוּזַמִּים לֹא יִהְיוּ ואור"י דְּלָא תָּלֵינַן הַטָּעוּת כְּלָל בִּשְׁנֵי עֵדִים כִּדְפָרֵיֽשִׁית לְעֵיל:
Le Riva objecte : pourquoi ne pas rattacher l'erreur aux mazimim ? Quand les mazimim disent "vous étiez avec nous jusqu'à la fin de la cinquième", disons qu'ils se sont trompés et qu'ils ont appelé la quatrième "cinquième", et que le fait était à la cinquième : ils ne seraient pas zomemim pour autant. On accorde que le témoignage est contredit, car celui qui a dit deux ne pouvait pas se tromper jusqu'à la cinquième. Malgré cela, ils ne seraient pas zomemim. Et le Ri dit : on ne rattache l'erreur en aucune manière aux deux témoins, comme je l'ai expliqué plus haut.
💡 Explication

Réponse : on accorde aux témoins toute leur marge, et les mazimim doivent couvrir cette marge entière, pas seulement l'heure dite.

Chez Rabbi Meir, pour le couple deux / trois, la fenêtre va du début de la première heure à la fin de la cinquième. Celui qui a dit deux peut fuir vers la première, où vers la troisième et la quatrième. Celui qui a dit trois couvre en plus la cinquième. Si les mazimim les tiennent sur toutes ces heures, la hazama est faite.

Le Riva voudrait prêter l'erreur aux mazimim eux-mêmes : ils auraient appelé "cinquième" la quatrième. Le témoignage serait contredit, sans peine de zomemim. Le Ri refuse : on ne rattache pas l'erreur à la seconde paire.

🖼️ Schéma
Celui qui a dit 2 : trois réponses aux mazimim À la 2e seulement Je me suis trompé en arrière : heure 1 où en avant : heures 3 et 4 Pas encore huzam Heures 1 et 2 Je me suis trompé en avant vers les heures 3 et 4 Pas encore huzam Les quatre heures 1, 2, 3 et 4 plus de fuite dans la marge Huzam
Rachi : tant qu'une heure de la marge reste libre, le témoin dit qu'il s'est trompé. Les quatre heures le rendent huzam.
11
וּבְדִין הוּא דְּנִיֽתֵּיֽב לְהוּ מֵעִיֽקָּרָא טְפֵי, אֶלָּא בֵּין יְמָמָא לְלֵילְיָא לָא טָעוּ אִינָשֵׁי.

Et en droit, nous devrions leur en donner davantage au début ; mais entre le jour et la nuit, les gens ne se trompent pas.

💡 Explication

La marge de deux heures moins un mashehou reculerait avant le jour. On s'arrête au début de la première heure. Entre le jour et la nuit, on ne se trompe pas.

12
וּלְרַבִּי יְהוּדָה — יָהֲבִינַן לְהוּ מִתְּחִיֽלַּת שָׁעָה רִאשׁוֹנָה וְעַד סוֹף שִׁשִּׁית. וּבְדִין הוּא דְּנִיֽתֵּיֽב לְהוּ מֵעִיֽקָּרָא טְפֵי,

Et selon Rabbi Yehouda, nous la leur donnons depuis le début de la première heure jusqu'à la fin de la sixième. Et en droit, nous devrions leur en donner davantage au début,

📜 Rachi (1)
וְלֵר' יְהוּדָה דְּאָמַר אָדָם טוֹעֶה ג' שָׁעוֹת יָהֲבִינַן לְהוּ לְהָנָךְ דְּשָׁלֹשׁ וְחָמֵשׁ דְּאַיְּיֽרִי ר' יְהוּדָה בָּהֶן מִתְּחִיֽלַּת שָׁעָה רִאשׁוֹנָה וְעַד סוֹף שִׁית וּלְבַעַל שָׁלֹשׁ יָהֲבִינַן לְקַמֵּיֽהּ רִאשׁוֹנָה וּשְׁנִיָּה וְדִין הוּא דְּנִיתֵּיב לֵיהּ טְפֵי:
Il dit qu'un homme se trompe de trois heures. On donne à ceux qui ont dit trois et cinq, dont traité Rabbi Yehouda, depuis le début de la première heure jusqu'à la fin de la sixième. À celui qui a dit trois, on donne devant lui la première et la deuxième. Et en droit, on devrait lui en donner davantage.
💡 Explication

Chez Rabbi Yehouda, le couple trois / cinq reçoit la fenêtre du début de la première heure à la fin de la sixième. Rachi détaille celui qui a dit trois : devant lui, la première et la deuxième. Le droit ouvrirait encore plus tôt. La phrase de la Guemara s'arrête ici ; la suite est au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).