Pesachim 15b - Sixième heure, où septième

Pesachim 15b

Sougya : La baraita s'achève sur le pigoul, le notar et la viande tamei : Beit Shammai refusent de les brûler ensemble, Beit Hillel le permettent, parce que le pigoul et le notar portent une touma de rabanane. Rav Nahman relit le dialogue : Rabbi Yosse croyait que Rabbi Meir citait Rabbi Hanina, et Rabbi Meir répond qu'il cite Rabbi Yehochoua.

La Guemara écarte le tonneau, à cause de la perte de houlin, et Rabbi Yo'hanan fixe la mahloket à la sixième heure : à la septième, tous brûlent. Le pigoul et le pain moisi ne servent pas d'appui.

Rabbi Yirmeya lit alors la michna dans une viande impurée par des liquides : Rabbi Meir et Rabbi Yosse suivent chacun leur avis sur la touma des liquides.

À quelle heure brûle-t-on tahor avec tamei Rabbi Yo'hanan : la mahloket vise la sixième heure. À la septième, tous brûlent. 4e et 5e heure encore des mangeurs pas encore perdue on sépare Meir convient 6e heure issour de rabanane avant midi mahloket Meir brûle, Yosse refuse 7e heure issour de la Torah dès midi tous brûlent Yosse compris Rachi : à la 7e, rien de plus grave. La 6e est visée en propre. Le Ri : la 6e sert à dire la 7e. À la 4e et à la 5e, on trouve des mangeurs.
4e et 5e : on sépare. 6e : mahloket. 7e : tous brûlent, Yosse compris.
Trois appuis proposés, trois rejets Chacun voudrait montrer que Yosse brûle ensemble un issour de la Torah. Pigoul et notar Beit Hillel : ensemble avec le tamei rejet touma des mains de rabanane la 7e : issour seul Pain moisi tahor, brûle avec la tamei à Pessa'h rejet poussière plus un aliment le pain de la 7e reste pain Tonneau Yehochoua rend impur de la main rejet perte de houlin perte grande le bois : perte minime Sans nom de touma, Yosse peut encore refuser, même à la 7e. Le vieillard : les sages comptent une grande perte, pas quelques bûches.
Pigoul : touma des mains. Pain moisi : poussière. Tonneau : perte de houlin.
Rabbi Yirmeya : chacun selon son avis Viande touchée par des liquides, eux-mêmes impurs par un sherets. Rabbi Meir liquides vers autrui : de rabanane viande tahor, Torah brûlée avec un av tahor avec tamei donc la terouma de la 6e Rabbi Yosse liquides vers autrui : de la Torah viande tamei, Torah brûlée avec un av tamei avec tamei la mesure ne passe pas Rachi affine : kli au milieu, viande shelishi, montée au sheni. Comme Rav Adda ou Abaye : les kodashim font une touma du même degré.
Meir : liquides de rabanane, tahor avec tamei. Yosse : liquides de la Torah, tamei avec tamei.
1
הפיגול והנותר והטמא — בית שמאי אומרים: אין נשרפין כאחת. ובית הלל אומרים: נשרפין כאחת.

Le pigoul, le notar et le tamei : Beit Shammai disent qu'on ne les brûle pas ensemble. Et Beit Hillel disent qu'on les brûle ensemble.

📜 Rachi (3)
הפיגול לא צריך הכא אלא מסיים הברייתא:
Pigoul : ce n'est pas requis ici. Il achève seulement la baraita.
הפיגול והנותר של קדשים:
Le pigoul et le notar : de kodashim (sacrifices).
והטמא בשר קודש שנטמא דקיימא לן בפ' אחרון (ד' קכ:) דגזרו עליהן שיטמאו את הידים ואע"פ שאין אוכל מטמא אדם גזרו עליהן לטמא מיהת את הידים ולא לטמא את הגוף משום חשדי כהונה ועצלי כהונה כדמפרשין התם ואפילו הכי דאית עלייהו טומאה דרבנן אמרי ב"ש דאין שורפין פיגול ונותר שאין טמאים מן התורה עם הטמאה שהוא טמא מן התורה וכ"ש בתרומה טהורה וטמאה ואפי' ב"ה לא קשרו אלא משום דאית לפיגול ונותר טומא' דרבנן:
Et le tamei : viande de kodech devenue impure. Nous tenons, au dernier chapitre (daf 120b), qu'ils ont décrété qu'elles rendent les mains impures. Un aliment ne rend pas une personne impure ; ils ont pourtant décrété qu'elles rendent au moins les mains impures, et non le corps, à cause des cohanim suspects et des cohanim paresseux, comme on l'explique là-bas. Malgré cette touma de rabanane, Beit Shammai disent qu'on ne brûle pas le pigoul et le notar, qui ne sont pas impurs de la Torah, avec le tamei qui est impur de la Torah. À plus forte raison une terouma pure et une terouma impure. Et même Beit Hillel n'ont permis que parce que le pigoul et le notar ont une touma de rabanane.
💡 Explication

Pigoul : korban rendu passoul par une pensée hors délai, pendant l'un des quatre rites. Notar : viande sacrée restée au-delà de son temps. Tamei : viande de kodech impure de la Torah. Les trois vont au feu.

Rachi rappelle le décret du daf 120b : pigoul et notar rendent les mains impures, pas le corps. Cohanim suspects, cohanim paresseux. Beit Shammai refusent d'ajouter une touma de la Torah à cette touma de rabanane. Beit Hillel permettent, justement parce que cette touma de rabanane est déjà là.

🖼️ Schéma
Pigoul, notar, viande tamei Beit Shammaï on ne brûle pas ensemble rabanane avec Torah à plus forte raison la terouma pure Beit Hillel on brûle ensemble pigoul et notar ont déjà une touma de rabanane Rachi : fin de baraita. Le nœud du daf est ailleurs.
Beit Shammai séparent. Beit Hillel brûlent ensemble, à cause de la touma de rabanane.
2
ואי סלקא דעתך רבי מאיר מדברי רבי יהושע קאמר, אמאי מהדר ליה רבי יוסי מדרבי חנינא סגן הכהנים? אמר ליה רב נחמן: רבי יוסי לאו אדעתיה, דהוא סבר רבי מאיר מדרבי חנינא סגן הכהנים קאמר ליה, ואמר ליה: אנא מדרבי יהושע קאמינא,

Et si tu penses que Rabbi Meir parle à partir des paroles de Rabbi Yehochoua, pourquoi Rabbi Yosse lui répond-il à partir de Rabbi Hanina, segan ha-kohanim ? Rav Nahman lui dit : Rabbi Yosse ne l'avait pas à l'esprit.

Il pensait que Rabbi Meir lui parlait à partir de Rabbi Hanina, segan ha-kohanim, et il lui a dit : moi, je parle à partir de Rabbi Yehochoua.

💡 Explication

Retour au dialogue de la michna. Si la preuve de Rabbi Meir est le tonneau de Rabbi Yehochoua, la réponse de Rabbi Yosse par le témoignage de Rabbi Hanina tombe à côté.

Rav Nahman : Yosse a mal visé la source. Il croyait que Meir citait Hanina. Meir précise : je cite Yehochoua.

3
ואמר ליה: ואפילו לרבי יהושע נמי אינה היא המדה, דהא מודה רבי אליעזר ורבי יהושע ששורף זו בפני עצמה וזו בפני עצמה.

Et il lui dit : même selon Rabbi Yehochoua, la mesure n'est pas celle-là. Car Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua conviennent qu'on brûle celle-ci à part et celle-là à part.

📜 Rachi (1)
וא"ל רבי יוסי לרבי מאיר כי ילפת ליה מדרבי יהושע נמי אינה היא המדה דמודין הן בזו ולקמן פריך אמאי אינה היא המדה:
Et il lui dit : Rabbi Yosse à Rabbi Meir. Même si tu l'apprends de Rabbi Yehochoua, la mesure n'est pas celle-là, car ils conviennent au sujet de celle-ci. Plus loin, la Guemara objecte : pourquoi la mesure n'est pas celle-là ?
💡 Explication

Eina hi ha-midda : la déduction ne convient pas. Eliezer et Yehochoua brûlent la terouma tahor à part et la tamei à part. Meir ne peut donc pas tirer de Yehochoua qu'on met les deux au même feu.

4
ואמאי אינה היא המדה? מדה ומדה היא!

Et pourquoi la mesure n'est pas celle-là ? Cette mesure-là est bien une mesure.

📜 Rachi (1)
מדה ומדה היא דהא טהורה גמורה היא החבית הזאת ומשום דסופה לאיבוד שרי לטמויי בידים:
Cette mesure-là est bien une mesure : ce tonneau-ci est parfaitement pur, et parce qu'il finira par être perdu, il est permis de le rendre impur de ses mains.
💡 Explication

L'objection : le tonneau de Yehochoua est tahor gemour, et on le rend impur de la main parce qu'il va à la perte. La terouma hamets tahor va aussi à la perte. La comparaison a l'air juste. Mida u-mida hi : la mesure tient.

5
שאני התם, דאיכא הפסד חולין.

Là-bas, c'est différent : il y a une perte de houlin.

💡 Explication

Le cas du pressoir : un tonneau de terouma se brise en haut, du houlin tamei est en bas. Si on ne recueille pas la terouma dans des kelim impurs, elle descend et fait perdre le houlin. Hefsed houlin, perte de produit ordinaire. Pour le hamets, chaque terouma a son feu : cette perte-là manque.

6
מתקיף לה רב ירמיה: מתניתין נמי איכא הפסד דעצים! אמר ליה ההוא סבא: להפסד מרובה — חששו, להפסד מועט — לא חששו.

Rav Yirmeya attaque : dans la michna aussi, il y a une perte de bois ! Un certain vieillard lui dit : d'une perte importante, ils se sont préoccupés ; d'une perte minime, ils ne se sont pas préoccupés.

📜 Rachi (1)
דעצים שצריך להיסק שתי היסקות:
De bois : car il faut deux chauffes.
💡 Explication

Brûler à part coûte un second feu. Rav Yirmeya compte ce bois comme une perte, au même titre que le houlin.

Le vieillard sépare. Hefsed meroubé, perte importante : les sages en tiennent compte. Hefsed muat, perte minime, quelques bûches : ils n'en tiennent pas compte.

🖼️ Schéma
Perte grande, perte minime Houlin du pressoir perte grande les sages en tiennent compte Bois de deux feux perte minime les sages passent Rav Yirmeya compte le bois. Le vieillard sépare les deux pertes.
Houlin : perte grande. Bois de la seconde chauffe : perte minime.
7
אמר רבי אסי אמר רבי יוחנן: מחלוקת בשש, אבל בשבע — דברי הכל שורפין.

Rabbi Assi a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : le différend porte sur la sixième heure ; mais à la septième, tous disent qu'on brûle.

📜 Rachi (1)
מחלוקת בשש שעדיין אין על הטהורה אלא איסור דרבנן אבל בשבע שנאסרה כבר מן התורה אין לך טומאה גדולה מזו ודברי הכל אף לר' יוסי שורפין:
Le différend porte sur la sixième : il n'y a encore, sur la pure, qu'un issour de rabanane. Mais à la septième, où elle est déjà interdite de la Torah, il n'y a pas de touma plus grande que celle-là, et tous, même Rabbi Yosse, disent qu'on brûle.
💡 Explication

Le jour d'erev Pessa'h compte douze heures. On mange toute la quatrième, on suspend toute la cinquième, on brûle au début de la sixième. L'interdit de la Torah commence à midi, la septième.

Rabbi Yo'hanan : Meir et Yosse ne divergent qu'à la sixième, issour de rabanane. À la septième, issour de la Torah, Yosse aussi brûle la tahor avec la tamei.

8
אמר ליה רבי זירא לרבי אסי: נימא קסבר רבי יוחנן מתניתין באב הטומאה דאורייתא וולד הטומאה דרבנן, ומאי ״מדבריהם״ — מדברי רבי חנינא סגן הכהנים.

Rabbi Zeira dit à Rabbi Assi : dirons-nous que Rabbi Yo'hanan tient ceci : la michna parle d'un av hatumah de la Torah et d'un vlad hatumah de rabanane, et que le sens de midivrehem, de leurs paroles, est : des paroles de Rabbi Hanina, segan ha-kohanim.

📜 Rachi (1)
נימא קסבר ר' יוחנן דמתני' דרבי חנינא בולד הטומאה דרבנן ור"מ מיניה יליף ודוקא נקט שש רבי יוחנן ומשום דאית עליה איסור דרבנן הוא טעמא דר' מאיר אבל אם בא לשורפ' בחמש וארבע מודה רבי מאיר דאין שורפין ואע"ג דסופה לאיבוד דלאו מדרבי יהושע קא יליף דטעמי' דרבי יהושע התם משום הפסד חולין או דילמא לר' יוחנן נמי ר' מאיר מדרבי יהושע יליף וטעמא דרבי מאיר לאו משום איסורא דרבנן הוא דהוא הדין נמי לחמש וארבע והאי דקאמר ר' יוחנן שש אורחא דמילתא נקט:
Dirons-nous que Rabbi Yo'hanan tient : la michna de Rabbi Hanina parle d'un vlad hatumah de rabanane, et Rabbi Meir l'apprend de lui. Rabbi Yo'hanan vise alors précisément la sixième : c'est parce qu'il y a sur elle un issour de rabanane que Rabbi Meir [permet]. Mais s'il vient la brûler à la cinquième ou à la quatrième, Rabbi Meir convient qu'on ne brûle pas, bien qu'elle finisse par être perdue, car il n'apprend pas de Rabbi Yehochoua, dont la raison là-bas est la perte de houlin. Ou bien, peut-être, selon Rabbi Yo'hanan aussi, Rabbi Meir apprend de Rabbi Yehochoua, et la raison de Rabbi Meir n'est pas l'issour de rabanane : il en va de même pour la cinquième et la quatrième. Et ce que Rabbi Yo'hanan a dit, la sixième, il a pris le cours ordinaire de la chose.
🗂️ Tossefot (1)
נימא קסבר ר' יוחנן כו' מדברי ר' חנינא פ"ה דמשמע ליה מדקאמר מחלוקת בשש דאי מדרבי יהושע מאי איריא בשש אפי' בד' וה' נמי כיון דאזיל לאיבוד ואין נראה לר"י דדילמא הא דנקט שש לאו למעוטי ד' וה' אלא משום דבעי למימר אבל בז' ד"ה שורפין ועוד דבד' וה' לא אזיל לאיבוד דכיון דשרי באכילה ימצא להן אוכלין הרבה ונראה לר"י דדייק מדקאמר אבל בז' ד"ה שורפין ואי מדברי רבי יהושע קאמר א"כ מנלן דבז' שורפין לרבי יוסי כיון דסבירא ליה דהתם שאני דאיכא הפסד חולין אבל בעלמא לא אע"ג דאזיל לאיבוד א"כ אפי' בז' לא ישרפו עם הטמא וא"ת הא דבז' שורפין אפילו לרבי יוסי משום דיליף מדברי רבי עקיבא דשרי לשרוף פסול עם הטמא וי"ל כיון דמדרבי יהושע יליף ולא מצינו דר"מ יליף איסור מטומאה מסברא אין לנו ללמוד איסור מטמא אבל אי מדבריה' היינו מדברי רבי חנינא ויליף ר"מ איסור מטמא ורבי יוסי דאמר אינה היא המדה משום דסבירא ליה ולד טומאה דאורייתא ולא ילפינן מיניה איסור דרבנן דהיינו בשש אבל בז' איסור דאורייתא ילפינן מיניה:
Rachi explique : cela se tire de ce qu'il dit, le différend est à la sixième. Car s'il apprenait de Rabbi Yehochoua, pourquoi spécialement la sixième ? Même à la quatrième et à la cinquième, puisqu'elle va à la perte. Cela ne paraît pas juste au Ri. Peut-être a-t-il pris la sixième sans exclure la quatrième et la cinquième, parce qu'il veut dire : mais à la septième, tous disent qu'on brûle. De plus, à la quatrième et à la cinquième elle ne va pas à la perte : puisqu'elle est permise à la consommation, on lui trouvera beaucoup de mangeurs. Il paraît au Ri qu'on précise à partir de : mais à la septième, tous disent qu'on brûle. Si [Meir] parlait à partir de Rabbi Yehochoua, d'où tenons-nous qu'à la septième on brûle selon Rabbi Yosse ? Puisqu'il tient que là-bas c'est différent, à cause de la perte de houlin, et qu'ailleurs non, bien qu'elle aille à la perte : même à la septième, on ne brûlerait pas avec la tamei. Et si tu dis : à la septième on brûle, même selon Rabbi Yosse, parce qu'on l'apprend des paroles de Rabbi Akiva, qui permet de brûler un passoul avec un tamei, on peut répondre : puisqu'il apprend de Rabbi Yehochoua, et que nous n'avons pas vu Rabbi Meir apprendre un issour à partir d'une touma par un raisonnement, nous n'avons pas à apprendre un issour à partir d'un tamei. Mais si midivrehem, de leurs paroles, veut dire des paroles de Rabbi Hanina, alors Rabbi Meir apprend un issour à partir d'un tamei. Et Rabbi Yosse, qui dit que la mesure n'est pas celle-là, tient que le vlad hatumah est de la Torah : on n'en apprend pas un issour de rabanane, la sixième. Mais à la septième, issour de la Torah, on l'apprend de lui.
💡 Explication

Rabbi Zeira propose la lecture qui colle à la sixième heure. La michna de Hanina : un av de la Torah avec un vlad de rabanane. Midivrehem, de leurs paroles, vise Hanina, pas Eliezer et Yehochoua. Meir n'apprend alors que là où il y a déjà un issour de rabanane.

Rachi laisse deux pistes. Soit la sixième est visée en propre, et à la quatrième ou à la cinquième Meir sépare. Soit Meir apprend quand même de Yehochoua, et la sixième n'est que le cas habituel : la quatrième et la cinquième suivraient.

Tossefot, le Ri : la sixième sert à annoncer la septième, où tous brûlent. À la quatrième et à la cinquième, le pain trouve des mangeurs. Si la source était Yehochoua, on ne saurait pas pourquoi Yosse brûle à la septième : il a déjà distingué le tonneau par la perte de houlin. La source de Meir est donc Hanina, et Yosse refuse la sixième parce que, pour lui, le vlad est de la Torah.

9
אמר ליה: אין. איתמר נמי, אמר רבי יוחנן: מתניתין באב הטומאה דאורייתא וולד הטומאה דרבנן, ומאי ״מדבריהם״ — מדברי רבי חנינא סגן הכהנים. ומחלוקת בשש, אבל בשבע — דברי הכל שורפין.

Il lui dit : oui. On a aussi énoncé : Rabbi Yo'hanan a dit : la michna parle d'un av hatumah de la Torah et d'un vlad hatumah de rabanane, et le sens de midivrehem, de leurs paroles, est : des paroles de Rabbi Hanina, segan ha-kohanim.

Et le différend porte sur la sixième ; mais à la septième, tous disent qu'on brûle.

📜 Rachi (1)
א"ל אין ודווקא שש קאמר ולקמיה פריך אמאי קאמר ר' יוסי אינה היא המדה:
Il lui dit oui : et c'est précisément la sixième qu'il dit. Plus loin, la Guemara objecte : pourquoi Rabbi Yosse dit-il que la mesure n'est pas celle-là ?
💡 Explication

Rabbi Assi confirme. La même phrase de Rabbi Yo'hanan est rapportée en clair : av de la Torah, vlad de rabanane, source = Rabbi Hanina, mahloket à la sixième, accord à la septième.

Rachi : la sixième est précise. Reste à comprendre pourquoi Yosse dit encore que la mesure n'est pas celle-là, si à la sixième la pure porte bien un issour de rabanane, parallèle au vlad de rabanane.

10
לימא מסייע ליה: הפיגול והנותר והטמא, בית שמאי אומרים: אין נשרפין כאחת, ובית הלל אומרים: נשרפין כאחת.

Disons que ceci l'appuie : le pigoul, le notar et le tamei, Beit Shammai disent qu'on ne les brûle pas ensemble, et Beit Hillel disent qu'on les brûle ensemble.

📜 Rachi (2)
נימא מסייע ליה דבשבע מודה ר' יוסי:
Disons que ceci l'appuie : à la septième, Rabbi Yosse convient.
הפיגול ונותר כו' רבי יוסי א"ל לעיל וקאמר ליה לר' מאיר בהא הוא דאמרי בית הלל נשרפין כאחת משום דפיגול ונותר אסירי מדאורייתא אבל באיסורא דרבנן לא שרו לטמויי בידים שמעינן מינה מיהא דבאיסור דאורייתא מודה רבי יוסי ואע"ג דליכא שם טומאה עליה:
Le pigoul et le notar, etc. Rabbi Yosse le lui a dit plus haut, et il dit à Rabbi Meir : c'est dans ce cas que Beit Hillel disent qu'on brûle ensemble, parce que le pigoul et le notar sont interdits de la Torah ; mais pour un issour de rabanane, ils n'ont pas permis de rendre impur de ses mains. Nous apprenons de là, du moins, que pour un issour de la Torah Rabbi Yosse convient, bien qu'il n'y ait pas sur elle un nom de touma.
💡 Explication

Appui visé pour la septième heure. Beit Hillel brûlent ensemble des choses interdites de la Torah. Rachi lit cela dans la bouche de Yosse : pour un issour de rabanane, pas d'impureté de la main ; pour un issour de la Torah, Yosse convient, même sans shem touma (nom d'impureté).

11
שאני התם: דאית להו טומאה מדרבנן. דתנן: הפיגול והנותר מטמאין את הידים.

Là-bas, c'est différent : ils ont une touma de rabanane. Car nous avons appris : le pigoul et le notar rendent les mains impures.

📜 Rachi (1)
שאני התם כו' מהא לא מיסתייעא לר' יוחנן ואפי' בשבע אימא לך דפליג ר' יוסי ואע"ג דאסירא הואיל ואין עליה שם טומאה לא מטמינן ליה והא דמודה בפיגול ונותר משום דאית עלייהו שם טומאה דרבנן:
Là-bas, c'est différent, etc. De là, Rabbi Yo'hanan n'est pas appuyé. Et même à la septième, je peux te dire que Rabbi Yosse diverge : bien qu'elle soit interdite, puisqu'il n'y a pas sur elle un nom de touma, on ne la rend pas impure. Et ce qu'il admet pour le pigoul et le notar, c'est parce qu'il y a sur eux un nom de touma de rabanane.
💡 Explication

Rejet. Pigoul et notar rendent les mains impures : touma de rabanane. On ne les compare pas à la terouma hamets de la septième, qui a un issour de la Torah et aucun nom de touma.

Rachi en tire que l'accord de Yosse à la septième n'est pas prouvé. Sans shem touma, il peut encore refuser qu'on rende la chose impure de la main.

12
לימא מסייע ליה: הפת שעיפשה ונפסלה מלאכול לאדם, והכלב יכול לאכלה — מטמאה טומאת אוכלין בכביצה, ונשרפת עם הטמאה בפסח.

Disons que ceci l'appuie : le pain qui a moisi et qui a été disqualifié pour la consommation de l'homme, alors que le chien peut encore le manger, contracte la touma des aliments à la mesure d'un œuf, et on le brûle avec la tamei à Pessa'h.

📜 Rachi (2)
מטמאה טומאת אוכלין הואיל ומתחלה נראית לאדם ירדה לה תורת טומאה ואין עולה ממנה עד שתפסל מאכילת כלב:
Elle contracte la touma des aliments : puisqu'au début elle était propre à l'homme, la loi de touma est descendue sur elle, et elle ne s'en relève que lorsqu'elle est disqualifiée pour la consommation du chien.
ונשרפת עם הטמאה בפסח ואפילו היא תרומה טהורה והא ודאי ר' יוסי קאמר לה דאי ר' מאיר אפילו פת מעלייתא שרי וש"מ דמודה ר' יוסי היכא דלאו בת אכילה היא והוא הדין לפת מעלייתא בשבע שעות:
Et on le brûle avec la tamei à Pessa'h : même si c'est une terouma pure. Et c'est certainement Rabbi Yosse qui le dit, car si c'était Rabbi Meir, même un pain de bonne qualité, il le permettrait. On apprend que Rabbi Yosse convient là où elle n'est plus propre à être mangée. Et il en va de même pour un pain de bonne qualité à la septième heure.
🗂️ Tossefot (1)
ונשרפת עם הטמאה נראה לו לדמות האי דאזיל לאיבוד לז' אבל בו' אין שורפין כיון דלא אזיל לאיבוד אלא משום גזירה דרבנן:
Et on le brûle avec la tamei : il paraît juste de comparer ce qui va à la perte à la septième heure. Mais à la sixième on ne brûle pas, puisqu'elle ne va à la perte que par un décret de rabanane.
💡 Explication

Second appui. Un pain moisi, impropre à l'homme, encore mangeable par le chien, reste un okhel : touma des aliments des ke-beitza (volume d'un œuf). S'il est terouma tahor, on le brûle avec la tamei à Pessa'h.

Rachi : l'auteur est Yosse. Meir permettrait déjà un pain intact. Yosse céderait donc dès qu'on ne mange plus, et le pain intact de la septième suivrait. Tossefot limitent la comparaison à la septième : à la sixième, la perte ne vient que d'un décret de rabanane.

13
שאני התם, דעפרא בעלמא הוא.

Là-bas, c'est différent : ce n'est que de la poussière.

💡 Explication

Afra, poussière. Le pain moisi a quitté le statut d'aliment. Le pain de la septième heure reste un aliment : seul l'issour de hamets le frappe. On n'apprend pas de l'un à l'autre.

14
אי הכי מאי מודה? הכי קאמר ליה רבי יוסי לרבי מאיר: אפילו לרבי יהושע דמיקל, כי מיקל — בתלויה וטמאה, אבל בטהורה וטמאה — לא.

S'il en est ainsi, que veut dire modeh, il convient ? Voici ce que Rabbi Yosse dit à Rabbi Meir : même selon Rabbi Yehochoua, qui est mekil, là où il est mekil, c'est pour la telouya et la tamei ; mais pour la tahor et la tamei, non.

📜 Rachi (2)
אי הכי דרבי מאיר מדרבי חנינא יליף מאי מודה ר' אליעזר דקאמר ליה ר' יוסי הא קא יליף רבי מאיר מדרבי חנינא מהדר ליה איהו מדרבי אליעזר ורבי יהושע:
S'il en est ainsi, que Rabbi Meir apprend de Rabbi Hanina : que veut dire modeh, Rabbi Eliezer convient, que Rabbi Yosse lui dit ? Voici que Rabbi Meir apprend de Rabbi Hanina, et lui, il lui répond à partir de Rabbi Eliezer et de Rabbi Yehochoua.
הכי קאמר ליה הא דקא ילפת מדרבי חנינא אינה היא מן המדה כדמפרש לקמיה ואפילו לרבי יהושע נמי דשמעינן ליה דמיקל טפי גבי חבית דקאמר יטמאנה ביד מודה בשריפה בפסח דאין שורפין דהתם משום הפסד חולין הוא וכי איכא למימר דמיקל בשריפה בתלויה וטמאה הוא דאיכא למימר דמיקל כדשמען ליה גבי חבית שנולד לה ספק טומאה דאמר יגלנה ותנא גרמא והוא הדין בידים אבל בטהורה ליכא למימר דמיקל:
Voici ce qu'il lui dit : ce que tu apprends de Rabbi Hanina n'est pas la mesure, comme on l'explique plus loin. Et même selon Rabbi Yehochoua, de qui nous entendons qu'il est plus mekil au sujet du tonneau, puisqu'il dit qu'on le rend impur de la main : il convient, pour la brûlure à Pessa'h, qu'on ne brûle pas [ensemble]. La-bas, c'est à cause de la perte de houlin. Et là où l'on peut dire qu'il est mekil pour la brûlure, c'est pour la telouya avec la tamei, comme nous l'avons entendu au sujet d'un tonneau sur lequel est né un doute de touma : il a dit qu'on le découvre, et que ce soit un grama. Et il en va de même de la main. Mais pour une pure, on ne peut pas dire qu'il est mekil.
💡 Explication

Si Meir cite Hanina, pourquoi Yosse parle-t-il de ce que Eliezer et Yehochoua conviennent ? Ce mot vise quelqu'un qui citait Yehochoua.

Relecture. Yosse dit : même Yehochoua, le plus mekil, ne brûle ensemble à Pessa'h que la telouya (pureté douteuse) avec la tamei. La tahor certaine reste à part. Son mekil sur le tonneau vient de la perte de houlin, et sur le tonneau au safek : on le découvre, grama (cause indirecte), et de même de la main.

🖼️ Schéma
Où Yehochoua est mekil Telouya + tamei doute de touma ensemble Tahor + tamei pure certaine à part Tonneau au safek on découvre grama, et de la main perte, ailleurs, absente Le tonneau du pressoir : mekil à cause de la perte de houlin.
Yehochoua : telouya avec tamei, ensemble. Tahor certaine, à part.
15
אי הכי, אמאי אינה היא המדה? מדה ומדה היא!

S'il en est ainsi, pourquoi la mesure n'est pas celle-là ? Cette mesure-là est bien une mesure.

📜 Rachi (1)
אי הכי דרבי מאיר מדרבי חנינא יליף אמאי אינה היא המדה מדה ומדה היא דהא בשש איכא איסורא דרבנן על הטהורה כי התם דאיכא טומאה דרבנן והא ר' יוסי לא שני ליה בין שם טומאה לשם איסור דהא אמרת דמודה רבי יוסי בשבע הואיל ואיכא איסור דאורייתא ואע"פ דליכא עלה שם טומאה אלמא לא שני ליה וכיון דלא שני ליה שפיר יליף רבי מאיר מדרבי חנינא דאמר דמטמאינן טומאה מדרבנן בטומאה דאורייתא הכא נמי מטמינן איסור דרבנן בטמא טומאה דאורייתא:
S'il en est ainsi, que Rabbi Meir apprend de Rabbi Hanina : pourquoi la mesure n'est pas celle-là ? Cette mesure-là est bien une mesure. Car à la sixième, il y a un issour de rabanane sur la pure, comme la-bas où il y a une touma de rabanane. Et Rabbi Yosse ne distingue pas entre un nom de touma et un nom d'issour. Car tu as dit que Rabbi Yosse convient à la septième, puisqu'il y a un issour de la Torah, bien qu'il n'y ait pas sur elle un nom de touma : on voit qu'il ne distingue pas. Et puisqu'il ne distingue pas, Rabbi Meir apprend bien de Rabbi Hanina, qui a dit qu'on rend impure une touma de rabanane au moyen d'une touma de la Torah. Ici de même, on rend impure une chose qui porte un issour de rabanane au moyen d'une chose tamei d'une touma de la Torah.
💡 Explication

Nouvelle objection, dans la lecture où Meir cite Hanina. À la sixième, issour de rabanane sur la tahor, comme la touma de rabanane du vlad. Si Yosse, à la septième, traite un issour de la Torah comme une touma, il ne sépare pas shem touma et shem issour. La mesure de Hanina tiendrait donc aussi pour la sixième.

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אמר רבי ירמיה: הכא בבשר שנטמא במשקין שנטמאו מחמת שרץ, ואזדא רבי מאיר לטעמיה ורבי יוסי לטעמיה.

Rabbi Yirmeya a dit : ici, il s'agit d'une viande devenue impure par des liquides qui sont devenus impurs du fait d'un sherets. Et Rabbi Meir suit son raisonnement, et Rabbi Yosse le sien.

📜 Rachi (3)
א"ר ירמיה הכא בבשר שנטמא בוולד הטומאה דקתני כגון שנטמא במשקין שנטמאו בשרץ:
Rabbi Yirmeya a dit, ici : dans la viande devenue impure par un vlad hatumah, dont la michna parle, par exemple devenue impure par des liquides devenus impurs par un sherets.
ואזדא ר' מאיר לטעמיה דאמר משקין אין מטמאין אחרים ואפילו אוכלין אלא מדרבנן והוה ליה מדאורייתא טהור מעליא ושרפי ליה בהדי בשר שנטמא באב הטומאה דטמא מדאורייתא וגבי תרומה טהורה בשש דאיכא נמי איסור דרבנן עלה לא שנא:
Et Rabbi Meir suit son raisonnement : il a dit que les liquides ne rendent pas d'autres choses impures, même des aliments, sinon de rabanane. Elle est donc, de la Torah, parfaitement pure, et on la brûle avec une viande devenue impure par un av hatumah, impure de la Torah. Et pour une terouma pure à la sixième, où il y a aussi sur elle un issour de rabanane, il n'y a pas de différence.
ורבי יוסי לטעמיה דמשקין טימאוהו לבשר זה מדאורייתא הלכך אינה היא מן המדה דטמא וטמא הוא ולר' ירמיה איכא לאקשויי א"כ בין לר"מ בין לר' יוסי מאי מוסיפין לו טומאתו קא מסהיד ר' חנינא מעיקרא בראשון נגע וה"ל שני והשתא נמי בהדי ראשון שרפינן להו ונראה בעיני דרבי ירמיה אוולד וולד דקאמר רב יהודה סמיך ולא חש למידק כולי האי ונקט מילתיה בתר לישנא דמתני' דתני בוולד הטומאה ולעולם בבשר שנטמא במשקין שנטמא בכלי שנטמא בשרץ דהוו להו משקין שניים והוא שלישי ואשמעינן דשלישי מותר לעשותו שני. ואכתי איכא לאקשויי סוף סוף כיון דאין אוכל מטמא אוכל אלא מדרבנן מאי קא מהני ליה האי בשר ראשון לבשר שלישי אי לשוויה שני מדרבנן מעיקרא נמי שני מדרבנן הוה דאילו משקין שנגע בהן תחלה היו מדרבנן דהא נגע בראשון ואפי' ע"י שני הן נעשין תחלה אלא על כרחך ר' ירמיה כרב אדא או כאביי ס"ל דאמרי קדשים עושין טומאה כיוצא בהן ואשמעינן ר' חנינא דשני דרבנן עבדינן ליה שני דאורייתא ולר' מאיר שמעינן מינה דשני דרבנן דהוא טהור מעליא דאורייתא מותר לעשותו שני דאורייתא והוא הדין לתרומה טהורה שנשרפת עם הטמאה ולר' יוסי אשמעינן דשני דרבנן דהוא שלישי דאורייתא עבדינן שני דאורייתא הלכך אינה היא מן המדה ורבינא דאית ליה מקרא מלא דבר הכתוב לא ס"ל דרבי ירמיה ומוקי לה לתוספת טומאה דרבנן דמתניתין כדאוקימנא ברישא ומאי מדבריהן מדברי ר' אליעזר ורבי יהושע:
Et Rabbi Yosse selon son raisonnement : les liquides ont rendu cette viande impure de la Torah. Dès lors la mesure n'est pas celle-là : c'est du tamei avec du tamei. Et contre Rabbi Yirmeya on peut objecter : s'il en est ainsi, tant pour Rabbi Meir que pour Rabbi Yosse, que signifie mosifin lo tumato, on ajoute à sa touma, dont Rabbi Hanina témoigne ? Au départ elle a touché un rishon et elle est devenue sheni, et maintenant aussi on les brûle avec un rishon. Il me semble que Rabbi Yirmeya s'appuie sur le vlad de vlad dont a parlé Rav Yehouda, et qu'il n'a pas pris soin de préciser autant. Il a pris son propos selon le langage de la michna, qui enseigne : par un vlad hatumah. En réalité, une viande devenue impure par des liquides devenus impurs par un récipient devenu impur par un sherets : les liquides sont sheni, et elle est shelishi. Et il nous apprend qu'il est permis de faire d'un shelishi un sheni. Et on peut encore objecter : en fin de compte, puisqu'un aliment ne rend un aliment impur que de rabanane, que lui apporte cette viande rishon, à la viande shelishi ? Si c'est pour en faire un sheni de rabanane, dès le départ aussi elle était sheni de rabanane. Car les liquides qu'elle a touchés d'abord étaient de rabanane, puisqu'ils ont touché un rishon, et même par un sheni les liquides deviennent tehila (premier degré). Force est donc que Rabbi Yirmeya tienne comme Rav Adda ou comme Abaye, qui disent que les kodashim font une touma semblable à la leur. Et Rabbi Hanina nous apprend qu'un sheni de rabanane, on en fait un sheni de la Torah. Pour Rabbi Meir, nous apprenons qu'un sheni de rabanane, parfaitement pur de la Torah, il est permis d'en faire un sheni de la Torah. Et il en va de même pour une terouma pure brûlée avec la tamei. Pour Rabbi Yosse, il nous apprend qu'un sheni de rabanane, qui est un shelishi de la Torah, on en fait un sheni de la Torah. Dès lors la mesure n'est pas celle-là. Et Ravina, qui tient qu'un verset explicite en a parlé, ne tient pas comme Rabbi Yirmeya. Il établit l'ajout de touma de rabanane de la michna comme nous l'avons établi au début. Et midivrehem, de leurs paroles : des paroles de Rabbi Eliezer et de Rabbi Yehochoua.
🗂️ Tossefot (1)
רבי יוסי לטעמיה קשה רבי יוסי גופיה אית ליה לקמן (פסחים דף יח:) טומאת משקין לטמא אחרים דרבנן והא דאית ליה הכא דאורייתא בשיטת ר' עקיבא רבו אמר ואין זה לטעמיה ועוד קשה במה חולקין כיון דר' יוסי אליבא דרבי עקיבא אומר וכי אינו מודה ר' מאיר דלר' עקיבא משקין לטמא אחרים דאורייתא הא ר' עקיבא דריש בהדיא יטמא יטמא בההיא דבו ביום דרש ר' עקיבא ותי' ה"ר יוסף מירושלים דסבירא לי' לר' מאיר דיטמא דכתיב גבי משקין היינו הכשר ומשקה דמקבל טומאה נפקא ליה מדדריש ר' עקיבא גבי חולין יטמא דשני עושה שלישי ובחולין לכ"ע אין אוכל מטמא אוכל שלישי ע"כ היינו משקין:
Rabbi Yosse selon son raisonnement. Difficulté : Rabbi Yosse lui-même tient plus loin (Pessahim 18b) que la touma des liquides pour rendre d'autres choses impures est de rabanane. Et ce qu'il tient ici pour de la Torah, il l'a dit selon la méthode de Rabbi Akiva son maître : ce n'est donc pas selon son raisonnement. Autre difficulté : sur quoi divergent-ils ? Puisque Rabbi Yosse parle selon Rabbi Akiva, Rabbi Meir ne convient-il pas que, selon Rabbi Akiva, les liquides pour rendre d'autres choses impures, c'est de la Torah ? Voici que Rabbi Akiva expose explicitement yitma, yitma, dans la baraita Bo ba-yom : ce jour-là, Rabbi Akiva a exposé. Le Rav Yossef de Jérusalem a répondu : Rabbi Meir tient que le yitma écrit au sujet des liquides, c'est le hekhsher (aptitude à recevoir la touma). Et qu'un liquide reçoive la touma, il le tire de ce que Rabbi Akiva expose au sujet des houlin : yitma, un sheni fait un shelishi. Or dans les houlin, tous conviennent qu'un aliment ne rend pas un aliment shelishi. Force est donc que cela vise les liquides.
💡 Explication

Rabbi Yirmeya déplace la michna. La viande dite impure par un vlad a touché des liquides impurs par un sherets. Meir : ces liquides ne transmettent qu'en rabanane, la viande est tahor de la Torah, on apprend tahor avec tamei. Yosse : ils transmettent de la Torah, la viande est déjà tamei, tamei avec tamei.

Rachi resserre la chaîne, pour qu'il y ait un vrai ajout : sherets, kli rishon, liquides sheni, viande shelishi. La brûler avec une viande rishon la fait monter au sheni. Comme un aliment ne rend un aliment impur que de rabanane, il faut l'avis de Rav Adda ou d'Abaye : les kodashim produisent une touma du même degré. On fait d'un sheni de rabanane un sheni de la Torah.

Tossefot : plus loin, Yosse lui-même tient la transmission des liquides pour de rabanane. Ici il parle selon Rabbi Akiva. Le Rav Yossef de Jérusalem : pour Meir, le yitma des liquides est un hekhsher ; le liquide qui reçoit la touma sort du derach : un sheni fait un shelishi, dans les houlin, où l'aliment ne fait pas de shelishi.

🖼️ Schéma
Chaîne que Rachi prête à Rabbi Yirmeya Sherets av Kli rishon Liquides sheni Viande shelishi Avec un rishon devient sheni Ajout : un shelishi monte au degré sheni. Kodashim, selon Rav Adda ou Abaye : un sheni de rabanane devient sheni de la Torah.
Sherets, kli, liquides sheni, viande shelishi : brûlée avec un rishon, elle devient sheni.
17
רבי מאיר לטעמיה, דאמר: טומאת משקין לטמא אחרים דרבנן.

Rabbi Meir selon son raisonnement, car il a dit : la touma des liquides pour rendre d'autres choses impures est de rabanane.

💡 Explication

Formule de Meir, en clair. Toumat mashkin qui passe à d'autres objets : décret de rabanane. De la Torah, la viande reste tahor. La brûler avec un tamei de la Torah donne le modèle de la terouma tahor.

18
ורבי יוסי לטעמיה, דאמר: טומאת משקין לטמא אחרים דאורייתא. דתניא:

Et Rabbi Yosse selon son raisonnement, car il a dit : la touma des liquides pour rendre d'autres choses impures est de la Torah. Car on a enseigné dans une baraita :

💡 Explication

Formule de Yosse, en clair. La transmission des liquides est de la Torah. La viande de la michna est donc déjà tamei de la Torah : elle ne prouve pas qu'on brûle une tahor avec une tamei. La baraita qui suit ouvre le daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).