Sougya : La michna distingue la somnolence, oรน l'on peut encore manger, et le sommeil, oรน l'on ne mange plus. Rav Achi dรฉfinit la somnolence : on rรฉpond ร l'appel, on ne rend pas une sevara, et l'on se rappelle dรจs qu'on rappelle.
Le Pessa'h d'aprรจs minuit rend les mains impures : Rav Yossef y reconnaรฎt Rabbi Elazar ben Azarya, par gezera chava de ' en cette nuit-lร ', contre Rabbi Akiva, qui mรจne l'heure jusqu'ร la hรขte du matin. Rava enseigne que, de nos jours, la matsa mangรฉe aprรจs minuit ne rend pas quitte selon Rabbi Elazar : le verset ramรจne la matsa au temps du Pessa'h.
Rav Houna et Rav Hisda discutent la raison pour laquelle le pigul et le notar rendent les mains impures, et la mesure de ce decret.
Rabbi Yossi dit : s'ils ont somnolรฉ, ils mangeront ; s'ils se sont endormis, ils ne mangeront pas. Le Pessa'h aprรจs minuit rend les mains impures.
Le pigul et le notar rendent les mains impures.
Suite de la michna du repas. Rabbi Yossi sรฉpare deux sommeils. La somnolence laisse manger. Le sommeil arrรชte. Puis deux decrets sur les mains : le Pessa'h aprรจs minuit, devenu notar (reste aprรจs le temps permis), et le pigul (offrande รฉcartรฉe par une mauvaise intention) avec le notar.
Guemara. Rabbi Yossi dit : s'ils ont somnolรฉ, ils mangeront ; s'ils se sont endormis, ils ne mangeront pas.
Quel est le cas de la somnolence ? Rav Achi a dit : il dort et ne dort pas, il est รฉveillรฉ et ne l'est pas.
Par exemple, on l'appelle et il rรฉpond, mais il ne sait pas rendre une sevara ; et lorsqu'on le lui rappelle, il se rappelle.
Rav Achi pose trois signes. On l'appelle : il rรฉpond. On lui demande une sevara (un raisonnement) : il ne la rend pas. On lui rappelle ce qui s'est passรฉ : il se rappelle. Cet entre-deux est la somnolence. Le sommeil en sort.
Abbaye รฉtait assis devant Rabba. Il vit qu'il somnolait.
Il lui dit : le maรฎtre dort-il ? Il lui dit : je somnole.
Et nous avons appris : s'ils ont somnolรฉ, ils mangeront ; s'ils se sont endormis, ils ne mangeront pas.
Abbaye voit Rabba s'assoupir. La question porte sur le verbe du sommeil. Rabba rรฉpond par le verbe de la somnolence, puis cite la michna : on peut encore manger.
Le Ben Yehoiada : Abbaye connaรฎt dรฉjร la michna. Il craint un sommeil vrai, oรน l'on ne rend pas de sevara et oรน le rappel ne revient pas. Rabba, en citant la michna, montre qu'il rend une sevara et qu'il se rappelle.
Le Pessa'h aprรจs minuit rend les mains impures, etc. Il en ressort que dรจs minuit il est notar.
Quel est le tana ?
La michna fait du Pessa'h d'aprรจs minuit une chose qui rend les mains impures. La Guemara en tire qu'il est dรฉjร notar dรจs minuit. Elle demande quel tana fixe ce temps.
Rav Yossef a dit : c'est Rabbi Elazar ben Azarya. On enseigne en effet une baraรฏta : ' Ils mangeront la viande en cette nuit-lร . ' Rabbi Elazar ben Azarya dit : il est dit ici ' en cette nuit-lร ', et il est dit plus loin ' Je passerai dans le pays d'รgypte en cette nuit-lร '.
Rav Yossef nomme Rabbi Elazar ben Azarya. La baraรฏta fait une gezera chava (analogie verbale) sur les mots ' en cette nuit-lร '. Ici, la consommation du Pessa'h, Chemot 12, 8. Lร -bas, le passage en รgypte, Chemot 12, 12.
De mรชme que lร -bas, jusqu'ร minuit, de mรชme ici, jusqu'ร minuit.
Le terme commun fixe l'heure. Lร -bas, le passage en รgypte, heure de la frappe des bekhorot (premiers-nรฉs), va jusqu'ร minuit. Ici, manger le Pessa'h s'arrรชte ร la mรชme heure.
Rabbi Akiva lui dit : or il est dit ' hipazon ' (hรขte), jusqu'ร l'heure de la hรขte.
Rabbi Akiva lit le mot hipazon, Chemot 12, 11. Rachi : l'heure oรน l'on s'est hรขtรฉ de sortir, jusqu'ร u matin. Le temps de manger va donc jusqu'ร l'aube.
S'il en est ainsi, que vient enseigner le verset par ' la nuit ' ? On pourrait dire qu'il se mange comme les kodashim, de jour.
L'enseignement dit : ' la nuit '. C'est de nuit qu'il se mange, et il ne se mange pas de jour.
Si le temps court jusqu'ร l'aube, le mot ' la nuit ' a encore un rรดle. On aurait mangรฉ le Pessa'h de jour, comme les autres kodashim (offrandes sacrรฉes). Le verset fixe cette offrande ร la nuit.
Et Rabbi Akiva, que fait-il de ce ' hazeh ' (' celle-ci ') ? Il lui est nรฉcessaire pour exclure une autre nuit.
Il pourrait te venir ร l'esprit de dire : puisque le Pessa'h est kodashim kalim (sacrifices de saintetรฉ lรฉgรจre), et que les chelamim sont kodashim kalim, de mรชme que les chelamim se mangent pendant deux jours et une nuit, de mรชme le Pessa'h.
Rabbi Akiva ne prend pas ' hazeh ' pour la gezera chava. Le mot รฉcarte une autre nuit. Sans lui, on raisonnerait ainsi : le Pessa'h est kodashim kalim, comme les chelamim (sacrifices de paix). Les chelamim se mangent deux jours et une nuit. On รฉtendrait le Pessa'h de la mรชme maniรจre. La phrase continue au segment suivant.
Place les nuits ร la place des jours, et il se mangerait pendant deux nuits et un jour. La Torah a รฉcrit : ' hazeh '.
Le Pessa'h se mange de nuit. On รฉchange donc les jours des chelamim contre des nuits : nuit du 15, jour du 15, nuit du 16. Le mot hazeh ne garde que cette nuit-lร .
Rachi : le jour qui sรฉpare les deux nuits est le 15. Sans le mot, le notar n'arriverait qu'au 16. Le Roch reprend plus loin ce comptage des nuits ร propos de la hagiga apportรฉe la veille d'un chabbat.
Et Rabbi Elazar ben Azarya te dirait : de ' tu n'en laisseras rien jusqu'ร u matin ', cela se dรฉduit.
Rabbi Elazar ben Azarya n'a pas besoin de ' hazeh ' pour รฉcarter la seconde nuit. Le verset ' tu n'en laisseras rien jusqu'ร u matin ' (Chemot 12, 10) suffit : laisser jusqu'ร u matin est dรฉjร interdit.
Tossefot : ce verset sert aussi, ร Pesachim 83b, ร donner un second matin pour la combustion, d'oรน l'on tire qu'on ne brรปle pas les kodashim un yom tov. Une opinion tire cette loi de Chabbat 24b, et dans notre traitรฉ d'un autre endroit. Le verset reste alors disponible pour le temps oรน l'on mange.
Et Rabbi Akiva te dirait : si la Torah n'avait pas รฉcrit ' hazeh ', j'aurais dit : que signifie ' matin ' ? Le second matin.
Et Rabbi Elazar te dirait : partout oรน il est รฉcrit ' matin ', c'est le premier matin.
Sans ' hazeh ', le ' matin ' de ' tu n'en laisseras rien ' pourrait รชtre le second matin, celui du 16 nissan. Le mot reste donc nรฉcessaire pour Rabbi Akiva. Rabbi Elazar ben Azarya rรฉpond que chaque ' matin ' du verset est le premier matin, celui qui suit la nuit du repas.
Rava a dit : s'il a mangรฉ de la matsa de nos jours aprรจs minuit, selon Rabbi Elazar ben Azarya, il n'est pas quitte de son obligation. C'est รฉvident !
Puisqu'elle a รฉtรฉ rapprochรฉe du Pessa'h, elle est semblable au Pessa'h.
Rava transporte la limite sur la matsa de nos jours. Selon Rabbi Elazar ben Azarya, la matsa mangรฉe aprรจs minuit ne rend pas quitte. La Guemara tient cela pour รฉvident : le hekech (rapprochement) avec le Pessa'h lui donne le mรชme temps.
Tossefot refuse d'en faire la halakha au seul nom de la michna anonyme. Meguila 20b a une michna anonyme dans l'autre sens : toute mitsva de nuit vaut toute la nuit, y compris la consommation des Pessahim. Il sรฉpare ensuite l'interdit deoraita de manger aprรจs minuit, et la combustion des graisses, qui reste derabbanan mรชme pour Rabbi Elazar ben Azarya.
De peur que tu dises : voici que le verset l'a sortie du hekech. Cela nous l'apprend : lorsque le verset l'y a ramenรฉe, c'est ร sa premiรจre affaire qu'il l'a ramenรฉe.
La phrase de Rava rรฉpond ร une hava amina. Le verset aurait sorti la matsa du hekech du Pessa'h, puisqu'elle oblige encore sans korban. Rava apprend le contraire du mouvement : en la ramenant, le verset la ramรจne ร sa premiรจre loi, le temps du Pessa'h, jusqu'ร minuit.
Le pigul et le notar rendent les mains impures, etc. Rav Houna et Rav Hisda : l'un a dit, ร cause des kohanim suspects ; l'autre a dit, ร cause des kohanim paresseux.
L'un a dit : un kezayit ; l'autre a dit : un kebeitza.
Dernier membre de la michna. Rav Houna et Rav Hisda divergent, et la Guemara ne nomme pas l'auteur de chaque avis. Sur la raison : des kohanim suspects (hashdei kehouna), ou des kohanim paresseux (atzlei kehouna). Sur la mesure qui rend les mains impures : un kezayit (volume d'une olive), ou un kebeitza (volume d'un ลuf).
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).