Sougya : Le feuillet ferme une série de conseils de table, puis ouvre le seder. Un signe relie Rabbi Yitshak ben Aha, celui de la shemata, à Rabbi Yitshak ben Pinhas, celui de l'aggada.
Rabbi Yehuda berabbi Ilai, rapporté par Rabbi Yo'hanan, et le proverbe d'Oula en Occident, recommandent un repas simple et une dépense plus large pour l'habitation. La michna fixe l'ordre des bénédictions de la première coupe : Beit Shammai, le jour puis le vin ; Beit Hillel, le vin puis le jour.
La halakha suit Beit Hillel. La michna suivante décrit le premier trempage de hazeret, puis l'apport de la matsa, de la hazeret, du haroset et de deux plats, et le statut du haroset.
Rabbi Yitshak ben Aha de la shemata, c'est Rabbi Yitshak ben Pinhas de l'aggada. Et ton signe : Écoutez donc, mes frères et mes compagnons.
Fin d'une identification. Shemata désigne ici l'enseignement de halakha. Aggada, le recit. Le même amora porte deux noms selon le registre.
Le signe joue sur les sons. Chimou rappelle shemata. Ahai rappelle ben Aha. Rachi : un Rabbi Yitshak cité sans autre nom dans l'aggada est ben Pinhas.
Rava bar bar Hana a dit que Rabbi Yo'hanan a dit au nom de Rabbi Yehuda berabbi Ilai : Mange de l'oignon et demeure à l'ombre, et ne mange pas d'oies ni de poules, et ton cœur te poursuivra. Réduis ton manger et ton boire, et ajoute à ton habitation.
Berabbi Ilai : fils de Rabbi Ilai. Le jeu de mots : batsal, l'oignon, et batsel, à l'ombre. Repas peu coûteux, place agréable. Oies et poules : le cœur poursuit. Rachi : le désir revient à toute heure, selon l'habitude prise.
Deuxième phrase : moins pour le manger et le boire, plus pour l'habitation. Le Ben Yehoyada lit l'ombre des lettres de batsal, nombre de melukha, puis l'habitation comme étages, beit hamidrash, monde qui vient, ou l'épouse, appelée sa maison.
Quand Oula arriva, il dit : On énonce un proverbe en Occident. Celui qui mange de l'alya se cache dans le grenier.
Celui qui mange des légumes se couche sur les détritus de la ville.
Occident : Erets Israël, vu de Babylonie. Le proverbe joue sur les mots. Alita, la queue grasse, et aliyata, le grenier. Kakulei, les légumes, et kiklei, les détritus.
Rachi sur le second membre : il s'assoit là où les gens de la ville s'asseyent, car on ne lui réclame rien. Le Ben Yehoyada propose une lecture du corps, la graisse et le grenier où l'on s'enferme, puis une plaisanterie : les bouchers travaillent près du dépotoir, au bout de la ville.
Michna. On lui a mêlé la première coupe.
Beit Shammai disent : il bénit sur le jour, et ensuite il bénit sur le vin. Et Beit Hillel disent : il bénit sur le vin, et ensuite il bénit sur le jour.
Début du seder. Mêlé : on prépare la coupe, le vin mêle à l'eau. Deux bénédictions. Sur le vin : bore peri ha-gafen. Sur le jour : le kiddush du yom tov. L'ordre seul les sépare.
Rachi : la même règle vaut pour le kiddush fait sur le pain.
Guemara. Les maîtres ont enseigné : les points qui opposent Beit Shammai et Beit Hillel dans le repas.
Beit Shammai disent : il bénit sur le jour, et ensuite il bénit sur le vin, parce que le jour fait venir le vin, et que le jour est déjà sanctifié, alors que le vin n'est pas encore venu.
Baraita. Beit Shammai donnent deux raisons. Le jour fait venir le vin : on apporte la coupe à cause du yom tov. Et le jour est déjà sanctifié, dès la nuit, alors que le vin arrive ensuite.
Et Beit Hillel disent : il bénit sur le vin, et ensuite il bénit sur le jour, parce que le vin fait que le kiddush soit dit. Autre parole : la bénédiction du vin est fréquente, et la bénédiction du jour ne l'est pas.
Le fréquent et ce qui ne l'est pas : le fréquent passe devant. Et la hilkheta suit les paroles de Beit Hillel.
Beit Hillel : le vin fait dire le kiddush. Rachi : sans vin ni pain, il n'y a pas de kiddush. Deuxième parole, la règle du tadir : le fréquent passe devant. La bénédiction du vin se dit souvent. Celle du jour, aux temps fixés.
Hilkheta : on suit Beit Hillel. Le Roch, sur cette michna et la suivante, rapporte Rachbam et Rabbeinou Tam : le premier trempage sans haroset. Rabbeinou Yona : même la première hazeret, car ce trempage n'est qu'une hekhera.
Que signifie : autre parole ? Et si tu dis : là-bas, deux, et ici, une.
Ici aussi, ce sont deux : le fréquent et ce qui ne l'est pas, le fréquent passe devant.
Autre parole. Beit Shammai ont deux raisons. La formule de Beit Hillel en ajoute une seconde, pour le même compte : la règle du tadir, le fréquent passe devant.
Et la halakha suit les paroles de Beit Hillel. C'est évident, puisqu'une bat kol est sortie.
Si tu veux, dis : avant la bat kol.
La baraita répète : la halakha suit Beit Hillel. La Guemara tient la chose pour évidente : une bat kol, une voix du ciel, est déjà sortie pour fixer la halakha selon Beit Hillel. Première réponse : cet enseignement est antérieur à la bat kol.
Et si tu veux, dis : après la bat kol. Et c'est Rabbi Yehochoua, qui a dit : on ne tient pas compte d'une bat kol.
Deuxième réponse : l'enseignement est postérieur à la bat kol, et il suit Rabbi Yehochoua. On ne tient pas compte d'une bat kol. Il faut donc écrire ici que la halakha suit Beit Hillel.
Tossefot confrontent deux proclamations. Beit Hillel sont la majorité, Beit Shammai plus incisifs : on suit leur bat kol. La bat kol de Rabbi Eliezer allait contre la majorité, et elle n'est sortie que pour son honneur. Le mot de Rabbi Yehochoua s'entend pour tout lieu.
Michna. On a apporté devant lui.
Il trempe dans la hazeret, jusqu'à ce qu'il arrive au parperet du pain. On a apporté devant lui de la matsa, de la hazeret, du haroset et deux plats cuits, bien que le haroset ne soit pas une mitsva.
Rabbi Eliezer (ben) Tsadok dit : c'est une mitsva. Et dans le Temple, on apportait devant lui le corps du Pesah.
On a apporté devant lui. Rachi : des légumes. Tossefot suivent Rabbeinou Hananel : la table, qu'on apporte après le kiddush, la hazeret posée dessus. Il trempe dans la hazeret jusqu'àu parperet du pain : le maror mange après la matsa. Le mot dit que la matsa précède le maror.
Le premier trempage est une hekhera : l'enfant voit un légume avant le repas et interroge. On retire la table, puis on la ramène avec la matsa et le maror. Le liquide fait débat. Rachi : s'il n'y a pas d'autre légume, hazeret dans le haroset. Rachbam et Rabbeinou Tam : premier trempage sans haroset, vinaigre ou eau et sel. Rabbeinou Yona, dans le Roch : même la première hazeret reste sans haroset, le souci du kapa vise le trempage de mitsva.
Ensuite : matsa, hazeret, haroset, deux plats. Tanna kamma : le haroset n'est pas une mitsva. Rabbi Eliezer ben Tsadok : il est une mitsva. Tossefot : ce haroset facultatif ne reçoit pas le nom de bitul envers la hazeret, car le maror a été fixé avec ce trempage, à cause du kapa. Au Temple, on apporte le corps du Pesah.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).