Sougya : Le daf achève le calcul de l'erreur d'un témoin sur l'heure : entre le jour et la nuit, personne ne se trompe, et le soleil sépare la cinquième heure de la septième. La Guemara reporte ce calcul sur la michna du hamets.
Selon Abaye, le témoignage est confie aux vigilants, le hamets à tout le monde : l'heure du repas recule par rapport au calcul des témoins. Rava conclut par un décret du jour nuageux.
Rav Pappa maintient la quatrième heure, repas de tous. Une baraita range les repas.
Rav Ashi unit les deux différends. Rav Shimi annule le témoignage des qu'on nomme le lever du soleil.
mais entre le jour et la nuit, les gens ne se trompent pas. Et en droit, on devrait lui accorder davantage avant [l'heure dite].
Mais à cinq le soleil est à l'est, et à sept le soleil est à l'ouest.
Fin du calcul des témoins, commence au daf précédent. Entre le jour et la nuit, l'erreur s'arrête. En droit, la marge pourrait encore s'étendre vers les heures d'avant. Elle s'arrête sur un signe : à la cinquième le soleil est à l'est, à la septième il est à l'ouest.
Rachi : ces marges servent à sauver le témoin de la mort. Dès qu'il est huzam sur l'heure dite et sur la suivante, l'edout tombe. S'il se replie sur une heure trop loin de celle de son collègue, le témoignage se scinde : il reste un seul témoin.
Nous avons appris : Rabbi Meir dit : on mange pendant toute la cinquième, et l'on brûle au début de la sixième. Rabbi Yehouda dit : on mange pendant toute la quatrième, on suspend pendant toute la cinquième, et l'on brûle au début de la sixième.
La Guemara ramène la michna des heures du hamets, le 14 nissan. Elle va mesurer ces heures avec la taille de l'erreur fixée pour les témoins. Tolin : à la cinquième, Rabbi Yehouda ne fait ni manger ni brûler.
Selon Abaye, d'après Rabbi Meir, qui dit : un homme ne se trompe en rien, qu'on mange toute la sixième. Et selon cette version aussi, qui dit : un homme se trompe d'un mashehou (un rien), qu'on mange jusqu'à la fin de la sixième.
De la Tora, le hamets est interdit au début de la septième heure. Les Sages ont ferme la sixième, de peur d'un glissement après midi.
Selon Abaye, Rabbi Meir tient l'erreur pour nulle, où d'un seul mashehou. La crainte qui fonde la sixième ne tient plus. D'où la question : qu'on mange toute la sixième, où jusqu'à sa fin.
Tossefot : toute la sixième laisse encore le temps de brûler pendant cette heure. La question jusqu'à la fin de la cinquième tiendrait même pour une erreur de deux heures : le soleil sépare déjà cinq et sept.
Et Abaye, d'après Rabbi Yehouda, qui dit : un homme se trompe d'une demi-heure, qu'on mange jusqu'au milieu de la sixième. Et selon cette version aussi, où tu dis : un homme se trompe d'une heure et d'un mashehou, qu'on mange jusqu'à la fin de la cinquième.
Même calcul du côté de Rabbi Yehouda. Une demi-heure d'erreur laisserait manger jusqu'au milieu de la sixième. Une heure et un mashehou laisseraient manger jusqu'à la fin de la cinquième. La michna ferme plus tôt. Le chiffre d'Abaye, pris sur les témoins, ne rend pas compte du hamets.
(Plutôt,) Abaye dit : le témoignage est confie aux zerizim (vigilants), le hamets est confie à tous.
Edout mesura li-zerizim. Le témoin d'une affaire capitale sait qu'on le pressera de questions. Il compte les heures.
Hamets le-khôl masur. L'interdit porte sur chacun. Abaye éloigné donc l'heure du repas au-delà de ce que le calcul des témoins autoriserait.
Et Rava, d'après Rabbi Meir, qui dit : un homme se trompe de deux heures moins un mashehou : des le début de la cinquième, qu'on ne mange pas ! À cinq le soleil est à l'est, et à sept le soleil est à l'ouest.
Rava prête à Rabbi Meir une erreur de presque deux heures. La cinquième pourrait alors se prendre pour la septième, heure interdite de la Tora. La réponse est dans la phrase qui suit : le soleil à l'est à cinq, à l'ouest à sept. Personne ne mélange les deux.
S'il en est ainsi, à la sixième aussi, qu'on mange ! Rav Ada bar Ahava dit : à la sixième, le jour se tient à l'angle.
Si cinq et sept se distinguent, la sixième devrait rester permise : le soleil n'a pas encore penche vers l'ouest.
Rav Ada bar Ahava : à la sixième le jour est à la karneta, l'angle. Rachi : le soleil est au milieu du ciel, l'ombre tombe sous les pieds. Le disque est rond, l'est et l'ouest s'y confondent. On peut prendre la sixième pour la septième. Elle reste fermée.
Tossefot, le Riva : avec une demi-heure d'erreur, un témoin de la cinquième et un témoin de la septième pourraient viser le milieu de la sixième. Réponse : l'angle vaut pour le hamets, confie à tous. Le témoignage reste aux vigilants. Ou bien Abaye ne retient pas cette réponse.
Et Rava, d'après Rabbi Yehouda, qui dit : un homme se trompe de trois heures moins un mashehou : des le début de la quatrième, qu'on ne mange pas ! À cinq le soleil est à l'est, et à sept le soleil est à l'ouest.
À plus forte raison, quatre. S'il en est ainsi, à la cinquième aussi, qu'on mange !
Rava prête à Rabbi Yehouda presque trois heures d'erreur. La quatrième entrerait dans la zone de la septième.
Réponse de la Guemara : Rabbi Yehouda à déjà dit que cinq et sept ne se confondent pas, à cause du soleil. Kol she-ken pour quatre, encore plus à l'est. Reste la question : la cinquième, elle, pourrait se rouvrir.
Abaye l'a expliqué d'après Rava : le témoignage est confie aux zerizim (vigilants), le hamets est confie à tous.
Abaye reprend la même distinction, cette fois dans le système de Rava. Pour les témoins vigilants, cinq et sept restent distincts. Pour le hamets, confie à tous, la confusion reste possible : la cinquième reste fermée.
Rachi borne cette confusion. Le public se trompe de trois heures, du début de la troisième à la fin de la cinquième. Il ne se trompe pas de la fin de la quatrième au début de la septième : le soleil y est un hekker (signe visible). La quatrième reste permise.
Et Rava dit : la raison de Rabbi Yehouda est autre. Rabbi Yehouda suit son principe, car il dit : il n'y a d'élimination du hamets que par le brûlage.
Et les Sages lui ont donné une heure pour y ramasser du bois.
Rava quitte l'erreur. Rabbi Yehouda tient : ein biur hamets ela serefa, on n'élimine le hamets que par le feu.
Les Sages lui laissent la cinquième heure, sans manger et sans brûler, pour ramasser du bois. S'il mangeait encore, le bois lui sortirait de l'esprit. La suspension le lui remet en main.
Ravina objecta à Rava : Rabbi Yehouda à dit : quand ? Quand ce n'est pas l'heure de son élimination.
Mais à l'heure de son élimination, on le fait cesser par n'importe quel moyen !
Ravina cité Rabbi Yehouda contre Rava. La serifa vise l'élimination faite hors de l'heure. À l'heure, hashbata be-khôl davar : tout moyen suffit. L'heure réservée au bois n'a plus d'objet.
Rachi : hors de l'heure, c'est la sixième, encore permise de la Tora ; à l'heure, c'est la septième. Rabbeinou Tam : à l'heure, c'est la sixième, décret des Sages, et tout moyen y suffit. Après la sixième, le hamets suit le notar, et le feu revient.
Rava dit plutôt : un décret à cause d'un jour nuageux. S'il en est ainsi, même à quatre heures, qu'on ne mange pas !
Rav Pappa dit : la quatrième est l'heure du repas pour tout le monde.
Rava pose une gezeira : le yom ha-me'unan, le jour nuageux. Sans soleil, la cinquième se confond avec la septième.
La quatrième résiste. Rav Pappa : zman seouda le-khôl, l'heure du repas de chacun. Chacun la connaît. Tossefot : ce signe vaut pour le repas. Il ne vaut pas pour un témoignage.
Le Roch clôt le chapitre : Rav Nahman au nom de Rav, la halakha suit Rabbi Yehouda.
Les Sages ont enseigné : la première heure, repas des Ludim. La deuxième, repas des listim (bandits).
La troisième, repas des héritiers. La quatrième, repas des ouvriers.
La cinquième, repas des disciples des Sages. La sixième, repas de tout homme.
Baraita des heures de table, amenée par la phrase de Rav Pappa. Rachi : les Ludim et les listim sont des gloutons. Les listim dorment la première heure, après une nuit debout. Les héritiers mangent tôt parce que le bien ne leur a pas coûte de peine.
Or Rav Pappa à dit : la quatrième est l'heure du repas pour tout le monde ! Plutôt, inverse : la quatrième, repas de tout homme ; la cinquième, repas des ouvriers ; la sixième, repas des disciples des Sages.
La baraita met le repas de tout homme à la sixième. Rav Pappa l'a mis à la quatrième. Ipukh : on inverse les trois dernières lignes. Quatrième, tout homme. Cinquième, ouvriers. Sixième, disciples des Sages. Les trois premières lignes restent en place.
À partir de la, c'est comme jeter une pierre dans une outre (hemet). Abaye dit : nous n'avons dit cela que s'il n'a rien goûte le matin.
Mais s'il à goûté quelque chose le matin, nous n'y trouvons rien à reprendre.
Après la sixième, le repas ne nourrit plus : ke-zorek even le-hemet, une pierre jetée dans une outre. Abaye limite le cas à celui qui n'a rien pris à l'aube. S'il à goûté le matin, le repas tardif reste sans reproche.
Rav Ashi dit : comme le différend sur le témoignage, ainsi le différend sur le hamets. C'est évident : c'est cela même que nous disons !
Voici ce qu'il nous apprend : les réponses que nous avons données sont bien une réponse, et ne dis pas que c'est un différend de Tanaim.
Rav Ashi aligne les deux michnayot. L'écart des heures au témoignage et l'écart des heures du hamets suivent la même mesure, chez Rabbi Meir et chez Rabbi Yehouda.
Les réponses posées plus haut restent des réponses. On ne les lira pas comme deux traditions de Tanaim : l'une, à Sanhédrin, sur la taille de l'erreur ; l'autre, ici, sur une autre taille. Rachi ajoute le cas du soleil : la-bas, cinq et sept ne se confondent pas ; ici, pour le hamets, la confusion reste en jeu, parce qu'il est confie à tous, où à cause du jour nuageux.
Rav Shimi bar Ashi dit : on n'a enseigné cela que pour les heures. Mais si l'un dit avant le lever du soleil et l'un dit après le lever du soleil, leur témoignage est nul.
C'est évident !
La tolérance sur l'heure vise des témoins qui comptent en heures. Dès qu'ils nomment le netz ha-hama, avant et après, les deux phrases se contredisent. Rachi y lit un kazav, un mensonge.
Plutôt : l'un dit avant le lever du soleil, et l'un dit pendant le lever du soleil : leur témoignage est nul. Cela aussi est évident !
On aurait pu dire : tous deux disent une seule chose, et celui qui a dit
Rav Shimi corrige. Le cas utile est plus serre : l'un dit avant le lever, l'un dit pendant le lever (betokh ha-netz). Le témoignage tombe encore.
Hava amina : les deux phrases visent un seul instant, le début du lever. Rachi : pendant le lever, c'est le moment où il commence. La phrase de la Guemara s'arrête ici. La suite est à Pesachim 13à.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).