Sougya : Le feuillet tranche les bénédictions quand on n'a que de la laitue : la halakha suit Rav Hisda, les deux bénédictions au premier trempage, le second sans bénédiction. Rav Aha fils de Rava cherche d'autres légumes, et sa pratique rejoint l'avis commun aux deux maîtres.
On n'enveloppe pas d'abord la matsa, deoraita, avec le maror, derabbanan : le degré moindre annule le plus fort. Hillel enveloppait au Temple ; ses collègues acquittent aussi chacun à part ; la halakha n'étant pas fixée, on mange la matsa, puis le maror, puis les deux ensemble sans bénédiction, en souvenir du Temple.
Tout aliment trempé dans un liquide exige le lavage des mains.
Rav Hisda objecte : après qu'il s'est rempli le ventre de cette laitue, il revient et bénit sur elle ? Rav Hisda a dit : d'abord il bénit sur elle bore peri ha-adama et al akhilat maror, et il mange, et à la fin il mange la laitue (hassa) sans bénédiction.
Suite du cas où l'on n'a que de la laitue. Rav Houna, au feuillet précédent, dit bore peri ha-adama au premier trempage, et al akhilat maror au second, après la matsa.
Rav Hisda place les deux bénédictions au premier trempage. Une bénédiction nouvelle, une fois le ventre rempli, ne lui convient pas. Le second trempage reste, sans bénédiction : Rachi, il faut deux trempages, la hekhera pour les enfants.
Tossefot : Rav Hisda exige aussi la kavana, comme Reish Lakish. La bénédiction du premier trempage couvre le second, sur le modèle du chofar : on bénit assis, et elle vaut pour les tekiot debout.
En Syrie, on pratique comme Rav Houna, et Rav Chechet fils de Rav Yehochoua pratique comme Rav Hisda. Et la halakha suit Rav Hisda.
Rav Aha fils de Rava recherchait d'autres légumes, pour retirer sa personne du débat.
Trois pratiques. En Syrie, on suit Rav Houna. Rav Chechet fils de Rav Yehochoua suit Rav Hisda. La halakha est fixée comme Rav Hisda.
Rav Aha fils de Rava cherche d'autres légumes. Dans ce cas, le feuillet précédent : bore peri ha-adama sur eux, puis al akhilat maror sur la hazeret. Les deux maîtres s'y retrouvent. Il retire ainsi sa personne du débat.
Ravina a dit : Rav Mesharshia fils de Rav Natan m'a dit : ainsi a dit Hillel au nom de la tradition (guemara) : qu'un homme n'enveloppe pas matsa et maror ensemble pour les manger, parce que nous tenons que la matsa, de nos jours, est deoraita (de la Torah), et le maror derabbanan (d'ordre rabbinique), et le maror derabbanan vient et annule la matsa deoraita.
De nos jours, la matsa reste deoraita. Le maror, sans le korban Pesah, est derabbanan. Les envelopper ensemble : le derabbanan annule le goût de la matsa, dit Rachi.
Le Roch lit ici Rav Hillel, un amora, au nom d'une tradition. Hillel l'Ancien, plus bas, enveloppait au temps du Temple. Tossefot : les épices d'une matsa assaisonnée sont en trop petite quantité pour annuler.
Et même selon celui qui dit : les mitsvot ne s'annulent pas l'une l'autre, ces paroles ne valent que deoraita avec deoraita, ou derabbanan avec derabbanan. Deoraita et derabbanan : le derabbanan vient et annule le deoraita.
La règle les mitsvot ne s'annulent pas l'une l'autre joue à degré égal : Torah avec Torah, ou rabbinique avec rabbinique.
Dès que les degrés diffèrent, le derabbanan annule le deoraita. C'est le motif pour manger la matsa et le maror chacun à part, avant le korekh.
Quel est le tanna dont tu as entendu que les mitsvot ne s'annulent pas l'une l'autre ? C'est Hillel.
Car on enseigne : on a dit de Hillel qu'il les enveloppait en une seule fois et les mangeait, car il est dit : sur les matsot et les merorim ils le mangeront.
Le tanna de la règle est Hillel. Au temps du Temple, il enveloppait d'un seul geste le Pesah, la matsa et le maror, dit Rachi.
Le verset, Bamidbar 9, 11 : sur les matsot et les merorim ils le mangeront. Hillel le lit comme un seul acte. Les trois étaient alors de la Torah, même degré.
Rabbi Yo'hanan a dit : ses collègues divergent de Hillel. Car on enseigne : on pourrait croire qu'il les enveloppe en une seule fois et les mange comme Hillel les mange.
Le verset enseigne : sur les matsot et les merorim ils le mangeront, même celui-ci à part et celui-là à part. Rav Ashi objecte : s'il en est ainsi, que vient faire le mot afilou (même) ?
Rabbi Yo'hanan : les collègues de Hillel divergent. Première lecture de la baraita : on pourrait croire qu'il faut envelopper comme Hillel. Le verset enseigne qu'on s'acquitte aussi chacun à part.
Rav Ashi s'arrête sur afilou, le mot même. Ce mot ajoute le cas séparé, et laisse l'enveloppement en place. La suite donne la lecture qu'il retient.
Rav Ashi a dit : voici ce que ce tanna enseigne : on pourrait croire qu'il ne s'acquitte par eux que s'il les enveloppe en une seule fois et les mange comme Hillel les mange. Le verset enseigne : sur les matsot et les merorim ils le mangeront, même celui-ci à part et celui-là à part.
Rav Ashi relit la baraita. On aurait pu croire qu'on ne s'acquitte que par l'enveloppement de Hillel. Le verset : même chacun à part, on s'acquitte. L'enveloppement reste valable.
Tossefot : les Sages acquittent les deux manières. Hillel exige l'enveloppement lekhat'hila, et après coup on sort d'obligation même sans lui. De là, hors de ce verset, des mitsvot de degrés différents s'annulent.
Maintenant que la halakha n'a été dite ni comme Hillel ni comme les Sages, il bénit al akhilat matsa et il mange, puis il bénit al akhilat maror et il mange, puis il mange matsa et laitue ensemble, sans bénédiction, en souvenir du Temple, comme Hillel.
La halakha n'a été fixée ni comme Hillel ni comme les Sages. L'ordre retenu a trois temps : bénédiction et matsa seule, bénédiction et maror seul, puis les deux ensemble, sans bénédiction, souvenir du Temple, comme Hillel. Rachi : au temps où l'on mangeait le Pesah.
Tossefot donne le motif des deux premiers temps. Envelopper d'abord : le maror derabbanan annule la matsa deoraita. Ne manger le maror que dans le korekh : la matsa de reshut annule le maror derabbanan. Chacun est donc mangé seul, au rang de son obligation.
Rabbi Elazar a dit que Rav Ochaya a dit : tout ce dont le trempage est dans un liquide exige le lavage des mains. Rav Pappa a dit : apprends-en, au sujet de cette laitue (hassa).
Rabbi Elazar au nom de Rav Ochaya : tout aliment trempé dans un liquide exige la netila, le lavage des mains. Rachi : les mains sont sheniyot, au second degré. Ce qui rend la terouma passoul rend le liquide impur, et ce liquide devient tchila, premier degré.
Rav Pappa commence : apprends-en, au sujet de cette laitue. La phrase continue au feuillet suivant. Le Roch, sur sa leçon, enchaîne : ne pas laisser le maror séjourner dans le haroset, afin de garder le goût amer, et laver encore les mains au second trempage, à cause de la Haggada et du Hallel.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).