Sougya : Le feuillet poursuit le verset d'Isaïe : le gain est pour ceux qui siègent devant ה'. Rabbi Elazar : celui qui reconnaît la place de son compagnon dans la yechiva, ou celui qui reçoit sa face.
Puis le-mekhasseh atik : couvrir les secrets de la Torah, ou révéler les raisons. Rav Kahana, au nom de Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi : la-menatseah, chantez pour Celui que l'on vainc et qui se réjouit.
La main écrite au singulier sous les ailes des hayyot reçoit les baalei techouva. Yossef a rassemblé l'argent et l'or du monde.
Israël les emporte d'Égypte. Le trésor passe de Rehavam jusqu'aux Romains, et reste à Rome.
Trois caches : Korah, Antoninos, les justes à venir. Le psaume 118 se partage entre David, Yichai, les frères et Chemouel.
Le feuillet s'ouvre ensuite sur une michna : un endroit où l'on a l'usage.
C'est celui qui reconnaît la place de son compagnon dans la yechiva. Il en est qui disent, Rabbi Elazar a dit : c'est celui qui reçoit la face de son compagnon dans la yechiva.
Ze, c'est, reprend la fin du feuillet précédent. Rabbi Elazar répondait : qui sont ceux qui siègent devant ה', dans le verset d'Isaïe 23, 18, ceux à qui revient le gain.
Première leçon : il reconnaît la place de chaque compagnon. Rachi : s'il peut nommer la place de chacun, c'est qu'il siège là toujours. Autre leçon, dite aussi au nom de Rabbi Elazar : il reçoit la face de son compagnon, il l'accueille dans la yechiva.
Que signifie : pour couvrir l'Ancien (le-mekhasseh atik) ? C'est celui qui couvre des choses que l'Ancien des jours (atik yomin) a couvertes.
Et quelles sont-elles ? Les secrets de la Torah (sitrei Torah).
Et il en est qui disent : c'est celui qui révèle des choses que l'Ancien des jours a couvertes. Quelles sont-elles ?
Les raisons de la Torah (taamei Torah).
La Guemara continue le même verset, au mot le-mekhasseh atik. Elle le lit : celui qui couvre ce que l'Ancien des jours a couvert.
Première leçon : les sitrei Torah. Rachi les nomme : l'œuvre du Char et l'œuvre du commencement. Autre leçon : celui qui révèle les taamei Torah, les raisons des commandements, que le verset n'a pas écrites ouvertement.
Rav Kahana a dit au nom de Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi : que signifie ce qui est écrit : Au chef des chantres, un psaume de David (la-menatseah mizmor le-David) ? Chantez pour Celui que l'on vainc, et qui se réjouit.
La-menatseah ouvre beaucoup de psaumes. Ici la Guemara le rapproche de nitsahon, la victoire. On chante pour Celui que l'on vainc, et qui s'en réjouit.
Rachi appuie la lecture sur l'écriture. Le mot n'est pas la-netsa'h, pour l'éternité. Il dit donc qu'Il donne aux creatures la force de Le vaincre.
Viens et vois que la mesure du Saint, béni soit-Il, diffère de la mesure de la chair et du sang. La chair et le sang : on les vainc, et ils sont affligés.
Mais le Saint, béni soit-Il : on Le vainc, et Il se réjouit, comme il est dit : Il dit de les détruire, si Moché, Son élu, ne s'était tenu dans la brèche devant Lui.
La mesure se voit au résultat. L'homme vaincu s'afflige. Le Saint, béni soit-Il, vaincu, se réjouit.
La preuve est le verset : Il avait dit de les détruire. Moché s'est tenu dans la brèche. Le verset l'appelle Son élu. Rachi : cet éloge montre qu'Il se réjouit de ce que Moché a fait revenir la colère.
Rav Kahana a dit au nom de Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi, qui a dit que Rabbi Chimon ben Lakich a dit au nom de Rabbi Yehouda Nessiya : que signifie ce qui est écrit : Et des mains d'homme sous leurs ailes ? Il est écrit sa main (yado).
C'est la main du Saint, béni soit-Il, étendue sous les ailes des hayyot, afin de recevoir les maîtres du retour (baalei techouva) de la main de l'attribut de rigueur (midat ha-din).
Le verset d'Yehezkel parle des hayyot du Char. On lit veyedei, des mains, au pluriel. Il est écrit yado, sa main, au singulier.
Le singulier est la main du Saint, béni soit-Il, étendue sous les ailes, pour recevoir les baalei techouva de la main de la midat ha-din. Rachi : l'attribut accuse et dit de ne pas les recevoir. Lui les reçoit en secret.
Rav Yehouda a dit que Chemouel a dit : tout l'argent et l'or qui sont dans le monde, Yossef les a recueillis et les a apportés en Égypte, comme il est dit : Yossef recueillit tout l'argent qui se trouvait. Je n'en ai que ce qui était au pays d'Égypte et au pays de Canaan.
Les autres pays, d'où ? L'enseignement du verset : Et toute la terre vint en Égypte.
Nouveau fil : l'itineraire de l'argent et de l'or. Chemouel : Yossef a tout recueilli et tout apporté en Égypte.
Le premier verset ne parle que de l'Égypte et de Canaan. La Guemara élargit par toute la terre vint en Égypte : les autres pays sont compris dans la collecte.
Et quand Israël est monté d'Égypte, ils l'ont fait monter avec eux, comme il est dit : Ils dépouillèrent l'Égypte (va-yenatselou). Rav Assi a dit : ils l'ont rendue comme ce piège (metsuda) dans lequel il n'y a pas de grain.
Rabbi Chimon a dit : comme une profondeur (metsula) dans laquelle il n'y a pas de poissons.
A la sortie, Israël fait monter ce trésor avec lui. Le verset est va-yenatselou et Mitsrayim, ils dépouillèrent l'Égypte.
Rav Assi : l'Égypte est devenue un piège sans grain. Rachi : plus aucun oiseau ne s'y tourne. Rabbi Chimon : une profondeur sans poissons. Tossefot lit le lamed de va-yenatselou comme un dalet : ils l'ont prise au piège.
Et il resta déposé jusqu'à Rehavam. Vint Chichak, roi d'Égypte, et le prit de Rehavam, comme il est dit : Il arriva, en la cinquième année du roi Rehavam, que Chichak, roi d'Égypte, monta [contre Yerouchalayim] et prit les trésors de la Maison de ה' et les trésors de la maison du roi.
Vint Zerah, roi de Kouch, et le prit de Chichak.
Le trésor reste jusqu'à Rehavam. Chichak le prend. Le verset nomme les trésors de la Maison de ה' et ceux de la maison du roi.
Zerah, roi de Kouch, le prend ensuite à Chichak. Rachi séparé les sources : cette guerre-la est dite par la Guemara. La guerre de Zerah contre Assa, elle, est écrite dans les versets.
Vint Assa, et le prit de Zerah, roi de Kouch, et l'envoya à Hadrimon fils de Tavrimon. Vinrent les fils d'Ammon, et le prirent de Hadrimon fils de Tavrimon.
Vint Yehoshafat, et le prit des fils d'Ammon, et il resta déposé jusqu'à Ahaz.
Assa reprend le trésor à Zerah, puis l'envoie à Hadrimon fils de Tavrimon. Rachi : c'est le roi d'Aram, pour obtenir son aide contre Bacha. Les fils d'Ammon le prennent à Hadrimon. Yehoshafat le reprend, et il reste jusqu'à Ahaz.
Rachi explique pourquoi le trésor voyage avec l'armée : les anciens emportaient leurs dépôts à la guerre, pour que le cœur des hommes reste attaché à l'argent et qu'ils ne fuient pas.
Vint Sanheriv, et le prit d'Ahaz. Vint Hizkiya, et le prit de Sanheriv, et il resta déposé jusqu'à Tsidkiya.
Vinrent les Kasdim, et le prirent de Tsidkiya. Vinrent les Perses, et le prirent des Kasdim.
Vinrent les Grecs, et le prirent des Perses. Vinrent les Romains, et le prirent de la main des Grecs.
Et il est encore déposé à Rome.
Dernier trajet. Sanheriv le prend à Ahaz. Hizkiya le reprend, et il reste jusqu'à Tsidkiya.
Puis les empires se le passent : Kasdim, Perses, Grecs, Romains. La Guemara s'arrête la : il est encore déposé à Rome.
Rabbi Hama (bar) Hanina a dit : trois trésors cachés, Yossef les a cachés en Égypte. L'un a été révélé à Korah.
L'un a été révélé à Antoninos fils d'Asviros. Et l'un est enfoui pour les justes, dans l'avenir à venir.
A côté de l'itineraire unique, Rabbi Hama bar Hanina parle de trois caches que Yossef a enfouies en Égypte.
L'une a été révélée à Korah. L'une a été révélée à Antoninos fils d'Asviros. La troisième reste enfouie pour les justes, pour l'avenir à venir.
Une richesse gardée pour son possesseur, pour son malheur. Rabbi Chimon ben Lakich a dit : c'est la richesse de Korah.
(Comme il est dit :) Et toute la subsistance qui était à leurs pieds. Rabbi Elazar a dit : c'est l'argent de l'homme, qui le tient debout sur ses pieds.
Rabbi Levi a dit : une charge de trois cents mules blanches, c'étaient les clefs de la maison des trésors de Korah, et toutes étaient des clefs (aklidei) et des serrures de cuir (klifei de-gelda).
Le verset de Kohelet, une richesse gardée pour son possesseur, pour son malheur, est appliqué par Reish Lakich à la richesse de Korah.
Le verset de Devarim, toute la subsistance qui était à leurs pieds : Rabbi Elazar y lit l'argent qui met l'homme debout. Rachi : qui réjouit son cœur. Rabbi Levi mesure les clefs du trésor de Korah : la charge de trois cents mules blanches, clefs et serrures de cuir.
(Signe : diash, adish, kashdakh, maodekh.) Rabbi Chemouel bar Nahmani a dit que Rabbi Yonathan a dit : Je Te rends grâce, car Tu m'as répondu : David l'a dit. La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue tête d'angle : Yichai l'a dit.
Ceci vient de ה' : ses frères l'ont dit. Ce jour, ה' l'a fait : Chemouel l'a dit.
Retour au Hallel, Tehilim 118. Les versets se partagent entre des voix. Le signe diash : David, Yichai, les frères (ahim), Chemouel. Le mot maodekh du signe indique que l'on part du verset odekha, Je Te rends grâce, et de la suite.
Rachi : la pierre rejetée est David, berger devenu chef. Le pluriel de merveilleuse à nos yeux montre que ce sont les frères qui parlent. Chemouel annonce le jour où ils tressailliront, sauvés de leurs ennemis.
De grâce, ה', sauve donc : ses frères l'ont dit. De grâce, ה', fais réussir donc : David l'a dit.
Béni soit celui qui vient au nom de ה' : Yichai l'a dit. Nous vous bénissons depuis la Maison de ה' : Chemouel l'a dit.
D.ieu est ה', et Il nous a éclairés : tous l'ont dit. Liez la fête avec des cordes : Chemouel l'a dit.
Tu es mon D.ieu, et je Te rends grâce : David l'a dit. Mon D.ieu, je T'exalterai : tous l'ont dit.
Suite du chœur. Le signe adish : frères, David, Yichai, Chemouel. Puis kashdakh : tous (kulan), Chemouel, David, tous.
Rachi : les frères demandent le salut par David. David demande la réussite dans la royauté. Liez la fête : apporter beaucoup de zevahim et de chelamim. Lanou, pour nous, est au pluriel : c'est pourquoi tous le disent.
On enseigne là-bas, dans une michna : un endroit où l'on a l'usage.
Le feuillet s'arrête sur l'ouverture d'une michna citée d'ailleurs : un endroit où l'on a l'usage. La phrase continue au feuillet suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).