Sougya : Le daf poursuit les esprits nuisibles. Trois gestes sur la souche ou le tronc du palmier attirent une ruah ; cinq ombres sont nuisibles, avec l'exception de l'arbre kero masa.
Les démons portent un nom selon le lieu, câprier, sorbier ou toit : l'amulette doit porter ce nom, et viser soixante shedim quand le sorbier est proche de la ville. Il y a deux ketev, l'un avant midi et l'autre après, surtout du 1er au 16 Tammuz.
Rav Yossef énumère trois atteintes à la vue, puis ce qui, dans la maison, expose à la pauvreté.
Celui qui fait ses besoins sur la souche d'un palmier : un esprit de palga le saisit. Et celui qui incline sa tête sur la souche d'un palmier : un esprit de tzerada le saisit.
Celui qui marche sur un palmier : si l'arbre est coupé, l'homme est tué ; si l'arbre est déraciné, l'homme est déraciné et meurt. Ces paroles valent là où il ne pose pas son pied dessus.
S'il pose son pied dessus, nous n'avons rien à y redire.
Trois gestes, trois suites. Besoins sur la souche, guirda du palmier : une ruah palga. Rachi rend le mot par la paralysie, shitouk. Tête inclinee sur la même souche : une ruah tzerada, la douleur d'une moitié de la tête.
Marcher sur le palmier lie l'homme à l'arbre. L'arbre coupé, l'homme est tué. L'arbre déraciné, l'homme est déraciné et meurt. Rachi donne ces sujets. La limite vient ensuite : cela vaut là où il ne pose pas le pied sur l'arbre. S'il pose le pied dessus, nous n'avons rien à y redire.
Il y a cinq ombres : l'ombre d'un palmier seul, l'ombre du kanda, l'ombre du câprier, l'ombre du sorbier. Certains disent : aussi l'ombre du navire, et l'ombre du saule.
La règle de la chose : tout ce qui a beaucoup de branches, son ombre est nuisible,
Cinq tzeilim sous lesquels repose une ruah ra'a, dit Rachi. Palmier isolé, kanda (nom d'arbre), parha le câprier, zardeta le sorbier. Une autre version ajoute le navire et le saule.
La règle commence ici et finit au segment suivant : beaucoup de branches, ombre nuisible. Rachi glose déjà le membre d'après : un bois dur, c'est le bois de l'arbre.
et tout ce dont le bois est dur, son ombre est nuisible, sauf le kero masa. Bien que son bois soit dur, son ombre n'est pas nuisible.
Car une sheda dit à son fils : Eloigne-toi du kero masa, car c'est lui qui a tué ton père. Et il le tua lui aussi.
Rav Ashi a dit : j'ai vu Rav Kahana s'écarter de toutes les ombres.
Second membre de la règle : bois dur, ombre nuisible. Exception : kero masa. Le bois est dur, l'ombre ne l'est pas.
La sheda parle à son fils : cet arbre a tué le père. La suite est le récit : il tua le fils aussi. L'arbre atteint les shedim. Rav Ashi rapporte la conduite de Rav Kahana : il s'écartait de toutes ces ombres.
Ceux du câprier : ruhei. Ceux du sorbier : sheda.
Ceux des toits : rishpei. Quelle en est la conséquence pratique ?
Pour l'amulette.
Chaque lieu a le nom de ses démons. Câprier : ruhei. Sorbier : sheda (Rachi : shedim). Toits : rishpei.
La nafka mina est le kamea. On écrit le nom de celui qui a nui. Rachi : lésé sous le câprier, l'amulette porte le nom ruhei.
Ceux du câprier : une créature qui n'a pas d'yeux. Quelle en est la conséquence pratique ?
Pour la fuir. Une fois, un jeune érudit alla faire ses besoins près d'un câprier.
Il entendit qu'elle venait sur lui, et il s'enfuit devant elle. Quand elle s'en alla, elle etreignit le palmier : le palmier cria, et elle éclata.
Précision sur les ruhei du câprier : une créature sans yeux. On peut fuir, car elle ne poursuit pas, dit Rachi.
Le récit : le jeune érudit entend, il fuit. Elle part, elle étreint le palmier, le palmier crie, elle éclate. Rachi lit un autre ordre, elle éclate puis le palmier crie, et il explique le cri : le palmier sèche. Sa version du choc : elle trébucha et tomba sur la souche.
Le parha de ceux du sorbier : des shedim. Ce sorbier qui est proche de la ville n'en a pas moins de soixante shedim.
Quelle en est la conséquence pratique ? Pour lui écrire une amulette.
Le nom revient au pluriel : les démons de la zardeta sont des shedim. Près de la ville, le compte ne descend pas sous soixante.
La nafka mina reste le kamea : il faut l'écrire pour ce nombre. Le récit qui suit montre un kamea fait pour un seul.
Un certain gardien de la ville alla et se tint près d'un sorbier qui était proche de la ville. Soixante shedim monterent sur lui, et il fut en danger.
Vint un de ces maîtres qui ne savait pas qu'un sorbier est de soixante shedim : il lui écrivit une amulette pour un seul sheda. Il entendit qu'ils faisaient une fête à l'intérieur, et qu'ils chantaient ainsi : le sudar du maître est comme celui d'un érudit ; nous avons examiné le maître, il ne connaît pas barukh.
Vint un maître qui savait que le sorbier était de soixante shedim : il lui écrivit une amulette de soixante shedim. Il entendit qu'ils disaient : Enlevez vos affaires d'ici.
Bar kasha : Rachi, le gardien de la ville. Il se tient au sorbier proche de la ville. Soixante shedim montent sur lui.
Le premier kamea vise un sheda. Les shedim font une fête et chantent : le sudar a l'air d'un érudit, mais il ne sait pas la bénédiction du sudar. Rachi nomme cette bénédiction : Barukh oter Israël. Le second kamea vise soixante. Ils disent de retirer leurs affaires.
Ketev meriri : il y a deux ketev. L'un avant midi, et l'un après midi.
Celui d'avant midi a pour nom ketev meriri. Il paraît dans une cruche de kamkha, et une cuillère de marmite tourne en lui.
Celui d'après midi a pour nom ketev yashud tzohorayim. Il paraît dans une corne de chèvre, et un tamis tourne en lui.
Deux ketev, coupes par midi, tihara. Avant : ketev meriri. Après : ketev yashud tzohorayim. Les noms sont ceux des versets, Devarim 32, 24 et Tehillim 91, 6.
L'aspect : une cruche de kamkha, le kutah de Rachi, avec une cuillère qui tourne ; ou une corne de chèvre, avec un tamis qui tourne. Rachi glose la cuillère, bahasha, et le roulement dans la cruche de kutah.
Abaye allait son chemin. Rav Pappa allait à sa droite, et Rav Houna fils de Rav Yehoshoua à sa gauche.
Il vit un ketev meriri qui venait en face de son côté gauche. Il fit passer Rav Pappa à sa gauche, et Rav Houna fils de Rav Yehoshoua à sa droite.
Rav Pappa lui dit : Moi, en quoi est-ce different, que tu n'aies pas craint pour moi ? Il lui dit : L'heure se tient pour toi.
Abaye voit le ketev meriri venir du côté gauche, là où marche Rav Houna fils de Rav Yehoshoua. Il échange les places : Rav Pappa passe à gauche, Rav Houna à droite.
Rav Pappa demande pourquoi on ne craint pas pour lui. Réponse : l'heure se tient pour toi, shata kayma lakh, l'heure favorable est la sienne. Tossefot : à droite, Rav Pappa allait de biais. Marcher au plein côté droit du maître, c'est le fait d'un bor (Yoma 37a).
Du 1er Tammuz jusqu'au 16 de ce mois, ils se trouvent à coup sûr. A partir de la, doute s'ils se trouvent, doute s'ils ne se trouvent pas.
Et on les trouve à l'ombre d'un hatzav qui n'a pas poussé d'une coudée, et aux ombres du matin et du soir qui ne font pas une coudée, et principalement à l'ombre des lieux d'aisances.
Saison des ketev. Du 1er Tammuz au 16, présence certaine. Ensuite, safek : doute qu'ils s'y trouvent, doute qu'ils ne s'y trouvent pas.
Lieux. L'ombre d'un hatzav qui n'a pas atteint une coudée, gramida. Rachi : c'est la scille dont Yehoshoua a marqué les bornes du pays. Aussi l'ombre du matin et du soir, quand elle reste sous une coudée. Le lieu principal : l'ombre du beit ha-kisse.
Rav Yossef a dit : ces trois choses donnent un gage à la lumière : celui qui peigne sa tête sèche, celui qui boit goutte à goutte, et celui qui chausse ses souliers alors que son pied est encore mouillé.
Rav Yossef quitte les démons pour trois gestes qui donnent un arbon à la lumière des yeux. Rachi : arbona veut dire cécité.
Peigner les cheveux secs. Boire goutte à goutte. Chausser le pied encore mouillé de l'eau du lavage, dit Rachi.
Une chose suspendue dans la maison expose à la pauvreté. Comme disent les gens : il a suspendu le panier, il a suspendu sa subsistance.
Et nous n'avons dit cela que du pain. Mais la viande et le poisson, nous n'avons rien à y redire : c'est leur manière.
Du son dans la maison expose à la pauvreté. Des miettes dans la maison exposent à la pauvreté.
Les nuits de chabbat et les nuits du quatrième jour, des mazikin reposent dessus.
Suspendre dans la maison expose à la pauvreté. Le proverbe : suspendre le panier, c'est suspendre la subsistance. Rachi : le pain en l'air, dans le panier. Limite : le pain seulement. Viande et poisson se suspendent, c'est leur manière.
Parei, le son, et neshura, les miettes, exposent aussi à la pauvreté. Les nuits de chabbat et les nuits du quatrième jour, leil revi'i, des mazikin reposent sur les miettes.
Tossefot en tirent une difficulté sur Hagiga 5a. Rachi y explique telita comme le pain du jour suspendu au panier. Ici, cette suspension expose à la pauvreté, on n'a pas coutume de suspendre le pain ainsi. Rabbeinou Tam : telita, c'est quand on le presse de payer, il trouve des prêteurs ; pour acheter du grain à manger, il n'en trouve pas.
L'ange préposé à la nourriture a pour nom Nakid. L'ange préposé à la pauvreté a pour nom Naval.
Une assiette sur l'ouverture d'une cruche expose à la pauvreté. Celui qui boit de l'eau dans une assiette, c'est nuisible pour les yeux.
Celui qui mange du cresson et ne se lave pas les mains est effrayé trente jours.
Deux anges préposés, isra. Nakid sur la nourriture : Rachi y lit la propreté, comme celui qui nettoie sa cour. Il ne veut pas des miettes piétinées. Cela rejoint les miettes du segment précédent. Naval sur la pauvreté : Rachi dit qu'il entre peut-être là où le pain n'est pas tenu proprement.
Trois suites courtes. Une assiette sur la bouche de la cruche expose à la pauvreté. Boire l'eau dans une assiette nuit à la berokti : Rachi, le dépérissement des yeux. Manger du cresson, tahli, sans se laver les mains : on est effrayé trente jours, et l'on ne sait pas pourquoi.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).