Sougya : Le daf ouvre sur la fin des zougot. Shmuel exclut l'eau du compte de ce qui est mêlé, Rabbi Yo'hanan l'y fait entrer, et Rav Pappa borne la parole au chaud versé dans le froid et au froid versé dans le chaud.
Reish Lakish énumère quatre actes où le sang de l'homme est sur sa tête, à cause d'une ruah ra'a, puis la Guemara limite chaque cas. Une baraita interdit de faire passer entre deux hommes, ou de passer soi-même entre eux, un chien, un palmier ou une femme ; le remède ouvre et s'arrête à El, ou à Lo.
Le daf ferme sur celui qui dort à l'ombre d'un palmier seul et à l'ombre de la lune.
sauf l'eau. Et Rabbi Yo'hanan a dit : même l'eau.
Rav Pappa a dit : nous ne l'avons dit que pour du chaud dans du froid, et du froid dans du chaud. Mais du chaud dans du chaud, et du froid dans du froid : non.
Fin de Shmuel (110b) : tout mezoug, boisson mêlée, se joint au compte. Ici : sauf l'eau. Rabbi Yo'hanan : même l'eau se joint. Rav Pappa borne la parole au chaud versé dans le froid, et au froid versé dans le chaud.
Rachi lit l'exception : ces eaux mêlées ne sont pas une meziga. S'il avait commencé par du vin, elles ne se joignent pas à son compte. La parole bornée, selon Rachi : l'eau diluée ne se joint pas au vin dilué. Chaud dans chaud, froid dans froid : cette parole ne s'applique pas.
Reish Lakish a dit : quatre choses. Celui qui les fait, son sang est sur sa tête, et il se rend redevable de sa vie.
Les voici : celui qui fait ses besoins entre un palmier et un mur, celui qui passe entre deux palmiers, celui qui boit de l'eau empruntée, et celui qui passe sur des eaux répandues, même si sa femme les a versées devant lui.
Reish Lakish ouvre une liste. Quatre actes mettent le sang sur la tête : l'homme se rend redevable de sa vie. Rachi : la cause commune est une ruah ra'a, un esprit mauvais.
Les quatre : besoins entre palmier et mur ; passage entre deux palmiers ; eau empruntée ; passage sur des eaux répandues. Le dernier cas tient même quand sa femme a versé l'eau devant lui.
Celui qui fait ses besoins entre un palmier et un mur : nous ne l'avons dit que lorsqu'il n'y a pas quatre coudées. Mais s'il y a quatre coudées, nous n'avons rien à y redire.
Et lorsqu'il n'y a pas quatre coudées, nous ne l'avons dit que lorsqu'il n'y a pas un autre passage. Mais s'il y a un autre passage, nous n'avons rien à y redire.
Premier acte. Le danger tient si l'intervalle est moindre que quatre coudées (amot) et s'il n'existe pas un autre dirkha, un passage. Rachi : sans ces quatre coudées, il ne laisse pas au ched la place de passer, et celui-ci nuit.
S'il y a quatre coudées, ou un autre passage, la formule est leit lan ba : nous n'avons rien à y redire. Rachi : avec un autre passage, l'homme entre dans le domaine de la shida et lui coupe son chemin ; c'est alors qu'elle nuit. Dès que le chemin reste libre, la crainte tombe.
Et celui qui passe entre deux palmiers : nous ne l'avons dit que lorsqu'un domaine public ne les coupe pas. Mais si un domaine public les coupe, nous n'avons rien à y redire.
Celui qui boit de l'eau empruntée : nous ne l'avons dit que lorsqu'un mineur l'a empruntée. Mais un adulte : nous n'avons rien à y redire.
Deuxième acte : passer entre deux palmiers. La crainte tombe dès qu'un reshut ha-rabim, un domaine public, coupe l'intervalle.
Troisième acte : boire de l'eau empruntée. La parole vise le cas où un katan, un mineur, l'a empruntée. Un gadol, un adulte, la fait sortir du danger. La suite resserre encore le cas du mineur.
Et même si un mineur l'a empruntée aussi : nous ne l'avons dit que dans un champ, où elle n'est pas courante. Mais en ville, où elle est courante, nous n'avons rien à y redire.
Et même dans un champ aussi : nous ne l'avons dit que pour l'eau. Mais le vin et la chikra : nous n'avons rien à y redire.
Le mineur ne suffit pas. Il faut un champ, là où l'eau ne se trouve pas couramment. En ville, où elle est courante, rien à y redire.
Dans le champ même, la parole vise l'eau. Le vin et la chikra (biere) empruntes par un mineur sortent du cas.
Et celui qui passe sur des eaux répandues : nous ne l'avons dit que lorsqu'on ne les a pas interrompues avec de la poussière et qu'on n'y a pas craché. Mais si on les a interrompues, ou qu'on y a craché, nous n'avons rien à y redire.
Et nous ne l'avons dit que lorsque le soleil n'est pas passé sur elles et que soixante pas ne sont pas passés sur elles. Mais si le soleil est passé sur elles et que soixante pas sont passés sur elles, nous n'avons rien à y redire.
Et nous ne l'avons dit que lorsqu'il ne monte pas un âne et ne porte pas de sandales. Mais s'il monte un âne et porte des sandales, nous n'avons rien à y redire.
Quatrième acte. Trois levées. Poussière dispersée, Rachi : on en répand sur l'eau, ou salive : l'un des deux suffit. Soleil passé sur l'eau et soixante pas (nigrei) : les deux ensemble. Il monte un âne et porte des sandales : les deux ensemble.
Tant que la levée correspondante manque, la parole de Reish Lakish tient, y compris quand sa femme a versé l'eau devant lui.
Et ces paroles-là valent là où il n'y a pas lieu de craindre des sorcelleries. Mais là où il y a lieu de craindre des sorcelleries, même s'il y a toutes celles-là, nous craignons.
Et cet homme montait un âne et portait des sandales : ses sandales se contractèrent, et ses pieds se desséchèrent.
Toutes les limites précédentes valent là où l'on n'a pas à craindre le kishouf. Dès qu'il y a lieu de le craindre, on craint même si poussière, soleil, pas, âne et sandales sont là.
Le maaseh : un homme avait l'âne et les sandales. Rachi : les chaussures se sont resserrées, gamod, et les pieds ont séché, tsavu.
Les sages ont enseigné : trois, on ne les fait pas passer au milieu, et l'on ne passe pas au milieu d'eux. Les voici : le chien, le palmier et la femme.
Et certains disent : le porc aussi. Et certains disent : le serpent aussi.
Baraita. Trois êtrès : chien, palmier, femme. Certains ajoutent le porc, certains le serpent.
Deux sens, selon Rachi. Ein mamtsi'in : on ne les fait pas passer entre deux hommes. Ein mitmats'in : un homme ne passe pas entre deux chiens, deux femmes ou deux palmiers.
Et s'ils passent au milieu, quel est son remède ? Rav Pappa a dit : qu'il ouvre par El et qu'il s'arrête à El.
S'ils sont passés au milieu, Rav Pappa : ouvrir par El et s'arrêter à El. Rachi : de " El motsiam mi-Mitsrayim " jusqu'à " ma pa'al El " (Bamidbar 23, 22-23).
Tossefot. Le Rachbam vise ces versets, et le verset qui ouvre par Lo. Se soigner par des paroles de Torah est interdit ; protéger est permis. En cas de danger, c'est permis, comme la fièvre tsimrata en Chabbat 67a. Rabbeinou Hanânel donne une demande qui ouvre par El, puis une demande qui ouvre par Lo.
Ben Yehoyada rattache El et Lo au nom de Ploni : les mazikin ont prise sur samekh-mem, compte de cent, et lâchent prise sur aleph-lamed. La glose explique aussi le remède des pouces de 110b, jusqu'à 101, compte de Mikhael.
Ou bien, qu'il ouvre par Lo et qu'il s'arrête à Lo.
Second remède de Rav Pappa. Ouvrir par Lo et s'arrêter à Lo. Rachi : depuis " Lo ish El " jusqu'à " lo yekimenou " (Bamidbar 23, 19). Le verset commence et finit par le mot Lo.
Ces deux-la, entre lesquels passe une femme nida : si c'est le début de sa nida, elle tue l'un d'eux ; si c'est la fin de sa nida, elle fait une querelle entre eux. Quel est son remède ?
Qu'il ouvre par El et qu'il s'arrête à El.
Une nida passe entre deux hommes. Début de la nida : elle tue l'un d'eux. Rachi : elle leur nuit par le passage. Fin de la nida : elle met une querelle entre eux. Le remède est le même : ouvrir par El et s'arrêter à El.
Tossefot : certains lisent " elle tue " comme un kishouf qu'elle leur fait. Ben Yehoyada : le dommage suppose un mazik présent à cette heure ; " tue " veut dire qu'elle est cause du mal. Ces paroles visent le temps où les chedim étaient nombreux. La sitra a'hra s'est affaiblie. En lekhatehila, on se garde encore.
Ces deux femmes qui sont assises à un carrefour, l'une de ce côté du chemin et l'une de l'autre côté, et qui dirigent leurs visages l'une vers l'autre : à coup sûr elles s'occupent de sorcellerie. Quel est son remède ?
S'il y a un autre passage, qu'il y aille. Et s'il n'y a pas d'autre passage, s'il y a une autre personne avec lui, qu'ils se saisissent les mains l'un avec l'autre et qu'ils échangent.
Et s'il n'y a pas d'autre personne avec lui, qu'il dise ainsi : " Ageret Azlat Asya Belusya, metkatla be-heik kaval. "
Deux femmes assises à un carrefour, une de chaque côté, le visage tourné l'une vers l'autre : elles font du kishouf. Trois remèdes, dans l'ordre. Un autre passage : il le prend. Sinon, s'il a un compagnon : ils se prennent les mains et échangent leur place. Seul : il dit la formule.
Rachi lit les noms Agra, Azlat, Osya, Belusya comme les chedim dont elles s'occupent. Heik kaval : elles sont déjà tuées par des flèches. Le maître de Rachi a glosé en français de son temps : arc, balestre, et a rapproché " u-mehi kavlo yiten " (Ye'hezkel 26, 9).
Celui qui rencontre une femme au moment où elle monte de l'immersion de mitsva : s'il précède et a une relation, une ruah zenounim s'empare de lui. Si elle précède et a une relation, une ruah zenounim s'empare d'elle.
Quel est son remède ? Qu'il dise ainsi : " Il répand le mépris sur les nobles, et Il les égare dans un vide sans chemin.
"
Rencontre d'une femme qui monte de la tevila de mitsva, l'immersion après la nida. Celui des deux qui a le premier une relation est saisi par une ruah zenounim, un esprit de débauche : lui, s'il précède ; elle, si elle précède.
Le remède est le verset : " Il répand le mépris sur les nobles, et Il les égare dans un vide sans chemin " (Tehilim 107, 40).
Rabbi Yitshak a dit : que signifie ce qui est écrit : " Même quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains pas le mal, car Tu es avec moi " ? C'est celui qui dort à l'ombre d'un palmier seul, et à l'ombre de la lune.
Et à l'ombre d'un palmier seul : nous ne l'avons dit que lorsque l'ombre de son compagnon ne tombe pas sur lui. Mais si l'ombre de son compagnon tombe sur lui, nous n'avons rien à y redire.
Rabbi Yitshak applique le verset (Tehilim 23, 4), la vallée de tsalmavet, à celui qui dort à l'ombre d'un palmier seul et à l'ombre de la lune.
Pour le palmier, la parole ne vise que l'absence de l'ombre d'un compagnon, un autre palmier. Rachi : sans palmier voisin, la shida reste. S'il y en a un autre, elle se retire vers lui et ne nuit pas.
Mais ce qu'on a enseigné : celui qui dort à l'ombre d'un palmier seul dans une cour, et celui qui dort à l'ombre de la lune, son sang est sur sa tête. De quel cas s'agit-il ?
Si tu dis : lorsque l'ombre de son compagnon ne tombe pas sur lui, même dans un champ aussi ! Plutôt, apprends de là : dans une cour, même lorsque l'ombre de son compagnon tombe sur lui.
Apprends-le de là.
La baraita dit : palmier seul dans une cour, et ombre de la lune, le sang est sur sa tête. Si ce palmier était seulement le cas sans ombre d'un autre, le champ serait déjà dangereux, et la baraita n'aurait pas à dire " cour ".
Conclusion : dans une cour, le danger reste même quand l'ombre de l'autre palmier tombe sur lui. Rachi : la cour est étroite. La shida ne peut s'écarter ni à droite ni à gauche. Elle repose sur lui et nuit. Au champ, l'autre ombre suffit à la faire partir.
Et à l'ombre de la lune : nous ne l'avons dit qu'à l'ouest. Mais à l'est, nous n'avons rien à y redire.
La limite de l'ombre de la lune. La parole vise l'ouest, ma'arava. A l'est, madinhata, nous n'avons rien à y redire.
Lecture courante de ces deux côtés : en fin de mois la lune est à l'est et son ombre tombe à l'ouest ; en début de mois elle est à l'ouest et son ombre tombe à l'est.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).