Pesachim 112b - Consignes des sages : corps, dangers, nuits

Pesachim 112b

Sougya : La page achève une consigne de Rabbi Akiva : même une veuve, parce que tous les doigts ne sont pas égaux. Elle enchaîne les ordres.

Rabbi, notre saint maître, commande à ses fils : ne pas habiter Shekhantziv, ne pas s'asseoir sur le lit d'une Arameenne, ne pas fuir la taxe, ne pas se tenir devant le bœuf qui monte du marais. Viennent ensuite les distances du bœuf tam et du bœuf mouad, les formules dites nizha, six choses graves pour l'autre chose, et le chat dans la maison.

Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi et Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda commandent à Rabbi : procès, achat, première nuit après la tevila, nuit solitaire, lampe, bain neuf. La fin règle l'enfant endormi sur le lit, puis Agrat fille de Mahlat, du jour entier aux deux nuits laissees par Rabbi Hanina ben Dossa.

Quatre voix, une page de consignesRabbi Akiva, suite de 112aMême une veuve : tous les doigts ne sont pas égaux.Rabbi, notre saint maître, à ses filsShekhantzivDes moqueurs t'entraînent.Lit d'une ArameenneTrois lectures, voir schema.La taxeNe te dérobe pas : on prend tout.Le bœuf qui sort du maraisLe Satan danse entre ses cornes.Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi, à Rabbi. Signe : mem, qof, chin.Pas de tarePas de procès à trois.L'achatNe t'y tiens pas sans argent.La femme immergéePas la première nuit.Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda, à RabbiLa nuitNe sors pas seul.La lampePas nu devant elle.Le bain neufJusqu'à douze mois.Puis les mesures : bœuf, autre chose, chat, enfant, Agrat.
Les consignes de la page, selon celui qui les donne.
Lit d'une Arameenne : trois lecturesSans le ChemaNe t'endors passans kriat Chema.Rachi : coutumedes Arameens.Ben Yehoayada :des forces s'attachentau lit la nuit.Une convertieN'épouse pasune guioreta.Ben Yehoayada :malgre la conversion,une part des parentsreste en elle.Sens propreLe lit lui-même.Fait de Rav Papa.Elle doit de l'argent.L'enfant est sur le lit.Elle l'accuse.Il fuit le pays.
Trois lectures du lit d'une Arameenne : Shema, convertie, sens propre.
Agrat fille de Mahlat : du jour entier à deux nuits1Au debutIls sont fréquents tout le jour.2Rabbi Hanina ben DossaProclamation dans le rakia : prenez garde à Hanina et à sa Torah.3Son décretElle ne passe plus dans un lieu habité.4L'espace laisseNuits de chabbat et nuits du quatrième jour.5Abaye, nomme NahmaniMême décret : jamais dans un lieu habité.6La question du dafOn voit qu'elle passe. La réponse s'ouvre : ceux-ci.
Agrat fille de Mahlat : d'une présence de tout le jour à deux nuits, puis la question laissée ouverte.
1
שֶׁאֵין כָּל אֶצְבָּעוֹת שָׁווֹת.

parce que tous les doigts ne sont pas égaux.

📜 Rachi (1)
שֶׁאֵין כָּל הָאֶצְבָּעוֹת שָׁווֹת אֵבֶר תַּשְׁמִישׁ שֶׁלֹּא יְהֵא תַּשְׁמִישׁ זֶה טוֹב לָהּ כָּרִאשׁוֹן וּתְזַלְזֵל בּוֹ:
Le membre de l'union : que cette union ne lui soit pas aussi bonne que la première, et qu'elle le méprise.
💡 Explication

La ligne achève 112a. Rabbi Akiva : ne cuis pas dans la marmite où ton collègue a cuit. Un sens : une divorcée du vivant de son mari. Autre sens : même une veuve, parce que tous les doigts ne sont pas égaux.

Rachi : les doigts désignent le membre de l'union. Cette union peut lui être moins bonne que la première, et elle méprise le second mari.

2
מִצְוָה וְגוּף גָּדוֹל — אוֹכֵל פֵּירוֹת וְלֹא שָׂכָר. מִצְוָה וְגוּף טָהוֹר — נוֹשֵׂא אִשָּׁה וְלוֹ בָּנִים.

Mitsva et corps grand : on mange des fruits, et non un loyer. Mitsva et corps pur : on épouse une femme, et l'on a des fils.

📜 Rachi (2)
מִצְוָה וְגוּף גָּדוֹל אִם תִּרְצֶה לַעֲשׂוֹת מִצְוָה וְגַם תִּשְׁתַּכֵּר בָּהּ שֶׁיִּגְדַּל מָמוֹנְךָ:
Si tu veux accomplir une mitsva et aussi en tirer profit, de sorte que ton bien grandisse.
אוֹכֵל פֵּירוֹת וְלֹא שָׂכָר הִלְוָה חֲבֵירְךָ מָעוֹת עַל הַקַּרְקַע לֶאֱכֹול פֵּירוֹת בְּנִכְייְתָא בְּזוֹל שֶׁתְּנַכֶּה לוֹ דָּבָר מוּעָט מִן הַדָּמִים וְהַיְינוּ רִיוַּח גָּדוֹל וְגַם מִצְוָה הִיא שֶׁיֵּשׁ לַלֹּוֶה שְׂכַר רִיוַּח שֶׁצָּרִיךְ לְמָעוֹת וְלִסְחוֹרָה:
Prête à ton prochain de l'argent sur la terre, pour manger les fruits en déduction (nekhiyata), à bas prix : tu lui déduis une petite somme du capital. C'est un grand gain, et c'est aussi une mitsva : l'emprunteur a le bénéfice du profit, car il a besoin d'argent pour le commerce.
🪔 Ben Yehoyada (2)
מִצְוָה וְגוּף גָּדוֹל, אוֹכֵל פֵּרוֹת וְלֹא שָׂכָר. הִנֵּה בְּפֵירוּשׁ רַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל זַ"ל הַנִּדְפָּס מֵחָדָשׁ גָּרֵיס וְלוֹ בְּוָא"ו וְאָתֵי שַׁפִּיר אַךְ לְגִרְסָתֵינוּ דְּגָרְסִי וְלֹא בְּאָלֶף צְרִיכִים לְהָבִין אֵיךְ תִּתְיַישֵּׁב וְלֹא בְּאָלֶף לְפִי פֵּירוּשׁ רָשִׁ"י זַ"ל? וְנִרְאֶה לִי בס"ד הַכַּוָּונָה יֵשׁ עוֹשֶׂה מַשְׁכַּנְתָּא בְּנִכְייְתָא אַךְ חוֹזֵר וּמַשְׂכִּיר אֶת הַקַּרְקַע לְבַעַל הַקַּרְקַע וְלוֹקֵחַ מִמֶּנּוּ שָׂכָר קָצוּב וְרַק מִשּׁוּם הֶיתֵּר נוֹהֲגִין שֶׁבַּעַל הַמָּעוֹת יַשְׂכִּיר הַקַּרְקַע לְאָדָם אַחֵר וְאוֹתוֹ אָדָם יַחֲזֹור וְיַשְׂכִּיר אוֹתָהּ לְבַעַל הַקַּרְקַע וְעִם כָּל זֶה אֵין זוֹ מִשְׁנַת חֲסִידִים דְּמֶחֱזֵי כְּרִבִּית כֵּיוָן שֶׁזֶּה בַּעַל הַמָּעוֹת לוֹקֵחַ שָׂכָר קָצוּב אֶלָּא רָאוּי הוּא שֶׁבַּעַל הַמָּעוֹת יֹאכַל פֵּירוֹת הַקַּרְקַע יִהְיֶה מַה שֶׁיִּהְיֶה מְעַט אוֹ הַרְבֵּה הֵן חָסֵר הֵן יָתֵר וְאֵין מַגָּע לְבַעַל הַקַּרְקַע בָּזֶה כְּלָל וְעִיקָּר. וְלָזֶה אָמַר גּוּף גָּדוֹל וְלֹא שָׂכָר רוֹצֶה לוֹמַר לֹא יִקַּח שָׂכָר קָצוּב אֶלָּא יִהְיוּ פֵּירוֹת הַקַּרְקַע לוֹ הֵן חָסֵר הֵן יָתֵר.
Mitsva et corps grand : on mange des fruits, et non un loyer. Dans le commentaire de Rabbeinou Hananel, de mémoire bénie, imprimé à nouveau, on lit " velo " avec un vav, et cela se tient. Selon notre version, qui lit " vela " avec un aleph, il faut comprendre comment ce " vela " avec aleph s'accorde avec le commentaire de Rachi, de mémoire bénie. Il me semble, avec l'aide du Ciel : il y a celui qui fait une hypothèque en déduction (mashkanta be-nekhiyata), puis il reloue la terre au propriétaire et prend de lui un loyer fixe. Pour un heter (permis), on a coutume que le détenteur de l'argent loue la terre à un autre homme, et que cet homme la reloue au propriétaire. Avec tout cela, cette voie n'est pas la michnat hassidim (conduite des pieux), car elle a l'apparence de la ribit (intérêt) : le détenteur de l'argent prend un loyer fixe. Ce qui convient : le détenteur de l'argent mange les fruits de la terre, qu'ils soient peu ou beaucoup, en moins ou en plus, et le propriétaire de la terre n'y a aucune part. C'est pourquoi il dit " corps grand, et non un loyer " : il ne prend pas un loyer fixe ; les fruits de la terre sont à lui, en moins ou en plus.
וּמִצְוָה וְגוּף טָהוֹר, נוֹשֵׂא אִשָּׁה וְלוֹ בָּנִים. נִרְאֶה לִי בס"ד 'אִשָּׁה מַזְרַעַת תְּחִלָּה יוֹלֶדֶת זָכָר' (נִידָּה כה:) לָכֵן הַמִּתְנַהֵג בִּקְדֻושָּׁה וּבְטָהֳרָה תָּמִיד וּמִתְרַחֵק מִן הִרְהוּרִים רָעִים מֻוכְרָח שֶׁתַּאֲוָתוֹ בְּמִשְׁגָּל מוּעֶטֶת וַחֲלוּשָׁה וְאִם כֵּן זֶה וַדַּאי לֹא יַזְרִיעַ תְּחִלָּה אֶלָּא אִשְׁתּוֹ מַזְרַעַת תְּחִלָּה וְאָז יוֹלִיד בָּנִים זְכָרִים. לָזֶה אָמַר מִצְוָה וְגוּף טָהוֹר אָז אֵין לוֹ רִבּוּי תַּאֲוָה בְּתַשְׁמִישׁ כָּל כָּךְ עַל כֵּן נוֹשֵׂא אִשָּׁה וְלוֹ בָּנִים וְלֹא בָּנוֹת דְּזֶה אִשְׁתּוֹ מַזְרַעַת תְּחִלָּה:
Et mitsva et corps pur : on épouse une femme, et l'on a des fils. Il me semble, avec l'aide du Ciel : " la femme qui émet la semence la première enfante un mâle " (Nida 25b). Celui qui se conduit toujours dans la sainteté et la pureté, et s'écarte des mauvaises pensées, a nécessairement un désir faible et mince dans l'union. Des lors, lui n'émet pas la semence le premier : c'est sa femme qui émet la première, et alors il engendre des fils. C'est pourquoi il dit : mitsva et corps pur. Il n'a pas alors un désir abondant dans l'union. Il épouse donc une femme et il a des fils, non des filles, car c'est sa femme qui émet la semence la première.
💡 Explication

Deux formules parallèles. Corps grand : Rachi y lit la croissance du bien. On prête sur une terre et l'on mange les fruits en nekhiyata : une petite somme est déduite du capital. Le prêteur gagne, l'emprunteur a l'argent de son commerce.

Corps pur : épouser une femme et avoir des fils. Le Ben Yehoayada relie cela à Nida 25b, et distingue un loyer fixe, qui a l'apparence de la ribit, des fruits variables.

🖼️ Schéma
Manger les fruits, et non un loyerLe pretArgent garantisur une terre.L'emprunteur ade quoi commercer.NekhiyataLe prêteur mangeles fruits.Il déduit peudu capital.Les deux gainsMitsva pourl'emprunteur.Le bien du prêteurgrandit.Ben Yehoayada : un loyer fixe, même reloue par un tiers, a l'apparence de la ribit.La voie qui convient : les fruits, peu ou beaucoup, sans loyer fixe.
Pret sur une terre : fruits en déduction. Le loyer fixe a l'apparence de la ribit.
3
אַרְבָּעָה דְּבָרִים צִוָּה רַבֵּינוּ הַקָּדוֹשׁ אֶת בָּנָיו: אַל תָּדוּר בְּשַׁכְנְצִיב מִשּׁוּם דְּלֵיצָנֵי הָווּ, וּמְשָׁכוֹ לָךְ בְּלֵיצָנוּתָא.

Quatre choses que notre saint maître a commandées à ses fils : n'habite pas à Shekhantziv, parce qu'ils sont des moqueurs, et ils t'entraîneront dans la moquerie.

💡 Explication

Rabbi, notre saint maître, donne quatre ordres à ses fils. Le premier : Shekhantziv. Ceux qui y vivent sont des moqueurs (letzanei). La suite dit l'effet : ils t'entraînent dans la moquerie (letzanouta).

4
וְאַל תֵּשֵׁב עַל מִטַּת אֲרַמִּית. אִיכָּא דְאָמְרִי: דְּלָא תִּיגְנֵי בְּלָא קְרִיַּת שְׁמַע. וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: דְּלָא תִּינְסַב גִּיּוֹרְתָא.

Et ne t'assieds pas sur le lit d'une Arameenne. Certains disent : afin que tu ne t'endormes pas sans le Chema.

Et certains disent : afin que tu n'épouses pas une convertie.

📜 Rachi (1)
דְּלָא תִּיגְנֵי בְּלֹא ק"ש שֶׁזֶּה מִנְהַג הָאֲרַמָּאִין:
Car c'est la coutume des Arameens.
🪔 Ben Yehoyada (1)
דְּלָא תִּיגְנֵי בְּלֹא קְרִיאַת שְׁמַע. הָא דְּקָרֵי לָהּ 'מַטֵּה אֲרַמִּית' כִּי כּוֹחוֹת הַחִיצוֹנִים הַסּוֹבְבִים בַּלַּיְלָה בָּאִים לְהִדָּבֵק בְּמִטָּתוֹ שֶׁל אָדָם וְעַל יְדֵי קְרִיאַת שְׁמַע דּוֹחֶה אוֹתָם כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (תְּהִלִּים צא, ז) 'יִפֹּל מִצִּדְּךָ אֶלֶף וּרְבָבָה מִיְּמִינֶךָ' וְלָכֵן אִם אֵינוֹ קוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע אָז דְּבֵקִים בְּמִטָּתוֹ וְלָזֶה נִקְרֵאת 'מַטֵּה אֲרַמִּית' שֶׁדְּבֵקִים בָּהּ כּוֹחוֹת הַחִיצוֹנִים וּלְמַאן דְּאָמַר דְּלָא תִּנְסַב גִּיּוֹרְתָא נִרְאֶה לִי אַף עַל גַּב דְּנִתְגַּיְּירָה עִם כָּל זֶה יֵשׁ בָּהּ תַּעֲרֹובֶת חֲלָקִים שֶׁל אָבִיהָ וְאִמָּהּ שֶׁהֵם גּוֹיִם.
Afin que tu ne t'endormes pas sans la lecture du Chema. S'il l'appelle " lit arameen ", c'est que les forces extérieures qui circulent la nuit viennent s'attacher au lit de l'homme, et que par la lecture du Chema on les repousse, comme il est dit (Tehilim 91, 7) : " Il en tombe mille à ton côté, et une myriade à ta droite. " S'il ne lit pas le Chema, elles s'attachent à son lit. C'est pourquoi on l'appelle " lit arameen " : les forces extérieures s'y attachent. Et selon celui qui dit de ne pas épouser une convertie : il me semble que, bien qu'elle se soit convertie, il reste en elle un mélange de parts de son père et de sa mère, qui sont des non-Juifs.
💡 Explication

Deuxieme ordre. Lit d'une Arameenne recoit ici deux lectures. L'une : ne pas s'endormir sans kriat Chema. Rachi : c'est la coutume des Arameens. L'autre : ne pas épouser une guioreta (convertie).

La troisieme lecture, le sens propre, vient à la ligne suivante.

5
וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: אַרַמָּאִית מַמָּשׁ, וּמִשּׁוּם מַעֲשֶׂה דְרַב פָּפָּא.

Et certains disent : une Arameenne au sens propre, et à cause du fait de Rav Papa.

📜 Rachi (1)
אִיכָּא דְאָמְרִי אַל תֵּשֵׁב בְּמִטָּה אֲרַמִּית מַמָּשׁ מִשּׁוּם מַעֲשֶׂה דְּרַב פָּפָּא שֶׁהָיְתָה אֲרַמִּית אַחַת חַייֶּבֶת לוֹ מָעוֹת וְנִכְנַס מִדֵּי יוֹם יוֹם בְּבֵיתָהּ לִגְבּוֹת הֵימֶנָּה יוֹם אֶחָד חָנְקָה אֶת בְּנָהּ וּנְתָנַתּוּ עַל הַמִּטָּה וּכְשֶׁנִּכְנַס רַב פַּפָּא אָמְרָה לוֹ שֵׁב עַד שֶׁאָבִיא מְעוֹתֶיךָ וְכֵן עָשָׂה כְּשֶׁבָּאתָה אָמְרָה הַמֵּתָה אֶת בְּנִי וּבָרַח מִן הַמְּדִינָה:
Une Arameenne lui devait de l'argent. Il entrait chaque jour chez elle pour le recouvrer. Un jour, elle étrangla son fils et le plaça sur le lit. Quand Rav Papa entra, elle lui dit : assieds-toi jusqu'à ce que j'apporte ton argent. Il le fit. Quand elle revint, elle dit : tu as tue mon fils. Et il s'enfuit du pays.
💡 Explication

Troisieme lecture : le lit d'une Arameenne au sens propre. La ligne ne raconte pas le fait. Rachi le donne : la dette, l'enfant place sur le lit, l'accusation, la fuite.

6
וְאֶל תַּבְרִיחַ עַצְמְךָ מִן הַמֶּכֶס, דִּילְמָא מַשְׁכְּחוּ לָךְ וְשָׁקְלִי מִנָּךְ כָּל דְּאִית לָךְ. וְאַל תַּעֲמֹוד בִּפְנֵי הַשּׁוֹר בְּשָׁעָה שֶׁעוֹלֶה מִן הָאֲגַם, מִפְּנֵי שֶׁהַשָּׂטָן מְרַקֵּד בֵּין קַרְנָיו. אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל: בְּשׁוֹר שָׁחוֹר, וּבְיוֹמֵי נִיסָן.

Et ne te dérobe pas à la taxe, de peur qu'ils te trouvent et prennent de toi tout ce que tu as. Et ne te tiens pas devant le bœuf au moment où il monte du marais, parce que le Satan danse entre ses cornes.

Rabbi Chmouel a dit : pour un bœuf noir, et aux jours de Nissan.

📜 Rachi (1)
וּבְיוֹמֵי נִיסָן שֶׁהַצְּמָחִים עוֹלִין וְגַס לִבּוֹ בָּהֶן וְנוֹגֵחַ:
Les plantes montent, son cœur s'enorgueillit à cause d'elles, et il encorne.
💡 Explication

Troisieme et quatrième ordres. La taxe : se dérober expose à la saisie de tout le bien. Le bœuf qui monte du marais : le Satan est entre ses cornes, il est alors à craindre.

Rabbi Chmouel limite : un bœuf noir, aux jours de Nissan. Rachi : les plantes montent, son cœur s'enorgueillit, il encorne.

7
תָּנֵי רַב אוֹשַׁעְיָא: מַרְחִיקִין מִשּׁוֹר תָּם — חֲמִשִּׁים אַמָּה, מִשּׁוֹר מוּעָד — כִּמְלֹא עֵינָיו.

Rav Ochaya enseigne : on s'éloigne d'un bœuf tam de cinquante coudées ; d'un bœuf mouad, aussi loin que porte le regard.

💡 Explication

Mesure pratique, à la suite du bœuf. Tam : bœuf sans statut de bête qui corné. On s'en écarte de cinquante coudées. Mouad : bœuf déjà réputé. On s'en écarte aussi loin que porte le regard (melo einav).

🖼️ Schéma
A quelle distance du bœufBœuf tamCinquante coudéesPas d'habitude de corner.Bœuf mouadAussi loin que porte le regardDéjà réputé pour avoir corné.Rav Ochaya. Cadre : noir, jours de Nissan, quand il monte du marais.
Tam : cinquante coudées. Mouad : aussi loin que porte le regard.
8
תָּנָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי מֵאִיר: רֵישׁ תּוֹרָא בְּדִיקּוּלָא — סַק לְאִיגָּרָא וּשְׁדִי דַּרְגָּא מִתּוּתָךְ. אָמַר רַב: נִיזְהָא דְּתוֹרָא — ״הֵן הֵן״. נִיזְהָא דְּאַרְיֵה — ״זֶה זֶה״. נִיזְהָא דְּגַמְלָא — ״דָּא דָּא״. נִיזְהָא דְּאַרְבָּא — ״הֵילֵנִי הַייָּא הִילָא וְהִילּוּק הֻולְיָא״.

On a enseigné au nom de Rabbi Meir : la tête du bœuf est dans le panier, monte au toit et jette l'échelle de dessous toi. Rav a dit : nizha du bœuf, " hen hen ".

Nizha du lion, " zeh zeh ". Nizha du chameau, " da da ".

Nizha du bateau, " hileni hayya hila vehilouk hulya ".

📜 Rachi (2)
בְּדִיקּוּלָא בִּטְרַסְקָל שֶׁהוּא אוֹכֵל בּוֹ:
Dans le panier (tarsqal) ou il mange.
נִיזְהָא דְּתוֹרָא לַחַשׁ עַל הַשּׁוֹר שֶׁלֹּא יְנַגְּחֶנּוּ:
Un lahash sur le bœuf, pour qu'il ne l'encorne pas.
🪔 Ben Yehoyada (1)
נִזְהָא דְּגַמְלָא, 'דָּא דָּא'. נִרְאֶה לִי דְּלִפְעָמִים הַגָּמָל יוֹשֵׁב בָּאָרֶץ וְאֵינוֹ מְקַבֵּל לָזוּז גַּם אִם יַכּוּהוּ מַכַּת מָוֶות כַּאֲשֶׁר נִמְצָא כָּזֹאת בִּמְקוֹמוֹת הָעַרְבִיִּים גַּם בַּזְּמַן הַזֶּה וְאֶפְשָׁר כִּי מִקֹּודֶם הָיָה לָהֶם לַחַשׁ שֶׁל ' דָּא דָּא ' שֶׁעַל יְדֵי הַלַּחַשׁ הַזֶּה יָקוּם הַגָּמָל, וְהָעַרְבִיִּים שֶׁדָּבָר זֶה נִמְצָא אֶצְלָם בַּזְּמַן הַזֶּה יֵשׁ לָהֶם אֱמוּנָה שֶׁהַיְּהוּדִים יֵשׁ לָהֶם לַחַשׁ שֶׁיְּכוֹלִים לְהָקִים הַגָּמָל בּוֹ, וְאַף עַל פִּי שֶׁאוֹמְרִים הַיְּהוּדִים לָהֶם שֶׁאֵין אִתָּנוּ יוֹדֵעַ בָּזֶה, אֵין מַאֲמִינִים. וְאֶפְשָׁר ד' נִזְהָא דְּאַרְבָּא ' גַּם כֵּן הוּא עַל דֶּרֶךְ זֶה שֶׁלִּפְעָמִים נִנְעֶצֶת בְּקַרְקַע הַנָּהָר שֶׁטּוֹרְחִים לִמְשֹׁוךְ אוֹתָהּ וְאֵינָהּ נִמְשֶׁכֶת בְּנָקֵל אֶלָּא בְּטֹורַח גָּדוֹל וְהָיָה לָהֶם לַחַשׁ שֶׁל ' הֵילֵנִי הַייָּא ' שֶׁעַל יָדוֹ נִמְשֶׁכֶת וְהוֹלֶכֶת בְּנָקֵל. וְהִנֵּה הֲגַם כִּי כָּל דְּבָרִים אֵלּוּ הֵם כִּפְשָׁטָן, נִרְאֶה לִי בס"ד דְּלָא הִזְכִּירוּם בַּתַּלְמוּד בִּשְׁבִיל הַפְּשָׁט שֶׁלָּהֶם אֶלָּא כִּיווְּנוּ לִרְמֹוז בָּהֶם עִנְייָנִים טוֹבִים שֶׁנּוֹגְעִים לְדִבְרֵי תּוֹרָה! וְנִרְאֶה לִי נִזְהָא דְּתוֹרָא , ' הֵן הֵן ' כָּל אָדָם גָּדוֹל וְחָשׁוּב מִכַּווְּנָה בְּשֵׁם שׁוֹר וּכְמוֹ שֶׁכָּתַב רַדַ"ק זַ"ל עַל פָּסוּק (דְּבָרִים לג, יז) 'בְּכוֹר שׁוֹרוֹ הָדָר לוֹ' וְאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (פְּסָחִים פו:) 'מְסָרְבִין לַקָּטָן וְאֵין מְסָרְבִין לַגָּדוֹל' וְזֶהוּ שֶׁאָמַר נִזְהָא דְּתוֹרָא לַחַשׁ וְדִיבּוּר שֶׁצָּרִיךְ לִלְחוֹשׁ לִפְנֵי אָדָם גָּדוֹל הוּא ' הֵן הֵן ' שֶׁיַּסְכִּים לִדְבָרָיו לַעֲשׂוֹת כִּרְצוֹנוֹ. וְאוֹמְרָם נִזְהָא דְּאַרְיָא , ' זֶה זֶה ' כְּגִרְסַת הַגְּמָרָא דִּידַן נִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁכָּתַב הרא"ם זַ"ל רֵישׁ פָּרָשַׁת מַטּוֹת דְּמִלַּת 'זֶה' פֵּירוּשׁוֹ זֶה הַדָּבָר בְּעֵינוֹ בִּלְתִּי שׁוּם שִׁינּוּי כְּלָל אֲבָל מִלַּת 'בָּהּ' מוֹרֶה עַל מְכֻווָּן הָעִנְיָן וְאֵין הַדָּבָר בְּעֵינוֹ. וְזֶהוּ טַעַם אוֹמְרָם (פְּסִיקְתָּא בַּמִּדְבָּר קלז, ב) מֹשֶׁה נִתְנַבֵּא בְּ'זֶה הַדָּבָר אֲשֶׁר צִוָּה ה' (וַיִּקְרָא ט, ו) מִפְּנֵי שֶׁשְּׁכִינָה מְדַבֶּרֶת מִתּוֹךְ גְּרוֹנוֹ, וְיָדוּעַ כִּי הַתַּלְמִיד חָכָם נִקְרָא אַרְיֵה וְכַנִּזְכָּר בַּגְּמָרָא (חֻולִּין נט:) וְזֶהוּ חֲשִׁיבוּת הַתַּלְמִיד חָכָם שֶׁמְּדַקְדֵּק לוֹמַר הַשְּׁמוּעָה כְּמוֹ שֶׁשָּׁמְעָה בִּלְתִּי שׁוּם שִׁינּוּי וַאֲפִילּוּ עַל שִׁינּוּי אוֹת אֶחָד קָפֵיד כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ בַּגְּמָרָא שֶׁהָיוּ מַקְפִּידִין בִּדְבַר הַמִּשְׁנָה שֶׁלֹּא לַעֲשׂוֹת שִׁינּוּי אֲפִילּוּ בְּאוֹת א', וְזֶהוּ שֶׁאָמַר נִזְהָא דְּאַרְיָא הוּא הַתַּלְמִיד חָכָם ' זֶה זֶה ' שֶׁאוֹמֵר הַשְּׁמוּעָה בִּלְתִּי שׁוּם שִׁינּוּי שֶׁיִּפֹּול עַל דְּבָרָיו לָשׁוֹן זֶה זֶה. וּמַה שֶׁאָמַר נִזְהָא דְּגַמְלָא , ' דָּא דָּא ' נִרְאֶה לִי בס"ד רֶמֶז לְבַעַל צְדָקָה וּמְכַנֵּהוּ בְּשֵׁם גַּמְלָא עַל דֶּרֶךְ מַה שֶּׁאָמַר הַכָּתוּב (מִשְׁלֵי יא, יז) 'גָּמָל נַפְשׁוֹ אִישׁ חֶסֶד' הִנֵּה עָלָיו רָאוּי לוֹמַר לְשׁוֹן 'דָּא דָּא' שֶׁהוּא עִנְיַן נְשִׂיאוּת וְרוֹמְמוּת כְּמוֹ 'וַיֵּדֶא עַל כַּנְפֵי רוּחַ' (תְּהִלִּים יח, יא) וְכֵן (דְּבָרִים כח, מט) 'כַּאֲשֶׁר יִדְאֶה הַנֶּשֶׁר', כֵּן זֶה בַּעַל הַצְּדָקָה יִתְרוֹמֵם וְיָעוּף בְּמַעֲלָה בִּשְׂכַר הַגְּמִילוּת חֲסָדִים שֶׁעוֹשֶׂה כִּי לְמִצְוָה זוֹ שֶׁל גְּמִילוּת חֲסָדִים יֵשׁ שָׂכָר גַּם בְּהַאי עָלְמָא. וּמַה שֶׁאָמַר נִזְהָא דְּאַרְבָּא , ' הֵילֵנִי הַייָּא ' רָמְזוּ בָּזֶה עַל עוֹלָם הַזֶּה הַמְּכוֹנִית בְּשֵׁם סְפִינָה וְכַאֲשֶׁר כָּתְבוּ כָּל הַמְבָאֲרִים עַל מַאַמְרֵי רַבָּה בַּר בַּר חָנָה (בָּבָא בָּתְרָא עג. - עַד:) , וְרוֹצֶה לוֹמַר עוֹלָם הַזֶּה לֹא נִיתְּנָה אֶלָּא בִּשְׁבִיל לַעֲשׂוֹת בָּהּ מְלֶאכֶת הַבּוֹרֵא בְּנִיצוֹצֵי הַקְּדֻושָּׁה שֶׁנִּתְעָרְבוּ בְּסִיגִים בִּשְׁבִירַת הַכֵּלִים קֹודֶם בְּרִיאַת עוֹלָם הַזֶּה. וְיָדוּעַ כִּי ' הֵילֵנִי ' הוּא לְשׁוֹן נְהִילַתְּ הַקֶּמַח בְּנָפָה וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ בַּגְּמָרָא (בֵּיצָה כט:) הֲוָה קָא נָהֲלָה קִמְחָא אַגַּבָּהּ דְּמַהוֹלְתָּא שֶׁהִיא הַנָּפָה וְכַנִּזְכָּר בֶּעָרוּךְ, וּמִלַּת ' הַיָּיא ' רוֹצֶה לוֹמַר מְהֵרָה כְּמוֹ אַשּׁוּר הַייָּא דְּאִיתָא בַּגְּמָרָא דְּשַׁבָּת (שַׁבָּת קיט.) , וְעִנְיַן הַבֵּירוּר הוּא כְּמוֹ עִנְיַן הַרְקָדַת הַקֶּמַח דִּתְחִלָּה מְרַקְּדִים אוֹתוֹ מִן הַפְּסֹולֶת שֶׁבּוֹ וְאַחַר כָּךְ מְרַקְּדִים אוֹתוֹ לְהוֹצִיא הַסֹּולֶת וְזֶהוּ בֵּירוּר אֹוכֶל מִתּוֹךְ אֹוכֶל וְכֵן הַבֵּירוּר שֶׁל נִיצוֹצֵי קְדֻושָּׁה הוּא בִּשְׁתַּיִם תְּחִלָּה בֵּירוּר אֹוכֶל מִתּוֹךְ פְּסֹולֶת וְאַחַר כָּךְ בֵּירוּר אֹוכֶל מִתּוֹךְ אֹוכֶל וְזֶהוּ שֶׁאָמַר ' הֵילֵנִי ' רֶמֶז לְבֵירוּר הַייָּא רוֹצֶה לוֹמַר מְהֵרָה דְּהַיְינוּ תְּבָרְרוּ הַבֵּירוּרִים מִן עוֹלָם הַזֶּה בִּמְהֵרָה שֶׁכָּל אָדָם צָרִיךְ לְמַהֵר בְּבֵירוּר זֶה יָפָה שָׁעָה אַחַת קֹודֶם! וּשְׁאֵרִית הַלַּחַשׁ אֵין צָרִיךְ לִרְמֹוז בּוֹ כְּלוּם כִּי הוּא נֶאֱמַר לְפִי פְּשַׁט הַמַּאֲמָר.
Nizha du chameau, " da da ". Il me semble que parfois le chameau s'assied à terre et refuse de bouger, même si on le frappe d'un coup mortel, comme on le trouve dans les pays arabes encore de nos jours. Il est possible qu'ils aient eu autrefois un lahash " da da ", par lequel le chameau se lève. Les Arabes, chez qui la chose se voit encore aujourd'hui, croient que les Juifs ont un lahash capable de faire lever le chameau. Même quand les Juifs leur disent que personne parmi nous ne le connaît, ils ne croient pas. Il est possible que le nizha du bateau soit du même ordre : parfois le bateau s'enfonce dans le sol du fleuve, on peine à le tirer, il ne vient pas aisément, seulement à grand peine. Ils avaient un lahash " hileni hayya ", par lequel il se tire et avance aisément. Ces choses sont selon leur sens simple. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que le Talmud ne les a pas mentionnées pour leur sens simple. Il a visé par elles un remez vers de bons sujets qui touchent les paroles de Torah. Il me semble : nizha du bœuf, " hen hen ". Tout homme grand et important est désigné du nom de bœuf, comme l'a écrit le Radak, de mémoire bénie, sur le verset (Devarim 33, 17) : " le premier-né de son taureau, la majesté est à lui ". Et nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit (Pesachim 86b) : on presse un petit de revenir sur son refus, et on ne presse pas un grand. Voici ce qu'il dit : le nizha du bœuf, le lahash et la parole qu'il faut murmurer devant un homme grand, c'est " hen hen ", qu'il consente à ses paroles pour faire selon sa volonte. Et ce qu'ils disent, nizha du lion, " zeh zeh ", selon la version de notre guemara. Il me semble, avec l'aide du Ciel, d'après ce qu'a écrit le Reem, de mémoire bénie, au debut de la paracha Matot : le mot " zeh " signifie cette chose même, sans aucun changement ; le mot " koh " indique l'intention du sujet, et la chose n'est pas la chose même. C'est la raison de leur dire (Pesikta Bamidbar 137b) : Moché a prophétisé par " zeh ha-davar acher tsiva H' " (Vayikra 9, 6), parce que la Chekhina parle de l'intérieur de sa gorge. Et l'on sait que le talmid 'hakham est appelé lion, comme il est rappelé dans la guemara (Houlin 59b). Voici la grandeur du talmid 'hakham : il veille à dire la shemoua comme il l'a entendue, sans aucun changement, et même pour le changement d'une seule lettre il est exigeant, comme ils ont dit dans la guemara qu'ils étaient exigeants sur les mots de la michna, pour ne pas y faire de changement, même d'une lettre. Voici ce qu'il dit : le nizha du lion, c'est le talmid 'hakham, " zeh zeh " : il dit la shemoua sans aucun changement, de sorte que la tournure " zeh zeh " tombe sur ses paroles. Et ce qu'il a dit, nizha du chameau, " da da ". Il me semble, avec l'aide du Ciel, un remez vers l'homme de tsedaka. Il le surnomme chameau, à la manière du verset (Michlei 11, 17) : " l'homme de hesed fait du bien à son âme ". Il convient de dire de lui la tournure " da da ", qui est un sujet d'élévation et de hauteur, comme " il vola sur les ailes du vent " (Tehilim 18, 11), et de même (Devarim 28, 49) " comme l'aigle plane ". Ainsi cet homme de tsedaka s'élève et vole vers le haut, en récompense de la gemilut hassadim qu'il fait, car cette mitsva de gemilut hassadim a une récompense aussi dans ce monde. Et ce qu'il a dit, nizha du bateau, " hileni hayya ". Ils ont visé par là ce monde, désigné du nom de bateau, comme l'ont écrit tous les commentateurs sur les dits de Rabba bar bar Hana (Bava Batra 73a-74b). Cela veut dire : ce monde n'a été donne que pour y faire l'ouvrage du Créateur, dans les étincelles de sainteté qui se sont mêlées aux scories lors de la brisure des vases, avant la création de ce monde. Et l'on sait que " hileni " est une tournure de tamisage de la farine dans le tamis, comme ils ont dit dans la guemara (Beitsa 29b) : il tamisait de la farine sur le dos du tamis, qui est la nafa, comme il est rappelé dans l'Aroukh. Et le mot " hayya " veut dire vite, comme " ashur hayya ", qui se trouve dans la guemara de Chabbat (Chabbat 119a). Le sujet du birur est comme le tamisage de la farine : d'abord on la tamise pour en oter le déchet, ensuite on la tamise pour en sortir la fleur de farine, et c'est trier un aliment du milieu d'un aliment. De même, le birur des étincelles de sainteté se fait en deux temps : d'abord trier l'aliment du milieu du déchet, ensuite trier l'aliment du milieu de l'aliment. Voici ce qu'il dit : " hileni " est un remez au birur ; " hayya " veut dire vite, c'est-à-dire : faites le birur hors de ce monde vite, car chacun doit se hâter dans ce birur, une heure plus tôt est meilleure. Le reste du lahash n'a pas à recevoir de remez, car il est dit selon le sens simple du passage.
💡 Explication

Rabbi Meir force le trait : même la tête du bœuf dans le panier où il mange (dikoula, le tarsqal de Rachi), on monte au toit et l'on jette l'échelle.

Puis Rav enumere quatre nizha. Rachi, pour le bœuf : un lahash, afin qu'il n'encorne pas. Le Ben Yehoayada donne un sens simple pour le chameau et le bateau, puis un remez pour les quatre formules. Le reste des mots du bateau reste, dit-il, au sens simple.

🖼️ Schéma
Quatre formules : sens simple et remezSujetSens simpleRemez du Ben YehoayadaBœufhen henLahash, qu'il n'encorne pas.Rachi.Dire oui devant un grandhomme, appelé bœuf.Lionzeh zehLa formule est dite.Rachi ne la détaille pas.Le talmid 'hakham répètela shemoua sans changer.Chameauda daLe faire lever quandil reste couché.L'homme de heseds'élève par sa mitsva.Bateauhileni hayyaLe tirer quand il estpris dans le fleuve.Ce monde : birur desétincelles, et vite.
Hen, zeh, da, hileni : sens simple atteste, et remez du Ben Yehoayada.
9
אָמַר אַבַּיֵּי: עוֹר, דָּג, וְכוֹס, חַמִּין, וּבֵיצִים, וְכִנִּים לְבָנִים — כֻּולָּן קָשִׁין לְדָבָר אַחֵר. עוֹר — מַאן דְּגָנֵי אַמַּשְׁכָּא דְצַלָּא. דָּג — שִׁיבּוּטָא בְּיוֹמֵי נִיסָן. כּוֹס — שִׁיּוּרֵי כָּסָא דְּהַרְסָנָא. חַמִּין — חַמִּימֵי דְחַמִּימֵי מְשַׁדְּרוּ עִילָּוֵיהּ. בֵּיצִים — מַאן דְּמִדֶּרֶךְ אַקְּלִיפִים. כִּינִּים לְבָנִים — מַאן דִּמְחַוַּור לְבוּשֵׁיהּ וְלָא נָטֵיר לֵיהּ תְּמָנְיָא יוֹמֵי וַהֲדַר לָבֵישׁ לֵהּ — בַּרְיִין הָנָךְ כִּינִּים, וְקָשִׁין לְדָבָר אַחֵר.

Abaye a dit : peau, poisson, coupe, eau chaude, œufs et poux blancs, toutes sont graves pour l'autre chose. Peau : celui qui dort sur une peau de tanneur.

Poisson : le shibouta, aux jours de Nissan. Coupe : les restes d'une coupe de harsana.

Eau chaude : de l'eau très chaude que l'on verse sur lui. Œufs : celui qui marche sur des coquilles. Poux blancs : celui qui blanchit son vêtement, ne le garde pas huit jours, puis le remet : ces poux sont créés, et ils sont graves pour l'autre chose.

📜 Rachi (2)
אַמַּשְׁכָּא דְּצַלָּא הַיָּשֵׁן עַל עוֹר בְּבֵית הָעַבְּדָנִין קֹודֶם שֶׁתִּגָּמֵר מְלַאכְתּוֹ:
Celui qui dort sur une peau dans la maison des tanneurs, avant que son travail soit achevé.
חַמִּימֵי דַּחֲמִימֵי דִּשְׁדָא עִילָּוֵיהּ אִם רָגִיל לִשְׁפֹּוךְ עָלָיו מַיִם חַמִּים יוֹתֵר מִדַּאי עַל בְּשָׂרוֹ: מַאן דִּמְחַווַּר לְבוּשֵׁי' - וּלְבִישׁ לְהוּ מִקַּמֵּי ח' יוֹמֵי דְּאַכַּתִּי לָא מָטֵי ח' יוֹמֵי דְּאַשְׁלְחִינְהוּ הָנְהוּ כִּנִּים הָדְרִי וְאַכַּתִּי אִיכָּא בְּהוּ חֵיוָתָא וְאָכְלִי לֵיהּ וְקָשִׁין לְדָבָר אַחֵר:
S'il a coutume de verser sur sa chair de l'eau chaude plus qu'il ne faut. Celui qui blanchit ses vêtements et les remet avant huit jours : les huit jours ne sont pas encore atteints depuis qu'il a chassé ces poux ; ils reviennent, il reste en eux de la vie, ils le rongent, et ils sont graves pour l'autre chose.
🪔 Ben Yehoyada (1)
'כִּנִּים לְבָנִים', מַאן דִּמְחַוַּר לְבוּשֵׁיהּ וְלָא נָטֵיר לֵיהּ תְּמָנְיָא יוֹמֵי וְכוּ'. נִרְאֶה לִי הַיְינוּ דַּוְקָא בִּלְבוּשׁ שֶׁהָיָה בּוֹ כִּינִּים וְלֹא פִּילָּה אוֹתָם כֻּולָּם קֹודֶם כִּיבּוּס אֲבָל כְּלִי שֶׁלֹּא הָיָה בּוֹ כִּינִּים אוֹ הָיָה בּוֹ אַךְ פִּילָּה אוֹתוֹ הֵיטֵב לֵית לַן בַּהּ וְלָכֵן עַתָּה מִנְהַג הָעוֹלָם שֶׁאֵין מַמְתִּינִים אַחַר כִּבּוּס ח' יָמִים.
" Poux blancs " : celui qui blanchit son vêtement et ne le garde pas huit jours, etc. Il me semble que cela vise précisément un vêtement où il y avait des poux, et dont il n'a pas retiré tous les poux avant le lavage. Un vêtement où il n'y avait pas de poux, ou bien il y en avait mais il les a bien retirés : nous n'y trouvons pas de difficulté. C'est pourquoi, aujourd'hui, la coutume du monde est de ne pas attendre huit jours après le lavage.
💡 Explication

Abaye liste six choses graves pour l'autre chose (davar aher), euphémisme de la tsaraat. Rachi précise la peau : dans l'atelier du tanneur, avant la fin du travail. L'eau : plus chaude qu'il ne faut. Les poux : remis avant huit jours, ils reviennent encore vivants.

Harsana : petits poissons. Shibouta : un poisson, aux jours de Nissan. Le Ben Yehoayada limite les huit jours au vêtement qui avait des poux non retirés.

🖼️ Schéma
Six choses graves pour l'autre chosePeauDormir sur une peau de tanneurPoissonShibouta, jours de NissanCoupeRestes d'une coupe de harsanaEau chaudeEau très chaude versée sur soiŒufsMarcher sur des coquillesPoux blancsVêtement remis avant 8 joursDavar aher : euphémisme de la tsaraat.
Peau, shibouta, harsana, eau trop chaude, coquilles, poux : graves pour la tsaraat.
10
אָמַר רַב פָּפָּא: בֵּיתָא דְּאִית בֵּיהּ שֻׁונָּרָא לָא נֵיעוּל בַּהּ אִינִישׁ בְּלָא מְסָנֵי. מַאי טַעְמָא — מִשּׁוּם דְּשֻׁונָּרָא קָטֵיל לְחִיוְיָא וְאָכֵיל לֵיהּ, וְאִית בֵּיהּ בְּחִיוְיָא גַּרְמֵי קַטִּינֵי, וְאִי יָתֵיב לֵהּ גַּרְמָא דְחִיוְיָא אַכַּרְעֵיהּ — לָא נָפֵיק וְאִסְתַּכַּן לֵיהּ. אִיכָּא דְאָמְרִי: בֵּיתָא דְּלֵית בֵּיהּ שֻׁונָּרָא — לָא נֵיעוּל בֵּיהּ אִינִישׁ בְּהַכְרָא, מַאי טַעְמָא — דִּילְמָא מִיכְּרִיךְ בֵּיהּ חִוְיָא וְלָא יָדַע וּמִסְתַּכַּן.

Rav Papa a dit : une maison où il y a un chat, qu'un homme n'y entre pas sans sandales. Quelle est la raison ?

Parce que le chat tue le serpent et le mange, et il y a dans le serpent de petits os. Si un os de serpent se pose sur son pied, il n'en sort pas, et il est en danger.

Certains disent : une maison où il n'y a pas de chat, qu'un homme n'y entre pas dans l'obscurité. Quelle est la raison ?

De peur qu'un serpent s'enroule autour de lui sans qu'il le sache, et qu'il soit en danger.

💡 Explication

Deux lectures de Rav Papa, selon qu'il y a un chat ou non. S'il y en à un : les petits os du serpent mange restent, un os entre dans le pied et n'en sort pas. On entre avec des sandales. S'il n'y en a pas : dans l'obscurité, le serpent lui-même peut s'enrouler sans qu'on le voie.

11
שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים צִוָּה רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי אֶת רַבִּי: (מק״ש סִימָן) אַל תַּעַשׂ מוּם בְּעַצְמְךָ. מַאי הִיא? לָא תֶּיהְוֵי לָךְ דִּינָא בַּהֲדֵי תְּלָתָא, דְּחַד הָוֵי בַּעַל דִּינָךְ וּתְרֵי סָהֲדֵי. וְאַל תַּעֲמֹוד עַל הַמִּקָּח בְּשָׁעָה שֶׁאֵין לְךָ דָּמִים.

Trois choses que Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi a commandées à Rabbi. Signe : mem, qof, chin.

Ne te fais pas une tare. Qu'est-ce ?

N'aie pas de procès avec trois, car l'un sera ton adversaire et deux seront témoins. Et ne te tiens pas sur un achat au moment où tu n'as pas d'argent.

📜 Rachi (1)
בַּהֲדֵי תְּלָתָא דַּהֲוָה חַד בַּעַל דִּינָךְ וּתְרֵי לֶיהֱוֵי סָהֲדָךְ:
L'un sera ton adversaire, et deux seront tes témoins.
🪔 Ben Yehoyada (2)
שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים צִוָּה רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי אֶת רַבִּי. הִנֵּה בְּשִׁיטַת רַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל הַנִּדְפָּס מֵחָדָשׁ גָּרֵיס אֶת רַב וְהִיא גִּירְסַהּ הַנְכַווֶּנָּה דְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל נֶחְשָׁב כְּתַלְמִיד לְרַבִּי וְאֵיךְ יֹאמַר עָלָיו לְשׁוֹן צִוָּה וְכֵן בְּהַךְ שְׁלֹשָׁה דְּרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה נָמֵי גָּרֵיס רַב.
Trois choses que Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi a commandées à Rabbi. Dans la methode de Rabbeinou Hananel imprimée à nouveau, on lit " à Rav ", et c'est la version juste : Rabbi Yichmael est compté comme élève de Rabbi ; comment dirait-on à son sujet la tournure " il a commandé ". De même, pour les trois choses de Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda, il lit aussi " Rav ".
אַל תַּעַשׂ מוּם בְּעַצְמְךָ. הִנֵּה לְפִי טַעַם הַמְפֹורָשׁ בָּזֶה שֶׁהוּא 'דְּלָא תֶּהְוֵי לָךְ דִּינָא בַּהֲדֵי תְּלָתָא דְּחַד הָוֵי בַּעַל דִּינָךְ וּתְרֵי הָווּ סָהֲדִיךְ' הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר 'אַל תַּעֲשֶׂה נֶזֶק בְּעַצְמְךָ' וְלֹא שַׁיָּיךְ בָּזֶה לְשׁוֹן מוּם ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד שֶׁהָיָה כָּתוּב בַּתַּלְמוּד בְּכִתְבֵי יָד תֵּיבַת מו " ם שֶׁהִיא רָאשֵׁי תֵּיבוֹת מִקָּח וּמִמְכָּר אוֹ מַשָּׂא וּמַתָּן כִּי כֵן דַּרְכָּם לִכְתֹּוב תֵּיבוֹת אֵלּוּ בְּרָאשֵׁי תֵּיבוֹת 'מו"ם', אַךְ הַמַּעְתִּיקִים הִשְׁמִיטוּ הַנְּקֻודָּה שֶׁלְּמַעְלָה הַמּוֹרֶה עַל רָאשֵׁי תֵּיבוֹת וְכָתְבוּ מוּ"ם בְּלֹא נְקֻודָּה, וְנִמְצָא שֶׁצִּוָּהוּ אַל תַּעַשׂ מַשָּׂא וּמַתָּן אוֹ מֶקַח וּמִמְכָּר בִּלְתִּי אֶמְצָעִי שֶׁהוּא הַסַּרְסוּר דְּשֶׁמָּא יִזְדַּמֵּן בְּאוֹתוֹ מַשָּׂא וּמַתָּן שֶׁעָשִׂיתָ אֵיזֶה תְּבִיעָה לִשְׁלֹשָׁה בְּנֵי אָדָם שֶׁהָיוּ הֵם הַלּוֹקְחִים וְאָז יִהְיוּ שְׁנַיִם עֵדִים וְאֶחָד בַּעַל דִּין וְיִתְבְּעוּ מִמְּךָ מָמוֹן עַל אוֹתוֹ מִקָּח וּמִמְכָּר שֶׁעָשִׂיתָ עִמָּהֶם וְיוֹצִיאוּ מִמְּךָ שֶׁלֹּא כַּדִּין אֲבָל אִם תַּעֲשֶׂה כָּל מִקָּח וּמִמְכָּר בְּאֶמְצָעוּת הַסַּרְסוּר לֹא יוּכְלוּ לַעֲשׂוֹת עִמְּךָ קְנוּנְיָה כָּזוֹ כִּי הַסַּרְסוּר יוֹדֵעַ וּמֵעִיד שֶׁכָּל הַשְּׁלֹשָׁה הֵם בַּעֲלֵי דָּבָר. וּמַה שֶׁאָמַר וְאַל תַּעֲמֹד עַל הַמִּקָּח בְּשָׁעָה שֶׁאֵין לְךָ דָּמִים פֵּירוּשׁ שֶׁתַּעֲמֹוד בְּשָׁעָה שֶׁיֵּשׁ לוֹקֵחַ מְהַפֵּךְ בַּמִּקָּח לִקְנוֹתוֹ וְזֶה הַלּוֹקֵחַ שֶׁרוֹאֶה אוֹתְךָ עוֹמֵד שָׁם חוֹשֵׁב שֶׁאַתָּה רוֹצֶה לִקְנוֹת וּלְכָךְ נוֹתֵן דָּמִים יוֹתֵר כְּדֵי לְמַהֵר גְּמַר הַמִּקָּח לִקְנוֹתוֹ וְנִמְצָא גָּרַמְתָּ לוֹ הֶפְסֵד בְּחִנָּם. אוֹ לְאִידָךְ גִּיסָא שֶׁאַתָּה מַזִּיק לַמּוֹכֵר דְּהָרוֹאִין אוֹתְךָ עָמַדְתָּ עַל הַמִּקָּח וְלֹא קָנִיתָ אֶלָּא חָזַרְתָּ לַאֲחוֹרֶיךָ חוֹשְׁבִין שֶׁבָּאתָ לִקְנוֹת וְרָאִיתָ בַּמִּקָּח אֵיזֶה גֵּרָעוֹן וְחֶסְרוֹן וּלְכָךְ לֹא קָנִיתָ וְאָז גַּם הֵם לֹא יִקְנוּ וְנִמְצָא גָּרַמְתָּ נֶזֶק לְבַעַל הַמִּקָּח.
Ne te fais pas une tare. Selon la raison écrite ici, " que tu n'aies pas de procès avec trois, l'un etant ton adversaire et les deux etant tes témoins ", il aurait fallu dire " ne te cause pas un dommage ", et la tournure " tare " (moum) n'y a pas sa place. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que dans les manuscrits du Talmud le mot était écrit moum avec les marques d'abréviation : ce sont les initiales de mekah u-mimkar (achat et vente), ou de masa u-matan (négociation), car ils ont coutume d'écrire ces mots par les initiales moum. Les copistes ont omis le point d'en haut qui marque les initiales, et ils ont écrit moum sans point. Il se trouve qu'il lui a commandé : ne fais pas de négociation, ni d'achat et de vente, sans un intermédiaire, le sarsur (courtier). Peut-être, dans cette négociation que tu as faite, une réclamation surviendra envers trois hommes qui étaient les acheteurs : alors deux seront témoins et un sera partie, ils te réclameront de l'argent sur cet achat et cette vente faits avec eux, et ils te l'ôteront hors du droit. Si tu fais tout achat et toute vente par le sarsur, ils ne peuvent pas monter avec toi une telle kenounia (collusion) : le sarsur sait, et il temoigne que les trois sont tous parties à l'affaire. Et ce qu'il a dit : ne te tiens pas sur l'achat au moment où tu n'as pas d'argent. Le sens : tu te tiens au moment où un acheteur retourne la marchandise pour l'acheter, et cet acheteur, qui te voit debout là, pense que tu veux acheter ; il donne donc plus d'argent pour hâter la conclusion de l'achat. Tu lui as cause une perte pour rien. Ou dans l'autre sens : tu nuis au vendeur. Ceux qui te voient t'être tenu sur l'achat, puis être revenu en arriere sans acheter, pensent que tu es venu pour acheter et que tu as vu dans la marchandise un défaut et un manque, et que c'est pour cela que tu n'as pas achète. Alors eux non plus n'achètent pas, et tu as cause un dommage au maître de la marchandise.
💡 Explication

Signe mem, qof, chin : moum (tare), mekah (achat), ishtekha (ta femme), à la ligne suivante. Ne te fais pas une tare : pas de din avec trois. Un est l'adversaire (baal din), deux sont témoins. Rachi dit : tes témoins.

Second ordre : ne pas se tenir sur un mekah quand on n'a pas l'argent. Le Ben Yehoayada lit aussi moum comme des initiales d'achat et de vente, et demande un sarsur.

🖼️ Schéma
Procès à trois : une tare pour soiToiTu ouvresle din.Deux témoinsIls témoignentcontre toi.Un adversaireBaal din :ta partie.Un seul fait face à trois. Rachi : les deux sont tes témoins.
Trois en face : un adversaire et deux témoins.
12
אִשְׁתְּךָ טָבְלָה — אַל תִּזָּקֵק לָהּ לַיְלָה הָרִאשׁוֹנָה. אָמַר רַב: וּבְנִדָּה דְּאוֹרָיְיתָא, הוֹאִיל וְהֻוחְזַק מַעְיָן פָּתוּחַ, דִּילְמָא מָשְׁכָה זִיבָה.

Ta femme s'est immergée : ne t'unis pas à elle la première nuit. Rav a dit : et c'est pour une nida de-oraita, puisque la source est présumée ouverte, de peur qu'elle prolonge une ziva.

📜 Rachi (1)
וּבְנִדָּה דְּאוֹרָיְיתָא קֹודֶם שֶׁהֶחְמִירוּ עַל עַצְמָן לֵישֵׁב ז' נְקִיִּים וְטוֹבֶלֶת בַּיּוֹם שֶׁפָּסַק הַמַּעְיָן אַל תִּזָּקֵק בְּאוֹתוֹ לַיְלָה הוֹאִיל וְהַיּוֹם רָאֲתָה וְהֻוחְזַק מַעְיָן פָּתוּחַ דִּילְמָא שָׁפְעָה זִיבָה:
Avant qu'elles aient pris sur elles la rigueur de compter sept jours purs. Elle s'immerge le jour où la source a cessé : ne t'unis pas à elle cette nuit-la. Puisque ce jour-là elle a vu, et que la source est présumée ouverte, de peur qu'elle émette un flux de ziva.
💡 Explication

Troisieme ordre du signe. Après la tevila, on attend la première nuit. Rav limite à une nida de-oraita : le regime de la Torah, avant la rigueur des sept jours purs. Elle peut s'immerger le jour où le sang cesse. Cette nuit-la, on ne s'unit pas.

Raison : le maayan (source) est présumé ouvert, elle a vu ce jour-là. On craint qu'une ziva se prolonge.

🖼️ Schéma
Nida de-oraita : la première nuit après la tevilaLe jourLa source cesse.Elle a vu ce jour-là.La tevilaElle s'immergele jour même.Cette nuitNe pas s'unir.Crainte d'une ziva.Rav : le maayan est présumé ouvert. Rachi : avant les sept jours purs.
Le jour où la source cesse, tevila, et pas d'union cette première nuit.
13
שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים צִוָּה רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אֶת רַבִּי: אַל תֵּצֵא יְחִידִי בַּלַּיְלָה, וְאַל תַּעֲמֹוד בִּפְנֵי הַנֵּר עָרֹום, וְאַל תִּכָּנֵס לְמֶרְחָץ חָדָשׁ, שֶׁמָּא תִּפָּחֵת. עַד כַּמָּה? אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: עַד שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ. וְאַל תַּעֲמֹוד בִּפְנֵי הַנֵּר עָרֹום, דְּתַנְיָא: הָעוֹמֵד בִּפְנֵי הַנֵּר עָרֹום — הָוֵי נִכְפֶּה. וְהַמְשַׁמֵּשׁ מִטָּתוֹ לְאוֹר הַנֵּר — הָוַיִין לוֹ בָּנִים נִכְפִּין.

Trois choses que Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda a commandées à Rabbi : ne sors pas seul la nuit, ne te tiens pas nu devant la lampe, et n'entre pas dans un bain neuf, de peur qu'il s'affaisse. Jusqu'à quand ?

Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : jusqu'à douze mois. Et ne te tiens pas nu devant la lampe, car on a enseigné : celui qui se tient nu devant la lampe devient nikhpe.

Et celui qui s'unit à sa femme à la lumière de la lampe aura des fils nikhpin.

📜 Rachi (1)
שֶׁמָּא תִּפָּחֵת וְתַחְתֶּיהָ חָלָל מָלֵא מַיִם:
Et sous le bain, une cavité pleine d'eau.
🪔 Ben Yehoyada (1)
הַמְשַׁמֵּשׁ מִטָּתוֹ לְאוֹר הַנֵּר, הָוְיָן לוֹ בָּנִים נִכְפִּין. נִרְאֶה כָּל נִכְפִּין וְנִכְפֶּה דְּנָקֵיט כָּאן לָאו נִכְפִּין בְּשֵׁד וְרוּחַ רָעָה אֶלָּא חֹולִי הוּא שֶׁנִּרְאֶה כְּמוֹ נִכְפֶּה שֶׁעוֹשֶׂה לְאָדָם כְּמוֹ עִילּוּף וְטֵירוּף הַדַּעַת וְיֵשׁ חֹולִי שֶׁל רוּחַ הַמִּתְקַשֶּׁה בְּגִידִין הַמָּצוּי בִּקְטַנִּים שֶׁיִּתְעַקְּמוּ קְצָת יְדֵיהֶם וְאֶצְבְּעוֹתֵיהֶם וְגַם זֶה הוּא בִּכְלַל נִכְפֶּה וְהַשֵּׁם יִתְבָּרֵךְ יִשְׁמֹור כָּל עַמּוֹ יִשְׂרָאֵל בְּרַחֲמִים!
Celui qui s'unit à sa femme à la lumière de la lampe aura des fils nikhpin. Il apparaît que tous les nikhpin et le nikhpe pris ici ne sont pas des nikhpin par un shed (démon) et un esprit mauvais. C'est une maladie qui a l'aspect du nikhpe : elle fait à l'homme comme un étourdissement et un trouble de l'esprit. Il y à une maladie de vent qui se durcit dans les tendons, fréquente chez les petits enfants, au point que leurs mains et leurs doigts se tordent un peu. Cela aussi entre dans le nikhpe. Et le Nom béni gardera tout Son peuple Israël dans la miséricorde.
💡 Explication

Trois ordres. Ne pas sortir seul la nuit : la page y revient plus bas, avec Agrat. Bain neuf : de peur qu'il s'affaisse (tifhat). Rachi : une cavité pleine d'eau en dessous. Rabbi Yehochoua ben Levi : le bain reste neuf douze mois.

Nu devant la lampe : on devient nikhpe. L'union à la lumière de la lampe : des fils nikhpin. Le Ben Yehoayada lit ici une maladie, un étourdissement et un trouble, non un shed.

14
תָּנוּ רַבָּנַן: הַמְשַׁמֵּשׁ מִטָּתוֹ עַל מִטָּה שֶׁתִּינוֹק יָשֵׁן עָלֶיהָ — אוֹתוֹ תִּינוֹק נִכְפֶּה. וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלָא הָוֵי בַּר שַׁתָּא, אֲבָל הָוֵי בַּר שַׁתָּא — לֵית לַן בַּהּ. וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּגָנֵי לַהֲדֵי כַּרְעֵיהּ, אֲבָל גָּנֵי לַהֲדֵי רֵישֵׁיהּ — לֵית לַן בַּהּ. וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלָא מַנַּח יְדֵיהּ עִילָּוֵיהּ, אֲבָל מַנַּח יְדֵיהּ עִילָּוֵיהּ — לֵית לַן בַּהּ.

Les rabbins ont enseigne : celui qui s'unit à sa femme sur un lit où un enfant dort, cet enfant devient nikhpe. Et nous n'avons dit cela que s'il n'a pas un an ; mais s'il a un an, nous n'y trouvons pas de difficulté.

Et nous n'avons dit cela que s'il dort en face de ses pieds ; mais s'il dort en face de sa tête, nous n'y trouvons pas de difficulté. Et nous n'avons dit cela que s'il ne pose pas sa main sur lui ; mais s'il pose sa main sur lui, nous n'y trouvons pas de difficulté.

💡 Explication

Baraita sur le tashmish là où un enfant dort. L'enfant devient nikhpe. Trois limites, chacune en " nous n'avons dit cela que si ". Passe un an (bar shata) : plus de crainte. Il dort du côté de la tête, non des pieds : plus de crainte. On pose la main sur lui : plus de crainte.

🖼️ Schéma
Enfant endormi sur le lit de l'unionUnion sur ce lit : l'enfant devient nikhpe.Trois cas où la crainte tombeUn anS'il a déjà un an,pas de difficulté.La têteS'il dort du côtéde la tête.La mainS'il pose la mainsur l'enfant.
Nikhpe, sauf un an révolu, sauf le côté de la tête, sauf la main posée.
15
אַל תֵּצֵא יְחִידִי בַּלַּיְלָה, דְּתַנְיָא: לֹא יֵצֵא יְחִידִי בַּלַּיְלָה, לֹא בְּלֵילֵי רְבִיעִיּוֹת וְלֹא בְּלֵילֵי שַׁבָּתוֹת, מִפְּנֵי שֶׁאָגְרַת בַּת מָחֲלַת, הִיא וּשְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה רִבּוֹא שֶׁל מַלְאֲכֵי חַבָּלָה יוֹצְאִין, וְכָל אֶחָד וְאֶחָד יֵשׁ לוֹ רְשׁוּת לְחַבֵּל בִּפְנֵי עַצְמוֹ.

Ne sors pas seul la nuit, car on a enseigné : que l'on ne sorte pas seul la nuit, ni les nuits du quatrième jour, ni les nuits de chabbat, parce qu'Agrat fille de Mahlat, elle et dix-huit myriades d'anges destructeurs, sortent, et chacun a permission de nuire par lui-même.

💡 Explication

Reprise du premier ordre de Rabbi Yossi. La baraita nomme deux nuits : nuits du quatrième jour (leil revii : la nuit commence la veille au soir) et nuits de chabbat (vendredi soir).

Agrat fille de Mahlat sort avec dix-huit myriades (shemona esre ribo, cent quatre-vingt mille) d'anges destructeurs (malakhei habala). Chacun a permission de nuire seul.

16
מֵעִיקָּרָא הֲווֹ שְׁכִיחִי כֻּולֵּי יוֹמָא. זִמְנָא חֲדָא פְּגַעָה בְּרַבִּי חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא, אָמְרָה לֵיהּ: אִי לָאו דְּמַכְרְזִן עֲלָךְ בְּרָקִיעַ: ״הִזָּהֲרוּ בַּחֲנִינָא וּבְתוֹרָתוֹ״ — סַכַּנְתִּיךְ. אֲמַר לָהּ: אִי חָשֵׁיבְנָא בָּרָקִיעַ, גּוֹזֵר אֲנִי עָלֶיךָ שֶׁלֹּא תַּעֲבוֹרִי בַּיִּישּׁוּב לְעוֹלָם. אָמְרָה לֵיהּ: בְּמָטוּתָא מִינָּךְ, שְׁבֹק לִי רַוְוחָא פֻּורְתָּא. שְׁבַק לַהּ לֵילֵי שַׁבָּתוֹת וְלֵילֵי רְבִיעִיּוֹת.

Au debut, ils étaient fréquents tout le jour. Une fois, elle rencontra Rabbi Hanina ben Dossa.

Elle lui dit : si l'on ne proclamait pas à ton sujet dans le firmament : " Prenez garde à Hanina et à sa Torah ", je t'aurais mis en danger. Il lui dit : si je compte dans le firmament, je décrète sur toi que tu ne passes jamais dans un lieu habité.

Elle lui dit : je t'en prie, laisse-moi un petit espace. Il lui laissa les nuits de chabbat et les nuits du quatrième jour.

💡 Explication

Avant la rencontre, la présence est de tout le jour. Agrat dit la proclamation du rakia : prendre garde à Hanina et à sa Torah. Rabbi Hanina ben Dossa décrète : plus de passage dans un yichouv (lieu habité).

Elle demande un peu d'espace (revaha). Il laisse deux nuits : chabbat et quatrième jour. Ce sont les nuits de la baraita precedente.

17
וְתוּ: חֲדָא זִמְנָא פְּגַעָה בֵּיהּ בְּאַבָּיֵי, אָמְרָה לֵיהּ: אִי לָאו דְּמַכְרְזִי עֲלָךְ בְּרָקִיעַ: ״הִזָּהֲרוּ בְּנַחְמָנִי וּבְתוֹרָתוֹ״ — הֲוָה סַכַּנְתִּיךְ. אֲמַר לָהּ: אִי חָשֵׁיבְנָא בָּרָקִיעַ, גּוֹזְרַנִי עֲלַיְיכִי שֶׁלֹּא תַּעֲבוּרִי בַּייִּשּׁוּב לְעוֹלָם. הָא קָא חָזֵינַן דְּעָבְרָה?! אָמְרִי: הָנֵי

Et encore : une fois, elle rencontra Abaye. Elle lui dit : si l'on ne proclamait pas à ton sujet dans le firmament : " Prenez garde à Nahmani et à sa Torah ", je t'aurais mis en danger.

Il lui dit : si je compte dans le firmament, je décrète sur toi que tu ne passes jamais dans un lieu habité. Or nous voyons qu'elle passe.

On dit : ceux-ci

💡 Explication

Même scene avec Abaye. Dans le firmament il est nomme Nahmani. Son décret ne laisse pas les deux nuits : aucun passage dans le lieu habité.

La guemara objecte : on voit qu'elle passe. La réponse commence par ceux-ci (hanei). La phrase se poursuit au daf suivant.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).