Sougya : Le daf poursuit le tรฉmoignage de Rabbi Akiva : on allume une huile de terouma au degrรฉ shelishi dans une lampe impure par un tamei met. Le verset be-halal herev enseigne que le mรฉtal touchรฉ par un tamei met est lui-mรชme un av hatumah, et le shelishi devient rishon.
Rav Yehouda lit donc la michna dans une lampe de mรฉtal : le mot met sรฉpare le mรฉtal du sherets. Rava en tire que, pour Rabbi Akiva, la touma des liquides qui se transmet ร d'autres objets est de la Torah.
Rabbi Meir, qui apprend de leurs paroles qu'on brรปle une terouma tahor avec une tamei, est ramenรฉ ร un vlad hatumah tamei seulement de rabanane, donc tahor de la Torah.
Be-halal herev, un tuรฉ par l'รฉpรฉe. L'รฉpรฉe a le statut du tuรฉ.
Elle est donc un av hatumah (source premiรจre d'impuretรฉ), et il tient qu'un shelishi (troisiรจme degrรฉ), il est permis de le rendre rishon (premier degrรฉ).
Suite du verset des Nombres (19, 16). Herev ke-halal : l'รฉpรฉe suit le tuรฉ. Un mรฉtal touchรฉ par le mort est avi avot. Un mรฉtal touchรฉ par un homme dรฉjร impur du mort est av, au mรชme degrรฉ que cet homme.
La lampe du tรฉmoignage de Rabbi Akiva est cet av. L'huile de terouma, shelishi, y devient rishon. Le dรฉcret vise le mรฉtal et la seule touma du met.
Et qu'est-ce qui presse Rav Yehouda d'รฉtablir le cas dans une lampe de mรฉtal ? Qu'il l'รฉtablisse dans une lampe de terre cuite.
Question : Rav Yehouda pouvait lire une lampe de hรจres. Elle ne serait que rishon, et l'huile shelishi deviendrait sheni.
Rachi mesure l'ajout sur Rabbi Hanina. Dans le kodech, le shelishi transmet dรฉjร (il fait un revi'i) : le rendre sheni ne change pas son nom. Dans la terouma, le shelishi est seulement passoul. Le rendre sheni le fait tamei. L'huile de kodech, elle, se mange : on ne s'en sert pas de lampe.
Et en quoi a-t-il ajoute ? Lร , tamei et tamei ; ici, passoul et tamei.
Contenu de l'ajout, hosif. Chez Rabbi Hanina, les deux viandes sont dรฉjร tamei. Chez Rabbi Akiva, l'huile est passoul et devient tamei.
Tossefot : un shelishi de terouma transmet pourtant au kodech (Teharot 2, 7). Le Ri isole le tevoul yom : son contact invalide le kodech, il ne lui transmet pas la touma (Meila 8a). Reste l'objection du kal va-homer depuis le mehoussar kappara, dรฉjร posรฉe par le Yerouchalmi.
Rava a dit : la michna lui faisait difficultรฉ. Pourquoi enseigner spรฉcialement une lampe devenue impure par un tamei met ?
Qu'elle enseigne : devenue impure par un sherets (bรชte rampante, av hatumah).
Rava donne la contrainte de Rav Yehouda. Un rรฉcipient ne devient impur que par un av. Pour une lampe de terre, met et sherets produisent le mรชme rishon : le mot met serait vain.
Le mot est donc lร pour le mรฉtal, oรน le tamei met fait un av, et le sherets un rishon. La lampe de la michna est elle-mรชme av.
Donc : quel est l'objet dont la touma se divise entre la touma du mort et le sherets ? Tu diras : c'est le mรฉtal.
Conclusion de Rava. Le mรฉtal est la matiรจre oรน le contact du tamei met et le contact du sherets ne donnent pas le mรชme degrรฉ. La michna, en disant met, dรฉsigne cette lampe.
Rava a dit : apprends-en que Rabbi Akiva tient ceci : la touma des liquides, pour rendre d'autres objets impurs, est de la Torah. Car si tu supposes qu'elle est de rabanane, cette lampe, que fait-elle ร cette huile ?
Si c'est pour invalider l'huile elle-mรชme, elle est dรฉjร invalide et elle se tient ainsi.
Second enseignement de Rava. L'ajout de Rabbi Akiva n'a de poids que si le rishon de l'huile transmet de la Torah. L'huile รฉtait dรฉjร passoul : invalider son corps n'ajoute rien.
Si les liquides ne transmettaient que de rabanane, rendre l'huile rishon ne changerait pas sa portรฉe de la Torah. Rachi vise les tannaim du chapitre qui limitent cette transmission ร un dรฉcret.
D'oรน cela ? Peut-รชtre pour rendre d'autres objets impurs de rabanane.
Si c'est de rabanane, pourquoi spรฉcialement par un av hatumah ? Mรชme par un rishon et par un sheni, elle serait aussi tehila (premier degrรฉ, pour un liquide).
Reprise : l'ajout pourrait รชtre la transmission de rabanane. La Guemara รฉcarte. Le dรฉcret rend dรฉjร un liquide tehila au contact d'un sheni. Citer un av serait inutile.
Tossefot : l'huile du daf est un mashke (liquide). La michna de Teharot qui isole l'huile, le miel ou le vin vise le cas figรฉ puis refondu (Rabbenou Tam). Ici l'huile n'a pas figรฉ : tous la traitent comme un liquide.
Car nous avons appris : tout ce qui invalide la terouma rend les liquides impurs au point d'รชtre tehila, sauf le tevoul yom.
Source du dรฉcret. Tout ce qui a le pouvoir d'un sheni et invalide la terouma rend un liquide tehila, y compris des houlin. Les dix-huit dรฉcrets de Chabbat 13b entrent dans cette liste.
Exception : le tevoul yom. Son pouvoir d'invalider la terouma est de la Torah, donc faible et dรฉjร fixรฉ : pas de dรฉcret qui รฉlรจverait les liquides. Rachi : les liquides reรงoivent la touma sans hekhsher, d'oรน la sรฉvรฉritรฉ qui vise les kohanim.
Donc, apprends-en : c'est de la Torah.
Conclusion de Rava. Rabbi Akiva vise un rishon de la Torah, celui que seul un av produit. Ce rishon transmet et fait un sheni de la Torah.
Rachi fixe l'ordre du chapitre : houlin jusqu'au sheni, terouma jusqu'au shelishi, kodech jusqu'au revi'i. Chaque maillon est de la Torah.
Rabbi Meir a dit : de leurs paroles nous avons appris, etc. Des paroles de qui ?
Si tu dis : des paroles de Rabbi Hanina, adjoint des kohanim. Est-ce comparable ?
Lร , tamei et tamei ; ici, tahor et tamei.
Retour ร la michna. Rabbi Meir apprend de leurs paroles qu'on brรปle une terouma tahor avec une tamei, au biour du hamets. De qui ?
Rabbi Hanina brรปle tamei avec tamei. Meir parle de tahor avec tamei. Tossefot : ร la septiรจme heure l'interdit est de la Torah, parallรจle au shelishi de la Torah. Le Ri lit la brรปlure ร l'heure oรน les gens brรปlent, la sixiรจme, de rabanane.
Alors, des paroles de Rabbi Akiva. Est-ce comparable ?
Lร , passoul et tamei ; ici, tahor et tamei.
Rabbi Akiva part d'un passoul et le rend tamei. Rabbi Meir part d'un tahor. L'รฉcart reste.
Tossefot, le Ri : on n'รฉtend pas un dรฉgรขt de la Torah (passoul qu'on aggrave encore) ร un dรฉgรขt de rabanane. Plus loin, la comparaison tiendra entre deux dรฉgรขts de rabanane. Rabbi Yossi, pour qui le vlad de Hanina est de la Torah, n'en tire pas non plus l'issour de rabanane.
Dirons-nous que Rabbi Meir tient : la michna parle d'un av hatumah de la Torah et d'un vlad hatumah (impuretรฉ dรฉrivรฉe) de rabanane, qui, de la Torah, est pleinement tahor.
Piste de lecture. Rabbi Meir prend la michna de Rabbi Hanina ainsi : une viande touchรฉe par un av de la Torah, et une viande touchรฉe par un vlad de rabanane. De la Torah, la seconde est tahor. Les brรปler ensemble, c'est brรปler tahor avec tamei.
Rachi construit la chaรฎne : liquides (dรฉcret ร l'image du zav) rendent un rรฉcipient impur ; le rรฉcipient est vlad de vlad ; la viande qui le touche est shelishi, tahor de la Torah. On lui ajoute un rishon de la Torah.
Tossefot, le Ri : la viande a touchรฉ les liquides eux-mรชmes (Rabbi Yirmeya). Un rรฉcipient impur par des liquides ne fait brรปler kodech et terouma qu'aprรจs ibour tsoura. Les autres toumot de rabanane n'ont pas ce dรฉlai.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).