Pesachim 114b : deux trempages, kavana, et les deux plats du seder

Pesachim 114b

Sougya : Reish Lakish lit dans les deux trempages de hazeret que les mitsvot exigent une kavana : le premier a lieu avant l'heure du maror, avec bore peri ha-adama, et l'on trempe une seconde fois au nom du maror. La Guemara répond par la hekhera pour les enfants, même quand on n'a que de la hazeret.

Une baraita où l'on s'acquitte sans intention mène à une discussion de tannaïm : Rabbi Yossi appelle le second apport une mitsva. Le daf fixe ensuite les deux plats cuits, du riz de Rav Houna à l'os et au bouillon de Ravina, puis l'ordre des bénédictions selon qu'il y a d'autres légumes ou seulement de la laitue.

Deux trempages de hazeret : d'où vient l'obligation ?Reish Lakish lit une kavana. La Guemara répond par la hekhera.Reish LakishLes mitsvot exigent la kavana.Premier trempage : avant l'heuredu maror. Bore peri ha-adama.Peut-être sans visée du maror.On trempe encore, le-shem maror.Sans kavana exigée,un seul trempage aurait suffi.La Guemara : hekheraSigne pour les enfants.Ils voient, ils interrogent.Même la hazeret seule :deux trempages.Le signe, et le marormangé après la matsa.La michna enseigne ce cas.Baraita : sans intention, on s'acquitte. Rabbi Yossi dit : mitsva.Les tannaïm divergent. Le mot mitsva vise le maror, pas le seul signe.
Reish Lakish : kavana. La Guemara : hekhera pour les enfants. Rabbi Yossi maintient le mot mitsva.
Que sont les deux plats cuits ?Du plus ouvert au plus serré. Tous comptent deux tavshilin.Rav HounaBettes et riz.Rava les cherche,parce que c'est sortide cette bouche.Viande : a fortiori.HizkiyaPoisson et œufposé dessus.On nappe le poissond'œufs.Les deux comptent.Rav YossefDeux viandes.Souvenir du Pesah.Souvenir de la hagigadu quatorze.Les deux, bouillis.RavinaOs et bouillon.Un morceaude viande,et du bouillon.Un seul pot suffit.Le 14 un Chabbat : la hagiga ne repousse pas le jour.Roch : un seul plat. La hagiga de vendredi est passoul avant le seder.Rabbeinou Yitshak : on maintient les deux. Qui les omet, on ne l'avertit pas.
Quatre avis sur les deux plats. Le 14 un Shabbat : un plat selon le Rosh, deux selon Rabbeinou Yitshak.
Quelle bénédiction, et à quel trempage ?Il y a d'autres légumes1. Bore peri ha-adamasur ces légumes. Il mange.2. Al akhilat marorsur la hazeret. Il mange.Rachbam : la premièrebénédiction dispense le marorde bore peri ha-adama.Seulement de la laitueRav Houna1. Bore peri ha-adamasur le maror. Il mange.2. Al akhilat marorà la fin. Il mange.Tossefot : il suitReish Lakish, la kavana.Roch : la halakha suit Rav Hisda, quand il n'y a que le maror.
Autres légumes : bore peri ha-adama, puis al akhilat maror. Laitue seule : Rav Houna, deux bénédictions sur le maror.
1
גְּמָ׳ אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: זֹאת אוֹמֶרֶת מִצְוֹת צְרִיכוֹת כַּוָּונָה. כֵּיוָן דְּלָא בְּעִידָּן חִיּוּבָא דְּמָרוֹר הוּא דְּאָכֵיל לֵיהּ, בְּ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״ הוּא דְּאָכִיל לֵיהּ. וְדִילְמָא לָא אִיכַּווַּן לְמָרוֹר, הִלְכָּךְ בָּעֵי לְמֶהְדַּר לְאַטְבּוֹלֵי לְשֵׁם מָרוֹר. דְּאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ מִצְוָה לָא בָּעֲיָא כַּוָּונָה, לָמָּה לָךְ תְּרֵי טִיבּוּלֵי? וְהָא טַבֵּיל לֵיהּ חֲדָא זִימְנָא!

Guemara. Reish Lakish a dit : cela enseigne que les mitsvot exigent une kavana (intention).

Puisqu'il ne le mange pas au temps de l'obligation du maror, c'est avec bore peri ha-adama qu'il le mange. Et peut-être n'a-t-il pas visé le maror.

Il faut donc revenir tremper au nom du maror. Car si tu penses que la mitsva n'exige pas d'intention, pourquoi te faut-il deux trempages ?

Il l'a déjà trempé une fois !

📜 Rachi (1)
גמ' זֹאת אוֹמֶרֶת מִצְוֹת צְרִיכוֹת כַּוָּנָה מִשּׁוּם הָכִי בָּעֵי תְּרֵי טִיבּוּלֵי שֶׁמָּא לֹא נִתְכַּווֵּן לְשֵׁם מָרוֹר הוֹאִיל וּבֵירַךְ בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה כִּשְׁאָר יְרָקוֹת דְּעָלְמָא:
C'est pour cela qu'il faut deux trempages : peut-être n'a-t-il pas eu l'intention au nom du maror, puisqu'il a béni bore peri ha-adama comme pour les autres légumes du monde.
🗂️ Tossefot (1)
זֹאת אוֹמֶרֶת מִצְוֹת צְרִיכוֹת כַּוָּונָה רֵישׁ לָקִישׁ סָבַר דְּמַתְנִי' סְתָמָא קָתָנֵי וּמַייְרֵי אַפֵּי' יָכוֹל לִמְצוֹא שְׁאַר יְרָקוֹת אֵין לוֹ לִטְרֹוחַ אַחַר שְׁאַר יְרָקוֹת אֶלָּא עוֹשֶׂה שְׁנֵי טִיבּוּלִין בְּמָרוֹר וְהַייְנוּ מִשּׁוּם דְּמִצְוֹת צְרִיכוֹת כַּוָּונָה וְכֵיוָן דְּלָא בְּעִידַּן כו' וּבְבוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה הוּא דְּאָכֵיל לֵיהּ כְּלוֹמַר שֶׁלֹּא בֵּירַךְ עַל אֲכִילַת מָרוֹר וְדִילְמָא לָא אִיכַּווַּן וְדִילְמָא לָאו דַּוְקָא כְּלוֹמַר וַדַּאי לָא אִיכַּווַּן לְמָרוֹר דְּאֵין מִצְוָה אֶלָּא עַד טִיבּוּל שֵׁנִי אַחַר מַצָּה הִלְכָּךְ בָּעֵי לְמֶהְדַּר וְאַטְּבוּלֵי פִּי' וּלְבָרֵךְ עַל אֲכִילַת מָרוֹר וְלָא נְקַט וּבָרוֹכֵי מִשּׁוּם דְּרַב חִסְדָּא אִית לֵיהּ בִּשְׁמַעְתִּין דִּמְבָרֵךְ עַל אֲכִילַת מָרוֹר בְּטִיבּוּל רִאשׁוֹן וְהָא דְּקָאָמַר וּבְבוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה אָכִיל לֵיהּ הַייְנוּ כְּלוֹמַר שֶׁאֵינוֹ אוֹכֵל לְשֵׁם אֲכִילַת מָרוֹר אֶלָּא אֲכָלוֹ לָצֵאת בְּבוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ לָא בָּעֵי כַּוָּונָה אִם כֵּן יָצָא חוֹבַת מָרוֹר בְּטִיבּוּל רִאשׁוֹן אע"ג דְּאָכְלוּ לִפְנֵי מַצָּה וּכְתִיב עַל מַצּוֹת וּמְרֹורִים לָא הָוְיָא עִיכּוּבָא אַמַּאי צָרִיךְ תְּרֵי טִיבּוּלֵי בְּמָרוֹר הֲוָה לֵיהּ לְאַהְדּוֹרֵי אַשְּׁאָר יְרָקוֹת מִשּׁוּם הֶיכֵּירָא בְּטִיבּוּל רִאשׁוֹן וְאַחַר מַצָּה בְּטִיבּוּל שֵׁנִי יֹאכַל מָרוֹר וְהַגְּמָרָא דָּחֵי דִּלְעוֹלָם אֵין צְרִיכוֹת כַּוָּונָה וּמְהַדְּרִינַן אַשְּׁאָר יַרְקֵי מִשּׁוּם הֶיכֵּירָא וּכְדֵי לֶאֱכֹול מָרוֹר אַחַר הַמַּצָּה וּמַתְנִיתִין קמ"ל הֵיכָא דְּלֵיכָּא שְׁאָר יַרְקֵי דְּאַפֵּי' בְּמָרוֹר בָּעֵינַן תְּרֵי טִיבּוּלֵי כְּדֵי לֶאֱכֹול מָרוֹר כְּמִצְוָותוֹ וּמִשּׁוּם הֶיכֵּירָא וְלָא אֲמַרִי' שֶׁלֹּא יֹאכַל מָרוֹר עַד לְבַסּוֹף וְלֹא נָחוּשׁ לְהֶיכֵּירָא:
Reish Lakish estime que la michna enseigne sans préciser, et qu'elle vise même celui qui peut trouver d'autres légumes : il n'a pas à se mettre en peine pour d'autres légumes, il fait les deux trempages dans le maror. Et cela, parce que les mitsvot exigent une intention. Et puisqu'on est hors du temps de l'obligation, et qu'il le mange avec bore peri ha-adama, c'est-à-dire qu'il n'a pas béni al akhilat maror. Et le dilma, peut-être n'a-t-il pas eu l'intention, s'entend ici au sens d'une certitude : il n'a pas eu l'intention pour le maror, car il n'y a de mitsva qu'au second trempage, après la matsa. Il faut donc revenir et tremper, c'est-à-dire aussi bénir al akhilat maror. Et il ne mentionne pas la bénédiction, parce que Rav Hisda, dans notre sujet, tient qu'on bénit al akhilat maror au premier trempage. Et ce qu'il dit, il le mange avec bore peri ha-adama, veut dire qu'il ne le mange pas au nom de la consommation du maror : il le mange pour s'acquitter par bore peri ha-adama. Car si tu penses que l'intention n'est pas exigée, alors il se serait acquitté de l'obligation du maror au premier trempage, bien qu'il l'ait mangé avant la matsa, et qu'il soit écrit al matsot u-merorim : cela ne fait pas obstacle. Pourquoi faut-il deux trempages dans le maror ? Il aurait dû rechercher d'autres légumes, pour la hekhera au premier trempage, et après la matsa, au second trempage, il mangerait le maror. Et la Guemara repousse : en réalité, elles n'exigent pas d'intention, et l'on recherche d'autres légumes pour la hekhera et afin de manger le maror après la matsa. Et la michna nous apprend le cas où il n'y a pas d'autres légumes : même dans le maror, il faut deux trempages, afin de manger le maror selon sa mitsva, et pour la hekhera. Et l'on ne dit pas qu'il attendrait la fin pour manger le maror, en laissant la hekhera.
💡 Explication

Reish Lakish prend les deux trempages de la michna comme preuve. Le maror de mitsva se mange après la matsa. Le premier trempage est donc trop tôt : on ne dit que bore peri ha-adama, la bénédiction des légumes. Faute de kavana, ce trempage ne compte pas. On trempe une seconde fois le-shem maror.

S'il suffisait de manger, le premier trempage aurait déjà tout fait. Tossefot précisent la lecture : la michna, prise telle quelle, vise aussi celui qui a d'autres légumes. On ferait quand même les deux trempages dans le maror, parce que la kavana manque au premier. La Guemara, elle, fera chercher d'autres légumes pour la hekhera, et réservera la michna au cas où l'on n'a que la hazeret.

2
מִמַּאי? דִּילְמָא: לְעוֹלָם מִצְוֹת אֵין צְרִיכוֹת כַּוָּונָה, וּדְקָאָמְרַתְּ תְּרֵי טִיבּוּלֵי לָמָּה לִי? כִּי הֵיכִי דְּלֶיהְוֵי הֶיכֵּירָא לְתִינוֹקוֹת.

D'où le sais-tu ? Peut-être qu'en réalité les mitsvot n'exigent pas d'intention.

Et ce que tu dis : pourquoi me faut-il deux trempages ? Afin qu'il y ait une hekhera (signe distinctif) pour les enfants.

💡 Explication

La preuve ne tient pas encore. Les deux trempages peuvent n'être là que pour la hekhera : un signe que les enfants remarquent. Dans cette lecture, les mitsvot n'exigent pas de kavana, et le premier trempage aurait pu compter pour le maror.

3
וְכִי תֵּימָא: אִם כֵּן לַישְׁמְעִינַן שְׁאָר יְרָקוֹת? אִי אַשְׁמְעִינַן שְׁאָר יְרָקוֹת, הֲוָה אֲמִינָא: הֵיכָא דְּאִיכָּא שְׁאָר יְרָקוֹת הוּא דְּבָעֵינַן תְּרֵי טִיבּוּלֵי, אֲבָל חֲזֶרֶת לְחוֹדֵהּ לָא בָּעֵי תְּרֵי טִיבּוּלֵי, קָמַשְׁמַע לַן דַּאֲפִילּוּ חֲזֶרֶת בָּעֵינַן תְּרֵי טִיבּוּלֵי, כִּי הֵיכִי דְּלֶיהְוֵי בֵּיהּ הֶיכֵּירָא לְתִינוֹקוֹת.

Et si tu dis : s'il en est ainsi, qu'elle nous enseigne d'autres légumes. Si elle nous avait enseigné d'autres légumes, j'aurais dit : c'est lorsqu'il y a d'autres légumes qu'il faut deux trempages, mais la hazeret seule n'exige pas deux trempages.

Elle nous apprend que même pour la hazeret il faut deux trempages, afin qu'il y ait en elle une hekhera pour les enfants.

📜 Rachi (1)
דִּילְמָא הָא קָמַשְׁמַע לַן דְּבָעֵינַן תְּרֵי טִיבּוּלֵי מִשּׁוּם תִּינוֹקוֹת שֶׁיִּשְׁאֲלוּ וְעָבְדִינַן הֶיכֵּירָא טוּבָא:
Peut-être que ceci nous apprend qu'il faut deux trempages : à cause des enfants, pour qu'ils interrogent, et nous faisons une grande hekhera.
💡 Explication

La michna parle de hazeret, pas d'un autre légume. Si elle avait parlé d'autres légumes, on aurait limité le double trempage à ce cas : un légume d'abord, le maror ensuite. La hazeret seule n'aurait demandé qu'un trempage.

Elle enseigne donc que la hazeret elle-même se trempe deux fois, pour la hekhera. Rachi : les enfants interrogent, et l'on multiplie le signe.

4
וְעוֹד תַּנְיָא: אֲכָלָן דְּמַאי — יָצָא. אֲכָלָן בְּלֹא מִתְכַּוֵּין — יָצָא. אֲכָלָן לַחֲצָאִין — יָצָא.

Et de plus, on enseigne dans une baraita : s'il les a mangés en demai, il s'est acquitté. S'il les a mangés sans intention, il s'est acquitté.

S'il les a mangés par moitiés, il s'est acquitté.

📜 Rachi (1)
אֲכָלוֹ לַחֲצָאִין חֲצִי זַיִת בְּפַעַם רִאשׁוֹנָה וַחֲצִי זַיִת בְּפַעַם שְׁנִיָּה וּבְמָרוֹר קָא אַיְירֵי:
Une demi-olive la première fois et une demi-olive la seconde fois. Et il s'agit du maror.
🗂️ Tossefot (2)
אֲכָלָן דְּמַאי יָצָא אֲבָל וַדַּאי לֹא יָצָא אע"ג דְּמַעֲשֵׂר יָרָק דְּרַבָּנָן כִּדְאָמְרִינַן גַּבֵּי מַצָּה בְּכָל שָׁעָה (לְעֵיל פְּסָחִים דַּף לה:) אֲבָל לֹא בְּטֶבֶל וּמוּקִי לָהּ בְּטֶבֶל טָבוּל מִדְּרַבָּנָן וְאִיתַּקַּשׁ מָרוֹר לְמַצָּה וּבִדְמַאי יָצָא נָמֵי בְּמַצָּה מִשּׁוּם דְּאִי בָּעֵי מַפְקִיר נְכָסֶיהָ וַחֲזֵי לֵיהּ וְטַעֲמָא דְּהֶחְמִירוּ בְּוַדַּאי דְּרַבָּנָן דְּטֶבֶל דְּאוֹרָיְיתָא מַפִּיק הָתָם (לְעֵיל פְּסָחִים דַּף לה:) מִלֹּא תֹּאכַל עָלָיו חָמֵץ יָצָא זֶה שֶׁאִיסּוּרוֹ מִשּׁוּם בַּל תֹּאכַל טֶבֶל וְאִיתַּקַּשׁ מַצָּה לְחָמֵץ:
S'il les a mangés en demai, il s'est acquitté. En cas de certitude, il ne s'est pas acquitté, bien que la dîme des légumes soit d'ordre rabbinique, comme on le dit au sujet de la matsa au chapitre Kol sha'a (plus haut, Pesachim 35b) : mais non en tevel, et on l'établit d'un tevel qui n'est tevel que d'ordre rabbinique. Et le maror est rapproché de la matsa. Et en demai, on s'acquitte aussi pour la matsa, parce que, s'il le voulait, il abandonnerait ses biens et elle lui serait apte. Et la raison de la sévérité pour un certain d'ordre rabbinique : un tevel de la Torah, on l'exclut là-bas (plus haut, Pesachim 35b) du verset : tu ne mangeras pas sur lui de hamets. En est exclu celui dont l'interdiction vient de : tu ne mangeras pas de tevel. Et la matsa est rapprochée du hamets.
אֲכָלוֹ בְּלֹא מִתְכַּוֵּין יָצָא קַשְׁיָא לְרֵישׁ לָקִישׁ ואע"ג דְּרֵישׁ לָקִישׁ דָּיֵיק מִמַּתְנִיתִין ע"כ מַתְנִיתִין לָא אַייְרֵי בְּכָל עִנְיָן אֶלָּא בִּדְלֵיכָּא שְׁאַר יְרָקוֹת וְקָא מְשַׁנֵּי תַּנָּאֵי הִיא וְכֵיוָן דְּאִיכָּא תַּנָּא דְּסָבַר כְּרֵישׁ לָקִישׁ דִּיֵּיק שַׁפִּיר רֵישׁ לָקִישׁ מִמַּתְנִיתִין דִּצְרִיכוֹת כַּוָּונָה כִּי מִסְּתָמָא אַייְרֵי בְּכָל עִנְיָן אַפֵּי' אִיכָּא שְׁאַר יְרָקוֹת:
S'il les a mangés sans intention, il s'est acquitté. Difficulté pour Reish Lakish. Et bien que Reish Lakish déduise de la michna, il faut dire que la michna ne traite pas de toute situation, seulement là où il n'y a pas d'autres légumes. Et l'on répond : c'est une discussion de tannaïm. Et puisqu'il y a un tanna qui pense comme Reish Lakish, Reish Lakish déduit correctement de la michna que l'intention est exigée, car, à la prendre telle quelle, elle traite de toute situation, même lorsqu'il y a d'autres légumes.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' תַּנְיָא אֲכָלוֹ דְּמַאי יָצָא אֲכָלוֹ בְּלֹא מִתְכַּוֵּין יָצָא אֲכָלוֹ לַחֲצָאִין יָצָא וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִשְׁהֶא בּוֹ בֵּין אֲכִילָה לַחֲבֶירְתָּהּ יוֹתֵר מִכְּדֵי אֲכִילַת פְּרָס מִשּׁוּם דִּמְבָרֵךְ עַל אֲכִילַת מָרוֹר צָרִיךְ שֶׁיֹּאכַל כַּזַּיִת דְּאֵין אֲכִילָה בְּפָחוֹת מִכְּזַיִת אֲבָל בִּירָקוֹת הָרִאשׁוֹנוֹת שֶׁמְּבָרֵךְ עֲלֵיהֶן בפה"א בְּעָלְמָא וְאֵין מַזְכִּירִין עֲלֵיהֶם אֲכִילָה אֵין צָרִיךְ מֵהֶם כַּזַּיִת. תַּנְיָא ר' יוֹסֵי אוֹמֵר אע"פ שֶׁטִּיבֵּל בַּחֲזֶרֶת מִצְוָה לְהָבִיא לְפָנָיו מַצָּה וַחֲזֶרֶת וַחֲרֹוסֶת וּשְׁנֵי תַבְשִׁילִין מַאי שְׁנֵי תַּבְשִׁילִין א"ר הוּנָא סִילְקָא וְאָרוֹזָא רָבָא מְהַדַּר אַסִּילְקָא וְאָרוֹזָא הוֹאִיל וְנָפֵיק מִפֻּומֵּיהּ דְּרַב הוּנָא חִזְקִיָּה אָמַר אֲפִילּוּ דָּג וּבֵיצָה רַב יוֹסֵף אָמַר צָרִיךְ שְׁנֵי מִינֵי בָּשָׂר אֶחָד זֵכֶר לַפֶּסַח וְאֶחָד זֵכֶר לַחֲגִיגָה וְנִרְאֶה כְּשֶׁחָל פֶּסַח לִהְיוֹת בְּאֶחָד בְּשַׁבָּת שֶׁלֹּא יָבִיא כִּי אִם תַּבְשִׁיל אֶחָד. דְּאֵין חֲגִיגָה בָּא עִם הַפֶּסַח דְּאֵינָהּ דּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת דְּלָא כְּתִיב בָּהּ בְּמוֹעֲדוֹ וְאִם יְבִיאֶנָּה בע"ש תִּיפָּסֵל בְּלִינָה בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת הִלְכָּךְ לֹא יָבִיא תַּבְשִׁיל שֵׁנִי לַחֲגִיגָה מִשּׁוּם מְהֵרָה יִבָּנֶה בֵּית הַמִּקְדָּשׁ וְיֹאמַר אֶשְׁתָּקַד מִי לֹא הֵבֵיאנוּ זֵכֶר לַחֲגִיגָה אע"פ שֶׁחָל לִהְיוֹת אַרְבָּעָה עָשָׂר בְּשַׁבָּת הַשְׁתָּא נָמֵי נָבִיא חֲגִיגָה בְּשַׁבָּת וְכִי הַאי גַּוְונָא חָייְשִׁינַן גַּבֵּי חָדָשׁ בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה דַּף ל.. וה"ר יַעֲקֹב מאורלינ"ש וה"ר יְהוּדָה מקורבי"ל זַ"ל הָיוּ אוֹמְרִים דְּצָרִיךְ שְׁנֵי תַּבְשִׁילִין. דִּכְשֶׁחָל אַרְבָּעָה עָשָׂר לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת מְבִיאִין הַחֲגִיגָה מֵעֶרֶב שַׁבָּת וְאֵינָהּ נִפְסֶלֶת בְּלִינָה בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת. דְּאָמְרִינַן אוֹקֵי לֵילוֹת בַּהֲדֵי יָמִים וְהָוֵי לְהוּ שְׁנֵי לֵילוֹת וְיוֹם אֶחָד כְּנֶגֶד שְׁנֵי יָמִים וְלַיְלָה אֶחָד. וּלְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף קכ:) אָמְרִינַן גַּבֵּי פִּסְחָא ס"ד אָמֵינָא נוֹקֵי לֵילוֹת לְבַהֲדֵי יָמִים אִי לָאו מִיעוּטָא וּלְגַבֵּי חֲגִיגָה דְּלֵיכָּא מִעוּטָא אַמַּאי לָא נֵימָא הָכִי. וְהָא דְּתַנְיָא בְּפֶרֶק אֵלּוּ דְּבָרִים (פְּסָחִים דַּף סט:) אֵימָתַי בָּא עִם הַפֶּסַח בִּזְמַן שֶׁבָּא בְּחוֹל. לָא קְשֵׁי' דִּבְחוֹל בָּא עִם הַפֶּסַח אֲבָל בְּשַׁבָּת אֵינוֹ בָּא עִם הַפֶּסַח אֲבָל בָּא בְּעֶרֶב שַׁבָּת. וְלָא נְהִירָא דְּהָא דְּס"ד אָמֵינָא דְּפֶסַח נוֹקֵי לֵילוֹת לְבַהֲדֵי יָמִים מִשּׁוּם דְּאֵינוֹ נֶאֱכָל בְּיוֹם הַקְרָבָתוֹ דִּכְתִיב בַּלַּיְלָה הַזֶּה הִלְכָּךְ יוֹם הַקְרָבָתוֹ אֵינוֹ מִן הַמִּנְיָן. אֲבָל חֲגִיגָה שֶׁיָּכוֹל לְאוֹכְלָהּ בְּיוֹם הַקְרָבָתָהּ פְּשִׁיטָא דְּיוֹם הַקְרָבָתָהּ מִן הַמִּנְיָן. רָבִינָא אָמַר אֲפִילּוּ גַּרְמָא וּבִישּׁוּלָא:
Guemara. On enseigne dans une baraita : s'il les a mangés en demai, il s'est acquitté ; s'il les a mangés sans intention, il s'est acquitté ; s'il les a mangés par moitiés, il s'est acquitté, à condition qu'il n'attende pas, entre une consommation et la suivante, plus que le temps d'une akhilat peras. Parce qu'il bénit al akhilat maror, il faut qu'il mange un kazayit, car il n'y a pas d'acte de manger en dessous d'un kazayit. Pour les premiers légumes, sur lesquels il bénit seulement bore peri ha-adama, et où l'on ne mentionne pas une consommation, il n'en faut pas un kazayit. On enseigne : Rabbi Yossi dit : bien qu'il ait trempé dans la hazeret, c'est une mitsva d'apporter devant lui de la matsa, de la hazeret, du haroset et deux plats cuits. Que sont les deux plats cuits ? Rav Houna a dit : des bettes et du riz. Rava recherchait des bettes et du riz, puisque cela était sorti de la bouche de Rav Houna. Hizkiya a dit : même un poisson et un œuf. Rav Yossef a dit : il faut deux sortes de viande, l'une en souvenir du Pesah, l'autre en souvenir de la hagiga. Et il apparaît que, lorsque Pesah tombe le premier jour de la semaine, on n'apporte qu'un seul plat cuit. Car la hagiga ne vient pas avec le Pesah : elle ne repousse pas le Chabbat, puisqu'il n'est pas écrit à son sujet be-moado (en son temps fixé). Et si on l'apporte vendredi, elle est passoul par la lina (dépassement du temps de consommation) à la sortie du Chabbat. On n'apporte donc pas un second plat pour la hagiga, à cause de ceci : bientôt le Temple sera rebâti, et l'on dira : l'an passé, n'avons-nous pas apporté un souvenir de la hagiga, bien que le quatorze tombât un Chabbat ? Maintenant aussi nous apporterons une hagiga le Chabbat. Et l'on craint de cette façon au sujet du 'hadach, Roch Hachana 30a. Le Rav Yaakov d'Orléans et le Rav Yehouda de Corbeil, de mémoire bénie, disaient qu'il faut deux plats cuits. Car, lorsque le quatorze tombe un Chabbat, on apporte la hagiga dès vendredi, et elle n'est pas passoul par la lina à la sortie du Chabbat. On dit en effet : aligne les nuits sur les jours, et l'on a deux nuits et un jour en regard de deux jours et une nuit. Et plus loin (Pesachim 120b), on dit au sujet du Pesah : on aurait pu dire : aligne les nuits sur les jours, s'il n'y avait un miout (une restriction du verset). Et pour la hagiga, où il n'y a pas de miout, pourquoi ne dirait-on pas de même ? Et ce qu'enseigne la baraita au chapitre Elou devarim (Pesachim 69b) : quand vient-elle avec le Pesah ? Au temps où il vient en semaine. On lève la difficulté : en semaine, elle vient avec le Pesah ; le Chabbat, elle ne vient pas avec le Pesah, elle vient vendredi. Cette lecture ne convient pas. Car ce qu'on aurait pu dire pour le Pesah, aligner les nuits sur les jours, vient de ce qu'il n'est pas mangé le jour de son offrande, puisqu'il est écrit : cette nuit-là. Le jour de son offrande n'entre donc pas dans le compte. Pour la hagiga, que l'on peut manger le jour de son offrande, il est évident que le jour de son offrande entre dans le compte. Ravina a dit : même un os et le bouillon.
💡 Explication

Trois cas où l'on s'acquitte du maror. Le demai : un doute sur la dîme. Sans intention : le point qui pèse sur Reish Lakish. Par moitiés : Rachi, un demi-kazayit, puis un autre. Tossefot : le tevel certain, même rabbinique, ne permet pas de sortir, le maror étant rapproché de la matsa. Le demai reste recevable : il pourrait abandonner ses biens.

Le Roch ajoute la mesure. Al akhilat maror demande un kazayit. Les premiers légumes, où l'on ne dit pas le mot akhila, n'en demandent pas. Il reprend ensuite les deux plats. Quand Pesah tombe dimanche, le 14 est Chabbat : un seul plat, car la hagiga apportée vendredi est passoul par la lina avant le seder. Orléans et Corbeil comptent deux nuits et un jour. Le Roch : ce compte vaut pour le Pesah, que l'on ne mange pas le jour de l'offrande. Pour la hagiga, ce jour entre dans le délai.

🖼️ Schéma
Hagiga de vendredi, quand le 14 est ChabbatLe seder tombe la nuit du 15, à la sortie du Chabbat.Vendredi 13Jour de l'offrandeOn pourrait l'apporterNuitVendredi soirDans le délaiChabbat 14Deuxième jourFin du compte RochNuit du 15SederLina, selon le RochRochLe jour de l'offrande compte.Vendredi, la nuit, Chabbat :le délai est clos.Passoul avant le seder.Orléans et CorbeilDeux nuits et un jourvalent deux jours et une nuit.La hagiga de vendreditient jusqu'au seder.
Vendredi 13, nuit, Chabbat : le Roch clôt le délai avant le seder. Orléans et Corbeil le tiennent ouvert.
5
וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִשְׁהֶא בֵּין אֲכִילָה לַחֲבֶירְתָּהּ יוֹתֵר מִכְּדֵי אֲכִילַת פְּרָס!

À condition qu'il n'attende pas, entre une consommation et la suivante, plus que le temps d'une akhilat peras.

💡 Explication

La réserve porte sur les moitiés. Deux demi-kazayit se joignent s'ils tiennent dans le temps d'une akhilat peras, le temps de manger un demi-pain. Au-delà de ce délai, ils ne se joignent plus.

6
תַּנָּאֵי הִיא. דְּתַנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אַף עַל פִּי שֶׁטִּיבֵּל בַּחֲזֶרֶת — מִצְוָה לְהָבִיא לְפָנָיו חֲזֶרֶת וַחֲרֹוסֶת וּשְׁנֵי תַבְשִׁילִין.

C'est une discussion de tannaïm. Car on enseigne : Rabbi Yossi dit : bien qu'il ait trempé dans la hazeret, c'est une mitsva d'apporter devant lui de la hazeret, du haroset et deux plats cuits.

📜 Rachi (1)
תַּנָּאֵי הִיא דְּהַאי תַּנָּא לֵית לֵיהּ צְרִיכוֹת כַּווָּנָה וְר' יוֹסֵי אִית לֵיהּ צְרִיכוֹת כַּוָּונָה:
Ce tanna ne tient pas que les mitsvot exigent une intention, et Rabbi Yossi tient qu'elles exigent une intention.
💡 Explication

Tannaïm. Le tanna de la baraita, celui qui s'acquitte sans intention, ne demande pas la kavana. Rabbi Yossi la demande : même après un premier trempage de hazeret, on apporte à nouveau hazeret, haroset et deux plats. Rachi aligne les deux : l'un dispense de kavana, l'autre l'exige.

7
וְאַכַּתִּי מִמַּאי? דִּילְמָא קָסָבַר רַבִּי יוֹסֵי מִצְוֹת אֵין צְרִיכוֹת כַּוָּונָה, וְהַאי דְּבָעֵינַן תְּרֵי טִיבּוּלֵי כִּי הֵיכִי דְּתִיהְוֵי הֶיכֵּירָא לְתִינוֹקוֹת. אִם כֵּן, מַאי ״מִצְוָה״?!

Et encore, d'où le sais-tu ? Peut-être Rabbi Yossi estime-t-il que les mitsvot n'exigent pas d'intention, et que les deux trempages sont exigés afin qu'il y ait une hekhera pour les enfants.

S'il en est ainsi, que vient faire le mot mitsva ?

💡 Explication

Dernière échappatoire : Rabbi Yossi aussi ne parlerait que de hekhera. La Guemara s'arrête au mot mitsva. Un signe pour les enfants ne reçoit pas ce nom. Le mot vise l'obligation du maror : le premier trempage ne l'a pas remplie.

🖼️ Schéma
Pourquoi Rabbi Yossi dit-il mitsva ?Hekhera seuleUn signe pour les enfants.Le mot mitsvan'aurait pas de place.Rabbi YossiMitsva = le maror.Le premier trempagen'a pas rempli l'obligation.On apporte à nouveau hazeret, haroset et deux plats.
Hekhera seule : le mot mitsva est de trop. Rabbi Yossi : le second apport est l'obligation du maror.
8
מַאי שְׁנֵי תַּבְשִׁילִין? אָמַר רַב הוּנָא: סִילְקָא וַאֲרוּזָא. רָבָא הֲוָה מְיהַדַּר אַסִּילְקָא וְאָרוֹזָא הוֹאִיל וְנָפֵיק מִפֻּומֵּיהּ דְּרַב הוּנָא.

Que sont les deux plats cuits ? Rav Houna a dit : des bettes (silka) et du riz (orez).

Rava recherchait des bettes et du riz, puisque cela était sorti de la bouche de Rav Houna.

🗂️ Tossefot (1)
סִילְקָא וַאֲרוּזָא וכ"ש שְׁנֵי מִינֵי בָּשָׂר:
Des bettes et du riz. À plus forte raison, deux sortes de viande.
💡 Explication

Les deux tavshilin de la michna. Rav Houna donne des bettes et du riz. Rava les recherche, parce que la formule est sortie de la bouche de Rav Houna. Tossefot : deux sortes de viande entrent à plus forte raison. Bettes et riz sont un cas, pas une liste close.

9
אָמַר רַב אַשִּׁי: שְׁמַע מִינַּהּ דְּרַב הוּנָא, לֵית דְּחָייֵשׁ לְהָא דְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי. דְּתַנְיָא, רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי אוֹמֵר: אֹורֶז מִין דָּגָן הוּא וְחַיָּיבִין עַל חִימּוּצוֹ כָּרֵת, וְאָדָם יוֹצֵא בּוֹ יְדֵי חוֹבָתוֹ בַּפֶּסַח.

Rav Ashi a dit : apprends-en, de Rav Houna, que personne ne se soucie de cet enseignement de Rabbi Yo'hanan ben Nouri. Car on enseigne : Rabbi Yo'hanan ben Nouri dit : le riz est une espèce de dagan (céréale), on est passible de karet pour son hamets, et un homme s'en acquitte de son obligation à Pesah.

📜 Rachi (1)
ש"מ מִדְּקָאָמַר רַב הוּנָא דִּמְבַשְּׁלִין אֹורֶז בְּפֶסַח וְלָא חָיֵישׁ לְחִימּוּץ לֵית דְּחָשׁ לַהּ לִדְרַבִּי יוֹחָנָן:
Apprends-en : de ce que Rav Houna dit qu'on cuit du riz à Pesah et qu'il ne se soucie pas du hamets, personne ne se soucie de l'enseignement de Rabbi Yo'hanan.
🗂️ Tossefot (1)
לֵית דְּחָשׁ לָהּ לְדָר' יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי וְטַעֲמָא דְּאֵינוֹ בָּא לִידֵי חִימּוּץ אֶלָּא לִידֵי סֵרָחוֹן בְּפֶ' כָּל שָׁעָה (לְעֵיל פְּסָחִים דַּף לה.):
Personne ne se soucie de l'enseignement de Rabbi Yo'hanan ben Nouri. Et la raison : il aboutit à la pourriture (serahon), au chapitre Kol sha'a (plus haut, Pesachim 35a).
💡 Explication

Rav Ashi tire une halakha de côté. Cuire du riz le soir de Pesah suppose qu'il ne lève pas. Rabbi Yo'hanan ben Nouri en fait un dagan : hamets passible de karet, et matsa valable pour l'obligation. Personne ne se règle sur lui.

Tossefot renvoient à Pesachim 35a : le riz va à la pourriture, le hamets ne s'y forme pas.

🖼️ Schéma
Rav Ashi : le riz de Rav Houna tranche un avisRav HounaOn cuit du riz à Pesah.Il ne craint pas le hamets.Donc personne ne suitl'avis que voici.Rabbi Yo'hanan ben NouriLe riz est un dagan.Son hamets : karet.On en sort la matsa de Pesah.Tossefot : le riz aboutit à la pourriture (serahon). Pesachim 35a.
Rav Houna cuit le riz à Pesah. L'avis de Rabbi Yo'hanan ben Nouri, riz égal au dagan, reste sans suite.
10
חִזְקִיָּה אָמַר: אֲפִילּוּ דָּג וּבֵיצָה שֶׁעָלָיו. רַב יוֹסֵף אָמַר: צָרִיךְ שְׁנֵי מִינֵי בָשָׂר, אֶחָד זֵכֶר לְפֶסַח, וְאֶחָד זֵכֶר לַחֲגִיגָה. רָבִינָא אָמַר: אֲפִילּוּ גְּרָמָא וּבִישּׁוּלָא.

Hizkiya a dit : même un poisson et l'œuf qui est dessus. Rav Yossef a dit : il faut deux sortes de viande, l'une en souvenir du Pesah, l'autre en souvenir de la hagiga.

Ravina a dit : même un os et le bouillon.

📜 Rachi (3)
אֲפִילּוּ דָּג וּבֵיצָה שֶׁעָלָיו שֶׁהָיוּ רְגִילִין לְהָטִיחַ אֶת הַדָּג בְּבֵיצִים:
Ils avaient coutume de napper le poisson avec des œufs.
וְאֶחָד זָכַר לַחֲגִיגַת אַרְבָּעָה עָשָׂר:
Et l'autre, en souvenir : de la hagiga du quatorze.
גְּרָמָא וּבִישּׁוּלָא חֲתִיכַת בָּשָׂר וּמִן הַמָּרָק:
Un morceau de viande, et une part du bouillon.
🗂️ Tossefot (2)
שְׁנֵי מִינֵי בָּשָׂר פֵּירוּשׁ רַ"ח צָלִי זֵכֶר לְפֶסַח וּמְבֻושָּׁל זֵכֶר לַחֲגִיגָה וְלָא נְהִירָא דְּקַייְמָא לָן כְּבֶן תֵּימָא (לְעֵיל פְּסָחִים דַּף ע.) דְּאֵין חֲגִיגָה נֶאֱכֶלֶת אֶלָּא צָלִי דְּמַתְנִיתִין אָתְיָא כְּוָותֵיהּ לְכָךְ נִרְאֶה דְּתַרְוַיְיהוּ מְבֻושָּׁלִין וְכֵן מַשְׁמַע לְשׁוֹן תַּבְשִׁילִין:
Deux sortes de viande. Explication de Rabbeinou Hananel : un rôti en souvenir du Pesah, et un bouilli en souvenir de la hagiga. Cette lecture ne convient pas, car nous tenons comme Ben Tema (plus haut, Pesachim 70a) : la hagiga ne se mange que rôtie, et la michna vient selon lui. Il apparaît donc que les deux sont bouillis, et le mot tavshilin (plats cuits) le laisse entendre.
אֶחָד זֵכֶר לַפֶּסַח וְאֶחָד לַחֲגִיגָה כְּשֶׁחָל י"ד לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת אֵין צָרִיךְ רַק בִּישּׁוּל אֶחָד דַּחֲגִיגַת י"ד אֵינָהּ דּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת וּמִיהוּ אוֹמֵר רִ"י דְּמ"מ אֵין לְחַלֵּק דְּדָמֵי לְחוֹבָה אִם הָיִינוּ מַנִּיחִים מִלַּעֲשׂוֹת שְׁנֵי תַּבְשִׁילִין וְגַם יֵשׁ לָחוּשׁ שֶׁמָּא לֹא יַעֲשׂוּ בִּשְׁאָר פְּסָחִים וְאֵין שׁוּם חֲשָׁשׁ אִם אָנוּ עוֹשִׂין אע"ג דְּלָא צָרִיךְ דְּלֵיכָּא לְמִיחַשׁ שֶׁמָּא יִבָּנֶה בֵּית הַמִּקְדָּשׁ וְיֹאמְרוּ אֶשְׁתָּקַד עָשִׂינוּ זֵכֶר לַחֲגִיגָה בְּשַׁבָּת וְהָשְׁתָּא נָמֵי נַקְרִיבֶהָ בְּשַׁבָּת דְּהַקְרָבָה מְסוּרָה לִזְרִיזִין וּכְשֶׁיִּבָּנֶה מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן יְהֵא עִמָּנוּ וְלֵיכָּא לְמִיטְעֵי אַךְ הַבָּא לְהַנִּיחַ מִלַּעֲשׂוֹת שְׁנֵי תַּבְשִׁילִין אֵין מַזְהִירִין אוֹתוֹ:
L'un en souvenir du Pesah, l'autre en souvenir de la hagiga. Lorsque le quatorze tombe un Chabbat, un seul plat cuit suffit, car la hagiga du quatorze ne repousse pas le Chabbat. Toutefois Rabbeinou Yitshak dit : on ne fait pas de distinction pour autant, car cela prendrait l'aspect d'une obligation si nous omettions de faire les deux plats cuits. Et il y a aussi à craindre qu'on ne les fasse pas les autres Pesah. Et il n'y a aucun souci si nous les faisons, bien que ce ne soit pas requis : on n'a pas à craindre que le Temple soit rebâti et que l'on dise : l'an passé nous avons fait un souvenir de la hagiga un Chabbat, et maintenant aussi nous l'offrirons un Chabbat. Car l'offrande est confiée aux zerizin (gens empressés), et quand il sera rebâti, Moché et Aharon seront avec nous, et il n'y a pas d'erreur à craindre. Mais celui qui vient à omettre les deux plats cuits, on ne l'avertit pas.
💡 Explication

Trois lectures après Rav Houna. Hizkiya : le poisson et l'œuf qui le nappe font déjà deux plats. Rav Yossef exige deux viandes, souvenir du Pesah et de la hagiga du 14. Ravina : l'os et le bouillon d'une même cuisson. Rachi : un morceau de viande, et du bouillon.

Tossefot écartent le couple rôti et bouilli de Rabbeinou Hananel. On tient comme Ben Tema : la hagiga se mange rôtie. Les deux souvenirs sont donc des plats bouillis, comme le dit le mot tavshilin. Quand le 14 est Chabbat, un plat suffirait. Rabbeinou Yitshak maintient les deux toute l'année, pour ne pas installer l'omission. L'offrande future reste aux zerizin, avec Moché et Aharon. Qui omet, on le laisse.

🖼️ Schéma
Le 14 tombe un Chabbat : combien de plats au seder ?Le casUn seul plat cuit.La hagiga du 14ne repousse pasle Chabbat.Rabbeinou YitshakOn fait les deux.L'omission prendraitfigure d'obligation.On omettrait ailleurs.Le TemplePas de crainte.L'offrande est auxzerizin.Moché et Aharonseront là.Celui qui omet les deux plats : on ne l'avertit pas.
14 un Chabbat : un plat suffirait. Rabbeinou Yitshak garde les deux. On n'avertit pas celui qui omet.
11
פְּשִׁיטָא, הֵיכָא דְּאִיכָּא שְׁאָר יְרָקוֹת, מְבָרֵךְ אַשְּׁאָר יְרָקוֹת ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״ וְאָכִיל, וַהֲדַר מְבָרֵךְ ״עַל אֲכִילַת מָרוֹר״ וְאָכִיל.

C'est évident : là où il y a d'autres légumes, il bénit sur les autres légumes bore peri ha-adama et il mange, puis il bénit al akhilat maror et il mange.

📜 Rachi (1)
פְּשִׁיטָא הֵיכָא דְּאִיכָּא שְׁאָר יַרְקֵי מְבָרֵךְ מֵעִיקָּרָא אַיַּרְקֵי בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה דְּאָסוּר לֵיהָנוֹת מִן הָעוֹלָם בְּלֹא בְּרָכָה וְכֵיוָן דְּיֵשׁ לוֹ שְׁאַר יְרָקוֹת הָכִי שַׁפִּיר טְפֵי שֶׁיְּבָרֵךְ בפה"א עַל הַיְּרָקוֹת תְּחִלָּה דְּהַיְינוּ בְּרָכָה הָרְאוּיָה לָהֶם וְיִפְטֹור אֶת הַמָּרוֹר הַבָּא אַחֲרָיו מִבִּרְכַּת בפה"א וְאַחַ"כּ יְבָרֵךְ עַל הַחְזָרַת עַל אֲכִילַת מָרוֹר:
C'est évident, là où il y a d'autres légumes : il bénit d'abord sur les légumes bore peri ha-adama, car il est interdit de tirer jouissance du monde sans bénédiction. Et puisqu'il a d'autres légumes, il convient mieux qu'il bénisse bore peri ha-adama sur les légumes d'abord, car c'est la bénédiction qui leur convient, et qu'il dispense le maror qui vient après de la bénédiction bore peri ha-adama. Ensuite il bénira sur la hazeret al akhilat maror.
⚖️ Rosh (1)
פְּשִׁיטָא הֵיכָא דְּאִיכָּא שְׁאָר יַרְקֵי מְבָרֵךְ בְּרֵישָׁא בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה וְאָכֵיל וְכִי מְטָא לַחֲזֶרֶת מְבָרֵךְ עַל אֲכִילַת מָרוֹר וְאָכֵיל. וּפִי' רַשְׁבָּ"ם וְאֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה לְפִי שֶׁנִּפְטַר בַּבְּרָכָה שֶׁבֵּירַךְ עַל הַיְּרָקוֹת. וְלָא נְהִירָא דְּהָא אַסַּח דַּעְתָּא בְּאַגַּדְתָּא וְהַלֵּילָא דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף קטו:) הַנּוֹטֵל יָדָיו בְּטִיבּוּל רִאשׁוֹן צָרִיךְ שֶׁיִּטֹּול יָדָיו בְּטִיבּוּל שֵׁנִי מִשּׁוּם דְּאַסַּח דַּעְתֵּיהּ בְּאַגַּדְתָּא וְהַלֵּילָא. וּמַה שֶׁאֵין מְבָרְכִין בפה"א עַל הַמָּרוֹר הַיְינוּ מִשּׁוּם דִּכְתִיב עַל מַצּוֹת וּמְרֹורִים יֹאכְלֻוהוּ וְחוֹבָה הוּא לְהָבִיא מָרוֹר אַחַר מַצָּה הִלְכָּךְ הֲוָה כִּדְבָרִים הַבָּאִים בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה שֶׁאֵין טְעוּנִין בְּרָכָה לֹא לִפְנֵיהֶם וְלֹא לְאַחֲרֵיהֶם. תֵּדַע לָךְ דְּהָא קָרֵי לֵיהּ בְּמָתְנֵי' פַּרְפֶּרֶת הַפַּת דְּקָתָנֵי בְּמָתְנֵי' עַד שֶׁמַּגִּיעַ לְפַרְפֶּרֶת הַפַּת וְהַיְינוּ חֲזֶרֶת שֶׁמֵּבִיא אַחַר הַפַּת. וְתַנָּא בִּכְיָצָד מְבָרְכִין דַּף מב. בֵּירַךְ עַל הַפַּת פָּטַר אֶת הַפַּרְפֶּרֶת. וְנִרְאֶה לִי דְּלָא קָשֶׁה לְפִי' רַשְׁבָּ"ם דִּנְהִי דְּאַגַּדְתָּא וְהַלֵּילָא הָוֵי הֶיסַּח הַדֶּעַח לְעִנְיַן נְטִילָה הַיְינוּ מִשּׁוּם דִּילְמָא אַסַּח דַּעְתֵּיהּ וְנָגַע בִּמְקוֹם הַטִּנֹּופֶת דְּיָדַיִם עַסְקָנִיּוֹת הֵן אֲבָל לְעִנְיַן אֲכִילָה כֵּיוָן שֶׁבֵּירֵךְ בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה עַל הַיְּרָקוֹת וַחֲזָרַת לְפָנָיו וְדַעְתּוֹ לֶאֱכֹול מִמֶּנּוּ לָאו נִמְלַךְ הוּא וְאֵין כָּאן לֹא הֶיסַּח הַדַּעַת וְלֹא שִׁינּוּי מָקוֹם שֶׁיְּהֵא צָרִיךְ לְבָרֵךְ שֶׁהֲרֵי חֲבֵרִים שֶׁעָקְרוּ רַגְלָם לֵילֵךְ לְבֵית הַכְּנֶסֶת אוֹ לְבֵית הַמִּדְרָשׁ לְעֵיל (פְּסָחִים דַּף קב.) אַף עַל פִּי שֶׁהִתְפַּלְּלוּ וְשִׁינּוּ מְקוֹמָם אִם הִנִּיחוּ שָׁם מִקְצָת חַבְרֵיהֶם לָא הָוֵי הֶיסַּח הַדַּעַת כָּל שֶׁכֵּן הָכָא שֶׁיּוֹשֵׁב בִּמְקוֹמוֹ אע"פ שֶׁקּוֹרֵא הַהַגָּדָה לָא הָוֵי הֶיסַּח הַדַּעַת. אֲבָל הֵיכָא דְּלֵיכָּא שְׁאָר יַרְקֵי מַאי אָמַר רַב הוּנָא מְבָרֵךְ בְּרֵישָׁא אַמָּרוֹר בפה"א וְאָכִיל וְכִי מָטֵי אַחֲזֶרֶת מְבָרֵךְ עַל אֲכִילַת מָרוֹר. א"ל רַב חִסְדָּא לְאַחַר שֶׁמִּילֵּא כְּרֵיסוֹ מִמֶּנּוּ חוֹזֵר וּמְבָרֵךְ עַל אֲכִילַת מָרוֹר אֶלָּא אָמַר רַב חִסְדָּא מְבָרֵךְ בְּרֵישָׁא בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה וְעַל אֲכִילַת מָרוֹר וְאָכֵיל וּלְבַסּוֹף אָכֵיל בְּלֹא בְּרָכָה. וְהִלְכְתָא כְּרַב חִסְדָּא וְאַמַּאי מְטַבֵּל תְּרֵי זִימְנֵי כְּדֵי שֶׁיִּרְאוּ הַתִּינוֹקוֹת וְיִשְׁאֲלוּ. רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא מְהַדַּר אַשְּׁאָר יַרְקֵי לְאַפּוֹקֵי נַפְשֵׁיהּ מִפְּלֻוגְתָּא.
C'est évident : là où il y a d'autres légumes, il bénit d'abord bore peri ha-adama et il mange, et lorsqu'il arrive à la hazeret il bénit al akhilat maror et il mange. Rachbam explique : il n'a pas à bénir bore peri ha-adama, puisqu'il en est quitte par la bénédiction qu'il a dite sur les légumes. Cette lecture ne convient pas, car il y a eu heseh ha-daat par la Haggada et le Hallel, comme on le dit plus loin (Pesachim 115b) : celui qui se lave les mains au premier trempage doit se laver les mains au second trempage, parce qu'il a détourné son attention par la Haggada et le Hallel. Et si l'on ne bénit pas bore peri ha-adama sur le maror, c'est qu'il est écrit : sur les matsot et les merorim ils le mangeront, et c'est une obligation d'apporter le maror après la matsa. Il est donc comme les choses qui viennent au cours du repas du fait du repas, lesquelles n'exigent de bénédiction ni avant elles ni après elles. Voici un appui : la michna l'appelle parperet ha-pat, puisqu'elle enseigne : jusqu'à ce qu'il arrive au parperet du pain, et c'est la hazeret que l'on apporte après le pain. Et le tanna enseigne au chapitre Keitsad mevarkhin (Berakhot 42a) : s'il a béni sur le pain, il a dispensé le parperet. Et il me semble que cela ne fait pas difficulté pour l'explication de Rachbam. Certes, la Haggada et le Hallel font heseh ha-daat pour le lavage des mains : c'est que peut-être il a détourné son attention et touché un endroit souillé, les mains étant askaniyot. Pour la consommation : puisqu'il a béni bore peri ha-adama sur les légumes, que la hazeret est devant lui et qu'il a l'intention d'en manger, il n'est pas nimlakh. Il n'y a ici ni heseh ha-daat ni changement de lieu qui obligerait à bénir. Car les compagnons qui ont quitté leur place pour aller à la synagogue ou au beit ha-midrach, plus haut (Pesachim 102a), bien qu'ils aient prié et changé de lieu, s'ils y ont laissé une partie de leurs compagnons, il n'y a pas de heseh ha-daat. À plus forte raison ici, où il reste assis à sa place : bien qu'il lise la Haggada, il n'y a pas de heseh ha-daat. Là où il n'y a pas d'autres légumes, que dit-on ? Rav Houna a dit : il bénit d'abord sur le maror bore peri ha-adama et il mange, et lorsqu'il arrive à la hazeret il bénit al akhilat maror. Rav Hisda lui a dit : après qu'il s'est rempli le ventre, il revient et bénit al akhilat maror ? Rav Hisda a dit : il bénit d'abord bore peri ha-adama et al akhilat maror, et il mange, et à la fin il mange sans bénédiction. Et la halakha suit Rav Hisda. Et pourquoi trempe-t-il deux fois ? Afin que les enfants voient et interrogent. Rav Aha fils de Rava recherchait d'autres légumes, pour retirer sa personne du débat.
💡 Explication

Cas clair : il y a d'autres légumes. Premier trempage, bore peri ha-adama sur eux. Second trempage, al akhilat maror sur la hazeret. Rachi : la bénédiction propre aux légumes passe d'abord, et elle dispense le maror qui suit.

Le Roch rapporte Rachbam : on ne redit pas bore peri ha-adama. Une objection invoque le heseh ha-daat de la Haggada et du Hallel, comme pour la netila. Le Roch distingue. Pour les mains, le risque est le contact, les mains sont askaniyot. Pour l'akhilat, la hazeret était déjà dans l'intention : pas de nimlakh, pas de heseh. Il poursuit jusqu'à la laitue seule : la halakha suit Rav Hisda, les deux bénédictions au début, le second trempage sans bénédiction, pour que les enfants interrogent. Rav Aha fils de Rava cherche d'autres légumes, et sort ainsi du débat.

🖼️ Schéma
Haggada et Hallel : y a-t-il heseh ha-daat ?Netilat yadayimOui : on se lave encoreau second trempage.Les mains sont askaniyot.Elles touchent peut-êtreun endroit souillé.Akhila, selon le RochLa hazeret était devant lui.L'intention de la mangerétait déjà là.Pas de nimlakh.Rachbam se maintient.Compagnons partis prier : s'il en reste, pas de heseh.À plus forte raison celui qui reste assis et lit la Haggada.
Netila : la Haggada fait heseh ha-daat. Akhila : la hazeret était déjà visée, Rachbam se maintient.
12
הֵיכָא דְּלֵיכָּא אֶלָּא חַסָּא, מַאי? אָמַר רַב הוּנָא: מְבָרֵךְ מֵעִיקָּרָא אַמָּרוֹר ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״ וְאָכִיל, וּלְבַסּוֹף מְבָרֵךְ עָלֶיהָ ״עַל אֲכִילַת מָרוֹר״ וְאָכִיל.

Là où il n'y a que de la laitue (hassa), que fait-on ? Rav Houna a dit : il bénit d'abord sur le maror bore peri ha-adama et il mange, et à la fin il bénit sur elle al akhilat maror et il mange.

🗂️ Tossefot (1)
אָמַר רַב הוּנָא מְבָרֵךְ כו' רַב הוּנָא סָבַר כְּרֵישׁ לָקִישׁ דְּבָעֵי כַּוָּונָה וְאַפֵּי' אִית לֵיהּ שְׁאַר יְרָקוֹת עֲבִיד בְּמָרוֹר שְׁנֵי טִיבּוּלֵי:
Rav Houna pense comme Reish Lakish : l'intention est exigée, et même s'il a d'autres légumes, il fait avec le maror deux trempages.
💡 Explication

Plus que la laitue : pas d'autre légume pour porter bore peri ha-adama. Rav Houna la dit d'abord sur le maror, il mange, puis, à la fin, al akhilat maror, et il mange encore. Tossefot : cet ordre suit Reish Lakish. La kavana est exigée, et les deux trempages se font dans le maror même quand d'autres légumes sont là.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).