Pesachim 117b : Hallelouya, les formules, les coupes

Pesachim 117b

Sougya : Le daf règle d'abord la place de Hallelouya : fin du chapitre pour Rav Hisda, début du chapitre pour Rabba bar Rav Houna. Les deux lectures restent en difficulté.

Rava et Rabbi Zeira separent le récit, au passé, et la prière, qui est rahamei, une demande. Rav Aha bar Yaakov impose le souvenir de la sortie d'Égypte dans le kiddouch du jour, et le daf fixe maguen David ainsi que la clôture par Avraham seul.

Les anciens de Poumbedita et Rava divergent sur mekadech ha-Chabbat et mekadech Israël veha-zmanim. La halakha suit les anciens.

La michna donne la troisième coupe au birkat ha-mazon et la quatrième à la fin du Hallel, avec la bénédiction du chant. Entre ces deux coupes, on ne boit pas.

Rava refuse d'en tirer qu'une coupe soit exigée toute l'année.

Hallelouya : fin du chapitre, ou débutRav Hisda et Rabba bar Rav Houna, chacun selon son avisRav HisdaHallelouya = fin du chapitreTout le monde, selon lui.Jusqu'à be-tset Israël : bien.La formule nomme la borne.Jusqu'à em ha-banim semeha :ad, et ad bikhlal.Le terme est compris.Rachi : il évite jusqu'à be-tset,sinon be-tset entrerait aussi.DifficultéQu'il dise le Hallelouyade em ha-banim semeha.Rabba bar Rav HounaHallelouya = début du chapitreTout le monde, selon lui.Jusqu'à em ha-banim : bien.On s'arrête à cette borne.Jusqu'à be-tset Israël :ad, sans ad bikhlal.Le terme reste en dehors.Rachi : il évite jusqu'à em ha-banim,sinon ce verset sortirait.DifficultéQu'il dise le Hallelouyade be-tset Israël.Les deux lectures laissent une difficulté.Le daf pose la question. Elle reste ouverte.
Hallelouya, fin ou début du chapitre : Rav Hisda et Rabba bar Rav Houna.
Récit au passé, demande dans la prièreLouange, kiddouch, haftaraPrière : rahameiChema et Hallelgaal Israëlqui a délivréAmidagoel Israëlqui délivreKiddouchacher kidchanoube-mitsvotav ve-tsivanouIl nous a sanctifiés, et Il a ordonnéAmidakadchenoube-mitsvoteikhasanctifie-nous par Tes commandementsHaftaramaguen DavidRav Yossef : le grand nom promisPrière, royautématsmiah keren yechouaqui fait germer une corne de salutBerakha des pères, Rech Lakichgrande nation : Elokei Avraham. Je te bénirai : Elokei Its'hak.J'agrandirai ton nom : Elokei Yaakov. Ve-hayita berakha :on scelle par Avraham seul. Maguen Avraham.
Récit au passé, demande dans la prière, et la bénédiction des pères.
Qui sanctifie : le Chabbat, ou Israël et les tempsAnciens de PoumbeditaChabbat, prière et kiddouchmekadech ha-ChabbatFête, prière et kiddouchmekadech Israël veha-zmanimLe Chabbat est fixé.La fête, Israël la fixe :mois intercalés, années fixées.Rava, d'abordPrière, Chabbat et fêtemekadech Israëlhonneur du publicKiddouch du Chabbatmekadech ha-ChabbatKiddouch de la fêtemekadech Israël veha-zmanimLa Guemara écarte la raison de RavaIl y a une prière du particulier, et un kiddouch en public.Rava répond : on suit l'essentiel de chaque mitsva.Halakha : les anciens de PoumbeditaOula dit comme eux devant Rava. Rava se tait. Il se rétracte.Rav Natan dit comme eux devant Rav Papa. Rav Papa le loue.A Soura, Mareimar : laissez l'émissaire.La halakha est comme les anciens. Le Roch : vekhen hilkhata.Chabbat : mekadech ha-Chabbat. Fête : mekadech Israël veha-zmanim.
Mekadech ha-Chabbat ou mekadech Israël veha-zmanim. La halakha suit les anciens.
1
מַאי לַָאו, בְּהָא קָמִיפַּלְגִי: לְמָאֵן דְּאָמַר עַד ״אִם הַבָּנִים שִׂמְחָה״, סָבַר ״הַלְלוּיָהּ״ — רֵישׁ פִּירְקָא, וּמַאן דְּאָמַר עַד ״בְּצֵאת יִשְׂרָאֵל״, סָבַר ״הַלְלוּיָהּ״ — סוֹף פִּירְקָא.

Quoi, n'est-ce pas qu'ils divergent en ceci : selon celui qui dit jusqu'à em ha-banim semeha, il tient que Hallelouya est le début du chapitre, et selon celui qui dit jusqu'à be-tset Israël, il tient que Hallelouya est la fin du chapitre.

💡 Explication

La Guemara relit l'écart entre les formules jusqu'à em ha-banim semeha et jusqu'à be-tset Israël. Elle propose d'y voir la place du mot Hallelouya : début du chapitre, ou fin du chapitre.

Si Hallelouya ouvre le chapitre, on s'arrête à em ha-banim semeha. Si Hallelouya ferme le chapitre, la borne nommée est be-tset Israël.

2
רַב חִסְדָּא מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ, דְּכֻולֵּי עָלְמָא סָבְרִי: ״הַלְלוּיָהּ״ — סוֹף פִּירְקָא. מַאן דְּאָמַר עַד ״בְּצֵאת יִשְׂרָאֵל״ שַׁפִּיר, וּמַאן דְּאָמַר עַד ״אִם הַבָּנִים שִׂמְחָה״, עַד — וְעַד בִּכְלָל.

Rav Hisda résout selon son avis : tout le monde tient que Hallelouya est la fin du chapitre. Celui qui dit jusqu'à be-tset Israël, c'est bien.

Et celui qui dit jusqu'à em ha-banim semeha : jusqu'à, et y compris.

💡 Explication

Rav Hisda ramène les deux formules à une seule thèse : Hallelouya est la fin du chapitre. Jusqu'à be-tset Israël se lit tel quel. Jusqu'à em ha-banim semeha se lit ad ve-ad bikhlal : le terme est compris.

3
וְנֵימָא עַד ״הַלְלוּיָהּ״! וְכִי תֵּימָא דְּלָא יָדְעִינַן הֵי ״הַלְלוּיָהּ״ — וְנֵימָא ״הַלְלוּיָהּ״ שֶׁל ״אִם הַבָּנִים שִׂמְחָה״? קַשְׁיָא.

Et qu'il dise : jusqu'à Hallelouya. Et si tu dis que nous ne savons pas de quel Hallelouya il s'agit, qu'il dise : le Hallelouya de em ha-banim semeha.

Difficulté.

💡 Explication

Si le débat porte sur ce Hallelouya-là, le tanna pouvait le nommer. La formule ad ve-ad bikhlal de Rav Hisda reste en difficulté.

4
רַבָּה בַּר רַב הוּנָא מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ: דְּכֻולֵּי עָלְמָא ״הַלְלוּיָהּ״ — רֵישׁ פִּירְקָא, מַאן דְּאָמַר עַד ״אִם הַבָּנִים שִׂמְחָה״ — שַׁפִּיר, וּמַאן דְּאָמַר עַד ״בְּצֵאת יִשְׂרָאֵל״, סָבַר: עַד — וְלֹא עַד בִּכְלָל.

Rabba bar Rav Houna résout selon son avis : tout le monde tient que Hallelouya est le début du chapitre. Celui qui dit jusqu'à em ha-banim semeha, c'est bien.

Et celui qui dit jusqu'à be-tset Israël tient : jusqu'à, et non pas y compris.

📜 Rachi (2)
קָסָבַר עַד וְעַד בִּכְלָל וְאִי אָמֵינָא עַד בְּצֵאת סָבְרִי עָלְמָא דְּאַף בְּצֵאת בִּכְלָל מִשּׁוּם הָכִי אָמַר עַד אֵם הַבָּנִים שְׂמֵחָה וְתוּ לָא:
Il tient : jusqu'à, et y compris. Si j'avais dit jusqu'à be-tset, le monde penserait que be-tset aussi est compris. C'est pourquoi il a dit : jusqu'à em ha-banim semeha, et rien de plus.
[עַד וְלֹא עַד בִּכְלָל] וְאִי הֲוָה אֲמִינָא עַד אִם הַבָּנִים הֲוָה מַשְׁמַע עַד אִם הַבָּנִים וְלֹא אִם הַבָּנִים בִּכְלָל:
Jusqu'à, et non pas y compris. Si j'avais dit jusqu'à em ha-banim, cela aurait signifié : jusqu'à em ha-banim, sans qu'em ha-banim soit compris.
💡 Explication

Rabba bar Rav Houna fait l'autre lecture : tout le monde tient que Hallelouya est le début du chapitre. Jusqu'à em ha-banim semeha se lit tel quel. Jusqu'à be-tset Israël se lit ad, ve-lo ad bikhlal : le terme reste dehors.

Rachi glose les deux sens de ad. Pour l'inclusion : dire jusqu'à be-tset ferait entrer be-tset. On dit donc jusqu'à em ha-banim semeha, et rien de plus. Pour l'exclusion : dire jusqu'à em ha-banim ferait sortir em ha-banim lui-même.

5
וְנֵימָא: עַד ״הַלְלוּיָהּ״, וְכִי תֵּימָא דְּלָא יָדְעִינַן הֵי ״הַלְלוּיָהּ״ — וְנֵימָא עַד ״הַלְלוּיָהּ״ שֶׁ״בְּצֵאת יִשְׂרָאֵל״? קַשְׁיָא.

Et qu'il dise : jusqu'à Hallelouya. Et si tu dis que nous ne savons pas de quel Hallelouya il s'agit, qu'il dise : jusqu'àu Hallelouya de be-tset Israël.

Difficulté.

💡 Explication

La même objection, tournée vers Rabba bar Rav Houna. Le tanna pouvait dire : jusqu'àu Hallelouya de be-tset Israël. Cette lecture aussi reste en difficulté.

6
וְחוֹתֵם בַּגְּאֻולָּה. אָמַר רָבָא: קְרִיאַת שְׁמַע וְהַלֵּל — ״גָּאַל יִשְׂרָאֵל״. דִּצְלוֹתָא — ״גּוֹאֵל יִשְׂרָאֵל״. מַאי טַעְמָא — דְּרַחֲמֵי נִינְהוּ.

Et il conclut par la délivrance. Rava a dit : la lecture du Chema et le Hallel, gaal Israël.

La prière, goel Israël. Quelle est la raison ?

Ce sont des rahamei.

💡 Explication

Le lemme ve-hotem bi-geoula ouvre les formules de clôture. Rava : au Chema et au Hallel, on dit gaal Israël, qui a délivré. À la prière, on dit goel Israël, qui délivre.

La raison : la prière est rahamei, une demande. On y parle au présent de ce que l'on demande.

7
אָמַר רַבִּי זֵירָא: דְּקִידּוּשָׁא — ״אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ״. דִּצְלוֹתָא — ״קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתֶיךָ״. מַאי טַעְמָא — דְּרַחֲמֵי נִינְהוּ.

Rabbi Zeira a dit : le kiddouch, acher kidchanou be-mitsvotav ve-tsivanou. La prière, kadchenou be-mitsvoteikha.

Quelle est la raison ? Ce sont des rahamei.

💡 Explication

Même partage. Le kiddouch raconte : acher kidchanou be-mitsvotav ve-tsivanou, Il nous a sanctifiés par Ses commandements et Il nous a ordonné. La prière demande : kadchenou be-mitsvoteikha, sanctifie-nous par Tes commandements.

Là encore, rahamei : la prière se dit à la deuxième personne, tourné vers ce qui est demandé.

8
אָמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: וְצָרִיךְ שֶׁיַּזְכִּיר יְצִיאַת מִצְרַיִם בְּקִידּוּשׁ הַיּוֹם. כְּתִיב הָכָא: ״לְמַעַן תִּזְכֹּור אֶת יוֹם״. וּכְתִיב הָתָם: ״זָכוֹר אֶת יוֹם הַשַּׁבָּת לְקַדְּשׁוֹ״.

Rav Aha bar Yaakov a dit : et il faut mentionner la sortie d'Égypte dans le kiddouch du jour. Il est écrit ici : afin que tu te souviennes du jour.

Et il est écrit là-bas : Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier.

📜 Rachi (1)
ה"ג כְּתִיב הָכָא לְמַעַן תִּזְכֹּור אֶת יוֹם צֵאתְךָ וְגוֹ' וּכְתִיב הָתָם זָכוֹר אֶת יוֹם הַשַּׁבָּת לְקַדְּשׁוֹ:
Ainsi est la leçon : il est écrit ici, afin que tu te souviennes du jour de ta sortie, etc. Et il est écrit là-bas : Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier.
🗂️ Tossefot (1)
לְמַעַן תִּזְכֹּור אֶת יוֹם צֵאתְךָ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם לְכָךְ קָבְעוּ זֵכֶר לִיצִיאַת מִצְרַיִם וְשָׁמַעְתִּי מהר"מ שֶׁיֵּשׁ בַּמִּדְרָשׁ לְפִי שֶׁבְּמִצְרַיִם עָבְדוּ בָּהֶם בְּיִשְׂרָאֵל בְּפָרֶךְ ופר"ך בא"ת ב"ש וג"ל שֶׁהֵם מְלָאכוֹת אַרְבָּעִים חָסֵר אַחַת וּכְשֶׁנִּגְאֲלוּ מִמִּצְרַיִם הִזְהִירָם עַל הַשַּׁבָּת לִשְׁבּוֹת מֵאוֹת' ל"ט מְלָאכוֹת:
Afin que tu te souviennes du jour de ta sortie du pays d'Égypte. C'est pourquoi ils ont fixé un souvenir de la sortie d'Égypte. Et j'ai entendu, au nom du Maharam, qu'il y a dans un midrach : en Égypte, ils ont fait travailler Israël avec rigueur, perekh. Perekh, en atbach, fait vav-gimel-lamed, ce sont les travaux au nombre de quarante moins un. Lorsqu'ils furent délivrés d'Égypte, Il les a mis en garde au sujet du Chabbat, pour qu'ils cessent ces trente-neuf travaux.
💡 Explication

Rav Aha bar Yaakov : le kiddouch du jour, celui du Chabbat, mentionne la sortie d'Égypte. Les deux versets se rejoignent par yom et par le souvenir : lemaan tizkor et yom, et zakhor et yom ha-Chabbat. C'est une gezera chava.

Rachi fixe la leçon complète du premier verset : le jour de ta sortie. Tossefot, au nom du Maharam : perekh, en atbach, donne vav-gimel-lamed, trente-neuf. Les trente-neuf melakhot du Chabbat sont liées à la sortie d'Égypte.

🖼️ Schéma
Sortie d'Égypte dans le kiddouch du jourIci, Pessa'hlemaan tizkor et yomafin que tu te souviennesdu jour de ta sortieLà-bas, Chabbatzakhor et yom ha-Chabbatsouviens-toi du jourdu Chabbat pour le sanctifieryomGezera chava. Rav Aha bar Yaakov : on mentionne la sortie d'Égypte.
Les deux versets du souvenir, joints par le mot yom.
9
אָמַר רַבָּה בַּר שֵׁילָא: דִּצְלוֹתָא — ״מַצְמִיחַ קֶרֶן יְשׁוּעָה״, דְּאַפְטָרְתָּא — ״מָגֵן דָּוִד״.

Rabba bar Chila a dit : la prière, matsmiah keren yechoua. La haftara, maguen David.

💡 Explication

Deux clôtures encore. Dans la prière, sur la royauté : matsmiah keren yechoua, qui fait germer une corne de salut. Après la haftara : maguen David.

10
״וְעָשִׂיתִי לְךָ שֵׁם גָּדוֹל כְּשֵׁם הַגְּדֹולִים״, תָּנֵי רַב יוֹסֵף: זֶהוּ שֶׁאוֹמְרִים ״מָגֵן דָּוִד״.

Et Je te ferai un grand nom, comme le nom des grands. Rav Yossef enseigne : c'est ce que l'on dit, maguen David.

📜 Rachi (1)
כְּשֵׁם הַגְּדוֹלִים כְּאַבְרָהָם כְּיִצְחָק וְיַעֲקֹב:
Comme le nom des grands : comme Avraham, comme Its'hak et comme Yaakov.
🪔 Ben Yehoyada (1)
הַלֵּל זֶה, מִי אֲמָרוֹ. נִרְאֶה לִי בס"ד שׁוֹאֵל הַלֵּל זֶה שֶׁאֲנַחְנוּ אוֹמְרִים בְּכוֹס רְבִיעִי דְּמַתְחִיל מִן 'לֹא לָנוּ ה' לֹא לָנוּ' (תְּהִלִּים קטו, א) אֲבָל שְׁנֵי מִזְמוֹרִים רִאשׁוֹנִים 'הַלְלוּיָהּ' וּ'בְּצֵאת' (שָׁם קיג-קיד) פְּשִׁיטָא לֵיהּ דְּמֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה וְיִשְׂרָאֵל אֲמָרוּם, וְלָזֶה מֵבִיא דִּבְרֵי הַתַּנָּאִים דְּיֵשׁ אוֹמְרִים גַּם זֶה אָמְרוּ מֹשֶׁה וְיִשְׂרָאֵל וְיֵשׁ אוֹמְרִים יְהוֹשֻׁעַ וְיִשְׂרָאֵל וְיֵשׁ אוֹמְרִים דְּבוֹרָה וּבָרָק. וּמַה שֶׁאָמְרוּ הֵם אָמְרוּ : ' לֹא לָנוּ ה' לֹא לָנוּ ' נִרְאֶה לִי דִּקְרִיעַת יַם סוּף הָיְתָה בַּלַּיְלָה וְכֵן מַפָּלַת חֵיל סִיסְרָא בַּלַּיְלָה דְּהַכּוֹכָבִים נִלְחֲמוּ וְכֵן מַפָּלַת חֵיל סַנְחֵרִיב בַּלַּיְלָה וְכֵן בְּהַמָּן 'בַּלַּיְלָה הַהוּא נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ' (אֶסְתֵּר ו, א) וְלָכֵן כֻּולָּם אָמְרוּ פָּסוּק זֶה ' ל א ל נו י י' שֶׁהוּא רָאשֵׁי תֵּיבוֹת 'לֵיל' שֶׁהִתְחִילוּ מִן פָּסוּק זֶה וְהֵם אָמְרוּ 'כִּי לְשִׁמְךָ תֵּן כָּבוֹד' וְהֵשִׁיב 'לְמַעֲנִי לְמַעֲנִי אֶעֱשֶׂה' לְמַעַן שֵׁם הַנִּכְתָּב וּלְמַעַן שֵׁם הַנִּקְרָא כִּי הַשֵּׁם נִכְתָּב בי"ה וְנִקְרָא בְּאָלֶ"ף דָּלֶ"ת. וּמַה שֶׁאָמְרוּ יְהוֹשֻׁעַ וְיִשְׂרָאֵל אֲמָרוּהוּ לָכֵן כָּפְלוּ הַדְּבָרִים 'לֹא לָנוּ לֹא לָנוּ' דְּרָמְזוּ עַל ל"א מַלְכֵי כְּנַעַן וְהַשָּׂרִים שֶׁלָּהֶם שֶׁגַּם הֵם ל"א, וְזֶהוּ לֹא לָנוּ רוֹצֶה לוֹמַר ל"א מְלָכִים יִהְיוּ לָנוּ כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (בַּמִּדְבָּר יד, ט) 'כִּי לַחֲמֵנוּ הֵם וָהּ' אִתָּנוּ' לְכָךְ הִזְכִּיר ה' בֵּין ל"א הַשָּׂרִים שֶׁל מַעְלָה וּבֵין ל"א מְלָכִים אֲשֶׁר תַּחַת יָדָם, וְאַף עַל גַּב דְּהַהַלֵּל אוֹמְרִים אוֹתוֹ אַחַר גְּאֻולָּתָם מִן הַצָּרָה הִנֵּה הֵם יוֹדְעִים שֶׁעֲתִידִין לָבֹא לִידֵי צָרָה אַחֶרֶת אַחֲרֵי זֶה וְלָכֵן אוֹמְרִים לֹא לָנוּ וְכוּ' דִּמְבַקְּשִׁים עַל צָרָה הָאַחֶרֶת וְלוֹמַר כְּמוֹ שֶׁעָשִׂיתָ בְּזֹאת הַצָּרָה כֵּן תַּעֲשֶׂה בְּצָרָה אַחֶרֶת וְכֻולָּם כַּוָּנָתָם הוּא עַל דֶּרֶךְ זֶה. " וְעָשִׂתִי לְךָ שֵׁם גָּדוֹל כְּשֵׁם הַגְּדֹלִים אֲשֶׁר בָּאָרֶץ " (שְׁמוּאֵל ב' ז, ט) , תָּנֵי רַב יוֹסֵף : זֶה שֶׁאוֹמְרִים : " מָגֵן דָּוִד " [קיז:] הִקְשָׁה הָרִי"ף וַהֲלֹא אֵין אוֹמְרִים מָגֵן יִצְחָק מָגֵן יַעֲקֹב אֶלָּא 'מָגֵן אַבְרָהָם' וְלָכֵן הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר כְּשֵׁם 'הַגָּדוֹל' אֲשֶׁר בָּאָרֶץ דְּקָאֵי עַל אַבְרָהָם דַּוְקָא יְעֻויַּן שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁכָּתַב רַבֵּינוּ זַ"ל (בְּשַׁעַר הַכַּוָּנוֹת בִּדְרוּשֵׁי רֹאשׁ הַשָּׁנָה דְּרוּשׁ וָא"ו) כִּי ג' פְּעָמִים 'אֵל' שֶׁהוּא סוֹד מָגֵן [31×3=93] הֵן הֵן סוֹד ג' פְּעָמִים 'אֵל' שֶׁיֵּשׁ בֶּאֱלֹקֵי אַבְרָהָם, אֱלֹקֵי יִצְחָק וֵאלֹקֵי יַעֲקֹב כִּי מִן ג' פְּעָמִים 'אֵל אֵל אֵל' שֶׁבָּג' פְּעָמִים אֱלֹקַי אֱלֹקַי אֱלֹקַי נִמְשְׁכָה הֶאָרָתָם לַמַּלְכוּת וְנַעֲשֵׂית 'מָגֵן' עַד כָּאן דְּבָרָיו יְעַיֵּין שָׁם בְּאֹורֶךְ. נִמְצָא שֵׁם מָגֵן כָּלוּל מִן ג' פְּעָמִים אֱלֹקֵי הָאֲמוּרִים בְּאָבוֹת אַךְ לֹא יָבֹא כְּנֶגֶד שְׁלָשְׁתָּם מַמָּשׁ כִּי נִשְׁאַר אוֹתִיּוֹת י"ה וְלָזֶה אָמַר וְעָשִׂתִי לְךָ שֵׁם גָּדוֹל כ שֵׁם הַגְּדֵלִים אֲשֶׁר בָּאָרֶץ בְּכַף הַדִּמְיוֹן שֶׁהוּא לָקוּחַ מִן שְׁלֹשָׁה שֵׁמוֹת שֶׁל אֱלֹקֵי הָאֲמוּרִים בַּגְּדוֹלִים שֶׁהֵם אַבְרָהָם יִצְחָק יַעֲקֹב, וְלָזֶה אָמַר זֶה שֶׁאוֹמְרִים 'מָגֵן דָּוִד'. בְּרַם עֲדַיִין יֵשׁ לְדַקְדֵּק לָמָּה נָקֵיט הַאי לִישָּׁנָא ' זֶה שֶׁאוֹמְרִים ' וַהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר 'זֶה מָגֵן דָּוִד'? וְנִרְאֶה לִי בס"ד בְּהִקְדִּים מַה שֶׁמַּקְשִׁים לָמָּה אָמַר 'זֶה שֶׁאוֹמְרִים מָגֵן דָּוִד' וַהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר ' זֶה אֱלֹקֵי דָּוִד ' כַּכָּתוּב בְּדִבְרֵי הַיָּמִים (מְלָכִים ב' כ, ה) בְּמִכְתָּב שֶׁשָּׁלַח אֵלִיָּהוּ הַנָּבִיא זָכוּר לַטּוֹב לִיהוֹרָם בֶּן יְהוֹשָׁפָט שֶׁאָמַר 'כֹּה אָמַר ה' אֱלֹקֵי דָּוִד אָבִיךָ' דְּנִמְצָא נֶאֱמַר בּוֹ אֱלֹקֵי דָּוִד כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר בְּאָבוֹת? וְתֵרְצוּ דְּהַנָּבִיא אָמַר כֵּן וְלֹא כָּל יִשְׂרָאֵל, וְעַיֵּין בְּסֵפֶר שֹׁרֶשׁ יַעֲקֹב. וַאֲנָא עַבְדָּא אָמַרְתִּי זֶה דֹּוחַק דְּלָמָּה יִגָּרַע מַאֲמַר הַנָּבִיא שֶׁאוֹמֵר בְּרוּחַ הַקֹּודֶשׁ מִן מַאֲמַר אִישִׁי יִשְׂרָאֵל?! וְאָמַרְתִּי לְתָרֵץ בס"ד דְּעִיקַּר הַחֲשִׁיבוּת וְהַמַּעֲלֶה בָּזֶה הוּא כַּאֲשֶׁר אוֹמְרִים כֵּן בְּמַטְבֵּעַ בְּרָכוֹת אוֹ בִּתְפִילָּה שֶׁאוֹמְרִים זֶה בִּתְמִידוּת, וְלֹא בְּסִיפּוּר דְּבָרִים. וּמַה שֶׁנֶּאֱמַר בְּדִבְרֵי הַיָּמִים הָיָה דֶּרֶךְ סִיפּוּר. וְהִנֵּה לְתֵירוּץ הַמְפָרְשִׁים דְּתָלוּ הַמַּעֲלָה וְהַחֲשִׁיבוּת בַּאֲמִירָה שֶׁל רַבִּים בָּזֶה יִתְיַישֵּׁב דִּקְדּוּק אֲשֶׁר דִּקְדַּקְנוּ דִּלְהָכִי נָקֵיט רַב יוֹסֵף בְּהַאי לִישָּׁנָא זֶה שֶׁאוֹמְרִים ' מָגֵן דָּוִד ', פֵּירוּשׁ שֶׁרַבִּים אוֹמְרִים 'זֶה' לְאַפּוֹקֵי 'אֱלֹקֵי דָּוִד' בְּדִבְרֵי הַיָּמִים דַּאֲמִירָה זוֹ הִיא מִפִּי יָחִיד. וְגַם לְפִי הַתֵּירוּץ שֶׁתֵּרַצְתִּי בס"ד יִתְייַשֵּׁב דִּקְדּוּק דְּאָמַר זֶה שֶׁאוֹמְרִים בִּתְמִידוּת בְּמַטְבֵּעַ בְּרָכוֹת, מַה שֶׁאֵין כֵּן 'אֱלֹקֵי דָּוִד' אֲשֶׁר בְּדִבְרֵי הַיָּמִים אֵין זוֹ אֲמִירָה תְּמִידִית בְּמַטְבֵּעַ בְּרָכָה אֶלָּא הוּא סִיפּוּר מַעֲשֶׂה שֶׁהָיָה שֶׁשָּׁלַח לוֹ מִכְתָּב בְּלָשׁוֹן זֶה. וְהִנֵּה לְפִי דִּבְרֵי רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל כִּי שֵׁם מָגֵן נִבְנָה מִן ג' שֵׁמוֹת אֱלֹקִי, הִנֵּה בָּזֶה יוּבָן בס"ד מַה שֶׁאָמַר דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה (תְּהִלִּים פד, יא) 'בָּחַרְתִּי הִסְתּוֹפֵף בְּבֵית אֱלֹקֵי' כִּי יָדוּעַ שֶׁהַתֵּיבָה נִקְרֵאת 'בַּיִת' וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ בְּסֵפֶר יְצִירָה שְׁלֹשָׁה אֲבָנִים בּוֹנוֹת שִׁשָּׁה בָּתִּים אַרְבָּעָה אֲבָנִים בּוֹנוֹת כ"ד בָּתִּים וְכוּ'. וְזֶהוּ 'בְּבֵית אֱלֹקֵי' רוֹצֶה לוֹמַר בְּתֵיבָה שֶׁל אֱלֹקַי שֶׁאֶקַּח תֵּיבַת מָגֵן שֶׁהִיא לְקוּחָה מִן תֵּיבַת אֱלֹקַי הָאֲמוּרָה בְּאָבוֹת. וּבְמִדְרַשׁ שׁוֹחֵר טוֹב (מִדְרַשׁ שׁוֹחֵר טוֹב טז, ו) אִיתָא עַל פִּי זֶה אָמַר דָּוִד הַמֶּלֶךְ אֵין לִי לֵישֵׁב עִם הַגְּדוֹלִים אַמְתִּין לִי עִם הַקְּטַנִּים. יְהֵא אַבְרָהָם יִצְחָק וְיַעֲקֹב בְּקִיטוֹן וּמֹשֶׁה וְאַהֲרֹן בַּטְּרַקְלִין וַאֲנִי בַּסַּף זֶהוּ שֶׁאָמַר 'בָּחַרְתִּי הִסְתּוֹפֵף בְּבֵית אֱלֹקֵי'. וּבְמָקוֹם אַחֵר פֵּרַשְׁתִּי בס"ד הַכַּווָּנָה כִּי אַבְרָהָם יִצְחָק וְיַעֲקֹב הֵם בחג"ת [חֶסֶד, גְּבוּרָה, תִּפְאֶרֶת] וּמֹשֶׁה וְאַהֲרֹן נֶצַח וְהוֹד, וְדָוִד בַּמַּלְכוּת שֶׁהִיא סוֹפָא דְּכָל דַּרְגִין וְהִיא בְּסוֹד שַׁעַר וְדֶלֶת לָכֵן הִזְכִּיר הָאָבוֹת בְּמוֹשַׁב הַקִּיטוֹן שֶׁהוּא חֶדֶר לִפְנִים מִטְּרַקְלִין כִּי מִן טְרַקְלִין נִכְנָסִין לַקִּיטוֹן וּמֹשֶׁה וְאַהֲרֹן בְּמוֹשַׁב הַטְּרַקְלִין כִּי מִן נֶצַח וְהוֹד נִכְנָסִין לחג"ת וְהוּא בַּסַּף, דְּהַמַּלְכוּת הִיא בְּסוֹד שַׁעַר. וּלְפִי הָאָמוּר כָּאן נְפָרֵשׁ דִּבְרֵי הַמִּדְרָשׁ בְּעִנְיָן אַחֵר כִּי דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה לֹא זָכָה לְתֹואַר אֱלֹקִי שֶׁהוּא נִזְכַּר בִּתְחִילַּת הַבְּרָכָה אֶלָּא זָכָה לְתֹואַר מָגֵן הַנִּזְכָּר בְּסוֹף הַבְּרָכָה לָכֵן אָמַר אֲנִי בַּסַּף.
Ce Hallel, qui l'a dit ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il interroge sur ce Hallel que nous disons sur la quatrième coupe, qui commence par lo lanou Hachem lo lanou (Psaumes 115, 1). Les deux premiers psaumes, Hallelouya et be-tset (ibid. 113-114), sont pour lui une évidence : Moché notre maître, que la paix soit sur lui, et Israël les ont dits. C'est pour cela qu'il apporte les paroles des tannaïm. Il y en a qui disent que celui-ci aussi, Moché et Israël l'ont dit. Il y en a qui disent Yehochoua et Israël. Il y en a qui disent Devora et Barak. Et ce qu'ils ont dit, eux l'ont dit : lo lanou Hachem lo lanou. Il me semble que la fente de la mer des Joncs a eu lieu la nuit, et de même la chute de l'armée de Sisera, la nuit, car les étoiles ont combattu, et de même la chute de l'armée de Sennachérib, la nuit, et de même pour Haman : cette nuit-là, le sommeil du roi fut agité (Esther 6, 1). C'est pourquoi tous ont dit ce verset, lo lanou Hachem, dont les initiales font layil (nuit). Ils ont commence par ce verset. Et eux ont dit : car à Ton nom, donne la gloire. Et Il a répondu : à cause de Moi, à cause de Moi, Je le ferai. À cause du nom qui s'écrit, et à cause du nom qui se prononce. Car le nom s'écrit par yod-hé, et il se prononce par aleph-dalet. Et ce qu'ils ont dit : Yehochoua et Israël l'ont dit. C'est pourquoi ils ont doublé les mots lo lanou, lo lanou. Ils ont fait allusion aux trente et un rois de Canaan, et à leurs princes, qui sont eux aussi trente et un. Et voici lo lanou : cela veut dire que trente et un rois seront à nous, comme il est dit (Nombres 14, 9) : car ils sont notre pain, et Hachem est avec nous. C'est pourquoi il a mentionné Hachem entre les trente et un princes d'en haut et les trente et un rois qui sont sous leur main. Ils disent le Hallel après leur délivrance de la détresse, et ils savent qu'ils doivent en venir à une autre détresse après celle-ci. C'est pourquoi ils disent lo lanou, etc. Ils demandent au sujet de l'autre détresse, pour dire : comme Tu as fait dans cette détresse, ainsi fais dans l'autre détresse. L'intention de tous va dans cette voie. Et Je te ferai un grand nom, comme le nom des grands qui sont sur la terre (Samuel II 7, 9). Rav Yossef enseigne : c'est ce que l'on dit, maguen David. Le Rif a objecté : on dit maguen Avraham. On ne dit pas maguen Its'hak ni maguen Yaakov. Il lui revenait donc de dire : comme le nom du grand qui est sur la terre, ce qui vise Avraham seul. Voir là-bas. Et il me semble, avec l'aide du Ciel, d'après ce qu'a écrit notre maître, que son souvenir soit en bénédiction, dans Chaar ha-kavanot, derouchim de Roch Hachana, derouch 6 : trois fois El, qui est le sod de maguen, 31 fois 3 font 93, sont précisément le sod des trois fois El qu'il y a dans Elokei Avraham, Elokei Its'hak et Elokei Yaakov. Car des trois fois El El El, qui sont dans les trois fois Elokei, Elokei, Elokei, leur lumière a été tirée vers la malkhout, et elle est devenue maguen. Jusqu'ici ses paroles. Voir là-bas au long. Il se trouve que le nom maguen est inclus à partir des trois fois Elokei dites au sujet des pères. Il ne couvre pas les trois exactement, car il reste les lettres yod-hé. C'est pourquoi il a dit : Et Je te ferai un grand nom, comme le nom des grands qui sont sur la terre, avec le kaf de la comparaison. Ce nom est pris des trois noms de Elokei dits au sujet des grands, qui sont Avraham, Its'hak et Yaakov. C'est pourquoi il a dit : c'est ce que l'on dit, maguen David. Toutefois il reste à examiner pourquoi il a pris cette formulation, ceci que l'on dit, alors qu'il lui revenait de dire : c'est maguen David. Et il me semble, avec l'aide du Ciel, en posant d'abord l'objection que l'on fait : pourquoi a-t-il dit, ceci que l'on dit, maguen David, alors qu'il lui revenait de dire : c'est Elokei David, comme il est écrit dans les Chroniques (Rois II 20, 5), dans la lettre qu'a envoyée Eliahou le prophète, que son souvenir soit en bien, à Yehoram fils de Yehoshafat, où il a dit : Ainsi a dit Hachem, Elokei David ton père. Il se trouve qu'il est dit de lui Elokei David, comme il est dit des pères. Et ils ont répondu : le prophète a dit ainsi, et non pas tout Israël. Voir le livre Cheresh Yaakov. Et moi, le serviteur, j'ai dit : ceci est un dohak, une réponse forcée. Pourquoi la parole du prophète, qui parle par roua'h ha-kodech, esprit saint, serait-elle d'un rang moindre que la parole des hommes d'Israël ? Et j'ai dit, pour resoudre, avec l'aide du Ciel : l'essentiel du rang et de la valeur, ici, tient à ce qu'on le dise dans le matbea, le libellé des bénédictions, ou dans la prière, où on le dit en permanence. Un récit de faits est autre chose. Ce qui est dit dans les Chroniques était par voie de récit. Et voici, selon la résolution des commentateurs, qui ont attaché le rang et la valeur à la parole de la multitude : par là se règle l'examen que nous avons fait. C'est pour cela que Rav Yossef a pris cette formulation : ceci que l'on dit, maguen David. Explication : la multitude dit ceci. Cela écarte Elokei David dans les Chroniques, car cette parole-la sort de la bouche d'un seul. Et selon la résolution que j'ai donnée, avec l'aide du Ciel, l'examen se règle aussi. Il a dit : ceci que l'on dit en permanence dans le libellé des bénédictions. Elokei David, dans les Chroniques, est le récit d'un fait qui a eu lieu : on lui a envoyé une lettre en ces termes. Et voici, selon les paroles de notre maître l'Ari, que son souvenir soit en bénédiction : le nom maguen est bâti à partir des trois noms Elokei. Par là se comprend, avec l'aide du Ciel, ce qu'a dit le roi David, que la paix soit sur lui (Psaumes 84, 11) : J'ai choisi de me tenir au seuil, dans la maison de Elokei. Car il est connu que le mot est appelé bayit, maison, comme ils ont dit dans le Sefer Yetsira : trois pierres bâtissent six maisons, quatre pierres bâtissent vingt-quatre maisons, et la suite. Et voici, dans la maison de Elokei : cela veut dire dans le mot Elokei. Je prendrai le mot maguen, qui est pris du mot Elokei dit au sujet des pères. Et dans le midrach Choher Tov (Choher Tov 16, 6) il est rapporte sur ce verset : le roi David a dit : je n'ai pas de place pour m'asseoir avec les grands, je me tiendrai avec les petits. Qu'Avraham, Its'hak et Yaakov soient dans le kiton, la chambre intérieure, Moché et Aharon dans le traklin, la salle, et moi au seuil. C'est ce qu'il a dit : J'ai choisi de me tenir au seuil dans la maison de Elokei. Et ailleurs j'ai expliqué, avec l'aide du Ciel, l'intention : Avraham, Its'hak et Yaakov sont dans hagat, 'hessed, gevoura, tiferet. Moché et Aharon sont netsa'h et hod. David est dans la malkhout, qui est la fin de tous les degrés, et qui est dans le sod de la porte et du battant. C'est pourquoi il a mentionné les pères dans le séjour du kiton, chambre plus à l'intérieur que le traklin, car du traklin on entre dans le kiton. Moché et Aharon sont dans le séjour du traklin, car de netsa'h et hod on entre dans hagat. Et lui est au seuil, car la malkhout est dans le sod de la porte. Et selon ce qui a été dit ici, nous expliquerons les paroles du midrach d'une autre manière. Le titre Elokei est mentionné au début de la bénédiction. Le roi David, que la paix soit sur lui, a obtenu le titre maguen, mentionné à la fin de la bénédiction. C'est pourquoi il a dit : moi, au seuil.
💡 Explication

Le verset dit à David (Samuel II 7, 9) est lu par Rav Yossef sur la formule maguen David. Rachi : les grands sont Avraham, Its'hak et Yaakov, comme on dit maguen Avraham.

Ben Yehoyada développe le sod de maguen, pris trois fois d'El dans Elokei Avraham, Elokei Its'hak et Elokei Yaakov, et la raison de la formule " ce que l'on dit ".

11
אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: ״וְאֶעֶשְׂךָ לְגוֹי גָּדוֹל״, זֶהוּ שֶׁאוֹמְרִים ״אֱ-לֹהֵי אַבְרָהָם״. ״וַאֲבָרְכֶךָּ״, זֶהוּ שֶׁאוֹמְרִים ״אֱ-לֹהֵי יִצְחָק״. ״וַאֲגַדְּלָה שְׁמֶךָ״, זֶהוּ שֶׁאוֹמְרִים ״אֱ-לֹהֵי יַעֲקֹב״.

Rabbi Chimon ben Lakich a dit : Et Je te ferai une grande nation, c'est ce que l'on dit, Elokei Avraham. Et Je te bénirai, c'est ce que l'on dit, Elokei Its'hak.

Et J'agrandirai ton nom, c'est ce que l'on dit, Elokei Yaakov.

🪔 Ben Yehoyada (1)
זֶה שֶׁאוֹמְרִים: "אֱלֹקֵי אַבְרָהָם" וְכוּ'. קָשֶׁה וַהֲלֹא מָצִינוּ שֶׁאָמַר הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ לְמֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה בִּסְנֶה (שְׁמוֹת ג, ו) אָנֹכִי אֱלֹקֵי אָבִיךָ אֱלֹקֵי אַבְרָהָם אֱלֹקֵי יִצְחָק וֵאלֹקֵי יַעֲקֹב וְכוּ' וְאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (שְׁמוֹת רַבָּה ג, א) שָׂמַח מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה וְאָמַר שֶׁנִּמְנָה אָבִי עִם הָאָבוֹת וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁנִּזְכַּר תְּחִילָּה. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּעִיקַּר הַמַּעֲלָה הוּא שֶׁיַּזְכִּיר אֱלֹקַי עַל שֵׁם הַפְּרָטִי שֶׁלּוֹ כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר אֱלֹקֵי אַבְרָהָם אֱלֹקֵי יִצְחָק וֵאלֹקֵי יַעֲקֹב, וְכָאן לֹא אָמַר לוֹ אֱלֹקֵי עַמְרָם אֶלָּא 'אֱלֹקֵי אָבִיךָ' בִּסְתָם. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד דְּעִיקַּר הַמַּעֲלָה הוּא כַּאֲשֶׁר אוֹמְרִים כֵּן בְּמַטְבֵּעַ בְּרָכוֹת וּבִתְפִלָּה.
Ceci, que l'on dit : Elokei Avraham, etc. Difficulté. Or nous trouvons que le Nom, béni soit-Il, a dit à Moché notre maître, que la paix soit sur lui, au buisson (Exode 3, 6) : Je suis Elokei ton père, Elokei Avraham, Elokei Its'hak et Elokei Yaakov, etc. Et nos maîtres, que leur souvenir soit en bénédiction, ont dit (Chemott Rabba 3, 1) : Moché notre maître s'est réjoui et a dit que son père a été compté avec les pères, et plus encore, qu'il a été mentionné en premier. Et il me semble, avec l'aide du Ciel, que l'essentiel du rang est qu'Il mentionne Elokei sur le nom propre, comme il est dit : Elokei Avraham, Elokei Its'hak et Elokei Yaakov. Ici, la formule dite à Moché est Elokei ton père, en termes généraux, sans Elokei Amram. Et encore, il me semble, avec l'aide du Ciel, que l'essentiel du rang est lorsqu'on le dit ainsi dans le libellé des bénédictions et dans la prière.
💡 Explication

Rech Lakich découpe la bénédiction d'Avraham (Genèse 12, 2) sur l'ouverture de l'Amida. Va-e'eskha le-goy gadol : Elokei Avraham. Va-avarekha : Elokei Its'hak. Va-agadla shemekha : Elokei Yaakov.

12
יָכוֹל יְהוּ חוֹתְמִין בְּכֻולָּן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְהָיָה בְּרָכָה״. בְּךָ חוֹתְמִין, וְאֵין חוֹתְמִין בְּכֻולָּן.

On pourrait penser qu'ils concluent par tous. Le verset enseigne : Et tu seras une bénédiction.

Par toi ils concluent, et ils ne concluent pas par tous.

🪔 Ben Yehoyada (1)
יָכוֹל יְהוּ חוֹתְמִין בְּכֻלָּם. מַשְׁמַע שֶׁיֵּשׁ טַעַם וּסְבָרָא מִבַּחוּץ שֶׁרָאוּי לַחְתֹּום בְּכֻולָּם וְלוֹמַר 'מָגֵן אַבְרָהָם יִצְחָק וֶאֱלֹקַי וְיַעֲקֹב'. וּצְרִיכִים לְהָבִין מַאי הִיא? וְנִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁכָּתַבְנוּ לְעֵיל בְּשֵׁם רַבֵּינוּ זַ"ל כִּי מָגֵן לְקוּחָה מִן ג' פְּעָמִים אֱלֹקַי הָאָמוּר בְּאַבְרָהָם יִצְחָק וְיַעֲקֹב, וּלְפִי זֶה נִיחָא דְּמִסְתַּבֵּר טַעְמָא לַחְתֹּום בַּמָּגֵן בְּכֻולָּם, כִּי מָגֵן לְקוּחָה מִן ג' פְּעָמִים אֱלֹקֵי הָאֲמוּרָה בְּכֻולָּם:
On pourrait penser qu'ils concluent par tous. Cela implique qu'il y a, au-dehors, une raison et une sevara pour conclure par tous et dire : maguen Avraham, Its'hak, et Elokei Yaakov. Il faut comprendre quelle est cette raison. Et il me semble, avec l'aide du Ciel, d'après ce que nous avons écrit plus haut au nom de notre maître, que son souvenir soit en bénédiction : maguen est pris des trois fois Elokei dites au sujet d'Avraham, Its'hak et Yaakov. Selon cela, la raison se tient, de conclure par maguen au nom de tous, car maguen est pris des trois fois Elokei dites au sujet de tous.
💡 Explication

Ve-hyeh berakha limite la clôture. On scelle par Avraham : maguen Avraham. La clôture ne rassemble pas Its'hak et Yaakov avec lui.

Ben Yehoyada : maguen est tiré des trois Elokei. De là venait la sevara de sceller au nom de tous. Le verset arrête la clôture sur Avraham.

13
אָמַר רָבָא: אַשְׁכַּחְתִּינָא לְסָבֵי דְפוּמְבְּדִיתָא דְּיָתְבִי וְקָאָמְרִי: בְּשַׁבְּתָא — בֵּין בִּצְלוֹתָא בֵּין בְּקִידּוּשָׁא: ״מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת״. בְּיוֹמָא טָבָא — בֵּין בִּצְלוֹתָא וּבֵין בְּקִידּוּשָׁא: ״מְקַדֵּשׁ יִשְׂרָאֵל וְהַזְּמַנִּים״. וְאָמֵינָא לְהוּ אֲנָא: אַדְּרַבָּה, דִּצְלוֹתָא — בֵּין בְּשַׁבְּתָא בֵּין בְּיוֹמָא טָבָא: ״מְקַדֵּשׁ יִשְׂרָאֵל״, בְּקִידּוּשָׁא דְּשַׁבְּתָא: ״מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת״, בְּיוֹמָא טָבָא: ״מְקַדֵּשׁ יִשְׂרָאֵל וְהַזְּמַנִּים״.

Rava a dit : j'ai trouvé les anciens de Poumbedita, assis, et ils disaient : le Chabbat, tant dans la prière que dans le kiddouch, mekadech ha-Chabbat. Le jour de fête, tant dans la prière que dans le kiddouch, mekadech Israël veha-zmanim.

Et moi, je leur ai dit : au contraire. La prière, tant le Chabbat que le jour de fête, mekadech Israël.

Le kiddouch du Chabbat, mekadech ha-Chabbat. Le jour de fête, mekadech Israël veha-zmanim.

⚖️ Rosh (2)
גְּמָ' אָמַר רָבָא צָרִיךְ שֶׁיֹּאמַר וְאוֹתָנוּ הוֹצִיא מִשָּׁם אָמַר רָבָא מַצָּה צָרִיךְ לְהַגְבִּיהַּ מָרוֹר צָרִיךְ לְהַגְבִּיהַּ. בָּשָׂר אֵין צָרִיךְ לְהַגְבִּיהַּ שֶׁמָּא יֹאמְרוּ בָּשָׂר זֶה לְפֶסַח וְנִרְאֶה כְּאוֹכֵל קָדָשִׁים בַּחוּץ. וְחוֹתֵם בִּגְאֻולָּה אָמַר רָבָא דִּקְרִיאַת שְׁמַע וְהַלֵּילָא גָּאַל יִשְׂרָאֵל. דִּצְלוֹתָא גּוֹאֵל יִשְׂרָאֵל. מ"ט רַחֲמֵי אִינּוּן. א"ר זֵירָא דְּקִדּוּשָׁא וְקַדְּשֵׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו. דִּצְלוֹתָא וְקַדְּשֵׁנוּ בְּמִצְוֹתֶיךָ מ"ט רַחֲמֵי אִינּוּן.
Guemara. Rava a dit : il faut qu'il dise : Et Il nous a fait sortir de là. Rava a dit : la matsa, il faut la soulever. Le maror, il faut le soulever. La viande, il n'est pas nécessaire de la soulever, de peur qu'on dise : cette viande est pour le Pessa'h, et l'on a l'air de manger des kodachim, choses saintes, au dehors. Et il conclut par la délivrance. Rava a dit : pour la lecture du Chema et pour le Hallel, gaal Israël. Pour la prière, goel Israël. Quelle est la raison ? Ce sont des rahamei. Rabbi Zeira a dit : pour le kiddouch, ve-kidchanou be-mitsvotav. Pour la prière, ve-kadchenou be-mitsvoteikha. Quelle est la raison ? Ce sont des rahamei.
אָמַר רַב חָמָא בַּר יַעֲקֹב צָרִיךְ שֶׁיַּזְכִּיר יְצִיאַת מִצְרַיִם בְּקִידּוּשׁ הַיּוֹם כְּתִיב הָכָא זָכוֹר אֶת יוֹם הַשַּׁבָּת לְקַדְּשׁוֹ וּכְתִיב הָתָם לְמַעַן תִּזְכֹּור אֶת יוֹם צֵאתְךָ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם. אָמַר רָבָא בַּר שֵׁילָא דִּצְלוֹתָא מַצְמִיחַ קֶרֶן יְשׁוּעָה. דְּאַפְטָרְתָּא מָגֵן דָּוִד. וְעָשִׂיתִי לְךָ שֵׁם גָּדוֹל כְּשֵׁם הַגְּדֹולִים אֲשֶׁר בָּאָרֶץ תָּנֵי רַב יוֹסֵף זֶה שֶׁאוֹמְרִים מָגֵן דָּוִד. אָמַר ר' שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ וְאֶעֶשְׂךָ לְגוֹי גָּדוֹל זֶה שֶׁאוֹמְרִים אֱ-לֹהֵי אַבְרָהָם וַאֲבָרֶכְכָה זֶה שֶׁאוֹמְרִים אֱ-לֹהֵי יִצְחָק. וַאֲגַדְּלָה שמך זֶה שֶׁאוֹמְרִים אֱ-לֹהֵי יַעֲקֹב יָכוֹל יְהוּ חוֹתְמִים בְּכֻולָּן ת"ל וֶהְיֵה בְּרָכָה בְּךָ חוֹתְמִין וְאֵין חוֹתְמִין בְּכֻולָּן: אָמַר רָבָא אַשְׁכַּחֲתִינְהוּ לְסָבֵי דְּפוּמְבְּדִיתָא דְּאָמְרִי בְּשַׁבְּתָא בֵּין בִּצְלוֹתָא בֵּין בְּקִידּוּשָׁא מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת. וּבְיוֹמָא טָבָא בֵּין בִּצְלוֹתָא בֵּין בְּקִידּוּשָׁא מְקַדֵּשׁ יִשְׂרָאֵל וְהַזְּמַנִּים. וְכֵן הִלְכְתָא.
Rav Hama bar Yaakov a dit : il faut mentionner la sortie d'Égypte dans le kiddouch du jour. Il est écrit ici : Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier. Et il est écrit là-bas : afin que tu te souviennes du jour de ta sortie du pays d'Égypte. Rava bar Chila a dit : pour la prière, matsmiah keren yechoua. Pour la haftara, maguen David. Et Je te ferai un grand nom, comme le nom des grands qui sont sur la terre. Rav Yossef enseigne : c'est ce que l'on dit, maguen David. Rabbi Chimon ben Lakich a dit : Et Je te ferai une grande nation, c'est ce que l'on dit, Elokei Avraham. Et Je te bénirai, c'est ce que l'on dit, Elokei Its'hak. Et J'agrandirai ton nom, c'est ce que l'on dit, Elokei Yaakov. On pourrait penser qu'ils concluent par tous. Le verset enseigne : Et tu seras une bénédiction. Par toi ils concluent, et ils ne concluent pas par tous. Rava a dit : j'ai trouvé les anciens de Poumbedita, qui disaient : le Chabbat, tant dans la prière que dans le kiddouch, mekadech ha-Chabbat. Et le jour de fête, tant dans la prière que dans le kiddouch, mekadech Israël veha-zmanim. Et ainsi est la halakha.
💡 Explication

Deux nuschaot. Les anciens de Poumbedita alignent prière et kiddouch : Chabbat, mekadech ha-Chabbat ; fête, mekadech Israël veha-zmanim. Rava sépare la prière, où il dit mekadech Israël, et le kiddouch, qui suit le jour.

Le Roch reprend d'abord les formules gaal / goel et le kiddouch, puis cette mahloket. Il conclut : vekhen hilkhata, la halakha est comme les anciens.

14
וַאֲנָא אָמֵינָא טַעְמָא דִידִי וְטַעְמָא דִידְכוּ. טַעְמָא דִּידְכוּ: שַׁבָּת, דִּקְבִיעָא וְקַיְימָא — בֵּין בִּצְלוֹתָא וּבֵין בְּקִידּוּשָׁא: ״מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת״. יוֹמָא טָבָא, דְּיִשְׂרָאֵל הוּא דְּקָבְעִי לֵיהּ — דְּקָמְעַבְּרִי יַרְחֵי וְקָבְעִי לְשָׁנֵי: ״מְקַדֵּשׁ יִשְׂרָאֵל וְהַזְּמַנִּים״.

Et moi, je dirai ma raison et votre raison. Votre raison : le Chabbat, qui est fixé et qui se tient, tant dans la prière que dans le kiddouch, mekadech ha-Chabbat.

Le jour de fête, c'est Israël qui le fixe, car ils intercalent les mois et ils fixent les années : mekadech Israël veha-zmanim.

💡 Explication

Raison des anciens. Le Chabbat est kavia ve-kayma : il est fixé de lui-même, au septième jour. On dit mekadech ha-Chabbat. Le yom tov dépend d'Israël, qui intercale les mois et fixe les années. On dit mekadech Israël veha-zmanim.

15
טַעְמָא דִּידִי: צְלוֹתָא, דִּבְרַבִּים אִיתָא: ״מְקַדֵּשׁ יִשְׂרָאֵל״. קִידּוּשׁ, דִּבְיָחִיד אִיתָא, בְּשַׁבָּת: ״מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת״, בְּיוֹם טוֹב: ״מְקַדֵּשׁ יִשְׂרָאֵל וְהַזְּמַנִּים״.

Ma raison : la prière, qui se trouve en public, mekadech Israël. Le kiddouch, qui se trouve chez le particulier : le Chabbat, mekadech ha-Chabbat, le jour de fête, mekadech Israël veha-zmanim.

📜 Rachi (1)
דִּבְרַבִּים אִיתָא מִשּׁוּם כְּבוֹד רַבִּים אוֹמֵר מְקַדֵּשׁ יִשְׂרָאֵל:
Qui se trouve en public : à cause de l'honneur du public, on dit mekadech Israël.
💡 Explication

Raison de Rava. La prière est l'affaire du public : on dit mekadech Israël, Rachi le dit, pour l'honneur du public. Le kiddouch est l'affaire du particulier : le Chabbat se dit sur le Chabbat, la fête sur Israël et les temps.

16
וְלֹא הִיא, צְלוֹתָא בְּיָחִיד מִי לֵיתֵיהּ? וְקִידּוּשָׁא בְּרַבִּים מִי לֵיתֵיהּ? וְרָבָא סָבַר: זִיל בָּתַר עִיקָּר.

Or il n'en est pas ainsi. La prière du particulier, n'existe-t-elle pas ?

Et le kiddouch en public, n'existe-t-il pas ? Et Rava tient : va selon l'essentiel.

💡 Explication

La Guemara écarte le partage public / particulier : il y a une prière dite seul, et un kiddouch dit en public. Rava répond : zil batar ikar, on suit l'essentiel de chaque mitsva. L'essentiel de la prière est public. L'essentiel du kiddouch est le particulier.

17
עֻולָּא בַּר רַב נְחֵית קַמֵּיהּ דְּרָבָא, אֲמַר כְּסָבֵי דְּפוּמְבְּדִיתָא, וְלָא אֲמַר לֵיהּ וְלָא מִידִי. אַלְמָא הֲדַר בֵּיהּ רָבָא. רַב נָתָן אֲבוּהּ דְּרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב נָתָן נְחֵית קַמֵּיהּ דְּרַב פָּפָּא, אֲמַר כְּסָבֵי דְּפוּמְבְּדִיתָא, וּשְׁבָחֵיהּ רַב פָּפָּא.

Oula bar Rav est descendu devant Rava. Il a dit comme les anciens de Poumbedita, et il ne lui a rien dit.

On en déduit que Rava s'est rétracté. Rav Natan, père de Rav Houna fils de Rav Natan, est descendu devant Rav Papa.

Il a dit comme les anciens de Poumbedita, et Rav Papa l'a loué.

💡 Explication

Nahit kameih : il descend devant le maître pour diriger la prière. Oula dit la formule des anciens. Rava se tait. La Guemara en tire qu'il s'est rétracté. Rav Papa, lui, loue celui qui dit comme les anciens.

18
אָמַר רָבִינָא: אֲנָא אִיקְּלַעִי לְסוּרָא קַמֵּיהּ דְּמָרִימָר, וּנְחֵית קַמֵּיהּ שְׁלוּחָא דְּצִיבּוּרָא וַאֲמַר כְּסָבֵי דְפוּמְבְּדִיתָא, וַהֲווֹ מְשַׁתְּקִי לֵיהּ כֻּולֵּי עָלְמָא, אֲמַר לְהוּ: שִׁבְקוּהוּ הִילְכְתָא כְּסָבֵי דְפוּמְבְּדִיתָא, וְלָא הֲווֹ מְשַׁתְּקוּ לֵיהּ.

Ravina a dit : je me suis trouvé à Soura devant Maremar. L'émissaire de la communauté est descendu devant lui et a dit comme les anciens de Poumbedita.

Et tout le monde le faisait taire. Il leur a dit : laissez-le, la halakha est comme les anciens de Poumbedita.

Et ils ont cessé de le faire taire.

💡 Explication

Maremar tranche. L'assemblée voulait faire taire l'émissaire, dont la formule était nouvelle pour elle. Shabkuhu : laissez-le. Hilkhata ke-savei de-Poumbedita. Chabbat : mekadech ha-Chabbat, à la prière comme au kiddouch. Fête : mekadech Israël veha-zmanim, à la prière comme au kiddouch.

19
מַתְנֵי׳ מָזְגוּ לוּ כּוֹס שְׁלִישִׁי מְבָרֵךְ עַל מְזוֹנוֹ. רְבִיעִי גּוֹמֵר עָלָיו אֶת הַלֵּל, וְאוֹמֵר עָלָיו בִּרְכַּת הַשִּׁיר. בֵּין הַכּוֹסוֹת הַלָּלוּ, אִם רוֹצֶה לִשְׁתּוֹת — יִשְׁתֶּה, בֵּין שְׁלִישִׁי לִרְבִיעִי — לֹא יִשְׁתֶּה.

Michna. On lui a versé la troisième coupe, il bénit sur son repas.

La quatrième, il achève sur elle le Hallel, et il dit sur elle la bénédiction du chant. Entre ces coupes, s'il veut boire, qu'il boive.

Entre la troisième et la quatrième, qu'il ne boive pas.

🗂️ Tossefot (1)
רְבִיעִי אוֹמֵר עָלָיו הַלֵּל הַגָּדוֹל רְבִיעִי גָּרְסִי' וְלָא גָּרְסִינַן חֲמִישִׁי ולה"ר יוֹסֵף טוֹב עֶלֶם שֶׁכָּתַב בְּסִדְרוֹ קִימְעָא לִשְׁתּוֹת מַיִם יִכָּנֵס אִם חוֹלֶה הוּא אוֹ אִיסְטְנִיס וְאִי בָּעֵי מִשְׁתְּיָא חַמְרָא מִשּׁוּם אֹונֶס לוֹמַר בַּחֲמִישִׁי הַלֵּל הַגָּדוֹל יִשְׁתַּנֵּס תֵּימַהּ כֵּיוָן שֶׁאוֹסֵר לִשְׁתּוֹת אֵיךְ תִּיקְּנוּ כּוֹס חֲמִישִׁי הָא אַרְבַּע כּוֹסוֹת תִּיקְּנוּ וְלֹא חֲמִישִׁי וְכֵן מַה שֶּׁאוֹסֵר לִשְׁתּוֹת אַפֵּי' מַיִם הָא לָא מְבַטְּלִי טַעַם מַצָּה דַּאֲפִילּוּ אַחַר הַפֶּסַח לֹא אָסַר לְקַמָּן רַק מִינֵי מֵיכְלָא אֲבָל מִינֵי מִישְׁתְּיָא אֲפִילּוּ יַיִן לָא מָצֵינַן לֶאֱסֹור וְהָא דְּאָמַר בֵּין שְׁלִישִׁי לִרְבִיעִי לֹא יִשְׁתֶּה מְפָרֵשׁ בַּיְּרוּשַׁלְמִי שֶׁלֹּא יִשְׁתַּכֵּר וְשֶׁלֹּא יוּכַל לוֹמַר הַלֵּל וְכֵן פָּסַק רַבִּי' שְׁמוּאֵל לְקַמָּן דְּכָל שְׁתִיָּה מֻותֶּרֶת וְאַפֵּי' לְפִי הַמְפָרְשִׁים בֵּין שְׁלִישִׁי לִרְבִיעִי לֹא יִשְׁתֶּה שֶׁלֹּא יִבָּטֵל טַעַם מַצָּה מ"מ בְּמַיִם לָא מַיְירֵי אֶלָּא בְּיַיִן דֻּומְיָא בֵּין רִאשׁוֹן לְשֵׁנִי יִשְׁתֶּה דְּמַיְירֵי בְּיַיִן כִּי הֵיכִי דְּנִיגְרְרֵיהּ לְלִיבֵּיהּ כִּדְאָמְרִי' לְעֵיל [פְּסָחִים דַּף קח.] וּמִיהוּ רֹוב עַמָּא דְּבַר לִשְׁתּוֹת וְגַם רַב אִלְפַּס הִתִּיר מַיִם וְלֹא אָסַר רַק יַיִן:
La quatrième, il dit sur elle le grand Hallel. Nous lisons quatrième. La leçon cinquième est écartée. Et pour Rabbi Yossef Tov Elem, qui a écrit dans son rituel : un peu d'eau à boire, qu'il entre s'il est malade ou délicat, istenis. Et s'il veut boire du vin par contrainte, pour dire sur une cinquième le grand Hallel, qu'il s'abstienne. Étonnement : puisqu'il interdit de boire, comment ont-ils institué une cinquième coupe ? Ils ont institué quatre coupes. La cinquième n'a pas été instituée. Et de même, ce qu'il interdit de boire, même l'eau : or le goût de la matsa reste entier. Même après le Pessa'h, plus bas, il n'interdit que les sortes d'aliments. Les sortes de boisson, même le vin, l'interdit ne les atteint pas. Et ce qu'il a dit : entre la troisième et la quatrième, qu'il ne boive pas, le Yerouchalmi l'explique : afin qu'il ne s'enivre pas, et qu'il ne puisse plus dire le Hallel. Et ainsi a tranché Rabbeinou Chmouel, plus bas : toute boisson est permise. Et même selon les commentateurs pour qui, entre la troisième et la quatrième, il ne boit pas afin que le goût de la matsa demeure : en tout cas il parle du vin. L'eau reste hors de ce propos, à la ressemblance de : entre la première et la deuxième, qu'il boive, qui parle du vin, afin d'ouvrir l'appétit, comme nous disons plus haut (Pessahim 108a). Toutefois la plupart du monde ont l'usage de boire. Rav Alfas aussi a permis l'eau, et il n'a interdit que le vin.
💡 Explication

Michna nouvelle, les deux dernières coupes. La troisième porte le birkat ha-mazon. La quatrième porte la fin du Hallel et la birkat ha-chir, la bénédiction du chant. Entre les coupes, boire est permis. Entre la troisième et la quatrième, non.

Tossefot lit quatrième, et écarte la leçon " cinquième ". Le Yerouchalmi, cité ici et chez le Roch : on s'abstient pour ne pas s'enivrer avant le Hallel. Rabbeinou Chmouel permet toute boisson. Rav Alfas permet l'eau et retient le vin.

🖼️ Schéma
Troisieme coupe et quatrième coupe1Kiddouchdéjà dit2Récit, Halleldéjà ouvert3Birkat ha-mazonil bénit sur son repas4Fin du Hallelet birkat ha-chirEntre ces coupesS'il veut boire, qu'il boive.Le vin du repas n'enivre pas,dit le Yerouchalmi chez le Roch.Entre la 3e et la 4eQu'il ne boive pas.Le vin d'après le repas enivre.Il doit encore dire le Hallel.
Troisième coupe : birkat ha-mazon. Quatrième : fin du Hallel. Entre les deux, on ne boit pas.
20
גְּמָ׳ אֲמַר לֵיהּ רַב חָנָן לְרָבָא: שְׁמַע מִינַּהּ בִּרְכַּת הַמָּזוֹן טְעוּנָה כּוֹס. אֲמַר לֵיהּ: אַרְבַּע כָּסֵי תִּיקְּנוּ רַבָּנַן דֶּרֶךְ חֵירוּת, כֹּל חַד וְחַד נַעֲבֵיד בֵּיהּ מִצְוָה.

Rav Hanan a dit à Rava : apprends-en que le birkat ha-mazon exige une coupe. Il lui a dit : les maîtres ont institué quatre coupes sur le mode de la liberté.

Sur chacune, nous ferons une mitsva.

⚖️ Rosh (2)
גְּמ' א"ל רַב חֻנַיְן לְרָבָא ש"מ בהמ"ז טְעוּנָה כּוֹס לְעֵיל סִי' יד פֵּירַשְׁתִּי שֶׁאֵין לְהוֹכִיחַ מִכָּאן דבהמ"ז טְעוּנָה כּוֹס בְּיָחִיד. וְעוֹד י"ל מִשּׁוּם דְּעִיקַּר אַרְבַּע כּוֹסוֹת לֹא נִתְקְנוּ לְיָחִיד דְּאָמְרִינַן בְּמִדְרַשׁ תְּהִלִּים הַקּוֹרְאִים צָרִיךְ שֶׁיִּהְיוּ שְׁלֹשָׁה כְּדֵי שֶׁיֹּאמַר אֶחָד לִשְׁנַיִם הוֹדוּ. דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי שֶׁצָּרִיךְ לְחַזֵּר אַחַר זִימּוּן אֶלָּא אַף בְּיָחִיד טְעוּנָה בִּרְכַּת הַמָּזוֹן כּוֹס. אַמַּאי קָרֵי לָהּ ד' כּוֹסוֹת הָא לֵיכָּא אֶלָּא שְׁנַיִם דְּטֻופְייָנָא. דְּקִידּוּשׁ וּבִרְכַּת הַמָּזוֹן בְּעָלְמָא נָמֵי אִיתְנַייְהוּ. אֶלָּא וַדַּאי בְּעָלְמָא א"צ לְחַזֵּר אַחַר שְׁלֹשָׁה וּבְלֵילֵי פֶּסַח צָרִיךְ לְחַזֵּר. וְכֵן קִידּוּשׁ בְּעָלְמָא נָמֵי א"צ כָּל כָּךְ לְחַזֵּר אַחַר יַיִן אֶלָּא יְקַדֵּשׁ עַל הַפַּת וּבְלֵילֵי פֶּסַח צָרִיךְ לְחַזֵּר אַחַר יַיִן וְהָעוֹלָם לֹא נָהֲגוּ כָּךְ לְחַזֵּר אַחַר זִימּוּן. וְהַהוּא דְּמִדְרַשׁ תְּהִלִּים עִם אִשְׁתּוֹ וְקָטָן שֶׁהִגִּיעַ לְחִינּוּךְ יָכוֹל לוֹמַר הוֹדוּ. וְאַרְבַּע כּוֹסוֹת אע"ג דְּלֵיכָּא אֶלָּא שְׁתֵּי טֻופְייָנָא מ"מ כֻּולָּן בְּיַחַד הֵם אַרְבַּע כּוֹסוֹת. א'"ל אַרְבַּע כָּסֵי תַּקִּינוּ רַבָּנַן דֶּרֶךְ חֵירוּת. הוֹאִיל וְאִיתְנַייְהוּ בְּכָל חַד וְחַד נַעֲבִיד חֲדָא מִצְוָה. וְאוֹמֵר עָלָיו בִּרְכַּת הַשִּׁיר. מַאי בִּרְכַּת הַשִּׁיר רַב יְהוּדָה אוֹמֵר יְהַלְלוּךָ מִכָּאן רְאָיָה שֶׁאֵין לְבָרֵךְ עַל הַהַלֵּל לְאַחַר סְעוּדָה דְּאִי מְבָרְכִין עָלָיו א"כ מַאי קָאָמַר וְאוֹמֵר עָלָיו בִּרְכַּת הַשִּׁיר פְּשִׁיטָא כֵּיוָן דְּאָמְרִינַן גּוֹמְרִים עָלָיו אֶת הַהַלֵּל מִמֵּילָא יָדַעְנָא דִּמְבָרֵךְ יְהַלְלוּךָ. אֲבָל אִם אֵין מְבָרְכִין עָלָיו בַּתְּחִלָּה הֻוצְרַךְ לוֹמַר אע"פ שֶׁלֹּא בֵּירַךְ לְפָנָיו יְבָרֵךְ לְאַחֲרָיו וּמִיהוּ יֵשׁ לוֹמַר לְפִי שֶׁבִּרְכַּת הַלֵּל תָּלְיָא בְּמִנְהָגָא כִּדְאִיתָא לְקַמָּן דַּף קיע קָתָנֵי בְּמַתְנִיתִין וּבְלֵילֵי פֶּסַח צָרִיךְ לְבָרֵךְ. ר' יוֹחָנָן אָמַר נִשְׁמַת כָּל חַי. כָּתַב רַב אִלְפָּס דְּמִנְהָגָא דְּעָלְמָא כְּרַב יְהוּדָה. וְרַשְׁבָּ"ם פֵּירֵשׁ דְּעָבְדִינַן כְּתַרְוַוייְהוּ וְחוֹתְמִין בְּהַלֵּל בָּרוּךְ אַתָּה ה' מֶלֶךְ מְהֻולָּל בְּתִשְׁבָּחוֹת. וְאוֹמֵר הַלֵּל הַגָּדוֹל וְנִשְׁמַת וְחוֹתְמִין שֵׁנִית בָּרוּךְ אַתָּה ה' מֶלֶךְ מְהֻולָּל בְּתִשְׁבָּחוֹת. וה"ר חַיִּים כֹּהֵן לֹא הָיָה חוֹתֵם בִּיהַלְּלוּךָ בָּרוּךְ אַתָּה ה' מֶלֶךְ מְהֻולָּל בְּתִשְׁבָּחוֹת כֵּיוָן דְּבָעֵי לְמִיחְתַּם בְּסוֹף יִשְׁתַּבַּח. דִּשְׁתֵּי חֲתִימוֹת בְּחַד גַּוְונָא לָמָּה לִי.
Guemara. Rav Hanin a dit à Rava : apprends-en que le birkat ha-mazon exige une coupe. Plus haut, au siman 14, j'ai expliqué qu'on ne peut pas prouver d'ici que le birkat ha-mazon exige une coupe pour un particulier. On peut encore dire : l'essentiel des quatre coupes n'a pas été institué pour un particulier. Car nous disons dans le Midrach Tehillim : ceux qui lisent doivent être trois, afin que l'un dise aux deux : hodou. Car si tu ne dis pas ainsi, qu'il faille chercher un zimoun, et que même pour le particulier le birkat ha-mazon exige une coupe : pourquoi appelle-t-il cela quatre coupes ? Il n'y en a que deux de plus. Le kiddouch et le birkat ha-mazon, en temps ordinaire aussi, sont là. Donc, à coup sûr, en temps ordinaire il n'est pas nécessaire de chercher trois personnes, et les nuits de Pessa'h il faut en chercher. De même pour le kiddouch : en temps ordinaire, il est peu nécessaire de chercher du vin, qu'il fasse le kiddouch sur le pain. Les nuits de Pessa'h, il faut chercher du vin. Et le monde n'a pas pris l'usage de chercher ainsi un zimoun. Et ce texte du Midrach Tehillim : avec sa femme et un petit qui a atteint l'âge du hinoukh, l'éducation, il peut dire hodou. Et les quatre coupes : il n'y en a que deux de plus, et toutes ensemble elles sont quatre coupes. Il lui a dit : les maîtres ont institué quatre coupes sur le mode de la liberté. Puisqu'elles sont là, sur chacune nous ferons une mitsva. Et il dit sur elle la bénédiction du chant. Qu'est-ce que la bénédiction du chant ? Rav Yehouda dit : Yehallekha. De là une preuve qu'on ne bénit pas sur le Hallel après le repas. Si l'on bénissait sur lui, que vient faire : et il dit sur elle la bénédiction du chant ? C'est evident. Puisque nous disons qu'on achève sur elle le Hallel, je sais de moi-même qu'il bénit Yehallekha. Si l'on ne bénit pas sur lui au commencement, il a fallu le dire : bien qu'il n'ait pas béni avant lui, qu'il bénisse après lui. Toutefois on peut dire : la bénédiction du Hallel depend de l'usage, comme il est dit plus bas. La michna enseigne, et les nuits de Pessa'h il faut bénir. Rabbi Yo'hanan a dit : Nichmat kol haï, l'âme de tout vivant. Rav Alfas a écrit que l'usage du monde est comme Rav Yehouda. Et le Rachbam a expliqué que nous faisons comme les deux, et l'on conclut dans le Hallel : Béni sois-Tu, Hachem, roi loue dans les louanges. Et l'on dit le grand Hallel et Nichmat, et l'on conclut une seconde fois : Béni sois-Tu, Hachem, roi loue dans les louanges. Et Rabbi Haim Cohen ne concluait pas, dans Yehallekha, par : Béni sois-Tu, Hachem, roi loue dans les louanges, puisqu'il veut conclure à la fin par Yichtabah. Deux clôtures d'une même forme, à quoi bon ?
תַּנְיָא הַנִּכְנָס לְבֵיתוֹ בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת מְבָרֵךְ עַל הַיַּיִן וְעַל הַמָּאוֹר וְעַל הַבְּשָׂמִים. וְאִם אֵין לוֹ אֶלָּא כּוֹס אֶחָד מַנִּיחוֹ לְאַחַר הַמָּזוֹן וּמְשַׁלְשֵׁל כֻּולּוֹ לְאַחֲרָיו. ש"מ מֵהָא מַתְנִיתָא תַּמְנֵי. שְׁמַע מִינַּהּ הַמַּבְדִּיל בִּתְפִילָּה צָרִיךְ שֶׁיַּבְדִּיל עַל הַכּוֹס וּשְׁמַע מִינַּהּ טָעַם מַבְדִּיל וּשְׁמַע מִינַּהּ בְּרָכָה טְעוּנָה כּוֹס וּשְׁמַע מִינַּהּ הַמְבָרֵךְ צָרִיךְ שֶׁיִּטְעֹום וּשְׁמַע מִינַּהּ טְעָמוֹ פְּגָמוֹ וּשְׁמַע מִינַּהּ כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה צָרִיךְ שִׁיעוּר וּשְׁמַע מִינָּהּ אוֹמְרִים שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת עַל כּוֹס אֶחָד וּשְׁמַע מִינַּהּ בֵּית שַׁמַּאי הִיא וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה. מַשְׁמַע מֵהָכָא דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן טְעוּנָה כּוֹס אֲפִילּוּ בְּיָחִיד דְּהָא נִכְנַס לְבֵיתוֹ קָתָנֵי מַשְׁמַע שֶׁהוּא יָחִיד. מִיהוּ יֵשׁ לִדְחוֹת הַנִּכְנָס לְבֵיתוֹ הַייְנוּ בַּעַל הַבַּיִת וְיֵשׁ לוֹ בְּנֵי בַּיִת וְיָכוֹל לְזַמֵּן. וְעוֹד יֵשׁ לְהָבִיא רְאָיָה מֵהָא דִּלְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף קיז:) גַּבֵּי הָא דִּתְנַן כּוֹס שְׁלִישִׁי מְבָרֵךְ עָלָיו בִּרְכַּת הַמָּזוֹן וְאָמְרִינַן עֲלָהּ בַּגְּמָרָא שְׁמַע מִינַּהּ בִּרְכַּת הַמָּזוֹן טְעוּנָה כּוֹס וְד' כּוֹסוֹת תִּקְּנוּ אֲפִילּוּ לְיָחִיד. גַּם זֶה יֵשׁ לִדְחוֹת מִשּׁוּם דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן טְעוּנָה כּוֹס בִּשְׁלֹשָׁה תִּקְּנוּ עָלָיו כּוֹס אֶחָד אֲפִילּוּ לְיָחִיד. וְאִם לֹא הָיָה צָרִיךְ כּוֹס בְּשׁוּם פַּעַם גַּם עַתָּה לֹא הָיוּ מְתַקְּנִין כּוֹס אֶחָד לְבִרְכַּת הַמָּזוֹן. וְנִרְאֶה לה"ר יְחִיאֵל מפרי"ש לְהָבִיא רְאָיָה מִכָּאן דְּאִם לֹא הָיָה צָרִיךְ כּוֹס אֲפִילּוּ בְּיָחִיד יַבְדִּיל עַל הַכּוֹס וְיֹאכַל כָּל אֶחָד לְבַדּוֹ דְּרַשָּׁאִין לְחַלֵּק כָּל זְמַן שֶׁלֹּא הִתְחִילוּ לֶאֱכֹול בְּיַחַד אֶלָּא וַדַּאי אַף בְּיָחִיד טְעוּנָה כּוֹס. רַבִּי יַעֲקֹב בַּר אִידִי קָפֵיד אַחַצְבָּא פְּגִימָא. פִּי' רַשְׁבָּ"ם דַּוְקָא לְכַתְּחִלָּה אֲבָל אִם אֵין לוֹ אֶלָּא כּוֹס פָּגוּם יְבָרֵךְ עָלָיו. וְתֵימַהּ הֵיאַךְ הִתִּירוּ לֶאֱכֹול בְּלֹא הַבְדָּלָה מִשּׁוּם קְפִידָא דִּפְגִימָא כֵּיוָן דִּבְדִיעֲבַד יָכוֹל לְבָרֵךְ עַל הַכּוֹס פָּגוּם. וּבִירוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע דְּכוֹס פָּגוּם מַרְבֶּה עָלָיו כָּל שֶׁהוּא וּמַכְשִׁירוֹ וַאֲפִילּוּ בְּמַיִם יָכוֹל לְתַקְּנוֹ. דְּגָרְסִינַן הָתָם רַבִּי יוֹנָה טַעַם כִּסֵּא וּמִתְקַנֵּא לֵיהּ. פִּי' הָיָה שׁוֹתֶה מִכּוֹס שֶׁל קִידּוּשׁ אוֹ מִכּוֹס שֶׁל בִּרְכַּת הַמָּזוֹן וְנוֹתֵן בּוֹ מְעַט מַיִם וּמַנִּיחוֹ עַד לְמָחָר. וּפָרִיךְ עָלֶיהָ וְהָא תַּנְיָא הַשּׁוֹתֶה מַשְׁקִין מְזוּגִין שֶׁעָבַר עֲלֵיהֶן הַלַּיְלָה דָּמוֹ בְּרֹאשׁוֹ. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן וְהוּא שֶׁלָּנוּ בִּכְלֵי מַתָּכוֹת. וְתֵימַהּ אִם כֵּן הָכָא לָמָּה לֹא יַבְדִּיל עַל הַכּוֹס וִיתַקְּנוּ בְּמַיִם וְיַכְשִׁירֶנּוּ בְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן וְיֵשׁ לוֹמַר דְּמַיְירֵי שֶׁכְּבָר הָיָה מָזוּג כְּדִינוֹ וְאִם הָיָה מֵשִׂים בּוֹ מַיִם יוֹתֵר הָיָה מְקַלְקְלוֹ וְלֹא הָיָה רָאוּי לִשְׁתִיָּה:
Il est enseigné : celui qui entre chez lui à la sortie du Chabbat bénit sur le vin, sur la lumière et sur les parfums. S'il n'a qu'une seule coupe, il la laisse pour après le repas, et il enchaîne tout à la suite. On apprend de cette baraita huit choses. On en apprend que celui qui fait la havdala dans la prière doit faire la havdala sur la coupe. On en apprend que celui qui goûte est celui qui fait la havdala. On en apprend que la bénédiction exige une coupe. On en apprend que celui qui bénit doit goûter. On en apprend que, s'il y a goûté, il l'a rendue pagoum, altérée. On en apprend que la coupe de bénédiction exige un chiour, une mesure. On en apprend qu'on dit deux kedouchot sur une seule coupe. On en apprend que c'est l'avis de Beit Chammaï, selon Rabbi Yehouda. Il ressort d'ici que le birkat ha-mazon exige une coupe même pour un particulier, car il enseigne : celui qui entre chez lui, ce qui implique qu'il est seul. Toutefois on peut écarter cela : celui qui entre chez lui, c'est le maître de maison. Il a les gens de sa maison, et il peut faire le zimoun. On peut encore apporter une preuve de ce qui suit, Pessahim 117b, au sujet de ce que la michna enseigne : la troisième coupe, il bénit sur elle le birkat ha-mazon. Et nous disons la-dessus dans la Guemara : apprends-en que le birkat ha-mazon exige une coupe. Et les quatre coupes ont été instituées même pour un particulier. Ceci aussi peut s'écarter : le birkat ha-mazon exige une coupe lorsqu'ils sont trois, et ils ont institué sur lui une coupe même pour un particulier. S'il n'avait besoin d'une coupe en aucun cas, maintenant non plus ils n'auraient pas institué une coupe pour le birkat ha-mazon. Il paraît à Rabbi Yehiel de Paris d'apporter une preuve d'ici : s'il n'avait pas besoin d'une coupe, même le particulier ferait la havdala sur la coupe et chacun mangerait seul, car on a le droit de se séparer tant qu'on n'a pas commencé à manger ensemble. Donc, à coup sûr, même pour le particulier, cela exige une coupe. Rabbi Yaakov bar Idi était rigoureux sur un récipient pagoum. Le Rachbam explique : seulement le-khat'hila, de première intention. S'il n'a qu'une coupe pagoum, qu'il bénisse sur elle. Étonnement : comment a-t-on permis de manger sans havdala à cause de cette rigueur sur le pagoum, puisque be-diavad, si l'on n'a que cela, on peut bénir sur la coupe pagoum ? Et dans le Yerouchalmi il ressort qu'une coupe pagoum, on y ajoute un tant soit peu et on la rend valable, et même avec de l'eau on peut la réparer. Car nous lisons là-bas : Rabbi Yona goûtait la coupe et la réparait. Explication : il buvait de la coupe du kiddouch ou de la coupe du birkat ha-mazon, il y mettait un peu d'eau, et il la laissait jusqu'àu lendemain. Et on objecté contre lui : or il est enseigné, celui qui boit des boissons coupees d'eau sur lesquelles la nuit a passé, son sang est sur sa tête. Rabbi Yo'hanan a dit : c'est lorsqu'elles ont passé la nuit dans un récipient de métal. Étonnement : s'il en est ainsi, ici, pourquoi ne ferait-il pas la havdala sur la coupe, ne la réparerait-il pas avec de l'eau, et ne la rendrait-il pas valable pour le birkat ha-mazon ? Et l'on peut dire : il s'agit d'un cas ou elle était déjà coupee selon sa règle. S'il y mettait davantage d'eau, il l'abîmerait, et elle ne serait plus propre à la boisson.
💡 Explication

Rav Hanan veut une preuve pour toute l'année : puisque la troisième coupe porte le birkat ha-mazon, la bénédiction exigerait une coupe. Rava refuse la preuve. Les quatre coupes ont été instituées derekh herout, sur le mode de la liberté. Chaque coupe reçoit une mitsva. Cela ne dit pas ce qu'il en est le reste de l'année.

Le Roch reprend la question du particulier, du zimoun, de Yehallekha et de Nichmat, puis la baraïta de celui qui rentre chez lui à la sortie du Chabbat : huit enseignements, et la discussion sur la coupe pagoum.

🖼️ Schéma
La coupe du birkat ha-mazon, toute l'année ?Rav HananLa 3e coupe portele birkat ha-mazon.Apprends-en : la bénédiction exige une coupe.RavaQuatre coupes, voie de liberté.Sur chacune, une mitsva.Aucune portée pour le reste de l'année.Le Roch développe : particulier, zimoun, havdala, coupe pagoum.
Rav Hanan lit une preuve dans la troisième coupe. Rava la renvoie aux quatre coupes de la liberté.
21
רְבִיעִי גּוֹמֵר עָלָיו אֶת הַהַלֵּל וְאוֹמֵר עָלָיו בִּרְכַּת הַשִּׁיר.

La quatrième, il achève sur elle le Hallel, et il dit sur elle la bénédiction du chant.

⚖️ Rosh (1)
מַתְנֵי' מָזְגוּ לוּ כּוֹס שְׁלִישִׁי מְבָרֵךְ עַל מְזוֹנוֹ. רְבִיעִי גּוֹמֵר עָלָיו אֶת הַלֵּל וְאוֹמֵר עָלָיו בִּרְכַּת הַשִּׁיר. בֵּין הַכּוֹסוֹת הַלָּלוּ אִם רָצָה לִשְׁתּוֹת יִשְׁתֶּה. בֵּין ג' לד' לֹא יִשְׁתֶּה. יְרוּשַׁלְמִי בְּפֶרֶק זֶה הֲלָכָה ו לָמָּה בִּשְׁבִיל שֶׁלֹּא יִשְׂתַּכֵּר כְּבָר מִשּׂוֹכֵר הוּא. מַה בֵּין יַיִן שֶׁבְּתוֹךְ הַמָּזוֹן לְיַיִן שֶׁלְּאַחַר הַמָּזוֹן שֶׁבְּתוֹךְ הַמָּזוֹן אֵינוֹ מְשַׁכֵּר שֶׁלְּאַחַר הַמָּזוֹן מְשַׁכֵּר:
Michna. On lui verse la troisième coupe, il bénit sur son repas. La quatrième, il achève sur elle le Hallel, et il dit sur elle la bénédiction du chant. Entre ces coupes, s'il a voulu boire, qu'il boive. Entre la troisième et la quatrième, qu'il ne boive pas. Yerouchalmi, dans ce chapitre, halakha 6 : pourquoi ? Afin qu'il ne s'enivre pas. Il est déjà en ivresse. Quelle difference entre le vin d'au milieu du repas et le vin d'après le repas ? Celui d'au milieu du repas n'enivre pas. Celui d'après le repas enivre.
💡 Explication

La Guemara reprend le lemme de la quatrième coupe : on y achève le Hallel et on y dit la birkat ha-chir. Le développement de la formule vient au daf suivant.

Le Roch cite le Yerouchalmi : entre la troisième et la quatrième, on ne boit pas, afin de ne pas s'enivrer. Le vin d'au milieu du repas laisse sobre. Le vin d'après le repas enivre.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).