Pesachim 16a - Safek des liquides, dakhen de l'abattoir, hekhsher

Pesachim 16a

Sougya : Une baraita de Taharot tranche le safek (doute) des mashkin (liquides). Rabbi Meir : tamei s'ils deviennent impurs, tahor s'ils rendent autre chose impure.

Rabbi Yehouda : tamei dans tous les cas. Rabbi Yossi et Rabbi Chimon : tamei pour les aliments, tahor pour les kelim.

Rabbi Elazar, qui nie toute touma des liquides, est confronté au témoignage de Yossef ben Yo'ezer sur l'abattoir du Temple : Rav lit dakhen au sens plein, Chmouel réserve cette pureté à la touma transmise. Les versets sont ensuite ramenés au hekhsher (aptitude à recevoir la touma), aux eaux détachées et attachées, à la tevila, puis au sang versé comme de l'eau.

Safek : un liquide a-t-il touche ? Baraita de Taharot. Reshut ha-yahid : un safek de la Torah est tranché tamei. Rabbi Meir Le liquide lui-même tamei, de la Torah Il rend autre chose tamei tahor, de rabanane pas de deracha yitma / yitamé Rabbi Elazar dit comme lui pied dans le liquide : tamei bâton sur les pains : tahor safek de transmission : le-koula Rabbi Yehouda Pour tout le safek tamei okhelin et kelim deracha yitma, yitamé le mot est accolé à keli les liquides rendent le keli tamei de la Torah safek de la Torah reshut ha-yahid : tamei Yossi et Chimon Pour les okhelin tamei, de la Torah Pour les kelim tahor, de rabanane même deracha que Yehouda le verset vise les aliments liquides versés sur des pains safek : tamei versés sur des kelim : tahor
Meir sépare le liquide lui-même et la transmission. Yehouda tient tout tamei. Yossi et Chimon : aliments tamei, kelim tahor.
Dakhen des liquides de l'abattoir Yossef ben Yo'ezer de Tsereda. Rav et Chmouel lisent le même témoignage. Rav : dakhen mamach purs au sens plein même pour leur propre touma touma des liquides : rabanane décret : liquides ordinaires abattoir de l'azara : pas de décret sang et eau du Temple ne reçoivent pas la touma Chmouel : dakhen partiel ils ne rendent pas d'autres tamei leur propre touma demeure eux-mêmes : de la Torah transmettre : de rabanane décret hors de l'abattoir seulement l'abattoir : pas de transmission la touma d'eux-mêmes reste Perte des kodachim : les rabanane n'ont pas étendu le décret à ces liquides.
Rav : les liquides de l'abattoir ne deviennent pas tamei. Chmouel : ils ne transmettent pas, et leur propre touma de la Torah demeure.
Trois appuis, trois réponses La Guemara cherche si la touma des liquides est de la Torah. Tout liquide... yitma lecture : le liquide devient tamei réponse : hekhsher déjà au début du verset un : telushin un : mehubarin les deux sont nécessaires Source et citerne lecture : les attachés ne deviennent pas tamei donc les détachés si difficulté pour Rav réponse : tevila le tamei en sort tahor cheouvin : pas de tevila Liquides de l'abattoir dakhen, et sans hekhsher si le hekhsher des détachés était de la Torah réponse : le sang versé comme l'eau : apte sang des kodachim reçu au keli : pas apte
Yitma veut dire hekhsher. La source parle de tevila. L'abattoir sans hekhsher vise le sang des kodachim.
1
ספק משקין ליטמא — טמא. לטמא אחרים — טהור, דברי רבי מאיר. וכן היה רבי אלעזר אומר כדבריו. רבי יהודה אומר: לכל טמא.

Un doute sur des liquides pour devenir impurs : tamei. Pour rendre d'autres impurs : tahor.

Paroles de Rabbi Meir. Et de même Rabbi Elazar disait selon ses paroles.

Rabbi Yehouda dit : pour tout, tamei.

📜 Rachi (4)
ספק משקה ליטמא טמא לטמא אחרים טהור כשנולד ספק במשקה בתחילת טומאתו כגון טמא שפשט רגלו במשקין טהורין ספק נגע ספק לא נגע זהו ספק משקה ליטמא שנולד לו ספק טומאה טמא מן הספק דקסבר טומאת משקין להיות עצמן טמאין דאוריית' היא דכתיב וכל משקה אשר ישתה וגו' הלכך הויא ליה ספיקא דאורייתא ולחומרא ספק משקה לטמא אחרים כגון הית' מקל בידו ובראשה משקין טמאין וזרקה לבין הככרות טהורין ספק נגעה ספק לא נגעה זה הוא ספק משקה לטמא אחרים כך היא שנויה במסכת טהרות:
Quand un doute naît sur un liquide au début de sa touma, par exemple un tamei a tendu son pied dans des liquides tahor, doute s'il a touché, doute s'il n'a pas touché : c'est un doute sur un liquide pour devenir impur, un doute de touma qui lui est né. Il est tamei du fait du doute, car il tient que la touma des liquides, pour qu'ils soient eux-mêmes tamei, est de la Torah, puisqu'il est écrit : et tout liquide qui sera bu, etc. Dès lors c'est un safek de la Torah, et on tranche le-houmra (vers la rigueur). Un doute sur un liquide pour rendre d'autres impurs : par exemple il y avait un bâton dans sa main, à son extrémité des liquides tamei, et il l'a lancé parmi des pains tahor, doute s'il a touché, doute s'il n'a pas touché : c'est un doute sur un liquide pour rendre d'autres impurs. C'est ainsi que c'est enseigné dans le traité Taharot.
טהור אותן הככרות טהורות הן דקסבר משקין לטמא אחרים מדרבנן הוא ולא מדאורייתא ולא דורש יטמא דכתיב גבי משקין בלשון יטמא הלכך. הויא ליה ספיקא דרבנן ולקולא וגירסא הכי איתא ספק משקה ליטמא טמא לטמא אחרי' טהור:
Ces pains sont tahor. Il tient que des liquides, pour rendre d'autres impurs, c'est de rabanane, et non de la Torah. Il ne derache pas le yitma écrit au sujet des liquides sous la forme yitma. Dès lors c'est un safek de rabanane, et on tranche le-koula (vers la souplesse). Et la version est celle-ci : doute sur un liquide pour devenir impur, tamei ; pour rendre d'autres impurs, tahor.
רבי אלעזר גרסי':
On lit : Rabbi Elazar.
לכל טמא אספק משקה לטמא אחרים קאי כשנולד ספק נגיעת שום דבר טהור במשקין טמאין בין שנולד ספק זה בכלים בין שנולד באוכלין הרי הוא טמא מספק דקסבר משקין מטמאין כלים מן התורה ויליף טעמא מאשר ישתה בכל כלי יטמא ודריש יטמא יטמא ומדסמכיה לכלי משמע יטמא את הכלי והכי דרשינן ליה בתורת כהנים הלכך כי הוי ספק הוי ליה ספיקא דאורייתא וברה"י ספיקו טמא:
Cela porte sur le doute d'un liquide pour rendre d'autres impurs. Quand naît un doute de contact d'une chose tahor quelconque avec des liquides tamei, que ce doute naisse dans des kelim ou dans des okhelin, il est tamei du fait du doute. Car il tient que les liquides rendent les kelim impurs de la Torah. Il apprend la raison du verset : qui sera bu dans tout récipient, yitma. Il derache yitma, yitamé. Puisque le mot est accolé à keli, le sens est : il rendra le récipient impur. Et c'est ainsi que nous le derachons dans la Torat Kohanim. Dès lors, quand il y a doute, c'est un safek de la Torah, et dans un reshut ha-yahid (domaine privé) son doute est tamei.
💡 Explication

La baraita sépare deux safek. Le liquide est-il devenu tamei ? Rend-il autre chose tamei ? Rabbi Meir tient le premier tamei, le second tahor.

Chez lui, la touma du liquide pour lui-même est de la Torah, d'après le verset de tout liquide qui sera bu. La touma qu'il transmet est de rabanane. Un safek de la Torah, en reshut ha-yahid, est tranché le-houmra. Un safek de rabanane est tranché le-koula.

Yitma se lit aussi yitamé, il rendra impur. Rabbi Meir ne fait pas cette deracha. Rabbi Yehouda la fait, et le voisinage du mot keli lui donne la touma des récipients de la Torah. Rabbi Elazar est lu ici comme suivant Rabbi Meir. La suite du daf demandera jusqu'où.

🖼️ Schéma
Deux doutes, selon Rabbi Meir Pour devenir tamei un tamei tend le pied dans des liquides tahor doute : à-t-il touche ? safek de la Torah : tamei Pour rendre tamei bâton, liquides tamei au bout lancé parmi des pains tahor doute : à-t-il touche ? safek de rabanane : tahor Rachi : les deux cas sont ceux du traité Taharot.
Pied dans le liquide : safek de la Torah, tamei. Bâton sur les pains : safek de rabanane, tahor.
2
רבי יוסי ורבי שמעון אומרים: לאוכלין טמאין, לכלים טהורין.

Rabbi Yossi et Rabbi Chimon disent : pour les aliments, tamei ; pour les kelim, tahor.

📜 Rachi (2)
ר' יוסי ור' שמעון אומרים לאוכלין טמאין אם נולד ספק זה באוכלים כגון משקין טמאין שנשפכו לבין הככרות ספק נגעו ספק לא נגעו טמאין דקא סברי משקין מטמאין אוכלין מדאורייתא הלכך ספק נמי ברשות היחיד טמא:
Si ce doute naît dans des aliments, par exemple des liquides tamei répandus parmi les pains, doute s'ils ont touché, doute s'ils n'ont pas touché : tamei. Car ils tiennent que les liquides rendent les aliments impurs de la Torah. Dès lors le doute aussi, dans un reshut ha-yahid, est tamei.
לכלים טהורים אבל אם נולד ספק זה בכלים כגון משקין טמאין שנשפכו לבין הכלים ספק נגעו ספק לא נגעו טהורין דקסברי משקין אין מטמאין כלי אלא מדרבנן ועל ספיקו לא גזרו ורבי יוסי ור"ש דרשי יטמא יטמא כרבי יהודה ומיהו כלים לא כדיליף בפירקין יטמא לטמא את האוכלים או אינו אלא לטמא את הכלי אמרת לא כך היה:
Mais si ce doute naît dans des kelim, par exemple des liquides tamei répandus parmi les kelim, doute s'ils ont touché, doute s'ils n'ont pas touché : tahor. Car ils tiennent que les liquides ne rendent un keli impur que de rabanane, et sur son doute ils n'ont pas décrété. Rabbi Yossi et Rabbi Chimon derachent yitma, yitamé, comme Rabbi Yehouda. Toutefois pas les kelim, comme on l'apprend dans notre chapitre : yitma, pour rendre les aliments impurs, ou bien pour rendre le récipient impur ? Tu dis : il n'en était pas ainsi.
💡 Explication

Rabbi Yossi et Rabbi Chimon coupent le safek de transmission en deux. Okhelin : tamei, car les liquides les rendent impurs de la Torah. Kelim : tahor, car cette touma n'est que de rabanane, et le doute n'a pas été inclus dans le décret.

Ils font la même deracha que Rabbi Yehouda, yitma / yitamé. La suite de la deracha, dans le chapitre, vise les aliments. La lecture qui rendrait le récipient tamei est écartée : il n'en était pas ainsi.

3
וסבר רבי אלעזר: משקין אית להו טומאה בעולם? והתניא, רבי אלעזר אומר: אין טומאה למשקין כל עיקר. תדע, שהרי העיד (יוסף) בן יועזר איש צרידה על איל קמצא דכן, ועל משקין בית מטבחיא דכן!

Et Rabbi Elazar tient-il que les liquides ont une touma dans le monde ? Or on a enseigné : Rabbi Elazar dit : il n'y a aucune touma pour les liquides.

Sache-le, car Yossef ben Yo'ezer, homme de Tsereda, a témoigné sur l'ayil kamtza qu'il est dakhen (pur), et sur les liquides de l'abattoir qu'ils sont dakhen.

📜 Rachi (5)
טומאה בעולם מדאורייתא ואפילו לטומאת עצמן:
Une touma dans le monde : de la Torah, même pour leur propre touma.
ר' אלעזר אומר אין טומאה למשקין מן התורה כל עיקר ואפילו לטומאת עצמן והאי כל משקה אשר ישתה מוקי לה לקמן לענין הכשר בשמעתין:
Rabbi Elazar dit : il n'y a pas de touma pour les liquides, de la Torah, du tout, même pour leur propre touma. Et ce verset, tout liquide qui sera bu, il l'établit plus bas au sujet du hekhsher, dans notre discussion.
תדע דאין להם טומאה מן התורה כל עיקר ואפילו לטומאת עצמן:
Sache : qu'ils n'ont aucune touma de la Torah, même pour leur propre touma.
שהרי העיד יוסף בן יועזר על איל קמצא דכן מין חגב שמו איל קמצא דכן שהוא טהור וכשר לאכילה:
Car Yossef ben Yo'ezer a témoigné sur l'ayil kamtza qu'il est dakhen : une espèce de sauterelle, son nom est ayil kamtza. Dakhen : il est tahor et kacher pour la consommation.
ועל משקה בית מטבחיא דכן על משקין של בית המטבחים שבעזרה כגון הדם והמים שהן דכן שאינן מקבלין טומאה אלמא טומאת משקין דרבנן ובהני לא גזרו משום הפסד קדשים דאי דאורייתא היכי מצו רבנן לטהרינהו:
Et sur le liquide de l'abattoir, dakhen : sur les liquides de l'abattoir de l'azara, par exemple le sang et l'eau, qu'ils sont dakhen, qu'ils ne reçoivent pas la touma. Donc la touma des liquides est de rabanane, et sur ceux-ci ils n'ont pas décrété, à cause de la perte des kodachim. Car si c'était de la Torah, comment les rabanane pourraient-ils les déclarer purs ?
💡 Explication

La baraita vient de dire que Rabbi Elazar parle comme Rabbi Meir, donc que les liquides ont une touma. Une autre baraita lui prête l'avis inverse : aucune touma des liquides, même pour eux-mêmes.

La preuve est le témoignage de Yossef ben Yo'ezer de Tsereda. L'ayil kamtza, une sauterelle, est dakhen, apte à être mangé. Les liquides du beit mitbehayya, l'abattoir de l'azara, sont dakhen : ils ne reçoivent pas la touma. Si cette touma était de la Torah, les rabanane ne pourraient pas les en exempter. L'exemption protège les kodachim d'une perte.

4
הניחא לשמואל, דאמר דכן מלטמא טומאת אחרים, אבל טומאת עצמן יש להן — שפיר. אלא לרב, דאמר דכן ממש — מאי איכא למימר?

Cela se tient bien selon Chmouel, qui a dit : dakhen, de rendre impur d'une touma d'autres choses, mais ils ont leur propre touma. Mais selon Rav, qui a dit : dakhen au sens plein, que dire ?

📜 Rachi (2)
הא ניחא הא דאמרת לר' אלעזר יש להן טומאה לשמואל דאמר האי דכן דיוסף בן יועזר דכן מלטמא אחרים קאמר אבל טומאת עצמן יש בהן מצית לתרוצי דהאי אין טומאה למשקין דקאמר רבי אלעזר לטמא אחרים קאמר דהא מעדותו דיוסף בן יועזר מביא ראיה לדבריו ויוסף בן יועזר לטמא אחרים קאמר:
Cela se tient bien : ce que tu as dit, que selon Rabbi Elazar ils ont une touma, selon Chmouel, qui a dit que ce dakhen de Yossef ben Yo'ezer veut dire dakhen de rendre d'autres impurs, mais ils ont leur propre touma. Tu peux répondre que ce : il n'y a pas de touma pour les liquides, dit par Rabbi Elazar, vise le fait de rendre d'autres impurs. Car c'est du témoignage de Yossef ben Yo'ezer qu'il apporte une preuve, et Yossef ben Yo'ezer a parlé de rendre d'autres impurs.
אלא לרב דאמר דכן ממש קאמר יוסף בן יועזר ואפי' מטומאת עצמן על כרחך רבי אלעזר נמי מטומאת עצמן קאמר:
Mais selon Rav, qui a dit dakhen au sens plein : Yossef ben Yo'ezer a parlé même de leur propre touma. Force est que Rabbi Elazar aussi a parlé de leur propre touma.
💡 Explication

Deux lectures du mot dakhen courent déjà entre Rav et Chmouel, et le daf les déplie plus bas.

Selon Chmouel, les liquides de l'abattoir ne transmettent pas, et ils peuvent devenir tamei eux-mêmes. Alors Rabbi Elazar, qui s'appuie sur ce témoignage, peut encore tenir comme Rabbi Meir : touma pour eux-mêmes, et pas de transmission.

Selon Rav, dakhen veut dire purs pour de bon, même pour eux-mêmes. La phrase de Rabbi Elazar, aucune touma du tout, porte alors sur leur propre touma. Il ne peut plus dire comme Rabbi Meir sur les deux volets.

5
אמר רב נחמן בר יצחק: אחדא.

Rav Nahman bar Yitshak dit : sur un seul point.

📜 Rachi (1)
אחדא הא דקאמר ר' אלעזר כדבריו דרבי מאיר אלטמא אחרים טהור דרבי מאיר קאי אבל ליטמא טמא לא סבירא ליה כוותיה:
Sur un seul point : ce que dit Rabbi Elazar, selon ses paroles, de Rabbi Meir, porte sur : pour rendre d'autres impurs, tahor, de Rabbi Meir. Mais : pour devenir impur, tamei, il ne tient pas comme lui.
💡 Explication

Ehad : un seul des deux dires de Rabbi Meir. Rabbi Elazar le suit sur le safek de transmission, tranche tahor, car transmettre est de rabanane. Il ne le suit pas sur le liquide lui-même. Selon cette lecture de Rav, ce liquide non plus n'est pas tamei de la Torah.

6
והא ״כדבריו״ קאמר, דנפישי. ועוד, והא ״וכן״ קתני! קשיא.

Or il a dit : selon ses paroles, qui sont plusieurs. Et encore, on enseigne : et de même.

Difficulté.

📜 Rachi (1)
ה"ג והא כדבריו דנפישי קאמר ועוד הא וכן קתני קשיא דנפישי כלומר כדבריו לשון דברים רבים משמע:
Voici la version : Or il a dit selon ses paroles, qui sont plusieurs, et encore on enseigne et de même. Difficulté. Qui sont plusieurs : selon ses paroles est une langue qui implique des paroles nombreuses.
💡 Explication

La réponse de Rav Nahman bar Yitshak limite l'accord à un seul point. La baraita dit selon ses paroles, au pluriel, et et de même, qui marque un accord d'ensemble. Les deux tournures dépassent un seul volet. La difficulté, selon Rav, reste ouverte.

7
גופא, רב אמר: דכן ממש. ושמואל אמר: דכן מלטמא טומאת אחרים, אבל טומאת עצמן יש להן. רב אמר דכן ממש, קסבר טומאת משקין דרבנן, וכי גזרו רבנן — במשקין דעלמא, ובמשקין בית מטבחיא — לא גזור.

Pour le sujet lui-même. Rav dit : dakhen au sens plein.

Et Chmouel dit : dakhen, de rendre impur d'une touma d'autres choses, mais ils ont leur propre touma. Rav a dit dakhen au sens plein : il tient que la touma des liquides est de rabanane, et quand les rabanane ont décrété, c'est sur les liquides ordinaires, et sur les liquides de l'abattoir ils n'ont pas décrété.

💡 Explication

Goufa : on reprend le témoignage pour lui-même. Rav lit dakhen mamach. Les liquides n'ont pas de touma de la Torah, pas même pour eux-mêmes. Le décret des rabanane vise les liquides du commun. Les liquides du beit mitbehayya en sont restés dehors, à cause de la perte des kodachim.

8
ושמואל אמר: דכן מלטמא טומאת אחרים, אבל טומאת עצמן יש להן. קסבר טומאת משקין עצמן דאורייתא, לטמא אחרים — דרבנן, וכי גזור רבנן — במשקין דעלמא, במשקין בית מטבחיא — לא גזור. וכי לא גזור רבנן — לטמויי אחרים, אבל טומאת עצמן יש להן.

Et Chmouel dit : dakhen, de rendre impur d'une touma d'autres choses, mais ils ont leur propre touma. Il tient : la touma des liquides eux-mêmes est de la Torah, pour rendre d'autres impurs, de rabanane.

Et quand les rabanane ont décrété, sur les liquides ordinaires ; sur les liquides de l'abattoir, ils n'ont pas décrété. Et là où les rabanane n'ont pas décrété, c'est pour rendre d'autres impurs ; mais ils ont leur propre touma.

📜 Rachi (2)
ושמואל אמר כו' קסבר יוסף בן יועזר טומאת משקין דאורייתא לעצמן מן וכל משקה אשר ישתה אבל לטמא אחרים דרבנן וכי גזור רבנן לטמא אחרים במשקין בעלמא אבל משקין בית מטבחיא לא גזור לטמא אחרים אבל טומאת עצמן יש בהן דהא מדאורייתא רמיא עלייהו ולא מצו רבנן למשקליה:
Et Chmouel dit, etc. Il tient : Yossef ben Yo'ezer, la touma des liquides est de la Torah pour eux-mêmes, d'après : et tout liquide qui sera bu. Mais pour rendre d'autres impurs, c'est de rabanane. Et quand les rabanane ont décrété de rendre d'autres impurs, c'est sur les liquides ordinaires. Mais les liquides de l'abattoir, ils n'ont pas décrété de les faire rendre d'autres impurs. Et ils ont leur propre touma, car elle leur incombe de la Torah, et les rabanane ne peuvent pas la retirer.
קסבר יוסף בן יועזר טומאת משקין אפילו לטומאת עצמן דרבנן:
Il tient : Yossef ben Yo'ezer, la touma des liquides, même pour leur propre touma, est de rabanane.
🗂️ Tossefot (1)
בשלמא לשמואל דאמר דכן מלטמא אחרים אע"ג דרבי אלעזר קאמר אין להן טומאה כל עיקר היינו משום דקאי בת"כ אמילתיה דר' שמעון דאמר לאוכלין טמא לכלים טהור:
Soit pour Chmouel, qui dit dakhen de rendre d'autres impurs. Même si Rabbi Elazar dit qu'ils n'ont aucune touma du tout, c'est qu'il se tient, dans la Torat Kohanim, sur la parole de Rabbi Chimon, qui a dit : pour les aliments, tamei ; pour les kelim, tahor.
💡 Explication

Selon Chmouel, le verset donne aux liquides leur propre touma, de la Torah. Transmettre est un décret. Ce décret s'arrête aux liquides ordinaires. À l'abattoir, pas de transmission. La touma d'eux-mêmes demeure : un décret ne retire pas une touma de la Torah.

Tossefot reprend le soit pour Chmouel. Rabbi Elazar peut dire aucune touma du tout tout en parlant comme Rabbi Meir sur la transmission, parce que sa phrase répond à Rabbi Chimon : aliments tamei, kelim tahor.

La seconde glose de Rachi, sur le mot il tient, formule l'autre avis : même la touma du liquide lui-même est de rabanane. C'est la lecture de Rav.

9
אמר ליה רב הונא בר חיננא לבריה: כי עיילת לקמיה דרב פפא, רמי ליה: מי אמר שמואל דכן מלטמא טומאת אחרים, אבל טומאת עצמן יש להן? קרי כאן: ״והבשר אשר יגע בכל טמא לא יאכל״.

Rav Houna bar Hinena dit à son fils : quand tu entreras devant Rav Papa, pose-lui cette opposition. Chmouel a-t-il dit : dakhen, de rendre impur d'une touma d'autres choses, mais ils ont leur propre touma ?

Lis ici : et la chair qui touchera toute chose impure ne sera pas mangée.

📜 Rachi (1)
קרי כאן והבשר אשר יגע כו' ונהי דמשקין לא מטמאו אוכלין דחולין מיהו גבי קדשים אשר יגע בכל טמא כתיב וכיון דאמר משקין מטמאין מדאורייתא לעצמן בשר קודש הנוגע בהן הרי נגע בטמא:
Lis ici : et la chair qui touchera, etc. On accorde que les liquides ne rendent pas tamei les aliments de houlin. Toutefois, au sujet des kodachim, il est écrit : qui touchera toute chose impure. Et puisqu'il a dit que les liquides deviennent impurs de la Torah pour eux-mêmes, une chair de kodech qui les touche à touché une chose impure.
💡 Explication

L'objection vise Chmouel. Un liquide tamei pour lui-même de la Torah, qui ne transmettrait pas, se heurte au verset : la chair qui touche toute chose impure ne se mange pas.

Rachi borne le verset aux kodachim. Les liquides peuvent ne pas rendre les houlin tamei. Une chair sacrée qui touche un liquide tamei de la Torah a touché un tamei, et le verset la frappe.

10
אמר רב שישא בריה דרב אידי: מידי דהוה ארביעי בקדש. מתקיף לה רב אשי: רביעי בקדש לא איקרי טמא, האי איקרי טמא! קשיא.

Rav Chicha, fils de Rav Idi, dit : il en est de ceci comme d'un revi'i dans le kodech. Rav Achi objecte : un revi'i dans le kodech n'est pas appelé tamei ; celui-ci est appelé tamei.

Difficulté.

📜 Rachi (2)
מידי דהוה ארביעי בקודש דהוא עצמו פסול ואינו מטמא קודש:
Comme un quatrième dans le kodech : lui-même est passoul, et il ne rend pas un kodech impur.
רביעי בקודש לא איקרי טמא ומק"ו הוא דנפיק לן ביה פסולה לקמן הלכך כי נגע ביה קודש לא קרינן ביה הבשר אשר יגע בכל טמא:
Un quatrième dans le kodech n'est pas appelé tamei. Et c'est d'un kal va-homer (du léger au grave) qu'on fait sortir sa pesoula plus bas. Dès lors, quand un kodech le touche, on ne lit pas à son sujet : la chair qui touchera toute chose impure.
💡 Explication

Rav Chicha propose un modèle où une chose est atteinte et ne transmet pas : le revi'i be-kodech, quatrième degré dans le sacré. Il est passoul, il ne rend pas le kodech tamei.

Rav Achi sépare les noms. Le revi'i n'est pas appelé tamei : sa pesoula sort d'un kal va-homer, plus loin dans le traité. Le liquide de Chmouel, lui, est appelé tamei. Le verset de la chair qui touche toute chose impure le vise. La comparaison tombe. La difficulté reste.

🖼️ Schéma
Revi'i du kodech, et le liquide de Chmouel Revi'i be-kodech lui-même passoul il ne rend pas le kodech tamei on ne l'appelle pas tamei pesoula par kal va-homer Liquide, selon Chmouel lui-même tamei, de la Torah il ne transmettrait pas on l'appelle tamei le verset de la chair s'applique Rav Achi : les deux cas ne se comparent pas. La difficulté reste.
Le revi'i est passoul et n'est pas appelé tamei. Le liquide de Chmouel est appelé tamei.
11
תא שמע: ״וכל משקה אשר ישתה בכל כלי יטמא״! מאי ״יטמא״ — הכשיר.

Viens et entends : et tout liquide qui sera bu dans tout récipient, yitma. Que signifie yitma ?

Il confère le hekhsher.

📜 Rachi (3)
ת"ש וכל משקה אשר ישתה כו' דקא משתעי בכלי חרס שקיבל טומאה מן השרץ וכתב כל אשר בתוכו יטמא מכל האוכל וגו' וכל משקה אשר ישתה בכל כלי יטמא וגו' וקס"ד דהכי קאמר אחד אוכלין שבתוכו ואחד משקין שבתוכו יטמאו ונהי דלא דרשת יטמא יטמא מיהו טומאת עצמן מיהא מיטמו:
Viens et entends : et tout liquide qui sera bu, etc. Le verset parle d'un récipient de terre qui a reçu la touma d'un sheretz, et il est écrit : tout ce qui est dedans sera impur, de toute nourriture, etc., et tout liquide qui sera bu dans tout récipient, yitma, etc. On aurait pensé que le verset dit : les aliments qui sont dedans, et les liquides qui sont dedans, deviennent impurs. Et soit, tu ne deraches pas yitma, yitamé. Du moins leur propre touma : ils deviennent impurs.
מאי יטמא הכשר והכי קאמר כל אשר בתוכו יטמא מכל האוכל אשר יבא עליו מים או שיבא עליו כל המשקה אשר ישתה בכל כלי הוו הכשר ויטמא האוכל מחמת אויר כלי חרס טמא:
Que signifie yitma ? Le hekhsher. Et voici ce que dit le verset : tout ce qui est dedans sera impur, de toute nourriture sur laquelle viendra de l'eau, ou sur laquelle viendra tout liquide qui se boit dans tout récipient : cela fait hekhsher, et l'aliment devient impur du fait de l'air d'un récipient de terre tamei.
בכל כלי היינו משקין תלושין:
Dans tout récipient : ce sont des liquides détachés.
💡 Explication

Le verset yitma semble dire que le liquide dans le keli de terre devient tamei. Même sans la double deracha yitma / yitamé, la touma du liquide pour lui-même en sortirait. Ce serait un appui contre Rav.

La Guemara lit yitma comme hekhsher : le liquide rend l'aliment apte à recevoir la touma. Rachi reconstruit la phrase. L'aliment sur lequel vient ce liquide est moukhchar, puis il devient tamei par l'avir (l'air intérieur) du récipient de terre impure. Be-khôl kli désigne des liquides telushin, détachés de leur source.

12
הכשיר — מרישא דקרא שמעת ליה, ״מכל האכל אשר יאכל וגו׳״! חד בתלושין, וחד במחוברין.

Le hekhsher, tu l'apprends déjà du début du verset : de toute nourriture qui se mange, etc. L'un vise les détachés, l'autre les attachés.

🗂️ Tossefot (1)
חד בתלושין וחד במחוברין והא דכתיב (ויקרא י״א:ל״ח) וכי יותן מים על זרע הא אמרינן בפ"ב דחולין (ד' לו: ושם) דחד במת וחד בשרץ וצריכי וכיון דגלי לן קרא בחד מינייהו דאין חילוק בין תלושין ובין מחוברים ה"ה באידך ומחוברים פי' ריב"א דבשעת חיבורן נדבקו באוכל והעלה האוכל מן המים אבל אם נגע בעודו במים אינו מוכשר דתנן במסכת מכשירין (פ"ד מ"ו) צנון במערה נדה מדיחתו והוא טהור העלתו כל שהוא מן המים טמא:
L'un pour les détachés, l'autre pour les attachés. Et ce qui est écrit, Vayikra 11:38 : et si l'on met de l'eau sur une semence, nous disons au chapitre 2 de Houlin, 36b et là-bas, que l'un vise le mort et l'autre le sheretz, et que les deux sont nécessaires. Puisque le verset nous a révélé dans l'un d'eux qu'il n'y a pas de différence entre détachés et attachés, il en va de même pour l'autre. Et attachés : le Rivam explique qu'au moment où elles sont jointes, elles ont adhéré à l'aliment, et il a élevé l'aliment hors de l'eau. Mais s'il a touché tandis qu'il est encore dans l'eau, il n'est pas rendu apte. Car on enseigne dans le traité Makhchirin, chapitre 4, michna 6 : un radis dans une grotte, une niddah le rince et il est tahor ; si elle en a élevé si peu que ce soit hors de l'eau, il est tamei.
💡 Explication

Si yitma veut dire hekhsher, le début du verset le dit déjà : toute nourriture sur laquelle vient de l'eau. La fin du verset serait de trop.

Réponse : une mention vise les télushin, l'eau détachée, dans un récipient. L'autre vise les méhubarin, l'eau encore attachée au sol.

Tossefot accorde cela avec Houlin 36b, où les deux versets se partagent entre touma du met (mort) et touma du sheretz. Dès qu'un verset montre que détaché et attaché suivent la même règle, l'autre verset reste libre pour l'autre partage. Le Rivam précise l'attaché : l'eau colle à l'aliment qu'on sort. Tant que l'aliment est rincé dans l'eau, pas de hekhsher.

🖼️ Schéma
Eau attachée : le radis dans la grotte Tossefot, au nom du Rivam. Michna Makhchirin 4:6. Elle le rince dans l'eau le radis reste dans la grotte l'eau est encore attachée tahor, pas de hekhsher Elle en élève un peu l'eau a adhéré à l'aliment et monte avec lui tamei : hekhsher Méhubarin : l'eau était jointe au sol, puis elle quitte l'eau collée à l'aliment.
Radis rincé dans la grotte : tahor. Élevé hors de l'eau, si peu que ce soit : tamei.
13
וצריכי, דאי אשמעינן בתלושין — משום דאחשבינהו, אבל מחוברין — אימא לא.

Et les deux sont nécessaires. Car si on ne nous avait fait entendre que les détachés, c'est parce qu'il leur a donné de l'importance ; mais les attachés, je dirais que non.

📜 Rachi (1)
דאחשבינהו הואיל ומלאן גילה דעתו שהוא צריך להם וזהו חשיבתן:
Il leur a donné de l'importance : puisqu'il les a puisés, il a révélé son intention, qu'il a besoin d'eux, et c'est là leur heshivout (importance).
💡 Explication

On ne déduit pas l'eau attachée de l'eau détachée. L'eau télusha a été puisée : l'homme lui a donné une heshivout, il a montré qu'il en a besoin. Cette importance expliquerait le hekhsher. L'eau encore au sol n'a pas reçu ce geste. Sans un verset pour elle, on dirait qu'elle ne rend pas apte.

14
ואי תנא מחוברין — משום דקיימי בדוכתייהו חשיבי, אבל תלושין — אימא לא, צריכי.

Et si on avait enseigné les attachés : parce qu'elles se tiennent à leur place, elles comptent ; mais les détachés, je dirais que non. Les deux sont nécessaires.

💡 Explication

L'autre sens bloque aussi. L'eau mehouberet reste là où elle est : cette place lui donne son poids, et le hekhsher se comprend. L'eau puisée a quitté sa place. Sans un verset pour elle, on dirait qu'elle ne rend pas apte. Il fallait les deux mentions.

🖼️ Schéma
Pourquoi les deux eaux sont écrites Si seul le détaché il l'a puisé : heshivout il a montré qu'il en a besoin l'attaché, on dirait : sans hekhsher Si seul l'attaché il reste à sa place : il compte l'eau du sol a son poids le détaché, on dirait : sans hekhsher Les deux mentions restent nécessaires. Chacune couvre l'autre.
Détaché : heshivout du puisage. Attaché : elle compte parce qu'elle reste à sa place.
15
תא שמע: ״אך מעין ובור מקוה מים יהיה טהור״. מאי ״יהיה טהור״ — מטומאתו.

Viens et entends : mais une source, une citerne, un rassemblement d'eau, sera pur. Que signifie sera pur ?

De sa touma.

📜 Rachi (2)
אך מעין ובור יהיה טהור דאשמעינן הואיל ומחוברין נינהו לא מיטמו הא תלושין מקבלין טומאה וקשיא לרב:
Mais une source et une citerne, sera pur : cela nous enseigne que, puisqu'ils sont attachés, ils ne deviennent pas impurs. Donc les détachés reçoivent la touma. Et c'est une difficulté pour Rav.
יהיה טהור מטומאתו והכי קאמר אם יבא הטמא במעין ובור מקוה מים יהיה טהור הואיל וטבל הא שאובין לא מטהרי ליה:
Sera pur de sa touma : et voici ce que dit le verset. Si le tamei vient dans une source, une citerne, un mikve d'eau, il sera pur, puisqu'il s'est immergé. Mais les eaux puisées ne le purifient pas.
💡 Explication

Second appui. Sera pur, dit de la source et de la citerne, laisserait entendre que seules les eaux attachées échappent à la touma. Les eaux détachées la recevraient, de la Torah. Ce serait une difficulté pour Rav.

Réponse : sera pur parle de l'homme. Il entre dans le mikve et sort tahor de sa touma. Les cheouvin, eaux puisées, ne purifient pas. Le verset ne dit pas que le liquide détaché devient tamei.

🖼️ Schéma
Sera pur : deux lectures Lecture d'abord source et citerne, attachés ne reçoivent pas la touma les détachés la reçoivent Réponse le tamei entre au mikve il devient tahor de sa touma eaux puisées : elles ne purifient pas Le verset parle de la personne qui s'immerge, pas de la touma du liquide.
Première lecture : les détachés reçoivent la touma. Réponse : le verset parle de celui qui s'immerge.
16
ותלושין מי מכשירין? והאמר רבי יוסי ברבי חנינא: משקין בית מטבחיא לא דיין שהן דכן, אלא שאין מכשירין.

Et les détachés rendent-ils aptes ? Or Rabbi Yossi, fils de Rabbi Hanina, a dit : les liquides de l'abattoir, il ne leur suffit pas d'être dakhen, ils ne rendent pas aptes.

📜 Rachi (2)
ותלושין מי מכשרי אמים הוא דמתמה משום דמים תלושין לא חשיבי אבל אשאר משקין לא מתמה דכולהו תלושין נינהו:
Et les détachés rendent-ils aptes ? C'est de l'eau qu'il s'étonne, car une eau détachée n'a pas d'importance. Des autres liquides il ne s'étonne pas, car tous sont détachés.
אלא שאין מכשירים אלמא הכשר תלושין דרבנן הוא דאי מדאורייתא מאן שקליה ממשקי בית מטבחיא דלא ליכשרו:
Mais ils ne rendent pas aptes : donc le hekhsher des détachés est de rabanane. Car si c'était de la Torah, qui l'aurait retiré des liquides de l'abattoir, pour qu'ils ne rendent pas aptes ?
💡 Explication

On vient de dire que l'eau détachée confère le hekhsher. Rabbi Yossi b. Rabbi Hanina dit des liquides de l'abattoir qu'ils sont dakhen et qu'ils ne confèrent pas le hekhsher. Si ce hekhsher était de la Torah, on ne pourrait pas le leur retirer.

Rachi borne l'étonnement à l'eau. L'eau détachée n'a pas, d'elle-même, la heshivout du puisage voulu. Les autres liquides sont toujours détachés de leur source : la question ne se pose pas pour eux de la même façon.

17
תירגמא על דם, דאמר רבי חייא בר אבא אמר רבי יוחנן: מנין לדם קדשים שאינו מכשיר — שנאמר: ״על הארץ תשפכנו כמים״, דם שנשפך כמים — מכשיר,

Il l'a expliqué au sujet du sang. Car Rabbi Hiya bar Abba a dit que Rabbi Yo'hanan a dit : d'où sait-on que le sang des kodachim ne rend pas apte ?

Car il est dit : sur la terre tu le verseras comme de l'eau. Un sang qui se verse comme de l'eau rend apte.

📜 Rachi (2)
תירגמא להא דקתני אין מכשירין אדם דמשקה בית מטבחיא ולא אמים ודם קדשים רחמנא אפקיה דלא ליכשר כדרבי חייא:
Il l'a expliqué : ce qui est enseigné, ils ne rendent pas aptes, vise le sang parmi les liquides de l'abattoir, et non l'eau. Et le sang des kodachim, la Torah l'a exclu pour qu'il ne rende pas apte, comme l'enseigne Rabbi Hiya.
שנשפך כמים דם חולין שאין חשין לקבלו בכלי מכשיר דאיתקש למים אבל דם קדשים מתקבל בכלי וצריך ממנו למזבח ואינו נשפך לאיבוד כמים אינו מכשיר דלא איתקש למים:
Qui se verse comme de l'eau : le sang de houlin, dont on ne se soucie pas de le recevoir dans un récipient, rend apte, car il est comparé à l'eau. Mais le sang des kodachim est reçu dans un récipient, on a besoin d'une part pour l'autel, et il n'est pas versé à perte comme de l'eau : il ne rend pas apte, car il n'a pas été comparé à l'eau.
🗂️ Tossefot (1)
תירגמא אדם בפ"ב דחולין (דף לו:) פריך אהא שינויא והא משקי קאמר ביו"ד דמשמע ב' משקין והכא לא חייש אהאי פירכא משום דמצי לשנויי מאי משקי משקה דעלמא כדאמר (קדושין ד' סד:) בוגרות דעלמא והתם פריך משום דאית ליה שינויא אחרינא:
Il l'a expliqué au sujet du sang. Au chapitre 2 de Houlin, 36b, on objecte contre cette réponse : or il dit mashkei, avec un youd, ce qui implique deux liquides. Ici, on ne tient pas compte de cette objection, car on peut répondre : que signifie mashkei ? un liquide ordinaire, comme il est dit, Kiddouchin 64b : des bogérot (femmes adultes) ordinaires. Là-bas, on objecte, parce qu'on dispose d'une autre réponse.
💡 Explication

La phrase de Rabbi Yossi b. Rabbi Hanina est rapportée au sang, pas à l'eau de l'abattoir. Rabbi Yo'hanan lit : sur la terre tu le verseras comme de l'eau. Le sang qui se verse comme l'eau est comparé à l'eau, et il confère le hekhsher.

Rachi complète le partage. Le sang de houlin n'est pas recueilli : il se perd comme l'eau, il rend apte. Le sang des kodachim est reçu au keli, une part monte à l'autel : la comparaison à l'eau ne le prend pas, il ne rend pas apte. La Torah a donc pu écarter ce sang sans toucher au hekhsher de l'eau.

Tossefot signale l'objection de Houlin : mashkei est écrit avec un youd, au pluriel, ce qui viserait deux liquides. Ici la Guemara peut lire mashkei comme le liquide en général, sur le modèle de bogérot ordinaires. À Houlin, l'objection est soulevée parce qu'une autre réponse est en main.

🖼️ Schéma
Sang versé comme de l'eau Sur la terre tu le verseras comme de l'eau. Comparaison à l'eau : hekhsher. Sang de houlin on ne le recueille pas au keli il se verse à perte, comme l'eau il rend apte Sang des kodachim reçu dans un récipient une part va à l'autel il ne rend pas apte Rabbi Yossi b. Rabbi Hanina vise ce sang, pas l'eau de l'abattoir.
Sang de houlin, versé comme l'eau : hekhsher. Sang des kodachim, reçu pour l'autel : pas de hekhsher.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).