Pesachim 118a : bénédiction du chant, grand Hallel, et la subsistance

Pesachim 118a

Sougya : Le feuillet ouvre sur la bénédiction du chant. Rav Yehouda la place à Ils Te loueront.

Rabbi Yo'hanan la place à L'âme de tout vivant. Sur la quatrième coupe, Rabbi Tarfon achève le Hallel et dit le grand Hallel.

Certains disent le psaume du berger. La Guemara borne le grand Hallel, de Hodu, de Chir ha-maalot ou de Ki Yaakov, jusqu'aux fleuves de Babel, et elle l'appelle grand parce que le Saint, béni soit-Il, répartit la subsistance.

Viennent vingt-six Hodu pour vingt-six générations, puis la difficulté des subsistances, de l'enfantement à la mer des Joncs. Le Hallel ordinaire reste, pour cinq choses, de la sortie d'Égypte aux douleurs du Machia'h, et pour Hanania, Mishaël et Azaria dans la fournaise.

Bénédiction du chant, et ce que l'on dit sur la coupeRav YehoudaIls Te loueront, ה'Rabbi Yo'hananL'âme de tout vivantTossefotNichmat aussi, aprèsRabbi TarfonQuatrième coupe : on achève le Hallelet l'on dit le grand HallelCertainsה' est mon berger,je ne manquerai de rien
Bénédiction du chant, et ce que l'on récite sur la quatrième coupe.
Depuis où le grand Hallel, et pourquoi il est grandLes trois avis s'arrêtent à Fleuves de BabelRabbi YehoudaRabbi Yo'hananRav Aha bar YaakovDepuis HoduTehilim 136. UsageDepuis Chir ha-maalotTehilim 134Depuis Ki Yaakovbahar lo Yah, 135Fin commune : Fleuves de Babel. Rannenu tsadikim est hors du psaumeIl est grand : Il siège dans la hauteur du mondeet répartit la subsistance à toute créatureRachi : Il donne du pain à toute chair. C'est là une grande chose
Trois départs du grand Hallel, une même fin, et la raison de son nom.
Pourquoi dire aussi ce HallelCinq choses s'y trouvent. Deux raisons s'y ajoutentSortied'ÉgypteIsraël sortitMerdes JoncsLa mer s'enfuitDon dela TorahMontagnesRésurrectiondes mortsJe marcheraiDouleurs duMachia'hPas à nousPas à nous, ה' : Rabbi Yo'hanan, l'asservissement des royaumesCertains : la guerre de Gog et de MagogRav Nahman bar Its'hakÂmes des justes, hors du GuehinomHizkiyaDescente dans la fournaise, et montéeDescente : Tehilim 115. Montée : Louez ה', toutes les nations
Cinq choses du Hallel, et les deux raisons de Rav Nahman et de Hizkiya.
1
מַאי ״בִּרְכַּת הַשִּׁיר״? רַב יְהוּדָה אָמַר: ״יְהַלְלוּךָ ה׳ אֱ-לֹהֵינוּ״. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: ״נִשְׁמַת כָּל חָי״. תָּנוּ רַבָּנַן: רְבִיעִי גּוֹמֵר עָלָיו אֶת הַהַלֵּל, וְאוֹמֵר הַלֵּל הַגָּדוֹל, דִּבְרֵי רַבִּי טַרְפוֹן. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: ״ה׳ רֹועִי לֹא אֶחְסָר״.

Quelle est la bénédiction du chant ? Rav Yehouda a dit : Ils Te loueront, ה', notre D.ieu.

Et Rabbi Yo'hanan a dit : L'âme de tout vivant. Nos maîtres ont enseigné : la quatrième [coupe], on achève sur elle le Hallel, et l'on dit le grand Hallel, paroles de Rabbi Tarfon.

Et certains disent : ה' est mon berger, je ne manquerai de rien.

📜 Rachi (1)
ה"ג רְבִיעִי גּוֹמֵר עָלָיו אֶת הַהַלֵּל וְאוֹמֵר עָלָיו הַלֵּל הַגָּדוֹל:
La version est : la quatrième, on achève sur elle le Hallel, et l'on dit sur elle le grand Hallel.
🗂️ Tossefot (2)
מַאי בִּרְכַּת הַשִּׁיר רַב יְהוּדָה אָמַר יְהַלְלוּךָ וקמ"ל דַּאֲפִילּוּ בְּמָקוֹם שֶׁלֹּא נָהֲגוּ לְבָרֵךְ אַחֲרָיו בְּלֵילֵי פֶּסַח צָרִיךְ לְבָרֵךְ דְּאִי נָהֲגוּ פְּשִׁיטָא א"נ דַּאֲפִילּוּ בְּמָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ הֵ"א דַּוְקָא בַּיָּמִים אֲבָל בַּלַּיְלָה אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ קָא מַשְׁמָע לַן:
Et cela nous apprend que, même dans un endroit où l'on n'a pas l'usage de bénir après lui, les nuits de Pessa'h, il faut bénir. Car s'ils avaient cet usage, ce serait évident. Autre explication : même dans un endroit où l'on a l'usage, on aurait dit : seulement les jours. Mais la nuit, il n'est pas besoin de bénir. Cela vient nous l'apprendre.
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר נִשְׁמַת כָּל חַי נִרְאֶה ה"פ אַף נִשְׁמַת כָּל חָי אַחַר יְהַלְלוּךָ דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי אֲנַן כְּמַאן עָבְדִינַן וְקוֹרֵא נִשְׁמַת כָּל חַי בִּרְכַּת הַשִּׁיר לְפִי שֶׁבַּשַּׁבָּתוֹת אוֹמְרִים אוֹתוֹ אַחַר פְּסוּקֵי דְּזִמְרָה וְרַבֵּינוּ חַיִּים כֹּהֵן לֹא הָיָה חוֹתֵם בִּיהַלְלוּךָ כִּי אִם בְּנִשְׁמַת לְבַדּוֹ מִשּׁוּם דְּלִישָּׁנָא דְּבִרְכַּת הַשִּׁיר מַשְׁמַע חֲדָא בְּרָכָה:
Il paraît que voici le sens : aussi L'âme de tout vivant, après Ils Te loueront. Car si tu ne dis pas ainsi, nous, selon qui agissons-nous ? Et il appelle L'âme de tout vivant la bénédiction du chant, parce que, les Chabbats, on le dit après les versets du chant (pesoukei de-zimra). Et notre maître Haim Cohen ne scellait pas par Ils Te loueront, seulement par L'âme de tout vivant seule, parce que la langue de bénédiction du chant implique une seule bénédiction.
⚖️ Rosh (1)
ת"ר כּוֹס חֲמִישִׁי אוֹמְרִים עָלָיו הַלֵּל הַגָּדוֹל דִּבְרֵי רַבִּי טַרְפוֹן. וי"א ה' רֹועִי לֹא אֶחְסָר. וְרַשְׁבָּ"ם גּוֹרֵס רְבִיעִי אוֹמְרִים עָלָיו הַלֵּל הַגָּדוֹל דְּכוֹס חֲמִישִׁי מָאן דְּכַר שְׁמֵיהּ. וְאִם בָּא לוֹמַר כּוֹס חֲמִישִׁי רְשׁוּת וְאִם יִרְצֶה יַעֲשֶׂה כּוֹס חֲמִישִׁי הָכִי הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר הָרוֹצֶה לַעֲשׂוֹת כּוֹס חֲמִישִׁי אוֹמֵר עָלָיו הַלֵּל הַגָּדוֹל. אֲבָל לְפִי גִּירְסַת הַסְּפָרִים מַשְׁמַע דִּלֵּר' טֵרָפוֹן וי"א כּוֹס חֲמִישִׁי הֲוָה לֵיהּ חוֹבָה וְנָהֲגוּ הָעוֹלָם לַעֲשׂוֹת רְשׁוּת. וְכֵן כָּתַב ה"ר יוֹסֵף טוֹב עֶלֶם זַ"ל שֶׁאִם הוּא תָּאֵב לִשְׁתּוֹת יַעֲשֶׂה כּוֹס חֲמִישִׁי. מַשְׁמַע מִתּוֹךְ דְּבָרָיו שֶׁאָסוּר לִשְׁתּוֹת אַחַר אַרְבַּע כּוֹסוֹת. וְתֵימַהּ דְּמִנָּלַן הָא דִּלְקַמָּן לָא קָאָמַר אֶלָּא דְּאֵין מַפְטִירִין אַחַר הַפֶּסַח אֲפִיקוֹמָן הַיְינוּ שֶׁלֹּא לֶאֱכֹול אֲבָל לְמִשְׁתֵּי שָׁרִי. וְכֵן נָמֵי מִדְּפָרֵישׁ בַּיְּרוּשַׁלְמִי דְּבֵין שְׁלִישִׁי לִרְבִיעִי לֹא יִשְׁתֶּה מִשּׁוּם דְּשֶׁמָּא יִשְׂתַּכֵּר. מִכְּלָל דְּאִי לָאו חָיְישִׁינַן לְשִׁכְרוּת הָיָה מֻותָּר לִשְׁתּוֹת. וּמִנְהָג פָּשׁוּט הוּא שֶׁלֹּא לִשְׁתּוֹת יַיִן וּפִי' הר"ם זַ"ל טַעַם לַמִּנְהָג לְפִי שֶׁחַיָּיב אָדָם לַעֲסֹוק כָּל הַלַּיְלָה בְּהִלְכוֹת פֶּסַח וּבִיצִיאַת מִצְרַיִם לְסַפֵּר בְּנִסִּים וּבְנִפְלָאוֹת שֶׁעָשָׂה לָנוּ הקב"ה וְלַאֲבוֹתֵינוּ עַד שֶׁתַּחְטְפֶנּוּ שֵׁינָה וְאִם יִשְׁתֶּה יִשְׁתַּכֵּר. וְהָכִי אָמְרִינַן בַּתּוֹסֶפְתָּא פ"י חַיָּיב אָדָם לַעֲסֹוק בְּהִלְכוֹת פֶּסַח וּבִיצִיאַת מִצְרַיִם כָּל הַלַּיְלָה. וְזֶה שֶׁשָּׁנִינוּ מַעֲשֶׂה בַּר' אֱלִיעֶזֶר וְר' יְהוֹשֻׁעַ שֶׁהָיוּ מְסֻובִּין בִּבְנֵי בְּרַק וְהָיוּ מְסַפְּרִים בִּיצִיאַת מִצְרַיִם כָּל הַלַּיְלָה וְכוּ'. אֲבָל בְּכוֹס רְבִיעִי הִתִּירוּ שֶׁיֵּשׁ לוֹ סֶמֶךְ מִן הַפָּסוּק כְּנֶגֶד וְלָקַחְתִּי אֶתְכֶם. מֵהֵיכָן הַלֵּל הַגָּדוֹל. אָמַר רַב יְהוּדָה מֵהֹודּוּ עַד עַל נַהֲרוֹת בָּבֶל רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר מַשִּׁיר הַמַּעֲלוֹת עַד עַל נַהֲרוֹת בָּבֶל רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב אוֹמֵר מִכִּי יַעֲקֹב בָּחַר לוֹ יָהּ עַד עַל נַהֲרוֹת בָּבֶל אֲבָל מִנְהָגָא דְּעָלְמָא כְּרַב יְהוּדָה בְּהַלֵּל הַגָּדוֹל.
Nos maîtres ont enseigné : sur la cinquième coupe, on dit le grand Hallel, paroles de Rabbi Tarfon. Et certains disent : ה' est mon berger, je ne manquerai de rien. Et Rachbam a pour version : sur la quatrième, on dit le grand Hallel, car la cinquième coupe, qui en a prononcé le nom ? Et s'il venait dire que la cinquième coupe est facultative, et que s'il veut il fait une cinquième coupe, il aurait dû dire ainsi : celui qui veut faire une cinquième coupe dit sur elle le grand Hallel. Mais selon la version des livres, il ressort que, pour Rabbi Tarfon et pour certains, la cinquième coupe serait une obligation, et l'usage du monde est d'en faire une faculté. Et ainsi a écrit notre maître Yossef Tov Elem, de mémoire bénie : s'il a soif de boire, il fera une cinquième coupe. Il ressort de ses paroles qu'il est interdit de boire après les quatre coupes. Et c'est étonnant : d'où tenons-nous cela ? Plus bas, il ne dit que ceci : on ne termine pas, après le Pessa'h, par l'afikoman. C'est-à-dire : ne pas manger. Boire, en revanche, est permis. Et de même, puisque le Yerouchalmi explique qu'entre la troisième et la quatrième on ne boit pas, parce qu'il pourrait s'enivrer. Il en résulte que, si nous ne craignions pas l'ivresse, il serait permis de boire. Et l'usage répandu est de ne pas boire de vin. Et notre maître Moché (Rambam), de mémoire bénie, a expliqué une raison de l'usage : parce que l'homme est tenu de s'occuper toute la nuit des halakhot de Pessa'h et de la sortie d'Égypte, pour raconter les miracles et les merveilles que le Saint, béni soit-Il, a faits pour nous et pour nos pères, jusqu'à ce que le sommeil nous saisisse. Et s'il boit, il s'enivrera. Et c'est ainsi que nous disons dans la Tossefta, chapitre 10 : l'homme est tenu de s'occuper des halakhot de Pessa'h et de la sortie d'Égypte toute la nuit. Et c'est ce que nous avons enseigné : un fait de Rabbi Eliezer et de Rabbi Yehochoua, qui étaient attablés à Bnei Brak et racontaient la sortie d'Égypte toute la nuit, etc. Mais pour la quatrième coupe, ils ont permis, car elle a un appui dans le verset, en regard de : Je vous prendrai. Depuis où le grand Hallel ? Rav Yehouda a dit : depuis Rendez grâce jusqu'à Sur les fleuves de Babel. Rabbi Yo'hanan a dit : depuis Cantique des degrés jusqu'à Sur les fleuves de Babel. Rav Aha bar Yaakov dit : depuis Car Yaakov s'est choisi Yah jusqu'à Sur les fleuves de Babel. Mais l'usage du monde, pour le grand Hallel, suit Rav Yehouda.
💡 Explication

La michna a nommé la bénédiction du chant (birkat ha-chir). Rav Yehouda la place à Yehallelukha, Ils Te loueront. Rabbi Yo'hanan la place à Nichmat kol haï, L'âme de tout vivant.

La baraita passe à la quatrième coupe. On y achève le Hallel. Rabbi Tarfon y ajoute le grand Hallel. Certains disent le psaume du berger, Tehilim 23.

Rachi fixe la version : quatrième coupe, et le grand Hallel se dit sur elle. Tossefot lit Rabbi Yo'hanan comme un ajout : Nichmat après Yehallelukha, puisque l'usage dit les deux. Le singulier bénédiction du chant a conduit Rabbeinou Haim Cohen à ne sceller que par Nichmat.

🖼️ Schéma
Quatrième coupe, ou cinquièmeRachi, RachbamLe texte dit : quatrièmeOn y dit le grand HallelLa cinquième, qui l'a dite ?Version des livresCinquième coupeRabbi Tarfon, et certainsCela se lit comme un devoirUsageCoupe facultativeS'il a soif, il la faitYossef Tov ElemAprès les quatre coupes, l'usage est de ne pas boire de vinLe Roch : plus bas, l'afikoman interdit de manger. Boire resterait permisLe Yerouchalmi n'interdit entre la 3e et la 4e qu'à cause de l'ivresseRambam : toute la nuit, halakhot de Pessa'h et sortie d'Égypte, jusqu'au sommeilLa quatrième reste : elle a pour appui le verset Je vous prendrai
Rachi lit une quatrième coupe. Le Roch discute la version cinquième, et l'usage.
2
מֵהֵיכָן הַלֵּל הַגָּדוֹל? רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מִ״הוֹדוּ״ עַד ״נְהָרוֹת בָּבֶל״. וְרַבִּי יוֹחָנָן אוֹמֵר: מִ״שִׁיר הַמַּעֲלוֹת״ עַד ״נְהָרוֹת בָּבֶל״. רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב אָמַר: מ״כי יַעֲקֹב בָּחַר לוֹ יָהּ״ עַד ״נְהָרוֹת בָּבֶל״.

Depuis où le grand Hallel ? Rabbi Yehouda dit : depuis Rendez grâce jusqu'à Fleuves de Babel.

Et Rabbi Yo'hanan dit : depuis Cantique des degrés jusqu'à Fleuves de Babel. Rav Aha bar Yaakov a dit : depuis Car Yaakov s'est choisi Yah jusqu'à Fleuves de Babel.

🗂️ Tossefot (1)
מֵהֹודּוּ עַד עַל נַהֲרוֹת בָּבֶל וְכֵן אָנוּ עוֹשִׂים וְרַנְּנוּ צַדִּיקִים בָּהּ' אֵינוֹ מִן הַמִּזְמוֹר:
Et c'est ainsi que nous faisons. Et Chantez, justes, en ה', ne fait pas partie du psaume.
💡 Explication

Trois bornes pour le début du grand Hallel. Toutes s'arrêtent à Fleuves de Babel.

Rabbi Yehouda part de Hodu, Tehilim 136. Rabbi Yo'hanan part de Chir ha-maalot, Tehilim 134. Rav Aha bar Yaakov part de Ki Yaakov bahar lo Yah, Tehilim 135, 4.

Tossefot : l'usage part de Hodu et va jusqu'à Sur les fleuves de Babel. Le verset Rannenu tsadikim ba-ה' reste hors du psaume.

3
וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ הַלֵּל הַגָּדוֹל? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִפְּנֵי שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא יוֹשֵׁב בְּרוּמוֹ שֶׁל עוֹלָם וּמְחַלֵּק מְזוֹנוֹת לְכָל בְּרִיָּה.

Et pourquoi son nom est-il appelé grand Hallel ? Rabbi Yo'hanan a dit : parce que le Saint, béni soit-Il, siège dans la hauteur du monde et répartit la subsistance à toute créature.

📜 Rachi (1)
שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא יוֹשֵׁב בְּרוּמוֹ שֶׁל עוֹלָם כּוּ' דִּכְתִיב הוֹדוּ לָאֵל הַשָּׁמָיִם נֹותֵן לֶחֶם לְכָל בָּשָׂר וְהַיְינוּ דָּבָר גָּדוֹל:
Car il est écrit : Rendez grâce au D.ieu des cieux, Il donne du pain à toute chair. Et c'est là une grande chose.
🪔 Ben Yehoyada (1)
מִפְּנֵי שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא יוֹשֵׁב בְּרוּמוֹ שֶׁל עוֹלָם, וּמְחַלֵּק מְזוֹנוֹת לְכָל בְּרִיָּה. נִרְאֶה לִי בס"ד רוּמוֹ שֶׁל עוֹלָם מִדַּת הַחֶסֶד שֶׁהוּא רֹאשׁ שִׁבְעָה סְפִירוֹת הַבִּנְיָן. אוֹ יוּבָן בס"ד רוּמוֹ שֶׁל עוֹלָם קָאֵי עַל הָאֲצִילוּת שֶׁהִיא עֶלְיוֹנָה בְּכָל עוֹלָם מִן אבי"ע [אֲצִילוּת, בְּרִיאָה, יְצִירָה, עֲשִׂיָּה] כִּי יָדוּעַ בְּכָל עוֹלָם מִן אבי"ע יֵשׁ בּוֹ ד' עוֹלָמוֹת אבי"ע וְכָל הַשְׁפָּעָה תִּשְׁתַּלְשֵׁל מִן הָאֲצִילוּת. אוֹ יוּבָן בס"ד דְּהַשֶּׁפַע בָּא עַל יְדֵי הִתְחַבְּרוּת יְסוֹד וּמַלְכוּת, וְלָכֵן 'יְסוֹד מַלְכוּת' עוֹלֶה מִסְפַּר 'עֹושֶׁר' [יְסוֹד 80 + מַלְכוּת 496 = עֹושֶׁר 576] וְאוֹת ה' כְּצוּרַת ד"ו רוֹמֶזֶת לְחִיבּוּר יְסוֹד וּמַלְכוּת, וּלְכָךְ אָמַר (בְּרֵאשִׁית מז, כג) 'הֵא לָכֶם זֶרַע וּזְרַעְתֶּם אֶת הָאֲדָמָה'. וְיָדוּעַ דְּהַמַּלְכוּת נִקְרֵאת 'הֵיכָל' [65] שֶׁהוּא מִסְפַּר ס"ה בְּסוֹד (חֲבַקּוּק ב, כ) 'וָהּ' בְּהֵיכַל קָדְשׁוֹ 'הַס' [65] מִפָּנָיו כָּל הָאָרֶץ' וְלָכֵן שֵׁם 'אֲדֹנָי' [65] שֶׁמִּסְּפָרוֹ ס"ה הוּא בַּמַּלְכוּת, וְהַיְּסוֹד נִקְרָא 'כֹּל' וְלָכֵן יוֹסֵף הַצַּדִּיק ע"ה שֶׁהוּא בִּיסוֹד נִקְרָא כַּלְכַּל בְּדִבְרֵי הַיָּמִים. וְנִמְצָא יְסוֹד וּמַלְכוּת הֵם ס"ה וכ"ל, וְהֵם נִרְמָזִים קֹודֶם אוֹתִיּוֹת ' עוֹלָם ' כִּי קֹודֶם עוֹלָם יֵשׁ ' סַהֲכָל '. וְלָזֶה אָמַר יוֹשֵׁב בְּרוּמוֹ שֶׁל עוֹלָם , רוֹצֶה לוֹמַר בְּהִתְחַבְּרוּת יְסוֹד וּמַלְכוּת הָרְמוּזִים בְּאוֹתִיּוֹת רוּמוֹ שֶׁל עוֹלָם כְּלוֹמַר קוֹדְמִין לְאוֹתִיּוֹת עוֹלָם וּמְחַלֵּק שֶׁפַע מְזוֹנוֹת לְכָל בְּרִיָּה. וּבָזֶה נִיחָא מַה שֶׁקּוֹרִין אוֹתוֹ ' הַלֵּל הַגָּדוֹל ' כִּי הַלֵּל מִסֵּפֶר [65] ס"ה רֶמֶז לַמַּלְכוּת וְגָדוֹל רֶמֶז לַיְּסוֹד הַנִּקְרָא גָּדוֹל כַּנּוֹדָע.
Parce que le Saint, béni soit-Il, siège dans la hauteur du monde, et répartit la subsistance à toute créature. Il me semble, avec l'aide du Ciel : la hauteur du monde, c'est la mida de la hesed, qui est la tête des sept sefirot de la construction. Ou bien l'on comprend, avec l'aide du Ciel : la hauteur du monde vise l'Atsilout, qui est supérieure dans chaque monde parmi les quatre mondes d'ABiYA [Atsilout, Beria, Yetsira, Assia]. Car il est connu que, dans chaque monde des quatre mondes d'ABiYA, il y a quatre mondes ABiYA, et toute influence descend en chaîne depuis l'Atsilout. Ou bien l'on comprend, avec l'aide du Ciel : l'abondance vient par la jonction de Yessod et de Malkhout. C'est pourquoi Yessod-Malkhout monte au nombre de ocher, richesse [Yessod 80 + Malkhout 496 = ocher 576]. Et la lettre he a la forme de dalet-vav. Elle fait allusion à la jonction de Yessod et de Malkhout. C'est pourquoi il est dit (Bereshit 47, 23) : voici pour vous de la semence, et vous sèmerez la terre. Et il est connu que la Malkhout est appelée heikhal, sanctuaire [65], qui est le nombre 65, dans le sod de (Habakouk 2, 20) : et ה' est dans le sanctuaire de Sa sainteté, silence [65] devant Lui, toute la terre. C'est pourquoi le nom Adonaï [65], dont le nombre est 65, est dans la Malkhout. Et le Yessod est appelé kol, tout. C'est pourquoi Yossef le juste, que la paix soit sur lui, qui est dans le Yessod, est appelé kolkhel dans les Divrei haYamim. Il en résulte que Yessod et Malkhout sont 65 et kol. Ils sont indiqués avant les lettres de olam, monde, car avant olam il y a sa-ha-kol. C'est pour cela qu'il a dit : il siège dans la hauteur du monde. Cela veut dire : dans la jonction de Yessod et de Malkhout, indiquée dans les lettres de la hauteur du monde, c'est-à-dire celles qui précèdent les lettres de olam. Et Il répartit l'abondance de la subsistance à toute créature. Par là s'éclaire ce qu'on l'appelle grand Hallel. Car Hallel a pour nombre 65, allusion à la Malkhout, et gadol, grand, est une allusion au Yessod, qui est appelé grand, comme il est connu.
💡 Explication

Le nom grand Hallel tient à la subsistance. Rabbi Yo'hanan : le Saint, béni soit-Il, siège dans la hauteur du monde et répartit la nourriture à chaque créature.

Rachi rapproche deux versets de Tehilim 136 : Rendez grâce au D.ieu des cieux, et Il donne du pain à toute chair. Donner le pain à toute chair, voilà la grande chose.

4
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: הָנֵי עֶשְׂרִים וְשִׁשָּׁה ״הוֹדוּ״, כְּנֶגֶד מִי — כְּנֶגֶד עֶשְׂרִים וְשִׁשָּׁה דּוֹרוֹת שֶׁבָּרָא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בְּעוֹלָמוֹ וְלֹא נָתַן לָהֶם תּוֹרָה, וְזָן אוֹתָם בְּחַסְדּוֹ.

Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : ces vingt-six Rendez grâce, en regard de qui ? En regard de vingt-six générations que le Saint, béni soit-Il, a créées dans Son monde, auxquelles Il n'a pas donné la Torah, et qu'Il a nourries dans Sa bonté.

💡 Explication

Tehilim 136 répète vingt-six fois Hodu, avec le refrain ki le-olam hasdo, car Sa bonté est pour toujours. Rabbi Yehochoua ben Levi les met en regard de vingt-six générations créées avant le don de la Torah, nourries par la 'hessed.

Le compte reçu : dix d'Adam à Noa'h, dix de Noa'h à Avraham, six d'Avraham à Moché : Yitshak, Yaakov, Levi, Kehat, Amram, Moché.

🖼️ Schéma
Vingt-six Hodu, vingt-six générations sans Torah10D'Adam à Noa'h10De Noa'h à Avraham6D'Avraham à MochéYitshak, Yaakov, Levi, Kehat, Amram, MochéIl les nourrit par Sa bonté. Chaque Hodu répond à une génération
Vingt-six Hodu, pour vingt-six générations nourries par la bonté.
5
אָמַר רַב חִסְדָּא: מַאי דִכְתִיב ״הוֹדוּ לַה׳ כִּי טוֹב״? הוֹדוּ לַה׳ שֶׁגּוֹבֶה חוֹבָתוֹ שֶׁל אָדָם בְּטוֹבָתוֹ: עָשִׁיר בְּשׁוֹרוֹ, וְאֶת עָנִי בְּשֵׂיוֹ, יָתוֹם בְּבֵיצָתוֹ, אַלְמָנָה בְּתַרְנְגָולְתָּהּ.

Rav Hisda a dit : que signifie ce qui est écrit : Rendez grâce à ה', car Il est bon ? Rendez grâce à ה', qui recouvre la dette de l'homme dans son bien : le riche par son bœuf, et le pauvre par sa brebis, l'orphelin par son œuf, la veuve par sa poule.

📜 Rachi (1)
עָשִׁיר בְּשׁוֹרוֹ מַפְסִידוֹ מָמוֹן [וּמְכַפֵּר] עַל גּוּפוֹ:
Il lui fait perdre de l'argent, [et cela expie] pour son corps.
🪔 Ben Yehoyada (2)
שֶׁגּוֹבֶה חוֹבָתוֹ שֶׁל אָדָם בְּטוֹבָתוֹ. נִמְצָא גְּבִייַּת הַחוֹב כֵּיוָן שֶׁהִיא נַעֲשֵׂית בְּהַשְׁגָּחָתוֹ יִתְבָּרֵךְ, הִנֵּה הִיא טוֹב וְלֹא רַע, וְאִם תַּנִּיחַ אֶחָד עַל מִסְפַּר חוֹב [16] יִהְיֶה מִסְפָּר טוֹב [17] כְּלוֹמַר תְּצַיֵּיר בְּדַעְתְּךָ כִּי גְּבִייַּת הַחוֹב הִיא בְּהַשְׁגָּחַת אֵל אֶחָד, וּבָזֶה יִהְיֶה לְךָ טוֹב! וְזֶהוּ שֶׁנֶּאֱמַר (תְּהִלִּים יד, ג) 'אֵין עֹשֵׂה טוֹב אֵין גַּם אֶחָד', וְרוֹצֶה לוֹמַר אֵין מִי שֶׁעוֹשֶׂה בְּדַעְתּוֹ אֶת הַחוֹב מִסְפַּר טוֹב בִּשְׁבִיל שֶׁאֵינוֹ מוֹדֶה בְּהַשְׁגָּחַת אֵל אֶחָד שֶׁהוּא יִתְבָּרֵךְ יְחִידוֹ שֶׁל עוֹלָם דְּהַכֹּל נַעֲשֶׂה בְּהַשְׁגָּחָתוֹ וְכָל מַה דְּעָבֵיד רַחֲמָנָא לְטָב עָבֵיד. וְלָכֵן אָמַר הַתַּנָּא (מִשְׁנָה אָבוֹת ג, טו) 'וּבְטוּב הָעוֹלָם נִדּוֹן' כְּלוֹמַר שֶׁגּוֹבֶה חוֹב שֶׁל אָדָם בַּטּוֹב שֶׁלּוֹ.
Qui recouvre la dette de l'homme dans son bien. Il en résulte que le recouvrement de la dette, puisqu'il se fait sous Sa providence, béni soit-Il, le voici un bien, et non un mal. Et si tu poses Un sur le nombre de hov, dette [16], ce sera le nombre de tov, bien [17]. C'est-à-dire : figure dans ta pensée que le recouvrement de la dette se fait sous la providence d'El ehad, le Un, et par là tu auras un bien. Et c'est ce qui est dit (Tehilim 14, 3) : nul ne fait le bien, pas même un seul. Cela veut dire : nul ne fait, dans sa pensée, de la dette le nombre du bien, parce qu'il ne reconnaît pas la providence d'El ehad, Lui, béni soit-Il, l'Unique du monde, car tout se fait sous Sa providence, et tout ce que fait le Rahmana, Il le fait pour le bien. C'est pourquoi le tanna a dit (Michna Avot 3, 15) : et par le bien le monde est jugé. C'est-à-dire qu'Il recouvre la dette de l'homme dans son bien.
עָשִׁיר בְּשׁוֹרוֹ, עָנִי בְּשֵׂיוֹ. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת אֵין גְּבִיָּיה זוֹ עוֹלָה בְּמִשְׁקָל אֶחָד דְּהֶעָנִי שָׁוֶוה אֶצְלוֹ הַשֶּׂה כְּנֶגֶד מַה שֶׁשָּׁוִוים מֵאָה שְׁווָרִים אֵצֶל הֶעָשִׁיר? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּהֶעָשִׁיר צָרִיךְ לְהָקֵל בְּעָונְשׁוֹ בְּאֵיזֶה עֲווֹנוֹת אֲשֶׁר הָעֹושֶׁר שֶׁלּוֹ מְסַבֵּב אוֹתָם לוֹ, דְּהַיֵּצֶר הָרַע עוֹשֶׂה מְצוּדָה גְּדוֹלָה בְּעֹושֶׁר לְאָדָם לְבַטְּלוֹ מֵעֲבוֹדַת הַקֹּודֶשׁ וּלְהַעֲבִירוֹ בְּכַמָּה מִינֵי אִיסּוּרִין. וְלָזֶה אָמַר הַתַּנָּא (מִשְׁנָה אָבוֹת ג, א) 'וְלִפְנֵי מִי אַתָּה עָתִיד לִתֵּן דִּין וְחֶשְׁבּוֹן' כִּי לְכָל דִּין צָרִיךְ חֶשְׁבּוֹן כְּפִי עֶרְכּוֹ שֶׁל אָדָם. וְעוֹד נִרְאֶה לִי כִּי גְּבִיָּיה זוֹ אֵינָהּ בְּסוּג גְּבִייָּה מַמָּשׁ אֶלָּא הִיא בְּסוּג פִּדְיוֹן, שֶׁהָאָדָם רָאוּי לִפְדּוֹת עַצְמוֹ בָּעוֹלָם הַזֶּה בְּנֶפֶשׁ בַּעַל חַי וְלָכֵן הֶעָשִׁיר יִפְדֶּה בְּנֶפֶשׁ בְּהֵמָה גַּסָּה וְהֶעָנִי בְּנֶפֶשׁ בְּהֵמָה דַּקָּה וְהָאַלְמָנָה בְּנֶפֶשׁ עוֹף כִּי שְׁלוֹשָׁה מִינֵי נַפְשׁוֹת בַּעֲלֵי חַיִּים נִמְצָאִים בָּעוֹלָם וְלֹא יוֹתֵר. וּמַה שֶׁאָמַר ' יָתוֹם בְּבֵיצָתוֹ ' יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת וַהֲלֹא דְּמֵי בֵּיצָה קַלִּים מִדְּמֵי תַּרְנְגֹולֶת וַהֲוָה לֵיהּ לְהַזְכִּיר זֶה בָּאַחֲרוֹנָה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד רָצָה לִמְנַקַּט כַּאֲרֻחָה דִּקְרָא לְהַקְדִּים הַיָּתוֹם לְאַלְמָנָה וְגַם כְּדֵי לְהַזְכִּירוֹ אַחַר הַזְּכָרִים שֶׁהֵם עָשִׁיר וְעָנִי דְּבִזְכָרִים אַיְירֵי כִּי הַנָּשִׁים אֵין לָהֶם מִשֶּׁלָּהֶם כְּלוּם דַּאֲפִילּוּ שֶׁיֵּשׁ לָהֶם נִכְסֵי מְלוֹג צֹאן וּשְׁוָורִים הֵם מְשֻׁועְבָּדִים לַבַּעַל שֶׁהַפֵּירוֹת שֶׁלּוֹ.
Le riche par son bœuf, le pauvre par sa brebis. Il y a à objecter : ce recouvrement ne monte pas sur un même poids, car chez le pauvre la brebis équivaut à ce que valent cent bœufs chez le riche. Il me semble, avec l'aide du Ciel : le riche a besoin qu'on allège sa peine pour certaines fautes que sa richesse fait venir sur lui. Car le yétser ha-ra tend un grand filet par la richesse, pour détourner l'homme du service saint et le faire passer par plusieurs sortes d'interdits. C'est pour cela que le tanna a dit (Michna Avot 3, 1) : et devant qui es-tu destiné à rendre un jugement et un compte. Car pour chaque jugement il faut un compte selon la valeur de l'homme. Et encore, il me semble : ce recouvrement n'est pas de l'espèce d'un recouvrement à proprement parler. Il est de l'espèce d'un rachat (pidyon). L'homme est apte à se racheter dans ce monde par une âme d'être vivant. C'est pourquoi le riche se rachète par une âme de gros bétail, le pauvre par une âme de menu bétail, et la veuve par une âme d'oiseau. Car trois espèces d'âmes d'êtres vivants se trouvent dans le monde, et pas davantage. Et ce qu'il a dit : l'orphelin par son œuf. Il y a à objecter : le prix d'un œuf est plus léger que le prix d'une poule, et il aurait dû mentionner cela en dernier. Il me semble, avec l'aide du Ciel : il a voulu prendre selon la manière du verset, faire précéder l'orphelin à la veuve, et aussi le mentionner après les hommes, le riche et le pauvre. Car il parle des hommes. Les femmes n'ont rien en propre : même si elles ont des biens de melog, brebis et bœufs, ils sont assujettis au mari, dont sont les fruits.
💡 Explication

Ki tov, car Il est bon, se lit ici sur la manière de recouvrer. Il prend la dette sur le bien de chacun : bœuf, brebis, œuf, poule.

Rachi : la perte est d'argent, et elle expie pour le corps. Le bien du verset est cette mesure, ajustée à ce que l'homme possède.

🖼️ Schéma
Il recouvre la dette de chacun par son bienRendez grâce à ה', car Il est bonRichepar son bœufPauvrepar sa brebisOrphelinpar son œufVeuvepar sa pouleRachi : Il lui fait perdre de l'argentet cela expie pour son corps
Le recouvrement suit le bien de chacun : bœuf, brebis, œuf, poule.
6
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: קָשִׁין מְזוֹנוֹתָיו שֶׁל אָדָם כִּפְלַיִים כַּיּוֹלֵדָה, דְּאִילּוּ בְּיוֹלֵדָה כְּתִיב: ״בְּעֶצֶב״, וּבִמְזוֹנוֹת כְּתִיב ״בְּעִצָּבוֹן״.

Rabbi Yo'hanan a dit : les subsistances de l'homme sont difficiles au double de celle qui enfante. Car pour celle qui enfante il est écrit : dans la peine (be-etsev).

Et pour les subsistances il est écrit : dans la peine redoublée (be-itsavon).

🪔 Ben Yehoyada (1)
קָשִׁין מְזוֹנוֹתָיו שֶׁל אָדָם כִּפְלַיִם כַּיּוֹלֵדָה. קָשֶׁה אִם הַכִּפְלַייִם הוּא עַל כַּמּוּת הַצַּעַר אֵיךְ יִהְיוּ שְׁקוּלִים כְּפִילִים בְּמֹאזְנַיִם וַהֲלֹא אֵין כָּל הָעִנְיָינִים שָׁוִים? וְנִרְאֶה לִי בס"ד הַכִּפְלַייִם לָא קָאֵי עַל כַּמּוּת הַצַּעַר אֶלָּא קָאֵי עַל הַגּוּף דְּכָאן הַצַּעַר בְּגוּף אֶחָד וְכָאן תְּרֵי גּוּפֵי דִּבְלֵידָה רַק הָאִשָּׁה מִצְטַעֶרֶת אֲבָל הַבַּעַל אֵינוֹ מַרְגִּישׁ בְּגוּפוֹ קֹושִׁי וְצַעַר כְּלוּם אֲבָל בְּקֹושִׁי הַמְּזוֹנוֹת הַצַּעַר יַגִּיעַ לְגוּף הָאִישׁ וּלְגוּף אִשְׁתּוֹ שֶׁהִיא מְצַפֶּה לִמְזוֹנוֹת שֶׁיָּבִיא לָהּ וּשְׁנֵיהֶם מַרְגִּישִׁים בְּצַעַר הָרְעָבוֹן וְהַחִסָּרוֹן.
Les subsistances de l'homme sont difficiles au double de celle qui enfante. Difficulté : si le double porte sur la quantité de la peine, comment seraient-elles pesées au double sur la balance, alors que toutes les matières ne sont pas égales ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : le double ne porte pas sur la quantité de la peine. Il porte sur le corps. Ici la peine est dans un seul corps, et ici dans deux corps. Dans l'enfantement, seule la femme souffre, et le mari ne sent dans son corps ni difficulté ni peine. Dans la difficulté des subsistances, la peine atteint le corps de l'homme et le corps de sa femme, qui attend les subsistances qu'il lui apportera, et tous deux sentent la peine de la faim et du manque.
💡 Explication

Les deux mots viennent de la même racine, dans Bereshit 3. L'enfantement est be-etsev. La nourriture de la terre est be-itsavon. Rabbi Yo'hanan lit dans la forme plus longue un double.

7
וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: קָשִׁין מְזוֹנוֹתָיו שֶׁל אָדָם יוֹתֵר מִן הַגְּאֻולָּה, דְּאִילּוּ בִּגְאֻולָּה כְּתִיב: ״הַמַּלְאָךְ הַגֹּואֵל אֹותִי מִכָּל רָע״, מַלְאָךְ בְּעָלְמָא, וְאִילּוּ בִּמְזוֹנוֹת כְּתִיב: ״הָאֱ-לֹהִים הָרוֹעֶה אִתִּי״.

Et Rabbi Yo'hanan a dit : les subsistances de l'homme sont plus difficiles que la délivrance. Car pour la délivrance il est écrit : l'ange qui me délivre de tout mal, un ange simplement.

Et pour les subsistances il est écrit : אֱ-לֹהִים qui me fait paître.

💡 Explication

Les deux versets sont la bénédiction de Yaakov à Yossef, Bereshit 48. La délivrance y est dite par un ange. La subsistance y est dite par אֱ-לֹהִים, qui fait paître. Rabbi Yo'hanan en tire que la subsistance dépasse la délivrance.

8
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: בְּשָׁעָה שֶׁאָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לָאָדָם ״וְקוֹץ וְדַרְדַּר תַּצְמִיחַ לָךְ״ זָלְגוּ עֵינָיו דְּמָעוֹת, אָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, אֲנִי וַחֲמוֹרִי נֹאכַל בְּאֵבוּס אֶחָד? כֵּיוָן שֶׁאָמַר לוֹ: ״בְּזֵעַת אַפֶּךָ תֹּאכַל לֶחֶם״, נִתְקָרְרָה דַּעְתּוֹ.

Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : au moment où le Saint, béni soit-Il, dit à Adam : et elle te fera germer épine et chardon, ses yeux versèrent des larmes. Il dit devant Lui : Maître du monde, moi et mon âne, nous mangerons dans une même mangeoire ?

Dès qu'Il lui dit : à la sueur de ton front tu mangeras du pain, son esprit se calma.

🪔 Ben Yehoyada (1)
כֵּיוָן שֶׁאָמַר לוֹ: (בְּרֵאשִׁית ג, יט) "בְּזֵעַת אַפֶּיךָ תֹּאכַל לֶחֶם", נִתְקָרְרָה דַּעְתּוֹ. נִרְאֶה לִי בס"ד דְּכַוָּנָתוֹ יִתְבָּרֵךְ מֵעִיקָּרָא אֵינוֹ לֶאֱכֹול עֲשָׂבִים מַמָּשׁ אֶלָּא רוֹצֶה לוֹמַר שֶׁלֹּא תּוֹצִיא לוֹ הָאָרֶץ גְּלוּסְקָאוֹת שֶׁיֹּאכַל בְּלִי טֹורַח אֶלָּא תּוֹצִיא שִׁבֳּלִים שֶׁדּוֹמִין לְעֵשֶׂב הַשָּׂדֶה וְיִהְיוּ לֶחֶם אַחַר טֹורַח הַרְבֵּה, וְהוּא הֵבִין 'עֵשֶׂב מַמָּשׁ' וְאַחַר כָּךְ פֵּירֵשׁ לוֹ הַכַּווָּנָה שֶׁבְּזֵעַת אַפֶּיךָ תֹּאכַל לֶחֶם וְלֹא תּוֹצִיא לְךָ לֶחֶם גָּמוּר וְשָׁלֵם. וְאָמַר אַבַּיֵּי: אַכַּתִּי לָא פָּלְטִינַן מִן פְּשַׁט דִּבְרֵי הַגְּזֵרָה דְּאוֹכְלִים עֵשֶׂב מַמָּשׁ. וּמַה שֶׁאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ ' אַשְׁרֵינוּ אִם עָמַדְנוּ בָּרִאשׁוֹנָה ' רוֹצֶה לוֹמַר קֹודֶם חֵטְא אָדָם הָרִאשׁוֹן, רוֹצֶה לוֹמַר אַף עַל גַּב דְּאַחַר הַחֵטְא הִרְוַוחְנוּ שָׂכָר הַרְבֵּה מִן הַבֵּירוּר וְהַתִּיקּוּן אֲשֶׁר אֲנַחְנוּ עוֹשִׂים, עִם כָּל זֶה אַשְּׁרֵינוּ אִם לֹא הָיִינוּ צְרִיכִים לָזֶה מִפְּנֵי שֶׁאֵין אֲנַחְנוּ בְּטוּחִים בְּעַצְמֵינוּ לָצֵאת יְדֵי חוֹבָתֵנוּ כְּתִיקּוּן וּבֵירוּר כָּרָאוּי. וּלְגִרְסַת ' שֶׁלֹּא עָמַדְנוּ בָּרִאשׁוֹנָה ' נִרְאֶה לִי הַכַּווָּנָה כִּי אָדָם הָרִאשׁוֹן שֶׁטַּעַם טַעַם הַמְּנוּחָה וְהַשַּׁלְוָה בַּאֲכִילָה וּשְׁתִיָּה שֶׁהָיָה לוֹ קֹודֶם הַחֵטְא, הִנֵּה בְּוַדַּאי אַחַר הַחֵטְא שֶׁהֻוצְרַךְ לִיגִיעָה רַבָּה וְהָלְכָה מִמֶּנּוּ אוֹתָהּ הַמְּנוּחָה וְהַשַּׁלְוָה הָיָה קָשֶׁה עָלָיו הַדָּבָר כַּמָּווֶת מִפְּנֵי שֶׁטַּעַם טַעְמָהּ שֶׁל מְנוּחָה, מַה שֶׁאֵין כֵּן אֲנַחְנוּ שֶׁלֹּא טָעַמְנוּ טַעְמָהּ שֶׁל אוֹתָהּ הַמְּנוּחָה לֹא אִכְפַּת לָנוּ כָּל כָּךְ בִּיגִיעָה שֶׁיֵּשׁ לָנוּ עַתָּה וְלָכֵן אַשְּׁרֵינוּ מִצַּד זֶה.
Dès qu'Il lui dit (Bereshit 3, 19) : à la sueur de ton front tu mangeras du pain, son esprit se calma. Il me semble, avec l'aide du Ciel : Son intention, béni soit-Il, dès le principe, ne vise pas à manger des herbes à proprement parler. Cela veut dire que la terre ne lui sortira pas des miches qu'il mangerait sans peine. Elle sortira des épis semblables à l'herbe du champ, et ils deviendront du pain après beaucoup de peine. Et lui a compris : de l'herbe à proprement parler. Ensuite Il lui a expliqué l'intention : à la sueur de ton front tu mangeras du pain, et elle ne te sortira pas un pain achevé et entier. Et Abaye a dit : nous ne sommes pas encore sortis du sens simple des paroles du décret, car nous mangeons de l'herbe à proprement parler. Et ce qu'a dit Rech Lakich : heureux sommes-nous si nous étions restés dans la première. Cela veut dire : avant la faute d'Adam le premier. Cela veut dire : même après la faute, nous avons gagné une grande récompense par le tri (birour) et la réparation (tikoun) que nous faisons. Avec tout cela, heureux serions-nous si nous n'avions pas eu besoin de cela, parce que nous ne sommes pas sûrs de nous-mêmes pour nous acquitter de notre devoir par une réparation et un tri comme il convient. Et pour la version : si nous n'étions pas restés dans la première. Il me semble que l'intention est celle-ci. Adam le premier a goûté le goût du repos et de la tranquillité dans le manger et le boire qu'il avait avant la faute. Certes, après la faute, où il a eu besoin d'une grande fatigue, et où ce repos et cette tranquillité sont partis de lui, la chose lui a été dure comme la mort, parce qu'il avait goûté le goût du repos. Pour nous, qui n'avons pas goûté le goût de ce repos, la fatigue que nous avons maintenant nous importe moins. C'est pourquoi, de ce côté, heureux sommes-nous.
💡 Explication

Bereshit 3, 18 promet l'herbe du champ, après l'épine et le chardon. Adam y entend la mangeoire de l'âne. Le verset suivant, le pain gagné à la sueur du front, apaise son esprit : la nourriture de l'homme reste le pain, au prix du labeur.

🖼️ Schéma
D'Adam : de l'herbe du champ au painÉpine et chardonSes yeux versent des larmesMême mangeoireMoi et mon âne ?Sueur du frontDu pain. L'esprit se calmeRech Lakich : nous mangeons encore les herbes du champ
Adam pleure sur l'herbe, puis se calme au pain de la sueur.
9
אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: אַשְׁרֵינוּ אִם עָמַדְנוּ בָּרִאשׁוֹנָה, וַעֲדַיִין לָא פָּלְטִינַן מִינַּהּ, דְּקָא אָכְלִינַן עִיסְבֵי דְּדַבְרָא.

Rabbi Chimon ben Lakich a dit : heureux serions-nous si nous étions restés dans la première. Et nous n'en sommes pas encore sortis, car nous mangeons les herbes du champ.

💡 Explication

Rech Lakich appelle bonheur le fait d'être restés à la première parole, l'herbe du champ. La sortie de ce décret n'est pas acquise : on mange encore les herbes de la campagne, les légumes.

10
אָמַר רַב שֵׁיזְבִי מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה: קָשִׁין מְזוֹנוֹתָיו שֶׁל אָדָם כִּקְרִיעַת יַם סוּף, דִּכְתִיב: ״נֹותֵן לֶחֶם לְכָל בָּשָׂר״, וּסְמִיךְ לֵיהּ: ״לְגֹוזֵר יַם סוּף לִגְזָרִים״.

Rav Cheizvi a dit au nom de Rabbi Elazar ben Azaria : les subsistances de l'homme sont difficiles comme la déchirure de la mer des Joncs. Car il est écrit : Il donne du pain à toute chair.

Et accolé à lui : pour Celui qui fend la mer des Joncs en parts.

🪔 Ben Yehoyada (2)
קָשִׁין מְזוֹנוֹתָיו שֶׁל אָדָם כִּקְרִיעַת יַם סוּף. כָּתַב הַגָּאוֹן עִיּוּן יַעֲקֹב זַ"ל בְּמִדְרַשׁ רַבָּה אָמְרוּ (בְּרֵאשִׁית רַבָּה כ, כב) 'גְּדוֹלָה [פַּרְנָסָה] מִקְּרִיעַת יַם סוּף' וּבְזִוּוּג אִישׁ וְאִשָּׁה אָמְרוּ (סוֹטָה ב.) 'קָשֶׁה לְזַוְּוגָם כִּקְרִיעַת יַם סוֹף' וְהִקְשָׁה דְּאִיתָא בַּמִּדְרָשׁ (בְּרֵאשִׁית רַבָּה סה , יט) עַל פָּסוּק (בְּרֵאשִׁית כז, כ) 'מַה זֶּה מִהַרְתָּ לִמְצֹא בָּנַי' אָמַר לוֹ אִם לְזִיוּוּגְךָ הִמְצִיא לְךָ דִּכְתִיב (בְּרֵאשִׁית כד, יב) 'הִקְרָה נָא לִפְנֵי הַיּוֹם' לְמַאֲכָלְךָ – עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה! מַשְׁמַע דְּמַאֲכָל שֶׁהוּא מְזוֹנוֹת הוּא קַל יְעֻויַּן שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד הָא דְּאָמְרוּ מְזוֹנוֹת קָשִׁים כִּקְרִיעַת יַם סוּף הַייְנוּ מְזוֹנוֹת תְּדִירִין שֶׁל כָּל יוֹם וְיוֹם אֲבָל דֶּרֶךְ מִקְרֶה סְעוּדָה אַחַת לִשְׁעָתָהּ אֶפְשָׁר לִמְצוֹא בְּנָקֵל וְאֵין זֶה בִּכְלַל הַקֹּושִׁי, וְיַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה דִּבֵּר עַל סְעוּדָה וּמַאֲכָל לְיוֹם אֶחָד שֶׁהוּא דֶּרֶךְ מִקְרֶה וּבְוַדַּאי זֶה קַל מִן הַזִּוּוּג לִמְצוֹא לוֹ אִשָּׁה שֶׁהִיא הֲנָאָה תְּמִידִית לְכָל הַיָּמִים. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד דְּלָא אָמְרוּ קָשִׁים מְזוֹנוֹת כִּקְרִיעַת יַם סוּף אֶלָּא לְאוֹתָם בְּנֵי אָדָם שֶׁהֵם עֲנִיִּים שֶׁאֵין לָהֶם קַרְקָעוֹת וְקֶרֶן קַיָּים שֶׁיִּתְפַּרְנְסוּ מִמֶּנּוּ אֶלָּא הוּא יוֹצֵא לְפָעֳלוֹ וְלַעֲבֹודָתוֹ עֲדֵי עָרֶב כְּדֵי לִמְצוֹא רִיוַּח שֶׁיְּפַרְנֵס מִמֶּנּוּ הוּא וּבְנֵי בֵּיתוֹ, אֲבָל אָדָם שֶׁהוּא עָשִׁיר שֶׁכְּבָר יֵשׁ לוֹ קַרְקָעוֹת וְצֹאן וּבָקָר וּנְכָסִים רַבִּים הֵן שֶׁבָּאוּ לוֹ מִן כֹּחַ מַזָּלוֹ הֵן שֶׁבָּאוּ לוֹ בִּירֻושָּׁה אֵין לָזֶה שׁוּם קֹושִׁי בִּמְזוֹנוֹת, כִּי זֶה יֵשׁ לוֹ רִיוַּח גָּדוֹל מִצַּד הַטֶּבַע שֶׁהוּא דַּי וְהוֹתֵר לְפַרְנָסָתוֹ. וְאֵצֶל יִצְחָק אָבִינוּ ע"ה הָכִי הֲוָה שֶׁכְּבָר הָיָה מְבֹורָךְ בְּעֹושֶׁר הֵן שֶׁהַנְחִילוֹ אָבִיו דִּכְתִיב בְּאַבְרָהָם (בְּרֵאשִׁית כד, לָהּ) וַיִּגְדָּל וַיִּתֶּן לוֹ צֹאן וּבָקָר וְכֶסֶף וְזָהָב וַעֲבָדִם וּשְׁפָחֹת וּגְמַלִּים וַחֲמֹרִים וְכוּ' וַיִּתֵּן לְיִצְחָק אֶת כָּל אֲשֶׁר לוֹ, וְהֵן שֶׁגַּם לוֹ בֵּירַךְ הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ דִּכְתִיב (בְּרֵאשִׁית כו, יב) וַיִּזְרַע יִצְחָק בָּאָרֶץ הַהִוא וַיִּמְצָא בַּשָּׁנָה הַהִוא מֵאָה שְׁעָרִים וַיְבָרֲכֵהוּ ה' לָכֵן אֶצְלוֹ לָא הֲוָה קֹושִׁי מְזוֹנוֹת כְּלָל וְלֹא הֻוצְרַךְ אוֹתוֹ הַיּוֹם לְצַיִד בִּשְׁבִיל שֶׁאֵין לוֹ מַה לֶאֱכֹול דְּהָא אָמְרָה אוֹתוֹ הַיּוֹם רִבְקָה אִמֵּנוּ ע"ה (בְּרֵאשִׁית כז, ט) לֶךְ נָא אֶל הַצֹּאן וְקַח לִי מִשָּׁם שְׁנֵי גְּדָיֵי עִזִּים טֹבִים וְרַק רָצָה שֶׁיָּבִיאוּ לוֹ צַיִד כְּדֵי שֶׁיִּהְיֶה בָּזֶה הֲכָנָה לִבְרָכָה, וְלָכֵן אָמַר לוֹ 'לְזִוּוּגְךָ הִמְצִיא לְךָ' רְצוֹנְךָ וְכָל שֶׁכֵּן דְּלַאֲכִילָתְךָ יַמְצִיא לְךָ כִּרְצוֹנְךָ שֶׁרָצִיתָ הַיּוֹם בְּצַיִד. וְעוֹד נִרְאֶה לִי דְּמַה שֶׁאָמַר קָשִׁים הַמְּזוֹנוֹת הַיְינוּ בִּבְנֵי אָדָם בַּעֲלֵי עוֹנוֹת שֶׁעֲוֹנֹותָם מְעַכְּבִים הַפַּרְנָסָה שֶׁלָּהֶם אֲבָל בְּצַדִּיקִים גְּמוּרִים שֶׁאֵין לָהֶם שׁוּם חֵטְא מְעַכֵּב לָא אִתְּמַר הַאי, וְלָכֵן לֵיכָּא קֻושְׁיָא מֵהַךְ דְּיִצְחָק אָבִינוּ ע"ה וְכֵן מְפֹורָשׁ בְּהָרִי"ף זַ"ל דְּהַקֹּושִׁי הוּא מִצַּד הַקִּטְרוּג, וְעוֹד בְּלָאו הָכִי לֵיכָּא קֻושְׁיָא מֵהַךְ דְּקָשֶׁה לְזַווְּגָם כִּקְרִיעַת יַם סוּף דְּהָתָם (סוֹטָה ב.) אַייְרֵי בְּזִוּוּג שֵׁנִי, וְגַבֵּי יִצְחָק אָבִינוּ ע"ה הֲוָה זִוּוּג רִאשׁוֹן.
Les subsistances de l'homme sont difficiles comme la déchirure de la mer des Joncs. Le gaon Iyoun Yaakov, de mémoire bénie, a écrit : dans le Midrach Rabba ils ont dit (Bereshit Rabba 20, 22) : la subsistance (parnassa) est plus grande que la déchirure de la mer des Joncs. Et au sujet de l'union de l'homme et de la femme ils ont dit (Sota 2a) : les apparier est difficile comme la déchirure de la mer des Joncs. Et il a objecté : il y a dans le midrach (Bereshit Rabba 65, 19), sur le verset (Bereshit 27, 20) : qu'est-ce donc, tu as trouvé vite, mon fils. Il lui dit : si pour ton union Il te l'a ménagée, car il est écrit (Bereshit 24, 12) : fais-moi rencontrer aujourd'hui, pour ta nourriture, à plus forte raison. Il en ressort que la nourriture, qui est la subsistance, est légère. Vois là-bas. Il me semble, avec l'aide du Ciel : ce qu'ils ont dit, les subsistances sont difficiles comme la déchirure de la mer des Joncs, vise les subsistances régulières de chaque jour. Un repas unique, pour l'heure, par rencontre, peut se trouver aisément, et il n'entre pas dans cette difficulté. Et notre père Yaakov, que la paix soit sur lui, parlait d'un repas et d'une nourriture pour un seul jour, qui vient par rencontre. Certes cela est plus léger que l'union, trouver une femme, qui est un agrément permanent pour tous les jours. Et encore, il me semble, avec l'aide du Ciel : ils ont dit que les subsistances sont difficiles comme la déchirure de la mer des Joncs pour les hommes pauvres, qui n'ont ni terres ni capital stable dont ils se nourriraient. Lui sort pour son labeur et son travail jusqu'au soir, afin de trouver un gain dont il nourrira lui-même et les gens de sa maison. Un homme riche, qui a déjà des terres, du menu et du gros bétail, et de nombreux biens, qu'ils lui soient venus par la force de son mazal ou par héritage, n'a aucune difficulté dans les subsistances. Il a un grand gain du côté de la nature, assez et au-delà pour sa subsistance. Et chez notre père Yitshak, que la paix soit sur lui, il en était ainsi : il était déjà béni dans la richesse. D'une part, son père la lui avait transmise, car il est écrit au sujet d'Avraham (Bereshit 24, 35) : il a grandi, et Il lui a donné du menu et du gros bétail, de l'argent et de l'or, des serviteurs et des servantes, des chameaux et des ânes, etc., et il a donné à Yitshak tout ce qui était à lui. D'autre part, le Nom, béni soit-Il, l'a béni lui aussi, car il est écrit (Bereshit 26, 12) : Yitshak sema dans cette terre, et il trouva en cette année cent mesures, et ה' le bénit. C'est pourquoi, chez lui, il n'y avait aucune difficulté de subsistances. Et ce jour-là il n'a pas eu besoin de gibier parce qu'il n'aurait rien eu à manger. Voici que notre mère Rivka, que la paix soit sur elle, a dit ce jour-là (Bereshit 27, 9) : va donc vers le troupeau, et prends-moi de là deux bons chevreaux. Il voulait seulement qu'on lui apporte du gibier, afin que ce soit une préparation à la bénédiction. C'est pourquoi il lui a dit : pour ton union Il t'a ménagé ton désir, et à plus forte raison, pour ton manger, Il te ménagera selon ton désir, le gibier que tu as voulu aujourd'hui. Et encore, il me semble : ce qu'il a dit, les subsistances sont difficiles, vise les hommes chargés de fautes, dont les fautes retiennent leur subsistance. Chez les justes achevés, qui n'ont aucune faute qui retienne, cela n'a pas été dit. C'est pourquoi il n'y a pas d'objection depuis ce cas de notre père Yitshak, que la paix soit sur lui. Et ainsi c'est explicite chez le Rif, de mémoire bénie : la difficulté vient du côté du katreg, l'accusation. Et même sans cela, il n'y a pas d'objection depuis la parole : les apparier est difficile comme la déchirure de la mer des Joncs. Là-bas (Sota 2a), il s'agit d'une seconde union. Chez notre père Yitshak, que la paix soit sur lui, c'était une première union.
שֶׁנֶּאֱמַר: (תְּהִלִּים קלו, כה) "נֹתֵן לֶחֶם לְכָל בָּשָׂר", וּסְמִיךְ לֵיהּ: (תְּהִלִּים קלו, יג) "לְגֹזֵר יַם סוּף לִגְזָרִים". הִקְשָׁה מָהַרְשָׁ"א זַ"ל וַהֲלֹא כַּמָּה קְרָאֵי אַפְסִיקוּ בְּנַיְיהוּ וְאִי מִשּׁוּם דִּבְחַד מִזְמוֹרָא נִינְהוּ אִם כֵּן הָוֵה לֵיהּ לְמֵימַר קָשִׁין מְזוֹנוֹת כִּבְרִיאַת שָׁמַיִם וָאָרֶץ וּכְמַכַּת בְּכוֹרוֹת וּכְכָל אוֹתָם נִסִּים הַכְּתוּבִים בְּאוֹתוֹ מִזְמוֹר? יְעֻויַּן שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּבִבְרִיאַת שָׁמַיִם וָאָרֶץ לֵיכָּא שׁוּם קֹושִׁי לְפָנָיו יִתְבָּרֵךְ הַמַּמְצִיא יֵשׁ מֵאַיִן וְאֵין מַעְצוֹר אֵלָיו הַהוּא אָמַר וְלֹא יַעֲשֶׂה?! וְכֵן נִסִּים שֶׁל כִּבּוּשׁ סִיחוֹן וְעוֹג לֹא הָיָה בָּהֶם קֹושִׁי כֵּיוָן דְּיִשְׂרָאֵל הָיוּ רְאוּיִים לְנִסִּים אֵלּוּ בְּאוֹתוֹ זְמַן, וְכֵן מַכַּת בְּכוֹרוֹת לֹא הָיָה בָּהֶם קֹושִׁי שֶׁהָיוּ לְצֹורֶךְ הַיְּצִיאָה אַחַר שֶׁהִבְטִיחַ לְהוֹצִיאָם וּפַרְעֹה מְסָרֵב הָיָה אֲבָל קְרִיעַת יַם סוּף הָיָה בָּהּ קֹושִׁי מִצַּד יִשְׂרָאֵל שֶׁאָמְרוּ הַמִבְּלִי אֵין קְבָרִים וְנִמְצָא דְּלָא הָיָה בָּהֶם אֲמָנָה כַּאֲשֶׁר הָיָה לָהֶם בְּמִצְרַיִם דִּכְתִיב (שְׁמוֹת ד, לא) 'וְיֵאָמֶן הָעָם' וְכֵיוָן דְּהָיָה עֲלֵיהֶם קִטְרוּג גָּדוֹל נֶחְשָׁב קְרִיעַת יַם סוּף לַקֹּושִׁי גָּדוֹל וּלְכָךְ דִּימָּה זֶה לִקְרִיעַת יַם סוּף וְדָרַשׁ וּסְמִיךְ לֵיהּ לְגֹוזֵר יַם סוּף לִגְזָרִים. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד מַה דְּסָמַךְ פָּסוּק 'נָתַן לֶחֶם' לְפָסוּק 'לִגְזֹר יַם סוּף לִגְזָרִים' מִפְּנֵי שֶׁאֵלּוּ כ"ו פְּסוּקִים שֶׁל הַמִּזְמוֹר הַנִּזְכָּר כָּל פָּסוּק אֲמָרוֹ מַלְאָךְ אֶחָד שֶׁהֵם עַל סוֹד אבג"ד, וּפָסוּק 'לִגְזַר יָם סוֹף' אָמְרוּ מַלְאָךְ שֶׁשְּׁמוֹ מֵהַגְּבִיאֵל וּפָסוּק 'נָתַן לֶחֶם' אָמְרוּ מַלְאָךְ שֶׁשְּׁמוֹ תּוֹמְכִיאֵל וְכַנִּזְכָּר בְּסֵפֶר חֲסִידִים, נִמְצָא זֶה בְּאוֹת מֵ"ם וְזֶה בְּאוֹת תָּי"ו שֶׁהֵם סְמוּכִים זֶה לָזֶה בְּחוֹתָם אֱמֶת דְּאַלְפָא בֵּיתָא, דְּיָדוּעַ כִּי אוֹתִיּוֹת אֱמֶת הֵם רֹאשׁ וְתוֹךְ וְסוֹף דְּאַלְפָא בֵּיתָא כַּאֲשֶׁר תַּכְנִיס מנצפ"ך בִּפְנִים וַעֲלֵיהֶם נֶאֱמַר (תְּהִלִּים פה, יב) 'אֱמֶת מֵאֶרֶץ תִּצְמַח' וְנִמְצָא לְפִי זֶה פָּסוּק 'נָתַן לֶחֶם לְכָל בָּשָׂר' שֶׁהוּא בָּאוֹת תָּי"ו הוּא סָמוּךְ בְּחוֹתָם אֱמֶת לִפְסֹוק 'לִגְזֹר' שֶׁהוּא בְּאוֹת מֵ"ם וּלְכָךְ דְּרֵישׁ וּסְמִיךְ לֵיהּ בְּהַאי קְרָא. אִי נָמֵי כ"ו פְּסוּקִים הַנִּזְכָּרִים הֵם כְּנֶגֶד י"ג מִכַּיְלַן דְּרַחֲמֵי שֶׁל 'מִי אֵל כָּמוֹךָ' וי"ג מִידּוֹת שֶׁל 'אֵל רַחוּם וְחַנּוּן' שֶׁהֵם הַצִּינּוֹרוֹת וְכֵלִים שֶׁל י"ג מִכַּיְלַן דְּרַחֲמֵי, וְנִמְצָא פָּסוּק 'לִגְזֹר' הוּא כְּנֶגֶד מַזַּל הי"ג שֶׁהוּא הַנִּקְרָא 'מִימֵי קֶדֶם', וּפָסוּק 'נָתַן לֶחֶם' כְּנֶגֶד מִדָּה י"ב שֶׁל 'וְחַטָּאָה' וְנִמְצָא שֶׁהֵם סְמוּכִים זֶה לָזֶה מֵחֲמַת הִתְלַבְּשׁוּת הַנִּזְכָּר אֲשֶׁר (אִיּוֹב מא, ח) 'אח"ד באח"ד יִגָּשׁוּ' כִּי הי"ב הוּא סָמוּךְ לי"ג. וּבָזֶה יְתֹורַץ דִּקְדּוּק דַּהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר 'לִגְזַר יַם סוֹף' וּסְמִיךְ לֵיהּ 'נָתַן לֶחֶם' שֶׁיִּתְלֶה הַתַּחְתּוֹן בָּעֶלְיוֹן? וּבָזֶה נִיחָא שֶׁאָמַר לְהֵפֶךְ מִפְּנֵי כִּי פָּסוּק 'נָתַן לֶחֶם' הוּא י"ב בְּמַדְרֵגָה שֶׁלּוֹ וּפָסוּק 'לִגְזֹר' הוּא י"ג בְּמַדְרֵגָה שֶׁלּוֹ.
Car il est dit (Tehilim 136, 25) : Il a donné du pain à toute chair. Et accolé à lui (Tehilim 136, 13) : pour Celui qui fend la mer des Joncs en parts. Le Maharsha, de mémoire bénie, a objecté : plusieurs versets s'interrompent entre eux. Et si c'est parce qu'ils sont dans un seul psaume, il aurait dû dire : les subsistances sont difficiles comme la création du ciel et de la terre, comme la plaie des premiers-nés, et comme tous ces miracles écrits dans ce psaume. Vois là-bas. Il me semble, avec l'aide du Ciel : dans la création du ciel et de la terre, il n'y a aucune difficulté devant Lui, béni soit-Il, qui fait venir l'être du néant. Il n'y a pas de retenue devant Lui. Lui dit-Il, et cela ne se ferait pas ? De même, les miracles de la conquête de Si'hon et de Og n'avaient pas de difficulté, puisqu'Israël était digne de ces miracles en ce temps. De même, la plaie des premiers-nés n'avait pas de difficulté : elle était nécessaire à la sortie, après qu'Il avait promis de les faire sortir, et que Paro refusait. Mais la déchirure de la mer des Joncs avait une difficulté du côté d'Israël, qui a dit : est-ce faute de tombeaux. Il en ressort qu'il n'y avait pas en eux la confiance qu'ils avaient en Égypte, car il est écrit (Chemot 4, 31) : et le peuple crut. Et puisqu'il y avait sur eux une grande accusation, la déchirure de la mer des Joncs a été comptée comme une grande difficulté. C'est pourquoi il a comparé ceci à la déchirure de la mer des Joncs, et il a exposé : et accolé à lui, pour Celui qui fend la mer des Joncs en parts. Et encore, il me semble, avec l'aide du Ciel : il a accolé le verset Il a donné du pain au verset pour Celui qui fend la mer des Joncs en parts, parce que ces vingt-six versets du psaume mentionné, chaque verset a été dit par un ange, selon le sod de alef-bet-guimel-dalet. Le verset pour Celui qui fend la mer des Joncs, l'a dit un ange dont le nom est Mahgaviel. Le verset Il a donné du pain, l'a dit un ange dont le nom est Tomkhiel, comme il est mentionné dans le Sefer Hassidim. Il en résulte que l'un est dans la lettre mem, et l'autre dans la lettre tav. Elles sont accolées l'une à l'autre dans le sceau de emet de l'alphabet. Car il est connu que les lettres de emet sont le début, le milieu et la fin de l'alphabet, lorsque tu fais entrer à l'intérieur les lettres finales mem, noun, tsadi, pe, kaf. Et sur elles il est dit (Tehilim 85, 12) : la vérité germera de la terre. Il en résulte, selon cela, que le verset Il a donné du pain à toute chair, qui est dans la lettre tav, est accolé, dans le sceau de emet, au verset pour Celui qui fend, qui est dans la lettre mem. C'est pourquoi il expose : et accolé à lui, dans ce verset. Ou bien : ces vingt-six versets sont en regard des treize contenants de miséricorde de Mi El kamokha, et des treize mesures de El rahoum ve-hanoun, qui sont les canaux et les récipients des treize contenants de miséricorde. Il en résulte que le verset pour Celui qui fend est en regard du mazal treize, qui est appelé mi-yemei kedem, depuis les jours d'autrefois. Et le verset Il a donné du pain est en regard de la mesure douze, ve-hataa, et la faute. Il en résulte qu'ils sont accolés l'un à l'autre à cause de ce revêtement mentionné, dont il est dit (Iyov 41, 8) : l'un vers l'autre ils s'approchent, car le douze est accolé au treize. Par là se résout la précision : il aurait dû dire pour Celui qui fend la mer des Joncs, et accolé à lui Il a donné du pain, afin de suspendre l'inférieur au supérieur. Par là, cela s'éclaire : il a dit l'inverse, parce que le verset Il a donné du pain est douze dans son rang, et le verset pour Celui qui fend est treize dans son rang.
💡 Explication

Troisième mesure, après le double de l'enfantement et le dépassement de la délivrance. Rav Cheizvi, au nom de Rabbi Elazar ben Azaria, égale la subsistance à la déchirure de la mer.

La preuve est un semikhout, un accolage de versets, dans Tehilim 136 : Il donne du pain à toute chair, et pour Celui qui fend la mer des Joncs. Le refrain commun, ki le-olam hasdo, rapproche les deux louanges.

🖼️ Schéma
Trois mesures de la subsistanceAu doublede l'enfantementElle : be-etsevSubsistance : be-itsavonPlus quela délivranceDélivrance : un angeSubsistance : אֱ-לֹהִיםComme la merdes JoncsIl donne du painaccolé à : Il fend la merRabbi Yo'hanan pour les deux premières. Rav Cheizvi pour la mer
Enfantement, délivrance, mer des Joncs : trois mesures de la subsistance.
11
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה: קָשִׁין נְקָבָיו שֶׁל אָדָם כְּיוֹם הַמִּיתָה וְכִקְרִיעַת יַם סוּף, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מַהֵר צוֹעֶה לְהִפָּתַח״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ: ״רֹוגַע הַיָּם וַיֶּהֱמוּ גַּלָּיו״.

Rabbi Elazar ben Azaria a dit : les orifices de l'homme sont difficiles comme le jour de la mort et comme la déchirure de la mer des Joncs. Car il est dit : il se hâte, le courbé, de s'ouvrir.

Et il est écrit après : Il agite la mer, et ses vagues mugissent.

📜 Rachi (1)
קָשִׁין נְקָבָיו שֶׁל אָדָם כְּשֶׁהוּא עָצוּר כְּיוֹם הַמִּיתָה:
Lorsqu'il est retenu, comme le jour de la mort.
💡 Explication

Les orifices (nekavim), quand l'homme est retenu, sont mis au rang du jour de la mort et de la déchirure de la mer. Rachi : lorsqu'il est bouché.

Yechaya 51, 14 : le courbé se hâte de s'ouvrir, et il ne descend pas mourir dans la fosse. Le verset d'après, Il agite la mer, fournit la seconde comparaison.

12
וְאָמַר רַב שֵׁשֶׁת מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה: כָּל הַמְבַזֶּה אֶת הַמּוֹעֲדוֹת כְּאִילּוּ עוֹבֵד עֲבוֹדָה זָרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֱ-לֹהֵי מַסֵּכָה לֹא תַעֲשֶׂה לָּךְ״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ: ״אֶת חַג הַמַּצּוֹת תִּשְׁמֹור״.

Et Rav Chechet a dit au nom de Rabbi Elazar ben Azaria : quiconque méprise les fêtes, c'est comme s'il servait un culte étranger. Car il est dit : tu ne te feras pas d'elohei massekha, idole de fonte.

Et il est écrit après : la fête des matsot, tu la garderas.

💡 Explication

Encore un semikhout. Chemot 34, 17 interdit l'idole de fonte. Le verset suivant, 34, 18, ordonne la fête des matsot. Rav Chechet, au nom de Rabbi Elazar ben Azaria, en tire que mépriser les fêtes (moadot) rejoint le culte étranger.

13
וְאָמַר רַב שֵׁשֶׁת מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה: כָּל הַמְסַפֵּר לָשׁוֹן הָרָע, וְכָל הַמְקַבֵּל לָשׁוֹן הָרָע, וְכָל הַמֵּעִיד עֵדוּת שֶׁקֶר בַּחֲבֵירוֹ — רָאוּי לְהַשְׁלִיכוֹ לַכְּלָבִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לַכֶּלֶב תַּשְׁלִיכוּן אוֹתוֹ״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ: ״לֹא תִשָּׂא שֵׁמַע שָׁוְא״, וּקְרֵי בֵּיהּ: ״לֹא תַּשִּׁיא״.

Et Rav Chechet a dit au nom de Rabbi Elazar ben Azaria : quiconque raconte du lachon ha-ra (médisance), et quiconque reçoit du lachon ha-ra, et quiconque témoigne un faux témoignage contre son prochain, il est digne de le jeter aux chiens. Car il est dit : au chien vous le jetterez.

Et il est écrit après : tu ne porteras pas une rumeur vaine. Et on le lit : tu ne feras pas porter (lo tassi).

🪔 Ben Yehoyada (1)
וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ: (שְׁמוֹת כג, א) "לֹא תִשָּׂא שֵׁמַע שָׁוְא". נִרְאֶה לִי רָאשֵׁי תֵּיבוֹת שְׁלֹשֶׁת [ ל א ת שָׂא ש מַע ש וְא] רֶמֶז עַל שְׁלֹשֶׁת דְּבָרִים הַנִּזְכָּרִים הַמִּסְפָּר וְהַמְקַבֵּל וְהַמֵּעִיד שֶׁקֶר וְהַטַּעַם דִּמְבַזֶּה הַמּוֹעֲדוֹת כְּאִילּוּ עוֹבֵד עֲבוֹדָה זָרָה מִשּׁוּם דְּאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל הַמּוֹעֲדוֹת נִתְּנוּ בִּשְׁבִיל תִּקּוּן הָעֵגֶל.
Et il est écrit après cela (Chemot 23, 1) : tu ne porteras pas une rumeur vaine. Il me semble : les initiales des trois [lo tissa chema chav] font allusion aux trois choses mentionnées, celui qui raconte, celui qui reçoit, et celui qui témoigne faussement. Et la raison pour laquelle celui qui méprise les fêtes est comme s'il servait un culte étranger : parce que nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit que les fêtes ont été données pour la réparation du veau.
💡 Explication

Chemot 22, 30 : la chair déchirée, au chien vous la jetterez. Le verset d'après, Chemot 23, 1 : tu ne porteras pas une rumeur vaine.

Lo tissa vise celui qui la raconte. La lecture lo tassi vise celui qui la fait accepter. Le faux témoin est joint à la même rumeur vaine. Les trois sont dignes d'être jetés aux chiens.

14
וְכִי מֵאַחַר דְּאִיכָּא הַלֵּל הַגָּדוֹל, אֲנַן מַאי טַעְמָא אָמְרִינַן הַאי? מִשּׁוּם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ חֲמִשָּׁה דְבָרִים הַלָּלוּ: יְצִיאַת מִצְרַיִם, קְרִיעַת יַם סוּף, וּמַתַּן תּוֹרָה, וּתְחִיַּית הַמֵּתִים, וְחֶבְלוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ.

Et puisque le grand Hallel existe, nous, pour quelle raison disons-nous celui-ci ? Parce qu'il y a en lui ces cinq choses : la sortie d'Égypte, la déchirure de la mer des Joncs, le don de la Torah, la résurrection des morts, et les douleurs du Machia'h.

🪔 Ben Yehoyada (1)
וְכִי מֵאַחַר דְּאִיכָּא "הַלֵּל הַגָּדוֹל", אֲנַן, מַאי טַעְמָא אָמְרִינַן הַאי? מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ בּוֹ חֲמִשָּׁה דְבָרִים. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י דְּמַייְרֵי נָמֵי בְּעִנְיַן גְּאֻולָּה. וְנִרְאֶה לִי בְּמַתַּן תּוֹרָה אִיכָּא עִנְיַן גְּאֻולָּה דְּנַעֲשׂוּ חֵירוּת מִמַּלְאָךְ הַמָּוֶות, חֵירוּת מִשִּׁעְבּוּד מַלְכֻיוֹת. וּמַה שֶׁאָמַר תְּחִיַּת הַמֵּתִים דִּכְתִיב (תְּהִלִּים קטז, ט) אֶתְהַלֵּךְ לִפְנֵי ה', נִרְאֶה לִי בס"ד אוֹתִיּוֹת לִפְנֵי שֵׁם הֲוָיָ"ה הֵם 'כּוּזוֹ' וּבְשֵׁם זֶה נִפְתָּחִים הַקְּבָרוֹת בִּתְחִיַּית הַמֵּתִים כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ הַמְקֻובָּלִים זַ"ל.
Et puisque le grand Hallel existe, nous, pour quelle raison disons-nous celui-ci ? Parce qu'il y a en lui cinq choses. Rachi a expliqué qu'il s'agit aussi d'un sujet de délivrance. Il me semble : dans le don de la Torah il y a un sujet de délivrance, car ils sont devenus libres à l'égard de l'ange de la mort, libres de l'asservissement des royaumes. Et ce qu'il a dit de la résurrection des morts, car il est écrit (Tehilim 116, 9) : je marcherai devant ה'. Il me semble, avec l'aide du Ciel : les lettres qui sont devant le Nom Havaya sont kouzou. Et par ce nom s'ouvrent les tombes à la résurrection des morts, comme l'ont dit les kabbalistes, de mémoire bénie.
💡 Explication

Le grand Hallel a sa louange propre, le pain donné à toute chair. La question porte sur celui-ci, le Hallel que l'on dit aux fêtes, Tehilim 113 à 118.

Il reste, parce qu'il réunit cinq choses : sortie d'Égypte, mer des Joncs, don de la Torah, résurrection des morts, douleurs du Machia'h (hevlo chel Machia'h). Les versets viennent aussitôt après.

15
יְצִיאַת מִצְרַיִם, דִּכְתִיב: ״בְּצֵאת יִשְׂרָאֵל מִמִּצְרַיִם״. וּקְרִיעַת יַם סוּף, דִּכְתִיב: ״הַיָּם רָאָה וְיָנוּס״. מַתַּן תּוֹרָה, דִּכְתִיב: ״הֶהָרִים רָקְדוּ כְּאֵילִים״. תְּחִייַּת הַמֵּתִים, דִּכְתִיב: ״אֶתְהַלֵּךְ לִפְנֵי ה׳״.

La sortie d'Égypte, car il est écrit : quand Israël sortit d'Égypte. Et la déchirure de la mer des Joncs, car il est écrit : la mer vit et s'enfuit.

Le don de la Torah, car il est écrit : les montagnes bondirent comme des béliers. La résurrection des morts, car il est écrit : je marcherai devant ה'.

💡 Explication

Quatre des cinq choses ont leur verset. Sortie d'Égypte et mer : Tehilim 114. Les montagnes qui bondissent sont lues sur le don de la Torah. Je marcherai devant ה', Tehilim 116, 9, est lu sur la résurrection, après le verset qui a délivré l'âme de la mort.

16
חֶבְלוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ, דִּכְתִיב: ״לֹא לָנוּ ה׳ לֹא לָנוּ״, וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: ״לֹא לָנוּ ה׳ לֹא לָנוּ״ — זוֹ שִׁעְבּוּד מַלְכֻיּוֹת. אִיכָּא דְאָמְרִי, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: ״לֹא לָנוּ ה׳ לֹא לָנוּ״ — זוֹ מִלְחֶמֶת גּוֹג וּמָגוֹג.

Les douleurs du Machia'h, car il est écrit : Pas à nous, ה', pas à nous. Et Rabbi Yo'hanan a dit : Pas à nous, ה', pas à nous, c'est l'asservissement des royaumes.

Il en est qui disent que Rabbi Yo'hanan a dit : Pas à nous, ה', pas à nous, c'est la guerre de Gog et de Magog.

💡 Explication

La cinquième chose, hevlo chel Machia'h, s'appuie sur Lo lanou, Tehilim 115. Rabbi Yo'hanan y lit l'asservissement des royaumes. D'autres rapportent de lui la guerre de Gog et Magog.

17
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מִילּוּט נְפָשׁוֹת שֶׁל צַדִּיקִים מִגֵּיהִנָּם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אָנָּה ה׳ מַלְּטָה נַפְשִׁי״. חִזְקִיָּה אָמַר: מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ בּוֹ יְרִידָתָן שֶׁל צַדִּיקִים לְכִבְשַׁן הָאֵשׁ, וַעֲלִיָּיתָן מִמֶּנּוּ.

Rav Nahman bar Its'hak a dit : parce qu'il y a en lui le sauvetage des âmes des justes hors du Guehinom, car il est dit : De grâce, ה', délivre mon âme. Hizkiya a dit : parce qu'il y a en lui la descente des justes dans la fournaise de feu, et leur montée hors d'elle.

💡 Explication

Deux raisons s'ajoutent aux cinq. Rav Nahman bar Its'hak : le sauvetage des âmes hors du Guehinom, Tehilim 116, De grâce, ה', délivre mon âme.

Hizkiya : la descente des justes dans la fournaise, et leur remontée. La Guemara va partager les versets entre Hanania, Mishaël et Azaria.

18
יְרִידָתָן, דִּכְתִיב: ״לֹא לָנוּ ה׳ לֹא לָנוּ״ אָמַר חֲנַנְיָה, ״כִּי לְשִׁמְךָ תֵּן כָּבוֹד״ אָמַר מִישָׁאֵל, ״עַל חַסְדְּךָ וְעַל אֲמִתֶּךָ״ אָמַר עֲזַרְיָה, ״לָמָּה יֹאמְרוּ הַגּוֹיִם״ אָמְרוּ כֻּולָּן.

Leur descente, car il est écrit : Pas à nous, ה', pas à nous, a dit Hanania. Car à Ton nom donne gloire, a dit Mishaël.

Sur Ta bonté et sur Ta vérité, a dit Azaria. Pourquoi diraient les nations, ils ont dit tous.

💡 Explication

La descente dans la fournaise est lue dans Tehilim 115. Chaque membre de la phrase a sa bouche : Hanania, Mishaël, Azaria, puis les trois ensemble.

19
עֲלִייָּתָן מִכִּבְשַׁן הָאֵשׁ, דִּכְתִיב: ״הַלְלוּ אֶת ה׳ כָּל גּוֹיִם״ אָמַר חֲנַנְיָה, ״שִׁבְּחוּהוּ כָּל הָאוֹמִים״ אָמַר מִישָׁאֵל, ״כִּי גָבַר עָלֵינוּ חַסְדּוֹ״ אָמַר עֲזַרְיָה, ״וֶאֱמֶת ה׳ לְעוֹלָם הַלְלוּיָהּ״ אָמְרוּ כֻּולָּן.

Leur montée hors de la fournaise de feu, car il est écrit : Louez ה', toutes les nations, a dit Hanania. Célébrez-Le, tous les peuples, a dit Mishaël.

Car Sa bonté a été forte sur nous, a dit Azaria. Et la vérité de ה' est pour toujours, Hallelouya, ils ont dit tous.

💡 Explication

La montée est lue dans Tehilim 117, le psaume le plus court du Hallel. Même partage : Hanania, Mishaël, Azaria, puis les trois sur la vérité de ה' pour toujours.

🖼️ Schéma
Hanania, Mishaël, Azaria : descente, puis montéeDescente, Tehilim 115Montée, Tehilim 117Hanania : Pas à nous, ה'Hanania : Louez ה', nationsMishaël : À Ton nom, donne gloireMishaël : Célébrez-Le, peuplesAzaria : Sur Ta bonté et Ta véritéAzaria : Sa bonté a été forteTous : Pourquoi les nations diraientTous : Vérité de ה' à jamaisCertains : ce dernier verset, Gavriel l'a dit
Descente et montée : chaque membre du verset a sa bouche.
20
וְיֵשׁ אוֹמְרִים: ״וֶאֱמֶת ה׳ לְעוֹלָם״ גַּבְרִיאֵל אֲמָרוֹ. בְּשָׁעָה שֶׁהִפִּיל נִמְרֹוד הָרָשָׁע אֶת אַבְרָהָם אָבִינוּ לְתוֹךְ כִּבְשַׁן הָאֵשׁ אָמַר גַּבְרִיאֵל לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, אֵרֵד וַאֲצַנֵּן וְאַצִּיל אֶת הַצַּדִּיק מִכִּבְשַׁן הָאֵשׁ. אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: אֲנִי יָחִיד בְּעוֹלָמִי וְהוּא יָחִיד בְּעוֹלָמוֹ, נָאֶה לַיָּחִיד לְהַצִּיל אֶת הַיָּחִיד. וּלְפִי שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֵינוֹ מְקַפֵּחַ שְׂכַר כָּל בְּרִיָּה, אָמַר: תִּזְכֶּה וְתַצִּיל שְׁלֹשָׁה מִבְּנֵי בָנָיו.

Et certains disent : Et la vérité de ה' est pour toujours, Gavriel l'a dit. Au moment où Nimrod le méchant jeta notre père Avraham dans la fournaise de feu, Gavriel dit devant le Saint, béni soit-Il : Maître du monde, je descendrai, je tiédirai, et je sauverai le juste de la fournaise de feu.

Le Saint, béni soit-Il, lui dit : Moi, Je suis unique dans Mon monde, et lui est unique dans son monde. Il sied à l'unique de sauver l'unique.

Et puisque le Saint, béni soit-Il, ne lèse le salaire d'aucune créature, Il dit : tu mériteras, et tu sauveras trois d'entre les fils de ses fils.

🪔 Ben Yehoyada (2)
וּלְפִי שֶׁאֵין הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מְקַפֵּחַ שְׂכַר כָּל בְּרִיָּה. אַף עַל גַּב דְּבַמַּלְאָכִים לֵיכָּא שָׂכָר מִפְּנֵי שֶׁאֵין לָהֶם מְעַכֵּב מִצֵּידָם, נִרְאֶה לִי דְּדָבָר זֶה שֶׁצָּרִיךְ לֵירֵד לָעוֹלָם הַתַּחְתּוֹן וּלְהִתְלַבֵּשׁ בְּגוּף חֲמָרֵי קָשֶׁה לְמַלְאָךְ מִצַּד טִבְעוֹ וּמָזְגוּ, וְלָכֵן בִּכְהַאי גַּווְנָא יֵשׁ מְעַכֵּב לַמַּלְאָךְ מִצַּד מִזְגּוֹ וּלְכָךְ כֵּיוָן דְּקִבֵּל לַעֲשׂוֹת כֵּן יֵשׁ לוֹ שָׂכָר שֶׁרָצָה בַּדָּבָר הַקָּשֶׁה לוֹ בַּעֲבוּר אַהֲבָתוֹ בַּצַּדִּיק.
Et puisque le Saint, béni soit-Il, ne lèse le salaire d'aucune créature. Bien que, chez les anges, il n'y ait pas de salaire, parce qu'ils n'ont pas d'empêchement de leur côté, il me semble : cette chose, qui exige de descendre au monde d'en bas et de se revêtir d'un corps matériel, est difficile pour l'ange du côté de sa nature et de son tempérament. C'est pourquoi, dans un cas pareil, il y a un empêchement pour l'ange du côté de son tempérament. Dès lors, puisqu'il a accepté de faire ainsi, il a un salaire : il a voulu une chose difficile pour lui, à cause de son amour pour le juste.
תִּזְכֶּה וְתַצִּיל שְׁלֹשָׁה מִבְּנֵי בָנָיו. קָשֶׁה רָאוּי שֶׁיַּצִּיל אֶחָד דַּוְקָא בְּשָׂכָר דָּבָר זֶה שֶׁבִּקֵּשׁ לְהַצִּיל כִּי אֶחָד הָיָה אַבְרָהָם, וְאִם כִּי אַבְרָהָם אָבִינוּ ע"ה הָיָה גָּדוֹל מְאֹד בְּמַעֲלָה וְלֹא יַסְפִּיק אֶחָד כְּנֶגְדּוֹ הִנֵּה וַדַּאי גַּם שְׁלוֹשָׁה צַדִּיקִים שֶׁהֵם חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה אֵין שְׁקוּלִים כְּנֶגֶד אַבְרָהָם אָבִינוּ ע"ה שֶׁהוּא מַכְרִיעַ אֶת כֻּולָּם הַכְרָעָה גְּדוֹלָה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם שֶׁנָּתַן לוֹ הַצָּלָה שֶׁל שְׁלֹשָׁה צַדִּיקִים בַּעֲבוּר שֶׁבִּיקֵּשׁ לְהַצִּיל אֶת אַבְרָהָם אָבִינוּ ע"ה לָאו מִשּׁוּם דְּבָעֵינַן אֲנָשִׁים שֶׁיִּהְיוּ שְׁקוּלִים בְּמַעֲלָה כְּנֶגְדּוֹ אֶלָּא מִפְּנֵי דְּכָל אָדָם כּוֹחוֹ יִמָּשֵׁךְ בְּזַרְעוֹ עַד בֶּן בְּנוֹ לְכָךְ אָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (קִידּוּשִׁין ד.) 'בְּנֵי בָנִים הֲרֵי הֵם כְּבָנִים', וּלְכָךְ בִּיקֵּשׁ אֲבִימֶלֶךְ (בְּרֵאשִׁית כא, כג) 'אִם תִּשְׁקֹר לִי וּלְנִינִי וְלִנְכָדַי' וְלֹא בִּקֵּשׁ יוֹתֵר, וְכֵן הוּא בְּעִנְיַן גִּידּוּלֵי תְּרוּמָה כִּי גְּדוֹלֵי גִּידּוּלִין דַּוְקָא הֵם בִּתְרוּמָה וְלֹא יוֹתֵר וְלָכֵן כְּשֶׁבִּיקֵּשׁ לְהַצִּיל אֶת אַבְרָהָם אָבִינוּ ע"ה נֶחְשָׁב לוֹ בָּזֶה שֶׁבִּיקֵּשׁ לְהַצִּיל שְׁלוֹשָׁה צַדִּיקִים שֶׁהֵם אַבְרָהָם אָבִינוּ וּבְנוֹ וּבֶן בְּנוֹ שֶׁהֵם יִצְחָק וְיַעֲקֹב שֶׁעֲדַיִין לֹא נוֹלְדוּ, וּלְכָךְ אָמַר לוֹ לִפְרֹועַ שְׂכָרוֹ כִּשְׁלוֹשָׁה צַדִּיקִים. וְאִם תֹּאמַר אַכַּתִּי סַגִּי בְּצַדִּיק אֶחָד כִּי בְּהַצָּלַת הַצַּדִּיק הַזֶּה גַּם כֵּן נֶחְשָׁב שֶׁהִצִּיל שְׁלוֹשָׁה שֶׁהֵם הַצַּדִּיק וּבְנוֹ וּבֶן בְּנוֹ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי מִתְּחִלָּה כַּוָּנָתוֹ יִתְבָּרֵךְ הָיְתָה עַל חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה וְהֵם הָיוּ סָרִיסִים בְּעֵת שֶׁנָּפְלוּ לַכִּבְשָׁן וְאִם כֵּן לֵיכָּא בְּהוּ הַצָּלַת בָּנִים וּבְנֵי בָּנִים דְּכָל אֶחָד הָיָה סָרִיס שֶׁאֵינוֹ מוֹלִיד וּלְכָךְ תְּלָתָא גּוּפֵי דִּילְהוֹן הִשְׁלִימוּ שְׂכַר הַצָּלָה שֶׁל אַבְרָהָם אָבִינוּ שֶׁנֶּחְשֶׁבֶת כִּשְׁלוֹשָׁה, וְאַף עַל גַּב דְּאַבְרָהָם אָבִינוּ ע"ה הָיָה עִקָּר בְּשָׁעָה שֶׁהִפִּילוּ אוֹתוֹ לַכִּבְשָׁן לֹא הָיָה סָרִיס וְרַק הָיָה הַמַּזָּל שֶׁלּוֹ מְחַיֵּיב שֶׁלֹּא יוֹלִיד וְאֵין זֶה מְעַכֵּב שֶׁסּוֹף נִשְׁתַּנָּה הַמַּזָּל וְהוֹלִיד אֲבָל סָרִיס זֶה חִסָּרוֹן בְּעַיִן בְּגוּפוֹ שֶׁאִי אֶפְשָׁר לְהוֹלִיד.
Tu mériteras, et tu sauveras trois d'entre les fils de ses fils. Difficulté : il conviendrait qu'il sauve un seul précisément, en salaire de cette chose qu'il a demandé de sauver, car Avraham était un. Et même si notre père Avraham, que la paix soit sur lui, était très grand en degré, et qu'un seul ne suffirait pas en regard de lui, certes les trois justes, Hanania, Mishaël et Azaria, ne pèsent pas non plus en regard de notre père Avraham, que la paix soit sur lui, qui l'emporte sur eux tous d'un grand écart. Il me semble, avec l'aide du Ciel : la raison pour laquelle Il lui a donné le sauvetage de trois justes, pour avoir demandé de sauver notre père Avraham, que la paix soit sur lui, ne tient pas à ce que nous ayons besoin d'hommes égaux à lui en degré. La force de tout homme se poursuit dans sa descendance jusqu'au fils de son fils. C'est pourquoi nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit (Kiddouchin 4a) : les fils des fils, les voici comme des fils. C'est pourquoi Avimelekh a demandé (Bereshit 21, 23) : si tu me trompes, moi, mon fils et mon petit-fils, et il n'a pas demandé davantage. Et il en est ainsi pour les croissances de la terouma : les croissances des croissances (gidoulei gidoulin), elles seules sont dans la terouma, et pas au-delà. C'est pourquoi, lorsqu'il a demandé de sauver notre père Avraham, que la paix soit sur lui, cela lui a été compté comme une demande de sauver trois justes : notre père Avraham, son fils et le fils de son fils, Yitshak et Yaakov, qui n'étaient pas encore nés. C'est pourquoi Il lui a dit de payer son salaire comme trois justes. Et si tu dis : encore, un seul juste suffirait, car dans le sauvetage de ce juste aussi il est compté qu'il a sauvé trois, le juste, son fils et le fils de son fils. Il me semble, avec l'aide du Ciel : dès le principe, Son intention, béni soit-Il, visait Hanania, Mishaël et Azaria. Et ils étaient des eunuques au moment où ils sont tombés dans la fournaise. Dès lors, il n'y a pas en eux le sauvetage de fils et de fils de fils, car chacun était un eunuque, qui n'engendre pas. C'est pourquoi leurs trois corps ont complété le salaire du sauvetage de notre père Avraham, qui est compté comme trois. Et bien que notre père Avraham, que la paix soit sur lui, fût stérile à l'heure où on l'a jeté dans la fournaise, il n'était pas eunuque. Seul son mazal obligeait qu'il n'engendre pas. Et cela n'empêche pas : à la fin le mazal a changé, et il a engendré. Un eunuque, c'est un manque visible dans son corps, et il lui est impossible d'engendrer.
💡 Explication

Une autre bouche pour le dernier membre : Gavriel. Devant la fournaise de Nimrod, il demande de descendre et de tiédir (atsanen). La réponse : l'Unique sauve l'unique.

Le salaire n'est pas retranché. Gavriel méritera de sauver trois descendants d'Avraham. La suite du feuillet les nomme dans la fournaise de Nevoukhadnetsar.

21
דָּרַשׁ רַבִּי שִׁמְעוֹן הַשִּׁלוֹנִי: בְּשָׁעָה שֶׁהִפִּיל נְבוּכַדְנֶצַּר הָרָשָׁע חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה לְתוֹךְ כִּבְשַׁן הָאֵשׁ, עָמַד יוֹרֶקְמוֹ שַׂר הַבָּרָד לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, אָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, אֵרֵד וַאֲצַנֵּן אֶת הַכִּבְשָׁן וְאַצִּיל לַצַּדִּיקִים הַלָּלוּ מִכִּבְשַׁן הָאֵשׁ. אָמַר לוֹ גַּבְרִיאֵל: אֵין גְּבוּרָתוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בְּכָךְ שֶׁאַתָּה שַׂר בָּרָד, וְהַכֹּל יוֹדְעִין שֶׁהַמַּיִם מְכַבִּין אֶת הָאֵשׁ. אֶלָּא, אֲנִי שַׂר שֶׁל אֵשׁ אֵרֵד וַאֲקָרֵר מִבִּפְנִים,

Rabbi Chimon ha-Chiloni a exposé : au moment où Nevoukhadnetsar le méchant jeta Hanania, Mishaël et Azaria dans la fournaise de feu, Yourkamo, prince de la grêle, se tint devant le Saint, béni soit-Il. Il dit devant Lui : Maître du monde, je descendrai, je tiédirai la fournaise, et je sauverai ces justes de la fournaise de feu.

Gavriel lui dit : la puissance du Saint, béni soit-Il, ne se montre pas en cela, toi qui es prince de la grêle, et tous savent que l'eau éteint le feu. Mais moi, prince du feu, je descendrai et je refroidirai de l'intérieur,

🪔 Ben Yehoyada (2)
בְּשָׁעָה שֶׁהִפִּיל נְבוּכַדְנֶאצַּר הָרָשָׁע אֶת חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה לְתוֹךְ כִּבְשַׁן הָאֵשׁ, אָמַר יוֹרְקְמִי, שַׂר הַבָּרָד. הִקְשָׁה מָהַרְשָׁ"א זַ"ל אַמַּאי לֹא נִתְעוֹרֵר שַׂר הַבָּרָד בְּעֻובְדָּא דְּאַבְרָהָם אָבִינוּ ע"ה? וְתֵירֵץ דְּיָדַע שֶׁהַצָּלָתוֹ תִּהְיֶה עַל יְדֵי הקב"ה מִטַּעַם יָחִיד עַיֵּין שָׁם. וְזֶה דֹּוחַק לוֹמַר שַׂר הַבָּרָד יָדַע וְגַבְרִיאֵל לֹא יָדַע! וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּוַדַּאי גַּם גַּבְרִיאֵל יָדַע זֶה הַטַּעַם שֶׁרָאוּי לִהְיוֹת הַצָּלַת אַבְרָהָם אָבִינוּ עַל יְדֵי הקב"ה שֶׁהוּא יָחִיד אֶלָּא שֶׁהוּא מָצָא אֶצְלוֹ מַעֲנֶה דְּמִסְתַּבְּרָא שֶׁרָאוּי לִהְיוֹת דָּבָר זֶה עַל יָדוֹ לְהַגְדִּיל הַנֵּס שֶׁהוּא שַׂר הָאֵשׁ, וְעִם כָּל זֶה יְצַנֵּן הַכִּבְשָׁן, וַהֲרֵי זֶה פִּלְאֵי פְּלָאוֹת וְיֵשׁ בּוֹ קִדּוּשׁ שֵׁם שָׁמַיִם יוֹתֵר, לָכֵן אָמַר וַדַּאי תַּכְרִיעַ טַעֲנָה זוֹ לְאוֹתוֹ טַעַם שֶׁל יָחִיד, אֲבָל שַׂר שֶׁל בָּרָד לֹא מָצָא אֶצְלוֹ טַעֲנָה כָּזֹאת שֶׁתַּכְרִיעַ לְאוֹתוֹ טַעַם שֶׁל יָחִיד, לְכָךְ לֹא נִתְעוֹרֵר לְבַקֵּשׁ מַעֲשֵׂה הַנֵּס עַל יָדוֹ. וְהִנֵּה הַקָּבָּ"ה אַף עַל פִּי שֶׁרָאָה שֶׁיֵּשׁ לְגַבְרִיאֵל טַעֲנָה חֲשׁוּבָה בְּדָבָר זֶה, עִם כָּל זֶה לְאַהֲבָתוֹ בְּאַבְרָהָם אָבִינוּ ע"ה לֹא רָצָה שֶׁתִּהְיֶה הַצָּלָתוֹ עַל יְדֵי מַלְאָךְ, וְהוֹאִיל וְדִבֵּר גַּבְרִיאֵל נְכוֹנָה בְּדָבָר זֶה לְפָאֵר שְׁמוֹ יִתְבָּרֵךְ לְכָךְ נָתַן לוֹ בַּקָּשָׁתוֹ אַחַר כָּךְ בְּנֵס חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה זיע"א. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד דְּשַׂר הַבָּרָד חָשַׁב כֵּיוָן דְּאַבְרָהָם בָּא לְתַקֵּן עֲוֹן אָדָם הָרִאשׁוֹן בַּעֲבוֹדָה זָרָה אֵין הַתִּיקּוּן נִשְׁלַם אֶלָּא רַק עַל יְדֵי שֶׁיִּשָּׂרֵף בְּפֹועַל, וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בְּשַׁעַר הַכַּוָּנוֹת בִּדְרוּשׁ נְפִילַת אַפַּייִם גַּבֵּי עֲשָׂרָה הֲרוּגֵי מְלוּכָה, שֶׁלֹּא הָיָה אֶפְשָׁר שֶׁיַּעֲשֶׂה לָהֶם נֵס הקב"ה לְהַצִּילָם אַחַר מְסִירַת נַפְשָׁם כִּי לֹא נִשְׁלַם הַתִּיקּוּן אֶלָּא עַד שֶׁיִּהְיוּ נֶהֱרָגִים מַמָּשׁ בְּפֹועַל עַייֵּן שָׁם. וְכֵן עָלָה בְּדַעַת שַׂר הַבָּרָד גַּבֵּי אַבְרָהָם אָבִינוּ וְחָשַׁב שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיִּשָּׂרֵף בְּפֹועַל כְּדֵי לְהַשְׁלִים הַתִּיקּוּן וּלְכָךְ לֹא בִּיקֵּשׁ לְהַצִּיל. אַךְ אַחַר שֶׁרָאָה מַעֲשֶׂה גַּבֵּי אַבְרָהָם אָבִינוּ שֶׁנַּעֲשָׂה לוֹ נֵס וְנִיצּוֹל שֶׁנִּמְצָא נִשְׁלַם הַתִּיקּוּן עַל יְדֵי מְסִירַת נַפְשׁוֹ בַּכִּבְשָׁן וְלֹא הֻוצְרַךְ לְהִשָּׂרֵף בְּפֹועַל אָמַר גַּם חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה וַדַּאי סַגִּי לְהוּ בְּהָכִי וְיַצִּילֵם הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ בְּנֵס לְכָךְ בִּיקֵּשׁ שֶׁיַּעֲשֶׂה הַנֵּס עַל יָדוֹ. בְּרַם עֲדַייִן יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת מֵאַחַר שֶׁהִבְטִיחַ הקב"ה לְגַבְרִיאֵל בְּמַעֲשֵׂה אַבְרָהָם אָבִינוּ ע"ה שֶׁהוּא יַצִּיל אֶת בָּנָיו מִכִּבְשַׁן הָאֵשׁ לָמָּה בָּא שַׂר הַבָּרָד לְבַקֵּשׁ זֹאת עַל יָדוֹ? וְעוֹד יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לָמָּה לֹא הֵשִׁיב גַּבְרִיאֵל לְשַׂר הַבָּרָד טַעֲנָה זוֹ לוֹמַר, כְּבָר הֲבִטְּחַנִי הקב"ה בְּכָךְ? וְהִנֵּה מָהַרְשָׁ"א זַ"ל עַל קֻושְׁיָא א' תֵּירֵץ דְּלָא יָדַע שַׂר הַבָּרָד מִן הַבְטָחָה שֶׁהִבְטִיחַ הקב"ה לְגַבְרִיאֵל, וְזֶה דֹּוחַק, וְעַל קֻושְׁיָא הַב' לֹא תֵּירֵץ כְּלוּם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּטַעֲנָה זוֹ אֵינָהּ מַסְפֶּקֶת לְהָשִׁיב גַּבְרִיאֵל לְשַׂר הַבָּרָד כִּי יֹאמַר לוֹ וְכִי אָמַר לְךָ הַקב"ה עַל חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה בְּפֵירוּשׁ וַהֲלֹא שְׁלוֹשָׁה צַדִּיקִים אָמַר לְךָ הַמְתֵּן וִיקַייֵּם הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ הַבְטָחָתוֹ לְךָ בִּשְׁלוֹשָׁה צַדִּיקִים אֲחֵרִים. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד דְּשַׂר הַבָּרָד אָמַר אֲנִי אֲצַנֵּן מִבִּפְנִים וְאִין הָכִי נָמֵי יָבֹא גַּבְרִיאֵל גַּם כֵּן וְיִשְׁתַּתֵּף עִמִּי בְּנֵס זֶה שֶׁיַּקְדִּיחַ מִבַּחוּץ וְכָל אֶחָד יְשַׁמֵּשׁ בְּמִשְׁמַרְתּוֹ אֲנִי בִּקְרִירֵי וְגַבְרִיאֵל בְּחַמִּימֵי וּמִינֵי וּמִינֵּיהּ יִתְקַלֵּס עִלָּאָה! וְלָכֵן הֵשִׁיב לוֹ גַּבְרִיאֵל כִּי פְּעֻולַּת הַקֵּירוּר אִם תִּהְיֶה עַל יָדְךָ אֵין בָּזֶה פֶּלֶא וְלָכֵן טוֹב שֶׁאֲנִי לְבַדִּי אֶעֱשֶׂה פְּעֻולַּת הַקֵּירוּר שֶׁהִיא נֶגְדִּית לִמְלַאכְתִּי וּבָהּ יִהְיֶה עִיקַּר הַנֵּס שֶׁהֵם יִהְיוּ נִיצּוֹלִים עַל יְדֵי הַקֵּירוּר וְיֵשׁ קִידּוּשׁ הַשֵּׁם בְּיוֹתֵר אִם תִּהְיֶה הַצָּלָתָם בְּדֶרֶךְ פֶּלֶא וְעָצוּם שֶׁשַּׂר הָאֵשׁ יְקָרֵר הָאֵשׁ.
Au moment où Nevoukhadnetsar le méchant jeta Hanania, Mishaël et Azaria dans la fournaise de feu, Yourkami, prince de la grêle, dit. Le Maharsha, de mémoire bénie, a objecté : pourquoi le prince de la grêle ne s'est-il pas éveillé dans le fait de notre père Avraham, que la paix soit sur lui ? Et il a répondu : il savait que son sauvetage se ferait par le Saint, béni soit-Il, pour la raison de l'Unique. Vois là-bas. Et c'est forcé de dire que le prince de la grêle savait, et que Gavriel ne savait pas. Il me semble, avec l'aide du Ciel : certes, Gavriel aussi connaissait cette raison, qu'il convient que le sauvetage de notre père Avraham se fasse par le Saint, béni soit-Il, qui est unique. Mais il a trouvé chez lui une réponse vraisemblable : il convient que cette chose se fasse par lui, pour agrandir le miracle, lui qui est prince du feu, et qui, avec tout cela, refroidira la fournaise. Et voici une merveille des merveilles, et il y a en elle une sanctification du Nom plus grande. C'est pourquoi il a dit : certes, cette argumentation l'emportera sur cette raison de l'Unique. Mais le prince de la grêle n'a pas trouvé chez lui une argumentation pareille, qui l'emporterait sur cette raison de l'Unique. C'est pourquoi il ne s'est pas éveillé pour demander que le fait du miracle se fasse par lui. Et voici : le Saint, béni soit-Il, bien qu'Il ait vu que Gavriel a une argumentation de poids en cette chose, avec tout cela, à cause de Son amour pour notre père Avraham, que la paix soit sur lui, n'a pas voulu que son sauvetage se fasse par un ange. Et puisque la parole de Gavriel était juste en cette chose, pour magnifier Son nom, béni soit-Il, Il lui a accordé sa demande ensuite, dans le miracle de Hanania, Mishaël et Azaria, que leur mérite nous protège. Et encore, il me semble, avec l'aide du Ciel : le prince de la grêle a pensé : puisque Avraham vient réparer la faute d'Adam le premier en matière de culte étranger, la réparation s'achève par le fait qu'il soit brûlé en acte. Comme l'a dit notre maître l'Ari, de mémoire bénie, dans Chaar haKavanot, dans le discours de la Nefilat apayim, au sujet des dix tués du royaume : il n'était pas possible que le Saint, béni soit-Il, leur fasse un miracle pour les sauver après la remise de leur vie, car la réparation ne s'achève que lorsqu'ils sont tués réellement, en acte. Vois là-bas. Et ainsi est monté dans la pensée du prince de la grêle au sujet de notre père Avraham. Il a pensé qu'il faut qu'il soit brûlé en acte afin d'achever la réparation, et c'est pourquoi il n'a pas demandé de le sauver. Mais après avoir vu le fait au sujet de notre père Avraham, qu'un miracle lui a été fait et qu'il a été sauvé, d'où il ressort que la réparation s'achève par la remise de sa vie dans la fournaise, et qu'il n'a pas eu besoin d'être brûlé en acte, il a dit : pour Hanania, Mishaël et Azaria aussi, certes cela leur suffit, et le Nom, béni soit-Il, les sauvera par un miracle. C'est pourquoi il a demandé que le miracle se fasse par lui. Toutefois il reste à objecter : puisque le Saint, béni soit-Il, a promis à Gavriel, dans le fait de notre père Avraham, que la paix soit sur lui, que c'est lui qui sauvera ses fils de la fournaise de feu, pourquoi le prince de la grêle est-il venu demander cela par lui ? Et encore il y a à objecter : pourquoi Gavriel n'a-t-il pas répondu au prince de la grêle cette argumentation, pour dire : le Saint, béni soit-Il, me l'a déjà promis ? Et voici : le Maharsha, de mémoire bénie, sur la première objection, a répondu que le prince de la grêle ne connaissait pas la promesse que le Saint, béni soit-Il, avait faite à Gavriel. Et c'est forcé. Et sur la seconde objection il n'a rien répondu. Il me semble, avec l'aide du Ciel : cette argumentation ne suffit pas pour que Gavriel réponde au prince de la grêle. Car celui-ci lui dira : le Saint, béni soit-Il, t'a-t-Il parlé de Hanania, Mishaël et Azaria explicitement ? Il t'a parlé de trois justes. Attends, et le Nom, béni soit-Il, accomplira pour toi Sa promesse avec trois autres justes. Et encore, il me semble, avec l'aide du Ciel : le prince de la grêle a dit : moi, je refroidirai de l'intérieur. Et certes, que Gavriel vienne aussi et prenne part avec moi à ce miracle, qu'il brûle de l'extérieur. Et chacun servira dans sa garde : moi dans le froid, et Gavriel dans le chaud. De moi et de lui, que le Très-Haut soit loué. C'est pourquoi Gavriel lui a répondu : si l'acte de refroidissement se fait par toi, il n'y a pas en cela de merveille. C'est pourquoi il est bon que moi seul je fasse l'acte de refroidissement, qui est contraire à mon service. Et en lui sera l'essentiel du miracle : ils seront sauvés par le refroidissement. Et il y a une sanctification du Nom plus grande si leur sauvetage se fait par une voie de merveille et de force, que le prince du feu refroidisse le feu.
וַאֲקָרֵר מִבִּפְנִים וְאַקְדִּיחַ מִבַּחוּץ. קָשֶׁה לְמַאי אִצְטְרִיךְ לְהַקְדִּיחַ סַגִּי שֶׁיִּשָּׁאֵר חֹום שֶׁבַּחוּץ כַּאֲשֶׁר הָיָה שֶׁלֹּא יְצַנֵּן? וְנִרְאֶה לִי בס"ד כְּדֵי לַעֲשׂוֹת מַלְאָךְ אֶחָד ב' הֲפָכִים בְּרֶגַע אֶחָד. וְעוֹד בָּזֶה יִהְיֶה נִיכָּר הַנֵּס יוֹתֵר לְעֵינֵי הָרוֹאִין כִּי בַּתְּחִלָּה הָיָה מִתְפַּשֵּׁט חֹום הַכִּבְשָׁן לַחוּץ אַלְפַּיִם אַמָּה וְעַתָּה שֶׁמַּקְדִּיחוֹ יוֹתֵר מִתְפַּשֵּׁט אַרְבָּעָה אֲלָפִים אַמָּה וְהָרוֹאִין יִרְאוּ שֶׁהָאֵשׁ נוֹסָף וְרַב, וְעִם כָּל זֶה חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה שֶׁהֵם בְּתוֹךְ הַכִּבְשָׁן לֹא נִשְׂרְפוּ. וְרָאִיתִי לְהַגָּאוֹן חִידָ"א זַ"ל בִּפְנֵי עַצְמוֹ שֶׁהֵבִיא מַה שֶׁכָּתַב בְּקִיצּוּר מִזְרָחִי דְּמַלְאָךְ שֶׁהָיָה הוֹפֵךְ אֶת סְדוֹם אַבְרָהָם אָבִינוּ לְבָשָׂר שָׂרָה אוֹ לְרִפְאוּת אֶת אַבְרָהָם אָבִינוּ, וְהִקְשׁוּ עָלָיו מֵהָכָא דְּמָצִינוּ שֶׁהִצִּיל גַּבְרִיאֵל אֶת חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה וְגַם אֶת אַבְרָהָם אָבִינוּ רָצָה שֶׁהוּא יַצִּילוּ. וּמַה שֶׁכָּתַב תֵּירוּץ מִפִּי הַשְּׁמוּעָה נִרְאֶה דֹּוחַק כִּי לְשׁוֹן אֲקָרַר מִבִּפְנִים מַשְׁמַע שֶׁהוּא יַעֲשֶׂה פְּעֻולַּת הַקֵּירוּר וְלָאו דְּאָתֵי מִמֵּילָא מִכֹּחַ דְּחִיַּית הַחֹום. וְנִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶּׁכָּתַב רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בְּשַׁעַר מַאַמְרֵי רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל בְּסוֹד (בְּרָכוֹת ד:) 'מִיכָאֵל בְּאַחַת גַּבְרִיאֵל בִּשְׁתַּיִם' כִּי מִיכָאֵל כְּשֶׁיָּרַד לָעוֹלָם הַזֶּה נִגְלַם בִּיסוֹד הַמַּיִם דַּוְקָא כִּי הוּא שַׂר הַחֶסֶד וְסֵדֶר הַיְּסוֹדוֹת לְמַעְלָה הוּא מַיִם אֵשׁ רוּחַ עָפָר, אֲבָל גַּבְרִיאֵל נִגְלַם בִּיסוֹד הָאֵשׁ וּבִיסוֹד הַמַּיִם דִּשְׂמָאלָא אִצְטְרִיךְ לְיַמִּינָא עַיֵּין שָׁם. וּבָזֶה נִתְרַצָּה הַקֻּושְׁיָא הֵיטֵב דִּלְעוֹלָם גַּבְרִיאֵל עָשָׂה שְׁנֵי פְּעֻולּוֹת אֵלּוּ כְּפִי הִתְלַבְּשׁוּת שֶׁלּוֹ אֲשֶׁר מִתְלַבֵּשׁ בְּרִדְתּוֹ לָעוֹלָם הַזֶּה שֶׁהוּא מִתְלַבֵּשׁ בְּמַיִם וּבָאֵשׁ, וְלָכֵן קָרָר מִבִּפְנִים מִצַּד חֵלֶק הַמַּיִם שֶׁבּוֹ וְהִקְדִּיחַ מִבַּחוּץ מִצַּד הָאֵשׁ שֶׁבּוֹ, וְגַם זֶה יָבֹא עַל נָכוֹן כִּי וַדַּאי הִתְלַבְּשׁוּת הַמַּיִם הִיא מִבִּפְנִים וְהִתְלַבְּשׁוּת הָאֵשׁ מִבַּחוּץ יַעַן כִּי בֶּאֱמֶת הוּא עִיקָּרוֹ מִצַּד הָאֵשׁ, וְעִם כָּל זֶה שַׁפִּיר טָעַן שֶׁיֵּשׁ שֶׁבַח בְּנֵס זֶה שֶׁיִּהְיֶה עַל יָדוֹ בְּקֵירוּר שֶׁעוֹשֶׂה מִבִּפְנִים שֶׁבּוֹ עִיקַּר הַהַצָּלָה לַחֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה יַעַן דְּאַף עַל גַּב שֶׁיֵּשׁ בּוֹ חֵלֶק מִצַּד הַמַּיִם הוּא בְּהֶעְלֵם, אַךְ וַדַּאי הַגְּבוּרָה וְהָאֵשׁ גּוֹבְרִים בּוֹ יוֹתֵר וְרֻובּוֹ אֵשׁ הוּא, כִּי בֶּאֱמֶת הוּא שַׂר הָאֵשׁ אֶלָּא שֶׁכָּלוּל בּוֹ חֵלֶק מִן הַמַּיִם גַּם כֵּן, וְזֶה בָּרוּר וְנָכוֹן בעזה"י. וְרָאִיתִי לְהַגָּאוֹן עֵין יַעֲקֹב זַ"ל שֶׁדִּקְדֵּק לָמָּה לֹא נָתַן הקב"ה שָׂכָר לְיוּרְקַמִי עַל בַּקָּשָׁתוֹ שֶׁבִּקֵּשׁ הַנֵּס עַל יָדוֹ? יְעַיֵּין שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי גַּבְרִיאֵל כְּשֶׁבִּיקֵּשׁ בְּמַעֲשֵׂה אַבְרָהָם אָבִינוּ לָא סָלְקָא דַּעְתֵּיהּ שֶׁיְּקַבֵּל שָׂכָר עַל זֶה דְּהוּא יוֹדֵעַ שֶׁאֵין שָׂכָר לַמַּלְאָכִים עַל פּוֹעֵל שֶׁעוֹשִׂים דְּאֵין שָׂכָר אֶלָּא רַק לְאָדָם שֶׁיֵּשׁ לוֹ חֹומֶר דִּמְנַגֵּד לִפְעֻולָּתוֹ, אַךְ עִם כָּל זֶה הקב"ה נָתַן לוֹ שָׂכָר מִטַּעַם שֶׁכָּתַבְתִּי לְעֵיל, אֲבָל יוֹרְקְמִי שֶׁהוּא לֹא בִּיקֵּשׁ לַעֲשׂוֹת פּוֹעֵל הַנֵּס עַל יָדוֹ בְּמַעֲשֵׂה אַבְרָהָם אָבִינוּ אֶלָּא בִּיקֵּשׁ אַחַר כָּךְ בְּמַעֲשֵׂה חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה יֵשׁ לִתְלוֹת וְלוֹמַר שֶׁבִּקֵּשׁ כֵּן בִּשְׁבִיל לְקַבֵּל שָׂכָר אַחַר שֶׁרָאָה שֶׁנָּתַן הקב"ה שָׂכָר לְגַבְרִיאֵל בְּמַעֲשֵׂה אַבְרָהָם אָבִינוּ, וְכֵיוָן דְּאִיכָּא רַגְלַיִם לַדָּבָר לַחְשֹׁוב כֵּן לֹא נָתַן לוֹ שָׂכָר אַף עַל פִּי שֶׁבֶּאֱמֶת כַּוָּנָתוֹ לֹא הָיְתָה בַּעֲבוּר שָׂכָר. וְהִנֵּה תֵּירוּץ הָרַב עִיּוּן יַעֲקֹב זַ"ל הוּא נָכוֹן אַךְ יֵשׁ בּוֹ דֹּוחַק מְאֹד כִּי בֶּאֱמֶת הַשָּׂכָר הוּא לָאו בִּשְׁבִיל גּוּף הַפְּעֻולָּה אֶלָּא בִּשְׁבִיל מַה שֶׁהִתְעוֹרֵר מֵעַצְמוֹ לַעֲשׂוֹת הַהַצָּלָה לַצַּדִּיק וַהֲרֵי כָּאן בְּמַעֲשֵׂה חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה גַּם כֵּן הִתְעוֹרֵר מֵעַצְמוֹ לְבַקֵּשׁ לַעֲשׂוֹת הַהַצָּלָה לַצַּדִּיקִים. מִיהוּ יֵשׁ לְקַיֵּים הַתֵּירוּץ בְּסִגְנוֹן זֶה דְּגַבְרִיאֵל נִתְעוֹרֵר מֵעַצְמוֹ לַעֲשׂוֹת פּוֹעֵל הַהַצָּלָה בְּנֵס פִּלְאֵי שֶׁיֵּשׁ בּוֹ קִידּוּשׁ שֵׁם שָׁמַיִם בְּיוֹתֵר שֶׁהָאֵשׁ מְצַנֵּן הָאֵשׁ אֲבָל יוֹרְקְמִי אַף עַל פִּי שֶׁנִּתְעוֹרֵר מֵעַצְמוֹ לְבַקֵּשׁ הַצָּלָה לַצַּדִּיקִים לֹא נִתְעוֹרֵר לַעֲשׂוֹת הַהַצָּלָה בְּנֵס פִּלְאֵי שֶׁיֵּשׁ בּוֹ קִדּוּשׁ שֵׁם שָׁמַיִם יוֹתֵר יַעַן כִּי הוּא שַׂר הַבָּרָד וְאָמַר אֵרֵד וַאֲצַנֵּן אֶת הַכִּבְשָׁן וְאֵין זֶה פֶּלֶא וְכַאֲשֶׁר נִצְּחוּ גַּבְרִיאֵל בְּטַעֲנָה זוֹ בְּאוֹמְרוֹ אֵין גְּדֻולָּתוֹ שֶׁל הקב"ה בְּכָךְ דְּנִמְצָא לְפִי בַּקָּשַׁת יוֹרְקְמִי מִגְרָע גָּרַע הַנֵּס מִצַּד קִדּוּשׁ הַשֵּׁם וְאֵיךְ יְקַבֵּל שָׂכָר עַל זֹאת. וּמַה שֶׁאָמַר גַּבְרִיאֵל גַּבֵּי חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה 'אֵרֵד אֲקָרֵר מִבִּפְנִים' וְגַבֵּי עֻובְדָּא דְּאַבְרָהָם אָבִינוּ ע"ה אָמַר 'אֵרֵד וַאֲצַנֵּן'? נִרְאֶה לִי בס"ד כִּי לְשׁוֹן אֲצַנֵּן הַיְינוּ רוֹצֶה לוֹמַר שֶׁלֹּא יִסְתַּלֵּק כֹּחַ הַחֹום לְגַמְרֵי אֶלָּא יִהְיֶה כְּחֹום מַיִם פּוֹשְׁרִין. וְהַטַּעַם כִּי יָדַע בְּרוּחַ הַקֹּודֶשׁ שֶׁצָּרִיךְ לָבֹא אַחֲרָיו הָרָן אָחִיו אֲשֶׁר מוּכָן וְעוֹמֵד שָׁם וְיָדַע בְּרוּחַ הַקֹּודֶשׁ דַּהֲרָן גַּם כֵּן לֹא יִשָּׂרֵף אֶלָּא מִפְּנֵי שֶׁלֹּא הָיָה לִבּוֹ שָׁלֵם יִכָּנֵס הַחֹום בְּמֵיעָיו וְיִשְׂרְפֵם וְיֵצֵא חַי מִן הַכִּבְשָׁן וְיָמוּת עַל פְּנֵי תֶּרַח אָבִיו, וְלָכֵן מֻוכְרָח שֶׁלֹּא יִסְתַּלֵּק אֵצֶל אַבְרָהָם הַחֹום שֶׁל הָאֵשׁ לְגַמְרֵי אֶלָּא יִשָּׁאֵר קְצָת מִמֶּנּוּ בַּכִּבְשָׁן כְּדֵי שֶׁבְּעֵת שֶׁיַּפִּילוּ אֶת הָרָן יַחְזֹור וְיִתְגַּבֵּר הַחֹום הַמּוּעָט לַעֲשׂוֹת פּוֹעֵל שְׂרֵיפָה בְּמֵיעָיו שֶׁל הָרָן, אֲבָל אִם יֹאמַר אֲקָרֵר מַשְׁמַע שֶׁיִּסְתַּלֵּק הַחֹום לְגַמְרֵי וְיִהְיוּ הַגֶּחָלִים כְּמוֹ בָּרָד וְאִם יָבֹא הֲרֹן אַחַר כָּךְ אֵיךְ יִשָּׂרֵף וְהָיָה צָרִיךְ לַעֲשׂוֹת פֹּועַל חָדָשׁ לַהֲפֹוךְ הַצּוֹנֵן לָחֹום וְאֵין רָאוּי לְהַרְבּוֹת בְּנִסִּים בִּשְׁנֵי הַפְכִּיִּים בְּרֶגַע, לְכָךְ גַּבֵּי אַבְרָהָם אָמַר אֲצַנֵּן אֲבָל גַּבֵּי חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה אָמַר אֲקָרֵר שֶׁיִּסְתַּלֵּק הַחֹום לְגַמְרֵי וְיִתְהַפֵּךְ טֶבַע הָאֵשׁ לְטֶבַע הַבָּרָד.
Et je refroidirai de l'intérieur, et je brûlerai de l'extérieur. Difficulté : à quoi sert de brûler ? Il suffirait que la chaleur du dehors reste comme elle était, sans qu'il refroidisse. Il me semble, avec l'aide du Ciel : afin qu'un seul ange fasse deux contraires dans un seul instant. Et encore, par là le miracle sera plus visible aux yeux de ceux qui voient. Car d'abord la chaleur de la fournaise se répandait au-dehors sur deux mille coudées. Et maintenant qu'il la brûle davantage, elle se répand sur quatre mille coudées. Ceux qui voient verront que le feu a augmenté et s'est multiplié. Avec tout cela, Hanania, Mishaël et Azaria, qui sont à l'intérieur de la fournaise, n'ont pas été brûlés. Et j'ai vu le gaon Hidda, de mémoire bénie, dans ses propres paroles, qui a rapporté ce qui est écrit dans le Kitsour Mizrahi : l'ange qui renversait Sedom, notre père Avraham pour annoncer à Sara, ou pour guérir notre père Avraham. Et l'on a objecté contre lui depuis ici : nous trouvons que Gavriel a sauvé Hanania, Mishaël et Azaria, et qu'il a voulu, lui aussi, sauver notre père Avraham. Et ce qu'il a écrit comme résolution, d'après une tradition orale, paraît forcé. Car la langue je refroidirai de l'intérieur implique qu'il fera lui-même l'acte du refroidissement, et que cela ne vient pas de soi par la force du rejet de la chaleur. Il me semble, avec l'aide du Ciel, d'après ce qu'a écrit notre maître l'Ari, de mémoire bénie, dans Chaar maamarei raboteinou z"l, dans le sod de (Berakhot 4b) : Mikhaël en une, Gavriel en deux. Car Mikhaël, lorsqu'il descend en ce monde, s'incarne dans l'élément de l'eau seulement, parce qu'il est le prince de la hesed. Et l'ordre des éléments en haut est : eau, feu, souffle, poussière. Mais Gavriel s'incarne dans l'élément du feu et dans l'élément de l'eau, car la gauche a besoin de la droite. Vois là-bas. Par là l'objection est bien résolue. En tout état de cause, Gavriel a fait ces deux actions selon son revêtement, celui dont il se revêt en descendant en ce monde : il se revêt d'eau et de feu. C'est pourquoi il a refroidi de l'intérieur, du côté de la part d'eau qui est en lui, et il a brûlé de l'extérieur, du côté du feu qui est en lui. Et cela aussi vient juste : certes, le revêtement de l'eau est à l'intérieur, et le revêtement du feu à l'extérieur, parce qu'en vérité son principe est du côté du feu. Avec tout cela, il a bien argumenté qu'il y a une louange dans ce miracle s'il se fait par lui, dans le refroidissement qu'il fait de l'intérieur, où est l'essentiel du sauvetage de Hanania, Mishaël et Azaria. Car, bien qu'il y ait en lui une part du côté de l'eau, elle est en retrait. Certes, la gevoura et le feu l'emportent en lui davantage, et sa plus grande part est feu. Car en vérité il est le prince du feu, et une part de l'eau est aussi incluse en lui. Et cela est clair et juste, avec l'aide de ה'. Et j'ai vu le gaon Ein Yaakov, de mémoire bénie, qui a précisé : pourquoi le Saint, béni soit-Il, n'a-t-Il pas donné de salaire à Yourkami pour sa demande, par laquelle il a demandé que le miracle se fasse par lui ? Vois là-bas. Il me semble, avec l'aide du Ciel : Gavriel, lorsqu'il a demandé dans le fait de notre père Avraham, n'a pas eu à l'esprit qu'il recevrait un salaire pour cela. Car il sait qu'il n'y a pas de salaire pour les anges sur un acte qu'ils font. Il n'y a de salaire que pour l'homme, qui a une matière opposée à son acte. Avec tout cela, le Saint, béni soit-Il, lui a donné un salaire, pour la raison que j'ai écrite plus haut. Mais Yourkami, qui n'a pas demandé de faire l'acte du miracle par lui dans le fait de notre père Avraham, et qui a demandé ensuite dans le fait de Hanania, Mishaël et Azaria, on peut suspendre et dire qu'il a demandé ainsi afin de recevoir un salaire, après avoir vu que le Saint, béni soit-Il, avait donné un salaire à Gavriel dans le fait de notre père Avraham. Et puisqu'il y a des appuis pour penser ainsi, Il ne lui a pas donné de salaire, bien qu'en vérité son intention n'ait pas été pour un salaire. Et voici : la résolution du rav Iyoun Yaakov, de mémoire bénie, est juste, mais elle a un grand forçage. Car en vérité le salaire ne vise pas le corps de l'acte. Il vise ce à quoi il s'est éveillé de lui-même, faire le sauvetage pour le juste. Et voici qu'ici, dans le fait de Hanania, Mishaël et Azaria, lui aussi s'est éveillé de lui-même pour demander de faire le sauvetage des justes. Toutefois on peut maintenir la résolution dans ce style : Gavriel s'est éveillé de lui-même pour faire l'acte du sauvetage dans un miracle merveilleux où il y a une sanctification du Nom plus grande, le feu qui refroidit le feu. Mais Yourkami, bien qu'il se soit éveillé de lui-même pour demander le sauvetage des justes, ne s'est pas éveillé pour faire le sauvetage dans un miracle merveilleux où il y a une sanctification du Nom plus grande. Car il est le prince de la grêle, et il a dit : je descendrai et je tiédirai la fournaise, et cela n'est pas une merveille. Et lorsque Gavriel l'a emporté sur lui par cette argumentation, en disant : la grandeur du Saint, béni soit-Il, n'est pas en cela, il en ressort que, selon la demande de Yourkami, le miracle est diminué du côté de la sanctification du Nom. Et comment recevrait-il un salaire pour cela ? Et ce qu'a dit Gavriel au sujet de Hanania, Mishaël et Azaria : je descendrai, je refroidirai de l'intérieur, et au sujet du fait de notre père Avraham, que la paix soit sur lui : je descendrai et je tiédirai. Il me semble, avec l'aide du Ciel : la langue je tiédirai veut dire que la force de la chaleur ne se retire pas entièrement, et qu'elle reste comme la chaleur d'une eau tiède. Et la raison : il a su par esprit saint qu'il fallait que vienne après lui Haran, son frère, qui était prêt et se tenait là. Et il a su par esprit saint que Haran, lui non plus, ne serait pas brûlé, sauf que, parce que son cœur n'était pas entier, la chaleur entrerait dans ses entrailles, les brûlerait, il sortirait vivant de la fournaise, et il mourrait devant Terah, son père. C'est pourquoi il est nécessaire que, chez Avraham, la chaleur du feu ne se retire pas entièrement. Il en reste un peu dans la fournaise, afin qu'au moment où l'on jettera Haran, la chaleur faible revienne et se renforce, pour faire l'acte de la brûlure dans les entrailles de Haran. Mais s'il dit je refroidirai, cela implique que la chaleur se retire entièrement, et que les braises deviennent comme de la grêle. Et si Haran vient ensuite, comment serait-il brûlé ? Il faudrait faire un acte nouveau, pour retourner le froid en chaleur. Et il ne convient pas de multiplier les miracles en deux contraires dans un instant. C'est pourquoi, au sujet d'Avraham, il a dit je tiédirai. Au sujet de Hanania, Mishaël et Azaria, il a dit je refroidirai : que la chaleur se retire entièrement, et que la nature du feu se retourne en nature de la grêle.
💡 Explication

Rabbi Chimon ha-Chiloni reprend la fournaise, cette fois pour les trois. Yourkamo, prince de la grêle, offre de tiédir. Gavriel, prince du feu, répond que l'eau qui éteint le feu laisserait la puissance sans éclat. Lui refroidira de l'intérieur (akarrer).

La phrase s'arrête ici, au bout du feuillet, sur la virgule de מבפנים, de l'intérieur.

🖼️ Schéma
Prince de la grêle, ou prince du feuYourkamo, prince de la grêleJe descends, je tiédis la fournaiseet je sauve les justesGavriel, prince du feuL'eau éteint le feu : tout le monde le saitMoi, je refroidis de l'intérieurLe feuillet s'arrête sur : je refroidirai de l'intérieur
Yourkamo propose la grêle. Gavriel, prince du feu, refroidit de l'intérieur.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).