Sougya : La baraita du nefel jetรฉ dans la fosse : les Sages dรฉclarent le kohen tahor, parce que la hulda et le bardelas traรฎnent d'ordinaire le corps. La Guemara refuse qu'un safek retire un vadai : oรน le corps lui-mรชme est un safek, oรน le traรฎnage, ร cette heure, est un vadai.
Puis elle rรจgle la crainte que la hulda dรฉplace le hamets dรฉjร cherche : Abaye distingue le 13 et le 14 nissan ; Rava, appuyรฉ par une baraita, ne craint que le prรฉlรจvement vu ; Rav Mari ajoute une gezera si le compte manque. La fin aligne les tas de matsa et de hamets sur les neuf boutiques (kavua contre parish) et les deux souris sur les deux corbeilles.
Un kohen vint et jeta un regard, pour savoir si c'est un mรขle ou si c'est une femelle. L'affaire vint devant les Sages, et ils le dรฉclarรจrent pur, parce qu'une hulda (belette) et un bardelas (putois) se trouvent la d'ordinaire.
Suite de la baraita. On a jetรฉ dans une fosse ce qui vient d'รชtre avortรฉ. Le kohen regarde depuis le bord pour renseigner la mรจre : mรขle et femelle n'ouvrent pas les mรชmes comptรฉs de tuma et de tahara.
Les Sages le dรฉclarent tahor. La hulda et le bardelas sont la d'ordinaire : ils ont traรฎne le corps vers leur trou avant qu'il ne se penche. Rachi : il n'a donc pas forme d'ohel sur le mort.
Or ici, il est certain qu'elle ร jetรฉ, il est douteux qu'ils l'aient traรฎne et douteux qu'ils ne l'aient pas traรฎne ร cette heure-la, et un safek (doute) vient et retire des mains d'un vadai (certitude) ! Ne dis pas : elle ร jetรฉ un nefel dans la fosse.
Dis plutรดt : elle ร avortรฉ quelque chose comme un nefel dans la fosse, et c'est safek et safek.
Le principe de la bedika du hamets : un safek ne retire pas un vadai. Ici la chute du corps est certaine, le traรฎnage ร cette heure est douteux, et pourtant les Sages purifient. La Guemara relรจve la tension.
Rรฉponse sur le texte : lis quelque chose comme un nefel. Le contenu de la fosse est dรฉjร douteux (masse qui ne transmet pas la tuma, oรน vrai mort-ne). Doute contre doute.
Tossefot : dans un reshut ha-yahid, multiplier les doutes laisse tame. Ils rรฉpondent par le safek ragil, par la place des pieds du kohen, oรน par le fait qu'elles ont mangรฉ le corps.
Or on enseignรฉ : pour savoir s'il est mรขle ou si elle est femelle ! Voici ce que le texte dit : pour savoir si elle ร avortรฉ un ruah (vent, masse sans forme), oรน si elle ร avortรฉ un nefel.
Et si tu trouves ร dire qu'elle ร avortรฉ un nefel : pour savoir s'il est mรขle ou si elle est femelle.
L'objection tient au libellรฉ : mรขle ou femelle suppose un vrai nefel. La Guemara relit la phrase en deux temps.
D'abord : ruah oรน nefel. Le ruah, un shapir plein d'air, n'ouvre ni les jours du mรขle ni ceux de la femelle. Ensuite seulement, si c'est un vlad : mรขle ou femelle.
Et si tu veux, dis : la, c'est vadai et vadai. Puisque la hulda et le bardelas s'y trouvent, ils l'ont certainement traรฎne ร cette heure-la.
Admettons qu'elle laisse un reste : en tout cas, ils l'ont certainement traรฎne ร cette heure-la. (Autre version : admettons que nous ne disions pas qu'ils l'ont certainement mange ; qu'ils l'ont certainement traรฎne vers leurs trous, nous le disons.)
Seconde rรฉponse, qui garde le nefel certain. Hulda et bardelas sur place : le traรฎnage ร cette heure est lui aussi un vadai. Vadai contre vadai. Le principe " un safek ne retire pas un vadai " reste en place.
Elles ont coutume de laisser un reste de nourriture. Le dรฉplacement vers le trou, ร cette heure, reste certain. L'autre version le dit net : on n'affirme pas qu'elles ont tout mange ; on affirme le traรฎnage vers le trou.
Et disons-nous qu'on ne craint pas que la hulda l'ait traรฎnรฉe ? Or on enseignรฉ ร la fin : ce qu'il laisse, il le placera dans un lieu cachรฉ, afin qu'il n'ait pas besoin d'une bedika (recherche) aprรจs cela.
Nouvelle question, sur la michna elle-mรชme. Le dรฉbut dit qu'on ne craint pas un traรฎnage par la hulda. La fin ordonnรฉ de cacher le hamets laisse aprรจs la bedika, pour ne pas avoir ร rechercher derriรจre.
Tossefot borne l'objection : dans la mรชme maison, d'un coin ร l'autre. D'une maison ร l'autre, la crainte n'aurait pas de terme, chacun vรฉrifiant ร son heure.
Abaye dit : il n'y a pas de difficultรฉ. Ceci, le quatorze ; cela, le treize.
Le treize, oรน le pain se trouve dans toutes les maisons, elle ne cachรฉ pas. Le quatorze, oรน le pain ne se trouve pas dans toutes les maisons, elle cachรฉ.
Abaye rรฉpartit les deux phrases sur deux dates. Le 13 nissan, la rifta (pain) est encore dans toutes les maisons : la hulda ne cachรฉ pas ce qu'elle prend. Le 14, le pain ร disparu des maisons : elle cachรฉ.
Tossefot prรฉcise le 13 : elle laisse un reste parfois. Sans l'avoir vue, on ne craint pas. Si on l'a vue, on craint. Le 14, elle laisse toujours. Pour la viande, elle ne laisse jamais : mรชme un prรฉlรจvement vu ne fait pas rechercher.
Rava dit : et la hulda serait une prophรฉtesse ? Elle saurait que maintenant c'est le quatorze, qu'on ne cuira pas jusqu'au soir, et elle laisserait un reste et le cacherait ?!
Plutรดt, dit Rava : ce qu'il laisse, il le placera dans un lieu cachรฉ, de peur que la hulda ne le prenne devant nous, et qu'il ait besoin d'une bedika aprรจs cela.
Rava refuse ร la hulda la connaissance du calendrier. Elle ne sait pas que le 14 on ne cuira plus avant le soir, ni qu'il faut รฉconomiser le pain.
La fin de la michna vise un seul cas : elle prend devant nous. Le reste se place dans un lieu cachรฉ pour que ce prรฉlรจvement, s'il ร lieu, soit vu, et que la bedika d'aprรจs ait un objet.
On a enseignรฉ comme Rava : celui qui veut manger du hamets aprรจs la bedika, comment fera-t-il ? Ce qu'il laisse, il le placera dans un lieu cachรฉ, afin que la hulda ne vienne pas et ne prenne devant nous, et qu'il ait besoin d'une bedika aprรจs cela.
Une baraita reprend les mots de Rava : aprรจs la bedika, le hamets qu'on garde pour manger se place dans un lieu cachรฉ, pour que la hulda ne le prenne pas devant nous.
Rachi : des qu'on a vu le prรฉlรจvement, la crainte s'impose, et la bedika reprend derriรจre elle.
Le Roch, ร propos de la michna qui permet de faire manger le hamets ร la behema et ร la haya, citรฉ cette baraita. Il exige qu'on reste auprรจs de l'animal jusqu'ร consommation, et qu'on brรปle le reste. Il traite ensuite le hamets charbonne avant l'heure : jouissance permise aprรจs l'heure, consommation interdite, y compris le mouries oรน l'on a mis du pain grille.
Rav Mari dit : une gezera (dรฉcret), de peur qu'il ne pose dix et n'en trouve neuf.
Rav Mari donne une autre raison de cacher, oรน de surveiller, le hamets laisse. Gezera : il dรฉpose dix morceaux et n'en retrouve que neuf.
Le compte manquant prouve un prรฉlรจvement. Rachi : la preuve est la, la crainte suit.
Neuf tas de matsa et un de hamets, et une souris vint et prit. Nous ne savons pas si elle ร pris de la matsa oรน si elle ร pris du hamets : c'est le cas des neuf boutiques.
Il s'est sรฉparรฉ, et une souris vint et prit : c'est la fin.
Sรฉrie de cas. Neuf tas de matsa, un de hamets. La souris prend sur un tas, devant nous, et entre dans la maison. On ignore lequel. Rachi : c'est un kavua, juge comme moitiรฉ contre moitiรฉ. Le doute d'interdit va vers la rigueur. Il aligne le cas sur les neuf boutiques.
Si le morceau s'est d'abord sรฉpare du tas, puis que la souris le prend : c'est la fin de cette michna. On suit la majoritรฉ.
Tossefot (Rabbi Yitshak) dรฉplace la question : la bedika est rabbinique, les boutiques sont un doute de la Torah. Il lit le cas comme une question d'akhilah de ce que la souris ร dรฉposรฉ, et il rรฉserve le kavua au prรฉlรจvement vu sur le tas fixe.
Car nous avons appris : neuf boutiques, toutes vendent de la viande shehuta (d'une bรชte abattue selon la rรจgle), et une vend de la viande nevela (bรชte morte sans shehita valable). Il ร pris dans l'une d'elles, et il ne sait pas de laquelle il ร pris : son doute est interdit.
La michna des neuf boutiques : neuf vendent du shehuta, une vend de la nevela. L'achat se fait dans la boutique, et l'on ignore laquelle.
Rรจgle du kavua : ce qui est pris en son lieu fixe est comme moitiรฉ contre moitiรฉ. Le safek est interdit. Rachi en donne la source : le verset de l'embuscade, รฉtudie ร Yoma et ร Ketoubot.
Et pour ce qui est trouvรฉ : suis la majoritรฉ.
Fin de la mรชme michna. La viande trouvรฉe entre les boutiques ร dรฉjร quitte son lieu. On suit la majoritรฉ.
Formule : kol de-parish mi-ruba parish. Le dรฉpart efface le statut de kavua. C'est le modรจle du morceau de matsa oรน de hamets dรฉjร รฉcarte du tas.
Deux tas, un de matsa et un de hamets. Devant eux, deux maisons, une vรฉrifiรฉe et une qui ne l'est pas.
Deux souris vinrent, l'une prit de la matsa, l'autre prit du hamets. Nous ne savons pas laquelle est entrรฉe dans celle-ci et laquelle est entrรฉe dans celle-lร : c'est le cas des deux corbeilles.
Autre cas. Deux tas, matsa et hamets. Deux maisons, une dรฉjร beduka, l'autre non. Deux souris, chacune ร pris un tas, chacune entre dans une maison. On ignore l'appariement.
La Guemara l'aligne sur les deux corbeilles. Tossefot : la comparaison suit Rabbi Yo'hanan, qui n'exige pas que le hullin dรฉpasse la teruma. Resh Lakish, lui, exige cette majoritรฉ. Le pain est assez gros pour exclure qu'elle l'ait mangรฉ en route.
Car nous avons appris : deux corbeilles, une de hullin (profane) et une de teruma. Devant elles, deux se'a, un de hullin et un de teruma.
Ceux-ci sont tombรฉs dans ceux-lร : ils sont permis. Car je dis : le hullin est tombรฉ dans le hullin, et la teruma est tombรฉe dans la teruma.
La tosefta des deux corbeilles. Une de hullin, une de teruma. Devant elles, deux mesures d'un se'a, l'une et l'autre. Chacune tombe dans l'une des deux, sans qu'on sache l'ordre.
On dit : je dis que le hullin est tombรฉ dans le hullin, et la teruma dans la teruma. Les fruits de hullin restent permis au zar, mรชme sans le taux de un pour cent. Rachi transporte la mรชme phrase au hamets : il est entre dans la maison non beduka, la matsa dans la beduka.
Dis que nous disons : car je dis.
La Guemara ouvre ici le rejet de la comparaison. La formule je dis ร un domaine. La suite du raisonnement est au daf suivant.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).