Pesachim 117a : Hallelouya, un seul mot ou deux, et qui a dit le Hallel

Pesachim 117a

Sougya : Le feuillet ouvre sur Hallelouya. Rav Hisda, Rav et Rabba discutent si Hallelouya, Kesya, Yedidya et Merhavya sont un seul mot, ou s'ils se divisent et isolent le Nom Yah.

Rabbi Yehochoua ben Levi lit Hallelouya comme une louange multipliée, puis le compte parmi les dix formules de louange des Tehilim, la plus grande, parce qu'elle réunit le Nom et la louange. Chmouel attribue le cantique de la mer à Moché et à Israël, et le Hallel aux prophètes, pour chaque temps et chaque malheur.

Rabbi Meir attribue tous les Tehilim à David. Elazar, fils de Rabbi Yossi, les fait remonter à la mer.

Viennent l'ordre du cantique et de la Chekhina, la joie de la mitsva, puis la crainte du disciple. Une baraita passe en revue qui a dit le Hallel, de la mer jusqu'à Haman.

Le feuillet s'achève sur la place de Hallelouya, fin ou début de chapitre, et sur la limite de Beit Chammai et de Beit Hillel.

Un seul mot, ou deux : le Nom Yah est-il isolé ?Un seul mot ne sépare pas Yah. Deux mots : yedid ou hallelou est profane, Yah est saint.MotRav HisdaRavRabbaHallelouyaUn seul motDeux : hallelou | YahDeux motsKesyaUn seul motUn seul motDeux motsYedidyaUn seul motDeux : yedid hol,Yah kodechDeux motsMerhavyaTeikouUn seul motSeul mot reuniMerhav Yah, écrit en deux mots, reste sans décision selon Rav Hisda.
Rav Hisda, Rav et Rabba : quels noms restent un seul mot, et lesquels isolent Yah.
Qui a dit le Hallel ? Eux disent : Pas à nous. L'esprit répond : À cause de Moi.R. EliezerMoché et Israël, sur la merR. YehoudaYehochoua, rois de CanaanR. Elazar haModaiDevora et Barak, SiseraR. Elazar b. AzariaHizkiya, SanheribR. AkivaHanania, Michael, AzariaR. Yossi haGeliliMordekhaï et Esther, HamanLes sages : les prophètes l'ont institué pour IsraëlÀ chaque temps, et pour chaque malheur. Une fois délivrés, ils le disent sur la délivrance.Chmouel, plus hautCantique de la Torah : Moché, la mer.Le Hallel : les prophètes.Rabbi MeirToutes les louanges des Tehilim :David. Ne lis pas kalou, lis kol elou.Elazar, fils de Rabbi Yossi : Moché et Israël, en montant de la merPouvait-on abattre le Pessa'h et prendre le loulav sans cantique ?La statue de Mikha se tient dans les pleurs, et Israël dirait le Hallel ?
Qui a dit le Hallel, de la mer jusqu'aux prophètes, et les deux preuves d'Elazar.
Hallelouya : fin du chapitre, ou début du suivant ?Rav HisdaFin du perek.Il clot le psaume.Rabba bar Rav HounaDébut du perek.Il ouvre le suivant.Rouleau vuAu milieu du perek.Rav Hanin : doute.Tous conviennent : le Hallelouya qui suit ces versets ouvre le chapitre.Tehilat HachemPsaume 145, fin.Le mechant verraPsaume 112, fin.Ceux qui se tiennentMaison de Hachem.Les karaim ajoutentIl boira au torrent. Psaume 110.Et encoreDébut de la sagesse. Psaume 111.Tossefot : la version est le verset des cours, et ce psaume a plus de deux versets.
Hallelouya clôt-il le chapitre, ou ouvre-t-il le suivant ? Les versets sur lesquels tous conviennent.
1
אָמַר רַב חִסְדָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: ״הַלְלוּיָהּ״ וְ״כְּסָיָה״ וְ״יְדִידְיָהּ״ — אַחַת הֵן. רַב אָמַר: ״כְּסָיָה״ וּ״מֵרְחָבֶיהָ״ — אַחַת הֵן. רַבָּה אָמַר: ״מֵרְחָבֶיהָ״ בִּלְבַד.

Rav Hisda a dit que Rabbi Yo'hanan a dit : Hallelouya, Kesya et Yedidya sont un seul mot. Rav a dit : Kesya et Merhavya sont un seul mot.

Rabba a dit : Merhavya seulement.

📜 Rachi (1)
אַחַת הִיא כְּלוֹמַר תֵּיבָה אַחַת הִיא וְאֵין הַתֵּיבָה נֶחֱלֶקֶת לִשְׁנַיִם:
C'est-à-dire : c'est un seul mot, et le mot ne se divise pas en deux.
💡 Explication

La michna vient de dire que l'on récitera devant Lui Hallelouya. La Guemara demande si les noms qui s'achèvent par Yah comptent comme un seul mot, ou comme deux.

Un seul mot garde le nom entier. Deux mots isolent Yah, et ce Yah a la sainteté d'un Nom : on ne l'efface pas, et on ne le traite pas comme un mot profane.

Rav Hisda, au nom de Rabbi Yo'hanan, réunit Hallelouya, Kesya et Yedidya. Rav réunit Kesya et Merhavya. Rabba ne réunit que Merhavya.

2
אִיבַּעְיָא לְהוּ: ״מֶרְחָב יָהּ״ לְרַב חִסְדָּא, מַאי? תֵּיקוּ.

On a demandé : Merhav Yah, selon Rav Hisda, qu'en est-il ? La question reste en suspens (teikou).

💡 Explication

Rav Hisda n'a pas rangé Merhavya dans sa liste. La question l'écrit en deux mots, Merhav Yah. Teikou : la Guemara laisse la question sans décision.

3
אִיבַּעְיָא לְהוּ: ״יְדִידְיָהּ״ לְרַב, מַאי? תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַב: ״יְדִידְיָהּ״ נֶחֱלָק לִשְׁנַיִם, לְפִיכָךְ: יָדִיד חוֹל, יָהּ קוֹדֶשׁ.

On a demandé : Yedidya, selon Rav, qu'en est-il ? Viens et entends.

Rav a dit : Yedidya se divise en deux. Dès lors, yedid est profane (hol), et Yah est saint (kodech).

💡 Explication

Rav a réuni Kesya et Merhavya. Il n'a pas parlé de Yedidya, le nom donné à Chelomo. Une parole explicite de Rav tranche : le nom se coupe. Yedid (ami) est un mot ordinaire. Yah reste un Nom saint.

4
אִיבַּעְיָא לְהוּ: ״הַלְלוּיָהּ״ לְרַב, מַאי? תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַב: חֲזֵינָא תִּילֵּי דְּבֵי חַבִּיבָא דִּכְתִיב בְּהוּ ״הַלְלוּ״ בְּחַד גִּיסָא, ו״יה״ בְּחַד גִּיסָא.

On a demandé : Hallelouya, selon Rav, qu'en est-il ? Viens et entends.

Rav a dit : j'ai vu les rouleaux de la maison de Haviva, dans lesquels on a écrit hallelou d'un côté, et Yah d'un côté.

📜 Rachi (1)
הַלָּלוּ בְּהַךְ גִּיסָא בְּסוֹף שִׁיטָה וְיָהּ בִּתְחִלַּת שִׁיטָה הָאַחֶרֶת:
Hallelou de ce côté : à la fin d'une ligne, et Yah au début de l'autre ligne.
💡 Explication

Haviva désigne ici l'oncle de Rav. Dans son rouleau des Tehilim, le mot est coupé par le retour à la ligne : hallelou finit une ligne, Yah ouvre la suivante. On ne coupe ainsi que ce qui peut se lire en deux mots. Selon Rav, Hallelouya se divise.

🖼️ Schéma
Le rouleau de la maison de Haviva, vu par RavFin de la lignehallelouDébut de la ligne suivanteYahHallelouya se divise. Selon Rav, Yah est à part.
Hallelou en fin de ligne, Yah au début de la suivante : Rav en tire que le mot se divise.
5
וּפְלִיגָא דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי, דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: מַאי ״הַלְלוּיָהּ״? הַלְלוּהוּ בְּהִלּוּלִים הַרְבֵּה.

Et cela diverge de Rabbi Yehochoua ben Levi. Car Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : que signifie Hallelouya ?

Louez-le par de nombreuses louanges.

💡 Explication

Selon Rabbi Yehochoua ben Levi, le yah final intensifie : hallelouhou behiloulim harbe, louez-le de beaucoup de louanges. Dans cette lecture, yah amplifie la louange. Cette lecture s'écarte de Rav, qui coupe Hallelouya en deux.

6
וּפְלִיגָא דִּידֵיהּ אַדִּידֵיהּ, דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: בַּעֲשָׂרָה מַאֲמָרוֹת שֶׁל שֶׁבַח נֶאֱמַר סֵפֶר תְּהִלִּים: בְּ״נִיצּוּחַ״, בְּ״נִגּוּן״, בְּ״מַשְׂכִּיל״, בְּ״מִזְמוֹר״, בְּ״שִׁיר״, בְּ״אַשְׁרֵי״, בְּ״תְּהִלָּה״, בְּ״תְּפִלָּה״, בְּ״הוֹדָאָה״, בְּ״הַלְלוּיָהּ״. גָּדוֹל מִכֻּולָּן ״הַלְלוּיָהּ״, שֶׁכּוֹלֵל שֵׁם וָשֶׁבַח בְּבַת אַחַת.

Et sa parole diverge de sa propre parole. Car Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : le livre des Tehilim a été dit selon dix formules de louange : par nitsuah, par nigoun, par maskil, par mizmor, par chir, par achrei, par tehila, par tefila, par hodaah, par hallelouya.

La plus grande de toutes est Hallelouya, car elle réunit le Nom et la louange en une seule fois.

🪔 Ben Yehoyada (1)
וְגָדוֹל שֶׁבְּכֻלָּם, 'הַלְלוּיָהּ', שֶׁכּוֹלֵל שֵׁם וָשֶׁבַח בְּבַת אַחַת. הִקְדִּים שֵׁם לְשֶׁבַח מִפְּנֵי הַכָּבוֹד אַף עַל גַּב דִּבְתֵיבַת 'הַלְלוּיָהּ' נִרְמַז הַשֶּׁבַח קֹודֶם הַשֵּׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד רָמַז הַכָּתוּב (תְּהִלִּים קמז, א) 'הַלְלוּ יָהּ כִּי טוֹב זַמְּרָה אֱ-לֹהֵינוּ' פֵּירוּשׁ 'הַלְלוּיָהּ' הוּא טוֹב מִכֻּולָּם יַעַן כִּי כּוֹלֵל זִמְרָה הוּא הַשֶּׁבַח וְגַם שֵׁם אֱ-לֹהֵינוּ שֶׁהוּא שֵׁם י"ה וְלָכֵן הוּא כִּי טוֹב מִכֻּולָּם:
Le plus grand de tous, Hallelouya, car il réunit le Nom et la louange en une seule fois. Il a fait précéder le Nom à la louange, par honneur, bien que dans le mot Hallelouya la louange soit indiquée avant le Nom. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que le verset y fait allusion (Tehilim 147, 1) : Louez Yah, car la psalmodie est bonne, notre D.ieu. Explication : Hallelouya est le meilleur de tous, parce qu'il réunit la psalmodie, qui est la louange, et aussi le Nom de notre D.ieu, qui est le Nom Yah. C'est pourquoi il est le meilleur de tous.
💡 Explication

La même autorité a aussi dit que Hallelouya est la plus grande des dix formules, parce qu'elle joint le Nom et la louange. Cette seconde parole traite Yah comme un Nom. Elle s'écarte de la lecture où yah ne fait qu'amplifier la louange.

Les dix têtes de psaume : nitsuah (laménatséah), nigoun (mélodie), maskil, mizmor, chir (cantique), achrei (heureux), tehila (louange), tefila (prière), hodaah (action de grâces), hallelouya.

🖼️ Schéma
Dix formules de louange dans les TehilimnitsuahnigounmaskilmizmorchirachreitehilatefilahodaahhallelouyaLa plus grande : HallelouyaElle réunit le Nom et la louange en une seule fois.
Les dix formules de louange. Hallelouya est la plus grande : Nom et louange ensemble.
7
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: שִׁיר שֶׁבַּתּוֹרָה, מֹשֶׁה וְיִשְׂרָאֵל אֲמָרוּהוּ בְּשָׁעָה שֶׁעָלוּ מִן הַיָּם. וְהַלֵּל זֶה מִי אֲמָרוֹ? נְבִיאִים שֶׁבֵּינֵיהֶן תִּקְּנוּ לָהֶן לְיִשְׂרָאֵל שֶׁיְּהוּ אוֹמְרִין אוֹתוֹ עַל כָּל פֶּרֶק וּפֶרֶק, וְעַל כָּל צָרָה וְצָרָה שֶׁלֹּא תָּבֹא עֲלֵיהֶן. וְלִכְשֶׁנִּגְאָלִין, אוֹמְרִים אוֹתוֹ עַל גְּאֻולָּתָן.

Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : le cantique qui est dans la Torah, Moché et Israël l'ont dit à l'heure où ils sont montés de la mer. Et ce Hallel, qui l'a dit ?

Les prophètes qui étaient parmi eux l'ont institué pour Israël, afin qu'ils le disent à chaque temps et à chaque temps, et pour chaque malheur et chaque malheur, qu'il ne vienne pas sur eux. Et lorsqu'ils sont délivrés, ils le disent sur leur délivrance.

📜 Rachi (2)
שִׁיר שֶׁבַּתּוֹרָה אָז יָשִׁיר מֹשֶׁה:
Le cantique qui est dans la Torah : Alors chanta Moché.
וְעַל כָּל צָרָה שֶׁלֹּא תָבֹא עֲלֵיהֶם לִישָּׁנָא מְעַלְּיָא הוּא דְּנָקֵט כְּלוֹמַר שֶׁאִם חַס וְשָׁלוֹם תָּבוֹא צָרָה עֲלֵיהֶן וְיִוָּשְׁעוּ מִמֶּנָּה אוֹמְרִים אוֹתוֹ עַל גְּאֻולָּתָן כְּגוֹן חֲנֻוכָּה:
Et pour chaque malheur qui ne viendrait pas sur eux : c'est une tournure favorable qu'il a prise. C'est-à-dire que si, à D.ieu ne plaise, un malheur venait sur eux et qu'ils en soient sauvés, ils le disent sur leur délivrance, par exemple 'Hanouka.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב הַבּוֹדֵק צָרִיךְ שֶׁיְּבָרֵךְ. דְּלָא תֵּימָא אֵינָהּ כָּל כָּךְ מִצְוָה כֵּיוָן דְּאֵינָהּ אֶלָּא לְבַעֵר אֶת הֶחָמֵץ מִן הַבַּיִת. וּמַה שֶׁאֵין מְבָרְכִין עַל בִּיעוּר בְּשָׁעָה חֲמִישִׁית בְּשָׁעָה שֶׁהוּא מוֹצִיא הֶחָמֵץ מִן הַבַּיִת וְהוּא מִצְוָה מִן הַתּוֹרָה כְּדִכְתִיב בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן תַּשְׁבִּיתוּ שְּׂאֹור מִבָּתֵּיכֶם וְדָרְשִׁינַן לְעֵיל דְּבַיּוֹם הָרִאשׁוֹן הַייְנוּ בי"ד. אוֹמֵר אֲנִי דְּהוֹצָאַת חָמֵץ מִן הַבַּיִת קֹודֶם זְמַן אִיסּוּרֵיהּ לָא נָפֵיק מִתַּשְׁבִּיתוֹ דְּהָא אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא לְעֵיל (פְּסָחִים דַּף ה:) תַּשְׁבִּיתוּ הַיְינוּ שְׂרֵיפָה. וְלֹא צִוְּתָה תּוֹרָה לְשָׂורְפוֹ אֶלָּא אַחַר שֶׁכְּבָר נֶאֱסַר. מִידִי דַּהֲוָה אַנּוֹתָר. לְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף כז:) אֲבָל בְּעוֹד שֶׁהוּא מֻותָּר בַּאֲכִילָה לֹא יִשְׂרְפֶנּוּ וּמַה שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ מִן הַבַּיִת הַיְינוּ שֶׁלֹּא יַעֲבֹור עָלָיו בְּבַל יֵרָאֶה וְאֵין מְפֹורָשׁ בּוֹ מִצְוַת עֲשֵׂה מִן הַתּוֹרָה שֶׁיְּהֵא מִצְוָה לְבָרֵךְ עָלָיו. וּמִן הָרָאוּי שֶׁיְּבָרֵךְ קֹודֶם בְּדִיקָה עַל בְּדִיקַת חָמֵץ וְתִקְּנוּ לוֹמַר עַל בִּיעוּר חָמֵץ לְפִי שֶׁלְּאַחַר הַבְּדִיקָה מִיָּד הוּא מְבַטֵּל וְהַיְינוּ בִּיעוּר לְחָמֵץ שֶׁאֵינוֹ יָדוּעַ לוֹ וּמַצְנִיעַ אֶת הַיָּדוּעַ לוֹ וְאוֹכֵל מִמֶּנּוּ עַד שָׁעָה חֲמִישִׁית וְאָז מְבַעֲרוֹ מִן הַבַּיִת וְעַל עֵסֶק זֶה נִגְרְרָה הַבְּרָכָה שֶׁל בְּדִיקָה שֶׁהִיא תְּחִלַּת הַבִּיעוּר וְנִגְמַר בְּשָׁעָה חֲמִישִׁית. וְהָא דְּלָא מְבָרְכִין עֲלָהּ שֶׁהֶחֱייָנוּ אע"ג דְּבָאָה מִזְּמַן לִזְמַן. נ"ל כֵּיוָן דְּמִצְוָה זוֹ אֵינָהּ אֶלָּא לְצֹורֶךְ הָרֶגֶל לְתַקֵּן הַבַּיִת וּלְבַעֵר הֶחָמֵץ מִתּוֹכוֹ לְצֹורֶךְ הַמּוֹעֵד סָמְכִינַן לָהּ אַזְּמַן דְּרֶגֶל מִידִי דַּהֲוָה אַעוֹשֶׂה סֻוכָּה וְלוּלָב לְעַצְמוֹ דִּמְחֻויָּב לְבָרֵךְ שֶׁהֶחֱיָינוּ בַּעֲשִׂייָּתוֹ אֶלָּא סָמְכִי' לֵיהּ אַזְּמַן דְּרֶגֶל פ' לוּלָב וַעֲרָבָה ס"ס לז. וי"א שֶׁאֵין לְבוֹדֵק לְדָבָר עַד שֶׁיִּגְמֹור הַבְּדִיקָה וְיֵשׁ מוֹסִיפִין עוֹד יוֹתֵר וְאוֹמְרִים שֶׁאִם סָח בִּדְבָרִים דְּעָלְמָא שֶׁלֹּא מֵעֵין הַבְּדִיקָה שֶׁצָּרִיךְ לַחֲזֹור וְלִבְדֹּוק וּלְבָרֵךְ וְכָל זֶה אֵין נִרְאֶה לִי אֶלָּא שֶׁיֵּשׁ לִיזָּהֵר שֶׁלֹּא יַסִּיחַ בֵּין בְּרָכָה לִתְחִלַּת הַבְּדִיקָה וְאַחַר שֶׁהִתְחִיל לָא הָוְיָא שִׂיחָה הֶפְסֵק מִידִי דַּהֲוָה אַיְּשִׁיבַת סֻוכָּה וּכְאָדָם הַמְדַבֵּר בְּתוֹךְ סְעֻודָּתוֹ דְּלָא הָוְיָא שִׂיחָה הֶפְסֵק לְהַצְרִיךְ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ עַל הַסֻּוכָּה וּבִרְכַּת הַמּוֹצִיא דְּלָא מָצִינוּ דְּשִׂיחָה הָוֵי הֶפְסֵק אֶלָּא בֵּין תְּפִילִּין לִתְפִילִּין מִשּׁוּם דִּבְרָכָה רִאשׁוֹנָה קָיְימָא נָמֵי אַהַנָּחַת תְּפִילִּין שֶׁל רֹאשׁ וְאִם סָח צָרִיךְ לְבָרֵךְ פַּעַם אַחֶרֶת לְהַנִּיחַ תְּפִילִּין לפר"ת וּלְרַשִׁ"י נָמֵי כֵּיוָן דִּתְרֵי מִצְוֹת נִינְהוּ וְלָא מְעַכְּבִי אַהֲדָדֵי וְאִם לֹא סָח אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ עַל מִצְוַת תְּפִילִּין א"כ הָוֵי הֶיסַּח הַדַּעַת. וּמִיהוּ לְכַתְּחִלָּה טוֹב לִיזָּהֵר שֶׁלֹּא יַעֲסֹוק בְּשִׂיחָה בְּטֵילָה עַד שֶׁיִּגְמֹור כָּל הַבְּדִיקָה כֻּולָּהּ כְּדֵי שֶׁיָּשִׂים אֶל לִבּוֹ לִבְדֹּוק בַּחֲדָרִים וּבָעֲלִיּוֹת וּבְכָל מָקוֹם שֶׁמַּכְנִיסִין בּוֹ חָמֵץ. וְאִם בע"ה אֵינוֹ יָכוֹל לִטְרֹוחַ לִבְדֹּוק בְּכָל הַמְּקוֹמוֹת שֶׁבַּבַּיִת יַעֲמִיד מִבְּנֵי בֵּיתוֹ אֶצְלוֹ בְּשָׁעָה שֶׁהוּא מְבָרֵךְ לִבְדֹּוק וְיִתְפַּזְּרוּ לִבְדֹּוק אִישׁ אִישׁ לִמְקוֹמוֹ עַל סְמַךְ הַבְּרָכָה שֶׁיְּבָרֵךְ בע"ה כִּדְתַנְיָא בַּתּוֹסֶפְתָּא דִּבְרָכוֹת פ"ו עֲשָׂרָה שֶׁעוֹשִׂין מִצְוָה אַחַת אֶחָד מְבָרֵךְ לְכֻולָּם. מַאי מְבָרֵךְ רַב פַּפֵּי מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא אָמַר עַל בִּיעוּר חָמֵץ. רַב פָּפָּא אָמַר לְבַעֵר חָמֵץ . וְהִלְכְתָא עַל בִּיעוּר חָמֵץ פֵּירוּשׁ גַּם עַל בִּיעוּר חָמֵץ אע"ג דִּבְלַבְעַר כ"ע מוֹדוֹ וּבַעַל בִּיעוּר פְּלִיגִי מִשּׁוּם דְּאָמַר בְּמַס' בְּרָכוֹת דַּף נ. מִבִּרְכוֹתָיו שֶׁל אָדָם נִיכָּר שֶׁתַּלְמִיד חָכָם הוּא וְהַמְּבָרֵךְ עַל בִּיעוּר נִיכָּר שֶׁתַּלְמִיד חָכָם הוּא וְיוֹדֵעַ דְּעַל בִּיעוּר נָמֵי לְהַבָּא מַשְׁמַע כִּדְאָמַר בְּפֶ' כֵּיצַד מְבָרְכִין (בְּרָכוֹת דַּף לח:) מִשְׁתַּבְּחִין רַבָּנַן לֵר' זֵירָא אֶת בַּר רַב זְבִיד דְּאָדָם גָּדוֹל הוּא וּבָקִי בִּבְרָכוֹת הוּא אָמַר לָהֶם לִכְשֶׁיָּבֹא לְיֶדְכֶם הֲבִיאוּהוּ לְיָדִי כִּי אֲתָא קְרִיבוּ לֵיהּ תַּכָּא וְאַפִּיקוּ לֵיהּ רִיפְתָּא א"ל לִטְעֹום מַר מִידִי אֲמַר לוֹ לִישְׁרֵי לָן מַר וּפָתַח וְאָמַר מוֹצִיא לֶחֶם מִן הָאָרֶץ אָמַר זֶהוּ שֶׁאוֹמְרִים עָלָיו אָדָם גָּדוֹל הוּא בִּשְׁלָמָא אִי אֲמַר לָן הַמּוֹצִיא אָמַר לָן טַעְמָא וְאַשְׁמְעִינַן הִלְכְתָא אֶלָּא אָמַר מוֹצִיא מַאי קמ"ל בְּמוֹצִיא כ'"ע לָא פְלִיגִי אַלְמָא שֶׁצָּרִיךְ לְהַשְׁמִיעֵנוּ חִדּוּשׁ בְּבִרְכוֹתָיו וּלְכָךְ נָהֲגוּ לְבָרֵךְ עַל בִּיעוּר חָמֵץ לְאַשְׁמְעִינַן דְּגַם זֶה לְהַבָּא מַשְׁמַע וְשֶׁלֹּא יִטְעוּ לוֹמַר דְּעַל בִּיעוּר לְשֶׁעָבַר וְאִם בֵּירֵךְ כָּךְ לֹא יָצָא. וּמַה שֶׁחִלְּקוּ בְּמַטְבֵּעַ בְּרָכוֹת יֵשׁ מֵהֶן שֶׁתִּיקְּנוּ בַּעַל וְיֵשׁ מֵהֶן שֶׁתִּיקְּנוּ בְּלָמֶ"ד ר"ת זַ"ל הָיָה נוֹתֵן טַעַם לַדָּבָר דְּכָל מִצְוֹת דְּנַעֲשׂוֹת מִיָּד שַׁיָּיךְ לְבָרֵךְ עֲלֵיהֶן עַל כְּגוֹן עַל מִקְרָא מְגִילָּה עַל הַטְּבִילָה עַל נְטִילַת יָדַיִם עַל הַפְרָשַׁת תְּרוּמָה עַל אֲכִילַת מַצָּה עַל אֲכִילַת מָרוֹר אֲבָל לְהַנִּיחַ תְּפִילִּין לְהִתְעַטֵּף בְּצִיצִית וְלֵישֵׁב בַּסֻּוכָּה יֵשׁ בָּהֶן שִׁיהוּי וְהַלָּשׁוֹן מוֹרֶה עַל כָּךְ לִהְיוֹת מְעֻוטָּר בִּתְפִילִּין וְלִהְיוֹת עָטוּף בְּצִיצִית וְלֵישֵׁב בַּסֻּוכָּה לֶאֱכֹול וּלְטַייֵּל כָּל הַיּוֹם וּלְהַדְלִיק נֵר חֲנֻוכָּה יֵשׁ שִׁיהוּי בְּמִצְוָתָהּ כִּדְאָמְרִינַן בְּבַמֶּה מַדְלִיקִין דַּף כא: מִצְוָתָהּ מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה עַד שֶׁתִּכְלֶה רֶגֶל מִן הַשּׁוּק. וְכֵן לִשְׁמֹועַ קוֹל שׁוֹפָר יֵשׁ שִׁיהוּי לְהַפְסָקָה בֵּין הַתְּקִיעוֹת דְּעִיקַּר מִצְוַת שׁוֹפָר עַל סֵדֶר הַבְּרָכוֹת. וּמַה שֶׁאֵין מְבָרְכִין עַל קְרִיאַת הַלֵּל וְאָנוּ מְבָרְכִין עַל מִקְרָא מְגִילָּה הַייְנוּ טַעְמָא לְפִי שֶׁקּוֹרְאִים אֶת הַמְּגִילָּה בְּלֹא הֶפְסֵק אֲבָל בִּקְרִיאַת הַהַלֵּל מַפְסִיקִין וְהַצִּבּוּר עוֹנִין רָאשֵׁי הַפְּסוּקִים. וְעוֹד דְּאָמְרִינַן בִּפְסָחִים דַּף קיז. דְּעִיקַּר קְרִיאַת הַלֵּל תִּקְּנוּ נְבִיאִים הָרִאשׁוֹנִים לִקְרוֹתוֹ עַל כָּל צָרָה שֶׁלֹּא תָבֹא עַל הַצִּבּוּר לִכְשֶׁיִּגָּאֲלוּ גּוֹמְרִין אֶת הַלֵּל הִלְכָּךְ שַׁיָּיךְ בֵּיהּ הַאי לִישָּׁנָא לִקְרוֹת אֶת הַלֵּל דְּכָל מִצְוָה שֶׁאֵינָהּ חוֹבָה תָּמִיד לֹא שַׁיָּיךְ בֵּיהּ עַל וּמַה שֶׁמְּבָרְכִין לְהַכְנִיסוֹ וְכוּ' מִשּׁוּם דִּבְרָכָה זוֹ לֹא נִתְקְנָה לְגַמְרֵי עַל מִצְוָה זוֹ תֵּדַע דְּהָא מְבָרְכִין אוֹתָהּ לְאַחַר הַמִּילָה אֶלָּא נִתְקְנָה לְהוֹדוֹת וּלְהַלֵּל וּלְשַׁבֵּחַ להקב"ה שֶׁצִּוָּה לַעֲשׂוֹת מִצְוָה זוֹ בְּכָל פַּעַם שֶׁתָּבֹא לְיָדֵינוּ. וּמַה שֶׁמְּבָרְכִין בִּתְפִילִּין שֶׁל יָד לְהַנִּיחַ וְעַל שֶׁל רֹאשׁ עַל מִצְוַת מִשּׁוּם דְּלָא רָצוּ חֲכָמִים לְתַקֵּן שְׁתֵּי בְּרָכוֹת זוֹ אַחַר זוֹ בְּמִצְוָה אַחַת שָׁווֹת וְתִקְּנוּ בְּשֶׁל רֹאשׁ עַל מִצְוַת שֶׁהִיא גְּמַר הַמִּצְוָה. וְרִיבָ"א הָיָה מְחַלֵּק דְּמִצְוָה דְּאֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹת ע"י שָׁלִיחַ מְבָרֵךְ עַל אֲבָל מִצְוָה שֶׁהוּא בְּעַצְמוֹ צָרִיךְ לַעֲשׂוֹתָהּ צָרִיךְ לְבָרֵךְ בְּלָמֶ"ד וְזוֹ הִיא קְצָת סְבָרַת הַשַּׁ"ס דִּלְמוּל מַשְׁמַע דְּלָא סַגִּי דְּלָאו אִיהוּ מְהִיל וְעַל שׁוֹפָר אָנוּ מְבָרְכִים לִשְׁמֹועַ בְּקוֹל שׁוֹפָר דְּלָא סַגִּי דְּלָאו אִיהוּ שׁוֹמֵעַ וְלִקְרֹוא אֶת הַלֵּל אע"פ דְּשׁוֹמֵעַ כְּעוֹנֶה כְּמוֹ גַּבֵּי מִקְרָא מְגִילָּה מ"מ מִצְוָה לַעֲנוֹת בְּרָאשֵׁי הַפִּרְקֵי' אע"פ דְּשׁוֹמֵעַ כְּעוֹנֶה. וְעַל הַטְּבִילָה אע"ג דִּטְבִילַת טְמֵאִים א"א לַעֲשׂוֹת ע"י שָׁלִיחַ כֵּיוָן דִּטְבִילַת כֵּלִים אֶפְשָׁר לְקַיֵּים ע"י שָׁלִיחַ לָא פְּלוּג. וְגַם מִשּׁוּם דִּטְבִילַת גֵּרִים שֶׁהִיא לְאַחַר הַטְּבִילָה. וְעַל נְטִילַת לוּלָב לְפִי שֶׁפְּעָמִים מְבָרֵךְ אַחַר שֶׁיָּצָא בּוֹ שֶׁכְּבָר נָטַל לֹא שַׁיָּיךְ לְבָרֵךְ לִיטֹּול מִשּׁוּם דִּלְהַבָּא מַשְׁמַע וְהַייְנוּ נָמֵי טַעְמָא דְּעַל נט"י. וּלְהַדְלִיק נֵר שֶׁל חֲנֻוכָּה אע"ג דְּאֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹת ע"י שָׁלִיחַ אוֹרְחָא דְמִילְּתָא הוּא שֶׁכָּל אָדָם מַדְלִיק בְּבֵיתוֹ מִפְּנֵי חֲבִיבוּת הַנֵּס וְכֵן נֵר שֶׁל שַׁבָּת וְעַל סְפִירַת הָעֹומֶר לְפִי שֶׁנָּהֲגוּ שש"צ מְבָרֵךְ לְהוֹצִיא אֶת מִי שֶׁאֵינוֹ יוֹדֵעַ לְבָרֵךְ לְכָךְ מְבָרְכִין עַל. וּבִתְפִילִּין נִמְצָא בִּסְפָרִים מְדֻויָּקִים בְּמִצְוַת תְּפִילִּין וְכֵן כָּתַב רַב אִלְפָּס זַ"ל. וְעַל הַתּוֹרָה מְבָרְכִין בְּאַשְׁכְּנַז לַעֲסֹוק בְּדִבְרֵי תּוֹרָה. וּלְפִי טַעַם זֶה מְבָרְכִין לֶאֱכֹול מַצָּה וְלֶאֱכֹול מָרוֹר: וּמִיבְעֵי לֵיהּ לְאִינִישׁ לְבָרוֹכֵי בְּרֵישָׁא וַהֲדַר בְּדִיק. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל כָּל הַמִּצְוֹת כֻּולָּן מְבָרֵךְ עֲלֵיהֶן עוֹבֵר לַעֲשִׂייָּתָן. אָמַר רַב חִסְדָּא חוּץ מִן הַטְּבִילָה. מ"ט דְּאַכַּתִּי גַּבְרָא לָא חֲזֵי. ת"ר טָבַל וְעָלָה בַּעֲלִייָּתוֹ אוֹמֵר בא"י אמ"ה אקב"ו עַל הַטְּבִילָה וּמְפָרְשִׁי לָהּ רַבָּנָן דְּבִטְבִילַת גֵּר בִּלְבַד קָאָמַר דְּלָא מָצֵי לְמֵימַר קֹודֶם טְבִילָה אקב"ו אֲבָל שְׁאָר חַייָּבֵי טְבִילוֹת מְבָרְכִין וְאַחַ"כּ טוֹבְלִים דְּהָא קי"ל נִדָּה קוֹצָה לָהּ חַלָּה וּמְחַייְּבָא לְבָרוֹכֵי לְהַפְרִישׁ חַלָּה. וּתְנַן נָמֵי (בְּרָכוֹת כו.) גַּבֵּי זָב שֶׁרָאָה קֶרִי וְנִדָּה שֶׁפָּלְטָה שִׁכְבַת זֶרַע צְרִיכִין טְבִילָה טַעְמָא דְּרָאָה קֶרִי וּפָלְטָה שִׁכְבַת זֶרַע צְרִיכִין טְבִילָה הָא לֹא רָאָה קֶרִי וְלֹא פָּלְטָה ש"ז קוֹרֵא וּמִתְפַּלֵּל וְאֵין צְרִיכִין טְבִילָה. ור"י מְפָרֵשׁ דְּאֵין לִמְחוֹת בְּנָשִׁים שֶׁמְּבָרְכוֹת אַחַר טְבִילָה וְלֹא קֹודֶם כֵּיוָן דְּאִיכָּא גֵּר דְּלָא מָצֵי לְבָרֵךְ עַד לְאַחַר הַטְּבִילָה לָא פְּלוּג. וְהַאי טַעְמָא נָמֵי שַׁיָּיךְ בִּנְטִילַת יָדַיִם שֶׁנָּהֲגוּ לְבָרֵךְ אַחַר הַנְּטִילָה לְפִי שֶׁבַּבָּקָר כְּשֶׁיָּדָיו מְלֻוכְלָכוֹת לָא מָצֵי לְבָרוֹכֵי עַד אַחַר הַנְּטִילָה לְכָךְ נָהֲגוּ לַעֲשׂוֹת כֵּן אַף בִּנְטִילָה דִּסְעוּדָה. וְעוֹד יֵשׁ טַעַם אַחֵר בִּנְטִילָה כֵּיוָן דִּמְבָרֵךְ קֹודֶם נִיגּוּב גַּם זוֹ מִצְוַת נְטִילָה כִּדְאָמְרִינַן בְּסוֹטָה (דַּף ד:) כָּל הָאוֹכֵל פַּת בְּלֹא נִיגּוּב כְּאִילּוּ אוֹכֵל לֶחֶם טָמֵא:
Rav Yehouda a dit que Rav a dit : celui qui fouille doit bénir. Afin que tu ne dises pas que la mitsva est mince, puisqu'elle ne vise qu'à éliminer le hamets de la maison. Et ce que l'on ne bénit pas sur l'élimination à la cinquième heure, au moment où l'on sort le hamets de la maison, alors que c'est une mitsva de la Torah, comme il est écrit : le premier jour, vous ferez cesser le levain de vos maisons. Et l'on a dérivé plus haut que le premier jour désigne le 14. Je dis : sortir le hamets de la maison avant le temps de son interdiction ne sort pas de tachbitou (vous ferez cesser). Car Rabbi Akiva a dit plus haut (Pessahim 5b) : tachbitou, c'est la combustion. Et la Torah n'a ordonné de le brûler qu'après qu'il a déjà été interdit, à la manière du notar (reste du sacrifice). Plus bas (Pessahim 27b). Tant qu'il est permis à la consommation, on ne le brûle pas. Et ce que l'on le sort de la maison, c'est afin de ne pas transgresser sur lui bal yeraeh (il ne sera pas vu). Il n'y est pas explicité un commandement positif de la Torah sur lequel il y aurait mitsva de bénir. Il convient qu'il bénisse avant la fouille, sur la fouille du hamets. Ils ont institué de dire al biour hamets, parce qu'aussitôt après la fouille il annule, et c'est là l'élimination du hamets qui ne lui est pas connu. Il met de côté celui qui lui est connu, il en mange jusqu'à la cinquième heure, puis il l'élimine de la maison. Sur cette affaire s'est rattachée la bénédiction de la fouille, qui est le début de l'élimination, et elle s'achève à la cinquième heure. Et ce que l'on ne bénit pas sur elle chéhéyanou, bien qu'elle revienne de temps en temps. Il me semble : puisque cette mitsva ne vise que le besoin de la fête, pour préparer la maison et en éliminer le hamets en vue du moëd, on l'appuie sur le zeman de la fête. C'est comme celui qui fait une souka et un loulav pour lui-même : il est tenu de bénir chéhéyanou lors de leur confection, mais on l'appuie sur le zeman de la fête. Chapitre Loulav vaarava, fin du siman 37. Et il y a qui dit que le fouilleur ne doit pas parler jusqu'à ce qu'il achève la fouille. Et il y en a qui ajoutent encore, et disent que s'il a parlé de choses du monde qui ne concernent pas la fouille, il doit revenir fouiller et bénir. Tout cela ne me paraît pas. Il faut seulement veiller à ne pas s'interrompre entre la bénédiction et le début de la fouille. Après qu'il a commencé, la conversation n'est pas une interruption, comme pour le fait de siéger dans la souka, et comme l'homme qui parle au milieu de son repas : la conversation n'est pas une interruption qui obligerait à revenir bénir sur la souka et la bénédiction de hamotsi. Nous n'avons trouvé que la conversation soit une interruption qu'entre téfiline et téfiline, parce que la première bénédiction vaut aussi pour la pose des téfiline de la tête. S'il a parlé, il doit bénir une autre fois lehaniah téfiline, selon Rabbeinou Tam. Et selon Rachi aussi, puisqu'il s'agit de deux mitsvot qui ne se conditionnent pas l'une l'autre, et que s'il n'a pas parlé il n'a pas à bénir al mitsvat téfiline, dès lors c'est une diversion de l'attention (hessah hadaat). Toutefois, à titre initial, il est bon de veiller à ne pas s'occuper d'une conversation vaine jusqu'à ce qu'il achève toute la fouille, afin qu'il mette son cœur à fouiller les pièces, les étages, et tout endroit où l'on introduit du hamets. Et si le maître de maison ne peut pas se donner la peine de fouiller tous les endroits de la maison, qu'il place auprès de lui des gens de sa maison au moment où il bénit pour fouiller, et qu'ils se dispersent pour fouiller, chacun à son endroit, en s'appuyant sur la bénédiction que bénit le maître de maison. Comme il est enseigné dans la Tossefta de Berakhot, chapitre 6 : dix personnes qui accomplissent une seule mitsva, l'un bénit pour tous. Que bénit-il ? Rav Papi, au nom de Rava, a dit : al biour hamets. Rav Papa a dit : levaer hamets. Et la halakha est : al biour hamets. Explication : aussi al biour hamets, bien que pour levaer tout le monde convienne, et que sur al biour ils divergent. Parce qu'il est dit au traité Berakhot, page 50a : aux bénédictions d'un homme on reconnaît qu'il est un talmid 'hakham. Et celui qui bénit al biour se reconnaît comme talmid 'hakham, et il sait que al biour signifie aussi pour l'avenir, comme il est dit au chapitre Keitsad mevarkhin (Berakhot 38b). Les maîtres louaient devant Rabbi Zeira le fils de Rav Zavid : c'est un grand homme, et il est expert en bénédictions. Il leur dit : quand il viendra à votre portée, amenez-le auprès de moi. Quand il vint, on approcha devant lui une table et on lui sortit du pain. Il lui dit : que le maître goûte quelque chose. Il lui dit : que le maître nous permette. Il ouvrit et dit : motsi le'hem min haarets. Il dit : c'est celui dont on dit qu'il est un grand homme. Soit : s'il nous avait dit hamotsi, il nous aurait dit une raison et nous aurait enseigné une halakha. Mais il a dit motsi : qu'est-ce que cela nous apprend ? Sur motsi, tous conviennent. Il en ressort qu'il faut nous faire entendre une nouveauté dans ses bénédictions. C'est pourquoi l'usage est de bénir al biour hamets, pour nous enseigner que cela aussi signifie pour l'avenir, et afin que l'on ne se trompe pas en disant que al biour vise le passé, et qu'en ayant béni ainsi on n'est pas quitte. Et ce sur quoi ils ont divergé dans la formule des bénédictions : il y en a qu'ils ont instituées avec al, et il y en a qu'ils ont instituées avec le lamed. Rabbeinou Tam, de mémoire bénie, donnait une raison à cela. Toute mitsva qui s'accomplit aussitôt, il convient de bénir sur elle al. Par exemple : al mikra meguila, al hatevila, al netilat yadayim, al hafrashat terouma, al akhilat matsa, al akhilat maror. Mais lehaniah téfiline, lehitatef batsitsit, et leichev basouka comportent une durée, et la langue l'indique : être couronné des téfiline, être enveloppé du tsitsit, et siéger dans la souka pour manger et se promener toute la journée. Et lehadlik ner 'Hanouka : il y a une durée dans sa mitsva, comme nous disons à Bame madlikin, page 21b : sa mitsva va depuis le coucher du soleil jusqu'à ce que le pied cesse du marché. De même lichmoa kol chofar : il y a une durée, l'interruption entre les sonneries, car l'essentiel de la mitsva du chofar suit l'ordre des bénédictions. Et ce que l'on ne bénit pas al keriat hallel, alors que nous bénissons al mikra meguila : la raison est que l'on lit la meguila sans interruption, tandis que dans la lecture du Hallel on s'interrompt, et le public répond les têtes des versets. Et encore, nous disons à Pessahim, page 117, que l'essentiel de la lecture du Hallel, les premiers prophètes l'ont institué pour le lire sur tout malheur qui ne viendrait pas sur le public. Lorsqu'ils sont délivrés, ils achèvent le Hallel. Dès lors, cette formule lui convient : likrot et haHallel. Toute mitsva qui n'est pas une obligation permanente, al ne lui convient pas. Et ce que l'on bénit lehakhniso, etc. : parce que cette bénédiction n'a pas été instituée entièrement sur cette mitsva. Sache-le : on la bénit après la circoncision. Elle a été instituée pour rendre grâce, louer et célébrer le Saint, béni soit-Il, qui a ordonné d'accomplir cette mitsva chaque fois qu'elle se présente à nous. Et ce que l'on bénit, pour les téfiline de la main, lehaniah, et pour ceux de la tête, al mitsvat : parce que les sages n'ont pas voulu instituer deux bénédictions égales, l'une après l'autre, pour une seule mitsva. Ils ont institué, pour ceux de la tête, al mitsvat, qui est l'achèvement de la mitsva. Et le Riva distinguait : une mitsva que l'on peut accomplir par un envoyé, on bénit al. Une mitsva qu'il doit accomplir lui-même, il doit bénir avec le lamed. Et c'est un peu le raisonnement du Talmud : limol signifie qu'il faut que ce soit lui qui circoncise. Sur le chofar, nous bénissons lichmoa bekol chofar, car il faut que ce soit lui qui entende. Et likro et haHallel : bien que celui qui entend soit comme celui qui répond, comme pour la lecture de la meguila, il y a néanmoins une mitsva de répondre aux têtes des chapitres, bien que celui qui entend soit comme celui qui répond. Et al hatevila : bien que l'immersion des impurs ne puisse se faire par un envoyé, puisque l'immersion des ustensiles peut s'accomplir par un envoyé, on ne distingue pas. Et aussi à cause de l'immersion des convertis, qui vient après l'immersion. Et al netilat loulav : parce que parfois on bénit après en être quitte, alors qu'on l'a déjà pris. Il ne convient pas de bénir litol, car cela signifie pour l'avenir. Et c'est aussi la raison de al netilat yadayim. Et lehadlik ner chel 'Hanouka : bien que l'on puisse le faire par un envoyé, la manière habituelle est que chacun allume dans sa maison, à cause de la cherté du miracle. De même la lampe de Chabbat. Et al sefirat haomer : parce que l'usage est que l'officiant bénisse pour acquitter celui qui ne sait pas bénir. C'est pourquoi l'on bénit al. Et pour les téfiline, on trouve dans les livres précis : bemitsvat téfiline. Ainsi a écrit Rav Alfas, de mémoire bénie. Et sur la Torah, en Ashkenaz, on bénit laasok bedivrei Torah. Selon cette raison, on bénit leekhol matsa et leekhol maror. Et il faut à l'homme de bénir d'abord, puis de fouiller. Car Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : toutes les mitsvot, on bénit sur elles en passant à leur accomplissement (over laassiyatan). Rav Hisda a dit : sauf l'immersion. Quelle est la raison ? L'homme n'est pas encore apte. Nos maîtres ont enseigné : il s'est immergé et il est monté. En montant, il dit : Béni es-Tu, ה', notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné sur l'immersion. Et les maîtres l'expliquent : il ne parle que de l'immersion du converti, car il ne peut pas dire, avant l'immersion : qui nous a sanctifiés. Les autres qui sont tenus à l'immersion bénissent, puis s'immergent. Car nous tenons pour établi : une nida coupe sa hala, et elle est tenue de bénir pour prélever la hala. Et nous avons aussi enseigné dans une michna (Berakhot 26a), au sujet d'un zav qui a vu une émission et d'une nida qui a expulsé une semence : ils ont besoin d'immersion. La raison : parce qu'il a vu une émission et qu'elle a expulsé une semence, ils ont besoin d'immersion. Donc, s'il n'a pas vu d'émission et qu'elle n'a pas expulsé de semence, il lit et il prie, et ils n'ont pas besoin d'immersion. Et le Ri explique que l'on ne proteste pas contre les femmes qui bénissent après l'immersion, et non avant : puisqu'il y a le converti, qui ne peut bénir qu'après l'immersion, on ne distingue pas. Et cette raison vaut aussi pour le lavage des mains. L'usage est de bénir après le lavage, parce que le matin, lorsque ses mains sont souillées, il ne peut bénir qu'après le lavage. C'est pourquoi l'usage est de faire ainsi même pour le lavage du repas. Et il y a une autre raison pour le lavage : puisqu'il bénit avant l'essuyage, cela aussi est la mitsva du lavage, comme nous disons à Sota (4b) : quiconque mange du pain sans essuyage, c'est comme s'il mangeait du pain impur.
💡 Explication

Chir chebaTorah : le cantique de la mer, Az yachir. Chmouel le place au moment où Israël monte de la mer. Le Hallel de la michna, Tehilim 113 à 118, a un autre auteur : les prophètes qui étaient parmi eux.

Ils l'ont fixé pour chaque temps (perek), et pour chaque malheur. La formule qu'il ne vienne pas est une tournure favorable, comme l'explique Rachi : si un malheur arrive et qu'ils en sont sauvés, ils disent le Hallel sur la délivrance. 'Hanouka en est l'exemple. Le Roch cite cette institution en traitant la bénédiction likrot et haHallel.

8
תַּנְיָא, הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: כָּל תֻּושְׁבָּחוֹת הָאֲמוּרוֹת בְּסֵפֶר תְּהִלִּים כֻּלָּן דָּוִד אֲמָרָן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כָּלּוּ תְפִלּוֹת דָּוִד בֶּן יִשָׁי״ — אַל תִּיקְרֵי ״כֻּלּוֹ״, אֶלָּא ״כָּל אֵלּוּ״.

Il est enseigné : Rabbi Meir disait : toutes les louanges dites dans le livre des Tehilim, David les a toutes dites, car il est dit : Les prières de David fils de Yichaï sont achevées (kalou). Ne lis pas kalou, lis kol elou (toutes celles-ci).

📜 Rachi (1)
כָּל תְּפִלּוֹת כָּל מִזְמוֹרִים הַפּוֹתְחִים בִּתְפִלָּה כְּגוֹן תְּפִלָּה לְעָנִי כִי יַעֲטֹוף (תְּהִילִּים ק״ב:א׳):
Toutes les prières : tous les psaumes qui s'ouvrent par tefila, par exemple : Prière du pauvre lorsqu'il défaille (Tehilim 102, 1).
💡 Explication

Al tikrei : on lit le même consonnes autrement. Kalou, elles sont achevées, se lit kol elou, toutes celles-ci. Rabbi Meir en tire que David a dit toutes les louanges du livre. Rachi limite le dibour aux psaumes qui s'ouvrent par le mot tefila.

9
הַלֵּל זֶה מִי אֲמָרוֹ? רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר, אֶלְעָזָר בְּנִי אוֹמֵר: מֹשֶׁה וְיִשְׂרָאֵל אֲמָרוּהוּ בְּשָׁעָה שֶׁעָלוּ מִן הַיָּם. וַחֲלוּקִין עָלָיו חֲבֵירָיו לוֹמַר שֶׁדָּוִד אֲמָרוֹ. וְנִרְאִין דְּבָרָיו מִדִּבְרֵיהֶן. אֶפְשָׁר יִשְׂרָאֵל שָׁחֲטוּ אֶת פִּסְחֵיהֶן וְנָטְלוּ לוּלְבֵיהֶן וְלֹא אָמְרוּ שִׁירָה?!

Ce Hallel, qui l'a dit ? Rabbi Yossi dit : Elazar mon fils dit : Moché et Israël l'ont dit à l'heure où ils sont montés de la mer.

Et ses collègues divergent de lui, pour dire que David l'a dit. Et ses paroles paraissent fondées, plus que les leurs.

Est-il possible qu'Israël ait abattu ses sacrifices de Pessa'h et pris ses loulavim, et qu'ils n'aient pas dit de cantique ?

📜 Rachi (1)
אֶפְשָׁר יִשְׂרָאֵל שׁוֹחֲטִין אֶת פִּסְחֵיהֶן מִיְּצִיאַת מִצְרַיִם וְעַד דָּוִד לֹא אָמְרוּ עָלָיו הַלֵּל:
Est-il possible qu'Israël abatte ses sacrifices de Pessa'h : depuis la sortie d'Égypte jusqu'à David, ils n'auraient pas dit le Hallel sur lui.
💡 Explication

Face à Rabbi Meir, Rabbi Yossi rapporte son fils Elazar : le Hallel remonte à la mer, avec Moché et Israël. Les collègues l'attribuent à David. Rabbi Yossi tient la parole de son fils pour la mieux fondée.

La question porte sur les générations d'avant David. On abattait le korban Pessa'h et l'on prenait le loulav. Ces rites s'accompagnent du Hallel. Elazar en conclut que le cantique existait déjà.

10
דָּבָר אַחֵר: פִּסְלוֹ שֶׁל מִיכָה עוֹמֵד בִּבְכִי, וְיִשְׂרָאֵל אוֹמְרִים אֶת הַהַלֵּל?

Autre explication : la statue de Mikha se tient dans les pleurs, et Israël dit le Hallel ?

📜 Rachi (1)
ד"א פִּסְלוֹ שֶׁל מִיכָה עוֹמֵד בִּימֵי דָּוִד בִּבְכִי בְּאוֹתוֹ מָקוֹם וְיִשְׂרָאֵל אוֹמְרִים הַלֵּל שֶׁכָּתוּב בּוֹ כְּמוֹהֶם יִהְיוּ עוֹשֵׂיהֶם וְגוֹ' אֶלָּא וַדַּאי עַל הַיָּם נֶאֱמַר תְּחִלָּה וְשׁוּב לֹא פָּסַק:
Autre explication, la statue de Mikha se tient : aux jours de David, dans les pleurs, en ce lieu, et Israël dit un Hallel dans lequel il est écrit : comme eux seront ceux qui les font, etc. Dès lors, il a certes été dit d'abord sur la mer, et ensuite il n'a pas cessé.
🪔 Ben Yehoyada (1)
דָּבָר אַחֵר: הֲרֵי פִּסְלוֹ שֶׁל מִיכָה עוֹמֵד בִּבְכִי, וְיִשְׂרָאֵל אוֹמְרִים אֶת הַהַלֵּל. עַיֵּין רַשִׁ"י וְרַשְׁבָּ"ם וְעַייֵּן מַה שֶׁכָּתַב מָהַרְשָׁ"א וְהָרִי"ף זַ"ל מֵהָא דְּאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל עַל פָּסוּק 'וְעָבַר בַּיָּם צָרָה' (זְכַרְיָה י, יא) עַייֵּן שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּפִסְלוֹ שֶׁל מִיכָה לֹא הָיָה לוֹ דִּין עֲבוֹדָה זָרָה דְּלָא הָיוּ עוֹבְדִים אוֹתוֹ אֶלָּא כְּמוֹ עִנְיַן הַתְּרָפִים שֶׁבּוֹטְחִים בּוֹ לֵידַע מִמֶּנּוּ עֲתִידוֹת וְנִסְתָּרוֹת, וּכְמוֹ שֶׁכָּתְבוּ רַדַ"ק וְרַלְבַּ"ג וּמָהָרָ"שׁ יָפֶה וְהֵבִיא דִּבְרֵיהֶם כְּלִי יָקָר עַל נְבִיאִים (שׁוֹפְטִים יז, ה) יְעֻויַּן שָׁם. וְלָכֵן כְּשֶׁעָבַר בַּיָּם לֹא הִרְגִּישׁ בּוֹ מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה עַל יְדֵי רוּחַ הַקֹּודֶשׁ כִּי לֹא הָיָה עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁאִם הָיָה עֲבוֹדָה זָרָה הָיָה מַרְגִּישׁ בּוֹ עַל יְדֵי רוּחַ הַקֹּודֶשׁ וְגַם הָיָה מְעַכֵּב בְּהַשְׁרָאַת שְׁכִינָה וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ בְּאֶסְתֵּר ע"ה (מְגִילָּה טו:) שֶׁנִּסְתַּלְּקָה מִמֶּנָּה שְׁכִינָה כְּשֶׁנִּכְנְסָה לְמָקוֹם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ עֲבוֹדָה זָרָה. וְגַם מַה שֶׁהָיָה בְּעִנְיַן הַתְּרָפִים לֹא הָיוּ בּוֹטְחִים בּוֹ הַרְבֵּה בְּנֵי אָדָם וְלֹא הָיוּ נִמְשָׁכִים אַחֲרָיו אֶלָּא רַק מִיכָה הָיָה בּוֹטֵחַ בּוֹ, וְלָכֵן אַף עַל פִּי שֶׁהָיוּ יִשְׂרָאֵל אוֹמְרִים בְּהַלֵּל 'כְּמוֹהֶם יִהְיוּ עֹשֵׂיהֶם כֹּל אֲשֶׁר בֹּטֵחַ בָּהֶם' (תְּהִלִּים קטו, ח) דִּמְקַלְּלִים גַּם הַבּוֹטְחִים אַף עַל פִּי שֶׁאֵין עוֹבְדִים הִנֵּה וַדַּאי מִיכָה לֹא הָיָה אוֹמֵר פָּסוּק זֶה לְקַלֵּל הַבּוֹטְחִים בּוֹ, אֲבָל יִשְׂרָאֵל שֶׁכֻּולָּם אֵין לָהֶם יְדִיעָה עֲדַייִן מִזֶּה כְּלָל הָיוּ אוֹמְרִים 'כֹּל אֲשֶׁר בָּטַח בָּהֶם', אֲבָל בִּזְמַן דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה נִתְפַּשֵּׁט עִנְיָינוֹ בְּיִשְׂרָאֵל וְהָיוּ רַבִּים מִיִּשְׂרָאֵל נִמְשָׁכִים אַחֲרָיו לִבְטֹוחַ בּוֹ דַּוְקָא וְלֹא לַעֲבֹוד ח"ו וּלְפִי זֶה כְּשֶׁאוֹמְרִים בְּאוֹתוֹ זְמַן 'כֹּל אֲשֶׁר בָּטַח בָּהֶם' הֲרֵי הֵם מְקַלְּלִים עַצְמָן! וְלָכֵן בִּשְׁלָמָא אִם הָיָה הַהַלֵּל הַזֶּה נִתְקַן לְאוֹמְרוֹ מִזְּמַן מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה אֵין לְהִתְפַּלֵּא וְלוֹמַר אֵיךְ יְקַלְּלוּ עַצְמָן דַּהֲרֵי עַתָּה הֵם בּוֹטְחִים בָּזֶה, דְּיֵשׁ לוֹמַר כֵּיוָן דַּאֲמִירַת הַהַלֵּל הַזֶּה הִיא מְתֻוקֶּנֶת מִזְּמַן מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה לֹא הָיוּ מְשַׁנִּים וּמְבַטְּלִים תַּקָּנַת מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה וְהָיוּ מֻוכְרָחִים לְאוֹמְרוֹ אַף עַל פִּי שֶׁבַּאֲמִירָה זוֹ נִמְצָא מְקַלְּלִים עַצְמָן, אֲבָל אִם נִתְקַן אֲמִירַת הַהַלֵּל בִּזְמַן דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה אֵיךְ רָצוּ לְקַבֵּל תַּקָּנָה חֲדָשָׁה זוֹ לוֹמַר דְּבָרִים שֶׁיֵּצֵא מֵהֶם קְלָלָה לְעַצְמָן?!
Autre explication : voici que la statue de Mikha se tient dans les pleurs, et Israël dit le Hallel. Vois Rachi et le Rachbam, et vois ce qu'ont écrit le Maharcha et le Rif, de mémoire bénie, à partir de ce que nos maîtres ont dit sur le verset : Il passera dans la mer, la détresse (Zacharie 10, 11). Vois là-bas. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la statue de Mikha n'avait pas le statut d'avoda zara (culte étranger). On ne la servait pas. C'était à la manière des terafim, en qui l'on se confie pour connaître par eux l'avenir et les choses cachées, comme l'ont écrit le Radak, le Ralbag et Maharash Yafe, et le Keli Yakar sur les Prophètes a rapporté leurs paroles (Juges 17, 5). Vois là-bas. C'est pourquoi, lorsqu'il a traversé la mer, Moché notre maître, que la paix soit sur lui, ne l'a pas perçue par l'esprit saint, car elle n'entrait pas dans le culte étranger. Si elle avait été un culte étranger, il l'aurait perçue par l'esprit saint, et elle aurait aussi empêché le repos de la Chekhina, comme ils l'ont dit d'Esther, que la paix soit sur elle (Meguila 15b) : la Chekhina s'est retirée d'elle lorsqu'elle est entrée dans un lieu où se trouve un culte étranger. Et pour ce qui était à la manière des terafim, beaucoup d'hommes ne s'y confiaient pas et ne se laissaient pas entraîner après eux. Seul Mikha s'y confiait. Dès lors, bien qu'Israël dise dans le Hallel : comme eux seront ceux qui les font, tous ceux qui se confient en eux (Tehilim 115, 8), verset qui maudit aussi ceux qui se confient, même lorsqu'ils ne servent pas, certes Mikha ne disait pas ce verset pour maudire ceux qui se confient en lui. Israël, dont personne n'avait encore aucune connaissance de cela, disait : tous ceux qui se confient en eux. Au temps du roi David, que la paix soit sur lui, son affaire s'est répandue en Israël, et beaucoup en Israël se laissaient entraîner après elle pour s'y confier, et pour ne pas la servir, à D.ieu ne plaise. Dès lors, lorsqu'ils disent en ce temps : tous ceux qui se confient en eux, ils se maudissent eux-mêmes. Si ce Hallel a été institué pour être dit depuis le temps de Moché notre maître, que la paix soit sur lui, il n'y a pas lieu de s'étonner : comment se maudiraient-ils eux-mêmes, alors qu'à présent ils se confient en cela ? On peut dire : puisque la récitation de ce Hallel est instituée depuis le temps de Moché notre maître, ils ne changeaient pas et n'annulaient pas l'institution de Moché notre maître, et ils étaient tenus de le dire, bien que par cette récitation ils se trouvent se maudire eux-mêmes. Si la récitation du Hallel a été instituée au temps du roi David, comment auraient-ils voulu accepter cette institution nouvelle, pour dire des paroles d'où sortirait une malédiction contre eux-mêmes ?
💡 Explication

Seconde preuve d'Elazar. Aux jours de David, la statue de Mikha est encore là. Le Hallel contient : comme eux seront ceux qui les font, et tous ceux qui se confient en eux. Rachi lit dans les pleurs comme une tournure qui évite de dire le rire de la statue, et il conclut : le Hallel a d'abord été dit sur la mer, puis il n'a pas cessé.

11
תָּנוּ רַבָּנַן: כָּל שִׁירוֹת וְתֻושְׁבָּחוֹת שֶׁאָמַר דָּוִד בְּסֵפֶר תְּהִלִּים, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: כְּנֶגֶד עַצְמוֹ אֲמָרָן. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: כְּנֶגֶד צִיבּוּר אֲמָרָן. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: יֵשׁ מֵהֶן כְּנֶגֶד צִיבּוּר וְיֵשׁ מֵהֶן כְּנֶגֶד עַצְמוֹ. הָאֲמוּרוֹת בִּלְשׁוֹן יָחִיד — כְּנֶגֶד עַצְמוֹ, הָאֲמוּרוֹת בִּלְשׁוֹן רַבִּים — כְּנֶגֶד צִיבּוּר.

Nos maîtres ont enseigné : tous les cantiques et les louanges que David a dits dans le livre des Tehilim, Rabbi Eliezer dit : il les a dits à son propre sujet. Rabbi Yehochoua dit : il les a dits au sujet de la communauté.

Et les sages disent : il y en a au sujet de la communauté, et il y en a à son propre sujet. Celles qui sont dites au singulier, à son propre sujet.

Celles qui sont dites au pluriel, au sujet de la communauté.

💡 Explication

Trois lectures du livre. Rabbi Eliezer : David parle de lui. Rabbi Yehochoua : il parle de la communauté. Les sages partagent selon la grammaire : le singulier vise David, le pluriel vise le public.

12
״נִיצּוּחַ״ וְ״נִיגּוּן״ — לֶעָתִיד לָבֹא. ״מַשְׂכִּיל״ — עַל יְדֵי תּוּרְגְּמָן. ״לְדָוִד מִזְמוֹר״ — מְלַמֵּד שֶׁשָּׁרְתָה עָלָיו שְׁכִינָה וְאַחַר כָּךְ אָמַר שִׁירָה. ״מִזְמוֹר לְדָוִד״ — מְלַמֵּד שֶׁאָמַר שִׁירָה וְאַחַר כָּךְ שָׁרְתָה עָלָיו שְׁכִינָה.

Nitsuah et nigoun : pour les temps à venir. Maskil : par l'intermédiaire d'un metourgeman.

Ledavid mizmor : cela enseigne que la Chekhina a reposé sur lui, et ensuite il a dit le cantique. Mizmor ledavid : cela enseigne qu'il a dit le cantique, et ensuite la Chekhina a reposé sur lui.

📜 Rachi (2)
נִיצּוּחַ וְנִיגּוּן לֶעָתִיד לָבֹא מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר לַמְנַצֵּחַ בִּנְגִינוֹת מִלְּעַתֵּיד הוּא מְדַבֵּר:
Nitsuah et nigoun, pour les temps à venir : là où il est dit laménatséah binéguinot, il parle de l'avenir.
ע"י מְתֻורְגְּמָן הוּא אוֹמֵר וְאַחַר מְפָרֵשׁ:
Par un metourgeman : lui dit, et l'autre explique ensuite.
🪔 Ben Yehoyada (1)
'נִצּוּחַ' וְ'נִגּוּן', לֶעָתִיד לָבוֹא. הִנֵּה מָהַרְשָׁ"א פֵּירֵשׁ טַעַם לְנִיצּוּחַ וְלֹא פֵּירֵשׁ טַעַם לְנִיגּוּן. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דִּלְעָתִיד יִתְעַלֶּה הַ'נִגּוּן' שֶׁיִּהְיֶה מְנַגֵּן בְּכִינּוֹר שֶׁל שְׁמֹנָה נִימִין וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (עֲרָכִין יג:) עַל פָּסוּק (תְּהִלִּים יב, א) 'לַמְנַצֵּחַ עַל הַשְּׁמִינִית' וּפֵרַשְׁנוּ הַטַּעַם לְמִסְפַּר שְׁמֹנָה רֶמֶז לְבֵינָהּ שֶׁהִיא סְפִירָה שְׁמִינִית וְאֵין אֲחִיזָה לַחִיצוֹנִים שָׁם וּמִשָּׁם יִמָּשֵׁךְ לָנוּ שֶׁפַע הַחֵירוּת, וְלָכֵן מִזְמוֹרִים שֶׁרָמַז בָּהֶם דִּבְרֵי דְּבָרִים שֶׁל הֶעָתִיד לָבוֹא אֲמָרָם 'נִצּוּחַ' וְ'נִגּוּן'. וּמַה שֶׁאָמְרוּ ' מַשְׂכִּיל ', עַל יְדֵי תֻּרְגְּמָן , נִרְאֶה לִי בס"ד 'מַשְׂכִּיל' אוֹתִיּוֹת שֵׁם כְּלִי דְּהַמְתֻורְגְּמָן הוּא כְּלִי שֶׁל הַדַּרְשָׁן שֶׁבּוֹ מַשְׁקֶה מַיִם שֶׁל הַדְּרָשָׁה לָרַבִּים, וְגַם עוֹד צָרִיךְ שֶׁיִּהְיֶה הַמְתֻורְגְּמָן מַשְׂכִּיל לְהָבִין הַדְּבָרִים וְלַהֲבִינָן לָרַבִּים. וּמַה שֶׁאָמְרוּ ' לְדָוִד מִזְמוֹר ', מְלַמֵּד שֶׁשָּׁרְתָה עָלָיו שְׁכִינָה וְאַחַר כָּךְ אָמַר שִׁירָה, נִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁאָמְרוּ בַּזֹּוהַר (קְדוֹשִׁים דַּף פד) דָּוִד אַחֲרָא אִית לֵיהּ לקב"ה דְּאִיהוּ מִמָּנָא עַל כַּמָּה אוֹכְלוֹסִין עִלָּאִין וּמְשָׁרְיָין וְכוּ' עַיֵּין שָׁם וְהַכַּווָּנָה עַל בְּחִינַת הַמַּלְכוּת שֶׁגַּם הִיא מְכֻונֵּית בְּשֵׁם דָּוִד וְהוּא סוֹד הַשְּׁכִינָה לְכָךְ דְּרֵישׁ שַׁפִּיר כָּאן 'לְדָוִד מִזְמוֹר' וְ'מִזְמוֹר לְדָוִד' עַל הַשְׁרָאַת שְׁכִינָה שֶׁגַּם הִיא מְכֻונֵּית בְּשֵׁם דָּוִד.
Nitsuah et nigoun, pour l'avenir. Voici : le Maharcha a expliqué la raison de nitsuah, et il n'a pas expliqué la raison de nigoun. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'à l'avenir le nigoun s'élèvera : on jouera d'une harpe à huit cordes, comme nos maîtres l'ont dit (Arakhin 13b) sur le verset (Tehilim 12, 1) : laménatséah al hacheminit. Nous avons expliqué la raison du nombre huit : allusion à la bina, qui est la huitième sefira, et les extérieurs n'y ont pas de prise. De là se prolongera vers nous l'influx de la liberté. C'est pourquoi les psaumes dans lesquels sont indiquées des paroles des temps à venir, il les a dits en nitsuah et en nigoun. Et ce qu'ils ont dit : maskil, par l'intermédiaire d'un metourgeman. Il me semble, avec l'aide du Ciel : maskil a les lettres de chem kli (nom de l'instrument). Le metourgeman est l'instrument du darshan, par lequel il abreuve la foule de l'eau de la deracha. Il faut encore que le metourgeman soit maskil, pour comprendre les paroles et les faire comprendre à la foule. Et ce qu'ils ont dit : ledavid mizmor, cela enseigne que la Chekhina a reposé sur lui, et ensuite il a dit le cantique. Il me semble, avec l'aide du Ciel, d'après ce qu'ils ont dit dans le Zohar (Kedochim, page 84) : le Saint, béni soit-Il, a un autre David, préposé sur plusieurs multitudes d'en haut et des camps, etc. Vois là-bas. L'intention vise le niveau de la malkhout, qui elle aussi porte le nom de David, et c'est le sod de la Chekhina. C'est pourquoi il dérive ici à juste titre ledavid mizmor et mizmor ledavid sur le repos de la Chekhina, qui elle aussi porte le nom de David.
💡 Explication

L'ordre des mots fixe l'ordre des faits. Ledavid mizmor : le nom de David d'abord, donc la Chekhina d'abord, puis le cantique. Mizmor ledavid : le cantique d'abord, puis la Chekhina.

Maskil passe par le metourgeman : le maître parle bas, le porte-parole reprend plus fort. Rachi : là où il est écrit laménatséah binéguinot, le psaume parle des temps à venir.

🖼️ Schéma
Ledavid mizmor, ou mizmor ledavidLedavid mizmor1. La Chekhina repose2. Ensuite il dit le cantiqueMizmor ledavid1. Il dit le cantique2. Ensuite la Chekhina reposeNitsuah et nigoun : les temps à venir. Maskil : par un metourgeman.
L'ordre des mots dit si la Chekhina précède le cantique, ou si le cantique la précède.
13
לְלַמֶּדְךָ שֶׁאֵין הַשְּׁכִינָה שׁוֹרָה, לֹא מִתּוֹךְ עַצְלוּת וְלֹא מִתּוֹךְ עַצְבוּת וְלֹא מִתּוֹךְ שְׂחוֹק וְלֹא מִתּוֹךְ קַלּוּת רֹאשׁ וְלֹא מִתּוֹךְ דְּבָרִים בְּטֵלִים, אֶלָּא מִתּוֹךְ דְּבַר שִׂמְחָה שֶׁל מִצְוָה. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעַתָּה קְחוּ לִי מְנַגֵּן וְהָיָה כְּנַגֵּן הַמְנַגֵּן וַתְּהִי עָלָיו יַד ה׳״.

Pour t'enseigner que la Chekhina ne repose ni par la paresse, ni par la tristesse, ni par le rire, ni par la légèreté, ni par des paroles vaines, mais par une chose de joie de mitsva. Car il est dit : Et maintenant, prenez-moi un musicien.

Et il arriva, lorsque le musicien joua, que la main de ה' fut sur lui.

🪔 Ben Yehoyada (1)
לְלַמֶּדְךָ, שֶׁאֵין הַשְּׁכִינָה שׁוֹרָה, לֹא מִתּוֹךְ עַצְלוּת, וְלֹא מִתּוֹךְ עַצְבוּת וְלֹא מִתּוֹךְ שְׂחוֹק, וְלֹא מִתּוֹךְ קַלּוּת רֹאשׁ, וְלֹא מִתּוֹךְ דְּבָרִים בְּטֵלִים, אֶלָּא מִתּוֹךְ דְּבַר שִׂמְחָה שֶׁל מִצְוָה. נִרְאֶה לִי בס"ד נָקֵיט הַקַּל תְּחִלָּה כִּי עַצְבוּת מְאִיס מֵעַצְלוּת, וְהַשְּׂחוֹק מְאִיס מֵעַצְבוּת, וְהַקַּלּוּת רֹאשׁ מְאִיס מִשְּׂחוֹק, וּדְבָרִים בְּטֵלִים מְאִיסֵי מִן קַלּוּת רֹאשׁ כִּי עַל יְדֵי דְּבָרִים בְּטֵלִים נִמְשָׁךְ הָאָדָם לַשֶּׁקֶר וּלְשׁוֹן הָרָע וְלֵיצָנוּת שֶׁהֵם חֲמוּרִים. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דִּדְבָרִים אֵלּוּ דְּנָקֵיט כָּאן נִמְשָׁכִים מִן אַרְבָּעָה יְסוֹדוֹת, וְהַייְנוּ עַצְלוּת וְעִצָּבוֹן מִיְּסוֹד הֶעָפָר, וּדְבָרִים בְּטֵלִים מִיְּסוֹד הָרוּחַ כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ (אוּנְקְלוֹס בְּרֵאשִׁית ב, ז) 'רוּחַ מְמַלְּלָא', וּשְׂחוֹק מִיְּסוֹד הָאֵשׁ וְלָכֵן פְּנֵי הַשּׁוֹחֵק מִתְאַדְּמִים , וְקַלּוּת רֹאשׁ מִיְּסוֹד הַמַּיִם רֶמֶז לְדָבָר קַל הוּא עַל פְּנֵי הַמַּיִם דְּהַמַּיִם קַלִּים לִרְדֹּוף. נִמְצָא הֵם חֲמִשָּׁה הַמְעַכְּבִים הַשְׁרָאַת שְׁכִינָה וּבְהֵעָדְרָם תִּשְׁרֶה שְׁכִינָה עַל יְדֵי שִׂמְחָה שֶׁל מִצְוָה, וְהַייְנוּ שִׂמְחָה אוֹתִיּוֹת חֲמִשָּׁה רֶמֶז לֹא תּוֹעִיל הַשִּׂמְחָה אֶלָּא רַק בְּהֶעְדֵּר חֲמִשָּׁה דְּבָרִים הַנִּזְכָּרִים. וּמַה שֶׁאָמְרוּ ' וְכֵן לִדְבַר הֲלָכָה ' ' וְכֵן לַחֲלוֹם טוֹב ' נִמְצָא הַשִּׂמְחָה תּוֹעִיל לְהַשְׁרָאַת שְׁכִינָה וְלַחֲלוֹם וְנִרְמְזוּ בְּאוֹתִיּוֹת 'שִׂמְחָה' שֶׁהוּא רָאשֵׁי תֵּיבוֹת מ וְעֹלַת ש כִּינָּה ח לוֹם ה לְכָה:
Pour t'enseigner que la Chekhina ne repose ni par la paresse, ni par la tristesse, ni par le rire, ni par la légèreté, ni par des paroles vaines, mais par une chose de joie de mitsva. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il a pris d'abord le plus léger. Car la tristesse est plus répugnante que la paresse, le rire est plus répugnant que la tristesse, la légèreté est plus répugnante que le rire, et les paroles vaines sont plus répugnantes que la légèreté, car par les paroles vaines l'homme est entraîné vers le mensonge, le lachon hara (médisance) et la moquerie, qui sont graves. Et il me semble, avec l'aide du Ciel, que ces choses qu'il prend ici se prolongent des quatre éléments. La paresse et la tristesse, de l'élément de la terre. Les paroles vaines, de l'élément du souffle, comme ils ont dit (Onkelos, Genèse 2, 7) : un souffle qui parle. Le rire, de l'élément du feu : c'est pourquoi le visage de celui qui rit rougit. La légèreté, de l'élément de l'eau : allusion, une chose légère est sur la face des eaux, car les eaux sont promptes à courir. Il se trouve qu'ils sont cinq, ceux qui empêchent le repos de la Chekhina. En leur absence, la Chekhina repose par la joie d'une mitsva. Simha a les lettres de hamicha (cinq). Allusion : la joie ne sert que dans l'absence des cinq choses mentionnées. Et ce qu'ils ont dit : et de même pour une parole de halakha, et de même pour un bon rêve. Il se trouve que la joie sert au repos de la Chekhina, au rêve et à la halakha. Ils sont indiqués dans les lettres de simha, notarikon de moelet, Chekhina, halom, halakha.
💡 Explication

La Chekhina repose par la joie d'une mitsva. La paresse, la tristesse, le rire, la légèreté et les paroles vaines empêchent ce repos.

Le verset vise Elicha. Après sa colère, il demande un musicien. Quand le musicien joue, la main de ה' revient sur lui.

🖼️ Schéma
D'où la Chekhina reposeParesseTerreTristesseTerreParoles vainesSouffleRireFeuLégèretéEauJoie d'une mitsvaPrenez-moi un musicien : la main de Hachem revient sur Elicha.Rav : de même pour la halakhaRav Nahman : de même pour un bon rêve
Cinq états empêchent le repos de la Chekhina. Elle repose par la joie d'une mitsva.
14
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: וְכֵן לִדְבַר הֲלָכָה. אָמַר רַב נַחְמָן: וְכֵן לַחֲלוֹם טוֹב.

Rav Yehouda a dit que Rav a dit : et de même pour une parole de halakha. Rav Nahman a dit : et de même pour un bon rêve.

💡 Explication

La même joie prépare deux autres choses. Rav : avant une parole de halakha. Rav Nahman : avant le sommeil, pour un bon rêve.

15
אֵינִי?! וְהָאָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב: כָּל תַּלְמִיד חָכָם הַיּוֹשֵׁב לִפְנֵי רַבּוֹ וְאֵין שִׂפְתוֹתָיו נוֹטְפוֹת מַר — תְּכַוֶּינָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שִׂפְתוֹתָיו שׁוֹשַׁנִּים נֹוטְפוֹת מוֹר עֹובֵר״. אַל תִּקְרֵי ״שׁוֹשַׁנִּים״, אֶלָּא ״שֶׁשּׁוֹנִים״. אַל תִּקְרֵי ״מוֹר עוֹבֵר״, אֶלָּא ״מַר עוֹבֵר״.

Est-ce bien ainsi ? Or Rav Guidel a dit que Rav a dit : tout talmid 'hakham qui siège devant son maître, et dont les lèvres ne dégouttent pas d'amertume, qu'elles soient brûlées.

Car il est dit : Ses lèvres sont des lis, dégouttant de myrrhe qui passe. Ne lis pas chouchanim (lis), lis chechonim (qui répètent).

Ne lis pas mor over (myrrhe qui passe), lis mar over (amertume qui passe).

💡 Explication

La joie avant la halakha se heurte à une autre parole de Rav, rapportée par Rav Guidel. Devant son maître, les lèvres du talmid 'hakham dégouttent d'amertume, par la crainte. Sinon, qu'elles soient brûlées.

Le verset du Cantique est lu par al tikrei. Chouchanim se lit chechonim, ceux qui répètent l'étude. Mor over se lit mar over, une amertume qui passe.

16
לָא קַשְׁיָא: הָא — בְּרַבָּה, הָא — בְּתַלְמִידָא.

Il n'y a pas de difficulté. Ceci vise le maître, ceci vise le disciple.

💡 Explication

Les deux paroles de Rav visent deux places. La joie, c'est le maître qui va enseigner. L'amertume, c'est le disciple assis devant lui.

17
וְאִי בָּעֵית אֵימָא: הָא וְהָא בְּרַבָּה, וְלָא קַשְׁיָא: הָא — מִקַּמֵּי דְּפָתַח, וְהָא — לְבָתַר דְּפָתַח. כִּי הָא דְּרַבָּה, מִקַּמֵּי דְּפָתַח לְהוּ לְרַבָּנַן, אָמַר מִילְּתָא דִּבְדִיחוּתָא וּבָדְחוּ רַבָּנַן, וּלְבַסּוֹף יָתֵיב בְּאֵימְתָא, וּפָתַח בִּשְׁמַעְתָּא.

Et si tu veux, dis : ceci et cela visent le maître, et il n'y a pas de difficulté. Ceci, avant qu'il ouvre.

Cela, après qu'il a ouvert. Comme ce que faisait Rabba : avant de leur ouvrir, aux maîtres, il disait une parole plaisante, et les maîtres riaient.

À la fin, il siégeait dans la crainte, et il ouvrait l'enseignement.

💡 Explication

Seconde résolution : les deux paroles visent le maître, à deux moments. Avant d'ouvrir, la joie. Après avoir ouvert, la crainte.

Rabba le faisait ainsi. D'abord une parole plaisante, les maîtres rient. Puis il siège dans la crainte et ouvre la chemata.

🖼️ Schéma
Rabba, avant d'ouvrir l'enseignementAvantUne parole plaisante.Les maîtres rient.EnsuiteIl siègedans la crainte.Il ouvreLa chemata,l'enseignement.Le maître, avant d'ouvrir : la joie. Le disciple, devant son maître : l'amertume.
Rabba : une parole plaisante, puis la crainte, puis l'enseignement.
18
תָּנוּ רַבָּנַן: הַלֵּל זֶה מִי אֲמָרוֹ? רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: מֹשֶׁה וְיִשְׂרָאֵל אֲמָרוּהוּ בְּשָׁעָה שֶׁעָמְדוּ עַל הַיָּם. הֵם אָמְרוּ: ״לֹא לָנוּ ה׳ לֹא לָנוּ״, מְשִׁיבָה רוּחַ הַקֹּודֶשׁ וְאָמְרָה לָהֶן: ״לְמַעֲנִי לְמַעֲנִי אֶעֱשֶׂה״. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: יְהוֹשֻׁעַ וְיִשְׂרָאֵל אֲמָרוּהוּ בְּשָׁעָה שֶׁעָמְדוּ עֲלֵיהֶן מַלְכֵי כְנַעַן. הֵם אָמְרוּ: ״לֹא לָנוּ״, וּמְשִׁיבָה וְכוּ׳:

Nos maîtres ont enseigné : ce Hallel, qui l'a dit ? Rabbi Eliezer dit : Moché et Israël l'ont dit à l'heure où ils se tenaient sur la mer.

Eux ont dit : Pas à nous, ה', pas à nous. L'esprit saint répond et leur dit : À cause de Moi, à cause de Moi, Je ferai.

Rabbi Yehouda dit : Yehochoua et Israël l'ont dit à l'heure où les rois de Canaan se dressèrent contre eux. Eux ont dit : Pas à nous.

Et elle répond, etc.

📜 Rachi (1)
יְהוֹשֻׁעַ וְכָל יִשְׂרָאֵל אֲמָרוּהוּ כְּלוֹמַר אַף יְהוֹשֻׁעַ וְכָל יִשְׂרָאֵל אֲמָרוּהוּ:
Yehochoua et tout Israël l'ont dit : c'est-à-dire que Yehochoua et tout Israël l'ont dit eux aussi.
🪔 Ben Yehoyada (1)
הַלֵּל זֶה, מִי אֲמָרוֹ. נִרְאֶה לִי בס"ד שׁוֹאֵל הַלֵּל זֶה שֶׁאֲנַחְנוּ אוֹמְרִים בְּכוֹס רְבִיעִי דְּמַתְחִיל מִן 'לֹא לָנוּ ה' לֹא לָנוּ' (תְּהִלִּים קטו, א) אֲבָל שְׁנֵי מִזְמוֹרִים רִאשׁוֹנִים 'הַלְלוּיָהּ' וּ'בְּצֵאת' (שָׁם קיג-קיד) פְּשִׁיטָא לֵיהּ דְּמֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה וְיִשְׂרָאֵל אֲמָרוּם, וְלָזֶה מֵבִיא דִּבְרֵי הַתַּנָּאִים דְּיֵשׁ אוֹמְרִים גַּם זֶה אָמְרוּ מֹשֶׁה וְיִשְׂרָאֵל וְיֵשׁ אוֹמְרִים יְהוֹשֻׁעַ וְיִשְׂרָאֵל וְיֵשׁ אוֹמְרִים דְּבוֹרָה וּבָרָק. וּמַה שֶׁאָמְרוּ הֵם אָמְרוּ : ' לֹא לָנוּ ה' לֹא לָנוּ ' נִרְאֶה לִי דִּקְרִיעַת יַם סוּף הָיְתָה בַּלַּיְלָה וְכֵן מַפָּלַת חֵיל סִיסְרָא בַּלַּיְלָה דְּהַכּוֹכָבִים נִלְחֲמוּ וְכֵן מַפָּלַת חֵיל סַנְחֵרִיב בַּלַּיְלָה וְכֵן בְּהַמָּן 'בַּלַּיְלָה הַהוּא נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ' (אֶסְתֵּר ו, א) וְלָכֵן כֻּולָּם אָמְרוּ פָּסוּק זֶה ' ל א ל נו י י' שֶׁהוּא רָאשֵׁי תֵּיבוֹת 'לֵיל' שֶׁהִתְחִילוּ מִן פָּסוּק זֶה וְהֵם אָמְרוּ 'כִּי לְשִׁמְךָ תֵּן כָּבוֹד' וְהֵשִׁיב 'לְמַעֲנִי לְמַעֲנִי אֶעֱשֶׂה' לְמַעַן שֵׁם הַנִּכְתָּב וּלְמַעַן שֵׁם הַנִּקְרָא כִּי הַשֵּׁם נִכְתָּב בי"ה וְנִקְרָא בְּאָלֶ"ף דָּלֶ"ת. וּמַה שֶׁאָמְרוּ יְהוֹשֻׁעַ וְיִשְׂרָאֵל אֲמָרוּהוּ לָכֵן כָּפְלוּ הַדְּבָרִים 'לֹא לָנוּ לֹא לָנוּ' דְּרָמְזוּ עַל ל"א מַלְכֵי כְּנַעַן וְהַשָּׂרִים שֶׁלָּהֶם שֶׁגַּם הֵם ל"א, וְזֶהוּ לֹא לָנוּ רוֹצֶה לוֹמַר ל"א מְלָכִים יִהְיוּ לָנוּ כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (בַּמִּדְבָּר יד, ט) 'כִּי לַחֲמֵנוּ הֵם וָהּ' אִתָּנוּ' לְכָךְ הִזְכִּיר ה' בֵּין ל"א הַשָּׂרִים שֶׁל מַעְלָה וּבֵין ל"א מְלָכִים אֲשֶׁר תַּחַת יָדָם, וְאַף עַל גַּב דְּהַהַלֵּל אוֹמְרִים אוֹתוֹ אַחַר גְּאֻולָּתָם מִן הַצָּרָה הִנֵּה הֵם יוֹדְעִים שֶׁעֲתִידִין לָבֹא לִידֵי צָרָה אַחֶרֶת אַחֲרֵי זֶה וְלָכֵן אוֹמְרִים לֹא לָנוּ וְכוּ' דִּמְבַקְּשִׁים עַל צָרָה הָאַחֶרֶת וְלוֹמַר כְּמוֹ שֶׁעָשִׂיתָ בְּזֹאת הַצָּרָה כֵּן תַּעֲשֶׂה בְּצָרָה אַחֶרֶת וְכֻולָּם כַּוָּנָתָם הוּא עַל דֶּרֶךְ זֶה. " וְעָשִׂתִי לְךָ שֵׁם גָּדוֹל כְּשֵׁם הַגְּדֹלִים אֲשֶׁר בָּאָרֶץ " (שְׁמוּאֵל ב' ז, ט) , תָּנֵי רַב יוֹסֵף : זֶה שֶׁאוֹמְרִים : " מָגֵן דָּוִד " [קיז:] הִקְשָׁה הָרִי"ף וַהֲלֹא אֵין אוֹמְרִים מָגֵן יִצְחָק מָגֵן יַעֲקֹב אֶלָּא 'מָגֵן אַבְרָהָם' וְלָכֵן הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר כְּשֵׁם 'הַגָּדוֹל' אֲשֶׁר בָּאָרֶץ דְּקָאֵי עַל אַבְרָהָם דַּוְקָא יְעֻויַּן שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁכָּתַב רַבֵּינוּ זַ"ל (בְּשַׁעַר הַכַּוָּנוֹת בִּדְרוּשֵׁי רֹאשׁ הַשָּׁנָה דְּרוּשׁ וָא"ו) כִּי ג' פְּעָמִים 'אֵל' שֶׁהוּא סוֹד מָגֵן [31×3=93] הֵן הֵן סוֹד ג' פְּעָמִים 'אֵל' שֶׁיֵּשׁ בֶּאֱלֹקֵי אַבְרָהָם, אֱלֹקֵי יִצְחָק וֵאלֹקֵי יַעֲקֹב כִּי מִן ג' פְּעָמִים 'אֵל אֵל אֵל' שֶׁבָּג' פְּעָמִים אֱלֹקַי אֱלֹקַי אֱלֹקַי נִמְשְׁכָה הֶאָרָתָם לַמַּלְכוּת וְנַעֲשֵׂית 'מָגֵן' עַד כָּאן דְּבָרָיו יְעַיֵּין שָׁם בְּאֹורֶךְ. נִמְצָא שֵׁם מָגֵן כָּלוּל מִן ג' פְּעָמִים אֱלֹקֵי הָאֲמוּרִים בְּאָבוֹת אַךְ לֹא יָבֹא כְּנֶגֶד שְׁלָשְׁתָּם מַמָּשׁ כִּי נִשְׁאַר אוֹתִיּוֹת י"ה וְלָזֶה אָמַר וְעָשִׂתִי לְךָ שֵׁם גָּדוֹל כ שֵׁם הַגְּדֵלִים אֲשֶׁר בָּאָרֶץ בְּכַף הַדִּמְיוֹן שֶׁהוּא לָקוּחַ מִן שְׁלֹשָׁה שֵׁמוֹת שֶׁל אֱלֹקֵי הָאֲמוּרִים בַּגְּדוֹלִים שֶׁהֵם אַבְרָהָם יִצְחָק יַעֲקֹב, וְלָזֶה אָמַר זֶה שֶׁאוֹמְרִים 'מָגֵן דָּוִד'. בְּרַם עֲדַיִין יֵשׁ לְדַקְדֵּק לָמָּה נָקֵיט הַאי לִישָּׁנָא ' זֶה שֶׁאוֹמְרִים ' וַהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר 'זֶה מָגֵן דָּוִד'? וְנִרְאֶה לִי בס"ד בְּהִקְדִּים מַה שֶׁמַּקְשִׁים לָמָּה אָמַר 'זֶה שֶׁאוֹמְרִים מָגֵן דָּוִד' וַהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר ' זֶה אֱלֹקֵי דָּוִד ' כַּכָּתוּב בְּדִבְרֵי הַיָּמִים (מְלָכִים ב' כ, ה) בְּמִכְתָּב שֶׁשָּׁלַח אֵלִיָּהוּ הַנָּבִיא זָכוּר לַטּוֹב לִיהוֹרָם בֶּן יְהוֹשָׁפָט שֶׁאָמַר 'כֹּה אָמַר ה' אֱלֹקֵי דָּוִד אָבִיךָ' דְּנִמְצָא נֶאֱמַר בּוֹ אֱלֹקֵי דָּוִד כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר בְּאָבוֹת? וְתֵרְצוּ דְּהַנָּבִיא אָמַר כֵּן וְלֹא כָּל יִשְׂרָאֵל, וְעַיֵּין בְּסֵפֶר שֹׁרֶשׁ יַעֲקֹב. וַאֲנָא עַבְדָּא אָמַרְתִּי זֶה דֹּוחַק דְּלָמָּה יִגָּרַע מַאֲמַר הַנָּבִיא שֶׁאוֹמֵר בְּרוּחַ הַקֹּודֶשׁ מִן מַאֲמַר אִישִׁי יִשְׂרָאֵל?! וְאָמַרְתִּי לְתָרֵץ בס"ד דְּעִיקַּר הַחֲשִׁיבוּת וְהַמַּעֲלֶה בָּזֶה הוּא כַּאֲשֶׁר אוֹמְרִים כֵּן בְּמַטְבֵּעַ בְּרָכוֹת אוֹ בִּתְפִילָּה שֶׁאוֹמְרִים זֶה בִּתְמִידוּת, וְלֹא בְּסִיפּוּר דְּבָרִים. וּמַה שֶׁנֶּאֱמַר בְּדִבְרֵי הַיָּמִים הָיָה דֶּרֶךְ סִיפּוּר. וְהִנֵּה לְתֵירוּץ הַמְפָרְשִׁים דְּתָלוּ הַמַּעֲלָה וְהַחֲשִׁיבוּת בַּאֲמִירָה שֶׁל רַבִּים בָּזֶה יִתְיַישֵּׁב דִּקְדּוּק אֲשֶׁר דִּקְדַּקְנוּ דִּלְהָכִי נָקֵיט רַב יוֹסֵף בְּהַאי לִישָּׁנָא זֶה שֶׁאוֹמְרִים ' מָגֵן דָּוִד ', פֵּירוּשׁ שֶׁרַבִּים אוֹמְרִים 'זֶה' לְאַפּוֹקֵי 'אֱלֹקֵי דָּוִד' בְּדִבְרֵי הַיָּמִים דַּאֲמִירָה זוֹ הִיא מִפִּי יָחִיד. וְגַם לְפִי הַתֵּירוּץ שֶׁתֵּרַצְתִּי בס"ד יִתְייַשֵּׁב דִּקְדּוּק דְּאָמַר זֶה שֶׁאוֹמְרִים בִּתְמִידוּת בְּמַטְבֵּעַ בְּרָכוֹת, מַה שֶׁאֵין כֵּן 'אֱלֹקֵי דָּוִד' אֲשֶׁר בְּדִבְרֵי הַיָּמִים אֵין זוֹ אֲמִירָה תְּמִידִית בְּמַטְבֵּעַ בְּרָכָה אֶלָּא הוּא סִיפּוּר מַעֲשֶׂה שֶׁהָיָה שֶׁשָּׁלַח לוֹ מִכְתָּב בְּלָשׁוֹן זֶה. וְהִנֵּה לְפִי דִּבְרֵי רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל כִּי שֵׁם מָגֵן נִבְנָה מִן ג' שֵׁמוֹת אֱלֹקִי, הִנֵּה בָּזֶה יוּבָן בס"ד מַה שֶׁאָמַר דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה (תְּהִלִּים פד, יא) 'בָּחַרְתִּי הִסְתּוֹפֵף בְּבֵית אֱלֹקֵי' כִּי יָדוּעַ שֶׁהַתֵּיבָה נִקְרֵאת 'בַּיִת' וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ בְּסֵפֶר יְצִירָה שְׁלֹשָׁה אֲבָנִים בּוֹנוֹת שִׁשָּׁה בָּתִּים אַרְבָּעָה אֲבָנִים בּוֹנוֹת כ"ד בָּתִּים וְכוּ'. וְזֶהוּ 'בְּבֵית אֱלֹקֵי' רוֹצֶה לוֹמַר בְּתֵיבָה שֶׁל אֱלֹקַי שֶׁאֶקַּח תֵּיבַת מָגֵן שֶׁהִיא לְקוּחָה מִן תֵּיבַת אֱלֹקַי הָאֲמוּרָה בְּאָבוֹת. וּבְמִדְרַשׁ שׁוֹחֵר טוֹב (מִדְרַשׁ שׁוֹחֵר טוֹב טז, ו) אִיתָא עַל פִּי זֶה אָמַר דָּוִד הַמֶּלֶךְ אֵין לִי לֵישֵׁב עִם הַגְּדוֹלִים אַמְתִּין לִי עִם הַקְּטַנִּים. יְהֵא אַבְרָהָם יִצְחָק וְיַעֲקֹב בְּקִיטוֹן וּמֹשֶׁה וְאַהֲרֹן בַּטְּרַקְלִין וַאֲנִי בַּסַּף זֶהוּ שֶׁאָמַר 'בָּחַרְתִּי הִסְתּוֹפֵף בְּבֵית אֱלֹקֵי'. וּבְמָקוֹם אַחֵר פֵּרַשְׁתִּי בס"ד הַכַּווָּנָה כִּי אַבְרָהָם יִצְחָק וְיַעֲקֹב הֵם בחג"ת [חֶסֶד, גְּבוּרָה, תִּפְאֶרֶת] וּמֹשֶׁה וְאַהֲרֹן נֶצַח וְהוֹד, וְדָוִד בַּמַּלְכוּת שֶׁהִיא סוֹפָא דְּכָל דַּרְגִין וְהִיא בְּסוֹד שַׁעַר וְדֶלֶת לָכֵן הִזְכִּיר הָאָבוֹת בְּמוֹשַׁב הַקִּיטוֹן שֶׁהוּא חֶדֶר לִפְנִים מִטְּרַקְלִין כִּי מִן טְרַקְלִין נִכְנָסִין לַקִּיטוֹן וּמֹשֶׁה וְאַהֲרֹן בְּמוֹשַׁב הַטְּרַקְלִין כִּי מִן נֶצַח וְהוֹד נִכְנָסִין לחג"ת וְהוּא בַּסַּף, דְּהַמַּלְכוּת הִיא בְּסוֹד שַׁעַר. וּלְפִי הָאָמוּר כָּאן נְפָרֵשׁ דִּבְרֵי הַמִּדְרָשׁ בְּעִנְיָן אַחֵר כִּי דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה לֹא זָכָה לְתֹואַר אֱלֹקִי שֶׁהוּא נִזְכַּר בִּתְחִילַּת הַבְּרָכָה אֶלָּא זָכָה לְתֹואַר מָגֵן הַנִּזְכָּר בְּסוֹף הַבְּרָכָה לָכֵן אָמַר אֲנִי בַּסַּף.
Ce Hallel, qui l'a dit ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il demande au sujet de ce Hallel que nous disons à la quatrième coupe, lequel commence à : Pas à nous, ה', pas à nous (Tehilim 115, 1). Les deux premiers psaumes, Hallelouya et Betset (Tehilim 113-114), sont pour lui évidents : Moché notre maître, que la paix soit sur lui, et Israël les ont dits. C'est pourquoi il apporte les paroles des tannaïm. Il y a qui dit que celui-ci aussi, Moché et Israël l'ont dit. Il y a qui dit : Yehochoua et Israël. Il y a qui dit : Devora et Barak. Et ce qu'ils ont dit, eux ont dit : Pas à nous, ה', pas à nous. Il me semble que la fente de la mer des Joncs a eu lieu la nuit, et de même la chute de l'armée de Sisera, la nuit, car les étoiles ont combattu, et de même la chute de l'armée de Sanherib, la nuit, et de même pour Haman : Cette nuit-là, le sommeil du roi s'enfuit (Esther 6, 1). C'est pourquoi tous ont dit ce verset, Pas à nous, Yah, qui est le notarikon de laïl (nuit). Ils ont commencé par ce verset. Eux ont dit : À Ton nom donne la gloire. Il a répondu : À cause de Moi, à cause de Moi, Je ferai, à cause du Nom écrit et à cause du Nom lu, car le Nom s'écrit par yod-he et se lit par aleph-dalet. Et ce qu'ils ont dit : Yehochoua et Israël l'ont dit. C'est pourquoi les paroles sont doublées, Pas à nous, pas à nous : ils ont fait allusion aux trente et un rois de Canaan, et à leurs princes, qui sont eux aussi trente et un. Et c'est : Pas à nous, c'est-à-dire : trente et un rois seront à nous, comme il est dit (Nombres 14, 9) : car ils sont notre pain, et ה' est avec nous. C'est pourquoi il a mentionné ה' entre les trente et un princes d'en haut et les trente et un rois qui sont sous leur main. Et bien qu'ils disent le Hallel après leur délivrance du malheur, ils savent qu'ils sont destinés à venir à un autre malheur après celui-ci. C'est pourquoi ils disent : Pas à nous, etc. Ils demandent au sujet de l'autre malheur, et pour dire : comme Tu as fait dans ce malheur, ainsi fais dans un autre malheur. Et tous ont cette intention, sur cette voie. Et Je te ferai un grand nom, comme le nom des grands qui sont sur la terre (II Chmouel 7, 9). Rav Yossef a enseigné : c'est ce que l'on dit : Magen David (117b). Le Rif a objecté : on ne dit pas Magen Yitshak, Magen Yaakov, on dit Magen Avraham. Dès lors, il aurait dû dire : comme le nom du grand qui est sur la terre, ce qui vise Avraham seul. Vois là-bas. Il me semble, avec l'aide du Ciel, d'après ce qu'a écrit notre maître (dans Chaar haKavanot, dans les discours de Roch Hachana, discours vav) : trois fois El, qui est le sod de magen, trente et un multiplié par trois font quatre-vingt-treize, ce sont le sod des trois fois El qui sont dans Elokei Avraham, Elokei Yitshak et Elokei Yaakov. Car des trois fois El, El, El, qui sont dans les trois fois Elokei, Elokei, Elokei, leur lumière s'est prolongée vers la malkhout et elle est devenue magen. Jusqu'ici ses paroles. Vois là-bas dans la longueur. Il se trouve que le nom magen est inclus des trois fois Elokei dits au sujet des pères. Il ne vient pas en regard des trois exactement, car il reste les lettres yod-he. C'est pourquoi il a dit : Et Je te ferai un grand nom, comme le nom des grands qui sont sur la terre, avec le kaf de la comparaison, nom pris des trois noms Elokei dits au sujet des grands, qui sont Avraham, Yitshak, Yaakov. C'est pourquoi il a dit : c'est ce que l'on dit, Magen David. Toutefois, on peut encore préciser : pourquoi a-t-il pris cette formule, ce que l'on dit ? Il aurait dû dire : c'est Magen David. Il me semble, avec l'aide du Ciel, en faisant précéder ce que l'on objecte : pourquoi a-t-il dit : c'est ce que l'on dit, Magen David ? Il aurait dû dire : c'est Elokei David, comme il est écrit dans Divrei haYamim (II Rois 20, 5), dans la lettre qu'a envoyée Eliahou le prophète, que sa mémoire soit en bénédiction, à Yehoram fils de Yehochafat, où il a dit : Ainsi a dit ה', Elokei David ton père. Il se trouve qu'il est dit de lui Elokei David, comme il est dit des pères. Ils ont répondu : le prophète a dit ainsi, et non tout Israël. Vois le livre Cheresh Yaakov. Et moi, le serviteur, j'ai dit : cette réponse est forcée. Pourquoi la parole du prophète, qui parle par l'esprit saint, serait-elle moindre que la parole des hommes d'Israël ? J'ai dit, pour résoudre, avec l'aide du Ciel : l'essentiel de l'importance et du rang, ici, c'est lorsqu'on le dit dans la formule des bénédictions ou dans la prière, que l'on dit en permanence, et non dans un récit. Et ce qui est dit dans Divrei haYamim l'était par manière de récit. Selon la résolution des commentateurs, qui ont attaché le rang à la parole du grand nombre, se règle la précision que nous avons faite. C'est pourquoi Rav Yossef a pris cette formule : c'est ce que l'on dit, Magen David. Explication : le grand nombre dit ceci, pour exclure Elokei David dans Divrei haYamim, car cette parole sort de la bouche d'un seul. Et selon la résolution que j'ai donnée, avec l'aide du Ciel, la précision se règle aussi : il a dit, ce que l'on dit en permanence dans la formule des bénédictions. Elokei David, dans Divrei haYamim, n'est pas une parole permanente dans une formule de bénédiction. C'est le récit d'un fait qui eut lieu : il lui a envoyé une lettre en ce langage. Et selon les paroles de notre maître l'Ari, de mémoire bénie, le nom magen est bâti des trois noms Elokei. Par là s'éclaire, avec l'aide du Ciel, ce qu'a dit le roi David (Tehilim 84, 11) : J'ai choisi de me tenir au seuil, dans la maison de mon D.ieu. Car il est connu qu'un mot est appelé maison, comme ils ont dit dans le Sefer Yetsira : trois pierres bâtissent six maisons, quatre pierres bâtissent vingt-quatre maisons, etc. Et c'est : dans la maison de mon D.ieu, c'est-à-dire dans le mot Elokei, que je prenne le mot magen, lequel est pris du mot Elokei dit au sujet des pères. Et dans le Midrach Choher Tov (16, 6) il est rapporté sur ce verset : le roi David a dit : je n'ai pas de quoi siéger avec les grands, j'attendrai avec les petits. Qu'Avraham, Yitshak et Yaakov soient dans le kiton (chambre intérieure), Moché et Aharon dans le traklin (salle), et moi au seuil. C'est ce qu'il a dit : J'ai choisi de me tenir au seuil, dans la maison de mon D.ieu. Et dans un autre endroit j'ai expliqué, avec l'aide du Ciel, l'intention : Avraham, Yitshak et Yaakov sont dans 'hessed, gevoura, tiferet. Moché et Aharon, netsa'h et hod. David, dans la malkhout, qui est la fin de tous les degrés, et elle est dans le sod de la porte et du battant. C'est pourquoi il a mentionné les pères dans le siège du kiton, qui est une chambre en deçà du traklin, car du traklin on entre dans le kiton. Moché et Aharon, dans le siège du traklin, car de netsa'h et hod on entre dans 'hessed, gevoura, tiferet. Et lui, au seuil, car la malkhout est dans le sod de la porte. Selon ce qui a été dit ici, nous expliquerons les paroles du midrach d'une autre manière. Le roi David n'a pas mérité le titre Elokei, qui est mentionné au début de la bénédiction. Il a mérité le titre magen, mentionné à la fin de la bénédiction. C'est pourquoi il a dit : moi, je suis au seuil.
💡 Explication

Nouvelle baraita, sur le premier auteur du Hallel. Chaque avis place la même réplique. Eux disent Lo lanou. L'esprit saint répond : Lemaani lemaani eesse, À cause de Moi, à cause de Moi, Je ferai.

Rabbi Eliezer : Moché et Israël, sur la mer. Rabbi Yehouda : Yehochoua et Israël, face aux rois de Canaan. Rachi : Yehochoua et tout Israël l'ont dit eux aussi, en plus de la mer.

19
רַבִּי אֶלְעָזָר הַמּוֹדָעִי אוֹמֵר: דְּבוֹרָה וּבָרָק אֲמָרוּהוּ בְּשָׁעָה שֶׁעָמַד עֲלֵיהֶם סִיסְרָא. הֵם אָמְרוּ: ״לֹא לָנוּ״, וְרוּחַ הַקֹּודֶשׁ מְשִׁיבָה וְאוֹמֶרֶת לָהֶם: ״לְמַעֲנִי לְמַעֲנִי אֶעֱשֶׂה״. רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה אוֹמֵר: חִזְקִיָּה וְסִייעָתוֹ אֲמָרוּהוּ בְּשָׁעָה שֶׁעָמַד עֲלֵיהֶם סַנְחֵרִיב. הֵם אָמְרוּ: ״לֹא לָנוּ״, וּמְשִׁיבָה וְכוּ׳. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה אֲמָרוּהוּ בְּשָׁעָה שֶׁעָמַד עֲלֵיהֶם נְבוּכַדְנֶצַּר הָרָשָׁע. הֵם אָמְרוּ: ״לֹא לָנוּ״, וּמְשִׁיבָה וְכוּ׳. רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר: מָרְדְּכַי וְאֶסְתֵּר אֲמָרוּהוּ בְּשָׁעָה שֶׁעָמַד עֲלֵיהֶם הָמָן הָרָשָׁע. הֵם אָמְרוּ: ״לֹא לָנוּ״, וּמְשִׁיבָה וְכוּ׳.

Rabbi Elazar haModai dit : Devora et Barak l'ont dit à l'heure où Sisera se dressa contre eux. Eux ont dit : Pas à nous.

Et l'esprit saint répond et leur dit : À cause de Moi, à cause de Moi, Je ferai. Rabbi Elazar ben Azaria dit : Hizkiya et son entourage l'ont dit à l'heure où Sanherib se dressa contre eux.

Eux ont dit : Pas à nous. Et elle répond, etc.

Rabbi Akiva dit : Hanania, Michael et Azaria l'ont dit à l'heure où Nevoukhadnetsar le méchant se dressa contre eux. Eux ont dit : Pas à nous.

Et elle répond, etc. Rabbi Yossi haGelili dit : Mordekhaï et Esther l'ont dit à l'heure où Haman le méchant se dressa contre eux.

Eux ont dit : Pas à nous. Et elle répond, etc.

💡 Explication

La baraita continue, même dialogue, autre délivrance. Devora et Barak face à Sisera. Hizkiya et les siens face à Sanherib. Hanania, Michael et Azaria face à Nevoukhadnetsar. Mordekhaï et Esther face à Haman.

20
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: נְבִיאִים שֶׁבֵּינֵיהֶן תִּיקְּנוּ לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל שֶׁיְּהוּ אוֹמְרִים אוֹתוֹ עַל כָּל פֶּרֶק וּפֶרֶק וְעַל כָּל צָרָה וְצָרָה שֶׁלֹּא תָּבֹא עֲלֵיהֶם לְיִשְׂרָאֵל. וְלִכְשֶׁנִּגְאָלִין, אוֹמְרִים אוֹתוֹ עַל גְּאֻולָּתָן.

Et les sages disent : les prophètes qui étaient parmi eux ont institué pour Israël qu'ils le disent à chaque temps et à chaque temps, et pour chaque malheur et chaque malheur, qu'il ne vienne pas sur eux, sur Israël. Et lorsqu'ils sont délivrés, ils le disent sur leur délivrance.

🪔 Ben Yehoyada (1)
וְעַל כָּל צָרָה וְצָרָה שֶׁלֹּא תָּבֹוא עֲלֵיהֶם. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י זַ"ל 'לִישָּׁנָא מְעַלְּיָא נְקַט' וְעוֹד נִרְאֶה לִי נָקֵיט כֵּן לוֹמַר שֶׁתִּיקְּנוּ לְאוֹמְרוֹ 'עַל כָּל פֶּרֶק וּפֶרֶק' וְכִווְּנוּ בָּזֶה שֶׁתִּהְיֶה בּוֹ תּוֹעֶלֶת בַּאֲמִירָתוֹ גַּם כֵּן בַּעֲבוּר עַל כָּל צָרָה שֶׁתִּהְיֶה נִגְזֶרֶת בָּעוֹלָם שֶׁלֹּא תָּבוֹא עֲלֵיהֶם שֶׁיִּגָּאֲלוּ מִמֶּנָּה בִּשְׁבִיל הַהַלֵּל כִּי זְכוּת זֶה שֶׁל אֲמִירַת הַהַלֵּל דּוֹחָה הַצָּרָה מֵעֲלֵיהֶם וְגַם אִם מֻוכְרָח שֶׁתָּבֹא עֲלֵיהֶם יִהְיוּ נִגְאָלִים מִמֶּנָּה תֵּכֶף.
Et pour chaque malheur et chaque malheur qui ne viendrait pas sur eux. Rachi, de mémoire bénie, a expliqué : il a pris une tournure favorable. Et encore, il me semble qu'il a pris cette formule pour dire qu'ils ont institué de le dire à chaque temps et à chaque temps, et qu'ils ont visé par là qu'il y ait aussi un profit dans sa récitation, à cause de tout malheur qui serait décrété dans le monde : qu'il ne vienne pas sur eux, qu'ils en soient délivrés grâce au Hallel. Car ce mérite de la récitation du Hallel repousse le malheur loin d'eux. Et s'il est nécessaire qu'il vienne sur eux, ils en seront délivrés aussitôt.
💡 Explication

Les sages ne fixent pas le Hallel sur un seul événement. Les prophètes l'ont institué pour chaque temps, et pour chaque malheur. À la délivrance, on le dit sur la délivrance. C'est la même institution que Chmouel a rapportée plus haut.

21
אָמַר רַב חִסְדָּא: ״הַלְלוּיָהּ״ — סוֹף פִּירְקָא. רַבָּה בַּר רַב הוּנָא אָמַר: ״הַלְלוּיָהּ״ — רֵישׁ פִּירְקָא. אָמַר רַב חִסְדָּא: חֲזֵינָא לְהוּ לְתִילֵּי דְּבֵי רַב חָנִין בַּר רַב דִּכְתִיב בְּהוּ ״הַלְלוּיָהּ״ בְּאֶמְצַע פִּירְקָא. אַלְמָא מְסַפְּקָא לֵיהּ.

Rav Hisda a dit : Hallelouya, fin du chapitre. Rabba bar Rav Houna a dit : Hallelouya, début du chapitre.

Rav Hisda a dit : j'ai vu les rouleaux de la maison de Rav Hanin bar Rav, dans lesquels on a écrit Hallelouya au milieu du chapitre. Il en ressort que la chose lui était douteuse.

📜 Rachi (1)
הַלְלוּיָהּ כּוּלְּהוּ דִּבְסֵפֶר תְּהִלִּים:
Hallelouya : tous ceux qui sont dans le livre des Tehilim.
🗂️ Tossefot (1)
ה"ג שֶׁעֹומְדִים בְּבֵית ה' בְּחַצְרוֹת בֵּית אֱ-לֹהֵינוּ הַלְלוּיָהּ דְּבָתְרֵיהּ רֵישׁ פִּירְקָא וְלָא גָּרְסִינַן הָעֹומְדִים בְּבֵית ה' בַּלֵּילוֹת דְּאִם כֵּן ה"ל לְמִינְקַט יְבָרֶכְךָ ה' מִצִּיּוֹן שֶׁזֶּהוּ פָּסוּק לְמַעְלָה מֵהִלְלוֹיָה וְלָא ה"ל לְמִינְקַט שְׁלֹשָׁה פְּסוּקִים לְמַעְלָה לְכָךְ נִרְאֶה דְּגָרְסִינַן כִּדְפָרֵישִׁית וּלְפִי זֶה אָנוּ צְרִיכִין לוֹמַר בּוֹ הַלְלוּיָהּ הַלְלוּ אֶת שֵׁם ה' הַלְלוּ עַבְדֵי ה' שֶׁעוֹמְדִים בְּבֵית ה' וְגוֹ' שֶׁלְּמַעְלָה מִזֶּה אֵינוֹ תְּחִלַּת הַמִּזְמוֹר דְּלָא יִתָּכֵן שֶׁיִּהְיֶה הַמִּזְמוֹר שְׁנֵי פְּסוּקִים וְעוֹד דְּאָמְרִי' בַּמִּדְרָשׁ קמ"ז מִזְמוֹרִים יֵשׁ בְּסֵפֶר תְּהִלִּים כְּנֶגֶד שְׁנוֹת יַעֲקֹב אֶלָּא הוּא סוֹפוֹ שֶׁל שִׁיר הַמַּעֲלוֹת הִנֵּה בָּרֲכוּ וְגוֹ' וְאָתֵי שַׁפִּיר דְּקָאָמְרִינַן לְקַמָּן רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב דְּמַתְחִיל הַלֵּל הַגָּדוֹל מִכִּי יַעֲקֹב בָּחַר לוֹ יָהּ דְּהָוֵי תְּחִלַּת הַמִּזְמוֹר דבע"א לֹא יִתָּכֵן שֶׁהָיָה מַתְחִיל הַלֵּל מֵאֶמְצַע הַמִּזְמוֹר:
La version est : Ceux qui se tiennent dans la maison de ה', dans les cours de la maison de notre D.ieu. Le Hallelouya qui suit est le début du chapitre. Et l'on ne lit pas : Ceux qui se tiennent dans la maison de ה', dans les nuits. Car s'il en était ainsi, il aurait dû prendre : Que ה' te bénisse depuis Sion, car c'est le verset au-dessus du Hallelouya, et il n'aurait pas dû prendre trois versets au-dessus. Dès lors, il paraît que l'on lit comme je l'ai expliqué. Selon cela, nous devons dire ici : Hallelouya, louez le nom de ה', louez, serviteurs de ה', qui vous tenez dans la maison de ה', etc. Ce qui est au-dessus de cela n'est pas le début du psaume, car il ne convient pas que le psaume ait deux versets. Et encore, nous disons dans le midrach : il y a cent quarante-sept psaumes dans le livre des Tehilim, en regard des années de Yaakov. Dès lors, c'est la fin du Cantique des degrés : Voici, bénissez, etc. Et cela s'accorde avec ce que nous disons plus bas : Rav Aha bar Yaakov commençait le grand Hallel depuis : Car Yaakov s'est choisi Yah, qui est le début du psaume. Autrement, il ne conviendrait pas qu'il commence le Hallel au milieu du psaume.
💡 Explication

Rav Hisda : Hallelouya achève le perek, le chapitre d'avant. Rabba bar Rav Houna : il ouvre le perek suivant. Rav Hisda a vu un rouleau, chez Rav Hanin bar Rav, où le mot est écrit au milieu, entre les deux. Signe que Rav Hanin lui-même hésitait.

Tossefot fixe la version du verset que la Guemara va citer : ceux qui se tiennent dans la maison de ה', dans les cours, et non le verset des nuits, qui est trois versets plus haut.

22
אָמַר רַב חָנִין בַּר רָבָא: הַכֹּל מוֹדִים בְּ״תְּהִלַּת ה׳ יְדַבֶּר פִּי וִיבָרֵךְ כָּל בָּשָׂר שֵׁם קָדְשׁוֹ לְעוֹלָם וָעֶד (הַלְלוּיָהּ)״, ״הַלְלוּיָהּ״ דְּבָתְרֵיהּ — רֵישׁ פִּירְקָא. ״רָשָׁע יִרְאֶה וְכָעָס שִׁנָּיו יַחֲרֹק וְנָמָס תַּאֲוַת רְשָׁעִים תֹּאבֵד״, ״הַלְלוּיָהּ״ דְּבָתְרֵיהּ — רֵישׁ פִּירְקָא. וְ״שֶׁעוֹמְדִים בְּבֵית ה׳״, ״הַלְלוּיָהּ״ דְּבָתְרֵיהּ — רֵישׁ פִּירְקָא.

Rav Hanin bar Rava a dit : tous conviennent au sujet de : Ma bouche dira la louange de ה', et que toute chair bénisse Son nom saint, à jamais et à perpétuité (Hallelouya). Le Hallelouya qui suit est le début du chapitre.

Le méchant verra et s'irritera, il grincera des dents et se dissoudra, le désir des méchants périra. Le Hallelouya qui suit est le début du chapitre.

Et : Ceux qui se tiennent dans la maison de ה'. Le Hallelouya qui suit est le début du chapitre.

💡 Explication

Sur trois fins de psaume, il n'y a plus de discussion. Le Hallelouya qui vient après ouvre le chapitre suivant. Tehilim 145, fin de Achrei. Tehilim 112, le méchant verra. Et le verset de ceux qui se tiennent dans la maison de ה'.

23
קָרָאֵי מוֹסִיפִין אַף אֶת אֵלּוּ: ״מִנַּחַל בַּדֶּרֶךְ יִשְׁתֶּה עַל כֵּן יָרִים רֹאשׁ״, ״הַלְלוּיָהּ״ דְּבָתְרֵיהּ — רֵישׁ פִּירְקָא. ״רֵאשִׁית חָכְמָה יִרְאַת ה׳ שֵׂכֶל טוֹב לְכָל עֹושֵׂיהֶם״, ״הַלְלוּיָהּ״ דְּבָתְרֵיהּ — רֵישׁ פִּירְקָא.

Les spécialistes du verset ajoutent aussi ceux-ci : Il boira au torrent, sur le chemin, c'est pourquoi il lèvera la tête. Le Hallelouya qui suit est le début du chapitre.

Le commencement de la sagesse est la crainte de ה', un bon sens pour tous ceux qui les pratiquent. Le Hallelouya qui suit est le début du chapitre.

📜 Rachi (1)
קְרָאֵי מוֹסִיפִין בַּעֲלֵי מִקְרָא מוֹסִיפִין אַף אֵלּוּ:
Les spécialistes du verset ajoutent : les maîtres du mikra ajoutent aussi ceux-ci.
💡 Explication

Les karaï, maîtres du texte, ajoutent deux fins. Tehilim 110 : il boira au torrent. Tehilim 111 : le commencement de la sagesse est la crainte de ה'. Là aussi, le Hallelouya d'après ouvre le chapitre.

24
נֵימָא כְּתַנָּאֵי: עַד הֵיכָן הוּא אוֹמֵר? בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: עַד ״אִם הַבָּנִים שִׂמְחָה״, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: עַד ״חַלָּמִישׁ לְמַעְיְנוֹ מַיִם״. וְתַנְיָא אִידָךְ, עַד הֵיכָן הוּא אוֹמֵר? בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: עַד ״בְּצֵאת יִשְׂרָאֵל מִמִּצְרַיִם״. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: עַד ״לֹא לָנוּ ה׳ לֹא לָנוּ״.

Dirons-nous que c'est comme la discussion des tannaïm ? Jusqu'où dit-il ?

Beit Chammai disent : jusqu'à : La mère des enfants est dans la joie. Et Beit Hillel disent : jusqu'à : Le rocher, en source d'eaux.

Et il est enseigné dans une autre source : Jusqu'où dit-il ? Beit Chammai disent : jusqu'à : Quand Israël sortit d'Égypte.

Et Beit Hillel disent : jusqu'à : Pas à nous, ה', pas à nous.

💡 Explication

La place de Hallelouya change le verset où l'on s'arrête. La Guemara propose d'y retrouver une discussion de tannaïm : jusqu'où dit-on le Hallel.

Dans la michna, Beit Chammai s'arrête à : la mère des enfants est dans la joie. Beit Hillel, au rocher devenu source d'eaux. L'autre baraita décale d'un cran : Beit Chammai jusqu'à la sortie d'Égypte, Beit Hillel jusqu'à : Pas à nous, ה', pas à nous. Le feuillet s'arrête sur ces deux formulations.

🖼️ Schéma
Jusqu'où dit-on le Hallel ?MichnaAutre baraitaBeit ChammaiJusqu'à : la mère des enfants est dans la joieBeit ChammaiJusqu'à : Quand Israël sortit d'ÉgypteBeit HillelJusqu'à : le rocher, en source d'eauxBeit HillelJusqu'à : Pas à nous, Hachem, pas à nous
Deux formulations de la limite du Hallel, Beit Chammai et Beit Hillel.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).