Sougya : Le daf cherche la source de Rabbi Meir : de leurs paroles, on brรปle une terouma tahor avec une tamei. Une premiรจre lecture renvoie ร Rabbi Hanina.
La terouma pure ร la sixiรจme heure ressemble au shelishi : permise de la Torah, interdite de rabanane. Reish Lakish, au nom de bar Kappara, puis Rav Nahman au nom de Rabba bar Avouh, lisent la michna dans un av de la Torah et un vlad de la Torah.
Midivrehem vise alors Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua : quand la terouma va de toute faรงon ร la touma, Rabbi Yehochoua permet de la rendre impure de sa main. Rava objecte par Rabbi Yossi.
Les tรฉmoignages portent sur tamei avec tamei, ou passoul avec tamei. La telouya, Eliyahou peut encore la dรฉclarer tahor.
Et que signifie midivrehem (de leurs paroles) ? Des paroles de Rabbi Hanina, segan ha-kohanim (adjoint des kohanim).
Midivrehem est la formule de Rabbi Meir dans la michna : de leurs paroles, on brรปle la terouma tahor avec la tamei. Cette premiรจre lecture la rattache ร Rabbi Hanina.
La terouma de hamets ร la sixiรจme heure est encore permise de la Torah, jusqu'au dรฉbut de la septiรจme, et dรฉjร interdite de rabanane. Elle ressemble au shelishi du tรฉmoignage : tahor de la Torah, tamei de rabanane. Le contact d'un aliment sur un aliment n'est que de rabanane. Rabbi Hanina permet d'y ajouter une touma de la Torah. Rabbi Meir en tire le mรชme geste pour la terouma de la sixiรจme heure.
Reish Lakish a dit au nom de bar Kappara : la michna vise un av hatumah (source premiรจre) de la Torah et un vlad hatumah (degrรฉ dรฉrivรฉ) de la Torah. Et que signifie midivrehem ?
Des paroles de Rabbi Eliezer et de Rabbi Yehochoua.
Reish Lakish, au nom de bar Kappara, sort de la lecture prรฉcรฉdente. La michna parle d'un av et d'un vlad, tous deux de la Torah. Midivrehem ne vise pas Rabbi Hanina : il vise Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua, ailleurs dans les michnayot.
Tossefot bute sur le shelishi de la Torah. Pour celui qui tient que l'aliment ne rend l'aliment tamei que par les liquides, la chaรฎne s'arrรชte ร un sheni de rabanane, et l'ajout de touma du tรฉmoignage manque. Il rรฉpond : le dรฉcret kol ha-posel n'รฉtait pas encore en vigueur. Le bois et l'oliban ne servent pas de cas non plus : Reish Lakish lui-mรชme demande, Houlin 36a, si hibat ha-kodech y fait compter rishon et sheni.
Deux lectures de sa formule. Mรชme un vlad de la Torah laisse expliquer midivrehem par Eliezer et Yehochoua. Ou bien le mot de la Torah sert ร tenir la michna y compris selon Eliezer ; selon Yehochoua, un shelishi de rabanane peut dรฉjร devenir sheni, et le hamets de la sixiรจme heure suit.
Quel Rabbi Yehochoua ? Si l'on dit : ce Rabbi Yehochoua, comme nous l'avons appris.
Une jarre de terouma pour laquelle est survenu un doute de touma. Rabbi Eliezer dit : si elle รฉtait posรฉe dans un lieu exposรฉ, qu'on la place dans un lieu cachรฉ ; et si elle รฉtait dรฉcouverte, qu'on la couvre.
La Guemara cherche quelle parole de Rabbi Yehochoua sert de source. Premier candidat : la jarre de terouma atteinte d'un safek touma (doute d'impuretรฉ).
Rabbi Eliezer maintient la chemira. Rachi lit le verset et mishmeret terumotai : deux teroumot, la tahor et la telouya, et les deux se gardent. Le Riva : un contact douteux est tamei en domaine privรฉ, tahor en domaine public. Le Ri pose donc deux jarres, un seul contact, et l'on ignore laquelle : les deux restent telouyot de la Torah, sur le modรจle des deux nazirs (Nazir 57a).
Rabbi Yehochoua dit : si elle รฉtait posรฉe dans un lieu cachรฉ, qu'on la place dans un lieu exposรฉ ; et si elle รฉtait couverte, qu'on la dรฉcouvre.
Rabbi Yehochoua tient yech em la-masoret : le verset est รฉcrit teroumati, au singulier. La telouya, bonne seulement pour l'allumage, peut รชtre exposรฉe ร la touma.
Rachi fait le pas vers Pessa'h. La terouma de hamets, mรชme tahor, est vouรฉe au biour. On pourrait donc la rendre tamei. La Guemara va refuser ce pas : ici Yehochoua ne parle que d'un grama.
Est-ce comparable ? Lร -bas, un grama (causation indirecte) seulement.
Ici, be-yadayim (par un acte de la main).
La jarre en doute ne donne que le grama : dรฉplacer, dรฉcouvrir, et laisser la touma venir. Rabbi Meir, pour le hamets, rend la terouma tamei be-yadayim. La Guemara รฉcarte cette michna et en cherche une autre.
Plutรดt ce Rabbi Yehochoua, comme nous l'avons appris : une jarre de terouma s'est brisรฉe dans le pressoir du haut, et celui du bas est du houlin tamei.
Seconde michna. La jarre de terouma se brise dans la cuve du haut. En bas, du houlin tamei. Si le vin descend, tout le mรฉlange devient medouma tamei : interdit ร l'Israรซl ร cause de la terouma, et interdit au kohen parce que la terouma est tamei.
Rachi rappelle l'asse de Yevamot, chapitre HaArel : la terouma tamei est pour le tamei. Un autre ne la mange pas.
Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua conviennent : s'il peut en sauver un revi'it (quart de log) en tahara, qu'il sauve. Sinon, Rabbi Eliezer dit : qu'elle descende et devienne tamei, et qu'il ne la rende pas tamei de sa main.
Rabbi Yehochoua dit : il peut mรชme la rendre tamei de sa main.
S'il peut encore recevoir un revi'it dans un keli tahor, les deux s'accordent : qu'il le sauve. On ne rend pas la terouma tamei pour limiter la perte du houlin.
S'il n'y a aucun keli tahor, la terouma va de toute faรงon ร la touma. Rabbi Eliezer la laisse descendre seule. Rabbi Yehochoua permet l'acte de la main, pour sauver le houlin. Rachi : la fin รฉtant la perte, l'acte est permis, et Pessa'h suit la mรชme rรจgle. C'est de lร que Rabbi Meir apprend.
S'il en est ainsi, ce midivrehem : c'est midivrav (de sa parole) qu'il lui fallait.
Rabbi Meir n'utilise que Rabbi Yehochoua. Le pluriel midivrehem, de leurs paroles, reste en trop. La formule attendue serait midivrav, de sa parole.
Voici ce qu'il dit : de la mahloket (divergence) de Rabbi Eliezer et de Rabbi Yehochoua, nous avons appris. La langue est prรฉcise aussi, car on enseigne : Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua conviennent.
Apprends-en.
Le pluriel vise leur mahloket. On apprend de la discussion des deux, et la halakha des teharot suit Rabbi Yehochoua. Rachi renvoie au vote du four d'Akhnai, Bava Metzia 59b : on ne fixe pas la halakha selon Rabbi Eliezer.
Le diyuk (prรฉcision de langue) : la michna dit qu'ils conviennent. Ce mot suppose leur discussion. Rabbi Yossi, en rรฉpondant par cette formule, montre que Rabbi Meir tirait sa preuve d'eux deux.
Et ainsi a dit Rav Nahman que Rabba bar Avouh a dit : la michna vise un av hatumah de la Torah et un vlad hatumah de la Torah. Et que signifie midivrehem ?
Des paroles de Rabbi Eliezer et de Rabbi Yehochoua.
Rav Nahman, au nom de Rabba bar Avouh, reprend la lecture de Reish Lakish : av et vlad de la Torah, et midivrehem = Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua.
Rava a objectรฉ ร Rav Nahman. Rabbi Yossi a dit : le cas jugรฉ ne ressemble pas ร la preuve.
Lorsque nos maรฎtres ont tรฉmoignรฉ, de quoi ont-ils tรฉmoignรฉ ? Si c'est de la viande rendue tamei par un vlad hatumah, qu'on la brรปle avec la viande rendue tamei par un av hatumah : celle-ci est tamei, et celle-lร est tamei.
Rava reprend contre Rav Nahman la rรฉponse de Rabbi Yossi ร Rabbi Meir. Le cas ร juger est la brรปlure du hamets. La preuve citรฉe doit lui ressembler.
Premier tรฉmoignage, Rabbi Hanina : viande touchรฉe par un vlad, brรปlรฉe avec viande touchรฉe par un av. Rachi : dans le kodech, le shelishi est dรฉjร tamei, et le rishon aussi. Les deux sont tamei.
Si c'est de l'huile rendue passoul (invalidรฉe) par un tevoul yom (immergรฉ le jour mรชme, en attente du soir), qu'on l'allume dans une lampe rendue tamei par un tamei met : celle-ci est passoul, et celle-lร est tamei. Nous aussi, nous en convenons pour une terouma rendue tamei par un vlad hatumah : on la brรปle avec la terouma rendue tamei par un av hatumah.
Second tรฉmoignage, Rabbi Akiva : huile passoul par un tevoul yom, allumรฉe dans une lampe tamei par un tamei met. Passoul avec tamei.
Rabbi Yossi dit : lร oรน les deux sont dรฉjร atteintes, vlad avec av, nous brรปlons aussi. Le dรฉsaccord avec Rabbi Meir commence ร la telouya.
Mais comment brรปler la telouya avec la tamei ? Peut-รชtre Eliyahou viendra-t-il et la dรฉclarera-t-il tahor.
La telouya reste en suspens. Eliyahou peut venir et dire qu'elle รฉtait tahor. L'avoir rendue tamei de sa main serait alors une touma faite ร tort, y compris pour le passรฉ.
Rachi sรฉpare les deux devoirs. L'issour du hamets oblige ร brรปler. Il n'autorise pas l'acte qui rend tamei.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).