Pesachim 116b : les trois paroles, le Hallel, l'aveugle

Pesachim 116b

Sougya : La michna de Rabban Gamliel, ouverte au feuillet precedent, exige trois paroles : le Pessa'h, la matsa et le maror, chacune avec sa raison. Dans chaque génération, on se voit sorti d'Égypte, et de là suit le devoir de louange.

Beit Chammaï et Beit Hillel limitent le Hallel ; Rabbi Tarfon et Rabbi Akiva divergent sur la clôture, et la halakha suit Rabbi Akiva. Rava fixe la phrase à dire et ce qu'il faut soulever.

Rav Aha bar Yaakov dispense l'aveugle par le mot zeh ; la sougya écarte cette gezera chava, avec la pratique de Rav Yossef et de Rav Chechet.

Rabban Gamliel : trois paroles, sinon on n'est pas quitteTexte du daf. Le Roch donne pour la matsa la raison de la pâte.Pessa'hLe Lieu a passéau-dessus des maisonsde nos pères en Égypte.On dit et on montre :Pessa'h zeh,ce Pessa'h que nous mangeons.Verset : zevah Pessa'h.MatsaParce que nos pèresont été délivrésd'Égypte.Hekech avec le Pessa'h :matsa zou,cette matsa.Verset : ils cuisent la pâte.MarorLes Égyptiens ontrendu amère la viede nos pères.Même formule :maror zeh,ce maror.Verset : ils ont aigri leur vie.Roch : la matsa, parce que la pâte n'a pas eu le temps de lever.Chez lui, le maror vient avant la matsa. Halakha comme Rabbi Akiva.
Pessah, matsa, maror : la raison dite sur le daf, et la formule que Tossefot font dire en montrant. Le Rosh retient pour la matsa la pâte qui n'a pas levé.
Jusqu'où le Hallel, et comment on clôtBeit ChammaïJusqu'à em ha-banim semeha.Fin du psaume 113.Roch : jusqu'à be-tset Yisrael.Beit HillelJusqu'à halamichle-maayeno mayim.Fin du psaume 114.Rabbi TarfonQui nous a délivréset a délivré nos pères.Pas de clôture Baroukh :il ne dit qu'une hodaa.Rabbi AkivaDemande : les fêtes à venir,la ville, le service, les offrandes.Il clôt : Baroukh,gaal Israël. Halakha.Chema et Hallelgaal Israëlqui a délivré.Kiddouch : be-mitsvotav,à la troisième personne.Prièregoel Israëlqui délivre. Rahamei.be-mitsvoteikha,à la deuxième personne.
Beit Chammaï s'arrête à la fin du psaume 113, Beit Hillel à la fin du 114. Rabbi Tarfon ne clôt pas. Rabbi Akiva clôt, et la halakha est comme lui. Rosh : gaal pour le Chema et le Hallel, goel pour la prière.
L'aveugle et la HaggadaRav Aha bar Yaakov : l'aveugle est patour.Gezera chava : baavour zeh / bnenou zeh. Le zeh exclut qui ne peut pas montrer.Maremar : Rav Yossef et Rav Chechet disent eux-mêmes la Haggada.Rachi : ils étaient me'orei einayim, aveugles.Piste écartéeMatsa de nos jours : derabbanan.Même alors : ke-ein deoraita.La règle vaut pour eux aussiRav Yossef et Rav Chechetcalquent aussi sur la Tora.Conclusion : la gezera chava ne tient pasLà-bas, bnenou zeh remplace bnenou hou : le mot exclut l'aveugle.Ici, baavour zeh vise la matsa et le maror.L'aveugle dit la Haggada.
Rav Aha dispense l'aveugle par zeh. Rav Yossef et Rav Chechet, aveugles, disent la Haggada. La gezera chava tombe : baavour zeh vise la matsa et le maror.
1
שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים אֵלּוּ בַּפֶּסַח לֹא יָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ, וְאֵלּוּ הֵן: פֶּסַח, מַצָּה, וּמָרוֹר. פֶּסַח — עַל שׁוּם שֶׁפָּסַח הַמָּקוֹם עַל בָּתֵּי אֲבוֹתֵינוּ בְּמִצְרַיִם, [שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַאֲמַרְתֶּם זֶבַח פֶּסַח הוּא לַה׳ אֲשֶׁר פָּסַח וְגוֹ׳״].

Ces trois choses à Pessa'h, il n'est pas quitte de son obligation. Les voici : le Pessa'h, la matsa et le maror.

Le Pessa'h, parce que le Lieu a passé au-dessus des maisons de nos pères en Égypte, comme il est dit : Vous direz : c'est le sacrifice de Pessa'h pour Hachem, qui a passé, etc.

🗂️ Tossefot (1)
וַאֲמַרְתֶּם זֶבַח פֶּסַח הוּא פִּי' בַּאֲמִירָה שֶׁצָּרִיךְ לוֹמַר פֶּסַח זֶה שֶׁאָנוּ אוֹכְלִין וְאִיתַּקַּשׁ מַצָּה וּמָרוֹר לְפֶסַח וצ"ל נָמֵי מַצָּה זוֹ מָרוּ' זֶה:
Vous direz : c'est le sacrifice de Pessa'h. Explication : dans la parole, il faut dire : ce Pessa'h que nous mangeons. La matsa et le maror sont rapproches du Pessa'h par une hekech, et il faut dire aussi : cette matsa, ce maror.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' רַבָּן גַּמְלִיאֵל הָיָה אוֹמֵר מִי שֶׁלֹּא אָמַר שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים אֵלּוּ בַּפֶּסַח לֹא יָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ וְאֵלּוּ הֵן פֶּסַח מַצָּה וּמָרוֹר פֶּסַח שֶׁאָכְלוּ אֲבוֹתֵינוּ עַל שׁוּם מָה עַל שׁוּם שֶׁפָּסַח הַמָּקוֹם עַל בָּתֵּי אֲבוֹתֵינוּ בְּמִצְרַיִם שְׁנָא' וַאֲמַרְתֶּם זֶבַח פֶּסַח הוּא לַה' וְגוֹ'. מָרוֹר עַל שׁוּם מָה עַל שׁוּם שֶׁמֵּרְרוּ הַמִּצְרִיִּים אֶת חַיֵּי אֲבוֹתֵינוּ בְּמִצְרַיִם שֶׁנֶּאֱמַר וַיְמָרְרוּ אֶת חַיֵּיהֶם בַּעֲבֹודָה קָשָׁה. מַצָּה עַל שׁוּם מָה עַל שׁוּם שֶׁלֹּא הִסְפִּיק בְּצֶקֶת אֲבוֹתֵינוּ לְהַחֲמִיץ עַד שֶׁנִּגְלָה עֲלֵיהֶם מֶלֶךְ מַלְכֵי הַמְּלָכִים הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא וּגְאָלָם שֶׁנֶּאֱמַר וַיֹּאפוּ אֶת הַבָּצֵק וְגוֹ' לְפִיכָךְ אֲנַחְנוּ חַיָּיבִין לְהוֹדוֹת לְהַלֵּל לְשַׁבֵּחַ וּלְפָאֵר וּלְבָרֵךְ וּלְרוֹמֵם לְעַלֵּה וּלְקַלֵּס לְמִי שֶׁעָשָׂה לַאֲבוֹתֵינוּ וְלָנוּ אֶת כָּל הַנִּסִּים הָאֵלּוּ הוֹצִיאָנוּ מֵעַבְדוּת לְחֵרוּת מִיָּגוֹן לְשִׂמְחָה וּמֵאֵבֶל לְיוֹם טוֹב וּמֵאֲפֵילָה לְאוֹר גָּדוֹל וְנֹאמַר לְפָנָיו הַלְלוּיָהּ. עַד הֵיכָן הוּא אוֹמֵר ב"ש אוֹמְרִים עַד בְּצֵאת יִשְׂרָאֵל מִמִּצְרָיִם וב"ה אוֹמְרִים עַד חַלָּמִישׁ לְמַעְיְנוֹ מָיִם וְחוֹתֵם בִּגְאֻולָּה רַבִּי טַרְפוֹן אוֹמֵר אֲשֶׁר גְּאָלָנוּ וְגָאַל אֶת אֲבוֹתֵינוּ מִמִּצְרַיִם וְהִגִּיעָנוּ הַלַּיְלָה הַזֶּה לֶאֱכֹול בּוֹ מַצָּה מָרוֹר וְאֵינוֹ חוֹתֵם רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר כֵּן ה' אֱ-לֹהֵינוּ יַגִּיעֵנוּ לְמוֹעֲדִים וְלִרְגָלִים אֲחֵרִים הַבָּאִים לִקְרָאתֵינוּ לְשָׁלוֹם שְׂמֵחִים בְּבִנְיַן עִירֶךָ וְשָׂשִׂים בַּעֲבוֹדָתֶךְ וְנֹאכַל שָׁם מִן הַזְּבָחִים וּמִן הַפְּסָחִים אֲשֶׁר יַגִּיעַ דָּמָם עַל קִיר מִזְבַּחֲךָ לְרָצוֹן וְנוֹדֶה לְךָ שִׁיר חָדָשׁ עַל גְּאֻולָּתֵנוּ וְעַל פְּדוּת נַפְשֵׁנוּ בָּרוּךְ אַתָּה ה' גָּאַל יִשְׂרָאֵל וקי"ל כְּרַבִּי עֲקִיבָא.
Michna. Rabban Gamliel avait coutume de dire : quiconque n'a pas dit ces trois choses à Pessa'h n'est pas quitte de son obligation. Les voici : le Pessa'h, la matsa et le maror. Le Pessa'h que nos pères ont mangé, à cause de quoi ? Parce que le Lieu a passé au-dessus des maisons de nos pères en Égypte, comme il est dit : Vous direz : c'est le sacrifice de Pessa'h pour Hachem, etc. Le maror, à cause de quoi ? Parce que les Égyptiens ont rendu amère la vie de nos pères en Égypte, comme il est dit : Ils ont rendu leur vie amère par un dur travail. La matsa, à cause de quoi ? Parce que la pâte de nos pères n'a pas eu le temps de lever, jusqu'à ce que se révèle sur eux le Roi des rois des rois, le Saint, béni soit-Il, et qu'Il les délivre, comme il est dit : Ils ont fait cuire la pâte, etc. C'est pourquoi nous sommes tenus de remercier, de louer, de glorifier, de célébrer, de bénir, d'exalter, d'élever et d'acclamer Celui qui a fait pour nos pères et pour nous tous ces miracles. Il nous a fait sortir de la servitude vers la liberté, du chagrin vers la joie, du deuil vers un jour de fête, et de l'obscurité vers une grande lumière. Et nous dirons devant Lui : Hallelouya. Jusqu'où dit-il ? Beit Chammaï disent : jusqu'à Quand Israël sortit d'Égypte. Beit Hillel disent : jusqu'à le silex en source d'eau. Et il conclut par la délivrance. Rabbi Tarfon dit : qui nous a délivrés et a délivré nos pères d'Égypte, et nous a fait parvenir cette nuit pour y manger de la matsa et du maror, et il ne conclut pas. Rabbi Akiva dit : Ainsi, Hachem notre D.ieu, fais-nous parvenir aux fêtes et aux pèlerinages qui viennent à notre rencontre dans la paix, joyeux de la construction de Ta ville et heureux dans Ton service. Et nous mangerons là des zevahim et des pesahim dont le sang parviendra sur le mur de Ton autel pour être agréé. Et nous Te rendrons grâce d'un chant nouveau pour notre délivrance et pour le rachat de notre personne. Béni sois-Tu, Hachem, qui a délivré Israël. Et la halakha est fixée comme Rabbi Akiva.
💡 Explication

La michna continue le feuillet precedent. Qui n'a pas dit ces trois choses n'est pas yotse (quitte de son obligation). Chaque chose se dit avec sa raison, al choum.

Le Pessa'h : le Lieu a passé au-dessus des maisons. Tossefot : on montre et l'on dit Pessa'h zeh, ce Pessa'h que nous mangeons. La matsa et le maror suivent par hekech : matsa zou, maror zeh.

Le Roch écrit la michna au long. Pour la matsa, il retient la raison de la Haggada : la pâte n'a pas eu le temps de lever. Le segment suivant, sur ce daf, dit : parce que nos pères ont été délivrés. Chez le Roch, le maror vient avant la matsa. Il fixe la halakha comme Rabbi Akiva pour la clôture.

🖼️ Schéma
Rabban Gamliel : trois paroles, sinon on n'est pas quitteTexte du daf. Le Roch donne pour la matsa la raison de la pâte.Pessa'hLe Lieu a passéau-dessus des maisonsde nos pères en Égypte.On dit et on montre :Pessa'h zeh,ce Pessa'h que nous mangeons.Verset : zevah Pessa'h.MatsaParce que nos pèresont été délivrésd'Égypte.Hekech avec le Pessa'h :matsa zou,cette matsa.Verset : ils cuisent la pâte.MarorLes Égyptiens ontrendu amère la viede nos pères.Même formule :maror zeh,ce maror.Verset : ils ont aigri leur vie.Roch : la matsa, parce que la pâte n'a pas eu le temps de lever.Chez lui, le maror vient avant la matsa. Halakha comme Rabbi Akiva.
Les trois paroles, la raison du daf, et ce que l'on montre en le disant.
2
מַצָּה — עַל שׁוּם שֶׁנִּגְאֲלוּ אֲבוֹתֵינוּ מִמִּצְרַיִם, [שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאפוּ אֶת הַבָּצֵק אֲשֶׁר הוֹצִיאוּ מִמִּצְרַיִם וְגוֹ׳״]. מָרוֹר — עַל שׁוּם שֶׁמֵּרְרוּ הַמִּצְרִיִּים אֶת חַיֵּי אֲבוֹתֵינוּ בְּמִצְרַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: [״וַיְמָרְרוּ אֶת חַיֵּיהֶם וְגוֹ׳״].

La matsa, parce que nos pères ont été délivrés d'Égypte, comme il est dit : Ils ont fait cuire la pâte qu'ils avaient sortie d'Égypte, etc. Le maror, parce que les Égyptiens ont rendu amère la vie de nos pères en Égypte, comme il est dit : Ils ont rendu leur vie amère, etc.

💡 Explication

Deux raisons encore. La matsa : nos pères ont été délivrés. Le verset est la cuisson de la pâte sortie d'Égypte. Le maror : les Égyptiens ont rendu la vie amère.

Le Roch, sur le segment precedent, formule la matsa autrement : la pâte n'a pas eu le temps de devenir hamets, jusqu'à ce que le Saint, béni soit-Il, se révèle et les délivre.

3
בְּכָל דּוֹר וָדוֹר חַייָּב אָדָם לִרְאוֹת אֶת עַצְמוֹ כְּאִילּוּ הוּא יָצָא מִמִּצְרַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהִגַּדְתָּ לְבִנְךָ בַּיּוֹם הַהוּא לֵאמֹר בַּעֲבוּר זֶה עָשָׂה ה׳ לִי בְּצֵאתִי מִמִּצְרָיִם״.

Dans chaque génération, un homme est tenu de se voir comme s'il était sorti d'Égypte, comme il est dit : Tu raconteras à ton fils en ce jour-là, en disant : c'est à cause de ceci que Hachem a fait pour moi, lorsque je suis sorti d'Égypte.

💡 Explication

Le devoir de la nuit : se voir soi-même sorti d'Égypte. Le verset dit li, pour moi, et be-tseti, quand je suis sorti. Le récit se dit à la première personne.

4
לְפִיכָךְ אֲנַחְנוּ חַייָּבִים לְהוֹדוֹת, לְהַלֵּל, לְשַׁבֵּחַ, לְפָאֵר, לְרוֹמֵם, לְהַדֵּר, לְבָרֵךְ, לְעַלֵּה וּלְקַלֵּס לְמִי שֶׁעָשָׂה לַאֲבוֹתֵינוּ וְלָנוּ אֶת כָּל הַנִּסִּים הָאֵלּוּ. הוֹצִיאָנוּ מֵעַבְדוּת לְחֵרוּת, מִיָּגוֹן לְשִׂמְחָה, וּמֵאֵבֶל לְיוֹם טוֹב, וּמֵאֲפֵלָה לְאוֹר גָּדוֹל, וּמִשִּׁעְבּוּד לִגְאוּלָּה. וְנֶאֱמַר לְפָנָיו הַלְלוּיָהּ.

C'est pourquoi nous sommes tenus de remercier, de louer, de glorifier, de célébrer, d'exalter, d'honorer, de bénir, d'élever et d'acclamer Celui qui a fait pour nos pères et pour nous tous ces miracles. Il nous a fait sortir de la servitude vers la liberté, du chagrin vers la joie, du deuil vers un jour de fête, de l'obscurité vers une grande lumière, et de l'asservissement vers la délivrance.

Et nous dirons devant Lui : Hallelouya.

🗂️ Tossefot (2)
לְפִיכָךְ אֲנַחְנוּ כו' י"א שֶׁבַע הוֹדָאוֹת וְלֹא יוֹתֵר כְּנֶגֶד ז' רְקִיעִים:
C'est pourquoi nous, etc. Certains disent : sept actions de grâce, et pas davantage, en regard des sept firmaments.
ה"ג וְנֶאֱמַר לְפָנָיו שִׁירָה חֲדָשָׁה וְכֵן נוֹדֶה לְךָ שִׁיר חָדָשׁ עַל גְּאֻולָּתֵנוּ דְּהָכִי תַּנְיָא בִּמְכִילְתָּא כָּל הַשִּׁירוֹת לְשׁוֹן נְקֵבָה חוּץ מִשִּׁירָה דִּלְעָתִיד דִּלְשׁוֹן זָכָר כְּלוֹמַר שֶׁהַנְּקֵבָה יֵשׁ לָהּ צַעַר לֵידָה אַף כָּל הַנִּסִּים יֵשׁ אַחֲרֵיהֶם צַעַר חוּץ מִלְּעַתֵּיד שֶׁאֵין אַחֲרֶיהָ צַעַר וְכֵן יָסַד הַפַּייָּט בְּזוּלַת אִי פַּתְרוֹס שִׁירוֹת אֵלֶּה לְשׁוֹן נְקֵבָה מְיֻוסָּדִים כִּי תְּשׁוּעָתָם כַּיּוֹלֵדָה וְגוֹ' תֹּוקֶף שִׁיר אַחֲרוֹן כִּזְכָרִים לֹא יוֹלְדִים שִׁירוּ לַה' שִׁיר חָדָשׁ כו' וְגָרְסִינַן שָׁם מִן הַזְּבָחִים וּמִן הַפְּסָחִים שֶׁחֲגִיגַת אַרְבָּעָה עָשָׂר נֶאֱכֶלֶת קֹודֶם לְפֶסַח לְפִי שֶׁהַפֶּסַח נֶאֱכָל עַל הַשֹּׂובַע:
Voici la leçon : Et nous dirons devant Lui un chant nouveau. De même : nous Te rendrons grâce d'un chant nouveau pour notre délivrance. Car ainsi enseigne une baraïta dans la Mekhilta : tous les chants sont au féminin, sauf le chant de l'avenir, qui est au masculin. C'est-à-dire : la femme a la douleur de l'enfantement ; de même, tous les miracles sont suivis d'une douleur, sauf celui de l'avenir, après lequel il n'y a pas de douleur. Ainsi le paytan a composé, dans le zulat de Ei Petros : ces chants sont fondés au féminin, car leur salut est comme celle qui enfante, etc. La vigueur du dernier chant est comme des mâles qui n'enfantent pas : Chantez à Hachem un chant nouveau, etc. Et l'on lit là : des zevahim et des pesahim, car la hagiga du quatorze se mange avant le Pessa'h, puisque le Pessa'h se mange al ha-sova (sur la satiété).
💡 Explication

Du pour moi suit le devoir de louange. Neuf verbes : remercier, louer, glorifier, célébrer, exalter, honorer, bénir, élever, acclamer. Puis cinq passages, de la servitude à la délivrance.

Tossefot : certains ne comptent que sept actions de grâce, face aux sept firmaments. Ils lisent aussi chira hadacha, un chant nouveau. La Mekhilta : les chants passés sont au féminin (chira), le chant de l'avenir au masculin (chir). Les miracles passés sont suivis d'une douleur, à la manière de l'enfantement. Le salut à venir n'est suivi d'aucune douleur.

Même glose : on lit des zevahim et des pesahim. La hagiga du 14 nissan se mange avant le Pessa'h. Le Pessa'h se mange al ha-sova, quand on est déjà rassasié.

🖼️ Schéma
Cinq passages, puis HallelouyaServitudeLibertéChagrinJoieDeuilJour de fêteObscuritéGrande lumièreAsservissementDélivrancevers
Les cinq passages qui ouvrent le devoir de louange, jusqu'au Hallelouya.
5
עַד הֵיכָן הוּא אוֹמֵר? בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: עַד ״אִם הַבָּנִים שִׂמְחָה״. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: עַד ״חַלָּמִישׁ לְמַעְיְנוֹ מַיִם״. וְחוֹתֵם בַּגְּאֻולָּה. רַבִּי טִרְפוֹן אוֹמֵר: אֲשֶׁר גְּאָלָנוּ וְגָאַל אֶת אֲבוֹתֵינוּ מִמִּצְרַיִם, וְלֹא הָיָה חוֹתֵם.

Jusqu'où dit-il ? Beit Chammaï disent : jusqu'à La mère des enfants est dans la joie.

Beit Hillel disent : jusqu'à Le silex en source d'eau. Et il conclut par la délivrance.

Rabbi Tarfon dit : qui nous a délivrés et a délivré nos pères d'Égypte, et il ne concluait pas.

🗂️ Tossefot (1)
וְחוֹתֵם בַּגְּאֻולָּה ת"ק לֹא פִּי' כֵּיצַד וּפְלִיגִי בְּמִילְּתֵיהּ ר"ט ור"ע ר' טִרְפוֹן אֵינוֹ חוֹתֵם בְּבָרוּךְ שֶׁלֹּא הָיָה מַאֲרִיךְ בְּדִבְרֵי בַּקָּשָׁה וְלֹא הָיָה אוֹמֵר אֶלָּא הוֹדָאָה ור"ע סָבַר דְּחוֹתֵם בָּהּ בְּבָרוּךְ לְפִי שֶׁמַּאֲרִיךְ בְּדִבְרֵי בַּקָּשָׁה וְאוֹמֵר כֵּן ה' אֱ-לֹהֵינוּ יַגִּיעֵנוּ כו' וקי"ל (עֵירוּבִין דַּף מו:) הֲלָכָה כְּר' עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ וְכֵן מָצִינוּ בְּסַנְהֶדְרִין (דַּף כא.) גַּבֵּי לֹא יַרְבֶּה לוֹ נָשִׁים וּבְרֵישׁ חֶזְקַת הַבָּתִּים (ב"ב דַּף כֹּח.) דִּפְלִיגִי תַּנָּאֵי בְּמִילְּתֵיהּ דְּתַנָּא קַמָּא:
Et il conclut par la délivrance. Le premier tanna n'a pas expliqué de quelle manière. Rabbi Tarfon et Rabbi Akiva divergent sur ses paroles. Rabbi Tarfon ne conclut pas par Baroukh : il n'allongeait pas en paroles de demande, il ne disait qu'une hodaa (action de grâce). Rabbi Akiva estime qu'on conclut par Baroukh, parce qu'il allonge en paroles de demande, et il dit : Ainsi, Hachem notre D.ieu, fais-nous parvenir, etc. Et nous tenons (Erouvin 46b) : la halakha est comme Rabbi Akiva contre son collègue. On trouve de même à Sanhédrin (21a), au sujet de Il ne multipliera pas de femmes, et au début de Hezkat ha-batim (Bava Batra 28a), que des tannaïm divergent sur les paroles du premier tanna.
💡 Explication

Le Hallel de la nuit s'arrête au milieu. Beit Chammaï : jusqu'à em ha-banim semeha, fin du psaume 113. Beit Hillel : jusqu'à halamich le-maayeno mayim, fin du psaume 114. On conclut par la délivrance, une bénédiction de geoula.

Rabbi Tarfon dit qui nous a délivrés, sans clôture Baroukh. Tossefot : il ne dit qu'une action de grâce, sans longue demande. Rabbi Akiva allonge une demande, et il clôt par Baroukh. La halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue (Erouvin 46b).

Le Roch a une autre leçon pour Beit Chammaï : jusqu'à be-tset Yisrael mi-Mitsrayim, ouverture du psaume 114. Chez lui, Rabbi Tarfon ajoute : Il nous a fait parvenir cette nuit pour manger matsa et maror.

🖼️ Schéma
Jusqu'où le Hallel, et comment on clôtBeit ChammaïJusqu'à em ha-banim semeha.Fin du psaume 113.Roch : jusqu'à be-tset Yisrael.Beit HillelJusqu'à halamichle-maayeno mayim.Fin du psaume 114.Rabbi TarfonQui nous a délivréset a délivré nos pères.Pas de clôture Baroukh :il ne dit qu'une hodaa.Rabbi AkivaDemande : les fêtes à venir,la ville, le service, les offrandes.Il clôt : Baroukh,gaal Israël. Halakha.Chema et Hallelgaal Israëlqui a délivré.Kiddouch : be-mitsvotav,à la troisième personne.Prièregoel Israëlqui délivre. Rahamei.be-mitsvoteikha,à la deuxième personne.
Limite du Hallel, clôture de Rabbi Tarfon et de Rabbi Akiva, puis gaal et goel selon le Roch.
6
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: ״כֵּן ה׳ אֱ-לֹהֵינוּ וֵא-לֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ יַגִּיעֵנוּ לְמוֹעֲדִים וְלִרְגָלִים אֲחֵרִים הַבָּאִים לִקְרָאתֵנוּ לְשָׁלוֹם, שְׂמֵחִים בְּבִנְיַן עִירְךָ, וְשִׁשִּׁים בַּעֲבוֹדָתְךָ. וְנֶאֱכָל שָׁם (מִן הַפְּסָחִים וּמִן הַזְּבָחִים) כו׳״, עַד ״בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ גָּאַל יִשְׂרָאֵל״.

Rabbi Akiva dit : Ainsi, Hachem notre D.ieu et le D.ieu de nos pères, fais-nous parvenir aux fêtes et aux pèlerinages à venir qui viennent à notre rencontre dans la paix, joyeux de la construction de Ta ville, et heureux dans Ton service. Et nous mangerons là (des pesahim et des zevahim), etc., jusqu'à : Béni sois-Tu, Hachem, qui a délivré Israël.

💡 Explication

Formule de Rabbi Akiva. Après la délivrance passee, une demande : parvenir aux fêtes à venir, dans la joie de la ville rebâtie et du service, et manger là les offrandes. La bénédiction se clôt : gaal Israël, qui a délivré Israël.

Le texte met entre parenthèses des pesahim puis des zevahim. Tossefot, au segment precedent, lisent l'ordre inverse : les zevahim, puis les pesahim, selon l'ordre du repas, la hagiga d'abord.

7
גְּמ׳ אָמַר רָבָא: צָרִיךְ שֶׁיֹּאמַר ״וְאוֹתָנוּ הוֹצִיא מִשָּׁם״. אָמַר רָבָא: מַצָּה — צָרִיךְ לְהַגְבִּיהַּ, וּמָרוֹר — צָרִיךְ לְהַגְבִּיהַּ. בָּשָׂר — אֵין צָרִיךְ לְהַגְבִּיהַּ. וְלֹא עוֹד, אֶלָּא שֶׁנִּרְאֶה כְּאוֹכֵל קָדָשִׁים בַּחוּץ.

Guemara. Rava a dit : il faut qu'il dise : Et Il nous a fait sortir de là.

Rava a dit : la matsa, il faut la soulever, et le maror, il faut le soulever. La viande, il n'est pas besoin de la soulever.

Bien plus : on a l'air de manger des kodachim au dehors.

📜 Rachi (4)
גְּמ' צָרִיךְ לְהַגְבִּיהַּ כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר מַצָּה זוֹ שֶׁאָנוּ אוֹכְלִין:
Guemara. Il faut soulever : quand il dit : cette matsa que nous mangeons.
בָּשָׂר אֵין מַגְבִּיהַּ כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר פֶּסַח שֶׁהָיוּ אֲבוֹתֵינוּ (בְּמִצְרַיִם) אוֹכְלִים לֹא יַגְבִּיהַּ הַבָּשָׂר שֶׁהוּא זֵכֶר לְפֶסַח:
La viande, on ne la soulève pas : quand il dit le Pessa'h que nos pères mangeaient (en Égypte), il ne soulève pas la viande, qui est un souvenir du Pessa'h.
ה"ג בָּשָׂר אֵינוֹ צָרִיךְ לְהַגְבִּיהַּ וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁנִּרְאֶה כְּמַקְדִּישׁ כו':
Voici la leçon : la viande, il n'est pas besoin de la soulever. Bien plus : on a l'air de consacrer, etc.
אֵין צָרִיךְ לְהַגְבִּיהַּ דְּהָא לָא מָצֵי לְמֵימַר פֶּסַח זֶה:
Il n'est pas besoin de la soulever : car il ne peut pas dire : ce Pessa'h-ci.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' אָמַר רָבָא צָרִיךְ שֶׁיֹּאמַר וְאוֹתָנוּ הוֹצִיא מִשָּׁם אָמַר רָבָא מַצָּה צָרִיךְ לְהַגְבִּיהַּ מָרוֹר צָרִיךְ לְהַגְבִּיהַּ. בָּשָׂר אֵין צָרִיךְ לְהַגְבִּיהַּ שֶׁמָּא יֹאמְרוּ בָּשָׂר זֶה לְפֶסַח וְנִרְאֶה כְּאוֹכֵל קָדָשִׁים בַּחוּץ. וְחוֹתֵם בִּגְאֻולָּה אָמַר רָבָא דִּקְרִיאַת שְׁמַע וְהַלֵּילָא גָּאַל יִשְׂרָאֵל. דִּצְלוֹתָא גּוֹאֵל יִשְׂרָאֵל. מ"ט רַחֲמֵי אִינּוּן. א"ר זֵירָא דְּקִדּוּשָׁא וְקַדְּשֵׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו. דִּצְלוֹתָא וְקַדְּשֵׁנוּ בְּמִצְוֹתֶיךָ מ"ט רַחֲמֵי אִינּוּן.
Guemara. Rava a dit : il faut qu'il dise : Et Il nous a fait sortir de là. Rava a dit : la matsa, il faut la soulever ; le maror, il faut le soulever. La viande, il n'est pas besoin de la soulever, de peur qu'on dise : cette viande est pour le Pessa'h, et l'on a l'air de manger des kodachim au dehors. Et il conclut par la délivrance. Rava a dit : pour la lecture du Chema et pour le Hallel, gaal Israël (qui a délivré Israël). Pour la prière, goel Israël (qui délivre Israël). Pourquoi ? Ce sont des rahamei (demandes de miséricorde). Rabbi Zeira a dit : pour le kiddouch, ve-kidchanou be-mitsvotav (Il nous a sanctifiés par Ses commandements). Pour la prière, ve-kidchanou be-mitsvoteikha (sanctifie-nous par Tes commandements). Pourquoi ? Ce sont des rahamei.
💡 Explication

Rava exige ve-otannou hotsi micham : Et Il nous a fait sortir de là. La sortie se dit de nous, avec les pères.

On soulève la matsa et le maror. La viande souvenir du Pessa'h reste posée. Rachi : on ne peut pas dire Pessa'h zeh, ce Pessa'h-ci. La soulever donnerait l'air de manger des kodachim hors du Temple. Sa leçon parle de consacrer.

Le Roch ajoute : de peur qu'on dise que cette viande est pour le Pessa'h. Sur la clôture, il rapporte Rava : gaal Israël pour le Chema et le Hallel, goel Israël pour la prière, car la prière est rahamei, une demande. Même écart pour le kiddouch, à la troisième personne, et la prière, à la deuxième.

🖼️ Schéma
Rava : que dit-on, que soulève-t-on ?Il faut dire : ve-otannou hotsi micham. Et Il nous a fait sortir de là.MatsaOn la soulève.Matsa zouque nous mangeons.MarorOn le soulève.Maror zeh.Même geste.ViandeOn ne la soulève pas.On ne dit pas Pessa'h zeh.Air de kodachim au dehors.
On dit la sortie pour nous. On soulève matsa et maror. La viande reste posée.
8
אָמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: סוֹמֵא פָּטוּר מִלּוֹמַר הַגָּדָה. כְּתִיב הָכָא: ״בַּעֲבוּר זֶה״, וּכְתִיב הָתָם: ״בְּנֵנוּ זֶה״. מַה לְהַלָּן — פְּרָט לְסוּמָא, אַף כָּאן — פְּרָט לְסוּמִין.

Rav Aha bar Yaakov a dit : un aveugle est patour (dispense) de dire la Haggada. Il est écrit ici : à cause de ceci, et il est écrit là-bas : ce fils que voici.

Là-bas, cela exclut l'aveugle ; ici aussi, cela exclut les aveugles.

💡 Explication

Rav Aha bar Yaakov dispense l'aveugle de la Haggada par une gezera chava sur le mot zeh. Ici : baavour zeh, à cause de ceci. Là-bas, le fils rebelle : bnenou zeh, ce fils que voici. Les parents doivent pouvoir montrer le fils. L'aveugle en est exclu. Même exclusion ici.

🖼️ Schéma
L'aveugle et la HaggadaRav Aha bar Yaakov : l'aveugle est patour.Gezera chava : baavour zeh / bnenou zeh. Le zeh exclut qui ne peut pas montrer.Maremar : Rav Yossef et Rav Chechet disent eux-mêmes la Haggada.Rachi : ils étaient me'orei einayim, aveugles.Piste écartéeMatsa de nos jours : derabbanan.Même alors : ke-ein deoraita.La règle vaut pour eux aussiRav Yossef et Rav Chechetcalquent aussi sur la Tora.Conclusion : la gezera chava ne tient pasLà-bas, bnenou zeh remplace bnenou hou : le mot exclut l'aveugle.Ici, baavour zeh vise la matsa et le maror.L'aveugle dit la Haggada.
De la dispense de Rav Aha jusqu'à la chute de la gezera chava.
9
אֵינִי? וְהָאָמַר מֵרִימֶר, שְׁאֵלְתִּינְהוּ לְרַבָּנַן דְּבֵי רַב יוֹסֵף: מַאן דְּאָמַר אַגָּדְתָּא בֵּי רַב יוֹסֵף? אָמְרוּ: רַב יוֹסֵף. מַאן דְּאָמַר אַגָּדְתָּא בֵּי רַב שֵׁשֶׁת? אָמְרוּ: רַב שֵׁשֶׁת. קָסָבְרִי רַבָּנָן, מַצָּה בַּזְּמַן הַזֶּה — דְּרַבָּנָן.

Est-ce ainsi ? Or Maremar a dit : j'ai interrogé les maîtres de la maison de Rav Yossef : qui dit la Haggada chez Rav Yossef ?

Ils ont dit : Rav Yossef. Qui dit la Haggada chez Rav Chechet ?

Ils ont dit : Rav Chechet. Les maîtres estiment : la matsa de nos jours est derabbanan (d'institution rabbinique).

📜 Rachi (1)
רַב יוֹסֵף וְרַב שֵׁשֶׁת מְאוֹרֵי עֵינַיִם הָיוּ:
Rav Yossef et Rav Chechet étaient me'orei einayim (éclairés des yeux : ils étaient aveugles).
💡 Explication

Difficulté. Maremar a demandé qui disait la Haggada chez Rav Yossef et chez Rav Chechet. Eux-mêmes la disaient. Rachi : ils étaient me'orei einayim, éclairés des yeux, l'euphémisme qui désigne les aveugles.

Réponse de la Guemara : ces maîtres tiennent la matsa de nos jours pour derabbanan. La question suivante fait le lien avec la dispense de l'aveugle.

10
מִכְּלָל דְּרַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב סָבַר מַצָּה בִּזְמַן הַזֶּה דְּאוֹרָייְתָא? וְהָא רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב הוּא דְּאָמַר: מַצָּה בִּזְמַן הַזֶּה דְּרַבָּנַן! קָסָבַר: כָּל דְּתַקּוּן רַבָּנָן — כְּעֵין דְּאוֹרָיְיתָא תִּיקּוּן.

Il en ressort que Rav Aha bar Yaakov estime la matsa de nos jours deoraita (de la Tora) ? Or c'est Rav Aha bar Yaakov qui a dit : la matsa de nos jours est derabbanan !

Il estime : tout ce que les maîtres ont institué, ils l'ont institué sur le modèle de la Tora.

📜 Rachi (1)
הָא הוּא דְּאָמַר בְּסוֹפָא דְּהַאי פִּירְקָא (דַּף קכ.) אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה דְּרַבָּנַן:
C'est lui qui a dit. À la fin de ce chapitre (feuillet 120a) : l'un et l'autre sont derabbanan.
💡 Explication

Si la matsa derabbanan explique que les aveugles disent la Haggada, Rav Aha, qui les en dispense, devrait la tenir pour deoraita. Or il a dit, à la fin du chapitre (Pesachim 120a, Rachi), qu'elle est derabbanan.

Réponse : kol de-takoun rabbanan ke-ein deoraita tikoun. Ce que les maîtres instituent, ils le calquent sur la Tora. La dispense de l'aveugle suit aussi l'institution rabbinique.

11
לְרַב שֵׁשֶׁת וּלְרַב יוֹסֵף נָמֵי, הָא וַדַּאי כָּל דְּתַקּוּן רַבָּנַן — כְּעֵין דְּאוֹרָיְיתָא תִּיקּוּן?

Pour Rav Chechet et pour Rav Yossef aussi : il est pourtant certain que tout ce que les maîtres ont institué, ils l'ont institué sur le modèle de la Tora ?

💡 Explication

La même règle vaut pour Rav Chechet et Rav Yossef. S'ils calquent aussi l'institution rabbinique sur la Tora, leur Haggada, dite par eux-mêmes, reste à expliquer.

12
הָכִי הַשְׁתָּא?! בִּשְׁלָמָא הָתָם, מִדַּהֲוָה לֵיהּ לְמִיכְתַּב ״בְּנֵנוּ הוּא״, וּכְתִיב ״בְּנֵנוּ זֶה״ — שְׁמַע מִינָּה: פְּרָט לְסוֹמִין הוּא דַּאֲתָא. אֲבָל הָכָא, אִי לָאו ״בַּעֲבוּר זֶה״, מַאי לִכְתֹּוב? אֶלָּא בַּעֲבוּר מַצָּה וּמָרוֹר הוּא דַּאֲתָא.

Est-ce comparable ? Là-bas, passe encore : puisqu'il pouvait écrire notre fils, lui, et qu'il est écrit ce fils que voici, on en tire que cela vient exclure les aveugles.

Mais ici, s'il n'y avait pas à cause de ceci, qu'écrirait-il ? Cela vient donc à cause de la matsa et du maror.

💡 Explication

La Guemara écarte la comparaison. Pour le fils rebelle, le verset pouvait dire bnenou hou. Il dit bnenou zeh. Le mot zeh vient pour exclure l'aveugle, qui ne peut pas montrer. Ici, baavour zeh est la formule du verset : il vise la matsa et le maror.

La gezera chava tombe. La pratique de Rav Yossef et de Rav Chechet reste en place : l'aveugle dit la Haggada.

13
לְפִיכָךְ אֲנַחְנוּ חַיָּיבִים.

C'est pourquoi nous sommes tenus.

💡 Explication

La Guemara reprend le lemme lefikhakh anah'nou hayavim : c'est pourquoi nous sommes tenus. Ces mots ouvrent le devoir de louange cité plus haut.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).